Mort à 18 ans pour Uber

Livreur à vélo, un job mortel

 

Jerome Pimot (cf son blog sur Médiapart)

Comment on meurt en faisant un «petit job étudiant».

 

 

Vous n’aviez pas senti la crise ?

La politique ça-vous-z’intéresse-pas ? Vous mangez à votre faim en zappant sur 36 chaînes ? Les pauvres c’est les autres ?

Pour payer ses études d’économie, Franck Page livrait des repas avec Uber Eats. Jusqu’à ce jeudi 17 janvier à 12h10 en grande banlieue de Bordeaux où, à un croisement de la zone industrielle de Pessac Bersol, un camion qui tournait pour aller rejoindre l’autoroute l’a accroché et traîné sur plusieurs dizaines de mètres. Il est mort sur le coup.

 

Franck était un gars comme tant d’autres avec CE p’tit truc en plus. Des proches écrivent sur Facebook qu’il était “solaire”Sa dernière vidéo Facebook, nous montre un vrai talent de danseur Hip-hop par ses figures assez complexes, alors qu’il semblait avoir commencé depuis peu. Ça n’était pas un de ses mabouls qui roule n’importe comment, à la recherche de sensations et/ou de performances. D’ailleurs, lors de l’accident, Franck était arrêté au feu rouge…

Depuis longtemps on savait que ça allait arriver. En juillet 2015 déjà, immobilisé par un poignet cassé, j’écrivais dans un premier texte, sorte de -bouteille-à-la-mer- : “Comment Uber va tuer”.

Cela-dit depuis, il n’y avait pas eu de mort en France et je commençais à me dire que le problème était surtout social. Que le vélo était finalement assez sûr en ville où vitesse et taille des véhicules motorisés sont limités. Les cyclistes étaient donc jusque-là relativement épargnés. Des petits accidents, tout au plus. Parfois sérieux, mais rien qui n’empêche des vies de reprendre leurs cours après quelques semaines de soins.

 

Sauf que les choses ont changé.

Uber Eats, Deliveroo, Stuart, Glovo livrent désormais de plus en plus loin en dehors des centres urbains.

Sauf que faire du vélo en zone quasi piétonne dans le centre d’une métropole est totalement différent de la grande banlieue, d’une zone d’activité commerciale, d’unezone industrielle voire la campagne qu’est souvent la “banlieue” de province.

Moins ou pas de lumière la nuit (dés 18h l’hiver et on roule souvent jusqu’à minuit), voies plus rapides, semi-remorques ou cars qui vous frôlent à 80 km/h…

 

 

Feu rouge où Franck est mort

Moi-même à vélo, en 2015, je me suis fais toucher par un bus (le 164) sur le Boulevard de Verdun à Courbevoie. Ce n’est pourtant pas la brousse, hein. Toujours est-il que le bus m’a attrapé le guidon. Heureusement, je n’allais pas vite et j’ai pu me rattraper sans tomber.

 

Oooh je n’étais pas en livraison hein. À cette époque, je passais juste par là juste pour aller bosser sur Paris comme des milliers de vélotaffeurs, ces gens qui vont au “taff” à vélo, souvent sur des itinéraires réguliers dont ils ont appris avec le temps à connaître les nombreux dangers.

Pour ma part je pédalais d’Argenteuil à Paris-centre… mais après ce -putain_de_bus-, j’ai fini par prendre le train jusqu’à St-Lazare pour minimiser les risques.

Sauf que c’est désormais des milliers de jeunes souvent sans grande connaissance du vélo qui se retrouvent dans des zones perdues à livrer un burger mou et tiède au banlieusard que la pub Uber Eats affichée dans sa lointaine gare RER a convaincu qu’il pouvait consommer exactement comme le CSP+ hyper centré qu’il n’est pas encore.

Oh oui, le résultat est le même : Tu commandes et t’es livré sur ton palier. Sauf que le livreur prend 10 x plus de risques pour t’apporter ta bouffe. Et ça t’en a rien à foutre. Le p’tit gars qui transpire sur le paillasson n’en a pas vraiment conscience non plus. Il s’est sans doute fait quelques frayeurs sur la route avec le souffle d’un camion passé trop près et trop vite ou l’automobiliste qui a pillé devant son nez. Mais il se dit que : “C’est le job…”.

En fait il ne se dit pas tout seul…

…ON LUI DIT !

 

Par contre il y a d’autres choses qu’on ne lui a pas dit.

Il ne sait donc pas ce qu’est le droit du travail ou la protection sociale. Il ne sait pas davantage que “ces trucs” sont justement construits pour que les dangers et la mort se tiennent le plus loin possible du Monde du Travail.

 » Alors voilà, en cas de pépin une petite voix lui dit juste : « que c’est la vie”… aidée en cela par les plateformes qui lui disent aussi : « que c’est un super taff !”, “Qu’il est un vrai héros !”. Quand il a commencé, certains de ses potes, déjà heureux d’avoir gagné quelques milliers d’euros “rien-qu’en-f’zant-du-vélo”, lui ont même sûrement dit que : “c’était un taff MOR-TEL !”

Jusqu’à un feu rouge, un camion… et c’est la mort qui lui murmure.

 

 

80 macronades (extrait mis à jour de « Macron ou la casse sociale » de février 2018)

Les « macronades », leur sens et leurs effets (extrait de « Macron ou la casse sociale » fév. 2018 pour les 60 premières)

Les « macronades », leur sens et leurs effets (extrait de « Macron ou la casse sociale » fév. 2018 pour les 60 premières)

 

Emmanuel Macron s’est fait spécialité de petites phrases. Le porte parole de son gouvernement Castaner se croit obligé de dire qu’il parle comme tout le monde : « Je crois qu’on peut être cultivé et parler comme les Français ». Macron lui–même se justifie dans sa première intervention télévisée de président d’utiliser les mots du vocabulaire populaire. Ce n’est donc pas injustifié d’analyser sa « pensée complexe » à travers les « macronades ».

 

En voilà, mise à jour, 73, toutes éloquentes :

 

1      : « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »

: « Il y a dans cette société (Gad)  une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées.»   »Il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées (…) ces gens-là n’ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi ? » (E. #Macron17/09/2014).

2

3       : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler ».

4       : « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants »

5       : « Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés »

6       : « Je pense qu’il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. »

7       : Tous ses conseillers présentent le même profil, jeune et diplômé : « J’assume. Les maréchaux d’Empire étaient jeunes et ce n’étaient pas des paysans »

8       : « Certains au lieu de foutre le bordel feraient mieux d’aller regarder s’il peuvent pas avoir des postes »

9       : « Les salariés français sont trop payés »

10    : « Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »

11   : « Le compte pénibilité ? « Je n’aime pas le terme donc je le supprimerais car il induit que le travail est une douleur »

12    : « Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires c’est une nécessité »

13    : « Ceux qui défendent les emplois aidés sont ceux qui n’en voudraient pas pour eux »

14 : « Je vais faire un CICE durable »

15   : « La tranche d’impôt de Hollande à 75 % ? C’est Cuba sans le soleil »

16 : « Je n’aime pas ce terme de modèle social. »

17 : « Je suis pour une société sans statuts »

18   « Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs »

19 : « Dans les motifs de rupture du contrat de travail, [la rupture conventionnelle] est aujourd’hui le premier »

20 : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »

21 : « 35 h pour un jeune, ce n’est pas assez »

22 :« Les jeunes générations veulent être entrepreneurs, pas fonctionnaires »

23   : « Je dis aux jeunes : « ne cherchez plus un patron cherchez des clients »

24   : « Les pauvres d’aujourd’hui sont souvent moins les retraités que les jeunes »

25 : « Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus ».

26 : « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains »

27 : « Une start-up nation est une nation ou chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une ».

28 : « Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher »

29 : « Le libéralisme est une valeur de gauche »

30 : «  Je ne céderais rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes, ni aux égoïstes, ni aux pessimistes » qui se dressent contre les ordonnances anti travail.

31 : « Dans les gares, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien »

32 : « J’ai été élu par des gens qui ne m’ont pas choisi »

33. : « Être élu est un cursus d’un ancien temps. »

34 : « La démocratie ne se fait pas dans la rue »

35 : « Etre populaire ne m’intéresse pas, mon pays doit avant tout être réformé car nous avons 10 % de chômage ».

36   : Les fainéants sont « ceux qui n’ont pas fait les réformes pendant 15 ans pas les Français »

37 : « La France n’est pas un pays qui se reforme parce qu’on se cabre, on résiste, on contourne, nous sommes ainsi faits ».

38 : « Tu sais, quand tu es président de la République, ce n’est pas le moment où tu gagnes le plus d’argent »

39 : « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort.

40 : « Les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel »

41 : « La gauche classique est une étoile morte. L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est »

42 : « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne électorale » « La politique c’est mystique »

43 : « Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »

44 : Il qualifie ceux qui, au sein du PS, s’opposent à sa 1° loi (308 articles dont le travail le dimanche, de nuit, ou la privatisation du don du sang) de « foyer infectieux » ou de « fainéants ».

45   : « Chaque candidat qui sera investi signera, avec moi, le contrat avec la Nation.Il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, à soutenir notre projet. »« Pas de frondeurs » 

46 : «Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »

47 : « Il n’y a pas de culture française mais des cultures »

48 : «  Le kwassa kwassa pêche peu, il amène du comorien »

49 : « La passion triste de la France, c’est la jalousie ». (à propos de ceux qui veulent imposer l’ISF)

50 : « Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont des talents, je veux qu’on les célèbre [...] Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c’est toute la cordée qui dégringole »

51 : « Je ne sais pas ce que c’est une politique pour les riches »

52 : « Versailles, c’est là où la République s’était retranchée quand elle était menacée ».

53 : « Les Français sont bien des gaulois,  réfractaires aux réformes »  « Le français s’est émancipé de son lien avec la nation française »

54 : « « Ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent un rapport »

55 : « Les Bretons sont un peu comme la Mafia en France »

56 : « Cette séquence remaniement n’intéresse personne à part les journalistes politiques qui n’ont rien d’autre à faire »

57 : « Présentez-moi la femme qui, en étant parfaitement éduquée, a décidé d’avoir 7, 8 ou 9 enfants. »

58 : « Le maréchal Pétain a été pendant la Première guerre mondiale aussi un grand soldat » « Il est légitime que nous rendions hommage aux maréchaux qui ont conduit l’armée à la victoire, comme chaque année. »

59 : « Le carburant, c’est pas bibi »

60 «  Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants»  (tu m’étonnes)

61 : « Je traverse la rue, et je vous trouve un travail »

62 « On met un pognon de dingues dans les minimas sociaux et les gens sont quand même pauvres »

63 :  » Nous sommes de vrais populistes, nous sommes avec le peuple »

64 : « Le capitalisme ultra libéral et financier va vers sa fin »

65 : «  Beaucoup trop de français pensent qu’on obtenir quelque chose sans effort »

66 :  »Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent »

67 : «  Penser une amélioration par le rétablissement de l’ISF « c’est de la pipe »

68 :  »"Si un jour tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même »
69 :  » Si je ne pensais qu’à moi-même, je n’aurais pas été candidat pour être président »

70 : « Certains ont plus intérêt à travailler quatre à six mois, se remettre au chômage et trouver des combines à côté »

71 :  « J’ai beaucoup appris de ces vingt mois. Ça m’a scarifié… ».

72 : « tu vas les bouffer, t’es plus fort qu’eux, c’est pour ça que je t’avais auprès de moi »

73 :  sur les plateaux télé, « Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre. »

74 :  » Si c’est vouloir que le travail paie mieux, moi aussi je suis ‘gilet jaune’ «

75 « Les morts dans le mouvement des gilets jaunes sont le fruit de la bêtise humaine »

76 : « Le type, il n’a pas les mots d’un gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan. »

77 : « C’est le peuple français qui m’a choisi, pas la République des partis. Je lui dois tout. Si j’échoue, j’aurai échoué pour lui et avec lui. Jamais contre lui»

78 : « C’est le peuple français qui m’a choisi, pas la République des partis. Je lui dois tout. Si j’échoue, j’aurai échoué pour lui et avec lui. Jamais contre lui»

79 : » Nous sommes dans une société aristocratique égalitaire » pic.twitter.com/IQPSVvXrB4

80 : « la taxe d’habitation, on la transférera vers un autre impôt »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gilets jaunes du Grand Pau : listes des revendications retenues et classées

 

depuis le début du mouvement des GJ que nous soutenons nous avons collationné les textes émanants des « ronds points »  de Toulouse, de Commercy, de Pau, de partout, y compris les 42 revendications du début qui semblaient faire  le plus consensus

c’est autour de ces textes, débats et de ceux à venir, que s’imposeront les principales revendications majoritaires, l’idéal serait des « états généraux » nationaux (parallèles et n’ayant rien à voir avec le grand débat pipeauté de Macron présidé par les ministres et avec des intervenants triés par les préfets) pour en débattre et les adopter…

 

 

Ces revendications ont été retenues par les précédentes assemblées plénières des GJ du grand Pau et classées par catégories :

 

justice sociale (salaires, revenus, retraites, services publics), justice fiscale (taxes, impôts), transition écologique (climat, santé), démocratie économique (travail, finance), démocratie politique (constitution, législation).

 

Le vote à effectuer a pour but de donner une priorité à dizaine de revendications parce qu’elles unifient les Gilets Jaunes et sont les plus motivantes pour notre mouvement.

Pour faire ce choix, chaque GJ  du Béarn est convié à attribuer à chacune des 64 revendications une appréciation sur 7 échelons, allant de « excellente » à « rejetée » (exc, bien, satis, moy, méd, insuf, rej). Le traitement informatique des résultats de ce vote permettra d’obtenir un palmarès des revendications. Le chapeau des revendications plébiscitées pourra être popularisé par les moyens de communication des GJ du Béarn.

 

 

64 revendications :

 

1.01 – JUSTICE SOCIALE / SALAIRES (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O monter le SMIC à 1 900 € bruts, environ 1 500 € nets

O salaires encadrés de 1 à 10 dans une même entreprise

O revalorisation générale des salaires

 

1.02 – JUSTICE SOCIALE / REVENUS (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O revenu minimal fixé à 1 000 € nets par mois

O création d’un revenu jeune : 1 000 € par mois de 18 à 25 ans

O création d’un revenu d’existence universel : 1 000 € nets

O plafonnement du revenu des élus

 

1.03 – JUSTICE SOCIALE / RETRAITES (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O indexation des retraites sur le coût de la vie

O retour au droit à la retraite à 60 ans, à taux plein

O calcul de la pension sur les 10 meilleures années avec 37,5 annuités

O suppression définitive de la CSG pour les retraités

O unification des régimes de retraite

 

1.04 – JUSTICE SOCIALE / SERVICES PUBLICS (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O maintien et développement de services publics de qualité

O gratuité des transports publics locaux

O gratuité des frais dentaires, ophtalmologiques et des prothèses auditives

O inscription obligatoire de toutes et tous à la CMU

O droit de toutes et de tous les mineurs à la scolarisation, création de postes d’AVS

O régies publiques pour l’eau et l’électricité

O indexation du livret A sur le coût de la vie

O encadrement des loyers et abrogation de la loi ELAN (rétablir les accès pour handicap)

O réquisition des bâtiments libres et aides à la rénovation pour locations sociales

 

2.05 – JUSTICE FISCALE / TAXES (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O retrait définitif de la surtaxe sur les carburants

O taxation des carburants maritimes et aériens

O baisse des taxes sur la consommation : TVA et carburants

O taxation des GAFA : Google, Amazon, Facebook, Apple

O création d’une taxe sur les transactions financières

 

2.06 – JUSTICE FISCALE / IMPÔTS (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O rétablissement de l’ISF avec imposition des œuvres d’art

O embauche massive d’inspecteurs du fisc pour traquer la fraude fiscale

O augmentation de la progressivité de l’impôt sur le revenu

O instauration de la progressivité pour la CSG

O imposer les multinationales sur les bénéfices réalisés en France

O directive européenne contre l’évasion fiscale à l’initiative de la France

 

3.07 TRANSITION ECOLOGIQUE / CLIMAT (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O favoriser les circuits courts

O s’engager dans un vrai programme de transition climatique

O abandon des voitures électriques, car elles constituent  une mauvaise solution

 

3.08 TRANSITION ECOLOGIQUE / SANTE (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O interdiction des pesticides

O suppression de l’obligation d’installer les compteurs Linky

O interdire l’activité de Bayer-Monsanto sur notre territoire

O aider les exploitations agricoles dans leur transition en bio

 

4.09 – DEMOCRATIE ECONOMIQUE / TRAVAIL (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O maximum de 5 % de contrats précaires dans les entreprises de plus de 20 salariés

O embauches massives dans les hôpitaux et le EHPAD

O interdiction des temps partiels non choisis

O retour à l’ancien contrôle technique pour les automobiles

O cotisation des robots utilisés pour l’accueil du public

O relocalisation de l’activité industrielle

 

4.10 – DEMOCRATIE ECONOMIQUE / FINANCE (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O limiter à 30 % du bénéfice net des entreprises la part des dividendes (au lieu de 70 %)

O annulation des intérêts de la dette publique

O transformation de toutes les banques privées en une banque publique

O nationalisation des autoroutes

O réorientation du CICE vers la justice sociale et la transition écologique

O comité citoyen pour le contrôle citoyen des dépenses publiques

O sortie de l’euro

 

5.11 – DEMOCRATIE POLITIQUE / CONSTITUTION (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O abroger la législation par ordonnance et l’article 49.3

O processus constituant pour une 6° République, constitution écrite par les citoyens

O 500 000 signatures pour un RIC dans un délai de 15 jours

O suppression du Sénat et du CESE

O élection des juges par les citoyens

 

5.12 – DEMOCRATIE POLITIQUE / LEGISLATION (cocher les deux revendications à prioriser) :

 

O garantir l’indépendance des media

O limitation à 2 du nombre de mandats d’élu politique : pas de professionnalisation

O interdiction des lobbies et des comptes offshore

O création du délit de « racisme anti-pauvres »

O mieux encadrer et contrôler les dons faits aux partis

O suppression des indemnités des ex présidents et présidentes de la République

O suppression des indemnités du conjoint de la présidente ou du président

 

Lettre Macron : Retour à l’envoyeur !

 

La crise sociale actuelle montre le refus majoritaire de la politique de Macron. Pourtant, le contenu de la lettre présientielle montre qu’il entend la  poursuivre. Et même l’aggraver ! La majorité des Gilets jaunes voit combien cette lettre tourne le dos à leurs demandes de rétablissement de l’ISF, d’augmentation des salaires et de pensions pour ne citer que ces exemples.

 

Le vieux monde de Macron

 

Macron s’accroche à la vieille politique libérale : baisse des impôts des riches et baisse de la dépense publique pour confier au privé le maximum d’activités.  Or si la dette publique a augmenté, alors que la part des dépenses publiques dans le PIB est restée constante depuis 30 ans, c’est dû aux baisses des impôts des riches et des grandes entreprises. En l’absence de ces baisses, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’est en réalité (1).

 

Dans sa missive de 6 pages, la poursuite de la suppression de services publics est annoncée alors que ceux-ci manquent non seulement dans les banlieues, dans les territoires « périphériques » et ruraux, mais partout quand on pense à la fermeture de toutes les agences EDF, celle de nombreuses boutiques SNCF, de petites trésoreries, de maternité et hôpitaux de proximité …

 

Pour la majorité macroniste, la messe est dite ! Rien sur les questions sociales, rien sur les cadeaux faits aux plus riches, rien sur la fraude fiscale (2) de l’enfumage sur les questions démocratiques pour tenter de faire passer une réforme déjà préparée (moins de députés pour moins de poids des représentants élus, peu de proportionnelle, pas de possibilité de révocation …).

 

Et personne n’a demandé de débats sur l’immigration ou la laïcité. Les maires sollicités pour mener le débat rappellent leurs demandes auxquelles l’exécutif n’a jamais répondu.

 

Le message qui monte est donc clair. C’est retour à l’envoyeur ! Avec l’exigence d’un changement de politique ou un retour aux urnes.

 

La nécessité d’une grande marée populaire !

 

La question essentielle est maintenant celle du rapport de force. La convergence gilets jaunes, gilets rouges, gilets verts est la priorité. La question de la grève, du blocage de la production doit faire partie des discussions à venir dans les villes, dans  les entreprises. C’est une Grande Marée Populaire qu’il faut préparer avec des millions dans la rue et en grève pour que le pouvoir cède ou qu’il parte.

 

Plus que jamais la responsabilité du syndicalisme est engagée. Solidaires s’est exprimée, les débats vont bon train dans la CGT, la FSU, FO … il faut accélérer pour préparer le tous ensemble.

 

Et la gauche doit affirmer sa présence aux côtés des Gilets jaunes dans les prochaines manifestations du samedi. 250  universitaires, intellectuels, artistes appellent la gauche à réagir. Ils ont raison.

 

L’heure est à la mobilisation contre Macron, le Medef et leur monde. Pour une grande explication et gagner sur les revendications.

(1) Que faire de la dette ? Un audit de la dette publique de la France

 

(2) La fraude fiscale est estimée à 100 milliards d’euros par an en France. Ces sommes « envolées » n’ayant pas été imposées, le surcoût de l’évasion fiscale est de 30% de la dette de l’Etat (Note hussonet n°114, 9 mai 2018).

 

 

Macron : répression violente contre les gilets jaunes et aussi contre les chômeurs

Macron systématise une violente répression contre les revendications sociales légitimes des gilets jaunes. Il systématise aussi une méchante répression contre les chômeurs.

Pour Macron, les chômeurs sont des « rien », il les méprise parce qu’ils « attendent tout de l’autre », qu’ils sont des « fainéants » des « illettrés », des « alcooliques » qu’ils ne « traversent pas la rue pour chercher du travail », qu’ils ne « cherchent pas des clients au lieu d’un patron », qu’ils n’ont « pas le sens de l’effort » !

 

 

Macron le dit « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants », il pense que n’importe qui doit accepter n’importe quel boulot, même au détriment de sa qualification, de son salaire antérieur, de sa vie familiale et personnelle. Il prône la fin du droit du travail, l’ubérisation de la société : « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains ».

Macron ne fait rien contre les fraudeurs fiscaux et patronaux, comme Ghosn et tant d’autres qui ne paient pas les impôts qu’ils doivent à la République. Macron encourage les heures supplémentaires qui créent du chômage en plus. Macron ne contrôle ni le travail illégal ni les 516 000 travailleurs détachés officiels discriminés surexploités et sous-payés dans le pays.

Macron, a donc publié une lettre de cadrage pour (re)prendre 4 milliards aux assurances chômage. « En même temps » que ses voeux, le 30 décembre il a fait publier un décret afin de sanctionner toutes celles et ceux qui, au chômage, ne bosseraient pas assez.

Le contrôle des « obligations » incombant aux Demandeurs d’Emploi et les sanctions deviennent maximum :

- 1e absence = 1 mois de radiation sans allocation

- 2e absence = 2 mois de radiation sans allocation

- 3e absence = 4 mois de radiation sans allocation

La radiation entraîne de fait la suspension du revenu de remplacement puisque l’inscription est une condition du versement de toutes les allocations versées par Pôle Emploi. C’est la pire des répressions : empêcher de vivre, de se nourrir, de se loger, de circuler. Alors que les chômeurs ont cotisé pour une assurance, que ce n’est pas une aumône mais un dû.

 

Contre Macron, la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, article 23 alinéa 1 précise bien : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail, et à la protection contre le chômage »

 

Nous revendiquons l’instauration d’un statut du salarié-e avec continuité du socle contractuel et maintien du salaire entre deux emplois ; l’obligation de reclassement des salarié-es sans limite de temps ; le financement patronal mutualisé pour ces droits. Le bon programme anti-Macron, il existe.

Gérard Filoche

 


 

lire chronique dans l’ Humanité Dimanche « au boulot n° 423″    9° année

 


 

 

Cour d’appel de Paris : les contrats UBER sont des contrats de travail

des 2015, j’avais décelé la proposition de changement de l’article du code civil et du code du travail, par Hollande, Valls, loi Macron, pour remplacer le contrat de travail par un contrat commercial sans droit : le trio maudit du quinquennat précédent commençait a « uberiser » la France. C’était la « révolution » Macron annoncée. Les ordonnances Macron ont continué ce sale travail.

Le Medef planchait a l’époque sur la « soumission librement consentie » (« compliance without pressure ») pour remplacer la subordination. Mais il restait quand meme une définition des contrats dans le code du travail en tant que « subordination juridique permanente  » c’est celle ci qui vient d’être reconnue comme supérieure à tout le reste dans les contrats UBER : d’où la décision de la Cour d’appel de Paris de re-qualifier les contrats UBER en contrats de travail.

De même que l’OIT et les textes européens interdisent de plafonner les reparations en indemnités aux prud’hommes, ce qui a valu a trois Chambres de prud’hommes de dénoncer l’illégalité en la matière des lois El Khomri, Penicaud, Macron, voila de beaux échecs de plus pour Macron !

De toutes façons ces lois anti droit et dignité des travailleurs censées faire de l’emploi depuis trois ans, n’en ont fait aucun… la preuve du pudding c’est quand on le mange, la preuve du Macron c’est quand tout le monde voit que rien n’y est bon et hélas le chômage de masse croit !

il reste aussi à faire condamner Macron quand il dénonce unilatéralement le repos quotidien de 11 h… mais ça va venir, on réduira bientot en cendres la casse des droits qu’il a voulu imposer

 

 

Macron ose refaire ce 11 janvier une 65 ° « macronade » en reprochant aux Français que tous ne fassent » pas assez d’effort »  alors le salariat de notre pays est un des plus productifs aux monde. (C. Tableau de Guillaumde Duval alternative économique :

 

Montbéliard : appel à manifester samedi avec Gilets jaunes, CGT, FO, FSU partout ensemble !

Montbéliard : appel à manifester samedi avec Gilets jaunes, CGT, FO, FSU

page1image2120 

syndicollectif.fr/montbeliard-appel-a-manifester-samedi-avec-gilets-jaunes-cgt-fo-fsu/
syndicoAdmin January 10, 2019

Les syndicats CGT, FO et FSU du pays de Montbéliard (Doubs) répondent positivement à un appel des gilets jaunes à réagir contre les décisions du préfet d’interdire les manifestations et à rejoindre la manifestation prévue le samedi 12 janvier.

Marche citoyenne
Tous ensemble, défendons notre liberté de manifester !

Gilets jaunes

Ces interdictions sont des violations flagrantes du droit de se réunir et de manifester, éléments essentiels d’une réelle démocratie, réaffirmés par l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et l’article 9 de la Convention Européenne.

Ces arrêtés sont parfaitement arbitraires puisque M. le Préfet se contente d’interdire sans donner de raison à cette interdiction. Il serait d’ailleurs bien en peine de justifier une telle entrave aux libertés fondamentales
puisque, dans le Pays de Montbéliard, nous avons toujours veillé à ce que nos rassemblements de gilets jaunes se déroulent de façon pacifique dans le calme et le respect, sans entrave à la circulation.

Ces interdictions préfectorales sont aussi scandaleuses parce qu’ils viennent désavouer les décisions des maires d’Arbouans et d’Audincourt, qui avaient autorisé nos rassemblements, en les entourant des directives nécessaires à la sécurité et à la liberté de tous. C’est une remise en cause des élus locaux au moment où M. Macron prétend leur redonner de la place au sein du débat politique.

Ainsi donc, dans la ligne des directives nationales, M. le Préfet décide d’employer la manière forte et tente de faire disparaitre la contestation en interdisant son expression. C’est une dérive autoritaire extrêmement dangereuse, contraire aux principes affichés de la République et aux droits de chacun.

Vous avez mis un gilet jaune sur votre tableau de bord ? Vous avez klaxonné à un rond-point ? C’est votre mécontentement que M. Macron veut étouffer en nous virant du paysage ! La misère et la précarité ne doivent plus être visibles !

Aujourd’hui, c’est nous qui sommes visés, mais si de telles méthodes sont adoptées, qui en sera victime demain ?

 

Au-delà de ceux qui se reconnaissent au moins en partie dans notre mouvement, une telle attitude des pouvoirs publics ne peut que choquer celles et ceux qui sont attachées aux libertés de se réunir et de manifester, qu’ils soient simples citoyens, salariés, retraités, élus locaux, membres d’associations, de syndicats, de partis politiques.

Les gilets jaunes du Pays de Montbéliard appellent donc toutes celles et tous ceux qui n’acceptent pas l’autoritarisme de M. le Préfet et qui veulent défendre les libertés, à exiger le retrait des arrêtés d’interdiction de manifestation et le respect des décisions des maires.

Nous appelons tous les habitants du Pays de Montbéliard et des environs, les organisations associatives, syndicales, les élus locaux, … à se rassembler

Réponse CGT / FO / FSU à l’initiative des gilets jaunes

Les Unions locales CGT, FO, FSU sont scandalisées par les interdictions de rassemblement et de manifestation qui frappent les gilets jaunes du Pays de Montbéliard.

Plutôt que de répondre aux préoccupations sociales qui s’expriment à travers ce mouvement, le gouvernement de M. Macron choisit la manière forte en tentant d’interdire l’expression du mécontentement.

Cette dérive autoritaire est une menace pour l’expression de toute contestation sociale. Elle va à l’encontre de toutes les valeurs de libertés que nous avons toujours défendues.

Les unions locales CGT, FO, FSU du Pays de Montbéliard, en réponse aux gilets jaunes, se joignent donc à l’appel à :

Se rassembler samedi 12 janvier à 14H au Pied des Gouttes
Se rendre ensemble à la sous-préfecture pour exiger le retrait des arrêtés

Nous appelons la jeunesse, les salariés, les privés d’emplois, les retraités, les autres organisations et associations, les élus locaux à se joindre à cette action pour refuser le diktat de M. le Préfet, pour exiger du gouvernement des réponses sociales à la hauteur des attentes du monde du travail.

Fait à Audincourt le 9 janvier 2019

 

Nantes Lyon et Nantes Bordeaux privatisés : Ils continuent à brader le service public ferroviaire !

Écrit le 9 janvier 2019 par Éric Thouzeau

Ma première réaction à l’annonce faite par la ministre des Transports du gouvernement Macron-Philippe d’ouvrir à la concurrence deux lignes ferroviaires qui concernent directement notre Région.

La ministre des Transports vient d’annoncer  l’ouverture  à la concurrence des lignes ferroviaires Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux , deux lignes déficitaires car il y a longtemps que la SNCF, à la recherche de rentabilité, les a négligées.

Les opérateurs privés y seront assurés de toucher des subventions de l’Etat, voire des Régions. Ils adapteront l’offre à la baisse s’ils estiment que les subventions sont  « insuffisantes » ou augmenteront les tarifs pour les voyageurs. C’est malheureusement ce qui s’est passé dans tous les pays où ces processus de privatisation ferroviaire ont eu lieu.

Les « Trains d’équilibre du territoire » (TET) qui  circulent sur ces lignes sont indispensables à l’aménagement du territoire. Le gouvernement veut s’en débarrasser en les transférant aux Régions ou directement au privé. Alors que le mouvement social pose avec force la question de la présence de services publics sur tout le territoire, le gouvernement continue à brader le service public ferroviaire ! Grand débat national ou pas, le gouvernement s’obstine à poursuivre une politique qui pourtant suscite un rejet massif dans le pays.

Sur les Pays de la Loire, la majorité de Bruno Retailleau et Christelle Morançais a décidé de confier des lignes TER au privé,  et le gouvernement en fait autant avec les TET. On dirait une course de vitesse entre LR et macronistes, deux courants politiques de droite adeptes du libéralisme : à celui qui privatisera le plus vite ! Les usagers n’ont rien à y gagner !

 

Appel aux syndicats adopté par l’assemblée régionale à Lille des Gilets jaunes

(350 Gilets jaunes présents selon un participant, mais estimation « gonflée » selon un autre)

Communiqué de la part des Gilets Jaunes Hauts de France à l’intention des organisations syndicales

Voilà sept semaines que la mobilisation des « Gilets Jaunes » ne connaît pas de répit. Nous sommes au quotidien sur les ronds – points, sur les autoroutes, dans la rue chaque samedi face à une répression des plus violente ! D’aucun pensait qu’avec les fêtes, notre mouvement prendrait fin, mais nous sommes encore là, bien décidés à ne rien lâcher !

Ce mouvement est inédit, intersectoriel, de portée internationale, indépendant de toute structure politique traditionnelle. Mais de la politique, nous en faisons tous les jours. Nous avons enfin compris que nous n’avions besoin de personne pour penser à notre place. Et certainement pas de professionnels de la politique qui prennent des décisions en notre nom mais qui pourtant ne connaissent rien de notre quotidien.

Nous luttons contre l’exploitation que la grande majorité du peuple subit au profit d’une minorité de riches, de plus en plus riches. Alors que les dividendes versés aux actionnaires n’ont jamais été aussi importants, la France d’en bas se crève pour des salaires de misère !

Pour bloquer l’économie et avoir enfin une vie juste, nous avons besoin d’une grève générale. Nous demandons aujourd’hui aux organisations syndicales de se positionner clairement du côté des exploité.e.s, de soutenir notre lutte et d’y prendre part en appelant à une grève générale reconductible dès janvier 2019 afin de permettre à tous les salarié.e.s d’exercer leur droit de grève et de pouvoir se joindre à la lutte.

 

 

 

Deuxième Appel des Gilets Jaunes de Commercy : L’assemblée des assemblées !

Publié le 4 janvier 2019 par aplutsoc

Les Gilets jaunes de Commercy viennent de lancer un deuxième appel dont nous reproduisons le lien.

DEUXIÈME APPEL DE COMMERCY : L’ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES !

Notre deuxième appel s’adresse :

A tous les Gilets Jaunes. A toutes celles et ceux qui ne portent pas encore le gilet mais qui ont quand même la rage au ventre.

Cela fait désormais plus de six semaines que nous occupons les ronds-points, les cabanes, les places publiques, les routes et que nous sommes présents dans tous les esprits et toutes les conversations.

Nous tenons bon !

Cela faisait bien longtemps qu’une lutte n’avait pas été aussi suivie, aussi soutenue, ni aussi encourageante !

  • Encourageante car nos gouvernants ont tremblé et tremblent encore sur leur piédestal
  • Encourageante car ils commencent à concéder quelques miettes.
  • Encourageante car nous ne nous laissons désormais plus avoir par quelques os à ronger.
  • Encourageante car nous apprenons toutes et tous ensemble à nous respecter, à nous comprendre, à nous apprécier, dans notre diversité. Des liens sont tissés. Des modes de fonctionnement sont essayés. Et ça, ils ne peuvent plus nous l’enlever.
  • Encourageante aussi, car nous avons compris qu’il ne faut plus nous diviser face à l’adversité. Nous avons compris que nos véritables ennemis, ce sont les quelques détenteurs d’une richesse immense qu’ils ne partagent pas : les 500 personnes les plus riches de France ont multiplié par 3 leur fortune depuis la crise financière de 2008, pour atteindre 650 milliards d’€ !!! Les cadeaux fiscaux et sociaux faits aux plus grandes sociétés s’élèvent également à plusieurs centaines de milliards par an. C’est intolérable !
  • Encourageante enfin, car nous avons compris que nous étions capables de nous représenter nous mêmes, sans tampon entre les puissants et le peuple, sans partis qui canalisent les idées à leur seul profit, sans corps intermédiaires davantage destinés à amortir les chocs, à huiler le système, plutôt qu’à nous défendre.

Nous pleurons aujourd’hui les victimes de la répression, plusieurs morts et des dizaines de blessés graves. Maudits soient ceux qui ont permis cela, mais qu’ils sachent que notre détermination est intacte, bien au contraire !

Nous sommes fiers de ce chemin accompli si vite et de toutes ces prises de conscience qui sont autant de victoires sur leur système écrasant.

Et nous sentons très bien que cette fierté est partagée par énormément de gens.

Comment pourrait-il en être autrement, alors que ce système et ce gouvernement qui le représente n’ont de cesse de détruire les acquis sociaux, les liens entre les gens, et notre chère planète ?

Il nous faut donc continuer, c’est vital. Il nous faut amplifier ces premiers résultats, sans hâte, sans nous épuiser, mais sans nous décourager non plus. Prenons le temps, réfléchissons autant que nous agissons.

Nous appelons donc toutes celles et ceux qui partagent cette rage et ce besoin de changement, soit à continuer à porter fièrement leur gilet jaune, soit à l’enfiler sans crainte.

Il faut désormais nous rassembler partout, former des assemblées citoyennes, populaires, à taille humaine, où la parole et l’écoute sont reines.

Des assemblées dans lesquelles, comme à Commercy, chaque décision est prise collectivement, où des délégués sont désignés pour appliquer et mettre en musique les décisions. Pas l’inverse ! Pas comme dans le système actuel. Ces assemblées porteront nos revendications populaires égalitaires, sociales et écologiques.

Certains s’autoproclament représentants nationaux ou préparent des listes pour les futures élections. Nous pensons que ce n’est pas le bon procédé, tout le monde le sent bien, la parole, notre parole va se perdre dans ce dédale ou être détournée, comme dans le système actuel.

Nous réaffirmons ici une fois de plus l’absolue nécessité de ne nous laisser confisquer notre parole par personne.

Une fois ces assemblées démocratiques créées, dans un maximum d’endroits, elles ouvriront des cahiers de revendications.

Le gouvernement a demandé aux maires de mettre en place des cahiers de doléances dans les mairies. Nous craignons qu’en faisant ainsi nos revendications soient récupérées et arrangées à leur sauce et qu’à la fin, elles ne reflètent plus notre diversité. Nous devons impérativement garder la main sur ces moyens d’expression du peuple ! Pour cela, nous appelons donc à ce qu’ils soient ouverts et tenus par les assemblées populaires !

Qu’ils soient établis par le peuple et pour le peuple !

Depuis Commercy, nous appelons maintenant à une grande réunion nationale des comités populaires locaux.

Fort du succès de notre 1er appel, nous vous proposons de l’organiser démocratiquement, en janvier, ici à Commercy, avec des délégués de toute la France, pour rassembler les cahiers de revendications et les mettre en commun.

Nous vous proposons également, d’y débattre tous ensemble des suites de notre mouvement.

Nous vous proposons enfin de décider d’un mode d’organisation collectif des gilets jaunes, authentiquement démocratique, issu du peuple et respectant les étapes de la délégation.

Ensemble, créons l’assemblée des assemblées, la Commune des communes.

C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition.

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, ET POUR LE PEUPLE !

 

 

 

 

 

Gilets jaunes, la question sociale au cœur de la colère


 

Macron a choisi la voie de l’affrontement avec les gilets jaunes. Il se refuse à toute modification de sa politique, entend maintenir le cap de ses réformes néo-libérales (assurance-chômage, retraites,…). Son grand débat national est donc mort-né.

 

Le mouvement des gilets jaunes est l’expression d’une lutte de classes qui s’est durcie. Depuis plus de trente ans, les classes dominantes ont mené une offensive tous azimuts contre le salariat et ses conquêtes. Malgré de nombreuses luttes de résistance, le mouvement ouvrier a subi des reculs tout en réussissant à préserver en France l’essentiel d’un modèle social qui est insupportable aux yeux des libéraux de tous poils. L’élection de Macron et la politique qu’il avait inspirée dès le mandat précédent visaient à adapter définitivement notre pays au néo-libéralisme. C’est ce qui explique la brutalité des mesures prises contre les salariés (loi Travail, code du travail, suppression des cotisations sociales,…) et des mesures fiscales immédiates prises en faveur des très riches.

 

Lutte des classes, la question des salaires

 

Mais la lutte des classes, ce n’est pas que la lutte des dominants contre les dominés. Aujourd’hui, ce sont les exploités qui sont à l’offensive. La majorité des gilets jaunes sont des salarié.e.s, celles et ceux qui font tourner l’économie sans recevoir en retour la part des richesses qu’ils méritent. 50% des salariés perçoivent moins de 1700 euros nets de salaire (salaire médian). La question sociale, c’est d’abord la question des salaires. Quant aux salariés à la retraite, leurs pensions ont été gelées alors que la pension moyenne est inférieure à 1300 euros nets. Voila les vraies raisons du mouvement social actuel, un des plus puissants depuis Mai 68 et novembre-décembre 1995. Il n’est pas prêt de s’arrêter !

 

Convergences pour la justice sociale

 

Le gouvernement pense que la répression brutale des manifestations et les violences que cela suscite en retour vont suffire à amoindrir le soutien populaire aux gilets jaunes. Il espère bien que le besoin d’ordre sera plus fort que l’aspiration à la justice sociale. Rien n’est joué. Il faut plus que jamais travailler aux convergences. Les militants syndicaux et tous les militants de gauche ont une responsabilité : celle de renforcer leur présence aux côtés des gilets jaunes sur les ronds-points, dans les manifestations. Contre Macron mais aussi contre le Medef qui se tait de peur de voir l’exigence d’augmentation des salaires monter dans le pays… et se traduire par des grèves dans les entreprises qui, elles, bloqueraient efficacement le pays et imposeraient des reculs patronaux.

 

Crise sociale et crise démocratique

 

La crise actuelle est aussi le signe d’une crise démocratique. Tout le monde sent bien que ce sont les intérêts d’une petite minorité qui expliquent la politique gouvernementale au détriment de la majorité sociale. Les institutions de la  5ème République confortent ce pouvoir absolu dont Macron se veut le champion. Redonner la parole aux citoyens devient incontournable en cette année 2019. Cela commence dans les localités par des réunions pour établir des cahiers de doléance (en écho à ceux qui ont préparé les états-généraux qui ont permis la Révolution française), tout en n’accordant aucune confiance au « grand débat national » fait pour enterrer le mouvement. Au plan national, il faut redonner corps à l’exigence d’une 6ème République sociale et démocratique, appuyée sur de nouvelles formes de recours à l’initiative citoyenne.

 

Référendum, dissolution de l’assemblée ? La droite et l’extrême-droite s’y préparent pensant pouvoir profiter de l’affaiblissement accéléré du macronisme. Les forces de gauche seraient irresponsables si elles ne s’y préparaient pas aussi. Cela nécessite un sursaut à gauche pour en finir avec une dispersion mortifère !

 

GDS