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	<title>Commentaires sur : Lettre ouverte aux formations de la gauche et de l&#8217;écologie</title>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
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		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2019 04:51:45 +0000</pubDate>
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		<description>Bonjour à tous,

Effectivement, la phrase de Cormand &quot;C’est en cela que la pensée écologiste n’est non seulement pas supplétive de la gauche hégémonique du siècle et demi qui vient de s’écouler, mais elle l’englobe et la transcende&quot; me semble erronée.

On pourrait très bien imaginer un système où 0.01 % de la population (70 millions de personnes) aurait une empreinte écologique considérable et les 99.99 autres auraient une vie très frugale en énergie : peu de biens matériels, pas de voyage, déplacement en vélo, peu de chauffage, pas de climatisation, pas de viande, etc. La planète s&#039;en porterait mieux.
On pourrait aussi imaginer une réduction de l&#039;empreinte écologique des humains via une réduction de la population mondiale...

Donc le mieux écologique ne garantie pas le mieux social et moins d&#039;inégalités. Remplacer le marxisme par l&#039;écologisme n&#039;a pas vraiment de sens. Il me semble que si Cormand dit l&#039;inverse, c&#039;est parce qu&#039;il ne conçoit pas l&#039;écologie hors du cadre social (il a une culture de gauche).

Néanmoins, il y a une critique que l&#039;écologie adresse, pas vraiment au marxisme, je dirais plutôt à la gauche d&#039;après guerre, à laquelle il faut réfléchir.

Quelques exemples :

J&#039;ai grandi dans les années 80 quand la mondialisation néolibérale se répandait sur la planète de façon exponentielle.
En cours on apprenait la révolution française, les droits de l&#039;homme, les luttes sociales, les avancés des droits sociaux d&#039;après guerre. A la télé on voyait des usines chinoises où les salariés travaillaient comme des esclaves pour nous fabriquer des chaussures, des vêtements et des jouets.
Les libéraux disaient : soit ils meurent de faim, soit ils travaillent dans ces usines : c&#039;est donc une chance pour eux. Je ne comprends pas pourquoi la gauche (au sens large : intellectuels / partis / syndicats) n&#039;a pas défendu ces travailleurs chinois. Il fallait trouver des mécanismes pour les aider (par exemple taxer les importations sur des critères sociaux). Un discours anti-capitaliste aurait été de dire : &quot;Salariés, pour noël prochain les jouets et les vêtements seront plus chers, vous pourrez donc moins en acheter, mais ça permettra aux salariés chinois de vivre un peu mieux&quot;. Il me semble que la gauche d&#039;après guerre est restée centrée sur la nation pour les questions sociales, ce qui a d&#039;une certaine façon cautionné la théorie néolibérale sur le calcul d&#039;intérêt mise en avant pour la mondialisation : &quot;elle pose comme principe premier le fait que l’individu est mû par la recherche de son intérêt personnel. L’individu est supposé égoïste&quot;. Pourtant, le combat internationaliste était possible, à la même époque, tout le monde se mobiliser contre l&#039;apartheid en Afrique du Sud.

On retrouve ce côté national de la gauche dans la construction européenne. Comment se fait-il que la mise en place d&#039;un SMIC européen et des conventions collectives européennes n&#039;aient pas été une revendication forte de la gauche dès le début du marché commun (SMIG à l&#039;époque) ?

A l&#039;inverse la pensée écologique nous explique qu&#039;il faut systématiquement raisonner au niveau mondial, une centrale nucléaire qui explose au Japon a des répercussions sur toute la planète. Elle pousse donc la gauche d&#039;après guerre à revenir sur un positionnement plus internationaliste (ajout d&#039;une dimension d&#039;espace).

Autre exemple, on retrouve souvent dans les programmes de gauche la mise en place d&#039;un salaire maximum (par exemple, rapport de 1 à 20 dans les entreprises). C&#039;est bien sûr une bonne chose. Mais si on réalise un raisonnement similaire pour le pétrole, les chiffres sont vertigineux. Le pétrole d&#039;aujourd&#039;hui est âgé de 20 millions à 350 millions d&#039;années, soit environ 200 millions d&#039;années en moyenne. Ce pétrole sera utilisé en à peu près 200 ans. Les générations pétroles consomment donc 1 million de fois plus de pétrole que ce qu&#039;il faudrait si le pétrole était réparti sur toutes les générations de façon durable.

Pour le nucléaire, c&#039;est encore plus grave. Il reste environ 400 ans d&#039;uranium, soit environ 16 générations. Les déchets nucléaires de longue durée sont dangereux pendant des centaines de milliers d&#039;année. En prenant 250 000 ans (il y a plus!), soit 10 00 générations, ce sont donc 10 000 générations qui devront gérer les déchets générés par seulement 16 générations. Comment la gauche d&#039;après guerre a-t-elle pu cautionner une telle énergie ?
La pensée écologique traite cette écueil en rajoutant une dimension de temps.

Il me semble donc que la pensée écologique permet de rajouter une dimension d&#039;espace (internationalisme) et de temps (égalité entre générations actuelles et générations futures, et préservation de la planète) au corpus idéologique de la gauche d&#039;après guerre. Ça permet d&#039;enrichir, mais ça ne remplace pas.

A bientôt

Thomas</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous,</p>
<p>Effectivement, la phrase de Cormand &laquo;&nbsp;C’est en cela que la pensée écologiste n’est non seulement pas supplétive de la gauche hégémonique du siècle et demi qui vient de s’écouler, mais elle l’englobe et la transcende&nbsp;&raquo; me semble erronée.</p>
<p>On pourrait très bien imaginer un système où 0.01 % de la population (70 millions de personnes) aurait une empreinte écologique considérable et les 99.99 autres auraient une vie très frugale en énergie : peu de biens matériels, pas de voyage, déplacement en vélo, peu de chauffage, pas de climatisation, pas de viande, etc. La planète s&#8217;en porterait mieux.<br />
On pourrait aussi imaginer une réduction de l&#8217;empreinte écologique des humains via une réduction de la population mondiale&#8230;</p>
<p>Donc le mieux écologique ne garantie pas le mieux social et moins d&#8217;inégalités. Remplacer le marxisme par l&#8217;écologisme n&#8217;a pas vraiment de sens. Il me semble que si Cormand dit l&#8217;inverse, c&#8217;est parce qu&#8217;il ne conçoit pas l&#8217;écologie hors du cadre social (il a une culture de gauche).</p>
<p>Néanmoins, il y a une critique que l&#8217;écologie adresse, pas vraiment au marxisme, je dirais plutôt à la gauche d&#8217;après guerre, à laquelle il faut réfléchir.</p>
<p>Quelques exemples :</p>
<p>J&#8217;ai grandi dans les années 80 quand la mondialisation néolibérale se répandait sur la planète de façon exponentielle.<br />
En cours on apprenait la révolution française, les droits de l&#8217;homme, les luttes sociales, les avancés des droits sociaux d&#8217;après guerre. A la télé on voyait des usines chinoises où les salariés travaillaient comme des esclaves pour nous fabriquer des chaussures, des vêtements et des jouets.<br />
Les libéraux disaient : soit ils meurent de faim, soit ils travaillent dans ces usines : c&#8217;est donc une chance pour eux. Je ne comprends pas pourquoi la gauche (au sens large : intellectuels / partis / syndicats) n&#8217;a pas défendu ces travailleurs chinois. Il fallait trouver des mécanismes pour les aider (par exemple taxer les importations sur des critères sociaux). Un discours anti-capitaliste aurait été de dire : &laquo;&nbsp;Salariés, pour noël prochain les jouets et les vêtements seront plus chers, vous pourrez donc moins en acheter, mais ça permettra aux salariés chinois de vivre un peu mieux&nbsp;&raquo;. Il me semble que la gauche d&#8217;après guerre est restée centrée sur la nation pour les questions sociales, ce qui a d&#8217;une certaine façon cautionné la théorie néolibérale sur le calcul d&#8217;intérêt mise en avant pour la mondialisation : &laquo;&nbsp;elle pose comme principe premier le fait que l’individu est mû par la recherche de son intérêt personnel. L’individu est supposé égoïste&nbsp;&raquo;. Pourtant, le combat internationaliste était possible, à la même époque, tout le monde se mobiliser contre l&#8217;apartheid en Afrique du Sud.</p>
<p>On retrouve ce côté national de la gauche dans la construction européenne. Comment se fait-il que la mise en place d&#8217;un SMIC européen et des conventions collectives européennes n&#8217;aient pas été une revendication forte de la gauche dès le début du marché commun (SMIG à l&#8217;époque) ?</p>
<p>A l&#8217;inverse la pensée écologique nous explique qu&#8217;il faut systématiquement raisonner au niveau mondial, une centrale nucléaire qui explose au Japon a des répercussions sur toute la planète. Elle pousse donc la gauche d&#8217;après guerre à revenir sur un positionnement plus internationaliste (ajout d&#8217;une dimension d&#8217;espace).</p>
<p>Autre exemple, on retrouve souvent dans les programmes de gauche la mise en place d&#8217;un salaire maximum (par exemple, rapport de 1 à 20 dans les entreprises). C&#8217;est bien sûr une bonne chose. Mais si on réalise un raisonnement similaire pour le pétrole, les chiffres sont vertigineux. Le pétrole d&#8217;aujourd&#8217;hui est âgé de 20 millions à 350 millions d&#8217;années, soit environ 200 millions d&#8217;années en moyenne. Ce pétrole sera utilisé en à peu près 200 ans. Les générations pétroles consomment donc 1 million de fois plus de pétrole que ce qu&#8217;il faudrait si le pétrole était réparti sur toutes les générations de façon durable.</p>
<p>Pour le nucléaire, c&#8217;est encore plus grave. Il reste environ 400 ans d&#8217;uranium, soit environ 16 générations. Les déchets nucléaires de longue durée sont dangereux pendant des centaines de milliers d&#8217;année. En prenant 250 000 ans (il y a plus!), soit 10 00 générations, ce sont donc 10 000 générations qui devront gérer les déchets générés par seulement 16 générations. Comment la gauche d&#8217;après guerre a-t-elle pu cautionner une telle énergie ?<br />
La pensée écologique traite cette écueil en rajoutant une dimension de temps.</p>
<p>Il me semble donc que la pensée écologique permet de rajouter une dimension d&#8217;espace (internationalisme) et de temps (égalité entre générations actuelles et générations futures, et préservation de la planète) au corpus idéologique de la gauche d&#8217;après guerre. Ça permet d&#8217;enrichir, mais ça ne remplace pas.</p>
<p>A bientôt</p>
<p>Thomas</p>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2019/05/27/lettre-ouverte-aux-dirigeants-de-la-gauche-et-ecologique/comment-page-1/#comment-374080</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 17:47:48 +0000</pubDate>
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		<description>Bonjour, 

Je trouve que le positionnement de Clémentine Autain n’est pas clair. Elle propose l’unité de la « gauche radicale », c’est-à-dire une unité au sommet qui, en outre, est partielle. 
En effet, la qualification de « gauche radicale » caractérise les sommets, les appareils plutôt que leurs bases. 
Enfin , l’unité n’est proposée qu’à certains appareils (les radicaux). 
Cette stratégie est donc sectaire envers les appareils non radicaux qu’elle rejette, mais elle est aussi opportuniste envers les appareils radicaux qu’elle privilégie. 
Elle divise la gauche et trempe dans le gauchisme. 
Ceci dit, Clémentine Autain est honnête et nous pouvons la convaincre.

En revanche, nous, nous commençons par une tactique d’unité à la base, mais sans demander aux militantes et militants de rompre avec leurs appareils, sans les dénoncer : dans un premier temps tactique nous leur expliquons que la composition de la liste tiendra compte de l’investissement individuel et du soutien de leur organisation ; dans un second temps tactique, nous demanderons à leur organisation de soutenir publiquement notre démarche. 

Nous pouvons retarder notre adresse aux appareils sans apparaître sectaire aux yeux de leur base car nous sommes dans le moment très particulier où ces appareils sont gravement discrédités. 

Nous pouvons donc nous adresser à leur base dans un premier temps. Mais, dès que la faiblesse exceptionnelle des appareils aura été vérifiée, nous pourrons dissoudre les dernières méfiances gauchistes et demander à toutes les organisations politiques de gauche de soutenir notre campagne. En échange, dans l’établissement de la liste des candidatures nous tiendrons compte des résultats électoraux de chaque parti. Personne ne sera lésé.

Pierre R</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, </p>
<p>Je trouve que le positionnement de Clémentine Autain n’est pas clair. Elle propose l’unité de la « gauche radicale », c’est-à-dire une unité au sommet qui, en outre, est partielle.<br />
En effet, la qualification de « gauche radicale » caractérise les sommets, les appareils plutôt que leurs bases.<br />
Enfin , l’unité n’est proposée qu’à certains appareils (les radicaux).<br />
Cette stratégie est donc sectaire envers les appareils non radicaux qu’elle rejette, mais elle est aussi opportuniste envers les appareils radicaux qu’elle privilégie.<br />
Elle divise la gauche et trempe dans le gauchisme.<br />
Ceci dit, Clémentine Autain est honnête et nous pouvons la convaincre.</p>
<p>En revanche, nous, nous commençons par une tactique d’unité à la base, mais sans demander aux militantes et militants de rompre avec leurs appareils, sans les dénoncer : dans un premier temps tactique nous leur expliquons que la composition de la liste tiendra compte de l’investissement individuel et du soutien de leur organisation ; dans un second temps tactique, nous demanderons à leur organisation de soutenir publiquement notre démarche. </p>
<p>Nous pouvons retarder notre adresse aux appareils sans apparaître sectaire aux yeux de leur base car nous sommes dans le moment très particulier où ces appareils sont gravement discrédités. </p>
<p>Nous pouvons donc nous adresser à leur base dans un premier temps. Mais, dès que la faiblesse exceptionnelle des appareils aura été vérifiée, nous pourrons dissoudre les dernières méfiances gauchistes et demander à toutes les organisations politiques de gauche de soutenir notre campagne. En échange, dans l’établissement de la liste des candidatures nous tiendrons compte des résultats électoraux de chaque parti. Personne ne sera lésé.</p>
<p>Pierre R</p>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2019/05/27/lettre-ouverte-aux-dirigeants-de-la-gauche-et-ecologique/comment-page-1/#comment-374079</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 17:47:25 +0000</pubDate>
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		<description>c&#039;est pourtant vrai</description>
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		<title>Par : Gilbert Duroux</title>
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		<dc:creator>Gilbert Duroux</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2019 15:48:06 +0000</pubDate>
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		<description>Ben voyons, ça veut dire que le parti ne maîtrise rien, que n&#039;importe qui peut s&#039;exprimer en son nom, dire le contraire de ce que le camarade d&#039;à côté a dit 5 minutes avant. Je comprends mieux pourquoi les vieux partis sont dans cet état là. Tout se vaut, plus rien ne fait sens. V&#039;est la cour du roi Pétaud !</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ben voyons, ça veut dire que le parti ne maîtrise rien, que n&#8217;importe qui peut s&#8217;exprimer en son nom, dire le contraire de ce que le camarade d&#8217;à côté a dit 5 minutes avant. Je comprends mieux pourquoi les vieux partis sont dans cet état là. Tout se vaut, plus rien ne fait sens. V&#8217;est la cour du roi Pétaud !</p>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
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		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jun 2019 16:01:53 +0000</pubDate>
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		<description>il n&#039;existe aucun &quot;mandat&quot; pour ce genre de choses, les chaines choisissent</description>
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		<title>Par : Gilbert Duroux</title>
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		<dc:creator>Gilbert Duroux</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jun 2019 15:46:53 +0000</pubDate>
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		<description>Ça n&#039;a aucun sens pour le PS de mandater Cambadélis ? Tu veux dire que tes camarades pourraient tout aussi bien envoyer Le Foll, Le Guen ou Le Roux  et ça n&#039;aurait aucun sens ?</description>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
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		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jun 2019 08:35:06 +0000</pubDate>
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		<dc:creator>Gilbert Duroux</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jun 2019 00:57:27 +0000</pubDate>
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		<content:encoded><![CDATA[<p>Si tu crois que ça n&#8217;a aucun sens de mandater Cambadélis pour commenter le résultat des élections à la télé, tu es le roi des naïfs. On dirait que l&#8217;expérience ne t&#8217;a rien appris.</p>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
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		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jun 2019 21:59:10 +0000</pubDate>
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		<description>Grandeur et misère de l’écologie politique
JEAN-MARIE HARRIBEY
 29/05/2019
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Le bon score des Verts à l’élection du parlement européen, notamment en France et en Allemagne, a été commenté comme signifiant la prise de conscience croissante par les électeurs de la crise écologique, notamment du réchauffement du climat et de la forte diminution de la biodiversité. Tandis que l’émiettement et l’effondrement des partis de gauche laissent accroire que l’ancien clivage gauche/droite fondé sur une sociologie de classes est en voie d’extinction. Certains responsables écologistes s’essaient même à théoriser cet effacement au profit de l’écologie qui, désormais, surplomberait tout le reste, c’est-à-dire le social.

La transcendance, une idée fausse

David Cormand, secrétaire national des Verts, énonce ainsi cette thèse : « La gauche d’inspiration marxiste telle qu’elle s’est épanouie depuis le début du XIXe siècle est &quot;incomplète&quot; théoriquement et idéologiquement pour répondre aux ravages causés par le modèle de développement. En ayant omis la question écologique, la pensée marxiste a fait deux concessions décisives au capitalisme : l’acceptation du productivisme et la valorisation de la consommation comme moyen d’émancipation. Le temps de l&#039;écologie est venu. La critique sociale du capitalisme est fondamentale, mais l’argument écologique dans la critique des conséquences de la révolution industrielle est essentiel. L’enjeu à venir est de revoir radicalement notre relation à la production et à la consommation. C’est en cela que la pensée écologiste n’est non seulement pas supplétive de la gauche hégémonique du siècle et demi qui vient de s’écouler, mais elle l’englobe et la transcende. »[1]

Yannick Jadot confirme que « le temps est venu que l’écologie soit la matrice qui réorganise l’économie et qui réorganise le social »[2]. Et Jérôme Gleizes résume le tout par : « la question écologique transcende la question sociale »[3].

On restera discret à propos de l’affirmation de Cormand selon laquelle le marxisme aurait conçu l’émancipation par « la valorisation de la consommation », tellement elle frise l’inculture ou la fake news. Une telle grossièreté de l’analyse laisse pantois. Plus sérieusement, la question de l’intégration de l’écologie dans le combat émancipateur mérite d’être interrogée. Il est vrai que le mouvement politique qui s’est réclamé de Marx pendant tout le XXe siècle a globalement ignoré l’écologie, au motif que tout relevait des rapports sociaux de production et que la transformation de la société se résumait à la destruction du capitalisme. Autrement dit, que la question sociale submergeait tout. Faut-il alors simplement inverser les termes du problème parce que l’écologie « transcenderait » le social ? Avant même de regarder du côté de la théorie, la mobilisation sociale des Gilets jaunes au cours des six derniers mois en France a répondu à sa manière : l’écologie au détriment du social est une impasse.

Je soutiens que cette idée de transcendance contient en elle l’idée d’une hiérarchie théorique, stratégique et politique et que cette hiérarchie condamne 1) à ne pas comprendre ce qu’est le capitalisme, 2) à exprimer sans le dire l’intérêt des classes moyennes les plus favorisées, et 3) finalement, à échouer comme les révolutions du XXe siècle ont échoué. Ces dernières ont cru qu’il suffisait de changer la propriété privée en propriété publique et que le pouvoir des travailleurs se substituerait automatiquement à celui des capitalistes, sans s’interroger sur le contenu de la production. Les écologistes galvanisés par leur succès aux élections nous racontent la fable inverse : parce que l’écologie surplomberait le social, l’affaire de l’émancipation serait résolue.

Or, cette affaire mérite mieux qu’une nouvelle simplification mystificatrice. Premièrement, si la société est certes insérée dans la planète Terre et ses écosystèmes, et non pas l’inverse, cela n’implique pas que l’évolution humaine n’ait aucune autonomie de cheminement. À ce propos, certains théoriciens pionniers de la réflexion écologique ont pu estimer que le rapport de l’Homme à la nature devait être considéré comme une co-évolution[4]. Beaucoup disent aujourd’hui que l’écologie ne peut aller sans le social et vice versa. Mais cette maxime simple ne peut se concrétiser si, dans le même temps, il est implicitement, sinon explicitement, affirmé que le capitalisme pourrait fort bien intégrer la préoccupation écologique, au moyen qui de taxes, qui d’échanges de droits à polluer, globalement grâce à des mécanismes de marché, le rôle de la régulation politique se limitant à vérifier le respect de la concurrence. Le concept d’écologie de marché[5] est aujourd’hui mis en avant sans détour. Il peut en exister une version se présentant sous les meilleurs auspices comme le « Green New Deal », la « Nouvelle donne », ou une version moins propre comme l’écoblanchiment ou « greenwashing ».

L&#039;écologie peut-elle se couler dans le capitalisme ?

Au-delà des problèmes sémantiques, on ne peut pas ignorer que la dynamique de l’accumulation du capital est dirigée par le profit à court terme, alors que la temporalité des évolutions naturelles relève du très long terme.  Il y a là une incompatibilité de fond entre capitalisme et écologie. La vision de court terme est encore aggravée par la phase actuelle du capitalisme, dominée par la finance mondiale. Ainsi, les banquiers développent aujourd’hui de nombreux mécanismes financiers qualifiés de verts, mais qui visent essentiellement à transformer les biens naturels en supports de nouveaux titres financiers pour « assurer » les placements à risques ou pour « compenser » les dégradations environnementales.[6]

Tout le monde s’accorde à dire que des centaines de milliards d’euros devront être mobilisés pour financer les investissements de transition (énergie, transports, infrastructures, urbanisme…). Une politique monétaire entièrement nouvelle sera donc nécessaire pour affecter la création de monnaie à ces investissements. Cela signifie une rupture par rapport à l’indépendance des banques centrales et un contrôle social des banques. Autrement dit, une politique écologique retrouvera sur son chemin la question de la propriété des institutions bancaires et des grandes entreprises stratégiques.[7] Se contenter de modifier le régime de propriété conduit à l’échec mais ignorer cela serait également une erreur capitale.

Il est donc normal de s’interroger sur les alliances que noueront les nouveaux écologistes élus au parlement européen. Le passé n’invite pas trop à l’euphorie, c’est le moins qu’on puisse dire. D’une part, les « écologistes-compatibles-centre droit » ont toujours été nombreux au sein de cette institution. D’autre part, les politiques écologiques de l’Union européenne sont notoirement insuffisantes, en particulier sur le plan de la politique agricole commune et sur celui de lutte contre le réchauffement du climat.

Plutôt que croire à une « transcendance » du social par l’écologie, il vaudrait mieux travailler à leur fécondation mutuelle. Au moins deux raisons fondamentales plaident en ce sens. D’abord, la destruction des écosystèmes est une figure datée dans l’histoire humaine : elle est concomitante de la généralisation des rapports sociaux capitalistes dans le monde. La question écologique ne surplombe donc pas et ne détermine pas ces rapports. Elle ne peut donc ni se substituer à la transformation de ceux-ci ni les placer en second. Et répétons que l’on peut et doit inverser aussitôt l’affirmation. Je dis souvent que sans l’exploitation de la force de travail, l’exploitation de la nature ne pourrait se faire à grande échelle, et que sans l’exploitation de la nature, celle de la force de travail n’aurait pas de base matérielle.

Ensuite, ignorer cette interaction – cette dialectique pourrait-on dire si l’on ne craignait pas d’effaroucher les écologistes qui croient en un marxisme n’existant que dans leurs fantasmes libéraux – empêcherait de réfléchir aux forces sociales qui porteront la transformation socio-écologique de la société. Or, là est le nœud crucial. Il faut reconnaître que les forces sociales émanant du salariat sont aujourd’hui frappées de plein fouet par la crise du capitalisme et que les organisations traditionnelles, syndicales et politiques, ne réussissent plus à mobiliser un salariat éclaté et paupérisé. Mais, du côté des forces écologistes, une avancée électorale pourrait être l’arbre qui cache la forêt : qu’est-ce qui garantit que la prise de conscience écologique ne reste pas confinée à une fraction étroite de la société, celle qui finalement souffre le moins de la restructuration capitaliste ? Si, malheureusement, c’était le cas, la « transcendance » du social par l’écologie ne serait qu’un cache-misère, alors que – et c’est sa grandeur – l’écologie politique joue son rôle éminent en portant haut l’aspiration à un mode de vie soutenable.[8] Mais la soutenabilité se définit à la fois socialement et écologiquement.

 
[1] D. Cormand, « Tout doit changer », Blog Médiapart, 27 mai 2019.

[2] Cité par S. de Royer dans Le Monde, 28 mai 2019.

[3] J. Gleizes, « De l’urgence écologique à la réponse politique », Politis, n° 1555, 30 mai 2019.

[4] Par exemple, René Passet, L’économique et le vivant, Payot, 1979, 2e éd. Economica, 1996. Pour une présentation : J.-M. Harribey, L’économie économe, Le développement soutenable par la réduction du temps de travail, L’Harmattan, 1997.

[5] Paul Hawken, « L’écologie de marché ou l’économie quand tout le monde gagne », Éd. Le Souffle d’or, 1997.

[6] J.-M. Harribey, La richesse, la valeur et l’inestimable, Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste, LLL, 2013.

[7] J.-M. Harribey, « Comment financer la transition écologique ? Contribution pour des temps qui s’annoncent chauds », Note pour les Économistes atterrés, octobre 2018.

[8] En 2005, dans un article « La misère de l’écologie, Réponse à Yves Cochet », Cosmopolitiques, Cahiers théoriques pour l’écologie, n° 10, septembre 2005, p. 151-158, je montrais que le refus par les écologistes les plus éminents des catégories de la critique de l’économie politique les condamnait à dériver vers la  théorie néoclassique.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Grandeur et misère de l’écologie politique<br />
JEAN-MARIE HARRIBEY<br />
 29/05/2019<br />
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<p>Le bon score des Verts à l’élection du parlement européen, notamment en France et en Allemagne, a été commenté comme signifiant la prise de conscience croissante par les électeurs de la crise écologique, notamment du réchauffement du climat et de la forte diminution de la biodiversité. Tandis que l’émiettement et l’effondrement des partis de gauche laissent accroire que l’ancien clivage gauche/droite fondé sur une sociologie de classes est en voie d’extinction. Certains responsables écologistes s’essaient même à théoriser cet effacement au profit de l’écologie qui, désormais, surplomberait tout le reste, c’est-à-dire le social.</p>
<p>La transcendance, une idée fausse</p>
<p>David Cormand, secrétaire national des Verts, énonce ainsi cette thèse : « La gauche d’inspiration marxiste telle qu’elle s’est épanouie depuis le début du XIXe siècle est &laquo;&nbsp;incomplète&nbsp;&raquo; théoriquement et idéologiquement pour répondre aux ravages causés par le modèle de développement. En ayant omis la question écologique, la pensée marxiste a fait deux concessions décisives au capitalisme : l’acceptation du productivisme et la valorisation de la consommation comme moyen d’émancipation. Le temps de l&#8217;écologie est venu. La critique sociale du capitalisme est fondamentale, mais l’argument écologique dans la critique des conséquences de la révolution industrielle est essentiel. L’enjeu à venir est de revoir radicalement notre relation à la production et à la consommation. C’est en cela que la pensée écologiste n’est non seulement pas supplétive de la gauche hégémonique du siècle et demi qui vient de s’écouler, mais elle l’englobe et la transcende. »[1]</p>
<p>Yannick Jadot confirme que « le temps est venu que l’écologie soit la matrice qui réorganise l’économie et qui réorganise le social »[2]. Et Jérôme Gleizes résume le tout par : « la question écologique transcende la question sociale »[3].</p>
<p>On restera discret à propos de l’affirmation de Cormand selon laquelle le marxisme aurait conçu l’émancipation par « la valorisation de la consommation », tellement elle frise l’inculture ou la fake news. Une telle grossièreté de l’analyse laisse pantois. Plus sérieusement, la question de l’intégration de l’écologie dans le combat émancipateur mérite d’être interrogée. Il est vrai que le mouvement politique qui s’est réclamé de Marx pendant tout le XXe siècle a globalement ignoré l’écologie, au motif que tout relevait des rapports sociaux de production et que la transformation de la société se résumait à la destruction du capitalisme. Autrement dit, que la question sociale submergeait tout. Faut-il alors simplement inverser les termes du problème parce que l’écologie « transcenderait » le social ? Avant même de regarder du côté de la théorie, la mobilisation sociale des Gilets jaunes au cours des six derniers mois en France a répondu à sa manière : l’écologie au détriment du social est une impasse.</p>
<p>Je soutiens que cette idée de transcendance contient en elle l’idée d’une hiérarchie théorique, stratégique et politique et que cette hiérarchie condamne 1) à ne pas comprendre ce qu’est le capitalisme, 2) à exprimer sans le dire l’intérêt des classes moyennes les plus favorisées, et 3) finalement, à échouer comme les révolutions du XXe siècle ont échoué. Ces dernières ont cru qu’il suffisait de changer la propriété privée en propriété publique et que le pouvoir des travailleurs se substituerait automatiquement à celui des capitalistes, sans s’interroger sur le contenu de la production. Les écologistes galvanisés par leur succès aux élections nous racontent la fable inverse : parce que l’écologie surplomberait le social, l’affaire de l’émancipation serait résolue.</p>
<p>Or, cette affaire mérite mieux qu’une nouvelle simplification mystificatrice. Premièrement, si la société est certes insérée dans la planète Terre et ses écosystèmes, et non pas l’inverse, cela n’implique pas que l’évolution humaine n’ait aucune autonomie de cheminement. À ce propos, certains théoriciens pionniers de la réflexion écologique ont pu estimer que le rapport de l’Homme à la nature devait être considéré comme une co-évolution[4]. Beaucoup disent aujourd’hui que l’écologie ne peut aller sans le social et vice versa. Mais cette maxime simple ne peut se concrétiser si, dans le même temps, il est implicitement, sinon explicitement, affirmé que le capitalisme pourrait fort bien intégrer la préoccupation écologique, au moyen qui de taxes, qui d’échanges de droits à polluer, globalement grâce à des mécanismes de marché, le rôle de la régulation politique se limitant à vérifier le respect de la concurrence. Le concept d’écologie de marché[5] est aujourd’hui mis en avant sans détour. Il peut en exister une version se présentant sous les meilleurs auspices comme le « Green New Deal », la « Nouvelle donne », ou une version moins propre comme l’écoblanchiment ou « greenwashing ».</p>
<p>L&#8217;écologie peut-elle se couler dans le capitalisme ?</p>
<p>Au-delà des problèmes sémantiques, on ne peut pas ignorer que la dynamique de l’accumulation du capital est dirigée par le profit à court terme, alors que la temporalité des évolutions naturelles relève du très long terme.  Il y a là une incompatibilité de fond entre capitalisme et écologie. La vision de court terme est encore aggravée par la phase actuelle du capitalisme, dominée par la finance mondiale. Ainsi, les banquiers développent aujourd’hui de nombreux mécanismes financiers qualifiés de verts, mais qui visent essentiellement à transformer les biens naturels en supports de nouveaux titres financiers pour « assurer » les placements à risques ou pour « compenser » les dégradations environnementales.[6]</p>
<p>Tout le monde s’accorde à dire que des centaines de milliards d’euros devront être mobilisés pour financer les investissements de transition (énergie, transports, infrastructures, urbanisme…). Une politique monétaire entièrement nouvelle sera donc nécessaire pour affecter la création de monnaie à ces investissements. Cela signifie une rupture par rapport à l’indépendance des banques centrales et un contrôle social des banques. Autrement dit, une politique écologique retrouvera sur son chemin la question de la propriété des institutions bancaires et des grandes entreprises stratégiques.[7] Se contenter de modifier le régime de propriété conduit à l’échec mais ignorer cela serait également une erreur capitale.</p>
<p>Il est donc normal de s’interroger sur les alliances que noueront les nouveaux écologistes élus au parlement européen. Le passé n’invite pas trop à l’euphorie, c’est le moins qu’on puisse dire. D’une part, les « écologistes-compatibles-centre droit » ont toujours été nombreux au sein de cette institution. D’autre part, les politiques écologiques de l’Union européenne sont notoirement insuffisantes, en particulier sur le plan de la politique agricole commune et sur celui de lutte contre le réchauffement du climat.</p>
<p>Plutôt que croire à une « transcendance » du social par l’écologie, il vaudrait mieux travailler à leur fécondation mutuelle. Au moins deux raisons fondamentales plaident en ce sens. D’abord, la destruction des écosystèmes est une figure datée dans l’histoire humaine : elle est concomitante de la généralisation des rapports sociaux capitalistes dans le monde. La question écologique ne surplombe donc pas et ne détermine pas ces rapports. Elle ne peut donc ni se substituer à la transformation de ceux-ci ni les placer en second. Et répétons que l’on peut et doit inverser aussitôt l’affirmation. Je dis souvent que sans l’exploitation de la force de travail, l’exploitation de la nature ne pourrait se faire à grande échelle, et que sans l’exploitation de la nature, celle de la force de travail n’aurait pas de base matérielle.</p>
<p>Ensuite, ignorer cette interaction – cette dialectique pourrait-on dire si l’on ne craignait pas d’effaroucher les écologistes qui croient en un marxisme n’existant que dans leurs fantasmes libéraux – empêcherait de réfléchir aux forces sociales qui porteront la transformation socio-écologique de la société. Or, là est le nœud crucial. Il faut reconnaître que les forces sociales émanant du salariat sont aujourd’hui frappées de plein fouet par la crise du capitalisme et que les organisations traditionnelles, syndicales et politiques, ne réussissent plus à mobiliser un salariat éclaté et paupérisé. Mais, du côté des forces écologistes, une avancée électorale pourrait être l’arbre qui cache la forêt : qu’est-ce qui garantit que la prise de conscience écologique ne reste pas confinée à une fraction étroite de la société, celle qui finalement souffre le moins de la restructuration capitaliste ? Si, malheureusement, c’était le cas, la « transcendance » du social par l’écologie ne serait qu’un cache-misère, alors que – et c’est sa grandeur – l’écologie politique joue son rôle éminent en portant haut l’aspiration à un mode de vie soutenable.[8] Mais la soutenabilité se définit à la fois socialement et écologiquement.</p>
<p>[1] D. Cormand, « Tout doit changer », Blog Médiapart, 27 mai 2019.</p>
<p>[2] Cité par S. de Royer dans Le Monde, 28 mai 2019.</p>
<p>[3] J. Gleizes, « De l’urgence écologique à la réponse politique », Politis, n° 1555, 30 mai 2019.</p>
<p>[4] Par exemple, René Passet, L’économique et le vivant, Payot, 1979, 2e éd. Economica, 1996. Pour une présentation : J.-M. Harribey, L’économie économe, Le développement soutenable par la réduction du temps de travail, L’Harmattan, 1997.</p>
<p>[5] Paul Hawken, « L’écologie de marché ou l’économie quand tout le monde gagne », Éd. Le Souffle d’or, 1997.</p>
<p>[6] J.-M. Harribey, La richesse, la valeur et l’inestimable, Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste, LLL, 2013.</p>
<p>[7] J.-M. Harribey, « Comment financer la transition écologique ? Contribution pour des temps qui s’annoncent chauds », Note pour les Économistes atterrés, octobre 2018.</p>
<p>[8] En 2005, dans un article « La misère de l’écologie, Réponse à Yves Cochet », Cosmopolitiques, Cahiers théoriques pour l’écologie, n° 10, septembre 2005, p. 151-158, je montrais que le refus par les écologistes les plus éminents des catégories de la critique de l’économie politique les condamnait à dériver vers la  théorie néoclassique.</p>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2019/05/27/lettre-ouverte-aux-dirigeants-de-la-gauche-et-ecologique/comment-page-1/#comment-373896</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jun 2019 21:58:54 +0000</pubDate>
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		<description>non mais tu devrais écouter encore une fois ce que je dis,  je connais mieux que toi</description>
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