Pour un choc salarial ! Smic à 2200 euros brut tout de suite !

 

Tout revient à la question principale : celle des salaires nets et bruts. Voilà des décennies que les salaires sont bloqués et que les superprofits augmentent. Et ce pillage du travail par le capital explique toutes les crises, malheurs, misères, que nous subissons massivement. En opérant cette redistribution massive des richesses, par une hausse massive, en fait par un rattrapage massif des salaires, nous changerons tout.

Voilà pourquoi il faut clairement dire, au coeur de la campagne électorale, présidentielle, qu’un gouvernement de gauche succédant à des décennies de gestion néolibérale portera immédiatement le Smic à 2200 euros bruts. Nous pousserons ainsi en ricochet à une hausse massive de tous les salaires, minima sociaux, points d’indice, retraites. Ce sera l’équivalent de 300 euros pour tous. Ce sera la première mesure immédiate du gouvernement, le premier jour. Nous le ferons d’un coup et sans attendre, car ainsi nous provoquerons un choc salutaire. En liant ça à l’indexation des salaires sur les prix. Et à l’égalité salariale femmes hommes.

Cela provoquera des effets en cascade

Le premier ce sera de gagner une confiance inébranlable de 30 millions de salariés ! « Leur » gouvernement les aidera ainsi tout de suite de façon palpable à boucler la fin du mois. Ce sera eux les premiers et spectaculaires bénéficiaires de la victoire électorale. Ce sera une mini révolution sociale, qui obligera tous les patrons de tous les secteurs à négocier tous les autres niveaux de salaire, échelons, grilles, coefficients. Nous veillerons à étendre les conventions collectives en fonction des résultats de ces négociations. La hausse des minimas sociaux se fera en proportion. Ainsi que la hausse du point d’indice des fonctionnaires. Avec un rattrapage plus important pour les métiers essentiels, les soignants et les enseignants. La transparence salariale sera rendue totale dans toutes les entreprises. Un salaire maxima sera instauré, pour commencer, indexé à 20 fois le Smic. À travail égal, salaire égal : l’égalisation par le haut des salaires-femmes hommes se fera sous peine de sanction lourde. Tous les éléments de salaires (primes, intéressement, participation) seront soumis à cotisation sociale.

Ce choc modifiera toute la donne : ça injectera des centaines de milliards dans l’économie, ce sera un transfert du capital vers le travail.  Il se produira une relance immédiate de la consommation dans tous les domaines, et dans tous les secteurs. Trente millions de salariés actifs iront mieux ce qui aura aussi des effets salutaires sur la productivité. La présomption de salariat s’appliquera de façon à éradiquer la traite des humains par UBER et cie. L’emploi sera renforcé et protégé par une reconstruction du Code du travail faisant reculer les précarités (pas plus de 5% de non CDI par entreprise) garantissant les statuts, l’hygiène, la sécurité, la santé, la dignité au travail. Tout ce qui a été détruit comme droits depuis deux décennies sera rétabli très vite, le plus possible par décret. La loi l’emportera sur le contrat, institutions représentatives du personnel, prudhommes, médecine du travail, inspection du travail retrouveront une nouvelle vigueur capable de faire respecter – surtout de l’intérieur des entreprises et communautés de travail – la nouvelle politique du travail gouvernementale.

Ce choc réglera du même coup quantité des problèmes de la crise économique et sociale.

Des centaines de milliards rentreront via les cotisations dans les caisses du budget séparé de la protection sociale et d’autres via l’impôt dans les caisses de l’état. Cette hausse massive des salaires bruts aura des effets positifs pour la santé comme pour les retraites. L’état retrouvera des marges pour les services publics.

Quels effets sur le secteur privé ? ils seront différenciés. Chacun sait que « les entreprises » ça ne veut rien dire. Comme chez les poissons il y a des requins et des sardines.

Les requins des grosses entreprises (mille entreprises de plus de mille salariés font environ 50 % du PIB) feront leur violent chantage habituel à la délocalisation, à l’emploi : mais en fait ils peuvent supporter cela, et distribuer moins de dividendes. La question sera la fiscalité : tout patron, tout actionnaire devra déclarer ses revenus au fisc français ou qu’il soit dans le monde, et sera rattrapé s’il fuit. Il faut un contrôle préalable avant d’autoriser les licenciements économiques qui empêche fraudes et fuites. Ce sont ces grosses entreprises qui ont le plus des moyens de faire face aux mesures de hausse des salaires, vu les centaines de milliards qu’elles ont accumulés : le gouvernement sera d’autant plus ferme qu’elles sont toutes connues et contrôlables.

3% des entreprises ont plus de 50 salariés, elles font travailler environ 50 % des salariés. Les grands groupes dont elles dépendent dans la majorité des cas voudront leur faire payer la baisse de leurs marges et c’est là qu’il est décisif de réguler la sous-traitance. Trois lois sont nécessaires : 1°) responsabilisation des donneurs d’ordre sur les tous plans juridiques, financiers, économiques, pénal 2°) alignement le temps de la mission des sous-traitants sur les conventions collectives des donneurs d’ordre avec un seul niveau de sous-traitance 3°) reconnaissance facilitée des Unités économiques et sociales (UES). C’est de cette façon que sera brisé le chantage à la crise et à l’emploi de la part des grands groupes : le grand avantage étant de placer les patrons des PME, PMI, ETI du côté du gouvernement en les protégeant juridiquement des donneurs d’ordre et multinationales. Avec celles qui resteront en difficultés, des aides, crédit d’impôt, subventions sont négociables, sur la base de dossiers avec des conditions strictes de respect de l’emploi et des contrôles.

Sur 1,2 million d’entreprises, un million de moins de 11 salariés font travailler environ 4,5 millions de salariés sur un total de 30 millions. Celles-là auront plus de mal à encaisser les hausses de salaires et les contraintes. Elles sont plus vulnérables. 70 000 déjà meurent par an et 70 000 se créent, beaucoup sont instables, un certain nombre n’ont aucune raison d’exister, là aussi sur dossier des aides conditionnelles peuvent être versées pour enrayer les conséquences du « choc » salarial. Cela imposera une transparence contre toutes les fraudes aux droits des salariés.

Restent les 10 % d’actifs indépendants : un statut unique sera créé, permettant de lutte contre le travail illégal, la fausse sous-traitance, le prêt de main d’oeuvre illicite, le marchandage. Ce statut permettra un rattachement avec cotisations adaptées aux caisses de sécurité sociale et de retraite, afin que comme pour les salariés, ce soit une « sécu 100% ». Ceci aura pour conséquence la disparition des « complémentaires, « prévoyance » mutuelles » c’est-à-dire un renforcement des caisses de sécu, avec une économie d’échelle considérable et un retour plus complet en soins, indemnités et retraites.

L’impact de ce choc salarial redéterminera toute le reste de la vie sociale et économique.

Gerard Filoche 19 sept 26 pour D&S 338

 

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