Mes gens

Au boulot n°507

Mes gens

Le contrat ayant pris le pas sur la loi, les patrons sont devenus seuls maitres dans leur entreprise. Par exemple, 51 « accords de performance collective » où l’on travaille plus et ou l’on gagne moins ont ainsi été imposés.

Et si, paradoxalement, à l’occasion du Covid19, le gouvernement reprend la main, c’est d’en haut, il  procède par ordonnances, mesures d’état d’urgence, et par « protocoles ».

Il existe une constante dans ces deux cas : les institutions représentatives du personnel  (IRP) n’ont plus leur mot à dire. C’est l‘étouffement de toute démocratie  dans l’entreprise.

Les anciens DP, CE, CHSCT ont été fusionnés, diminués et alors qu’il y avait 425 000 salariés élus et mandatés, il n’en reste plus que la moitié, autour de 200 000.

Un « rapport intermédiaire d’évaluation des ordonnances » a été publié le 28 juillet 2020 sur l’état du dialogue social : alors que les citoyens ne respectant pas leurs obligations sanitaires font face à une panoplie d’amendes, les patrons ne respectant pas la mise en place d’IRP ne risquent aucune coercition.

Au 3 juin 2020, 39 354 établissements éligibles n’ont pas mis en place un CSE (cf. ACM Médiapart 20 août 2020) la carence totale de candidature représente 46 % des entreprises de moins de 50 salariés, 10 % des entreprises de 50 à 299 salariés, 1,5 % des entreprises de plus de 300 salariés. Et donc 32,8 % des établissements étudiés n’ont plus d’IRP.

Pour les patrons, comme pour Macron, les salariés ne sont que des pions. Pas question que ce soient eux qui négocient leur sécurité, le port des masques et ou les modalités du télétravail à l’abri d’un l’ordre public social.

Patrons et Macron voient la démocratie dans les entreprises comme un système nerveux qui règle tout le fonctionnement du corps.

L’air du temps n’est clairement pas à l’autogestion, il est à la schlague, l’autre jour sur France inter, un patron s’interrogeait « - Faut il que je licencie mes gens ou que je les garde ? ». Ce ne sont même plus des « collaborateurs » ce sont « mes gens ».

Gérard Filoche

 

 

4 Commentaires

  1. luc
    Posted 15 septembre 2020 at 18:14 | Permalien

    Incroyable, la taxation du capital a encore augmenté en France en 2018.

    Comme le montrent les statistiques d’eurostat qui viennent juste d’être publiées, la France est toujours le pays d’europe où le taux implicite de taxation du capital, c’est à dire la part des revenus du capital qui est nécessaire pour payer l’ensemble des impôts sur ce même capital, est le plus élevé.

    Ce taux est passé de 44,6% en 2007 à 49,9% en 2012, à 54,2% en 2017 et à 55,1% en 2018.

    Et pourtant certains continuent de croire que Macron fait une politique ultra-libérale.

    Source
    Taux implicite de taxation du capital, 2006-2018.
    https://zupimages.net/up/20/38/z0zp.jpg

  2. Posted 16 septembre 2020 at 12:04 | Permalien

    La Gauche démocratique et sociale (GDS) est un réseau de militantes et militants politiques dotés d’un certain nombre de convictions chevillées au corps. Être de gauche, c’est :

    ✓ Défendre le camp du salariat, des jeunes, des retraités, mais aussi des pauvres et des exclus ; de ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre, qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent : c’est développer et orienter les mobilisations sociales de masse contre le système capitaliste.
    ✓ Avoir le social au cœur, c’est-à-dire rejeter la précarité et les inégalités auxquelles nous condamne le néolibéralisme et se battre pour la hausse massive des salaires, la réduction de la durée du travail sur la semaine et sur la vie, un salaire maximum, l’emploi et le salaire à vie, ainsi que pour la reconstruction du droit du travail d’ordre public social et pour une réforme fiscale directe et progressive.
    ✓ Prôner une transition écologique ambitieuse à même de préserver l’environnement, le climat, la terre, l’eau et l’air ; une transition qui proclame la priorité absolue donnée aux énergies durables, à la défense de la biodiversité, au renforcement des services publics, à l’école, à la santé, au logement, aux transports – notamment collectifs et « doux » –, aux communications…
    ✓ Bâtir une société égalitaire et féministe par l’égalité des droits et par la construction d’un bien-être partagé, quelles que soient l’âge, les origines ethniques, les orientations sexuelles, les options de vie ou encore les handicaps éventuels.
    ✓ Avoir pour oxygène la démocratie : dans les partis, les syndicats, les associations et les institutions car nous militons pour une société émancipée à tous les niveaux, gérée collectivement et consciemment ; pour une VIe République démocratique, parlementaire, laïque, sociale, féministe, écologiste, internationaliste et pacifiste.
    ✓ Porter la conviction que le socialisme ne peut pas se bâtir dans une seul pays : la révolution socialiste sera internationaliste, en Europe et dans le monde, ou ne sera pas. Le socialisme, c’est la redistribution démocratique des richesses produites par les salariés ; c’est une « économie de solidarité », c’est-à-dire de partage – par opposition au capitalisme qui est une économie de « compétitivité », c’est-à-dire de guerre.
    ✓ La gauche est notre tradition, notre force, notre classe, notre avenir : c’est le camp des exploités contre celui des exploiteurs, et nous travaillons à l’unir avec et par-delà ses partis et syndicats, pour qu’elle acquière la force nécessaire au renversement de l’ordre établi – qui n’est autre que l’ordre capitaliste – et à la création d’un ordre nouveau.

    Les forces de la gauche sociale et écologique, représentant le salariat dans toute sa diversité, sont aujourd’hui dispersées, et nous œuvrons pour qu’elles se reconstruisent un avenir commun. Nous militons pour une grande maison commune, permettant l’expression des diverses sensibilités ET l’unité d’action. Notre réseau militant, partout où nous sommes présents, agit dans ce sens.
    Venez renforcer ce combat ! Soutenez cette revue qui existe et lutte depuis 28 ans ! Adhérez à la GDS !

  3. Posted 19 septembre 2020 at 11:55 | Permalien

    Ma réflexion pour contribuer au débat de la gauche.

    Délocalisation et mondialisation, une expérience vécue.

    On a tous en tête des exemples d’entreprises délocalisées de France vers d’autres pays européens ou ailleurs, dans un seul but de rentabilités. C’est le cas aussi pour des entreprises filiales de multinationales comme Dacia (Renault) en Roumanie. Ou comme Fralib / 1336 qui a résisté à la délocalisation. Il y a d’autres exemples plus insolites de cette mondialisation ou délocalisation d’activités.

    Quelques exemples vécus en Tunisie où je suis installé depuis un an.

    ———-

    Les call center : « Allo Macha »
    D’abord, le plus classique, les call center qui sont légions ici. Des entreprises françaises avec leur unités ici où des tunisiens francophones sont embauchés pour du démarchage téléphonique sur la France.
    Cette activité est bien rémunérée ici. Autour de 1000 dinars par mois, avec inclus la sécurité sociale, des primes (c’est deux à trois fois le Smic tunisien, mais ça représente environs 300 euros).

    J’ai moi même postulé sur un call center nouvellement installé ici. Une activité très insolite, car il s’agit d’une activité de type  » Sos amitiés « , discuter avec des français en France qui ont besoin de parler car ils ont des soucis en tout genre. À bientôt avec  » Allo Masha  » ?

  4. Posted 19 septembre 2020 at 11:59 | Permalien

    Bonjour
    En urgence je vous relaye cet appel à soutien important.Toutes les explications sont ci dessous.

    Solidairement

    Eric
    ……………………………………………………..
    Eric Beynel
    eric.beynel@solidaires.org
    06 82 28 91 81
    Union syndicale Solidaires

    Bonjour ,

    Vous trouverez ci joint le texte d’un appel à soutiens auprès de personnalités et d’organisations pour que le Briançonnais reste une terre d’accueil pour les exilés.

    Le maire de Briançon nouvellement élu, Arnaud Murgia, a mis en demeure l’association « refuges solidaires » de quitter les lieux qu’elle occupe depuis trois ans. Ces locaux permettent aux exilés qui traversent la frontière par la montagne de trouver un instant de répit, de chaleur humaine avant de continuer leur chemin.

    Cette décision s’accompagne du non renouvellement de la convention d’occupation du local technique des maraudes, alors que les maraudes sont indispensables pour éviter de nouveaux drames en montagne.

    Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à accueillir et secourir et pour que les pouvoirs publics respectent enfin les droits fondamentaux des personnes exilées et en détresse.

    Cet appel ne sera pas rendu public dans l’immédiat, le temps de réunir suffisamment de signatures. C’est pourquoi nous vous remercions de respecter cette confidentialité.

    Il devrait être publié dans un grand quotidien national en début de semaine prochaine.

    Si vous désirez le signer, merci d’envoyer un mail à cette adresse contact : communication@tousmigrants.org
    Il suffit de mentionner par une simple phrase votre soutien à cet appel en indiquant vos noms prénoms et qualité

    Pour les signatures au nom d’organisations, il est souhaitable de préciser leur champ géographique si ce n’est pas explicite dans leur dénomination.

    Pour les élus locaux et parlementaires, merci de préciser le mandat et la localisation.

    Vous pouvez bien entendu faire passer cet appel à vos contacts sous réserve que la confidentialité soit préservée.

    En vous remerciant du soutien que vous pourrez apporter à ce bel élan de solidarité qui se vit à Briançon depuis 5 ans.

    Solidairement,

    L’équipe de Tous Migrants

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