Défendre le salariat, grande classe révolutionnaire majoritaire, attaqué de toutes parts

Nous sommes 30 millions de salariés, 88 % de la population active, nous n’avons que notre force de travail à vendre, du balayeur à l’ingénieur, à la campagne comme à la ville. Les chômeurs sont des salariés temporairement privés d’emploi. Les jeunes sont des salariés en formation. La retraite n’est pas un impôt ni une épargne, les retraités vivent grâce aux cotisations versés en temps réel, en direct par ceux qui travaillent à ceux qui ne travaillent plus. Le salariat produit toutes les richesses et n’en reçoit pas la part qu’il mérite. C’est le travail qui crée de la valeur.

Depuis un siècle, le salariat est devenu majoritaire sociologiquement et socialement. Il avait conquis, de 1910 à 2010, en passant de 3 millions à 30 millions de travailleurs , un code du travail, des conventions collectives, des institutions représentatives du personnel (IRP), des comités d’entreprise, des délégués du personnel, des délégués syndicaux, des conseillers prud’homaux, des conseillers mutualistes, des « CHSCT », une médecine du travail, une justice du travail, une inspection du travail,  des cotisations pré affectées et une sécurité sociale, une assurance chômage, une retraite par répartition, des logements sociaux, et des services publics, des fonctionnaires à statuts, … cet ensemble de droits sociaux étaient les prémices matériels, structurels, de son futur pouvoir lorsqu’il serait assez conscient, fort et uni pour remplacer la classe dominante.

Depuis 20 ans, tout cela a été attaqué en force par les gouvernements capitalistes libéraux (y compris violemment par le gouvernement Hollande Valls agissant de 2012 à 2017 contre son camp).

Avec sa « Révolution », Macron, depuis 2015,  va le plus fort et le plus loin possible contre le salariat : il casse le code du travail en chaque occasion, il liquide les conventions collectives, il fait fondre les « IRP » (de 425 000 a 200 000), il a liquidé les élections prud’hommes et diminué leur activité de 60 %, il liquidé quasiment par deux la médecine du travail, il a rogné l’indépendance de l’inspection du travail et ses missions, il a supprimé les CHSCT, réduit les CE et les DP, affaibli les syndicats en entreprises, il a  supprimé l’assurance chômage, il bloque le smic et les salaires nets,  bruts et super bruts, il détourne peu à peu les cotisations sociales en annonçant ouvertement leur « suppression », il utilise à d’autres fins les cotisations retraite, et fiscalise progressivement le budget séparé de la protection sociale. Il appuie « l’ubérisation » basée sur « l’auto entreprenariat », c’est à dire l’absence complète de statut et de droits. Il veut remplacer le contrat de travail collectif par des contrats commerciaux de gré à gré, il appelle à une « société post-salariale ». Il individualise la formation et l’apprentissage. Certes il ne pourra faire reculer les 90 % d’actifs salariés mais il est parvenu depuis 2017 à les « rogner » à 88 %.

Contre Macron, nous défendons le salariat comme un ensemble de droits, de statuts, de conquêtes communes aux 30 millions de salariés : pied à pied nous défendons la hausse du smic et des salariés nets et bruts indexés sur les prix. Le salaire net permet de vivre au mois le mois. Le salaire brut permet de vivre toute la vie. Les cotisations sociales sont une part du salaire mutualisée, versée dans un pot commun et redistribuée à chacun selon ses besoins, ce n’est pas une charge sociale, c’est un bonheur. Ce n’est pas un impôt mais du salaire. Ce n’est pas un « prélèvement obligatoire» c’est un bas de laine collectif qui protège de façon égalitaire les assurés sociaux, contre l’accident du travail, contre le chômage,  contre la maladie, pour le logement, pour les enfants, pour la retraite. Ce n’est pas de l’assistanat, ce n’est pas des « allocs », c’est du salaire légitime qui est un produit du travail.

Macron essaie d’exclure les salariés du salariat : c’est le sens de sa casse de l’assurance chômage, et de tout son soutien à l’ubérisation. Pied à pied nous l’en empêchons. Nous voulons que tous les exclus puissent revenir au travail, avec tous les avantages liés aux statuts antérieurs et à la conquête de nouveaux  droits. Notamment la recréation d’une « grande Sécu » universelle, pour tous les actifs, gérée démocratiquement avec des cotisations uniques proportionnées, et élections aux différentes caisses par les assurés, avec un Parlement social pour le budget de la protection sociale.

GF

 

 

 

 

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