Pour Historia : quel est l’homme du 20 °siècle ? Jules Durand

La revue Historia m’a sollicité pour un article répondant à la question  quel est l’homme du 20° siècle selon vous ?  J’ai envoyé ce texte,  et une version du même plus réduite.

A mes yeux, c’est Jules Durand.  Un modeste charbonnier du Havre. Oublié aujourd’hui alors qu’il fut une très grande figure nationale et internationale du mouvement ouvrier français du XX° siècle.

J’ai découvert sa vie et son histoire, alors que j’avais moi-même 20 ans, au milieu des années 60, à travers la belle pièce d’Armand Salacrou « Boulevard Durand » lorsqu’elle fut jouée au « Petit théâtre » de Rouen, rue des Carmes.

Elle m’est furieusement remontée à la gorge en juin 2016, alors que j’assistais à l’une des nombreuses et magnifiques manifestations au Havre, contre la scélérate loi El Khomri.  2500 dockers, gilets rouges, étaient là, en carré, en force, bras croisés, tambours en tête, derrière leur banderole, résolus et impressionnants. Ils ne savaient pas encore que deux d’entre eux seraient, à tort, interpellés par la police de Manuel Valls au petit matin, ce Premier ministre qui traita, depuis l’Arabie saoudite, les grévistes d’Air France de « voyous », en septembre, les grévistes d’Air France accusés d’avoir bousculé des policiers qui leur barraient le chemin.

Il n’en fallait pas plus pour raviver mes propres souvenirs : mon père était chaudronnier-menuisier au dépôt de Rouen, j’avais 8 ans, je le revois rentrant à la maison, en août 1953, choqué, alors que les CRS avaient « gazé » les cheminots manifestant à hauteur du Champ des Oiseaux.

 

 

 

 

Jules Durand, né en 1880, secrétaire du syndicat des dockers charbonniers du port du Havre, a été la victime tragique, symbole et martyr, d’un spectaculaire crime social, de ce qui reste comme la plus grande manipulation anti ouvrière de la Justice en France.

Le transport du charbon par mer (sea coal) avait au début du XX° siècle un caractère stratégique. La Seine Inférieure était le département qui en importait le plus, à partir des Iles Britanniques, via le port du Havre ; les négociants, armateurs et compagnies Evan Thomas Radcliffe, Cory and Son, Tinel, Worms et cie, et la « Transat » (Compagnie Générale Transatlantique) étaient puissamment coalisées contre tout action ouvrière qui tentait de freiner leurs activités et profits. En octobre 1909, le « comité central des armateurs » se constitua et se dota le 8 mai 1910, d’une assurance pour contrer les grèves de marins et dockers.

Or la CGT au Havre était puissante et combative : dès le 15 aout 1900, elle imposait la journée de huit heures en deux vacations de quatre heures séparées par une pause de deux heures, temps marqué par la célèbre « cloche des dockers ».

Le métier de docker charbonnier consistait à porter des sacs ou paniers du pont des bateaux aux quais, ainsi que des opérations dans les parcs à charbon, ou dans les cales, spécialité la plus pénible dite « choulage ». Ces taches de coolies s’effectuaient avec des outils simples, sacs, hottes, cordes, poulies, passerelles, échelles, pelles. Le patronat mécanisait avec des pontons, des bennes, élévateurs, convoyeurs, diminuant le nombre et les possibilités de revendications des 600 charbonniers du port. L’apparition en 1910 du dernier engin mécanique géant, le « Tancarville », précipita la grève cet été-là.

Jules Durand fut élu secrétaire du syndicat des charbonniers par une assemblée générale qui établit un cahier de revendications le 16 août : révision des salaires, douches sur les quai, baisse du nombre d’heures de travail pour compenser l’arrivée de la machine, respect du repos hebdomadaire. Les négociants importateurs de charbon répliquèrent par un lock-out, activèrent le Tancarville, et importèrent des « jaunes » pour y travailler.

La grève dura du 17 août au 14 septembre (dans une année, 1910, où il y eut 1502 grèves d’une durée moyenne de 12 jours).

Jules Durand, 30 ans, fut arrêté le 11 septembre, avec pour objectif de briser cette grève, par une machination de la « Transat » et de la police. Le prétexte fut qu’il y avait eu la veille au soir, quai d’Orléans, une rixe entre gens alcoolisés, et qu’un contremaitre, par ailleurs « un renard », un « jaune », Louis Dongé, alors qu’il y agitait un revolver, avait été désarmé par les trois hommes qu’il menaçait, frappé, sa tête avait cogné le sol, et il était décédé le lendemain d’une fracture du crâne. Jules Durand, leader syndical de la grève en cours, membre de la ligue des Droits de l’homme et de la Ligue antialcoolique, n’était même pas là, mais il fut accusé de « responsabilité morale » du décès de Dongé, et jugé en moins de deux mois, avec une instruction bâclée, des faux témoins payés par les patrons de la Transat,  et, bien que défendu par un jeune avocat de 28 ans, René Coty, et la Cgt, il est condamné le 25 novembre 1910, au terme d’un procès inique, à la guillotine (tandis que les assassins directs du contremaitre sont envoyés au bagne).

 

Commence son calvaire : Jules Durand tombe en syncope lorsque la sentence est rendue, il est transféré dans l’horrible cellule des condamnés à mort, à la prison de Rouen (« Bonne Nouvelle »), isolé, camisole de force, fers aux pieds et aux mains, lumière permanente mais affublé d’une cagoule noire quand il sort. C’est là que, sous les coups de la maltraitance, il perd la raison. Après un rejet de son pourvoi le 22 décembre 1910, il est partiellement gracié le 31 décembre. La peine de mort est commuée en sept années de prison. La campagne pour sa libération et sa réhabilitation s’amplifie, Jean Jaurès, en tête, l’indignation soulève, dans le monde entier, ses frères, les salariés,  mais aussi les militants des droits de l’homme, les intellectuels, et plus largement les démocrates.

Mais Jules Durand, s’enfonce dans les ténèbres dont il ne sort pas même dans les six semaines de liberté accordées à partir du 16 février 1911. Quand il sera vraiment libéré, il est trop tard : devant tant d’injustices, de souffrance endurées, de désespoir, sa raison l’a quitté. De l’hôpital Pinel du Havre, à Sainte-Anne à Paris, la folie le ronge, il ne saura ni l’annulation de ses condamnations ni le 15 juin 1918 son acquittement définitif, par la Cour de cassation. Il meurt, oublié de presque tous, à l’Hôpital psychiatrique de Quatre-Mares à Sotteville lès Rouen, le 20 février 1926.

Jules Durand a été triplement victime d’une machination judiciaire destinée à briser l’action syndicale, fatale pour sa santé et sa vie, d’un procès inique dont tous les rouages sont, depuis, connus dans le détail, et d’une absence de réparation et de condamnation de la Transat et des organisateurs des faux témoignages, les ingénieurs Ducrot et Delarue, clairement identifiés depuis.

Dans le prologue de la pièce d’Armand Salacrou, jouée au Havre pour la première fois en 1961, le prologue est un cri : « Or ton histoire, Durand, qui fut vivante, recommence à vivre tous les jours, à toutes les heures, à travers le monde sous de nouveaux costumes, dans d’autres villes, avec de nouveaux visages ; dans la ville où tu as souffert, un boulevard porte ton nom, « Boulevard Durand ». On honore ton souvenir. »

Gérard Filoche

 

Pour honorer Jules Durand, en plus de la pièce de Salacrou (1961), il faut notamment lire « L’affaire Quinot » d’Emile Danoen, (1951), « Un nommé Durand » d’Alain Scoff (J.-C. Lattès, 1984), « Les quais de la colère » roman de Philippe Huet (Albin Michel, 2005), « Jules Durand, un crime social et judiciaire » (L’Harmattan, 2015) par John Barzman et Jean-Pierre Castelain.

 

Macron marche pied de Le Pen

 

La bataille contre Macron est une bataille indispensable. Nous proposons trois courts textes ci-dessous permettant d’alimenter les réseaux sociaux, de rédiger des tracts pour démystifier la candidature Macron.

Macron-Estrosi : rien de bon ne peut sortir de cet attelage !

La rencontre de Macron et Estrosi n’est pas qu’une entrevue entre un président de région et un candidat en déplacement dans cette même région. Emmanuel Macron veut illustrer par là son orientation politique. Pour lui la voie à prendre c’est celle d’une grande coalition droite-gauche. Pas toute la droite et pas la gauche bien entendu.

Mais une coalition pour imposer des contre-réformes.

-          Il s’agit de casser encore plus le droit du travail présenté comme une contrainte et d’attaquer l’indépendance des organisations syndicales.

-          Il s’agit de casser le système de retraite en laissant à chacun-e la « possibilité » de travailler plus pour avoir plus de points (alors que 60% des salariés du privé ne sont plus au travail quand ils prennent leur retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité). Il s’agit d’ouvrir le marché des retraites aux assureurs. Il s’agit de casser les régimes plus avantageux conquis dans la Fonction publique et plusieurs secteurs. Il s’agit de décharger les patrons de la responsabilité  de l’assurance chômage

-          Il s’agit d’abîmer un peu plus les services publics en réduisant le nombre de fonctionnaires.

Ce projet doit être combattu !

Macron ? Quelle majorité ?

Avec Fillon, on aurait une majorité LR/UDI. C’est cohérent. Les électeurs amplifieraient le vote de la présidentielle. Avec un seul candidat de gauche, nous pourrions avoir, en surmontant la division, une majorité de gauche. Il faudrait une plateforme commune, des candidats labellisés.

Avec Macron, on aurait également une majorité de droite. Macron formerait un gouvernement de coalition soutenu par En Marche !, le libéral Madelin, par le centriste Bayrou, par Valls et Le projet. Drian qui ont rompu avec la gauche. Ce gouvernement n’aura guère de difficulté à trouver le renfort de LR et de l’UDI lorsqu’il voudra faire voter toutes les attaques que Macron a programmées contre le salariat et qui constituent l’épine dorsale de son programme.
Macron, rempart contre Le Pen et le FN ?

Le danger Le Pen est certain. Le minimiser serait une erreur. Les affaires qui minent la campagne Fillon peuvent amplifier le vote Le Pen et le bilan du quinquennat est le premier responsable du vote « pour essayer autre chose ».

Macron n’est pas le rempart qu’on veut bien nous présenter. Son libéralisme économique peut certes lui amener des électeurs de droite. Mais pour la droite de la Manif pour tous, de Sens commun, Macron est trop libéral sur les questions de société, ce qui pourrait amener, d’après certains sondages, 40% de l’électorat de Fillon à voter Le Pen au deuxième tour.

Présenter Macron comme un bouclier anti-Le Pen relève d’un habillage pour masquer un accord avec ses thèses libérales et la perspective de la grande coalition de droite. Installer Macron, c’est prendre le risque de mettre en place un gouvernement qui mènera une politique de chômage, de précarisation,  de croissance des inégalités qui, demain, nourrira encore plus le vote Le Pen.

 

Un accord politique Hamon-Mélenchon augmenterait les chances de gagner

Le trio des candidats du fric est toujours aussi agressif, dangereux, et menaçant au fur et à mesure de cette campagne présidentielle. Faire front commun à gauche contre eux est donc plus que jamais nécessaire. Encore faut-il se donner les moyens de construire ce front uni et vainqueur.

 

Les sondages donnent les deux candidats de gauche Melenchon et Hamon, respectivement à 18 % et 9 %, ce qui pousse à argumenter plus que jamais pour additionner leurs voix, et porter le mieux placé à hauteur de 27 %, voire, s’il y a une dynamique, à plus de 31,5 % (comme indiqué par un sondage de février), c’est à dire nettement en tête du premier tour et donc bien placé, face à Le Pen – si c’est elle qui lui fait face.

Cela nous va bien, car cela correspond à nos analyses politiques en profondeur et à notre praxis : la France est majoritairement de gauche, le salariat aussi, notre combat tout au long du quinquennat (ANI, Sapin, Ayrault, Macron, El Khomri) a été payant, nous avons pu écarter Hollande et battre Valls nettement,  c’est la gauche socialiste qui a gagné, et c’est l’occasion historique exceptionnelle à la fois de gagner la présidentielle et de transformer la gauche entière, enfin, il est normal que, jusqu’au bout, la  gauche se cherche une voie unitaire car elle ne peut être sûre de gagner que comme cela.

Aujourd’hui comme hier, une même démarche

Nous avons toujours bataillé pour une plate-forme commune, pour construire un candidat commun, une majorité commune des les 21 janvier 2016, puis pour des grandes primaires, puis pour que les primaires de la gauche ouverte aux écologistes soient l’occasion de battre la politique de Hollande-Valls-Macron, et encore pour l’unité, dés le premier soir, la première heure, le premier jour, la premier semaine lorsque, le 29 janvier 2017, Hamon fut élu largement par des primaires de 2,1 millions d’électeurs, et qu’il était donné à 16 % et Mélenchon à 9 %.

Nous n’avions pas demandé à Mélenchon de se retirer mais nous avions appelé à un accord politique global entre les deux, sur une plateforme de gouvernement, un accord de gouvernance, et une majorité à l’assemblée.

Nous avions suggéré que l’un, à l’époque Hamon, soit président et que l’autre, à l’époque Mélenchon, soit premier ministre. C’était une manière de garantir spectaculairement accord et dynamique donc de réussir.

Nous avions même proposé, alors que Hamon était largement en tête, que Mélenchon accueille Hamon place de la République le 18 mars, et que Hamon accueille Mélenchon à Bercy le 19 mars. Vous imaginez l’impact formidable qu’aurait eu cette double initiative ?

Nos raisons étaient qu’il fallait garantir les chances de la gauche, qu’un programme commun de gouvernement était possible,  un gouvernement Hamon, Jadot, Laurent, Mélenchon  et un accord de gouvernance, Président-Premier ministre,  permettrait une dynamique forte, gagnante et, donc, une majorité parlementaire dans la foulée.

À l’époque nous aurions eu le temps d’expliquer le sens de l’accord et sa solidité.

Aujourd’hui cette démarche de l’époque et les raisons de la réussir existent plus que jamais, mais différemment et dans un délai plus court.

 

Plus que jamais une démarche unitaire et un accord politique sont indispensables

Pour franchir  les 6 % qui séparent JL Mélenchon de Macron et Le Pen, un simple retrait du candidat Hamon à 9 % ne suffirait pas

Car il faut une dynamique pour entraîner et convaincre. Les contradictions et les désillusions dans le camp Hamon seraient aussi importantes qu’elles l’auraient été hier dans le camp Mélenchon.

Des arguments polémiques obscurciront évidemment la construction de la nécessaire unité,  face à la droite et l’extrême droite. C’est pourquoi, ce que nous avions proposé hier, une démarche unitaire et un accord politique nous semblent encore plus nécessaires aujourd’hui – surtout quand il ne reste plus que 10 jours d’explications.

Sans unité pas de victoire ! Les conditions ne sont pas réunies, il manque 6 % pour arriver au 2° tour… Même si Hamon descendait… disons de 9 % à 5 %, les derniers 5 % seraient les plus « accrochés » et les plus décisifs et ne viendraient voter qu’avec un accord politique !

Avec un accord politique global (plateforme, gouvernance, majorité …), chaque partie se sentirait respectée, associée, et partie prenante, les réticences sauteront plus facilement et plus massivement et il ne restera que la dynamique unitaire. C’est facile à faire en…  48 h.

 

Que Hamon, Jadot et Mélenchon discutent tout de suite

 

Mélenchon devrait donc accepter ce qu’il a refusé depuis plus de 18 mois : ça veut dire discuter avec Hamon et Jadot pour emporter la victoire. À moins qu’il ne préfère perdre, il est devenu plus facile pour lui de nouer accord. S’il ne le faisait pas et qu’il échouait à moins de 1 % d’accéder au 2° tour, il s’en mordrait les doigts cruellement.

Nous aussi. Toute la gauche aussi. Le salariat surtout.

Voilà pourquoi nous redoublons d’efforts à chaque heure pour parvenir à un accord politique global au sein de la gauche avant le premier tour.

 

Démasquer Macron

Cinq courts textes

ci-dessous permettant d’alimenter les réseaux sociaux, de rédiger des tracts pour démystifier encore et encore la candidature du prédicateur de la finance, Macron.


 

Macron-Estrosi : quel attelage !

La rencontre de Macron et Estrosi n’est pas qu’une entrevue entre un président de région et un candidat en déplacement dans cette même région. Emmanuel Macron veut illustrer par là son orientation politique. Pour lui la voie à prendre c’est celle d’une grande coalition droite-gauche. Pas toute la droite et pas la gauche bien entendu.

 

Déjà Valls en novembre 2015 avait proposé de voter Estrosi des le premier tour…

une coalition de droite pour imposer des contre-réformes.

-          Il s’agit de casser encore plus le droit du travail présenté comme une contrainte et d’attaquer l’indépendance des organisations syndicales.

-          Il s’agit de casser le système de retraite en laissant à chacun-e la « possibilité » de travailler plus pour avoir plus de points (alors que 60% des salariés du privé ne sont plus au travail quand ils prennent leur retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité). Il s’agit d’ouvrir le marché des retraites aux assureurs. Il s’agit de casser les régimes plus avantageux conquis dans la Fonction publique et plusieurs secteurs. Il s’agit de décharger les patrons de la responsabilité  de l’assurance chômage

-          Il s’agit d’abîmer un peu plus les services publics en réduisant le nombre de fonctionnaires.

Ce projet dangereux doit être combattu  frontalement !

Macron ? Quelle majorité ?

Avec Fillon, on aurait une majorité LR/UDI. C’est cohérent. Les électeurs amplifieraient le vote de la présidentielle. Avec un seul candidat de gauche, nous pourrions avoir, en surmontant la division, une majorité de gauche. Il faudrait une plateforme commune, des candidats labellisés.

Avec Macron, on aurait également une majorité de droite. Macron formerait un gouvernement de coalition soutenu par En Marche !, le libéral Madelin, par le centriste Bayrou, par Valls et Le projet. Drian qui ont rompu avec la gauche. Ce gouvernement n’aura guère de difficulté à trouver le renfort de LR et de l’UDI lorsqu’il voudra faire voter toutes les attaques que Macron a programmées contre le salariat et qui constituent l’épine dorsale de son programme.
Macron, rempart contre Le Pen et le FN ?

Le danger Le Pen est certain. Le minimiser serait une erreur. Les affaires qui minent la campagne Fillon peuvent amplifier le vote Le Pen et le bilan du quinquennat est le premier responsable du vote « pour essayer autre chose ».

Macron n’est pas le rempart qu’on veut bien nous présenter.

Son libéralisme économique peut certes lui amener des électeurs de droite. Mais pour la droite de la Manif pour tous, de Sens commun, Macron est trop libéral sur les questions de société, ce qui pourrait amener, d’après certains sondages, 40% de l’électorat de Fillon à voter Le Pen au deuxième tour.

Présenter Macron comme un bouclier anti-Le Pen relève d’un habillage pour masquer un accord avec ses thèses libérales et la perspective de la grande coalition de droite. Installer Macron, c’est prendre le risque de mettre en place un gouvernement qui mènera une politique de chômage, de précarisation,  de croissance des inégalités qui, demain, nourrira encore plus le vote Le Pen.

 

Fillon, Macron et les retraites

Par Jean-Jacques Chavigné

François Fillon et Emmanuel Macron veulent tous les deux qu’« un euro cotisé donne les mêmes droits » dans tous les régimes mais tous les deux veulent imposer l’« égalité » en alignant ces droits vers les bas. Ils veulent aligner les régimes des fonctionnaires, de la SNCF, de la RATP ou d’EDF sur le régime des salariés du privé, en calculant le montant des retraites sur les 25 meilleures années.

Le programme de Fillon est aussi une attaque frontale contre nos retraites

François Fillon veut reculer l’âge de la retraite à 65 ans. Il veut également, même s’il est très évasif sur la question, reculer à 67 ou 70 ans l’âge-butoir, à partir duquel le montant de la retraite ne serait plus amputé de cette néfaste «  décote » qui diminue  considérablement le montant des retraites, en particulier celles des femmes.

Il reprend le même refrain des néolibéraux : l’espérance de vie augmente et il n’y aura pas, dans les 50 années à venir, assez d’actifs pour payer les retraites.

L’espérance de vie à la naissance augmente mais l’espérance de vie après 60 ans (la seule qui intéresse vraiment les retraités…) augmente beaucoup moins rapidement et, avec le recul de l’âge du départ en retraite, il y aurait de fortes probabilités pour qu’elle recule.

En 2016, le nombre de cotisants s’élève à 1,7 pour un retraité et devrait s’élever à seulement 1,35 cotisant dans 50 ans. Mais Fillon « oublie » de prendre en compte l’augmentation de la productivité du travail. Pourtant, selon les chiffres du scénario le plus pessimiste du Conseil d’orientation des retraites, la productivité du travail serait multipliée par 1,65 en 50 ans. 1,35 cotisants en 2066 produirait autant que 2,3 cotisants actuels et donc beaucoup plus que 1,7 cotisants aujourd’hui !

Le programme de Macron est encore pire

Il commence par un mensonge : ne pas diminuer le montant des retraites alors qu’il ne parle nulle part de faire cesser le gel de la majorité des retraites (de base et complémentaire) imposé depuis plus de 3 ans et qu’il veut augmenter la CSG de la grande majorité des retraités pour financer la suppression des cotisations chômage et maladie des actifs.

Il termine par une supercherie : après avoir, dans un premier temps, tout comme Fillon, nivelé vers le bas nos système de retraite il veut, dans un second temps, transformer notre système de retraite en « système universel de retraites », à la suédoise. Ce système, selon lui, permettrait à chacun de « choisir librement » son âge de départ à la retraite. Ce nouveau système serait adopté à la fin du quinquennat mais mis en place au cours du quinquennat suivant.

Dans ce système, le montant de la retraite serait calculé en fonction de deux critères. Le premier serait la totalité des versements de cotisation effectués mais sans, surtout, augmenter la part patronale. Le second serait l’espérance de vie de la génération du futur retraité au moment de son départ en retraite. Plus cette espérance de vie serait importante, moins le montant de la retraite serait élevé.

L’espérance de vie des femmes est supérieure de 4,8 ans à celle des hommes. Faudrait-il, au nom de l’ « égalité » dont se réclame Macron diminuer proportionnellement le montant de leurs retraites ?

Tous les éléments de solidarité (prise en compte des situations de chômage, de maternité de maladie, du nombre d’enfants élevés…) seraient évacués de ce « système de retraite universel ». L’État pourrait, éventuellement, les prendre en charge.
Macron n’aurait donc nul besoin de reculer l’âge de la retraite ou d’augmenter le nombre de trimestres de cotisation. Chaque salarié pourrait « choisir », tout seul dans son coin, son âge de départ à la retraite dans une plage qui varierait de 50 ans à 70 ans. Cela aurait le grand mérite d’éviter les mobilisations qui avaient eu lieu en 2003 ou 2010…

En réalité, ce choix n’existerait pas. Aujourd’hui, avant même que l’augmentation du nombre de trimestres de cotisation, décidée en 2013, ait commencé ses ravages, 60 % des salariés du privé ne sont plus au travail quand ils prennent leur retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité.

La proposition de Macron de « choisir de travailler davantage pour avoir une pension plus élevée ou de partir plus tôt avec une pension moindre » n’a donc rien à voir avec la réalité sociale. La plupart des salariés seraient obligés de prendre leur retraite, quel qu’en soit le montant, quand ils n’auraient plus la possibilité de travailler. Ils seraient d’autant plus obligés de s’y résigner que Macron veut réduire drastiquement les droits des demandeurs d’emploi.

 

Macron, Fillon et le temps de travail

Par Jean-Jacques Chavigné

Emmanuel Macron et François Fillon jouent tous les deux les matamores en clamant sur tous les tons qu’ils vont aller beaucoup plus loin que la Loi El Khomri. Macron ne veut en aucun cas être comptable du quinquennat de François Hollande (dont il a pourtant été l’un des principaux artisans) et François Fillon veut « la rupture ».

En réalité, tout ce qu’ils proposent figure déjà à 95 % dans cette loi, dont l’article 1 prévoit que l’ensemble du code du travail sera réécrit en accordant une place centrale à la négociation collective, aux dépens de la loi.

La seule solution, pour le salariat, est celle que préconisent Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon : son abrogation.

Négocier dans l’entreprise

Le prétexte invoqué par El Khomri, comme Macron et Fillon, c’est de privilégier la négociation d’entreprise. Mais rien n’empêchait, avant la loi El Khomri,  de négocier dans l’entreprise. Simplement, l’accord d’entreprise ne pouvait pas déroger au principe de faveur, à la hiérarchie des normes : pour les salariés concernés, un accord d’entreprise ne pouvait pas être moins favorable qu’un accord de branche ou, a fortiori, que la loi.

La volonté de négocier « au plus près du terrain » n’est donc qu’un prétexte pour retirer toute protection aux salariés d’une entreprise, obligés de négocier là où le rapport de forces leur est le plus défavorable et où ils le feront avec un revolver sur la tempe : la menace de voir leurs emplois supprimés.

Jean-Luc Mélenchon avait parfaitement raison de souligner, dans le débat du 20 mars sur TF1, qu’instaurer un code du travail par entreprise était aussi stupide que mettre en place un code de la route par rue.

Les 35 heures et les heures supplémentaires

Le rôle essentiel des 35 heures légales est de fixer à partir de combien d’heures de travail seront payées des heures supplémentaires. La loi El Khomri conserve cette référence mais la vide d’à peu près tout son contenu.

Cette loi permet, par accord de branche, de moduler les heures de travail pendant 3 ans. Les heures supplémentaires pourront donc n’être payées qu’après la 4 822ème heure : nous voilà très loin du paiement des heures supplémentaires à partir de la 36ème heure hebdomadaire ! Les heures supplémentaires qui étaient majorées d’au moins 25 % pourront ne plus être majorées que de  10 %, par un simple accord d’entreprise.

Macron et Fillon n’avaient pas grand-chose à ajouter.

Fillon veut supprimer toute référence légale aux 35 heures, la seule référence légale à la durée du temps de travail serait donc la durée légale maximale de travail prévue par l’Union européenne : 48 heures.  Les heures supplémentaires disparaîtraient purement et simplement.

Le programme d’Emmanuel Macron affirme que la loi fixera toujours l’horaire légal à 35 heures mais ne dit pas un mot du tarif auquel seraient payées les heures supplémentaires, ni sur combien de temps elles pourraient être « modulées ». Avec un tel flou, il n’y a aucune garantie qu’un accord d’entreprise ne puisse fixer la majoration des heures supplémentaires à 0 % ou de les moduler sur 5 ans fin de ne les payer qu’à partir de la 8 036ème heure. Toutes les possibilités sont ouvertes, en fonction du rapport de forces, entreprise par entreprise puisque c’est là où s’écrira le droit du travail et que l’employeur pourra prendre l’initiative d’un référendum pour imposer un accord.

L’objectif commun de Macron et Fillon : un taux de chômage à 7 %

Pour François Fillon, comme pour Emmanuel Macron et le Medef, le chômage serait dû à un manque de « flexibilité du travail ». Ils citent à l’appui les taux de chômage, calculés selon les critères du Bureau International du Travail (BIT) : 10,2 % en France mais seulement 5 % au Royaume-Uni et 4,3 % en Allemagne.

Le problème est que le taux de chômage calculé selon les critères du BIT n’a plus aucun sens. Alors que le patronat généralise le travail à temps partiel imposé, le mode de calcul retenu considère que si un salarié a travaillé pendant une heure au cours de la semaine précédente, il n’est pas demandeur d’emploi.

Ce que veulent Macron et Fillon, c’est généraliser le travail précaire, le travail à temps partiel, les travailleurs pauvres, les travailleurs « ubérisés ». L’avenir qu’ils nous réservent est celui des 8 millions de salariés qui subissent les « mini jobs » à 450 euros par mois en Allemagne ou celui des salariés « bénéficiant » d’un contrat « zéro heure » au Royaume-Uni, laissant le temps de travail d’un salarié à la totale discrétion de son employeur, tant en ce qui concerne la durée (zéro heure, 1 heure, 10 heures, 48 heures par semaine…) que l’organisation du temps de travail.

Les pays qu’ils nous donnent en exemple sont significatifs des buts qu’ils poursuivent. En France, le nombre de salariés travaillant moins de 20 heures par semaine représentent 5,9 % du total des emplois. Au Royaume-Uni, il est de 12,7 % et de 12,4 % en Allemagne.

 

Macron ennemi N° 1 de la protection sociale, sur ce terrain pire que Fillon et Le Pen :

 

 

Contre le trio des candidats  du fric

Afflelou a déclaré qu’il soutenait Fillon : il faut s’attendre a ce que ce dernier reçoive des somptueuses lunettes gratuitement.  Le candidat de la droite et du fric est de plus en plus rigide, brutal, ecoeurant et menaçant.

La milliardaire Le Pen bénéficie d’une immunité parlementaire, dont elle se sert pour masquer ses turpitudes spéculatives, ses emplois fictifs. Celle-là n’a jamais un mot contre les banquiers ni conte les actionnaires, et pour cause,  elle réserve ses coups contre les pauvres immigrés.

Macron commence à lasser avec ses meetings évangélisateurs sans contenu. Malgré le soutien de 95 % des medias détenus par les 7 milliardaires du CAC 40, on s’aperçoit de plus en plus du caractère creux et contradictoire du financier illuminé. Mais le fond de ses discours demeure le plus dangereux sur cette question de la protection sociale.

 

En fait ils  ont un point commun tous les trois : c’est la haine des cotisations sociales, du salaire brut, de la protection sociale basée sur le salaire. Le haut de la feuille de paie les indispose. Ils ne veulent plus que ce soit le capital qui paie en direct chaque mois, sur notre bulletin de paie, le coût de la reproduction de notre force de travail.

 

Le Pen veut diminuer le salaire brut pour donner davantage au salaire net. « le peu qu’on te donne tout de suite, on te le reprendra en plus et plus tard ». Un tour de passe-passe, de bonneteau, espérant que les naïfs ne s’en apercevront pas.

Fillon veut diminuer ce qui prétend appeler « les charges sociales » jusqu’à, 1,9 fois le Smic, accordant ainsi 100 milliards aux patrons d’entreprises, soit le double du cadeau du CIVE d’Hollande.

Mais Macron est pire que les deux précédents parce qu’il  propose de continuer à supprimer toutes les cotisations sociales comme il a  commencé a le faire avec Hollande qui a  enlevé déjà 35 milliards d’allocations familiales.

 

Macron veut enlever l’assurance maladie, l’astrance chômage du bulletin de paie. Et il propos e faire passer la retraite par répartition en retraite par capitalisation en un système de « points ».

Pour masquer cela, il instaurent le prélèvent a la source, manipule la CSG, rendant le bulletin de paie non obligatoire, et le « simplifiant » pour qu’on ne voit plus ce qu’il y a dessus,

C’est un vrai hold up géant de 450 de milliards de notre protection sociale : au lieu que ce soit les patrons les actionnaires qui la paient ce sera… nous-mêmes par l’impôt par la TVA, par l’impôt sur le revenu.

On a en face de nous l’offensive la plus dangereuse et la plus globale depuis 70 ans contre ce qui est le meilleur de notre pays : la protection sociale basée sur le salaire et le travail.

 

Gérard Filoche

 

 

Macron ne tire aucune leçon de la crise européenne

Par Eric Thouzeau

Dans un entretien à Libération (1), Emmanuel Macron livre sa vision de l’Europe. Comme tout Bonaparte, même au petit pied, Macron tente de tenir un propos apparemment équilibré. Pourtant, son projet est bel et bien celui de poursuivre et d’accentuer les politiques menées depuis près de 20 ans et qui ont pourtant entraîné une crise du projet européen.

Emmanuel Macron n’hésite pas à fustiger les courants ultralibéraux. Il déclare même qu’au niveau « de la zone euro, il faut avancer sur l’harmonisation fiscale et sociale ». Combien de fois n’avons-nous pas entendu ces propos lors de différentes campagnes électorales notamment depuis la victoire du non en 2005 au TCE ?

Le traité de Lisbonne ne permet pas, par exemple, d’instaurer une harmonisation fiscale par le haut. Il faudrait pour cela l’unanimité des États européens. C’est pourquoi d’ailleurs, Macron anticipe cet alignement par le bas en proposant de diminuer de 8 points l’Impôt sur les sociétés.

Un autre exemple : le scandale dû aux conditions dans lesquelles 450 000 travailleurs européens sont détaches dans notre pays n’a fait que s’aggraver rendant compte de la réalité du dumping social au sein de l’Union européenne.

Poursuite des réformes structurelles

Le principal dans les propos de Macron n’est pas là. Mais bien dans sa volonté réaffirmée de poursuivre une politique dite de « réformes ». C’est exactement ce qu’il dit dans son entretien à Libération : « Pour notre part, nous n’avons pas fait la totalité des réformes nécessaires pour renforcer l’économie française : je pense notamment à celles du marché du travail, de la formation professionnelle et de l’éducation. Parce qu’elles nous renforceront, ces réformes nous permettront aussi de rétablir notre crédibilité dans le dialogue avec l’Allemagne. C’est aussi pour cela que la France doit avoir une trajectoire de réduction de ses déficits crédible, tout en menant un effort d’investissement ».

Il est toujours question de réformes. Mais comme le disait Henri Emmanuelli, les partisans du social-libéralisme «ne regardent pas du côté de la réforme mais de la régression. La réforme quand on est socialiste, ça veut dire plus et mieux pas moins et moins payé» (2). On sait maintenant que les réformes « structurelles » sont avant tout des contre-réformes car elles sont, non seulement régressives sur le plan social,…mais le plus souvent inefficaces sur le plan économique. Ces politiques ont plongé l’Europe dans une quasi-stagnation et ont accru le chômage de masse. Pour les tenants de la pensée économique dominante, ce serait parce qu’il n’y a pas eu suffisamment de « réformes » ! Le remède ne marche pas, il faut pourtant en augmenter les doses !

Pour  Romaric Godin, rédacteur en chef-adjoint à La Tribune : « Emmanuel Macron applique sa « grammaire » apprise lorsqu’il était banquier d’affaires : le problème de l’investissement est un problème lié à la compétitivité coût et à la fiscalité. Baissez le coût du travail et la fiscalité sur les entreprises et vous verrez abonder les investissements. Sauf que rien n’est moins sûr (…).Faut-il rappeler que la crise de 2007 n’est pas une crise de la dépense publique excessive ou de la compétitivité de la France (…) la financiarisation de l’économie et la prédominance de la priorité donnée à l’actionnaire, a conduit à un recul de l’investissement productif et à un affaiblissement généralisé de l’économie réelle. » (3). Nous partageons totalement cette analyse.

Projet d’une « grande » coalition droite-gauche

Macron ne propose ni plus ni moins que la poursuite de la politique menée toutes ces dernières années. Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’une fraction grandissante de la classe dirigeante française en est arrivée à la conclusion qu’il faut une grande coalition pour aller plus loin et imposer au pays encore plus de réformes structurelles, en prenant exemple sur l’Allemagne de Schroëder (4). Macron est l’instrument de ce projet bien exprimé par l’ancien PDG de Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa  « Tous les pays qui réussissent … le font car il existe une union de la droite et de la gauche, dans des positions centristes très différentes des idéologies un peu extrêmes qu’on peut avoir en France » (5).

Au Parti socialiste, certains préfèrent rejoindre directement Macron, d’autres font le choix d’attendre pronostiquant, si le candidat d’En Marche! est élu en mai prochain, il n’y aura pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale. « C’est l’heure de la coalition » comme le dit Manuel Valls (6). Ce qui est certain, c’est que le projet de soutenir une coalition droite-gauche signifierait, de la part d’une fraction du Parti socialiste, une rupture avec ce qui a constitué un des fondements de l’orientation du PS en France depuis le congrès d’Epinay (1971).

Unité de la gauche indispensable

Rassemblement de la gauche ou collaboration avec  la droite. Ce débat risque bien d’être celui des prochains mois. Au sein du Parti socialiste, mais plus largement dans toute la gauche. La division de la gauche, l’absence de candidature commune de la gauche à la présidentielle est dans ce cadre une terrible erreur qui ne peut que renforcer le projet de Macron et des forces sociales qui le soutiennent. Est-il trop tard pour que la raison l’emporte à gauche ?

 

(1) http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/23/emmanuel-macron-on-ne-peut-pas-etre-timidement-europeen-sinon-on-a-deja-perdu_1557953

(2) Le travail du dimanche, je peux voter contre  http://www.liberation.fr/video/2014/12/02/henri-emmanuelli-invite-de-mardi-politique_1154996

(3) « Emmanuel Macron et la finance : plus qu’un problème personnel »

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/emmanuel-macron-et-la-finance-plus-qu-un-probleme-personnel-652325.html

(4) Macron ou l’idée d’une grande majorité centriste (article de Chritakis Georgiou dans Démocratie&Socialisme de mars 2014)

(5) La France doit agir Jean-Louis Beffa Paris, Seuil, 2013 pp 95-140.

(6) Valls n’apportera pas son parrainage à Hamon http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Valls-n-apportera-pas-son-parrainage-a-Hamon-1209305

 

 

 

 

 

 

 

78 % des sympathisants de gauche pour un accord Hamon-Mélenchon (93 % côté Hamon sont pour, 73 % côté Mélenchon sont pour) – 79 % des indécis et abstentionnistes sont pour un accord Hamon Mélenchon !

selon un sondage Ifop que « l’Obs » publie ce mardi en exclusivité.

Que dit cette enquête ? 78% des sympathisants de gauche se déclarent pour un rassemblement entre les deux hommes afin de proposer une candidature unique de la gauche au premier tour. C’est auprès des sympathisants de Benoît Hamon, au plus bas dans les sondages, que cette initiative est sans surprise la plus plébiscitée : 93% de ses électeurs potentiels y sont favorables, contre 73% des sympathisants du candidat de la France insoumise. Un écart qui peut s’expliquer, aussi, par la dynamique favorable dont bénéficie Jean-Luc Mélenchon depuis dix jours… « Je ne m’occupe pas de lui », a d’ailleurs lâché ce week-end le candidat de la France Insoumise à propos du socialiste.

Comment lire ce sondage ?
- Sondage Ifop pour le Collectif 1 victoire, pas 2 défaites.
- Date de réalisation : du 30 mars au 1er avril, sur internet.
- Echantillon de 507 sympathisants de gauche, extrait d’un échantillon de 1.600 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus
- Marge d’erreur : 2,7 points (si le pourcentage mesuré est de 10%, le vrai pourcentage est donc compris entre 7,3% et 12,7%).

« Ou bien on laisse la droite arriver au pouvoir, ou bien on se met ensemble pour gagner »

Si, entre les deux candidats, la rupture semble actée, le collectif Une victoire, pas deux défaites, qui a commandé ce sondage, refuse de renoncer. « Nous avons des propositions concrètes pour permettre aux deux candidats de pas perdre la face », explique l’un de ses membres, Pierre Larrouturou.
« Tous deux veulent en finir avec notre système monarchique, c’est l’occasion. Ils peuvent se mettre d’accord pour que dès septembre, une nouvelle assemblée constituante soit élue avec toutes les tendances représentées grâce au scrutin proportionnel.

« Au plus tard dans un an, on aura un nouveau président avec peu de pouvoirs et on aura mis fin au système monarchique », veut croire l’ancien socialiste et cofondateur de Nouvelle Donne, qui brandit la menace d’une victoire de la droite en avril et mai prochain
« Ou bien on laisse la droite arriver au pouvoir, ou bien on se met ensemble pour gagner ! »

Le collectif, qui compte dans ses rangs le socialiste Gérard Filoche et l’économiste Frédéric Boccara, membre du Parti communiste, a défilé quatre samedis de suite devant les QG de Hamon et Mélenchon, et réuni environ 300 personnes place de la République à Paris.

S.B.

L’Obs

 

Dimanche, dans une tribune publiée sur LeJDD.fr, les cinéastes Philippe Torreton, Robert Guédiguian et Ariane Ascaride appellent les deux candidats de gauche Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon à s’allier avant le premier tour, pour garder un espoir de voir la gauche gagner en mai. Soutien du leader de la France insoumise depuis le début de son aventure, Robert Guédiguian affirme « qu’il n’est jamais trop tard » et que si les deux candidats ne s’unissent pas avant le premier tour, ils s’allieront dans les mois ou dans les années qui viennent : « On leur demande d’anticiper sur ce qui va arriver », indique-t-il.

 

Voici leur appel :

« Cher Benoit, cher Jean-Luc, cher Yannick, Nous avons suivi les échanges, les ouvertures et… les fermetures, entre vous, pour aller vers un accord. Nous en savons les difficultés. Mais nous en savons aussi les enjeux. Ils sont décisifs pour toute la gauche et donc pour notre pays. La victoire est possible si vous êtes alliés. Le désastre est certain si vous restez divisés. C’est pourquoi il nous semble nécessaire d’insister : non pas pour savoir qui se retire devant l’autre, mais pour un accord global ou toutes les questions soient examinées avant d’en conclure.

Grande urgence et encore grand espoir

Selon nous, des millions de gens de gauche ont besoin de cela et ne se résignent pas. Au moins acceptez la proposition ouverte qui a été faite et rencontrez-vous tous les quatre, comme l’a suggéré Pierre Laurent. Au moins examinez en détail et ensemble les chances d’un rapprochement. C’est ce que nous vous demandons, connaissant votre grande conscience et en ce moment où il y a grande urgence et encore grand espoir. Avec toutes nos amitiés,

 

 

Calculs de représentativité non fiables : ne croyez pas au bobard que la CFDT est passée devant la CGT

Le mode de scrutin servant à la représentativité des organisations syndicales mis en place par la loi Bertrand du 20 août 2008, qui vient pour la deuxième fois de donner des résultats, (2009-2012 puis 2013-2016), ne peut pas être considéré comme satisfaisant aux yeux d’un démocrate attentif.

C’est un système étrange qui agrège les résultats des élections des institutions représentatives du personnel, dans des conditions variables sur une période étalée sur quatre ans. C’est le contraire d’un scrutin direct et sincère. Ce n’est pas une photo, ni un constat, c’est un cliché bougé-brouillé, indirect qui perd tout sens.

Il est aléatoire : car les élections de CE sont théoriquement prévues tous les 4 ans, dans une partie seulement de 3 % des entreprises (qui regroupent 50 % des salariés). Les élections de DP sont prévues à partir de 11 salariés dans une mince partie des 200 000 entreprises. Dans le million de TPE existantes, il y a des élections « spéciales » à très faible participation par correspondance (10% puis 8 %). En réalité, trop peu d’entreprises ont des IRP, CE, des DP : seulement 4,923 millions de salariés ont eu l’occasion de se prononcer au moins une fois sur une ou plusieurs listes présentées par un ou des syndicats selon la CGT et 5,243 128 selon le ministère (+3,30 % de votants). 68 043 procès-verbaux envoyés par les DRH, seulement, ont été compilés selon le ministère qui affirme que c’est une hausse de 18,4 % par rapport à 2012.

Ce résultat est estimé à 60 % des 9 millions de salariés inscrits dans ces entreprises où le patron a organisé un vote pour les IRP. C’est donc peu sur un total de 23 millions de salariés qui sont dans toutes les entreprises incluses celles sans IRP, ou sans syndicat.

Le recollement national de ces élections organisées par les patrons se transmet par les « DRH » au Ministère : le favoritisme patronal a tout loisir de s’exercer à tous les stades de ces opérations.

Le vote pour les CE s’effectue souvent sur les critères de gestion (oeuvres sociales) et non pas pour l’action syndicale en général, laquelle est heureusement plus vaste : comment voulez vous, par exemple, mesurer avec un cycle de 4 ans, étalé entre janvier 2013 et décembre 2016, la représentativité des syndicats et l’opinion des salariés après l’immense bataille pour ou contre la loi El Khomri qui coure de mars à septembre 2016 ?

Lors des dernières élections nationales directes démocratiquement contrôlables, celle  des prud’hommes, en décembre 2009, donnait 38 % des voix exprimées à la CFDT, la CFTC, la CGC, et 62 % à la CGT et FO.

Coup de théâtre, la première application de la loi Bertrand le 31 mars 2013 abaisse le score de la CGT et FO à 48,5 % tandis que la CFDT, CGC, CFTC, obtiennent 51,5 % des voix.  En dépit de ce système antidémocratique, lors des élections recensées en 2013,  la CGT restait encore devant avec une très courte majorité à 26,77 % et 26 % pour la CFDT. Qui croit que la CGC est à hauteur de 10% et la CFDT à 9,5 % ? Par contre Solidaires et UNSA sont éliminés parce que le seuil de représentativité est à 8 %.

Deuxième compilation de vote 31 mars 2017 : la CFDT arrache 26,37 % des voix dans le seul privé, juste devant la CGT avec 24,86 %. Cela suffit à une campagne de faussaire dans les médias :   »tournant historique »   »tremblement de terre » , etc. FO est à 15,59 % , la CGC à 10,67 % et la CFTC à 9,49 %.

Alors qu’il y avait 35 % de taux de participation aux prud’hommes 2009, on est autour de 25 % de participation dans ce « scrutin étalé » de 2017.

Contrairement à ce qui est dit, la CGT toutes catégories confondues, privé, public, TPE reste quoiqu’il arrive à 24, 27 % devant la CFDT.

Mais cela ne colle pas du tout avec les élections directes dans les TPE de décembre 2012  car elles donnent nettement en 2013, (10 % de participation) 10 points d’avance dans le privé à la CGT sur la CFDT, et c’est encore significativement confirmé entre le 30 décembre 2016  et le 13 janvier 2017, en dépit du « bug » qui a eu lieu  (8 % de participation). Comment expliquer que dans les petites TPE, endroit sensible, deux scrutins directs donnent un maintien du scrutin des prud’hommes de 2009, en contradiction avec les scrutins « étalés » de 2013 et 2017 ?

La mesure 2017 marque la fin de la période transitoire prévue par la loi du 20 août 2008 selon laquelle toute organisation syndicale affiliée à l’une des organisations syndicales de salariés reconnues représentatives au niveau national et interprofessionnel était présumée représentative au niveau de la branche. Désormais, pour être représentative dans une branche professionnelle, les organisations syndicales devront dans tous les cas satisfaire au critère de l’audience de 8 % dans cette branche et plus largement respecter l’ensemble des critères de la représentativité (respect des valeurs républicaines, indépendance, transparence financière, ancienneté de deux ans, influence, effectifs d’adhérents et cotisations) pour être en capacité de signer des accords collectifs. Solidaires et Unsa sont éliminés définitivement.

La loi du 18 décembre 2014 a modifié les modalités de désignation des conseillers prud’hommes : la désignation (cooptation) des membres des conseils de prud’hommes se fonde désormais sur cette incertaine mesure d’audience.

L’utilisation médiatique de la prétendue avance de la CFDT sur la CGT en ce 31 mars 2017, deuxième « scrutin Bertrand »  est donc fortement soumise à caution.

La presentation de deux blocs « réformiste » et « contestataire » dans Le Monde (c’est jour de gloire pour Michel Noblecourt et sa présentation manipulatrice) ne repose sur rien. Tous les syndicats sont à la fois réformistes et contestataires, et souvent à tour de rôle, (FO et CFDT) rien n’oppose ces deux prétendues démarches. Noblecourt donne un bloc « dit réformiste » de 41,21 % CFDT CFTC rajoutant.. l’ Unsa. Et un bloc FO et CGT   « dit contestataire » à 40,44 % en omettant…  Solidaires et la FSU ! La CGC qui a basculé contre la loi El Khomri refuse avec ses 10,67 % d’être classée dans l’un des ces prétendus « blocs » qui font abusivement les « une » de France inter et de France 2.

L’UNSA qui, finalement, au niveau de son CN a été opposée à la loi El Khomri, alors que son BN était pour, la CFDT qui a vu ses fédérations métallurgie et culture opposée à la loi El Khomri, rien de tout cela ne correspond aux bobards idéologiques des médias, diffusés de façon abusive autour de ces audiences tellement incertaines.

Ne faut-il pas reposer la question  ? Revenir à un scrutin de représentativité globale clair, direct, national, contrôlable, démocratique, un jour férie tous les 4 ou 5 ans comme les prud’hommes ? (On pourrait aussi refaire des élections à la sécurité sociale le même jour)

Gérard Filoche

 

 

REPRESENTATIVITE SYNDICALE DANS LE PRIVE

Premières réflexions  (René Defroment)

La mesure  de la représentativité des organisations syndicales et l’agrégation du résultat de différentes élections du privé entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2016 :

  • § des élections professionnelles (comité d’entreprise, délégation unique du personnel, à défaut délégués du personnel) organisées dans les entreprises d’au moins 11 salariés;
  • § du scrutin organisé auprès des salariés des très petites entreprises et des employés à domicile du 30 décembre 2016 au 13 janvier ;
  • § et des élections aux chambres départementales d’agriculture, pour les salariés de la production agricole, qui se sont déroulées en janvier 2013.

Avec un  total de 5 243 128 suffrages valablement exprimés (+ 3,30% par rapport à 2013) sur 17,8 millions d’électeurs potentiels), le résultat est le suivant:

  • CFDT :  26,37%           (+0,37 %)
  • CGT :                24,85%            (-1,92 %)
  • CGT-FO :          15,59%            (- 0,35 %)
  • CFE-CGC :        10,67%            (+ 1,24%)
  • CFTC : 9,49%              (+ 0,19 %)

Cette façon de mesurer la représentativité syndicale n’est pas la plus indépendante des pressions patronales. En effet ce scrutin favorise l’organisation syndicale qui a le plus de candidats dans les entreprises. Le traitement des organisations syndicales et de leurs militants n’étant pas le même, il faut plus de courage pour se présenter sur une liste CGT que CFDT. C’est cette particularité qui explique la différence des résultats qu’il y avait lors des élections prud’homales. Aux dernières élections la CGT avait progressé alors que la CFDT régressait. Ce gouvernement avec l’appui de la CFDT s’est d’ailleurs dépêché de les  supprimer. De même  les élections dans les très petites entreprises mettent nettement en tête la CGT avec 25,10 %, CFDT 15,5 %, FO 13%, UNSA 12,5%, CGC 3,4 %).

Ce résultat n’a rien à voir avec l’appréciation de la  loi El Khomri par les salariés puisqu’il cumule des résultats d’élections qui ont eu lieu pour la plupart avant mars 2016.

Par contre il est paradoxal que la confédération qui a été le soutien le plus fidèle d’un gouvernement honni par les salariés arrive en tête.

Le favoritisme du patronat pour certaines confédérations n’est pas la seule explication.

La CFDT ne se porte pas si bien que ça avec 15 % aux élections TPE et les défections de base syndicales se poursuivent. La CFDT ne publie plus son nombre d’adhérents depuis plusieurs années et gonflait ces chiffres en comptant un adhérent pour 7 cotisations au lieu de 12 alors que tous ses adhérents sont au prélèvement automatiques.

Les causes de ce mauvais résultat sont à chercher dans les raisons de l’affaiblissement de la CGT dans des secteurs importants :   Sncf -1,72%,  Edf – 2,74% ; postes et télécom -2,79 %.

Le salariat a changé : il y a plus de cadres et de techniciens, beaucoup plus de précaires, une majorité de salariés dans les entreprises de moins de 50 salariés. La CGT doit le prendre en compte

L’échec des mouvements successifs sur les retraites a certainement pesé.

Le patronat a aussi institutionnalisé le syndicalisme et les délégués sont probablement moins sur le terrain. Nous avons tout à gagner à sortir de notre microcosme et à être au plus près des salariés pour gagner leur conviction et les écouter pour mieux apprécier leurs attentes.

NE PAS GEMIR, AGIR

Les militants de la CGT  ne doivent pas gémir et chercher des causes ailleurs mais réfléchir à ce que nous devons changer dans nos pratiques pour augmenter le rapport de force en faveur du salariat, s’implanter là où nous sommes absents, prendre en compte l’évolution et les attentes du salariat et ainsi redevenir la première organisation.

 

 

 

 

Débat : qui fait quoi pour l’unité ? seule condition de la victoire !

Une majorité de sectaires sont, derriere, sur ce mur forum de ce blog (qu’ils aillent donc tenter de porter la contradiction sur les murs de JLM … ils seraient censurés) en mission meute pro JLM c’est certain et depuis longtemps. J’ai les mêmes sur mon forum de blog et ils ne lisent pas, ils aboient.

Ce sont ceux qui refusaient toute unité de la gauche depuis le 21 janvier 2016. Hélas pour eux, il y a eu quand même 2,1 millions de votants le 29 janvier 2017 qui sont venus, ont signé et payé, et 60 % pour Hamon, cela dépassait leurs 250 000 clicks.

Ce sont ceux qui appelaient à boycotter les primaires et caricaturaient les candidats, la procédure, le vote, etc.

Ce sont ceux qui ont assimilé Hamon à Hollande alors qu’on l’avait écarté, puis à Valls alors qu’on l’avait battu.

Ce sont ceux qui nient qu’il existe une forte gauche socialiste qui existe et lutte, (l’excellente revue D&S qui parait depuis 23 ans chaque mois) qui combat pour l’unité de la gauche et de la victoire : ils font mine en permanence de l’assimiler à l’aile droite socialiste.

Ce sont ceux pour lesquels la haine anti socialiste primate l’emporte plus fortement que la volonté de victoire contre la droite LR FN. On les connaît.

Ce sont ceux qui reprochaient à BH de ne pas rompre avec Valls après l’avoir pourtant battu et qui maintenant prétendent que BH est affaibli parce que Valls rejoint Macron.

Ils n’ont pendant deux mois manifesté que de mauvaises intentions. Ils ne sont pas a une contradiction prés.

Hier ils contestaient les sondages qui mettaient BH devant pour ne pas faire l’unité et aujourd’hui ils argumentant des sondages qui, pour le moment mettent BH derrière… pour ne pas faire l’unité.

On a proposé un accord global : plateforme, accord de gouvernance, accord législatif.

Et jamais ils n’ont eux mêmes milité pour l’unité, celle là ou une autre. Parfois illuminés, ils préfèrent même faire accroire que leur candidat serait tout seul au 2° tour, ce qui est totalement impossible, mais sert a enfler sottement les esprits faibles et a nier le besoin ardent d’unité. Ils nourrissent ainsi avec acharnement le désastre du 23 avril à 20 h puis la tragédie qui suivra le 7 mai, et la déroute des législatives de juin.

Ce sera leur faute entière, : car on est dans le cas d’école historique où la gauche Hamon Melenchon peut gagner et sa défaite ne vient que d’elle même. Ils ont, entre Hamon et Mélenchon, 80 à 90 % d’accord politique, rien n’empêche l’accord sauf les haines à courte vue.

Rien ne sera reconstruit ensuite car on ne reconstruit pas sur les ruines et les haines qu’elles auront durablement engendrées.

On aura eu l’occasion, pendant onze semaines, de gagner la présidentielle vraiment a gauche unie pour la première fois depuis 80 ans, et, en même temps, pour la première fois depuis un siècle, dans la foulée, de ramener majoritairement le PS à ses origines jauressiennes. Mais une sorte de folie obscurantiste sectaire et revancharde empêche cela. Toute notre énergie est de la vaincre. D&S

 

 

 

quels gestes et qui fait quoi pour ou contre l’unité ?

ça fait 18 mois que nous avons bataillé pour cette unité, que nous avons multiplié des appels, des plateformes, des projets des centaines de réunions, de propositions, toutes ouvertes, toutes précautionneuses, toutes fraternelles et ardentes, (lisez ce blog depuis 18 mois) et Mélenchon a refusé à chaque fois du 21 janvier 2016 au 29 janvier 2017
jamais Melenchon n’a voulu cette unité, il été estomaqué 15 jours après la victoire pour lui incroyable, et surprise, de la gauche socialiste le 29 janvier (il croyait et espérait se confronter à Hollande ou Valls et l’a déclaré, ce qui voulait dire organiser la défaite à coup sur, déjà !)
1°) le 21 janvier 2016 il a refusé sèchement à toute la gauche réunie à Paris XX° , en déclarant de façon insolente et catégorique « le candidat c’est moi », le programme c’est le mien »,
2°) Il a refusé toute primaire, toute occasion de parvenir sous une forme ou sous une autre (appel des cent) à une plate-forme commune et de construire une candidature commune et un gouvernement commun malgré nos offres modestes, ouvertes, unitaires, et sans préalable
3°) il a dénigré la primaire citoyenne ouverte à la gauche et aux écologistes des 22 et 29 janvier, et appelé à la boycotter il l’a dénigré par tous les moyens (brochure, insultes, polémiques, négation du résultat, des chiffres..)
4°) il a appelé à ce que Hollande puis Valls se présentent niant toute existence et toute chance à la gauche socialiste (qui pourtant existait et luttait avec succès depuis 5 ans pour écarter hollande et battre Valls)
5°) il a refusé de prendre acte que la gauche socialiste avait battu l’aile droite du PS le 29 janvier a travers la personne de Benoit Hamon
6°) il a commence à accuser benoit Hamon d’être sous la coupe de la droite socialiste, de Cambadelis, de El Khomri, de Valls etc. et de ne pas rompre avec elle, il a exigé de couper des têtes en préalable à tout accord
6°) il a écrit une lettre en mettant tant de conditions politiques qu’il fait croire à la fois qu’il n’y avait pas d’accord possible, mais tout en avouant que les positions étaient « voisines » prenant donc pour prétexte qu’il fallait donc clarifier la majorité législative avant de appeler à un accord pour la présidentielle (sic). Même quand le PS a choisi, sur demande de la gauche socialiste, de refaire une convention d ‘investiture après la présidentielle, il n’en a pas pris acte. Puis sur l’Europe, alors que Piketty et généreux, discutant deux heures salle jean dame a Paris 75002, la semaine dernière concluaient tous les deux qu’ils n’avaient pas de désaccords)
7°) après avoir exigé qu’elle soit écartée, quand l’aile droite socialiste s’en va, Mélenchon et les siens se contredisent et se mettent à accuser Benoit Hamon de ne pas contrôler le PS, ils glosent sur la scission du PS alors que peu de temps, avant ils l’exigeaient.
8°) quand Benoit Hamon est classé devant lui, Mélenchon nie toute valeur aux sondages
9°) quand Il est devant dans les sondages, ils deviennent vérité et Mélenchon exige que Hamon se retire,
10°) quand il rencontre Benoit Hamon, ils tranchent à deux, dans le secret d’un restaurant chilien, sans consulter personne, alors que des millions d’électeurs sont concernés et favorables à l’unite, pas de débat pas d’explication, façon 5° république pas du tout VI° République
11°) quand Hamon re-propose de discuter, et de se rassembler, et que Pierre Laurent propose de se rencontrer à quatre, Hamon Jadot, Laurent Mélenchon, il refuse carrément

 

Rappelons toujours que Hitler est venu au pouvoir dans une triangulaire ou les socialistes et les communistes divisés mais majoritaire ensemble, s’opposaient

Mélenchon est le seul qui ne gagne pas au 2° tour face à Le Pen, Hamon, si ! c’est le résultat d’une position centrale, et d’un choix clivant

 

je me permets de republier Guillaume Duval plein de bon sens :

 

Guillaume Duval Perso :
Quelques réflexions sur la présidentielle

Benoît Hamon doit convaincre les électeurs séduits par Mélenchon de le rejoindre sans pour autant perdre les électeurs socialistes vers Emmanuel Macron. Il doit apparaître suffisamment en rupture avec le quinquennat Hollande tout en étant le candidat investi par le Parti socialiste et en devant veiller à ce que celui-ci n’explose pas en vol. Pour résoudre cette quadrature du cercle, il a probablement commis des erreurs, notamment en restant trop longtemps attentiste après sa désignation, mais en tout état de cause cette tache est très difficile à mener à bien.
Si il devait échouer au bout du compte et terminer loin derrière Emmanuel Macron et derrière Jean-Luc Mélenchon, l’avenir serait probablement très sombre pour la gauche. On se trouverait en effet ramené à une situation où un bloc protestataire consistant gèlerait 15 % à 20 % des voix à la gauche du spectre politique sans aucune perspective d’accès au pouvoir ou d’alliance, pendant que ce sera constituée une force centrale, beaucoup plus libérale que sociale désormais du fait de l’affaiblissement de la gauche social-démocrate. Et cette force libérale pourra d’autant plus tranquillement mener à bien toutes les « réformes » qu’elle souhaite pour remettre en cause le modèle social français. Le mécontentement qu’elle suscitera ce faisant aura nettement plus de chances d’être récupéré par une extreme droite renforcée par les transfuges de la droite dure que par une extrême gauche durablement cornerisée.
Autrement dit, maintenant que le risque d’un second tour Fillon-Le Pen semble s’éloigner définitivement, l’enjeu principal pour tous ceux qui veulent préserver la possibilité d’une transformation sociale et écologique dans ce pays est bien de renforcer la candidature de Benoît Hamon.

 

+ quelques ajouts en annexe  filoche :

 

La gauche est majoritaire en France dans le pays, sans doute depuis 1981, c’est la majorité sociologique qui se manifeste parfois à hauteur de 50/55 % (1981, 1988, 1997, 2012)

C’est le salariat

La majorité écrasante des actifs,

En 2012 la gauche a bien plus de 55 %, elle avait tout, le PR, l’AN, le sénat, 2 villes sur 3, 20 régions sur 22, 61 dpts sur 100…

L’abstention structurelle est autour de 10 % en France, même si l’abstention conjoncturelle peut aller jusqu’à plus de 50 % et plus de 70 %

Il y a peu de glissements, peu de mouvements de gauche à droite, seulement à la marge, et pas de « centre » en fait

Mais l’abstention conjoncturelle change de camp par contre, ce qui fait la différence profonde d’une élection à l’autre

En 1993 la droite avait gagne (en raz de marée, il restait 52 députes de gauche sur 577, ce qui risque d’arriver en 2017) en ayant moins de voix que ce qu’elle avait en chiffre absolu en 1981 quand elle avait perdu`

Notons pour tous ceux qui disent que le PS est mort, en 1993, c’était banalité que de le dire, et puis… il est revenu au pouvoir 3 ans après en 1997

Mais l’essentiel va en permanence vers le PS et surtout l’abstention des socialistes, ça fait autour de 20 à 35 % mais ce chiffre est totalement érode actuellement par le sinistre quinquennat Hollande, c’est l’abstentionnisme socialiste qui est écrasant, Mélenchon commet sa plus grande faute théorique historique politique pratique en ne le captant pas, vu son agressivité, vu son refus d’unité,

Le reste de la gauche non socialiste est autour de 8 à 12 et même 17 % bon an mal an, mais ne progresse pas davantage (en 2002, les trotskistes ont eu 11.5 % des voix ! parfois cette gauche stagne à hauteur de 3,4, 5 à 8 ou 9 %… Melenchon réussi à l’unifier un peu et a perce à 11 % mais on voit qu’il y a un plafond de verre)

Mais le total des deux est autour de 50 à 55 % si on additionne tout, de Besancenot à Valls, de Sud à la CFDT, ce total n’est atteint que moments exceptionnels d’envie et d’enthousiasme et cela n’arrive jamais sans unité de ses composantes…

Environ 30 % du salariat vote à droite et 70 % a gauche

A l’intérieur des 30 % de droite il y a une radicalisation vers le FN, cf. article FSU publie ici il y a quelques jours,

Un ouvrier sur 7 vote FN seulement, (ouf, c ‘est encore trop) le FN est donc à 30 % quand 50 % des gens interrogés répondent, cela veut dire 15 %

Et la droite classique selon les cas et ses divisions va de 25/28 à 35 % (Macron réintroduit ravive l’UDF, les orléanistes, depuis Lecanuet, Giscard, Barre, Bayrou… et freine Fillon UMP UDR RPR LR à 18 %: cette balance là montre toujours une solidité plus grande pour les « bonapartistes gaullistes » et une fragilité pour les orléanistes)

Je le redis ici pour la 100° fois, il n’y aura jamais d’insurrection civique ni d’insurrection citoyenne, c’est une autre erreur théorique, politique grave de Melenchon, erreur vis a vis du matérialisme historique, il ne donne pas la priorité aux luttes mais aux élections c’est une erreur.

Les évolutions civiques dépendent des évolutions sociales. Il ne peut y avoir de révolution civile sans révolution sociale. 1981 est un résultat diffère de mai 68. 1988 est un résultat de décembre 86. Juin 19997 est un résultat différé de nov-déc 95. 2012 est un résultat différé de 2010 (retraite).

Ces pesanteurs électorales sont profondes puissantes stables, historiques

Pour les bouleverser c’est une insurrection sociale qu’il faut faudra… or on l’a raté depuis 1995, notamment, en 2003, 2010 sur les retraites, et en 2016 contre la loi el Khomri

voila aussi le fond, pourquoi Hamon doit être président et Melenchon doit être premier ministre, ce qui est une solution révolutionnaire en fait, et qu’il devrait accepter avec joie et enthousiasme si elle se présente

 

Mais c’est pas une condition, il faut qu’ils se rencontrent à quatre,

Pour un accord global politique et de gouvernance

 

 

Samedi 1 avril, place de la République à Paris, 4° rassemblement pour l’unité de la gauche

 

Une victoire pas deux défaites : pour un accord global Hamon Mélenchon

pour un accord global

Réunis ce soir, nous, les différents appels à l’unité, après la réussite du rassemblement place de la République le 25 mars pour « #Unevictoirepasdeuxdéfaites » appelons à poursuivre la lutte pour l’unité de la gauche sociale et écologiste.

Face à la dangerosité des projets de la droite, de l’extrême-droite et d’Emmanuel Macron, nous affirmons que l’espoir est possible. Seule une alliance des deux candidats de gauche, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, créera une dynamique de nature à porter la gauche sociale et écologique au second tour. Nous sommes face à un enjeu décisif.

Dans cette perspective le départ de Manuel Valls vers Emmanuel Macron clarifie les choses pour nous qui étions unis contre la loi « El Khomri ». L’appel de Pierre Laurent secrétaire National du Parti Communiste à une rencontre de toutes les forces et candidats de gauche en vue d’un front politique uni change la donne.

Peu importe celui qui sera porteur de la candidature, la campagne sera collective avec l’ensemble des représentant.e.s et forces de la gauche sociale, écologiste, féministe.

Personne à gauche ne peut accepter que Benoit Hamon et Jean Luc Mélenchon refusent de répondre à la demande d’unité portée par tant de citoyens, de collectifs, de membres du PS, d’EELV, de la France Insoumise, du PCF, d’Ensemble, de Nouvelle Donne, de République et Socialisme.

Les convergences des programmes des deux candidats permettent de construire une plate-forme commune. Elle peut répondre aux exigences sociales, écologiques, démocratiques, d’une autre Europe, avec les moyens financiers indispensables.

Puisque nous sommes tous ensemble pour une VIè République parlementaire, la future Assemblée, que nous souhaitons élue à  la proportionnelle, permettra que nos différences nous enrichissent et de préciser les lois à mettre en œuvre.

La responsabilité des deux candidats est historique. Pour obtenir le rassemblement la mobilisation la plus large est nécessaire.

Nous appelons à se rassembler chaque samedi à 14h30 place de la République à Paris, à multiplier les initiatives dans un maximum de villes.

Rendez-vous ce samedi 1er avril à 14h30 place de la République (Paris) pour célébrer collectivement l’alliance Hamon-Mélenchon !

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Collectif UneVictoirePasDeuxDéfaites qui regroupe :

L’appel des 100 ; la pétition 1maispas3 ; la pétition Vous attendez quoi ;des syndicalistes la pétition Rassemblement à gauche urgence ; des syndicalistes ; des féministes ; des membres des collectifs Les jours heureux, Utopia.

Et des membres de forces politiques de gauches et écologistes (EELV, Ensemble !, FI, PCF, PS, Nouvelle Donne, République et Socialisme, Gauche démocratique et sociale(D&S)).

 

Paris, le 29 mars 2017

Valls rejoint la droite, plus que jamais unité de toute la gauche

Il y a longtemps que Manuel Valls milite pour l’abandon du mot « socialiste » qu’il juge « dépassé ». Il vient de mettre ses actes en cohérence avec sa pensée. Par la même occasion, le vaincu de la primaire renie son engagement d’en soutenir le vainqueur tout comme ses gouvernements ont renié les engagements pris devant les électeurs lors de la campagne victorieuse de 2012.

Après la déchéance de nationalité, la casse d’un siècle de code du travail, le cadeau de 41 milliards de CICE au Medef, 1,3 million de chômeurs de plus, Manuel Valls annonce son soutien à Macron, lui qui promet une casse de tout le système de protection sociale, suite aggravée d’un quinquennat tragique contre la gauche.

Non seulement Manuel Valls soutient Emmanuel Macron, un des trois « candidats du fric », mais il estime qu’en cas de victoire de François Fillon « il faudrait aussi chercher à trouver des compromis avec la droite parlementaire ». Son souhait d’une coalition parlementaire avec la droite est en rupture totale avec l’histoire du socialisme depuis Epinay.

Les adieux à la gauche de Manuel Valls ne doivent pas rester sans réponse. Il ne suffit pas de se dire triste et d’en appeler au calme. Les statuts du Parti socialiste sont clairs : « les adhérents s’engagent à ne soutenir que les seuls candidats à des fonctions électives qui sont effectivement investis ou soutenus par le Parti socialiste » (article 1.2.3).  Il faut prendre acte du départ de Manuel Valls (et de tous ses amis qui soutiennent Macron). L’investiture doit lui être immédiatement retirée. Ce n’est évidemment pas en soutenant la droite libérale que barrage sera fait à Le Pen, au contraire, c’est lui servir de marche pied.

 

Non, le chapitre de l’union de la gauche n’est pas clos. Il y a plus que jamais nécessité de reprendre et de hâter l’unité de la gauche Hamon-Jadot-Laurent-Melenchon. En 72 h un accord global peut être construit : sur un programme commun, sur le candidat et la composition d’un gouvernement d’union, sur des candidats communs aux législatives afin de déboucher sur une majorité parlementaire. Le dernier coup de théâtre de cette campagne, ce doit être la victoire de la gauche unie les 23 avril et 7 mai.

Partout des appels et des manifestations se développent et les appels pour  l’unité de la gauche se multiplient pour les présidentielles comme pour les législatives. C’est ce qui motive la réunion publique unitaire à laquelle je participe ce soir à Paris à 19 h ce mercredi 29 mars salle Jean Damme, rue Léopold Bellan dans le 2° arrondissement de Paris.

 

 

Gérard Filoche