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	<title>Commentaires sur : l&#8217;UNEF vit, l&#8217;UNEF vivra</title>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
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		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 13:20:33 +0000</pubDate>
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		<description>Un message de Vincent Bony sur le site de l&#039;Unalt :

Bonjour

Actif au sein du groupe Alternatiba Saint-Étienne et impliqué dans la coordination locale &quot;Plus Jamais ça Loire&quot; (mobilisée autour des possibilités de reconquête et d&#039;élargissement de la Sécu), j&#039;ai travaillé sur un projet de &quot;Sécurité sociale et écologique universelle&quot;- voir le site www.alternative-secu.fr  
Ce projet croise les perspectives de « Sécu élargie », de &quot;sécurité sociale de l&#039;alimentation&quot; et de création monétaire en gestion démocratique à échelle nationale et européenne.
J&#039;ai commencé à prendre quelques contacts qui me semblaient incontournables pour confronter ces propositions au regard des personnes plus expertes que moi-même sur ces questions. J&#039;ai eu quelques échanges avec Nicolas Dufrêne et Gaël Giraud concernant les questions monétaires. J&#039;ai aussi pu organiser une rencontre en visioconférence avec Bernard Friot, Dominique Paturel et Mathieu Dalmais pour envisager avec eux comment il serait possible d&#039;élargir leur travail sur la &quot;sécurité sociale de l&#039;alimentation&quot;, à l&#039;ensemble des besoins sociaux et écologiques essentiels, moyennant création monétaire à l&#039;ampleur des défis globaux à relever : droit universel, organisation démocratique, développement d&#039;un réseau d&#039;acteurs économiques fonctionnant hors système marchand sur la base du conventionnement, salaire à vie au sein du réseau...  ...

Après lecture du livre de François Ruffin &quot;Il est où le bonheur&quot; dont la conclusion pour un &quot;Front populaire écologique&quot; nous semble exprimer un appel stimulant pour prendre notre avenir en main, nous avons mis en ligne l&#039;ensemble de ces propositions réunies sur le site www.front-populaire-ecologique.fr.
Dépassant les querelles de clochers et l&#039;absence de projet émancipateur commun entre différents partis politiques a priori concernés, et refusant des élections présidentielles en 2022 qui renforceraient encore les pouvoirs donnés au système qui nous malmène et nous détruit, l&#039;objectif serait d&#039;ouvrir au plus vite la voie à l&#039;élan collectif que l&#039;on sent grandir et qui caractérise les temps où tout peut et doit changer.

Le groupe Alternatiba Saint-Étienne étudie la possibilité de porter en tant que groupe ces différentes propositions dans ses futures actions, localement et dans une perspective nationale.
Votre initiative allant clairement dans le même sens avec des objectifs et propositions très proches, il nous semble intéressant de voir comment associer nos réflexions, travaux et envies d&#039;agir...
Nous ne tenons pas à être porteur d&#039;une initiative d&#039;ampleur nationale à notre seul niveau. Cette coopération ou inclusion dans votre initiative nous semblerait donc bienvenue.

Je suis personnellement particulièrement intéressé pour travailler avec vous sur les perspectives d&#039;élargissement de la sécu telle que présentée dans la vidéo de 15mns et le livret téléchargeable ici

Dans l&#039;attente de vos retours et échanges sur les perspectives communes possibles
Vincent Bony
v_bony@orange.fr
06 45 89 10 19</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Un message de Vincent Bony sur le site de l&#8217;Unalt :</p>
<p>Bonjour</p>
<p>Actif au sein du groupe Alternatiba Saint-Étienne et impliqué dans la coordination locale &laquo;&nbsp;Plus Jamais ça Loire&nbsp;&raquo; (mobilisée autour des possibilités de reconquête et d&#8217;élargissement de la Sécu), j&#8217;ai travaillé sur un projet de &laquo;&nbsp;Sécurité sociale et écologique universelle&nbsp;&raquo;- voir le site <a href="http://www.alternative-secu.fr" rel="nofollow">http://www.alternative-secu.fr</a><br />
Ce projet croise les perspectives de « Sécu élargie », de &laquo;&nbsp;sécurité sociale de l&#8217;alimentation&nbsp;&raquo; et de création monétaire en gestion démocratique à échelle nationale et européenne.<br />
J&#8217;ai commencé à prendre quelques contacts qui me semblaient incontournables pour confronter ces propositions au regard des personnes plus expertes que moi-même sur ces questions. J&#8217;ai eu quelques échanges avec Nicolas Dufrêne et Gaël Giraud concernant les questions monétaires. J&#8217;ai aussi pu organiser une rencontre en visioconférence avec Bernard Friot, Dominique Paturel et Mathieu Dalmais pour envisager avec eux comment il serait possible d&#8217;élargir leur travail sur la &laquo;&nbsp;sécurité sociale de l&#8217;alimentation&nbsp;&raquo;, à l&#8217;ensemble des besoins sociaux et écologiques essentiels, moyennant création monétaire à l&#8217;ampleur des défis globaux à relever : droit universel, organisation démocratique, développement d&#8217;un réseau d&#8217;acteurs économiques fonctionnant hors système marchand sur la base du conventionnement, salaire à vie au sein du réseau&#8230;  &#8230;</p>
<p>Après lecture du livre de François Ruffin &laquo;&nbsp;Il est où le bonheur&nbsp;&raquo; dont la conclusion pour un &laquo;&nbsp;Front populaire écologique&nbsp;&raquo; nous semble exprimer un appel stimulant pour prendre notre avenir en main, nous avons mis en ligne l&#8217;ensemble de ces propositions réunies sur le site <a href="http://www.front-populaire-ecologique.fr" rel="nofollow">http://www.front-populaire-ecologique.fr</a>.<br />
Dépassant les querelles de clochers et l&#8217;absence de projet émancipateur commun entre différents partis politiques a priori concernés, et refusant des élections présidentielles en 2022 qui renforceraient encore les pouvoirs donnés au système qui nous malmène et nous détruit, l&#8217;objectif serait d&#8217;ouvrir au plus vite la voie à l&#8217;élan collectif que l&#8217;on sent grandir et qui caractérise les temps où tout peut et doit changer.</p>
<p>Le groupe Alternatiba Saint-Étienne étudie la possibilité de porter en tant que groupe ces différentes propositions dans ses futures actions, localement et dans une perspective nationale.<br />
Votre initiative allant clairement dans le même sens avec des objectifs et propositions très proches, il nous semble intéressant de voir comment associer nos réflexions, travaux et envies d&#8217;agir&#8230;<br />
Nous ne tenons pas à être porteur d&#8217;une initiative d&#8217;ampleur nationale à notre seul niveau. Cette coopération ou inclusion dans votre initiative nous semblerait donc bienvenue.</p>
<p>Je suis personnellement particulièrement intéressé pour travailler avec vous sur les perspectives d&#8217;élargissement de la sécu telle que présentée dans la vidéo de 15mns et le livret téléchargeable ici</p>
<p>Dans l&#8217;attente de vos retours et échanges sur les perspectives communes possibles<br />
Vincent Bony<br />
<a href="mailto:v_bony@orange.fr">v_bony@orange.fr</a><br />
06 45 89 10 19</p>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
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		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 08:36:30 +0000</pubDate>
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		<description>L’heure de nous-mêmes a sonné

5 avril 2021 - Médiapart - Par Edwy Plenel
La récente polémique sur le droit de se réunir exclusivement entre personnes concernées par une discrimination est la nouvelle étape d’une offensive généralisée contre l’auto-organisation des dominé·e·s. Que ce soit en raison de leur apparence, de leur croyance, de leur genre ou de leur condition. Démonstration.

 «France, réveille-toi, songe à ta gloire » : le 7 janvier 1898, soit six jours avant la parution dans L’Aurore de son célèbre « J’accuse… ! » en défense du capitaine Alfred Dreyfus, Émile Zola publie une « Lettre à la France » où il conjure « tous les libres esprits, tous les cœurs larges » à se ressaisir face à la haine antisémite qui ruine la République. « France, si tu ne te méfies, tu vas à la dictature », lance-t-il avant d’énoncer ce constat : « La République est envahie par les réactionnaires de tous genres. Ils l’adorent d’un brusque et terrible amour. Ils l’embrassent pour l’étouffer. »  

Nous pourrions dire la même chose au spectacle contemporain de républicains d’opérette ou d’occasion, de carton-pâte assurément, qui s’en réclament pour mieux la contredire. Leur République n’est plus qu’une terre aride où des mesures discriminatoires, des interdits et des préjugés, mettent en pièces sa devise : avec eux, plus de liberté (de croyance), plus d’égalité (des civilisations), plus de fraternité (des cultures). Leur offensive constante et obsessionnelle contre l’une des religions de notre pays, l’islam, et l’une des parties de son peuple, les musulmans, ainsi que, plus largement, contre toutes les expressions des minorités, diabolisées en séparatisme antinational, est en effet le cheval de Troie d’une dévitalisation de la République.

Car qu’est-ce que la République entendue comme horizon d’émancipation ? Rien d’autre que la promesse d’égalité. Une promesse active, toujours inachevée, toujours renouvelée, toujours réinventée. Nous naissons « libres et égaux en droits », sans distinction d’origine, de condition, de croyance, d’apparence, de sexe ou de genre… Mais il ne suffit pas que la Déclaration des droits de l’homme de 1789 l’ait abstraitement proclamé, dès son premier article, pour que ce principe devienne réalité concrète. L’égalité a toujours été un combat de celles et ceux qui en sont exclus contre les bénéficiaires qui en ont le privilège et entendent bien le garder.

La République authentique, c’est-à-dire démocratique et sociale comme le dit depuis 1945 notre Constitution, est un mouvement permanent où les luttes des sans-droits, des dominés, des opprimés, des exclus, des stigmatisés, des discriminés, etc., ne cessent d’élargir son horizon et d’approfondir son idéal. À l’inverse, une République sans adjectif, figée et immobilisée, repliée sur elle-même et fermée aux remises en cause, tourne le dos à l’égalité et, partant, se détruit elle-même. C’est cette République conservatrice et réactionnaire qui, dans le passé, a catégoriquement refusé l’égalité des droits aux ouvriers, aux femmes et aux colonisés, faisant droit aux inégalités de naissance et de condition pour justifier de réprimer les premiers, de dominer les secondes, de « barbariser » les troisièmes.

Obligée de se faire discrète durant un demi-siècle, après que sa perdition eut accompagné la catastrophe européenne et le désastre colonial, cette République anti-égalitaire est de retour, et plus que jamais à l’offensive. Sa cible est l’altérité sous toutes ses formes, c’est-à-dire le refus de céder au Grand Un du pouvoir et au Grand Même de l’identité. Non seulement elle ne supporte pas le pluriel et le divers, le dissident et l’opposant, mais surtout elle n’admet l’Autre qu’à condition qu’il se soumette à sa norme et à sa règle. La promotion en bouc émissaire du musulman (mais aussi du « décolonial », du « racisé », de l’« intersectionnel », de « l’islamo-gauchiste ») sert à cela : empêcher toute dissonance, différence ou divergence. C’est donc très logiquement qu’elle accompagne la répression des luttes sociales, la libération des violences policières, la diabolisation des gilets jaunes, la stigmatisation des révoltes juvéniles, la détestation des radicalités écologiques, etc.

Penser à droite, c’est se revendiquer d’un réel immuable et inchangeable, dont on se croit le garant ou le propriétaire. En ce sens, il est aussi une gauche de droite qui, régulièrement, se dresse contre les nouveautés portées par l’incessant combat pour l’égalité des droits. Ce que ces réactionnaires et conservateurs, quels que soient leurs atours, ne supportent pas, c’est l’auto-organisation des dominés, exploités, opprimés, discriminés, stigmatisés, etc. L’artificielle polémique contre des réunions exclusivement réservées à celles et ceux que concernent lesdites oppressions n’a d’autre but que de délégitimer et disqualifier ce mouvement où se renouvelle sans cesse l’exigence d’égalité. Non pas d’une égalité abstraite, édictée et gardée par celles et ceux qui en sont déjà les bénéficiaires, mais d’une égalité concrète, conquise et défendue par celles et ceux qui en sont exclus.

En ce sens, ce sont toujours des minorités qui font grandir les majorités, les obligeant à sortir de leur confort ou de leur aveuglement. Des minorités qui ne le sont pas forcément quantitativement mais qui le sont par construction sociale et idéologique. Il en fut ainsi, hier, des ouvriers et des femmes, comme il en est aujourd’hui des racisé·e·s, opprimés, discriminés ou stigmatisés à raison de leur origine, de leur culture, de leur religion, de leur apparence, de leur couleur de peau. Les gauches qui accompagnent, en la soutenant ou en s’abstenant, l’actuelle offensive réactionnaire tournent le dos à toute l’histoire des luttes émancipatrices où l’auto-organisation des concerné·e·s a successivement mis en cause des dominations de classe, de sexe et de race, qui cohabitent, se superposent et s’imbriquent.

Se souviennent-elles, ces gauches égarées, du « Manifeste des soixante » de 1864, première exigence d’une représentation des ouvriers par eux-mêmes, par les leurs et non plus par l’intermédiaires de bourgeois, aussi éclairés soient-ils ? Ils ne disaient pas autre chose que les discriminés d’aujourd’hui, ne comptant que sur leurs propres forces pour faire valoir leurs droits : « On a répété à satiété : il n’y a plus de classes ; depuis 1789, tous les Français sont égaux devant la loi. Mais nous qui n’avons d’autre propriété que nos bras, nous qui subissons tous les jours les conditions légitimes ou arbitraires du capital […], il nous est bien difficile de croire à cette affirmation. […] Nous ne sommes pas représentés, et voilà pourquoi nous posons cette question des candidatures ouvrières. Nous savons qu’on ne dit pas candidatures industrielles, commerciales, militaires, journalistes, etc. ; mais la chose y est si le mot n’y est pas. Est-ce que la très grande majorité du Corps législatif n’est pas composée de grands propriétaires, industriels, commerçants, de généraux, de journalistes… ? »

Se souviennent-elles, ces gauches oublieuses, de « la Grande Marie », cette figure exceptionnelle du syndicalisme, l’institutrice Marie Guillot (1880-1934), féministe pionnière, fondatrice de la commission féminine de la CGT ? Dévouant sa vie à l’émancipation alors que les femmes étaient privées de tout droit politique, elle se heurta à la domination masculine au sein de la CGT et, afin d’y échapper et de la combattre, adhéra à une organisation non mixte, la Jeunesse laïque et féministe, qui avait été lancée en 1903. Anticipatrice des futurs « groupes femmes » du féminisme des années 1970, elle refusait de dissoudre la cause des femmes dans la lutte des classes : « Nous avons, nous, femmes, une double lutte à mener : lutte commune à tous les prolétaires contre l’asservissement économique, lutte particulière pour la conquête de nos droits d’êtres humains. » « Même bourgeois, ajoutait-elle, le féminisme a une valeur révolutionnaire, en redressant les femmes, en les poussant à faire reconnaître leurs droits par les hommes. »

Se souviennent-elles, ces gauches incultes, d’Aimé Césaire proclamant, avec Léopold Sédar Senghor, la « négritude », retournant en fierté le stigmate de la servitude, alors qu’il était encore député communiste ? Et du premier « Congrès international des écrivains et artistes noirs », organisé à Paris en septembre 1956 par Alioune Diop, le fondateur de la revue Présence africaine ? Recevant Senghor en 1976 à la Martinique, en sa mairie de Fort-de-France, Césaire revendiquait la négritude comme « la revitalisation de fraternités oubliées et la vaste solidarité de ceux que l’histoire violenta ». Face à une Europe qui « soliloque », contraignant les peuples qu’elle domine « à écouter passivement », « le dialogue, insistait-il, doit d’abord être avec nous-mêmes ».

Qu’elles soient sociales, sexuelles, raciales, les dominations ne cèdent que par la mobilisation de celles et ceux qui les subissent. Ne pas l’entendre, c’est leur barrer la route, les entraver, les refuser. Enfermés dans leur bonne conscience, celle de n’avoir jamais vécu une discrimination, de ne s’être jamais vu comme intrus dans les regards des autres, de ne pas se rendre compte du privilège que leur accorde leur apparence, on entend ainsi des politiques, des intellectuels et des journalistes de tous bords s’indigner d’un retour du mot race par l’utilisation militante du vocable « racisé ».

Les races n’existent pas, ânonnent-ils, donnant ainsi la main à l’extrême droite qui s’empresse de dénoncer un « racisme des antiracistes » pour mieux abattre l’exigence d’égalité. Pas de races bien sûr, mais du racisme à l’évidence. Il ne suffit pas d’enlever le mot, y compris de la Constitution, pour supprimer le fait. Le racisme construit, dans la vie quotidienne et par des pratiques institutionnelles, une assignation à l’origine, à l’apparence, à la couleur, à l’identité : c’est cela être racisé·e. Une réalité concrètement vécue par une large partie de notre peuple issu de la longue projection de la France sur le monde, par la conquête, l’esclavage, la colonisation, qui fit sa richesse et sa puissance.

L’actualité de la question noire et de la question musulmane dans la France d’aujourd’hui est celle, persistante, de la question coloniale, toujours en souffrance, jamais soldée. Tout comme les États-Unis doivent encore affronter le passé esclavagiste qui les a construits, la France devra bien finir par affronter la question coloniale qui verrouille son imaginaire politique. Non seulement elle y véhicule un racisme persistant, léguant le préjugé de cultures, civilisations, religions, etc., supérieures à d’autres, mais de plus elle prolonge la prétention à un universalisme dominateur dont la nation française serait propriétaire par essence. Or il n’y a d’universel que dans le partage et la relation : ne pas faire à d’autres ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse.

Un mois après le premier Congrès des écrivains noirs, Aimé Césaire rompait avec le Parti communiste français par une lettre adressée à son secrétaire général, Maurice Thorez, le 24 octobre 1956. Introduisant la brochure de Présence africaine qui la diffusa, Alioune Diop souligne qu’avec ce texte, Césaire « disqualifie l’Occident en tant que directeur des consciences et de l’histoire ». C’est en effet l’affirmation d’un humanisme réellement universel, où aucune part de l’humanité ne s’accorde le privilège de l’édicter et de le posséder. Un universel construit dans les résistances à tout ce qui blesse l’humanité, à raison de son origine, de son genre, de sa couleur – de sa classe, de son sexe, de sa race.

L’auteur du célèbre Discours sur le colonialisme y dénonce le « fraternalisme » de cette gauche française qui, à l’adresse des colonisés – en somme des Noirs, des Arabes, des musulmans, des Africains, des Asiatiques, des Antillais, des Guyanais, des Réunionnais, des Kanak, etc. – « vous prend par la main (d’une main hélas ! parfois rude) pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès ». « Or, assène Césaire, c’est précisément ce dont nous ne voulons pas. Ce dont nous ne voulons plus. »

Et c’est alors qu’il proclame ceci, qui restera toujours d’actualité tant qu’il y aura des citadelles d’inégalité et d’injustice à faire tomber : « C’est assez dire que, pour notre part, nous ne voulons plus nous contenter d’assister à la politique des autres. Au piétinement des autres. Aux combinaisons des autres. Aux rafistolages de conscience ou à la casuistique des autres. L’heure de nous-mêmes a sonné. Et ce que je viens de dire des nègres n’est pas valable que pour les nègres. »

C’est cette heure de nous-mêmes qu’inventent, solidairement, toutes les jeunesses aujourd’hui mobilisées, dans notre pays, face au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, à la négrophobie, à la xénophobie, aux violences sexistes et sexuelles, à l’homophobie, aux répressions policières, aux injustices sociales, aux inégalités sanitaires, aux contrôles au faciès, aux persécutions des migrants, à l’urgence climatique… Il n’est pas d’autre chemin d’émancipation et d’universel que celui de ces causes communes où se réinvente l’espérance. Où s’ébauchent les nouvelles constellations qui, un jour ou l’autre, chasseront la nuit des dominations, ces astres morts.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>L’heure de nous-mêmes a sonné</p>
<p>5 avril 2021 &#8211; Médiapart &#8211; Par Edwy Plenel<br />
La récente polémique sur le droit de se réunir exclusivement entre personnes concernées par une discrimination est la nouvelle étape d’une offensive généralisée contre l’auto-organisation des dominé·e·s. Que ce soit en raison de leur apparence, de leur croyance, de leur genre ou de leur condition. Démonstration.</p>
<p> «France, réveille-toi, songe à ta gloire » : le 7 janvier 1898, soit six jours avant la parution dans L’Aurore de son célèbre « J’accuse… ! » en défense du capitaine Alfred Dreyfus, Émile Zola publie une « Lettre à la France » où il conjure « tous les libres esprits, tous les cœurs larges » à se ressaisir face à la haine antisémite qui ruine la République. « France, si tu ne te méfies, tu vas à la dictature », lance-t-il avant d’énoncer ce constat : « La République est envahie par les réactionnaires de tous genres. Ils l’adorent d’un brusque et terrible amour. Ils l’embrassent pour l’étouffer. »  </p>
<p>Nous pourrions dire la même chose au spectacle contemporain de républicains d’opérette ou d’occasion, de carton-pâte assurément, qui s’en réclament pour mieux la contredire. Leur République n’est plus qu’une terre aride où des mesures discriminatoires, des interdits et des préjugés, mettent en pièces sa devise : avec eux, plus de liberté (de croyance), plus d’égalité (des civilisations), plus de fraternité (des cultures). Leur offensive constante et obsessionnelle contre l’une des religions de notre pays, l’islam, et l’une des parties de son peuple, les musulmans, ainsi que, plus largement, contre toutes les expressions des minorités, diabolisées en séparatisme antinational, est en effet le cheval de Troie d’une dévitalisation de la République.</p>
<p>Car qu’est-ce que la République entendue comme horizon d’émancipation ? Rien d’autre que la promesse d’égalité. Une promesse active, toujours inachevée, toujours renouvelée, toujours réinventée. Nous naissons « libres et égaux en droits », sans distinction d’origine, de condition, de croyance, d’apparence, de sexe ou de genre… Mais il ne suffit pas que la Déclaration des droits de l’homme de 1789 l’ait abstraitement proclamé, dès son premier article, pour que ce principe devienne réalité concrète. L’égalité a toujours été un combat de celles et ceux qui en sont exclus contre les bénéficiaires qui en ont le privilège et entendent bien le garder.</p>
<p>La République authentique, c’est-à-dire démocratique et sociale comme le dit depuis 1945 notre Constitution, est un mouvement permanent où les luttes des sans-droits, des dominés, des opprimés, des exclus, des stigmatisés, des discriminés, etc., ne cessent d’élargir son horizon et d’approfondir son idéal. À l’inverse, une République sans adjectif, figée et immobilisée, repliée sur elle-même et fermée aux remises en cause, tourne le dos à l’égalité et, partant, se détruit elle-même. C’est cette République conservatrice et réactionnaire qui, dans le passé, a catégoriquement refusé l’égalité des droits aux ouvriers, aux femmes et aux colonisés, faisant droit aux inégalités de naissance et de condition pour justifier de réprimer les premiers, de dominer les secondes, de « barbariser » les troisièmes.</p>
<p>Obligée de se faire discrète durant un demi-siècle, après que sa perdition eut accompagné la catastrophe européenne et le désastre colonial, cette République anti-égalitaire est de retour, et plus que jamais à l’offensive. Sa cible est l’altérité sous toutes ses formes, c’est-à-dire le refus de céder au Grand Un du pouvoir et au Grand Même de l’identité. Non seulement elle ne supporte pas le pluriel et le divers, le dissident et l’opposant, mais surtout elle n’admet l’Autre qu’à condition qu’il se soumette à sa norme et à sa règle. La promotion en bouc émissaire du musulman (mais aussi du « décolonial », du « racisé », de l’« intersectionnel », de « l’islamo-gauchiste ») sert à cela : empêcher toute dissonance, différence ou divergence. C’est donc très logiquement qu’elle accompagne la répression des luttes sociales, la libération des violences policières, la diabolisation des gilets jaunes, la stigmatisation des révoltes juvéniles, la détestation des radicalités écologiques, etc.</p>
<p>Penser à droite, c’est se revendiquer d’un réel immuable et inchangeable, dont on se croit le garant ou le propriétaire. En ce sens, il est aussi une gauche de droite qui, régulièrement, se dresse contre les nouveautés portées par l’incessant combat pour l’égalité des droits. Ce que ces réactionnaires et conservateurs, quels que soient leurs atours, ne supportent pas, c’est l’auto-organisation des dominés, exploités, opprimés, discriminés, stigmatisés, etc. L’artificielle polémique contre des réunions exclusivement réservées à celles et ceux que concernent lesdites oppressions n’a d’autre but que de délégitimer et disqualifier ce mouvement où se renouvelle sans cesse l’exigence d’égalité. Non pas d’une égalité abstraite, édictée et gardée par celles et ceux qui en sont déjà les bénéficiaires, mais d’une égalité concrète, conquise et défendue par celles et ceux qui en sont exclus.</p>
<p>En ce sens, ce sont toujours des minorités qui font grandir les majorités, les obligeant à sortir de leur confort ou de leur aveuglement. Des minorités qui ne le sont pas forcément quantitativement mais qui le sont par construction sociale et idéologique. Il en fut ainsi, hier, des ouvriers et des femmes, comme il en est aujourd’hui des racisé·e·s, opprimés, discriminés ou stigmatisés à raison de leur origine, de leur culture, de leur religion, de leur apparence, de leur couleur de peau. Les gauches qui accompagnent, en la soutenant ou en s’abstenant, l’actuelle offensive réactionnaire tournent le dos à toute l’histoire des luttes émancipatrices où l’auto-organisation des concerné·e·s a successivement mis en cause des dominations de classe, de sexe et de race, qui cohabitent, se superposent et s’imbriquent.</p>
<p>Se souviennent-elles, ces gauches égarées, du « Manifeste des soixante » de 1864, première exigence d’une représentation des ouvriers par eux-mêmes, par les leurs et non plus par l’intermédiaires de bourgeois, aussi éclairés soient-ils ? Ils ne disaient pas autre chose que les discriminés d’aujourd’hui, ne comptant que sur leurs propres forces pour faire valoir leurs droits : « On a répété à satiété : il n’y a plus de classes ; depuis 1789, tous les Français sont égaux devant la loi. Mais nous qui n’avons d’autre propriété que nos bras, nous qui subissons tous les jours les conditions légitimes ou arbitraires du capital […], il nous est bien difficile de croire à cette affirmation. […] Nous ne sommes pas représentés, et voilà pourquoi nous posons cette question des candidatures ouvrières. Nous savons qu’on ne dit pas candidatures industrielles, commerciales, militaires, journalistes, etc. ; mais la chose y est si le mot n’y est pas. Est-ce que la très grande majorité du Corps législatif n’est pas composée de grands propriétaires, industriels, commerçants, de généraux, de journalistes… ? »</p>
<p>Se souviennent-elles, ces gauches oublieuses, de « la Grande Marie », cette figure exceptionnelle du syndicalisme, l’institutrice Marie Guillot (1880-1934), féministe pionnière, fondatrice de la commission féminine de la CGT ? Dévouant sa vie à l’émancipation alors que les femmes étaient privées de tout droit politique, elle se heurta à la domination masculine au sein de la CGT et, afin d’y échapper et de la combattre, adhéra à une organisation non mixte, la Jeunesse laïque et féministe, qui avait été lancée en 1903. Anticipatrice des futurs « groupes femmes » du féminisme des années 1970, elle refusait de dissoudre la cause des femmes dans la lutte des classes : « Nous avons, nous, femmes, une double lutte à mener : lutte commune à tous les prolétaires contre l’asservissement économique, lutte particulière pour la conquête de nos droits d’êtres humains. » « Même bourgeois, ajoutait-elle, le féminisme a une valeur révolutionnaire, en redressant les femmes, en les poussant à faire reconnaître leurs droits par les hommes. »</p>
<p>Se souviennent-elles, ces gauches incultes, d’Aimé Césaire proclamant, avec Léopold Sédar Senghor, la « négritude », retournant en fierté le stigmate de la servitude, alors qu’il était encore député communiste ? Et du premier « Congrès international des écrivains et artistes noirs », organisé à Paris en septembre 1956 par Alioune Diop, le fondateur de la revue Présence africaine ? Recevant Senghor en 1976 à la Martinique, en sa mairie de Fort-de-France, Césaire revendiquait la négritude comme « la revitalisation de fraternités oubliées et la vaste solidarité de ceux que l’histoire violenta ». Face à une Europe qui « soliloque », contraignant les peuples qu’elle domine « à écouter passivement », « le dialogue, insistait-il, doit d’abord être avec nous-mêmes ».</p>
<p>Qu’elles soient sociales, sexuelles, raciales, les dominations ne cèdent que par la mobilisation de celles et ceux qui les subissent. Ne pas l’entendre, c’est leur barrer la route, les entraver, les refuser. Enfermés dans leur bonne conscience, celle de n’avoir jamais vécu une discrimination, de ne s’être jamais vu comme intrus dans les regards des autres, de ne pas se rendre compte du privilège que leur accorde leur apparence, on entend ainsi des politiques, des intellectuels et des journalistes de tous bords s’indigner d’un retour du mot race par l’utilisation militante du vocable « racisé ».</p>
<p>Les races n’existent pas, ânonnent-ils, donnant ainsi la main à l’extrême droite qui s’empresse de dénoncer un « racisme des antiracistes » pour mieux abattre l’exigence d’égalité. Pas de races bien sûr, mais du racisme à l’évidence. Il ne suffit pas d’enlever le mot, y compris de la Constitution, pour supprimer le fait. Le racisme construit, dans la vie quotidienne et par des pratiques institutionnelles, une assignation à l’origine, à l’apparence, à la couleur, à l’identité : c’est cela être racisé·e. Une réalité concrètement vécue par une large partie de notre peuple issu de la longue projection de la France sur le monde, par la conquête, l’esclavage, la colonisation, qui fit sa richesse et sa puissance.</p>
<p>L’actualité de la question noire et de la question musulmane dans la France d’aujourd’hui est celle, persistante, de la question coloniale, toujours en souffrance, jamais soldée. Tout comme les États-Unis doivent encore affronter le passé esclavagiste qui les a construits, la France devra bien finir par affronter la question coloniale qui verrouille son imaginaire politique. Non seulement elle y véhicule un racisme persistant, léguant le préjugé de cultures, civilisations, religions, etc., supérieures à d’autres, mais de plus elle prolonge la prétention à un universalisme dominateur dont la nation française serait propriétaire par essence. Or il n’y a d’universel que dans le partage et la relation : ne pas faire à d’autres ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse.</p>
<p>Un mois après le premier Congrès des écrivains noirs, Aimé Césaire rompait avec le Parti communiste français par une lettre adressée à son secrétaire général, Maurice Thorez, le 24 octobre 1956. Introduisant la brochure de Présence africaine qui la diffusa, Alioune Diop souligne qu’avec ce texte, Césaire « disqualifie l’Occident en tant que directeur des consciences et de l’histoire ». C’est en effet l’affirmation d’un humanisme réellement universel, où aucune part de l’humanité ne s’accorde le privilège de l’édicter et de le posséder. Un universel construit dans les résistances à tout ce qui blesse l’humanité, à raison de son origine, de son genre, de sa couleur – de sa classe, de son sexe, de sa race.</p>
<p>L’auteur du célèbre Discours sur le colonialisme y dénonce le « fraternalisme » de cette gauche française qui, à l’adresse des colonisés – en somme des Noirs, des Arabes, des musulmans, des Africains, des Asiatiques, des Antillais, des Guyanais, des Réunionnais, des Kanak, etc. – « vous prend par la main (d’une main hélas ! parfois rude) pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès ». « Or, assène Césaire, c’est précisément ce dont nous ne voulons pas. Ce dont nous ne voulons plus. »</p>
<p>Et c’est alors qu’il proclame ceci, qui restera toujours d’actualité tant qu’il y aura des citadelles d’inégalité et d’injustice à faire tomber : « C’est assez dire que, pour notre part, nous ne voulons plus nous contenter d’assister à la politique des autres. Au piétinement des autres. Aux combinaisons des autres. Aux rafistolages de conscience ou à la casuistique des autres. L’heure de nous-mêmes a sonné. Et ce que je viens de dire des nègres n’est pas valable que pour les nègres. »</p>
<p>C’est cette heure de nous-mêmes qu’inventent, solidairement, toutes les jeunesses aujourd’hui mobilisées, dans notre pays, face au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, à la négrophobie, à la xénophobie, aux violences sexistes et sexuelles, à l’homophobie, aux répressions policières, aux injustices sociales, aux inégalités sanitaires, aux contrôles au faciès, aux persécutions des migrants, à l’urgence climatique… Il n’est pas d’autre chemin d’émancipation et d’universel que celui de ces causes communes où se réinvente l’espérance. Où s’ébauchent les nouvelles constellations qui, un jour ou l’autre, chasseront la nuit des dominations, ces astres morts.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2021/03/22/lunef-vit-lunef-vivra/comment-page-1/#comment-377816</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Apr 2021 09:25:58 +0000</pubDate>
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		<description>Bonjour, 
Je viens de commencer à lire « Le mythe du déficit », le livre de Stéphanie Kelton sur la «théorie monétaire moderne». C’est génial.
C’est ce que Jean-Jacques Chavigné m’a expliqué depuis longtemps : le budget d’un État souverain ne se gère pas comme le budget d’un ménage, car  l’Etat est l’émetteur  de sa monnaie et fixe librement le montant de son budget, alors qu’un ménage n’est pas maître de son montant, il n’est qu’un utilisateur du montant qui lui a été attribué. 
Pierre Ruscassie</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,<br />
Je viens de commencer à lire « Le mythe du déficit », le livre de Stéphanie Kelton sur la «théorie monétaire moderne». C’est génial.<br />
C’est ce que Jean-Jacques Chavigné m’a expliqué depuis longtemps : le budget d’un État souverain ne se gère pas comme le budget d’un ménage, car  l’Etat est l’émetteur  de sa monnaie et fixe librement le montant de son budget, alors qu’un ménage n’est pas maître de son montant, il n’est qu’un utilisateur du montant qui lui a été attribué.<br />
Pierre Ruscassie</p>
]]></content:encoded>
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	<item>
		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2021/03/22/lunef-vit-lunef-vivra/comment-page-1/#comment-377814</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Apr 2021 16:50:32 +0000</pubDate>
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		<description>Individualité et subjectivité

 

Dans un article intitulé « Ni productivisme ni anti-productivisme »,  publié en page 15 du n°277 (septembre 2020) de Démocratie &amp; Socialisme, je signalais l’ambiguïté de Marx qui n’avait pas tranché entre deux conceptions : 

• celle selon laquelle le potentiel productif dépend des rapports sociaux tissés dans l’activité de production par la pratique subjective des individus,

• celle selon laquelle, inversement, le potentiel productif objectif est à l’origine des rapports sociaux (esclavage, féodalité, capital) établis dans l’activité de production.

 

Je  complétais en disant : « Cette [dernière] conception est copiée sur le déterminisme mécaniste des sciences de la nature qui n’étudient que les phénomènes objectifs : elle oublie [il s’agit donc de cette seconde conception] que les rapports sociaux sont construits par la pratique subjective des individus ».

Notre camarade Philippe Brard répond à cette argumentation dans un article intitulé « Productivisme, un faux ami du marxisme » publié en pages 14-15 du n°279 (novembre) de Démocratie &amp; Socialisme.  Dans la note n°5 attachée à son article, il veut citer mon argument. Mais, au lieu d’écrire « elle [cette seconde conception] oublie que les rapports sociaux sont construits par… », Philippe m’attribue l’affirmation  « Marx  oublie que… ».  Il y a donc un malentendu :

 

Marx ne semble pas avoir choisi entre les deux conceptions rappelées ci-dessus.

Cependant, il ne peut pas oublier la critique qu’il porte au « matérialisme de la matière » qu’il appelle « matérialisme vulgaire » et qui est un déterminisme mécaniste. Il lui oppose le matérialisme de la pratique qui, prenant en compte la pratique subjective des individus, est conforme à la première de ces deux conceptions.

Cet individualisme subjectiviste se distingue de l’individualisme méthodologique qui est la philosophie du néolibéralisme, qui partage avec le holisme (le collectivisme) la même ignorance des facteurs subjectifs, qui traite les individus comme des numéros et qui ne peut pas s’inscrire dans cette première conception.

 

Les individus concrets sont, par définition, les éléments indivisibles qui constituent une société. Ils font l’histoire et se constituent, mais en étant soumis à des conditions dont ils ont hérité.

 

Pierre Ruscassie</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Individualité et subjectivité</p>
<p>Dans un article intitulé « Ni productivisme ni anti-productivisme »,  publié en page 15 du n°277 (septembre 2020) de Démocratie &amp; Socialisme, je signalais l’ambiguïté de Marx qui n’avait pas tranché entre deux conceptions : </p>
<p>• celle selon laquelle le potentiel productif dépend des rapports sociaux tissés dans l’activité de production par la pratique subjective des individus,</p>
<p>• celle selon laquelle, inversement, le potentiel productif objectif est à l’origine des rapports sociaux (esclavage, féodalité, capital) établis dans l’activité de production.</p>
<p>Je  complétais en disant : « Cette [dernière] conception est copiée sur le déterminisme mécaniste des sciences de la nature qui n’étudient que les phénomènes objectifs : elle oublie [il s’agit donc de cette seconde conception] que les rapports sociaux sont construits par la pratique subjective des individus ».</p>
<p>Notre camarade Philippe Brard répond à cette argumentation dans un article intitulé « Productivisme, un faux ami du marxisme » publié en pages 14-15 du n°279 (novembre) de Démocratie &amp; Socialisme.  Dans la note n°5 attachée à son article, il veut citer mon argument. Mais, au lieu d’écrire « elle [cette seconde conception] oublie que les rapports sociaux sont construits par… », Philippe m’attribue l’affirmation  « Marx  oublie que… ».  Il y a donc un malentendu :</p>
<p>Marx ne semble pas avoir choisi entre les deux conceptions rappelées ci-dessus.</p>
<p>Cependant, il ne peut pas oublier la critique qu’il porte au « matérialisme de la matière » qu’il appelle « matérialisme vulgaire » et qui est un déterminisme mécaniste. Il lui oppose le matérialisme de la pratique qui, prenant en compte la pratique subjective des individus, est conforme à la première de ces deux conceptions.</p>
<p>Cet individualisme subjectiviste se distingue de l’individualisme méthodologique qui est la philosophie du néolibéralisme, qui partage avec le holisme (le collectivisme) la même ignorance des facteurs subjectifs, qui traite les individus comme des numéros et qui ne peut pas s’inscrire dans cette première conception.</p>
<p>Les individus concrets sont, par définition, les éléments indivisibles qui constituent une société. Ils font l’histoire et se constituent, mais en étant soumis à des conditions dont ils ont hérité.</p>
<p>Pierre Ruscassie</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Par : Gérard Filoche</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2021/03/22/lunef-vit-lunef-vivra/comment-page-1/#comment-377812</link>
		<dc:creator>Gérard Filoche</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Apr 2021 09:02:18 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=6072#comment-377812</guid>
		<description>Bonjour

Suite à l’article du JDD de ce jour, je viens d’envoyer ce SMS à Alexis BRAUD un des assistants de Yannick Jadot :

« Bjr, je réitère notre demande d’échange avec Yannick. Comme tu le sais sans doute, nous menons campagne pour un candidat commun et un programme de législature depuis plusieurs mois. Nous venons de participer au lancement de l’appel « unité et alternative 2022 » (www.unalt.fr) avec notamment des syndicalistes. GDS est peut-être une « petite »organisation ( mais qui est « grand aujourd’hui » ? Pas GRS de Maurel, pas Generation.s...). Notre influence dans les milieux syndicaux et auprès de différents militants de gauche est loin d’être négligeable. Toutes les compétences ( pour nous notamment dans le social, que nous mettons depuis longtemps au cœur de notre activité) seront utiles si l’on veut vraiment un rassemblement de la gauche et des écologistes. »

Amicalement 

Eric Thouzeau</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour</p>
<p>Suite à l’article du JDD de ce jour, je viens d’envoyer ce SMS à Alexis BRAUD un des assistants de Yannick Jadot :</p>
<p>« Bjr, je réitère notre demande d’échange avec Yannick. Comme tu le sais sans doute, nous menons campagne pour un candidat commun et un programme de législature depuis plusieurs mois. Nous venons de participer au lancement de l’appel « unité et alternative 2022 » (www.unalt.fr) avec notamment des syndicalistes. GDS est peut-être une « petite »organisation ( mais qui est « grand aujourd’hui » ? Pas GRS de Maurel, pas Generation.s&#8230;). Notre influence dans les milieux syndicaux et auprès de différents militants de gauche est loin d’être négligeable. Toutes les compétences ( pour nous notamment dans le social, que nous mettons depuis longtemps au cœur de notre activité) seront utiles si l’on veut vraiment un rassemblement de la gauche et des écologistes. »</p>
<p>Amicalement </p>
<p>Eric Thouzeau</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : JEGOU ALAIN</title>
		<link>http://www.gerard-filoche.fr/2021/03/22/lunef-vit-lunef-vivra/comment-page-1/#comment-377798</link>
		<dc:creator>JEGOU ALAIN</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2021 20:39:10 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.gerard-filoche.fr/?p=6072#comment-377798</guid>
		<description>Je soutiens cette tribune

ALAIN JEGOU
Président de L&#039;AGEUR UNEF 1978 / 1980</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je soutiens cette tribune</p>
<p>ALAIN JEGOU<br />
Président de L&#8217;AGEUR UNEF 1978 / 1980</p>
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