Problèmes pour les PDG de Continental (Clairoix) et de Sony (Pontonx sur l’Adour)

Ce n’est pas la même branche : equipementier automobile et fabrication de bandes magnétiques vidéo.

Ce ne sont pas les mêmes régions : Oise et Landes.

Ce n’est pas exactement la même bataille : Dans un cas, contre les licenciements, dans l’autre pour hausser les indemnités de licenciements.

Les deux entreprises n’ont pas la même taille : 1120 salariés à Continental, 311 salariés à Sony.

Ca n’a pas pris la même forme : dans un cas, le PDG a reçu des œufs en pleine tête et il a dû fuir l’usine avec tous ses cadres, dans l’autre il a été séquestré toute la nuit pour lui imposer de négocier.

Mais entre Louis Forzy, le PDG de Continental dans l’Oise et Serge Foucher, le PDG de Sony dans les Landes, il y a un solide point commun : ils ont mérité la haine sociale de leurs salariés respectifs.

N’y a t il que deux PDG à avoir ce point commun ? Bien sûr que non.

L’immense majorité des « plans de sauvegarde de l’emploi » ne sont pas justifiés économiquement. Ils veulent protéger leurs profits déjà exorbitants de la crise qu’ils ont provoqué en faisant payer les pots cassés aux salariés. Ils licencient pour les actionnaires et contre les salaires. Pour conserver des marges de 15 % de profit quoiqu’il arrive : Pas une seule seconde ils n’envisagent, ne proposent, n’acceptent, de baisser leurs profits pour conserver les emplois et les salaires.

La logique du capitalisme est impitoyable, elle est rapace, avide, cupide… tant qu’elle ne rencontre pas des salariés décidés à ne pas se laisser faire.

Et ça fait plus que commencer : Entre la Guadeloupe, l’Oise et les Landes, le lien est en train de s’effectuer insensiblement, sur les mots d’ordre et les formes de lutte…

En Guadeloupe, le LKP avait regroupé 40 organisations. Le 19 mars, un front de 8 syndicats d’un côté et de 11 organisations de gauche de l’autre, appelle à la grève et à manifester dans tout le pays, privé et public.

En Haute-Loire, 8 syndicats appellent sur le mot d’ordre central de « 200 euros  pour tous ! « 

Maintenant les syndicats de Michelin du 43 appellent au 19 mars en réclamant 200 euros…

C’est facile à comprendre l’explosion qui se prépare :  Michelin a imposé le chômage partiel qui affame les salariés, il a viré 85 CDD et 20 intérims, et il emprunte 144 millions d’euros pour les reverser en dividendes aux principaux actionnaires … la CGT et FO de Michelin l’écrivent dans leur tract : « Non seulement il y a la possibilité de maintenir l’intégralité de nos salaires pendant le chômage partiel, mais également de les augmenter au minimum de 200 € mensuels. »

Le tract des Michelin est illustré d’un poing fermé sur lequel il est écrit « dans grève il y a rêve ». En mai 68, à l’occasion du succès d’une immense journée d’action, celle du 13 mai, le démarrage s’est fait en traînée de poudre, de Sud Aviation (Bouguenais)  à Renault (Cléon) , puis dans tout le pays. Et il y en eu des piquets de grève et des PDG séquestrés !

Pour ceux qui savaient voir, mai 68 était annoncé dés les années 1966 et 1967 avec les grandes journées d’action des 17 mai, et aussi dans les grèves de la Rhodiaceta, de Redon, de la Saviem à Caen en janvier 68.

Quand on meurt d’avoir des salaires trop bas alors que les riches s’empiffrent, c’est ce qui arrive.

En mai 68, la hausse du Smig obtenue a été de 33 %  et celle du Smag de 55%. Aujourd’hui une semblable hausse porterait le Smic à 1740 euros. Ce qu’on a fait une fois, on peut le faire une deuxième fois. Histoire que les PDG qui se sont augmentés de 58 % l’an passé, le comprennent une bonne fois pour toutes.

Avec l’affaire Total, le comble est atteint

Total vient donc d’annoncer 555 suppressions de postes, surtout dans la région du Havre, déjà fortement atteinte par les licenciements et le sinistre chômage partiel qui affame les salariés. Avec 14 milliards de bénéfices, ce cynisme brutal de Total illustre ce qui n’est plus supportable avec cette société capitaliste.

Ce qui est le plus étonnant est que Laurent Wauquiez, secrétaire d‘état à l’emploi de Sarkozy qualifie ce plan de « scandaleux » parce que, selon lui, « le groupe Total devrait avoir un comportement exemplaire » en période de crise alors qu’il dégage d’énormes bénéfices.

Mais quasiment TOUTES les entreprises agissent ainsi en ce moment, rares sont celles dont les suppressions d’emploi sont justifiées : le motif principal est seulement de maintenir la marge à hauteur des célèbres « 15 % ».

Wauquiez n’avait rien dit lorsque, comble de cynisme actionnarial, LVMH numéro un mondial du luxe,  avait annoncé à l’AFP le  05/02/2009 un nouveau bénéfice record de 2,026 milliards d’euros pour 2008 …  deux heures avant  de publier un second communiqué du patron de la branche, Philippe Pascal,  engageant des réductions d’effectifs dans son activité montres et joaillerie ! Ils font tous pareil !

Même quand il n’y avait pas « crise », patrons et actionnaires agissaient ainsi, alors maintenant ils se saisissent de la « crise » comme une aubaine, pour continuer de plus en plus fort. C’est pour cela qu’il y aura plusieurs centaines de milliers de chômeurs en plus en 2009. C’est le système capitaliste qui organise délibérément  le chômage pour conserver les profits au plus haut : ils ne cessent de siphonner les salaires pour les actionnaires.

PS, PCF, Verts, NPA, LO, CFDT, CGT, CFTC dans l’opposition dénoncent : mais Total n’en a rien à faire si le rapport de force ne lui impose pas une autre politique. Quant à Wauquiez, Sarkozy, l’UMP qui ont tous les pouvoirs, ils donnent dans l’hypocrisie mais ils se gardent bien d’agir pour ne pas fâcher leurs amis actionnaires du CAC 40…

Où est la réponse ?

- En augmentant massivement les impôts sur les dividendes des actionnaires,

- En protégeant les emplois par un contrôle de l’inspection du travail sur les licenciements,

- En taxant fortement les suppressions de postes au profit de la formation professionnelle, des aides aux chômeurs et à leur reclassement

- Et en augmentant fortement les salaires afin d’assurer une réelle relance.

Nous ne cessons de le répéter, la crise provient à la fois de la surconcentration des richesses gaspillées au casino des banques et de la baisse extraordinaire des salaires qui a eu lieu depuis plus de 25 ans… D’un côté l’argent se dilapide dans la bulle financière explosée, de l’autre des centaines de millions de salariés ne peuvent plus acheter : la récession en résulte.

La « main invisible du marché » a lamentablement échoué, la libéralisation des capitaux est une faillite, le « laisser faire laisser agir » est une déroute.

Les fautifs doivent être désignés et sanctionnés : spéculateurs et agioteurs ont assez fait souffrir l’humanité, les banquiers et banqueroutiers, ceux du Fouquet’s et les sarkozystes de Neuilly, avec leur système Kerviel et Madoff tant aimé, doivent laisser la place à « la main visible de la démocratie », il faut redonner la priorité à l’action de l’état républicain social, pour la réglementation contrôlée et la redistribution des richesses.

Il faut restaurer un contrôle ferme et sévère contre les licenciements abusifs. Il faut forcer à la hausse massive immédiate les salaires et il faut taxer fortement les dividendes et profits scandaleux. Pour cela, il faut être nombreux en lutte le 19 mars.

Manuel Valls contre Elie Domota dans la foulée de l’Ump, la honte

Le Figaro et le député UMP Lefebvre tiennent des propos racistes et anti syndicaux  osant dénoncer les « tontons-macoutes » et les « gros bras du LKP comme au Zimbabwe de Robert Mugabé », propos odieux, provocateurs, visant à casser l’immense succès de la longue lutte du peuple guadeloupéen.

Toutes les forces de gauche s’en indignent ! Mais un « responsable » socialiste, Manuel Valls en rajoute honteusement contre Elie Domota : «  Ce sont des propos irresponsables, la Guadeloupe sort d’un très long conflit avec une victoire sociale mais son économie doit être reconstruite. Elle a besoin donc d’apaisement, de dialogue, du soutien de la métropole et sans doute aussi d’un changement des statuts« , estime le député PS proche de Ségolène Royal.

Selon lui, « la violence ne favorise que le repli sur soi, les extrêmes, la démagogie, le populisme« . « La violence en général attire la violence et profite aux extrêmes, ce n’est ce que je peux souhaiter évidemment comme démocrate et comme républicain« , a-t-il osé dire.

Quel scandale déplacé ! S’il y a un souvenir de violence extrême en Guadeloupe, ce fut le massacre policier de 1967 qui fit 87 morts parmi les « noirs », pour la plus grande joie des békés dominateurs et exploiteurs. Si Vals est un démocrate et un républicain, c’est d’abord de cela qu’il doit se souvenir.

Parce que ce qui vient de se produire en Guadeloupe, c’est un mouvement exceptionnel, magnifique, responsable, pacifique qui a duré plus d’un mois, dans le mépris général de gens comme Vals, qui n’ont pas voulu anticiper, voir, soutenir, comprendre ! Cela a été une grève générale généreusement pacifique, massive, populaire, unie, sans précédent, elle a duré un mois sans que Sarkozy n’ose, ne sache répondre, n’apaise, ne satisfasse les attentes légitimes des Guadeloupéens. Il y a eu des centaines de provocations pour que cette grève générale dégénère et elle est pourtant restée sereine, calme, forte, convaincante, gagnante.

Et les actuelles provocations viennent encore des Békés, du Medef qui ne veulent pas respecter les accords, ni étendre les hausses de salaire, qui cherchent encore à priver des pauvres salariés de ce qu’ils ont brillamment, courageusement gagné.

S’il y a des rappels à l’ordre à faire, c’est envers le patronat béké Guadeloupéen qui doit respecter l’ordre public social, car chacun sait qu’il le piétine depuis des décennies ! Le ministère du travail a étendu les accords de fin de grève, ils s’imposent à tous, voilà ce qu’il faut imposer en priorité en République et en toute démocratie.

Le Figaro, Lefebvre provoquent, tentent de discréditer les leaders responsables et respectables de la lutte, et Manuel Valls emboîte leurs pas, répète les mêmes insanités, s’attaque lui aussi aux admirables militants de gauche qui ont gagné et vont gagner dans les DROM.

Au nom de qui parle Valls ?

Qu’on ne nous dise pas que c’est au nom des socialistes !

Au nom de la gauche ?

Elle est entière derrière la Guadeloupe et les « 200 euros » progressent comme mot d’ordre en France.

Au nom des syndicats ?

Tous les syndicats sont unis en France et aux cotes du LKP.

Au nom de ceux qui en Réunion, Martinique, Guyane, poursuivent le combat du LKP et de Domota ?

Au nom de ceux qui seront dans la rue le 19 mars et voudront élargir en Auvergne, en Bretagne, en Bourgogne, à Paris, dans le nord et dans le midi, la brèche ouverte par le LKP ?

Sûrement pas : Valls est aux cotés, hélas, de Lefebvre et du Figaro, qui veulent, en l’assimilant avec des accents racistes aux tontons macoutes et aux bandes de Mugabé,  faire comparaître le leader gréviste de Guadeloupe en justice.

Ce que les socialistes ont au contraire à dire c’est :  » Bravo Elie Domota, bravo le peuple guadeloupéen, halte aux provocations contre le mouvement social ! « 

Lefebvre contre les « tontons-macoutes » du LKP

Le garde du corps de Sarkozy, Frédéric Lefebvre, un « tonto-sarko » porte-parole de l’UMP, s’est lâché dans les médias. Il a commencé ses « opérations d’intimidation » contre les dirigeants vainqueurs du mouvement social en Guadeloupe en les traitant de façon raciste de « tonton macoutes ».

Lefebvre se comporte comme un chien de garde de l’ordre sarkozien aux abois. Sarkozy essaie de tout déminer, apaiser les chercheurs, les enseignants, les étudiants, les hospitaliers, la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, la Guyane, la Bretagne et l’Auvergne… Il redoute plus que tout la convergence des luttes pour 200 euros de hausse de salaires le 19 mars.  Alors il lui faut dénigrer fort et vite les premiers vainqueurs d’outre-mer de peur qu’ils ne fassent école.

Déjà le Figaro titre : « Elie Domota menace les patrons », puis : « comportement séditieux de quelques individus en Guadeloupe ». Ce seraient « les agissements des gros bras du collectif « contre la pwofitation » (LKP), « les déclarations de leur chef relèvent du droit pénal » et, parce que celui-ci aurait dit : « Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage », « Propos dignes, ajoute le Figaro, du sinistre président du Zimbabwe, Robert Mugabe »

Pardi, le mot d’ordre est clair, tout ça c’est des noirs, ce sont donc des « tontons macoutes » comme à Haïti ou au Zimbabwe…

Des noirs qui voudraient « organiser le hold up de la Guadeloupe ». Le Figaro comme Tonton-Lefebre veulent vite « affranchir la Guadeloupe et les guadeloupéens de la dictature de pseudo-syndicalistes ».

Avant que le 19 mars huit syndicats unis n’organisent le « hold up » de Paris et de toutes les villes de France, n’est-ce pas ? Quelques fois qu’ils soient cinq millions dans les rues et crient eux aussi «200 euros pour tous » en faisant grève et en manifestant – comme à Pointe-à-Pitre, Saint-Denis, ou Fort de France.

Sur France inter, Tonton Lefebvre est encore plus raciste et antisyndical : il explique que «les images » des « gros bras » noirs qui déambulent dans les rues, lui rappellent les sombres macoutes de la dictature haïtienne…  Il n’y va pas avec le dos de la cuillère pour séparer là-bas et ici.

C’est paradoxal puisque le ministère du Travail a annoncé qu’il lançait la procédure d’extension à toutes les entreprises guadeloupéennes de l’accord conclu le 26 février pour les 200 euros en Guadeloupe. C’est signé. C’est légal. L’accord doit être « étendu » : « entre 200 et 250 euros pour les salaires jusqu’à 1,4 du SMIC » ! Toutes les entreprises là-bas doivent le respecter, question d’ordre public social.

Pourquoi cela ne serait pas valable en Bretagne et en Bourgogne ? Comme en Auvergne, en Haute-Loire ou les huit syndicats unis appellent eux aussi à manifester pour 200 euros pour tous !

Qu’est-ce qui se passe au PS ?

Ce n’est pas si facile que ça de voir où l’on va.  La nouvelle direction de Martine Aubry n’est pas vraiment lisible.

Le congrès de Reims a été très politique et s’est terminé par un vote aile droite contre aile gauche. C’était la première fois que la direction sortante ne s’auto reproduisait pas. François Hollande voulait un « grand bloc central » autour de Bertrand Delanoé, ce fut un échec. Le « clan » Royal n’a cessé de louvoyer et de se diviser, entre grands barons calculateurs et petits arrivistes qui l’ont instrumentalisée, l’ex-candidate se révélant elle-même versatile.

In fine, Martine Aubry a été élue en s’appuyant sur la gauche du parti, la motion C. Chacun pensait qu’elle lui en serait redevable, mais à l’usage rien n’est moins sûr car  elle a surtout consacré ses efforts à réintégrer des « royalistes » dans la direction nationale, même si c’est en pièces rapportées. Au lieu de parier sur une dynamique de sa propre nouvelle majorité, qui aurait ensuite attiré, elle a freiné celle-ci et joué d’emblée son dépassement. Avant d’avoir prouvé quoi que ce soit de neuf…

La motion C, la plus claire politiquement, qui devait son succès, près de 20 %, au rassemblement des diverses gauches socialistes, dans un contexte si embrouillé, a, en conséquence,  du mal à s’affirmer et à se transformer en courant durable capable de peser.

Du coup, la nouvelle première secrétaire louvoie, oppose les uns aux autres, impose des veto contre untel ou unetelle, intègre celles et ceux qui l’arrangent, négocie des textes mi chèvre mi chou. Pour les Européennes, elle refait ce que faisait François Hollande, elle soutient le « Manifesto », texte droitier du PSE, et accepte en même temps de dire que l’alliance avec la démocratie chrétienne relève du passé, que « le juste échange » doit remplacer le « libre échange »,  et qu’il faut harmoniser une Europe sociale et fiscale (ce qui va de facto contre le traite de Lisbonne qu’elle défend pourtant).

Je viens de résumer un peu vite, mais globalement, ce qui s’est passé au Conseil national du 28 février lors de l’adoption d’un texte de référence pour la campagne européenne du 7 juin et lors de la constitution des listes de candidats socialistes.

Aux forceps, un document de travail a été adopté, ni bon, ni mauvais, que l’on peut voter si l’on a un vrai souci de compromis et de nécessaire unité à deux mois du début de la campagne et à quatre mois du scrutin. On peut penser que des éléments indéfendables dans ce texte (un Smic européen à 60 % du salaire médian par exemple, ce qui vaudrait 933 euros en France -sic)  passeront forcément sous la table en cours de campagne et que finalement, on défendra vigoureusement une Europe sociale. De surcroît, l’UMP va payer le discrédit de Sarkozy. Verts et Modem ne sont guère attirants en l’état. La division des forces « à gauche de la gauche » voulue par le NPA fera aussi que le vote PS s’assurera comme le seul solide, en dépit même de son contenu.

Les listes PS du 28 février ont été établies avec un souci  de dosage féroce : des candidats voltigeurs vont du nord au sud, de l’Ouest à l’est, et formellement la proportionnelle semble respectée. Mais derrière les communiqués de victoire ( « on a réussi à mettre le parti en ordre de campagne ») la grogne est forte : des barons comme Gérard Collomb, Savary, sont fous de rage. Des Vincent Peillon ou Henri Weber se sentent « baladés ». Des incongruités de choix de personnes et des mises à l’écart aggravent le malaise. C’est grave.

Mais est-ce l’essentiel ? Très probablement non. Car la situation sociale est explosive et va peser plus sûrement que la volonté de la première secrétaire.

Celle-ci a pourtant expliqué que le PS était un parti de gouvernement et ne pouvait se réjouir que les choses se passent dans la rue : elle semble ne pas avoir perçu que c’était chaque fois que la rue et la grève avaient battu la droite… que la gauche gagnait. La victoire de mai 1981 fut un résultat différé de mai 68. Celle de mai 1988 fut acquise grâce aux mobilisations de l’hiver 1986. La victoire de juin 1997 a été due au grand mouvement de novembre – décembre 1995. L’immense bataille –pourtant non victorieuse – de 2003 en défense des retraites a assuré la victoire dans 20 régions sur 22 en mars 2004 et 30 % des voix en juin  de la même année. Les « 55% «  du non » du 29 mai 2005 et la grande victoire sociale contre le CPE en 2006 aurait également permis la victoire en mai 2007 si le PS, cette fois-ci, était resté en phase avec les aspirations populaires légitimes et majoritaires. C’est encore le rejet de la politique antisociale de Sarkozy dés l’automne 2007 qui a permis de gagner 2 villes sur 3 et 61 % des départements en mars 2008.

L’irruption du mouvement social comptera plus dans la campagne électorale qui vient que le texte adopté le 28 février, et les petits arrangements en clans…  D’ailleurs on verra si la prochaine convention nationale du PS prévue le 21 mars, le lendemain du 19 mars,  défend d’aussi faibles augmentations de salaires que celles actuellement prévues dans « le plan d’urgence » ou dans le « texte européennes ». ou si les « 200 euros » ne se frayent pas un chemin.

200 euros d’augmentation mensuelle de salaire pour tous, répétons-le, c’est possible en Guadeloupe, c’est possible en Martinique, c’est possible à la Réunion, c’est possible en Guyane, c’est possible en Auvergne, c’est possible en Bretagne et en Bourgogne, c’est possible dans le nord et dans le midi.  C’est possible à Dacia en Roumanie, c’est possible en Europe. D’ailleurs en Auvergne, les huit syndicats ont appelé au 19 mars en réclamant 200 euros pour tous comme les 40 organisations en Guadeloupe qui ont formé le LKP.

On devrait être des millions pour les 200 euros en métropole aussi. Des millions de grévistes et des millions de manifestants dans l’unité. Des millions en collectifs sur une plateforme qui contienne les 200 euros.

- Donner des centaines de milliards aux banquiers, c’est arroser le sable, c’est alimenter la même économie casino qui a produit la crise.
- Donner des centaines de milliards aux salariés, c’est relancer l’économie, c’est relancer l’emploi, c’est stopper la récession.

Voilà ce que la gauche socialiste, motion C devrait défendre collectivement…

Mais c’est là qu’il y a le problème le plus décisif : alors que cette motion ne doit sa réussite qu’à l’unité qu’elle a réalisée, cette unité n’a pas du tout été préservée, il faut le dire fortement, dans la façon de diriger, de travailler, et  dans la mise en place de listes veillant à représenter toutes les sensibilités…Marie Noëlle Lienemann, Anne Ferreira, Gérard Filoche écartés, un seul candidat, placé fort loin, de D&S, Eric Thouzeau, sur 25 candidats, 4 éligibles sûrs, 6 à 8 possibles, 9 ou 10 « charniéres » à terme, c’est choquant.

Il y avait sept contributions à l’origine, une synergie a assuré ainsi 20 % des voix. Mais là, il n’y a eu de candidats que pour l’une des contributions. Exclusives et erreurs de ce genre ne peuvent assurer l’indispensable unité de la motion.

Ca c’est à nous de le résoudre et c’est la première chose à laquelle nous voulons nous consacrer.

Les cyniques, en haut, qui cassent le service public…

Belle matinée que lundi 2 mars. La coïncidence a voulu que ma carte bleue vienne a échéance le 28 février, qu’il faille recharger mon « passe navigo » RATP en ce début de mois et puis aller à la SNCF prendre un billet  de train à l’avance.

J’ai eu droit à une tranche de vie concentrée de la façon dont les cyniques, en haut, à la Poste, à la RATP, à la SNCF cassent sciemment le service public et fabriquent du chômage à la fois.

Bureau de Poste : je tombe sur ce service commercial  bizarre qu’ils ont mis à peu prés partout et qui décore le bureau de colifichets divers et inutiles pour la plupart. Une brave employée qu’on a placé là, au milieu, est chargée de vendre des gadgets, genre cartes postales en avance pour le 1er mai, cartons, pochettes, enveloppes décorées, porte clefs et autres gris-gris, et des livres (sic) du genre « comment gribouiller au bureau quand on s’ennuie »…  Mais derrière, il y a deux files d’attente de 25 personnes et deux vrais guichetiers débordés. Ils ont supprimé plus de 800 guichetiers sur Paris et fait augmenter l’attente moyenne de près de 7 minutes. Allez, 30 minutes plus tard, après un échange sympa avec le postier qui lui-même, me reconnaissant, s’indigne de ses conditions de travail,  je ressors avec ma nouvelle carte bleue valable deux ans.

Entrée du métro : Ils ont supprimé le guichet. Oui, là où il y avait un point de vente avec deux personnes derrière, il n’y a plus rien : un mur fermé. A la place une machine automatique qui appelle à recharger le « navigo ». Mais la machine « est provisoirement indisponible ». On ne vend plus de billets à cette station : « navigo » tend à tout remplacer, la carte orange est morte, des centaines de guichetiers ont été supprimés, plus d’accueil, entrée de station désertée…  et quand les machines tombent en panne « provisoirement », que faire ?

Allez, je fraude et m’arrange avec une dame pour passer derrière elle, avec le tourniquet et la porte étroite qui se rabat, il ne faut pas être gros.  Il me restera à trouver un guichet, mais à la station de mon bureau, il n’y en a plus, ce sera une autre machine, gare de Lyon, pour une fois en état de marche.

Reste la SNCF : Pareil, la queue atteint, si je compte rapidement, 30 personnes devant moi. Il n’y a qu’un petit nombre de guichets ouverts, les salariés ne chôment pas, les gens se regardent, impatientés, agacés. Alors viens une jeune fille avec un mini uniforme, elle se propose de nous prendre par la main pour nous emmener aux machines automatiques et nous montrer comment ça marche. Pas de chance, la première est aussi en panne. Pour la deuxième, j’ai du mal à trouver le billet pour Villefranche sur Rouergue, aller et retour aux heures qui me conviennent. La jeune fille elle-même dont j’apprends qu’elle est une « stagiaire » SNCF, mal payée, pour remplacer les guichetiers à plus bas prix, et « éduquer » les usagers, (pardon, les clients) n’y arrive pas . Je finirai par retourner à la queue qui n’a naturellement pas diminué entre temps.

Déshumaniser, robotiser, détruire le service public telle est la feuille de route que le stupide pouvoir libéral sarkozien a assigné  aux «chefs» technocrates d’en haut dans ces trois services publics.

On sait qu’ils suppriment des bureaux de poste mais pas qu’en province, à Paris aussi. On sait qu’ils diminuent les effectifs, pour tout : les rapports aux usagers, la sécurité, le confort et la ponctualité, mais aussi la fermeture de gares, de lignes de province. On sait que de nombreux problèmes de sécurité et d’environnement sont apparus dans le métro faut de présence humaine, ça ne fait rien, ils continuent à fermer les points de contact entre usagers et employés. Fausses économies, résultats humains dramatiques et surtout chômage accru. Il y a quelque chose d’enrageant, d’insupportable dans cette manière de faire, méprisante, cynique, systématique.

Puis je rentre à l’inspection du travail … où nous sommes un inspecteur et deux contrôleurs pour 4500 entreprises et 45 000 salariés. 430 sections d’inspection pour 16 millions de salariés et 1,2 million d’entreprises.

On a beau savoir,  être averti, lucide,  c’est intolérable, ils ont vraiment de la chance qu’on ne pende plus aux réverbères comme aux temps de la révolution …Mais Bling-bling devrait faire attention à lui, le peuple de France a parfois été excessif quand on lui en a trop fait voir.

Sarkozy nomme un « béké » à lui, Pérol, à la tête de deux banques

Sarkozy nomme un « béké » à lui, Pérol, à la tête de deux banques qu’il fait fusionner en dépit de toute sa prétendue idéologie libérale

Il prétendait avoir « gagné la bataille idéologique » contre la gauche et le socialisme. Sarkozy n’est qu’un pitre sans idées : le voilà, lui, l’homme de la main invisible du marché qui met la main lourde de l’Elysée pour imposer la fusion de grandes banques et y nommer son commis. C’est fini le temps où l’on nous baratinait tous les matins sur France inter : « On ne peut rien contre les capitaux sinon ils vont fuir ». Fini le temps où il fallait « moins d’état ». Fini le temps ou l’on nous balançait :  « Pas d’économie administrée ! ». Fini le temps de « laisser faire le marché ».

Le nouveau dictateur du système bancaire Pérol tient son pouvoir de l’état Sarkozyste. On pourrait peut-être se dire : « c’est mieux que les incapables du privé ». On pourrait croire que les néo libéraux conservateurs désemparés font un virage où les pouvoirs publics reprennent le dessus sur les faillites, vols et  spéculations, banqueroutes lamentables du privé.

Mais non, avec cette nomination de Pérol aux forceps, contre toute déontologie, Sarkozy fait du mécano, mais pas pour l’intérêt général, c’est seulement un hold up. Il impose son « clan », celui du Fouquet’s  parce qu’il détient la République, il nomme son « béké », il se sert. « Laisser moi travailler » ose  s’exclamer Pérol en « UNE » du journal d’Askolovitch, le « JDD ».  Il ne souffre déjà aucun contrôle.

Ils annoncent que cette année, il y aura au moins 300 000 chômeurs de plus dans les mois qui viennent, et le déficit de l’état va atteindre 5,1 % du « PIB »…

Sarkozy c’est l’homme des heures supplémentaires qui provoquent davantage de chômage.

C’est l’homme qui défendit Aventis-Sanofi pour son frère François Sarkozy mais ferme et livre Gandrange à Mittal, coule notre industrie sidérurgique, et lâche ses salariés.

C’est l’homme, non pas « du pouvoir d’achat », mais du blocage des salaires pour protéger ceux des actionnaires qui sont proches de lui.

C’est l’homme qui se met à adorer les déficits hier maudits, et sort des centaines de milliards de ses caisses hier prétendues vides, pour sauver à tout prix ses amis banquiers et banqueroutiers. En gros il piétine sans vergogne l’idéologie affichée dans sa campagne de 2007, mais son but reste le même : s’il fait intervenir l’état ce n’est naturellement pas pour le bien public, mais pour le bien des plus riches.

Ces gens sarkozystes qui sont au pouvoir se moquent de leurs propres idées, il n’en ont que pour le pognon.

La gauche, elle, doit vouloir remplacer « la main invisible du marché » par « la main visible de la démocratie ». Elle doit répondre aux besoins du plus grand nombre, c’est à dire des salariés qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Ce sont les salariés, ensemble, par leur action, leur travail, leur engagement qui nous sortiront de la crise, pas les banquiers ni les guignols à la Pérol.

La démocratie, c’est

De répondre aux revendications majoritaires, en Guadeloupe comme en France.

Répondre au programme de revendication des huit  syndicats qui appellent au 5 mars et au 19 mars et donner tout de suite 200 euros pour tous.

Abroger les lois scélérates de Fillon et du Medef contre le code du travail.

Retirer les lois Pecresse, Bachelot contre l’école et l’hôpital.

Reconstruire un état public au service de tous, pas subordonné à une poignée de milliardaires privilégiés du CAC 40, du Medef, aux 5 % de possédants qui détiennent 50 % du patrimoine.

La « main visible de la démocratie » doit chasser les Sarkozy-Pérol de tout acabit et redistribuer massivement les richesses énormes de notre pays sous contrôle des citoyens.

90 200 chômeurs de plus en janvier

Sarkozy  a donné de l’argent aux patrons pour qu’ils fassent faire des heures supplémentaires au lieu d’embaucher. Il  est allé « chercher le chômage avec les dents« 

C’est l’homme du tête à queue,  sans principe, le voilà qui  organise le chômage partiel, travailler moins pour gagner moins !

Où est la Parisot qui disait que « pour se sortir de la crise, il fallait travailler plus ? »

La voilà aussi pour le chômage partiel qui affame les salariés !  Elle gémit pour « les patrons qui en bavent ». Mais les patrons, ils gagnent autant en 2008 qu’en 2007. Pire , ils se sont augmentés de 58 % et Total a battu tous ses records de profit (14 milliards !). Un tiers des profits ne va pas aux salaires comme le prétend Sarkozy mais la majorité écrasante va aux dividendes des plus riches.

Sarkozy a affirmé que l’on ne peut pas empêcher les licenciements, mais si !

Ce qu’il faut, c’est licencier Sarkozy, ce frimeur menteur, prétendu président du pouvoir d’achat. Sarkozy est le responsable, la crise ne vient pas d’outre atlantique, c’est Sarkozy qui défendait ici en France, des prêts hypothécaires, la déréglementation boursière, les subprimes, et qui donne maintenant 360 milliards aux banques, 26 milliards aux employeurs, 6,5 milliards aux patrons de l’automobile … C’est Sarkozy qui refuse de prononcer le mot « salaire » !

C’est Sarkozy qui place ses copains à la tête des banques qu’il abreuve de fonds publics

Plutôt que de donner des centaines de milliards à ses amis banquiers et banqueroutiers du Fouquet’s, Sarkozy doit donner ces milliards aux salariés qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent.

Haussez les salaires, baissez la part des actionnaires !

Arroser les banquiers, c’est arroser le sable ! Les banquiers n’aident pas l’économie, ils la pillent ! Un banquier ça prête un parapluie quand il fait beau, ça le reprend quand il pleut !

Il faut donner 200 euros mensuels d’augmentation à tous, dans tout le pays, c’est la meilleure façon de relancer l’économie, car les salariés, eux, ils achèteront, eux, ils feront tourner les entreprises !

Il faut placer les licenciements sous contrôle de l’inspection du travail, et interdire ainsi les licenciements boursiers, spéculatifs, abusifs qui se multiplient. Il faut rendre les délocalisations plus coûteuses que l’avantage espéré par les actionnaires rapaces.

Il faut baisser la rentabilité du capital, forcer les actionnaires à renoncer à leurs « 15 % » et redistribuer les richesses, car si la crise est là, c’est parce que les richesses produites par les salariés ont été pillées, concentrées, cachées, gelées, gaspillées (voir la vente de la collection Bergé Saint-Laurent). Il faut abroger la loi sur le bouclier fiscal de Sarkozy et faire le contraire : imposer un salaire maxima a 25 fois le Smic, et au-dessus, prendre tout par l’impôt républicain progressif et direct !

Vivent la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion – qui s’y met le 5 mars.

Vive la grève unitaire des hôpitaux dans tout le pays le 5 mars ! Et en avant pour le 19 mars, ce n’est pas trop loin, c’est juste le temps de préparer et de faire mieux que le 29 janvier : pour les 200 euros de hausse mensuelle pour tous !

Voici un modèle superbe de tract signé par la CGT, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, FO, FSU, Solidaires, UNSA.. en Haute Loire, (43) : Un modèle, car s’il est possible en Haute-Loire, il est possible partout…

Le 19 mars, dans l’unité, grève et manifestation interprofessionnelle

Le 29 janvier, nous avons été des millions à nous mobiliser dans tout le pays et réalisé l’une des plus grandes manifestations au Puy en Velay. Mais le Président de la République et le patronat ne répondent pas aux besoins et aux revendications portées par les organisations syndicales et les manifestants.

Mobilisons nous pour faire entendre nos revendications !

- Pour l’emploi : Arrêt des licenciements.
- Nous demandons le gel des licenciements économiques avec un contrôle plus strict des autorités publiques et l’interdiction des délocalisations. Des milliards d’euros ont été trouvés pour les banques et le système financier pourtant directement responsables de la crise. Il est tant d’arrêter le massacre de l’emploi.
- Dans la fonction publique, nous demandons l’arrêt des 30 000 suppressions d’emplois prévues dans le budget 2009 et l’arrêt des privatisations.
- Dans la santé, tous les emplois doivent être maintenus.
- Le chômage partiel doit permettre aux salariés de conserver leur contrat de travail mais son indemnisation doit être revalorisée pour que les salaires soient maintenus et accompagné d’un plan de formation professionnelle.
- Arrêt de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques).
- Abandon du projet de loi BACHELOT sur les hôpitaux et des mesures DARCOS dans l’enseignement.
- Augmentation des salaires et du pouvoir d’achat.
- Augmenter les salaires, les retraites, les minima sociaux c’est augmenter la consommation donc relancer l’économie.
- Défendons la retraite à 60 ans et les 35 heures hebdomadaires.
- Le recul de la retraite à 70 ans et l’allongement de la durée de cotisations sont inacceptables. Ils conduisent à une baisse des revenus des retraites et aggravent le chômage des jeunes. Les 35h et la retraite à 60ans doivent être garanties.
- Liberté de désignation des délégués syndicaux dans les entreprises.

360 + 26 milliards d’euros pour les banques et les entreprises. Rien pour les emplois et le pouvoir d’achat !
200 € comme en Guadeloupe pour le smic, les salaires et les retraites


Tous en grève et à la manifestation  Jeudi 19 mars

à 10h30  Place Cadelade au Puy en Velay

Si le gouvernement et le patronat n’entendent pas nos exigences  la poursuite du mouvement sera à l’ordre du jour.

Justice contre Val l’insulteur et le licencieur abusif et vive Siné hebdo ! Gérard Filoche

En direct du procès Siné le 27 janvier : Avec Lyon Capitale : Val, Bedos, BHL, Filoche…  Du grand guignol au procès Siné Par Paul Terra | Lyon Capitale | 27/01/2009 | 21H45

Résultat le 24 fév : Affaire Jean Sarkozy : Siné relaxé AFP 24/02/2009 | Mise à jour : 14:42
Le dessinateur Siné, poursuivi pour « incitation à la haine raciale » après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a été relaxé aujourd’hui par le tribunal correctionnel de Lyon.

Val, BHL, Licra ridiculisés par Siné et la justice. Le dessinateur viré de la feuille de Philippe Val était accusé à tort…

Le tribunal correctionnel de Lyon a prononcé mardi une relaxe en faveur de Maurice Sinet, humoriste dont deux chroniques publiées avant son limogeage de Charlie Hebdo étaient poursuivies par la Licra. La première visaient notamment des femmes voilées musulmanes et des grenouilles de bénitier, le 11 juin 2208. La seconde s’en prenait, le 2 juillet 2008, à Jean Sarkozy, Siné écrivant que le fils du président prévoyait de se convertir au judaïsme pour épouser l’héritière des magasins Darty. Dans son très long jugement, la chambre spécialisée dans la presse estime notamment que la liberté d’expression doit l’emporter sur le sentiment religieux. Elle rappelle que Charlie-Hebdo est un journal satirique, aux lecteurs « éclairés ». Enfin, elle reprend avec malice une phrase prononcée par Philippe Val, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, au moment du procès de l’affaire des caricatures : « Le crime est dans l’oeil de celui qui lit« .

Justice ! Et pan sur le bec de tous les comploteurs à la Philippe Val et autres Askolovitch, de tous les signataires mondains qui ont commis l’erreur de suivre BHL et Albanel (qui voulait éradiquer à tout jamais l’oeuvre du dessinateur) qui ont essayé lâchement, cet été, à ses 80 ans, de salir Siné (et surtout de protéger l¹arrivisme du fils Sarkozy) après avoir fait perdre son boulot à cet homme de gauche !  Gérard Filoche (et Vive Siné Hebdo !)

Rappel : En juillet dernier contre les 20 signataires de l’appel de BHL et Val…

O combien je soutiens mon pote Siné contre les 20 que vous êtes !

O combien je soutiens mon pote Siné contre les 20 que vous êtes ! Et combien je suis offusqué que certains signataires ci-dessus se joignent aux biens-pensants ampoulés et ridicules, à l’ordre officiel de Madame Albanel pour soutenir celui qui n’a commis d’autre « crime » récent que de s’en prendre au fils Sarkozy…

Car qu’est ce qui décide ces 20 signataires à faire le procès de la carrière entière d’un dessinateur aujourd’hui âgé de 80 ans célèbre depuis ses caricatures et prises de position lors de la guerre d’Algérie, le manifeste des 121, et son immortel dessin où il montre des soutanes devant un crucifié se moquant d’un pauvre hère devant son totem ?  Ce n’était pas seulement des « fulgurances », il en fallait du courage !… Siné est un combattant depuis les années 60 de toutes les causes démocratiques, antiracistes et, d’ailleurs, ne l’avez-vous pas côtoyé aux nombreux dîners des parrains de SOS-Racisme auxquels il participait, c’est là que je l’ai rencontré avec vous tous, en 1988, lorsqu’il y serrait la main de François Mitterrand, et les vôtres ? Qu’est ce qui vous prend de faire un autodafé à partir de citations tronquées, tirées de leur contexte, de sa vie, de son oeuvre entière ? Vous l’excommuniez ? C’est un grand honneur que vous lui faites ! Où a t on vu cela, vous vous prenez pour Jdanov ? Comme l’a fait la ministre de la culture du père de Jean Sarkozy qui veut voir « disparaître à jamais » (un autodafé, vous amenez le briquet ? ) Siné, sa vie, son œuvre ?

Tous, absolument tous les juristes répètent qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans le texte incriminé de Siné, juridiquement ça n’est pas plaidable, ce n’est qu’une reprise d’une info exprimée déjà dans Libération le 23 juin par un ami de Jean Sarkozy, membre de la Licra, en termes similaires…

Vous parlez peu de l’objet précis et récent de l’affaire, ce que vous en citez est tronqué malhonnêtement, et vous étendez surtout la question « aux dérapages » de toute la vie d’un homme, en l’occurrence d’un artiste, en extrayant des excès qui vous ont semblé contestable en lui – d’un point de vue universel suprême, celui de votre absolue autorité.

Rien ne vous donne ce droit d’exécuter ainsi quelqu’un. Personne ne vous a demandé de vous mettre à 20 pour juger le bon ou le mauvais goût des caricatures de Siné, c’est son droit, sa liberté, son oeuvre, et s’il est apprécié depuis plus de 50 ans, lui, ami de Prévert, de Léonor Fini ou de Malcolm X, il y a sûrement une raison à ses centaines de milliers d’admirateurs… Toute licence en art ! Même pour les dessinateurs de chat, bouffeurs de curés et provocateurs ! Même pour Plantu que vous exécutez au passage en donneur de leçons suprêmes que vous êtes…

Vous vous mettez en 20 pour faire la police de la pensée officielle, et estimez que cela fait des décennies que Siné aurait dû être réduit au silence ? Bouh, ça fait froid dans le dos ! Toute l’équipe de Hara-Kiri, Charlie Hebdo première mouture, (avant que Val ne s’en empare), est censurée épurée, réduite au silence, en un même coup, par vos propos : soit 80 % des caricaturistes célèbres dans ce pays depuis 40 ans.  Votre logique, c’est d’interdire une seconde fois « Bal tragique à Colombey », ça se faisait à l’époque, après que les Yvon Bourges aient interdit « La Religieuse » de Jacques Rivette. Vous voulez, vous aussi,  liquider quelque chose de mai 68 en vous en prenant à Siné et en donnant raison à Val ?

Parce que vous croyez que Val a une constance dans son engagement ? Qu’il est « démocrate, défenseur et garant des principes » de Charlie Hebdo et de sa rédaction ? Voulez-vous qu’on joue au même jeu des citations le concernant ? Ce serait aussi facile mais dégradant. Ou comment Val a tiré profit de Charlie, et comment il traite le droit de ses salariés dans le journal sur lequel il a mis la main, comment il vient de « licencier » un prétendu « droit d’auteur » qui était plus ancien que lui à la fondation ? La rédaction de Charlie qui a votre « entier soutien », ce sont aussi Charb et Cavanna défendant Siné contre toute votre accusation  : « Je n’aurais pas travaillé 16 ans aux côtés d’un antisémite », « Siné n’est pas antisémite » écrivent-ils !

Comme Willem, Delfeil de Ton, Carali, Barbe, Geluck, Malingrey, Pichon, Pétillon, Got, Faujour, Picha, Tignous, Thouron, Tardi, Wiaz… qui le soutiennent. Alors pourquoi est-ce Siné qui est viré, vilipendé, lynché et comment pouvez-vous donner votre “entier soutien” à ce Val-là ?

Gérard Filoche, 31 juillet 2008

Salaires : cachez ce mot que je ne saurais voir !

Sarkozy blabate pour faire diversion !!!

Au moment où la Société Générale, qui a déjà reçu un milliard d’euros d’aide de l’Etat et qui en recevra autant en 2009, s’empressait de distribuer 700 millions d’euros de dividendes  à ses actionnaires, les propositions de Sarkozy ont toutes un point commun : éviter d’augmenter les salaires en accordant des primes ou des « bons d’achat » versés une fois pour toute.

- Une prime de 500 euros aux chômeurs n’ayant cotisé que durant deux ou trois mois à l’assurance-chômage.
- Les deux derniers tiers provisionnels payés par 4 millions de foyers fiscaux « modestes »  sont supprimés, mais uniquement pour 2009.
- Des bons d’achat  seront ponctuellement versés à des familles ciblées.
- Une prime « exceptionnelle » de 150 euros sera versée aux trois millions de familles bénéficiant de l’allocation de rentrée scolaire.
- Un « fonds d’investissements » social dont la fonction n’a rien d’évident, sera mis sur pied.
- Le tout pour 2,6 milliards d’euros. Venant après les 360 milliards d’euros accordés aux banques et les dizaines de milliards d’euros accordés aux entreprises pour qu’elles maintiennent leurs profits, les salariés, les chômeurs, les jeunes n’ont droit qu’aux miettes du banquet. .

Il refuse tout contrôle des licenciements alors que nombre d’employeurs continuent à faire des profits mais utilise la crise pour justifier de nouvelles charrettes. Il se refuse à revenir sur sa décision scélérate de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite alors que chaque mois, 50 000 nouveaux chômeurs viennent s’ajouter au 4 millions de chômeurs réels. Alors qu’il prétend que sa « priorité est l’emploi » il est de facto le premier licencieur dans ce pays par la suppression du nombre de postes qu’il a réalisée depuis six ans.

Il propose une nouvelle fois de généraliser le chômage partiel et toujours de « travailler moins pour gagner moins » à l’exact opposé de ses promesses électorales démagogiques et mensongères. Rarement un tel tête à queue politique aussi spectaculaire aura été constaté.

Interrogée par  France inter, une femme répondait fort justement qu’ « avec ses heures supplémentaires il avait promis du beurre pour mettre dans les épinards mais que maintenant, il n’y avait même plus de quoi acheter les épinards ! »

Il affirme qu’il continuera ses « réformes ». C’est-à-dire qu’il continuera à offrir le service public (l’énergie, la Poste, l’Hôpital public, l’Ecole, l’Université…) aux actionnaires du secteur privé. Cela se traduira forcément par une nouvelle baisse du pouvoir d’achat et un accroissement des inégalités sociales. Car demain, pour se soigner, éduquer ses enfants, se chauffer, envoyer un colis ou une lettre, il faudra soit payer beaucoup plus cher qu’aujourd’hui, soit s’en passer.

A l’exception des 0,1 % des plus riches dont il est ne fait qu’exécuter les ordres, il s’attaque à toute la population de la maternelle à la retraite. Il a passé le code du travail à l’acide des exigences du Medef.  Il ne renonce pas à faire travailler les femmes pauvres et précaires comme caissières le dimanche. Il a fait passer la possibilité de « retraite à 70 ans ».

Et il pense que cela va durer longtemps !

Il n’a pas compris que, comme en Guadeloupe, l’explosion sociale était proche et que des dizaines de millions de personnes supportent de plus en plus difficilement de vivre comme elles le font aujourd’hui ou de voir leurs perspectives d’avenir se dégrader à toute vitesse pour préserver les profits du CAC40.

Sarkozy choisit l’affrontement avec le salariat. Il n’y a pas d’autre choix que d’assumer cet affrontement en commençant par être deux fois nombreux dans la rue le 19 mars que le 29 janvier et à ne plus lâcher prise ensuite jusqu’à ce qu’il cède.

Jean-Jacques Chavigné, Gérard Filoche