Souffrir et mourir au travail, du « lourd »

Tout tourne autour du salaire : Bardella répète le 1er mai qu’il faut « rapprocher le salaire brut du salaire net« . Et Retailleau dit la même chose. Et Gabriel Attal et Edouard Philippe aussi : il faut supprimer les cotisations sociales. Le plus gigantesque des cadeaux jamais fait aux patrons : vous n’aurez plus à payer que le net. Une baisse drastique du coût du travail. Ils veulent, ils le disent tous, en faire le cœur de la présidentielle. Du « lourd », confirme Édouard Philippe.

C’est insupportable qu’en plus de payer la force de travail des salariés les patrons soient encore obligés de payer la reproduction de la force du travail. Ils contribuent ainsi aux logements, aux enfants, au chômage, à la santé, à la retraite et aux accidents. « Ce n’est pas à nous de payer, y a trop de charges » dit le Medef depuis des décennies. Séparer la protection sociale du salaire. Ils ont déjà quasi coulé les caisses allocations familiales, logements, chômage. Reste à ce que la Sécu soit fiscalisée et les retraites (à 67 ans) se fassent par capitalisation. Fini 100% Sécu et 100% retraites liés aux salaires. Ce sera renvoyé aux fonds privés. Ça rapprochera le brut du net !

Et aussi la caisse « accidents du travail ». Elle est excédentaire alors il faut mettre la main dessus. Pourquoi ce sont les patrons qui sont accusés de « faute inexcusable » quand il y a accident ? Ils ont supprimé les CHSCT, trop de perte de temps. La prévention ?  trop coûteuse. Les réparations ? trop chères ! Et si la France est devenue championne des accidents du travail (1 030 000 en 2024, 75% avec arrêts, 66 000 blessés, 1300 morts !) c’est la faute aux salariés – pas à la casse du Code du travail.

Depuis que les mômes peuvent retravailler à partir de 14 ans (grâce à de Villepin en 2006) 75 ont été tués au travail. Plutôt que d’interdire le travail des enfants, l’actuel ministre du travail fainéant J.P. Farandou a trouvé un truc génial : leur mettre un « signe distinctif » sur le casque de chantier, comme ça on saura que ce sont des mômes avant qu’ils meurent.

Tout tourne autour du salariat : il produit toutes les richesses, n’a que sa force de travail à vendre, ils veulent la payer le moins cher possible pour le maximum de surprofit. Pour en finir avec la dette, pour l’armée et la guerre qu’ils font venir, il faut bosser plus : le 1er mai selon Lecornu (qui encourage officiellement les patrons à frauder), les jours fériés, le dimanche, les ponts, la nuit, « une demie-journée de plus par semaine » rajoute Copé. Sans se plaindre. Il faut souffrir et mourir au boulot : « c’est du lourd ».

C’est là-dessus qu’on va voter en 2027 :  les 30 millions de salariés ont lourdement intérêt à ce que la gauche s’unisse.

Gérard Filoche 12 mai 26

 

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