Suites (3) des innovations théoriques de Mélenchon pour les 10 ans de LFI :

Balayer le passé, fin de la classe salariale et échec de ses partis

Il y a le programme public des meetings de LFI et il y a le programme caché, le réel de la théorie de Mélenchon. Cette théorie étudiez-la le plus sérieusement possible car c’est elle qui a des énormes conséquences sur les actions a venir.

Le monde théorisé de Mélenchon décrète que : « Le « peuple » contient le salariat mais ne s’y limite pas ». Ça semble évident.

Selon Mélenchon, il « inclut aussi les retraités, les personnes en formation, les chômeurs, toutes les catégories de « sans », et d’une façon générale les autres composantes de la population contraintes à la même dépendance absolue aux réseaux collectifs. En ce sens, le peuple est un « agrégat social» Mais il est objectivement homogénéisé par sa position dans les rapports sociaux. L’agrégat est un ensemble à bords flous. Ni l’espace urbain toujours composite, ni les temps, ni les statuts sociaux ne lui définissent chacun à soi seul une frontière stable.»

Vu le nombre de fois où cette idée est répétée dans les 85 pages du document théorique que Mélenchon a généreusement rédigé pour les 10 ans de LFI, il faut la prendre au sérieux :  il veut dire que vu l’ampleur, l’intensité des bouleversements du capitalisme, il n’y a plus de « frontière stable » aux classes sociales. Il insiste bien sur le fait que « le peuple est un nouvel acteur social » en rupture avec la « classe prolétarienne de l’ancienne doctrine socialiste » (sic). « L’agrégat social » n’est plus défini par sa place dans le processus de production, ni « les statuts sociaux » mais dans ce monde émietté, il l’est par la consommation, la circulation, les réseaux (sic). On déduit même de la lecture de son texte qu’il assimile fortement la révolution (telle qu’il la voie, par étapes) à la reconstruction de « réseaux » du peuple « en soi » « sous le fouet de la conflictualité sociale » !

N’allez donc pas lui dire qu’il y a 30 millions de salariés avec un statut (contrat de travail, code du travail, salaires nets et bruts, sécurité sociale, retraite, institutions représentatives du personnel…) !

Ne lui dites pas que cette classe n’a jamais été aussi forte ni aussi homogène de toute son histoire, qu’elle est passée de 3 millions en 1910 à 30 millions en 2010 !

Ne lui dites pas que ce sont les indépendants, fragmentés, qui sont passés de 55 % des actifs en 1945 à moins de 10 % en 2010 !

Ne lui dites pas qu’en 1945 c’étaient les indépendants agriculteurs artisans commerçants, libéraux aux contours flous qui, par millions ne voulaient pas de la Sécu des salariés – alors minoritaires – parce qu’ils ne la croyaient pas fiables, mais c’est la Sécu qui s’est finalement imposée ultra majoritairement !

Ne lui dites pas que c’était le projet du livre initial de Macron « Révolution » qui disait vouloir combattre pour une « société sans statuts » « post salariale » (sic) ! En 10 ans de pouvoir avec acharnement, Macron n’a réussi à faire reculer le salariat que de quelques pourcents parmi les actifs. Dites à Mélenchon qu’il ne faut pas qu’il accrédite le fait que Macron ait réussi !

La théorie nouvelle de Mélenchon est absolument hostile à la compréhension qu’il faut défendre le salariat contre l’uberisation généralisée !  Mélenchon noie le salariat dans le peuple, sans l’analyser, ni dans son histoire, ni dans sa sociologie, ni dans son organisation, ni dans son homogénéisation, ni dans sa culture militante ni dans son rôle de production des richesses, ni comme sujet de l’exploitation de la plus-value, et le nie in fine comme classe révolutionnaire.

Mélenchon tourne la page de tout ça !

Ne dites pas à Mélenchon que « les personnes » en formation, ça veut dire des salariés en formation, notamment 9,3 millions de jeunes d’âge adultes entre 18 et 25 ans.

Ne lui dites pas que les 14,5 millions de retraités ne vivent en direct et en temps réel que des cotisations des salariés !

Ne lui dites pas que les 6,5 millions de chômeurs sont des salariés temporairement privés d’emploi !

Ne lui dites pas que les 3 millions d’auto-entrepreneurs sans droits ni lois, ni statut ni protection sociale, sont renvoyés à la préhistoire des tâcherons et besogneux, mais qu’en vérité, il existe pour eux une présomption irréfragable de salariat, et qu’on lutte de toutes nos forces pour que les contours n’en soient pas flous et pour que le statut soit défendu !

De là, Mélenchon en conclue carrément que « le mouvement ouvrier est un échec »

les partis socialiste et communiste sont morts « enfermés dans les formes déduites de l’organisation du travail et de la cité, tels qu’ils l’étaient au dix-neuvième et pour l’essentiel du vingtième siècle ! Ils sont donc intrinsèquement extérieurs et inadaptés aux conditions dans lesquelles se joue l’action politique populaire contemporaine et les prises de conscience politique. » Il répète à satiété que ces partis sont « obsolètes » autant que le déclin de leur monde initial, dans leur façon d’agir et de leur régime intérieur.

Puisqu’il n’y a « plus de bases matérielles et culturelles », « les partis de classe et de masse de l’ancien continuum sont désormais rélégués dans les dernières grandes concentrations de salariés sous statut commun. » Selon lui, autoentrepreneurs, intérim, délocalisations, fragmentation mondialisée, segmentation de la production, chapelets de sous-traitance, contrats courts et précaires, ghettoïsation, racisation, etc… ont tué la conscience de classe, ils tuent ces partis !

Encore une fois, c’est totalement faux, comme nous l’avons déjà souligné dans la première partie de cet article, c’est même exactement le contraire, les multinationales concentrent et regroupent des centaines de milliers de salariés, sur 1,2 million d’entreprise en France (ayant au moins 1 salarié)

20 entreprises en France à elles seules totalisent 3,09 millions de salariés, elles vont de 436 000 salariés (Carrefour) à 72 252 salariés, 287 grandes entreprises (GE) emploient 3,9 millions de salariés en équivalent temps plein (EQTP), soit 29 % du total. 3% des entreprises de plus de 50 salariés concentrent 50 % du salariat du pays.

Amazone compte 1,5 millions de salariés dans le monde et 100 000 en France !

 

Sur les 369 000 salaries de Samsung, 78 000 se mobilisent contre le non partage des bénéfices de l’lA et arrachent 290 000 euros de primes pour chaque salarié qui fabriquent des puces. Aussitôt un syndicat minoritaire de Samsung Electronics saisit la justice afin de corriger la forte inégalité avec les autres divisions du groupe.

Non, Mélenchon, les « grands collectifs de travail ne sont pas pulvérisés » !

La puissance du salariat n’a jamais été aussi grande dans l’histoire !

Le salariat a progressé partout dans le monde (54% des actifs) au détriment du travail informel, 85 % des salariés sont des CDI, les conditions de vie au travail tendent à se rapprocher, les salaires ont été terriblement compactés en France, dont 98% en dessous de 4000 euros,  la durée des CDI est plus grande qu’avant, il n’y a plus de cols blancs et de cols bleus figés et distincts, mais un seul salariat, ingénieurs et éboueurs, secrétaires et manutentionnaires, caissières et infirmières, vendeurs et livreurs, plombiers et pâtissiers, métallos et cheminots, professeurs et facteurs, soignants et consultants, cuisiniers et menuisiers, informaticien et mécanicien, coiffeurs et chauffeurs, ascensoristes et prothésistes, dessinateurs et développeurs, journalistes et fleuristes, soit 90 % des actifs ont tous une feuille de paie avec un salaire net et un salaire brut !

Que les capitalistes veuillent de façon acharnée détruire les statuts, précariser, éclater les solidarités et grilles de salaires, éparpiller les consciences, nourrir et opposer les corporatismes, casser les codes, étouffer les conventions collectives, émietter le travail, disloquer les revendications, évidemment, et ce n’est pas absolument pas nouveau. « La domination de la bourgeoisie n’est fondée que sur la concurrence des ouvriers entre eux, c’est-à-dire sur la division à l’infini du prolétariat, sur la possibilité d’opposer entre elles les diverses catégories d’ouvriers » (Friedrich Engels). Ils le veulent mais ils n’y parviennent pas ! Nous ne sommes pas défaits ! le capitalisme ne parvient pas à atomiser notre classe ! La tendance à l’œuvre est inverse. « Comme la fraise a le goût de fraise le salariat a le goût de la lutte pour le salaire. Et le salaire est l’indice du bonheur » Alain. On y aspire !

Et c’est précisément pourquoi nous combattons de toutes nos forces pour l’unification du salariat alors que Mélenchon considère ce combat comme perdu et relevant du passé.

Et si les partis traditionnels selon lui ont « échoué », (et là, il y a plus qu’une apparence de réalité !) selon nous, ce n’est pas à cause de la fin de l’identité de classe rendue impossible et ni par le fait qu’exister sous la forme « partis » soit dépassé.

C’est le contraire !

C’est parce que les appareils de ces partis résistent à prendre en compte l’extension, la généralisation, la transformation, l’homogénéisation en cours du salariat devenu majoritaire. C’est explosif du point de vue de leurs intérêts !

Dans le passé, les appareils (Mélenchon ne parle jamais des « appareils ») des partis staliniens et social démocrates s’accrochaient à la nécessité d’inclure le salariat dans le peuple, de réaliser ce qu’ils appelaient des « alliances de classes » de toutes sortes, tantôt « avec la paysannerie », tantôt « avec la petite bourgeoisie » (sic), tantôt des « classes populaires », des « fronts populaires » et ils s’appuyaient sur l’idée que le salariat était initialement minoritaire au sein du peuple, ils inventaient des « compromis historiques » – avec le patronat ! Le puissant PC Italien tira comme conclusion du coup d’État de Pinochet au Chili en 1973, qu’il fallait atteindre une majorité non pas de 50% des voix mais « des deux tiers », une « hégémonie » et nouer des alliances (de collaboration de classes, de pacte productif…) du peuple tout entier – donc au premier chef avec le patronat. Du Mélenchon 50 ans avant l’heure ! Cela fit couler le PCI et la gauche qui le suivit

Lutte de classes ou alliances de classes ?

Les appareils dirigeants des PS européens, Blair, Schrôder, Hollande firent le contraire de ce que le puissant développement du salariat leur apportait comme solution, ils noyèrent les revendications et aspirations des salariés derrière les besoins de « classe moyennes » elles-mêmes en voie de disparition. Alors qu’en fait en passant en un siècle de 15 % à 30% puis à 50 % des actifs, (Mitterrand en 1981 affirma que « c’était la majorité sociologique qui lui avait permis de gagner », et c’était vrai depuis mai 68) puis à 70 %, et même 93% (sous Jospin) de la population active, la puissance accrue du salariat réglait la question de qui était la force sociale largement majoritaire !

Encore fallait-il le reconnaitre ! Encore fallait-il rendre cette évolution consciente ! Encore fallait-il œuvrer activement à faire passer le salariat de classe « en soi » à classe « pour soi » consciemment !

Sinon, c’était la fin du salariat noyé dans le peuple agrégat social, et ça c’est bien plus vieux que Mélenchon :  déjà la thèse de Dominique Strauss-Kahn, (« DSK ») dans son livre, « La flamme et la cendre » (Grasset, 2002) expliquait que notre société est dorénavant structurée en un « grand corps central », une grande couche moyenne… composée des salariés. Ce n’était pas très nouveau, en fait, Marx était à peine mort que toutes les théories voyaient proliférer une énorme « nouvelle petite bourgeoisie » (sic)de fonctionnaires, d’employés supérieurs, de cadres ingénieurs, techniciens, de nouvelles professions libérales, du secteur « tertiaire » hypertrophié, etc. (Un des premiers « réviseurs » de ce type fut Edouard Bernstein). Magnifique tour de passe-passe qui alimente la thèse que le prolétariat est disparu et le salariat n’est pas ce que vous croyez…

Selon « DSK », il n’y avait plus qu’environ 20 % d’exclus, de chômeurs en fin de droits et non ré insérables, de Rmistes, de travailleurs pauvres et précaires, de marginaux sociaux. « Flamme bourgeoise, cendre prolétarienne » persiflait Serge Halimi. Cette catégorie de pauvres et d’exclus était l’ancien prolétariat révolutionnaire, le résidu de la division en classes antagonistes, cette ultime partie du peuple surexploité et humilié. Cette couche d’exclus ne votait pas ou plus, et elle ne luttait guère, dépossédée de la puissance d’agir socialement, la droite l’ignorait à cause de cela, elle ne faisait plus peur, il n’y avait pas de risque de révolution à cause d’elle. Les socialistes, n’avait plus qu’à soulager sa misère, l’aider, diminuer l’impact qu’elle avait, malgré tout, en tirant la société vers le bas, en menaçant son bien-être et son équilibre général.

Paradoxalement, des courants qui réduisent désormais le prolétariat aux « sans », « sans papier, sans logement, sans travail » nourrissaient sans le savoir cette analyse de DSK comme aujourd’hui « l’agrégat » de Mélenchon.

De même Ségolène Royal qui, entre autres approximations de sa campagne présidentielle ratée de 2007, avait affirmé, que « le nouveau prolétariat, c’était le salariat féminin ». Expression réductrice qui ne rendait service ni à la grande force du salariat ni, en son sein, au salariat féminin : pourquoi réduire, isoler telle catégorie du grand combat salarial ?

Chez DSK la théorie de la « grande couche moyenne centrale » : ce serait le salariat, lequel bénéficierait des bienfaits du système (capitaliste) et qui aspirerait à en bénéficier mieux, davantage ! Selon lui, le salariat homogène serait intégré, pas hostile au système, il se fondrait dans le peuple, au contraire, en harmonie, il le voudrait plus rentable, plus efficace… L’horizon du système capitaliste étant indépassable, ce que devaient faire les partisans sociaux-démocrates du « socialisme réel », c’était donc faire mieux marcher l’industrie, le commerce, les échanges, l’innovation, la production, c’est rendre le capitalisme meilleur, afin de satisfaire les souhaits fondamentaux de cette grande couche sociale moyenne centrale agrégée qui ne demandait que cela.

Après tout, Herbert Marcuse, son disciple Lucien Goldmann, Serge Mallet (inspirateur du PSU des années 60) croyaient distinguer aussi une « nouvelle classe ouvrière », les « blouses blanches », celle des « industries nouvelles » porteurs d’une « révolution des élites » !

La grande leçon du livre de DSK, se trouvait au coin d’une phrase, p. 25, extraordinaire : « La redistribution est près d’avoir atteint ses limites, en même temps que certains de ses objectifs ». Fermez le ban : le capitalisme a tellement changé que dans la lente course du paquebot des couches moyennes, les richesses vont insensiblement de bâbord à tribord et de la proue à la poupe. Le Titanic évite les icebergs : on n’y voit même plus la lutte des classes entre les « premières » et les « troisièmes » lorsqu’il faut choisir ceux qui embarquent sur les canots de sauvetage. Tout le monde est en « seconde », et il faut juste construire assez de canots pour tous.

La fonction politique de ce montage est évidente puisqu’il revient à marginaliser toute lutte de classes, tout réduire à la charité compassionnelle d’une part, à une recherche de rentabilité rationalisée d’autre part, en prétendant qu’il n’y a plus de force sociale pour imposer un vrai changement – lequel n’est plus nécessaire. Finie la révolution, vive le socialisme du réel, c’est le peuple agrégé dans le capitalisme en entier qu’il faut mieux faire avancer. Encore mieux si c’est teinté de « souverainisme » sinon de nationalisme. Un peuple, si on omet les classes, restent plus que l’état et les frontières !

Dans son escamotage, DSK rendait hommage a contrario à notre sujet : le salariat est bien là, de mai 68 a nov. 95 et au premier semestre 2023, le changement social fondamental de toutes ces dernières décennies, c’est bien le développement de sa puissance sociale !

Il n’y a pas de « peuple agrégé » ni uni, il y a affrontement de classe et le « grand corps social » salarié est en confrontation avec le système : contrairement à ce que disait DSK, il n’est pas une grande couche moyenne, il est LA couche spoliée, subordonnée, surexploitée du système. Il produit toutes les richesses, mais il n’en reçoit pas, en retour, la part qu’il mérite.

Il est même l’objet de l’offensive brutale des néo libéraux qui ont voulu casser le statut du salariat et « uberiser ».

En vérité, il n’y a pas de « couche moyenne », il y a ceux qui possèdent et contrôlent les moyens de production, les 5 % de la population, les employeurs et cadres supérieurs assimilés : actionnaires, rentiers, libéraux qui possèdent 50 % du patrimoine du pays.

En face, il y a 90 % de la population active salariée qui n’a que sa force de travail à vendre.

Et les deux classes fondamentales sont bien déterminées par rapport au processus de production.

Alors soit on ne fait ni du DSK ni du Mélenchon et on reconnait, identifie le salariat

.. et la tâche de la gauche est de s’imprégner de sa réalité, d’exprimer sa force, de l’organiser, de l’unir, de le mobiliser afin de porter cette puissante classe au pouvoir collectivement et démocratiquement : c’est le bon combat, forcement basé sur un programme de transition social ambitieux et anticapitaliste. Car c’est ce à quoi aspire fondamentalement la puissante classe salariée exploitée (« la France est de gauche » comme dit Vincent Tiberj, et ce « besoin de gauche » s’exprime tous les jours en exigences et profonds besoins sociaux, salaires, recherche d’égalités, droits, démocratie, écologie…)

Soit on noie le salariat dans le peuple

.. versus les « classes populaires », les « couches moyennes » « nouvel agrégat social » « émiettées aux contours flous »

ce que font différemment les dirigeants des appareils des partis… et Mélenchon !

Les premiers le font en appelant à modérer les programmes, pour éviter tout conflit social entre classe dominante et dominée, ce qui aboutit toujours à défendre un libéralisme tempéré et son ordre établi ! Évidemment ça désespère le salariat et permet toutes les manœuvres et dangers du patronat, de la droite et de l’extrême droite. Ce que nous connaissons bien.

Le second, Mélenchon, exclue catégoriquement à la fois tout projet d’union de la classe, toute organisation et conscience indépendante collective démocratique du salariat, il écrit 85 pages pour le noyer dans le peuple agrégat social aux contours flous, tout en lui proposant de lui « faire subir le fouet de la conflictualité sociale » (sic). Évidemment il y a un non-dit, c’est contradictoire !

Mais Mélenchon s’en tire, tout au long de son document, en inventant l’incroyable théorie selon laquelle, pour mettre la conflictualité en oeuvre, il ne faut plus de parti mais un mouvement. Exit les luttes de classes, avec la révolution citoyenne par étapes ça va se faire par miracle, par magie ! À bas les partis façons bolcheviks et Blum, à bas la démocratie centralisée substitutiste des courants et de la paperasse, vive la forme onde, les mouvements gazeux, horizontaux !  Selon lui, ça va se passer par une « onde rayonnante », vers une « osmose », une « harmonie » et par une fabuleuse « murmuration » du peuple.

C’est là qu’il opère un tour de passe-passe qui s’impose et réécrit de longs moments de l’histoire non seulement du capitalisme récemment bouleversé devenu monde « émiétté », mais aussi celle des partis et du mouvement ouvrier à sa façon, où il n’y a plus d’experience, plus d’appareils ni bureaucratie, plus de stalinisme ni ses effets, plus de démocratie, plus d’internationale.

Le mouvement social est remplacé par..  une pensée venue d’en haut. On va le voir dans le prochain épisode, la conclusion finale qui en découle est absurde.

Gérard Filoche le 3 juin 2026

(à suivre :   4°) les partis dépassés par le mouvement  5°) les conséquences de tout ça

 

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