Sous-traitance inhumaine

Au boulot n° 510

lire dans l’humanite dimanche

 

La cour d’appel de Versailles a condamné La Poste pour recours systématique dans un centre de tri à des sous-traitants, mal payés et moins bien traités que les facteurs classiques.

Le procureur a demandé la condamnation maximale de La Poste, en raison d’« un dévoiement pur et simple de la sous-traitance », dénonçant le « naufrage total d’une société » qui entretient « sciemment la précarisation de ses sous-traitants », recrutés dans « la population la plus fragile ».

En ces temps avec masques, chômage partiel et télétravail combinés, le droit du travail est central et la question de la sous-traitance aussi.

Car on est face à la pire crise antisociale depuis 75 ans : 484 plans sociaux, 9, 3 millions de pauvres, 23 % ont faim, 800 000 chômeurs de plus, tout ça pour que les 1000 entreprises les plus grosses (qui font 50 % du PIB) se fassent le maximum de marges.

Sous Macron, le grand patronat accélère la désorganisation des droits : sous-traitance en cascade, auto entrepreneurs bidons, contrats atypiques de toutes sortes, CDD, intérim, temps partiels, contrats de mission, faux « indépendants », intermittents, prêt illicite de main d’œuvre, ubérisés, portage salarial, travail illégal, travail « détaché », traite d’être humains.

Encouragée par Macron, Veolia (11 000 sous-traitants) rachète Suez  qu’ils vont dépecer  en des dizaines d’entités tout en supprimant 4 à 5000 emplois. Ca se reproduit à une échelle de masse.  De régression en régression :du 14 au 20 septembre 200 enquêtes, 861 contrôles pour travail illégal, dans les Bouches-du-Rhône, la Marne, la Haute-Garonne ou en outre-mer, révèlent « des secteurs d’activités ayant recours à une main-d’œuvre fragile»du «travail illégal» et «exploitation grave par le travail pouvant relever de la qualification pénale de traite des êtres humains.

Une grande loi sur la sous-traitance pourrait modifier tout cela. Mais « Macron ne veut pas » et l’urgence c’est donc de réaliser l’unité de la gauche pour le chasser.

 

Gérard Filoche

 

 

 

Refus d’homologation des licenciements à Bridgestone

Au boulot chronique n° 509 (10° année)

à lire chaque semaine dans l’Humanité-dimanche


Refus d’homologation à Bridgestone

Encore une fois se démasque le double langage de la droite et du gouvernement. Traduit dans les grands médias, au journal télévisé de France 2,  ça donne la petite phrase d’Alexandra Bensaïd, à propos de Bridgestone à Béthune :

« Il n’y a pas de moyen juridique d’empêcher les licenciements ».

Mensonge !  Il y a encore un moyen juridique d’empêcher un plan social, c’est de refuser son « homologation »

« Toute entreprise d’au moins 50 salariés qui procède au licenciement pour motif économique d’au moins 10 salariés sur 30 jours doit informer la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi ) :

La Direccte doit homologuer le plan afin que ce dernier puisse être mise en œuvre : cette décision de validation ou d’homologation est particulièrement importante dans la mesure où elle conditionne la possibilité pour l’employeur de notifier les licenciements économiques aux salariés. À défaut, les licenciements qui seraient toutefois prononcés seraient nuls. »

C’est trop facile pour Macron, Lemaire, Borne et leurs zélotes médiatiques de prétendre qu’il ne « peuvent pas empêcher Bridgestone » de chasser 863 salariés alors que ca dépend tout à fait de leur volonté politique et qu’ils en ont les moyens juridiques. L’état le peut !

Déjà Macron avait évoqué le « refus d’’homologation » le 26 avril 2017 devant Whirlpool… sans rien faire après.

Et on sait ce qui se passe quand l’état ne prend pas sa responsabilité, c’est comme à Continental ou à Goodyear, les juges donnent raison aux salariés et à leurs syndicats, mais 6 ou 7 ans, après et c’est trop tard !

Tandis qu’avec une décision préalable de l’administration, les licenciements sont nuls et le patron doit continuer de payer les salariés, et là, on le tient à la gorge !   Car oui, il faut tenir à la gorge les patrons et ne pas les laissez faire aveuglément !

Gérard Filoche

 

 

Ce qu’est la Gauche démocratique et sociale :

La Gauche démocratique et sociale (GDS) est un réseau de militants politiques dotés d’un certain nombre de convictions chevillées au corps :

  • être de gauche, c’est défendre le camp du salariat, des jeunes, des retraités ; de ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre, qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent, c’est développer et orienter les mobilisations sociales de masse contre le système capitaliste
  • avoir le social au cœur : la hausse massive des salaires, la réduction de la durée du travail sur la semaine et sur la vie, la reconstruction du droit du travail d’ordre public social, le rejet de la précarité et des inégalités, emploi et salaire à vie, réforme fiscale, redistribution des richesses
  • organiser une transition écologique, pour l’environnement et la défense du climat, de la terre, de l’eau et de l’air, la priorité aux énergies durables, la défense de la bio diversité, le développement l’élargissement, le renforcement des services publics, de l’école, de la santé, du logement, des transports, des communications…
  • bâtir une société égalitaire et féministe, égalité des droits et du bien être partagé quelles que soient les orientations sexuelles, les origines ethniques, les handicaps.
  • avoir comme oxygène la démocratie, dans les partis, les syndicats, les associations, les institutions, une société émancipée à tous niveaux, gérée collectivement consciemment, de bas en haut, pour une VI° République sociale, parlementaire, démocratique laïque, féministe, écologiste, internationaliste, pacifiste.
  • Le socialisme ne peut pas se bâtir dans un seul pays, la révolution socialiste sera internationalisée, en Europe et dans le monde,  où ne sera pas. Le socialisme, c’est la redistribution démocratique des richesses produites par les salariés, le socialisme c’est une « économie de solidarité » c’est à dire de partage – par opposition au capitalisme qui est une économie de « compétitivité » c’est à dire de guerre
  • La gauche est notre tradition, notre force, notre classe, notre avenir, le camp des exploités contre celui des exploiteurs, et nous travaillons à l’unir avec et par delà ses partis et syndicats, pour qu’elle acquière la force nécessaire au renversement de l’ordre capitaliste établi et à la création d’une société nouvelle. Sans unité de la gauche pas de victoire.

Les forces de gauche et écologistes, représentant le salariat sont aujourd’hui dispersées, et nous oeuvrons pour qu’elles se  reconstruisent un avenir commun. Nous militons pour une grande maison commune, permettant l’expression des diverses sensibilités ET l’unité d’action. Notre réseau militant, partout où nous sommes présents, agit dans ce sens. Venez renforcer ce combat, soutenez cette revue mensuelle D&S qui incarne cette ligne et qui existe et lutte depuis 28 ans, adhérez !

 

 

GDS a besoin de vous ! Menez avec nous le combat de l’unité de la gauche ! agissez avec nous !

 

 

Rejoindre la Gauche Démocratique et Sociale (GDS), c’est apporter votre pierre, vos idées, vos convictions, votre  énergie à  la reconstruction d’une gauche sociale, écologique, citoyenne, féministe, internationaliste.

 

GDS ne prétend pas incarner à elle seule la gauche dont nous avons besoin. Au contraire, GDS promeut la nécessaire reconnaissance de la diversité des ancrages et  des histoires, et milite pour une grande maison commune, permettant l’expression des diverses sensibilités ET l’unité d’action. Cette maison commune ne verra jamais  le jour si les salariée.e.s, les citoyen.ne.s humanistes et progressistes  qui attendent et espèrent son existence  ne s’engagent pas pour y arriver.

 

C’est le bon moment pour nous rejoindre. Dans cette période, il faut se  faire entendre, contre vents et marées. « Les jours d’après » ne doivent pas se construire sans nous. Nous ne pouvons pas laisser, par exemple, Macron et sa bande continuer à répondre aux exigences du Medef en arrosant les grands entreprises sans aucune réelle contrepartie sociale (maintien des emplois) et environnementale. Un nouveau rapport vient de confirmer que les milliards versés pour le CICE (institué par Hollande) n’ont pas bénéficié à l’emploi.

 

Le social au cœur

 

Soutenir l’action des militant.es du réseau de la Gauche démocratique et sociale, c’est donner du poids à toutes les questions sociales, c’est mettre « Le social au cœur » du rassemblement de la gauche.

 

Alors que tous les rouleaux compresseurs de la pensée unique sont lancés comme des chiens dans une chasse à courre,  il est plus que jamais urgent de réaffirmer l’indispensable réduction de la durée du travail sur la semaine comme sur la vie, la nécessaire hausse des salaires, la reconstruction du droit du travail…

 

Fin du monde, fin de mois : un même combat

 

Nous rejoindre c’est défendre l’indissociabilité des questions écologiques et des questions sociales. Il s’agit bien de planifier une transition écologique dans la justice sociale. Et vendredi nous serons dans la rue à l’occasion des marches pour le climat.

 

Argumenter, montrer que la raison n’est pas du côté de ceux qui n’ont en tête que la défense de leurs privilèges, demande du temps, de l’énergie, des moyens. Nous essayons de le faire à travers notre revue mensuelle, Démocratie & Socialisme, et chaque semaine par une lettre électronique (l’info lettre de GDS) envoyée à 20 000 exemplaires. Vous pouvez y participer, y apporter vos réflexions, nous aider à les diffuser.

 

Agir pour le rassemblement à gauche

 

Soutenir l’action de GDS, c’est agir pour faire avancer l’unité de la gauche et des écologistes. La gauche doit se reconstruire avec toutes ses forces. Elle ne doit pas se laisser enfermer dans une guerre de leadership mortifère. Les  institutions de la 5ème république nous maintiennent dans un système de monarchie présidentielle patriarcale à bout de souffle. La gauche et les écologistes doivent pouvoir s’en émanciper, trouver le chemin de l’unité.

 

Nous rejoindre c’est aider à poser inlassablement ce principe et cette exigence du rassemblement : poser le « comment » et le « pour quoi » avant le « derrière qui ». Notre réseau, qui regroupe des militant.es appartenant à différentes organisations de gauche ou sans autre appartenance, agit dans ce sens.

 

Que vous soyez militant associatif ou syndical, que vous soyez membre ou non d’une formation politique de la gauche, que vous soyez tout simplement un.e citoyen.ne qui veut que ça change, prenez contact, nous vous accueillerons avec fraternité !

 

Pour soutenir ou rejoindre la Gauche démocratique et sociale (GDS), cliquez ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelle destruction du code du travail en vue

« Au boulot » n° 508    chronique hebdo 10° année dans   l’Humanité dimanche

 

Ils n’en ont jamais fini. Ils ne s’arrêtent jamais.

Puisque nous ne les avons pas vaincu lors des précédentes destructions du Code du travail (« recodification » 2004-2008, ANI et loi Sapin 2013, CHSCT et loi Rebsamen 2014, loi Macron 2015, loi El Khomri 2026, ordonnances Pénicaud 2017) ils se proposent de remettre le couvert.

Devant le Medef, le 26 août, Jean Castex a promis : « Des mesures de simplification ont été adoptées pendant la crise sanitaire par ordonnances (…)  ces dispositions seront prolongées, amplifiées et, si possible, pérennisées, qu’il s’agisse du droit du travail et de la formation professionnelle.

Jusqu’au 31 décembre 2020, les ordonnances dites « sanitaires »  de mars 2020 permettent qu’une simple convention d’entreprise décide du nombre de renouvellements des contrats précaires, des CDD,  des « contrats de mission ».

Les délais de carence entre deux CDD et deux intérims seraient supprimés

Les contrats de chantier, à la tâche, seront une option pour chaque entreprise.

Les « referendums » d’entreprise seront encouragés : un syndicat faisant seulement 10 % des voix des salariés pourra en organiser conjointement avec le patron, notamment pour mettre en place des accords de performance collective, baissant les salaires et augmentant la durée du travail, rompant le contrat de travail des salariés qui refusent

Certes nous avons réussi à les faire reculer sur l’infâme sanction qu’ils avaient prise le 15 avril dernier contre l’inspecteur du travail Anthony Smith. Cela a même provoqué le 10 septembre la démission du Directeur Général du Travail. Mais il se proposent d’en nommer un autre, pire encore. Pour faire pire encore.

Il faut proclamer qu’à la fin, c’est nous, les 30 millions de salariés, qui gagnerons contre ces exploiteurs. Et si une plateforme de la gauche unie réussit à être écrite, elle devra comporter la reconstruction de tout le droit du travail d’ordre public social.

Gérard Filoche

 

Désavoué sur la sanction sandaleuse contre Anthony Smith, Struillou, le directeur général du travail démissionne

extrait de Le monde

La ministre du travail a critiqué la gestion de « l’affaire Anthony Smith », du nom d’un inspecteur du travail, membre de la CGT, sanctionné pour ses décisions prises durant l’épidémie de coronavirus en avril.

Par Bertrand Bissuel Publié aujourd’hui à 09h59, mis à jour à 10h05

 

Les services de la ministre du travail, Elisabeth Borne, traversent une zone de très fortes turbulences. Vendredi 11 septembre, l’un des piliers de cette administration a présenté sa démission : il s’agit d’Yves Struillou, le chef de la Direction générale du travail (DGT). L’intéressé a pris cette décision très peu de temps après avoir subi un désaveu de la part de Mme Borne. A l’origine de la rupture, il y a « l’affaire Anthony Smith » – un inspecteur du travail, membre de la CGT, récemment sanctionné par sa hiérarchie, qui bénéficie du soutien d’une large partie de ses collègues et d’une campagne de mobilisation orchestrée par plusieurs syndicats, des élus de gauche ainsi que des personnalités d’horizons divers. Le dossier est suivi de très près, à l’Elysée comme à Matignon.

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Selon nos informations, M. Struillou a choisi de démissionner à la suite d’un épisode, pénible pour lui, qui s’est produit jeudi après-midi. Le patron de la DGT participait à une réunion avec Mme Borne et des responsables de directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi. D’après une des personnes présentes, la ministre a émis, lors de la rencontre, des observations critiques, notamment sur le rapport disciplinaire ayant conduit à la sanction prononcée contre M. Smith. « Elle trouvait que ce n’était ni fait ni à faire », résume une autre source. Le document en question, d’une trentaine de pages, est signé par le directeur des ressources humaines du ministère, Pascal Bernard, mais M. Struillou a joué un rôle déterminant dans sa rédaction.

Dans l’entourage de Mme Borne, on reconnaît l’existence de « divergences » sur le rapport disciplinaire et « la manière dont le dossier a été conduit ». Le différend avait pris une « ampleur assez importante » qui alimentait un mauvais climat dans les services, ajoute-t-on.

Lire aussi Coronavirus : au ministère du travail, la CGT menacée de poursuites pénales

Les remontrances de Mme Borne résultent d’un conflit social qui a éclaté il y a près de cinq mois, à une époque où elle ne s’était pas encore installée rue de Grenelle – puisque sa prédécecesseure, Muriel Pénicaud, occupait encore les lieux. Le 15 avril, M. Smith avait été suspendu de ses fonctions, pour avoir – aux yeux de sa hiérarchie – « méconnu, de manière délibérée, grave et répétée, les instructions »données à l’ensemble des agents, durant l’épidémie de Covid-19. L’un des griefs portait sur des interventions que l’inspecteur du travail aurait conduites sans le « moindre discernement » à l’égard d’une grosse association d’aide à la personne : celle-ci avait, par exemple, été sommée par M. Smith de fournir à ses salariés des masques de type FFP2 ou FFP3, alors que la doctrine sanitaire nationale réservait de tels accessoires aux soignants.

Mutation d’office

Cinq organisations représentant les fonctionnaires du ministère (CGT, CNT, FO, FSU, Sud) s’étaient dressées contre cette « action folle de répression » « Anthony Smith n’a fait que son devoir », avaient-elles plaidé. Le 21 juillet, plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, s’étaient rassemblées à Paris pour apporter leur soutien à M. Smith, au moment même où celui-ci passait en conseil de discipline. Un peu plus de trois semaines plus tard, le verdict tombait : le fonctionnaire, jusqu’alors en poste dans la Marne, faisait l’objet d’une mutation d’office en Seine-et-Marne. Une sentence que l’intéressé et tous ceux qui l’épaulent ont qualifiée d’injuste et très pénalisante puisqu’elle le contraignait à aller travailler à « 200 kilomètres de son domicile ».

Finalement, dans un geste d’apaisement, le ministère du travail a annoncé, mercredi, que la sanction avait été « aménagée » – autrement dit, allégée : M. Smith sera transféré dans la Meuse, un département limitrophe de celui où il réside ; le fonctionnaire s’est dit « content » en apprenant la nouvelle tandis que son syndicat y a vu un premier « recul ». Sous le sceau de l’anonymat, l’un des acteurs de ce feuilleton, partisan de la « punition » initiale, considère que la CGT a gagné son « bras de fer » et qu’il va être ardu de piloter l’inspection du travail. L’entourage de Mme Borne, de son côté, insiste sur le fait que la ministre est restée « en soutien » de la solution trouvée au départ, à savoir une mutation d’office.

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Lire aussi Au ministère du travail, le blues des agents face au « démembrement » de leurs services

Bertrand Bissuel

 

Mes gens

Au boulot n°507

Mes gens

Le contrat ayant pris le pas sur la loi, les patrons sont devenus seuls maitres dans leur entreprise. Par exemple, 51 « accords de performance collective » où l’on travaille plus et ou l’on gagne moins ont ainsi été imposés.

Et si, paradoxalement, à l’occasion du Covid19, le gouvernement reprend la main, c’est d’en haut, il  procède par ordonnances, mesures d’état d’urgence, et par « protocoles ».

Il existe une constante dans ces deux cas : les institutions représentatives du personnel  (IRP) n’ont plus leur mot à dire. C’est l‘étouffement de toute démocratie  dans l’entreprise.

Les anciens DP, CE, CHSCT ont été fusionnés, diminués et alors qu’il y avait 425 000 salariés élus et mandatés, il n’en reste plus que la moitié, autour de 200 000.

Un « rapport intermédiaire d’évaluation des ordonnances » a été publié le 28 juillet 2020 sur l’état du dialogue social : alors que les citoyens ne respectant pas leurs obligations sanitaires font face à une panoplie d’amendes, les patrons ne respectant pas la mise en place d’IRP ne risquent aucune coercition.

Au 3 juin 2020, 39 354 établissements éligibles n’ont pas mis en place un CSE (cf. ACM Médiapart 20 août 2020) la carence totale de candidature représente 46 % des entreprises de moins de 50 salariés, 10 % des entreprises de 50 à 299 salariés, 1,5 % des entreprises de plus de 300 salariés. Et donc 32,8 % des établissements étudiés n’ont plus d’IRP.

Pour les patrons, comme pour Macron, les salariés ne sont que des pions. Pas question que ce soient eux qui négocient leur sécurité, le port des masques et ou les modalités du télétravail à l’abri d’un l’ordre public social.

Patrons et Macron voient la démocratie dans les entreprises comme un système nerveux qui règle tout le fonctionnement du corps.

L’air du temps n’est clairement pas à l’autogestion, il est à la schlague, l’autre jour sur France inter, un patron s’interrogeait « - Faut il que je licencie mes gens ou que je les garde ? ». Ce ne sont même plus des « collaborateurs » ce sont « mes gens ».

Gérard Filoche

 

 

Protection des salariés vulnérables

Au boulot n°506

 

Le patronat ne veut pas négocier les conditions légales du télétravail. Alors que plus de 8,5 millions de salariés y ont été plus ou moins contraints depuis le confinement.

Il ne veut pas de loi mais au cas par cas, des « chartes », des « protocoles d’entreprise ».

Et le gouvernement tout en rappelant que « la solution du télétravail est à privilégier des lors que celui ci est possible », grignote une par une toutes les protections.

Depuis le premier mai 2020, les salariés vulnérables ou vivant avec une personne vulnérable, pouvaient avec un certificat médical d’isolement,

  bénéficier du placement en activité partielle, pour le secteur privé,

  être placés en autorisation spéciale d’absence (ASA), pour le secteur public.

Ce dispositif est remis en cause par un décret du 29 août 2020 pour le secteur privé.

Pour la Fonction publique, le Ministère a annoncé la fin des ASA par circulaire

C’est la fin de l’activité partielle pour les salariés partageant leur domicile avec une personne vulnérable.

Ils « pourront » dès lors que c’est possible demander à être mis en télétravail mais si le patron ne veut pas, ils devront reprendre leur travail, selon le « protocole ».

Excepté les salariés « qui présentent selon leur médecin un risque de développer une forme grave d’infection au virus Sars-CoV-2 les plaçant dans l’impossibilité de continuer à travailler ». Mais les critères de vulnérabilité sont considérablement réduits dans le décret et en dehors d’eux, les salariés vulnérables et personnes aidantes devront retourner au travail.

Alors que ces personnes devraient évidemment continuer de bénéficier du télétravail, de l’activité partielle ou des ASA, maintien à domicile dans des conditions négociées au plan national et définies par la loi.

Tout ça éloigne de la reconnaissance du Covid19 et des ses conséquences comme « maladie professionnelle ».

 

Gérard Filoche

 

Pour vaincre Macron et son « plan de relance », additionner nos forces à gauche

Ce n’est pas un hasard si c’est à l’université du Medef que Castex a présenté les grandes lignes du plan de relance gouvernemental. Devant les grands patrons,  il a détaillé les modalités de baisse des impôts de production de 20 milliards d’euros sur deux ans, une mesure que le Medef réclamait depuis le début du quinquennat. C’est une mesure dans la pure logique libérale sans lien avec la pandémie. Et une fois de plus, sans aucune condition sociale (maintien de l’emploi) ou environnementale. D’ailleurs devant le Medef, Castex n’a pas évoqué la transition écologique ou à peine !

Avec Macron, tout est bon pour les patrons !

Le Covid 19 bon dos ! L’avalanche de plans de licenciements, en novlangue néolibérale « plans de sauvegarde de l’emploi » (PSE), n’est pas réservée aux entreprises des secteurs directement touchés par la crise sanitaire. Sans oublier l’utilisation de l’ordonnance du 20 mai dernier qui permet à des patrons de déclarer en faillite leur entreprise puis de se porter repreneur…après « dégraissage » des effectifs. C’est ce que fait la famille Mulliez avec Alinéa.

 

La CGT, la FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse (Fidl, MNL, Unef, UNL) ont raison de dire que « la question de l’emploi est centrale : lutte contre la précarité et la pauvreté, hausse des salaires, développement des services publics, abandon définitif de la réforme des retraites». Autant de bonnes raisons pour descendre dans la rue le 17 septembre.

Construire l’unité en lui donnant un contenu

Si jusqu’à présent la gauche politique n’a pas surmonté son éparpillement consécutif au désastreux quinquennat de Hollande, les choses semblent bouger un peu. La victoire aux municipales de listes de rassemblement de la gauche et des écologistes dans plusieurs grandes villes a commencé à redonner espoir. L’aspiration à l’unité est toujours forte, elle pousse les appareils des différentes composantes de la gauche et de  l’écologie à en tenir compte. Il faut donner un contenu à cette unité (emploi, augmentation des salaires, services publics, santé, réduction du temps de travail, transition écologique…) en rupture avec les politiques néo-libérales.

Il n’y a pas eu d’université d’été commune à toute le gauche, mais les uns et les autres se sont rendus visite : après l’université d’EELV, Eric Piolle est allé à celle de LFI, puis à celle du PS par exemple. Jean-Luc Mélenchon a rendu visite à celle du PCF, et LFI vient d’écrire à différentes formations (dont la Gauche démocratique et sociale) pour débattre des régionales. Olivier Faure, lui, s’est prononcé pour un candidat commun en 2022 provoquant la « fronde » de Hollande et Le Foll.

Se rassembler dans les luttes et pour les élections

Des déclarations pour l’unité, c’est bien. Il faut maintenant des actes. Sans plus tarder pour soutenir ensemble les mobilisations sociales qui vont se développer en réponse à la crise sociale. Pour construire des dynamiques citoyennes pour obtenir des réponses aux urgences.

Une rencontre de toutes les formations de la gauche et de l’écologie est nécessaire. Pas pour (encore) désigner une candidate ou un candidat pour 2022, mais pour élaborer un contrat de législature. Avec une première étape : des listes communes aux régionales.

 

Solidarité avec Danièle Obono

Communiqué de presse

Solidarité avec Danièle Obono

 

La Une de Valeurs Actuellesreprésentant Danièle Obono ne tient ni du simple hasard, ni de la provocation. Elle tient à l’idéologie qui inonde les pages de cette revue.

Valeurs Actuelles, c’est l’extrême-droite : le racisme insidieux, l’inégalité entre les gens, la supériorité de certaines catégories de personnes sur d’autres. La Une de Valeurs Actuellesen est l’abjecte illustration, représentant une femme noire, députée de la République française, Danièle Obono, en esclave africaine. La honte !

La Gauche démocratique et sociale (GDS), comme tant d’autres et c’est tant mieux, apporte son soutien à Danièle Obono ainsi qu’à toutes celles qui, noires et femmes, attirent les pires turpitudes. L’idéologie de Valeurs Actuelles est nauséeuse, cette revue pousse à la haine et à la xénophobie.

Le parquet a annoncé hier l’ouverture d’une enquête pour injures à caractère raciste. Espérons que la justice ne se contente pas des piteuses excuses d’une rédaction qui n’est pas à son coup d’essai. Le racisme n’est pas une opinion mais un délit. C’est aussi le message que GDS souhaite rappeler. Il n’a pas sa place dans la discussion publique. Nous le combattrons sans relâche.

Pour tout contact : www.gds-ds.org

Gérard Filoche (06 07 48 11 67)

Anne De Haro (06 81 70 76 66)

Eric Thouzeau (06 40 59 65 04)