melchior-2026-le-bi-30-ou-le-mythe-des-tentations-militaristes-de-la-ligue-communiste-1972
Salut Hugo Melchior,
Voila un surprenant plaidoyer à décharge pour Daniel Bensaid et le BI 30 qui voulait « réintroduire la violence dans le mouvement ouvrier apres tant d’années de pacifisme » : je trouve un historien bien peu informé et franchement, je trouve ta thèse totalement aveugle sur la réalité historique.Me voila rebousculé à cause de toi par le passé.
Vite fait. A l’improviste.
De mémoire ce 14 février 2026.
Dés 1971, la LCR organisait des « collectes pour des armes pour la Bolivie » (! ) et le POR de Hugo Gonzalez Moscoso (pendant qu’à la tête de l’UNEF a Rouen je défendais la deuxiéme langue vivante !) l’époque où tous les membres du BP avaient une imitation de revolver (j’en ai eu un).
Il existait un budget, le plus important pour le SO, de la LCR pour se procurer des armes (celle trouvée par la police au local en fin juin 73) (inclus au Portugal après 74…) et acheter des caves pour les y cacher dans Paris ne plaide pas en faveur de ta thèse, il était supérieur au budget « formation » et cela me hérissait. La pression et la tentation de la « lutte armée » existaient bel et bien contrairement à ce que tu dis tres tres légèrement, et pas seulement, les lointains Zengakuren, le JVP Tamoul, le FPLP, ou la lointaine orientation erronée si couteuse en vies humaines en Amérique latine : trouver du matériel sur un toit de Suisse, cotoyer l’ERP Santucho, participer a des actions avec eux, Joe Baxter que j’ai logé chez mois pendant six mois m’en a beaucoup appris (avant de revenir pour tenter de nous rapporter 40 000 dollars – provenant de la Fiat suite à l’affaire Sallustro – Voir le film de Costa Gavras l’état de siège – dans la mallette retrouvée avec lui après sa mort tragique dans l’avion de la Varig à Orly le 6 juilllet 1973) mais aussi en Europe, apres les coups spectaculaires des Maos de la GP, l’assaut des commissariats et Nogrette, en Allemagne (RAF) en Italie (BR) et en France (AD) l’action armée n’était pas un mythe mais existait (certes plus timidement en France) et fascinait un certain nombre des cow-boys du SO et de leur amis du BP de la LCRJe sais que je n’ai eu qu’une voix au CC de la LCR dissoute, clandestinement réuni à Mons, et que même Radot et Clelia avaient hésité à défendre le bilan que je faisais du 21 juin 73, les textes nous ayant été « repris » pour raisons de sécurité, mais quand même la LCR avait fabriqué 300 cocktails Molotov pour interdire un meeting de le Pen a la Mutualité. « Inch allah » avait dit Daniel Bensaid à la fin de l’AG de la Salpétrière avant de nous envoyer dans cette aventure pendant que Krivine était à Nice
J’étais au 9° congrès mondial que tu cites à Rimini (celui de Peng-tsu-she, ex dirigeant du PC chinois ayant rejoint la Quatrième Internationale, opposé au si mauvais livre de Livio Maitan défendant la révolution culturelle), j’ai rompu courageusement spectaculairement (avec Thalou et Griot) avec la TMI a un CE de l’ile des Migneaux vers 73-74 (?), avant que la TMI ne fasse officiellement autocritique trois ans plus tard sur la ligne de lutte armée, Roman-Sterne s’en chargea au congres Mondial de 1979Le 13 septembre 1973 la banderole de tête de la LCR dissoute, aux Invalides, n’était pas contre le coup d’état de Pinochet mais disait « le réformisme désarme les travailleurs » et il m’a fallu lutter durement au bord de la rupture pendant deux années pour que la LCR ne fasse pas mourir les « comités chili » en leur imposant une ligne « en soutien à la lutte armée révolutionnaire du peuple chilien » (et collectant pour des armes pour le MIR) mais défendent les droits démocratiques du peuple chilien. Nous avons quand même failli enlever l’ambassadeur du Chili, et occuper une caserne à Draguignan avec ses armes, il y a eu débat et heureusement la raison l’a emportée. C’était l’époque où on faisait défiler des soldats masqués en uniforme, et invitions des « SUV »(« soldats unis vaincront ») portugais masqués a la tribune à la Villette (lancement du quotidien Rouge), Toute la ligne sur le MFA a été fausse, Bensaid s’est appliqué comme Serge July dans Libé, a appeler a boycotter le vote de la constituante du 25 avril 1975 !!! La »majo » voulait des comités de soldats FASMR forces armées aviateurs et marins révolutionnaires) « contre les crevures » alors que je défendais un « syndicat de soldats » avec le CDA. Non ce n’était pas « un procès d’intention les plus fantasmagoriques, à l’image de ceux instruits par Gérard Filoche ou les principaux responsables de la minorité internationale » c’est ton interprétation qui est abusive ».
Tu termines : « Pendant toute cette période, la violence militante demeura « apprivoisée », comme le rappela Daniel Bensaïd dans son autobiographie. »
Heureusement. Mais cela nous a couté beaucoup, nous la minorité qui avons tellement pesé, avec tellement d’âpretés, pour apprivoiser les erreurs historiques de Bensaid.
Le BI 30 a été rédigé en été par quatre vacanciers amis et publié anti-démocratiquement dans le dos du BP, et il a eu des conséquences catastrophiques longtemps sur le gauchisme de la LCR, le refus du front unique, la formation des militants.
Le réhabiliter serait une terrible erreur.
Ta contribution, là, ferait bien du mal aux militants qui la croirait.
Gerard Filoche
Il me semble qu’un étudiant australien est venu me voir il y a six ou sept ans et a écrit un article de recherche sur les BI 30, 33, 34. Se référer aussi svp sérieusement a mon livre « mai 68 histoire sans fin » car tes sources, cher Hugo, me semblent pauvres, (elles me font regretter un vieux projet que j’avais comme pour faire la critique de « une lente impatience » cette autobiographie très romancée le plus souvent)








