punition au lycée de la directrice contre ma petite fille,

Victor Hugo écrivain poète dramaturge mais aussi opposant politique a écrit ces mots :   »Le peuple a le droit à la liberté mais le peuple n’a pas de droit sur la liberté »  vous commenterez cette citation en faisant référence aux articles 26 et 30 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1948.

 

Victor Hugo s’est exprimé maintes fois dans sa longue vie, sur « la liberté ».

Extraire l’une de ses phrases ne permet pas  d’avoir une vision d’ensemble de sa pensée qui était heureusement évolutive, riche et complexe.

En effet, quand il écrit « Le peuple a le droit à la liberté », c’est bien paternaliste. Ca laisse penser que ce droit lui est accordé. Par qui ? Comment ? D’où vient ce droit ?

Sinon du peuple lui-même.

La liberté n’est pas d’abord un « don ». Elle n’est pas octroyée d’en haut, ni contrôlée d’en haut Elle est d’abord une émancipation, une conquête, que le peuple arrache contre l’oppression et l’exploitation. Elle devient un « droit » dans la mesure où il s’agit, pour protéger la conquête, de la codifier.

C’est sans doute pour cela que Victor Hugo écrit aussi « la liberté consiste à choisir entre deux esclavages, l’égoïsme et la conscience, celui qui choisit la conscience est l’homme libre ». Là, il présente la liberté comme un choix, une action, une émancipation, liée à la conscience.

C’est là qu’il y a contradiction avec la deuxième partie de l’expression « mais le peuple n’a pas droit sur la liberté ». Le « mais » est restrictif on se demande pourquoi. Pourquoi donc opposer la liberté au peuple ?

L’idée que la liberté paraisse en quelque sorte « supérieure », en soi, au point que le peuple n’ait pas de « droit sur elle », est très contestable.

N’est-ce pas le peuple en mouvement qui définit à la fois la liberté et ses libertés ?  Le droit ne vient qu’après.

Les meilleurs et les plus célèbres défenseurs de la liberté, ce sont ceux qui ont pris la Bastille. Ou encore les Résistants à l’occupation nazie. Ceux qui luttaient pour faire bouger les lignes.

Ils ont, ce faisant, par le combat partisan, la lutte sociale, par la manifestation, la grève, l’insurrection, établi et défini la liberté contre ceux qui, se prétendant de « droit divin » « défenseurs de l’ordre établi »,  la déniait au peuple.

La liberté n’échappe pas au peuple,  elle n’est pas extérieure au peuple, elle est soumise au peuple qui la bâtit, la définit, la remanie, la protège. Victor Hugo écrit aussi : « Sauvons la liberté, la liberté sauvera le reste », ça veut bien dire que lorsque la liberté est en péril, c’est le peuple qui la préserve.

Reste à ce que le peuple donne le contenu de cette liberté : « la liberté commence là où l’ignorance finit » écrit  encore Victor Hugo.  Et « Un peuple qui a la liberté doit aussi avoir la volonté ».

La volonté de s’éduquer, de vivre ensemble dans le respect, et la tolérance. Hugo précise «  La volonté trouve, la liberté choisit : trouver et choisir c’est penser »

Et c’est là qu’on peut faire le lien avec les articles 26 et 30 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1948.

L’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme :

1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

 

Ce texte n’a – hélas – pas de valeur juridique en France, ce n’est qu’un engagement moral.

 

Contrairement à la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention européenne des Droits de l’Homme elle, est contraignante juridiquement. Elle définit le droit à l’instruction par l’article 2 du protocole additionnel :

« Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction »

 

Mais aussi bien l’art. 26 de la DUDH que l’art 2 de la CEDH ci dessus, donnent des obligationsà l’état :

-       éducation gratuite,

-       enseignement élémentaire obligatoire, 

-       accès aux études supérieures ouvert à toutes et tous en pleine égalité, respect des droits de l’homme (et on suppose de la femme), 

-       et : « favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. »

Ce qui est conforté par l’art 30 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme :

« Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés. »

 

Un état ne peut donc pas agir pour mettre en cause la gratuité de l’école, il doit assurer l’enseignement obligatoire pour tous, il doit garantir l’accès aux études supérieures et le respect des droits des humains. Sinon les humains, groupe et individus, sont en droit de se révolter contre cet état qui viole ces libertés-là. Y compris quand l’état fait la guerre contrairement aux actions des Nations-Unies pour le maintien de la paix.

S’insurger contre la mise en cause des droits et libertés, est un devoir car nul ne peut y attenter.

 

Et quand on lit l’article 23 alinéa 1 de la déclaration universelle de droits de l’homme de 1848

et qu’on voit partout autour de soi que ce n’est pas respecté, alors on a le droit aussi de se révolter :

 

Article 23 alinéa 1 : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, a des conditions équitables, et satisfaisantes de travail et a la protection contre le chômage »

Article 25 alinéa 1 : «  Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux, ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse, ou dans tous les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté »

 

Nul doute que l’auteur des « Misérables » voyait là des occasions pour le peuple d’avoir la « volonté » de se « sauver » de se soulever (même les jeunes : Gavroche), sachant que garantir ces droits est condition de la liberté.

« Les misérables » ne peuvent pas être libres.

 

 

Le 49 3 fait pour imposer un projet de loi « à trous »

lisez l’humanité dimanche et dedans cette chronique hebdomadaire « au bouloté n° 483 depuis dix ans

 

Le 49 3 est anti démocratique chacun le sait et l’a dit mille fois ! Mais là Philippe a stoppe exprès, soudainement, un samedi le débat JUSTE AVANT la discussion des articles essentiels sur la valeur du point, la pénibilité et le financement.

C’est ça la vraie raison

Le projet de loi comporte, au total, le renvoi à 29 ordonnances dont le contenu n’était toujours pas précisé. Ces ordonnances sont déterminantes. Ce sont les fourberies de la retraite par point.

L’article 15 autorise à prendre par ordonnance des mesures concernant les dispositifs destinés à favoriser fiscalement la retraite par capitalisation (les fonds de pension).

L’article 18 prévoit qu’une ordonnance précisera les modalités de convergence en 15 ans des cotisations du public vers les taux du nouveau régime

L’article 19 renvoie à une ordonnance les modalités de convergence en 20 ans pour les régimes spéciaux.

L’article 21 renvoie à une ordonnance pour faire converger en 15 ans les taux actuels des régimes des travailleurs indépendants et des professions libérales.

Les articles 38 et 39 autorisent le gouvernement à organiser par voie d’ordonnance la disparition des départs précoces des emplois dits « actifs » et l’alignement des régimes spéciaux.

L’article 57 autorise le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures permettant l’équilibre financier de l’ensemble des régimes de retraite en 2027, s’il n’est pas satisfait des propositions de la conférence sur le financement des retraites.

L’article 61 autorise le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures permettant la « conservation à 100 % des droits constitués » pour les générations nées avant 1975.

L’article 63 autorise le gouvernement à prendre par voie d’ordonnance les mesures de transitions pour les fonctionnaires des « catégories actives ».

Ni les projections au cas par cas sur nos retraites réelles, ni la gouvernance future, ni les paramètres sur l’âge de départ et le taux des retraites n’ont été discutés nulle part en fait.

Les mensonges initiaux dans la campagne de Macron, les fausses concertations, les refus de vraie négociation, l’annonce d’un « trou » bidonné de 113 milliards, la procédure accélérée au Parlement, le coup de force du 49 3, les violences policières quotidiennes contre les manifestations, tout est fait pour nous imposer le système de retraites à points comme un château de contes de fées alors qu’il s’agit d’un édifice insalubre, farci de vices cachés et tordus et violemment antidémocratique.

La France n’a jamais été aussi riche, retour à 60 ans à taux plein indexé sur les prix et salaires, pas de retraite en dessous du Smic. Ca fera du bonheur pour les seniors et du travail pour les jeunes.

Gérard Filoche

 

L’unité de toute la gauche pour gagner

Programme

 

 

Nous vivons une période décisive. Quelle que soit l’issue de la mobilisation actuelle, Macron sortira de la séquence en cours largement affaibli. Qui sait ? Peut-être est-il en train de perdre sous nos yeux toute chance de l’emporter en 2022. L’érosion de son socle politique et électoral rend d’autant plus nécessaire l’unité de la gauche pour le faire reculer aujourd’hui, mais aussi pour le vaincre demain. C’est pourquoi il nous a semblé opportun de consacrer les pages qui suivent à un plaidoyer pour l’unité de notre camp, largement inspiré par la récente brochure de la GDS intitulée significativement Union (éditions Atlande).

 

Quand on nous demande, de façon naïve ou accusatrice, ce qu’est la gauche, nous ne devons pas commencer par égrainer les noms de dirigeants plus ou moins célèbres, ni par énumérer la liste exhaustive de la quinzaine de groupes actuellement constitutifs de la gauche. Nous avons d’abord à répondre avec fermeté : « La gauche, c’est une force sociale qui a pris conscience d’elle-même ».

 

La gauche, c’est l’unité du salariat

 

Si elle veut être à la hauteur de ses tâches historiques, la gauche se doit de représenter celles et ceux qui produisent les richesses de notre pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Rien de ce qui touche le salariat ne doit être étranger à la gauche. Elle a donc pour champ d’action les 30 millions de salariés actifs – 19 millions d’actifs occupés dans le privé, 5,5 millions d’agents publics et 6,5 millions de chômeurs, c’est-à-dire d’actifs temporairement privés d’emploi –, auxquels il faut ajouter 9 millions de jeunes qui sont des salariés en formation et 14 millions de retraités qui vivent au jour le jour et en temps réel des cotisations fournies par ceux qui travaillent.

 

La gauche ne défend pas les intérêts particuliers d’un clan, d’un groupe, d’un parti, d’un syndicat, et encore moins d’un lobby. La gauche défend les intérêts du salariat dans son ensemble, dans sa majorité. Elle s’oppose, pour cela, au patronat, à l’actionnariat, dont les intérêts sont frontalement opposés aux siens.

 

Parce que le salariat est exploité. Parce qu’il souffre au travail. Parce que le capital – ce « travail mort » accumulé, dont parlait Marx – détruit le travail vivant, qui est la seule richesse des nôtres. Parce que les oppressions spécifiques que subissent les femmes, les minorités sexuelles, mais aussi les travailleurs immigrés et les étrangers, sont structurées et par-là même aggravées par le domination capitaliste. Parce que le capital, prédateur et court-termiste ne sauvera jamais ni le climat, ni la planète. En ce sens, la défense du salariat est la plus grande et la plus belle des « causes ».

 

Sa place dans le processus de production est décisive, incontournable, irremplaçable, et pourtant ses dizaines de millions d’êtres humains sont , invisibles, humiliés, mal payés, mal traités ; leur vie quotidienne pénible, éreintante et parfois même destructrice.

 

En France, il y a neuf millions de pauvres en dessous de 900 euros par mois, 7 millions de retraités autour de 1 000 euros, deux millions de salariés payés au Smic à 1 202 euros nets. Le salaire médian est autour de 1 700 euros et 98 % des salariés gagnent moins de 3200 euros. Il y a entre 15 et 18 % de précaires de tout type, près de 20 % de temps partiels, dont 85 % occupés par des femmes. Les « cadres » sont soumis à des horaires abusifs, excessifs et dangereux Près de six millions de salariés travaillent 60 heures par semaine, tandis que six millions sont privés d’emploi…

 

Les trahisons mènent à l’abstention

 

Bien sûr, dans le salariat, il y a des électeurs qui ont toujours voté à droite ; soit pour la paroisse, soit pour le château, soit pour le « bon » patron. Autant dire pour « not’bon maître ». Celui qu’évoque si bien Brel dans Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? : le responsable tout-puissant de la misère humaine dont les plus fatalistes espèrent qu’il finira par alléger le fardeau de ceux qui ploient sous ses exigences. Il convient naturellement de disputer le suffrage des salariés qui votent traditionnellement à droite ou à l’extrême droite. Mais il faut également gagner à notre cause les employés, les ouvriers, les exploités et les précaires qui n’y croient plus et qui s’abstiennent.

 

L’abstention structurelle est faible en France. Mais l’abstention conjoncturelle peut être massive. Le système électoral s’y prête, surtout depuis la fatale inversion du calendrier voulue par Lionel Jospin. Le présidentialisme est si prégnant que les législatives qui suivent sont mécaniquement perçues comme inutiles. Ainsi, en juin 2017, le parti en carton-pâte de Macron, composé d’inconnus arrivistes, incompétents et sans implantation, a obtenu une « majorité »… avec 58 % d’abstentions ! On est loin de la déferlante ! Dans les faits, de 11 à 13 % des inscrits avaient alors voté En Marche – score que la formation présidentielle a de nouveau atteint le 26 mai 2019, mais avec un électorat fort différent !

 

D’une élection à l’autre, un constat s’impose : il y a rarement de changements de camp entre gauche et droite. Les ouvriers de gauche et syndiqués, même quand ils sont ulcérés par les politiques menées par leurs partis au pouvoir, ne  se mettent pas à voter brusquement pour la droite. De même, les travailleurs dupés qui sont séduits par les thèmes xénophobes, populistes et autoritaires de nos ennemis ne vont pas subitement rejoindre notre camp.

 

En revanche, il peut y avoir des basculements, au sein de la droite comme de la gauche, vers l’abstention. Ce phénomène peut devenir massif dans notre camp. Particulièrement lorsque des partis de gauche au pouvoir n’ont pas répondu aux attentes placées en eux (1986, 1993). En 1993, la droite avait connu un raz-de-marée favorable en sièges, alors qu’elle avait obtenu en chiffres absolus moins de voix que lorsqu’elle avait perdu en 1981 !

 

De façon continue, les salariés sanctionnent les libéraux de la droite traditionnelle et le libéralisme quand la gauche commet la faute de ne pas rompre avec. Pour battre Sarkozy en 2012, ils se sont mobilisés ; pour sanctionner Hollande de 2014 à 2017, beaucoup se sont abstenus. Notre tâche, c’est de rétablir la force du salariat, condition sine qua nonpour changer la vie.

 

Rassembler : mission impossible ?

 

Au lieu de passer leur temps à pointer les « divisions », des « disparités », des « différenciations » au sein de la gauche et du salariat, l’activité centrale, pour les militants de gauche, devrait être de défendre les points communs et de les renforcer. L’union est un combat. Tous ceux qui enfoncent la gauche s’enfoncent eux-mêmes. Régulièrement, la « base » sait imposer le chemin unitaire, même aux plus hargneux des bureaucrates.

 

Car le salariat s’est étendu ! Car il est la seule force dont les intérêts sont frontalement opposés à la classe minoritaire des exploiteurs. Car il accumule des traditions, des pratiques, des cultures. Car « son niveau monte » ! Il n’est plus en majorité analphabète ; il est davantage formé, éduqué, qualifié. Même si médias et désinformations économiques réussissent à brouiller les cartes, des millions de salariés comprennent les mécanismes de surexploitation et la dictature financière.

 

Il y a même, et pas seulement en France, mais dans le monde entier, des gens simples qui sont de plus en plus indignés que 87 personnes possèdent autant que la moitié des humains. Reste à ce que la majorité de ces millions d’humains accepte de comprendre et de croire qu’il n’y a pas fatalité, que c’est possible de changer ce monde, puis d’agir.

 

« Nous sommes les 99 ! », criaient à juste titre les activistes d’Occupy Wall Street, fin 2011. Face à la dictature du capital, face à l’indécence et à l’insolence de ceux d’en haut, il faut regrouper toutes celles et tous ceux qui refusent que le monde soit régi par et pour le 1 %. Qu’elles ou ils se reconnaissent comme membre du salariat importe en l’occurrence moins que le fait qu’elles et ils s’indignent et se mobilisent. Il faut faire converger les luttes ! Non seulement parce qu’elles sont justes en soi, mais aussi et surtout par ce que l’on ne sait pas d’où partira la prochaine lutte d’ensemble qui permettra de remettre en question la domination de la classe (caste ?) dominante. Cette lutte peut partir d’un mouvement de défense des retraites ou l’assurance maladie, d’une grève d’ensemble sur les salaires, mais aussi d’une mobilisation anti-raciste ou encore d’une campagne de masse contre le basculement climatique.

 

Faire du neuf avec… du neuf ?

 

De quelles forces dispose la gauche ? Huit à dix syndicats, douze à quinze partis, des milliers d’associations et des millions de militants disponibles : telle est la gauche organisée qui correspond à la sphère du salariat. Peut-on, comme le croient certains, « passer par-dessus » ? Non bien sûr. Quel en serait l’intérêt ? Ce qui est organisé est déjà une base de départ incontournable. Pour dépasser les partis, il faut additionner les partis, pas les ignorer.

 

Impossible de « faire du neuf » sans amalgamer l’ancien, sans tirer le meilleur des leçons du passé. Chercher à repartir de zéro est imbécile, c’est se préparer à d’amères désillusions faute de mémoire, d’expériences. Sans passé collectif on n’a pas d’avenir. Il faut puiser dans les générations antérieures ce qui a marché et trier ce qui a échoué. Sans théorie, pas d’avancée possible. Or, les théories sont forgées dans les décennies précédentes. Pour les actualiser, il faut connaître l’histoire. Celui qui n’a pas d’histoire n’a pas de futur.

 

C’est pour cela qu’il faut tirer le bilan détaillé des trahisons comme celle d’Hollande-Valls-Macron. Il faut l’enseigner. Il faut montrer qu’il y a une autre voie, sérieuse, concrète, forte et unitaire à gauche pour les salariés.

 

Certains disent « C’est le passé. N’en parlons plus ». Mais il faut en parler ! Car une telle trahison peut se reproduire, hélas ! Ignorer le bilan maudit de Hollande, c’est se condamner à le rencontrer à nouveau.

 

La désespérance n’est pas une fatalité

 

La France est un des pays les plus politisés du monde. Il existe quatre à cinq millions de citoyens qui ont été membres actifs de partis, de syndicats et d’associations de gauche. Cela ne suffit pourtant pas pour gagner. Car il y a 44 millions d’électeurs en France et qu’il faut en convaincre plus de 20 millions pour obtenir la majorité . Entraîner ces 20 millions exige une détermination sans faille de la part des militantes et des militants de gauche. Sinon, c’est la défaite assurée. Comme quand nous nous efforçons d’obtenir les 4,7 millions de signatures nécessaires pour imposer un référendum sur la privatisation d’ADP, il faut convaincre. Toujours, inlassablement et le plus possible.

 

Mais sympathisants et militants ne sont évidemment pas au même niveau d’activité, de sacrifice de leur temps, de leur argent et de leur carrière. On dénombre deux millions de syndiqués dans la dizaine de confédérations, de fédérations et d’unions syndicales, quelques centaines de milliers d’adhérents dans la quinzaine de partis de gauche qui existent aujourd’hui, des millions de membres d’associations se réclamant du noble combat pour la dignité humaine. Ce sont manifestement les plus volontaires des nôtres, les plus dévoués ; ils sont abonnés à la presse activiste, et ils paient des cotisations, ils participent à des réunions et des mobilisations.

 

Beaucoup sont victimes de découragements, de déceptions, de résignation même. Leurs organisations les ont parfois déçus. À cause des bureaucraties, des arrivismes, des trahisons, de renégats du type de ceux qui, en grand nombre ont quitté la gauche en général, et le PS en particulier, pour rejoindre la droite ultra de Macron. C’est arrivé plusieurs fois dans l’histoire.

 

Quand les militants « rejettent les partis », ce ne sont pas les partis qu’ils rejettent, mais l’absence de démocratie en leur sein. La « crise du militantisme », c’est la crise de l’implication de la reconnaissance, de la loyauté, de la transparence, de la fraternité démocratique.

 

Il faut retrouver la force, rassembler celles et ceux qui ont de l’expérience et sont prêts à « relever l’espoir » ! Il faut redonner envie, retrouver les anciens, pas les écarter. Pour ça, il faut donner le maximum de garanties de démocratie, de participation, d’engagement, d’exemples positifs, sur des objectifs qui changent vraiment la vie.

 

À partir des besoins immédiats, le salaire, l’emploi, le partage du travail et des richesses.

 

Comment travailler ensemble ?

 

Par le biais d’un comité de liaison, bien sûr ! Empiriquement, c’est ce qui s’est fait, de manière balbutiante entre 2018 et 2019.

 

Depuis 2017, il y a eu ce qu’on appelle une « réunion unitaire » nationale à Paris, soit contre les ordonnances anti-travail de Macron-Pénicaud (2017), soit en défense de la SNCF et des cheminots (avril 2018), soit pour « la marée populaire » (mai 2018), soit en soutien aux Gilets jaunes et contre la répression (2019), soit en défense du climat (à partir de la marche de septembre 2018), soit en défense des droits des femmes, soit en défense des droits des immigrés, soit pour des mobilisations plus ponctuelles… Se retrouvent dans ce cadre souple une trentaine de représentants d’au moins quinze de ces partis, souvent avec la participation d’associations comme Attac, Copernic, et de syndicats ou fédérations CGT, Sud, FSU.

 

Trente représentants, quinze groupes. Et ça ne suffit pas encore pour faire une « Marée populaire », même en voulant les dépasser par un « melting pot-au-feu ». Ça ne suffit pas pour emporter la majorité du salariat avec les cheminots et les Gilets jaunes. Mais cela a permis quelques avancées.

 

Aux yeux de millions de salariés, tous ces groupes ne sont pas connus. Mais ils le seraient s’ils formaient un tel comité de liaison. C’est encore obscur. Il n’y a pas de direction unique, de force suffisante. Pas de quoi créer l’enthousiasme si nécessaire. Mais difficile de ne pas partir de là.

 

Syriza, dans sa phase de construction entre 2003 et 2013, a agi ainsi : c’était une « coalition de la gauche radicale ». Elle a fait barrage aux fascistes d’Aube dorée et elle est passée devant le Pasok pour parvenir au pouvoir.

 

Au Portugal, alors que les désaccords à gauche étaient historiques et immenses, alors qu’ils paraissaient insurmontables, les électeurs ont donné une majorité de 21 sièges d’avance à la gauche PSP, PCP, Bloc de gauche. Les trois groupes avaient le choix : renoncer à exercer leur majorité et laisser la droite gouverner encore ou s’allier ! Ils l’auraient payé cher ! En 72 heures ils ont rédigé une plate-forme commune pour gouverner. Oh, c’est très loin d’être parfait : débats, controverses, difficultés continuent et continueront tant qu’il n’y aura pas de transformation anticapitaliste. Mais c’est autrement mieux que les sales coups que Macron fait pleuvoir sur les nôtre, et que tout ce que les libéraux font subir aux autres peuples de l’Union européenne !

 

Susciter l’envie, initier un chemin

 

Toutefois, un simple accord au sommet ne suffit pas ; il faut qu’une dynamique naisse, notamment sur le plan électoral. Or, les votes vont à la notoriété, à la présence, à l’action, à la force, autant sinon plus qu’aux détails du programme. L’union est un combat permanent. Les millions d’électeurs ne votent pas tant sur le programme que sur ce qui leur apparaît comme les chances de le réaliser…Si une démarche commune et fédérale démarre, elle intéressera vite un premier cercle de sympathisants et deviendra vite populaire. Si elle pousse l’opinion, tout penchera plus loin, plus facilement à gauche. Essayez de susciter une dynamique populaire sans passer par les partis et coalitions ! C’est impossible. Et si vous agissez comme nous le préconisons, alors vous aurez infiniment plus de chances d’aller plus loin et de dépasser les partis, et leur coalition telle qu’elle se présentait au moment des premiers accords.

 

Ce type de pas en avant vaut mille fois plus que la sanctification du meilleur des programmes.

 

Aux élections européennes du 26 mai 2019, les sondages l’indiquaient clairement : s’il y avait une liste unique de ces groupes, la gauche était en tête, au-delà de 30 %. Lors des débats télévisés, les six listes de gauche tenaient, aux yeux de millions de salariés, un langage voisin. En cas d’unité la dynamique aurait peut-être été plus loin que 30 %, tant le rejet de Macron était fort. Mais avec six listes de gauche entre 13,7 %, 6,6 %, 6,5 %, moins de 3 %, moins de 3 % et 0,5 %, l’immense majorité de l’électorat de gauche s’est abstenue sans même lire les programmes en détail. Le sentiment dominant a été que c’était raté, l’écœurement a fait le reste, il y a eu 48 % d’abstentions, en majorité dans le salariat.

 

Ce serait pareil pour la présidentielle à venir, car c’est un scrutin si pervers, si complexe, si clivé sur la personnalité qui va gagner et ensuite emporter la majorité aux élections législatives, que les décisions imposent calculs et coalitions préalables. Macron amène Le Pen, sa politique libérale brutale le condamne à ne pouvoir apparaître comme un « barrage » à Le Pen. Pourquoi y aurait-il un sursaut en sa faveur ? Le danger est donc grand s’il n’apparaît pas une autre issue à gauche ! Et elle ne pourra se faire sans unité à partir des groupes préexistants.

 

L’élaboration d’un nouveau programme de gouvernement prenant en compte les luttes du salariat, dans son ensemble, mais aussi le féminisme, l’antiracisme et la lutte contre le basculement climatique, devrait être la boussole de tous ceux qui veulent éviter le pire et unifier sur ce programme.

 

À ceux qui affirment qu’un tel regroupement ne serait pas « crédible » pour la masse des électeurs ou que le programme qui en découlerait serait « trop à gauche » pour l’emporter, nous feront remarquer que, quand ils se sentent libres et surs des choix qui vont être faits, les électeurs français n’ont pas peu de grand chose. Lors du premier tour de la présidentielle de 2002, ils ont donné jusqu’à 11,5 % des voix aux trois groupes trotskistes (NPA, LO, POI) qui existaient alors. À l’époque, Lionel Jospin paraissait gagnant presque à coup sûr au second tour et les salariés ont donc poussé plus à gauche. Pour indiquer la voie qu’il fallait emprunter.

 

Ne pas rééditer 2017, ni 2002, mais 1936 !

 

En 2012, les études l’avaient bien démontré : l’électorat de François Hollande et celui de Jean-Luc Mélenchon était le même. Là où Hollande était fort, Mélenchon était fort ; là où Mélenchon était fort Hollande était fort. Ils ne s’opposaient pas ; ils se complétaient et de nombreuses et fortes passerelles existaient. C’est faute d’alliance, et par les choix réactionnaires de Hollande & Cie, que tout est allé à vau-l’eau.

 

En 2016-2017, si elle était réalisée, l’unité Mélenchon-Hamon était donnée en tête au second tour, dans tous les sondages qui l’étudiaient. Puis, la dynamique alla vers Mélenchon et des millions d’électeurs socialistes se prononcèrent finalement pour lui – en tant que candidat le mieux placé – afin qu’il y ait un candidat de gauche présent au second tour. Il obtint 19 %. Il aurait franchi le cap s’il avait pu convaincre les 6 % d’électeurs, qui restèrent à Benoît Hamon, de voter pour lui. Mais c’était impensable sans un accord politique signé et public entre les deux candidats. Ni Jean-Luc Mélenchon, ni Benoît Hamon, ne voulurent de cet accord qui aurait abouti à une situation inédite où Mélenchon aurait été président et Hamon Premier ministre, inaugurant une nouvelle page de l’histoire de la gauche en même temps que de la République… Ils perdirent séparément et nous firent perdre tous ensemble, en permettant l’irruption de Macron.

 

Décidément, le meilleur des programmes ne suffit pas, sinon cela fait longtemps que le socialisme l’aurait emporté partout… La première condition de la victoire, ce n’est pas le programme, c’est l’unité. La victoire des forces constituant le Front populaire, en mai-juin 1936, est là pour nous le rappeler. Le programme du Rassemblement populaire était largement en deçà des revendications de la CGT réunifiée, comme de la SFIO et du PCF. Mais les salariés n’ont pas voté pour le catalogue de vagues mesures et de bonnes intentiosn mis au point en quelques semaines par les forces de gauche ; ils ont voté pour la victoire qui était enfin à leur portée ! Ils ont voté pour l’unité !

 

La seconde leçon de 1936, c’est que pour gagner vraiment, une « insurrection civique » ne suffit pas. Il faut une « insurrection sociale ». Il faut que le mouvement social soit assez puissant pour mobiliser, marquer les esprits, imposer ses thématiques et ses revendications dans la campagne électorale, faire pression, en tant que dépositaire de la victoire politique, sur le pouvoir fraîchement élu. C’est ainsi que des conquêtes démocratiques et sociales peuvent actuellement être obtenues. Si l’unité politique et syndicale s’ébauche, même à tâtons, des millions d’électeurs salariés y verront à juste titre une promesse de lendemains meilleurs !

 

Pour une dynamique novatrice

 

S’il y a un émiettement désastreux à gauche, il y a aussi a contrario des raisons d’espérer.

 

Plus personne ne peut prétendre à l’hégémonie. Le centre de gravité de la gauche est bel et bien à gauche. Et c’est autour de ce centre de gravité qu’on peut reconstruire. Les différents appels qui ont éclos au lendemain des européennes du 29 mai 2019 convergent largement sur le fond. Rien ne justifie qu’une nouvelle hégémonie apparaisse. De Place publique au NPA, si des différences existent, il y a aussi un champ de convergences important.

 

C’est de là qu’il faut partir, en acceptant de discuter de toutes les questions sans exclusive. Dans l’immédiat, la convergence des appels (Marée populaire, Sursaut, Big Bang, Convergeons…) est un premier pas. Cette convergence peut se décliner sur tous les territoires et engager une dynamique salutaire. La constitution d’un comité de liaison ouvert de toute la gauche politique, sociale et écologique serait un pas supplémentaire.

 

Sans attendre, c’est la responsabilité de chacune et de chacun d’organiser ces convergences dans des assemblées citoyennes ouvertes, des collectifs locaux sur le social, l’écologie, la démocratie.

 

Le fait de mener des campagnes communes sur ADP, évidemment sur les retraites, sur le droit du travail et les licenciements, mais aussi sur le climat, sur l’assurance chômage, sur les services publics ou encore sur la santé, est le gage d’une dynamique féconde. Alors, allons-y !

 

Nous reproduisons ici le dossier du numéro de janvier de Démocratie&Socialisme, la revue de la Gauche démocratique et sociale (GDS).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

only Bernie beats Trump

L’uberisation progresse comme une lèpre

L’ubérisation progresse comme une lèpre

Macron et Pénicaud manipulent la présentation des taux de chômage : avec eux ce n’est pas le chômage qui baisse mais les statistiques. Ils ont remplacé la référence aux chiffres de Pole Emploi et ceux de la DARES par la référence aux chiffres du BIT. Or le BIT exclut du chômage toute personne qui a travaillé une seule heure dans le mois précédent : avec cette méthode, les demandeurs d’emploi selon le BIT ne sont que 3,365 millions. Alors que les demandeurs d’emplois selon Pôle emploi, c’est 5,531 millions. Pour camoufler la différence, ils parlent maintenant de  « halo du chômage » (sic), il est de 1,6 million. Et comme, depuis le 1ernovembre, ils ont rendu plus difficiles les inscriptions (il faut 6 mois de travail au lieu de 4 mois), plus massives les radiations et raccourci la fin des droits, forcément, en apparence, les chiffres du chômage baissent.

A cela s’ajoute la progression forcée du travail non salarié.

En 2019, en France, 12,1 % des personnes occupant un emploi sont « ‪indépendants » ; statut plus répandu chez les ‪hommes(15,3 %) et les‪seniors(17,3 %) – vient de nous dire l’INSEE.

 

Ce chiffre veut dire que la politique de Macron avance comme la lèpre.

 

 

La partie des salariés actifs recule : 90 % dans les années 2010 et autour de 88 % à ce jour.

Sous Macron, ils parviennent donc lentement à exclure 1 à 2 % des actifs du salariat qu’ils réussissent formellement à ubériser. Assez pour les « extraire » des comptes du chômage.

 

En fait ces ex-salariés ne peuvent plus accéder à l’indemnisation en tant que chômeurs, donc au lieu de s’inscrire au pôle emploi, ils sont poussés vers le « travail indépendant ». Les voilà, loueurs de bras, journaliers, besogneux, tâcherons, appointés, trimardeurs, auto-entrepreneurs, incubateurs, startuppers. Retour vers le XIX° siècle.

 

Toujours selon l’INSEE, sur la dernière décennie, la population active âgée de 15 à 64 ans a augmenté de 1,0 million de personnes en France dite « métropolitaine ».

Mais malgré cela, il n’y a seulement que 71 % d’actifs en France (en dessous de l’Union européenne à 72,9 % et loin  derrière des pays comme la Suède ou le Danemark dont les taux d’activité atteignent respectivement 82,1 % et 80,0 %).

Sur cette population active française de 71 %, à part les chômeurs officiels, 57 % est salariée, et récemment, ce sont les non-salariés, 8,9 % qui sont en hausse.

 

Le problème est que cela ne résout rien, à part la propagande du gouvernement, car le chiffre d’affaire moyen des auto-entrepreneurs économiquement actifs est inférieur à 1400 euros,  et le taux de pauvreté de ces « indépendants »  atteint 16,6 % d’entre eux. Bien plus que le taux de pauvreté des salariés qui est de 5,9 %.

L’ubérisation est un appauvrissement des victimes de ce faux travail prétendu indépendant.

Et aussi des caisses de Sécurité sociale.

 

lire chaque semaine l’humanité dimanche chronique au boot n° 482 Filoche

 

Quel sort aux cadres et carrières longues avec la « retraite à points ?

 

 

Les cadres ont, en moyenne, une espérance de vie supérieure à celle des autres salariés, notamment les ouvriers : sept ans de plus ! Ils peuvent aussi conserver plus facilement leur emploi. Ils ne seront pas épargnés par le « système universel » de Macron.

À quelles conditions les cadres auront ils une retraite égale à 75 %  ou 60 % de leurs salaires ?

Pour bénéficier de 75 % de son salaire de fin de carrière, un cadre, dont la carrière a progressé comme le salaire moyen, devrait cotiser 54 ans, c’est-à-dire avoir commencé sa carrière de cadre à l’âge de 10 ans pour pouvoir partir à la retraite à 64 ans.

S’il est diplômé d’un Bac + 5 à 23 ans, il devrait poursuivre son activité jusqu’à 77 ans et, s’il est titulaire d’un doctorat à 26 ans, jusqu’à 80 ans.

Pour partir en retraite avec 60 % de son salaire de fin de carrière, ce même cadre devrait cotiser 42 ans, c’est-à-dire avoir commencé sa carrière à 21 ans. Diplôme d’un Bac + 5 à 23 ans, il devrait poursuivre son activité jusqu’à 66 ans et s’il est titulaire d’un doctorat, jusqu’à 69 ans.

Les cadres, à l’exception bien évidemment des cadres supérieurs ou de direction disposant de « retraites chapeaux » et de « parachutes dorés », seront donc, eux-aussi, lourdement pénalisés par Macron.

La plupart des cadres n’ayant évidemment pas pu commencer leur carrière aussi tôt et ne pouvant travailler ou conserver leur emploi jusqu’à des âges aussi avancés, n’auront plus qu’une solution pour conserver un niveau de vie qui ne soit pas trop éloigné de celui de leur période active : adhérer à un fonds de pension. Avec tous les aléas que l’ont sait : risque de toute perdre. C’est l’un des principaux objectifs du système de retraites Macron.

Les « carrières longues » repoussées d’au moins deux ans

L’article 28 du projet de loi affirme maintenir le dispositif dit des « carrières longues ». Ce dispositif ouvre le droit à un départ à 60 ans aux assurés ayant commencé leur activité avant l’âge de 20 ans.

Mais cet article précise que la retraite sera calculée avec un « âge d’équilibre abaissé de deux ans ». Avec un âge d’équilibre à 64 ans, le départ en retraite ne sera donc plus possible à 60 ans mais à 62, sous peine de voir le montant de sa retraite frappé d’une décote de 10 % pendant toute la durée de sa carrière.

Pour les générations nées en 1990, l’âge d’équilibre devrait atteindre 66,25 ans. L’âge de départ pour les carrières longues atteindrait donc 64,25 ans (deux ans de moins) pour que le montant de la retraite ne soit pas frappé d’une décote.

Pour partir à 60 ans, il faudrait, ainsi, accepter une décote de plus de 20 % de sa retraite et avoir commencé à travailler à 15 ans et demi puisqu’il faudrait avoir travaillé 44,25 ans (cette durée évoluant comme l’âge d’équilibre).

Ils osent vraiment tout.

 

Gérard Filoche

 

lire chronique dans l’humanité dimanche chaque semaine

 

 

en libraire le 4 mars notre nouveau livre anti retraites à macron

 

 

SOMMAIRE

UN POMMIER NE PEUT PAS DONNER DE FRAISES

LE “RUISSELLEMENT” ………………………………..

 

21 LA MÉTHODE DU SALAMI ………………………………

22 LE COUP DU BERGER …………………………………23

Lalettred’ÉdouardPhilippeauxsyndicats ……………….

23 LeSecrétairedelaCFDTcriaitaussitôtvictoire ……………

24 Undéficitfinanciercréépourlesbesoinsdelacause ………..24

L’AVIS CONSULTATIF DU CONSEIL D’ÉTAT …………………..

25 LE PARLEMENT EST APPELÉ À VOTER SUR UN PROJET DE LOI “À TROUS” .

26 – QUESTION 1– 42 RÉGIMES, DES RÉGIMES SPÉCIAUX :EST-CE VRAIMENT UN PROBLÈME ?

L’ÉNUMÉRATION DE CES 42 RÉGIMES INDIQUE À QUEL POINT CE CHIFFRE RÉSULTE DE L’ADDITION DE DISPOSITIFS DE DIMENSIONS EXTRÊMEMENT VARIABLES ………………………………………..29

43RÉGIMES DE RETRAITE AU LIEU DE 42ENTRE 2037ET 2065 …….

31 LESYSTÈMEÀPOINTSSERA-T-ILPLUS“LISIBLE”? …………….

31 LE SYSTÈME À POINTS PERMETTRA-T-IL D’ATTEINDRE LA “JUSTICE”,L’“ÉQUILIBRE”,L’“ÉQUITÉ”,LA “TRANSPARENCE”?…………….

32 La“justice” ……………………………………..

32 L’“équilibre” …………………………………….

33 L’“équité” ………………………………………

34 La“transparence” …………………………………

34 •Le“simulateur”menteur ……………………………..

.34LE GOUVERNEMENT CIBLE LES RÉGIMES SPÉCIAUX DE LA SNCF,

DE LA RATP ET DES INDUSTRIES ÉLECTRIQUES ET GAZIÈRES . . . . . . . . .

35 LES DIFFICULTÉS DE COMPRÉHENSION DE GÉRALD DARMANIN . . . . . . . .

36 Pour Darmanin, les 2,2 milliards versés au titre du déficit démogra phiquesontinjustifiés ………………………………

36 Pour le ministre des Comptes publics, les 0,6 milliard versés au titre des départs anticipés sont injustifiés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

37 Pour Gérald Darmanin les 0,4 milliard de surcroît de pension sont injustifiés ……………………………………….

38page6image17520page6image17680– QUESTION 2 – LA FORMULE “POUR UN EURO COTISÉ, LES MÊMES DROITS À LA RETRAITE” A-T-ELLE QUELQUE CHOSE À VOIR AVEC LA JUSTICE SOCIALE ?

UNE FORMULE QUI POURRAIT PARAÎTRE DE BON SENS
MAIS QUI NE L’EST PAS ………………………………..

40 AU REGARD DES DIFFÉRENCES D’ESPÉRANCE DE VIE EN BONNE SANTÉ LA FORMULE “POUR UN EURO COTISÉ, LES MÊMES DROITS” MONTRE TOUTES SESLIMITES ……………………………………….

41 UNE FORMULE QUI EXCLUT LA SOLIDARITÉ
ET DONC L’ÉQUITÉ DU SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS …………

42 UNE FORMULE DÉJÀ BATTUE EN BRÈCHE PAR DE NOMBREUSES DÉROGATIONS43

Lesdérogationsaccordéesauxindépendants ………………43 Les dérogations accordées aux militaires
etàlaplupartdespoliciers …………………………..

43 Lesdérogationsaccordéesauxsénateurs …………………

44 La dérogation accordée, à leur corps défendant, auxartistesdel’OpéradeParis ……………………….

44 Des dérogations pour les salariés navigants de l’aviation civile qui sont les seuls à avoir préservé leurcaissederetraitecomplémentaire …………………..

44 Des dérogations au taux uniques de cotisation . . . . . . . . . . . . . . . . .

44 UNE FORMULE SORTIE EN DROITE LIGNE DE L’IDÉOLOGIE MACRONIENNE . .45 L’idéologiedu“choixindividuel” ……………………..

45 L’IDÉOLOGIE DES “VERTUS DE L’ÉPARGNE” ………………….

45 Leprimatdela“valeurtravail” ……………………….

46LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS SINGE LA RETRAITE PAR CAPITALI-SATION AFIN DE PRÉPARER LE TERRAIN POUR LES FONDS DE PENSION . . .

47– QUESTION 3 – LE CALCUL DU MONTANT DES RETRAITES SUR TOUTE LA CARRIÈRE PERMETTRA-T-IL D’AMÉLIORER LE MONTANT DE NOS RETRAITES ?

LE PRÉCÉDENT DE LA RÉFORME DU RÉGIME DE BASE DES RETRAITES DES SALARIÉS DU SECTEUR PRIVÉ DE 1993 …………………….

50 Unesupercherie …………………………………

.51• Un exemple simple permet de démonter cette supercherie . . . . . . . . . . . .51OÙ SONT LES ARGUMENTS DU RAPPORT DELEVOYE ? ……………

52 L’EXEMPLE DE KARIM ………………………………..

53•Reprenonsl’exempledeGeorges ………………………….

54 LES SALARIÉS DE LA FONCTION PUBLIQUE SERONT-ILS FAVORISÉS PAR LE CALCUL DE LEUR RETRAITE SUR TOUTE LEUR CARRIÈRE ? . . . . .

.55 Première piste : transformer certaines professions oumettreenplaceunepolitiquedesrémunérations …………

55 Intégrer les primes dans le salaire servant de base aucalculdelaretraite ………………………………

56•LescalculsédifiantsduSNUIPP-FSU ………………………

57AU TOTAL, DANS LE PRIVÉ COMME DANS LE PUBLIC, LA MÉTHODE DE CALCUL PRÉCONISÉE PAR LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS N’AMÉLIORERA LA RETRAITE D’AUCUN SALARIÉ ………………

57 La méthode de calcul de la retraite sur toute la carrière pénalisera les salariés qui ont eu une carrière ascendante . . . . . . . .

57 La méthode de calcul pénalisera, également, les salariés du secteur privéquionteuunecarrièredescendante ………………..

58 Les salariés ayant eu une carrière heurtée seront,
eux-aussi, pénalisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

58 Les salariés ayant eu un salaire identique pendant toute leur carrière ne seront pas pénalisés mais ne seront pas avantagés par ce mode de calcul ………………………………………….

58– QUESTION 4–QUE VALENT LES “RÈGLES D’OR” D’EMMANUEL MACRON POUR GARANTIR NOS RETRAITES ?

POUR ESTIMER UN TEL ENGAGEMENT À SA JUSTE VALEUR,
IL FAUT RÉPONDRE À DEUX QUESTIONS PRÉALABLES …………..

.60 MACRON ET SON GOUVERNEMENT RESPECTENT-ILS LES “RÈGLES D’OR”ACTUELLES ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

60

L’indexationdesretraitessurlesprix ……………………

60 LE MINIMUM DE RETRAITE À 85 % DU SMIC NET
POUR UNE CARRIÈRE COMPLÈTE ………………………….

61 LES “RÈGLES D’OR” DU PROJET DE LOI POUR GARANTIR LE MONTANT DES RETRAITES SONT-ELLES EN OR OU EN PLOMB ? ………………..62

Lapréservationdesdroitsacquis ………………………

62 La garantie de la valeur de service du point et son indexation sur l’évolutiondessalaires ……………………………..

63

• À des années-lumière des engagements d’Édouard Philippe le11décembre2019 ……………………………………63 Unminimumderetraiteégalà85%duSmic …………………

.64

 

LA SEULE RÈGLE D’OR DU PROJET D’EMMANUEL MACRON :
L’ÉQUILIBRE FINANCIER DU SYSTÈME ………………………64

L’équilibre financier devra être atteint, même en cas de récession, ce

quiestcatastrophique ………………………………

65 LA SEULE “RÈGLE D’OR” POUR PRÉSERVER NOS RETRAITES EST DE NOUS TENIR PRÊTS À NOUS MOBILISER POUR LES DÉFENDRE …………..

66

•L’exempledesrégimesderetraitecomplémentaire ……………..

66LA RETRAITE À POINTS FERAIT DISPARAÎTRE
TOUS NOS REPÈRES COLLECTIFS ………………………….

67

page8image2376page8image2536page8image2696page8image2856page8image3016page8image3176

 

DANS LE SYSTÈME PAR TRIMESTRES ACTUEL, IL EST POSSIBLE DE CALCULER À L’AVANCE LE MONTANT DE SA RETRAITE …………..67 Danslesecteurprivé ……………………………….

68

• Le calcul du montant de la première retraite se fait selon la formule

suivante: ……………………………………………68DanslaFonctionpublique …………………………..

69

DANS UN SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS, NOS REPÈRES COLLECTIFS DISPARAÎTRAIENT …………………………………..

.69 LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS SERA UN SYSTÈME À COTISATIONS DÉFINIES ET NON PLUS UN RÉGIME À PRESTATIONS DÉFINIES . . . . . . . . . .

70

•Lesimulateurtrompeur(suite) ……………………………

71

– QUESTION 5 –QUEL SORT LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS RÉSERVE-T-IL À LA SOLIDARITÉ ?

LA SOLIDARITÉ SERA PRISE EN CHARGE PAR UN
“FONDS DE SOLIDARITÉ VIEILLESSE UNIVERSEL” ………………

74 LA RÉFORME DU RÉGIME DE L’ASSURANCE CHÔMAGE EN 2019
EST UNE LEÇON DE CHOSES DE CE QUI PEUT ARRIVER
QUAND L’ÉTAT DÉCIDE SEUL ……………………………

74 LES PENSIONS DE RÉVERSION SERONT INCLUSES
DANS LES DÉPENSES DE SOLIDARITÉ ……………………….

76 LES DROITS À LA RETRAITE DES CHÔMEURS SERONT
LOURDEMENT PÉNALISÉS ………………………………

77

• Une assez bonne illustration de la méthode du gouvernement . . . . . . . . .

77CES PRESTATIONS NE CONSTITUERONT
EN RIEN UNE AVANCÉE PAR RAPPORT AU SYSTÈME ACTUEL ………..

78

Première raison : ces prestations seront financées par l’impôt . . . .

78 Deuxième raison : le nombre de points qui seront attribués n’estjamaisprécisé ………………………………..

78

– QUESTION 6 – QUEL SORT LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS RÉSERVE-T-IL AUX FEMMES ?

LA RÉALITÉ EST BIEN ÉLOIGNÉE DE CES “CHÂTEAUX EN ESPAGNE”… . .

80 L’INSTAURATION D’UN MINIMUM DE RETRAITE ÉGAL À 85 % DU SMICFAVORISERA-T-IL LES FEMMES ? ………………………….

80 LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS DÉFAVORISERA LES CARRIÈRES HEURTÉES, BEAUCOUP PLUS FRÉQUENTES CHEZ LES FEMMES . . . . . . . . .

81 L’ATTRIBUTION D’UNE MAJORATION DU MONTANT DES RETRAITES DÈS LE PREMIER ENFANT CONSTITUERAIT-ELLE UNE “AVANCÉE MAJEURE” ? . . .

82

• Le cas d’une femme de la génération 1946, mère de trois enfants

avec une carrière moyenne dans le secteur privé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

83LE SYSTÈME PAR POINTS PERMETTRAIT-IL AUX FEMMES DE PRENDRE
LEUR RETRAITE PLUS TÔT ? ……………………………

.84

CERTAINS INCONVÉNIENTS DU DISPOSITIF ACTUEL DE MAJORATION
DU MONTANT DES RETRAITES PERDURERAIENT ………………..

85

• Choix du parent bénéficiaire de la majoration

pourl’éducationd’unenfant ………………………………

85LES CONGÉS PARENTAUX ………………………………

86 QUE DEVIENDRONT LES PENSIONS DE RÉVERSION ? …………….

86

Le côté obscur de la réversion dans le système de retraites à points d’EmmanuelMacron ………………………………

87

– QUESTION 7 – COMMENT LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS PREND-IL EN CHARGE LA PÉNIBILITÉ DU TRAVAIL ?

LE MOT “PÉNIBILITÉ” EST POURTANT TRÈS EN-DEÇÀ DE LA RÉALITÉ . . . .

90 DANS LE SECTEUR PRIVÉ, L’INTENSITÉ ET LA FLEXIBILITÉ DU TRAVAIL
DANS L’ENTREPRISE S’ACCENTUENT ……………………….

90 LE COMPTE PÉNIBILITÉ EST UN “EMPLÂTRE SUR UNE JAMBE DE BOIS” . .

91

Le “C3P” . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

91 Le “C2P” . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

92•“C3P”et“C2P” ………………………………………

93UN PARCOURS DU COMBATTANT ………………………….

93

LA PÉNIBILITÉ POUR LES SALARIÉS DES RÉGIMES SPÉCIAUX
DERETRAITE ………………………………………

94 LescasdelaSNCFetdelaRATP …………………….

.95

LA PÉNIBILITÉ DU TRAVAIL POUR LES SALARIÉS DES TROIS FONCTIONS PUBLIQUES ………………………………………..

96 LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS ORGANISERA

LE NIVELLEMENT VERS LE BAS ………………………….

97 Lagénéralisationdu“C2P” ………………………….

97 Tous les métiers dangereux ne sont pas traités de la même façon . .

98

C’EST UNE ÉGALISATION VERS LE HAUT QUI EST NÉCESSAIRE . . . . . . . . .

99

 

– QUESTION 8 – LES SALARIÉS DU SECTEUR PRIVÉ SERONT-ILS VRAIMENT LIBRES DE CHOISIR DE RESTER AU TRAVAIL
OU DE PRENDRE LEUR RETRAITE ?

LE CHOIX, DANS LE SECTEUR PRIVÉ, ENTRE CONTINUER À TRAVAILLER ET PARTIR EN RETRAITE EST UNE SUPERCHERIE ………………..

.102 L’ÂGE D’ÉQUILIBRE DANS LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS . . . . . .

103 IL EST DIFFICILE DE COMPRENDRE POURQUOI LE COR SE FÉLICITE DE L’AUGMENTATION DU NOMBRE DES “SENIORS” EN EMPLOI ? . . . . . . . . .

104 LES “SENIORS” SUBISSENT LE CHÔMAGE DE LONGUE DURÉE . . . . . . . .

105 QUELS GENRES D’EMPLOIS SONT OFFERTS AUX SALARIÉS DU SECTEUR PRIVÉ QUI AURONT PU GARDER LEUR TRAVAIL OU EN RETROUVER UN ?

106

• La nature des emplois des “seniors” selon deux études de la DARES et de l’INSEE ……………………………………………

106

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TRAVAILLER QUAND ON EST ÂGÉ EST SOUVENT PÉNIBLE ET, EN PLUS, CELA REND MALADE …………………………………….

107 QUEL SORT LE SERVICE DE RETRAITES À POINTS RÉSERVE-T-IL
AUX CADRES ? …………………………………….

108

• À quelles conditions les cadres pourraient-ils bénéficier

d’uneretraiteégaleà75%ou60%deleurssalaires? …………..

108LES CARRIÈRES LONGUES ……………………………..

109

– QUESTION 9 – LE SYSTÈME DE RETRAITES À POINTS SERA-T-IL GÉRÉ DÉMOCRA-TIQUEMENT ?

UN ÉTABLISSEMENT PUBLIC ……………………………

112 L’ILLUSION DE LA DÉMOCRATIE ………………………..

.113

Selon le rapport Delevoye, les instances quiseraientmisesenplacefoisonneraient ………………

.113 Lerôledecesinstances …………………………..

.113

CONFIER NOS RETRAITES À UN “ALGORITHME”
OU À LA “GOUVERNANCE PAR LES NOMBRES” . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

114 LES RÔLES ATTRIBUÉS AU GOUVERNEMENT
ET AU PARLEMENT GARANTIRONT-ILS LA DÉMOCRATIE DU SYSTÈME ? .115 LA CRÉATION DE LA SÉCURITÉ SOCIALE EN 1945 …………….

115

• Le salaire socialisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

116LA MISE EN PLACE DE LA DÉMOCRATIE SOCIALE …………….

.117 LA REMISE EN CAUSE PROGRESSIVE DE LA DÉMOCRATIE SOCIALE . . . . .

117

Lacréationdel’Agircetdel’Arrco ……………………

117 Lacréationdel’Assedic-Unedic ……………………..

118 L’ordonnancedu21août1967etleparitarisme …………..

118 L’ordonnance du 17 décembre 1982 etleretourdeladémocratiesociale ……………………

119 Les réformes de 1996 commencent à installer lamainmisedel’ÉtatsurlaSécuritésociale ……………..

119 De la démocratie sociale à la gouvernance . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

120

– QUESTION 10 – QUELLES SERAIENT LES MESURES À ADOPTER POUR UN SYSTÈME DE RETRAITES PLUS JUSTE ?

LES OBJECTIFS QUE DEVRAIT SE FIXER UN SYSTÈME PLUS JUSTE . . . . .

.122 Le 1er serait de permettre au retraité ou à la retraitée de profiter de sa retraite en étant le plus longtemps possible en bonne santé . . . . . .

122 Le 2ème objectif serait de permettre à la population retraitée demeneruneviedécente …………………………..

122 Le 3ème objectif serait de

maintenirlavaleurdesretraitesliquidées ……………….

123 Le 4ème objectif serait de rétablir la démocratie sociale . . . . . . .

.123

POUR FINANCER CES AMÉLIORATIONS,
IL FAUT RÉPARTIR AUTREMENT LES RICHESSES ……………….

124

Augmenterlessalaires ……………………………

.124 AGIR EFFICACEMENT CONTRE LE CHÔMAGE DE MASSE …………

.124 L’AUGMENTATION DES COTISATIONS RETRAITE ET, EN PARTICULIER,
DE LA PART PATRONALE DE CES COTISATIONS, EST INCONTOURNABLE . .

126

L’augmentation du taux des cotisations retraite ne doit donc plusresterunsujetinterdit ………………………….126 Lestroisleviersdetoutrégimederetraite ……………….

127 Le choix d’augmenter les cotisations sociales auraitétébienmeilleurpourlesfutursretraités …………..

.128 De combien faudrait-il augmenter les cotisations retraite pour annuler lesréformesdenosretraitesdepuis1993? ………………

128

LES VÉRITABLES OBJECTIFS D’EMMANUEL MACRON

DEPUIS 1993, LES ATTAQUES SUBIES PAR NOS RÉGIMES DE RETRAITE
SE SONT SUCCÉDÉ SANS GUÈRE D’INTERRUPTION ……………..

132 LE BILAN DE CES RÉFORMES N’EST PAS TRÈS DIFFICILE À TIRER :L’ÉQUILIBRE FINANCIER EST MAINTENANT ATTEINT MAIS LES SALARIÉS
ONT SUBI UNE LOURDE PEINE ………………………….

.132 LE NIVEAU DE VIE DES RETRAITÉS EST, CERTES,
ÉGAL À CELUI DES ACTIFS …………………………….

133 LES GRANDS PERDANTS DE CES RÉFORMES ONT ÉTÉ LES SALARIÉS . . .

.133 EMMANUEL MACRON VEUT ALLER JUSQU’AU BOUT ! ………….

.133

D’abord en gelant à 28,12 % le taux des cotisations retraite . . . . .

134 Ensuite en faisant une place au soleil de plus en plus importante
à la retraite par capitalisation, aux fonds pension,
àl’épargneretraite ……………………………….

134 Qu’importe si les retraites par capitalisation, les fonds de pension,

les plans d’épargne retraite présentent deux inconvénients et non des

moindres ………………………………………136 LE COUPLE INFERNAL DE L’IMPÔT ET DE LA RENTE ……………

137

 

NOTES ………………………………………….

.139

Pénicaud : 7 grandes entreprises sur 40 sont délinquantes et discriminent

Ainsi donc, il  n‘y aurait, selon le gouvernement,  que 7 entreprises sur 40 testées (tirées au sort, parmi, les 120 plus grosses capitalisations boursières) qui opéreraient de la « discrimination à l’embauche » à l’adresse et sur l’origine.
Il ne s’agit pas des moindres : Accor Hôtels, Air France, Altran technologies, Arkéma, Renault, Rexel, Sopra Steria. Remarquez : c’est un délit ! Ca fait presque 18 % des entreprises concernées et c’est beaucoup, démasquées d’un seul coup.
L’étude par « testing » confirme une discrimination « significative et robuste » : « un Maghrébin a 25 % de chances de moins de recevoir une réponse » à une demande d’embauche.
Protestation aussitôt des dites entreprises et du Medef sur le procédé :
« - Non c’est pas vrai, c’est pas comme ça, le testing est mauvais » etc.

Cela rappelle, en février 2010, sous Sarkozy, le ministre du Travail de l’époque Xavier Darcos, lequel, après l’émoi des suicides chez Orange en été 2009, avait publié sur son site une liste « rouge » des entreprises n’ayant pas ouvert le dossier du « stress au travail».  47 % des entreprises de plus de mille salariés avaient été classées en rouge (dont particulièrement SFR, Picard surgelés, C&A, et Labeyrie). 33 % avaient été classées en vert : comme il s’agissait de PSA, Thalès, GDF Suez, Rhodia ou Sodexo chacun en avait douté. 8 % avaient été classées en « orange ». Dont Orange.

De nombreuses entreprises s’étaient plaintes alors d’avoir été pointées du doigt par erreur. Résultat, le ministère, avait été contraint de faire machine arrière, retirant de son site les listes « rouge » et « orange » des sociétés n’ayant pas entamé ou conclu de négociations contre le stress. « Les risques psychosociaux, nous les avons longtemps sous-estimés, parce qu’il est plus facile de repérer quelqu’un qui tombe dans un haut-fourneau que quelqu’un qui souffre » avait déclaré Xavier Darcos. « En tout cas, une dynamique est engagée sur la question, c’était bien le but », plaidait-t-on Rue de Grenelle.
Mais ça s’était arrêté brusquement. Et c’est le ministre qui avait été viré.
« Name and shame », ça n’avait pas marché.
Trop dangereux ce jeu là.
Imaginez qu’aujourd’hui, on poursuive les enquêtes sur les entreprises qui embauchent 516 000 travailleurs, en les discriminant sur les salaires.
Gageons que Muriel Pénicaud ne courra pas le risque qu’avait pris Xavier Darcos : elle annonce qu’elle associe les 7 premières entreprises prises la main dans le sac au prochain « testing » qu’elle prépare visant les 80 autres. En prévenant à l’avance, pour un « testing surprise », c’est plus sur.
Gérard Filoche
lire chronique hebdomadaire  dans l’Humanité  -dimanche « au boulot » n°480

 

 

Quand Bernie Sanders devient le pire cauchemar de ceux qui gouvernent le monde

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Notes

[1] Interview à C.J. Polychroniou : https://truthout.org/articles/noam-chomsky-sanders-threatens-the-establishment-by-inspiring-popular-movements/

Cette interview de Noam Chomsky ainsi que des milliers de textes, vidéos et images de première main venant des États-Unis et concernant tout ce qui se passe au sommet mais surtout à la base de la société nord-américaine, sont postés heure après heure sur le Facebook « Europeans for Bernie’s Mass Movement » que nous avons lancé il y a 3,5 ans et que nous conseillons vivement aux lecteurs de gauche : https://www.facebook.com/EuropeansForBerniesMassMovement/

[2] Il est pour le moins regrettable que les gauches européennes n’arrivent pas à comprendre que ce qui se passe aux États-Unis depuis 4 ans est d’une importance historique pour la gauche et le mouvement ouvrier du monde entier, et donc pour elles-mêmes aussi. Pourtant, elles auraient tout à gagner en tissant des liens et en développant des mouvements de solidarité active avec le mouvement radical de masse nord-américain, maintenant qu’il est à l’épicentre d’un affrontement de classe gigantesque et à l’issue tout à fait incertaine. Et tout ça indépendamment de leur devoir internationaliste tant négligé par les temps qui courent…

[3] Une des dernières manifestations de cette guerre quotidienne contre Bernie a été la publication des résultats de la primaire emblématique de Iowa avec un retard de plus de 72 heures ! Ce qui a permis au jeune poulain de l’establishment et du grand capital Pete Buttigieg de se poser en triomphateur et à Joe Biden d’éviter de payer le prix de son résultat humiliant tandis que Bernie a été empêché de tirer avantage de sa victoire, ayant remporté très nettement le vote populaire. Le fait que la société Shadow responsable de ce scandale ait travaillé en 2016 pour le compte de Hillary Clinton, et qu’elle soit actuellement employée et payée par les campagnes de J. Biden et de P. Buttigieg est évidemment une pure coïncidence…

 

GDS pour que Paris reste a gauche :

 

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

 

UNIS

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pour garder Paris

à gauche en 2020

Notre but est de garder Paris à gauche pour la justice sociale, la démocratie, la transition écologique,

> Le logement social,
> Les transports gratuits, > Et les services publics

Notre outil est le rassemblement démocratique de la gauche, de toutes ses composantes, dans le respect de chacune.

VOICI LA LISTE DE MESURES POUR LESQUELLES À GDS, NOUS MILITONS :

Logement, urbanisme, aménagement

La politique d’urbanisme doit avoir pour souci permanent de préserver activement la mixité sociale à Paris :

• Penser l’aménagement de Paris en incluant les communes périphériques proches (ceci, avec l’accord de ces communes), pouvant aller jusqu’à leur rattachement
et la création de nouveaux arrondissements.
Cela permettra d’éviter d’accentuer la densi cation déjà excessive du Paris intra-muros actuel.

• Lutter contre l’habitat indigne et les logements vacants (y compris en usant de la réquisition). Renforcer le contrôle des locations saisonnières qui dérogent encore aux règlementations.

• Augmenter le nombre des logements sociaux en particulier dans les arrondissements qui en comptent peu (centre et ouest de Paris) et favoriser les logements pour
les familles de 3 enfants ou plus. Rénover le parc des logements sociaux anciens
et passer à des immeubles « passifs » (très peu consommateurs d’énergie).

• Développer des logements pour les étudiants
• Débattre démocratiquement avec les riverains et les usagers sur les projets de

construction, d’aménagement des quartiers, des espaces publics, des travaux de voirie.

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1

• Penser les voies publiques en fonction des personnes à mobilité réduite et des seniors : réserver les trottoirs aux piétons et supprimer les obstacles, implanter des bancs publics, améliorer la traversée des rues.

• Mettre un frein à la marchandisation de l’espace public. Ne pas transformer la Gare du Nord en centre commercial au détriment de son usage premier : donner l’accès aux trains ; ou encore interdire de faire du parvis de Notre-Dame un espace commercial.

• Contrôle de la puissance publique sur la gestion par les syndics de copropriété.

Transition énergétique

• Préserver et développer les espaces verts publics.
• Actions citoyennes de reconquête des rues par la végétalisation des trottoirs,

des façades, des espaces publics.

• Gestion des espaces verts, continuer la politique zéro phyto et la généraliser à toutes les entreprises (SNCF, RATP, etc) et aux particuliers.

• Débitumer les cours d’école et rechercher les moyens de rendre les cours d’école plus fraiches (arbres).

• Réformer le système de vignette Crit’Air : remplacer le critère de l’âge du véhicule par celui de la pollution réelle (ce qui est possible grâce au contrôle technique).
Le système actuel pénalise ceux qui ont peu de moyens pour remplacer leur véhicule alors que, même s’il est ancien, il pollue moins qu’un SUV neuf !

• Interdire le chauffage des terrasses des cafés et restaurant.Transports et mobilité

• Passer à la gratuité des transports en commun !
Commencer par des actions allant dans ce sens : le weekend, pour tous les seniors, etc. Débat public sur l’ensemble de la question de l’offre de transport, lignes, cadencement, type de motorisation.

• Ampli er la réalisation du réseau de pistes cyclables et pour trottinettes, sans discontinuité et interconnecté avec la périphérie. Développer des garages à vélos sûrs aux stations de métro et de RER, aux gares.

• Accessibilité : faire respecter les obligations légales, notamment pour les bâtiments publics.

• Arrêter d’aliéner les emprises ferroviaires existantes a n de préserver une utilisation ferroviaire future. Tram, train ou RER sur la petite ceinture, gares de marchandises en périphérie a n de réhabiliter les approvisionnements par voie ferrée, les derniers kilomètres pouvant être assurés par véhicules de petite taille électriques.

Démocratie

• Exiger le maintien des services publics en gestion locale directe et développer les services publics locaux en régie directe.

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2

• Égalité femmes–hommes : engagement dans le sens de la charte européenne pour l’égalité ; actions participatives sur l’égalité dans les espaces publics.

• Délibérations et vœux sur tous les sujets d’intérêt général contre les politiques néolibérales : traités TAFTA ou CETA, privatisation d’ADP…

• Soutien aux luttes et mouvements sociaux : Participation collective des élues et élus aux mouvements sociaux unitaires.

Sécurité

• Stopper la fermeture des Postes de Police et favoriser la présence en nombre suf sant d’une police de proximité circulant en particulier dans les lieux de forte fréquentation.

Budget des collectivités territoriales impôts

• Dotations de l’État : Dénoncer leur baisse. En particulier, exiger que l’État remplisse son rôle vis-à-vis des migrants : hébergements décents, examen correct des demandes d’asile. Soutier les associations tel que la Cimade, RESF, etc, continuer l’implication active dans les dispositifs d’accueil ; sinon mesures spéci ques de la ville autant que possible.

• Budget participatif : augmenter progressivement la part du budget participatif dans la part du budget investissement. La démocratie participative directe enrichit la démocratie représentative, même si elle ne peut s’y substituer.

• Œuvrer pour une taxation importante des plus-values immobilières
Cela aura pour double intérêt d’alimenter les budgets de la ville et aussi de mettre un frein à la hausse des prix de l’immobilier et des locations.

Vie associative, sport, culture…

• Soutenir activement la vie associative, mettre en réseau les associations, soutenir la formation des bénévoles.

• Refuser la baisse des subventions aux associations, au motif d’une politique d’austérité qui frappe les municipalités suite à la diminution des dotations d’État.

• Accueillir gratuitement les associations dans des locaux municipauxavec prise en charge des uides.

• Ouverture maximale à tous les artistes et créateurs : toute licence en art.Éducation

Égalité de tous les enfants de Paris, les mêmes opportunités pour tous les petits Parisiens, quels que soient les revenus de leurs parents ou le quartier dans lequel ils vivent.

• Petite enfance : construire des crèches municipales et augmenter le nombre de places3

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• Poursuivre les efforts pour un périscolaire de qualité avec maintien des 4 jours et demi de classe.

• Entretien des écoles et bâtiments scolaires pour répondre aux réels besoins.Services publics

• Gestion de l’eau et préservation de la ressource : garder la régie publique
et accentuer les efforts de remise en état de l’approvisionnement. Utiliser la loi Houdin permettant de consacrer 1 % du budget de la régie de l’eau à des projets solidaires dans les pays du Sud.

• Continuer l’extension de la CPCU (Compagnie parisienne de chauffage urbain) • Mettre en place une politique de tarifs sociaux, avec les services sociaux (CAS,

DASES) pour l’eau, le gaz, l’électricité et le chauffage.

• Cantines scolaires : développer la part du bio et du local et tendre vers
les 100 % bio ou responsables, et locaux. Veiller à la santé des élèves et à la qualité gustative des repas.

• Numérique : déployer le réseau bre optique jusqu’à tous les logements,
en particulier les logements sociaux et résidences personnes âgées avec encadrement des prix proposés par les fournisseurs d’accès. Tarifs sociaux. Mettre en place
des points d’accès au numérique dans les mairies avec aide individualisée.

• Améliorer la disponibilité de tous les services publics
(heures d’ouverture des bureaux de poste, heures des levées de courrier)

Économie sociale et solidaire

• Concentration de l’aide à l’économie vers les entreprises autogérées par leurs travailleurs (EAT), comme les SCOP (gérées par leurs usagers ou leurs fournisseurs), et non vers celles qui restent des entreprises capitalistes.

• S’opposer au travail le dimanche dans le commerce. Repos dominical systématique pour toutes et tous, dans toutes les activités où il n’est pas absolument impératif
de travailler.

Solidarité internationale

• Soutenir les projets associatifs, et créer des maisons des citoyens du monde fédérant les associations et les ONG, formant des bénévoles solidaires.

• Accueillir les persécutés et réfugiés de tous les pays où les combats pour les droits sociaux et humains explosent.

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contacts

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@gds.idf contact@gds-ds.org gds-ds.org

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