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Comment résister aux lois Macron, El Khomri et Cie ?
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« Vive l’entreprise ? » LE CODE DU TRAVAIL EN DANGER
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Comment résister à la démolition du Code du travail

Comment résister à la démolition du Code du travail
(G. Filoche, en collaboration avec Richard Abauzit.)
Préface de Thierry Le Paon
Aux Éditions Le Vent se lève, collection Ô Rages ! Nouveauté 116 p. 10 euros -
Une vraie retraite à 60 ans

Une vraie retraite à 60 ans c‘est possible
(G. Filoche, J.J. Chavigné)
Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche ont publié en 2010 « Une vraie retraite à 60 ans c’est possible » (éditions Jean Claude Gawsewitch). Ils publient courant septembre un nouveau livre intégrant la réforme des retraites de 2010, la crise économique et celle de l’Union européenne, l’arrivée au pouvoir d’un Président et d’un gouvernement de gauche…
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Le choc

Le choc, après Cahuzac
128 p, 9,90 € Éd. Gawsewitch – en librairie le 13 juin (G. Filoche, C. Gispert, JF Claudon)
Le « choc Cahuzac » du 2 avril 2013 a ébranlé toute la France. Ce jour-là, des millions de citoyens ont découvert, abasourdis, une insupportable vérité.
Le chef du Budget fraudait le Budget.
Le ministre chargé de lutter contre la fraude fiscale trichait.
Le ministre de la rigueur l’appliquait aux autres mais pas à lui. Le défenseur intransigeant de la « règle d’or » planquait son or. L’homme qui jouait le « père la morale » n’avait aucune morale.
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« La dette indigne »

La dette indigne
10 questions, 10 réponses
Par Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche.Éditions Jean-Claude Gawsewitch, 240 p., 14,90 euros
En 10 questions, 10 réponses, les deux auteurs avancent leurs propositions après un passage en revue détaillé de toutes les solutions présentées : de la restructuration des dettes publiques aux plans d’austérité en passant par la « règle d’or », la sortie de la zone euro, les euro-obligations ou la monétisation des dettes publiques.
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« Au boulot ! », ma chronique dans Siné Hebdo et maintenant dans l’Humanité
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Méta
Les autorités (policiers, procureur, Macron) ont menti sur l’agression policière contre geneviève Legay
29 mars 2019 – 15:20
Nous avons plus de 70 ans et nous ne voulons plus avoir peur de manifester
29 mars 2019 – 12:08
mardi 26 mars 2019, par Attac France
Nous avons plus de 70 ans et nous ne voulons plus avoir peur de manifester sous la présidence d’Emmanuel Macron.
Nous avons plus de 70 ans et nous sommes choqué·e·s d’avoir vu avec quelle violence Geneviève Legay, 73 ans, porte-parole d’Attac 06 et militante infatigable pour la paix, a été grièvement blessée ce samedi 23 mars à Nice.
Nous avons plus de 70 ans et nous sommes en colère : rien ne peut justifier qu’une femme de 74 ans se retrouve à l’hôpital avec de graves blessures parce qu’elle voulait exercer son droit de manifester.
Nous avons plus de 70 ans et nous sommes effaré·e·s par le nombre de vies brisées et de corps mutilés par les violences policières.
Nous avons plus de 70 ans et nous sommes furieux·ses de voir le président de la République, la ministre de la Justice et le ministre de l’Intérieur, entre autres, se décharger de leur responsabilité pour accabler Geneviève Legay, toujours hospitalisée, qui n’aurait pas dû, selon eux, être dans la rue.
La sagesse, Monsieur Emmanuel Macron, c’est défendre inlassablement le droit à manifester que vous ne cessez de raboter pour satisfaire les courants les plus conservateurs et réactionnaires du pays.
La sagesse, Monsieur Emmanuel Macron, c’est manifester et lutter inlassablement contre votre politique qui aggrave les injustices fiscales et sociales sans résoudre la crise écologique.
La sagesse, Monsieur Emmanuel Macron, c’est vous rappeler inlassablement à votre responsabilité : celle d’assurer notre sécurité, en toute circonstance, y compris quand nous manifestons contre vos politiques.
N’est-ce pas vous, Emmanuel Macron, qui affirmiez, à l’entre-deux-tours de votre élection, vous « battre » pour que nous puissions « démocratiquement exprimer nos désaccords » ? Pourquoi nous en empêcher aujourd’hui ? Pourquoi paraphraser Robert Pandraud à propos de la mort de Malik Oussekine en laissant entendre que les personnes « fragiles » ne devraient plus manifester ?
Oui, Monsieur Emmanuel Macron, nous avons plus de 70 ans, et nous ne voulons plus avoir peur de manifester sous votre présidence, et nous continuerons à le faire ! Nous ne voulons plus que quiconque ait peur de manifester. Est-ce trop vous demander ?
Nous apportons tout notre soutien à Geneviève Legay et ses proches et appelons à se mobiliser pour défendre le droit de manifester. »
Premiers signataires : Jacqueline Balvet, Isabelle Bourboulon, Lina Chocteau, Solange Combes, Gérard Filoche, Jean Gadrey, Nicole Gadrey, Susan George, Jean-Marie Harribey, Gus Massiah, Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, Dominique Plihon.
Gilets jaunes : avant tout un magnifique mouvement social
27 mars 2019 – 13:15
Une douzaine de livres viennent de sortir sur les Gilets jaunes. On sent le précipité dans l’écriture. D’autant que le mouvement est en cours, et que l’explosion est plutôt devant nous que derrière nous. Mais il ressort de ces ouvrages, qui reposent sur des enquêtes et des études universitaires, même quand leurs auteurs sont orientés à droite, que le mouvement réel est bel et bien orienté à gauche, comme nous le savions, à la GDS, depuis le tout début.
Pas besoin d’être grand clerc en effet pour le deviner : un mouvement social produit et exige du social au cœur. Dès que les masses rentrent dans l’action, ce n’est pas Le Pen qui récolte. Elle en est tout bonnement incapable. Ce sont les questions de salaires, d’emploi, de justice fiscale – bref, de partage des richesses – et de démocratie qui l’emportent. Et ça, c’est la gauche !
Un mouvement qui vient de loin
Quand la société est bloquée, l’explosion sociale intervient comme un séisme régulateur. Et la société est agressée depuis deux décennies. Depuis 2002, la droite exerce un pouvoir sans partage, et elle pille de façon rapace le travail pour le seul compte du capital.
Le salariat s’est appauvri, il a été surexploité et toutes les mesures sont allées dans un seul sens : blocage des salaires nets, allongement des durées du travail, pillage des cotisations sociales, diminution des pensions, casse du Droit du travail, accroissement de la précarité (contrats atypiques, temps partiel, intérim, CDD, contrats de mission, à la tâche…), affaiblissement de toutes les institutions représentatives du personnel salarié (CE, DP, DS, CHSCT, auxquelles on pourrait ajouter la médecine et l’inspection du travail, les prud’hommes, la Sécurité sociale, les mutuelles..).
À un moment donné cette succession de mesures réactionnaires se heurte à un ras le bol qui suscite une explosion. Nous y sommes.
La profondeur du rejet social du libéralisme a été telle que, sous Hollande, même le PS s’est en partie dressé contre lui – fait sans précédent dans l’histoire de la Ve République. Il fallu une succession de coups de forces pour imposer l’ANI, les lois Sapin, Rebsamen, Macron, et c’est par le biais du 49.3 que sont passés le CICE, et les lois El Khomri. En 2016, 30 % du PS et la majorité écrasante de la gauche ont manifesté quatorze fois, avec le soutien de 80 % de l’opinion, contre la scélérate loi El Khomri. En vain. Le pouvoir a été plus opposé au mouvement social que Chirac lui-même ne l’était en 1986, en 1995 et en 2006. Le trio Hollande-Valls-Macron n’a rien cédé. Hollande l’a payé cher, puisqu’il a été dans l’incapacité de se représenter. Valls a été balayé électoralement lors des primaires. Mais, divisée, la gauche, au sein et hors du PS, n’a malheureusement pas réussi à se doter d’un candidat unique.
L’explosion
C’est alors que Macron est arrivé « par effraction », comme il l’a lui-même reconnu. Et il s’est immédiatement attelé à aller beaucoup plus loin et plus vite que Sarkozy et Hollande dans la casse de notre modèle social. Il faut prendre au sérieux ses objectifs affichés : la « France start-up », une société « sans statuts », « post-salariale », « ubérisée ». Il s’agit là d’un programme libertarien en rupture totale avec le programme du Conseil national de la Résistance dont on fête les 75 ans.
Avec un parti en carton-pâte, mais avec l’appui de la finance, des banques, du CAC 40, du Medef et de 95 % des grands médias, Macron s’est lancé à l’assaut du pays. Il a commencé par donner le coup de grâce au Code du travail sans réaction majeure. Il s’en est ensuite pris à la SNCF, malgré la résistance des cheminots soutenus par une majorité de la population. Comme Valls en son temps, Macron se sent autorisé, face aux manifestants, à mentir, nier, masquer, refuser de négocier quoi que ce soit. Il menace même maintenant de tirer et tuer.
C’est alors qu’une partie du salariat qui n’avait encore jamais bougé s’est mise en mouvement. Comme si elle y était obligée. Comme s’il était impossible de faire autrement. C’est le produit de l’absence de frein, mais aussi de victoires syndicales ces dernières années. C’est le résultat de l’énorme trahison de la gauche officielle (assimilée dans son ensemble à Hollande). Un an de combats puissants en 2016 n’avait pas suffi ; Nuit debout, occupant les places des villes l’année suivante, non plus. De nombreux salariés du bas de l’échelle, les plus frustrés, les plus victimes de ces vingt années de régression sont entrés en action, en remplacement des syndicats KO, des partis de gauche éparpillés et divisés, face à Macron l’apprenti-sorcier.
Comme toujours, ce sont les profondeurs de la société qui se sont soulevées. La fameuse taxe carbone sur les carburants servit de détonateur. Depuis le 17 novembre 2018, nous sommes dans une crise sociale géante. C’est la majorité écrasante du pays qui s’est révélée avec les Gilets jaunes, parce qu’elle a toujours rejeté, sans savoir comment faire, ni y parvenir, avec des espoirs successifs trahis depuis des décennies, cet ordo-libéralisme impitoyable qui l’asservit, la surexploite et l’opprime férocement. Le rejet d’une écologie punitive, le lien entre « fin du mois » et la « fin du monde », l’exigence mêlée de défense de la planète et de justice sociale, l’ont vite emporté contre les pseudo-Verts cyniques et pillards, « à la de Rugy », appuyés par Total et Lactalis.
Face à la contre-révolution
La forme qu’a prise l’explosion est due à la violence sociale de Macron. La lutte de classes a fait un bond énorme en avant. C’est notre classe, le salariat, qui a bougé. C’est la venue à la conscience majoritairement, empiriquement, que « trop c’est trop » ! Ils sont trop riches là-haut et ils nous en prennent trop ! Il fallait bloquer. Il fallait se faire entendre de façon radicale, nouvelle, démocratique et spontanée. La dictature de la finance est devenue la plus fréquemment dénoncée : contre ceux d’en haut, de l’oligarchie, des riches, des politiciens corrompus, des menteurs qui ne comprennent pas le peuple !
Les banderoles, les tags, les panneaux, les slogans sont intarissables avec un sens tout à fait révolutionnaire de la formule : « Qui ne casse rien n’a rien », « Fin du moi, début du nous », « Fini le banquet des banquiers ? », « Plus de banquise, moins de banquiers », « Je veux dormir avec toit », « Le grand dégât », « Macron-Magnon », « Rendez l’ISF d’abord ! », « Google, paie tes impôts ! », « Nous déclarerons nos manifs quand vous déclarerez vos revenus », « Pas de Cartier pour les pauvres », « En plus des gaz, la poudre aux yeux »… Les Gilets jaunes s’inscrivent dans la longue histoire des « guerres des pauvres », des révoltes et des révolutions, à la suite des sans-culottes, des communards, des soixante-huitards.
Cette explosion révolutionnaire se concentre contre Macron, le mal élu, qui ne représente pas le peuple, et encore moins le salariat. Il n’a jamais travaillé et il hait le travail. Le capital est son maître, et ça se voit ! Macron n’est fort que du soutien de la finance et du patronat, mais il est faible car il est isolé socialement. Il a des pieds d’argile. Son « parti » n’a pas l’assise de la « vieille droite », ni même celle d’un PS qui peine pourtant à sortir de sa crise.
Macon incarne tout ce que des millions de citoyens en souffrance (50 % de salaires inférieurs à 1 700 euros, 9 millions de pauvres, 7 millions de retraités en dessous de 1 000 euros, 6 millions de chômeurs) ne peuvent plus supporter. Comme son but est de transférer les 500 milliards de salaire brut affectés aux caisses sociales pour les ventiler dans le budget courant de l’État, la violence de ses choix budgétaires se ressent cruellement.
Pathétiques pare-feux
Cette contre-révolution mise en œuvre par Macron est devenue insupportable pour la société et elle a provoqué un rejet qui stupéfie la classe dominante : cette dernière n’a d’abord eu que mépris pour les Gilets jaunes, considérés initialement comme de gentils « zozos », puis devenus d’affreux « jojos ». Du 17 novembre au 10 décembre, le pouvoir surpris a frémi, puis il a décidé de frapper un grand coup médiatique et ne rien changer, reculer en apparence pour continuer comme avant. Mais faire payer des « primes d’activité » à certains salariés par d’autres salariés, financer les heures supplémentaires de ceux qui en font par ceux qui n’en font pas, ne pas toucher aux symboles comme l’ISF, ne rendre aux retraités qu’une partie infime de ce qui leur avait été pris, cela ne pouvait pas prendre face à l’énorme soulèvement mûrissant sur les ronds-points. Le 12 décembre, une aide-soignante quarantenaire d’Avignon déclarait par exemple comme un défi : « J’ai plus appris en trois semaines qu’en trente ans de ma vie, on ne va pas lâcher maintenant ! »
Tout en s’agitant plus de 70 heures en direct sur toutes les chaînes de télé, dans des « débats » où il est le seul à parler, Macron s’isole et s’épuise, loin des réalités de la mobilisation qui se poursuit. Le summum dans l’échec fut atteint le 27 janvier, lors de la « grande manifestation » pro-Macron, conçue comme celle du 30 mai 1968 en soutien à De Gaulle…, mais qui ne rassembla que quelques centaines de participants ! Un autre bide ridicule eut lieu au Salon de l’agriculture où il lui fallut faire venir 200 figurants pour se protéger des autres visiteurs.
Le pseudo grand débat devait servir à gagner du temps, à occuper le terrain sans rien concéder sur le fond, pour user les manifestants et distraire leurs soutiens. Macron y frimait en parlant de tout, plutôt que de redistribution des richesses ! Ils pariaient tous que le mouvement ne passerait pas Noël ou que l’hiver l’épuiserait. Ils ont fait démonter un à un les ronds-points et les barrages. Ils se sont évertués à propager de basses calomnies. Tout a été essayé : antisémites, homophobes, fascistes, barbares, analphabètes, casseurs, voyous, black blocs… Mais la puissance du mouvement ne s’est pas relâchée ; il a résisté de façon courageuse. Les mensonges sur les chiffres réels de participants (divisés systématiquement par dix par le ministre de l’Intérieur) n’y ont rien fait.
Répression sans précédent
D’où une répression dont la violence est sans précédent depuis la guerre d’Algérie. Mine de rien, pour défendre Hayek, il faut forcément matraquer. Peut-être pas jusqu’aux extrémités et aux crimes perpétrés par Pinochet, mais le néo-libéralisme reste sans pitié, quelles que soient les circonstances. La violence policière a donc atteint des sommets avec des méthodes de barbouzes inqualifiables : 600 blessés graves, 9 000 arrestations, 4 000 condamnations. Tout a été utilisé : lacrymogènes, parcage, nasse, passages à tabac, LBD, grenades offensives, etc. La loi anti-manifestation a été durcie comme aux pires moments de notre histoire. La police a été autorisée à faire peur, la terreur étant censée limiter le nombre de manifestants. Au contraire du préfet Grimaud qui, en Mai 68, écrivait aux policiers : « si un policier frappe un manifestant à terre, il se frappe lui même », Castaner et Macron ont lâché cyniquement la bride à leur piétaille au point d’être condamnés par l’ONU, par l’UE et par toutes les institutions internationales de défense des Droits de l’Homme.
Le 16 mars, le « grand débat » s’est donc achevé. C’est un échec total, puisqu’il a mobilisé moins de 200 000 personnes. Mais Macron, parti à contre-temps au ski, réagit comme un apprenti-dictateur : refusant toujours de répondre socialement et politiquement, il annonce, illuminé, poussé par la droite, que ses propres exécutants ont été trop mous. Il les limoge et annonce que, le samedi suivant, il frappera encore plus fort qu’avant. Et peu importe le nombre de victimes…
Élargissement en vue
La puissance des revendications des Gilets jaunes se confirme par son audience majoritaire dans le pays : le soutien de l’opinion se situe entre 85 % et 55 %, ce qui constitue un record après quatre mois de matraquage médiatique sans précédent. Vu le tombereau de mensonges, de calomnies, d’attaques insensées déversées tout azimut pendant cette période, le fait que la popularité des Gilets jaunes soit restée majoritaire est « incroyable, mais vraie ».
La participation progressive des syndicalistes, les jonctions avec les manifestations plus « classique », les meetings communs jaune-rouge-vert, le soutien de quelques grands intellectuels, les débats publics ont contribué à faire pencher le mouvement à gauche, vers les revendications traditionnelles du salariat : des 42 revendications du 27 novembre aux douze mots d’ordre triés et hiérarchisés par 700 Gilets jaunes de Toulouse, de la plateforme de Commercy à celles rédigées dans la perspective de l’AG de Saint-Nazaire (les 5, 6 et 7 avril), on a un ensemble de mesures sociales positives. La radicalisation s’est faite en cours de route et dans le bons sens. La peur des « récupérations » s’est estompée. Les faux porte-parole propulsés par certains médias ont été obligés peu à peu de disparaître ou de se taire. Les pseudo-listes de Gilets jaunes ont fait flop. Le mouvement se structure, s’autogère et se cultive recherchant des racines, des cultures, des organisations ayant du savoir-faire. Les questions sont devenues : comment s’élargir ? que faire ? jusqu’où aller ? comment gagner tous ensemble ?
La violence – chacun l’a compris – nous place dans un étau ; le pouvoir s’en sert comme d’un épouvantail. « Qui ne casse rien n’a rien », rétorquent certains Gilets jaunes trop pressés d’en découdre. Il faut faire avec, mais tout en propageant l’idée que ce qui fait gagner, ce n’est pas la casse, c’est la masse. L’élargissement.
La caractéristique principale du mouvement des Gilets jaunes est d’ores et déjà sa durée : quatre mois ! Tous les historiens, tous les militants savent combien c’est long. Malgré le froid, les coups de matraque, la destruction des barrages, les condamnations à la chaîne, la peur orchestrée, le manque de moyens matériels, des dizaines de milliers de nouveaux militants sont nés ; cela n’aurait pu se faire si le mouvement des Gilets jaunes n’exprimait pas quelque chose de très profond. C’est ce que veulent masquer les Macron et Cie : ils ont perdu, mais ils veulent nier leur défaite idéologique et sociale et se déclarent prêts à tout. Jusqu’à tuer ?
« On n’a pas fait tout ça pour rien ! » « On ne va pas lâcher ! » : à tout moment, la tension est forte et le rebond possible. Ceux qui annoncent depuis des mois que « le mouvement s’essouffle » en ont déjà été pour leurs frais. En fait, tout ce mouvement est en quête d’un printemps géant. Macron ne pourra pas, comme il l’espère encore, s’en tirer avec de la contre-façon.
On peut gagner !
Rien, quoi qu’ils en disent, ne fera rentrer le torrent impétueux dans son lit. Ce mouvement inédit est le signe prémonitoire d’une véritable révolution à venir, capable d’embraser tout le pays. C’est ce que les militants socialistes, communistes, écologistes et « insoumis » doivent dire et expliquer haut et fort : si Macron ne répond pas, la situation pourrait bien devenir pré-révolutionnaire.
Nous devons faire passer la peur de leur côté et emmagasiner la confiance dans le nôtre. Oui, on peut gagner ! Oui, on va gagner ! À bas la répression ! C’est le macronisme qui est dans l’impasse. Comme nous l’avions prévu dès son avènement, sa politique de casse sociale systématique est inacceptable et inacceptée. Il est impossible d’ubériser 90 % d’actifs salariés, de leur faire tout perdre et de les reclasser en « indépendants agiles », dans des start-up qui les emploient en contrat commercial et les sous-paient. Cela ne se fera pas. Jamais cela n’arrivera.
Il faut qu’il recule. Qu’il cède et prennent les mesures sociales qui s’imposent. La société a explosé et elle attend des réponses concrètes, non des discours lénifiants. Fini le blocage des salaires ! Finie la casse des retraites ! Il faut inverser le cours de l’histoire. Lors des deux précédentes décennies, les droites au pouvoir ont trop tiré sur la corde ; l’équilibre est devenu impossible. Il faut que le capital rende au travail : 300 euros de hausse des salaires et baisse des dividendes ! La plateforme de douze mesures que la GDS soumet à toute la gauche (voir ci-contre) est une issue proposée à l’affrontement.
Nos tâches
La tâche des militants de la Gauche démocratique et sociale est donc de donner le meilleur contenu politique possible au mouvement. Elle est aussi de participer à l’action quotidienne, d’aider, de renforcer la mobilisation et sa démocratie interne. Elle est par ailleurs de contribuer à l’unité de la gauche afin de construire, avec d’autres, un véritable pôle attractif (nous l’avons initié dès novembre 2018 à Nantes, à Toulouse, à Paris). Elle est enfin de faire adhérer à la GDS, car nous sommes utiles au cœur de toutes ces actions, mais pas assez nombreux !
Gérard Filoche
un texte de Daniel Mermet : non a la violence
26 mars 2019 – 17:09
La France est prise en otage par une minorité de casseurs en bandes organisées, qui n’ont d’autre but que la destruction et le pillage. C’est un appel à la résistance et à la fermeté contre cette violence sauvage qui s’impose à tous aujourd’hui. Depuis trop longtemps, ces milieux radicaux ont reçu le soutien du monde intellectuel et d’un certain nombre de médias. Il faut radicalement dénoncer ces complicités criminelles. Oui, criminelles. C’est un appel à la révolte contre cette violence que nous lançons devant vous aujourd’hui.
Non à la violence subie par plus de 6 millions de chômeurs [1], dont 3 millions touchent moins de 1 055 euros bruts d’allocation chômage [2].
Non à la violence du chômage qui entraîne chaque année la mort de 10 000 personnes selon une étude de l’INSERM [3].
Non à la violence subie par près de 9 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté (1 015 euros nets mensuels pour une personne seule), dont 2,7 millions de mineurs [4].
Non à la violence des inégalités devant la mort : l’espérance de vie d’un ouvrier est de 71 ans, l’espérance de vie d’un cadre supérieur est de 84 ans, soit 13 ans de différence [5].
Non à la violence de la destruction consciente de l’environnement, et de la destruction consciente des femmes et des hommes au travail.
Non à la violence subie par les agriculteurs : tous les trois jours, un agriculteur se suicide en France [6].
Non à la violence subie par les 35 000 morts de l’amiante entre 1965 et 1995 [7]. Aujourd’hui toujours, chaque année, 1 700 personnes meurent des suites de l’amiante [8].
Non à la violence des inégalités dans l’éducation : 17 000 écoles publiques ont fermé depuis 1980, selon l’INSEE [9].
Non à la violence en matière de logement : 4 millions de mal-logés en France selon la fondation Abbé Pierre, dont 140 000 sans domicile fixe [10]. On compte 3 millions de logements vacants en France [11].
Non à la violence subie par les morts retrouvés dans la rue : au moins 500 morts chaque année, selon le collectif Les Morts de la Rue [12].
Non à la violence subie par 1,8 millions d’allocataires du Revenu de solidarité active, un RSA de 550,93 euros mensuels pour une personne seule [13].
Non à la violence subie par les 436 000 allocataires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, un minimum vieillesse de 868,20 euros pour une personne seule [14].
Non à la violence subie par les 2 millions de personnes qui reçoivent l’aide alimentaire, dont 70 % sont des femmes [15].
Non à la violence de l’évasion fiscale, soit un vol de 80 milliards d’euros chaque année par quelques-uns au détriment de tous, de l’éducation par exemple ou de la santé [16].
Vous pouvez continuer et compléter cette liste des vraies violences.
Mais ces chiffres et ces statistiques ne sont que des indications qui ne permettent pas vraiment de mesurer la profondeur de la violence subie par les corps et les âmes d’une partie des gens de ce pays. Violence de la fin du mois, violence des inégalités, violence du mépris de classe, violence d’un temps sans promesses. C’est évident, simple et profond. Leur violence en réponse n’est rien en face de la violence subie. Elle est spectaculaire, mais infiniment moins spectaculaire que la violence partout présente. Sauf que celle-ci, on ne la voit plus, elle est comme les particules fines dans l’air que l’on respire et d’ailleurs elle n’existe pas pour ceux qui ne l’ont jamais vécue, pour ceux qui sont du bon côté du doigt, pour ceux qui exercent cette violence et qui sont les complices, les véritables complices de cette violence-là, autrement meurtrière, autrement assassine. Mais pour les « petits moyens », depuis trop longtemps, elle est écrasante, mutilante, aliénante, humiliante. Et subie, depuis trop longtemps subie.
Ils se battent bien sûr, ils luttent, ils cherchent les moyens de lutter, les moyens de s’en sortir pour eux et leurs enfants. Pour tous.
Et un jour, quelqu’un a enfilé un gilet jaune.
Daniel Mermet
L’équipe de Là-bas attend vos messages sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !
Notes
[1] Catégories A, B, C, D et E confondues, voir Pôle emploi, « Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi au 4e trimestre 2018 », janvier 2019.
[2] Pôle emploi, « Montant de l’allocation chômage versée aux demandeurs d’emploi indemnisés par l’Assurance chômage : situation au 31 mars 2018 », mars 2019.
[3] Pierre Meneton, Emmanuelle Kesse-Guyot, Caroline Méjean, Léopold Fezeu, Pilar Galan, Serge Hercberg, Joël Ménard, « Unemployment is associated with high cardiovascular event rate and increased all-cause mortality in middle-aged socially privileged individuals », International Archives of Occupational and Environmental Health, novembre 2014.
[4] Institut national de la statistique et des études économiques, Les revenus et le patrimoine des ménages
Édition 2018, 05 juin 2018.
[5] Nathalie Blanpain, « L’espérance de vie par niveau de vie : chez les hommes, 13 ans d’écart entre les plus aisés et les plus modestes », Institut national de la statistique et des études économiques, 6 février 2018.
[6] V. Gigonzac, E. Breuillard, C. Bossard, I Guseva-Canu, I. Khireddine-Medouni, « Caractéristiques associées à la mortalité par suicide parmi les hommes agriculteurs exploitants entre 2007 et 2011 », Santé publique France, 18 septembre 2017.
[7] Gérard Dériot et Jean-Pierre Godefroy, « Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir (rapport) », Sénat, 26 octobre 2005.
[8] Julie Carballo, « Amiante : 2 200 nouveaux cancers et 1 700 décès par an en France », Le Figaro, 20 janvier 2015.
[9] Institut national de la statistique et des études économiques, « Tableaux de l’économie française. Édition 2018 », 27 février 2018.
[10] Fondation Abbé Pierre, « 24e rapport sur l’état du mal-logement en France 2019, 1er février 2019.
[11] Institut national de la statistique et des études économiques, « Le parc de logements en France au 1er janvier 2018 », 02 octobre 2018.
[12] Les Morts de la Rue, « Liste des morts de la rue », 5 février 2019.
[13] Ministère des Solidarités et de la Santé, « Nombre d’allocataires du RSA et de la Prime d’activité », 02 mars 2018.
[14] Caisse nationale d’assurance vieillesse, « Minimum vieillesse et ASI », 5 juin 2018.
[15] Banques alimentaires, « Rapport d’activité 2017 ».
[16] Solidaires Finances publiques, « La fraude fiscale : un phénomène d’ampleur qui s’est diversifié et complexifié », 24 janvier 2019
Rapport Lecocq, nouvelle loi anti travail
25 mars 2019 – 10:04
Y’a t il encore « trop » de contraintes et « trop » de contrôle » sur les entreprises ? Dans le monde libertarien, d’Hayek, Friedman et Macron, doit régner « la dictature de la liberté », il ne faut donc pas entraver la productivité, la compétitivité, et c’est le sens du nouveau rapport « Lecocq » du nom de la députée LREM du Nord.
Ce dangereux rapport se propose de continuer la besogne des lois Hollande- El Khomri et des ordonnances Macron-Pénicaud : en finir avec le contrôle de l’inspection du travail, pour privilégier la notion individualiste de « responsabilité », conçue comme une « performance globale (sic) » de l’entreprise.
Chaque salarié deviendrait le propre acteur de sa santé au travail : le lien de subordination qui caractérise le contrat serait de facto aboli, l’employeur quasi dégagé de sa responsabilité, et le salarié possiblement accusable de son propre malheur.
« - T’es tombé, t’avais pas mis de garde-corps, c’est ta faute, puisque le règlement de l’entreprise prévoit qu’il faut mettre un garde corps ».
« -Tu es un acteur de ta sécurité autant que le patron, tu seras responsable de tes bilans de santé autonomes…
« - Tu réaliseras toi même ton examen, poids, taille, fréquence cardiaque, tension artérielle, tu seras guidé par vidéo et toutes les informations seront collectées a distance par un « Service de santé au travail »
Ce serait la fin du document unique collectif de prévention et de sécurité. Le but serait de « desserrer la contrainte » qui pèserait sur l’entreprise, donc de décharger l’employeur de rendre des comptes de la mise en œuvre de ses obligations face au juge en cas d’accident.
Il serait aussi de donner la priorité aux « accords d’entreprise » sur les accords de branche ou sur la loi : la prévention ne serait plus d’ordre public social, elle deviendrait aménageable par « négociation » au cas par cas. Laquelle « négociation » deviendra la dernière roue du carrosse, une fois que les CHSCT ont été supprimés, et alors que le nombre total des élus du personnel est divisé par deux. Le chantage à l’emploi l’emportera évidemment, dés lors que ce n’est plus la loi qui décide, sur la sécurité, l’hygiène, les conditions de travail.
Ce cynisme et cette violence avec lequel Hollande puis Macron ont entrepris de casser la protection des salariés au travail témoigne de la brutalité des exigences des patrons et de la finance : rien ne doit entraver la recherche du profit maximum même pas 550 morts au travail par an, 700 suicides liés au travail par an, 4500 handicapés du travail par, 650 000 arrêts du travail par an, des dizaines de milliers de maladies professionnelles dont un nombre considérable et sous-estimé de cancers, de troubles musculo-squelettiques, de cas de surdité.
Gérard Filoche
Macron fait des lois contre les chômeurs 15 ans après l’échec des lois « Hartz »
15 mars 2019 – 16:38
François Hollande, en janvier 2014, en déplacement en Allemagne les avaient vantées. Macron dans le gouvernement Valls aussi. Il s’agit des « lois Hartz », lesquelles entre 2003 et 2005, sous Gerald Schröder avaient réduit les droits des chômeurs allemands. Reparlons-en puisque Edouard Philippe est en train de reprendre le même genre de lois contre les chômeurs français.
Les quatre lois de Peter Hartz (du nom d’un DRH de Volkswagen qui avait ensuite fini en prison pour corruption) préconisaient l’assouplissement du travail intérimaire, limitaient les possibilités d’un chômeur de refuser un emploi, réduisaient les allocations chômage avant de les suspendre. Elles encourageaient les mini jobs, avec un salaire minimum dérogatoire en diminuant les cotisations sociales : cela a frappé 4 millions de sous-salariés. Elles instauraient un système de performances des agences de l’emploi avec primes par chômeur « placé ». Elles avaient imposé une baisse drastique des revenus des chômeurs, 60 % de l’ancien salaire (67 % pour une personne avec enfants). Et les « Ein-euro-jobs » les boulots à « 1 euro » que les chômeurs longue durée ne pouvaient pas refuser sauf à perdre leurs allocations : la « contrepartie à l’ aide sociale » selon l’actuel gouvernement français.
Plus de 10 ans après, une étude approfondie a été faite de de ces lois Hartz, et à partir d’un fichier de 430 000 personnes travaillant au sein de 340 000 entreprises, entre 2000 et 2007, deux chercheurs, Bradley et Kügler en concluent qu’elles ont conduit, en moyenne, à une baisse, très faible, du chômage (– 0,16 %), mais surtout à une diminution, beaucoup plus substantielle, des salaires (– 4 %).
Ni emploi, ni salaire : le bilan des réformes Hartz est « intégralement négatif » pour les salariés. Et très grave pour les moins qualifiés, dont l’emploi a diminué de 0,6 %, et le salaire moyen de… 10 %. Au delà d’un an de chômage, les personnes basculaient dans un système d’assistance avec seulement 370 euros par mois. Le nombre d’emplois n’a guère augmenté entre 1000 et 2016 : 9,3% (contre 8,3 % en France, mais en France, la population active s’est augmentée de 5,9 % contre 2,2 % en Allemagne). Tout au plus, des CDI ont-ils été remplacés par des contrats temporaires et de contrats de travail à temps partiel.
Alors pourquoi Emmanuel Macron et Edouard Philippe s’apprêtent ils à imposer des lois Hartz contre le chômage en France si on sait que ça n’a pas marché là bas ?
Au lieu d’adapter, 10 ans après, des mesures qui se sont révélées catastrophiques, il vaudrait mieux partager le travail avec une semaine de 32 h, une retraite à 60 ans, et hausser massivement les salaires de 300 euros pour relancer l’économie, ca sera plus bien utile contre le chômage.
Gérard Filoche
16 mars, fin de « son pseudo grand débat » : le temps des mesures d’urgence
12 mars 2019 – 12:33
Le temps est venu de mesures d’urgence
11/03/2019 | la rédaction
La liste est longue des revendications portées depuis 4 mois. Le débat devra se poursuivre pour apporter des réponses et des solutions sur l’ensemble des problèmes soulevés. Il faut en prévoir les modalités pour que rien ne soit enterré. Mais il faut maintenant des mesures d’urgence.
La politique doit servir les intérêts de la majorité de la population. C’est ce que disent les gilets jaunes depuis 4 mois. Il faut un débouché au mouvement.
Des mesures d’urgence doivent être prises dès maintenant sur les salaires, les pensions, les allocations, la fiscalité. Nous mettons en débat 12 mesures immédiates.
D’abord les salaires, les pensions, les allocations pour vivre
Première mesure : porter le Smic à 1800 euros, augmenter tous les salaires de 300 euros par mois, mettre un terme au gel du point d’indice des fonctionnaires, plafonner les salaires à 20 fois le Smic
Seconde mesure : augmenter le minimum vieillesse de 300 euros par mois, ré-indexer les pensions de retraites sur la hausse des prix, suspendre la réforme des retraites
Troisième mesure : revaloriser en proportion l’allocation adulte handicapé et tous les minima sociaux, indexer les allocations familiales sur l’inflation
Fiscalité juste, partage des richesses et solidarité, des services publics partout et pour tous.
Quatrième mesure : supprimer la TVA sur les produits de première nécessité.
Cinquième mesure : suspendre les exonérations de cotisations sociales.
Sixième mesure : rétablir immédiatement l’ISF, convoquer une conférence nationale sur la réforme fiscale avec un impôt direct et progressif, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale.
Septième mesure : suspendre les privatisations envisagées (barrages hydrauliques, autoroutes) dont celle des Aéroports de Paris dans la loi Pacte.
Huitième mesure : Geler toutes les fermetures de services publics et de réduction d’effectifs (transports, hôpitaux, école, fonction publique, etc..)
Engager la transition écologique
Neuvième mesure : Taxer le kérosène des avions et le fioul lourd des super tankers
Dixième mesure : Rétablir les « petites lignes » de train et développer le ferroutage, taxer les entreprises de transport qui pratiquent le dumping social à l’intérieur de l’Europe
Onzième mesure : mettre en place un plan massif de rénovation énergétique des bâtiments
La nécessité d’une profonde réforme démocratique
La 5èmeRépublique ne permet pas une représentation réelle et démocratique des citoyens. Il faut aller vers une 6ème République démocratique et sociale …
Douzième mesure : Organisation d’États Généraux à partir de juin ou septembre 2019 représentatifs de tous les départements et composés à l’image de la population avec des ouvriers, des employés etc
Les États Généraux auront pour tâche :
-de travailler à une réforme constitutionnelle avec l’introduction de la proportionnelle, et la suppression de l’élection d’un président au suffrage universel. Mieux vaut un pouvoir collectif qu’un pouvoir personnel.
Ce travail devrait déboucher sur l’élection d’une Assemblée Constituante pour permettre l’instauration d’une 6èmeRépublique parlementaire.
-d’approfondir toutes les questions soulevées dans la société ces derniers mois par les gilets jaunes, la jeunesse lycéenne, étudiante, les syndicats et associations …
Ces États Généraux devraient se décliner au niveau local.
Unis pour être plus forts
Quatre mois de mouvement et de débats doivent déboucher sur des changements profonds. Ils doivent associer le plus grand nombre, faire l’objet d’échanges partout.
Mettons, tous ensemble, ces propositions en débat pour les enrichir et les porter collectivement.
Pour la Gauche démocratique et sociale (GDS)
Gérard Filoche
15 % d’Inspection du Travail en moins
9 mars 2019 – 13:28
Quand Macron prononce de belles paroles en faveur de l’égalité salariale femmes-hommes ne le croyez surtout pas ! Quand Macron s’agite à propos de la directive discriminant les « travailleurs détaches » ne le croyez pas davantage ! Quand Macron prône des « bonus malus » à propos des « contrats courts », c’est encore du pipeau.
Parce que cela ne peut pas se faire en supprimant 15 % des effectifs de l’inspection du travail cette année ! Or, chacun l’a lu dans la (bonne) presse, c’est l’annonce que vient de faire la ministre du travail, Pénicaud. Les inspecteurs du travail sur le terrain sont autour de 1600 pour 1,2 million d’entreprises et 19 millions de salariés concernés. Une entreprise a une chance d’être visitée une fois tous les 10 ans. Mais, depuis, les lois Sapin, Macron, El Khomri, Pénicaud ont ratiboisé l’indépendance de l’inspection (et laminé les prud’hommes). Comment, en supprimant encore 15 % des effectifs, contrôler et sanctionner les infractions aux inégalités salariales, aux fraudes aux travailleurs « détachés », aux contrats précaires injustifiés ?
Pour l’inégalité salariale sexiste, il est possible de l’éradiquer en moins d’un an : si on oblige toutes les entreprises à tenir un registre, si on contrôle ces registres et si les inspecteurs peuvent en référé saisir le juge pour que celui-ci impose une astreinte, ce sera vite réglé. C’est faisable mais il faut s’en donner les moyens. C’est là que Macron est démasqué, il retire ces moyens.
Pour les « travailleurs détachés » Macron avait fait semblant de s’agiter dans l’Union européenne pour modifier leur statut. En pratique il avait confirmé la discrimination principale qui permet aux patrons français de les surexploiter en les payant moins cher, c’est à dire sans le salaire brut, sans les cotisations sociales françaises. La Cour des comptes vient d’appeler « à une plus grande fermeté » car elle estime que « le système de sanctions de la France est trop faible contre la fraude aux travailleurs détachés ». Toutes les procédures de l’inspection sont chronophages et difficiles faute de moyens : comment vérifier à Sofia ou Varsovie si le complément des salaires est payé !
Pour les millions de « contrats courts », qui croit qu’une inspection du travail affaiblie pourrait contrôler un système complexe de « bonus malus » et sanctionner les centaines de milliers de patrons qui en abusent ? Il faut les interdire ! Mais Macon et le Medef ne veulent pas.
Alors quand Muriel Pénicaud, déclare que « d’ici 2022, la section comptera un agent de contrôle pour 10 000 salariés » soit 15 % de moins et avec diminution du nombre d’assistants de contrôle chargés de l’accueil du public, on sait à coup sur que Macron ment.
Gérard Filoche
La bataille des gilets jaunes est celle de tous les salariés
2 mars 2019 – 13:25
Les revendications sociales des gilets jaunes, dans 95 % des cas sont celles de la gauche : les 42 revendications du 17 novembre, celles de Toulouse adoptées et classées une à une, celles de « l’Assemblée des assemblées » de Commercy, celles qui se discutent en vue de la prochaine coordination des ronds-points à Saint Nazaire les 5, 6 et 7 avril. Augmentation massive du smic et des salaires, des retraites, des minimas sociaux, redistribution des richesses, chasse à la fraude fiscale, rétablissement de l’ISF, renationalisation des services, autoroute, rail, eau, électricité, gaz ; gratuité des transports en commun, égalité salariale femmes-hommes, états généraux pour la transition écologique, l’énergie verte et la protection de la biodiversité, etc.
Dans les meetings dans la Drôme ou dans les Yvelines ce sont les mêmes débats : par exemple, les retraités demandent la suppression des 1,86 % de CSG, l’indexation totale des pensions sur l’indice du coût de la vie, la garantie des pensions de réversion et un rattrapage de 3 % compte tenu des pertes passées.
La bataille des gilets jaunes est celle de tous les salariés.
C’est comme la « Prime Macron » qui est, en fait, une « Prime Gilet jaune ». Si les gilets jaunes bloquent Macron, ce sera une victoire pour tous.
Mais l’inverse menace : si elle gagne, la Macronie envisage d’en profiter pour aller plus loin.
La voilà donc qui s’interroge sur un « second jour de solidarité » c’est à dire un jour férié en moins pour les patrons et aussi sur la suppression de la 5° semaine de congés payés. Elle vise à faire de l’auto-entreprise un contrat universel qui pourrait remplacer le contrat de travail. Elle baisse de plus de 4 milliards les indemnités des chômeurs, et vise à supprimer l’allocation chômage pour les ruptures conventionnelles. Elle met à l’ordre du jour la rupture conventionnelle dans la fonction publique. Elle veut augmenter les seuils sociaux, pour faire passer à 100 salariés l’existence d’un comité d’entreprise. Elle parle d’un nouveau jour de carence en cas de maladie. Elle force le pas sur la casse des retraites et le système par points. Elle désengage les patrons de payer les cotisations sociales maladie dans le salaire brut. Elle ré envisage même à nouveau une fiscalité sur l’essence et le diesel.
La contre révolution Macron serait sans limite : « Les puissants ne cèdent jamais rien, ni la liberté, ni le pain » (in « La guerre des pauvres ») Eric Vuillard (Ed Actes sud)
« Qui ne casse rien n’a rien » répondent désespérément des Gilets jaunes. Mais pour gagner ce qui compte ce n’est pas la casse, c’est la masse. L’ensemble des salariés est dos au mur. Il y a des moments dans l’Histoire ou ne pas lutter ensemble, c’est perdre tout.
Gérard Filoche







