22 ans de CDD…

On retiendra cette semaine, l’incroyable nouvelle :  un facteur corrézien, Jean-Claude Vialle, a vécu 22 ans de contrats à durée déterminée à la Poste. Et il a fallu qu’il aille en justice  pour obtenir du Conseil de prud’hommes de Tulle la condamnation de La Poste pour « comportement fautif », une requalification de ses contrats précaires en CDI à temps complet de 1976 à 2001 et recevoir une réparation tardive et bien limitée pour un total de 36.577 euros

« Un nombre très important » de ces CDD « présentaient des irrégularités », il lui avait aussi été imposé, pendant 3 ans, un « contrat à durée indéterminée à temps partiel » qui « présentait les mêmes désagréments » selon le jugement des prud’hommes. Toute une vie de travail suspendue au court terme, hachée d’incertitude, avec un lourd préjudice financier. Il s’agit « d’une discrimination évidente à l’emploi » inacceptable de la part de la Poste, dont les « résultats financiers sont toujours positifs depuis 2005″,

« La Poste, malgré une direction des ressources humaines disposant de tous les moyens juridiques et humains, a un comportement fautif en ignorant, volontairement ou pas, de nombreux éléments du droit social ».

Comment une telle infraction au droit peut-elle exister ? Comment des DRH et employeurs peuvent-ils être cyniques et irresponsables vis-à-vis de leurs salariés à ce point ? D’autant que à la Poste ce n’est pas la première fois. Une autre affaire de CDD est en cours devant le conseil des Prud’hommes de Cahors : deux factrices et une guichetière lotoises ont cumulé des centaines de contrats sans être embauchées en CDI. Les syndicats estiment que « des dizaines de milliers de postières et postiers pourraient légitimement obtenir la même régularisation pour leurs années de précarité totalement illégales ».

Il s’agit d’une grave délinquance patronale. Et cela fait partie des cas où il faut militer pour que la répression soit infiniment plus sévère, car seules les sanctions lourdes peuvent décourager le patronat d’agir ainsi. Trop facile de diffuser la précarité artificiellement comme moyen de chantage, de pression, et de s’en sortir au cas par cas avec une petite réparation financière.

De façon plus générale, la précarité, c’est comme les termites, ça ronge les pieds du meuble du CDI, mais il y a encore 85 % de contrats en CDI, il reste un meuble à défendre ! Dans un programme commun dont la gauche aurait tant besoin pour gagner,

il faut instaurer une limitation stricte des contrats précaires, par le nombre et dans le temps, par exemple pas plus de 5 % dans les entreprises de plus de 20 salariés – sauf circonstances exceptionnelles et autorisation préalable de l’inspection du travail – pour faire face aux seules et strictes exigences temporaires de surcroît de travail et de remplacement de salariés absents.

Pas « d’égalité réelle » sans mesure sérieuse contre la précarité

Doigt en moins, essai interrompu


Lui avait-on dit pour la machine à faire des pâtes ? Non. Pas eu le temps de le former. C’était un de ses collègues qui l’avait recommandé, et la grande brasserie, pressée, par manque provisoire de personnel, ne voulant pas gérer ce problème en cuisine, l’avait pris « à l’essai ». Il y aurait toujours bien le temps de régulariser…

C’est une grande brasserie du centre de Paris sur une place très connue. Le genre de boîte où l’employeur vous explique qu’il « préfère vendre que d’avoir un comité d’entreprise, jamais de ça chez moi ». Alors il s’en tient à 47, 48 jamais 50 salariés, Du moins le croit-il : car, du coup, on a pris le temps de calculer la réalité de ses effectifs, « extras » CDD compris, au prorata de leur temps de présence, à partir de son registre du personnel et de ses bulletins de paie, sur une période de 12 mois pendant les trois ans écoulés… et on lui avait démontré qu’en fait, il avait dépassé le plancher légal de 50. Donc il fallait qu’il organise des élections : cela nous a pris beaucoup d’énergie, mais il en rageait.

Du coup il essayait de ne plus déclarer tous ses commis cuisine et si quelques pauvres sans papiers traînaient par là, ils faisaient son bonheur. Son système consistait à faire des « DPAE » par avance : une « DPAE » c’est une déclaration préalable à l’embauche. En théorie avec cela, on ne peut pas nous dire quand l’inspection du travail arrive : « - Ce gars-là, je l’ai pris ce matin, il vient d’entrer, je vais le déclarer ce soir ». Non, il faut l’avoir envoyé à l’URSSAF avant que le salarié n’entre. La combine c’est donc de faire des DPAE,  sans donner de feuille de paie aux salariés dont les noms y figurent : puis s’il y a contrôle on tente d’expliquer que s’ils n’avaient pas de bulletin de paie jusqu’à hier pour cette DPAE qui date de six mois, c’est parce qu’en fait, on n’avait pas eu besoin d’eux, sauf depuis ces jours derniers, et « on n’avait pas jugé bon de refaire une autre DPAE, parce que la paperasse, ça tue les entreprises et l’on n’a pas que ça à faire ». Le contrôleur du travail peut dresser un procès-verbal car le Code précise que la DPAE se fait au plus « huit jours » avant l’embauche… Reste au patron à espérer qu’il y aura un juge dans l’air du temps qui n’aime pas non plus « la paperasse qui freine l’emploi ».

C’est ainsi que Mamadou était entré, avec une DPAE datant de six mois concernant un autre Mamadou. Mais au bout de trois jours, Mamadou, dans la bousculade de la grande cuisine, ne sachant rien de la machine à fabriquer des pâtes, dont le couvercle fermait mal, ripait, et si on le rattrapait, avec un torchon… Mamadou s’est fait happer le doigt, et encore il a eu de la chance, j’en connais un autre qui y a laissé le bras rue du Renard.

Le majeur gauche en moins, de la bouillie. Souffrance. Hôpital. Amputé.

Que fait l’employeur ? Le surpris ! Mamadou n’était pas le bon Mamadou, on l’a trompé, les papiers étaient faux, comme la vieille DPAE, il vire les deux Africains, celui qui l’a fait entrer et la victime dont il interrompt « la période d’essai » prétendant même qu’il était « étranger à sa cuisine ».

Oh, bien sur, cela se sanctionne : enquête, PV, procédure ?  Jugement dans 15 mois ? Appel ? Dans 36 mois ? « Réparation » dans 10 ans au TASS (Tribunal des affaires de sécurité sociale) ? Mamadou et son collègue n’ont pas de papiers, ne savent pas y faire, seront peut-être expulsés par Besson ou Hortefeux avant.

lire « Nouveaux carnets d’un inspecteur du travail » Ed JC Gawsevitch 19,90 euros,

Batailles à répétition pour le repos dominical

Beaucoup le savent, trop feignent de l’ignorer : ce qui caractérise un contrat de travail c’est un « lien de subordination juridique permanente ». Il n’y a pas de démocratie ni de citoyenneté dans l’entreprise. Il n’y a pas d’égalité de droits entre employeur et salarié. C’est l’employeur qui décide de la naissance du contrat, de la gestion du contrat, de la fin du contrat. Le slogan sur « la liberté de travailler plus » est stupide : aucun salarié n’est libre de ses horaires. C’est l’employeur qui en décide : s’il vous prend à temps partiel, il doit rédiger un contrat où figurent les horaires tels qu’ils sont répartis dans la semaine et le mois. S’il vous prend à temps plein cela signifie 151 h 66 par mois. Et s’il vous fait faire des heures supplémentaires, c’est encore lui qui le décide, pas vous. Il doit alors vous les payer, majorées, et chaque heure doit figurer sur une ligne distincte du bulletin de paie avec son taux de majoration approprié. Le Code du travail n’est qu’un ensemble de contreparties à cette subordination : il fixe un ordre public social qui s’impose à l’employeur et protége les salariés.  Ainsi en est-il du repos dominical : il n’existe pas de « volontariat » pour « travailler le dimanche ».

La loi Maillé, en 2008, après tant d’autres lois de droite, a restreint la conquête fondamentale du repos dominical dans les commerces. Les dérogations ont été démultipliées dans les prétendues zones touristiques d’affluence exceptionnelle, dans les périmètres d’usage commercial exceptionnel, (PUCE), par des arrêtés préfectoraux au cas par cas – le plus souvent sans majoration salariale conséquente.

De ce fait, les victimes sont toutes désignées, en guise de « volontaires », ce sont les femmes, pauvres et précaires, caissières, qui se sont vues imposer par leurs employeurs l’obligation de travailler le dimanche.

Mais les employeurs sont rapaces, ils cherchent toujours à reculer les limites au droit du repos du dimanche : c’est le cas récent des Franprix (Casino), des Mono’p et autres superettes qui se sont mises à ouvrir toute la journée du dimanche et pas seulement le matin.

Voilà pourquoi l’inspection du travail, sur Paris centre, a engagé les «  poursuites pénales, saisissant en référé le juge judiciaire pour voir ordonner toutes mesures propres à faire cesser dans les établissements de vente au détail et de prestations de services au consommateur l’emploi illicite de salariés en infraction aux dispositions des articles L. 3132-3 et L. 3132-13. Le juge judiciaire peut notamment ordonner la fermeture le dimanche du ou des établissements concernés. Il peut assortir sa décision d’une astreinte liquidée au profit du Trésor ». Mais ce n’est pas gagné : la hiérarchie du ministère du travail ne juge pas ces actions « prioritaires » et les juges se font tirer l’oreille, les procédures devenant, de ce fait, périlleuses et difficiles à conduire jusqu’au bout, les sanctions et astreintes n’étant pas assez dissuasives. Difficile de défendre l’ordre public social dans un climat de libéralisme destructeur ambiant.

Sale patron, sale entreprise

Tous les patrons ne sont pas comme ça heureusement. Mais celui-là bat les records : il ne crée rien, ne produit rien, ne fait que se glisser dans les mailles d’un système pour exploiter près de trois cents femmes qu’il utilise pour faire le ménage dans des grandes chaînes d’hôtels, il les choisit, si possible africaines, ne sachant pas lire, ni défendre leurs droits, et il les « place ». Il prétend qu’il apporte une « valeur ajoutée »  avec des « gouvernantes » qui les « dirigent » sur place et qu’elles ne sont donc pas sous les ordres directs des hôteliers. Il épargne aux dirigeants des Campanile, Novotel, et autres Sheraton, d’avoir à gérer et à intégrer dans leurs effectifs, avec leur niveau de salaire, cette partie pourtant essentielle de leur personnel.

Il manipule ces femmes avides d’avoir quelques sous pour survivre : si elles ne travaillent pas « assez », ne sont pas assez « souples »,  il a un mode de sanction facile, il les « mute » en prétextant que leur contrat prévoit la « mobilité » dans toute la grande région parisienne. Il les envoie à Roissy, à Bagnolet, ou Aubervilliers, plutôt qu’au centre de Paris. Ça les épuise en temps de transport et en rallonge de carte Navigo 5 zones. La punition, c’est Roissy… Il les embauche en temps partiel de 9 h à 12 h, mais comme tous les clients ne quittent pas leur chambre avant midi, ça rallonge d’autant la durée réelle du travail. Comme elles ont un nombre présumé de chambres à faire, « à la tâche » elle sont obligées de rester jusqu’à 14 h, 15 h, voire 16 h… Et ces heures ne sont jamais payées, ne figurent nulle part. Avec deux heures de transport aller et retour, ces femmes sont subordonnées 10 h par jour et payées 3 ou 4 h. Eparpillées, c’est dur a contrôler. On reçoit des dizaines de plaintes aux permanences de l’inspection.
Le « patron » de cette « boîte », est conseiller prud’homal côté patronal. Il se vante de connaître et de respecter « le droit ». Selon lui, il ne fait pas de la fausse sous-traitance et ce n’est pas de l’intérim, il n’a pas à verser 10 % de majoration à ces femmes. Jusqu’à la visite de l’inspection du travail, il avait réussi à ne pas s’inscrire à un centre de visite médical, à ne pas payer de visites aux salariées. Il avait réussi aussi à ne pas organiser d’élections aux institutions représentatives du personnel. Contraint de se mettre à jour, il a intrigué pour opposer deux tentatives de deux syndicats ( – « Moi, je préfère quand il y a plusieurs syndicats, ils se bouffent le nez » a t il osé me dire). Il a gagné du temps, a écarté la femme la plus consciente, a fait passer une autre qui lui mange dans la main, puis il ne remplit aucune des obligations (réunions de DP, de CE, de CHSCT…).
Ça prend un temps fou de lui faire rendre gorge. Il fait traîner, ment, se dérobe. Je l’ai pris la main dans le sac, parce qu’au lieu de mettre « heures supplémentaires » comme la loi l’exige, sur une ligne distincte du bulletin de paie, il met « LS » : « lit supplémentaire ». Il paie « au lit fait » en plus du nombre de chambres attitrées. 0,37 centime d’euros par « LS ». Soit à raison de 10 minutes par lit, 2, 22 euros de l’heure, 1/5° du Smic. Refusant de reconnaître qu’il était interdit de payer ainsi « à la tâche », il a augmenté…à 0,50 centimes par « LS » soit en pratique 3 euros de l’heure. Et il dispute encore le fait qu’il faille 10’ par lit !delinquance patronale

Seniors au boulot, juniors au chômage… + 17,5 % de chomeurs seniors en plus l’an écoulé

Hypocrisie : le Medef voudrait, avec le gouvernement entrainer les syndicats à débattre du chômage des jeunes et des seniors… la vérité est que ce chômage de masse est délibérément organisé par le patronat… et la moyenne des annuités cotisées pour la retraite dans la vie réelle et de 36,5 annuités… Envisager 41,5 annuités dans ces conditions est une escroquerie, un bobard…

Une femme de 55 ans est venue à la permanence de l’inspection du travail :  elle ne supporte plus d’être harcelée par sa grande entreprise d’assurance où elle est salariée depuis 28 ans. Ils lui fixent des objectifs de plus en plus inatteignables : placer des « retraites complémentaires » et des « assurances maladies complémentaires ». Ses équipes travaillent, par mailing et par phoning, plus de 10 heures par jour pour démarcher les pigeons potentiels. Mais, forcément, comme elle dit : « les gens n’ont pas d’argent ».

Hé oui, et les plus avisés ne tombent pas dans le panneau : ils savent qu’ils se feraient voler leurs sous et que leurs petites économies finiraient dans les caves à subprimes des îles Caïman…

« C’est quoi cette histoire de rente à vie qui me permettrait d’avoir une bonne retraite ? » demande une petite voix publicitaire innocente sur les radios ? Réponse : un piége à gogos du frère Sarkozy tapi chez Mederic-Malakoff

Comment peut-on s’assurer contre ce que la Sécu ne couvre plus ou suppléer à ce que le système de retraite cassé par Fillon ne garantit plus ? Le « privé » fait le maximum pour occuper le terrain de la protection sociale publique affaiblie, mais encore faut-il qu’il y ait des sous… Elle m’explique : « J’ai 30 jeunes sous mes ordres, ils font tout ce qu’ils peuvent, mais c’est un truc impossible, ils n’y arrivent pas, même si leur salaire est constitué de primes, ils font jusqu’à 12 h par jour, mais ils craquent, démissionnent, moi je me fais engueuler parce que je n’atteins pas les quotas et parce qu’il y a trop de turn over dans mon équipe ».

À 55 ans, divorcée, elle a encore deux grands enfants à l’université : elle voudrait partir plutôt que de finir en capilotade. Mais elle n’a que 37 annuités de cotisations. Elle ne peut aller ailleurs, car il y a 17,5 % de chômeurs en plus l’an écoulé pour les seniors de son âge. Le travail des seniors, ça ne marche pas du tout.

Autre éclairage : vient à ma permanence, un jeune de 27 ans dans la même boîte d‘assurance, il a été embauché, par petites annonces sur Internet, pour « surcroît exceptionnel de travail » trois fois consécutives en CDD de 6 mois. C’est illégal puisque, entre chacun de ses CDD, il aurait dû y avoir un délai de carence égal au tiers du temps du premier CCD et séparant la fin de celui-ci du début du suivant. Mais surtout, alors qu’on lui avait promis l’embauche au bout du troisième CDD, il vient d’apprendre que ce ne sera pas le cas. Or il a vérifié les petites annonces et l’entreprise vient d’en publier une nouvelle, demandant le même type de poste, la même qualification, pour le même travail que celui qu’il faisait…Jointe au téléphone, la DRH assure qu’elle n’embauche plus, prétend que l’annonce ne concerne pas, en fait, le même travail, etc.

On a  ainsi 23 % de « juniors » qui cherchent des contrats de travail décents, pas précaires, à temps plein. On a 2 « seniors » sur 3 qui, à partir de 57 ans, ne peuvent plus ou ne veulent plus travailler, épuisés souvent, déclarés inaptes ou licenciés. La fiction des 41,5 annuités est donc un autre piége à gogos puisque, dans la vie réelle, ça ne marche pas, et quand ça marche, ça prive les jeunes de boulot…

Plein phare sur nos heures supp’ : payez les ! Majorées !

travailler mieux, moins, tous

Nous vivons dans un pays où il y a des zones aveugles de la statistique. Généralement les études n’existent pas là où ça gêne le pouvoir et le patronat. C’est le cas sur la question si sensible des heures supplémentaires. Prenez les instituts comme l’INSEE ou la DARES, il suffit de consulter leurs notices d’enquêtes pour constater qu’ils ne vérifient rien « dans les entreprises de moins de 20 salariés »… Or c’est là qu’il y a 5 millions de salariés qui font le plus d’heures supplémentaires…Ils précisent aussi que leurs enquêtes sont « basées sur les déclarations des employeurs » : LOL, à mourir de rire, car 85 % du travail dissimulé provient des heures supplémentaires non déclarées.

Alors comment se faire une idée, même « à la louche, »  de la réalité de ces fameuses heures supp’?  Celles déclarées à l’URSSAF et financées depuis la fameuse loi « TEPA » (travail emploi pouvoir d’achat, première loi 2007 de Sarkozy), ont beaucoup varié : il y a d’abord eu  un « pic d’aubaine » vers 750 000 heures recensées en 2007 et 2008 qui a coûté prés de 4 milliards de financement (consistant à verser des aides d’état pour faire travailler deux fois plus ceux qui avaient un boulot pendant que d’autres restaient de ce  fait au chômage). Mais en fin 2008 et 2009, les patrons en sont revenus à l’ordinaire, il est plus de simple de ne pas déclarer du tout ces heures, plus rentable de ne pas les payer que d’attendre que l’URSSAF vous rembourse la majoration d’une partie de celles-ci. Il semblerait qu’il n’y ait plus que 2,2 milliards versés depuis 2009 pour tenter de « faire travailler plus », (environ 450 000 heures supp’ quand même). On n’a pas de bilan officiel.

Pourtant c’est facile à savoir quand on est inspecteur du travail sur le terrain : 9 plaintes sur 10 sont pour des heures supplémentaires impayées. Sur 1,2 millions des salariés du bâtiment plusieurs centaines de milliers sont obligés à des heures supp’ non payées. Pareil, évidemment pour les 850 000 salariés de la restauration, pour les 350 000 salariés du nettoyage. Il en est de même pour les 850 000 chauffeurs, pour les 800 000 saisonniers ou  pour les 3 500 000 cadres. Une « légende » stupide prétend que « les cadres n’ont pas d’horaires », ce qui est faux et spoliateur : car les cadres ont, pour 99 % d’entre eux, un horaire de droit commun, jamais plus de 10 h par jour, jamais plus de 48 h par semaine, un « forfait » ne se présume pas, il doit être écrit, il ne peut servir à ne pas payer les heures supplémentaires majorées et surtout le nombre des heures concernées ne peut varier, il doit être constant. Cela n’est pas respecté.

La « tendance » patronale interprète le « travailler plus » en dissimulant ces heures supp’ et en niant ILLEGALEMENT les 35 h hebdomadaires. Sarkozy vient aussi de redire que tout ce qui va mal dans ce pays est dû aux 35 h. Fillon prétend qu’on ne peut les abolir tout de suite, les esprits ne sont pas mûrs, ce sera pour « la prochaine législature ». En attendant les 35 h, c’est toujours la loi de 2000 qui s’impose à 100 % des salariés, et tout heure effectuée au-dessus est majorée de 25 à 100 %  selon les cas. Toute attaque contre les 35 h est donc une attaque contre le niveau des salaires. Et il y a très probablement, dans la vie réelle, un milliard d’heures supplémentaires dissimulées, (c’est l’immense majorité, 85 % du travail dissimulé) l’équivalent de 600 000 emplois, de quoi réduire le chômage et contribuer à financer nos retraites à 60 ans à taux plein.

il faut proner :

- les heures supplémentaires majorées à 50 % dés la première heure et à 100 % des la 40° heure… de façon à les rendre plus couteuses que l’embauche

- l’obligation d’un système fiable et transparent de contrôle des horaires réels dans chaque entreprise, le doublement des effectifs de l’inspection du travail, des sanctions pénales renforcées en matière de travail dissimulé, une information complète et un « avis conforme » des comités d’entreprises sur l’usage d’heures supplémentaires et de précaires (CDD, intérim, saisonniers, etc)

- l’abaissement de la durée maxima du travail de 48 à 44 h hebdomadaire et l’introduction de 2 jours de repos consécutifs pour tous dont le dimanche comme mesure d’ordre public social dans le code du travail, le repos quotidien devenant de 13 h au lieu de 11 h.

vous serez assuré immédiatement de l’effet emploi de ces mesures par des centaines de milliers de recrutement nécessaires pour continuer à produire dans la totalité des entreprises.

Plus aucune exonération ne doit aller aux entreprises de plus de 50 salariés.

Les donneurs d’ordre doivent être responsables de tout ce qui se passe sous leurs ordres. La sous-traitance doit être alignée sur les conventions collectives des donneurs d’ordre.

De nuit à la sauvette, promulgation de la loi de pillage des retraites

C’est de nuit, à la sauvette, que le type du Fouquet’s qui allait chercher du liquide chez Bettencourt, l’a promulguée.

Jamais la plaie ouverte de ce coup de force anti démocratique, contre 75 % de la population, contre tous les syndicats unanimes, et contre le plus grand mouvement social de l’histoire de ces 40 dernières années, ne se refermera tant que cette loi Sarkozy scélérate de pillage des retraites ne sera pas abrogée et tant que son auteur ne sera pas chassé.

Retour aux 60 ans et à taux plein.

Convention PS pour l’égalité réelle : reconstruire le code du travail en 10 points

1°) Réduire la durée légale et maxima du travail : 35 h légales, 44 h maxima, 5 jours de travail et 2 jours de repos consécutifs par semaine.

La première préoccupation est de réduire la durée réelle de la semaine de travail au plus prés de la durée légale de 35 h et de la poursuivre en lien avec la santé des salariés et avec l’emploi de tous. Le « temps de travail effectif » sera défini comme le « temps où le salarié est subordonné à l’employeur ». Il intégrera ainsi les pauses forcées, les temps des trajets imposés, d’habillage obligatoire et de casse-croûte indispensables sur le lieu de travail en journée continue. Les heures supplémentaires doivent redevenir « ponctuelles et imprévisibles », donc exceptionnelles, (selon un accord signé par le patronat le 31 octobre 1995). Elles doivent être majorées de 50 % pour les 5 premières heures et de 100 % pour les suivantes de façon à les rendre plus coûteuses que l’embauche. Le contingent annuel d’heures supplémentaires doit, dans un premier temps, revenir à 130 heures et, par la suite, être réduit à 100 heures. La durée du travail légale annuelle sera rétablie à 1600 h annuelles, le « forfait jour » sera abrogé, le temps de repos quotidien porté à 13 h, tout sera mis en oeuvre pour que toutes les heures de travail effectif soient comptabilisées de façon fiable et transparente, contrôlables par les salariés eux-mêmes, les syndicats et l’inspection du travail. Les sanctions aux délits de « travail dissimulé » seront majorées et appliquées. Nous rétablirons, sauf cas de force majeure, les deux jours de repos consécutifs hebdomadaires et le principe du repos dominical sera renforcé. En cas de dérogation exceptionnelle, il sera attribué une majoration de 100 % ainsi que pour le travail de nuit, afin d’en rendre l’usage dissuasif pour les femmes et les hommes. De façon générale, les travaux du dimanche et de nuit seront soumis à dérogation et à contrôle : l’interdiction aux mineurs sera rétablie. Les aides publiques pour les 35 h seront réservées aux petites et moyennes entreprises (moins de 50 salariés) et seront versées en proportion du nombre d’embauches réalisées et maintenues, suite à la réduction réelle du temps de travail. Ces aides seront distinctes selon les seuils sociaux (moins de 10 salariés, moins de 20 salariés et moins de 50). Elles feront l’objet d’une « convention » avec la puissance publique, elles seront liées au respect du Code du travail, blocables avec effet immédiat, et restituables comme toute aide en cas d’infraction aux accords passés.

2°) Stopper la précarité en instaurant un plafond de précaires par entreprise : la loi fixera un quota maximal d’intérimaires et de contrats à durée déterminée égal à 5 % maxi des effectifs dans les entreprises de plus de 20 salariés sauf dérogation exceptionnelle préalable. La loi augmentera l’indemnité de précarité d’emploi pour la rendre dissuasive : dans un premier temps à 15 %, pour les CDD comme pour l’intérim. L’usage de contrats précaires sur des postes permanents sera plus durement sanctionné. La requalification en CDI de CDD successifs sera facilitée autant pour le secteur public que pour le privé. La durée d’un CDD et de tout contrat précaire sans exception sera au maximum d’un an et au-delà sera requalifié automatiquement en CDI. Les périodes d’essai seront ramenées à 3 mois maximum. Tout allègement des cotisations sociales encourageant les emplois à temps partiel et précaires sera supprimé. La loi établira une complète égalité des droits entre salariés à temps plein et salariés à temps partiel, organisant la priorité pour revenir à temps plein. Elle limitera à 1 h au maximum l’interruption entre deux plages de travail au cours d’une même journée, pour tout temps partiel, avec pénalité forte en cas d’infraction. Elle encadrera le temps partiel, freinera les abus, empêchera qu’il soit un ghetto subi pour les femmes et non qualifiés, le valorisera de façon à ce qu’il ne soit pas le lot des « travailleuses pauvres ».

3°)  Établir un nouveau contrôle administratif sur les licenciements : en 1986, la droite avait supprimé le précédent contrôle de l’administration sur les licenciements qu’elle avait elle-même instauré en 1975 et dont les prémices existaient depuis 1945. L’inspection du travail, saisie par un syndicat, pourra suspendre la procédure dès lors qu’il y a « un doute manifeste » sur le bien fondé du licenciement. Le salarié restera dans l’entreprise et si l’employeur veut poursuivre la procédure, ce sera à lui d’apporter la preuve de son bien fondé devant le juge concerné. Pour les licenciements collectifs, la « loi de modernisation sociale » sera rétablie et améliorée de façon à donner à la puissance publique les moyens d’interdire effectivement, les délocalisations et licenciements boursiers, spéculatifs, ne reposant pas sur des difficultés économiques réelles et sérieuses. Le contrôle et la taxation massive des délocalisations boursières et des externalisations artificielles est l’arme par excellence contre l’avidité du capital financier. Si l’existence de réelles difficultés économiques est reconnue, l’inspection du travail pourra rendre la procédure « nulle et de nul effet » en dressant un « constat de carence » dans un délai de huit jours après la fin de toutes les procédures, lorsque « les mesures visant au reclassement sont insuffisantes », sauf si le comité d’entreprise ou les délégués du personnel, à la majorité, constatent que l’employeur a fait les efforts nécessaires en matière de reclassement et d’indemnisation des salariés concernés et qu’il a mené une politique active de ré-industrialisation du bassin d’emplois touché par la fermeture éventuelle du site.

4°)  Réguler la sous-traitance : contre les « externalisations » artificielles, les cascades de sous-traitance organisées par des grands groupes pour contourner les seuils et droits sociaux. Conduire une politique nouvelle de régulation et de protection pour 97 % des entreprises avec  trois mesures essentielles :

- Rendre pénalement et civilement, économiquement responsable de façon incontournable le donneur d’ordre de pour que celui-ci ne puisse passer des marchés à des conditions avilissantes et se dégager des conséquences qui en résultent.

- Aligner les conventions collectives des sous traitants sur celle du donneur d’ordre le temps de l’exécution des marchés, selon le principe existant déjà dans le Code du travail pour les CDD et les intérimaires.

- Faciliter la reconnaissance des unités économiques et sociales (UES), et la lutte contre les fausses franchises, l’éclatement artificiel des établissements, le faux travail indépendant, le marchandage et le prêt illicite de main d’œuvre.

Cela revient à abroger les lois Madelin, Fillon, Dutreil, Larcher, des pseudo « auto entrepreneurs » qui ont encouragé les « découpes » d’entreprise, et toutes les formes de recours à la sous-traitance dérégulée permettant à des donneurs d’ordre de surexploiter les artisans, ou petites entreprises privées de réelle autonomie et de droits pour leurs salariés, poussées notamment à utiliser du travail illégal dissimulé.

5°) Redévelopper la démocratie syndicale et sociale. Il dépend d’une volonté républicaine de redonner toute leur place dans notre pays aux syndicats. Les syndicats, indispensables à la vie démocratique et sociale, ont été atteints et diminués par la montée du chômage, par une très vive répression patronale, par la déréglementation des droits du travail. C’est au législateur de corriger ce déséquilibre nuisible à toutes les relations sociales. Il faut leur redonner les moyens juridiques, moraux et matériels de jouer un rôle de premier plan. Pour donner une légitimité démocratique à la représentation syndicale, les élections prud’homales et les élections qui seront rétablies et étendues à la gestion de toutes les caisses de protection sociale (Sécu, chômage, retraites, accidents du travail et maladie professionnelle, allocations familiales), devront se tenir le même jour, une fois tous les 5 ans. Ce jour sera chômé afin que chacun puisse voter librement. Les syndicats seront aidés financièrement par la puissance publique pour pouvoir défendre leurs points de vue et solutions dans de vraies campagnes électorales, citoyennes, éducatives. Ce financement public ne saurait se substituer aux cotisations ni mettre en cause l’indépendance syndicale, il viendra en complément et en proportion des adhérents réels et du nombre de voix obtenues aux différentes élections.

Les élections professionnelles et celles des comités paritaires de la fonction publique seront organisées à dates fixes le même jour, tous les deux ans au plus, dans chaque branche, de façon à permettre popularisation et intérêt pour celles-ci.

6°) Renforcer les moyens et les pouvoirs des instances représentatives du personnel. Le redéploiement de la démocratie sociale nécessite une extension des missions des Comités d’entreprise et, à défaut, une extension des missions et moyens des délégués du personnel (DP : entreprises de plus de 10 employés) et des conseillers du salarié (entreprises ou il n’y a pas de DP). Les comités d’entreprises, élus tous les deux ans au plus, ne seront plus seulement consultés, mais ils pourront sur certaines questions donner un « avis conforme » sans lequel l’employeur ne pourra imposer sa décision. Cela rétablira une obligation de négocier, avec des résultats. Cela portera sur des questions clés et délimitées : horaires, application des conventions collectives, pour lesquelles, l’employeur ne pourra pas imposer ses décisions sans avoir obtenu l’avis préalable et conforme de ces instances, comme c’est déjà le cas pour les comités d’entreprise (à propos des modifications d’horaires individualisés et de changement de centre de médecine du travail). Les conseillers du salarié se verront augmenter en nombre, en moyens, crédit d’heures, avec la possibilité d’être saisis par les salariés, là où il n’y a pas de délégués du personnel, et d’intervenir légalement comme interlocuteurs des employeurs sur les questions ayant trait à l’application du droit et des conventions collectives.

7°) Développer l’hygiène et la sécurité au travail. Protéger la santé au travail en lien avec la réduction du temps de travail et le recul de la précarité est un aspect décisif de l’ordre public social. Nous prendrons toutes les mesures pour réparer complètement, ce qui est loin d’être le cas, les accidents du travail et les maladies professionnelles. Nous re-développerons la prévention, et donnerons toute son indépendance à la médecine du travail. Le taux d’exposition aux risques étant plus élevé dans les petites entreprises, il faut abaisser les seuils à 20 salariés, initier des  Comités « hygiène, sécurité et conditions de travail » (CHSCT) de site et de branche, départementaux, donner davantage d’heures de délégation, une meilleure formation de qualité, et un budget. Les CHSCT, c’est la prise en main par les travailleurs concernés de leur propre sécurité, la meilleure prévention pourvu qu’ils aient les moyens humains et matériels de faire face à toutes leurs obligations. Les CHSCT seront élus et non plus désignés, auront un budget et un statut propre, dans toutes les entreprises de plus de 20 salariés, leurs membres seront formés et disposeront de crédits d’heures suffisants pour exercer leur mission assurant tous les domaines de la sécurité au travail prévus dans leurs fonctions. Une « obligation de faire » sera instaurée en matière d’hygiène sécurité.

8°) Stop aux discriminations. Donner les moyens aux institutions, syndicats, IRP, inspecteurs du travail, prud’hommes, tribunal pénal, d’agir contre et de sanctionner toutes les formes de discrimination et de harcèlement au travail et dans l’entreprise. Cela concernera les discriminations syndicales en premier chef mais aussi à l’égard des immigrés, des jeunes, seniors, ou contre les syndicats, ou à l’égard des orientations sexuelles. A commencer par les discriminations à l’égard de femmes, en matière de salaires, de promotions et de congés maternité. L’égalité salariale devra être établie par la loi partout en un délai d’un an sous peine d’astreintes et de lourdes sanctions financières. Les conventions collectives devront comporter des chapitres obligatoires sur l’évolution des carrières, des qualifications, des niveaux, échelons et coefficients salariaux, pour tous et toutes explicitement selon les grilles de métiers et les expériences acquises. Les femmes de retour de congés maternité devront retrouver un poste identique et seront protégées pendant 18 mois après leur retour.

9°) Pour une vraie Sécurité sociale professionnelle, quatre droits fondamentaux constitutifs seront mis en œuvre :

-  Le droit au reclassement

– Le droit au revenu

– Le droit à la protection sociale

– Le droit à la formation continue

La formation des salariés tout au long de la vie ne doit pas être un prétexte du patronat, pour licencier. Il ne s’agit pas d’échanger une sécurité de l’emploi pour l’ombre d’un reclassement aléatoire. Ni de permettre au patronat de rejeter la formation hors du temps de travail et de ne pas en payer le coût. Les formations des demandeurs d’emploi doivent être rétribuées dans les mêmes conditions que le chômage : 75 % des derniers salaires. Ce droit sera financé dans le cadre du droit au revenu de la Sécurité sociale professionnelle, de l’assurance maladie et de la retraite.

Cela impose la création d’un grand service public de la formation professionnelle doté des moyens nécessaires, tant humains que financiers permettant de délivrer des certifications reconnues par l’Etat et intégrées dans les conventions collectives.

Ce droit à la formation ne doit pas permettre de légitimer l’abaissement du niveau du socle minimum de connaissances que l’école doit permettre à chacun d’acquérir, sous prétexte que la formation continue serait d’autant plus développée que la formation initiale aurait été courte. Il faut rappeler à ce sujet pour éviter tout dérapage, que rien ne vaut une formation initiale de qualité.

Pour une bonne Sécurité sociale professionnelle, il est nécessaire d’écarter deux illusions.

La première illusion : considérer que la mobilité de l’emploi est une conséquence inéluctable des mutations technologiques.

La deuxième illusion : croire que la Sécurité sociale professionnelle puisse se substituer à la lutte contre les licenciements abusifs et pour le plein emploi.

Une véritable sécurité sociale professionnelle devra s’accompagner de toutes les mesures destinées à sécuriser l’emploi. Il s’agit d’un droit lié à la personne qui n’est pas contradictoire ni substituable mais complémentaire aux droits liés au contrat de travail.

10°) Renforcer les moyens de l’Inspection du travail. L’établissement d’un réel contrôle par la République sur le pouvoir des employeurs et des actionnaires demandera un accroissement substantiel des effectifs et des moyens de l’inspection du travail. Le nombre de sections d’inspection sera au moins doublé pour permettre le respect des droits des 16 millions de salariés actifs dans le secteur privé. Il s’agit d’un choix de société : les lois de la République doivent l’emporter sur le marché, l’Etat de droit doit régner dans les entreprises comme ailleurs. Il faut remplacer la fumeuse « main invisible du marché » par la citoyenne « main visible de la démocratie ». Le bon combat c’est celui pour que l’économie soit subordonnée aux besoins des humains et pas l’inverse. Toute cette bataille pour un nouvel ordre public social, devra être accompagné d’un renforcement du droit pénal du travail : sanctions effectives plus fortes, directives aux Parquets plus strictes contre la délinquance patronale. Il est insupportable pour une société équilibrée que « ceux d’en haut », et parmi eux, les chefs d’entreprise, ne montrent pas l’exemple, alors que les sanctions tombent drues sur les jeunes des banlieues sans travail et sans avenir.

Une plaie béante. Impossible à fermer tant que Sarkozy ne sera pas chassé et sa loi abrogée…

Tous ensemble le 6 novembre dans la rue…

Sarkozy veut que rien ne sorte de trop provocateur de l’immense affrontement social en cours, il fait profil bas pour « engranger » doucettement auprès de ses commanditaires du Medef, du CAC 40 et des banques, le « bénéfice » de nous avoir pillé nos retraites.
Mais s’il fait profil bas, s’il continue d’organiser des diversions, c’est parce qu’il lui est impossible de crier victoire, c’est parce qu’il continue de marcher sur des œufs, c’est parce que nous avons été au bord de la grève générale entre les 12 et 22 octobre…

Retranchés à l’Elysée, ils ont senti le souffle de leur propre peur, le souffle du déferlement populaire…
Il s’en est fallu d’un cheveu…
Et il s’en faut toujours d’un cheveu,
La plaie ne se referme pas
Les « blocages » ne peuvent pas remplacer la grève générale avec occupation des entreprises… La grève générale ne se décrète pas, on l’a encore ressenti, mais on en n’était pas loin…
L’unité, la confiance de millions de salariés nous y a presque conduit…
À quelque chose prés…
Alors continuons de diffuser de l’unité, de la conviction et de la confiance..
Après 11 semaines d’un mouvement sans précédent dans l’histoire des 40 dernières années, après 10 manifestations de 3 millions de personnes,
nous allons encore défiler ce 6 novembre.
Et les syndicats appellent à une autre journée dans la semaine qui suit…
Il ne faut rien lâcher.

Nous ne lâcherons rien car nous avons conscience d’être archi majoritaires.
Nous avons la conscience de notre force collective.
Les peuples d’Europe et du monde nous admirent et nous soutiennent.
Nous exigeons la non-promulgation de cette loi illégitime comme ce fut le cas pour le CPE.

Sarkozy n’avait pas mandat, lui même l’avait dit, pour cela.

Et dans un pays démocratique, même une majorité parlementaire, quand elle est manifestement devenue minorité dans le pays, ne peut s’imposer au forcing.
Rien n’est plus comme avant depuis 9 mois. Et encore plus depuis 2 mois. Tout le monde a ouvert les yeux, a appris, ne raisonne plus pareil.
Il y a eu comme une éducation populaire de masse. Une contamination des yeux ouverts.
Pour des dizaines de millions de citoyens, ce pouvoir est menteur, méprisable, haï comme jamais ce ne fut le cas récemment..

Sarkozy veut, on le sait, détruire tout ce qui est sorti du programme de la Résistance en 1945. Il veut casser le droit social dans le pays et le réduire au droit anglo-saxon. Il est une sorte de forcené dans cette tentative de tout casser, des retraites a la Sécu, des 35 h au Smic, d’EDF à la SNCF, de l’école publique à nos hôpitaux, la liste de toutes les régressions entamées depuis trois ans est immense. Insupportable.
Au point qu’il y a une atmosphère de révolution, de 1989 dans les têtes

Normalement dans un pays civilisé, il y aurait des élections anticipées. Normalement on devrait tous exiger sa démission et des élections immédiates, c’est encore plus sûr qu’une votation citoyenne et un  referendum.
On voit d’ailleurs derrière la pitoyable comédie du remaniement qu’il n’arrive plus à gouverner en dépit de sa prétendue « majorité », elle est cassée, usée, impuissantée.
Même si c’est vrai que des valets, députés de l’UMP profitent encore jour après jour, de ce délitement général pour attaquer encore plus les hôpitaux, la LFSS, l’AME. Comme dans ces périodes de réaction, de contre-révolution blanche à bout de course, d’ultimes excès se produisent.

Le quinquennat n’est pas achevé que tout le monde en a assez, 18 mois encore à venir, à tenir sont devenus insupportables, Sarkozy n’est plus qu’une pierre dans nos chaussures à tous. De tout son bling-bling, il ne reste plus, dénudé, que son acharnement hystérique à nuire aux droits sociaux, aux salaires, à l’emploi, à la Sécu, aux retraites, à l’école. Il incarne, comme le brandit si bien la banderole du Théâtre du soleil, « la longue nuit du Fouquet’s », du fric, de l’arrogance, du mensonge organisé  et des Rolex. C’est l’homme de Bettancourt, de Dassault, de Bouygues, des bétonneurs et avionneurs qui tiennent TF1, de Parisot, l’ennemi du code du travail et de ceux qui se lèvent tôt, de ceux qui travaillent, qui produisent les richesses et qu’il détrousse après avoir tenté de les manipuler, casque sur la tête
Les gros médias jouent superficiellement, à effacer, solder, dépasser, nier,  le vaste mouvement historique que nous connaissons depuis septembre, ils organisent l’oubli, la versatilité de l’opinion, etc…  Mais c’est  en vain, c’est stupide, car nul n’oublie d’avoir participé a de telles manifestations, nul n’oublie ses jours de grève impayés, nul n’oublie que le médiocre tyran du moment refuse de répondre… ‘”J’ai commencé à manifester en t shirt, puis en imper, je continuerai en anorak”’ dit un manifestant.
Rien n’est fini, rien n’est joué.

Cette loi scélérate sur les retraites est illégitime.
Le pouvoir est isolé, cerné, discrédité
Qui peut éviter de répondre à 75 % de l’opinion hostile ? Qui peut ne pas négocier avec 10 fois 3 millions de manifestants ?  À part les dictateurs birmans qui peut nier, résister, écraser une si puissante, durable, profonde exigence populaire ?
La lutte continue !
Salariés et jeunes ensemble, tous les syndicats et toute la gauche.
Pour des appels communs, un programme commun, des initiatives communes de la gauche défendant la retraite à 60 ans à taux plein.
Unité, conviction, confiance.

60 ans a taux plein pas un an de plus pas un euro de moins

bilan réunions publiques G. Filoche 2010 dans le cadre de la campagne de meetings lancée autour de l’appel Attac-Copernic,

http://www.exigences-citoyennes-retraites.net

pour info et mémoire militantes, voici le bilan des réunions tenues tout au long de l’année 2010 :

droit du travail :
Mardi 12 janvier : PS Dombasles près Nancy (60 présents)
Vendredi 15 janvier : PS  Tarbes crise et luttes sociales (250 présents)
Lundi 25 janvier 2010 : promotion 2008 IET à l’INT Lyon (45 présents)
Vendredi 29 janvier : MJC/CE à Saint-Chamond Loire (60 présents)
Mardi 2 février : PS Rethel Ardennes (55 présents)
Mercredi 3 février : UFR de sciences politiques Paris X° (70 présents)
Vendredi 5 février : formation retraites UMA Sorbonne (170 présents)
Lundi 8 février : Cercle Condorcet à Toulouse (215 présents)
Jeudi 11 février : Attac Royan Charente (55 présents)
Vendredi 26 février : PS Brives Chanceix (19) (100 personnes)
Vendredi 5 mars : Cercle Condorcet Dôle (39) 150 présents)
Jeudi 11 mars : LDH 35 Rennes (75 présents)
12 réunions de 1310 personnes soit 109 en moyenne

retraites printemps :
Jeudi 8 avril : PS 93 St Denis retraites (80 présents)
Lundi 12 avril : PS 92 Plessis Robinson retraites (30 présents)
Vendredi 16 avril : assoc PS Metz  retraites (90 présents)
Mardi 20 avril : Attac Boulogne 59, retraites (80 personnes)
Lundi 3 mai : PS 44 à Nantes inégalités (75 participants)
Mardi 4 mai : Attac 22 Morlaix retraites (170 participants)
Mercredi 5 mai : LdH Longwy 57 retraites (100 participants)
Jeudi 6 mai : grand meeting unitaire à Paris à La Bellevilloise ! (800 présents)
Lundi 10 mai : Attac Chatellerault 37 retraites (100 présents)
Mardi 18 mai : a midi 30 université de Nanterre le midi  (65 présents)
Mardi 18 mai : meeting unitaire Le Puy (200 présents)
Jeudi 20 mai : a-m colloque travail Sorbonne Paris 75 (50 présents)
Jeudi 20 mai : Attac Créteil unitaire droit du travail (50 présents)
Lundi 21 mai : fête de LO de 12 à 13 h (280 présents)
Mardi 25 mai : midi CE EDF Clamart retraite  (50 présents)
Mardi 25 mai : soir meeting unitaire retraite Aubervilliers (100 présents)
Mercredi 26 mai : Agora Nanterre retraite  avec J Fraysse et B Friot (100 présents)
Jeudi 27 : Attac Bergerac retraite (100 personnes)
Vendredi 28 mai : meeting unitaire retraite à Pau (400 personnes)
Lundi 31 mai : assoc 13 Carnoux-en-Provence retraite  (70 présents)
Mardi 1er juin : meeting unitaire retraites  Châlons–en-Champagne 51 (100 présents)
Mercredi 2 juin : fédé 93 PS retraites (60 présents)

Vendredi 4 juin : meeting unitaire retraites 26 Romans (130 participants)
Lundi 7 juin : Saint-Quentin-en-Yvelines 78 PS (70 participants)
Mardi 8 juin : meeting unitaire Nice 06 (170 personnes)
Mercredi 9 juin : meeting unitaire 38 à Grenoble (200 présents)
Jeudi 10 juin : meeting unitaire retraites 69 à Lyon (600 présents)
Vendredi 11 juin : meeting unitaire retraites 50 à Cherbourg (200 présents)
Lundi 14 juin : meeting unitaire 76 Rouen (1000 présents)
Mardi 15 juin : PS retraite Paris 17 ° (40 présents)
Mercredi 16 juin : PS droit du travail Vénissieux 69 Bosch (50 présents)
Jeudi 17 juin : Arrêt sur Image, puis journal de LCP-AN
Vendredi 18 juin : meeting unitaire retraite Gap 05 (120 présents)
Dimanche 20 juin : colloque « Libération » à Grenoble 38 (110 + 25 présents)
Mardi 22 juin : Radio Campus 19 h/20 h puis Antony 92 à 20 h 30 (60 présents)
Mercredi 23 juin : meeting PS Quetigny Dijon 21 (60 personnes)

Jeudi 24 juin : meeting unitaire Evry Courcouronnes (85 personnes)

Vendredi 25 juin : Seine et Marne 77 Vaux-le-Penil (50 personnes)
Lundi 28 juin : rassemblement Paris 19 h 21 h Bourse 200
Mardi 29 juin : meeting unitaire Lille 500
Jeudi 1er juillet : meeting unitaire Créteil 80

40 réunions avec 6855 personnes soit 170 en moyenne

meetings unitaires retraites automne

Vendredi  3 sep : France bleu Gascogne + Sud Ouest meeting à Dax 40 (450 présents)
Samedi 4 septembre  : meeting unitaire Fontenay-le-Comte 85 (170 présents)
Lundi 6 sept : France inter + Europe n°1  + Mermet
Mardi 7 septembre : grève intersyndicale + manifs
Mercredi 8 septembre : grand meeting unitaire  Espace Montreuil (1000 présents)
Samedi dimanche 11/12 septembre : la fête de l’Humanité
Lundi 13 septembre : Sud radio 8 h 15 + meeting unitaire Besançon (25) 300 présents
Mardi 14 septembre : meeting unitaire Chartres (28) 200 présents
Mercredi 15 septembre : rassemblements élus
meeting unitaire Toulouse (31) 1500 participants
Jeudi 16 septembre : meeting unitaire St Amand-Montrond (18) (180 présents)
Vendredi 17 (7/800) sam 18 dim 19  : UMA Vieux Boucau 40 : meet dim ? 19 (1200)
Lundi 20 septembre : meeting  unitaire  Rennes (1100 participants)
Mercredi 22 septembre : meeting Blois attac 49  (100 présents)
Jeudi 23 septembre :  grève et manifestations intersyndicales
Soir : Compiègne agora 21 Oise 60 (100)
Vendredi 24 septembre : meeting unitaire Chaumont (1100 présents)
Lundi 27 septembre : meeting unitaire Clermont-Ferrand (1500 participants)
Mercredi 29 septembre : Attac Gardanne  13  (110 présents)
Vendredi 1er octobre : meeting jeunes unitaire Paris Bourse du travail 500 présents
Samedi 2 octobre : manifestation intersyndicale
Lundi 4 octobre : Utopia St Ouen L’Aumône spécial sortie film Siné  95 (110)
Mardi 5 octobre : unitaire Agen 47  (250 présents )
Mercredi 6 octobre ; Paris 13° Librairie Jonas (75 participants)

Jeudi 7 octobre : PS Gravelines 59  (65 présents)
Vendredi 8 octobre : PS Châteauroux 37 (70 présents )

20 meetings avec 10670 soit 500 en moyenne

Lundi 11 octobre : meeting unitaire Le Havre (700 personnes)
Mardi 12 octobre : grèves manifestations

+soir Maison citoyenne Migennes 89 (250)
Mercredi 13 octobre : meeting unitaire Caen (250)
Jeudi 14 octobre : Pouzauges La Bouquère 85 (75)

Vendredi 15 octobre : meeting unitaire Perpignan 66 (400 personnes)

Samedi 16 octobre : manifestations

Lundi 18 octobre : Charleville-Mézieres réunion PS 08 (80 personnes)

Mardi 19 octobre : grèves et manifestations

soir Champigny sur Marne 94 (80 personnes)
Mercredi 20 octobre : Paris 14° M’PEP (40 personnes)
Jeudi 21 octobre :  Viry-Chatillon MJC  91 (30)

30 meetings en 60 jours soit 13 050 et une plus grosse moyenne avec 440 présents

après l’adoption au forcing contre 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion, par Sarkozy, de la loi de pillage de nos retraites

mercredi 3 novembre à 19 h 15 : Sciences Po. Attac 80 présents

Jeudi 4 novembre : meeting unitaire Mulhouse 200 participants

Mardi 16 novembre : Paris 13° PCF (20 présents)
Jeudi 18 novembre : Mairie de Portes-les-Valence 26 (100 personnes)
Samedi 20 novembre : Vendémiaires 10 h à Tours 37 (75 participants)
Lundi 22 novembre : Université populaire d’Arcueil 94 (75 présents)
Dimanche 28 novembre : Attac Gisors 27 (65 personnes)

Mardi 30 novembre : réunion unitaire Paris 11°  (110 présents)

Mardi 14 décembre :réunion unitaire Fontenay sous Bois (94) (50 présents)

Mercredi 15 décembre : meeting PS Saumur (49) (75 présents)

10 meetings avec 850 soit 85 en moyenne

un total en gros, dans l’année de 92 meetings avec 21300 soit 250 en moyenne