Octobre 2010 : le mouvement de blocage général

Ils ont voulu rendre le droit de grève difficile ou limité ou interdit ou périlleux, ou coûteux. Les salariés contournent à leur façon cette difficulté.

Dans des secteurs où il est difficile de faire grève avec occupation, à cause de salaires trop bas, ça coûte trop cher, pour cause de chantage à l’emploi et de précarité, quand le droit de grève peut valoir chômage, quand des services minimum sont instaurés, comment faire pour parvenir au même résultat, dans une économie densifiée, complexe, interdépendante ? il  y a désormais un moyen complémentaire et efficace qui a surgi pour bloquer l’économie du pays et forcer le pouvoir politique à négocier  : le blocage. Ca ne remplace pas la gréve mais ça aide.

-      Blocage de l’accès aux dépôts de carburant, comme à Vovray, près d’Annecy et dans des dizaines de raffineries de toute la France, de Donges à Grandpuits.

-       Blocage des Zones Industrielles comme à Amiens (plusieurs centaines de grévistes dont 200 de Goodyear) Rouen ou Le Havre.

-      Blocage de l’accès aux plateformes logistiques des hypermarchés (comme à Carbon-Blanc Auchan, près de Bordeaux).

-      Blocage de l’accès aux aéroports comme à Marignane (prés de Marseille) ou des ports comme à Berre.

-      Blocage des routes comme autour de Lille et de Paris

-      Blocage des gares ou des voies ferrées comme dans des dizaines de villes

-      Blocage de l’accès aux personnels (non-militaires) à l’arsenal de Toulon.

-       Blocage des dépôts par les éboueurs, comme à Toulouse ou Marseille.

-      Blocage des lycées et des facultés

-      Blocage des cités administratives comme à Carcassonne

Le mouvement des blocages, des temps forts alternés, de la gréve reconductible :

En fait, en ce mois d’octobre,  une autre variante de mai 68 et de juin 36 s’est inventée,  le blocage général alterné de temps forts de manifestations. C’est une  tactique  qui s’est élaborée presque spontanément : assauts répétés de manifestations et d’occupations bloquantes entre chacune. La solidarité en est facilitée et chacun peut participer, à son niveau, même celui auquel la grève a été rendue difficile.

Et dans la mesure où le blocage tient et a le soutien de l’opinion comme c’est le cas, dans le mesure où ce ne sont pas des actions minoritaires de substitution de type « robin des bois », ça nourrit la gréve générale, ça effraye les employeurs et les actionnaires qui ne peuvent continuer à faire fonctionner leurs exploitations.

Car évidemment rien ne peut remplacer la gréve avec occupation des entreprises nécessaire pour arrêter toute la production. D’ailleurs des centaines d’usines, de bureaux, de services sont stoppés en ce moment, et courageusement des salariés votent la gréve reconductible…

L’un n’empêche pas et ne doit pas se substituer à l’autre, mais nourrit l’autre, l’aide, l’alimente…

Sarkozy s’épuise, enfermé dans son fortin de l’Elysée, à donner des ordres partout pour débloquer.  Fait-il évacuer un  dépôt de raffinerie, qu’un autre est occupé,  fait-il fermer une fac qu’une autre est bloquée, fait-il dégager les routes qu’une autre région voit arriver les camionneurs escargots.

Ce 22 octobre la nouvelle vient de tomber, contrairement aux allégations de l’Elysée qui intoxique : le soutien ne faiblit malgré les  efforts du gouvernement et des principaux médias pour opposer le mouvement social au reste de population.

Il y a bien quelques égoïsmes du petit matin qui grognent sur France inter (qui les recherche) parce qu’ils n’ont pas d’essence pour partir en vacances, mais ils sont minoritaires. Selon un sondage BVA du 21 octobre, 69 % des personnes  interrogées approuvent « les grèves et les manifestations ».

Le soutien est quasiment unanime chez les sympathisants de gauche (92 %) et réunit prés d’un tiers des sympathisants de droite  (32 %).

Tirons la conclusion de cette nouvelle situation née du mouvement social. Bloquons, aidons les bloqueurs, entre deux manifestations comme à Grandpuits ou Donges. Puis manifestons, lors de “temps forts”  comme 6 fois déjà, et aussi les 28 octobre et 6 novembre, on tient bon dans la durée.  Et faisons gréve partout où c’est possible.

Tôt ou tard Sarkozy va devoir négocier.


Le forcené de l’Elysée prétend que ce sont les grévistes qui prennent la France en otage

Que s’est il passé aujourd’hui ? La France est toujours en effervescence

Le gouvernement est illégitime à imposer cette loi : « Revenir sur la retraite à 60 ans ? Je dis que je ne le ferai pas, je n’ai pas de mandat pour cela » affirmait Sarkozy lui-même en mai 2008.

Comme Sarkozy est acculé, isolé, il s’en prend aux millions de manifestants, aux 75  % de Français qui s’opposent à son actuel coup de force contre la retraite à 60 ans.

Il envoie les CRS, sans grand succès, car les occupants des dépôts pétroliers résistent et les routiers aussi. Quand un dépôt est difficilement évacué, un autre est occupé. Et de toute façon les CRS n’ont pas la compétence pour les remettre en route, ce qui contribue à ce que la distribution de carburant se ralentisse de plus en plus. D’autant que 12 raffineries sur 12 sont en grèves et que 40 pétroliers sont bloqués à Marseille.

Sarkozy refuse que son projet scélérat soit discuté plus longtemps au Sénat

L’aveu d’impuissance du pouvoir, aujourd’hui a été d’avancer encore la discussion au Sénat en imposant une procédure d’urgence, celle du vote unique, afin d’empêcher et de clore les débats.

Faut-il que chaque jour compte, que chaque heure compte aux yeux du forcené enfermé dans le camp retranché de l’Elysée pour qu’il soit obligé d’en arriver là ?
C’est lui le casseur en chef !

Voilà Sarkozy qui prétend que « les casseurs n’auront pas le dernier mot dans la République » : mais c’est lui, le casseur en chef, le pilleur de retraites, le faiseur de misère.

Ces rodomontades a ne changent rien à l’extraordinaire résistance, à l’inventivité de tous ceux qui multiplient toutes les formes de barrages possible pour bloquer le pays :

-       Blocage des Zones Industrielles comme à Amiens (plusieurs centaines de grévistes dont 200 de Goodyear) Rouen ou Le Havre.

-      Blocage de l’accès aux plateformes logistiques des hypermarchés (comme à Carbon-Blanc Auchan, près de Bordeaux).

-      Blocage de l’accès aux dépôts de carburant, comme à Vovray, près d’Annecy.

-      Blocage de l’accès aux aéroports comme à Marignane (prés de Marseille).

-      Blocage de l’accès (aux personnels non-militaires) à l’arsenal de Toulon.

-      Blocage des dépôts par les éboueurs, comme à Toulouse ou Marseille.

Sarkozy croit qu’ils vont s’user et dresser la population contre eux, c’est le contraire ce sont des millions de gens qui les soutiennent et qui enragent que Sarkozy ne cède pas et leur inflige cette bataille insensée, alors que de toute évidence son sale projet de contre réforme ne peut pas passer.
Tenons bon, bloquons tout ce qu’il est possible de bloquer, affichons notre solidarité avec ceux qui le font courageusement.
Aujourd’hui des dizaines de milliers de jeunes sont descendus dans la rue

1300 lycées étaient touchés par la mobilisation selon la FIDL. 33 universités étaient bloquées partiellement ou totalement et dans 30 autres universités des AG se sont tenues.

Et, à l’appel de l’UNEF, de l’UNL, de la FIDL… des dizaines de milliers de jeunes ont manifesté leur rejet de la réforme des retraites et du mépris de Sarkozy.  A Paris se sont 17 000 jeunes qui ont manifesté, appuyé par les services d’ordre de la CGT, de la CFDT, de Fo et de Solidaires afin d’éviter les provocations et les flammes dont les médias et Sarkozy sont si friands.

L’intersyndicale appelle à deux nouvelles journées d’action : le jeudi 28 octobre et le samedi 6 novembre

Le gouvernement tablait sur la division syndicale. Le voilà servi, c’est l’ensemble des organisations syndicales, dans l’unité, qui appellent à ces deux nouvelles journées de mobilisation.

Le gouvernement tablait sur les vacances de la Toussaint. Ces deux manifestations permettront de faire le pont et qu’à la rentrée, comme dans la bataille contre le CPE, toutes les forces se retrouvent dans la bataille.

60 a taux plein pas un an de plus pas un euro de moins !

Jouer le matamore ou négocier ?

Le gouvernement est illégitime à poursuivre : « Revenir sur la retraite à 60 ans ? Je dis que je ne le ferai pas, je n’ai pas de mandat pour cela » affirmait Sarkozy lui-même en mai 2008.

« Ils prétendent qu’ils ne céderont pas : mais ils le jureront encore… une heure avant de céder ! »


Le pays est toujours en effervescence dans toutes ses régions

Des manifestations se déroulent chaque jour un peu partout. Malgré les difficultés et leurs coûts, des grèves courageuses tiennent.

40 % des points de distribution de pétrole, 4700 stations services, sont à sec et la majorité des dépôts pétroliers sont fermés. Sarkozy matamore les fait « évacuer » un par un mais les piquets se reforment aussitôt et de toute façon la police ne peut remettre les raffineries en route à la place des salariés…

Le condamné pour racisme, le bretteur anti Roms, le hâbleur de la sécurité dite publique, Brice Hortefeux, va à Lyon provoquer et se fait huer par des jeunes déboussolés, perdus… Les « casseurs » sont comme le dépôt dans le fond d’un tonneau de bon vin, le bon vin étant la puissance du mouvement social, le dépôt provenant des dégâts de la crise sociale avivée dans les banlieues par la misère de la politique sarkozyste.
Sarkozy comme Hortefeux essaient de faire jouer de bien piètres ficelles face à un grand mouvement social

Essai de susciter des divisions syndicales.

Essai de faire peur avec des poubelles brûlées et quelques vitrines cassées.

Essaie de faire croire que les « vacances » suffiront à éteindre le mouvement.

Essai de faire croire qu’ils jouent le pourrissement du mouvement.

Mais :

La division syndicale serait suicidaire pour le syndicat qui romprait l’actuel front uni. Elle est donc elle donc peu probable, elle serait sans doute sans effet sur la dynamique du mouvement.

Les « casseurs » sont totalement extérieurs à l’extraordinaire force du mouvement social, rien à voir avec la détermination des 6 puissantes manifestations de 3 millions de salariés en 7 semaines. Quelques images « classiques » de voitures brûlées sur TF1 ne peuvent « retourner » une opinion très forte et très consciente.

Les vacances n’y feront rien : les jeunes manifestent en masse ce jeudi 20 octobre et ils recommenceront après, ce n’est pas la première fois que cela arrive. Les syndicats envisagent à l’heure où cette lettre est bouclée, une nouvelle journée de mobilisation le jeudi 28 octobre et une grève et manifestation générale à la veille du jour où Sarkozy a l’intention d’imposer un vote de ratification définitif a l’Assemblée nationale, le 6 novembre.

Pareil mouvement ne peut « s’essouffler » : il est trop profond pour cela

«  J’ai commencé les manifs en t’shirt, je les poursuis en imperméable, je les finirais en duffle-coat s’il le faut ! » affiche clairement un manifestant.

De façon inlassable, les sondages confirment que les trois-quarts de l’opinion sont hostiles à la politique autiste du gouvernement. 79 % de la population souhaite que Sarkozy négocie avec les organisations syndicales.
Un tel refus, un tel blocage est une négation de la République et de la démocratie, quelque chose d’insupportable dans un grand pays comme le nôtre. C’est pourquoi la colère se développe au lieu de s’apaiser : il n’y a pas d’issue tant que Sarkozy ne suspend pas son projet et ne rouvre pas les négociations avec les syndicats. Depuis hier, les déclarations communes de toute la gauche unie se multiplient dans les départements, y compris au Sénat. Aveuglement et surdité persistent pourtant, de façon stérile et dangereuse à l’Elysée.

Jusqu’à quand ?

Combien de jours et d’heures encore ce pouvoir discrédité et isolé, minoritaire, persistera-t-il dans cette voie sans issue ? Tôt ou tard il devra céder. Et plus le temps passe, plus la question de céder sera liée à l’exigence de son départ, de la démission du peu estimé président, trop ami des rentiers et des banqueroutiers.

Céder ou démissionner ? Le temps du choix devient court. Bientôt il faudra céder ET démissionner.
La gauche doit renforcer son unité, se préparer à des échéances qui peuvent être anticipées. Un programme commun sur les retraites serait nécessaire et utile. Un programme commun pour gouverner entre toutes les composantes de la gauche est urgent.

6° journée en 7 semaines : record battu ce 19 octobre : plus de 3,5 millions

Record battu ce 19 octobre : plus de 3,5 millions

Le gouvernement est illégitime à poursuivre : « Revenir sur la retraite à
60 ans ? Je dis que je ne le ferai pas, je n’ai pas de mandat pour cela »
affirmait Sarkozy lui-même en mai 2008. (suite)

Mais à ce stade, il ne s’agit plus de compter, il faut additionner : voilà 6 temps forts avec 3 millions et plus de manifestants, étalés sur un mois et demi, c’est sans précédent dans notre pays. C’est une détermination en profondeur qui ne se relâche pas en dépit des mensonges, de la propagande, odieuse et bornée du gouvernement D’autant que l’opinion favorable ne se dément pas, majoritaire de façon écrasante  : 71 % de soutien, 69 % qui veulent une grève durable, 54 % pour la grève générale…
Ou voit-on un « chef d’état » qui n’avait pas de mandat populaire pour s’attaquer aux retraites, d’après ses propres dires, résister obstinément si longtemps à 75 % de son peuple ? En Thaïlande ? Pas en République !

Sarkozy Fillon sont fermés comme une porte cochère, c’est intolérable. Ou se croient-ils ? Qui se croient-ils ? Comment peuvent-ils ne parler que de répression, d’ordre public, d’intervention policière contre les raffineries, les routiers, les lycéens, et ne jamais répondre au fond des questions posées par des dizaines de millions de citoyens désormais ?

Ils croient quoi ? que de basses manœuvres vont suffire ? Comme tenter de diviser un petit syndicat, ou tenter de profiter du cap des vacances, ou organiser des petites provocations violentes pour effrayer, ou laisser « pourrir », tout cela est classique mais mesquin en face d’un tel soulèvement populaire.

Les manifestants sont créatifs et joyeux, solidaires et conquérants comme dans les grandes époques. L’ironie est souvent éloquente : « j’ai commencé ces manifs en t’shirt, je les continue en imperméable, je les poursuivrais en duffle-coat ». Sur un t’shirt : « on ne m’a pas compté la dernière fois ». «  6 manifestations selon les syndicats, 3 selon la police » et toujorus : 60 a taux plein, pas un an de plus, pas un euro de moins…

Sarkozy croit-il arrêter une si grande vague d’indignation consciente avec de médiocres bouts de ficelles ?  Ne voit-il pas la lucidité, l’assurance des millions de gens qui défilent et de tous ceux qui les soutiennent ? Il y a une extraordinaire conscience parce qu’il y a une extraordinaire politisation : depuis des mois des millions de citoyens ont appris tous les rouages des systèmes de retraite, on ne peut les tromper avec de la pacotille, en leur faisant prendre des vessies pour des annuités, en les roulant dans la farine avec de gros bobards. La question des retraites concentre désormais tout : on ne veut pas se laisser piller davantage les richesses produites par les salariés par les banqueroutiers, les accapareurs, les charlatans des agences de notation, ou les riches du CAC 40 et les rentiers…  Sécu, salaires, école, services publics, fiscalité toutes les questions s’engouffrent derrière à grande vitesse : quand un pouvoir ne répond pas à une cause si claire et si puissante, il se met lui-même en cause dans toutes les autres, d‘ailleurs les « Sarkozy démission » fleurissent.

L’actuel soulèvement est explosif et ne s’arrêtera pas sans une réponse à la hauteur des événements qui se déroulent et qui valent bien mai 68 ou novembre décembre 95. La grève générale se nourrit des mépris du bunker de l’Elysée, et les actions de blocage éparpillées mais bloquantes dans tout le pays sont novatrices et efficaces : 4000 points d’essence fermés.
Continuons le combat : la jeunesse fait le plein jeudi et ensuite, d’autres temps forts, pourquoi pas deux journées, sont a l’ordre du jour jusqu’à ce que ce pouvoir cède et négocie

Votée ou pas au Sénat, puis revotée à l’Assemblée, puis ratifiée d’ici un mois par le Conseil Constitutionnel, la loi sur les retraites est illégitime ! elle doit être abandonnée, retirée et s’ils continuent de façon absurde, abrogée comme le fut le CPE…

Continuer l’offensive sur le terrain social
Partout se discutent de nouveaux blocages, de nouveaux débrayages, de nouvelles grèves, des reconductions, des manifestations de jeunes, de salariés tous ensemble. Il faut contribuer à ce mouvement, à son enracinement, à son extension, à sa généralisation … Partout des inter-syndicales appellent à cela. Il faut porter la mobilisation à son apogée. C’est la meilleure réponse aux menaces de Sarkozy contre les grévistes qui bloquent les raffineries, les ronds-points …

Continuer l’offensive sur le terrain politique
La vague de fond est là. Elle peut tout emporter. Il faut un débouché politique.
Déjà, dans les départements fleurissent des appels unitaires de la gauche et des écologistes.
C’est au plan national que la Gauche doit parler d’une seule voie, ensemble, avec une déclaration commune, des engagements, une alternative. En affirmant haut et fort la nécessité d’une autre répartition des richesses.

Que des points fixes communs soient mis en place lors des manifestations, que des appels unitaires sur des mots d’ordre communs soient signés a tous niveaux, que de nouveaux et nombreux meetings de la gauche unie et des écologistes soient organisés dès maintenant, que les municipalités  s’engagent, organisent la solidarité avec le mouvement social.

60, pas un an de plus, pas un euro de moins pour nos retraites !


La grève n’est pas encore générale, mais elle balbutie dans ce sens

Le gouvernement est illégitime à poursuivre : « Revenir sur la retraite à
60 ans ? Je dis que je ne le ferai pas, je n’ai pas de mandat pour cela »
affirmait Sarkozy lui-même en mai 2008.


Nous sommes presque dans un autre mai 68. L’histoire ne se répétant pas de la même façon, la grève n’est pas encore générale, mais elle balbutie dans ce sens et la surdité du pouvoir ne peut que contribuer à la faire s’installer. Maintenant ce sont des dizaines de millions de français qui n’acceptent pas que le pouvoir sarkozyste ne les entende pas : il y a quelque chose d’irrationnel, d’improbable dans le fait que le fortin de l’Elysée, isolé, divisé, battu, refuse de céder. L’effervescence gagne pourtant tout le pays, jusque dans ses coins les plus reculés.

Routiers, cheminots, ouvriers de la chimie, étudiants, lycéens se mobilisent lundi et mardi 1 500 stations-service étaient en rupture de stock de carburant selon l’Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP) ce qui veut dire, comme on ne les croit plus et que l’essence est devenue introuvable, c’est sans doute le double… D’ailleurs un comité interministériel de crise a été convoqué.
Les routiers sont rentrés dans le mouvement. Ils ont organisé dés lundi plusieurs opérations « escargot » aux abords des grandes villes de France, provoquant des bouchons sur plusieurs kilomètres aux abords de Paris ou Lille. Les transports ferroviaires sont  touchés à nouveau plus fortement, la SNCF prévoyant en moyenne un TGV sur deux et de fortes perturbations à l’international. Les lycéens multiplient également les blocages. Selon l’Union nationale lycéenne (UNL) lundi, il y avait « 650 lycées mobilisés dont 400 bloqués ». » Priorité est mise sur l’action du mardi 19 octobre » aussi pour les étudiants qui amplifient progressivement leur action. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’appeler les jeunes à continuer, à poursuivre leur mobilisation et à l’amplifier », selon Jean-Baptiste Prévost, président de l’UNEF. Mardi 19 octobre est la 6° journée de manifestations et de grèves sur l’ensemble du territoire français. Près de 3 millions de manifestants 6 fois consécutives, cela ne s’était encore jamais vu : c’est plus de monde dans la rue qu’en mai 68 et en nov-décembre 95, 2003 et 2006.
Selon un sondage CSA publié par Le Parisien, plus de sept Français sur dix (71%) expriment leur soutien. Cela fait sept semaines qu’il en est ainsi. C’est aussi sans précédent, une durée pareille dans un mouvement de masse de cette ampleur.

Le gouvernement fait mine de continuer à jouer la provocation… jusque-là : comme Sarkozy ne peut apparaître à la télévision c’est encore Fillon l’obtus qui est venu sur France 2 dimanche soir, fermé comme une porte cochère. Il fait comme si de rien n’était, et il veut faire voter le Sénat au pas de charge le  mercredi 20 octobre. Puis, comme s’ils n’étaient pas discrédités eux-mêmes, ils tentent grossièrement de diviser le mouvement en disant : « c’est fait ! »  Mais si des petits syndicats comme la CGC peuvent hésiter, pour FO, Jean-Claude Mailly, a anticipé : « - Ce n’est pas parce qu’une réforme est votée qu’elle s’applique ». À la CGT : Bernard Thibault a prévenu que « même une loi votée ne met pas un terme à la contestation ». Le gouvernement plutôt que de négocier, croit intelligent de faire savoir qu’il espère profiter des vacances scolaires du 22 au 29 octobre : mais cette attitude provocatrice et bloquée suscite une violente animosité et radicalise tous les manifestants. C’était déjà arrivé avec le CPE, le mouvement avait résisté au temps des vacances… Et Chirac avait promulgué la loi en demandant qu’elle ne s’applique pas !… Le refus du gouvernement de céder est une politique de Gribouille, il lui est impossible de tenir cette ligne contre 80 % du peuple exaspéré !

Il y en a qui croient faire peur en rappelant que mai 68 s’était terminé par une victoire électorale de la droite en juin 68. Mais chacun sait que la prétendue vague bleue de juin 68 ne fut qu’une vaguelette : la droite gagna avec moins de voix que ce qu’elle avait d’habitude ! Le problème c’est qu’à l’époque, la gauche n’avait pas proposé de solution unie en face, et que l’abstention de gauche battit tous les records !
C’est pour cela que nous crions : unité, unité ! Nous rappelons que le Parti socialiste s’est prononcé pour une Maison commune de la gauche, pour un programme commun et qu’il serait bon tout de suite de commencer par un projet commun de toute la gauche sur les retraites. C’est le moment, cela peut même devenir urgent ! Car si le gouvernement ne cède pas il va s’effondrer et 2012 se jouera  avant 2012.
Nous (D&S, motion C) avons stimulé et soutenons tous les meetings unitaires depuis six mois, ainsi que les déclarations unitaires des partis de gauche dans le 64, le 43 ou le 76 par exemple. Nous militons dans tout le pays, en profondeur et avec un écho croissant pour les 60 ans à taux plein.
Il faudrait une réunion nationale symbolique et audible de toute la gauche pour manifester une alternative sur les retraites avec un programme clair comme le demandent désormais des millions de manifestants : 60 ans pas un an de plus pas un euro de moins. Frappons sur ce clou, enfonçons le, dans l’unité, consolidons le front commun des 8 syndicats et de toutes forces de gauche, mettons de côte les divergences et en avant ce qui nous unit. Il faut gagner, on peut, on va gagner !

Pendant que les raffineries sont fermées et les routes et transports bloqués, faisons le plein dans les rues demain 19 octobre.

En avant : Tout le monde le sent, on va faire le plein mardi 19 !

Ils font mine, mais ils ont peur. Le Figaro ne vient-il pas d’écrire : «  Sarkozy reprend confiance » Ah bon, parce qu’il l’avait perdue ?

Juppé ne veut plus aller dans ce gouvernement « – Pourquoi irais-je dans le Titanic ? »
Gaudin a dit : « – Ceux qui veulent mettre le feu comme en mai 68 perdront aux élections comme en juin 68 » : foutaise, ils sont au plus bas dans les sondages, et face à une gauche unie ils perdraient en raz-de-marée.
L’Elysée est isolé et ils ont perdu la bataille de l’opinion, ils sont en train de perdre celle de la rue et des grèves.
La vraie question est : combien d’heures, de jours encore avant qu’ils ne cèdent ?
Car ils vont céder forcément face à la puissance massive du peuple en colère.

Pour gagner la bataille il faut diffuser de la confiance face à leurs mensonges et propagande.

« Restons fermes, ce n’est pas des bandes de casseurs, de voyous ou de gauchistes extrémistes qui vont gouverner la France! » ose déclarer un député UMP de la Marne fier-à-bras.
Dans le JDD, un titre pourri : « Retraites: Mobilisation en demi-teinte » comme si ce n’était pas énorme pour la 5° fois d’assister à une manifestation de 3 millions de manifestants. »
L’Express : « La police parle de baisse, les syndicats de stagnation » titre faux cul qui fait semblant de ne pas voir que ça monte partout dans toutes les villes du pays.
Le Point : « Mobilisation en baisse selon la police » : aveugles, menteurs, c’est sans précédent ce qui se passe, plus fort qu’en novembre décembre 95, c’est du niveau de mai 68, (il y a plus de manifestants !) et vous avez peur, mais vous ne voulez pas (encore) l’avouer.
Lagarde répète comme Bussereau en panique, craignant le blocage des 18 raffineries : « Le gouvernement confirme qu’il n’y a pas de pénurie ».

Ils ont la peur au ventre à l’Elysée, car ça fait la 5° fois depuis le 7 septembre que le plancher brûle sous leurs pieds. 5 fois 3 millions de manifestants, c’est inouï. Chatel et Woerth font langue de bois alors que la détermination de ceux qui parlent en faveur de la grève est belle, sereine, extraordinaire, tous répètent : « – On ira jusqu’au bout ».

En avant : portons l’estocade !  faisons le plein mardi 19

Le gouvernement n’est pas, n’a jamais été légitime comme le prétend encore Woerth ce dimanche soir, pour imposer cette sale loi de pillage des retraites :

« Revenir sur la retraite à 60 ans ? Je dis que je ne le ferai pas, je n’ai pas de mandat pour cela » affirmait Sarkozy lui-même en mai 2008.
Les mensonges, donc, ça suffit ! Des dizaines de millions de nos concitoyens ne le supportent absolument pas.

Woerth prétend avoir « bougé » 18 fois, faribole !  Il n’y a eu aucune négociation réelle avec les syndicats, seulement un forcing de calendrier et à l’Assemblée nationale et au Sénat. La retraite qu’ils proposent c’est à 67 ans à taux plein, c’est la pire contre-réforme d’Europe ! La « pénibilité », ils la confondent avec incapacité, invalidité… Ils veulent nous trier comme des bestiaux au cas par cas. Ils suppriment la médecine du travail.

Déjà ils ont bloqué les salaires, organisé le chômage de masse, affaibli la Sécu, l’école, les services publics. Ils s’obstinent à vouloir abaisser massivement le niveau de vie de millions de retraités pour le compte des banques, des spéculateurs, des accapareurs… 40 % des salariés sont déjà, contraints et forcés, pour « avoir tous leurs trimestres » et ne pas avoir une pension trop basse, à travailler (quand ils ont la chance de le pouvoir)  jusqu’à 61,5 ans mais 60 %  sont virés à partir de 55, 56, ou 57 ans ! La moyenne réelle d’annuités cotisées dans la vie réelle est de 36,5 à ce jour et il y a 17,5 % de seniors en plus au chômage l’an écoulé : proposer 41,5 annuités, c’est faire escalader l’Anapurna pieds nus par les salariés, le seul résultat serait de baisser encore les retraites. Pas de compromis possible : 60 c’est un droit pour tous !

Mais ils ne passeront pas, ils ne peuvent plus gagner contre la puissance de la montée de la colère du salariat : notre peuple l’a mille fois montré depuis juin 36 et Mai 68, il est cultivé, éclairé, informé, politisé, il a pris le sujet en main, ses jeunes sont dynamiques, lucides, et tous ses salariés se serrent désormais les coudes.

Toutes les informations convergent, même dans les plus petites villes, les bourgs, ça bouge, (cf. le forum D&S http://www.democratie-socialisme.org et ses «  échos » de toute la France) il y a une effervescence croissante partout, on va faire le plein le 19 octobre, les lycées vont arriver à maturité mardi et jeudi, les facs aussi, le privé est autant mobilisé que le public, les routiers aussi, et cela se sent, des centaines d’anecdotes stimulantes, émouvantes, en témoignent. À Brioude, des  syndicalistes sont venus dans un supermarché Champion, ont harangué les salariés et ceux-ci ont débrayé illico pendant deux heures plantant leur direction avec tous ses clients… À Belle-Île, il y a eu 200 manifestants…Ça va être la plus grosse des manifestations, un véritable déferlement, les mots d’ordre se radicalisent et se développent : « 60 à taux plein pas un an de plus, pas un euro de moins ! »’ Mais aussi « Sarkozy démission ». S’ils s’obstinent encore, on va arriver à un point politique qui exigera le départ de ce gouvernement et pas seulement « 60 à taux plein ».
Sarkozy, un bien petit homme voulait « liquider » une grande page d’histoire, Mai 68, il l’a réveillé en plus fort. Il est là. Gagnons-le ! Tous ensemble le 19 !

Le sentiment se répand : « On va l’avoir »

75 % de l’opinion exige le retrait de la  contre-réforme de pillage des retraites et ça progresse : 61 % veut une grève durable. Du coup, en ce vendredi 15 octobre,  les grèves et défilés s’installent dans tous les départements du pays, de façon encore disparate mais progressive.

Informer, s’informer :

Par exemple nous avons recensé sur le site dédié de D&S en Haute Loire (43) les grèves dans le privé : Snop, Méca Brioude, Recticel, Michelin, Vériplast, Barbier, Guérin Plastiques, Préciturn, Fromagerie de Beauzac. Dans les organismes sociaux et publiques : Education nationale, EDF-GDF, SNCF, France Télécom, Territoriaux, Santé (Emile Roux, Yssingeaux, Langeac), Finances et Impôts, 6 maisons de retraite (St-Didier, Bas en Basset, Aurec sur Loire, Tence, Dunières, Montfaucon et Riotord) Lycées : Monistrol sur Loire (Léonard de Vinci), à Le Puy en Velay (Simone Weil, Roche Arnaud, Jean Monnet, La Chartreuse) Yssingeaux (les deux lycées) +manifestation dans les rues d’Yssingeaux, Brioude (Lafayette) 3 rassemblements jeudi 14 dans le département de la Haute-Loire : Blocage de la nationale 102 + Zone industrielle à Brioude, rassemblement centre ville du Puy en Velay, 3 zones industrielles dans l’Est du département (St-Sigolène)…

Si la grande presse faisait ce boulot dans tous les départements, on y trouverait partout des éléments d’une combativité qui s’étend et une carte de France des luttes tout à fait exceptionnelle… Sous des formes multiples et différente, c’est une effervescence dans tout le pays.

Le mouvement des jeunes progresse à toute vitesse : plus de 950 lycées sont touchés par les mouvements et dans les facs tout se prépare…La carte des manifestations est impressionnante. Et nos correspondants de Toulouse décrivent une atmosphère de révolte, de lutte, de défilés qui parcourent les rues de la ville, tous secteurs confondus, jeunes et salariés…

Frapper sur un seul clou : retrait !

Chacun, avec des idées différentes, se mobilise en frappant sur un seul clou : retrait du projet.
Unité politique de toute la gauche : des appels PS, PCF, PG, Verts, NPA sont signés dans le 64 et le 43, exemple à suivre … Unité syndicale : les 8 syndicats sont et restent dans le coup… Unité de la jeunesse : 25 organisations de jeunes agissent de concert…

La question clef était la confiance : peut on, va t on battre Sarkozy dans son Fort Chabrol ?

De son repère de St Honoré, avec sa clique isolée du peuple, Sarkozy décide de tout, même de l’évacuation des dépôts de pétrole : en vain, car pour un dépôt évacué, deux autres sont occupés.. Il a donné l’ordre aux recteurs et proviseurs de menacer les élèves, mais ça n’arrête rien, au contraire cela exaspère les jeunes qui sont très matures et très déterminés. Il impose un forcing au Sénat pour qu’il aille plus vite dans le vote de la loi, des millions de salariés mobilisés en tirent la conclusion qu’il a donc de grandes craintes. Il fait taire les grands médias sur l’ampleur des luttes, cela nous aide à comprendre sa panique devant l’extension du mouvement social. Et surtout, il a annoncé le retrait du bouclier fiscal : c’était pourtant le cœur symbolique de son quinquennat ! S’il a fait, pensent des millions de manifestants, il peut donc aussi retirer la sale loi contre les retraites. Dans l’UMP, la droite, les voix se font inquiète, discrètes, ça branle dans le manche de son propre camp, la liste des « affaires » s’étend chaque jour…

Il voulait pour étre réélu, faire preuve de fermeté, maintenant la situation a changé, il lui faut pour être réélu faire preuve de responsabilité : faire tirer au flash ball sur les jeunes n’est pas une solution mais un risque grave qu’il peut payer très cher.

Diffusons la confiance en la victoire !

La confiance grandit : les luttes font la jonction avec le samedi 16 et ensuite il y aura le mardi 19, on dépasse un mois de mobilisation ascendant avec au total de trois à quatre millions de manifestants… C’est ce qu’il faut : concentrer nos énergies dans le coup de boutoir final, faire participer des centaines de milliers de salariés et de jeunes en plus, de façon a ce qu’il soit submergé… Et alors nous avons que ce sera comme l’EPAD et son fils Jean, comme le bouclier fiscal, il retirera… il a le pays entier contre lui, les 8 syndicats, les 8 partis de gauche, et au delà.. Ce qui se cristallise c’est un rejet de tout ce qu’il a fait depuis 2007, il va lui falloir lâcher du lest pour ne pas tout perdre.

Diffusons cette confiance, cette certitude qu’il va, qu’il doit reculer, et donnons ainsi l’espoir a ceux qui en doutaient et qui, à cause de cela, restaient encore chez eux : il faut qu’ils sortent, il faut qu’ils viennent, qu’ils donnent le coup final, qu’ils soient là encore plus nombreux, plus forts les 16 et 19 octobre. On est au bord de l’avoir… Aidons ce sentiment diffus à se répandre…


L’Elysée entre Fort Chabrol et le Titanic

Sarkozy est isolé. Il bat le rappel de tous ses ministres qui, spontanément, ne l’aideraient pas. Juppé vient de répondre à propos de son éventuelle entrée au gouvernement : « - Qu’irais je faire dans ce Titanic ? »

Il y a désormais trop de monde en face du pouvoir : des millions de manifestants, 4 ou 5 millions au total d’une manif à l’autre, en quatre fois, depuis un mois. Les grèves reconductibles de développent lentement, de secteur en secteur, de branche en branche, du public au privé, ça rame, c’est dur, c’est coûteux, ca hésite, mais ça tient et ça vient. Les jeunes démarrent comme toujours lentement eux aussi, mais on est passé de 400 à 900 lycées touchés. Les facs construisent leurs assemblées générales. Les 16 et 19 octobre se préparent à déferler. Plus rien n’arrêtera cette vague sauf le retrait.

Les gros médias font le black out, parlent d’autre chose, s’efforcent de ne pas voir les grèves, les luttes, il est vrai encore disparates, tâtonnantes. Des temps forts et des lieux forts naissent : à Marseille, dans l’énergie et le pétrole. Plusieurs centaines de boîtes privées s’essaient à la grève dans des conditions pourtant difficiles : ce n’est pas encore le raz de marée, mais ça frémit.

(exemple que nous avons recensé sur le site dédié de D&S en Haute Loire : sont en grève dans le privé : Snop, Méca Brioude, Recticel, Michelin, Vériplast, Barbier, Guérin Plastiques, Préciturn, Fromagerie de Beauzac ; Organismes sociaux Public : Education nationale, EDF-GDF, SNCF, France Télécom, Territoriaux, Santé (Emile Roux, Yssingeaux, Langeac), Finances et Impôts, 6 maisons de retraite (St-Didier, Bas en Basset, Aurec sur Loire, Tence, Dunières, Montfaucon et Riotord) Lycées : Monistrol sur Loire (Léonard de Vinci), à Le Puy en Velay (Simone Weil, Roche Arnaud, Jean Monnet, La Chartreuse) Yssingeaux (les deux lycées) +manifestation dans les rues d’Yssingeaux, Brioude (Lafayette) 3 rassemblements jeudi 14 dans le département de la Haute-Loire : Blocage de la nationale 102 + Zone industrielle à Brioude, rassemblement centre ville du Puy en Velay, 3 zones industrielles dans l’Est du département (St-Sigolène) si la presse faisait ce boulot dans tous les départements, on y trouverait partout des élements semblables et une carte de France des luttes exceptionnelle…

La surdité de la clique Sarkozy exaspère maintenant de façon irréversible des millions de gens. 54 % en appellent à la gréve générale, 61 % a des actions durables, 69 % soutiennent gréves et manifs, 73 % veulent que ce projet soit retiré. C’est massif, indiscutable, irredressable pour le pouvoir.

Sarkozy joue encore sur le doute : en affirmant de façon répétée et « ferme » qu’il ne cédera pas, il joue ses dernières cartes psychologiques de masse. Déjà des millions de gens sentent leur force et commencent à y croire : dés qu’ils vont y croire, ce sera la curée contre Sarkozy et tous ses mensonges, ses prétentions, ses pillages, son autisme.

Sarkozy à « parler d’autre chose, vite » : mais quand il va jusqu’à faire annoncer qu’il va retirer le bouclier fiscal, c’est encore une diversion ratée, des millions de gens retiennent qu’il retire ce qui est lui était le plus cher, ce qui était le symbole proclamé de toute sa politique, donc il peut, il va retirer pareillement la loi retraite. Hé, oui, il le peut et…  d’ailleurs il va le faire.

Car les coups de gueule, au stade où nous en sommes, ca ne passe pas : Gaudin le maire de droite de Marseille a  joué sur France inter mercredi midi le numéro de l’indignation, félicitant Sarkozy pour son « courage »  (sic) qui sauve nos retraites et dénonçant ceux qui manipulent les jeunes, lesquels n’y connaissent rien, et ne peuvent savoir à leur age ce dont il s’agit… Ils sont décidément curieux et impuissants les sarkozystes : ils ont créé des apprentis de 14 ans, ils les envoient bosser de nuit et le dimanche à partir de 15 ans, ils font voter des lois contre les jeunes de 13 ans, affirmant qu’ils sont assez responsables à cet âge là pour aller en prison et..  ils dénient le droit aux jeunes de 15 ans de manifester pour défendre leurs emplois et leurs retraites. Pourtant les jeunes expriment remarquablement bien dans les médias :  ils disent avec clarté pourquoi ils sont directement menacés de n’avoir pas de boulot et jamais de retraite… » papa, maman, ils vous travailler trop vieux, et moi je n’ai as de boulot… «   « chômage a 30 ans, retraite à 70 ans »…)

A Caen, le 12 octobre, Sarkozy a fait convoquer les leaders jeunes grévistes par les proviseurs et recteurs, il les menace, et il a même fait tirer en blessant grièvement un jeune lycéen qui manifestait devant les locaux du Medef. Tout un symbole. Ce n’est pas un accident, c’est voulu, puisque cela a recommencé ce jeudi 14 à Montreuil, des policiers osant tirer à bout portant avec des flash ball encore !  Que cherche Sarkozy ? a jouer Fort Chabrol à l’Elysée ? A faire peur comme Pasqua en décembre 1986 ? Il aboutira au même drame et au même résultat. Gaudin s’est énervé : « ceux qui veulent mettre le feu comme en mai 68, finiront par perdre les élections comme en juin 68 ». Ils ont donc bel et bien peur d’un mai 68 ! Mais qu’il sache que l’histoire ne se répète pas et que, s’il y a un vote, c’est Sarkozy qui sera balayé cette fois…

Sarkozy voulait « ne pas toucher a la retraite à 60 ans » et mais voulait « liquider mai 68 ». Il vient de se parjurer sur la retraite à 60 ans et il vient en même temps de réveiller mai 68.

Agité, Sarkozy annonce de nouvelles « réformes » alors qu’il avait annoncé ne plus vouloir en faire après le pillage des retraites. Il parle donc de n’importe quoi pour faire diversion, fiscalité, justice… Il fait mine en vain que la retraite à 62 et 67 ans est déjà votée, impose aux assemblées un forcing antidémocratique…  mais le vote n’aura pas lieu pas avant huit jours, puis  le conseil constitutionnel sera saisi,  et il ne sera jamais « trop tard », car la loi pourrait même être retirée comme ce fut le cas en avril 2006 pour le CPE (retiré par Chirac après sa promulgation). Tout cela ne tient plus.  On approche donc logiquement du retrait de cette sale loi de pillage des retraites. Même si, une heure avant de céder, Sarkozy jurera encore qu’il ne cédera jamais, la question pour lui est : au lieu de chercher, pour etre ré élu, à passer pour un contre réformateur libéral intransigeant, ne vaut il pas mieux passer pour un homme qui sait s’arrêter avant la catastrophe ?  Allons, tous ensemble, confiance, encore un effort,  il faut pousser dans l’unité :dans les gréves, et partout  les 16 et 19 octobre.

un programme commun immédiat sur les retraites de toute la gauche serait l’encouragement le plus précieux aux mouvements en cours.

3,5 MILLIONS !

« Ils prétendent qu’ils ne céderont pas : mais ils le jureront encore… une heure avant de céder ! »

Sarkozy ne peut pourtant que céder, inéluctablement devant pareil raz de marée.

Il y a « une clique minoritaire au sommet et le peuple en face », pour reprendre une formule de Victor Hugo. Le 12 octobre témoigne de l’ascendance du mouvement social de fond qui s’est mobilisé pour la 7° fois depuis le 23 mars, le 29 mai, le 24 juin, le 7 septembre, le 23 septembre, le 2 octobre  : Sarkozy ne l’arrêtera plus. La question est quand va t il céder ? et comment va t il le présenter ?

Il faut une force maximum pour imposer le retrait dans les meilleures conditions. Tel  est l’enjeu des prochains jours faire céder l’arrogant et minoritaire occupant de l’Elysée.

3, 5 millions le 12 octobre, historique !

Partout le nombre de manifestants, de manifestations, et de grèves est plus élevé… La reconduction de la grève de nombreuses branches et entreprises du privé et du public, dans différentes régions, démontre l’augmentation de la combativité et l’accroissement de la détermination  de vaincre.  Des pancartes mettent aussi en cause l’insuffisance des salaires et de l’emploi, les reliant à la baisse déjà subie et encore programmée des pensions de retraite. En s’entêtant, Sarkozy récolterait la facture complète de toute sa politique.

Il craint l’entrée de la jeunesse dans le mouvement. Justement, plus de 800 lycées (sur 4000) sont occupés le 12 octobre. Les étudiants entrent dans la bagarre dans toutes les facs après un grand meeting unitaire de la jeunesse appelé en commun par 25 organisations le 1er octobre dernier. Les jeunes ont raison, et ils sont dans leur rôle, pleinement : ce sont eux qui vont travailler jusqu’à 70 ans, ce sont eux qui n’ont pas de travail alors que l’effort est porté (en vain) sur le travail des seniors (il y a eu 17,5 % de seniors en plus au chômage l’an écoulé). Ce sont eux qui disent : « Papa, maman, ils te font travailler trop vieux et moi, jeune, ils ne me donnent pas de boulot »

La droite divisé, isolée, au pied du mur

L’Elysée est un camp retranché, isolé et divisé mais, pour donner le change, il continue sa propagande officielle, mensongère mais vaine désormais.

On sait qu’il n’y a pas de problème démographique. On sait que c’est la contre reforme de Sarkozy contre nos retraites qui est la plus dure d’Europe. On sait que la France n’a jamais été aussi riche et qu’il y a tout l’argent pour garder nos retraites à 60 ans sans décote. On sait qu’on peut partager le travail, travailler mieux, moins, tous. On sait qu’on peut augmenter les salaires et du coup les cotisations sociales. On sait que le gouvernement a menti sur toute la ligne pour le compte des banqueroutiers, de la finance et des charlatans des pseudo agences de notation.

Le gouvernement Fillon-Woerth, ses députés et ses sénateurs se savent minoritaires et dépourvus d’arguments. Ils en sont réduits à chercher des diversions et des provocations (face à la manifestation des infirmiers anesthésistes). Ils osent dénoncer les jeunes « manipulés » alors que ceux ci agissent librement, consciemment, avec liberté et conviction

Bas les masques : retrait, retrait du projet de loi

mercredi, jeudi, vendredi, samedi quatre jours pour renforcer la vague déferlante  ! pour étendre la gréve partout où c’est possible, pour être plus nombreux le 16 octobre

Dans de nombreux secteurs, les salariés se disent : « on continue jusqu’à la victoire totale, jour après jour » ; « on bloque » : dans les raffineries, à EDF, chez les routiers, dans les ports, chez les cheminots, l’extension est possible. Perdre des jours de salaires, c’est dur, mais perdre deux années de retraite c’est encore plus dur. Les jeunes généralisent leur mouvement et bloquent aussi leurs établissements.

Nous le disons : confiance, encore de la confiance, toujours de la confiance, une pareille force déchainée dans la rue et dans tout le pays ne peut que gagner.

Tous ensemble le combat continue

La gauche doit s’exprimer dans l’unité !

Tous les soirs, il y a une forme d’unité exceptionnelle, spectaculaire de toute la gauche autour de l’appel Attac Copernic et des 600 meetings qui se sont tenus dans toute la France depuis le 6 mai 2010. Encore au Havre, lundi 11 octobre, un meeting rassemblait le PS, le PCF, les Verts, le PG, la GU, la Fase, et aussi les syndicats FSU, CGT, Solidaires, UNEF et aussi les associations : il y avait à la même tribune, Cécile Duflot, Olivier Besancenot, Pierre Laurent, Marie-Noëlle Lienemann, Clémentine Autain, Christian Picquet, Elisabeth Labaye, Pierre Khalfa, Eric Coquerel, Gérard Filoche..

L’heure est à mettre de côté les nuances et divergences, de frapper sur un même clou, en commencant par une question clef, le retrait de la loi Sarkozy, et la défense d’un plan commun pour de véritables retraites a 60 ans.

les 8 syndicats sont unis dans un même front qui dure. Les partis de gauche doivent en faire de même.

Dans la rue, toute la gauche est parfois drapeaux mêlés, comme ce fut le cas à Toulouse, Marseille, Pau. Mais cela devrait devenir encore plus systématique :  la gauche (PS, PC, PG, EE-Verts, NPA…) peut et doit s’affirmer unie : « retrait du projet ! pour financer les retraites à 60 ans pour tous, d’autres solutions existent ! ». Il devrait y avoir une discussion rapide pour un programme commun immédiat sur les retraites. Une réponse unitaire de toute la gauche serait l’encouragement le plus précieux aux actions en cours.

Unité, unité, unité !

Ne nous laissons pas voler 2 ans de vie ! Nos retraites valent bien la grève.

Notes

si on vit plus longtemps, profitons en plus longtemps

L’Unef appelle les étudiants à se mobiliser contre la réforme des retraites democratie-socialisme.org/spip.php?artic…  via @AddThis

A la veille d’une crise sociale sans précédent, les journaux télévisés dorment, pour eux, la France s’ennuie et ils l’ennuient de faits divers

La FSU, 1er syndicat de la Fonction publique d’Etat, appelle à «étendre et généraliser les grèves et manifestations après le 12 octobre»

Ne nous laissons pas voler 2 ans de vie !  Nos retraites valent bien la grève.

Bien sur, la grève coûte cher. Mais quelques jours de salaire pour garder 2 ans de retraite ça vaut une mobilisation générale.

2 pétitions : http://petition.exigences-citoyennes-retraites.net/  http://www.retraites-jeunes.net/

un million d’emploi pour les jeunes en moins si retraite à 62 ans et 67 ans

déjà des lycées bougent des facs se préparent, les jeunes sont concernés par la retraite à 60 ans : leurs emplois d’aujourd’hui en dépendent

Prenez en compte les années d’études supérieures dans le décompte des annuités cotisées pour la retraite à taux plein !

En Allemagne, c’est 35 annuités, en Italie, en Espagne, c’est 35 annuités !

En Allemagne ils envisagent la retraite à 67 ans en 2029, ici Sarkozy veut l’imposer en 2018

En Allemagne ils ont découvert que seuls 21,5 % des salariés travaillaient après 60 ans, les syndicats remettent en cause les 67 ans…

en Grande Bretagne ils proposent la retraite à 68 ans en 2046, en France Sarkozy impose 67 ans en 2018..

on a 2,01 enfants par femme, en Allemagne ils ont 1,4 par femme

on n’a pas en France de problème démographique, on a le taux de naissance le plus élevé d’Europe

qu’est ce que c’est que cette étrange argutie qui consiste à partager l’espérance de vie gagnée à 50 % entre travail et retraite : quels tordus ont inventé cela ?

l’espérance de vie a diminué depuis trois ans aux USA

en France l’espérance de vie a diminué d’un mois en 2003 avec la seule canicule. C’est fragile l’espérance de vie.

en Allemagne l’espérance de vie a diminué de 65 ans à 58, 5 ans entre 2005 et 2008, c’est fragile l’espérance de vie, hélas

y’en a qui voit des nains partout, Mme Parisot elle voit des centenaires partout

l’espérance de vie c’est bien le seul point sur lequel le Medef soit optimiste

Fillon c’est un devin : un an avant la crise il prétendait etre a la tête d’un état en faillite

réduire les dépenses publiques ? c’est stupide, elles sont réduites depuis 1996, c’est pas à cause d’elles s’il y a un déficit c’est a cause de la réduction des recettes..

62 et 67 ans : Papa, ils te font travailler trop longtemps et moi je n’ai pas de boulot…

Y a pas de « trou », y a un manque organisé et voulu de recettes. Haussez les salaires et les cotisations sociales.

Des seniors au boulot ? Même pas car il y a eu 17,5 % de plus de chômeurs de cette catégorie l’an écoulé. ca ruine toutes les arguties du gouvernement

Reste 23 % de « juniors » au chômage

les éditorialistes comme des chiens de garde se déchaînent pour inventer des arguments contre l’inutilité de la grève…

si l’espérance de vie s’allonge à 60 ans depuis 30 ans, c’est parce qu’on a la retraite à 60 ans depuis 30 ans.

La retraite, une affaire de jeunes! retraites-jeunes.net

Un bien petit homme voulait « liquider » une grande page d’histoire : mai 68. Il l’a réveillée.

Députés UMP réclament la fin du bouclier fiscal et de l’ISF: manip d’escrocs, ils veulent encore moins d’impôt pour les riches

40 % des salariés vont jusqu’à 61,5 ans.60 % virés à partir de 55, 56,57 ans. Moyenne réelle d’annuités: 36,5

Ces gens qui passent leur temps à taper sur l’avantage du voisin plutôt qu’à lutter pour gagner le même… !

71% des Français favorables au mouvement de mardi. Sarkozy, sans mandat, va t il continuer à défier le peuple ?

Le soutien de l’opinion contre la réforme des retraites « gagne en fermeté », et est particulièrement marqué chez les femmes et les jeunes.