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	<title>Commentaires sur : Selon Manuel Valls :  le bonheur est dans la « pré-distribution »</title>
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		<title>Par : JEAN</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64794</link>
		<dc:creator>JEAN</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2014 16:13:30 +0000</pubDate>
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		<description>Blog / Paul Jorion : &quot;Interdiction des paris sur les fluctuations de prix &quot;, par Timiota. 

&quot;La spéculation pathologique, celle des « paris sur les fluctuations de prix » agit, elle, comme les virus sur les cellules: ils détournent opportunément la machinerie à des moments où nous avons la tête tournée, mieux qu’un Gnafron au Guignol. Ils déclenchent des paiements bien réels, eux: une crise de production ici, une crise géopolitique là, mais encore le flot d’évènements plus mineurs dans toute activité: cela suffit pour que le mécanisme de « fluidifiant du marché » qui sert de cache-sexe à ces pratiques, devienne un abrasif rognant les efforts ou les mérites réels des producteurs (vendeurs) face aux acheteurs, corrodant l’échange, asservissant le faible dans une pseudo loi du marché. Des Gnafron bardés de chartes d’éthique n’en finissent pas moins par détourner vers une finance incontrôlée et de plus en plus prédatrice des fractions de ces échanges, armée microscopique que vient ensuite coiffer des équipes de marionnettistes autrement chevronnés, dont le métier est le rapport de force avec des états constitués, Luxembourgeois qui s’en défiscalise &quot;

http://www.pauljorion.com/blog/2014/12/23/interdiction-des-paris-sur-les-fluctuations-de-prix-par-timiota/#more-71782</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Blog / Paul Jorion : &laquo;&nbsp;Interdiction des paris sur les fluctuations de prix &laquo;&nbsp;, par Timiota. </p>
<p>&laquo;&nbsp;La spéculation pathologique, celle des « paris sur les fluctuations de prix » agit, elle, comme les virus sur les cellules: ils détournent opportunément la machinerie à des moments où nous avons la tête tournée, mieux qu’un Gnafron au Guignol. Ils déclenchent des paiements bien réels, eux: une crise de production ici, une crise géopolitique là, mais encore le flot d’évènements plus mineurs dans toute activité: cela suffit pour que le mécanisme de « fluidifiant du marché » qui sert de cache-sexe à ces pratiques, devienne un abrasif rognant les efforts ou les mérites réels des producteurs (vendeurs) face aux acheteurs, corrodant l’échange, asservissant le faible dans une pseudo loi du marché. Des Gnafron bardés de chartes d’éthique n’en finissent pas moins par détourner vers une finance incontrôlée et de plus en plus prédatrice des fractions de ces échanges, armée microscopique que vient ensuite coiffer des équipes de marionnettistes autrement chevronnés, dont le métier est le rapport de force avec des états constitués, Luxembourgeois qui s’en défiscalise &nbsp;&raquo;</p>
<p><a href="http://www.pauljorion.com/blog/2014/12/23/interdiction-des-paris-sur-les-fluctuations-de-prix-par-timiota/#more-71782" rel="nofollow">http://www.pauljorion.com/blog/2014/12/23/interdiction-des-paris-sur-les-fluctuations-de-prix-par-timiota/#more-71782</a></p>
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		<title>Par : JEAN</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64772</link>
		<dc:creator>JEAN</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2014 14:01:18 +0000</pubDate>
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		<description>Correction apportée :

Le concept de « prédistribution » et non pas de &quot; prédestination &quot; - 

Je me suis un peu embrouillé les pinceaux par moment dans le texte ci dessus, même si après je tente de les lier tous les deux, puisqu&#039;ils ont partie liée avec l&#039;idéologie capitaliste US.
( voir Max Weber)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Correction apportée :</p>
<p>Le concept de « prédistribution » et non pas de &nbsp;&raquo; prédestination &nbsp;&raquo; &#8211; </p>
<p>Je me suis un peu embrouillé les pinceaux par moment dans le texte ci dessus, même si après je tente de les lier tous les deux, puisqu&#8217;ils ont partie liée avec l&#8217;idéologie capitaliste US.<br />
( voir Max Weber)</p>
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	</item>
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		<title>Par : JEAN</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64767</link>
		<dc:creator>JEAN</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2014 13:41:43 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.filoche.net/?p=3154#comment-64767</guid>
		<description>Merci M.Filoche

Remarquable travail d&#039;analyse intellectuelle sur le concept de &quot; prédistribution &quot; venu des USA et ensuite véhiculé par le LABOUR, le parti de Tony Blair en Angleterre. 

Concept ô combien bancale puisque largement dénaturé par le principal intéressée par rapport au concept initial, déjà lui-même  critiquable.

M.Valls tente de nous refourguer un colifichet idéologique  dans le sillage de la Restauration Conservatrice qu&#039;il tente d&#039;imposer à la France, après M.Sarkozy. La &quot;prédistribution &quot; pour M.Valls en effet, est moins un concept, qu&#039; un cheval de troie. 

Le terme initialement inventé à l&#039;université américaine de Yale, semble finalement, après bien des détours,  avoir été inventé pour ne jamais remettre en cause le fonctionnement du capitalisme contemporain ni de sa planète finance, totalement dérégulée. Ce système  qui paupérise désormais tout le monde :  les classes populaires comme les dites &quot;classes moyennes&quot;.

Le Précariat général.

Le terme est un gadget et une pirouette sémantique pour déconstruire l&#039; Etat democratique &amp; social en France, comme tous ses autres équivalents sur le continent européen. Appelé aux USA «  Etat Providence » pour mieux engourdir les esprits et faire croire que c&#039;est un don de Dieu, l&#039; Etat démocratique &amp; social est l&#039;ennemi à abattre pour les « néocons », les néoconservateurs américains ou anglais.

M.Valls se pose en France, la même question que ce sont posés M.Clinton et M.Obama pour le &quot;Parti Démocrate&quot;, l&#039;inverse politique supposé du pôle républicain aux USA.

Le parti démocrate US  ne désirant pas perdre tout à fait son électorat, il réinvente chaque année un peu l&#039;eau chaude. Ne voulant aucunement  toucher aux arcanes du capitalisme contemporain tel qu&#039;il fonctionne, ni à l&#039; Économie corsaire,  ni à l&#039;hyper-inégalitaire et militarisée, M.Valls s&#039;interroge comme ses amis du &quot;Parti Démocrate&quot; US. Pourquoi ne parle t-il jamais de ce vaste château de cartes financier, totalement dérégulé et régi par des algorithmes devenus grâce aux politiques de gouvernements félons,  largement incontrôlables, ces fameux marchés financiers qui multiplient les Krachs planétaires ?

Le terme de «  prédistribution » s&#039;il a été peut-être inventé par Jacob Hacker dans un meilleur esprit, M.Valls n&#039;en a cure. Il est dès lors encore plus marrant de voir comment M. Valls s&#039;en arroge la paternité dans son interview du &quot;Nouvel Obs&quot;. Je trouve cela assez scandaleux. Cette façon de faire montre comment le bonhomme tient en estime son électorat. Il avance masqué en croyant qu&#039;on ne lira pas entre les lignes. Toute la vilénie et la malignité de M.Manuel Valls tient dans ce vol de paternité du concept de &quot;prédisposition&quot; et sa dénaturation. 

Nouvel obs/Manuel Valls  :

&quot; Nous devons proposer un modèle que j&#039;appelle la prédistribution pour prévenir les inégalités &quot; 

Ce Manuel Valls qui échoue largement à s&#039;exprimer et à aligner trois phrases à la télévision, et le voilà qu&#039;il s&#039;arroge la paternité idéologique d&#039;un concept tout en y comprenant rien !Quelle bien étrange manière de faire.

Le terme permet surtout dans sa bouche de cacher  la financiarisation de l&#039;Economie et sa dérégulation mortifère. La prescription de la «  prédestination » est dans la bouche de M.Valls une fumisterie comme vous l&#039;avez parfaitement montré, M.Filoche. 

C&#039;est si j&#039;ose dire encore bien pire, puisque le système creuse désormais les inégalités de façon exponentielle (!)étant donné que le système est automatisé à la nano-seconde (Transactions à haute fréquence); sans compter les grossières manipulations des marchés mis en lumière par M.Leclerc et M.Jorion sur son blog, sans compter aussi les ententes sur le libor et l&#039;univers du «  shadow banking ». 

La rapine planétaire informatisée, c&#039;est la prise en otage de 7 milliards de personnes, voilà la réalité des faits, cachée par M.Valls et maquillée par M.Sapin.

M.Valls se garde bien d&#039;aborder toute la réalité de l&#039;économie si largement faussée d&#039;aujourd&#039;hui. L&#039;« angle mort » de sa pensée. Il est effectivement plus simple pour lui de jouer avec le nouveau gadget de la «  prédistribution » qui lui permettra demain,  avec «  RIEN », de ne donner 
«  RIEN ».  

Motus et bouche cousue sur les effets nuisibles et collatéraux de notre économie financiarisée qui propulse des millions de personnes nouvelles, dans la pauvreté et la misère comme nous l&#039;avons déjà vu en 1929 et 2007. In extremis sauvées par les Etats en 2007, les banques ne pourront pourtant pas l&#039;être deux fois de suite ! Comment se fait -il qu&#039;il n&#039;en parle pas, lui premier ministre du gouvernement français ayant la main sur son ministre des finances, le dénommé M.Macron ?

M.Macron dont on apprend en passant,qu&#039;il a gagné 2,4 millions d&#039;euros à la banque Rothschild entre 2011 et mi-2012 et qui pourtant, ne paie toujours pas l&#039;ISF, l&#039;impôt sur les grandes fortunes  !!! 
(sources L&#039;Express).

Cherchons l&#039;erreur.

Le concept de &quot;prédistribution&quot;, dans la bouche de M.Valls c&#039;est du vent pour les plus pauvres ou du déjà-existant pour les salariés de la dite classe moyenne( bientôt paupérisée comme les autres). 

Cela permet finalement comme vous le dites, M.Filoche de détaxer les plus riches et donc de les rémunérer en quelque sorte par une redistribution inversée, eux qui ont déjà tout. M.Valls, c&#039;est monsieur «  PLUS ». Toujours &quot; PLUS &quot; pour ceux qui ont TOUT.

Ce que l&#039;on ne donne plus aux populations salariées et aux populations broyées par le chômage, on le donnera ainsi aux plus riches ! Ainsi, ceux-ci pourront encore mieux spéculer et grossir les bulles financières qui nous éclateront demain en pleine poire. Cela tombe sous le sens, n&#039;est-ce pas ? Le Crakh de 2007 apparaitra demain comme « peanuts » au regard des prochains, et des guerres qui s&#039;ensuivront.

M.Valls y survivra t-il ?

La pseudo « Prédistribution » c&#039;est une Redistribution vis à vis des plus riches. Du &quot;Jansénisme anglo-saxon&quot; à la lettre, en quelque sorte. Seuls les plus riches seront les «  élus » du nouveau système promu entre autres par M.Valls. Les plus riches, car  « prédestinés » et seul méritants aux yeux du nouveau système, auront tout et bien plus encore.  La spéculation sera ainsi supérieure au travail selon une nouvelle échelle de valeurs. La logique sera inversée. Ceux qui travaillent seront méprisés et le spéculateur promu. L&#039;argent allant à l&#039;argent, les plus riches recevront beaucoup puisqu&#039;ils ont déjà tant : 
Majoration de la rapine et institutionnalisation d&#039;une nouvelle mentalité basé sur l&#039;écrasement, le mépris et l&#039;économie-casino. 

Suçer le sang des salariés et politiquement les désosser sera la nouvelle philosophie humaine.

M.Valls applaudit déjà.

Ce que l&#039;on ne redistribue plus après coup aux classes populaires ou aux ultimes classes moyennes, sera un gain considérable et supplémentaire pour les 10% les plus riches et le 1% des méga-fortunés. Ainsi, on ne donnera rien ou pas grand chose en amont -  voir aux USA, en Angleterre et en Allemagne -  et on ne taxera plus les plus gros revenus, dont leurs fortunes auront été constituées par la spéculation boursière, le trafic d&#039;influences en tous genres et le néoservage de la masse des salariées et des salariés. Cela creusera encore plus les dettes publiques, manne éternelle pour ceux qui la rachète à bon prix. Les dettes qui se creuseront encore plus, seront de l&#039;argent frais à tirer pendant mille ans sur la masse des salariés redevenus esclaves ou serfs.

C&#039;est ce qui s&#039;est passé à la chute de l&#039;empire romain et au début du Moyen-âge.  

A croire décidément que M. Manuel Valls travaille main dans la main avec la place financière de la City. Comme M.Hollande, M.Macron, M.Sapin, M.Moscovsici et consort, M.Valls est l&#039;enfant de Margareth Thatcher. Comme le fut en son temps M.Blair, l&#039;ami de M.Valls. M.Valls dans ces conditions, tente aujourd&#039;hui un coup d&#039;état idéologique sur le « Parti Socialiste » en bonne et due forme. Nous verrons bien en Juin 2015, ce qu&#039;il en sera.

M.Valls dit dans l&#039;interview en question, reprenant en cela les paroles de Madame Royal, que le PS a trop longtemps été 
« hanté par le surmoi marxiste ». Au delà de la formule inepte si on y réfléchit cinq minutes, ne doutons pas que M.Valls aspire à ce que le PS demain, soit largement &quot;hanté par le surmoi de Friedrich August von Hayek&quot;.La capture et la possession de l’intéressé est déjà en cours, très visiblement, l&#039;aboutissement n&#039;est plus très loin. Le mal rongera t-il les militants PS ?

Dès lors, oui, un nouveau Frankenstein est né.M.Valls accouche d&#039;un monstre et il veut qu&#039;on lui fasse fête, lorsqu&#039;il s&#039;arroge la paternité des idées d&#039;autrui. Mais,pourquoi dans ces conditions, le bonhomme ne va t-il pas rejoindre l&#039;UMP sans tarder ? Pourquoi en effet reste t&#039;il au « Parti Socialiste » avec autant de fumeuses idées et si largement pétri par la pensée de droite ?

Mystère.

La réponse est subsidiaire et sans doute ailleurs. 

La banque JP Morgan n&#039;avait-elle pas donné des prescriptions en 2013 vis à vis des gouvernements européens ?

La banque JP Morgan recommandait aux pouvoirs européens de se débarrasser des &quot;PINKO &quot;, entendez tout ce qui est rose de près ou de loin, c&#039;est à dire de la Gauche, la vraie, dans son ensemble et surtout, elle appelait à se débarrasser des constitutions &quot;anti-fascistes &quot; héritées de la Libération, après la seconde guerre mondiale. 

Oui, vous avez bien lu.

Au moins, les choses sont plus claires en lisant les prescriptions de la banque JP Morgan, car du coup, nous pouvons retisser aisément les liens confus qui vont de Valls à Blair, de Sarkozy à Hollande, de  Renzi en Italie à Rajoy en Espagne ;  de l&#039;U.E de Merkel à la banque JP Morgan en particulier et au pouvoir financier, en général.

On comprend mieux pourquoi, en Grèce, le Pasok, le « parti socialiste » grec tant vanté sur les ondes radiophoniques cette semaine par M.Moscovici, gouverne main dans la main avec la droite de M.Samaras et l&#039;extrême-droite. 

La criminalisation de la Gauche politique, celle qui est bien réelle, n&#039;est plus très loin en effet. 

Nous avons une meilleure lecture des évènements en cours, en connaissant le texte de la banque JP Morgan et l&#039;on peut mieux appréhender le gouvernement Hollande à cette aune là. Les propositions de M.Valls sont parfaitement cohérentes avec les recommandations de la banque JP Morgan. 
Il s&#039;agit en effet d&#039;en finir une bonne fois pour toute avec l&#039;opposition politique de Gauche. 

Dans son texte, paru en 2013, la banque JP Morgan préconisait non seulement d&#039;en finir avec les constitutions à &quot; inclinations «socialistes»&quot; mais  proposait de supprimer cette mouvance  idéologique de toutes les structures politiques. 

M.Valls se prépare à la grande mue.

Outre que le « localisme » devait être remplacé par la manière forte, centrale, de l&#039;autorité -  (L&#039;Allemagne ?) - la banque JP Morgan préconisait de supprimer les droits des travailleurs.

Allo M.Macron ?
Allo M.Sapin ?


La banque JP Morgan préconisait enfin - dans la logique de l&#039;idéologie de Von Hayek - de cesser de faire du consensus politique et du progrès démocratique, un horizon politique souhaitable.

Nous avons là en quintessence tout le programme politique de M.Sarkozy et de M.Hollande, à plus ou moins brève échéance.
 
Réduire considérablement le droit de manifester était une mesure phare des préconisations de la banque JPMorgan.
C&#039;était un préalable pour mettre en place en quelque sorte un pouvoir continental sous commandement des banques.

Le Partido popular, la droite Espagnole, de M.Mariano Rajoy a parfaitement suivi le programme de la banque JP Morgan :


 &quot; Espagne : la rue bientôt bâillonnée ? &quot; : 

http://www.marianne.net/Espagne-la-rue-bientot-baillonnee_a243430.html

Oui, la boucle se boucle et demain, qu&#039;allons-nous faire?
Allons-nous la boucler ?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci M.Filoche</p>
<p>Remarquable travail d&#8217;analyse intellectuelle sur le concept de &nbsp;&raquo; prédistribution &nbsp;&raquo; venu des USA et ensuite véhiculé par le LABOUR, le parti de Tony Blair en Angleterre. </p>
<p>Concept ô combien bancale puisque largement dénaturé par le principal intéressée par rapport au concept initial, déjà lui-même  critiquable.</p>
<p>M.Valls tente de nous refourguer un colifichet idéologique  dans le sillage de la Restauration Conservatrice qu&#8217;il tente d&#8217;imposer à la France, après M.Sarkozy. La &laquo;&nbsp;prédistribution &nbsp;&raquo; pour M.Valls en effet, est moins un concept, qu&#8217; un cheval de troie. </p>
<p>Le terme initialement inventé à l&#8217;université américaine de Yale, semble finalement, après bien des détours,  avoir été inventé pour ne jamais remettre en cause le fonctionnement du capitalisme contemporain ni de sa planète finance, totalement dérégulée. Ce système  qui paupérise désormais tout le monde :  les classes populaires comme les dites &laquo;&nbsp;classes moyennes&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le Précariat général.</p>
<p>Le terme est un gadget et une pirouette sémantique pour déconstruire l&#8217; Etat democratique &amp; social en France, comme tous ses autres équivalents sur le continent européen. Appelé aux USA «  Etat Providence » pour mieux engourdir les esprits et faire croire que c&#8217;est un don de Dieu, l&#8217; Etat démocratique &amp; social est l&#8217;ennemi à abattre pour les « néocons », les néoconservateurs américains ou anglais.</p>
<p>M.Valls se pose en France, la même question que ce sont posés M.Clinton et M.Obama pour le &laquo;&nbsp;Parti Démocrate&nbsp;&raquo;, l&#8217;inverse politique supposé du pôle républicain aux USA.</p>
<p>Le parti démocrate US  ne désirant pas perdre tout à fait son électorat, il réinvente chaque année un peu l&#8217;eau chaude. Ne voulant aucunement  toucher aux arcanes du capitalisme contemporain tel qu&#8217;il fonctionne, ni à l&#8217; Économie corsaire,  ni à l&#8217;hyper-inégalitaire et militarisée, M.Valls s&#8217;interroge comme ses amis du &laquo;&nbsp;Parti Démocrate&nbsp;&raquo; US. Pourquoi ne parle t-il jamais de ce vaste château de cartes financier, totalement dérégulé et régi par des algorithmes devenus grâce aux politiques de gouvernements félons,  largement incontrôlables, ces fameux marchés financiers qui multiplient les Krachs planétaires ?</p>
<p>Le terme de «  prédistribution » s&#8217;il a été peut-être inventé par Jacob Hacker dans un meilleur esprit, M.Valls n&#8217;en a cure. Il est dès lors encore plus marrant de voir comment M. Valls s&#8217;en arroge la paternité dans son interview du &laquo;&nbsp;Nouvel Obs&nbsp;&raquo;. Je trouve cela assez scandaleux. Cette façon de faire montre comment le bonhomme tient en estime son électorat. Il avance masqué en croyant qu&#8217;on ne lira pas entre les lignes. Toute la vilénie et la malignité de M.Manuel Valls tient dans ce vol de paternité du concept de &laquo;&nbsp;prédisposition&nbsp;&raquo; et sa dénaturation. </p>
<p>Nouvel obs/Manuel Valls  :</p>
<p>&nbsp;&raquo; Nous devons proposer un modèle que j&#8217;appelle la prédistribution pour prévenir les inégalités &nbsp;&raquo; </p>
<p>Ce Manuel Valls qui échoue largement à s&#8217;exprimer et à aligner trois phrases à la télévision, et le voilà qu&#8217;il s&#8217;arroge la paternité idéologique d&#8217;un concept tout en y comprenant rien !Quelle bien étrange manière de faire.</p>
<p>Le terme permet surtout dans sa bouche de cacher  la financiarisation de l&#8217;Economie et sa dérégulation mortifère. La prescription de la «  prédestination » est dans la bouche de M.Valls une fumisterie comme vous l&#8217;avez parfaitement montré, M.Filoche. </p>
<p>C&#8217;est si j&#8217;ose dire encore bien pire, puisque le système creuse désormais les inégalités de façon exponentielle (!)étant donné que le système est automatisé à la nano-seconde (Transactions à haute fréquence); sans compter les grossières manipulations des marchés mis en lumière par M.Leclerc et M.Jorion sur son blog, sans compter aussi les ententes sur le libor et l&#8217;univers du «  shadow banking ». </p>
<p>La rapine planétaire informatisée, c&#8217;est la prise en otage de 7 milliards de personnes, voilà la réalité des faits, cachée par M.Valls et maquillée par M.Sapin.</p>
<p>M.Valls se garde bien d&#8217;aborder toute la réalité de l&#8217;économie si largement faussée d&#8217;aujourd&#8217;hui. L&#8217;« angle mort » de sa pensée. Il est effectivement plus simple pour lui de jouer avec le nouveau gadget de la «  prédistribution » qui lui permettra demain,  avec «  RIEN », de ne donner<br />
«  RIEN ».  </p>
<p>Motus et bouche cousue sur les effets nuisibles et collatéraux de notre économie financiarisée qui propulse des millions de personnes nouvelles, dans la pauvreté et la misère comme nous l&#8217;avons déjà vu en 1929 et 2007. In extremis sauvées par les Etats en 2007, les banques ne pourront pourtant pas l&#8217;être deux fois de suite ! Comment se fait -il qu&#8217;il n&#8217;en parle pas, lui premier ministre du gouvernement français ayant la main sur son ministre des finances, le dénommé M.Macron ?</p>
<p>M.Macron dont on apprend en passant,qu&#8217;il a gagné 2,4 millions d&#8217;euros à la banque Rothschild entre 2011 et mi-2012 et qui pourtant, ne paie toujours pas l&#8217;ISF, l&#8217;impôt sur les grandes fortunes  !!!<br />
(sources L&#8217;Express).</p>
<p>Cherchons l&#8217;erreur.</p>
<p>Le concept de &laquo;&nbsp;prédistribution&nbsp;&raquo;, dans la bouche de M.Valls c&#8217;est du vent pour les plus pauvres ou du déjà-existant pour les salariés de la dite classe moyenne( bientôt paupérisée comme les autres). </p>
<p>Cela permet finalement comme vous le dites, M.Filoche de détaxer les plus riches et donc de les rémunérer en quelque sorte par une redistribution inversée, eux qui ont déjà tout. M.Valls, c&#8217;est monsieur «  PLUS ». Toujours &nbsp;&raquo; PLUS &nbsp;&raquo; pour ceux qui ont TOUT.</p>
<p>Ce que l&#8217;on ne donne plus aux populations salariées et aux populations broyées par le chômage, on le donnera ainsi aux plus riches ! Ainsi, ceux-ci pourront encore mieux spéculer et grossir les bulles financières qui nous éclateront demain en pleine poire. Cela tombe sous le sens, n&#8217;est-ce pas ? Le Crakh de 2007 apparaitra demain comme « peanuts » au regard des prochains, et des guerres qui s&#8217;ensuivront.</p>
<p>M.Valls y survivra t-il ?</p>
<p>La pseudo « Prédistribution » c&#8217;est une Redistribution vis à vis des plus riches. Du &laquo;&nbsp;Jansénisme anglo-saxon&nbsp;&raquo; à la lettre, en quelque sorte. Seuls les plus riches seront les «  élus » du nouveau système promu entre autres par M.Valls. Les plus riches, car  « prédestinés » et seul méritants aux yeux du nouveau système, auront tout et bien plus encore.  La spéculation sera ainsi supérieure au travail selon une nouvelle échelle de valeurs. La logique sera inversée. Ceux qui travaillent seront méprisés et le spéculateur promu. L&#8217;argent allant à l&#8217;argent, les plus riches recevront beaucoup puisqu&#8217;ils ont déjà tant :<br />
Majoration de la rapine et institutionnalisation d&#8217;une nouvelle mentalité basé sur l&#8217;écrasement, le mépris et l&#8217;économie-casino. </p>
<p>Suçer le sang des salariés et politiquement les désosser sera la nouvelle philosophie humaine.</p>
<p>M.Valls applaudit déjà.</p>
<p>Ce que l&#8217;on ne redistribue plus après coup aux classes populaires ou aux ultimes classes moyennes, sera un gain considérable et supplémentaire pour les 10% les plus riches et le 1% des méga-fortunés. Ainsi, on ne donnera rien ou pas grand chose en amont &#8211;  voir aux USA, en Angleterre et en Allemagne &#8211;  et on ne taxera plus les plus gros revenus, dont leurs fortunes auront été constituées par la spéculation boursière, le trafic d&#8217;influences en tous genres et le néoservage de la masse des salariées et des salariés. Cela creusera encore plus les dettes publiques, manne éternelle pour ceux qui la rachète à bon prix. Les dettes qui se creuseront encore plus, seront de l&#8217;argent frais à tirer pendant mille ans sur la masse des salariés redevenus esclaves ou serfs.</p>
<p>C&#8217;est ce qui s&#8217;est passé à la chute de l&#8217;empire romain et au début du Moyen-âge.  </p>
<p>A croire décidément que M. Manuel Valls travaille main dans la main avec la place financière de la City. Comme M.Hollande, M.Macron, M.Sapin, M.Moscovsici et consort, M.Valls est l&#8217;enfant de Margareth Thatcher. Comme le fut en son temps M.Blair, l&#8217;ami de M.Valls. M.Valls dans ces conditions, tente aujourd&#8217;hui un coup d&#8217;état idéologique sur le « Parti Socialiste » en bonne et due forme. Nous verrons bien en Juin 2015, ce qu&#8217;il en sera.</p>
<p>M.Valls dit dans l&#8217;interview en question, reprenant en cela les paroles de Madame Royal, que le PS a trop longtemps été<br />
« hanté par le surmoi marxiste ». Au delà de la formule inepte si on y réfléchit cinq minutes, ne doutons pas que M.Valls aspire à ce que le PS demain, soit largement &laquo;&nbsp;hanté par le surmoi de Friedrich August von Hayek&nbsp;&raquo;.La capture et la possession de l’intéressé est déjà en cours, très visiblement, l&#8217;aboutissement n&#8217;est plus très loin. Le mal rongera t-il les militants PS ?</p>
<p>Dès lors, oui, un nouveau Frankenstein est né.M.Valls accouche d&#8217;un monstre et il veut qu&#8217;on lui fasse fête, lorsqu&#8217;il s&#8217;arroge la paternité des idées d&#8217;autrui. Mais,pourquoi dans ces conditions, le bonhomme ne va t-il pas rejoindre l&#8217;UMP sans tarder ? Pourquoi en effet reste t&#8217;il au « Parti Socialiste » avec autant de fumeuses idées et si largement pétri par la pensée de droite ?</p>
<p>Mystère.</p>
<p>La réponse est subsidiaire et sans doute ailleurs. </p>
<p>La banque JP Morgan n&#8217;avait-elle pas donné des prescriptions en 2013 vis à vis des gouvernements européens ?</p>
<p>La banque JP Morgan recommandait aux pouvoirs européens de se débarrasser des &laquo;&nbsp;PINKO &laquo;&nbsp;, entendez tout ce qui est rose de près ou de loin, c&#8217;est à dire de la Gauche, la vraie, dans son ensemble et surtout, elle appelait à se débarrasser des constitutions &laquo;&nbsp;anti-fascistes &nbsp;&raquo; héritées de la Libération, après la seconde guerre mondiale. </p>
<p>Oui, vous avez bien lu.</p>
<p>Au moins, les choses sont plus claires en lisant les prescriptions de la banque JP Morgan, car du coup, nous pouvons retisser aisément les liens confus qui vont de Valls à Blair, de Sarkozy à Hollande, de  Renzi en Italie à Rajoy en Espagne ;  de l&#8217;U.E de Merkel à la banque JP Morgan en particulier et au pouvoir financier, en général.</p>
<p>On comprend mieux pourquoi, en Grèce, le Pasok, le « parti socialiste » grec tant vanté sur les ondes radiophoniques cette semaine par M.Moscovici, gouverne main dans la main avec la droite de M.Samaras et l&#8217;extrême-droite. </p>
<p>La criminalisation de la Gauche politique, celle qui est bien réelle, n&#8217;est plus très loin en effet. </p>
<p>Nous avons une meilleure lecture des évènements en cours, en connaissant le texte de la banque JP Morgan et l&#8217;on peut mieux appréhender le gouvernement Hollande à cette aune là. Les propositions de M.Valls sont parfaitement cohérentes avec les recommandations de la banque JP Morgan.<br />
Il s&#8217;agit en effet d&#8217;en finir une bonne fois pour toute avec l&#8217;opposition politique de Gauche. </p>
<p>Dans son texte, paru en 2013, la banque JP Morgan préconisait non seulement d&#8217;en finir avec les constitutions à &nbsp;&raquo; inclinations «socialistes»&nbsp;&raquo; mais  proposait de supprimer cette mouvance  idéologique de toutes les structures politiques. </p>
<p>M.Valls se prépare à la grande mue.</p>
<p>Outre que le « localisme » devait être remplacé par la manière forte, centrale, de l&#8217;autorité &#8211;  (L&#8217;Allemagne ?) &#8211; la banque JP Morgan préconisait de supprimer les droits des travailleurs.</p>
<p>Allo M.Macron ?<br />
Allo M.Sapin ?</p>
<p>La banque JP Morgan préconisait enfin &#8211; dans la logique de l&#8217;idéologie de Von Hayek &#8211; de cesser de faire du consensus politique et du progrès démocratique, un horizon politique souhaitable.</p>
<p>Nous avons là en quintessence tout le programme politique de M.Sarkozy et de M.Hollande, à plus ou moins brève échéance.</p>
<p>Réduire considérablement le droit de manifester était une mesure phare des préconisations de la banque JPMorgan.<br />
C&#8217;était un préalable pour mettre en place en quelque sorte un pouvoir continental sous commandement des banques.</p>
<p>Le Partido popular, la droite Espagnole, de M.Mariano Rajoy a parfaitement suivi le programme de la banque JP Morgan :</p>
<p> &nbsp;&raquo; Espagne : la rue bientôt bâillonnée ? &nbsp;&raquo; : </p>
<p><a href="http://www.marianne.net/Espagne-la-rue-bientot-baillonnee_a243430.html" rel="nofollow">http://www.marianne.net/Espagne-la-rue-bientot-baillonnee_a243430.html</a></p>
<p>Oui, la boucle se boucle et demain, qu&#8217;allons-nous faire?<br />
Allons-nous la boucler ?</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gilbert Duroux</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64160</link>
		<dc:creator>Gilbert Duroux</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Dec 2014 01:51:54 +0000</pubDate>
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		<description>Je verrais bien ça à l&#039;annexe Varlin de la Bourse du travail, rue Charlot. Il y a une belle salle, la salle Hénaff, qui a une bonne acoustique (rien à voir avec la grande salle de la Bourse principale, rue du Château d&#039;eau, qui est très belle mais insonorisable).</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je verrais bien ça à l&#8217;annexe Varlin de la Bourse du travail, rue Charlot. Il y a une belle salle, la salle Hénaff, qui a une bonne acoustique (rien à voir avec la grande salle de la Bourse principale, rue du Château d&#8217;eau, qui est très belle mais insonorisable).</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64126</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2014 20:34:39 +0000</pubDate>
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		<description>Salut les parisiens !

On s&#039;y prend un poil à l&#039;arrache, mais surtout, surtout, réservez votre soirée du lundi 12 janvier, à partir de 19 heures ! 

Fakir et le collectif &quot;De l&#039;air à France Inter&quot; organisent une soirée &quot;On nous cache tout&quot;. 
Frédéric Lordon, Danielle Simonnet, Aurélie Trouvé (ATTAC), Serge Halimi, les Gérards Filoche et Mordillat, Kamel et d&#039;autres viendront nous parler de ce qu&#039;on ne trouve pas dans les médias dominants. 

Ce sera également l&#039;occasion de revenir sur la campagne &quot;De l&#039;air à France Inter&quot;.

On vous dit très vite où c&#039;est, mais ce sera à côté de République (quand on vous dit qu&#039;on est l&#039;arrache).

Et parce qu&#039;on aime bien votre mettre à contribution, dans la rubrique petites annonces, on cherche :
-  quelques lits pour héberger nos copains venus du sud, et très sûrement des fakiriens amiénois
-  quelques personnes qui pourraient nous filer un coup de main pendant la soirée
-  et enfin, du monde pour faire de l&#039;affichage le mardi 6 au soir !

N&#039;hésitez pas également, à nous envoyer un petit mail si vous avez l&#039;envie et le temps de vous engager dans notre campagne &quot;De l&#039;air à France Inter&quot;.

Au plaisir de vous voir nombreux le 12 janvier. En attendant, passez de bonnes fêtes !
Sans vous, on est rien, avec vous, on peut beaucoup...

Bises à tous,

L&#039;équipe de Fakir</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Salut les parisiens !</p>
<p>On s&#8217;y prend un poil à l&#8217;arrache, mais surtout, surtout, réservez votre soirée du lundi 12 janvier, à partir de 19 heures ! </p>
<p>Fakir et le collectif &laquo;&nbsp;De l&#8217;air à France Inter&nbsp;&raquo; organisent une soirée &laquo;&nbsp;On nous cache tout&nbsp;&raquo;.<br />
Frédéric Lordon, Danielle Simonnet, Aurélie Trouvé (ATTAC), Serge Halimi, les Gérards Filoche et Mordillat, Kamel et d&#8217;autres viendront nous parler de ce qu&#8217;on ne trouve pas dans les médias dominants. </p>
<p>Ce sera également l&#8217;occasion de revenir sur la campagne &laquo;&nbsp;De l&#8217;air à France Inter&nbsp;&raquo;.</p>
<p>On vous dit très vite où c&#8217;est, mais ce sera à côté de République (quand on vous dit qu&#8217;on est l&#8217;arrache).</p>
<p>Et parce qu&#8217;on aime bien votre mettre à contribution, dans la rubrique petites annonces, on cherche :<br />
-  quelques lits pour héberger nos copains venus du sud, et très sûrement des fakiriens amiénois<br />
-  quelques personnes qui pourraient nous filer un coup de main pendant la soirée<br />
-  et enfin, du monde pour faire de l&#8217;affichage le mardi 6 au soir !</p>
<p>N&#8217;hésitez pas également, à nous envoyer un petit mail si vous avez l&#8217;envie et le temps de vous engager dans notre campagne &laquo;&nbsp;De l&#8217;air à France Inter&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Au plaisir de vous voir nombreux le 12 janvier. En attendant, passez de bonnes fêtes !<br />
Sans vous, on est rien, avec vous, on peut beaucoup&#8230;</p>
<p>Bises à tous,</p>
<p>L&#8217;équipe de Fakir</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64124</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2014 20:26:18 +0000</pubDate>
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		<description>notre camp c&#039;est la gauche unie</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>notre camp c&#8217;est la gauche unie</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : bugsy</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64077</link>
		<dc:creator>bugsy</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2014 15:12:49 +0000</pubDate>
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		<description>Greg,

Avec la vidéo, tu feras quelques heureux : 

https://www.youtube.com/watch?v=jgmwhOiD4Bc</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Greg,</p>
<p>Avec la vidéo, tu feras quelques heureux : </p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=jgmwhOiD4Bc" rel="nofollow">https://www.youtube.com/watch?v=jgmwhOiD4Bc</a></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Greg</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64076</link>
		<dc:creator>Greg</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2014 15:09:15 +0000</pubDate>
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		<description>Pierre Joxe: «Je suis éberlué par cette politique qui va contre notre histoire»
19 décembre 2014 &#124; Par Edwy Plenel et Frédéric Bonnaud - Mediapart.fr

Pierre Joxe lors de notre émissionPierre Joxe lors de notre émission
Dans un entretien à Mediapart, Pierre Joxe, plusieurs fois ministre de Mitterrand et grande figure socialiste, n&#039;a pas de mots assez durs pour dénoncer le gouvernement et le projet de loi dit Macron. Il dénonce une entreprise de « déconstruction du droit social », des dispositions « ahurissantes », fait le parallèle avec la fin de la SFIO – « En 1956, on a voté Mendès France, on a eu Guy Mollet » –, et estime que « l’espérance est en danger ».

« Éberlué », « stupéfait », « ahurissant ». Pierre Joxe, animal politique au sang-froid, a rarement usé d&#039;autant d&#039;adjectifs que dans l&#039;entretien qu&#039;il nous a accordé dans le cadre de notre émission « En direct de Mediapart », jeudi 18 décembre. Plusieurs fois ministre de François Mitterrand, ancien président de la Cour des comptes, ancien membre du Conseil constitutionnel (2001 à 2010), Pierre Joxe (ici sa fiche Wikipedia) s&#039;était gardé jusqu&#039;alors d&#039;évaluer en détail la politique conduite par François Hollande et Manuel Valls. Le projet de loi Macron, adopté ce mois-ci en conseil des ministres et dont l&#039;examen doit débuter au Parlement le 26 janvier prochain, l&#039;a visiblement incité à sortir du bois.
«La gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail du genre de celles qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour (...) Aujourd’hui, on est à contre-emploi de notre histoire. Cette phase éberlue n’importe qui.», dit Pierre Joxe. L&#039;ancien ministre dénonce une entreprise de « déconstruction du droit social », des dispositions « ahurissantes », fait le parallèle avec la fin de la SFIO – «En 1956, on a voté Mendès France, on a eu Guy Mollet » –, et estime que « l’espérance est en danger ».
Voici cet entretien vidéo, suivi d&#039;une retranscription écrite.



Médiapart: Quand nous vous avons présenté le thème de cet entretien, « le travail en miettes », vous nous avez dit : « C’est surtout le code du travail qui est en miettes. » Pourquoi ?

Pierre Joxe: Le droit du travail est en miettes car le mouvement qui a lieu en ce moment en France, et pas seulement en France, est un mouvement de déconstruction du droit du travail. Il faut comprendre que le droit du travail est un droit d’exception : c’est un droit qui dit non au code civil, qui dit non au droit du libéralisme, qui dit « non, la liberté n’est pas complète », on ne peut pas embaucher des enfants dans les usines, en 1834, etc. Et c’est un droit qui repose sur une action collective puisque tout le droit du travail a progressé sous la pression de l’action syndicale. En France, les lois progressistes ont toujours suivi les grandes manifestations syndicales. Même le repos hebdomadaire ! Cela a culminé avec le Front populaire, la Libération et, en quelques occasions auxquelles j’ai d’ailleurs participé, par exemple avec les lois Auroux.
Aujourd’hui, on assiste à une déconstruction. Ce n’est pas une démolition, c’est un effritement. Il y a une accélération récente et je pense qu’on va en parler avec cette loi (Macron – ndlr). Elle concerne souvent le droit du travail mais n’associe même pas le ministre du travail ! C’est une situation juridique étrange ! Le droit du travail est un droit qui ne donne pas la priorité au contrat mais qui dit que la loi s’impose au contrat : c’est la loi qui protège car le contrat peut asservir, sauf justement s’il respecte la loi. Or nous assistons à un autre mouvement, un mouvement inverse qui veut rendre au contrat la place qui a justement été conquise par le droit du travail et les mobilisations sociales.

M: Alors parlons de cette loi Macron, faite par le ministre de l’économie et qui n’associe pas le ministre du travail…

P.J: Je vous interromps : on parle d’une loi – loi Aubry, loi Auroux – lorsqu’elle a été votée. Pour le moment, il y a un projet de loi qui s’appelle, imprudemment peut-être...

M: Vous voulez dire que M. Macron n’est pas encore rentré dans l’histoire ?

P.J: Oh si, sûrement, parce qu’il ressemble un peu à Emmanuelli… Tous les deux étaient chez Rothschild, tous les deux sont entrés au gouvernement.

M: Pourquoi la gauche qui est au pouvoir accompagne-t-elle cette régression ?

P.J: Je ne sais pas. Il y a eu des éléments précurseurs. On aurait dû s’alarmer lorsqu’on a lu dans un journal, il y a un an, signé par un certain nombre de députés socialistes, dont Le Guen qui est aujourd’hui ministre des relations avec le Parlement, ce texte que je cite : « Il faudra que Hollande s’attaque à un redoutable tabou national, celui des rigidités d’un code du travail qui est devenu un puissant répulsif de l’emploi. » Qu’une dizaine de députés socialistes puissent signer, un siècle après la création par Clemenceau du premier ministère du travail, un siècle après le premier code du travail, un siècle après la première loi sur le repos hebdomadaire, un texte expliquant que le code du travail est un puissant répulsif, c’est stupéfiant !
Il se trouve que quand Me Parisot était présidente du Medef, elle disait ceci : « Nous préconisons une réforme de la constitution afin de reconnaître le droit à la négociation et de permettre aux représentants des employeurs et des salariés de fixer les modalités des principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et du droit à la sécurité sociale. »
Donc c&#039;est toujours cette idée qu’il faut retirer au règne de la loi, et aux représentants de la souveraineté nationale, la responsabilité de fixer les règles dans le monde du travail. C’est une idée qui chemine depuis longtemps.
Alors évidemment, elle éclot avec cette nouvelle loi et on est d’autant plus stupéfait qu’on y trouve des choses ahurissantes. Par exemple, la pénalisation de l’entrave. Vous savez que le délit d’entrave, c’est empêcher les délégués syndicaux ou les représentants du personnel de remplir leurs missions. C’est un délit du droit pénal du travail. Eh bien, l’article 85 de ce projet de loi (Macron - ndlr) prévoit que par ordonnances (donc, en évitant le débat public) le gouvernement pourrait réviser la nature et le montant des peines applicables en cas de délit d’entrave. C’est-à-dire qu’on envisage de revoir cela alors que ni la loi d’amnistie de 1981 (celle de Mitterrand), ni la loi d’amnistie de la droite en 1995, ni la loi d’amnistie de 2002, n’a porté atteinte à cette règle un peu mythique mais qui consiste à dire que si un employeur viole la loi et fait entrave, il peut être condamné au pénal…
Moi, je ne comprends pas. Je pense que le débat aura lieu mais là, comme c’est prévu par ordonnances, cela veut dire qu’on veut fuir le débat. Or je pense que ce débat doit être porté très largement.

M: Vous évoquiez d’autres mesures, lesquelles ?

P.J: Quand j’étais au Conseil constitutionnel… J’ai beaucoup souffert au Conseil constitutionnel, j’étais très seul, pendant quelque temps il y avait mon ami Colliard (ndlr) et on avait à peu près les mêmes opinions, mais par la suite les conservateurs et les réactionnaires étaient tellement majoritaires que moi j’étais finalement solitaire. J’ai donc vu les saisines de mes amis du groupe socialiste et je vous en ai apporté une, signée Sapin, Ayrault, Hollande, Leroux, Valls, Cambadélis, Bartolone. C’est la décision DC2008568 du Conseil constitutionnel qui attaque une disposition du projet de loi dit de « rénovation de la démocratie sociale » – vous imaginez ce qu’il pouvait y avoir dedans. Mes amis socialistes ont attaqué, à juste titre, en rappelant que « la loi doit déterminer elle-même les principes fondamentaux du droit du travail et encadrer le champ ouvert à la négociation collective ». C’est-à-dire que cette saisine par le groupe socialiste rappelle le principe sacré que c’est la loi qui fixe les principes du droit du travail et qu’on ne doit pas les laisser à la négociation collective, où finalement le patronat est toujours plus fort que les organisations syndicales, sauf dans les grandes périodes de crise type Front populaire ou Libération.

M: Donc, ce qui est exactement l’inverse de ce qu’on appelle l’ANI, l’Accord national interprofessionnel…

P.J: Oui, l’ANI, c’était l’année dernière. Et donc, sur cette saisine, le Conseil constitutionnel avait dit que les dispositions contestées – c’était à propos des contreparties obligatoires sur les questions du repos dominical et des heures supplémentaires – l’étaient à juste titre et les avait censurées.

M: Et cela concernait déjà le travail du dimanche.

P.J: Oui, et les heures supplémentaires. Donc, c’est absolument ahurissant.

M: Que pensez-vous du débat sur le travail du dimanche, êtes-vous d’accord avec la tribune de Martine Aubry ?

P.J: Alors, je vais peut-être vous étonner, je n’ai pas lu la tribune de Martine Aubry mais je n’ai pas besoin de la lire pour savoir ce qu’elle en pense. Martine Aubry a été l’excellente collaboratrice de Jean Auroux, puis ministre du travail. Comme tous les gens qui ont un peu d’expérience dans ce domaine, elle sait très bien que l’existence du travail du dimanche est nécessaire : il y a les hôpitaux, les transports en commun, la police, etc. Mais le développement du travail du dimanche dans le commerce – et c’est la grande activité dans laquelle il y a aujourd’hui les salariés les plus faibles, les moins qualifiés, les plus remplaçables –, ce développement est exclusivement destiné aux intérêts des groupes de la grande distribution. Je ne dis pas principalement, je dis exclusivement ! Et là je ne comprends pas très bien.

M: Dans votre livre Soif de justice, vous dites : quand la gauche reviendra au pouvoir il faudra « désarkozyfier ». Aujourd’hui on a plutôt l’impression de marcher sur sa lancée. Quel effet cela fait de se dire que la gauche au pouvoir va plus loin que le président qu’elle a remplacé ?

PJ: D’abord ce n’est pas la gauche qui a remplacé un président. Il y a un élu par la gauche qui a remplacé un président élu par la droite. Les conditions dans lesquelles fonctionne le gouvernement actuel sont surprenantes, puisque le PS avait choisi un candidat parmi trois. Il y en avait un seul qui avait eu un résultat très faible dans l’investiture primaire, c’était Manuel Valls avec 5 %. Évidemment, deux ans après, quand il gouverne la France, beaucoup de gens sont surpris…
La gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail du genre de celles qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour. Il y a donc un problème interne non pas à la gauche ou au PS, mais interne au groupe socialiste. La démocratie libérale n’aime pas le droit social, et la France a progressé dans la voie du droit social avec Jaurès, Clemenceau – qui a créé le ministère du travail et les assurances sociales –, le Front populaire… C’est une construction continue qui va dans le sens d’un progrès. Aujourd’hui, on est à contre-emploi de notre histoire. Cette phase éberlue n’importe qui.
La gauche n’a pas été élue pour faire une politique aussi surprenante qui ne va pas du tout dans le sens de l’histoire de la gauche, et je pense que c’est quelque chose qui va se débattre dans les mois qui viennent.

M: Vous avez dit : « Nous sommes éberlués. » Est-ce que cela veut dire que vous qui avez été président du groupe socialiste, figure de l’alternance, vous êtes comme nous tous, tétanisés et vous donnez votre langue au chat ? Comment nous donner l’explication de ce qui se passe ?

Je ne suis pas tétanisé, d’ailleurs je suis vacciné contre le tétanos. Je ne donne pas non plus ma langue au chat mais je n’ai pas d’explication sur ce qui se passe en ce moment. Une grande partie des Français ne comprennent pas ce qui se passe. La situation dans laquelle nous nous trouvons est assez comparable à celle du référendum sur l’Europe en 2005. Ce référendum a divisé la gauche. J’étais de ceux qui étaient contre, certains nous ridiculisaient en nous disant que l’on était à contre-courant de l’histoire, mais les Français ont voté non. Ils ont voté non mais personne n’en a tenu compte, particulièrement le parti socialiste.
C’est aujourd’hui une situation qui me fait penser à la guerre d’Algérie. En 1956, les Français ont voté pour Mendès France, c’est-à-dire contre les guerres coloniales. Sauf que ce n’est pas Mendès que Coty a appelé, c’est Guy Mollet, et on a eu l’inverse. La situation actuelle a quelque chose de commun avec ces périodes de balancement.
Je pense qu’il va y avoir une profonde réflexion sur la prise de pouvoir par la gauche socialiste. Nous avons pris le pouvoir en 1981 après une victoire de l’union de la gauche. C’était déjà le pouvoir de ce que Jospin appellera plus tard la gauche plurielle. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir en France ou ailleurs une victoire de la gauche sans qu’il y ait un rassemblement avec toutes les forces de gauche. Je le répète, nous sommes dans une période de réflexion qui commence seulement, en particulier avec ces lois qui sont tellement à contre-courant de l’histoire de notre droit social.

M: Vous êtes toujours membre du parti socialiste, c’est votre famille ?

P.J: C’est ma famille. J’ai fondé le parti socialiste, j’ai participé à sa création, c’est même la première fois que j’ai adhéré à un parti. Mais comme beaucoup au parti socialiste, cette famille est devenue un peu théorique.
M: Que répondez-vous aux gens qui sont très durs en ce moment ? On lit souvent : ce qu’est en train de faire la gauche, la droite n’aurait jamais osé le faire parce qu’elle aurait mis la gauche dans la rue…

P.J: Ce n’est pas vrai que la droite n’aurait pas osé le faire, elle l’a fait. Il y a eu la loi Borloo, il y a eu d’autres lois antérieures plus ou moins avancées. Là n’est pas le problème. Le problème, c’est ce qu’il y a devant nous en Europe. Ce mouvement de déconstruction du droit du travail n’est pas particulier à la France : il est beaucoup plus avancé en Angleterre, on ne sait pas ce qu’il va se passer en Italie. Ce qui est devant nous, c’est ce que l’opinion française va faire. Toutes les personnes qui sont dans les tribunaux, devant les juridictions sociales de base, ce ne sont que des gens pauvres ou très pauvres et en plus en situation de faiblesse économique, sociale, culturelle, personnelle…
Et là je pense qu’il y a quand même un certain danger dans la montée du Front national. La problématique qui est devant nous est : comment va évoluer la gauche, l’extrême droite, et comment les uns vont évoluer par rapport aux autres ?
Forcément, l’année 2015 va être celle d’une profonde réflexion à gauche, chez la population française mais aussi chez ceux qui ne sont classés politiquement ni à gauche ni à droite et qui se demandent où on va. La sécurité sociale, le droit du travail, les délégués du personnel, correspondent à des institutions qui ont été cristallisées à la Libération. Or la Libération est une période où la France est optimiste. La France se reconstruit avec espérance, avec un système social qui est aujourd’hui encore là, qui a été élargi par certaines mesures, en particulier Aubry, et abîmé par certaines réformes, mais il est encore là. Le problème qui se pose quand on regarde ce qui se passe en Angleterre ou aux États-Unis c’est, est-ce qu’il sera encore là dans vingt ans ?

Vous avez évoqué la figure de Mendès France. À l’initiative de votre amie Françoise Seligmann, qui est décédée en 2013 le même jour que Stéphane Hessel deux ans plus tôt, vous rendiez hommage à Mendès France dans un numéro de sa revue Après-demain. Je lis ici la conclusion de cet article. « Trente ans après le décès de Mendès France, un demi-siècle avec la mort de la IVe République, on sait de quoi les républiques peuvent être malades, à en mourir quand elles bafouent les libertés et renient le droit. Le souvenir de Mendès France est comme un fantôme qui hante notre histoire contemporaine, le fantôme de la clairvoyance et du courage politique, hélas tous les fantômes ne sont pas des revenants. » Le numéro de cette revue s’appelait « La République est en danger ». Aujourd’hui, pensez-vous que la République est en danger ?

P.J: La France a une chance, c’est qu’elle a une tradition historique de lutte politique très forte, ça peut la protéger plus que d’autres pays. Je suis plus inquiet quand je vois certaines tendances en Italie, même en Allemagne. Je ne pense pas que la République soit en danger, ou alors elle est toujours en danger. Ce qui est en danger, c’est l’espérance.

M: Elle est en danger si on ne s’occupe pas de l’espérance ? Si on ne s’engage pas, si on ne résiste pas ?

P.J: Non, c’est l’espérance qui est en danger. Parce que la France est une République sociale. La Constitution dit quoi ? Que la République n’est pas seulement la loi de la majorité, que la majorité ne peut pas opprimer. Elle dit que la République a pour fonction d’élaborer une société où les chances des enfants, où les possibilités des hommes et des femmes tendent vers l’égalité. Ce n’est pas l’égalitarisme, c’est aller vers l’égalité. Et ça, c’est une espérance, c’était l’espérance très forte de la Libération, l’espérance très forte de la Révolution, de 1848, de la Commune de Paris, du Front populaire. Et celle de certains moments de l’histoire, avec Mendès, avec Mitterrand aussi. Et cette espérance-là, il ne faut pas qu’elle meure.

M: Vous avez écrit ce livre, Soif de justice, au secours des juridictions sociales. Avez-vous été surpris par l&#039;état de grande misère de l’ensemble de ces juridictions sociales, de ce que vous appelez la justice des pauvres ?

P.J: C’est vrai que j’ai commencé à faire un reportage sur les juridictions sociales comme je l’avais fait pour les juridictions pour enfants. Comme beaucoup de gens, je ne connaissais pratiquement pas les juridictions sociales, à part les prud’hommes. Les gens ne connaissent pas du tout, par exemple, les tribunaux de Sécurité sociale, etc. Or l’ensemble de ces juridictions, du droit du travail et de la protection sociale, rendent 500 000 décisions par an, 500 000 décisions au fond ! Il y a trois millions de décisions par an dans la justice française, 2 millions pour les affaires civiles, 500 000 dans la justice pénale et 500 000 dans les juridictions sociales. Cela fait 2 000 décisions tous les jours dans ces juridictions largement inconnues. Et elles concernent essentiellement des gens pauvres, très pauvres, précaires ; beaucoup de mères célibataires, des gens à l’abandon. Et ce qui est terrible, c’est que la pauvreté de la justice en général en France est encore accentuée dans ces juridictions sociales qui ne tiennent que par le dévouement de magistrats et d’avocats.

M: Et en plus avec des délais effrayants le plus souvent…

P.J: Oui, des délais incroyables et d’autant plus incroyables que je suis allé visiter ce qui se passe en Belgique, en Suisse, en Allemagne… En Suisse, les conseils des prud’hommes quand ils ont un mois de retard, tout le monde en est malade. En Belgique, il y a ce qu’on appelle le tribunal du travail : il regroupe les prud’hommes, les tribunaux des affaires de sécurité sociale, les tribunaux du contentieux de la capacité. Eh bien, en Belgique, non seulement c’est à l’heure, cela fonctionne, mais en plus ce sont les meilleurs magistrats, ils font les carrières les plus brillantes. Et, en plus, dans ce tribunal, il y a ce qu’on appelle le parquet social, c’est un représentant de l’État…
Donc quand on regarde ce qui se passe en Allemagne depuis un siècle, en Belgique depuis trente ans, en Suisse depuis toujours, on se demande comment la France, qui était tout de même à l’origine le pays où le droit social était en avance, peut avoir une justice sociale aussi en retard. En 2013, l’État a été condamné 17 fois à des dizaines de milliers d’euros pour déni de justice, c’est-à-dire pour ne pas avoir rendu de décision dans les délais. Moi-même, je suis éberlué par ce que j’ai vu, comme je suis éberlué de voir que plus de deux ans après le changement de gouvernement, aucune mesure n’a été prise pour améliorer cela, sauf maintenant une réforme des prud’hommes qui ne me paraît pas de la meilleure inspiration.
La boîte noire :
Cet entretien diffusé en direct jeudi 18 décembre lors de notre émission a été légèrement réécrit. Les deux premières questions de la vidéo sont retranscrites en fin d&#039;entretien.
URL source: http://www.mediapart.fr/journal/france/191214/pierre-joxe-je-suis-eberlue-par-cette-politique-qui-va-contre-notre-histoire</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Pierre Joxe: «Je suis éberlué par cette politique qui va contre notre histoire»<br />
19 décembre 2014 | Par Edwy Plenel et Frédéric Bonnaud &#8211; Mediapart.fr</p>
<p>Pierre Joxe lors de notre émissionPierre Joxe lors de notre émission<br />
Dans un entretien à Mediapart, Pierre Joxe, plusieurs fois ministre de Mitterrand et grande figure socialiste, n&#8217;a pas de mots assez durs pour dénoncer le gouvernement et le projet de loi dit Macron. Il dénonce une entreprise de « déconstruction du droit social », des dispositions « ahurissantes », fait le parallèle avec la fin de la SFIO – « En 1956, on a voté Mendès France, on a eu Guy Mollet » –, et estime que « l’espérance est en danger ».</p>
<p>« Éberlué », « stupéfait », « ahurissant ». Pierre Joxe, animal politique au sang-froid, a rarement usé d&#8217;autant d&#8217;adjectifs que dans l&#8217;entretien qu&#8217;il nous a accordé dans le cadre de notre émission « En direct de Mediapart », jeudi 18 décembre. Plusieurs fois ministre de François Mitterrand, ancien président de la Cour des comptes, ancien membre du Conseil constitutionnel (2001 à 2010), Pierre Joxe (ici sa fiche Wikipedia) s&#8217;était gardé jusqu&#8217;alors d&#8217;évaluer en détail la politique conduite par François Hollande et Manuel Valls. Le projet de loi Macron, adopté ce mois-ci en conseil des ministres et dont l&#8217;examen doit débuter au Parlement le 26 janvier prochain, l&#8217;a visiblement incité à sortir du bois.<br />
«La gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail du genre de celles qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour (&#8230;) Aujourd’hui, on est à contre-emploi de notre histoire. Cette phase éberlue n’importe qui.», dit Pierre Joxe. L&#8217;ancien ministre dénonce une entreprise de « déconstruction du droit social », des dispositions « ahurissantes », fait le parallèle avec la fin de la SFIO – «En 1956, on a voté Mendès France, on a eu Guy Mollet » –, et estime que « l’espérance est en danger ».<br />
Voici cet entretien vidéo, suivi d&#8217;une retranscription écrite.</p>
<p>Médiapart: Quand nous vous avons présenté le thème de cet entretien, « le travail en miettes », vous nous avez dit : « C’est surtout le code du travail qui est en miettes. » Pourquoi ?</p>
<p>Pierre Joxe: Le droit du travail est en miettes car le mouvement qui a lieu en ce moment en France, et pas seulement en France, est un mouvement de déconstruction du droit du travail. Il faut comprendre que le droit du travail est un droit d’exception : c’est un droit qui dit non au code civil, qui dit non au droit du libéralisme, qui dit « non, la liberté n’est pas complète », on ne peut pas embaucher des enfants dans les usines, en 1834, etc. Et c’est un droit qui repose sur une action collective puisque tout le droit du travail a progressé sous la pression de l’action syndicale. En France, les lois progressistes ont toujours suivi les grandes manifestations syndicales. Même le repos hebdomadaire ! Cela a culminé avec le Front populaire, la Libération et, en quelques occasions auxquelles j’ai d’ailleurs participé, par exemple avec les lois Auroux.<br />
Aujourd’hui, on assiste à une déconstruction. Ce n’est pas une démolition, c’est un effritement. Il y a une accélération récente et je pense qu’on va en parler avec cette loi (Macron – ndlr). Elle concerne souvent le droit du travail mais n’associe même pas le ministre du travail ! C’est une situation juridique étrange ! Le droit du travail est un droit qui ne donne pas la priorité au contrat mais qui dit que la loi s’impose au contrat : c’est la loi qui protège car le contrat peut asservir, sauf justement s’il respecte la loi. Or nous assistons à un autre mouvement, un mouvement inverse qui veut rendre au contrat la place qui a justement été conquise par le droit du travail et les mobilisations sociales.</p>
<p>M: Alors parlons de cette loi Macron, faite par le ministre de l’économie et qui n’associe pas le ministre du travail…</p>
<p>P.J: Je vous interromps : on parle d’une loi – loi Aubry, loi Auroux – lorsqu’elle a été votée. Pour le moment, il y a un projet de loi qui s’appelle, imprudemment peut-être&#8230;</p>
<p>M: Vous voulez dire que M. Macron n’est pas encore rentré dans l’histoire ?</p>
<p>P.J: Oh si, sûrement, parce qu’il ressemble un peu à Emmanuelli… Tous les deux étaient chez Rothschild, tous les deux sont entrés au gouvernement.</p>
<p>M: Pourquoi la gauche qui est au pouvoir accompagne-t-elle cette régression ?</p>
<p>P.J: Je ne sais pas. Il y a eu des éléments précurseurs. On aurait dû s’alarmer lorsqu’on a lu dans un journal, il y a un an, signé par un certain nombre de députés socialistes, dont Le Guen qui est aujourd’hui ministre des relations avec le Parlement, ce texte que je cite : « Il faudra que Hollande s’attaque à un redoutable tabou national, celui des rigidités d’un code du travail qui est devenu un puissant répulsif de l’emploi. » Qu’une dizaine de députés socialistes puissent signer, un siècle après la création par Clemenceau du premier ministère du travail, un siècle après le premier code du travail, un siècle après la première loi sur le repos hebdomadaire, un texte expliquant que le code du travail est un puissant répulsif, c’est stupéfiant !<br />
Il se trouve que quand Me Parisot était présidente du Medef, elle disait ceci : « Nous préconisons une réforme de la constitution afin de reconnaître le droit à la négociation et de permettre aux représentants des employeurs et des salariés de fixer les modalités des principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et du droit à la sécurité sociale. »<br />
Donc c&#8217;est toujours cette idée qu’il faut retirer au règne de la loi, et aux représentants de la souveraineté nationale, la responsabilité de fixer les règles dans le monde du travail. C’est une idée qui chemine depuis longtemps.<br />
Alors évidemment, elle éclot avec cette nouvelle loi et on est d’autant plus stupéfait qu’on y trouve des choses ahurissantes. Par exemple, la pénalisation de l’entrave. Vous savez que le délit d’entrave, c’est empêcher les délégués syndicaux ou les représentants du personnel de remplir leurs missions. C’est un délit du droit pénal du travail. Eh bien, l’article 85 de ce projet de loi (Macron &#8211; ndlr) prévoit que par ordonnances (donc, en évitant le débat public) le gouvernement pourrait réviser la nature et le montant des peines applicables en cas de délit d’entrave. C’est-à-dire qu’on envisage de revoir cela alors que ni la loi d’amnistie de 1981 (celle de Mitterrand), ni la loi d’amnistie de la droite en 1995, ni la loi d’amnistie de 2002, n’a porté atteinte à cette règle un peu mythique mais qui consiste à dire que si un employeur viole la loi et fait entrave, il peut être condamné au pénal…<br />
Moi, je ne comprends pas. Je pense que le débat aura lieu mais là, comme c’est prévu par ordonnances, cela veut dire qu’on veut fuir le débat. Or je pense que ce débat doit être porté très largement.</p>
<p>M: Vous évoquiez d’autres mesures, lesquelles ?</p>
<p>P.J: Quand j’étais au Conseil constitutionnel… J’ai beaucoup souffert au Conseil constitutionnel, j’étais très seul, pendant quelque temps il y avait mon ami Colliard (ndlr) et on avait à peu près les mêmes opinions, mais par la suite les conservateurs et les réactionnaires étaient tellement majoritaires que moi j’étais finalement solitaire. J’ai donc vu les saisines de mes amis du groupe socialiste et je vous en ai apporté une, signée Sapin, Ayrault, Hollande, Leroux, Valls, Cambadélis, Bartolone. C’est la décision DC2008568 du Conseil constitutionnel qui attaque une disposition du projet de loi dit de « rénovation de la démocratie sociale » – vous imaginez ce qu’il pouvait y avoir dedans. Mes amis socialistes ont attaqué, à juste titre, en rappelant que « la loi doit déterminer elle-même les principes fondamentaux du droit du travail et encadrer le champ ouvert à la négociation collective ». C’est-à-dire que cette saisine par le groupe socialiste rappelle le principe sacré que c’est la loi qui fixe les principes du droit du travail et qu’on ne doit pas les laisser à la négociation collective, où finalement le patronat est toujours plus fort que les organisations syndicales, sauf dans les grandes périodes de crise type Front populaire ou Libération.</p>
<p>M: Donc, ce qui est exactement l’inverse de ce qu’on appelle l’ANI, l’Accord national interprofessionnel…</p>
<p>P.J: Oui, l’ANI, c’était l’année dernière. Et donc, sur cette saisine, le Conseil constitutionnel avait dit que les dispositions contestées – c’était à propos des contreparties obligatoires sur les questions du repos dominical et des heures supplémentaires – l’étaient à juste titre et les avait censurées.</p>
<p>M: Et cela concernait déjà le travail du dimanche.</p>
<p>P.J: Oui, et les heures supplémentaires. Donc, c’est absolument ahurissant.</p>
<p>M: Que pensez-vous du débat sur le travail du dimanche, êtes-vous d’accord avec la tribune de Martine Aubry ?</p>
<p>P.J: Alors, je vais peut-être vous étonner, je n’ai pas lu la tribune de Martine Aubry mais je n’ai pas besoin de la lire pour savoir ce qu’elle en pense. Martine Aubry a été l’excellente collaboratrice de Jean Auroux, puis ministre du travail. Comme tous les gens qui ont un peu d’expérience dans ce domaine, elle sait très bien que l’existence du travail du dimanche est nécessaire : il y a les hôpitaux, les transports en commun, la police, etc. Mais le développement du travail du dimanche dans le commerce – et c’est la grande activité dans laquelle il y a aujourd’hui les salariés les plus faibles, les moins qualifiés, les plus remplaçables –, ce développement est exclusivement destiné aux intérêts des groupes de la grande distribution. Je ne dis pas principalement, je dis exclusivement ! Et là je ne comprends pas très bien.</p>
<p>M: Dans votre livre Soif de justice, vous dites : quand la gauche reviendra au pouvoir il faudra « désarkozyfier ». Aujourd’hui on a plutôt l’impression de marcher sur sa lancée. Quel effet cela fait de se dire que la gauche au pouvoir va plus loin que le président qu’elle a remplacé ?</p>
<p>PJ: D’abord ce n’est pas la gauche qui a remplacé un président. Il y a un élu par la gauche qui a remplacé un président élu par la droite. Les conditions dans lesquelles fonctionne le gouvernement actuel sont surprenantes, puisque le PS avait choisi un candidat parmi trois. Il y en avait un seul qui avait eu un résultat très faible dans l’investiture primaire, c’était Manuel Valls avec 5 %. Évidemment, deux ans après, quand il gouverne la France, beaucoup de gens sont surpris…<br />
La gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail du genre de celles qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour. Il y a donc un problème interne non pas à la gauche ou au PS, mais interne au groupe socialiste. La démocratie libérale n’aime pas le droit social, et la France a progressé dans la voie du droit social avec Jaurès, Clemenceau – qui a créé le ministère du travail et les assurances sociales –, le Front populaire… C’est une construction continue qui va dans le sens d’un progrès. Aujourd’hui, on est à contre-emploi de notre histoire. Cette phase éberlue n’importe qui.<br />
La gauche n’a pas été élue pour faire une politique aussi surprenante qui ne va pas du tout dans le sens de l’histoire de la gauche, et je pense que c’est quelque chose qui va se débattre dans les mois qui viennent.</p>
<p>M: Vous avez dit : « Nous sommes éberlués. » Est-ce que cela veut dire que vous qui avez été président du groupe socialiste, figure de l’alternance, vous êtes comme nous tous, tétanisés et vous donnez votre langue au chat ? Comment nous donner l’explication de ce qui se passe ?</p>
<p>Je ne suis pas tétanisé, d’ailleurs je suis vacciné contre le tétanos. Je ne donne pas non plus ma langue au chat mais je n’ai pas d’explication sur ce qui se passe en ce moment. Une grande partie des Français ne comprennent pas ce qui se passe. La situation dans laquelle nous nous trouvons est assez comparable à celle du référendum sur l’Europe en 2005. Ce référendum a divisé la gauche. J’étais de ceux qui étaient contre, certains nous ridiculisaient en nous disant que l’on était à contre-courant de l’histoire, mais les Français ont voté non. Ils ont voté non mais personne n’en a tenu compte, particulièrement le parti socialiste.<br />
C’est aujourd’hui une situation qui me fait penser à la guerre d’Algérie. En 1956, les Français ont voté pour Mendès France, c’est-à-dire contre les guerres coloniales. Sauf que ce n’est pas Mendès que Coty a appelé, c’est Guy Mollet, et on a eu l’inverse. La situation actuelle a quelque chose de commun avec ces périodes de balancement.<br />
Je pense qu’il va y avoir une profonde réflexion sur la prise de pouvoir par la gauche socialiste. Nous avons pris le pouvoir en 1981 après une victoire de l’union de la gauche. C’était déjà le pouvoir de ce que Jospin appellera plus tard la gauche plurielle. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir en France ou ailleurs une victoire de la gauche sans qu’il y ait un rassemblement avec toutes les forces de gauche. Je le répète, nous sommes dans une période de réflexion qui commence seulement, en particulier avec ces lois qui sont tellement à contre-courant de l’histoire de notre droit social.</p>
<p>M: Vous êtes toujours membre du parti socialiste, c’est votre famille ?</p>
<p>P.J: C’est ma famille. J’ai fondé le parti socialiste, j’ai participé à sa création, c’est même la première fois que j’ai adhéré à un parti. Mais comme beaucoup au parti socialiste, cette famille est devenue un peu théorique.<br />
M: Que répondez-vous aux gens qui sont très durs en ce moment ? On lit souvent : ce qu’est en train de faire la gauche, la droite n’aurait jamais osé le faire parce qu’elle aurait mis la gauche dans la rue…</p>
<p>P.J: Ce n’est pas vrai que la droite n’aurait pas osé le faire, elle l’a fait. Il y a eu la loi Borloo, il y a eu d’autres lois antérieures plus ou moins avancées. Là n’est pas le problème. Le problème, c’est ce qu’il y a devant nous en Europe. Ce mouvement de déconstruction du droit du travail n’est pas particulier à la France : il est beaucoup plus avancé en Angleterre, on ne sait pas ce qu’il va se passer en Italie. Ce qui est devant nous, c’est ce que l’opinion française va faire. Toutes les personnes qui sont dans les tribunaux, devant les juridictions sociales de base, ce ne sont que des gens pauvres ou très pauvres et en plus en situation de faiblesse économique, sociale, culturelle, personnelle…<br />
Et là je pense qu’il y a quand même un certain danger dans la montée du Front national. La problématique qui est devant nous est : comment va évoluer la gauche, l’extrême droite, et comment les uns vont évoluer par rapport aux autres ?<br />
Forcément, l’année 2015 va être celle d’une profonde réflexion à gauche, chez la population française mais aussi chez ceux qui ne sont classés politiquement ni à gauche ni à droite et qui se demandent où on va. La sécurité sociale, le droit du travail, les délégués du personnel, correspondent à des institutions qui ont été cristallisées à la Libération. Or la Libération est une période où la France est optimiste. La France se reconstruit avec espérance, avec un système social qui est aujourd’hui encore là, qui a été élargi par certaines mesures, en particulier Aubry, et abîmé par certaines réformes, mais il est encore là. Le problème qui se pose quand on regarde ce qui se passe en Angleterre ou aux États-Unis c’est, est-ce qu’il sera encore là dans vingt ans ?</p>
<p>Vous avez évoqué la figure de Mendès France. À l’initiative de votre amie Françoise Seligmann, qui est décédée en 2013 le même jour que Stéphane Hessel deux ans plus tôt, vous rendiez hommage à Mendès France dans un numéro de sa revue Après-demain. Je lis ici la conclusion de cet article. « Trente ans après le décès de Mendès France, un demi-siècle avec la mort de la IVe République, on sait de quoi les républiques peuvent être malades, à en mourir quand elles bafouent les libertés et renient le droit. Le souvenir de Mendès France est comme un fantôme qui hante notre histoire contemporaine, le fantôme de la clairvoyance et du courage politique, hélas tous les fantômes ne sont pas des revenants. » Le numéro de cette revue s’appelait « La République est en danger ». Aujourd’hui, pensez-vous que la République est en danger ?</p>
<p>P.J: La France a une chance, c’est qu’elle a une tradition historique de lutte politique très forte, ça peut la protéger plus que d’autres pays. Je suis plus inquiet quand je vois certaines tendances en Italie, même en Allemagne. Je ne pense pas que la République soit en danger, ou alors elle est toujours en danger. Ce qui est en danger, c’est l’espérance.</p>
<p>M: Elle est en danger si on ne s’occupe pas de l’espérance ? Si on ne s’engage pas, si on ne résiste pas ?</p>
<p>P.J: Non, c’est l’espérance qui est en danger. Parce que la France est une République sociale. La Constitution dit quoi ? Que la République n’est pas seulement la loi de la majorité, que la majorité ne peut pas opprimer. Elle dit que la République a pour fonction d’élaborer une société où les chances des enfants, où les possibilités des hommes et des femmes tendent vers l’égalité. Ce n’est pas l’égalitarisme, c’est aller vers l’égalité. Et ça, c’est une espérance, c’était l’espérance très forte de la Libération, l’espérance très forte de la Révolution, de 1848, de la Commune de Paris, du Front populaire. Et celle de certains moments de l’histoire, avec Mendès, avec Mitterrand aussi. Et cette espérance-là, il ne faut pas qu’elle meure.</p>
<p>M: Vous avez écrit ce livre, Soif de justice, au secours des juridictions sociales. Avez-vous été surpris par l&#8217;état de grande misère de l’ensemble de ces juridictions sociales, de ce que vous appelez la justice des pauvres ?</p>
<p>P.J: C’est vrai que j’ai commencé à faire un reportage sur les juridictions sociales comme je l’avais fait pour les juridictions pour enfants. Comme beaucoup de gens, je ne connaissais pratiquement pas les juridictions sociales, à part les prud’hommes. Les gens ne connaissent pas du tout, par exemple, les tribunaux de Sécurité sociale, etc. Or l’ensemble de ces juridictions, du droit du travail et de la protection sociale, rendent 500 000 décisions par an, 500 000 décisions au fond ! Il y a trois millions de décisions par an dans la justice française, 2 millions pour les affaires civiles, 500 000 dans la justice pénale et 500 000 dans les juridictions sociales. Cela fait 2 000 décisions tous les jours dans ces juridictions largement inconnues. Et elles concernent essentiellement des gens pauvres, très pauvres, précaires ; beaucoup de mères célibataires, des gens à l’abandon. Et ce qui est terrible, c’est que la pauvreté de la justice en général en France est encore accentuée dans ces juridictions sociales qui ne tiennent que par le dévouement de magistrats et d’avocats.</p>
<p>M: Et en plus avec des délais effrayants le plus souvent…</p>
<p>P.J: Oui, des délais incroyables et d’autant plus incroyables que je suis allé visiter ce qui se passe en Belgique, en Suisse, en Allemagne… En Suisse, les conseils des prud’hommes quand ils ont un mois de retard, tout le monde en est malade. En Belgique, il y a ce qu’on appelle le tribunal du travail : il regroupe les prud’hommes, les tribunaux des affaires de sécurité sociale, les tribunaux du contentieux de la capacité. Eh bien, en Belgique, non seulement c’est à l’heure, cela fonctionne, mais en plus ce sont les meilleurs magistrats, ils font les carrières les plus brillantes. Et, en plus, dans ce tribunal, il y a ce qu’on appelle le parquet social, c’est un représentant de l’État…<br />
Donc quand on regarde ce qui se passe en Allemagne depuis un siècle, en Belgique depuis trente ans, en Suisse depuis toujours, on se demande comment la France, qui était tout de même à l’origine le pays où le droit social était en avance, peut avoir une justice sociale aussi en retard. En 2013, l’État a été condamné 17 fois à des dizaines de milliers d’euros pour déni de justice, c’est-à-dire pour ne pas avoir rendu de décision dans les délais. Moi-même, je suis éberlué par ce que j’ai vu, comme je suis éberlué de voir que plus de deux ans après le changement de gouvernement, aucune mesure n’a été prise pour améliorer cela, sauf maintenant une réforme des prud’hommes qui ne me paraît pas de la meilleure inspiration.<br />
La boîte noire :<br />
Cet entretien diffusé en direct jeudi 18 décembre lors de notre émission a été légèrement réécrit. Les deux premières questions de la vidéo sont retranscrites en fin d&#8217;entretien.<br />
URL source: <a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/191214/pierre-joxe-je-suis-eberlue-par-cette-politique-qui-va-contre-notre-histoire" rel="nofollow">http://www.mediapart.fr/journal/france/191214/pierre-joxe-je-suis-eberlue-par-cette-politique-qui-va-contre-notre-histoire</a></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : bugsy</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-2/#comment-64071</link>
		<dc:creator>bugsy</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2014 14:36:47 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.filoche.net/?p=3154#comment-64071</guid>
		<description>ON NE PACTISE PAS AVEC LE CAPITAL ! Est-ce clair ?

« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasement. »

Henri Krazucki, quelques mois avant mai 1968</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>ON NE PACTISE PAS AVEC LE CAPITAL ! Est-ce clair ?</p>
<p>« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à l’écrasement. »</p>
<p>Henri Krazucki, quelques mois avant mai 1968</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : bugsy</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2014/12/16/selon-manuel-valls-le-bonheur-est-dans-la-%c2%ab-pre-distribution-%c2%bb/comment-page-1/#comment-64070</link>
		<dc:creator>bugsy</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2014 14:34:23 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.filoche.net/?p=3154#comment-64070</guid>
		<description>Gérard, 

La compromission de la CFDT est sans égal. Cette centrale est devenue le fer de lance du Medef, à la pointe des négociations sur toutes les mesures que proposent les patrons. Elle signe les accords les plus régressifs comme l&#039;ANI qui permet aux patrons d&#039;exercer le chantage à l&#039;emploi pour casser les accords d&#039;entreprises sur les salaires, la durée du travail et son organisation. Elle se déclare volontiers réformiste et fière de l&#039;être, il y a longtemps qu&#039;on avait compris, et se dit responsable de ses actes ce qui lui vaut les louanges répétées de Gattaz. L&#039;intégration des centrales syndicales à la gestion du capital est un rêve pour le patronat et le pouvoir parce qu&#039;ils en ont besoin pour les associer à leurs décisions. Le choix politique du « dialogue social » fait des dégâts considérables. À chaque rencontre entre le Medef et la CFDT, ce sont les revendications du Medef qui prévalent et aboutissent systématiquement à des reculs sociaux négociés.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Gérard, </p>
<p>La compromission de la CFDT est sans égal. Cette centrale est devenue le fer de lance du Medef, à la pointe des négociations sur toutes les mesures que proposent les patrons. Elle signe les accords les plus régressifs comme l&#8217;ANI qui permet aux patrons d&#8217;exercer le chantage à l&#8217;emploi pour casser les accords d&#8217;entreprises sur les salaires, la durée du travail et son organisation. Elle se déclare volontiers réformiste et fière de l&#8217;être, il y a longtemps qu&#8217;on avait compris, et se dit responsable de ses actes ce qui lui vaut les louanges répétées de Gattaz. L&#8217;intégration des centrales syndicales à la gestion du capital est un rêve pour le patronat et le pouvoir parce qu&#8217;ils en ont besoin pour les associer à leurs décisions. Le choix politique du « dialogue social » fait des dégâts considérables. À chaque rencontre entre le Medef et la CFDT, ce sont les revendications du Medef qui prévalent et aboutissent systématiquement à des reculs sociaux négociés.</p>
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