Qu’est-ce que Glucksman veut dire ?

 

On serait tentés de dire : « le père » André Glucksman celui qui passa en 2007 du maoisme à Sarkozy quand ce dernier proclamait « il faut liquider mai 68 une bonne fois pour toutes ».

Mais laissons une chance au fils Raphaël, malgré le fait qu’il soutint un dictateur en Géorgie : puisque l’appartenance à la gauche est déclarative. Encore faut-il comme en amour, des preuves de gauche.

Après un passage du côté de la droite à Alternative libérale en 2007 avec une position atlantiste, il s’est orienté vers une gauche de tendance libérale europhile, puis il a lançé en 2018 le mouvement politique « Place publique ».

Raphaël Glucksman a accepté en 2019  la proposition d’Olivier Faure d’être tête de liste « PS-PP-ND » (Place Publique – Parti socialiste – Nouvelle Donne) aux élections européennes. Curieusement alors l’aile droite du PS (NMR, Hollande…) s’était en interne opposée à lui et ce fut encore le cas en 2024 : l’aile droite voulait un candidat PS pur jus, et se méfiait du geste d’alliance que Faure recherchait en le nommant.

Sauf que Glucksman, une fois investi une deuxième fois, se déclara vite comme un chef de guerre anti-Poutine, anti-Xi ling Ping, préférant les obus à la Sécu, l’économie de guerre à l’économie sociale.

Et ça ce n’est pas une preuve de gauche du tout.

Les relations se tendirent avec Olivier Faure quand il refusa le « Nouveau Front populaire » quelques jours à peine après avoir obtenu, au nom du PS, 14% des voix aux européennes de 2024. Puis Glucksman se tint à l’écart de la dynamique unitaire qui obtint 9 millions de voix le 30 juin 2024 (deux millions de voix de plus quand même que le record de vote utile atteint par Mélenchon le 10 avril 2022).

 

Dès lors où est Glucksman ?

 

D’où parle-t-il en se profilant comme candidat virtuel à la présidentielle de 2027 ? Eric Piolle, maire de Grenoble, porte-parole d’EELV le qualifie vite d’élément extérieur à la gauche, d’imposteur.

Et Glucksman déclare qu’il faut « clarifier avec le PS ». Il purge son petit parti Place Publique et le dirige d’une main de fer. Il se qualifie de « réformateur » comme le fit un certain Jean-Jacques Servan-Schreiber dans les années 1970. Il publie un document programmatique qui a davantage à voir avec le programme de Macron qu’avec celui du NFP. On ne peut pas dire que ce sont les références, revendications du salariat qui l’occupent. L’aile droitière du PS est dépassée sur sa droite.

Peut-on continuer à parler d’une candidature allant de « Glucksman à Ruffin » ? Le 2 juillet 2025 au rendez-vous de Lucie Castets Olivier Faure se garda de redire cela ne serait-ce que parce que Ruffin était là, mais pas Glucksman.

La majorité de la gauche NFP envisage les modalités du choix d’une candidature commune, éventuellement par une primaire, et sur un programme désormais sans Glucksman.

Eric Piolle a raison.

 

Gérard Filoche 13 juillet 2025

 

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