Vélo cargo

Au boulot n°513

Il faut voir l’homme, plutôt chétif, tenir à la main son instrument de torture. D’ailleurs il préfère marcher de côté que de pédaler. On est au Forum des Halles. Il s’agit d’un « vélo cargo », nouvelle appellation pour un simple vélo affublé d’une immense remorque. Le caisson est à presque deux mètres de hauteur, presqu’autant en longueur, à peine moins en largeur. Peint en bleu il pèse 250 kg. L’homme doit se dresser sur les pédales pour franchir les premiers mètres, et souffrir la misère pour traîner le « cargo », je ne vous raconte pas l’effort. Le pauvre est venu d’Afrique, ça se voit, pour faire ça. Le deux roues n’est pas électrique, ça ne marche qu’à l’huile de genoux.

La « pub » vante une « bicyclette magique » avec « zéro frais d’essence, 100 % français, ne pas se pencher dans les virages, éviter les surfaces inégales, passer les dos d’âne bien droit, éviter les bordures » pour un«  usage logistique, marchandises lourdes et volumineuses, alternatif, écologique et non polluant ».

Tout le charme de la plateforme numérique : livraison géo-localisée, suivi réel, livraison express, 7jours sur 7, de 8 h 30 à 23 h (sauf couvre-feu) tarification instantanée, départ magasin, retour express : vous êtes prestataire indépendant et répondez « librement » aux commandes, au « choix » pour plusieurs donneurs d’ordre à la fois comme Uber Eats, Foodora, Stuart, Deliveroo, Frichti.

Ayez le statut de l’auto-entreprise individuelle. Achetez vous-mêmes « le vélo cargo, le smartphone et sa batterie externe isotherme, le casque, les éclairages, les gants, la veste coupe-vent ». L’hiver est bientôt là.

En tant que coursier à Paris, vous avez la chance d’être non seulement payé (en dessous du smic et sans cotisations sociales) mais aussi le plaisir de « pratiquer votre passion, le vélo, et en plus, vous profitez du grand air et du magnifique paysage toute la journée ».

Elle est pas belle la France start up de Macron ?

Gérard Filoche

 


a lire chaque semaine dans l’humanité dimanche

chronique au boulot 10° année N° 513

 

 

La « relance » Macron Castex Lemaire

 

Macron qui avait hésité à confiner en mars, puis pris à la gorge, opté pour un confinement total, n’a, depuis, mis en œuvre aucun plan d’urgence pour l’hôpital, et ne veut plus, à tout prix,  qu’éviter un autre confinement.

« Lejour d’après ne sera pas un retour au jour d‘avant » :  le « quoi qu’il en coûte » de Macron, le 10 mars s’appliquait à « sauver la santé », le coûte que coûte aujourd’hui s’applique à « sauver l’économie » capitaliste.

Bruno Lemaire avoue dorénavant que le gouvernement met « au même niveau l’urgence économique et l’urgence sanitaire » Ca suit le discours d’investiture de Jean Castex qui avait affirmé carrément qu’il donnerait « la priorité à la police ».

Pendant la crise, Emmanuel Macron clamait son intention de réhabiliter l’État providence et « le marché ne peut pas tout ». Ler jour d’apès, il profite du Covid pour aller encore plus loin dans sa politique que le jour d’avant!

 

Argent magique masqué

 

La grande presse rend illisible les annonces multiples et à tiroirs du plan de « relance » de Macron-Castex-Lemaire. De l’argent magique hier, introuvable, surgit à la pelle. Mais on ne nous explique pas d’où il vient, où il va, ni comment il est vraiment utilisé, ni s’il sera remboursé, quand, comment et à qui.

Tantôt on nous parle d’un total de 500 milliards, soit de l’équivalent d’un budget bis.

Tantôt de 100 milliards entièrement dédiés aux investissements des chefs d’entreprise et à l’emploi, étalés tantôt sur la fin de l’année 2020, tantôt en 2021 et même jusqu’en 2025.

 

Selon Macron : « Pour surmonter le confinement, il a fallu indemniser les salariés qui ne pouvaient plus travailler, accompagner les entreprises qui ont dû fermer, soutenir les secteurs qui, comme l’aéronautique, l’automobile, le tourisme, l’hôtellerie- restauration, ou la culture ont le plus souffert. De l’avis de tous les observateurs, la réponse française – 470 milliards d’euros mobilisés, l’une des plus puissantes des pays développés – a été exemplaire.»

La vérité est qu’une bonne partie du plan de soutien (les fameux 470 milliards d’euros évoqués par Macron) est en réalité constituée de prêts aux entreprises garantis par l’Etat (PGE), pour un montant théorique maximal de 300 milliards. Le reste est constitué de mesures dites « budgétaires » (c’est-à-dire d’argent réellement injecté dans l’économie par l’Etat) : chômage partiel, fonds de solidarité, etc.

L’OFCE estime l’impact du plan de relance sur l’économie française, de façon mitigée. « Le plan de relance améliorerait le PIB à hauteur de 1,1 % pour 2021 et la croissance serait de 7 %. Le calibrage budgétaire des mesures de réponse à la crise sur deux ans couvre environ 30 % des pertes cumulées d’activité sur 2020-21, soit une part similaire au plan de relance de 2009-2010. »              En résumé, l’ampleur du plan serait à peu près équivalente à celui de 2009, de l’après-crise des subprimes, mais dans un contexte économique bien plus dégradé.

Le budget officiel de 2021 prévoit une décroissance du PIB (1) de – 10 % en 2020 et de  + 8 % en 2021, pour un déficit de 10,2 % puis de 6,7%.

Le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances 2021, prévoit un soutien à l’activité en 2021 à hauteur de 1,5 % du PIB, puis de 1 % en 2022.

L’OFCE a des estimations inférieures, respectivement 1,1 % du PIB en 2021 puis 0,9 % en 2022. Ainsi, tandis que le gouvernement prévoit que 37 milliards d’euros de ressources du plan seront engagés en 2021, l’OFCE s’attend à 32 milliards d’euros mobilisés.

Il y a pour le moins des improvisations, des délais et des zones d’ombre dans la distribution de la manne financière.

 

Relancer pire qu’avant

 

Les médias obscurcissent les annonces fluctuantes de la répartition de ces centaines de milliards : on nous dit grossièrement, un tiers pour une transition verte, un tiers pour les entreprises, un tiers pour l’innovation. Tantôt on nous dit 6 milliards pour Renault  tantôt 7 milliards pour l’aéronautique,  en fait c’est un plan de relance pro CAC 40 : adieu la récompense salariale  du travail indispensable des « métiers essentiels »: caissières, éboueurs, manutentionnaires, professeurs, chauffeurs livreurs… Ces femmes et ces hommes« que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal ».

 

Un tiers pour une « relance verte », c’est de l’argent pour les capitalistes censés être « verts »

Un tiers pour les entreprises, c’est de l’argent à discrétion pour les chefs d’entreprises pas pour les salariés

Un tiers d’innovation, c’est bien vague puisqu’il s’agit surtout d’un hypothétique avion à hydrogène et du parc de voitures individuelles électriques.

C’est, comme dirait Hollande « une politique de l’offre » clairement assumée par le gouvernement : des tonnes d’argent distribuées à ceux d’en haut, en faisant croire aux naïfs que ça ruissellera vers ceux d’en bas.

 

« Il y a un principe absolu : nous n’augmenterons aucun impôt », martèle Bruno Le Maire. Comprendre : « On ne touchera pas aux riches » Pas de rétablissement de l’ISF, pas d’impôt exceptionnel, pas de prélèvement sur les dividendes, maintien de la suppression de la taxe d’habitation…

Relance du transfert d’argent vers les riches

Au contraire, en plus du CICE pérennisé sous forme de baisse permanente de cotisations sociales, s’ajoutera désormais une baisse de 20 milliards de l’impôt de production, 10 milliards en deux ans.  Effet inégalitaire  : 281 plus grandes entreprises du pays (au moins 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires) vont se partager à elles seules 2,5 milliards d’euros soit, en moyenne, un chèque de 9 millions d’euros par entreprise. À l’autre bout du spectre, 323 291 TPE vont percevoir 304 millions d’euros, soit un chèque de 940 euros. Les PME vont quant à elles toucher 2,9 milliards d’euros, soit 13 300 euros par tête de pipe en moyenne. Enfin les ETI (entreprises de taille intermédiaire) vont toucher quelque 4 milliards d’euros, soit 456 300 par entreprise environ.  Selon la CGPME elle même : « Les impôts de production ne concernent que les grosses boîtes. Encore une fois, les PME sont totalement exclues du dispositif, alors qu’elles se retrouvent en grosses difficultés. »

En même temps, qu’il se refuse à baisser la TVA, Bruno Lemaire se félicite de ces baisses d’impôt qui profitent aux plus grandes entreprises et à leurs actionnaires. Ce qui fait reculer d’autant les moyens de l’état orientés vers les plus précaires, les plus pauvres et les privés d’emploi. L’impôt cesse d’être un moyen de repartir les richesses, il est un moyen d’abonder les dividendes.

 

La crise aurait coûté 165 milliards à l’économie, dont 50 pèseraient sur les entreprises. Celles ci ont pourtant été beaucoup aidées des mars 2020 avec le paiement du chômage partiel. Le plan de relance va encore aider davantage les mêmes sociétés. Les premiers assistés de ce pays ce sont les patrons.

Il n’y aucun contrôle, aucune contrepartie exigée à ces aides : ils encaissent et licencient, ils n’embauchent pas prétextant que « la demande n’est pas là ». Et il y a du vrai puisque les salaires sont bloqués, 12, 5 millions de salariés ont été en chômage partiel avec seulement 84 % de leur salaire, le revenu des ménages a baissé et ils ont beaucoup moins consommé.

D’où le cycle infernal qui engage une baisse de salaires, qui engage une baisse d’activité, qui engage une hausse du chômage, qui diminue les rentrées fiscales, qui provoque l’austérité.

Chômage de masse aggravé

Pour 470 milliards et 100 milliards de plus, ils annoncent…  800 000 chômeurs de plus. Le Covid a bon dos,  484 plans sociaux sont en cours qui ne sont pas causés par le Covid, mais sont des choix antérieurs des actionnaires précipités par l’effet d’aubaine : Cargill, Auchan, Bridgestone,

Macron a modifié le système de comptabilisation des chômeurs, selon les critères du BIT à la place de ceux du Pôle Emploi et de l’INSEE. Mais dans la réalité il demeure autour de 6,5 millions de personnes dans le « halo du chômage» comme ils disent.

Il se refuse à dire  ce qu’il fera de la casse de l’assurance chômage légiférée depuis septembre 2019. Vont-ils vraiment enlever les 3 ou 4 milliards qu’ils prévoyaient d’enlever sur les indemnisations des salariés licencies ?

Le gouvernement annonce 160 000 créations d’emplois comme résultat du plan de relance de 100 milliards d’euros, soit seulement 20 % des pertes prévues. 160 000 uniquement avec ce plan de relance, c’est peu compte tenu des 40 milliards d’euros annoncés sur ce volet. Ça fait cher l’emploi !

Les aides à l’embauche aux 16-25 ansde 4 000 euros coûtent cher pour pas grand-chose (plus d’1 milliard en 2021 pour 450 000 contrats signés). Ca ne règle pas le problème majeur de la pauvreté dans la jeunesse ni des aides aux études. Une allocation d’autonomie inconditionnelle de la jeunesse entre 18 et 25 ans réglerait le problème.

Par contre soulignons le au passage : « l’argent magique » arrive en rafale pour le budget de l’armée qui encaisse 1,7 milliards de plus en 2021, qui sera le premier recruteur de France et disposera de 18 milliards de plus qu’en 2017 !

 

Cinq des points qu’ils refusent de faire :

1°) Ils se refusent à rétablir l’ISF alors qu’un rapport prouve que sa suppression n’a servi qu’a enrichir les riches et qu’on apprend qu’àl’exception des Chinois, ce sont les milliardaires français qui se sont le plus enrichis dans le monde ces dix dernières années. Le nombre de redevables de l’ISF est passé de 287 000 à 358 000 ménages. Les riches n’ont pas pu revenir… puisqu’ils n’étaient pas partis. L’ISF rapportait 5 milliards par an et Thomas Piketty estime que son rétablissement aujourd’hui rapporterait plus de 10 milliards !

2°) Annuler « la dette » (présumée) : d’ailleurs ça branle dans le manche à ce sujet : des économistes libéraux en vogue conviennent qu’il faut en faire une dette à 100 ans ! D’autres, comme Thierry Breton conviennent qu’elle sera payée de façon très différée : entre 2038 et 2058. D’autres comme François Bayrou veulent distinguer la « dette du Covid » des autres dettes, tiens pourquoi donc ? La vérité est qu’annuler la dette ne changerait rien à l’économie et  la rembourser n’apporterait rien de crédible auprès des banques  (celle-ci viennent d’être accusées – rapport FinCENFiles - d’avoir fraudé 2000 milliards de dollars presque autant que la dette française !)

3°) Distribuer des « aides » pour faire redémarrer toute l’économie : le Covid n’est pas une guerre, l’appareil de production est intact, seul le carburant de l’argent manque, il faut faire marcher la planche à billets, il n’y a pas d’inflation et s’il y en avait ce serait plutôt bénéfique pour la reprise. Investir massivement dans l’emploi public, les services publics, l’hôpital public, la recherche publique.

4°) mobiliser l’épargne, 55 milliards d’euros qui ont été mis provisoirement en sommeil pendant huit semaines de confinement,  taxer les multinationales, les GAFAM, l’économie numérique immédiatement à un taux de 30 %, rendre aides publiques et paradis fiscaux inconciliables, traque de la fraude fiscale, contrôle du fléchage des investissements et des aides.

5°) hausser les salaires de 300 euros pour tous pour relancer la « demande et la consommation. Contrôler les licenciements par une autorisation obligatoire préalable  afin de « tenir » les patrons. Stopper les abus de précarité pas plus de 5 % de non CDI par entreprise. Réduire la durée du travail, à 32 h puis 28 h la semaine, et 60 ans sur la vie seul moyen efficace contre la chômage de masse. Réguler fortement la sous-traitance et tous ses abus.  Interdire l’ubérisation.

GDS a publié un document en avril dernier, « Pandémie et jour d’après », (D&S spécial n° 274) c’est ce plan de relance là qui est plus que jamais à l’ordre du jour !

 

(1) Un point de PIB est égal à 1% du PIB, soit, dans le cas de la France, à environ 24 milliards d’euros. 15 points représentent approximativement 360 milliards d’euros).

11865 signes

 

 

 

 

 

revue D&S organise le mercredi 14 octobre à 18 h 3O débat face book livre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous-traitance inhumaine

Au boulot n° 510

lire dans l’humanite dimanche

 

La cour d’appel de Versailles a condamné La Poste pour recours systématique dans un centre de tri à des sous-traitants, mal payés et moins bien traités que les facteurs classiques.

Le procureur a demandé la condamnation maximale de La Poste, en raison d’« un dévoiement pur et simple de la sous-traitance », dénonçant le « naufrage total d’une société » qui entretient « sciemment la précarisation de ses sous-traitants », recrutés dans « la population la plus fragile ».

En ces temps avec masques, chômage partiel et télétravail combinés, le droit du travail est central et la question de la sous-traitance aussi.

Car on est face à la pire crise antisociale depuis 75 ans : 484 plans sociaux, 9, 3 millions de pauvres, 23 % ont faim, 800 000 chômeurs de plus, tout ça pour que les 1000 entreprises les plus grosses (qui font 50 % du PIB) se fassent le maximum de marges.

Sous Macron, le grand patronat accélère la désorganisation des droits : sous-traitance en cascade, auto entrepreneurs bidons, contrats atypiques de toutes sortes, CDD, intérim, temps partiels, contrats de mission, faux « indépendants », intermittents, prêt illicite de main d’œuvre, ubérisés, portage salarial, travail illégal, travail « détaché », traite d’être humains.

Encouragée par Macron, Veolia (11 000 sous-traitants) rachète Suez  qu’ils vont dépecer  en des dizaines d’entités tout en supprimant 4 à 5000 emplois. Ca se reproduit à une échelle de masse.  De régression en régression :du 14 au 20 septembre 200 enquêtes, 861 contrôles pour travail illégal, dans les Bouches-du-Rhône, la Marne, la Haute-Garonne ou en outre-mer, révèlent « des secteurs d’activités ayant recours à une main-d’œuvre fragile»du «travail illégal» et «exploitation grave par le travail pouvant relever de la qualification pénale de traite des êtres humains.

Une grande loi sur la sous-traitance pourrait modifier tout cela. Mais « Macron ne veut pas » et l’urgence c’est donc de réaliser l’unité de la gauche pour le chasser.

 

Gérard Filoche

 

 

 

Refus d’homologation des licenciements à Bridgestone

Au boulot chronique n° 509 (10° année)

à lire chaque semaine dans l’Humanité-dimanche


Refus d’homologation à Bridgestone

Encore une fois se démasque le double langage de la droite et du gouvernement. Traduit dans les grands médias, au journal télévisé de France 2,  ça donne la petite phrase d’Alexandra Bensaïd, à propos de Bridgestone à Béthune :

« Il n’y a pas de moyen juridique d’empêcher les licenciements ».

Mensonge !  Il y a encore un moyen juridique d’empêcher un plan social, c’est de refuser son « homologation »

« Toute entreprise d’au moins 50 salariés qui procède au licenciement pour motif économique d’au moins 10 salariés sur 30 jours doit informer la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi ) :

La Direccte doit homologuer le plan afin que ce dernier puisse être mise en œuvre : cette décision de validation ou d’homologation est particulièrement importante dans la mesure où elle conditionne la possibilité pour l’employeur de notifier les licenciements économiques aux salariés. À défaut, les licenciements qui seraient toutefois prononcés seraient nuls. »

C’est trop facile pour Macron, Lemaire, Borne et leurs zélotes médiatiques de prétendre qu’il ne « peuvent pas empêcher Bridgestone » de chasser 863 salariés alors que ca dépend tout à fait de leur volonté politique et qu’ils en ont les moyens juridiques. L’état le peut !

Déjà Macron avait évoqué le « refus d’’homologation » le 26 avril 2017 devant Whirlpool… sans rien faire après.

Et on sait ce qui se passe quand l’état ne prend pas sa responsabilité, c’est comme à Continental ou à Goodyear, les juges donnent raison aux salariés et à leurs syndicats, mais 6 ou 7 ans, après et c’est trop tard !

Tandis qu’avec une décision préalable de l’administration, les licenciements sont nuls et le patron doit continuer de payer les salariés, et là, on le tient à la gorge !   Car oui, il faut tenir à la gorge les patrons et ne pas les laissez faire aveuglément !

Gérard Filoche

 

 

Ce qu’est la Gauche démocratique et sociale :

La Gauche démocratique et sociale (GDS) est un réseau de militants politiques dotés d’un certain nombre de convictions chevillées au corps :

  • être de gauche, c’est défendre le camp du salariat, des jeunes, des retraités ; de ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre, qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent, c’est développer et orienter les mobilisations sociales de masse contre le système capitaliste
  • avoir le social au cœur : la hausse massive des salaires, la réduction de la durée du travail sur la semaine et sur la vie, la reconstruction du droit du travail d’ordre public social, le rejet de la précarité et des inégalités, emploi et salaire à vie, réforme fiscale, redistribution des richesses
  • organiser une transition écologique, pour l’environnement et la défense du climat, de la terre, de l’eau et de l’air, la priorité aux énergies durables, la défense de la bio diversité, le développement l’élargissement, le renforcement des services publics, de l’école, de la santé, du logement, des transports, des communications…
  • bâtir une société égalitaire et féministe, égalité des droits et du bien être partagé quelles que soient les orientations sexuelles, les origines ethniques, les handicaps.
  • avoir comme oxygène la démocratie, dans les partis, les syndicats, les associations, les institutions, une société émancipée à tous niveaux, gérée collectivement consciemment, de bas en haut, pour une VI° République sociale, parlementaire, démocratique laïque, féministe, écologiste, internationaliste, pacifiste.
  • Le socialisme ne peut pas se bâtir dans un seul pays, la révolution socialiste sera internationalisée, en Europe et dans le monde,  où ne sera pas. Le socialisme, c’est la redistribution démocratique des richesses produites par les salariés, le socialisme c’est une « économie de solidarité » c’est à dire de partage – par opposition au capitalisme qui est une économie de « compétitivité » c’est à dire de guerre
  • La gauche est notre tradition, notre force, notre classe, notre avenir, le camp des exploités contre celui des exploiteurs, et nous travaillons à l’unir avec et par delà ses partis et syndicats, pour qu’elle acquière la force nécessaire au renversement de l’ordre capitaliste établi et à la création d’une société nouvelle. Sans unité de la gauche pas de victoire.

Les forces de gauche et écologistes, représentant le salariat sont aujourd’hui dispersées, et nous oeuvrons pour qu’elles se  reconstruisent un avenir commun. Nous militons pour une grande maison commune, permettant l’expression des diverses sensibilités ET l’unité d’action. Notre réseau militant, partout où nous sommes présents, agit dans ce sens. Venez renforcer ce combat, soutenez cette revue mensuelle D&S qui incarne cette ligne et qui existe et lutte depuis 28 ans, adhérez !

 

 

GDS a besoin de vous ! Menez avec nous le combat de l’unité de la gauche ! agissez avec nous !

 

 

Rejoindre la Gauche Démocratique et Sociale (GDS), c’est apporter votre pierre, vos idées, vos convictions, votre  énergie à  la reconstruction d’une gauche sociale, écologique, citoyenne, féministe, internationaliste.

 

GDS ne prétend pas incarner à elle seule la gauche dont nous avons besoin. Au contraire, GDS promeut la nécessaire reconnaissance de la diversité des ancrages et  des histoires, et milite pour une grande maison commune, permettant l’expression des diverses sensibilités ET l’unité d’action. Cette maison commune ne verra jamais  le jour si les salariée.e.s, les citoyen.ne.s humanistes et progressistes  qui attendent et espèrent son existence  ne s’engagent pas pour y arriver.

 

C’est le bon moment pour nous rejoindre. Dans cette période, il faut se  faire entendre, contre vents et marées. « Les jours d’après » ne doivent pas se construire sans nous. Nous ne pouvons pas laisser, par exemple, Macron et sa bande continuer à répondre aux exigences du Medef en arrosant les grands entreprises sans aucune réelle contrepartie sociale (maintien des emplois) et environnementale. Un nouveau rapport vient de confirmer que les milliards versés pour le CICE (institué par Hollande) n’ont pas bénéficié à l’emploi.

 

Le social au cœur

 

Soutenir l’action des militant.es du réseau de la Gauche démocratique et sociale, c’est donner du poids à toutes les questions sociales, c’est mettre « Le social au cœur » du rassemblement de la gauche.

 

Alors que tous les rouleaux compresseurs de la pensée unique sont lancés comme des chiens dans une chasse à courre,  il est plus que jamais urgent de réaffirmer l’indispensable réduction de la durée du travail sur la semaine comme sur la vie, la nécessaire hausse des salaires, la reconstruction du droit du travail…

 

Fin du monde, fin de mois : un même combat

 

Nous rejoindre c’est défendre l’indissociabilité des questions écologiques et des questions sociales. Il s’agit bien de planifier une transition écologique dans la justice sociale. Et vendredi nous serons dans la rue à l’occasion des marches pour le climat.

 

Argumenter, montrer que la raison n’est pas du côté de ceux qui n’ont en tête que la défense de leurs privilèges, demande du temps, de l’énergie, des moyens. Nous essayons de le faire à travers notre revue mensuelle, Démocratie & Socialisme, et chaque semaine par une lettre électronique (l’info lettre de GDS) envoyée à 20 000 exemplaires. Vous pouvez y participer, y apporter vos réflexions, nous aider à les diffuser.

 

Agir pour le rassemblement à gauche

 

Soutenir l’action de GDS, c’est agir pour faire avancer l’unité de la gauche et des écologistes. La gauche doit se reconstruire avec toutes ses forces. Elle ne doit pas se laisser enfermer dans une guerre de leadership mortifère. Les  institutions de la 5ème république nous maintiennent dans un système de monarchie présidentielle patriarcale à bout de souffle. La gauche et les écologistes doivent pouvoir s’en émanciper, trouver le chemin de l’unité.

 

Nous rejoindre c’est aider à poser inlassablement ce principe et cette exigence du rassemblement : poser le « comment » et le « pour quoi » avant le « derrière qui ». Notre réseau, qui regroupe des militant.es appartenant à différentes organisations de gauche ou sans autre appartenance, agit dans ce sens.

 

Que vous soyez militant associatif ou syndical, que vous soyez membre ou non d’une formation politique de la gauche, que vous soyez tout simplement un.e citoyen.ne qui veut que ça change, prenez contact, nous vous accueillerons avec fraternité !

 

Pour soutenir ou rejoindre la Gauche démocratique et sociale (GDS), cliquez ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelle destruction du code du travail en vue

« Au boulot » n° 508    chronique hebdo 10° année dans   l’Humanité dimanche

 

Ils n’en ont jamais fini. Ils ne s’arrêtent jamais.

Puisque nous ne les avons pas vaincu lors des précédentes destructions du Code du travail (« recodification » 2004-2008, ANI et loi Sapin 2013, CHSCT et loi Rebsamen 2014, loi Macron 2015, loi El Khomri 2026, ordonnances Pénicaud 2017) ils se proposent de remettre le couvert.

Devant le Medef, le 26 août, Jean Castex a promis : « Des mesures de simplification ont été adoptées pendant la crise sanitaire par ordonnances (…)  ces dispositions seront prolongées, amplifiées et, si possible, pérennisées, qu’il s’agisse du droit du travail et de la formation professionnelle.

Jusqu’au 31 décembre 2020, les ordonnances dites « sanitaires »  de mars 2020 permettent qu’une simple convention d’entreprise décide du nombre de renouvellements des contrats précaires, des CDD,  des « contrats de mission ».

Les délais de carence entre deux CDD et deux intérims seraient supprimés

Les contrats de chantier, à la tâche, seront une option pour chaque entreprise.

Les « referendums » d’entreprise seront encouragés : un syndicat faisant seulement 10 % des voix des salariés pourra en organiser conjointement avec le patron, notamment pour mettre en place des accords de performance collective, baissant les salaires et augmentant la durée du travail, rompant le contrat de travail des salariés qui refusent

Certes nous avons réussi à les faire reculer sur l’infâme sanction qu’ils avaient prise le 15 avril dernier contre l’inspecteur du travail Anthony Smith. Cela a même provoqué le 10 septembre la démission du Directeur Général du Travail. Mais il se proposent d’en nommer un autre, pire encore. Pour faire pire encore.

Il faut proclamer qu’à la fin, c’est nous, les 30 millions de salariés, qui gagnerons contre ces exploiteurs. Et si une plateforme de la gauche unie réussit à être écrite, elle devra comporter la reconstruction de tout le droit du travail d’ordre public social.

Gérard Filoche

 

Désavoué sur la sanction sandaleuse contre Anthony Smith, Struillou, le directeur général du travail démissionne

extrait de Le monde

La ministre du travail a critiqué la gestion de « l’affaire Anthony Smith », du nom d’un inspecteur du travail, membre de la CGT, sanctionné pour ses décisions prises durant l’épidémie de coronavirus en avril.

Par Bertrand Bissuel Publié aujourd’hui à 09h59, mis à jour à 10h05

 

Les services de la ministre du travail, Elisabeth Borne, traversent une zone de très fortes turbulences. Vendredi 11 septembre, l’un des piliers de cette administration a présenté sa démission : il s’agit d’Yves Struillou, le chef de la Direction générale du travail (DGT). L’intéressé a pris cette décision très peu de temps après avoir subi un désaveu de la part de Mme Borne. A l’origine de la rupture, il y a « l’affaire Anthony Smith » – un inspecteur du travail, membre de la CGT, récemment sanctionné par sa hiérarchie, qui bénéficie du soutien d’une large partie de ses collègues et d’une campagne de mobilisation orchestrée par plusieurs syndicats, des élus de gauche ainsi que des personnalités d’horizons divers. Le dossier est suivi de très près, à l’Elysée comme à Matignon.

Article réservé à nos abonnés

Lire aussi Crise due au coronavirus : des mobilisations en soutien à l’inspecteur du travail suspendu

Selon nos informations, M. Struillou a choisi de démissionner à la suite d’un épisode, pénible pour lui, qui s’est produit jeudi après-midi. Le patron de la DGT participait à une réunion avec Mme Borne et des responsables de directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi. D’après une des personnes présentes, la ministre a émis, lors de la rencontre, des observations critiques, notamment sur le rapport disciplinaire ayant conduit à la sanction prononcée contre M. Smith. « Elle trouvait que ce n’était ni fait ni à faire », résume une autre source. Le document en question, d’une trentaine de pages, est signé par le directeur des ressources humaines du ministère, Pascal Bernard, mais M. Struillou a joué un rôle déterminant dans sa rédaction.

Dans l’entourage de Mme Borne, on reconnaît l’existence de « divergences » sur le rapport disciplinaire et « la manière dont le dossier a été conduit ». Le différend avait pris une « ampleur assez importante » qui alimentait un mauvais climat dans les services, ajoute-t-on.

Lire aussi Coronavirus : au ministère du travail, la CGT menacée de poursuites pénales

Les remontrances de Mme Borne résultent d’un conflit social qui a éclaté il y a près de cinq mois, à une époque où elle ne s’était pas encore installée rue de Grenelle – puisque sa prédécecesseure, Muriel Pénicaud, occupait encore les lieux. Le 15 avril, M. Smith avait été suspendu de ses fonctions, pour avoir – aux yeux de sa hiérarchie – « méconnu, de manière délibérée, grave et répétée, les instructions »données à l’ensemble des agents, durant l’épidémie de Covid-19. L’un des griefs portait sur des interventions que l’inspecteur du travail aurait conduites sans le « moindre discernement » à l’égard d’une grosse association d’aide à la personne : celle-ci avait, par exemple, été sommée par M. Smith de fournir à ses salariés des masques de type FFP2 ou FFP3, alors que la doctrine sanitaire nationale réservait de tels accessoires aux soignants.

Mutation d’office

Cinq organisations représentant les fonctionnaires du ministère (CGT, CNT, FO, FSU, Sud) s’étaient dressées contre cette « action folle de répression » « Anthony Smith n’a fait que son devoir », avaient-elles plaidé. Le 21 juillet, plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, s’étaient rassemblées à Paris pour apporter leur soutien à M. Smith, au moment même où celui-ci passait en conseil de discipline. Un peu plus de trois semaines plus tard, le verdict tombait : le fonctionnaire, jusqu’alors en poste dans la Marne, faisait l’objet d’une mutation d’office en Seine-et-Marne. Une sentence que l’intéressé et tous ceux qui l’épaulent ont qualifiée d’injuste et très pénalisante puisqu’elle le contraignait à aller travailler à « 200 kilomètres de son domicile ».

Finalement, dans un geste d’apaisement, le ministère du travail a annoncé, mercredi, que la sanction avait été « aménagée » – autrement dit, allégée : M. Smith sera transféré dans la Meuse, un département limitrophe de celui où il réside ; le fonctionnaire s’est dit « content » en apprenant la nouvelle tandis que son syndicat y a vu un premier « recul ». Sous le sceau de l’anonymat, l’un des acteurs de ce feuilleton, partisan de la « punition » initiale, considère que la CGT a gagné son « bras de fer » et qu’il va être ardu de piloter l’inspection du travail. L’entourage de Mme Borne, de son côté, insiste sur le fait que la ministre est restée « en soutien » de la solution trouvée au départ, à savoir une mutation d’office.

Article réservé à nos abonnés

Lire aussi Au ministère du travail, le blues des agents face au « démembrement » de leurs services

Bertrand Bissuel

 

Mes gens

Au boulot n°507

Mes gens

Le contrat ayant pris le pas sur la loi, les patrons sont devenus seuls maitres dans leur entreprise. Par exemple, 51 « accords de performance collective » où l’on travaille plus et ou l’on gagne moins ont ainsi été imposés.

Et si, paradoxalement, à l’occasion du Covid19, le gouvernement reprend la main, c’est d’en haut, il  procède par ordonnances, mesures d’état d’urgence, et par « protocoles ».

Il existe une constante dans ces deux cas : les institutions représentatives du personnel  (IRP) n’ont plus leur mot à dire. C’est l‘étouffement de toute démocratie  dans l’entreprise.

Les anciens DP, CE, CHSCT ont été fusionnés, diminués et alors qu’il y avait 425 000 salariés élus et mandatés, il n’en reste plus que la moitié, autour de 200 000.

Un « rapport intermédiaire d’évaluation des ordonnances » a été publié le 28 juillet 2020 sur l’état du dialogue social : alors que les citoyens ne respectant pas leurs obligations sanitaires font face à une panoplie d’amendes, les patrons ne respectant pas la mise en place d’IRP ne risquent aucune coercition.

Au 3 juin 2020, 39 354 établissements éligibles n’ont pas mis en place un CSE (cf. ACM Médiapart 20 août 2020) la carence totale de candidature représente 46 % des entreprises de moins de 50 salariés, 10 % des entreprises de 50 à 299 salariés, 1,5 % des entreprises de plus de 300 salariés. Et donc 32,8 % des établissements étudiés n’ont plus d’IRP.

Pour les patrons, comme pour Macron, les salariés ne sont que des pions. Pas question que ce soient eux qui négocient leur sécurité, le port des masques et ou les modalités du télétravail à l’abri d’un l’ordre public social.

Patrons et Macron voient la démocratie dans les entreprises comme un système nerveux qui règle tout le fonctionnement du corps.

L’air du temps n’est clairement pas à l’autogestion, il est à la schlague, l’autre jour sur France inter, un patron s’interrogeait « - Faut il que je licencie mes gens ou que je les garde ? ». Ce ne sont même plus des « collaborateurs » ce sont « mes gens ».

Gérard Filoche