Morts au travail : France championne en Europe (pour Siné mensuel)

 

 

Mourir au boulot, plutôt crever : y a rien de fatal à laisser sa peau pour un taulier.

Dans ce pays, ils discutaillent pendant des heures du port du burkini dans une piscine. Mais réglementer la sécurité dans les entreprises  y a pas une télé ou une radio pour en parler. Depuis El Khomri, Pénicaud et Borne, c’est laissé au bon vouloir du seul patron.

La presse quotidienne régionale évoque parfois une tragédie en brève en coin de page. Là, un éboueur meurt. Là un livreur de repas à vélo de 19 ans se fait écraser par un camion (il y déjà eu 10 tués comme ça.) Là un ouvrier sur sa machine dangereuse perd un bras.  Là, un accident de tracteur broie le corps du viticulteur. Là, une tronçonneuse rebique et découpe le bucheron, un élagueur tombe de la plus haute branche. Le plus fréquent c’est dans le bâtiment : 300 chutes mortelles par an.

Lorsqu’un jeune comme Danish Ahmedi, réfugié afghan, 23 ans, perd ainsi la vie sur un chantier à Orgères, en Ille-et-Vilaine, le Télégrammetitre : « Quelle bêtise de mourir comme ça pour un Smic »,une enquête pour homicide involontaire est ouverte… » et puis on n’en parle plus…

Dans le pays de Macron, les accidents du travail ça ne fait jamais la « une » des journaux télévisés. C’est tabou. Pas de plaque commémorative sur les lieux, on y meurt et puis on est oubliés.

Une des plus célèbres punch line du président Macron en octobre 2019 fut :  “Moi je n’adore pas le mot de ‘pénibilité’, parce que ça donne le sentiment que le travail c’est pénible.” (sic)

Et voilà que la courbe des accidents, qui baissait insensiblement depuis deux décennies, a remonté en deux quinquennats maudits, sous Hollande puis Macron, la France dépasse l’Allemagne et est devenue la triste « championne » des accidents mortels en Europe.

Les macroniens sont aux abonnés absents quand les chiffres tombent brutalement : 1800 accidents du travail par jour, 14 morts pas semaine, 550 par an et 700 suicides liés au travail.Et il faut rajouter 4500 handicapés du travail par an.

C’est stupéfiant, en 2019, sur 19,6 millions de salarié-e-s du secteur privé, les accidents du travail concernent 655 715 personnes, dont 62,7% d’hommes et 37,3% de femmes.

Rien qu’en 2022 , mi-mai y’a déjà 125 morts.

Et comme, bien sur, sous Macron la précarité a augmenté, les accidents sont plus fréquents chez les jeunes, les précaires, saisonniers, CDD, intérimaires, auto-entrepreneurs ubérisés, sous-traitants.

Et si on travaille davantage le travail tue davantage.

L’intensification du travail dans l’urgence, les tâches polyvalentes et en sous effectifs, et la retraite toujours repoussée, ça tue aussi. Un auto entrepreneur couvreur âgé de 68 ans est mort récemment en tombant d’un toit ! Qu’est ce qu’il y faisait encore à son âge ? Faute d’avoir tous ses trimestres et une pension décente, il était revenu bosser.

La « pénibilité », en vrai, c’est Macron, sans lui on reconstruirait un vrai droit du travail, des CHSCT, une prévention, une médecine et une inspection du travail et un ordre public social protecteur

 

Gérard Filoche

 

 

New PS ?

article commandé et à lire sur la revue du NPA « L’anticapitaliste »

 

 

 


Depuis des mois et des années fleurissaient les #plusjamaisPS » sur les réseaux sociaux notamment. Même des militants chevronnés et des intellectuels tombaient sans trop de recul dans cette facilité. C’était le cri naturel et légitime de ceux qui se sentaient trahis par un appareil dont le nom officiel est « socialiste » et qui, en pratique, aide davantage l’actionnariat que le salariat. Le quinquennat maudit de François Hollande et Manuel Valls a démultiplié ces réflexes de façon haineuse : « ils nous ont fait trop de mal, on n’en veut plus jamais, chassons-les de la gauche et de nos horizons ».

 

Sauf que l’histoire réelle est un peu plus complexe que l’histoire projetée sous le coup des indignations d’un moment. Avec la social démocratie et le PS, il s’agit d’un vieil appareil idéologique et structurel du mouvement ouvrier français (et international) qui ne disparaît pas, comme ça, d’un seul coup, sans être remplacé physiquement et politiquement.

 

1°) Tout parti traditionnel, comme les autres institutions, a une « nature de classe ».Il ne peut pas échapper au classement : soit un parti de la bourgeoisie, soit un parti du salariat. Sur quels critères en juger ? On retiendra : la genèse, l’histoire, la continuité, la référence programmatique, la fonction sociale, la base sociale et la place dans les luttes de classe.

Par exemple, la genèse : le Parti Démocrate US est, à l’origine, esclavagiste, c’est un parti bourgeois de naissance, le PS Français est à l’origine ouvrier, fusionnant en 1905 au « Congrès du Globe », sous l’égide de Jaurès et de la II° internationale, les divers courants socialistes naissant (guesdistes, vaillantistes, jaurésiens..) en une seule « SFIO » section française de l’internationale ouvrière.

La scission entre SFIO et SFIC en 1921 n’a pas changé la nature de classe entre les deux branches.

Les deux partis ont traversé 100 ans d’histoire avec des pratiques différentes mais sans rompre avec leurs origines. Leurs trahisons, celles, non pas de leurs militants mais de leurs appareils, l’un s’alignant temporairement sur les crimes de la contre-révolution stalinienne, l’autre s’alignant en dernier ressort sur l’impérialisme dominant, ont-elles changé historiquement leur nature d’origine ? La réponse est non : avec des hauts et des bas, les appareils ont eu un rôle contre révolutionnaire en agissant selon les fluctuations des rapports de forces sociaux entre les classes dominantes et dominées. C’est avec l’union des gauches en 1936, 1945, 1981, 1997 que les avancées sociales les plus importantes ont été arrachées. Le PS a trahi en 1914, sitôt Jaurès assassiné, il a trahi en 1936, en 1939, en 1945, en 1956, en 1958, en 1968, en 1983, en 1988…

Certains inventent une « rupture » en 1983 suivie d’un déclin « fatal »  à la mode du Parti radical : mais cette date n’est pas celle d’une «coupure épistémologique », et, à l’épreuve des faits, ce n’est pas celle d’un changement de « nature de classe ». Car après tout, les « crimes » de l’appareil du PS sont « pires » avec Guy Mollet (et les pouvoirs spéciaux votés par le PCF) en 1956, lorsqu’ils faisaient 500 000 morts en Algérie. Tout est relatif mais c’était « pire » de rédiger la constitution antidémocratique de la V° République que de faire la proportionnelle en 1986 (ce qui valut le départ de Rocard du gouvernement).

Et la prétendue « parenthèse » de 1983  n’a pas empêché Lionel Jospin de 1998 à 2000 d’imposer la loi sur la réduction de la durée du travail à 35 h hebdomadaire sans perte de salaire, la plus avancée au monde.

En fait le PS s’était installé durablement jusqu’à ce jour comme un parti « ouvrier bourgeois », la tête dans les institutions et les pieds dans le salariat. Cette expression « parti ouvrier bourgeois » est celle de Lénine (lui même, à l’origine, membre de la majorité du « parti ouvrier social démocrate russe »). Il l’a utilisée pour  le Labour party et à propos du « Lloydgeorgisme ». Elle traduit le mieux possible, la caractéristique de ces partis : ils n’existent que dans la mesure où ils ont une base sociale dans le salariat, suffisante pour l’influer, le contrôler et le vendre, en échange de concessions sociales et de prébendes – pour l’appareil – que la bourgeoisie ne peut faire autrement, alors, que de céder. Ils sont à la fois « électoralistes » et « électoralistes » ce qui veut dire qu’ils n’existent pas sans être suffisamment à gauche pour obtenir des voix des salariés, et sans être suffisamment droitiers pour que la bourgeoisie, les reconnaissent du fait qu’ils contrôlent ces voix.

C’est cette nature qui les distingue des partis « bourgeois-bourgeois » et qui induit des combats particuliers, une stratégie spécifique vis-à-vis d’eux, de la part des révolutionnaires au sein du salariat (la stratégie du front unique).

Le fait que le PS s’appelle « socialiste » depuis un siècle est un élément de sa continuité, de sa reconnaissance auprès de millions de salariés. Sa fonction sociale est fluctuante : chaque fois qu’il a été au gouvernement, il a penché du côté de la bourgeoisie tout en concédant de façon chaotique ce qui est impérativement réclamé par sa base militante et électorale : les 40 h, les 39 h, les 35 h, les 2, 3, 4, 5 semaines de conges payés, le droit du travail, la sécurité sociale, la retraite à 60 ans… Ce sont ces concessions présentées comme des victoires qui lui valaient chaque fois, crédit pour sa renaissance. Il s’appuyait sur ces conquêtes partielles. Chaque fois qu’il est retombé dans l’opposition, l’appareil a cherché à reconstituer sa base perdue et promis à nouveau  de satisfaire les revendications élémentaires, telle est l’histoire profonde et durable du PS : il s’est appuyé, pour exister ainsi, sur des liens profonds ancrés historiquement dans les municipalités, dans les départements dans les régions, au Sénat, à l’Assemblée et aussi des liens associatifs anciens et multiples. Il aussi des liens syndicaux forts : la CFDT, deuxième syndicat de France, 600 000 adhérents, une partie de notre grand salariat, est même devenue la base forte du « social libéralisme » et des courants droitiers du PS. Et surtout, encore plus depuis le congrès d’Epinay en 1971, le PS est pluraliste, il rassemble à peu près tous les courants de la gauche.

C’est ainsi que le PS  balayé en 1969 à 4,5 % des voix est arrivé au pouvoir en mai 1981 comme un « effet différé » de mai 68.  Balayé en mars 1993, il s’est relevé comme le principal parti de gauche en 1995 et est revenu au pouvoir en moins de 3 ans, avec la gauche plurielle. Et en son sein une forte Gauche socialiste militante jeune et syndiquée a même pu se développer de 1995 à 2002 puis de 2003 à 2008, et encore davantage de 2012 à 2016 (si elle était restée unie, elle aurait pu l’emporter en fusionnant, comme c’était son projet, avec les autres composantes du mouvement social).

On ajoutera que « la classe dominée », parce que justement elle est dominée, est encore plus attachée à ses partis traditionnels que la classe dominante ne l’est aux siens. La bourgeoisie française a longtemps été décrite avec ses alternances d’orléanisme et de bonapartisme : le salariat français n’est pas encore émancipé de son histoire prolongée,  partagée entre le stalinisme et la social-démocratie. Et quand on regarde ailleurs, au Portugal de 1974 au Brésil de Lula, du Nicaragua à l’Inde, du New Labour de Blair au Labour de Corbyn, du Pasok à Syriza, ce n’est que lentement qu’on voit se dégager à une échelle de masse des courants, des luttes, des théories, des partis réellement nouveaux : les crises, soubresauts, recompositions, sont loin d’être finis, les « vieux partis » ne mourant que quand ils sont remplacés dans la vie réelle, et ils ne le seront sans doute totalement qu’à l’occasion de grandes victoires de révolutions socialistes qui changeront l’humanité.

 

2°) Est ce que le quinquennat maudit 2012 2017  de Hollande-Valls a changé la nature de classe du PS ?  Il a bien failli.

Disons que ce n’était pourtant pas fatal en 2012. Hollande contrôlait les institutions comme aucun socialiste avant lui. Rien n’était joué. Pour grossir le trait : Blum sans grève générale aurait pu faire du Hollande, et Hollande avec une grève générale aurait pu faire du Blum. Il se trouve que le mouvement social avait monté, depuis la défaite de justesse de Jospin en 2002 : grands combats de 2003 et 2010 pour la défense des retraites, CPE en 2006, grands succès électoraux en 2004, 2008. Hollande a dû sa belle victoire de mai 2012 à ce rapport de force, il a donc été obligé de manoeuvrer au tout début jusqu’au congrès de Toulouse d’octobre 2012 : mais c’est après, sans aucune « excuse », en trahissant le « programme » (pourtant pas révolutionnaire !) du PS de 2011 qu’il a imposé le rapport Gallois, l’ANI de 2013, la loi Sapin, les lois Ayrault Touraine sur les retraites, la politique de l’offre et le CICE, puis les lois  Rebsamen, Macron 1 et 2, et enfin El Khomri. Hollande a défait en droit du salariat, ce que Blum, Mitterrand, et Jospin avaient fait. Il a fait reculer le code du travail dans ses principes fondamentaux plus d’un siècle en arrière.

Cette brutalité réactionnaire, Hollande l’a payée cher dans la mesure où il a dû agir contre le PS dont il était issu : la résistance a commencé au sein du parti et pas seulement dans la rue, mais au congrès de Toulouse et jusqu’au congrès de Poitiers en juin 2015. Hollande et Valls ont  perdu leur majorité au sein du groupe parlementaire, du CN et du BN du PS : au point qu’ils ont cherché à se débarrasser du parti… ils l’ont combattu durement du haut de l’Elysée et de Matignon, ils ont dénoncé ses opposants organisés résolument dans la Gauche socialiste, ils ont menacé de les exclure, ils y ont fait une chasse aux sorcières, ils ont dénoncé ses députés « frondeurs », ils ont voulu le dissoudre, le contourner, le changer de nom, l’intégrer dans une autre coalition (« belle alliance populaire »). Il y a eu 14 manifestations de rue contre la loi El Khomri et le gouvernement aurait basculé si cela n’avait été la brutalité de Valls et sa répression policière.

La Gauche socialiste a bataillé de toutes ses forces et a bâti une opposition sans précédent, plus qu’au temps de Marceau Pivert, plus que tous les précédents courants oppositionnels de gauche (30 % des voix ! et ce, parce que l’appareil trichait avec les voix !). Et l’Elysée et Matignon n’ont pas réussi : aucun député n’a voté la loi El Khomri, ils ont du mâter le PS à coup de 49-3. Hollande a dû se retirer dés le 1erdécembre 2016. Et Valls a été balayé dans une primaire socialiste le 29 janvier 2017 !  Presque 20 % des cadres du PS ont rompu et sont passés à droite chez Macron.

Parce que Hollande n’a pas respecté l’histoire et la réalité de ce « parti ouvrier bourgeois » ni la façon « électoraliste » et « électoraliste » dont il dépendait de sa base sociale, il a été minorisé (il lui est resté autour de 25 %) aux congrès suivants d’Aubervilliers (avril 2018) et de Villeurbanne (septembre 2021).

Olivier Faure, devenu majoritaire, était l’ancien chef du groupe parlementaire PS et en juillet 2016 (fidèle aux votes unanimes du congrès de Poitiers de 2015)  il avait refusé le « renversement de la hiérarchie des normes » dans le Code du travail (la fin de l’état de droit dans l’entreprise, la loi l’emportant sur le contrat). Le PS était passé de 180 000 membres en 2012 à 18 000 membres en 2018 : ses députés étaient passés de 300 à 28 élus. Soit il justifiait la trahison de Hollande-Valls, et mourait, avatar ayant perdu sa base sociale et définitivement passé dans le camp bourgeois, soit il effectuait un sursaut, et se retournait vers l’unité de la gauche pour se ressourcer.

Ceux qui, alors, criaient « #plusjamaisps » étaient les plus nombreux à gauche mais n’exprimaient qu’une indignation morale sans avoir de recul théorique et historique suffisant : en fait l’appareil PS quasi détruit, s’est auto-défendu et il a survécu, en recherchant ce qui était sa tradition historique dans la mesure où le reste de la gauche ne construisait pas encore un autre grand parti de gouvernement.

 

3°) L’unité de la gauche est une aspiration profonde au sein du salariat (devenu majoritaire sociologiquement avec 88 % des actifs).Les exploités savent d’instinct qu’il faut se grouper pour faire face aux exploiteurs, et ils cherchent à utiliser tous les éléments organisés qui ce qui se situent dans leur camp. Olivier Faure, a proposé dès 2018, un « un candidat commun qui ne soit pas socialiste, ni vert, ni communiste, ni insoumis mais qui soit tout ça à la fois« . Cela lui a valu une forte guerre interne de tous les droitiers  « Hollandais » (Stéphane LeFoll, François Rebsamen, Bernard Cazeneuve, Hélène Geoffroy, Jean-Christophe Cambadelis,  Carole Delga) et il s’est fait attaquer sur son propre terrain de défense et de renouveau du PS : « puisque s’il proposait l’unité c’était pour ne pas reconstruire le PS, il le bradait… »

En été 2019, la rupture s’est effectuée brutalement entre François Hollande et Olivier Faure quand ce dernier a été plus incisif aux journées de Blois : « Si Mélenchon doit être candidat, c’est au travers d’une candidature collective. » S’il y a des désaccords, ils doivent être tranchés publiquement par un vote démocratique populaire « Rassemblons-nous d’abord sur les idées et désignons ensuite le candidat pour les porter. » Ce furent des hauts cris de la part des membres de la « TOA » (texte d’orientation A, la motion des droitiers « Hollandais »). Dans cette dispute, le conseil national de septembre 2020 vota à 90 % pour l’unité de la gauche contre Hollande à 10 %.

Dans Le Monde 25 janv. 22 Michel Noblecourt raconte : « Olivier Faure, n’a pas hésité en 2019 a dénoncer la « trahison » de Hollande, incriminant la déchéance de nationalité et la loi travail ».

Stéphane Le Foll dans Ouest France est entré violemment en guerre : « Je n’aime pas la manière dont ma propre famille politique traite les anciens ministres de François Hollande, dont je suis ».  » Quand j’étais au bureau du PS, il y avait Jospin, Strauss-Kahn, Aubry, Delanoë, Mélenchon, Fabius, Mauroy… Quand on se réunissait, je peux vous dire que ça volait haut. Vous avez vu qui y siège aujourd’hui ? On n’est même pas descendu en deuxième division. Là, on est en DH ! » « Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la faiblesse dans laquelle se trouve le Parti socialiste aujourd’hui. »

Mais à ce moment-là, en 2019, 2020 et 2021, hors du PS, ni LFI ni le PCF ni EELV ne voulaient écouter sérieusement Olivier Faure : celui-ci, isolé, se vit donc, en interne, imposer la candidature Hidalgo dont il ne voulait pourtant pas. Et il ne réussit pas à la faire se retirer à l’occasion de la « primaire populaire » du 29 janvier 2022 puisque ni Mélenchon ni Jadot ni Roussel ne voulurent y participer. Anne Hidalgo, « aubryste » se réfugia « dans les bras de Hollande » croyant ajouter de la notoriété à sa campagne,  alors que ça la fit reculer à 1,70%.

Le « retour » de Faure avec la NUPES n’est donc pas, de ce fait, une surprise. Faure a ré obtenu le 19 avril 2022, après le désastre du premier tour de la présidentielle, une majorité de 167 voix contre 101 au CN du PS pour engager des négociations unitaires avec LFI, EELV et PCF.

L’enjeu est toujours clair, toujours le même, pour l’appareil : s’unir ou périr. Et c’est aussi ce qui explique le « gauchissement » des bases politiques qu’a pu proposer Faure pour l’alliance : smic à 1500 euros, retraite à 60 ans, limitation des non CDI à 5 % par entreprise,  salaire maxima à 20 smic, abrogation de la loi El Khomri, rétablissement de l’ISF, blocage de prix, allocation jeunesse à 1063 euros,  réduction de la durée du travail, transition écologique, et VI° République. Avec le « programme partagé » le PS revient sur des positions voisines du « programme commun » et des 110 propositions de François Mitterrand. Cela ne surprend que ceux qui n’ont pas la bonne théorie politique et historique pour comprendre ce qu’est la nature du PS.

L’union NUPES aurait du et pu se faire il y a des années : on a vérifié que ça marchait, l’unité ça paie. Si elle avait été faite plus tôt elle aurait été consolidée plus tôt, la dynamique aurait été encore plus forte

Tout ça permet aussi de comprendre que rien n’est joué : les droitiers autour de Hollande, Delga, Cazeneuve, Mennucci, Cambadelis, Assouline, ne baissent pas les bras. Ils mènent une bataille d’enfer pour renverser Olivier Faure et les siens : les dirigeants de Paris sont allés jusqu’à saisir la justice contre « leur » parti pour faire invalider statutairement l’accord de la NUPES mais ils ont perdu le procès en appel. Ils font feu de tout bois, sans pour autant être d’accord sur les modalités de la stratégie de rupture, entre ceux qui partent seuls, ceux qui veulent d’abord organiser une scission collective, ceux qui ont présenté d’autres candidats anti NUPES, ceux qui appellent déjà à un autre parti comme Le Foll prés du Mans le 16 juillet, ceux comme Cambadélis qui veulent « gagner le prochain congrès ». François Rebsamen a démissionné et appelé à créer un autre « parti progressiste ». Cazeneuve a démissionné puis est revenu avec Hollande et Carole Delga soutenir des candidats anti NUPES à Tulle. Delga a présenté 73 candidats dissidents hors sigle du PS, hors plateforme unitaire, qui ont réussi dans bien des cas à empêcher la NUPES d’être au 2° tour, mais tout en faisant eux-mêmes des scores minables. De façon générale en scissionnant le parti à 1,70 % des voix, tous ces droitiers dissidents n’ont guère d’avenir. Quelle est l’idéologie de ces droitiers ? Ils se sont convaincus avec Terra nova et d’autres « think-thanks » que le salariat exploité est disparu et qu’il n’existe plus qu’une grande classe moyenne, alors ils ne veulent plus du « parti d’Epinay » pluraliste, ils veulent un parti « bourgeois-bourgeois », tenant un discours adapté à ce qu’ils croient être la nouvelle sociologie, c’est là qu’ils se trompent et le hic est que, du coup, ils n’ont plus de base sociale et n’ont plus de voix.

Mais il reste à Olivier Faure la tâche difficile d’assurer durablement une majorité de son parti ré implanté dans le salariat et capable de participer sur une base de gauche à la reconstruction de la gauche : lui-même se dit volontiers favorable à un nouveau « congrès du Globe » refondateur à la manière de Jaurès en 1905. Pour le retour à « une maison commune » de toute la gauche, démocratique, pluraliste,  unitaire et sur un programme dont il restera à confirmer qu’il est ambitieux dans la transformation sociale.

 

Les #plusjamaisPS » deviennent parfois laudateurs de façon excessive de ce qui apparait à tort comme un « new PS » : l’expression est utilisée dans les réseaux sociaux, par des militants qui étaient haineux à son égard hier et qui en deviennent étonnamment amoureux excessifs. Ils ont bien raison de se réjouir que cela participe avec la Nupes du retour de la gauche unie et donc des chances de vaincre la droite, mais il reste à consolider tout cela, à créer une dynamique unitaire à la base seule capable de contrôler les appareils et de les pousser plus loin dans la révolution sociale que ce qu’ils veulent et pensent aller.

Soyons favorable à une grande maison commune de toute la gauche pourvu que le pluralisme y soit minutieusement, démocratiquement, scrupuleusement organisé. N’opposons pas, ne clivons pas a priori,  réforme et révolution, les deux se nourrissent pour faire la course vers «  la sociale » : réformistes et révolutionnaires doivent partir ensemble sinon il n’y a même pas de course et soyons en certains, quand il y a  l’unité réussie de tous, ce sont les révolutionnaires qui l’emportent dans les derniers kilomètres.

Gérard Filoche

 

Sources :

« Mémoires Gérard Filoche tome 2 », les années PS de 1994 à 2018, le quinquennat maudit Ed. Atlande 2022

« Histoire du parti socialiste », Jacques Kergoat « Coll. Repères », La Découverte

« Union » de G. Filoche 2019, supplément à la revue mensuelle « Démocratie & socialisme » (30° année) Ed. Atlande

 

 

NUPES en tête : l’idée de victoire nourrit la victoire

C’est la nécessité des intérêts et volontés de notre classe sociale qui a fait l’union de la gauche.
Le choix était entre s’unir ou périr : hé bien on va vivre ! On existe, on est unis. NUPES Enfin !

Nous l’avions répété, si, après le désastre de la présidentielle où la gauche avait été éliminée dès le 1er tour,  chaque composante de la gauche présentait ses propres candidats aux 577 circonscriptions des législatives, le risque était : zéro députés de gauche.

Et alors que les uns ou les autres s’accusaient réciproquement de leurs échecs, refusaient toute unité jusqu’à mi avril, jurant même que « c’était définitif », les digues ont sauté. L’unité ça ne se fait pas par la force ni les diktats. Ça se fait par l’adhésion et la conviction.

Il y avait des unitaires dans tous les partis et ils ont agi dans le sens voulu par les larges masses.

Le CN du PS a voté pour (à 167 contre 101) le 19 avril, EELV s’est torturé mais a signé avec LFI après que Générations l’ait fait, le PCF a négocié dur, le NPA a évolué,  LFI a accepté de discuter avec le PS et pas sur la seule base de l’AEC, et finalement l’accord NUPES a été gagné, tous ont bougé, personne ne s’est soumis, chacun a été respecté.

LFI en a pris, c’était visible depuis 5 ans, le leadership, il y a enfin eu un « programme partagé », et on est enfin repartis dans une reconstruction de la gauche, qui, en 5 semaines à peine,  l’a amené en tête.

La victoire est redevenue possible. L’unité paie.

Les diviseurs droitiers façon Carole Delga/François Hollande en Occitanie, à Tulle, ont été balayés.

Du coup, ça se voit mieux, la France est bien plus à gauche que ce que les gros médias et les analystes de mauvaise foi ne prétendaient. Normal, car il y a 30 millions de salariés et le salariat exploité est la base de toute notre gauche pluraliste, EELV, Générations, LFI, PCF, PS (auxquels il faut évidemment intégrer GDS, Ensemble, NPS, Nouvelle Donne…)

Les gros médias appuyés sur la stratégie de non débat de Macron ont certes matraqué avec une grande violence pour dénaturer le caractère naissant et récent de l’unité réalisée mais ils ont échoué : NUPES, en un mois a commencé à brasser les équipes militantes, et à toucher des millions d’électeurs.

NUPES est donc en tête, ce n’est qu’un début.

Contrairement à ce qui est dit, c’est la NUPES qui a les plus grandes réserves en voix. 71 % de jeunes de moins de 35 ans se sont abstenus. D’après Ifop-Fiducial, 48% des personnes qui partagent une proximité politique à gauche se sont abstenus. Et ce sont les catégories employés ou ouvriers, qui ont voté le moins, avec les inactifs. Or il s’agit de nous, c’est notre base sociale. On est tous contre Macron, mais il y a eu encore des doutes, l’idée que ce n’était pas ou plus possible de gagner.

Alors c’est l’idée de la victoire qui peut nourrir la victoire.

D’où l’acharnement médiatique à savoir qui était en tête, Macron ou la NUPES. Or c’est bien nous, qui sommes devant, pour la retraite à 60 ans, le smic à 1500 euros nets,  le code du travail reconstruit, le blocage des prix, la transition écologique, la redistribution des richesses d’abord.

On peut le faire, ensemble le 19 juin.

Après, un autre monde est possible, il y sera question de succès, de bonheur et de luttes collectives.

 

 

Avec l’unité, tout devient possible ! votons NUPES !

 

Partout, en France, des centaines de campagnes électorales fleurissent aux couleurs de la NUPES. La gauche s’affiche unie, enfin !

 

La Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) est une promesse propre à satisfaire un électorat de gauche qui n’en peut plus, qui a souffert du dernier quinquennat Macron et qui aspire à l’union. Faire renaître la flamme et l’enthousiasme autour d’un programme résolument ancré à gauche, maintenant. Porter ensemble des mesures de progrès qui changent la vie des gens, vraiment.

 

Un Programme partagé rose-rouge-vert, forcément !

 

D’abord, le social ! Retraite à 60 ans, blocage des prix des produits de première nécessité et du carburant, Smic à 1 500 euros net et augmentation des salaires, allocation d’études à 1 000 euros par mois, déconjugalisation de l’Allocation adulte handicapé (AAH)… Nous portons ensemble des réformes au bénéfice de l’écrasante majorité de la population.

 

Évidemment, la démocratie ! VIe République pour redonner toute sa place au Parlement, référendum d’initiative citoyenne pour donner plus de pouvoir à la population, en finir avec les cabinets privés conseillant le gouvernement dans l’ombre pour limiter la collusion entre vie publique et intérêts privés… Nous voulons toutes et tous revivifier la démocratie.

 

Bien sûr, l’écologie ! Réduction de 65 % des gaz à effet de serre d’ici 2030, sortie du nucléaire… Nous ne voulons plus tergiverser, car il y a urgence.

 

Nous assumons ensemble de ponctionner l’argent nécessaire là où il est, dans les poches de la petite minorité qui prospère quand la grande majorité d’entre nous galère.

 

Le combat pour l’unité continue, encore et toujours

 

La France insoumise, EELV, le PCF et le PS, ainsi que Nouvelle Donne, Génération.s, Ensemble! ou encore la Gauche démocratique et sociale (GDS)… Une union large, plurielle, s’est accordée sur un programme de 650 mesures et un calendrier d’urgence pour changer concrètement la vie.

 

L’union est un combat qui durera au-delà des échéances électorales. Nous nous attelons d’ores et déjà à préparer les prochaines étapes, constitutives de la reconstruction de la gauche. Elle se fera sur des bases radicales autant que démocratiques. La pérennité de cet accord historique, la promesse faite à l’électorat de gauche, pourraient prendre forme dans une fédération des partis politiques de la transformation sociale. Avec, pourquoi pas, à la rentrée une « université » de la NUPES ?

 

Nul ne peut penser que le soufflé retomberait sitôt les députées et députés élus à l’Assemblée nationale. Elles et ils amèneront avec eux l’exigence du respect des sensibilités et de l’organisation de la discussion, car ils auront été portés, dans chaque circonscription, par des collectifs enthousiastes, sincères et conscients. Car ce que ce qui lie les militantes et militants de gauche est toujours plus fort que ce qui les divise.

 

Violet-rose-rouge-vert : voilà qui peut être majoritaire !

 

En attendant, il nous faut mener la bataille. Il faut occuper le terrain et convaincre.

 

Il faut par ailleurs rappeler inlassablement la réalité des députées et députés macronistes : elles et ils ont accompagné, validé, suivi la marche funeste qui enterre un à un nos services publics. Elles et ils ont vidé les outils concrets de lutte contre les inégalités de naissance, à commencer par la Sécu. Elles et ils sont co-responsables du scandaleux creusement des inégalités et de la criminelle inaction écologique.

 

En face, unis, soudés et déterminés, charge à nous d’envoyer un maximum de parlementaires de gauche à l’Assemblée !

 

Le 12 et le 19 juin, votez et faites voter

 

pour les candidates et candidats de la NUPES !

 

Nouvelle condamnation de la multinationale américaine du verre pour faute inexcusable

Nouvelle condamnation de la multinationale américaine du verre pour faute inexcusable

Pour la septième fois, le Tribunal judiciaire de Lyon vient de condamner la société O.I. Manufacturing France pour faute inexcusable. Un verrier de Givors avait été exposé au benzène et une maladie professionnelle avait été reconnue par la Sécurité sociale au tableau 4 pour une leucémie qui l’a emporté. A l’issue de l’enquête, la caisse a considéré que « au cas particulier, on ne peut totalement exclure que les travaux réalisés ont comporté des opérations de production utilisant du benzène », les délais d’exposition et de prise en charge ont été respectés.

Le médecin du travail, a établi une liste des matériaux entrant dans la fabrication du verre d’emballage et a décrit les opérations de traitement du verre à froid et à chaud, « la fabrication expose aussi les salariés à divers produits dont les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les suies de combustion du charbon, les amines aromatiques… », comme a pu le rappeler le tribunal. Qui poursuit : « l‘employeur, ne peut soutenir avoir ignoré les risques de l’exposition de ses salarié à différents agents nocifs alors qu’en vertu d’une réglementation générale édictée dès 1893, qui a ensuite été complétée au fil des années, il était tenu de procéder à l’évaluation des risques encourus, notamment pour les risques liés à l’exposition des salariés aux gaz, vapeurs, poussières. »

Ainsi, contrairement à ce qu’il fit devant les juges, l’employeur ne peut sérieusement soutenir ne pas avoir été informé des risques liés au benzène, dont la connaissance a certes évolué, mais qui figuraient cependant dès 1931 dans un tableau spécifique.

Une nouvelle fois, le Tribunal a pu rappeler que « le manquement à l’obligation légale de sécurité et de protection de la santé à laquelle l’employeur est tenu envers le travailleur a le caractère d’une faute inexcusable au sens de l’article L 452-1 du Code de la Sécurité Sociale, lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était soumis le travailleur et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver. »

Le combat des verriers de Givors se poursuit pour la reconnaissance des maladies professionnelles et les droits attachés des victimes ou de leurs ayants droits. A ce jour, depuis la fermeture de la verrerie en 2003, seize maladies professionnelles ont été reconnues dans leurs rangs.

L’exposition au benzène est reconnue responsable d’une leucémie ; l’arsenic est aussi mis en cause pour un cancer de la peau, ainsi que la silice pour une maladie des poumons. Neuf maladies ont été reconnues après l’exposition à l’amiante très fortement installée dans les ateliers de l’entreprise. Les huiles minérales ont été mises en cause à deux reprises pour des dermatoses. Enfin, deux cancers du plancher buccal et du pharynx ont mis en cause la polyexposition à l’amiante, aux hydrocarbures et solvants.

Deux procédures pour la reconnaissance des maladies professionnelles sont encore en instance, ainsi que deux autres pour faute inexcusable de l’employeur. Une procédure engagée en 2013 devant le Conseil des Prud’hommes par 60 anciens verriers viendra en audience devant la Cour d’appel de Lyon en octobre de l’année prochaine.

Pour suivre l’évolution de ce combat le site Internet des verriers de Givors est mis à jour régulièrement :

www.verriers-givors.com

 

Non à la retraite à 65 ans Non à Macron Non a LREM, les 12 et 19 juin on vote NUPES

« La CFDT est contre le report de l’âge légal de la #retraite. Nous serons vent debout, nous nous mobiliserons. Il y a d’autres manières de financer le grand âge : la fiscalité du #patrimoine des 10% qui possèdent 50% du patrimoine en France. » a déclare @CfdtBerger sur  #RTLSoir

Voilà qui est bon signe car on sera 100 % des syndicats à se battre dans la rue pour bloquer les 65 ans de Macron ! Ca veut aussi dire que les législatives ne sont pas jouées, car 18 millions de retraites et 30 millions de salaries peuvent comprendre dés ce mois de juin leur intérêt à  empêcher Macron d’avoir une majorité à l’Assemblée nationale.

 

Rien, à part le fanatisme pro finance de Macron, ne justifie la retraite à 65 ans

 

Le COR conseil d’orientation des retraites, l’a formellement confirmé, il n’y a pas de déficit substantiel, pas de problème de financement pour nos retraites.

C’est donc purement idéologique de la part de Macron pour « faire travailler plus » en gagnant moins.

 

Retraités, ne votez pas Macron il n’a pas cessé de vous piller depuis 2017 !

 

Macron a, depuis 5 ans, baissé le niveau de toutes les retraites en les désindexant de la hausse des prix et en introduisant le paiement de la CSG, de la CRDS, de la CASA.

 

‪La contribution de solidarité pour l’autonomie (CASA) est de 0,3% pour les retraités dont le revenu fiscal de référence (RFR) est > à 14.404 euros pour 1 personne seule ou 22.096 euros pour un couple, soit un taux plein de CSG = 8,3% !

Macron a augmenté la CSG de 1,7 % en janvier 2018. Les retraités ont perdu au-delà d’un seuil autour de 1 300 euros de retraite.

Une pension d’une personne seule dont la pension brute mensuelle est de 3000 euros a été amputée de 50 euros par mois depuis 4 ans soit de 2800 euros

Retraités : 8 millions d’entre vous au total ont subi la hausse de la CSG !

les 8 autres millions qui n’ont pas payé cette CSG c’est parce que leurs revenus étaient déjà trop faibles (moins de 14.404 euros par an pour une personne seule) mais  ils ont subi la désindexation par rapport aux prix.

en 2018, la baisse du niveau de vie des retraités a été 5 fois plus importante que pour le reste de la population (0,4% en moyenne contre 2% pour les retraités) la proportion de retraités « pauvres » est passée en 2018 de 7,6 à 8,7%.

En 2019 la sous-indexation a été particulièrement marquée, avec seulement 0,3% très loin d’une inflation à 1,8%.

Le mouvement s’est poursuivi en 2020 pour 1/4 des retraités.

La mesure, cumulée au gel des retraites complémentaires et à la hausse de la CSG, a rogné le pouvoir d’achat des pensions d’environ 5% entre 2017 et 2020

 

Salaries jeunes et adultes, ne votez pas Macron il casse vos retraites :

25 % des salariés les plus pauvres  meurent avant l’âge de la retraite.

L’espérance de vie en bonne santé a reculé pour les femmes et les hommes de 64 vers 63 ans.

Si on vit plus longtemps, c’est pour en profiter plus longtemps. Or la biologie du corps humain est restée la même : à 55 ans le travail devient toujours aussi dur physiquement ou mentalement. Les plus belles années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. Les plus difficiles années au travail sont entre 60 et 65 ans.

A quoi ca sert, sinon à nuire, de donner le travail qui est rare a ceux qui ont entre 62 et 65 ans alors que 25 % des jeunes de moins de 29 ans sont au chômage ou bien très précaires ?

La retraite à 65 ans c’est du boulot en moins pour la jeunesse
Et ça ne fonctionne pas !  Puisque 2 salariés sur 3, de toutes façons, ne sont plus au boulot à partir de 55 ans, soit licenciés, soit malades, soit inaptes, ils sont inscrits sur les registres du chômage, au lieu d’être sur les caisses de retraite.

Ce qui fait que la retraite à 60 ans c’est une économie et non pas une dépense : ca fait du travail pour les jeunes, des cotisations sociales en plus, des chômeurs en moins, et des consommateurs de loisirs en plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Smic à 1500 euros nets, 1900 euros bruts ? 300 euros pour toutes et toutes Egalite salariale femmes hommes

Smic à 1500 euros nets, 1900 euros bruts ?

La hausse des salaires 300 euros pour toutes et toutes

Egalite salariales femmes hommes

Dans toute la campagne présidentielle, GSD défendait un Smic à 1800 euros bruts, la LFI défendait un Smic à 1400 euros nets, Roussel a defendu un Smic à 1900 euros bruts, Olivier Faure a defendu au nom du PS un Smic à 1400 euros, Jadot défendait un Smic à 1500 euros nets.

La NUPES défend un Smic à 1500 euros nets désormais, dans le « programme partagé » publie le jeudi 18 mai entre EELV, LFI, PCF, PS.

Quel est le sens du choix ?

 

Instauré par une loi du 2 juillet 1970, le SMIC a 47 ans en 2022. C’était l’époque de mai-juin 68 ou il avait été augmenté de 33 % et depuis 50 ans, le patronat et les gouvernements a son service ne cessent de rogner et contester principe même du Smic.

Cela mérite d’être relevé car le smic existe dorénavant dans 21 pays d’Europe à l’instar de l’Allemagne qui vient de s’en doter en 2015.

Le SMIC n’en reste pas moins vivement contesté par la patronat et tous les libéraux : « cout pour les entreprises, frein à l’emploi, outil inefficace pour combattre la pauvreté… » etc

Pourtant, le SMIC est l’outil indispensable pour assurer la protection des salariés les plus vulnérables et joue un rôle décisif dans la lutte contre les inégalités.

Les salaires ont perdu plus de 10 points en moyenne par rapport aux profits au cours des dernières décennies.

Avec les salariés, nous n’avons de cesse de combattre :

-       pour renverser cette tendance,

-       imposer un rattrapage,

-       en venir à une redistribution des richesses plus favorable à ceux qui les produisent

-       surtout à un moment ou l’inflation est revenue.

La CGT revendique 2000 euros bruts, Solidaires revendique 1700 nets, CFDT, CFTC et FO demandent des hausses substantielles mais ne les chiffrent pas.

C’est pourquoi les partis politiques de gauche au pouvoir doivent, selon nous, GDS, introduire une « rupture » : pas seulement un « coup de pouce », mais une rupture de façon à créer un « choc salarial » et affirmer ainsi la volonté de faire récupérer 300 euros par salariés sur les marges florissantes des entreprises et des profits.

 

Il nous semblait, GDS, au vu de ces données, qu’une hausse de 1800 euros bruts s’imposait, c’était celle de la CGT au moment où nous l’avons formulée, il y a 6 ans. Mais l’actualité et l’inflation nous pousse à 1900 euros bruts

Nous formulons le Smic en brut et pas en net car cela illustre mieux la réalité et la totalité du salaire, direct  et indirect.

Jean Luc Mélenchon, il y a quelques jours, a haussé de 1400 net à 1500 nets puis le « programme partagé » de la NUPES s’est accordé sur ce point, ce qui fait a peu pré 1900 bruts.

Cela nous semble, dès lors que ça fait accord consensuel, correspondre aux attentes actuelles des salariés.

 

300 euros pour tous.

 

300 euros pour tous comme augmentation uniforme c’est conséquent, à la fois substantielle et « raisonnable », ça change la donne en faveur des salaires.

Les augmentations uniformes ont cet «énorme avantage d’être lisibles pour tous, et de réduire l’écart entre les salaires.

Il faut en même temps imposer par la loi que les minimas conventionnels soient automatiquement relevés par la hausse du smic

Ce qui pousse à une renégociation des conventions collectives dont les 2/3 sont en retard. C’est l’État qui a la responsabilité légale d’étendre les conventions ce qui lui permet de veiller à la revalorisation globale des grilles de salaires, niveaux, coefficients et échelons.

Les métiers dit de « premier ligne », les plus pénibles physiquement et mentalement,  doivent être revalorisés par ces négociations, l’état ne se substituant pas, mais faisant comprendre la nouvelle donne a tous les employeurs et actionnaires.

Evidemment cela impose d’augmenter en proportion le point d’indice pour les fonctionnaires, les pensions des retraités, et les différents minimas sociaux.

Aucune retraite ne doit être inférieure au Smic. Et elles doivent être ajustée sur les prix et les salaires ;  de façon générale, les salaires doivent être indexés sur les prix, ce qui est une arme conte l’inflation.

Et le principe d’un salaire maxima  inférieur à 20 smic (pour commencer) doit faire partie de cette panoplie redistributive.

Cela s’accompagne de l’égalité salariale femmes hommes, imposé en un moins d’un an par un système d’obligations, de contrôles et de sanctions, avec une inspection du travail renforcée.

C’est un choix politique de cesser les aumônes, les « primes » éphémères et façon Macron, les « participations » hasardeuses, les « intéressements » bidons : tout travail mérite salaire et c’est le travail dont on rétablit la valeur ! C’est le choix de reprendre sur les dividendes, de faire reculer le talon de fer de la finance et de ses trop longs et trop insupportables pillages.

 

Un sursaut et un nouvel espoir sont nés pour les 12 et 19 juin : Nupes

Malgré le désastre du 10 avril,

Un sursaut et un nouvel espoir sont nés

Pour les 12 et 19 juin :

Nupes

 

Pour la gauche éliminée après le désastre du 10 avril, il ne restait plus que le sinistre choix entre Macron et LePen. Il était prévisible que des déchirements en résulteraient. Rien de plus difficile et démoralisant que de se trouver placés devant le choix entre droite et extrême droite, entre le pire et le pire encore : appeler a battre Le Pen, tout en prononçant le moins possible le nom de Macron était une douloureuse gageure.

Ce n’est pas la faute aux millions d’électeurs de gauche, car, dans la phase finale, fin mars, avril, ils ont fait fi des querelles de chapelle, de la primaire populaire avortée, de la division qui faisait rage, des polémiques insensées, et ils ont cherché à repousser cette défaite inéluctable, il y a eu une « remontada », un puissant vote utile en faveur du candidat le mieux placé Jean-Luc Mélenchon. Beaucoup ont fait comme GDS qui, à partir du 23 février, a appelé à voter « le mieux placé », Mélenchon.

Le total des voix de gauche qui stagnait depuis de très longs mois entre 23 et 28 % est monté à 32% dans la toute dernière ligne droite : ce que la division tragique de la gauche avait empêché en cours de campagne, ce que les arguments et programme développés n’avaient pu mobiliser, en fait, l’envie puissante d’exister pour avoir à tout prix une gauche au 2° tour contre Macron, a nourri in extremis des espoirs et Mélenchon a atteint le chiffre record de 22% des voix.

Un record, mais pas suffisant car c’était couru d’avance, on le savait depuis 2017, l’idée que « la force  irait à la force », ça marche forcément, mais pas de façon assez massive pour gagner. Le vote utile ne suscite pas le même élan de masse que la conviction l’adhésion, la conscientisation du vote. 81 % des électeurs de gauche voulaient un candidat unique. Mélenchon a ainsi obtenu 545  274 voix de plus par rapport à 2017. Faute d’avoir imposé l’unité de la gauche avec un candidat commun, un électorat pluraliste, socialiste, communiste, écologiste, trotskiste, jeune, salarié, bien plus large que la seule LFI s’est rué in fine sur son nom.

Avec 21,95 % contre 23,41 % à Le Pen, il a manqué 504 632 voix à Mélenchon pour franchir le 1er tour. Avec les 4,6% de Jadot, les 2,3% de Roussel, les 1,7% d’Hidalgo, (soit 2 991 085 voix, ce qui n’est pas rien) s’il y avait eu un accord unitaire négocié à temps et sans exclusive à gauche sur une plateforme commune, Mélenchon aurait été largement en tête avec une dynamique bien au delà des 32 % et une toute autre page historique aurait été ouverte. La stratégie de cavalier seul, de passage en force a échoué mais c’est d’autant plus cruel.

Face à ses soutiens réunis au Cirque d’Hiver pour la soirée électorale du 10 avril, Jean-Luc Mélenchon a encore déclaré : « Nous disons à tous ceux qui, jusque-là, n’ont pas voulu l’entendre : ici est la force. Nous avons une stratégie : le pôle populaire. Nous avons un programme. Nous avons devant nous d’autres élections. Nous tiendrons à chaque étape notre rang. Réfléchissez-y ». Dans la salle ça criait « Roussel à la poubelle » ? Sur les réseaux sociaux, de plus en plus belle fleurissaient les « #PSplusjamaisça », des montages avec trois portraits Jadot-Hidalgo-Roussel barrés en grand du mot « traitres » La cause de la défaite était rejetée sur les « autres » de gauche comme elle l’avait été depuis 2017 sur le dos de Benoit Hamon. Alors que le PS dans son CN du mardi 19 avril, proposait l’unité à LFI, Mathilde Panot, dans le JDD du 21 avril  rejetait tout accord et ce « de façon définitive ». On était repartis comme de 2017 à 2022… mais cette fois jusqu’en 2027.

Nationalement et localement, un candidat unique partout.

Dés la première minute, le 10 avril à 21 h sur Blast, le porte parole de GDS a déclaré : arrêtons les ravages à gauche. Nous ne pouvons pas gagner les uns contre les autres. Il faut stopper la compétition insensée et retrouver ensemble le terrain de l’unité d’action. Il faut discuter. Il faut un accord de législature.  Pas de fatalité, pas de résignation, il existe un moyen de limiter les effets de la réélection de Macron : un seul candidat de gauche par circonscription. Nous appelons Jadot, Faure, Mélenchon, Roussel, à se rencontrer en ce sens pour négocier une plateforme commune, un « pacte de législature »

Au 2° tour de la présidentielle du 24 avril 2022  y a eu 58,54% des votants pour E. Macron (18,77 millions de voix), et 41,46% pour M. Le Pen (13,29 millions de voix) c’est un 2° tour aux apparences démoralisantes pour le salariat et la gauche.

Le vote du 24 avril ne représente heureusement pas le pays réel, tous les commentateurs l’ont aussitôt souligné. Il faut relativiser ces chiffres bruts officiels car, en fait, 2/3 des français n’ont pas voté pour Macron lequel n’a obtenu que 37,9% des inscrits. Il a perdu 4 millions de voix depuis 2017. Il y a eu 16,5 millions d’abstentions et de votes blancs et nuls.

47% des 37,9 % d’inscrits (soit autour de !,5 millions !) qui ont voté pour Macron l’ont fait non par « adhésion » mais d’abord contre Le Pen. Et une grosse partie de ceux qui ont voté Le Pen c’est compliqué, ils l’ont fait davantage contre Macron que par suivisme aux idées d’extrême droite de Le Pen.

Comme le dit un observateur modéré : Hubert HUERTASQuelle serait plus grande faute d’Emmanuel Macron dans les jours qui viennent ? Croire, parce que sa victoire est plus large que prévu, qu’il serait dans une position confortable. C’est faux, elle est précaire, voire dangereuse. Le verrouillage 5ème république est hors d’usage.

Selon un sondage Opinionway, 63% des personnes interrogées souhaitent qu’Emmanuel Macron «ne dispose pas d’une majorité et soit contraint à une cohabitation», contre 35% qui veulent qu’il «dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale et puisse mener sa politique» .

Selon une autre enquête Ipsos Sopra-Steria, 56% des enquêtés souhaitent que Macron perde les législatives, contre 20% qui veulent qu’il obtienne une majorité «pour appliquer son programme» et 24% qui jugent préférable que «par cohérence» il obtienne une majorité pour «éviter une cohabitation».

Dans le détail, 84% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 49% de ceux de Yannick Jadot, 40% de ceux de Valérie Pécresse, 87% de ceux de Marine Le Pen et 80% de ceux d’Eric Zemmour souhaitent une défaite d’Emmanuel Macron aux législatives.

Toujours selon cette enquête Ipsos Sopra-Steria, 57% des personnes interrogées (26% tout à fait et 31% plutôt) souhaitent que les partis de gauche (LFI, EELV, PCF et PS) forment une alliance et présentent des candidats communs. Ils sont même 93% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 85% de ceux de Yannick Jadot à émettre ce souhait.

D’ordinaire, les législatives d’après présidentielle n’en sont qu’une répétition mécanique. Mais là il y a une possibilité réelle qu’il en soit autrement.

Il ne s’agit pas d’une vaine propagande pour un 3° tour ni pour une « revanche ». Il s’agit simplement de l’élection des députés à l’Assemblée nationale, et vu les circonstances propres aux votes des 12 et 24 avril, l’issue légitime peut être différente. L’affaiblissement de Macron et les contradictions de ses discours et de sa politique laissent penser que les 12 et 19 juin prochain, le poids du pays réel et surtout celui du salariat, peut se faire mieux entendre.

S’unir ou périr :

S’il y avait 577 candidats LFI, 577 candidats PCF, 577 candidats PS, 577 candidats EELV, 577 candidats LO et NPA, une éventualité nouvelle terrible, se dessinait, c’est qu’il n’y ait aucun député de gauche.

De quoi faire frémir tous les appareils.

Par contre un accord national EELV LFI PCF PS (avec d’autres organisations de gauche existantes) sur une plateforme commune,  pour un gouvernement de coalition sans exclusive à gauche, débouchant sur un partage des 577 circonscriptions, pouvait placer la gauche en tête dans plus de 400 des cas le 12 juin.

Ca s’imposait. Il n’y avait pas d’autre choix que de « tourner ». D’autant que la pression de l’électorat  était de plus en plus puissante.

Les historiens le diront : comment ce qui était impossible pendant cinq a dix ans, s’est il renversé ?  Comment la division qui a férocement frappé la gauche pour la présidentielle, s’est-elle muée 15 jours plus tard en une unité à marche forcée ?

C’était la trahison de 2012 à 2017 du quinquennat maudit de Hollande Valls, la cause de la débandade du PS : 1,7 %

Le 19 avril 2022, le CN du PS vote par 160 voix à 75 en faveur d’une négociation avec LFI et toute la gauche. La droite du parti Hollande, Le Foll, Delga, Cambadelis, Assouline, Dray, Mennucci s’enrage dans la dénonciation de cette unité de la gauche, les uns veulent partir (Cazeneuve), les autres désobéir (Delga, Assouline), les autres veulent scissionner (Le Foll annonce un autre parti pour le 16 juillet…) les autres présentent et négocient des candidats allégeants et dissidents (Hollande).

Mais Faure et les siens tiennent bon et présentent un texte politique à LFI où il y a la retraite à 60 ans, le smic à 1400 euros nets, le blocage des prix, l’abrogation des lois anti travail El Khomri et Pénicaud, la planification écologique, la VI° République… Le texte renoue avec le PS d’avant Hollande, reprend des positions traditionnelles de la gauche, il a même une tonalité « gauche socialiste » comportant de nombreux points défendus par les amis de D&S depuis 30 ans. Evidemment cela change la donne et tous les ennemis médiatiques et politiques de l’union le dénoncent.

Voilà que le refus « définitif » de débat entre LFI et le PS du jeudi 21 au son de #plusjamaisPS se mue en un repas Melenchon Faure, en une rencontre en grand public dans la manifestation du 1ermai,  et en un accord ratifié au terme d’une rude bataille. La LFI a expliqué que c’était un « nouveau  PS » un « autre PS » qu’elle avait en face d’elle.

Avec 292 votants, le CN du PS du 4 mai ratifie la motion d’Olivier Faure par 167 voix  contre 101 voix à Hollande-Delga-LeFoll-Assouline-Temal-Cambadélis,  24 abstentions cela semble une majorité nette. Olivier Faure donne une chance avec cette majorité relative et dans la démocratie de reconstruire le PS dans l’unité de la gauche.

Une fois que le PS avait basculé, EELV et le PS ne pouvaient faire moins. Apres s’être violemment disputés en interne, les Verts (qui n’avaient pas de deputes, et risquaient de ne pas en avoir) ont signé a leur tour. Générations qui avait exclu sa minorité parce qu’elle voulait faire accord avec LFI, l’a réintégrée, puis s’est glissé dans le « pole écolo » pour négocier, s’y est fait maltraiter et a signé précipitamment un accord séparé le jeudi 28 avril. Le PCF  qui n’avait que 10 députés sortants a signé aussi. En moins de 10 jours, les quatre partis fondaient la PUPES.

Certes LFI a refusé jusqu’au bout, malgré leurs promesses et nos demandes de rencontres, de négocier avec les plus petites organisations de gauche, comme GDS, Nouvelle Donne, Ensemble.

Certes l’accord était tardif, hâtif, disons même un peu expéditif, bricolé, mais c’était tellement souhaité par les larges masses et imposé par la nécessité que cela a déclenché une profonde vague de soulagement, d’adhésion, d’enthousiasme.

Certes il n’y a eu que des accords bilatéraux façon gauche plurielle de Lionel Jospin.  Certes il y a eu une grande impréparation qui a donné des choix pas toujours en harmonie avec le terrain, pas toujours avec les meilleures candidatures.

C’est la conséquence inévitable d’un tournant effectué à marche forcée en moins de 15 jours. Mais ce n’est pas ça qui compte, c’est le sens considérable que cela a pris. C’est la tempête sous les crânes que ça provoque, : ça modifie la théorie, la pratique, la vision de la gauche, son histoire, son périmètre, l’avenir du salariat.

La donne est changée pour les législatives.. et après. Car la victoire est redevenue possible !

En face, la droite reste divisée et chaotique : « RN » de LePen, en baisse de régime, s’oppose à « R » de Zemmour, tandis que Macron peine à trouver une majorité unique entre LREM (devenu curieusement et soudainement « Renaissance ») UDI, MODEM, « Horizons » (sic, d’Edouard Philippe) et LR (tétanisés par les 4,5 % de Pécresse). Macron, balloté, ne sait pas sur quel pied danser pour son nouveau quinquennat.

La défaite n’est plus inéluctable. Non seulement la NUPES  va sauver des groupes parlementaires de gauche, mais elle peut même déclencher une majorité à l’Assemblée nationale. Et un gouvernement EELV PCF PS LFI…

 

GDS a  bataillé dur, obstinément, opiniâtrement,  depuis le début, pour qu’une semblable unité de la gauche arrive. Nous avons tout essayé, appels militants, syndicaux, de personnalités, 22 en commun, UNALT22, meetings, articles, livre, serment de Romainville, primaire populaire.. Nous avons passé des « petites » alliances avec Ensemble, Nouvelle Donne, Ensemble sur nos territoires, Allons Z’enfants, crée, « RSE » (rassemblement social et écologique) et cherché à présenter des candidats pour « peser ».

GDS avait bien vu que dans chaque parti, il y avait des partisans de l’unité, au sein des Verts, au sein du PCF, au sein de LFI. Et nous avions bien noté que depuis trois ans dans le PS la direction Faure était unitaire. Olivier Faure actuel dirigeant du PS proposait « un candidat commun qui ne soit pas socialiste, ni vert, ni communiste, ni insoumis mais qui soit tout ça à la fois« . Et Faure à Blois, en été 2019, avait même envisagé : « Si Mélenchon doit être candidat, c’est au travers d’une candidature collective. S’il y a des désaccords, ils doivent être tranchés publiquement par un vote démocratique populaire. Rassemblons-nous d’abord sur les idées et désignons ensuite le candidat pour les porter. » Nous avions plutôt soutenu Eric Piolle. Nous avions noté que l’argument de Roussel était imparable : lorsque Jean-Luc Mélenchon s’était déclaré candidat, sans en discuter avec quiconque et ensuite demande au PC un accord. Roussel avait répondu « pourquoi tu ne l’a pas fait avant de te déclarer ? » L’argument avait fait mouche.  

Les électeurs la voulaient encore plus que nous, cette unité.

LFI  a tourné mais c’est un mérite : celui de ré offrir une possibilité de victoire, en accord avec le PCF, EELV et le NPA.

Nous savions, nous GDS, que l’unité ne pouvait se faire avec de l’eau tiède, nous n’avions cessé de proposer 1800, 60, 32, 20, 5, 50, 6°…

Nous savions et nous n’avons cessé de le dire et redire, que ça se jouait sur la retraite à 60 ans, le smic à 1800 euros, la VI° république sociale et écologique et que le terrain était propice à ce qu’autour d’une table ce soit forcément la gauche qui l’emporte sur les sociaux-libéraux !

Beaucoup nous rendent hommage, nous sommes donc totalement partie prenante de la « Nouvelle union populaire écologique et sociale ». Nous ressentons cela comme une victoire après un très long tunnel, un très long combat.

GDS a été utile et sa stratégie est reconnue et son programme est au cœur du nouveau combat pour les 12 et 19 juin afin de vaincre la droite et l’extrême droite. C’était réputé impossible, cela est devenu possible, dés le 1er mai c’était dans toutes les têtes, c’était dans l’air, les manifestants nous souriaient et reprenaient confiance dans les chances  de l’emporter.

Au boulot !

Allons y !

Faisons voter massivement NUPES le 12 et 19 juin.

En mettant l’accent sur les axes immédiats, retraite à 60 ans, hausse massive des salaires, blocage des prix, reconstruire le droit et la dignité du travail

 

Gérard Filoche

 

Mai 68, une histoire sans fin (tome 2 : les années PS des années Jospin au quinquennat maudit de Hollande-Valls)

historiographie de la Gauche Démocratique & Sociale

Dans un premier tome de « Mai 1968, une histoire sans fin », Gérard Filoche commence son auto-biographie. Mais très vite, les apparitions du personnage deviennent des tranches de vie qui révèlent les motivations d’une jeunesse qui découvre le monde et qui se politise autour des luttes anticolonialistes et anti-impérialistes. Une jeunesse qui découvre que les mobilisations de masse peuvent changer le monde. Rapidement, le personnage cède la place aux héros qui font l’histoire, surtout quand ils sont 9 millions, neuf millions de grévistes en Mai 1968. Commencer sa vie consciente en étant immergé dans un tel mouvement, c’est recevoir une poussée qui nous engagera pour la vie.


Plus de 50 ans plus tard, alors que les vieilles générations qui dirigent la gauche sont en train de s’effondrer, la jeunesse se mobilise pour sauver le climat : elle se montre disponible pour prendre le relai, comme elle l’était en Mai 68. C’est une histoire sans fin.

A partir de 1968, Gérard Filoche est l’un des principaux dirigeants de la JCR / LC / LCR, En 1972, la signature du Programme commun offre un débouché politique à la gauche. L’extrême gauche s’oppose à l’Union de la gauche et critique ce programme. Par conséquent, elle subit une crise permanente. Gérard Filoche conteste cette orientation gauchiste et rassemble, de congrès en congrès, un courant interne à la LCR en faveur de campagnes de masse et d’une tactique de front unique de la gauche. Ce courant devient permanent à partir de 1982. En décembre 1991, il édite le numéro zéro du mensuel public Démocratie & Socialisme : c’est une première rupture avec le centralisme dit « démocratique » qui est la règle de fonctionnement des organisations trotskistes.

En septembre 1994, le courant Démocratie & Socialisme adhère au Parti Socialiste et devient un club politique : c’est évidemment une nouvelle rupture avec le fonctionnement centraliste de la LCR. Mais on aurait tort de considérer que ce soit une scission opérée par le courant D&S aux dépens de la LCR : c’est une réunification partielle de la gauche. La séparation de la gauche en plusieurs organisations est une anomalie, c’est ce que reconnaît, en principe, la tradition socialiste : l’ancienneté que le PS reconnaît à ces nouveaux adhérents ne date pas de cette réunification, mais court depuis leur première adhésion à un parti de gauche, en l’occurence au moins à la LC / LCR.

La scission qu’il faut effacer, c’est celle du congrès de Tours, de décembre 1920. La réunification qu’il faut réaliser, c’est la constitution du parti unitaire de toute la gauche, selon le modèle du congrès du Globe en 1905, lorsque les 5 partis de la gauche sociale ont fusionné et se sont émancipés du Parti radical : Jaurès et Guesde contre Clémenceau.

Le PS / SFIO n’est pas le parti unitaire mais, à défaut, comme parti pluraliste, il en joue le rôle et rassemble donc la majorité de la gauche. Lors de son 3ème congrès, en 1921, l’Internationale Communiste se démarque de l’orientation gauchiste et sectaire de ses 4 premières années qui l’a isolée du reste de la gauche sociale et lui a fait perdre les positions majoritaires conquises au lendemain de la révolution soviétique de 1917.
Pour offrir aux luttes sociales le débouché politique d’un gouvernement de gauche, elle propose de constituer des « fronts uniques ». Mais il s’agit seulement d’une tactique qui ne remet pas en cause la division de la gauche sociale en autant de partis qu’il existe de programmes possibles. De 1929 à 1933, elle renouera avec l’orientation sectaire en abandonnant la tactique de FU, le temps que Hitler parvienne au pouvoir.

De 1929 à 1989, la tactique des partis communistes oscille entre isolement sectaire et font unique de la gauche. Celle des partis socialistes entre alliance avec la droite libérale et front unique de la gauche. En France, de 1983 à 1993, coïncident l’isolement sectaire du PCF (1977 – 1993) et le ralliement du PS au néolibéralisme (1983 – 1994).
Nous voulons en tirer les leçons. Celles de l’entre-deux-guerres, tirées par Trotski, sont une bonne base, elles permettent au moins de renouer avec la tactique de front unique.
Mais, dans la LCR, le courant « Filoche » dispose d’un atout supplémentaire : la compréhension que la démocratie permet de dépasser les limites du libéralisme (celles du contrat) et les limites du républicanisme (celles de la loi) : c’est le sens du titre de sa publication, Démocratie & Socialisme.

En effet, la démocratie, c’est-à-dire les rapports sociaux démocratiques, respecte les droits universels sur lesquels doit reposer une société socialiste.
Cette compréhension permet de dépasser la tactique ponctuelle de front unique et d’adopter une stratégie permanente d’unité et d’indépendance de la gauche qui débouche sur un parti unitaire de toute la gauche. Mais, ceci nous conduit à adhérer au PS, car à défaut d’être ce parti unitaire, il en remplit en partie la fonction en étant largement pluraliste.

Les années trotskistes (1964 – 1994) ont fait l’objet du tome 1 de cette histoire sans fin. Et 25 années PS (1994 – 2018) font l’objet de ce tome 2 qui est composé de 7 livres.

Le livre 1 s’ouvre avec l’ère d’Emmanuelli & Jospin (1994 – 2002) ; il aborde le mouvement de novembre-décembre 1995, la constitution de la 1ère Gauche Socialiste et la bataille des 35 heures.
Henri Emmanuelli, premier secrétaire national du PS, accueille une délégation du courant Démocratie & Socialisme, le 6 septembre1994 : « Bienvenue avec vos tout petits défauts et vos très grandes qualités ».

Le livre 2 (2002 – 2004) traite de l’explosion de la 1ère Gauche Socialiste et de la constitution de 3 courants internes : Nouveau parti socialiste, Nouveau monde er Force militante ; c’est aussi la première bataille des retraites.

Le livre 3 (2004 – 2005) l’ère du NON au Traité constitutionnel européen ; les 40 % obtenus par la 2ème Gauche Socialiste ; mais la synthèse Hollande-Peillon-Fabius-Emmanuelli-Mélenchon-Lienemann.

Le livre 4 (2005 – 2011) couvre les intermèdes Royal-Aubry ; il aborde le combat contre le CPE et la 2ème bataille des retraites ; c’est aussi la tragédie grecque.

Le livre 5 (2011 – 2014) ouvre l’ère Hollande, la victoire de 2012 et le quinquennat trahi ; les « frondeurs » du PS.

Le livre 6 (2014 – 2017) : l’ère de la 3ème Gauche Socialiste ; le combat contre le CICE et contre la loi El Khomri ; la déchéance de citoyenneté ; la volonté de détruire le PS.

Le livre 7 (2017 – …) la gauche socialiste est unie ; mais la gauche est divisée : Macron gagne et poursuit la destruction du PS.
D&S est devenu le mensuel de la Gauche Démocratique & Sociale qui poursuit la construction d’un parti unitaire et donc pluraliste.

Avec ce récit de 25 années d’engagement dans ce qui fut le parti majoritaire de la gauche en France, Gérard Filoche dévoile les dessous des congrès et des réunions du bureau national du PS. Il explique pourquoi des dirigeants qui ont imposé à leur parti une politique de droite pour qu’il soit un instrument qui, en évitant les confrontations avec la droite, facilite leur carrière, en viennent à vouloir le détruire parce que, en étant resté un parti de gauche en raison de l’identité politique de ses membres de base, est un obstacle pour leur carrière.

Pierre Ruscassie 10 mai 2022)

 

La belle histoire de l’unité de la gauche a nouveau a frappé à la porte : NUPES

 

 

 

Nos lecteurs suivent  depuis de longues années notre combat pour l’unité de notre classe, le salariat et de toute la gauche. Ils nous approuvaient certes quand nous disions qu’il était possible d’avoir une plateforme et des candidats et listes communes allant du PS au NPA, de LFI a EELV, du PCF à GDS, ND, Ensemble, Générations…

 

Nous avons bataillé dur, obstinément, opiniâtrement,  nous avons tout essayé, appels militants, syndicaux, de personnalités, meetings, articles, livre, serment de Romainville, primaire populaire, mais nous n’avons pas pu empêcher la division et les polémiques insensées jusqu’à la veille du 10 avril… La division nous a conduit au désastre du 1ertour de la présidentielle : la gauche était encore éliminée avant le 2° tour.

 

Nous avions pourtant bien vu que dans chaque parti, il y avait des partisans de l’unité, au sein des Verts, au sein du PCF, au sein de LFI. Et nous avions bien noté que depuis trois ans dans le PS la direction Faure était unitaire. 81 % des électeurs de gauche étaient pour l’unité et l’ont prouvé en votant en définitive au forcing pour le « mieux placé »  des candidats, Jean Luc Mélenchon.  Mais la division semblait repartie pour les législatives et cela aurait disloqué encore plus tous les partis.

 

Le risque était énorme que ca recommence : « Ici est la force » « Roussel à la poubelle, « Jadot Hidalgo Roussel traitres »  « pas de discussion avec le PS et c’est définitif ». Tenaces, nous avons été les premiers, à 21 h à dire sur une télévision « un seul candidat de gauche par circonscription les 12 et 19 avril ».

 

 

S’unir ou périr

 

Les électeurs la voulaient encore plus que nous, cette unité. Sans unité c’était la déroute en juin comme en avril.

LFI  a eu le mérite de tourner : ré offrir une possibilité de victoire, engager des discussions avec le PCF, EELV et le NPA.

Puis avec le PS quand la direction Faure du PS a eu le courage de liquider rapidement le passif Hollande Hidalgo et de proposer la discussion et une plateforme d’unité orientée, enfin, à gauche.

Nous savions, nous que l’unité ne pouvait se faire avec de l’eau tiède, nous n’avions cessé de proposer 1800, 60, 32, 20, 5, 50, 6°…

Nous savions et nous n’avons cessé de le dire et redire, que ça se jouait sur la retraite à 60 ans, le smic à 1800 euros, la VI° république sociale et écologique et que le terrain était propice à ce qu’autour d’une table ce soit forcément la gauche qui l’emporte sur les sociaux-libéraux !

 

Au boulot !

 

Beaucoup nous rendent hommage, nous sommes partie prenante de la « Nouvelle union populaire écologique et sociale ». Nous ressentons cela comme une victoire après un très long tunnel, un très long combat. GDS a été utile et sa stratégie est reconnue et son programme est au cœur du nouveau combat pour les 12 et 19 juin afin de vaincre la droite et l’extrême droite. C’était réputé impossible, cela est devenu possible, le 1ermai c’était dans toutes les têtes, c’était dans l’air, les manifestants nous souriaient et reprenaient confiance dans les chances  de l’emporter.

Allons y !