Appel aux syndicats adopté par l’assemblée régionale à Lille des Gilets jaunes

(350 Gilets jaunes présents selon un participant, mais estimation « gonflée » selon un autre)

Communiqué de la part des Gilets Jaunes Hauts de France à l’intention des organisations syndicales

Voilà sept semaines que la mobilisation des « Gilets Jaunes » ne connaît pas de répit. Nous sommes au quotidien sur les ronds – points, sur les autoroutes, dans la rue chaque samedi face à une répression des plus violente ! D’aucun pensait qu’avec les fêtes, notre mouvement prendrait fin, mais nous sommes encore là, bien décidés à ne rien lâcher !

Ce mouvement est inédit, intersectoriel, de portée internationale, indépendant de toute structure politique traditionnelle. Mais de la politique, nous en faisons tous les jours. Nous avons enfin compris que nous n’avions besoin de personne pour penser à notre place. Et certainement pas de professionnels de la politique qui prennent des décisions en notre nom mais qui pourtant ne connaissent rien de notre quotidien.

Nous luttons contre l’exploitation que la grande majorité du peuple subit au profit d’une minorité de riches, de plus en plus riches. Alors que les dividendes versés aux actionnaires n’ont jamais été aussi importants, la France d’en bas se crève pour des salaires de misère !

Pour bloquer l’économie et avoir enfin une vie juste, nous avons besoin d’une grève générale. Nous demandons aujourd’hui aux organisations syndicales de se positionner clairement du côté des exploité.e.s, de soutenir notre lutte et d’y prendre part en appelant à une grève générale reconductible dès janvier 2019 afin de permettre à tous les salarié.e.s d’exercer leur droit de grève et de pouvoir se joindre à la lutte.

 

 

 

Deuxième Appel des Gilets Jaunes de Commercy : L’assemblée des assemblées !

Publié le 4 janvier 2019 par aplutsoc

Les Gilets jaunes de Commercy viennent de lancer un deuxième appel dont nous reproduisons le lien.

DEUXIÈME APPEL DE COMMERCY : L’ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES !

Notre deuxième appel s’adresse :

A tous les Gilets Jaunes. A toutes celles et ceux qui ne portent pas encore le gilet mais qui ont quand même la rage au ventre.

Cela fait désormais plus de six semaines que nous occupons les ronds-points, les cabanes, les places publiques, les routes et que nous sommes présents dans tous les esprits et toutes les conversations.

Nous tenons bon !

Cela faisait bien longtemps qu’une lutte n’avait pas été aussi suivie, aussi soutenue, ni aussi encourageante !

  • Encourageante car nos gouvernants ont tremblé et tremblent encore sur leur piédestal
  • Encourageante car ils commencent à concéder quelques miettes.
  • Encourageante car nous ne nous laissons désormais plus avoir par quelques os à ronger.
  • Encourageante car nous apprenons toutes et tous ensemble à nous respecter, à nous comprendre, à nous apprécier, dans notre diversité. Des liens sont tissés. Des modes de fonctionnement sont essayés. Et ça, ils ne peuvent plus nous l’enlever.
  • Encourageante aussi, car nous avons compris qu’il ne faut plus nous diviser face à l’adversité. Nous avons compris que nos véritables ennemis, ce sont les quelques détenteurs d’une richesse immense qu’ils ne partagent pas : les 500 personnes les plus riches de France ont multiplié par 3 leur fortune depuis la crise financière de 2008, pour atteindre 650 milliards d’€ !!! Les cadeaux fiscaux et sociaux faits aux plus grandes sociétés s’élèvent également à plusieurs centaines de milliards par an. C’est intolérable !
  • Encourageante enfin, car nous avons compris que nous étions capables de nous représenter nous mêmes, sans tampon entre les puissants et le peuple, sans partis qui canalisent les idées à leur seul profit, sans corps intermédiaires davantage destinés à amortir les chocs, à huiler le système, plutôt qu’à nous défendre.

Nous pleurons aujourd’hui les victimes de la répression, plusieurs morts et des dizaines de blessés graves. Maudits soient ceux qui ont permis cela, mais qu’ils sachent que notre détermination est intacte, bien au contraire !

Nous sommes fiers de ce chemin accompli si vite et de toutes ces prises de conscience qui sont autant de victoires sur leur système écrasant.

Et nous sentons très bien que cette fierté est partagée par énormément de gens.

Comment pourrait-il en être autrement, alors que ce système et ce gouvernement qui le représente n’ont de cesse de détruire les acquis sociaux, les liens entre les gens, et notre chère planète ?

Il nous faut donc continuer, c’est vital. Il nous faut amplifier ces premiers résultats, sans hâte, sans nous épuiser, mais sans nous décourager non plus. Prenons le temps, réfléchissons autant que nous agissons.

Nous appelons donc toutes celles et ceux qui partagent cette rage et ce besoin de changement, soit à continuer à porter fièrement leur gilet jaune, soit à l’enfiler sans crainte.

Il faut désormais nous rassembler partout, former des assemblées citoyennes, populaires, à taille humaine, où la parole et l’écoute sont reines.

Des assemblées dans lesquelles, comme à Commercy, chaque décision est prise collectivement, où des délégués sont désignés pour appliquer et mettre en musique les décisions. Pas l’inverse ! Pas comme dans le système actuel. Ces assemblées porteront nos revendications populaires égalitaires, sociales et écologiques.

Certains s’autoproclament représentants nationaux ou préparent des listes pour les futures élections. Nous pensons que ce n’est pas le bon procédé, tout le monde le sent bien, la parole, notre parole va se perdre dans ce dédale ou être détournée, comme dans le système actuel.

Nous réaffirmons ici une fois de plus l’absolue nécessité de ne nous laisser confisquer notre parole par personne.

Une fois ces assemblées démocratiques créées, dans un maximum d’endroits, elles ouvriront des cahiers de revendications.

Le gouvernement a demandé aux maires de mettre en place des cahiers de doléances dans les mairies. Nous craignons qu’en faisant ainsi nos revendications soient récupérées et arrangées à leur sauce et qu’à la fin, elles ne reflètent plus notre diversité. Nous devons impérativement garder la main sur ces moyens d’expression du peuple ! Pour cela, nous appelons donc à ce qu’ils soient ouverts et tenus par les assemblées populaires !

Qu’ils soient établis par le peuple et pour le peuple !

Depuis Commercy, nous appelons maintenant à une grande réunion nationale des comités populaires locaux.

Fort du succès de notre 1er appel, nous vous proposons de l’organiser démocratiquement, en janvier, ici à Commercy, avec des délégués de toute la France, pour rassembler les cahiers de revendications et les mettre en commun.

Nous vous proposons également, d’y débattre tous ensemble des suites de notre mouvement.

Nous vous proposons enfin de décider d’un mode d’organisation collectif des gilets jaunes, authentiquement démocratique, issu du peuple et respectant les étapes de la délégation.

Ensemble, créons l’assemblée des assemblées, la Commune des communes.

C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition.

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, ET POUR LE PEUPLE !

 

 

 

 

 

Gilets jaunes, la question sociale au cœur de la colère


 

Macron a choisi la voie de l’affrontement avec les gilets jaunes. Il se refuse à toute modification de sa politique, entend maintenir le cap de ses réformes néo-libérales (assurance-chômage, retraites,…). Son grand débat national est donc mort-né.

 

Le mouvement des gilets jaunes est l’expression d’une lutte de classes qui s’est durcie. Depuis plus de trente ans, les classes dominantes ont mené une offensive tous azimuts contre le salariat et ses conquêtes. Malgré de nombreuses luttes de résistance, le mouvement ouvrier a subi des reculs tout en réussissant à préserver en France l’essentiel d’un modèle social qui est insupportable aux yeux des libéraux de tous poils. L’élection de Macron et la politique qu’il avait inspirée dès le mandat précédent visaient à adapter définitivement notre pays au néo-libéralisme. C’est ce qui explique la brutalité des mesures prises contre les salariés (loi Travail, code du travail, suppression des cotisations sociales,…) et des mesures fiscales immédiates prises en faveur des très riches.

 

Lutte des classes, la question des salaires

 

Mais la lutte des classes, ce n’est pas que la lutte des dominants contre les dominés. Aujourd’hui, ce sont les exploités qui sont à l’offensive. La majorité des gilets jaunes sont des salarié.e.s, celles et ceux qui font tourner l’économie sans recevoir en retour la part des richesses qu’ils méritent. 50% des salariés perçoivent moins de 1700 euros nets de salaire (salaire médian). La question sociale, c’est d’abord la question des salaires. Quant aux salariés à la retraite, leurs pensions ont été gelées alors que la pension moyenne est inférieure à 1300 euros nets. Voila les vraies raisons du mouvement social actuel, un des plus puissants depuis Mai 68 et novembre-décembre 1995. Il n’est pas prêt de s’arrêter !

 

Convergences pour la justice sociale

 

Le gouvernement pense que la répression brutale des manifestations et les violences que cela suscite en retour vont suffire à amoindrir le soutien populaire aux gilets jaunes. Il espère bien que le besoin d’ordre sera plus fort que l’aspiration à la justice sociale. Rien n’est joué. Il faut plus que jamais travailler aux convergences. Les militants syndicaux et tous les militants de gauche ont une responsabilité : celle de renforcer leur présence aux côtés des gilets jaunes sur les ronds-points, dans les manifestations. Contre Macron mais aussi contre le Medef qui se tait de peur de voir l’exigence d’augmentation des salaires monter dans le pays… et se traduire par des grèves dans les entreprises qui, elles, bloqueraient efficacement le pays et imposeraient des reculs patronaux.

 

Crise sociale et crise démocratique

 

La crise actuelle est aussi le signe d’une crise démocratique. Tout le monde sent bien que ce sont les intérêts d’une petite minorité qui expliquent la politique gouvernementale au détriment de la majorité sociale. Les institutions de la  5ème République confortent ce pouvoir absolu dont Macron se veut le champion. Redonner la parole aux citoyens devient incontournable en cette année 2019. Cela commence dans les localités par des réunions pour établir des cahiers de doléance (en écho à ceux qui ont préparé les états-généraux qui ont permis la Révolution française), tout en n’accordant aucune confiance au « grand débat national » fait pour enterrer le mouvement. Au plan national, il faut redonner corps à l’exigence d’une 6ème République sociale et démocratique, appuyée sur de nouvelles formes de recours à l’initiative citoyenne.

 

Référendum, dissolution de l’assemblée ? La droite et l’extrême-droite s’y préparent pensant pouvoir profiter de l’affaiblissement accéléré du macronisme. Les forces de gauche seraient irresponsables si elles ne s’y préparaient pas aussi. Cela nécessite un sursaut à gauche pour en finir avec une dispersion mortifère !

 

GDS 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Généralisation du droit de mourir à 68 ans sur un toit

Toute la presse s’est émue à juste titre de l’accident du travail mortel survenu à 18 h, le 3 janvier, à cet ouvrier âgé de 68 ans qui nettoyait les chenaux de la Préfecture de Versailles. Auto entrepreneur, sous-traitant d’une entreprise ayant un contrat public avec le Préfet des Yvelines, il était seul sur le toit quand il est tombé du 3° étage. Il est décédé avant l’arrivée des pompiers et de la police.

Des dizaines d’articles s’étonnent de son âge et de ses conditions de travail : mais que faisaient donc tous ces journaux, rédacteurs en chef, lors des réformes anti-retraites de MM. Balladur, Fillon, Chirac, Sarkozy, Hollande et Ayrault ?  N’est ce pas l’ultime réforme du gouvernement Ayrault qui a repoussé l’âge du départ à 63 ans et celle du taux plein à 66 ans ? N’était il pas clair qu’on allait depuis 25 ans, vers de genre de cas, où la pauvreté forcerait des vieux à travailler plus longtemps dans des conditions de plus en plus périlleuses ?  Qui s’est opposé sérieusement, contre MM. Madelin, Raffarin, Novelli, Sapin, El Khomri, Macron  à la sous-traitance en cascade, au statut « d’auto entrepreneur », et à ce qu’il représente comme disparition de tout droit du travail ?

 

L’auto entreprise, c’est le monde de Mad Max. L’autoexploitation sans frein. Tout est permis, rien n’est possible. Il existe 1,18 million d’AE sur le papier. Mais 39 % sont « bidons » et seulement 61 % existent dans les faits soit 729 000.  Moyenne de chiffre d’affaires 1200 euros par mois. Sur ce chiffre d’affaire le revenu touché médian mensuel est de 250 euros. 25 % ont moins de 70 euros. 10 % ont plus de 1160 euros.

Or c’est le moment  de s’indigner : le député LREM Aurélien Taché propose justement, ce même 3 janvier, d’aggraver et de généraliser le statut d’auto entrepreneur en un « régime universel » pour tous les actifs : «  Je ne fais pas partie de ceux qui veulent sacraliser le travail salarié, qui, rappelons-le, a été inventé par le patronat pour capter la main d’œuvre (sic). Le travail indépendant est donc une forme de liberté, de progrès ». «  Je ne suis pas favorable au versement de cotisations par le donneur d’ordre ou les plates-formes car cela créerait un statut de travailleur, ni vraiment salarié, ni vraiment indépendant, qui serait encore plus marginalisé » « Je soutiens plutôt l’idée d’un régime universel, payé par  l’impôt qui assurerait un socle minimum de protection, auquel s’ajouteraient des cotisations du micro-entrepreneur pour accéder à une mutuelle, se couvrir contre tel ou tel risque…  L’intérêt d’avoir un système universel est de pouvoir passer d’un statut à l’autre, ce qui deviendra de plus en plus courant dans le futur »

Aurélien Taché, celui voulait sortir, en juillet dernier, la « Sécurité sociale » de la Constitution, est l’un des plus acharnés à faire passer le projet libertarien de Macron, une « société sans statuts », sans salariés, sans droit du travail, sans cotisation sociale, la généralisation du droit de mourir seul à 68 ans, en s’auto-exploitant, sans limite, ni protection.

Gérard Filoche

 

chronique hebdomadaire n°422 9° année   »au boulot »  Humanité Dimanche

 


 

 

De quoi sera faite 2019 ?

D’un nouvel effondrement du Nasdaq, du Dow Jones où la folie des banques cassera nos vies ?

Du blocage de nos salaires et de la montée des spéculations et dividendes ?

Des « primes d’activité » remplaçant le Smic ?

Des heures supplémentaires promues au lieu du partage du travail ?

De la casse des cotisations sociales, de la fin du salaire brut, et de la mort du budget séparé de la Sécurité sociale ?

Passerons nous fin janvier de Bismarck a Beveridge, d’un système de protection sociale basé sur notre travail à un système basé sur l’impôt ?

De la casse de la retraite par répartition selon nos annuités cotisées, de son remplacement par un « système par points » ajustable selon leurs desiderata financiers ?

De la fin de l’état de droit dans les entreprises et des conventions collectives ?

Des ordonnances faisant fondre toutes les institutions représentatives du salariat, les CES, les CHSCT, les DP, DS, la médecine du travail, les prud’hommes, l’inspection du travail ?

N’y aura t il bientôt plus que 200 000 salariés élus, mandatés et protégés au lieu de 425 000 ?

Après la SNCF, perdrons nous les HLM, la RATP ?

L’école sera t elle sélectionniste, privatisée avec des programmes réactionnaires, les lycées professionnels sans culture, le système Parcours sup institutionnalisé, l’accès à l’université soumis à des tarifs inabordables ?

Notre santé conçue pour  limiter les soins,  faire mourir les patients dans des lits dans les couloirs des hôpitaux,  avec des infirmières  débordées et démoralisées ?

Des fonctionnaires diminués et remplacés par des contractuels soumis ?

D’une constitution remaniée à l’américaine avec moins d’élus à tous les échelons, mais des notables plus puissants au service des multinationales ?

D’une société post-salariale, start up nation macronisée, ubérisée, sans statuts ?

Serons-nous soumis à cela ou bien nous révolterons nous avant qu’il soit trop tard et réussirons nous à nous débarrasser de Macron au plus vite ?

Aurons nous le sursaut nécessaire, nous le salariat pour occuper les entreprises, au moins les 1000 qui font 50 % du Pib ?

Car on le sait, après les « places des villes » Nuit Debout, après les « ronds points des champs » des meilleurs des Gilets Jaunes, après les tentatives de blocage de la distribution, c’est seulement le blocage de la production qui leur fera peur, stoppera la casse sociale en cours et leur imposera de redistribuer les immenses richesses du pays, celles que nous produisons et dont nous ne recevons pas la part que nous méritons ?

Avec tous nos syndicats, nos associations, tous nos partis, serons nous capables de nous unir à gauche pour cela ?

Gérard Filoche

 

 

 

lire chaque semaine dans l’Humanité-Dimanche la rubrique « au boulot »

 

20 déc : Gérard Filoche à Montpellier meeting Gilets jaunes et salaires bruts et nets http://gds-ds.org/gerard-filoche-a-montpellier-debat-sur-le-salaire/ … #GDS

Gérard Filoche à Montpellier débat sur le salaire brut et net http://gds-ds.org/gerard-filoche-a-montpellier-debat-sur-le-salaire/ … #GDS

 

A Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste

 

Le 18 décembre 2018

Cher camarade,

Par un jugement rendu le 12 décembre 2018, Gérard Filoche a été relaxé de toutes les  accusations d’antisémitisme portées contre lui.

Les attendus du jugement sont particulièrement clairs. Il y est noté que parmi les milliers de tweets émis par Gérard Filoche depuis 2009 aucun n’a été trouvé « susceptible d’être qualifié d’antisémite ou de provoquer la haine ». Il y est indiqué  qu’il n’est pas contesté que Gérard Filoche est « un des membres fondateurs de SOS-Racisme et a été la plume d’ouvrages écrits sous le nom de plusieurs présidents de SOS-Racisme ». Ce que tous les dirigeants  du Parti socialiste savaient.

Or les accusations extrêmement graves d’antisémitisme ont été portées contre Gérard Filoche lors du Bureau national du Parti socialiste du 21/11/17, réunion à laquelle  il n’a pas pu participer (il avait prévenu de son absence, ce qui n’a pas été communiqué aux membres du BN ce jour là).

Sans respect d’aucune procédure statutaire, l’honneur de Gérard Filoche a été piétiné. Plusieurs hauts responsables de l’époque du PS n’ont pas hésité à soutenir devant la presse de  telles accusations, sans à aucun moment vouloir écouter, entendre et retenir les explications de Gérard Filoche.

Gérard Filoche a quitté le Parti socialiste et anime aujourd’hui un réseau de militant.es, la Gauche démocratique et sociale (GDS). Cela ne devrait pas empêcher le Parti socialiste, au vu du jugement de relaxe, de publiquement  prendre acte que les accusations que  certains de ses responsables avaient portées contre lui en janvier 2018 n’étaient pas fondées, et qu’il s’en excuse.

Un parti qui se réclame des valeurs démocratiques de la gauche se doit de revenir sur des déclarations publiques infamantes tenues à l’encontre d’une personnalité qui milite depuis plus de 50 ans pour la défense des salarié.es tant syndicalement que politiquement, et pour qui la lutte contre  le racisme et contre l’antisémitisme sont des valeurs fondamentales du combat pour l’émancipation humaine.

En avril 2018, Gérard Filoche a publié un livre « Manifeste contre le racisme et l’antisémitisme ». Le Parti socialiste devrait le recommander à la lecture de ses adhérents et responsables comme un bon outil d’éducation populaire à ce sujet.

Nous demandons que les membres du BN du PS aient connaissance de notre courrier.

Dans l’attente d’une réponse, reçois nos salutations militantes

Pour la Gauche démocratique et sociale

Sybille Fasso (membre du CN du PS de 2005 à 2017, adjointe à la maire du 10° arrondissement de Paris), Georges Martel (permanent du PS Solferino de 1981 à 2001, membre du CN et VP de la Commission Nationale des conflits), Claude Touchefeu (membre du CN de 2012 à 2015, du BNA de 2015 à 2017, conseillère municipale et métropolitaine de Toulouse), Eric Thouzeau (membre du Conseil national du PS de 2000 à 2017, conseiller régional GDS des Pays de la Loire)

 

pour information, les 42 mesures des gilets jaunes

Le programme politique révolutionnaire des Gilets jaunes

Attention, ça vient de sortir et ça dépote ! Les 42 revendications envoyées par les Gilets jaunes ce jeudi aux députés et aux médias ont tout d’un programme politique révolutionnaire.

Une caractéristique : l’urgence et la justice sociale comme priorité des priorités. Bref, exactement le contraire des politiques suivies depuis 15 ans (au moins) par les élus.

Je vous livre ces 42 revendications in extenso, pas une ligne qui ne vaille pas la peine d’être lue (même celles avec lesquelles on peut ne pas être d’accord) :

  1. Zéro SDF : URGENT.
  2. Impôt sur le revenu davantage progressif (plus de tranches).
  3. SMIC à 1300 euros net.
  4. Favoriser les petits commences des villages et centres-villes. (Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce) + de parkings gratuits dans les centres-villes.
  5. Grand Plan d’Isolation des logements. (faire de l’écologie en faisant faire des économie aux ménages).
  6. Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit.
  7. Même système de sécurité social pour tous (y compris artisans et autoentrepreneurs). Fin du RSI.
  8. Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. (Pas de retraite à point).
  9. Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
  10. Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.
  11. Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit au ticket restaurant et au chèquevacances.
  12. Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l’inflation.
  13. Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie c’est protéger notre savoir-faire et nos emplois.
  14. Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des même droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français.
  15. Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
  16. Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une Industrie Française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)
  17. Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.
  18. Que les causes des migrations forcées soient traitées.
  19. Que les demandeurs d’asiles soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la demande d’asile.
  20. Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.
  21. Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d’Histoire de la France et cours d’éducation civique avec une certification à la fin du parcours).
  22. Salaire maximum fixé à 15 000 euros [mensuel, ndlr].
  23. Que des emplois soient crées pour les chômeurs.
  24. Augmentation des allocations handicapés.
  25. Limitation des loyers. + de logement à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).
  26. Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage aéroport…)
  27. Moyens conséquents accordées à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.
  28. L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière.
  29. Le prix du gaz et l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publiques et que les prix baissent de manière conséquente.
  30. Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.
  31. Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du bien-être gris commence.
  32. Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la Terminale.
  33. Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.
  34. Le Référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée Nationale qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.
  35. Retour à un mandat de 7 ans pour le Président de la République. (L’élection des députés deux ans après l’élection du Président de la République permettait d’envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participait donc à faire entendre la voix du peuple.)
  36. Retraite à 60 ans et pour toutes les personnes ayant travaillées dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple) droit à la retraite à 55 ans.
  37. Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides PAJEMPLOI jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.
  38. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.
  39. Pas de prélèvement à la source.
  40. Fin des indemnités présidentielles à vie.
  41. Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue.
  42. Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.

 

 

 

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Pourquoi Macron a menti sur le smic ? Parce que le salaire est son ennemi et il voulait masquer qu’il assistait les patrons

 

Macron a menti devant 23 millions de citoyens, en direct à la télévision, et il a manoeuvré pour ne pas augmenter le Smic tout en laissant croire le contraire.

 

 

La raison en est son hostilité au salariat, aux salaires et au smic. Pour lui, le salaire, net et brut, c’est l’ennemi. Il veut « une société post salariale ». Sa religion actuelle est donc que ce soit l’état qui verse des primes afin d’augmenter les marges des entreprises plutôt que les salaires

C’est ce qu’a dit Edouard Philippe : « - Nous sommes contre la hausse du Smic, car nous voulons que le travail paie ». L’expression « pour que le travail paie » s’entend pour les seules marges des entreprises, pas pour les salariés. Ou Muriel Pénicaud « - Augmenter le smic c’est fabriquer du chômage ». Ce qui signifie : il faut baisser le smic pour faire de l’emploi ! Ce qu’elle a fait par ordonnances en cassant les droits des salariés pour que ca coûte moins cher de les exploiter.

Difficile de dire à 23 millions de téléspectateurs que ce sont eux et pas les patrons qui vont donner des primes a une partie des smicards qui la demanderont s’ils sont autorisés a le faire selon des critères aléatoires que le gouvernement fixera.

Il ne s’agit pas de récompenser enfin et légitimement le travail, mais de détourner l’attention de l’exigence de son juste paiement.

Il ne s’agit pas de redistribuer les richesses produites, mais de faire payer par une partie des salariés les revendications des autres.

Macron a menti parce qu’il ne peut pas avouer qu’il préfère, pour l’heure, une économie administrée où des primes sont versées par l’état qui se substitue aux employeurs ; c’est une forme d’assistanat aux patrons. D’autant que ces étranges primes sont conditionnées par des critères extérieurs  au travail : impossible si on a un conjoint a plus de 1300 euros. Sur 1,65 million de smicards combien y auront droit ? Edouard Philippe répond déjà que 1,2 million sont au dessus des critères.

 

A quoi tout cela rime t il, de la part de libéraux, qui veulent toujours « moins d’état » ?  Dans le cas des « heures supplémentaires désocialisées », Macron pousse les employeurs à multiplier ces heures pour ceux qui ont un boulot plutôt que d’embaucher ceux qui n’en ont pas. Ce qui augmente forcément le chômage en évitant aux actionnaires de baisser leurs profits. Car ces heures coûtent moins cher aux employeurs puisque Macron en supprime la partie du salaire brut, les cotisations sociales !

 

Mais qu’est ce qui compensera ces sommes sinon les impôts, entre autres, des salariés qui ne font pas d’heures supplémentaires ?  Etrange religion qui verse des primes et les cotisations sociales à la place des actionnaires et des patrons et « en même temps » prétend baisser les impôts.

Nous salariés, on y  perd des deux cotes. Ca ne passera pas.

 

Gérard Filoche

 

 

PS :

L’usine à gaz (mal) montée par Macron pour faire verser par la Caisse d’allocations familiales (sic) 100 euros de « prime » c’est un trucage anti marché pour aider des employeurs d’entreprises bancales qui ne parviennent pas à bien payer ceux qu’elles exploitent ? En fait c’est comme les ex « emplois aidés » mais auprès d’employeurs au lieu de l’être auprès du public ?

Ils sont curieux dans leurs incohérences Macron et ces gens-là … ils viennent de supprimer les emplois aidés, ils font payer du salaire par les allocations familiales, ils veulent « simplifier » et ils complexifient sans aucun principe, ni au nom du marché, ni du libéralisme, ni du social, ils veulent « libérer le marché » et l’administrent, ils veulent que le travail paie et ils le paient à la place de patrons carrents, ils combattent l’assistanat et se font assistants du patronat, tout cela étant indépendant de la « compétitivité » de la nature, de la qualification, de la branche du travail effectué, puisque soumis à des critères familiaux et non pas professionnels, et sans sens puisque aussi bien des grandes entreprises que des petites ayant des smicards sont impactées !

 

Relaxé après les absurdes accusations d’antisémitisme

Ils ne m’ont pas eu. Ils ne m’auront pas ainsi. Je redonne coup pour coup.

Cela me rend combatif.

 

Les 9 parties civiles ont été déboutées, le Parquet lui même était revenu sur sa plainte et avait renoncé à poursuivre, le tribunal m’a relaxé pleinement.

 

Juste victoire, ils ont tenté de me salir, ils ont échoué.

 

Mais je suis encore vulnérable : pour inscrire un témoin au procès du 10 octobre dernier, cela coûte, 250 euros chaque au greffe, et les frais d’avocat s’élèvent à 12 000 euros, bien au delà de ce que peut couvrir ma retraite.

 

13 500 euros c’est une très lourde somme pour un homme s’il est seul.

Ca peut s’assumer par un élan partagé de solidarité militante.

 

J’ai toujours, pour ma part, toute ma vie, milité et cotisé, je n’ai jamais voulu rien posséder, mais me voila contraint, pour riposter, de battre le rappel auprès de vous : sans votre aide financière, petits, moyens et grands chèques additionnés, je ne peux pas faire face.

 

Je n’ai reçu à ce jour qu’environ 2500 euros d’aide, alors je fais appel à vous largement par souscription, sachant que je ne pourrais, en retour, que vous offrir ma gratitude, ma solidarité, mon engagement, et… vous faire parvenir cordialement mon livre à l’adresse que vous m’aurez indiquée .

 

Fraternellement, Gérard Filoche

 

chèque de soutien à l’ordre de « soutien-Filoche »

à Gérard Filoche 85 rue Rambuteau 75001 Paris

 

 

 

Gérard Filoche définitivement relaxé dans l’affaire du tweet antisémite

14 déc. 2018, 23:09

Gérard Filoche définitivement relaxé dans l'affaire du tweet antisémite© Stephane Mahe Source: AFP
Gérard Filoche a obtenu une victoire judiciaire le 12 décembre (image d’archive).

Depuis plus d’un an, l’ancien membre du bureau du PS clame l’erreur. Accusé par plusieurs associations antiracistes et socialistes d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux un tweet antisémite anti-Macron, Gérard Filoche a été finalement innocenté.

Un délibéré qui va certainement soulager définitivement Gérard Filoche. Le tribunal correctionnel de Paris a en effet relaxé le 12 décembre l’ancien inspecteur du travail. Celui-ci avait malencontreusement diffusé en novembre 2017, un tweet anti-Macron. Problème : Gérard Filoche avait utilisé une photo qui dévoilait plusieurs marqueurs antisémites.

Après avoir constaté son erreur et le caractère raciste de l’image, l’ex-membre du bureau du Parti socialiste avait rapidement supprimé son message. Trop tard. Certains internautes, dont des opposants socialistes à la ligne Filoche, ont saisi l’occasion pour accuser l’un des fondateurs de SOS Racisme de… racisme. Des associations dites antiracistes et Jacques Attali se sont ainsi constituées parties civiles devant les tribunaux.

Depuis près d’un an, Gérard Filoche a ainsi tenté d’expliquer qu’il n’avait pas vu le «double-fond» du tweet, plaidant l’erreur. «Je n’avais qu’à être vigilant», a-il confessé pour RT France, le 12 octobre 2018.

Lors de cet entretien, Gérard Filoche nous a d’ailleurs révélé une partie de sa plaidoirie durant son audience du 10 octobre : «J’ai dit aux neuf parties civiles contre moi de rechercher quelque chose à me reprocher sur les 55 années de ma vie consciente et militante, trouvez-le. Je suis sûr qu’ils ont dû beaucoup chercher et qu’ils n’ont rien trouvé.»

Après cette audience, le parquet, à l’origine des poursuites a d’ailleurs requis sa relaxe, estimant que Gérard Filoche avait commis une «inconséquence grave» en tweetant ce montage incontestablement antisémite mais qu’un «doute» subsistait à l’issue des débats quant à son «intention» de commettre ce délit.

La 17e chambre correctionnelle a donc décidé d’aller dans le sens de Gérard Filoche : «Pour particulièrement choquante et consternante que puisse être la diffusion de ce montage par Gérard Filoche, le contexte de l’envoi de ce montage ne confère pas à celui-ci la portée d’une provocation à la haine ou à la violence.»

«Je suis relaxé, ce procès odieux qu’on m’a fait n’avait pas de raison d’être» s’est félicité sur Twitter Gérard Filoche, qui a lancé en janvier un nouveau mouvement, la Gauche démocratique et sociale.

 

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