Ne mettez pas cent milliards pour les riches, mettez-les pour les salariés, les jeunes et les pauvres

 

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Ne mettez pas cent milliards pour les riches et les chefs d’entreprises,

Mettez-les pour la santé et la vie des salariés, des jeunes et des pauvres,

 

En mars déjà, la politique de Macron nous a fait mal

 

En mars c’était à cause de l’austérité budgétaire imposée depuis 2015 par  Macron : il n’avait respecté ni le principe de précaution ni les principes de prévention. Il manquait de lits, de respirateurs, de gel, de masques, de blouses, de gants, de lunettes, de seringues, de pousse-seringues, d’écouvillons, de médicaments, de curare, et surtout de soignants dans tous les domaines. Il y eu 30 000 morts recensés du Covid et ceux qui n’ont pas pu être soignés à cause du Covid. Les malades ont été « triés », le droit à la vie et à la mort, a découlé en direct des décisions budgétaires, des choix de Macron depuis 5 ans.

 

Le capitalisme c’est la recherche du profit maximum, un système qui entre frontalement en contradiction avec les droits et besoins prioritaires de santé des salariés.

Ni la recherche ni les politiques de santé nulle part n’ont disposé des moyens de prévention, et le principe de précaution est resté vain.

 

Rappelons que Macron a d’abord refusé de confiner le 6 mars, puis concédé un premier confinement du 15 mars au 11 mai.  C’était à contre cœur, de peur d’être lynché par le peuple menacé par la pandémie. Ce confinement c’était une concession, un hommage du vice à la vertu, du capitalisme au socialisme, une priorité brièvement et désespérément concédée à la santé contre le profit.

 

Pour compenser leur manque à gagner auprès des riches et des patrons, Macron en a profité pour abonder avec des dizaines de milliards les caisses des entreprises, baissant les impôts et cotisations sociales, ce qui a eu pour effet de vider les caisses de la sécurité sociale, des aides sociales, des services publics.

 

Ce gouvernement préfère l’économie capitaliste à la santé.

Il donne aux riches alors que la pandémie frappe les pauvres.

Il donne aux chefs d’entreprise alors que ceux-ci licencient.

 

 

Il n’a pas anticipé une seconde vague, au contraire, il a fermé encore et encore des centaines de lits, limité les moyens exigés par les hôpitaux et les soignants.

Il a même pris un décret permettant de licencier des soignants.

Il a même imposé le paiement d’un forfait de 18 euros aux urgences

Il vient de fermer l’Hôtel Dieu, à Paris, il n’utilise pas le Val-de-Grace, il ferme encore des centaines de lits dans toute la France, il impose ainsi 80 % de non-prises en charge de l’hospitalisation pour d’autres maladies, il ne réquisitionne pas à plein le secteur privé.

Les étudiants-soignants qui sont appelés en renfort sont mal payés, mal traités alors faut un plan massif de recrutement et de formation accélérée – en payant de forts salaires et des primes à l’embauche. Car s’il y a une 3ème ou 4ème vague épidémique ce sera un désastre. C’est le moment d’imaginer l’hôpital de demain, rompu à l’urgence et au déploiement de moyens exceptionnels, à rebours des années de restrictions budgétaires imposées aux soignants et aux patients depuis trop d’années.

 

Macron n’a rien concédé, en dépit de ses promesses, aux salariés dits « de première ligne » qui ont fait marcher le pays, éboueurs, vendeur, livreurs, chauffeurs, nettoyeurs, caissieres, femmes de ménage. Il leur a refusé la reconnaissance du Covid pour « maladie professionnelle ». Il n’a pas investi dans les services publics, ni dans l’emploi public si nécessaires.

 

Il a préparé un budget d’austérité pour 2021, il pris dans les caisses de la sécu, sans y remettre, il a donné la priorité au CAC 40, aux grosses entreprises, à la police et même aux militaires, au détriment des petites et des « indépendants». Il a soutenu le blocage des salaires, le versement d’un chômage partiel limité à 84 % du salaire pour 12,5 millions de salariés, imposé un télétravail surchargé et pénible à 8,5 millions de salariés, insuffisamment soutenu les précaires, CDD, intérimaires, saisonniers, intermittents, pauvres, mal logés, menacé les chômeurs, les sdf.

 

En octobre, Macron c’est pire qu’en mars

 

Ni prévention ni précaution.

 

C’est seulement quand il s’est révélé que sa politique nous livrait à une seconde vague de Covid, que tardivement il s’est résolu à imposer un couvre feu, mi-octobre. Puis comme c’était manifestement insuffisant, il a été obligé d’instauré un trop tardif et fort insuffisant déconfinement – partiel limité à un mois – et qui est évidemment mal compris, mal toléré et mal respecté. Alors qu’à nouveau, et par défaut d’avoir mis en oeuvre les solutions alternatives ignorées et refusées, c’est un confinement completqui s’impose « coûte que coûte ». Car on se trouve confronté à un virus qui progresse partout dans le pays et partout ailleurs.

 

Dans cette situation tragique, s’ajoutent, à l’absence de mesures puissantes pour l’hôpital public, l’absence de médicaments, de la recherche, un choix imbécile de fermer les petits commerces et de laisser ouvertes les grandes surfaces, une législation qui tient les sous-traitants à la merci des donneurs d’ordre et des banques. C’est le même choix aberrant d’opérer une « politique dite de l’offre », alors que c’est la demande qui est en cause, alors que les salaires, les minimas sociaux devraient augmenter, alors que les licenciements devraient être contrôlés, qu’il faut compenser le chômage, l’appauvrissement et la faim qui frappent. Un million de personnes supplémentaires en dessous du seuil de pauvreté ! Dix millions au total !

 

Jamais il n’y a eu tant besoin d’imposer le respect du droit du travail, à domicile ou non, le partage du travail comme des richesses produites par celui-ci dans les entreprises. Mais au contraire celles-ci sont laissées sans contrôle alors qu’elles trichent massivement sur le chômage partiel.

 

Il faut distribuer des aides alimentaires et des logements (interdire les expulsions, bloquer les loyers, taxer les gros bailleurs) et légiférer sur le télétravail.

 

Enfin la situation de l’école (de la maternelle à l’université) est tragique entre fermeture des classes, des cours, des cantines scolaires, des garderies, au point que les lycéens sont obligés de se rebeller pour assurer leur propre sécurité sanitaire face à Macron qui dépense l’argent public a la répression au lieu de le dépenser pour recruter 100 000 emplois jeunes pour enseigner et encadrer dans toutes les besoins des écoles.

 

Macron donne aux riches quand les pauvres meurent

 

L’autre choix aberrant du gouvernement est de baisser les impôts alors qu’il y en a tant besoin : il faudrait prendre tous les dividendes, rétablir l’ISF, instaurer un impôt progressif sur les sociétés et un prélèvement exceptionnel massif sur toutes les fortunes mobilières et immobilières.

Faire payer aux pauvres une tragédie qui frappe déjà les pauvres, transférer aux riches le maximum des aides d’état et abaisser tous les moyens de droit de défense des salariés (le report des élections politiques et professionnelles, un état d’urgence policier y compris la mise en cause du droit de manifester et de filmer les policiers qui commettent des exactions) constitue le comble du comble de l’injustice de ce gouvernement.

Après cette analyse et tout en soulignant le besoin urgent d’une autre politique nous devrions tous ensemble à gauche, mettre en avant les revendications immédiates et urgentes qui s’imposent pour mette en place un bouclier social et sanitaire.

Celui-ci peut se décliner tout de suite en 4 grands axes de propositions.

 

Un bouclier sanitaire et social

 

Ne mettez pas cent milliards pour les riches et les entreprises,

Mettez-les pour la santé et la vie des salariés, des jeunes et des pauvres,

Premier axe : Un plan massif pour l’hôpital public et les établissements médico-sociaux

Il manque 100 000 emplois. Il faut un plan massif de recrutement et de formation accélérée pour l’hôpital avec revalorisation de 300 euros des salaires des agents (aides-soignants, infirmières, agents de propreté, brancardiers, ambulanciers,…). Il faut rendre attractifs les métiers du soin. Donner un 13° et un 14° mois à tous et notamment à l’embauche lorsque le contrat est signé. Retrait de l’amende de 18 euros pour accéder aux urgences.

Idem pour l’aide et le soin à domicile et l’ensemble des lieux de vie collectifs (EHPAD, résidences autonomies mais aussi foyers de vie, foyers d’accueil médicalisés…). Les Ehpad doivent être toutes prises en main et sous contrôle public, il ne doit pas y avoir « d’or gris » aux actionnaires, tous les établissements doivent être à but non lucratif.

C’est toute une économie de la santé et de la recherche pour le présent et le futur qu’à cette occasion il faut reconstruire. De même qu’il faut redonner un vaste élan à tous les services publics, école, transports en commun, communications et au service de l’écologie.

 

Second axe : augmenter les minima sociaux et les salaires

 

La pauvreté, le chômage augmentent. Il faut garantir un minimum social pour que personne ne soit en dessous du seuil de pauvreté. Soutien total aux organisations de chômeurs. Abrogation de la réforme de l’assurance chômage.

Distribution de denrées et de repas, hébergements en gymnases des personnes à la rue, fonds locaux de solidarité avec la culture, les associations. Blocage des loyers, interdiction des expulsions, logements d’urgences.

Il faut un plan national de 100 milliards d’euros pour abonder les efforts des collectivités locales et des associations.

Un plan qui instaure un minimum social garanti à hauteur de 80 % du Smic.

Le chômage partiel doit être un outil de la réponse sanitaire.

Il doit être indemnisé à 100 %.

Il faut contrôler tous les licenciements au préalable.

Augmenter le Smic et les salaires des premiers de corvée et des salariés dits de seconde ligne. 300 euros mensuels pour toutes et tous ne serait que justice à commencer par le Smic. Il faut payer à hauteur de l’utilité sociale, valoriser l’accompagnement, l’assistance, le service rendu.

Ce sont les salariés qui font marcher le pays. Il faut restaurer et développer leurs droits injustement supprimés ces dernières années, les institutions représentatives du personnel, dont les CHSCT.

 

Troisième axe : des moyens pour l’école publique

 

Les lycéens se mobilisent pour des moyens d’étudier, les jeunes et les profs réclament une organisation en demi-groupes. Ils ont raison.

Il faut des mesures immédiates de protection et de soutien. Il faut des recrutements d’adultes pour l’école publique, une revalorisation des salaires, un plan d’ouverture de nouveaux locaux.

100 000 emplois jeunes pour aider, encadrer, compléter les besoins nouveaux apparus, du fait de la pandémie, dans toutes les écoles

La jeunesse lycéenne et étudiante, les enseignants ont besoin de réseaux Internet performants partout sur le territoire. Plutôt que de précipiter les dépenses pour la 5G, il y a besoin d’une couverture 4G partout.

 

Quatrième axe : Répartir les richesses autrement, taxer les bénéfices

 

Mille entreprises font 50 % du PIB, c’est elles qui décident de tout, et encaissent tout en dernière instance, celles-là ne doivent pas être aidées mais elles doivent aider (tous les dividendes doivent y contribuer) le pays dans lequel elles font tant de bénéfices.

Taxer fortement les GAFA devrait relever de l’évidence, taxer les bénéfices du CAC 40  et imposer aux banques d’assurer le crédit aussi.

C’est là et dans la lutte contre la fraude fiscale, contre « les 600 milliards» qui manquent à la France, qu’on trouve en urgence les nouvelles ressources nécessaires pour financer les mesures sociales et sanitaires.

Quant aux aides publiques nécessaire aux entreprises en difficultéelles doivent être conditionnées à l’emploi et contrôlées dans leur usage sans exception.

Notamment il faut renforcer le fonds de solidarité pour soutenir les PME et TPE surtout les activités culturelles, touristiques, événementielles. Mais il faut en même temps légiférer pour une organisation de la sous-traitance, pour que les donneurs d’ordre soient responsables de ce qui se passe sous leurs ordres, qu’il n’y ait qu’un seul niveau de sous-traitance, que les sous-traitants soient alignés sur la convention collective des donneurs d’ordre, que les unités économiques et sociales soient juridiquement reconnues afin d’interdire le morcellement des droits des salariés, d’interdire l’ubérisation, la précarité.

 

Les forces politiques de la gauche et de l’écologie peuvent défendre ensemble ces mesures d’urgence collectivement et constituer ensemble un comité national d’urgence et d’action.

 

Petits commerces et grande distribution, nulle équité, jamais

Regard d’une fille de commerçants qui a bien grandi

Deux jours que Bruno Retailleau organise habilement la défense de l’équité entre les commerces. Pas la défense des petits commerces et des bourgs, non. La défense de la libre concurrence. La droite et les commerces… comme la droite et les agriculteurs… La droite qui pense que tous les commerces se valent, que toutes les cultures se valent. La droite qui accompagne les changements, s’en accommode mais surtout n’enclenche rien, ne critique jamais rien, ne prend pas position. La droite de la liberté d’entreprendre et de réussir. Réussir soi sans jamais s’interroger sur : réussir, au détriment de qui ? Qui refuse d’interroger le système. La droite vendéenne devenue dans la presse fer de lance du soutien aux petits commerçants obligés de fermer quatre semaines dans les bourgs des villages et villes. Parce que COVID.

Cette même droite qui ne dénonce pas aujourd’hui l’implantation d’Amazon, pire qui l’accompagne en jetant toutes les critiques d’un revers de main, au nom d’une sacro-sainte antienne dont on sait pourtant qu’elle est fausse, la création d’emplois. Création d’emplois de Bezos quoiqu’il en coûte. Disparition des sols et de la culture des terres. Prix à payer pour les salariés à bas coûts et aux conditions de travail scandaleuses. Retour sur investissement nul pour un Bezos qui ne paie pas ses impôts. Création d’emplois de Bezos pour Bezos. Au détriment de nous tous.

Cette même droite qui dans les années 1990 louait le nouveau modèle dit de grande distribution. Parce que c’était l’avenir. Qui autour de la famille Leclerc obtenait la libéralisation des prix des carburants. Ce même Leclerc qui échouait sur la remise en cause du prix unique du livre, et c’est tant mieux ! Celui là-même qui voulait casser tous les prix, vendre de la pharmacie… mais à quel prix justement ? Celui des fermetures des officines et des boutiques en villes. Commerces de bouche, de fringues, quincailleries.

Le libéralisme apprenait tranquillement à diviser pour mieux régner. Diviser les gens, entre consommateurs et salariés. Les uns se satisfaisant des prix bas à l’achat sans se soucier des conditions de travail des autres. Comme s’ils n’étaient pas un. Comme si les conditions du travail d’un secteur entier, celui de la grande distribution : salaires au minimum, temps partiels subis, horaires à rallonges, n’auraient aucun impact sur le reste du monde. Sur les conditions de travail du reste du monde. Comme si la puissance de la grande distribution ne devenait pas telle qu’elle imposerait bientôt tout aux producteurs et transformateurs.

Les élus qui crient aujourd’hui à l’inégalité de traitement des petits et des grands alors qu’ils l’alimentent au quotidien. Qui inaugurent des centres commerciaux toujours plus grands, toujours plus beaux et qui t’assènent aujourd’hui d’aller acheter dans les boutiques, pour sauver ton voisin. Sauf que le système qu’ils ont entretenu ne te permet plus d’aller dans le commerce d’à-côté où tout y est plus cher. Et encore, ça c’est quand il en existe encore car, la plupart du temps, il n’y a même plus de boutiques à-côté.

Ils nous ont divisés. Les salariés mal rémunérés, clients de la grande surface du coin en rentrant du taf. Tout sur place, petits prix, caddie rempli. Dont le salaire arrive à suffire justement parce que, heureusement, à Carrefour, Lidl ou Leclerc c’est pas cher. Ils nous ont divisés. Les agriculteurs mal rémunérés, clients eux-mêmes de la grande surface pour les mêmes raisons. Un serpent qui se mord la queue.

Et voilà qu’aujourd’hui, on t’intime de faire tes courses là où tu n’as financièrement pas les moyens d’aller acheter. On te ferme le rayon livres de la grande surface alors que la bibliothèque de ton bled a les portes closes. On te ferme le rayon livres de la grande surface alors que c’est le seul endroit à des bornes à la ronde où tu peux acheter un bouquin pour tes gamins.

Voilà que tu te retrouves plongé dans un truc plus grand, qui te dépasse et qui fait système. À force de complaisances, à force de considérer que tout accompagner, dans le respect de ce qu’est chacun, petits et gros commerçants, les élus ont laissé tomber les petits. Bruno Retailleau a déclaré au Sénat cette semaine qu’il fallait “rétablir l’équité entre les commerces”. Or, d’équité, il n’en existe aucune. Défendre les petits et les grands, c’est laisser gagner les grands. Et regarder les petits baisser les volets de leur boutique tant aimée les uns après les autres. En politique, ça s’appelle le libéralisme et c’est un choix qui, s’il en enrichit quelques-uns, collectivement, nous coûte cher.

 

Non au travail payé à la tâche

Au boulot n° 514 à lire dans l’Humanité Dimanche

 

Le pire c’est qu’ils nous font revenir au travail payé à la tâche, à la mission, au chantier, au forfait. C’est la plus sûre façon de nous prendre notre temps, de ne plus payer nos heures, nos journées, nos semaines, nos mois. Ça sape les  fondements du salariat.

 

Ils le faisaient illégalement jusque-là, surtout pour ceux d’en bas. Ils ne comptaient plus en heures mais en nombre de blousons, de chaussures ou de sacs confectionnés, de mètres carrés de carreaux nettoyés ou de quartiers de ville par éboueurs, par prospectus distribué.

Sur leurs fiches de paye, ils indiquaient encore une référence horaire, parce que la loi l’oblige. Mais elle est fictive, calculée arbitrairement : l’employeur divise le volume de travail du mois par un taux horaire.

 

La pression de la recherche du profit maximal les poussent à abolir la référence au temps de travail et à rétablir sans le dire le salaire à la tâche, celui-là même que l’on croyait consigné au passé, voire réservé à quelques professions : les bûcherons payés à la taille, les désosseurs de viande payés à la découpe, les livreurs payés à la course, la dentellière au napperon.

 

Dans le nettoyage par exemple, le paiement « au lit », à la chambre ou au m2 s’est accru, dans l’entretien des bureaux ou des hôtels. «Aujourd’hui, vous avez 30 lits à faire.» Chaque matin, à 7 heures, les femmes de ménage sont au garde-à-vous devant leur téléphone. Le lendemain, la commande peut varier de 20 ou 30 unités, en fonction du taux de remplissage de l’hôtel.

 

Les heures supplémentaires ne sont pas payées. Le temps rémunéré se rétrécit pendant que le temps travaillé s’intensifie et s’allonge.Les salariés sont de moins en moins nombreux à choisir eux-mêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés et à pouvoir faire varier les délais fixés.

 

Hé bien, maintenant c’est devenu le point commun à 12,5 millions de salariés qui se croyaient en haut de l’échelle, ils sont de retour en télétravail, sur leur ordinateur : « - Tiens t’as trente dossiers à traiter pour demain ».

 

Gérard Filoche

 

Vélo cargo

Au boulot n°513

Il faut voir l’homme, plutôt chétif, tenir à la main son instrument de torture. D’ailleurs il préfère marcher de côté que de pédaler. On est au Forum des Halles. Il s’agit d’un « vélo cargo », nouvelle appellation pour un simple vélo affublé d’une immense remorque. Le caisson est à presque deux mètres de hauteur, presqu’autant en longueur, à peine moins en largeur. Peint en bleu il pèse 250 kg. L’homme doit se dresser sur les pédales pour franchir les premiers mètres, et souffrir la misère pour traîner le « cargo », je ne vous raconte pas l’effort. Le pauvre est venu d’Afrique, ça se voit, pour faire ça. Le deux roues n’est pas électrique, ça ne marche qu’à l’huile de genoux.

La « pub » vante une « bicyclette magique » avec « zéro frais d’essence, 100 % français, ne pas se pencher dans les virages, éviter les surfaces inégales, passer les dos d’âne bien droit, éviter les bordures » pour un«  usage logistique, marchandises lourdes et volumineuses, alternatif, écologique et non polluant ».

Tout le charme de la plateforme numérique : livraison géo-localisée, suivi réel, livraison express, 7jours sur 7, de 8 h 30 à 23 h (sauf couvre-feu) tarification instantanée, départ magasin, retour express : vous êtes prestataire indépendant et répondez « librement » aux commandes, au « choix » pour plusieurs donneurs d’ordre à la fois comme Uber Eats, Foodora, Stuart, Deliveroo, Frichti.

Ayez le statut de l’auto-entreprise individuelle. Achetez vous-mêmes « le vélo cargo, le smartphone et sa batterie externe isotherme, le casque, les éclairages, les gants, la veste coupe-vent ». L’hiver est bientôt là.

En tant que coursier à Paris, vous avez la chance d’être non seulement payé (en dessous du smic et sans cotisations sociales) mais aussi le plaisir de « pratiquer votre passion, le vélo, et en plus, vous profitez du grand air et du magnifique paysage toute la journée ».

Elle est pas belle la France start up de Macron ?

Gérard Filoche

 


a lire chaque semaine dans l’humanité dimanche

chronique au boulot 10° année N° 513

 

 

La « relance » Macron Castex Lemaire

 

Macron qui avait hésité à confiner en mars, puis pris à la gorge, opté pour un confinement total, n’a, depuis, mis en œuvre aucun plan d’urgence pour l’hôpital, et ne veut plus, à tout prix,  qu’éviter un autre confinement.

« Lejour d’après ne sera pas un retour au jour d‘avant » :  le « quoi qu’il en coûte » de Macron, le 10 mars s’appliquait à « sauver la santé », le coûte que coûte aujourd’hui s’applique à « sauver l’économie » capitaliste.

Bruno Lemaire avoue dorénavant que le gouvernement met « au même niveau l’urgence économique et l’urgence sanitaire » Ca suit le discours d’investiture de Jean Castex qui avait affirmé carrément qu’il donnerait « la priorité à la police ».

Pendant la crise, Emmanuel Macron clamait son intention de réhabiliter l’État providence et « le marché ne peut pas tout ». Ler jour d’apès, il profite du Covid pour aller encore plus loin dans sa politique que le jour d’avant!

 

Argent magique masqué

 

La grande presse rend illisible les annonces multiples et à tiroirs du plan de « relance » de Macron-Castex-Lemaire. De l’argent magique hier, introuvable, surgit à la pelle. Mais on ne nous explique pas d’où il vient, où il va, ni comment il est vraiment utilisé, ni s’il sera remboursé, quand, comment et à qui.

Tantôt on nous parle d’un total de 500 milliards, soit de l’équivalent d’un budget bis.

Tantôt de 100 milliards entièrement dédiés aux investissements des chefs d’entreprise et à l’emploi, étalés tantôt sur la fin de l’année 2020, tantôt en 2021 et même jusqu’en 2025.

 

Selon Macron : « Pour surmonter le confinement, il a fallu indemniser les salariés qui ne pouvaient plus travailler, accompagner les entreprises qui ont dû fermer, soutenir les secteurs qui, comme l’aéronautique, l’automobile, le tourisme, l’hôtellerie- restauration, ou la culture ont le plus souffert. De l’avis de tous les observateurs, la réponse française – 470 milliards d’euros mobilisés, l’une des plus puissantes des pays développés – a été exemplaire.»

La vérité est qu’une bonne partie du plan de soutien (les fameux 470 milliards d’euros évoqués par Macron) est en réalité constituée de prêts aux entreprises garantis par l’Etat (PGE), pour un montant théorique maximal de 300 milliards. Le reste est constitué de mesures dites « budgétaires » (c’est-à-dire d’argent réellement injecté dans l’économie par l’Etat) : chômage partiel, fonds de solidarité, etc.

L’OFCE estime l’impact du plan de relance sur l’économie française, de façon mitigée. « Le plan de relance améliorerait le PIB à hauteur de 1,1 % pour 2021 et la croissance serait de 7 %. Le calibrage budgétaire des mesures de réponse à la crise sur deux ans couvre environ 30 % des pertes cumulées d’activité sur 2020-21, soit une part similaire au plan de relance de 2009-2010. »              En résumé, l’ampleur du plan serait à peu près équivalente à celui de 2009, de l’après-crise des subprimes, mais dans un contexte économique bien plus dégradé.

Le budget officiel de 2021 prévoit une décroissance du PIB (1) de – 10 % en 2020 et de  + 8 % en 2021, pour un déficit de 10,2 % puis de 6,7%.

Le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances 2021, prévoit un soutien à l’activité en 2021 à hauteur de 1,5 % du PIB, puis de 1 % en 2022.

L’OFCE a des estimations inférieures, respectivement 1,1 % du PIB en 2021 puis 0,9 % en 2022. Ainsi, tandis que le gouvernement prévoit que 37 milliards d’euros de ressources du plan seront engagés en 2021, l’OFCE s’attend à 32 milliards d’euros mobilisés.

Il y a pour le moins des improvisations, des délais et des zones d’ombre dans la distribution de la manne financière.

 

Relancer pire qu’avant

 

Les médias obscurcissent les annonces fluctuantes de la répartition de ces centaines de milliards : on nous dit grossièrement, un tiers pour une transition verte, un tiers pour les entreprises, un tiers pour l’innovation. Tantôt on nous dit 6 milliards pour Renault  tantôt 7 milliards pour l’aéronautique,  en fait c’est un plan de relance pro CAC 40 : adieu la récompense salariale  du travail indispensable des « métiers essentiels »: caissières, éboueurs, manutentionnaires, professeurs, chauffeurs livreurs… Ces femmes et ces hommes« que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal ».

 

Un tiers pour une « relance verte », c’est de l’argent pour les capitalistes censés être « verts »

Un tiers pour les entreprises, c’est de l’argent à discrétion pour les chefs d’entreprises pas pour les salariés

Un tiers d’innovation, c’est bien vague puisqu’il s’agit surtout d’un hypothétique avion à hydrogène et du parc de voitures individuelles électriques.

C’est, comme dirait Hollande « une politique de l’offre » clairement assumée par le gouvernement : des tonnes d’argent distribuées à ceux d’en haut, en faisant croire aux naïfs que ça ruissellera vers ceux d’en bas.

 

« Il y a un principe absolu : nous n’augmenterons aucun impôt », martèle Bruno Le Maire. Comprendre : « On ne touchera pas aux riches » Pas de rétablissement de l’ISF, pas d’impôt exceptionnel, pas de prélèvement sur les dividendes, maintien de la suppression de la taxe d’habitation…

Relance du transfert d’argent vers les riches

Au contraire, en plus du CICE pérennisé sous forme de baisse permanente de cotisations sociales, s’ajoutera désormais une baisse de 20 milliards de l’impôt de production, 10 milliards en deux ans.  Effet inégalitaire  : 281 plus grandes entreprises du pays (au moins 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires) vont se partager à elles seules 2,5 milliards d’euros soit, en moyenne, un chèque de 9 millions d’euros par entreprise. À l’autre bout du spectre, 323 291 TPE vont percevoir 304 millions d’euros, soit un chèque de 940 euros. Les PME vont quant à elles toucher 2,9 milliards d’euros, soit 13 300 euros par tête de pipe en moyenne. Enfin les ETI (entreprises de taille intermédiaire) vont toucher quelque 4 milliards d’euros, soit 456 300 par entreprise environ.  Selon la CGPME elle même : « Les impôts de production ne concernent que les grosses boîtes. Encore une fois, les PME sont totalement exclues du dispositif, alors qu’elles se retrouvent en grosses difficultés. »

En même temps, qu’il se refuse à baisser la TVA, Bruno Lemaire se félicite de ces baisses d’impôt qui profitent aux plus grandes entreprises et à leurs actionnaires. Ce qui fait reculer d’autant les moyens de l’état orientés vers les plus précaires, les plus pauvres et les privés d’emploi. L’impôt cesse d’être un moyen de repartir les richesses, il est un moyen d’abonder les dividendes.

 

La crise aurait coûté 165 milliards à l’économie, dont 50 pèseraient sur les entreprises. Celles ci ont pourtant été beaucoup aidées des mars 2020 avec le paiement du chômage partiel. Le plan de relance va encore aider davantage les mêmes sociétés. Les premiers assistés de ce pays ce sont les patrons.

Il n’y aucun contrôle, aucune contrepartie exigée à ces aides : ils encaissent et licencient, ils n’embauchent pas prétextant que « la demande n’est pas là ». Et il y a du vrai puisque les salaires sont bloqués, 12, 5 millions de salariés ont été en chômage partiel avec seulement 84 % de leur salaire, le revenu des ménages a baissé et ils ont beaucoup moins consommé.

D’où le cycle infernal qui engage une baisse de salaires, qui engage une baisse d’activité, qui engage une hausse du chômage, qui diminue les rentrées fiscales, qui provoque l’austérité.

Chômage de masse aggravé

Pour 470 milliards et 100 milliards de plus, ils annoncent…  800 000 chômeurs de plus. Le Covid a bon dos,  484 plans sociaux sont en cours qui ne sont pas causés par le Covid, mais sont des choix antérieurs des actionnaires précipités par l’effet d’aubaine : Cargill, Auchan, Bridgestone,

Macron a modifié le système de comptabilisation des chômeurs, selon les critères du BIT à la place de ceux du Pôle Emploi et de l’INSEE. Mais dans la réalité il demeure autour de 6,5 millions de personnes dans le « halo du chômage» comme ils disent.

Il se refuse à dire  ce qu’il fera de la casse de l’assurance chômage légiférée depuis septembre 2019. Vont-ils vraiment enlever les 3 ou 4 milliards qu’ils prévoyaient d’enlever sur les indemnisations des salariés licencies ?

Le gouvernement annonce 160 000 créations d’emplois comme résultat du plan de relance de 100 milliards d’euros, soit seulement 20 % des pertes prévues. 160 000 uniquement avec ce plan de relance, c’est peu compte tenu des 40 milliards d’euros annoncés sur ce volet. Ça fait cher l’emploi !

Les aides à l’embauche aux 16-25 ansde 4 000 euros coûtent cher pour pas grand-chose (plus d’1 milliard en 2021 pour 450 000 contrats signés). Ca ne règle pas le problème majeur de la pauvreté dans la jeunesse ni des aides aux études. Une allocation d’autonomie inconditionnelle de la jeunesse entre 18 et 25 ans réglerait le problème.

Par contre soulignons le au passage : « l’argent magique » arrive en rafale pour le budget de l’armée qui encaisse 1,7 milliards de plus en 2021, qui sera le premier recruteur de France et disposera de 18 milliards de plus qu’en 2017 !

 

Cinq des points qu’ils refusent de faire :

1°) Ils se refusent à rétablir l’ISF alors qu’un rapport prouve que sa suppression n’a servi qu’a enrichir les riches et qu’on apprend qu’àl’exception des Chinois, ce sont les milliardaires français qui se sont le plus enrichis dans le monde ces dix dernières années. Le nombre de redevables de l’ISF est passé de 287 000 à 358 000 ménages. Les riches n’ont pas pu revenir… puisqu’ils n’étaient pas partis. L’ISF rapportait 5 milliards par an et Thomas Piketty estime que son rétablissement aujourd’hui rapporterait plus de 10 milliards !

2°) Annuler « la dette » (présumée) : d’ailleurs ça branle dans le manche à ce sujet : des économistes libéraux en vogue conviennent qu’il faut en faire une dette à 100 ans ! D’autres, comme Thierry Breton conviennent qu’elle sera payée de façon très différée : entre 2038 et 2058. D’autres comme François Bayrou veulent distinguer la « dette du Covid » des autres dettes, tiens pourquoi donc ? La vérité est qu’annuler la dette ne changerait rien à l’économie et  la rembourser n’apporterait rien de crédible auprès des banques  (celle-ci viennent d’être accusées – rapport FinCENFiles - d’avoir fraudé 2000 milliards de dollars presque autant que la dette française !)

3°) Distribuer des « aides » pour faire redémarrer toute l’économie : le Covid n’est pas une guerre, l’appareil de production est intact, seul le carburant de l’argent manque, il faut faire marcher la planche à billets, il n’y a pas d’inflation et s’il y en avait ce serait plutôt bénéfique pour la reprise. Investir massivement dans l’emploi public, les services publics, l’hôpital public, la recherche publique.

4°) mobiliser l’épargne, 55 milliards d’euros qui ont été mis provisoirement en sommeil pendant huit semaines de confinement,  taxer les multinationales, les GAFAM, l’économie numérique immédiatement à un taux de 30 %, rendre aides publiques et paradis fiscaux inconciliables, traque de la fraude fiscale, contrôle du fléchage des investissements et des aides.

5°) hausser les salaires de 300 euros pour tous pour relancer la « demande et la consommation. Contrôler les licenciements par une autorisation obligatoire préalable  afin de « tenir » les patrons. Stopper les abus de précarité pas plus de 5 % de non CDI par entreprise. Réduire la durée du travail, à 32 h puis 28 h la semaine, et 60 ans sur la vie seul moyen efficace contre la chômage de masse. Réguler fortement la sous-traitance et tous ses abus.  Interdire l’ubérisation.

GDS a publié un document en avril dernier, « Pandémie et jour d’après », (D&S spécial n° 274) c’est ce plan de relance là qui est plus que jamais à l’ordre du jour !

 

(1) Un point de PIB est égal à 1% du PIB, soit, dans le cas de la France, à environ 24 milliards d’euros. 15 points représentent approximativement 360 milliards d’euros).

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revue D&S organise le mercredi 14 octobre à 18 h 3O débat face book livre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous-traitance inhumaine

Au boulot n° 510

lire dans l’humanite dimanche

 

La cour d’appel de Versailles a condamné La Poste pour recours systématique dans un centre de tri à des sous-traitants, mal payés et moins bien traités que les facteurs classiques.

Le procureur a demandé la condamnation maximale de La Poste, en raison d’« un dévoiement pur et simple de la sous-traitance », dénonçant le « naufrage total d’une société » qui entretient « sciemment la précarisation de ses sous-traitants », recrutés dans « la population la plus fragile ».

En ces temps avec masques, chômage partiel et télétravail combinés, le droit du travail est central et la question de la sous-traitance aussi.

Car on est face à la pire crise antisociale depuis 75 ans : 484 plans sociaux, 9, 3 millions de pauvres, 23 % ont faim, 800 000 chômeurs de plus, tout ça pour que les 1000 entreprises les plus grosses (qui font 50 % du PIB) se fassent le maximum de marges.

Sous Macron, le grand patronat accélère la désorganisation des droits : sous-traitance en cascade, auto entrepreneurs bidons, contrats atypiques de toutes sortes, CDD, intérim, temps partiels, contrats de mission, faux « indépendants », intermittents, prêt illicite de main d’œuvre, ubérisés, portage salarial, travail illégal, travail « détaché », traite d’être humains.

Encouragée par Macron, Veolia (11 000 sous-traitants) rachète Suez  qu’ils vont dépecer  en des dizaines d’entités tout en supprimant 4 à 5000 emplois. Ca se reproduit à une échelle de masse.  De régression en régression :du 14 au 20 septembre 200 enquêtes, 861 contrôles pour travail illégal, dans les Bouches-du-Rhône, la Marne, la Haute-Garonne ou en outre-mer, révèlent « des secteurs d’activités ayant recours à une main-d’œuvre fragile»du «travail illégal» et «exploitation grave par le travail pouvant relever de la qualification pénale de traite des êtres humains.

Une grande loi sur la sous-traitance pourrait modifier tout cela. Mais « Macron ne veut pas » et l’urgence c’est donc de réaliser l’unité de la gauche pour le chasser.

 

Gérard Filoche

 

 

 

Refus d’homologation des licenciements à Bridgestone

Au boulot chronique n° 509 (10° année)

à lire chaque semaine dans l’Humanité-dimanche


Refus d’homologation à Bridgestone

Encore une fois se démasque le double langage de la droite et du gouvernement. Traduit dans les grands médias, au journal télévisé de France 2,  ça donne la petite phrase d’Alexandra Bensaïd, à propos de Bridgestone à Béthune :

« Il n’y a pas de moyen juridique d’empêcher les licenciements ».

Mensonge !  Il y a encore un moyen juridique d’empêcher un plan social, c’est de refuser son « homologation »

« Toute entreprise d’au moins 50 salariés qui procède au licenciement pour motif économique d’au moins 10 salariés sur 30 jours doit informer la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi ) :

La Direccte doit homologuer le plan afin que ce dernier puisse être mise en œuvre : cette décision de validation ou d’homologation est particulièrement importante dans la mesure où elle conditionne la possibilité pour l’employeur de notifier les licenciements économiques aux salariés. À défaut, les licenciements qui seraient toutefois prononcés seraient nuls. »

C’est trop facile pour Macron, Lemaire, Borne et leurs zélotes médiatiques de prétendre qu’il ne « peuvent pas empêcher Bridgestone » de chasser 863 salariés alors que ca dépend tout à fait de leur volonté politique et qu’ils en ont les moyens juridiques. L’état le peut !

Déjà Macron avait évoqué le « refus d’’homologation » le 26 avril 2017 devant Whirlpool… sans rien faire après.

Et on sait ce qui se passe quand l’état ne prend pas sa responsabilité, c’est comme à Continental ou à Goodyear, les juges donnent raison aux salariés et à leurs syndicats, mais 6 ou 7 ans, après et c’est trop tard !

Tandis qu’avec une décision préalable de l’administration, les licenciements sont nuls et le patron doit continuer de payer les salariés, et là, on le tient à la gorge !   Car oui, il faut tenir à la gorge les patrons et ne pas les laissez faire aveuglément !

Gérard Filoche

 

 

Ce qu’est la Gauche démocratique et sociale :

La Gauche démocratique et sociale (GDS) est un réseau de militants politiques dotés d’un certain nombre de convictions chevillées au corps :

  • être de gauche, c’est défendre le camp du salariat, des jeunes, des retraités ; de ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre, qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent, c’est développer et orienter les mobilisations sociales de masse contre le système capitaliste
  • avoir le social au cœur : la hausse massive des salaires, la réduction de la durée du travail sur la semaine et sur la vie, la reconstruction du droit du travail d’ordre public social, le rejet de la précarité et des inégalités, emploi et salaire à vie, réforme fiscale, redistribution des richesses
  • organiser une transition écologique, pour l’environnement et la défense du climat, de la terre, de l’eau et de l’air, la priorité aux énergies durables, la défense de la bio diversité, le développement l’élargissement, le renforcement des services publics, de l’école, de la santé, du logement, des transports, des communications…
  • bâtir une société égalitaire et féministe, égalité des droits et du bien être partagé quelles que soient les orientations sexuelles, les origines ethniques, les handicaps.
  • avoir comme oxygène la démocratie, dans les partis, les syndicats, les associations, les institutions, une société émancipée à tous niveaux, gérée collectivement consciemment, de bas en haut, pour une VI° République sociale, parlementaire, démocratique laïque, féministe, écologiste, internationaliste, pacifiste.
  • Le socialisme ne peut pas se bâtir dans un seul pays, la révolution socialiste sera internationalisée, en Europe et dans le monde,  où ne sera pas. Le socialisme, c’est la redistribution démocratique des richesses produites par les salariés, le socialisme c’est une « économie de solidarité » c’est à dire de partage – par opposition au capitalisme qui est une économie de « compétitivité » c’est à dire de guerre
  • La gauche est notre tradition, notre force, notre classe, notre avenir, le camp des exploités contre celui des exploiteurs, et nous travaillons à l’unir avec et par delà ses partis et syndicats, pour qu’elle acquière la force nécessaire au renversement de l’ordre capitaliste établi et à la création d’une société nouvelle. Sans unité de la gauche pas de victoire.

Les forces de gauche et écologistes, représentant le salariat sont aujourd’hui dispersées, et nous oeuvrons pour qu’elles se  reconstruisent un avenir commun. Nous militons pour une grande maison commune, permettant l’expression des diverses sensibilités ET l’unité d’action. Notre réseau militant, partout où nous sommes présents, agit dans ce sens. Venez renforcer ce combat, soutenez cette revue mensuelle D&S qui incarne cette ligne et qui existe et lutte depuis 28 ans, adhérez !

 

 

GDS a besoin de vous ! Menez avec nous le combat de l’unité de la gauche ! agissez avec nous !

 

 

Rejoindre la Gauche Démocratique et Sociale (GDS), c’est apporter votre pierre, vos idées, vos convictions, votre  énergie à  la reconstruction d’une gauche sociale, écologique, citoyenne, féministe, internationaliste.

 

GDS ne prétend pas incarner à elle seule la gauche dont nous avons besoin. Au contraire, GDS promeut la nécessaire reconnaissance de la diversité des ancrages et  des histoires, et milite pour une grande maison commune, permettant l’expression des diverses sensibilités ET l’unité d’action. Cette maison commune ne verra jamais  le jour si les salariée.e.s, les citoyen.ne.s humanistes et progressistes  qui attendent et espèrent son existence  ne s’engagent pas pour y arriver.

 

C’est le bon moment pour nous rejoindre. Dans cette période, il faut se  faire entendre, contre vents et marées. « Les jours d’après » ne doivent pas se construire sans nous. Nous ne pouvons pas laisser, par exemple, Macron et sa bande continuer à répondre aux exigences du Medef en arrosant les grands entreprises sans aucune réelle contrepartie sociale (maintien des emplois) et environnementale. Un nouveau rapport vient de confirmer que les milliards versés pour le CICE (institué par Hollande) n’ont pas bénéficié à l’emploi.

 

Le social au cœur

 

Soutenir l’action des militant.es du réseau de la Gauche démocratique et sociale, c’est donner du poids à toutes les questions sociales, c’est mettre « Le social au cœur » du rassemblement de la gauche.

 

Alors que tous les rouleaux compresseurs de la pensée unique sont lancés comme des chiens dans une chasse à courre,  il est plus que jamais urgent de réaffirmer l’indispensable réduction de la durée du travail sur la semaine comme sur la vie, la nécessaire hausse des salaires, la reconstruction du droit du travail…

 

Fin du monde, fin de mois : un même combat

 

Nous rejoindre c’est défendre l’indissociabilité des questions écologiques et des questions sociales. Il s’agit bien de planifier une transition écologique dans la justice sociale. Et vendredi nous serons dans la rue à l’occasion des marches pour le climat.

 

Argumenter, montrer que la raison n’est pas du côté de ceux qui n’ont en tête que la défense de leurs privilèges, demande du temps, de l’énergie, des moyens. Nous essayons de le faire à travers notre revue mensuelle, Démocratie & Socialisme, et chaque semaine par une lettre électronique (l’info lettre de GDS) envoyée à 20 000 exemplaires. Vous pouvez y participer, y apporter vos réflexions, nous aider à les diffuser.

 

Agir pour le rassemblement à gauche

 

Soutenir l’action de GDS, c’est agir pour faire avancer l’unité de la gauche et des écologistes. La gauche doit se reconstruire avec toutes ses forces. Elle ne doit pas se laisser enfermer dans une guerre de leadership mortifère. Les  institutions de la 5ème république nous maintiennent dans un système de monarchie présidentielle patriarcale à bout de souffle. La gauche et les écologistes doivent pouvoir s’en émanciper, trouver le chemin de l’unité.

 

Nous rejoindre c’est aider à poser inlassablement ce principe et cette exigence du rassemblement : poser le « comment » et le « pour quoi » avant le « derrière qui ». Notre réseau, qui regroupe des militant.es appartenant à différentes organisations de gauche ou sans autre appartenance, agit dans ce sens.

 

Que vous soyez militant associatif ou syndical, que vous soyez membre ou non d’une formation politique de la gauche, que vous soyez tout simplement un.e citoyen.ne qui veut que ça change, prenez contact, nous vous accueillerons avec fraternité !

 

Pour soutenir ou rejoindre la Gauche démocratique et sociale (GDS), cliquez ICI