Pas touche au brut : c’est le vrai salaire

Toutes les « brutes » de droite et d’extrême-droite annoncent le cœur de leur programme pour la présidentielle : s’en prendre au salaire brut. Attal a lancé la formule « viser droit au brut ». il s’agit carrément de baisser nos salaires c’est à dire le haut des feuilles de paie de 30 millions de salariés. Retailleau veut rapprocher le brut du net. Philippe veut rapprocher le brut du net. Le Pen veut rapprocher le brut du net.

Et maintenant Glucksman qui est sorti du bois et prône ouvertement une coalition avec la droite, ne parle plus que de « rémunération nette », prêt, dit-il à baisser le brut et à augmenter le net en taxant les héritages, c’est-à-dire en faisant appel aux impôts payés par les citoyens, plutôt qu’aux cotisations versées par les patrons. Hollande encore plus vers la droite que ce qu’il fut de 2012 à 2017 avec la « politique de l’offre » propose de remplacer spectaculairement les cotisations par une « TVA sociale à 24 % ».

Tout cela vise à supprimer le financement de la Sécurité sociale et de nos retraites tel qu’il existe depuis 80 ans : au lieu d’exonérer les cotisations, ils les suppriment carrément. C’est une baisse drastique du cout du travail telle que le MEDEF la rêve depuis des décennies. Le Mdt veut d’abord mettre fin a la part patronale dite « superbrut ». Puis le Medef propose de réduire drastiquement le brut pour hausser misérablement le net : il chiffre même à 333 euros le gain du net pour un smic, et à 400 euros pour un smic et demi, en se gardant bien de révéler ce que cela couterait, à la place, en paiement d’assurances privées, de complémentaires et en primes de retraites par capitalisation.

Imposture :

Selon les projets de toutes ces « brutes » la santé et la retraite seraient basés sur l’impôt, les budgets sécurité sociale et état étant mélangés. Dans Marianne, Liem Hoang Ngoc qui se prétend le faiseur du programme économique du PS, et qui a toujours défendu la fiscalisation de la Sécu, embrouille le sujet : «  le financement des branches santé et famille « peut » transiter par l’impôt affecté à la sécurité sociale dans une logique de solidarité nationale… afin de financer les dépenses de santé, croissant plus vite que le PIB, mieux vaut rendre progressif cet impôt sur le revenu bis qu’est la CSG (ce que suggère le projet socialiste) ».

Mais Oliver Faure dont la parole, plus sociale et plus à gauche, se libére dans sa campagne pour la candidature présidentielle et s’y oppose :   »Proposer de rapprocher le net du brut : utiliser une partie du salaire (brut) pour réduire les cotisations et donc, les droits à la retraite, santé et assurance chômage, c’est une imposture ».

La barrière de classe est là :

Défendre « la sécu » et les retraites basées sur le travail, comme un élément de notre salaire, ou non.

Le salaire brut est notre vrai salaire, le salaire qui compte pour notre vie entière.

Tandis que le salaire net est celui qui compte au mois le mois.

« Le brut pour la vie, le net pour le mois ».

Le salaire net paie la production des salariés au travail.

Le salaire brut paie la reproduction de leur force de travail.

Le brut est la part mutualisée, socialisée de notre travail mise dans un pot commun (un budget séparé) et mutualisée pour être reversée à chacun selon ses besoins. Ce n’est pas « une charge » comme ils le disent, c’est un bonheur. C’est ce qu’il y a de plus avancé dans notre pays. C’est ça qu’ils veulent détruire.

Nous voulons, au contraire, une « Sécu 100 % » (sans complémentaire), et nous voulons l’alimenter en haussant le salaire brut et net. Nous voulons a contrario du patronat et de toutes ces brutes de droite (et de gauche assimilable), hausser massivement tous les salaires et faire cotiser tous les éléments de salaires (primes, intéressement, participation). Nous voulons que ce budget soit géré (élections tous les 5 ans) par ceux qui travaillent et cotisent.

Notre brut socialisé est sanctuarisé dans un budget séparé : et ça marche !

Il n’y a presque pas de déficit et presque pas de dette sociale.

Seulement 9 % de la dette totale du pays (3300 milliards, 117 % du PIB) est généré par le budget (850 milliards) pré affecté de la protection sociale.

Tandis que 83 % de la dette totale du pays est générée par le budget de l’état-Macron (500 milliards).

Ils mentent quand ils prétendent que la dette serait due à notre « modèle social » ! Non ! Elle est due aux baisses de recettes de l’état (baisse des impôts des riches et multinationales) et par les aides de 211 milliards d’assistanat versées sans conditions ni contrôle aux patrons.

S’ils veulent remplacer le brut par l’impôt (puis pas des cotisations privées) c’est pour escamoter notre « Sécu » et nos retraites et les noyer dans une comptabilité générale où ils feront diminuer ce qu’ils appellent « la solidarité nationale ».

Nous nous opposons à ces brutes, et nous défendons becs et ongles notre salaire brut.

Gérard Filoche  (20 sept 26)

 

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