Un sursaut et un nouvel espoir sont nés pour les 12 et 19 juin : Nupes

Malgré le désastre du 10 avril,

Un sursaut et un nouvel espoir sont nés

Pour les 12 et 19 juin :

Nupes

 

Pour la gauche éliminée après le désastre du 10 avril, il ne restait plus que le sinistre choix entre Macron et LePen. Il était prévisible que des déchirements en résulteraient. Rien de plus difficile et démoralisant que de se trouver placés devant le choix entre droite et extrême droite, entre le pire et le pire encore : appeler a battre Le Pen, tout en prononçant le moins possible le nom de Macron était une douloureuse gageure.

Ce n’est pas la faute aux millions d’électeurs de gauche, car, dans la phase finale, fin mars, avril, ils ont fait fi des querelles de chapelle, de la primaire populaire avortée, de la division qui faisait rage, des polémiques insensées, et ils ont cherché à repousser cette défaite inéluctable, il y a eu une « remontada », un puissant vote utile en faveur du candidat le mieux placé Jean-Luc Mélenchon. Beaucoup ont fait comme GDS qui, à partir du 23 février, a appelé à voter « le mieux placé », Mélenchon.

Le total des voix de gauche qui stagnait depuis de très longs mois entre 23 et 28 % est monté à 32% dans la toute dernière ligne droite : ce que la division tragique de la gauche avait empêché en cours de campagne, ce que les arguments et programme développés n’avaient pu mobiliser, en fait, l’envie puissante d’exister pour avoir à tout prix une gauche au 2° tour contre Macron, a nourri in extremis des espoirs et Mélenchon a atteint le chiffre record de 22% des voix.

Un record, mais pas suffisant car c’était couru d’avance, on le savait depuis 2017, l’idée que « la force  irait à la force », ça marche forcément, mais pas de façon assez massive pour gagner. Le vote utile ne suscite pas le même élan de masse que la conviction l’adhésion, la conscientisation du vote. 81 % des électeurs de gauche voulaient un candidat unique. Mélenchon a ainsi obtenu 545  274 voix de plus par rapport à 2017. Faute d’avoir imposé l’unité de la gauche avec un candidat commun, un électorat pluraliste, socialiste, communiste, écologiste, trotskiste, jeune, salarié, bien plus large que la seule LFI s’est rué in fine sur son nom.

Avec 21,95 % contre 23,41 % à Le Pen, il a manqué 504 632 voix à Mélenchon pour franchir le 1er tour. Avec les 4,6% de Jadot, les 2,3% de Roussel, les 1,7% d’Hidalgo, (soit 2 991 085 voix, ce qui n’est pas rien) s’il y avait eu un accord unitaire négocié à temps et sans exclusive à gauche sur une plateforme commune, Mélenchon aurait été largement en tête avec une dynamique bien au delà des 32 % et une toute autre page historique aurait été ouverte. La stratégie de cavalier seul, de passage en force a échoué mais c’est d’autant plus cruel.

Face à ses soutiens réunis au Cirque d’Hiver pour la soirée électorale du 10 avril, Jean-Luc Mélenchon a encore déclaré : « Nous disons à tous ceux qui, jusque-là, n’ont pas voulu l’entendre : ici est la force. Nous avons une stratégie : le pôle populaire. Nous avons un programme. Nous avons devant nous d’autres élections. Nous tiendrons à chaque étape notre rang. Réfléchissez-y ». Dans la salle ça criait « Roussel à la poubelle » ? Sur les réseaux sociaux, de plus en plus belle fleurissaient les « #PSplusjamaisça », des montages avec trois portraits Jadot-Hidalgo-Roussel barrés en grand du mot « traitres » La cause de la défaite était rejetée sur les « autres » de gauche comme elle l’avait été depuis 2017 sur le dos de Benoit Hamon. Alors que le PS dans son CN du mardi 19 avril, proposait l’unité à LFI, Mathilde Panot, dans le JDD du 21 avril  rejetait tout accord et ce « de façon définitive ». On était repartis comme de 2017 à 2022… mais cette fois jusqu’en 2027.

Nationalement et localement, un candidat unique partout.

Dés la première minute, le 10 avril à 21 h sur Blast, le porte parole de GDS a déclaré : arrêtons les ravages à gauche. Nous ne pouvons pas gagner les uns contre les autres. Il faut stopper la compétition insensée et retrouver ensemble le terrain de l’unité d’action. Il faut discuter. Il faut un accord de législature.  Pas de fatalité, pas de résignation, il existe un moyen de limiter les effets de la réélection de Macron : un seul candidat de gauche par circonscription. Nous appelons Jadot, Faure, Mélenchon, Roussel, à se rencontrer en ce sens pour négocier une plateforme commune, un « pacte de législature »

Au 2° tour de la présidentielle du 24 avril 2022  y a eu 58,54% des votants pour E. Macron (18,77 millions de voix), et 41,46% pour M. Le Pen (13,29 millions de voix) c’est un 2° tour aux apparences démoralisantes pour le salariat et la gauche.

Le vote du 24 avril ne représente heureusement pas le pays réel, tous les commentateurs l’ont aussitôt souligné. Il faut relativiser ces chiffres bruts officiels car, en fait, 2/3 des français n’ont pas voté pour Macron lequel n’a obtenu que 37,9% des inscrits. Il a perdu 4 millions de voix depuis 2017. Il y a eu 16,5 millions d’abstentions et de votes blancs et nuls.

47% des 37,9 % d’inscrits (soit autour de !,5 millions !) qui ont voté pour Macron l’ont fait non par « adhésion » mais d’abord contre Le Pen. Et une grosse partie de ceux qui ont voté Le Pen c’est compliqué, ils l’ont fait davantage contre Macron que par suivisme aux idées d’extrême droite de Le Pen.

Comme le dit un observateur modéré : Hubert HUERTASQuelle serait plus grande faute d’Emmanuel Macron dans les jours qui viennent ? Croire, parce que sa victoire est plus large que prévu, qu’il serait dans une position confortable. C’est faux, elle est précaire, voire dangereuse. Le verrouillage 5ème république est hors d’usage.

Selon un sondage Opinionway, 63% des personnes interrogées souhaitent qu’Emmanuel Macron «ne dispose pas d’une majorité et soit contraint à une cohabitation», contre 35% qui veulent qu’il «dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale et puisse mener sa politique» .

Selon une autre enquête Ipsos Sopra-Steria, 56% des enquêtés souhaitent que Macron perde les législatives, contre 20% qui veulent qu’il obtienne une majorité «pour appliquer son programme» et 24% qui jugent préférable que «par cohérence» il obtienne une majorité pour «éviter une cohabitation».

Dans le détail, 84% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 49% de ceux de Yannick Jadot, 40% de ceux de Valérie Pécresse, 87% de ceux de Marine Le Pen et 80% de ceux d’Eric Zemmour souhaitent une défaite d’Emmanuel Macron aux législatives.

Toujours selon cette enquête Ipsos Sopra-Steria, 57% des personnes interrogées (26% tout à fait et 31% plutôt) souhaitent que les partis de gauche (LFI, EELV, PCF et PS) forment une alliance et présentent des candidats communs. Ils sont même 93% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 85% de ceux de Yannick Jadot à émettre ce souhait.

D’ordinaire, les législatives d’après présidentielle n’en sont qu’une répétition mécanique. Mais là il y a une possibilité réelle qu’il en soit autrement.

Il ne s’agit pas d’une vaine propagande pour un 3° tour ni pour une « revanche ». Il s’agit simplement de l’élection des députés à l’Assemblée nationale, et vu les circonstances propres aux votes des 12 et 24 avril, l’issue légitime peut être différente. L’affaiblissement de Macron et les contradictions de ses discours et de sa politique laissent penser que les 12 et 19 juin prochain, le poids du pays réel et surtout celui du salariat, peut se faire mieux entendre.

S’unir ou périr :

S’il y avait 577 candidats LFI, 577 candidats PCF, 577 candidats PS, 577 candidats EELV, 577 candidats LO et NPA, une éventualité nouvelle terrible, se dessinait, c’est qu’il n’y ait aucun député de gauche.

De quoi faire frémir tous les appareils.

Par contre un accord national EELV LFI PCF PS (avec d’autres organisations de gauche existantes) sur une plateforme commune,  pour un gouvernement de coalition sans exclusive à gauche, débouchant sur un partage des 577 circonscriptions, pouvait placer la gauche en tête dans plus de 400 des cas le 12 juin.

Ca s’imposait. Il n’y avait pas d’autre choix que de « tourner ». D’autant que la pression de l’électorat  était de plus en plus puissante.

Les historiens le diront : comment ce qui était impossible pendant cinq a dix ans, s’est il renversé ?  Comment la division qui a férocement frappé la gauche pour la présidentielle, s’est-elle muée 15 jours plus tard en une unité à marche forcée ?

C’était la trahison de 2012 à 2017 du quinquennat maudit de Hollande Valls, la cause de la débandade du PS : 1,7 %

Le 19 avril 2022, le CN du PS vote par 160 voix à 75 en faveur d’une négociation avec LFI et toute la gauche. La droite du parti Hollande, Le Foll, Delga, Cambadelis, Assouline, Dray, Mennucci s’enrage dans la dénonciation de cette unité de la gauche, les uns veulent partir (Cazeneuve), les autres désobéir (Delga, Assouline), les autres veulent scissionner (Le Foll annonce un autre parti pour le 16 juillet…) les autres présentent et négocient des candidats allégeants et dissidents (Hollande).

Mais Faure et les siens tiennent bon et présentent un texte politique à LFI où il y a la retraite à 60 ans, le smic à 1400 euros nets, le blocage des prix, l’abrogation des lois anti travail El Khomri et Pénicaud, la planification écologique, la VI° République… Le texte renoue avec le PS d’avant Hollande, reprend des positions traditionnelles de la gauche, il a même une tonalité « gauche socialiste » comportant de nombreux points défendus par les amis de D&S depuis 30 ans. Evidemment cela change la donne et tous les ennemis médiatiques et politiques de l’union le dénoncent.

Voilà que le refus « définitif » de débat entre LFI et le PS du jeudi 21 au son de #plusjamaisPS se mue en un repas Melenchon Faure, en une rencontre en grand public dans la manifestation du 1ermai,  et en un accord ratifié au terme d’une rude bataille. La LFI a expliqué que c’était un « nouveau  PS » un « autre PS » qu’elle avait en face d’elle.

Avec 292 votants, le CN du PS du 4 mai ratifie la motion d’Olivier Faure par 167 voix  contre 101 voix à Hollande-Delga-LeFoll-Assouline-Temal-Cambadélis,  24 abstentions cela semble une majorité nette. Olivier Faure donne une chance avec cette majorité relative et dans la démocratie de reconstruire le PS dans l’unité de la gauche.

Une fois que le PS avait basculé, EELV et le PS ne pouvaient faire moins. Apres s’être violemment disputés en interne, les Verts (qui n’avaient pas de deputes, et risquaient de ne pas en avoir) ont signé a leur tour. Générations qui avait exclu sa minorité parce qu’elle voulait faire accord avec LFI, l’a réintégrée, puis s’est glissé dans le « pole écolo » pour négocier, s’y est fait maltraiter et a signé précipitamment un accord séparé le jeudi 28 avril. Le PCF  qui n’avait que 10 députés sortants a signé aussi. En moins de 10 jours, les quatre partis fondaient la PUPES.

Certes LFI a refusé jusqu’au bout, malgré leurs promesses et nos demandes de rencontres, de négocier avec les plus petites organisations de gauche, comme GDS, Nouvelle Donne, Ensemble.

Certes l’accord était tardif, hâtif, disons même un peu expéditif, bricolé, mais c’était tellement souhaité par les larges masses et imposé par la nécessité que cela a déclenché une profonde vague de soulagement, d’adhésion, d’enthousiasme.

Certes il n’y a eu que des accords bilatéraux façon gauche plurielle de Lionel Jospin.  Certes il y a eu une grande impréparation qui a donné des choix pas toujours en harmonie avec le terrain, pas toujours avec les meilleures candidatures.

C’est la conséquence inévitable d’un tournant effectué à marche forcée en moins de 15 jours. Mais ce n’est pas ça qui compte, c’est le sens considérable que cela a pris. C’est la tempête sous les crânes que ça provoque, : ça modifie la théorie, la pratique, la vision de la gauche, son histoire, son périmètre, l’avenir du salariat.

La donne est changée pour les législatives.. et après. Car la victoire est redevenue possible !

En face, la droite reste divisée et chaotique : « RN » de LePen, en baisse de régime, s’oppose à « R » de Zemmour, tandis que Macron peine à trouver une majorité unique entre LREM (devenu curieusement et soudainement « Renaissance ») UDI, MODEM, « Horizons » (sic, d’Edouard Philippe) et LR (tétanisés par les 4,5 % de Pécresse). Macron, balloté, ne sait pas sur quel pied danser pour son nouveau quinquennat.

La défaite n’est plus inéluctable. Non seulement la NUPES  va sauver des groupes parlementaires de gauche, mais elle peut même déclencher une majorité à l’Assemblée nationale. Et un gouvernement EELV PCF PS LFI…

 

GDS a  bataillé dur, obstinément, opiniâtrement,  depuis le début, pour qu’une semblable unité de la gauche arrive. Nous avons tout essayé, appels militants, syndicaux, de personnalités, 22 en commun, UNALT22, meetings, articles, livre, serment de Romainville, primaire populaire.. Nous avons passé des « petites » alliances avec Ensemble, Nouvelle Donne, Ensemble sur nos territoires, Allons Z’enfants, crée, « RSE » (rassemblement social et écologique) et cherché à présenter des candidats pour « peser ».

GDS avait bien vu que dans chaque parti, il y avait des partisans de l’unité, au sein des Verts, au sein du PCF, au sein de LFI. Et nous avions bien noté que depuis trois ans dans le PS la direction Faure était unitaire. Olivier Faure actuel dirigeant du PS proposait « un candidat commun qui ne soit pas socialiste, ni vert, ni communiste, ni insoumis mais qui soit tout ça à la fois« . Et Faure à Blois, en été 2019, avait même envisagé : « Si Mélenchon doit être candidat, c’est au travers d’une candidature collective. S’il y a des désaccords, ils doivent être tranchés publiquement par un vote démocratique populaire. Rassemblons-nous d’abord sur les idées et désignons ensuite le candidat pour les porter. » Nous avions plutôt soutenu Eric Piolle. Nous avions noté que l’argument de Roussel était imparable : lorsque Jean-Luc Mélenchon s’était déclaré candidat, sans en discuter avec quiconque et ensuite demande au PC un accord. Roussel avait répondu « pourquoi tu ne l’a pas fait avant de te déclarer ? » L’argument avait fait mouche.  

Les électeurs la voulaient encore plus que nous, cette unité.

LFI  a tourné mais c’est un mérite : celui de ré offrir une possibilité de victoire, en accord avec le PCF, EELV et le NPA.

Nous savions, nous GDS, que l’unité ne pouvait se faire avec de l’eau tiède, nous n’avions cessé de proposer 1800, 60, 32, 20, 5, 50, 6°…

Nous savions et nous n’avons cessé de le dire et redire, que ça se jouait sur la retraite à 60 ans, le smic à 1800 euros, la VI° république sociale et écologique et que le terrain était propice à ce qu’autour d’une table ce soit forcément la gauche qui l’emporte sur les sociaux-libéraux !

Beaucoup nous rendent hommage, nous sommes donc totalement partie prenante de la « Nouvelle union populaire écologique et sociale ». Nous ressentons cela comme une victoire après un très long tunnel, un très long combat.

GDS a été utile et sa stratégie est reconnue et son programme est au cœur du nouveau combat pour les 12 et 19 juin afin de vaincre la droite et l’extrême droite. C’était réputé impossible, cela est devenu possible, dés le 1er mai c’était dans toutes les têtes, c’était dans l’air, les manifestants nous souriaient et reprenaient confiance dans les chances  de l’emporter.

Au boulot !

Allons y !

Faisons voter massivement NUPES le 12 et 19 juin.

En mettant l’accent sur les axes immédiats, retraite à 60 ans, hausse massive des salaires, blocage des prix, reconstruire le droit et la dignité du travail

 

Gérard Filoche

 

Mai 68, une histoire sans fin (tome 2 : les années PS des années Jospin au quinquennat maudit de Hollande-Valls)

historiographie de la Gauche Démocratique & Sociale

Dans un premier tome de « Mai 1968, une histoire sans fin », Gérard Filoche commence son auto-biographie. Mais très vite, les apparitions du personnage deviennent des tranches de vie qui révèlent les motivations d’une jeunesse qui découvre le monde et qui se politise autour des luttes anticolonialistes et anti-impérialistes. Une jeunesse qui découvre que les mobilisations de masse peuvent changer le monde. Rapidement, le personnage cède la place aux héros qui font l’histoire, surtout quand ils sont 9 millions, neuf millions de grévistes en Mai 1968. Commencer sa vie consciente en étant immergé dans un tel mouvement, c’est recevoir une poussée qui nous engagera pour la vie.


Plus de 50 ans plus tard, alors que les vieilles générations qui dirigent la gauche sont en train de s’effondrer, la jeunesse se mobilise pour sauver le climat : elle se montre disponible pour prendre le relai, comme elle l’était en Mai 68. C’est une histoire sans fin.

A partir de 1968, Gérard Filoche est l’un des principaux dirigeants de la JCR / LC / LCR, En 1972, la signature du Programme commun offre un débouché politique à la gauche. L’extrême gauche s’oppose à l’Union de la gauche et critique ce programme. Par conséquent, elle subit une crise permanente. Gérard Filoche conteste cette orientation gauchiste et rassemble, de congrès en congrès, un courant interne à la LCR en faveur de campagnes de masse et d’une tactique de front unique de la gauche. Ce courant devient permanent à partir de 1982. En décembre 1991, il édite le numéro zéro du mensuel public Démocratie & Socialisme : c’est une première rupture avec le centralisme dit « démocratique » qui est la règle de fonctionnement des organisations trotskistes.

En septembre 1994, le courant Démocratie & Socialisme adhère au Parti Socialiste et devient un club politique : c’est évidemment une nouvelle rupture avec le fonctionnement centraliste de la LCR. Mais on aurait tort de considérer que ce soit une scission opérée par le courant D&S aux dépens de la LCR : c’est une réunification partielle de la gauche. La séparation de la gauche en plusieurs organisations est une anomalie, c’est ce que reconnaît, en principe, la tradition socialiste : l’ancienneté que le PS reconnaît à ces nouveaux adhérents ne date pas de cette réunification, mais court depuis leur première adhésion à un parti de gauche, en l’occurence au moins à la LC / LCR.

La scission qu’il faut effacer, c’est celle du congrès de Tours, de décembre 1920. La réunification qu’il faut réaliser, c’est la constitution du parti unitaire de toute la gauche, selon le modèle du congrès du Globe en 1905, lorsque les 5 partis de la gauche sociale ont fusionné et se sont émancipés du Parti radical : Jaurès et Guesde contre Clémenceau.

Le PS / SFIO n’est pas le parti unitaire mais, à défaut, comme parti pluraliste, il en joue le rôle et rassemble donc la majorité de la gauche. Lors de son 3ème congrès, en 1921, l’Internationale Communiste se démarque de l’orientation gauchiste et sectaire de ses 4 premières années qui l’a isolée du reste de la gauche sociale et lui a fait perdre les positions majoritaires conquises au lendemain de la révolution soviétique de 1917.
Pour offrir aux luttes sociales le débouché politique d’un gouvernement de gauche, elle propose de constituer des « fronts uniques ». Mais il s’agit seulement d’une tactique qui ne remet pas en cause la division de la gauche sociale en autant de partis qu’il existe de programmes possibles. De 1929 à 1933, elle renouera avec l’orientation sectaire en abandonnant la tactique de FU, le temps que Hitler parvienne au pouvoir.

De 1929 à 1989, la tactique des partis communistes oscille entre isolement sectaire et font unique de la gauche. Celle des partis socialistes entre alliance avec la droite libérale et front unique de la gauche. En France, de 1983 à 1993, coïncident l’isolement sectaire du PCF (1977 – 1993) et le ralliement du PS au néolibéralisme (1983 – 1994).
Nous voulons en tirer les leçons. Celles de l’entre-deux-guerres, tirées par Trotski, sont une bonne base, elles permettent au moins de renouer avec la tactique de front unique.
Mais, dans la LCR, le courant « Filoche » dispose d’un atout supplémentaire : la compréhension que la démocratie permet de dépasser les limites du libéralisme (celles du contrat) et les limites du républicanisme (celles de la loi) : c’est le sens du titre de sa publication, Démocratie & Socialisme.

En effet, la démocratie, c’est-à-dire les rapports sociaux démocratiques, respecte les droits universels sur lesquels doit reposer une société socialiste.
Cette compréhension permet de dépasser la tactique ponctuelle de front unique et d’adopter une stratégie permanente d’unité et d’indépendance de la gauche qui débouche sur un parti unitaire de toute la gauche. Mais, ceci nous conduit à adhérer au PS, car à défaut d’être ce parti unitaire, il en remplit en partie la fonction en étant largement pluraliste.

Les années trotskistes (1964 – 1994) ont fait l’objet du tome 1 de cette histoire sans fin. Et 25 années PS (1994 – 2018) font l’objet de ce tome 2 qui est composé de 7 livres.

Le livre 1 s’ouvre avec l’ère d’Emmanuelli & Jospin (1994 – 2002) ; il aborde le mouvement de novembre-décembre 1995, la constitution de la 1ère Gauche Socialiste et la bataille des 35 heures.
Henri Emmanuelli, premier secrétaire national du PS, accueille une délégation du courant Démocratie & Socialisme, le 6 septembre1994 : « Bienvenue avec vos tout petits défauts et vos très grandes qualités ».

Le livre 2 (2002 – 2004) traite de l’explosion de la 1ère Gauche Socialiste et de la constitution de 3 courants internes : Nouveau parti socialiste, Nouveau monde er Force militante ; c’est aussi la première bataille des retraites.

Le livre 3 (2004 – 2005) l’ère du NON au Traité constitutionnel européen ; les 40 % obtenus par la 2ème Gauche Socialiste ; mais la synthèse Hollande-Peillon-Fabius-Emmanuelli-Mélenchon-Lienemann.

Le livre 4 (2005 – 2011) couvre les intermèdes Royal-Aubry ; il aborde le combat contre le CPE et la 2ème bataille des retraites ; c’est aussi la tragédie grecque.

Le livre 5 (2011 – 2014) ouvre l’ère Hollande, la victoire de 2012 et le quinquennat trahi ; les « frondeurs » du PS.

Le livre 6 (2014 – 2017) : l’ère de la 3ème Gauche Socialiste ; le combat contre le CICE et contre la loi El Khomri ; la déchéance de citoyenneté ; la volonté de détruire le PS.

Le livre 7 (2017 – …) la gauche socialiste est unie ; mais la gauche est divisée : Macron gagne et poursuit la destruction du PS.
D&S est devenu le mensuel de la Gauche Démocratique & Sociale qui poursuit la construction d’un parti unitaire et donc pluraliste.

Avec ce récit de 25 années d’engagement dans ce qui fut le parti majoritaire de la gauche en France, Gérard Filoche dévoile les dessous des congrès et des réunions du bureau national du PS. Il explique pourquoi des dirigeants qui ont imposé à leur parti une politique de droite pour qu’il soit un instrument qui, en évitant les confrontations avec la droite, facilite leur carrière, en viennent à vouloir le détruire parce que, en étant resté un parti de gauche en raison de l’identité politique de ses membres de base, est un obstacle pour leur carrière.

Pierre Ruscassie 10 mai 2022)

 

La belle histoire de l’unité de la gauche a nouveau a frappé à la porte : NUPES

 

 

 

Nos lecteurs suivent  depuis de longues années notre combat pour l’unité de notre classe, le salariat et de toute la gauche. Ils nous approuvaient certes quand nous disions qu’il était possible d’avoir une plateforme et des candidats et listes communes allant du PS au NPA, de LFI a EELV, du PCF à GDS, ND, Ensemble, Générations…

 

Nous avons bataillé dur, obstinément, opiniâtrement,  nous avons tout essayé, appels militants, syndicaux, de personnalités, meetings, articles, livre, serment de Romainville, primaire populaire, mais nous n’avons pas pu empêcher la division et les polémiques insensées jusqu’à la veille du 10 avril… La division nous a conduit au désastre du 1ertour de la présidentielle : la gauche était encore éliminée avant le 2° tour.

 

Nous avions pourtant bien vu que dans chaque parti, il y avait des partisans de l’unité, au sein des Verts, au sein du PCF, au sein de LFI. Et nous avions bien noté que depuis trois ans dans le PS la direction Faure était unitaire. 81 % des électeurs de gauche étaient pour l’unité et l’ont prouvé en votant en définitive au forcing pour le « mieux placé »  des candidats, Jean Luc Mélenchon.  Mais la division semblait repartie pour les législatives et cela aurait disloqué encore plus tous les partis.

 

Le risque était énorme que ca recommence : « Ici est la force » « Roussel à la poubelle, « Jadot Hidalgo Roussel traitres »  « pas de discussion avec le PS et c’est définitif ». Tenaces, nous avons été les premiers, à 21 h à dire sur une télévision « un seul candidat de gauche par circonscription les 12 et 19 avril ».

 

 

S’unir ou périr

 

Les électeurs la voulaient encore plus que nous, cette unité. Sans unité c’était la déroute en juin comme en avril.

LFI  a eu le mérite de tourner : ré offrir une possibilité de victoire, engager des discussions avec le PCF, EELV et le NPA.

Puis avec le PS quand la direction Faure du PS a eu le courage de liquider rapidement le passif Hollande Hidalgo et de proposer la discussion et une plateforme d’unité orientée, enfin, à gauche.

Nous savions, nous que l’unité ne pouvait se faire avec de l’eau tiède, nous n’avions cessé de proposer 1800, 60, 32, 20, 5, 50, 6°…

Nous savions et nous n’avons cessé de le dire et redire, que ça se jouait sur la retraite à 60 ans, le smic à 1800 euros, la VI° république sociale et écologique et que le terrain était propice à ce qu’autour d’une table ce soit forcément la gauche qui l’emporte sur les sociaux-libéraux !

 

Au boulot !

 

Beaucoup nous rendent hommage, nous sommes partie prenante de la « Nouvelle union populaire écologique et sociale ». Nous ressentons cela comme une victoire après un très long tunnel, un très long combat. GDS a été utile et sa stratégie est reconnue et son programme est au cœur du nouveau combat pour les 12 et 19 juin afin de vaincre la droite et l’extrême droite. C’était réputé impossible, cela est devenu possible, le 1ermai c’était dans toutes les têtes, c’était dans l’air, les manifestants nous souriaient et reprenaient confiance dans les chances  de l’emporter.

Allons y !

 

Propositions PS pour construire la victoire aux élections législatives les 12 et 19 juin 2022 : ca fait plaisir à lire

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Le Premier secrétaire

Nos propositions pour construire la victoire aux élections législatives

Le deuxième tour de l’élection présidentielle a permis d’éviter la victoire de l’extrême-droite. Maiselle n’a pas permis d’offrir un débouché politique à la colère provoquée par le quinquennat Macron.

Notre devoir est aussi d’entendre le message que nous ont adressé les électrices et électeurs de lagauche et de l’écologie lors du premier tour de l’élection présidentielle. Ils ne nous pardonneront pas de les contraindre une nouvelle fois à un vote de barrage à l’extrême-droite, ni de dérouler le tapis rouge à une majorité parlementaire issue de l’alliance du libéralisme et de la droite conservatrice.

Faisons la démonstration de notre sens des responsabilités. Il nous appartient désormais de fairenaître une nouvelle espérance en construisant, à l’occasion des élections législatives, un largerassemblement de la gauche et de l’écologie, populaire et citoyen, autour d’un pacte pour la justicesociale et écologique.

Réuni le 20 avril, le Conseil national du Parti Socialiste a donné mandat à sa direction pour engager les discussions sans exclusive avec ses partenaires : en premier lieu le Parti communiste, EuropeÉcologie Les Verts et La France Insoumise, à laquelle le résultat de l’élection présidentielle confèreune responsabilité particulière dans la construction de ce rassemblement.

Nous sommes convaincus que ce rassemblement peut se bâtir sûr un programme partagé illustrant une alternative sociale-écologique globale à la politique de régression voulue par Emmanuel Macron.

L’union Populaire a mis douze marqueurs en discussion en vue de parvenir à un accord. Nous faisonsle choix d’apporter nos réponses à ces marqueurs en partant de notre projet et en ajoutant denombreuses propositions que nous souhaitons y inclure, dans la fidélité à nos fondamentaux et à nos priorités, en valorisant les convergences et sans cacher les différences.

Nous proposons un premier socle de propositions :

- Soutenir le pouvoir de vivre à travers notamment l’augmentation du SMIC à 1.400 eurosnet, une conférence sociale sur les salaires, le blocage des prix des produits de premièrenécessité, et la création d’une garantie d’autonomie pour la jeunesse.

  • -  Instaurer l’objectif du droit à la retraite à 60 ans, avec une première étape comprenant laprise en compte des carrières longues et des métiers pénibles pour rétablir l’égalité dansle droit de profiter de sa retraite, et le relèvement du minimum contributif.
  • -  Assurer une protection renforcée des travailleurs, à travers l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage et des dispositions régressives introduites dans le code du travail parla loi El Khomri et les ordonnances Macron, et par la lutte contre l’uberisation du travail avec l’instauration d’un statut protecteur pour les travailleurs des plateformes.
  • -  Réduire les inégalités d’espérance de vie en bonne santé, avec un impératif : garantir l’accès aux soins et lutter contre les déserts médicaux.
  • -  Faire de la santé mentale une grande cause nationale et faire de la santéenvironnementale une priorité, notamment en matière d’urbanisme.
  • -  Tirer les leçons de la pandémie COVID en matière de santé publique :

o Anticiper les risques sanitaires, renforcer les politiques de prévention, encouragerla vaccination et permettre l’accès aux vaccins partout dans le monde en levant les brevets,

o Renforcer les moyens humains à l’hôpital public, notamment à travers une augmentation du nombre de lits et en personnels rattachés notamment en réanimation,

o Assurer notre souveraineté sanitaire en développant des filières de production de médicament et équipements en France et en Europe, y compris à travers la constitution d’un pôle public.

  • -  Assurer le juste partage des richesses à travers une fiscalité équilibrée entre taxation du capital et du travail, le rétablissement de l’ISF et l’abrogation de la flat tax, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale et la réforme des droits de succession.
  • -  Consolider et étendre les services publics nationaux et locaux, à travers le refus des privatisations et de l’ouverture à la concurrence.
  • -  Engager la création d’un service public de la petite enfance et d’un service public d’accompagnement du grand âge.
  • -  Garantir l’accès aux biens communs essentiels à travers des services publics : eau, énergie…
  • -  Mettre en œuvre une politique de justice écologique qui fait de l’écologie un levier de justice sociale et met au cœur de la transition la lutte contre les inégalités.
  • -  Établir une planification écologique qui vise l’atteinte de nouveaux objectifs selon des indicateurs du mieux vivre écologique et social.
  • -  Dans le cadre de la règle verte, inscrire dans la Constitution le crime d’écocide et le principe de non-régression en matière de protection de l’environnement ; créer un défenseur de l’environnement chargé du respect de la règle verte.
  • -  Faire de l’agroécologie le modèle de référence en adoptant une loi de partage du foncier agricole pour installer des jeunes paysans, en interdisant le glyphosate et les néonicotinoïdes et en visant en 2030 une capacité à produire pour deux tiers avec les labels Agriculture biologique (AB) et la certification Haute valeur environnementale (HVE) de niveau 3
  • -  Rompre avec la monarchie présidentielle par un basculement vers une VIème Républiquepermettant notamment la pleine implication citoyenne à travers le référendum d’initiativecitoyenne et consacrant un nouveau rôle des collectivités locales et du mouvement social, syndical et associatif.
  • -  Abroger les lois séparatisme et sécurité globale qui portent atteinte aux libertés publiques et individuelles.
  • -  Poursuivre la lutte pour l’égalité femmes-hommes à travers :

o L’égalité salariale en imposant des pénalités aux entreprises qui laissent perdurer les discriminations salariales et d’évolution de carrière envers les femmes,

o L’allongement de la durée des congés parentaux, en particulier allonger le congé de paternité à 16 semaines dont 6 obligatoires,

o L’engagement de consacrer 1 milliard d’euros contre les violences faites aux femmes

o Le rétablissement d’un ministère des droits des femmes.

  • -  Conquérir de nouveaux droits comme celui du choix de sa fin de vie.
  • -  Reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation, avec la revalorisation des personnels de l’Éducation nationale, l’école du zéro décrocheur, la suppression de laréforme du bac, la suppression parcours sup, la mobilisation contre le harcèlement scolaire.
  • -  Lancer un plan de mobilisation nationale pour l’enseignement supérieur et la recherche.
  • -  Marquer une nouvelle ambition pour la culture et donner plus de visibilité aux acteurs, en adoptant une loi de programmation pour la Culture s’étalant sur la période 2022–2027.Elle comprendra un volet dédié au patrimoine, au développement de l’Éducation Artistique et Culturelle (EAC), à la mise en œuvre de budgets participatifs dédiés à laproduction artistique et culturelle.
  • -  Lutter contre le mal logement, notamment par :

o L’aide à la rénovation des passoires thermiques et des logements insalubres,
o Larelancedelaconstructiondelogementsociaux,dontlaproductionseraitportée à 150.000 logements par an,

o L’encadrement des loyers dans toutes les zones tendues du territoire,
o L’instaurationd’un«bouclierlogement»pourqu’aucunFrançaisneconsacreplus d’un tiers de ses revenus à son logement.

  • -  Défendre la République laïque et universaliste, par la défense de la liberté de conscience et d’expression, par une action résolue contre le racisme, l’antisémitisme et toute forme de discrimination, et en agissant aux côtés de ceux qui luttent contre les intégrismes.
  • -  Dans les Outre-mer, renforcer les politiques d’égalité réelle avec en particulier le rattrapage des infrastructures de services publics (eau, assainissement, déchets, transports, santé, école), traiter de manière spécifique à chaque territoire la question dela vie chère et de l’autonomie alimentaire, reconnaître l’empoisonnement au chlordecone avec une prise en charge des frais médicaux pour les personnes malades et des tests sanguins et investir dans la dépollution des sols.

Les socialistes sont profondément attachés à la construction européenne et portent une vision de ses nécessaires transformations.
Chacun constate aujourd’hui à quel point de nombreuses règles européennes sont en décalage avec les impératifs de l’urgence écologique et sociale. La mise en œuvre du programme que nousconstruisons conduira nécessairement à des tensions, à constater des contradictions, et à ne pas respecter certaines règles. Nous ne serons ni les premiers ni les derniers à le faire, en France comme en Europe.

Nous refuserons de mettre en danger la construction européenne ou de laisser s’installer une fracture entre la France et l’UE. Mais nous avons désormais besoin d’une rupture dans le cours libéral de la construction européenne, d’un nouveau projet au service de la transformation écologique etsociale. Après le lancement du green deal, la crise de la COVID a conduit à de premières inflexionsimportantes, souvent sous l’impulsion des socialistes et sociaux-démocrates européens, avec laconstitution d’une dette commune, la suspension du pacte de stabilité, et un début de remise encause des règles en matière de concurrence. Cette parenthèse ne doit pas se refermer, au contraire,la brèche ouverte doit s’élargir pour ouvrir un autre chemin. Nous nous opposerons par exemple au retour du pacte de stabilité, considérons que l’objectif de souveraineté de la France et de l’UnionEuropéenne dans de nombreux domaines rend nécessaire de déroger aux règles actuelles deconcurrence et que la conférence sur l’avenir de l’UE doit conduire à une révision des traités. Cecombat doit être mené dans la recherche du rassemblement des gauches et des écologistes européens.

Enfin nous réaffirmons la nécessité d’un soutien plein et entier à la nation ukrainienne, à sa liberté et à sa souveraineté, face à l’agression décidée par Vladimir Poutine.

Le programme partagé, fondé sur la recherche réelle des convergences, doit être le gage d’unevolonté réelle de gouverner ensemble au service des classes populaires et moyennes de ce pays. Iln’a pas vocation à faire disparaître l’identité et l’histoire politiques des uns et des autres. Agrégeant au-delà des seules formations politiques tous les acteurs de la société mobilisée (individus,associations, syndicats, collectifs, acteurs culturels…) désireux de changer d’avenir, le rassemblement que nous appelons de nos vœux s’enrichira aussi du pluralisme de ses composantes. C’est pourquoi nous proposons également que le débat sur ce programme partagé soit accompagné d’une discussionsur un mode de fonctionnement permettant de concilier efficacité et pluralisme, solidarité et diversité. Sur ces bases solides, nous croyons sincèrement et fortement à la possibilité d’une victoirede nos idées communes aux élections législatives de juin prochain. Il nous reste quelques jours pour concrétiser cette espérance. Nous sommes prêts à y travailler !

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59 rue Jules Vanzuppe 94 200 Ivry sur SeineTél. : 01 81 94 05 09

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il est devenu possible pour une coalition de gauche unie de gagner une majorité de députés les 12 et 19 juin

Au 2° tour de la presidentielle du 24 avril 2022  y a eu 58,54% des votants pour E. Macron (18,77 millions de voix), et 41,46% pour M. Le Pen (13,29 millions de voix) c’est un 2° tour aux apparences démoralisantes pour le salariat et la gauche. Etre soumis une deuxième fois à un choix entre droite et extrême droite est politiquement catastrophique. On se demande comment nous n’avons pas pu empêcher ça ? La gauche divisée n’avait obtenu que 32 % des voix et 11 millions de votants et avait été éliminée le 10 avril.

Le vote du 24 avril ne représente heureusement pas le pays réel, tous les commentateurs l’ont aussitôt souligné. Il faut relativiser ces chiffres bruts officiels car, en fait, 2/3 des français n’ont pas voté pour Macron lequel n’a obtenu que 37,9% des inscrits. Il a perdu 4 millions de voix depuis 2017. Il y a eu 16,5 millions d’abstentions et de votes blancs et nuls.

47% des 37,9 % d’inscrits (soit autour de !,5 millions !) qui ont voté pour Macron l’ont fait non par « adhésion » mais d’abord contre Le Pen. Et une grosse partie de ceux qui ont voté Le Pen c’est compliqué, ils l’ont fait davantage contre Macron que par suivisme aux idées d’extrême droite de Le Pen.

Comme le dit un observateur modéré : Hubert HUERTAS

Quelle serait plus grande faute d’Emmanuel Macron dans les jours qui viennent ? Croire, parce que sa victoire est plus large que prévu, qu’il serait dans une position confortable. C’est faux, elle est précaire, voire dangereuse. Le verrouillage 5ème république est hors d’usage.

Selon un sondage Opinionway, 63% des personnes interrogées souhaitent qu’Emmanuel Macron «ne dispose pas d’une majorité et soit contraint à une cohabitation», contre 35% qui veulent qu’il «dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale et puisse mener sa politique» .

Selon une autre enquête Ipsos Sopra-Steria, 56% des enquêtés souhaitent que Macron perde les législatives, contre 20% qui veulent qu’il obtienne une majorité «pour appliquer son programme» et 24% qui jugent préférable que «par cohérence» il obtienne une majorité pour «éviter une cohabitation».

Dans le détail, 84% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 49% de ceux de Yannick Jadot, 40% de ceux de Valérie Pécresse, 87% de ceux de Marine Le Pen et 80% de ceux d’Eric Zemmour souhaitent une défaite d’Emmanuel Macron aux législatives.

Toujours selon cette enquête Ipsos Sopra-Steria, 57% des personnes interrogées (26% tout à fait et 31% plutôt) souhaitent que les partis de gauche (LFI, EELV, PCF et PS) forment une alliance et présentent des candidats communs. Ils sont même 93% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 85% de ceux de Yannick Jadot à émettre ce souhait.

 

D’ordinaire, les législatives d’après présidentielle n’en sont qu’une répétition mécanique. Mais là il y a une possibilité réelle qu’il en soit autrement.

Il ne s’agit pas d’une vaine propagande pour un 3° tour ni pour une « revanche ». Il s’agit simplement de l’élection des députés à l’Assemblée nationale, et vu les circonstances propres aux votes des 12 et 24 avril, l’issue légitime peut être différente. L’affaiblissement de Macron et les contradictions de ses discours et de sa politique laissent penser que les 12 et 19 juin prochain, le poids du pays réel et surtout celui du salariat, peut se faire mieux entendre.

A une condition, c’est que les composantes de la gauche aillent jusqu’au bout dans le processus unitaire qui s’est déclenché : qu’il n’y ait qu’un seul candidat de gauche par circonscription. Un accord national EELV LFI PCF PS (avec d’autres organisations de gauche existantes) sur une plateforme commune,  pour un gouvernement de coalition sans exclusive à gauche, débouchant sur un partage des 577 circonscriptions, placerait la gauche en tête dans plus de 400 des cas. Certains sondeurs et médias, n’excluent d’ailleurs pas, dés lors, qu’il y ait une victoire de la gauche contre Macron.

Nous militons de toutes nos forces en ce sens.

 

 

 

 

 

 

Appel à toutes les organisations des gauches sociales et écologistes

Toutes et tous autour d’une même table pour préparer les élections législatives !

Division à gauche, invectives en fin de campagne, confusion des termes du débat, l’élection présidentielle, par sa forme, charrie ses propres excès. En face, l’électorat est intelligent mais déboussolé : abstention massive et récurrente d’abord, rationalité devant le vote ensuite, fluctuation au fil du contexte. Le bloc de gauche finit sonné.

Commenter les résultats d’hier soir ne suffira pas. L’électorat nous envoie des signes clairs. Il fait prévaloir l’aspiration à l’unité. Il vote pour le mieux placé. Il voulait gagner ! Partout, partis de gauche et de l’écologie comme mouvements citoyens, nous devons y prendre notre part.
Un seul mort d’ordre : toutes et tous autour d’une même table pour préparer les élections législatives. C’est par un front commun, construit, pluraliste que nous remporterons des victoires aux quatre coins de la France.

Si nous ne faisons pas action commune face au pôle de droite et au pôle d’extrême droite, les gauches seront balayées et n’accèderont pas au second tour des législatives.

Une méthode : un pacte de législature. Il existe des discussions bilatérales entre certains mouvements mais c’est ensemble que nous devons co construire. Mettons-nous au travail, dépassons les réflexes claniques qui mèneront à la déroute électorale en juin.
Le pacte doit s’inscrire dans le contexte, respectueux des histoires comme des rapports de force.

Nous, personnes engagées à gauche ou élues, organisations politiques ou citoyennes, nous appelons à la responsabilité et au sursaut collectif. Le rassemblement permettra, dès demain, d’envoyer des députés combatifs à l’Assemblée Nationale. La majorité de la population en a besoin. L’électorat de gauche nous l’intime. Pour défendre l’école, la justice, l’hôpital, c’est d’union dont nous avons besoin !

Désastre du 1er tour, battre LePen au 2° tour, unité de toute la gauche aux législatives des 12 et 19 juin

 

Le rideau est tombé. Le salariat n’aura pas de représentant au deuxième tour de l’élection présidentielle  du 24 avril. Toute la gauche a été éliminée. C’est un nouveau désastre comme celui du 23 avril 2017. Nous sommes placés devant le choix entre droite et extrême droite, entre le pire et le pire encore.

Ce n’est pas la faute aux millions d’électeurs de gauche, car, dans la phase finale, ils ont fait fi du passé récent, de la primaire populaire avortée, de la division qui faisait rage, des polémiques insensées, et ils ont cherché à repousser cette défaite inéluctable, il y a eu une « remontada », un puissant vote utile en faveur du candidat le mieux placé Jean-Luc Mélenchon.

C’est ainsi que le total des voix de gauche qui stagnait depuis de longs mois autour de 25% est monté à 32% dans la toute dernière ligne droite : ce que la division tragique de la gauche avait empêché en cours de campagne, ce que les arguments et programme développés n’avaient pu mobiliser, en fait, l’envie puissante, ultime, d’exister, l’élan pour avoir à tout prix une gauche au 2° tour contre Macron, a failli  l’emporter le 10 avril. C’était couru d’avance, on le savait depuis 2017, l’idée que « la force  irait a la force », à la fin ça finit par marcher, ça force la main aux électeurs, mais pas assez massivement pour gagner. Obliger à voter ne suscite pas le même élan de masse que de convaincre, faire adhérer, de dynamiser, conscientiser le vote.  Mélenchon a ainsi obtenu 545  274 voix de plus par rapport à 2017. Comme si, faute d’avoir imposé l’unité de la gauche avec un candidat commun, des centaines de milliers d’électeurs avaient choisi in extremis de faire de celui qui ne le voulait pas, LE candidat commun. C’est un électorat pluraliste, socialiste, communiste, écologiste, trotskiste, jeune, salarié, bien plus large que la seule LFI qui s’est porté sur son nom.

Avec 21,95 % contre 23,41 % à Le Pen, il lui manque 504 632 voix pour franchir le 1ertour. Avec les 4,6% de Jadot, les 2,3% de Roussel, les 1,7% d’Hidalgo, (soit 2 991 085 voix) s’il y avait eu un accord unitaire négocié à temps et sans exclusive à gauche sur une plateforme commune, Mélenchon aurait été largement en tête avec une dynamique évidente bien au delà des 32 % et une toute autre page historique aurait été ouverte. La stratégie de cavalier seul, de passage en force, malgré la lucidité des électeurs, a échoué de peu, mais c’est d’autant plus cruel.

 

On ne peut plus accepter de laisser la gauche divisée dans cet état.

C’est écoeurant d’être ainsi livrés au choix entre Macron et le Pen : « pas une voix à Le Pen » ! Le Pen s’est macronisée, Macron s’est lepenisé ce sont deux candidats des riches mais l’une s’annonce pire que l’autre.

Avant le 24 avril, exigeons d’abord de Macron qu’il renonce dés maintenant à la retraite à 65 ans. Faisons front commun à gauche pour les 60 ans. Exigeons qu’il ne touche pas à la Sécu : exigeons un front commun à gauche pour une grande Sécu universelle et démocratique basée sur les cotisations sociales.

Mettons en garde face au RN, car il est fasciste, pas encore tout à fait en activité mais c’est comme un volcan qui dort, au pouvoir il se réveillerait et la lave raciste sortirait de partout. C’est un risque qu’on ne peut accepter de courir, avec Le Pen ce ne serait pas une « expérimentation », ni une « déstabilisation », mais un billet aller sans billet retour, les conditions et la répression des luttes sociales seraient pires.

Or contrairement à 2002 et 2017, par rejet de la politique de Macron, elle peut l’emporter, raison de plus pour être clair et voter efficacement contre elle.

 

Tout n’est pas perdu, nous dit-on, car les 12 et 19 juin la gauche pourrait imposer une cohabitation à Macron. C’est faire fi des conséquences mécaniques des votes dans la V° République. L’élu à la présidentielle rafle les législatives.

Ne pas avoir réussi à faire l’unité avant la présidentielle, nuit à réussir un accord pour les législatives ; on en connaît tous les obstacles.

Face à ses soutiens réunis au Cirque d’Hiver pour la soirée électorale, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « Nous disons à tous ceux qui, jusque-là, n’ont pas voulu l’entendre : ici est la force. Nous avons une stratégie : le pôle populaire. Nous avons un programme. Nous avons devant nous d’autres élections. Nous tiendrons à chaque étape notre rang. Réfléchissez-y ». C’est exactement le genre de menace qu’il ne faut pas proférer sinon on est repartis comme de 2017 à 2022… mais cette fois jusqu’en 2027.

 

A l’inverse, il faut dire arrêtons les ravages à gauche. Nous ne pouvons pas gagner les uns contre les autres. Il faut stopper la compétition insensée et trouver ensemble le terrain de l’unité d’action. Arrêtons la division. Il faut discuter. Il faut nous rencontrer. Il faut un accord de législature.

Pas de fatalité, pas de résignation, il existe, nous le savons, un moyen de limiter les effets de la réélection de Macron : un seul candidat de gauche par circonscription. Nous appelons Jadot, Faure, Mélenchon, Roussel, à se rencontrer en ce sens.

Négocier une plateforme commune, un « pacte de législature » négocier nationalement et localement, un candidat unique partout.

GDS milite pour, et présente des candidats avec « RSE » (Rassemblement social et écologique) dans cette perspective en cherchant à négocier avec toute la gauche sans exclusive.

Tout cela n’aura d’avenir ensuite que si, dans les luttes, nous reconstruisons tous ensemble la gauche contre la retraite à 65 ans et pour 60 ans, pour une grande Sécu sociale, pour l’école les hôpitaux publics…) , en une grande maison commune, pluraliste, démocratique, unitaire, sur une plateforme de transition orientée vers une profonde  transformation sociale. Un congrès de refondation, comme le « congrès du Globe », en 1905, avec Jean Jaurès.

C’est l’orientation de la Gauche démocratique et sociale.

 

travail des enfants en France : Villepin 14 ans et 15 ans, Rebsamen sans protection, et Macron a 12 ans ?

De la mort au travail pour enfants de 14 à 18 ans

Il y a un décret absolument monstrueux depuis le 2 février, pour faciliter paraît il l’embauche des enfants de 14 à 18 ans.  La commission générale du Coct l’a examiné le 2 février 2015 : il s’agit de faire reculer les protections qui sont attachés au travail des enfants.

Car il s’agit bien de travail des enfantsdepuis que Villepin a permis l’apprentissage à 14 ans. ET que le travail le dimanche et de nuit est permis à partir de 15 ans. Le 15 novembre 2010 à Mulhouse, comme ça, un enfant de 15 ans a été mis dans un pétrin de boulanger pour le nettoyer, il s’est remis en marche et le gamin est mort broyé.

Le projet de décret vise à supprimer ce qui relève de l’interdiction, de la prévention a priori, et des autorisations préalablesavant qu’un enfant puisse travailler. Vous le savez un gamin ce n’est pas pareil face a une machine dangereuse ou un risque de chute… alors on a obligé à des interdits, à des précautions préalables strictes,  à des visites préventives sous contrôle des enseignants pas des patrons.

Tout cela va sauter, il est question « d’information » « d’éducation », « de dérogations» etc… le fameux travail en hauteur, échelles escabeaux, marchepieds, deviendra autorisé « lorsque l’évaluation du risque a établi que ce risque est faible et qu’il s’agit de travaux de courte durée ne présentant pas un caractère répétitif ». Et hop cela devient incontrôlable ! Vous imaginez l’inspecteur du travail trouvant le jeune en hauteur «  il est là sur cette échelle, depuis peu, et pas pour longtemps, et il a été formé au risque » c’est le contraire, en esprit, en pratique, en droit, de toutes les batailles de prévention, d’obligation de résultats, d’interdiction que nous avons mis des décennies à obtenir.

Nous devons être CONTRE le travail des enfants avant 18 ans. Pour l’apprentissage mais bien payé et dans des conditions contrôlées plus sévèrement par les maitres d’école pas par les patrons, c’est trop dangereux, malléable, trop sur-exploitable !

Avec toujours ce même stupide raisonnement qui fait croire que si le patron n’embauche pas c’est à cause de cela, qu’il faut qu’il puisse exploiter, débaucher et maintenant faire courir des risques à des enfants de 14 à 18 ans, comme il veut ? Soit disant pour développer l’apprentissage… qui stagne justement par la seule faute et rapacité des patrons… lesquels viennent de prendre 1 600 000 stagiaires, soit un million de plus en dix ans, parce qu’ils ne les paient pas (ou si peu 432 euros en ce moment, 583 euros en septembre 2015, la loi Chaynesse Khirouni a du les limiter à 10 % par entreprise, ce qu’on devrait faire aussi pour les CDD…) parce qu’ils préfèrent ne pas les former pour mieux les exploiter gratuitement…

C’est sans limite la logique de la soumission au profit maximum, à la finance…

Gérard Filoche

 

Signez l’appel : « Retraite à 65 ans, c’est non ! »

Signez l’appel : « Retraite à 65 ans, c’est non ! »

25/03/2022 | La rédaction

Nous reproduisons un appel-pétition lancé à l’initiative de plusieurs syndicalistes, plus de 200 signataires, regroupant des politiques, des intellectuels et des acteurs du mouvement social, s’opposant à la proposition du candidat Emmanuel Macron de repousser la retraite à 65 ans. « Emmanuel Macron entend faire de l’élection présidentielle un référendum pour ce recul social. Nous appelons à construire un mouvement majoritaire contre la retraite à 65 ans ». Une pétition est en ligne : https://www.wesign.it/fr/social/retraite-a-65-ans-cest-non. La tribune est également à retrouver sur le Club de Mediapart.

 

 

Retraite à 65 ans, c’est non !

 

Le candidat Emmanuel Macron veut repousser la retraite à 65 ans. Un retour en arrière de 40 ans après l’avancée de la retraite à 60 ans en 1981.

Emmanuel Macron entend faire de l’élection présidentielle un référendum pour ce recul social. Nous appelons à construire un mouvement majoritaire contre la retraite à 65 ans.

Rien ne justifie ce recul social ! Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) indique que « la part des dépenses de retraites dans le PIB resterait dans une trajectoire maîtrisée à l’horizon 2070 ».

Il n’y a aucune prise en compte de la pénibilité. Une personne entrée à 18 ou 19 ans dans l’emploi devrait attendre 3 ans de plus qu’actuellement – et souvent au chômage – pour prendre sa retraite.

Ce serait injuste ! Les premières années de retraite sont toujours les meilleures alors qu’avec un allongement de l’âge de départ, les années au travail seraient les plus difficiles.

En cas de recul de l’âge de départ à la retraite, l’espérance de vie en bonne santé risque de reculer et les inégalités devant la retraite s’aggraveraient.

Ce sont près de six millions de chômeuses et de chômeurs, de précaires qui seraient laissé·es sur la touche.

À l’inverse, l’augmentation des salaires permettrait de renforcer les recettes pour la protection sociale dont les pensions de retraite. Grâce aux cotisations sociales qui financent depuis des dizaines d’années notre retraite par répartition.

Ce sont les contre-réformes successives depuis 1993 qui ont entraîné la baisse des pensions. C’est le refus d’augmenter les cotisations sociales qu’il faut mettre sur la table.

Nous devons envoyer à l’Assemblée Nationale une majorité de député·es favorables au retour du droit à la retraite à 60 ans et à son financement.

Un droit à la retraite à 60 ans avec une pension minimum à hauteur du Smic c’est possible !C’est un choix de société pour le bien-être humain, pour la majorité des actives et des actifs comme des retraité·es.

Une majorité peut et doit s’opposer à tout nouveau recul social.

Une majorité peut d’ores et déjà se manifester pour dire « Non à la retraite à 65 ans ! »

Signez massivement ce texte sur les marchés, dans les entreprises, sur internet.

https://www.wesign.it/fr/social/retraite-a-65-ans-cest-non

Les 100 premiers signataires

AUROUX, Jean, Ancien ministre

BALL, Benjamin, Organisateur de communautés

BARNIER, Louis-Marie, Syndicaliste et sociologue du travail

BATOUX, Philippe, Maire PS de Mérindol

BENARROCHE, Guy, Sénateur EELV des Bouches du Rhône,  groupe GEST

BENCHLIKHA, Nawel, Syndicaliste

BERR, Éric, Économiste

BILLARD, Martine, Ancienne députée,  LFI

BILLON, Gérard, Syndicaliste

BOMPARD, Manuel, Député  européen,  directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon

BRANCHEREAU, Jean-Claude, Syndicaliste

BRODY, Patrick, Syndicaliste

BRUNACCI, Jean, Secrétaire régional de l’UR Solidaires des Pays de la Loire

CAHEN, Michel, Directeur de recherche CNRS retraité

CHANTECAILLE, Martine, Professeure,  Conseillère municipale La-Roche-sur-Yon

CHARLES, Léo, Universitaire

CHERET, Pierre, Conseiller régional Nouvelle Aquitaine – PS

CHETIBI, Rachida, Syndicaliste FO

COHEN-SÉAT, Patrice, PCF

COLLINEAU, Marlène, Adjointe à la maire de Nantes – GDS

COMBES, Maxime, Économiste

COQUEREL, Éric, Député LFI de Seine-St-Denis

CORBIÈRE, Alexis, Député LFI de Seine-St-Denis

COULOMBEL, Alain, Membre du bureau exécutif d’EELV

COUPE, Annick, Porte-parole d’Attac

COURS-SALIES, Pierre, Sociologue

CUKIER, Alexis, Philosophe

DE COCK, Laurence, Historienne,  enseignante

DESCOTTES, Romain, Syndicaliste

DESSEIGNE, Gilles, Syndicaliste Unsa

DREZET, Vincent, Économiste fiscaliste,  ATTAC

DUVAL, Sébastien, Président de l’Association des Sinistrés de Lubrizol

EPSZTAJN, Didier, Animateur blog « entre les lignes entre les mots »

FARBIAZ, Patrick, PEPS (Pour une écologie Populaire et Sociale)

FILOCHE, Gérard, Porte parole de la Gauche démocratique et sociale (GDS)

FLACHER, David, Enseignant-Chercheur

FOUQUER, Jean-Marie, 2022 Vraiment en Commun

FRACHON, Olivier, Ancien responsable syndical

GASPAROTTO, Jean-Philippe, CGT groupe Caisse des dépôts

GHAZI, Karl, Syndicaliste,  Coprésident de la Fondation Copernic

GLAYMANN, Dominique, Sociologue

GLEIZES, Jérôme, Élu EELV Paris

GORI, Roland, Professeur des universités

GUERRIER, Daniel, Journaliste honoraire,  ancien responsable syndical national

HARRIBEY, Jean-Marie, ATTAC,  Fondation Copernic,  Économistes attérrés

HERBOUX, Marie-Claude, Membre de l’équipe d’animation nationale du Mouvement Ensemble !

HESSEL, Anne, Présidente d’honneur de Nouvelle Donne

JALLAMION, Michel, Président de la Convergence nationale des services publics

JEFFERS, Esther, Économiste atterrée

JOHSUA, Samy, Professeur émérite Université Aix Marseille

KHALFA, Pierre, Économiste,  Fondation Copernic

LALANNE, Jean-Yves, Maire GDS de Billère 64

LAMBERT, François-Michel, Député Libertés et Territoires

LEBON, Karine, Députée GDR de La Réunion

LEMAIRE, Gilles, Écologiste,  altermondialiste

LONGERINAS, François, Militant du mouvement coopératif des SCOP et des SCIC

LUCHI, Marie, Responsable des relations unitaires de Génération.s

MAMÈRE, Noël, Écologiste

MAMET, Jean-Claude, Coanimateur du blog Syndicollectif

MANGENOT, Marc, Économiste,  militant associatif

MARTEL, Georges, Responsable  association CAP À GAUCHE 19

MARTIN, Benoît, Syndicaliste

MARTIN, Jean-Pierre, Union syndicale de la psychiatrie

MARTIN, Myriam, EI,  FI,  Syndicaliste

MATH, Antoine, Chercheur

MAURIN, Jean-Claude, Nouvelle Gauche Socialiste 26

MECARY, Caroline, Avocate

MERIEUX, Roland, Membre de l’équipe d’animation nationale du Mouvement Ensemble!

MICHEL, Emmanuel, Bureau fédéral SUD PTT

MICHELAND, Lauric, Trésorier National du parti Allons Enfants

MORDER, Robi, Juriste du travail et politiste

MOUQUET, Aline, Coprésidente de Nouvelle Donne

MUTIN, Marie-Thérèse, Éditrice

MUYSSEN, Arnaud, Médecin hospitalier

NEUVILLE, Richard, Syndicaliste,  militant de l’autogestion

PARNY, Francis, Communiste dans l’Union Populaire

PECQUEUX, Clément, Adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine,  militant Génération.s

PELLETIER, Willy, Sociologue

PELLISSIER, Jean-François, Porte Parole d’ENSEMBLE! Mouvement pour une Alternative de Gauche Écologiste et solidaire

PERNOT, Jean-Marie, Politiste

PERRET, Patrice, Syndicaliste

PERRIN, Évelyne, Stop Précarité

PONCET, Raymonde, Sénatrice EELV

RESSIGUIER, Muriel, Députée LFI de l’Hérault

RIOT SARCEY, Michelle, Historienne

ROMERO, Roberto, Conseiller Régional Île de France

ROUSSET, Pierre, Militant associatif

RUFFIN, François, Député LFI de la Somme

SEGERS, Philippe, Associatif

SERFATI, Claude, Militant associatif

THORN, Jean-Pierre, Cinéaste

TILLAY, Anne-Juliette, Syndicaliste

TOUCHEFEU, Claude, Militante féministe,  ex adjointe au maire Toulouse

TREILLET, Stéphanie, Économiste

TROUVÉ, Aurélie, Présidente du Parlement de l’Union Populaire

VERGIAT, Marie-Christine, Associative

VÉRONÈSE, Alain, AC ! Agir ensemble contre le chômage

VIGOT, Antoine, Syndicaliste FSU Rouen

VILLEMOT, Sébastien, Économiste

WULFRANC, Hubert, Député communiste de Seine-Maritime

Les signataires suivants

ADAM, Louis, Expert comptable retraité

ADUAYOM, Catherine, Citoyenne

ALTIPARMAK, Cem, Postier

ANTOINE, Madeleine, Ligue des Droits de l’Homme 19

ARCHE, Alexandra, Fonctionnaire

AYMARD, Lionel, Syndicaliste CGT et associatif

AZARIAH, Jennifer, Syndicaliste SUD

BARAFFE, Michel, Syndicaliste

BARRAT, Anne-Marie, Retraitée

BAUER, Nathan, Militant LFI

BAVANT, Gérard, Secrétaire du Parti de Gauche 19

BÉLINGUIER, Christian, Ancien responsable syndical Éducation

BELLOISEAUX, Vincent, Syndicaliste

BERNARD, Alain, Président d’Associations – Ancien syndicaliste

BERNARD, Carine, Citoyenne

BISACCIA, Gaëtan, Citoyen

BLANCHET, Philippe, Syndicaliste

BOEUF, Sigismond, Candidat aux élections législatives 3e circo Eure et Loir

BOISRAMÉ, Nadège, Conseillère municipale GDS Nantes

BOISSET, Sylvie, Enseignante

BONY, Vincent, Militant associatif

BONY, Fabienne, Citoyenne et militante associative

BOUAKKA, Djamila, Salariée

BRUN, Dominique, Retraité de l’Éducation Nationale

BRUN, Véronique, Citoyenne syndiquée

CAILLAUD, Sarah, Syndicaliste

CAPANEMA SCHMIDT, Sylvia, Conseillère départementale 93,  enseignante chercheuse

CERNON, Bérenger, Syndicaliste

CHAMARD, Éric, Syndicaliste

CHOCTEAU, Lina, ATTAC

CONDUCHÉ, Mireille, Syndicaliste

CORDANI, Claudine, Activiste et artiste écoféministe

CORGIER, Françoise, RESF

DEL SIGNORE, Christophe, Syndicaliste

DJITLI, Bilal, Syndicaliste SUD

DOMINGUEZ, Éliane, Retraitée

DUMAS, Gilbert, Syndicaliste retraité FSU

DUPONT, Jean-Michel, Militant

DURAND, Éloïse, Militante pédagogique

DUTILLEUX, Brigitte, Retraitée à 62 ans

DUTOT, Alain, Militant GDS

FASSO, Sybille, GDS,  conseil des seniors Paris 10

FOURÉ, Luc, Syndicaliste

GARCON, André, Syndicaliste,  militant Ensemble & Insoumis.e

GARNIER, Julie, Conseillère régionale IDF

GASSIOT, Pascal, Militant associatif

GETTLIFFE, Julien, SNES-FSU,  porte-parole du collectif « Moissac Mérite Mieux »

GIGON, Augustin, Enseignant

GIRINON, Gilles, Syndicaliste

GLEIZES, Élisabeth, membre du bureau national de Nouvelle Donne

GOUBIER, VIRGINIE, Militante associative

GOUBIER, Jean-Marc, Union populaire

GRACI, Isabelle, Citoyenne

GRAND, Muriel, Syndicaliste

GUILLEMAIN, Marie-Anne, Parlement de l’Union populaire

GUILLON-MAS, Bruno, Citoyen

GÜNTHER, Georges, Militant associatif

GUYS, Reine Emmanuelle, Génération.s

HERODY, Sylvie, Membre du parlement de l’Union Populaire

HERVÉ, Joëlle, Citoyenne

HUGUENIN, Gaëtan, Syndicaliste

HUGUIN, Angélique, Militante anti-nucléaire

IMBERDIS, Sandrine, Militante politique

JACOB, Luc, Citoyen

JACQUET, Nicole, Citoyenne

JOINT, Marie-Laure, Syndicaliste

JOINT, Frédéric, Syndicaliste

KERNAONET LEDAUPHIN, , Membre d’Allons Enfants

KRASNOPOLSKY, Pablo, Militant syndicaliste et associatif

KRZYWKOWSKI, Isabelle, Snesup-FSU

LAAROUSSI, Nadia, Syndicaliste

LAUMONIER, Pierre, Citoyen

LE FAOUDER, Mickaël, Syndicaliste

LEAL, Virginie, Syndicaliste

LECOMTE, Chloé, Syndicaliste

LEGAY, Geneviève, Altermondialiste et Gilet Jaune

LICHTENSZTEIN, Nathalie, Retraitée personnel de direction EN

LOÏAL, Michel, Syndicaliste

LUSSON, Julien, Citoyen

MACAL, Patrick, Citoyen

MAIGRET, Christelle, Syndicaliste

MAINGAULT, Philippe, Syndicaliste et militant ESS

MALIFAUD, Jean, Syndicaliste FSU

MALLET, Christophe, Syndicaliste

MANGON, Sophie, Syndicaliste

MARGUET, Marie-Ange, Citoyenne solidaire

MARTIN, Bernard, Engagé politique

MASTAIN, Cédric, Syndicaliste

MATTHEW, Suzanne, Syndicaliste

MÉDALE, Philippe, Syndicaliste

MENDY, Patrick, Syndicaliste

MERION, Jean-David, Citoyen

MESSICA, Fabienne, Ligue des Droits de l’Homme

MICHEL, Sophie, Syndicaliste

MICOUD, Marie-Pierre, Militante politique et associative,  syndicaliste

MONTAUFRAY, Alain, Ensemble !

MONTEUX, Daniel, Retraité de l’enseignement supérieur et secondaire

MONTEUX, Josiane, Retraitée de l’enseignement supérieur et secondaire

MOREAU, Maria, Citoyenne

MORILLA, Jean Manuel, Syndicaliste

MORVAN, Marc, Syndicaliste

MOTTO ROS, Bernard, Conseiller Municipal GDS St Jean du Pin 30

MOULIÉ, Gisèle, Syndicaliste Solidaires

NICOULAUD, Martine, Citoyenne

OLENDER, Renée, Gauche démocratique et sociale Pyrénées Orientales

PANEL, Stéphanie, Syndicaliste Normandie

PEREZ, André, Syndicaliste

PERRET, Isabelle, Citoyenne

PETIT, Jean-Yves, EELV

PETIT HASSAN, Elsa, SNES FSU,  NPA

PEY, Mic, Militant associatif

PEYRARD, Jean-François, Associatif,  syndicaliste et politique

PEYRON, Patrick, Citoyen

PEZZO, Nadège, Militante politique

PHILIPPO, Michel, Parlement de l’Union Populaire

PIGNEROL, Bernard, Président de l’institut La Boétie

PUPIER, Philippe, Militant associatif

QUATENNENS, Adrien, Député LFI du Nord

QUENNET, Stéphane, Syndicaliste

QUINTAL, Yves, Ensemble ! 46

RACHET, Pierre, Associatif

RACHET, Jeannine, Citoyenne

RACHET, Anne-Marie, Citoyenne

RACHET, Michel, Associatif

RANDRIA, Olivier, Porte-parole de Nouvelle Donne

RATENON, Jean-Hugues, Député LFI de la Réunion

RAYMOND, Isabelle, Citoyenne

RAYMOND, Philippe, Citoyen

RENAULT, Sandrine, Citoyenne

REYMOND, Sylvie, Militante associative

REYMOND, Jérôme, Militant associatif

ROGER, Nicole, Citoyenne

SABATIER, Gilles, Militant d’ATTAC

SANTANA, Lilia, Militante associative

SAUCE, Christian, Syndicaliste

SCELLES, Fabrice, Syndicaliste

SCHNEIDER, Sylvain, Syndicaliste SUD Solidaires TMT

STEINMETZ, Lenny, Candidat aux législatives avec « Allons enfants »

STEMPNIEWICZ, Thierry, Militant syndical

TARRADE, Alix, Membre de « Allons Enfants »

TAVEL, Matthias, Conseiller régional Pays de la Loire

TERRES GRAILLE, Dominique, Citoyenne

THAO, Diane, Syndicaliste SUD Solidaires TMT

THOBIE, Stéphane, ATTAC

THOUZEAU, Éric, Syndicaliste et militant politique GDS

TIMSIT, Pierre, GDS 31

VALLA, Martine, Syndicaliste CGT

VARENNE, André, Syndicaliste secrétaire section mineurs

VERGNAUD, Léon, Anarchiste

VIALE, Carla, Citoyenne

VIALE, Bernard, Syndicaliste

VIOLO, Natacha, Citoyenne

WEILL, Jacqueline, Retraitée

 

8 jours pour contrer Macron et ses variants

Une élection jouée d’avance ?

 

 

Déclaration de candidature ultra-tardive, refus de tout débat avec ses concurrents, levée unilatérale des restrictions sanitaires, mise en scène d’un rôle fantasmé de « chef de guerre »… Macron – bien aidé en cela par son ami Poutine – fait tout pour étouffer la campagne électorale. Mais parviendra-t-il à réduire au silence les aspirations sociales, démocratiques et écologiques qui s’expriment dans le pays ?

 

Pendant deux ans, en 2018 et 2019, Macron a fait la sourde oreille à l’un des plus grands mouvements du personnel soignant de l’histoire de notre pays : les hôpitaux étaient tous à bout de souffle, manquaient de moyens et d’effectifs ; Macron n’a cédé sur rien, car cela allait contre son plan de privatiser l’hôpital et de fiscaliser la Sécurité sociale, en supprimant les cotisations.

 

Le Covid a bon dos…

Macron lançait encore le 6 mars 2020 : « Allons tous au théâtre ». Il dut vite réviser cette position, le 12 mars, mais rien n’était préparé, d’où la nécessité d’un long confinement. Avec Macron il n’y avait pas de gel, pas de masques, pas de seringues, pas de pousse-seringues, pas de blouses, pas de gants, pas d’écouvillons, pas de lits, pas de respirateurs, pas de tests, pas de médicaments, pas de soignants. Et plus tard, pas de vaccin, la recherche ayant été cassée et privatisée, l’argent donné par l’État à Sanofi ayant été vampirisé les actionnaires. En deux ans, Macron a supprimé 5 700 lits et refusé de réquisitionner les cliniques privées. Normalement, un vaste procès devrait être enclenché contre les responsables macroniens.

Sans toutes ces erreurs, errements, improvisations, mensonges et impréparations, la vaccination aurait été massivement acceptée, par la persuasion et sans Passe sanitaire. Macron en a profité pour casser encore plus le droit du travail, avec des licenciements abusifs, des privations de salaires, le contrôle de la santé par le patron, la remise en cause du secret médical et de l’Inspection du travail (affaire Anthony Smith).

Le Covid a fait du monde un vaste chantier où le capitalisme s’est révélé inapte de faire face aux pandémies que sa logique profonde favorise pourtant.

Et les riches en ont profité pour s’enrichir sur le dos des malades. Le capitalisme est impitoyable et n’a laissé aucune place à nos revendications légitimes : pas de profit sur la pandémie, liberté et gratuité des brevets, transferts de technologie, transparence des prix et transactions ! Macron, coûte que coûte, a donne 70 % de tous ces milliards… aux milliardaires et seulement 30 % à celles et ceux qui en avaient vraiment besoin ! Et encore, l’essentiel, et notamment les 84 % de chômage partiel, il les a pris dans nos caisses, dans nos impôts et en baissant nos revenus ; ce n’était pas « cadeau », puisque c’était à nous !

 

Et la guerre survint

La guerre en Ukraine en produit un autre : la responsabilité du déclenchement et de la conduite de ce crime contre l’humanité revient entièrement au dictateur Poutine. Au prix d’une souffrance indicible du peuple ukrainien, elle bouleverse l’ordre du monde, elle fait peur et détourne l’intérêt des questions fondamentales de salaires et de santé.

Cette guerre est le produit des conflits entre les impérialismes, du nationalisme, de la « compétitivité » capitaliste fauteuse de guerre. Chaque année, les grandes puissances dépensent 2 000 milliards dans leur armement, et la France est dans le peloton de tête des fabricants d’armes, Macron en ayant vendu à la Russie elle-même (qui en produit une grande part), mais aussi à l’Égypte, la Libye, la Birmanie, l’Arabie saoudite et dans d’autres dictatures assassines.

Macron essaie d’en profiter pour justifier son absence de campagne électorale, son refus de débattre avec les 11 autres candidats, et en profite, en tant que président de l’Union européenne, sur le mode « chef de guerre » pour s’afficher dans des banquets, par ailleurs peu efficaces, comme celui du sommet de Versailles.

Même le retrait des troupes françaises du Mali (53 soldats français tués, 2 800 morts en face et 2 millions d’euros dépensés par jour depuis neuf ans) se fait sans débat ! Et, dans Le Figaro, Jean-Do Merchet peut expliquer sans provoquer un immense tollé, qu’en 2013, le prétexte de l’intervention était un mensonge : Bamako n’était pas directement menacé. Il n’aurait jamais fallu « y aller », mais donner les 2 millions par jour pour les écoles et la santé.

 

Non à la bande des quatre !

La bande des « quatre nuances » de droite –  Macron, Pécresse, Le Pen, Zemmour (LREM, LR, RN, Reconquête) – diffuse un concentré d’attaques anti-sociales et un dégradé de racisme, de xénophobie, de chauvinisme, de militarisme et de bellicisme.

En tête, les deux : Macron et Le Pen. Le Pen s’est macronisée, Macron s’est lepenisé. Ce sont deux candidats des riches, même si l’une s’annonce pire que l’autre. Le RN est fasciste en son fond, beaucoup moins dans son discours. Mais ne nous trompons pas ! C’est comme un volcan qui dort : au pouvoir, il se réveillerait et sa lave raciste se répandrait partout.

Davet et Lhomme, du Monde, ont publié un livre éclairant sur Hollande et Macron : Le traître et le néant. Mais Macron n’est pas le « néant », ni un caméléon ni une girouette. C’est un fanatique avec une ligne constante et dangereuse : il veut une « société sans statut », une France start up « post salariale » ubérisée et sans cotisations sociales – c’est-à-dire sans Sécu ! Le tour de bonneteau commun aux quatre, c’est de baisser fortement le salaire brut qui vous sert toute la vie, en vous donnant l’illusion de majorer un peu votre salaire net qui vous sert au mois le mois.

Aucun des quatre n’a évoqué le procès de Deliveroo, du 8 au 12 mars à Paris, où il s’agissait de requalifier le contrat « commercial » illégal de 17 000 livreurs en contrat de travail : ils en profitent tous pour redoubler leurs attaques contre le travail, contre le salariat. Invoquant la « dette », Macron double toute la droite par sa droite en prônant la retraite à 65 ans.

Contre eux, dans cette campagne, il faut inlassablement rappeler que 600 milliards de fraudes fiscales manquent à la France : on le sait à travers les Pandora Papers (2021). La GDS a lancé une pétition contre le silence organisé sur la question cruciale de la fraude fiscale : « Fraude fiscale, ça suffit ! »1. Nous avons absolument tous les arguments pour mener une immense campagne contre Macron. Mais au sommet, ils s’efforcent de la « passer à l’as ».

 

Les « chances » de la gauche

Tout a été bon, qu’il s’agisse d’initiatives ou d’appels (serment de Romainville, Primaire populaire, UNALT 2022, 2022 en commun…). Tout a été essayé pour exercer la pression la plus forte pour que les neuf candidats initiaux de la gauche se rassemblent en un seul candidat commun sur une bonne plateforme.

Les 392 728 votants qui se sont exprimés le 30 janvier (dont 100 000 pour Jadot et un peu moins pour Mélenchon malgré leur auto-sabordage) ont été le signe de l’aspiration massive de l’électorat des gauches à l’unité. Ils n’ont pas voté pour Taubira, ils ont voté pour l’unité. Celle-ci a tardé à le comprendre, mais elle s’est retirée. Pourtant, 81 % des électeurs de gauche étaient pour une primaire, dont 74 % des sympathisants de la FI.

Mais l’occasion a été systématiquement sabotée, si bien qu’un mois plus tard, le 5 mars, Artaud, Hidalgo, Jadot, Mélenchon, Poutou, Roussel ont déposé leurs candidatures qui ont été validées par le Conseil constitutionnel. Cela crée une telle division des voix que la présence de la gauche au 2d tour est incertaine.

Mi-mars, le premier des six candidats de la gauche est à 12 ou 13 % des voix, 3e ou 4e derrière deux candidats de droite et deux d’extrême droite… Dans notre pays, historiquement si combatif et si social, c’est inouï !

Au 15 mars, les progrès sensibles de Mélenchon en font le « mieux placé » selon tous les instituts de sondage et les chances de l’unité, pourtant si nécessaires, sont devenues nulles. Pire, le poison de la division aggrave la violence des excommunications de fin de campagne. Les candidats s’agressent entre eux, s’excommunient, s’insultent même : « ami de Poutine », « suppôt des dictateurs », « bourgeoise », « macron-compatible », « écologie ou jardinage ? », « traîtres »… Tous les jours, les noms d’oiseaux volent. Toute l’excitation consiste à essayer de prouver qu’un candidat d’une chapelle est susceptible de battre les autres. Rien ou presque n’est fait pour essayer de prouver que la gauche pourrait battre Macron. C’est l’esprit de chapelle contre esprit offensif.

 

Esprit de chapelle

La FI exclut le PS de la gauche à laquelle il appartient depuis plus de cent ans. C’est un « parti ouvrier bourgeois » dont l’appareil trahit la gauche avec des hauts et des bas selon les rapports de force sociaux. Il reste tout de même fort de 18 000 membres, 85 parlementaires, plusieurs grandes villes, 31 départements sur 101, 5 grandes régions sur 13 et entre 2 et 3 millions d’électeurs.

20 % des cadres du PS, des renégats, ont rompu et sont passés à droite en soutenant Macron. Une preuve que le PS fait campagne contre Macron, c’est que les derniers partisans de Macron – Touraine, Guigou et Rebsamen – s’en vont : ce sont eux, les traîtres à la gauche et à leur parti.

Dans Le Monde pourtant, Michel Noblecourt relatait, le 25 janvier, qu’« Olivier Faure, n’a pas hésité en 2019 à dénoncer la “trahison” de Hollande, incriminant la déchéance de nationalité et la loi travail ». Des centaines de milliers de voix traditionnellement socialistes sont en déshérence, penchent pour l’abstention, suite à la mauvaise campagne d’Hidalgo et à ses agressions répétées contre Jean-Luc Mélenchon.

Dans EELV, la campagne ne va pas fort non plus. Sandrine Rousseau, qui a expliqué que la campagne de Jadot était aussi « ronronnante que le bruit d’un réfrigérateur la nuit », a été exclue du « staff » du candidat. Le score qui devait consacrer « l’ère des écolos » stagne autour de 4,5 %. Le candidat s’en va en guerre à la façon de la ministre verte allemande qui propose une hausse du budget militaire, et dénonce en Mélenchon un quasi agent de Poutine. Pourtant, l’unité de la gauche sur la question ukrainienne serait facile à échafauder si une réelle volonté existait : sous le titre « Non à la guerre, paix immédiate », les cinq confédérations syndicales (CGT, CFDT, CGC, CFTC, FO) ont, elles, bien réussi à s’entendre. Ce texte, signé par Laurent Berger et Philippe Martinez, pourrait faire consensus à gauche.

Au PCF, la campagne Roussel électrise et revigore des militants qui se voient portés autour de 3 à 4 % d’intentions de vote, mais, à l’approche du 1er tour, ces voix, quelles que soient leur motivation profonde, apparaissent surtout comme un frein à la dynamique du candidat le mieux placé : Mélenchon.

Décidément, la preuve est là : l’union à la base, ça ne marche pas ! Prétendre « faire l’union à la base » ne réussit jamais et accentue in fine la division Il aurait fallu l’union à la base ET au sommet : au sommet, parce que cela permet de rapprocher les bases, et à la base, parce que cela fait pression sur les sommets. C’était la seule façon d’additionner les partis pour mieux les dépasser. Déjà en son temps, Engels avait écrit : « La domination de la bourgeoisie n’est fondée que sur la concurrence des ouvriers entre eux, c’est-à-dire sur la division à l’infini du prolétariat, sur la possibilité d’opposer entre elles les diverses catégories d’ouvriers ».

 

Voter pour le mieux placé

Pourquoi au milieu de ce gâchis, nous, à la GDS, appelons à voter Mélenchon ? Tout simplement parce qu’il s’agit du candidat de gauche le mieux placé. Lors de la consultation qui s’est déroulée du 18 au 23 février dernier, les adhérents de la GDS ont adopté à 75 % la motion suivante.

« La GDS réaffirme les enjeux d’urgence sociale, écologiste et démocratique face aux politiques destructrices du gouvernement Macron, de la droite et de l’extrême droite.

C’est ce qui légitime les batailles pour l’unité de toutes les gauches, à la présidentielle et aux législatives, basée sur un pacte de législature et un gouvernement commun composé de tous les représentants des partis et mouvements des gauches sociales, écologistes.

Malgré la division, malgré la dispersion de la gauche, il ne faut pas renoncer, il faut combattre l’abstentionnisme et réaffirmer l’importance de voter à gauche.

La GDS appelle, à l’issue de sa consultation, à voter pour le candidat de gauche le mieux placé, Jean-Luc Mélenchon, tout en continuant son action pour l’unité jusqu’au bout. »

Nous l’expliquons sans ambage : nous ne changeons pas. L’unité ne s’étant pas réalisée, malgré tous nos efforts, il faut en prendre acte, et, en bons matérialistes et réalistes, puisqu’on ne peut emprunter la large allée de l’union dynamique de la gauche, il faut se résoudre à passer par le trou de souris que nous propose le candidat mieux placé, à savoir Jean-Luc Mélenchon. Pas d’autre choix. Mettons de côté préjugés, regrets et déception. S’il reste une ultime chance de porter la gauche au pouvoir, il faut la jouer une fois que toutes les autres ont été tentées.

Pour avancer vers le socialisme, nous avons deux moyens : lutter et voter. Ne fétichisez pas le bulletin de vote : ce n’est qu’un moyen. Mais il faut voter comme on peut, au plus près de ce que l’on pense. Nous n’avons pas d’ennemis à gauche, mais nous voulons battre nos ennemis de droite LR, LREM, RN et Reconquête.

Battre la droite aidera ensuite pour les luttes. Être au 2d tour, avec n’importe quel candidat, c’est utile pour défendre le Smic à 1 800 euros, la retraite à 60 ans, les 32h hebdomadaires sans perte de salaire, un salaire maximum plafonné à 20 Smic, les énergies renouvelables et durables, une VIe République démocratique et sociale.

Une rencontre a eu lieu, le jeudi 3 mars, entre deux délégations, celle de la FI, d’une part (Manuel Bompard, Aurélie Trouvé, Sarah Legrain, Eric Coquerel, Anthony Smith), et celle de la GDS (Marlène Collineau, Claude Touchefeu, Jean-Yves Lalanne, Gérard Filoche). À la délégation de la GDS, la FI, informée de notre consigne de vote, a proposé six actions : 1. la participation de trois camarades, Marlène Collineau, Claude Touchefeu, Gérard Filoche au Parlement de l’Unité Populaire ; 2. l’invitation à participer à des meetings et un accord pour la publication de tracts ; 3. l’invitation à participer à des réunions à la porte d’entreprises en luttes ; 4. la participation, là ou ce serait possible à des activités locales avec les groupes d’appui de la FI ; 5. la rédaction par Aurélie Trouvé, en lien avec la GDS, d’un communiqué commun pour acter cette prise de position ; 6. le principe d’une autre réunion similaire GDS-FI avant fin mars.

 

Pour un second tour unitaire

L’unité du salariat est une question programmatique de fond, pas une simple question de forme. C’est en même temps une question stratégique : le reste du programme ne peut être réalisé sans cette unité de la majorité du salariat. Il y faudra un gouvernement FI-EELV-PCF-PS !

Ce qui n’aura pas été fait avant le 1er tour, devra l’être le soir du 10 avril : c’est le moment de comprendre – enfin ! – qu’il ne faut pas opposer « réforme » et « révolution ». Les deux se nourrissent mutuellement. Pour le sprint du 2d tour, du 10 au 24 avril, réformistes et révolutionnaires doivent aller dans la même direction, sinon il n’y a même pas de course. Et on sait que lorsqu’il y a l’unité de toute la gauche, ce sont souvent les révolutionnaires qui l’emportent dans les derniers mètres.

Il faudra mettre en avant quelques points clefs : unité pour un Smic à 1 800 euros bruts, unité pour la retraite à 60 ans à taux plein. Oui, il y a 7 ans d’écart en termes d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre et 13 entre riches et pauvres ; 25 % des pauvres sont morts avant 60 ans ; l’espérance de vie en bonne santé a baissé de 64 à 63 ans ; 2 salariés sur 3 ne sont plus au travail à partir de 55-56 ans. Il faut du boulot pour la jeunesse. Unité pour la réduction du temps de travail à 32h, unité pour un salaire maximum à 20 fois le Smic, unité pour un plafond de 5 % de non-CDI dans chaque entreprise, unité pour une seule grande Sécu ! Halte aux complémentaires santé et prévoyance ! Toute la gauche UNANIME devra déclarer vouloir « redonner vie et sens en ce XXIe siècle aux principes fondateurs de la Sécurité sociale »2. Il faut aussi l’unité pour une transition écologique et la défense du climat.

 

Objectif législatives

Pour les 12 et 19 juin : nous combattons pour un seul candidat de gauche par circonscription. Cela implique des accords nationaux et locaux ; cela implique la mobilisation des militants dans chaque circonscription pour choisir la meilleure ou le meilleur candidate ou le candidat qui représente toute la gauche.

C’est pourquoi, le 22 février, nous avons, dans une conférence de presse, avec Nouvelle donne, Ensemble sur nos territoires, Allons enfants, une partie de militants d’Ensemble !, lancé un Rassemblement social et écologique (RSE) à gauche, qui se veut la petite roue qui entraînera la grande. Nous avons longuement élaboré une plateforme commune en 150 mesures, en prenant en compte ce qu’il y a de meilleur en commun, défendu par toute la gauche dans la présidentielle et qui pourrait l’être dans les législatives. Cette plateforme commune a été publiée sur les réseaux sociaux, et est accessible sur notre site www.gds-ds.org. Elle a pour but de servir de base à la présentation de plusieurs dizaines de candidats les 12 et 19 juin prochains. Une première réunion d’échange et de projet s’est tenue le samedi 19 mars de 14h à 17h30 à Paris (Bourse du travail). Nous avons pris contact avec toutes les organisations de gauche pour développer au maximum cette initiative dans l’esprit unitaire qui est le nôtre.

Depuis des années, nous combattons pour l’unité de la gauche. Certains n’ont pas bougé le petit doigt, et maintenant ils nous disent que c’est « trop tard » ! En fait, rien n’est jamais écrit et rien n’est encore joué pour les 12 et 19 juin

Et un jour prochain, il faudra bien reconstruire une grande maison de gauche commune, pluraliste, démocratique : un congrès comme celui que Jaurès et Vaillant dirigèrent pour réunir les socialistes au-delà de leurs différences et pour fonder la SFIO en avril 1905 : le « congrès du Globe », à Paris3.

Jaurès défendait une unité respectueuse « faite de la dignité antérieure de chacun ». Pour rassembler, il faut respecter toutes les composantes à gauche. Ne pas les traiter de nains, ni les insulter, apprendre à rediscuter, et à travailler ensemble sera la seule base de constitution d’une nouvelle grande gauche, quoi qu’il advienne des élections d’avril et juin 2022.

 

Gérard Filoche

 

1. http://www.gds-ds.org/signez-la-petition-fraude-fiscale-ca-suffit.

2. « Pour que vive la Sécurité sociale ! », Appel de Saint-Étienne, 3 octobre 2020.

3. Voir à ce titre « Pour un nouveau Congrès du Globe », D&S 292, p. 10-11.