Dans la petite primaire PS PP, GRS la désignation dès le premier tour, de Raphael Glucksman avec 66,5% des voix laisse un gout d’étrangeté. Quelque chose cloche.
Ça ne correspond pas à ce qu’on ressent en ce moment de grand mouvement social ou les militants et électeurs de gauche cherchent clairement une voix à gauche. Que ce soit le partisan d’une « coalition » avec la droite qui l’emporte aussi nettement interroge sur la nature de l’électorat qui s’est déplacé pour le couronner.
À la différence des 2,1 millions de votants qui avaient balayé Valls le 29 janvier 2017, c’est un petit électorat restreint avec 120 000 voix exprimées (on nous dit 55 000 PS, 25 000 « Place publique » (?), 40 000 indépendants) qui a créé un écart surprenant entre le légitime et rigoureux Olivier Faure et l’outsider instable Raphael Glucksman : ça ne s’explique aisément ni sur le terrain ni dans les esprits qui veulent analyser sérieusement. Glucksman est quand même celui qui a refusé le NFP, refusé une grande primaire démocratique ouverte, obligé à payer 15 euros, vanté la méthode de gouvernement par « coalition » (avec la droite) en Europe, et qui, en plein mouvement national lycée et syndical, explique que « sa place n’est pas dans la rue ». A la veille des 13 et 17 octobre, 5 novembre, ça ne fait pas symbiose. Olivier Faure est celui qui a mené une campagne bien à gauche sur les salaires bruts et nets, sur les droits du travail, sur l’union de toute la gauche, soutenu les revendications des lycéens, et aussi soulevé des questions précises comme sur le génocide à Gaza, et on sait, sans aucun doute possible, combien c’est majoritaire à gauche.
Les sondages donnent toujours plus de 85 % des 9 millions d’électeurs du NFP de juin 2024 favorables à l’union de la gauche et a une candidature commune : alors comment s’est trié le corps électoral de 120 000 personnes qui donnent 66 % des voix à Glucksman ? Il a beau annoncer des « porte à porte partout dans le pays », ce sera comme les ex « 1000 bistros » d’Attal, c’est du côté de Mélenchon qu’est l’intérêt et la dynamique, ainsi en témoigne le grand meeting de 10 000 personnes à Clermont-Ferrand.
Bien que se présentant de façon positive et répétitive comme le « candidat de la gauche démocratique et écologique », Glucksman surgit essentiellement en contre-pied « négatif » c’est-à-dire anti LFI ce qui n’est pas créateur de mobilisation. Il tend à créer un fossé, et à figer, au moins pendant des semaines, les chances de la gauche, mais ça va se heurter à la force des aspirations sociales montantes
Si les apparatchiks de l’aile droite du PS ne cessent de répéter qu’ils considèrent « le débat comme tranché », il va donc rebondir en permanence.
« Union ou pas union », c’est l’éléphant installé dans la pièce, surtout si, comme le veut le Medef, une unité de la droite Attal Philippe Retailleau, s’effectue et que l’accession de la gauche au 2° tour s’en trouve menacée.
Pour battre l’extrême droite et la droite, chacun sait qu’il n’y a comme solution que l’union de la gauche donc la mise a bas de l’exclusive brandie par Glucksman mais aussi par Mélenchon qui aurait davantage été gêné par Faure que par l’élu de l’aile droite du PS.
Si l’union n’avance pas, bloquée par les deux protagonistes, les electeurs feront l’impasse sur leurs réticences, voteront de façon matérialiste, pour celui qui, en apparence sera le mieux placé et leur semblera plus à gauche. Rien n’est encore joué.








