Pénicaud : 7 grandes entreprises sur 40 délinquantes en discrimination

Ainsi donc, il  n‘y aurait, selon le gouvernement,  que 7 entreprises sur 40 testées (tirées au sort, parmi, les 120 plus grosses capitalisations boursières) qui opéreraient de la « discrimination à l’embauche » à l’adresse et sur l’origine.
Il ne s’agit pas des moindres : Accor Hôtels, Air France, Altran technologies, Arkéma, Renault, Rexel, Sopra Steria. Remarquez : c’est un délit ! Ca fait presque 18 % des entreprises concernées et c’est beaucoup, démasquées d’un seul coup.
L’étude par « testing » confirme une discrimination « significative et robuste » : « un Maghrébin a 25 % de chances de moins de recevoir une réponse » à une demande d’embauche.
Protestation aussitôt des dites entreprises et du Medef sur le procédé :
« - Non c’est pas vrai, c’est pas comme ça, le testing est mauvais » etc.

Cela rappelle, en février 2010, sous Sarkozy, le ministre du Travail de l’époque Xavier Darcos, lequel, après l’émoi des suicides chez Orange en été 2009, avait publié sur son site une liste « rouge » des entreprises n’ayant pas ouvert le dossier du « stress au travail».  47 % des entreprises de plus de mille salariés avaient été classées en rouge (dont particulièrement SFR, Picard surgelés, C&A, et Labeyrie). 33 % avaient été classées en vert : comme il s’agissait de PSA, Thalès, GDF Suez, Rhodia ou Sodexo chacun en avait douté. 8 % avaient été classées en « orange ». Dont Orange.

De nombreuses entreprises s’étaient plaintes alors d’avoir été pointées du doigt par erreur. Résultat, le ministère, avait été contraint de faire machine arrière, retirant de son site les listes « rouge » et « orange » des sociétés n’ayant pas entamé ou conclu de négociations contre le stress. « Les risques psychosociaux, nous les avons longtemps sous-estimés, parce qu’il est plus facile de repérer quelqu’un qui tombe dans un haut-fourneau que quelqu’un qui souffre » avait déclaré Xavier Darcos. « En tout cas, une dynamique est engagée sur la question, c’était bien le but », plaidait-t-on Rue de Grenelle.
Mais ça s’était arrêté brusquement. Et c’est le ministre qui avait été viré.
« Name and shame », ça n’avait pas marché.
Trop dangereux ce jeu là.
Imaginez qu’aujourd’hui, on poursuive les enquêtes sur les entreprises qui embauchent 516 000 travailleurs, en les discriminant sur les salaires.
Gageons que Muriel Pénicaud ne courra pas le risque qu’avait pris Xavier Darcos : elle annonce qu’elle associe les 7 premières entreprises prises la main dans le sac au prochain « testing » qu’elle prépare visant les 80 autres. En prévenant à l’avance, pour un « testing surprise », c’est plus sur.
Gérard Filoche
lire chronique hebdomadaire  dans l’Humanité  -dimanche « au boulot » n°480

 

 

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