<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
		>
<channel>
	<title>Commentaires sur : Pandémie : Urgences et jours d’après (document Gauche démocratique et sociale)</title>
	<atom:link href="http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Mon, 13 Apr 2026 18:04:18 +0000</lastBuildDate>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.1.1</generator>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/comment-page-1/#comment-377389</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2020 07:00:36 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=5849#comment-377389</guid>
		<description>Expéditeur: Ensemble Marne 
Date: 17 avril 2020 à 22:00:19 UTC+2
Destinataire: destinataires inconnus: ;
Objet: Mise a pied d&#039;un inspecteur de travail de Reims = remise au travail sans protection !

Bonsoir,
Un inspecteur du travail de Reims a répondu à l&#039;appel des élues du personnel de l&#039;ARADOPA (aide à domicile), il a demandé des protections pour le personnel qui côtoie des usagers très fragiles, les personnes âgées, mais rien n&#039;a changé. Il a résisté aux pressions de sa hiérarchie qui ne voulait rien faire, il a poursuivi la procédure en déposant un référé et vient de subir une mise à pied immédiate dans l&#039;attente d&#039;une sanction, sur décision du ministère voulant mettre au pas tous les inspecteurs du travail. Voir communiqué national d&#039;Ensemble! ci-dessous.
Les communiqués nationaux des organisations syndicales donnent les détails :
- Voir celui, très complet de la CGT : http://cgt-tefp.fr/penicaud-met-a-pied-un-inspecteur-du-travail-qui-tente-de-faire-appliquer-le-droit-la-politique-de-mise-en-danger-des-salarie-es-doit-cesser/
- Voir celui de Solidaires : https://solidaires.org/Penicaud-tente-de-museler-l-inspection-du-travail 
qui donne accès à celui de SUD Travail.
Fait historique, toutes les organisations syndicales de la Marne ont signé le communiqué de presse joint et demandent à leurs équipes de faire connaitre ce scandale aux salarié·es et d&#039;envoyer une motion de soutien (modèle joint) à la DIRECCTE (départementale et régionale), au (sous)Préfet, au CD, ...,selon le mode d&#039;emploi joint également.


Communiqué national d&#039;Ensemble!
Le ministère du travail torpille le travail de ses agents : inacceptable !

Un inspecteur du travail qui voulait faire respecter les barrières sanitaires vient d’être mis à pied par sa tutelle ministérielle. Anthony Smith, inspecteur du travail dans la Marne (il était aussi candidat pour Ensemble ! aux élections municipales) ne faisait que son travail en enjoignant au chef d’une entreprise d’aide à domicile de fournir des masques à ses employé-es. Alors que plusieurs d’entre elles/eux sont en examen médical avec suspicion de contamination au COVID 19.

Après des lettres de rappel sans résultat, l’inspecteur a entamé une procédure de référé pour contraindre l’entreprise à prendre des mesures. Mais la hiérarchie du Ministère du travail, en commençant par la Direction départementale jusqu’au ministère soutiennent de fait l’attitude de l’employeur, au mépris de tous les discours gouvernementaux. Pire : Anthony Smith est mis à pied.

Ce faisant, le ministère nie le travail de ses propres agents en matière de protection et prend le risque d’une extension de la maladie parmi les salarié-es. C’est inacceptable ! Le syndicat CGT des inspecteurs-trices du travail ainsi que la confédération CGT ont publié une protestation.

Ensemble ! soutient l’action des inspecteurs du travail pour alerter sur les risques sanitaires, et pour une stricte protection au travail avec tous les moyens disponibles. La mise à pied doit être annulée immédiatement.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Expéditeur: Ensemble Marne<br />
Date: 17 avril 2020 à 22:00:19 UTC+2<br />
Destinataire: destinataires inconnus: ;<br />
Objet: Mise a pied d&#8217;un inspecteur de travail de Reims = remise au travail sans protection !</p>
<p>Bonsoir,<br />
Un inspecteur du travail de Reims a répondu à l&#8217;appel des élues du personnel de l&#8217;ARADOPA (aide à domicile), il a demandé des protections pour le personnel qui côtoie des usagers très fragiles, les personnes âgées, mais rien n&#8217;a changé. Il a résisté aux pressions de sa hiérarchie qui ne voulait rien faire, il a poursuivi la procédure en déposant un référé et vient de subir une mise à pied immédiate dans l&#8217;attente d&#8217;une sanction, sur décision du ministère voulant mettre au pas tous les inspecteurs du travail. Voir communiqué national d&#8217;Ensemble! ci-dessous.<br />
Les communiqués nationaux des organisations syndicales donnent les détails :<br />
- Voir celui, très complet de la CGT : <a href="http://cgt-tefp.fr/penicaud-met-a-pied-un-inspecteur-du-travail-qui-tente-de-faire-appliquer-le-droit-la-politique-de-mise-en-danger-des-salarie-es-doit-cesser/" rel="nofollow">http://cgt-tefp.fr/penicaud-met-a-pied-un-inspecteur-du-travail-qui-tente-de-faire-appliquer-le-droit-la-politique-de-mise-en-danger-des-salarie-es-doit-cesser/</a><br />
- Voir celui de Solidaires : <a href="https://solidaires.org/Penicaud-tente-de-museler-l-inspection-du-travail" rel="nofollow">https://solidaires.org/Penicaud-tente-de-museler-l-inspection-du-travail</a><br />
qui donne accès à celui de SUD Travail.<br />
Fait historique, toutes les organisations syndicales de la Marne ont signé le communiqué de presse joint et demandent à leurs équipes de faire connaitre ce scandale aux salarié·es et d&#8217;envoyer une motion de soutien (modèle joint) à la DIRECCTE (départementale et régionale), au (sous)Préfet, au CD, &#8230;,selon le mode d&#8217;emploi joint également.</p>
<p>Communiqué national d&#8217;Ensemble!<br />
Le ministère du travail torpille le travail de ses agents : inacceptable !</p>
<p>Un inspecteur du travail qui voulait faire respecter les barrières sanitaires vient d’être mis à pied par sa tutelle ministérielle. Anthony Smith, inspecteur du travail dans la Marne (il était aussi candidat pour Ensemble ! aux élections municipales) ne faisait que son travail en enjoignant au chef d’une entreprise d’aide à domicile de fournir des masques à ses employé-es. Alors que plusieurs d’entre elles/eux sont en examen médical avec suspicion de contamination au COVID 19.</p>
<p>Après des lettres de rappel sans résultat, l’inspecteur a entamé une procédure de référé pour contraindre l’entreprise à prendre des mesures. Mais la hiérarchie du Ministère du travail, en commençant par la Direction départementale jusqu’au ministère soutiennent de fait l’attitude de l’employeur, au mépris de tous les discours gouvernementaux. Pire : Anthony Smith est mis à pied.</p>
<p>Ce faisant, le ministère nie le travail de ses propres agents en matière de protection et prend le risque d’une extension de la maladie parmi les salarié-es. C’est inacceptable ! Le syndicat CGT des inspecteurs-trices du travail ainsi que la confédération CGT ont publié une protestation.</p>
<p>Ensemble ! soutient l’action des inspecteurs du travail pour alerter sur les risques sanitaires, et pour une stricte protection au travail avec tous les moyens disponibles. La mise à pied doit être annulée immédiatement.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/comment-page-1/#comment-377388</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2020 06:55:48 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=5849#comment-377388</guid>
		<description>Message du 17/04/20 17:54 De : &quot;UDFO 51&quot; 
Objet : URGENCE - A FAIRE CIRCULER / INSPECTEUR SUSPENDU : L&#039;ETAT DE DROIT EN DANGER - LA FRANCE BAFOUE SES ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX - LES ORGANISATIONS SYNDICALES REAGISSENT UNIES

Cher(e)s camarades,
 
Vous en avez sans doute entendu parlé tant la situation est grave pour la démocratie.
Il vous faut savoir, que cet inspecteur, Anthony SMITH, a été suspendu alors qu’il suivait nos camarades de l’ARADOPA qui vendredi 11 avril ont déposé des droits de retrait et un droit d’alerte pour danger grave et imminent.
Les droits de retrait, face à l’interprétation unilatérale qu’en fait la ministre du travail et la justice confinée, ont été levés.
Le droit d’alerte est maintenu, plus que jamais, tant nos camarades et l’ensemble de leurs collègues sont mis en danger.
Elles sont la « 3ème ligne ».
ABANDONNEES par tous ces décideurs
Une pétition de soutien à Anthony SMITH est en cours au niveau national
Ce weekend je vous enverrais une motion de soutien à faire parvenir par vos syndicats, si vous le voulez bien, aux DIRECCTE Marne et Grand Est
L’affaire a une telle résonnance en termes de respect du socle de tout république, LA SEPARATION DES POUVOIRS, que la presse nationale s’en empare.
En pièce jointe, le communiqué de la fédération
Lundi nos camarades de l’inspection du travail se réunissent également
</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Message du 17/04/20 17:54 De : &laquo;&nbsp;UDFO 51&#8243;<br />
Objet : URGENCE &#8211; A FAIRE CIRCULER / INSPECTEUR SUSPENDU : L&#8217;ETAT DE DROIT EN DANGER &#8211; LA FRANCE BAFOUE SES ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX &#8211; LES ORGANISATIONS SYNDICALES REAGISSENT UNIES</p>
<p>Cher(e)s camarades,</p>
<p>Vous en avez sans doute entendu parlé tant la situation est grave pour la démocratie.<br />
Il vous faut savoir, que cet inspecteur, Anthony SMITH, a été suspendu alors qu’il suivait nos camarades de l’ARADOPA qui vendredi 11 avril ont déposé des droits de retrait et un droit d’alerte pour danger grave et imminent.<br />
Les droits de retrait, face à l’interprétation unilatérale qu’en fait la ministre du travail et la justice confinée, ont été levés.<br />
Le droit d’alerte est maintenu, plus que jamais, tant nos camarades et l’ensemble de leurs collègues sont mis en danger.<br />
Elles sont la « 3ème ligne ».<br />
ABANDONNEES par tous ces décideurs<br />
Une pétition de soutien à Anthony SMITH est en cours au niveau national<br />
Ce weekend je vous enverrais une motion de soutien à faire parvenir par vos syndicats, si vous le voulez bien, aux DIRECCTE Marne et Grand Est<br />
L’affaire a une telle résonnance en termes de respect du socle de tout république, LA SEPARATION DES POUVOIRS, que la presse nationale s’en empare.<br />
En pièce jointe, le communiqué de la fédération<br />
Lundi nos camarades de l’inspection du travail se réunissent également</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/comment-page-1/#comment-377387</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2020 17:17:52 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=5849#comment-377387</guid>
		<description>Salut Gérard,
j&#039;ai bien reçu la brochure GDS.
Il me semble qu&#039;il faut tirer des leçons générales du covid comme révélateur de la vérité du libéralisme économique. Donc:
1) le marché, les premiers de cordée, la main invisible etc. sont aux abonnées absents. preuve irréfutable est donnée qu&#039;au pied du mur, seul l’État a une fonction économique et sociale globale.
2) encore faut-il qu&#039;il s&#039;agisse de l’État entrepreneur, investisseur ce que les ultras du libéralisme et leurs domestiques gouvernementaux se refusent à faire: d&#039;où pas de masques, de tests, de gants etc.
3) en conséquence, cet État rétabli doit seul toucher l&#039;argent publique des Banques Centrales. Hors UE les anglais l&#039;ont fait immédiatement. Nous devons abroger la loi giscard d&#039;une part, signifier que la BCE doit cesser de fournir les banques privées en argent public (elle le fait au demeurant en violant un article du traité de Maastricht).
4) sinon ils sont prêts à nous faire payer &quot;l&#039;endettement de l’État&quot;, tel qu&#039;il se constitue actuellement pour les entreprises et pas pour les services publics; bombe à retardement à dénoncer et campagne à mener.
Il y a un aspect positif à ce covid, c&#039;est la faillite de l&#039;idéologie libérale. Il faut le dire comme dans le conte d&#039;Andersen. En même temps ses tenants s&#039;en foutent, ils le savent bien que les premiers de cordée ne pensent qu&#039;à eux. Il y a donc une campagne à mener sur les fondements de l&#039;idéologie libérale et de sa société oligarchique et inégalitaire, car il ne reste rien de ses arguments majeurs. Mais si on ne le dit pas, si on ne dénonce pas, si on ne propose pas le retour de l&#039;argent des Banques Centrales aux États et plus jamais aux banques, ils vont continuer pour que les &quot;jours heureux&quot; soient encore les leurs.
amitiés
ge</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Salut Gérard,<br />
j&#8217;ai bien reçu la brochure GDS.<br />
Il me semble qu&#8217;il faut tirer des leçons générales du covid comme révélateur de la vérité du libéralisme économique. Donc:<br />
1) le marché, les premiers de cordée, la main invisible etc. sont aux abonnées absents. preuve irréfutable est donnée qu&#8217;au pied du mur, seul l’État a une fonction économique et sociale globale.<br />
2) encore faut-il qu&#8217;il s&#8217;agisse de l’État entrepreneur, investisseur ce que les ultras du libéralisme et leurs domestiques gouvernementaux se refusent à faire: d&#8217;où pas de masques, de tests, de gants etc.<br />
3) en conséquence, cet État rétabli doit seul toucher l&#8217;argent publique des Banques Centrales. Hors UE les anglais l&#8217;ont fait immédiatement. Nous devons abroger la loi giscard d&#8217;une part, signifier que la BCE doit cesser de fournir les banques privées en argent public (elle le fait au demeurant en violant un article du traité de Maastricht).<br />
4) sinon ils sont prêts à nous faire payer &laquo;&nbsp;l&#8217;endettement de l’État&nbsp;&raquo;, tel qu&#8217;il se constitue actuellement pour les entreprises et pas pour les services publics; bombe à retardement à dénoncer et campagne à mener.<br />
Il y a un aspect positif à ce covid, c&#8217;est la faillite de l&#8217;idéologie libérale. Il faut le dire comme dans le conte d&#8217;Andersen. En même temps ses tenants s&#8217;en foutent, ils le savent bien que les premiers de cordée ne pensent qu&#8217;à eux. Il y a donc une campagne à mener sur les fondements de l&#8217;idéologie libérale et de sa société oligarchique et inégalitaire, car il ne reste rien de ses arguments majeurs. Mais si on ne le dit pas, si on ne dénonce pas, si on ne propose pas le retour de l&#8217;argent des Banques Centrales aux États et plus jamais aux banques, ils vont continuer pour que les &laquo;&nbsp;jours heureux&nbsp;&raquo; soient encore les leurs.<br />
amitiés<br />
ge</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/comment-page-1/#comment-377385</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2020 11:26:12 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=5849#comment-377385</guid>
		<description>Or je pense que ce que nous devons dire, c’est que, plutôt que de s’endetter allègrement, il faut commencer par suspendre le paiement de la dette, y compris dans des pays comme la France ou la Belgique. Il faut réorienter le budget en réduisant le service de la dette radicalement et en récupérant des moyens financiers à réinvestir directement dans le combat contre la pandémie. Effectivement, il faudra quand même recourir à de nouvelles dettes, mais alors là il faut déterminer ce que, comme citoyen et citoyenne on est d’accord pour donner aux banques….on considère comme dépense légitime. Est-ce qu’on est d’accord pour, une fois de plus, donner de l’argent à Natixis, à BNP Paribas, à la Société générale, au Crédit agricole et aux grandes entreprises du CAC 40 qui ont distribué des dividendes à la pelle toutes ces dernières années ? Ou bien est-ce qu’il faut privilégier les dépenses de santé, réquisitionner des entreprises pour leur faire produire des respirateurs, et donc entamer une série de dépenses de cette manière-là, mais dans ce cas-là justifiées et donc légitimes ?

Daniel Mermet — Vous avez publié un texte en décembre 2018 suite au soulèvement des « gilets jaunes. C’est un long texte qui s’intitule « Gilets jaunes, apprendre de l’histoire et agir dans le présent », auquel je renvoie nos AMG, ceux qui nous écoutent [1]. C’est long mais très détaillé, c’est un vrai projet qui mérite d’être discuté, où notamment vous indiquez la place que pourraient avoir les banques. C’est-à-dire que les banques repassent sous le contrôle public.
Éric Toussaint — Absolument. Nous sommes pour une socialisation complète des banques. Selon nous, il faut exproprier les grands actionnaires des grandes banques actuelles et transférer ces banques dans le domaine public et en faire un service public. Ça implique de définir entre citoyens et citoyennes quelles sont les missions d’un nouveau service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement. Ça impliquerait de fonctionner avec des petites unités du service public qui serait présentes à tous les niveaux, y compris dans les petites communes, et de pouvoir y déposer l’épargne des habitants et financer des projets locaux. Le tout avec un contrôle citoyen sur les comptes par des élus locaux, des gens des quartiers ou des communes.
On est pour dégonfler totalement le secteur monstrueux des grandes banques. Aujourd’hui, les dépôts des clients et les crédits qui leur sont octroyés représentent environ 20 % du bilan de la banque, 80 % correspondant à des activités spéculatives souvent très dangereuses et pouvant avoir des effets très négatifs pour l’ensemble de la société. Il faut donc dégonfler complètement le bilan des banques et ramener à une taille raisonnable le système bancaire dans chaque pays. C’est ce que nous appelons la socialisation des banques. On préfère cela au terme « nationalisation », parce que, dans le terme « socialisation », il y a bien la société et l’idée que la société doit pouvoir exercer un contrôle direct ; et non pas le déléguer à l’État, qui est une structure abstraite et souvent dirigée par la classe politique ou l’élite politique. On veut mettre le système bancaire socialisé à la hauteur des citoyens et des citoyennes et à leur service.
Daniel Mermet — Oui, la nationalisation rappelle d’autres époques. Certains dans notre gouvernement ou encore le Medef proposent la nationalisation. Mais dans ce qu’ils envisagent, elle reviendrait à partager les pertes. C’est-à-dire qu’à la fin, c’est nous qui paierons.
Éric Toussaint — Bien sûr, parce que les nationalisations, telles que les rêvent certains membres du gouvernement et des patrons qui voient que leur entreprise va mal, consistent à racheter au prix fort leurs actions. C’est-à-dire que l’État rachète aux grands actionnaires, peut-être même au-dessus de leur valeur actuelle, des actions qui se sont écrasées en Bourse. Et il met évidemment la facture de l’indemnisation des actionnaires à charge du Trésor public, donc sur le dos des contribuables qui l’alimentent de leurs impôts.
Tandis que nous, nous parlons d’expropriation sans indemnisation des grands actionnaires, sans pour autant priver les petits actionnaires du remboursement de leurs actions. Ces petits actionnaires représentent un pourcentage très minoritaire des entreprises, parce qu’il n’y a pas de capitalisme populaire, ni en France, ni en Belgique, ni même au pays de Margaret Thatcher. La population française, belge ou britannique possède très peu d’actions. Les actions des grandes entreprises appartiennent à des grandes familles et à des grands fonds d’investissement. Ceux-là, il n’est pas question pour nous de les indemniser, mais de les exproprier purement et simplement.
Daniel Mermet — C’est différent aux États-Unis, où le capitalisme populaire est davantage répandu ?
Éric Toussaint — À peine, il y a un mythe qui a été créé là-dessus. En réalité, comme on a déjà privatisé une partie du système de retraites, les travailleurs sont obligés de cotiser à un fonds de pension privé qui investit leur épargne en Bourse. C’est ce qu’on appelle le Plan 401 (k), qui a été créé sous Reagan. Ce système-là en prend plein la figure maintenant, puisque les Bourses se sont effondrées de 25 à 35 % tout autour de la planète [2].
Je n’appelle pas ça du capitalisme populaire, parce que ce ne sont pas du tout les travailleurs qui gèrent leur épargne. C’est une épargne obligatoire dans le cadre d’un système de pension privatisé, et ce sont des managers payés à des salaires très élevés qui gèrent cette épargne et l’investissent en Bourse. Et ça produit des résultats catastrophiques aujourd’hui.
Daniel Mermet — En ce moment, on a presque oublié en France le « débat » sur la réforme des retraites qui vise, qu’on le veuille ou non, à privatiser le système, pour aller vers des retraites par points. Si cette réforme passait, les retraités français verraient leur retraite s’effondrer en ce moment.
 Macron, c’est un système de retraites où le régime par répartition occuperait une place de moins en moins importante et où la partie capitalisation augmenterait.
….Il y a donc une certaine prise de conscience qui devrait, si les mouvements sociaux et les forces politiques de gauche viennent avec un programme bien solide, sur la base de ce qui est en train de se passer, avoir beaucoup plus d’écho qu’elle n’en avait auparavant. Et ceux qui défendaient de strictes politiques de repli – avec des aspects racistes – perdront du terrain.
Là-bas si j’y suis, 3 avril 2020
Même Mr E . Macron a parlé de la suppression de la dette pour les pays africains le lundi de Pâques 13 avril 2020 à 20 H !                                                           

	•</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Or je pense que ce que nous devons dire, c’est que, plutôt que de s’endetter allègrement, il faut commencer par suspendre le paiement de la dette, y compris dans des pays comme la France ou la Belgique. Il faut réorienter le budget en réduisant le service de la dette radicalement et en récupérant des moyens financiers à réinvestir directement dans le combat contre la pandémie. Effectivement, il faudra quand même recourir à de nouvelles dettes, mais alors là il faut déterminer ce que, comme citoyen et citoyenne on est d’accord pour donner aux banques….on considère comme dépense légitime. Est-ce qu’on est d’accord pour, une fois de plus, donner de l’argent à Natixis, à BNP Paribas, à la Société générale, au Crédit agricole et aux grandes entreprises du CAC 40 qui ont distribué des dividendes à la pelle toutes ces dernières années ? Ou bien est-ce qu’il faut privilégier les dépenses de santé, réquisitionner des entreprises pour leur faire produire des respirateurs, et donc entamer une série de dépenses de cette manière-là, mais dans ce cas-là justifiées et donc légitimes ?</p>
<p>Daniel Mermet — Vous avez publié un texte en décembre 2018 suite au soulèvement des « gilets jaunes. C’est un long texte qui s’intitule « Gilets jaunes, apprendre de l’histoire et agir dans le présent », auquel je renvoie nos AMG, ceux qui nous écoutent [1]. C’est long mais très détaillé, c’est un vrai projet qui mérite d’être discuté, où notamment vous indiquez la place que pourraient avoir les banques. C’est-à-dire que les banques repassent sous le contrôle public.<br />
Éric Toussaint — Absolument. Nous sommes pour une socialisation complète des banques. Selon nous, il faut exproprier les grands actionnaires des grandes banques actuelles et transférer ces banques dans le domaine public et en faire un service public. Ça implique de définir entre citoyens et citoyennes quelles sont les missions d’un nouveau service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement. Ça impliquerait de fonctionner avec des petites unités du service public qui serait présentes à tous les niveaux, y compris dans les petites communes, et de pouvoir y déposer l’épargne des habitants et financer des projets locaux. Le tout avec un contrôle citoyen sur les comptes par des élus locaux, des gens des quartiers ou des communes.<br />
On est pour dégonfler totalement le secteur monstrueux des grandes banques. Aujourd’hui, les dépôts des clients et les crédits qui leur sont octroyés représentent environ 20 % du bilan de la banque, 80 % correspondant à des activités spéculatives souvent très dangereuses et pouvant avoir des effets très négatifs pour l’ensemble de la société. Il faut donc dégonfler complètement le bilan des banques et ramener à une taille raisonnable le système bancaire dans chaque pays. C’est ce que nous appelons la socialisation des banques. On préfère cela au terme « nationalisation », parce que, dans le terme « socialisation », il y a bien la société et l’idée que la société doit pouvoir exercer un contrôle direct ; et non pas le déléguer à l’État, qui est une structure abstraite et souvent dirigée par la classe politique ou l’élite politique. On veut mettre le système bancaire socialisé à la hauteur des citoyens et des citoyennes et à leur service.<br />
Daniel Mermet — Oui, la nationalisation rappelle d’autres époques. Certains dans notre gouvernement ou encore le Medef proposent la nationalisation. Mais dans ce qu’ils envisagent, elle reviendrait à partager les pertes. C’est-à-dire qu’à la fin, c’est nous qui paierons.<br />
Éric Toussaint — Bien sûr, parce que les nationalisations, telles que les rêvent certains membres du gouvernement et des patrons qui voient que leur entreprise va mal, consistent à racheter au prix fort leurs actions. C’est-à-dire que l’État rachète aux grands actionnaires, peut-être même au-dessus de leur valeur actuelle, des actions qui se sont écrasées en Bourse. Et il met évidemment la facture de l’indemnisation des actionnaires à charge du Trésor public, donc sur le dos des contribuables qui l’alimentent de leurs impôts.<br />
Tandis que nous, nous parlons d’expropriation sans indemnisation des grands actionnaires, sans pour autant priver les petits actionnaires du remboursement de leurs actions. Ces petits actionnaires représentent un pourcentage très minoritaire des entreprises, parce qu’il n’y a pas de capitalisme populaire, ni en France, ni en Belgique, ni même au pays de Margaret Thatcher. La population française, belge ou britannique possède très peu d’actions. Les actions des grandes entreprises appartiennent à des grandes familles et à des grands fonds d’investissement. Ceux-là, il n’est pas question pour nous de les indemniser, mais de les exproprier purement et simplement.<br />
Daniel Mermet — C’est différent aux États-Unis, où le capitalisme populaire est davantage répandu ?<br />
Éric Toussaint — À peine, il y a un mythe qui a été créé là-dessus. En réalité, comme on a déjà privatisé une partie du système de retraites, les travailleurs sont obligés de cotiser à un fonds de pension privé qui investit leur épargne en Bourse. C’est ce qu’on appelle le Plan 401 (k), qui a été créé sous Reagan. Ce système-là en prend plein la figure maintenant, puisque les Bourses se sont effondrées de 25 à 35 % tout autour de la planète [2].<br />
Je n’appelle pas ça du capitalisme populaire, parce que ce ne sont pas du tout les travailleurs qui gèrent leur épargne. C’est une épargne obligatoire dans le cadre d’un système de pension privatisé, et ce sont des managers payés à des salaires très élevés qui gèrent cette épargne et l’investissent en Bourse. Et ça produit des résultats catastrophiques aujourd’hui.<br />
Daniel Mermet — En ce moment, on a presque oublié en France le « débat » sur la réforme des retraites qui vise, qu’on le veuille ou non, à privatiser le système, pour aller vers des retraites par points. Si cette réforme passait, les retraités français verraient leur retraite s’effondrer en ce moment.<br />
 Macron, c’est un système de retraites où le régime par répartition occuperait une place de moins en moins importante et où la partie capitalisation augmenterait.<br />
….Il y a donc une certaine prise de conscience qui devrait, si les mouvements sociaux et les forces politiques de gauche viennent avec un programme bien solide, sur la base de ce qui est en train de se passer, avoir beaucoup plus d’écho qu’elle n’en avait auparavant. Et ceux qui défendaient de strictes politiques de repli – avec des aspects racistes – perdront du terrain.<br />
Là-bas si j’y suis, 3 avril 2020<br />
Même Mr E . Macron a parlé de la suppression de la dette pour les pays africains le lundi de Pâques 13 avril 2020 à 20 H !                                                           </p>
<p>	•</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/comment-page-1/#comment-377383</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2020 13:12:57 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=5849#comment-377383</guid>
		<description>Au nom du pluralisme, taisez-vous !

Une déclaration d’Acrimed qui invite les économistes à gages, les chroniqueurs et les éditocrates qui depuis trente ans chantent les louanges du libéralisme, à se taire au nom du pluralisme comme de la décence la plus élémentaire.

Voilà trente ans que les libéraux occupent tout l’espace médiatique, chantent les louanges de la mondialisation heureuse, de l’Europe des marchés, et de la baisse des déficits publics.

Trente années que ces zélateurs zélés du capitalisme nous abreuvent de doctrines libérales qui causent les crises, détruisent les emplois et bouleversent le climat.

Trente années qu’ils braillent contre les dépenses de l’État, appellent à réduire son périmètre, enjoignent d’alléger la pression fiscale, acclament la concurrence et roucoulent dès que l’on réduit le nombre de fonctionnaires.

Trente années qu’ils accompagnent la casse du droit du travail, qu’ils se félicitent des dividendes offerts aux actionnaires, prêchent inlassablement le « mérite » des riches et des rentiers. Trente années qu’ils accablent les travailleurs et les plus démunis, les « tire-au-flanc » et les « privilégiés » dans leurs médias gavés de subventions publiques.

Trente années que ces spécialistes de la pensée jetable se trompent sur tout. Qu’ils célèbrent la finance triomphante à la veille de la crise des subprimes. Qu’ils vantent la « solidarité européenne » quand sont imposées des coupes drastiques aux pays en difficulté. Qu’ils applaudissent, malgré la crise climatique, le capitalisme et le consumérisme effréné dans leurs médias saturés de publicités.

Trente années que les économistes à gages – qui cachetonnent dans les conseils d’administration des grandes entreprises du CAC40 – les chroniqueurs libéraux ou les simples éditocrates cadenassent la parole et monopolisent des plateaux faits par eux et pour eux.

De « l’État obèse » et « boursouflé » fustigé par Laurent Joffrin dans les années 1980 à la « suppression de la cinquième semaine de congés payés » prônée par Christophe Barbier en 2011, en passant par « la mondialisation heureuse » appelée de ses vœux par Alain Minc à la veille des années 2000, ils ont asséné tant de fois le même discours, le même message, qu’il est connu de tous, et par cœur : « Vive l’individualisme et le marché » ; « À bas la solidarité et la puissance publique » !

Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, certains retournent (une nouvelle fois) leur veste : c’est l’État tant honni qui est appelé à la rescousse. Mais alors que le système de santé est à bout de souffle du fait des politiques libérales et des coupes budgétaires, alors que des vies sont en jeu, que penser des sommations à la « baisse des dépenses de santé » d’Éric Le Boucher ? Que penser des prophéties de Nicolas Bouzou en 2014, selon lesquelles « dans 10 ans, nous aurons deux fois trop de lits d’hôpitaux » ? Que penser des cris d’orfraie d’Agnès Verdier-Molinié contre « le taux d’absentéisme très élevé qu’il y a dans nos hôpitaux publics » ? Que penser enfin, en pleine crise du Covid-19, des railleries d’Yves Calvi contre « la pleurniche permanente hospitalière » (12 mars 2020) ?

Aujourd’hui plus que jamais, après ces trente années de captation de l’antenne, il est temps qu’ils se taisent.

Au nom du pluralisme comme au nom de la décence la plus élémentaire, nous demandons à Jacques Attali, Ruth Elkrief, Dominique Seux, Axel de Tarlé, Alain Minc, Jean Quatremer, Christine Ockrent, Jean-Michel Aphatie, Nicolas Baverez, Alain Duhamel, Christophe Barbier, Brice Couturier, Jacques Julliard, Franz-Olivier Giesbert, Arnaud Leparmentier, Éric Le Boucher, Nicolas Beytout, Yves de Kerdel, Élie Cohen, Christian de Boissieu, Raphaël Enthoven, François Lenglet, Daniel Cohen, Patrick Artus, Christian Menanteau, Éric Brunet, Yves Calvi, Laurent Joffrin, David Pujadas, Yves Thréard, François de Closets, Pascal Perri, Nicolas Doze, Jean-Marc Sylvestre, Nicolas Bouzou, Jean-Hervé Lorenzi, Olivier Truchot, Dominique Reynié, Philippe Dessertine, Agnès Verdier-Molinié et consorts, de ne plus prendre la parole dans les médias pendant trente ans.

Nous demandons également aux médias qui les emploient ou qui les invitent – et a fortiori les médias du secteur public – d’en profiter pour laisser la place, et faire entendre d’autres voix (qui ne soient pas leurs clones) pendant trente ans.

Dans trente ans, alors, on pourra débattre à armes égales.

Acrimed

Post-scriptum : Nous ne doutons pas que le Conseil supérieur de l’audiovisuel veillera à ce que le pluralisme soit ainsi strictement respecté.


Lire la suite et l’annexe (non exhaustive) recensant (plus de) 30 ans de fulgurances pro-marché sur notre site.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Au nom du pluralisme, taisez-vous !</p>
<p>Une déclaration d’Acrimed qui invite les économistes à gages, les chroniqueurs et les éditocrates qui depuis trente ans chantent les louanges du libéralisme, à se taire au nom du pluralisme comme de la décence la plus élémentaire.</p>
<p>Voilà trente ans que les libéraux occupent tout l’espace médiatique, chantent les louanges de la mondialisation heureuse, de l’Europe des marchés, et de la baisse des déficits publics.</p>
<p>Trente années que ces zélateurs zélés du capitalisme nous abreuvent de doctrines libérales qui causent les crises, détruisent les emplois et bouleversent le climat.</p>
<p>Trente années qu’ils braillent contre les dépenses de l’État, appellent à réduire son périmètre, enjoignent d’alléger la pression fiscale, acclament la concurrence et roucoulent dès que l’on réduit le nombre de fonctionnaires.</p>
<p>Trente années qu’ils accompagnent la casse du droit du travail, qu’ils se félicitent des dividendes offerts aux actionnaires, prêchent inlassablement le « mérite » des riches et des rentiers. Trente années qu’ils accablent les travailleurs et les plus démunis, les « tire-au-flanc » et les « privilégiés » dans leurs médias gavés de subventions publiques.</p>
<p>Trente années que ces spécialistes de la pensée jetable se trompent sur tout. Qu’ils célèbrent la finance triomphante à la veille de la crise des subprimes. Qu’ils vantent la « solidarité européenne » quand sont imposées des coupes drastiques aux pays en difficulté. Qu’ils applaudissent, malgré la crise climatique, le capitalisme et le consumérisme effréné dans leurs médias saturés de publicités.</p>
<p>Trente années que les économistes à gages – qui cachetonnent dans les conseils d’administration des grandes entreprises du CAC40 – les chroniqueurs libéraux ou les simples éditocrates cadenassent la parole et monopolisent des plateaux faits par eux et pour eux.</p>
<p>De « l’État obèse » et « boursouflé » fustigé par Laurent Joffrin dans les années 1980 à la « suppression de la cinquième semaine de congés payés » prônée par Christophe Barbier en 2011, en passant par « la mondialisation heureuse » appelée de ses vœux par Alain Minc à la veille des années 2000, ils ont asséné tant de fois le même discours, le même message, qu’il est connu de tous, et par cœur : « Vive l’individualisme et le marché » ; « À bas la solidarité et la puissance publique » !</p>
<p>Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, certains retournent (une nouvelle fois) leur veste : c’est l’État tant honni qui est appelé à la rescousse. Mais alors que le système de santé est à bout de souffle du fait des politiques libérales et des coupes budgétaires, alors que des vies sont en jeu, que penser des sommations à la « baisse des dépenses de santé » d’Éric Le Boucher ? Que penser des prophéties de Nicolas Bouzou en 2014, selon lesquelles « dans 10 ans, nous aurons deux fois trop de lits d’hôpitaux » ? Que penser des cris d’orfraie d’Agnès Verdier-Molinié contre « le taux d’absentéisme très élevé qu’il y a dans nos hôpitaux publics » ? Que penser enfin, en pleine crise du Covid-19, des railleries d’Yves Calvi contre « la pleurniche permanente hospitalière » (12 mars 2020) ?</p>
<p>Aujourd’hui plus que jamais, après ces trente années de captation de l’antenne, il est temps qu’ils se taisent.</p>
<p>Au nom du pluralisme comme au nom de la décence la plus élémentaire, nous demandons à Jacques Attali, Ruth Elkrief, Dominique Seux, Axel de Tarlé, Alain Minc, Jean Quatremer, Christine Ockrent, Jean-Michel Aphatie, Nicolas Baverez, Alain Duhamel, Christophe Barbier, Brice Couturier, Jacques Julliard, Franz-Olivier Giesbert, Arnaud Leparmentier, Éric Le Boucher, Nicolas Beytout, Yves de Kerdel, Élie Cohen, Christian de Boissieu, Raphaël Enthoven, François Lenglet, Daniel Cohen, Patrick Artus, Christian Menanteau, Éric Brunet, Yves Calvi, Laurent Joffrin, David Pujadas, Yves Thréard, François de Closets, Pascal Perri, Nicolas Doze, Jean-Marc Sylvestre, Nicolas Bouzou, Jean-Hervé Lorenzi, Olivier Truchot, Dominique Reynié, Philippe Dessertine, Agnès Verdier-Molinié et consorts, de ne plus prendre la parole dans les médias pendant trente ans.</p>
<p>Nous demandons également aux médias qui les emploient ou qui les invitent – et a fortiori les médias du secteur public – d’en profiter pour laisser la place, et faire entendre d’autres voix (qui ne soient pas leurs clones) pendant trente ans.</p>
<p>Dans trente ans, alors, on pourra débattre à armes égales.</p>
<p>Acrimed</p>
<p>Post-scriptum : Nous ne doutons pas que le Conseil supérieur de l’audiovisuel veillera à ce que le pluralisme soit ainsi strictement respecté.</p>
<p>Lire la suite et l’annexe (non exhaustive) recensant (plus de) 30 ans de fulgurances pro-marché sur notre site.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/comment-page-1/#comment-377382</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2020 13:08:03 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=5849#comment-377382</guid>
		<description>Bonjour 

À la veille de l&#039;intervention d&#039;Emmanuel Macron qui s&#039;adressera ce lundi 13 avril aux Français en pleine épidémie de Covid-19, Olivier Faure lui a adressé un courrier. En pleine épidémie de Covid-19, il l’alerte notamment sur la montée de la précarité.

 

Le contenu

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, ma famille politique a fait le choix d’être utile aux Français. Nous avons collectivement décidé de renvoyer au lendemain de cette crise le temps du bilan et des leçons à tirer. L’heure est à la responsabilité et, plus que jamais, à la vérité pour surmonter cette catastrophe inédite.

***
La période de confinement va, à l’évidence, se prolonger. Nous aurions pu gagner en adhésion si l’annonce en avait été faite dès le début de la crise. Nombreux parmi nos concitoyens ont espéré un confinement de courte durée, suivi d’un retour rapide à la normale. Il n’en sera rien. Notre pays doit à présent prendre des engagements pour garantir, dans l’épreuve, la cohésion d’une Nation. C’est le sens, Monsieur le Président de la République, de ce courrier.

***

Un débat se profile. Monstrueux. Il faudrait choisir entre des vies et des emplois, entre notre santé et notre économie. Il vous appartient de rassurer les Français sur le fait que votre arbitrage demeurera celui de votre première allocution : protéger « quoi qu’il en coûte ». Cela suppose que les conditions du déconfinement soient parfaitement établies et que tous les risques soient préalablement évalués en évitant des décisions prématurées.

L’épidémie a battu un record macabre ce dernier vendredi. Aucun signal de relâchement ne doit être donné alors que nos soignants livrent bataille. Mais il nous faut anticiper et préparer l’étape suivante, donner un horizon plausible aux Français.

Il est donc impérieux de faire toute la transparence sur les conditions du déconfinement, sur les critères retenus pour le déclencher, comme sur les modalités de sa mise en œuvre. Plusieurs questions appellent d’ores et déjà des réponses claires.

Quel est l’état de nos commandes de masques ? Quelles sont les dates de livraison et en quelle quantité ? Quelle est la proportion de masques FFP2 pour protéger prioritairement nos soignants alors que 3 000 d’entre eux ont déjà été contaminés ? À quelle date serez-vous en mesure de fournir des masques à toutes celles et tous ceux qui continuent à travailler ? Plus largement, quand prévoyez-vous d’équiper tous les Français ? Puisque le virus, selon toute vraisemblance, ne disparaîtra pas rapidement, quelles dispositions sont prises pour mobiliser et, lorsque nécessaire, réquisitionner les entreprises industrielles capables de contribuer à l’approvisionnement massif dont nous allons avoir besoin, et qui ne saurait dépendre exclusivement de la Chine qui n’est elle-même pas à l’abri d’un rebond épidémique ?
Les mêmes questions se posent pour la production de tests. À quelle date estimez-vous qu’elle sera suffisante pour accompagner la sortie progressive du confinement ?
En quelle quantité des locaux ont-ils été prévus pour accueillir les personnes porteuses du virus qu’il faudrait isoler afin d’éviter toute nouvelle contamination ? Les collectivités locales sont prêtes à accompagner l’État dans cet effort.
S’agissant du traitement du Covid-19 par l’hydroxychloroquine, quel sens faut-il donner à votre entrevue avec le professeur Raoult, que vous avez souhaité rendre publique alors que vous aviez, jusqu’ici, donné le sentiment de vous en remettre aux essais cliniques de la mission « Discovery » ?
Concernant la recherche d’un vaccin, quel soutien l’État entend-il apporter aux équipes déjà à l’œuvre et quelles sont les coopérations internationales engagées pour surmonter les querelles d’ego, de brevet et d’argent ?
Une sortie progressive du confinement est-elle toujours privilégiée ? Par ville ? Par région ? Par âge ? Quelles en seraient les modalités concrètes pour filtrer les allées et venues ? Quelles solutions seraient envisagées pour les foyers où cohabitent plusieurs générations ?
Les réponses à ces questions conditionnent le déconfinement. Précipité, il portera le risque d’une nouvelle vague épidémique dans le pays et « pourrait être aussi mortel que sa propagation s’il n’est pas géré convenablement » comme l’a indiqué le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La transparence n’est plus une option. Les variations sur l’utilité des masques et des tests sont dans toutes les mémoires. C’est aujourd’hui la parole de l’État, sa crédibilité, qui sont en jeu.

À cette aune, le débat initié sur le « tracking » n’a tout simplement aucun sens. En effet, indépendamment du précédent que créerait un tel dispositif – nous ne voulons pas passer du confinement de masse à la surveillance de chacun –, son efficacité théorique repose sur un dépistage massif, des lieux relais pour accueillir les malades contagieux, des masques pour toute la population. Or, tout ceci manque cruellement aujourd’hui.


***

Chaque jour qui passe la crise sanitaire et le confinement accroissent les inégalités et les fractures sociales dans notre pays. Tous les retours démontrent que cette crainte, que je vous avais déjà exprimée, se confirme. Le département qui compte le plus grand nombre de morts est aussi le plus pauvre. La précarité, l’accès réduit aux soins, le manque de moyens pour se nourrir correctement et la surpopulation dans les logements exigus contribuent largement à cette situation.

Aucun territoire ne saurait être stigmatisé alors que les études démontrent que le non-respect du confinement est aussi répandu, voire supérieur, dans les zones habitées par des populations plus favorisées économiquement.

Dans notre pays, 6e puissance économique mondiale, une part de la population ne se nourrit plus à sa faim. Les étudiants qui bénéficiaient des repas au Crous ne peuvent plus s’y rendre ; de nombreux enfants, pour lesquels le seul vrai repas quotidien était celui de la cantine, n’y ont plus accès. Des livreurs payés à la course voient leur revenu s’effondrer et se privent de manger. Dans de nombreuses familles, le confinement aggrave non seulement l’injustice sociale, les difficultés scolaires mais aussi les violences intrafamiliales.

À côté de l’état d’urgence sanitaire, vous devez imposer un état d’urgence social.

Votre responsabilité, c’est d’ouvrir les droits à l’assurance-chômage dès deux mois d’affiliation, de revenir sur les six mois exigés depuis novembre, et de supprimer définitivement votre réforme de l’assurance- chômage, fabrique infernale à précarité. Il est temps de décider, aussi, que le versement de la prime d’activité des mois de janvier et février se poursuivra chaque mois pendant le confinement.

Votre responsabilité, c’est de ne pas laisser les collectivités, admirables dans cette crise, assumer seules. Donnons-leur les moyens. Il faut entendre l’appel des élus, notamment nos présidents de conseils départementaux, qui demandent que l’accès aux aides sociales soit facilité et que les interruptions envisagées soient stoppées. Dans l’urgence, il est impératif de mettre en place une aide exceptionnelle de 300 euros par foyer, et une majoration de 100 euros par enfant, pour tous les ménages bénéficiaires des minima sociaux, des aides au logement et de l’allocation de rentrée scolaire, comme vous le demandent les associations de lutte contre l’exclusion.

La solidarité du quotidien passe par les élus locaux. Je vous demande de mieux associer les collectivités locales à sa mise en œuvre.

***

Cette crise sociale, engendrée par la suspension d’une large part de notre activité, sera demain amplifiée par une crise économique que l’on sait sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Les dispositifs que vous avez mis en place, autour notamment du recours au chômage partiel et du fond de solidarité, sont précieux, mais ils laissent encore trop de nos concitoyens sur le bord de la route.

S’agissant du chômage partiel, je réitère ma demande d’indemnisation des salariés à 100 % jusqu’à 2,5 SMIC.

Les mesures gouvernementales doivent être amplifiées, à la mesure du coût du confinement pour l’économie française. Cet effort doit, en particulier, être dirigé vers les TPE et PME, les indépendants, ou encore les compagnies du secteur artistique et culturel. Le comportement des banques est encore trop souvent celui de la sélection de leurs risques, et les refus opposés aux entreprises fragiles sont légion. La garantie de l’État doit être portée à 100 % afin que les prêts soient réellement accessibles à tous. Des aides massives aux entreprises industrielles devraient être accordées pour amorcer de nouveaux projets d’innovation et de diversification, notamment orientés vers la relocalisation et la transition écologique, sous la forme d’avances remboursables uniquement en cas de succès commercial.

Le ministre de l’Économie a évoqué une possible intervention de l’État pour sauver des entreprises, mais tout semble indiquer que cela ne sera pas possible pour toutes les entreprises. Dès lors, quels seront les critères qui présideront au choix de l’État pour les accompagner?

L’intervention de l’État est nécessaire pour faire face à la récession. Elle est même saluée par vos ministres qui, pourtant, n’ont eu de cesse depuis trois ans de diminuer ses moyens et sa capacité d’action. Réjouissons-nous de cette prise de conscience, créons les conditions pour qu’elle ne s’évanouisse pas.

La question de la dette des États est posée au niveau européen. L’accord du jeudi 9 avril prévoit 500 milliards d’euros d’aide à l’économie mais ne règle pas la question. La solution du recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) n’est pas adaptée à la situation actuelle. Cet accord est strictement dans la ligne de ce que l’Europe a fait en 2011-2012, soit toujours « trop peu et trop tard ». L’Union doit cette fois agir à temps et massivement.

Ne faisons pas croire, en effet, que les engagements actuels sont suffisants. Le détail de ce plan relève ses faiblesses (2 % du PIB) et comporte des clauses beaucoup trop vagues sur les dépenses éligibles, leur durée et les remboursements.

Au-delà, je vous demande de mettre tout le poids de la France dans une série de discussions avec nos partenaires européens sur la monétisation des dettes de sauvetage ; sur le parti à tirer de la mobilisation des outils d’intervention à la disposition de la BCE ; d’ouvrir le débat sur des annulations de dettes en échange d’investissements équivalents dans les biens essentiels et la transition écologique, et sur le lancement indispensable de « coronabonds ».

***
Ce serait enfin une erreur de considérer cette crise épidémique comme un seul choc de l’offre. Elle est aussi un choc de la demande. Vous devez donc envisager, dès à présent, en concertation avec les partis d’opposition, les collectivités qui sont des investisseurs majeurs, et les partenaires sociaux, les modalités d’un plan de relance, ou plutôt de mutation. En effet, il ne pourra s’agir de repartir « comme avant » dans l’indifférence aux menaces qui pèsent sur la planète, mais bien de réorienter notre politique vers la lutte

contre les inégalités sociales, territoriales, et l’impératif climatique et écologique.
Je réitère ma demande que ce plan de « mutation» s’accompagne d’une reconnaissance réelle et concrète envers tous les métiers que le système économique avait mis dans l’ombre (caissières, livreurs, infirmières, urgentistes...) et qui tiennent depuis des semaines – et en réalité depuis bien plus longtemps – le pays à bout de bras.

Dans un contexte d’inquiétude, il faut commencer à répondre à la question « Qui doit payer ? ». L’engagement doit être pris sans tarder : il est hors de question de faire payer aux premiers de tranchée et aux classes moyennes précarisées la facture de cette crise. L’ « effort de guerre » doit porter d’abord sur les plus fortunés : l’ISF doit être rétabli et la flat tax abrogée. Et s’il y a bien un « géo-tracking » à organiser, c’est celui qui vise la fraude et l’évasion fiscale.

***

Cette crise agit comme le révélateur de toutes les incohérences, les injustices, les inégalités du système actuel. Sa résolution doit révéler notre humanité.

Vous prendrez la parole lundi devant tous les Français. Je ne doute pas que cette expression saura saisir les propositions ici formulées et répondre aux questions de nos compatriotes.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération. Olivier faure</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour </p>
<p>À la veille de l&#8217;intervention d&#8217;Emmanuel Macron qui s&#8217;adressera ce lundi 13 avril aux Français en pleine épidémie de Covid-19, Olivier Faure lui a adressé un courrier. En pleine épidémie de Covid-19, il l’alerte notamment sur la montée de la précarité.</p>
<p>Le contenu</p>
<p>Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, ma famille politique a fait le choix d’être utile aux Français. Nous avons collectivement décidé de renvoyer au lendemain de cette crise le temps du bilan et des leçons à tirer. L’heure est à la responsabilité et, plus que jamais, à la vérité pour surmonter cette catastrophe inédite.</p>
<p>***<br />
La période de confinement va, à l’évidence, se prolonger. Nous aurions pu gagner en adhésion si l’annonce en avait été faite dès le début de la crise. Nombreux parmi nos concitoyens ont espéré un confinement de courte durée, suivi d’un retour rapide à la normale. Il n’en sera rien. Notre pays doit à présent prendre des engagements pour garantir, dans l’épreuve, la cohésion d’une Nation. C’est le sens, Monsieur le Président de la République, de ce courrier.</p>
<p>***</p>
<p>Un débat se profile. Monstrueux. Il faudrait choisir entre des vies et des emplois, entre notre santé et notre économie. Il vous appartient de rassurer les Français sur le fait que votre arbitrage demeurera celui de votre première allocution : protéger « quoi qu’il en coûte ». Cela suppose que les conditions du déconfinement soient parfaitement établies et que tous les risques soient préalablement évalués en évitant des décisions prématurées.</p>
<p>L’épidémie a battu un record macabre ce dernier vendredi. Aucun signal de relâchement ne doit être donné alors que nos soignants livrent bataille. Mais il nous faut anticiper et préparer l’étape suivante, donner un horizon plausible aux Français.</p>
<p>Il est donc impérieux de faire toute la transparence sur les conditions du déconfinement, sur les critères retenus pour le déclencher, comme sur les modalités de sa mise en œuvre. Plusieurs questions appellent d’ores et déjà des réponses claires.</p>
<p>Quel est l’état de nos commandes de masques ? Quelles sont les dates de livraison et en quelle quantité ? Quelle est la proportion de masques FFP2 pour protéger prioritairement nos soignants alors que 3 000 d’entre eux ont déjà été contaminés ? À quelle date serez-vous en mesure de fournir des masques à toutes celles et tous ceux qui continuent à travailler ? Plus largement, quand prévoyez-vous d’équiper tous les Français ? Puisque le virus, selon toute vraisemblance, ne disparaîtra pas rapidement, quelles dispositions sont prises pour mobiliser et, lorsque nécessaire, réquisitionner les entreprises industrielles capables de contribuer à l’approvisionnement massif dont nous allons avoir besoin, et qui ne saurait dépendre exclusivement de la Chine qui n’est elle-même pas à l’abri d’un rebond épidémique ?<br />
Les mêmes questions se posent pour la production de tests. À quelle date estimez-vous qu’elle sera suffisante pour accompagner la sortie progressive du confinement ?<br />
En quelle quantité des locaux ont-ils été prévus pour accueillir les personnes porteuses du virus qu’il faudrait isoler afin d’éviter toute nouvelle contamination ? Les collectivités locales sont prêtes à accompagner l’État dans cet effort.<br />
S’agissant du traitement du Covid-19 par l’hydroxychloroquine, quel sens faut-il donner à votre entrevue avec le professeur Raoult, que vous avez souhaité rendre publique alors que vous aviez, jusqu’ici, donné le sentiment de vous en remettre aux essais cliniques de la mission « Discovery » ?<br />
Concernant la recherche d’un vaccin, quel soutien l’État entend-il apporter aux équipes déjà à l’œuvre et quelles sont les coopérations internationales engagées pour surmonter les querelles d’ego, de brevet et d’argent ?<br />
Une sortie progressive du confinement est-elle toujours privilégiée ? Par ville ? Par région ? Par âge ? Quelles en seraient les modalités concrètes pour filtrer les allées et venues ? Quelles solutions seraient envisagées pour les foyers où cohabitent plusieurs générations ?<br />
Les réponses à ces questions conditionnent le déconfinement. Précipité, il portera le risque d’une nouvelle vague épidémique dans le pays et « pourrait être aussi mortel que sa propagation s’il n’est pas géré convenablement » comme l’a indiqué le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).</p>
<p>La transparence n’est plus une option. Les variations sur l’utilité des masques et des tests sont dans toutes les mémoires. C’est aujourd’hui la parole de l’État, sa crédibilité, qui sont en jeu.</p>
<p>À cette aune, le débat initié sur le « tracking » n’a tout simplement aucun sens. En effet, indépendamment du précédent que créerait un tel dispositif – nous ne voulons pas passer du confinement de masse à la surveillance de chacun –, son efficacité théorique repose sur un dépistage massif, des lieux relais pour accueillir les malades contagieux, des masques pour toute la population. Or, tout ceci manque cruellement aujourd’hui.</p>
<p>***</p>
<p>Chaque jour qui passe la crise sanitaire et le confinement accroissent les inégalités et les fractures sociales dans notre pays. Tous les retours démontrent que cette crainte, que je vous avais déjà exprimée, se confirme. Le département qui compte le plus grand nombre de morts est aussi le plus pauvre. La précarité, l’accès réduit aux soins, le manque de moyens pour se nourrir correctement et la surpopulation dans les logements exigus contribuent largement à cette situation.</p>
<p>Aucun territoire ne saurait être stigmatisé alors que les études démontrent que le non-respect du confinement est aussi répandu, voire supérieur, dans les zones habitées par des populations plus favorisées économiquement.</p>
<p>Dans notre pays, 6e puissance économique mondiale, une part de la population ne se nourrit plus à sa faim. Les étudiants qui bénéficiaient des repas au Crous ne peuvent plus s’y rendre ; de nombreux enfants, pour lesquels le seul vrai repas quotidien était celui de la cantine, n’y ont plus accès. Des livreurs payés à la course voient leur revenu s’effondrer et se privent de manger. Dans de nombreuses familles, le confinement aggrave non seulement l’injustice sociale, les difficultés scolaires mais aussi les violences intrafamiliales.</p>
<p>À côté de l’état d’urgence sanitaire, vous devez imposer un état d’urgence social.</p>
<p>Votre responsabilité, c’est d’ouvrir les droits à l’assurance-chômage dès deux mois d’affiliation, de revenir sur les six mois exigés depuis novembre, et de supprimer définitivement votre réforme de l’assurance- chômage, fabrique infernale à précarité. Il est temps de décider, aussi, que le versement de la prime d’activité des mois de janvier et février se poursuivra chaque mois pendant le confinement.</p>
<p>Votre responsabilité, c’est de ne pas laisser les collectivités, admirables dans cette crise, assumer seules. Donnons-leur les moyens. Il faut entendre l’appel des élus, notamment nos présidents de conseils départementaux, qui demandent que l’accès aux aides sociales soit facilité et que les interruptions envisagées soient stoppées. Dans l’urgence, il est impératif de mettre en place une aide exceptionnelle de 300 euros par foyer, et une majoration de 100 euros par enfant, pour tous les ménages bénéficiaires des minima sociaux, des aides au logement et de l’allocation de rentrée scolaire, comme vous le demandent les associations de lutte contre l’exclusion.</p>
<p>La solidarité du quotidien passe par les élus locaux. Je vous demande de mieux associer les collectivités locales à sa mise en œuvre.</p>
<p>***</p>
<p>Cette crise sociale, engendrée par la suspension d’une large part de notre activité, sera demain amplifiée par une crise économique que l’on sait sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Les dispositifs que vous avez mis en place, autour notamment du recours au chômage partiel et du fond de solidarité, sont précieux, mais ils laissent encore trop de nos concitoyens sur le bord de la route.</p>
<p>S’agissant du chômage partiel, je réitère ma demande d’indemnisation des salariés à 100 % jusqu’à 2,5 SMIC.</p>
<p>Les mesures gouvernementales doivent être amplifiées, à la mesure du coût du confinement pour l’économie française. Cet effort doit, en particulier, être dirigé vers les TPE et PME, les indépendants, ou encore les compagnies du secteur artistique et culturel. Le comportement des banques est encore trop souvent celui de la sélection de leurs risques, et les refus opposés aux entreprises fragiles sont légion. La garantie de l’État doit être portée à 100 % afin que les prêts soient réellement accessibles à tous. Des aides massives aux entreprises industrielles devraient être accordées pour amorcer de nouveaux projets d’innovation et de diversification, notamment orientés vers la relocalisation et la transition écologique, sous la forme d’avances remboursables uniquement en cas de succès commercial.</p>
<p>Le ministre de l’Économie a évoqué une possible intervention de l’État pour sauver des entreprises, mais tout semble indiquer que cela ne sera pas possible pour toutes les entreprises. Dès lors, quels seront les critères qui présideront au choix de l’État pour les accompagner?</p>
<p>L’intervention de l’État est nécessaire pour faire face à la récession. Elle est même saluée par vos ministres qui, pourtant, n’ont eu de cesse depuis trois ans de diminuer ses moyens et sa capacité d’action. Réjouissons-nous de cette prise de conscience, créons les conditions pour qu’elle ne s’évanouisse pas.</p>
<p>La question de la dette des États est posée au niveau européen. L’accord du jeudi 9 avril prévoit 500 milliards d’euros d’aide à l’économie mais ne règle pas la question. La solution du recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) n’est pas adaptée à la situation actuelle. Cet accord est strictement dans la ligne de ce que l’Europe a fait en 2011-2012, soit toujours « trop peu et trop tard ». L’Union doit cette fois agir à temps et massivement.</p>
<p>Ne faisons pas croire, en effet, que les engagements actuels sont suffisants. Le détail de ce plan relève ses faiblesses (2 % du PIB) et comporte des clauses beaucoup trop vagues sur les dépenses éligibles, leur durée et les remboursements.</p>
<p>Au-delà, je vous demande de mettre tout le poids de la France dans une série de discussions avec nos partenaires européens sur la monétisation des dettes de sauvetage ; sur le parti à tirer de la mobilisation des outils d’intervention à la disposition de la BCE ; d’ouvrir le débat sur des annulations de dettes en échange d’investissements équivalents dans les biens essentiels et la transition écologique, et sur le lancement indispensable de « coronabonds ».</p>
<p>***<br />
Ce serait enfin une erreur de considérer cette crise épidémique comme un seul choc de l’offre. Elle est aussi un choc de la demande. Vous devez donc envisager, dès à présent, en concertation avec les partis d’opposition, les collectivités qui sont des investisseurs majeurs, et les partenaires sociaux, les modalités d’un plan de relance, ou plutôt de mutation. En effet, il ne pourra s’agir de repartir « comme avant » dans l’indifférence aux menaces qui pèsent sur la planète, mais bien de réorienter notre politique vers la lutte</p>
<p>contre les inégalités sociales, territoriales, et l’impératif climatique et écologique.<br />
Je réitère ma demande que ce plan de « mutation» s’accompagne d’une reconnaissance réelle et concrète envers tous les métiers que le système économique avait mis dans l’ombre (caissières, livreurs, infirmières, urgentistes&#8230;) et qui tiennent depuis des semaines – et en réalité depuis bien plus longtemps – le pays à bout de bras.</p>
<p>Dans un contexte d’inquiétude, il faut commencer à répondre à la question « Qui doit payer ? ». L’engagement doit être pris sans tarder : il est hors de question de faire payer aux premiers de tranchée et aux classes moyennes précarisées la facture de cette crise. L’ « effort de guerre » doit porter d’abord sur les plus fortunés : l’ISF doit être rétabli et la flat tax abrogée. Et s’il y a bien un « géo-tracking » à organiser, c’est celui qui vise la fraude et l’évasion fiscale.</p>
<p>***</p>
<p>Cette crise agit comme le révélateur de toutes les incohérences, les injustices, les inégalités du système actuel. Sa résolution doit révéler notre humanité.</p>
<p>Vous prendrez la parole lundi devant tous les Français. Je ne doute pas que cette expression saura saisir les propositions ici formulées et répondre aux questions de nos compatriotes.</p>
<p>Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération. Olivier faure</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/comment-page-1/#comment-377381</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2020 13:07:43 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=5849#comment-377381</guid>
		<description>lisez jusqu&#039;à la fin notre programme d&#039;action, il est bien précisé comment le financer</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>lisez jusqu&#8217;à la fin notre programme d&#8217;action, il est bien précisé comment le financer</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Hubert SAUNER</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2020/04/04/ceux-qui-font-tourner-le-pays-confine-c%e2%80%99est-la-france-du-smic/comment-page-1/#comment-377371</link>
		<dc:creator>Hubert SAUNER</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2020 17:54:07 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=5849#comment-377371</guid>
		<description>Permettez moi une question : c&#039;est qui qui va payer ? Ah oui les entreprises et les salauds de riches...
Inutile de me répondre à moins d&#039;être en capacité de me surprendre par un supplément d&#039;imagination qui vous fait si souvent défaut quant aux solutions à apporter aux problèmes.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Permettez moi une question : c&#8217;est qui qui va payer ? Ah oui les entreprises et les salauds de riches&#8230;<br />
Inutile de me répondre à moins d&#8217;être en capacité de me surprendre par un supplément d&#8217;imagination qui vous fait si souvent défaut quant aux solutions à apporter aux problèmes.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
</channel>
</rss>
