Cinq courts textes
ci-dessous permettant d’alimenter les réseaux sociaux, de rédiger des tracts pour démystifier encore et encore la candidature du prédicateur de la finance, Macron.
Macron-Estrosi : quel attelage !
La rencontre de Macron et Estrosi n’est pas qu’une entrevue entre un président de région et un candidat en déplacement dans cette même région. Emmanuel Macron veut illustrer par là son orientation politique. Pour lui la voie à prendre c’est celle d’une grande coalition droite-gauche. Pas toute la droite et pas la gauche bien entendu.
Déjà Valls en novembre 2015 avait proposé de voter Estrosi des le premier tour…
une coalition de droite pour imposer des contre-réformes.
- Il s’agit de casser encore plus le droit du travail présenté comme une contrainte et d’attaquer l’indépendance des organisations syndicales.
- Il s’agit de casser le système de retraite en laissant à chacun-e la « possibilité » de travailler plus pour avoir plus de points (alors que 60% des salariés du privé ne sont plus au travail quand ils prennent leur retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité). Il s’agit d’ouvrir le marché des retraites aux assureurs. Il s’agit de casser les régimes plus avantageux conquis dans la Fonction publique et plusieurs secteurs. Il s’agit de décharger les patrons de la responsabilité de l’assurance chômage
- Il s’agit d’abîmer un peu plus les services publics en réduisant le nombre de fonctionnaires.
Ce projet dangereux doit être combattu frontalement !
Macron ? Quelle majorité ?
Avec Fillon, on aurait une majorité LR/UDI. C’est cohérent. Les électeurs amplifieraient le vote de la présidentielle. Avec un seul candidat de gauche, nous pourrions avoir, en surmontant la division, une majorité de gauche. Il faudrait une plateforme commune, des candidats labellisés.
Avec Macron, on aurait également une majorité de droite. Macron formerait un gouvernement de coalition soutenu par En Marche !, le libéral Madelin, par le centriste Bayrou, par Valls et Le projet. Drian qui ont rompu avec la gauche. Ce gouvernement n’aura guère de difficulté à trouver le renfort de LR et de l’UDI lorsqu’il voudra faire voter toutes les attaques que Macron a programmées contre le salariat et qui constituent l’épine dorsale de son programme.
Macron, rempart contre Le Pen et le FN ?
Le danger Le Pen est certain. Le minimiser serait une erreur. Les affaires qui minent la campagne Fillon peuvent amplifier le vote Le Pen et le bilan du quinquennat est le premier responsable du vote « pour essayer autre chose ».
Macron n’est pas le rempart qu’on veut bien nous présenter.
Son libéralisme économique peut certes lui amener des électeurs de droite. Mais pour la droite de la Manif pour tous, de Sens commun, Macron est trop libéral sur les questions de société, ce qui pourrait amener, d’après certains sondages, 40% de l’électorat de Fillon à voter Le Pen au deuxième tour.
Présenter Macron comme un bouclier anti-Le Pen relève d’un habillage pour masquer un accord avec ses thèses libérales et la perspective de la grande coalition de droite. Installer Macron, c’est prendre le risque de mettre en place un gouvernement qui mènera une politique de chômage, de précarisation, de croissance des inégalités qui, demain, nourrira encore plus le vote Le Pen.
Fillon, Macron et les retraites
Par Jean-Jacques Chavigné
François Fillon et Emmanuel Macron veulent tous les deux qu’« un euro cotisé donne les mêmes droits » dans tous les régimes mais tous les deux veulent imposer l’« égalité » en alignant ces droits vers les bas. Ils veulent aligner les régimes des fonctionnaires, de la SNCF, de la RATP ou d’EDF sur le régime des salariés du privé, en calculant le montant des retraites sur les 25 meilleures années.
Le programme de Fillon est aussi une attaque frontale contre nos retraites
François Fillon veut reculer l’âge de la retraite à 65 ans. Il veut également, même s’il est très évasif sur la question, reculer à 67 ou 70 ans l’âge-butoir, à partir duquel le montant de la retraite ne serait plus amputé de cette néfaste « décote » qui diminue considérablement le montant des retraites, en particulier celles des femmes.
Il reprend le même refrain des néolibéraux : l’espérance de vie augmente et il n’y aura pas, dans les 50 années à venir, assez d’actifs pour payer les retraites.
L’espérance de vie à la naissance augmente mais l’espérance de vie après 60 ans (la seule qui intéresse vraiment les retraités…) augmente beaucoup moins rapidement et, avec le recul de l’âge du départ en retraite, il y aurait de fortes probabilités pour qu’elle recule.
En 2016, le nombre de cotisants s’élève à 1,7 pour un retraité et devrait s’élever à seulement 1,35 cotisant dans 50 ans. Mais Fillon « oublie » de prendre en compte l’augmentation de la productivité du travail. Pourtant, selon les chiffres du scénario le plus pessimiste du Conseil d’orientation des retraites, la productivité du travail serait multipliée par 1,65 en 50 ans. 1,35 cotisants en 2066 produirait autant que 2,3 cotisants actuels et donc beaucoup plus que 1,7 cotisants aujourd’hui !
Le programme de Macron est encore pire
Il commence par un mensonge : ne pas diminuer le montant des retraites alors qu’il ne parle nulle part de faire cesser le gel de la majorité des retraites (de base et complémentaire) imposé depuis plus de 3 ans et qu’il veut augmenter la CSG de la grande majorité des retraités pour financer la suppression des cotisations chômage et maladie des actifs.
Il termine par une supercherie : après avoir, dans un premier temps, tout comme Fillon, nivelé vers le bas nos système de retraite il veut, dans un second temps, transformer notre système de retraite en « système universel de retraites », à la suédoise. Ce système, selon lui, permettrait à chacun de « choisir librement » son âge de départ à la retraite. Ce nouveau système serait adopté à la fin du quinquennat mais mis en place au cours du quinquennat suivant.
Dans ce système, le montant de la retraite serait calculé en fonction de deux critères. Le premier serait la totalité des versements de cotisation effectués mais sans, surtout, augmenter la part patronale. Le second serait l’espérance de vie de la génération du futur retraité au moment de son départ en retraite. Plus cette espérance de vie serait importante, moins le montant de la retraite serait élevé.
L’espérance de vie des femmes est supérieure de 4,8 ans à celle des hommes. Faudrait-il, au nom de l’ « égalité » dont se réclame Macron diminuer proportionnellement le montant de leurs retraites ?
Tous les éléments de solidarité (prise en compte des situations de chômage, de maternité de maladie, du nombre d’enfants élevés…) seraient évacués de ce « système de retraite universel ». L’État pourrait, éventuellement, les prendre en charge.
Macron n’aurait donc nul besoin de reculer l’âge de la retraite ou d’augmenter le nombre de trimestres de cotisation. Chaque salarié pourrait « choisir », tout seul dans son coin, son âge de départ à la retraite dans une plage qui varierait de 50 ans à 70 ans. Cela aurait le grand mérite d’éviter les mobilisations qui avaient eu lieu en 2003 ou 2010…
En réalité, ce choix n’existerait pas. Aujourd’hui, avant même que l’augmentation du nombre de trimestres de cotisation, décidée en 2013, ait commencé ses ravages, 60 % des salariés du privé ne sont plus au travail quand ils prennent leur retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité.
La proposition de Macron de « choisir de travailler davantage pour avoir une pension plus élevée ou de partir plus tôt avec une pension moindre » n’a donc rien à voir avec la réalité sociale. La plupart des salariés seraient obligés de prendre leur retraite, quel qu’en soit le montant, quand ils n’auraient plus la possibilité de travailler. Ils seraient d’autant plus obligés de s’y résigner que Macron veut réduire drastiquement les droits des demandeurs d’emploi.
Macron, Fillon et le temps de travail
Par Jean-Jacques Chavigné
Emmanuel Macron et François Fillon jouent tous les deux les matamores en clamant sur tous les tons qu’ils vont aller beaucoup plus loin que la Loi El Khomri. Macron ne veut en aucun cas être comptable du quinquennat de François Hollande (dont il a pourtant été l’un des principaux artisans) et François Fillon veut « la rupture ».
En réalité, tout ce qu’ils proposent figure déjà à 95 % dans cette loi, dont l’article 1 prévoit que l’ensemble du code du travail sera réécrit en accordant une place centrale à la négociation collective, aux dépens de la loi.
La seule solution, pour le salariat, est celle que préconisent Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon : son abrogation.
Négocier dans l’entreprise
Le prétexte invoqué par El Khomri, comme Macron et Fillon, c’est de privilégier la négociation d’entreprise. Mais rien n’empêchait, avant la loi El Khomri, de négocier dans l’entreprise. Simplement, l’accord d’entreprise ne pouvait pas déroger au principe de faveur, à la hiérarchie des normes : pour les salariés concernés, un accord d’entreprise ne pouvait pas être moins favorable qu’un accord de branche ou, a fortiori, que la loi.
La volonté de négocier « au plus près du terrain » n’est donc qu’un prétexte pour retirer toute protection aux salariés d’une entreprise, obligés de négocier là où le rapport de forces leur est le plus défavorable et où ils le feront avec un revolver sur la tempe : la menace de voir leurs emplois supprimés.
Jean-Luc Mélenchon avait parfaitement raison de souligner, dans le débat du 20 mars sur TF1, qu’instaurer un code du travail par entreprise était aussi stupide que mettre en place un code de la route par rue.
Les 35 heures et les heures supplémentaires
Le rôle essentiel des 35 heures légales est de fixer à partir de combien d’heures de travail seront payées des heures supplémentaires. La loi El Khomri conserve cette référence mais la vide d’à peu près tout son contenu.
Cette loi permet, par accord de branche, de moduler les heures de travail pendant 3 ans. Les heures supplémentaires pourront donc n’être payées qu’après la 4 822ème heure : nous voilà très loin du paiement des heures supplémentaires à partir de la 36ème heure hebdomadaire ! Les heures supplémentaires qui étaient majorées d’au moins 25 % pourront ne plus être majorées que de 10 %, par un simple accord d’entreprise.
Macron et Fillon n’avaient pas grand-chose à ajouter.
Fillon veut supprimer toute référence légale aux 35 heures, la seule référence légale à la durée du temps de travail serait donc la durée légale maximale de travail prévue par l’Union européenne : 48 heures. Les heures supplémentaires disparaîtraient purement et simplement.
Le programme d’Emmanuel Macron affirme que la loi fixera toujours l’horaire légal à 35 heures mais ne dit pas un mot du tarif auquel seraient payées les heures supplémentaires, ni sur combien de temps elles pourraient être « modulées ». Avec un tel flou, il n’y a aucune garantie qu’un accord d’entreprise ne puisse fixer la majoration des heures supplémentaires à 0 % ou de les moduler sur 5 ans fin de ne les payer qu’à partir de la 8 036ème heure. Toutes les possibilités sont ouvertes, en fonction du rapport de forces, entreprise par entreprise puisque c’est là où s’écrira le droit du travail et que l’employeur pourra prendre l’initiative d’un référendum pour imposer un accord.
L’objectif commun de Macron et Fillon : un taux de chômage à 7 %
Pour François Fillon, comme pour Emmanuel Macron et le Medef, le chômage serait dû à un manque de « flexibilité du travail ». Ils citent à l’appui les taux de chômage, calculés selon les critères du Bureau International du Travail (BIT) : 10,2 % en France mais seulement 5 % au Royaume-Uni et 4,3 % en Allemagne.
Le problème est que le taux de chômage calculé selon les critères du BIT n’a plus aucun sens. Alors que le patronat généralise le travail à temps partiel imposé, le mode de calcul retenu considère que si un salarié a travaillé pendant une heure au cours de la semaine précédente, il n’est pas demandeur d’emploi.
Ce que veulent Macron et Fillon, c’est généraliser le travail précaire, le travail à temps partiel, les travailleurs pauvres, les travailleurs « ubérisés ». L’avenir qu’ils nous réservent est celui des 8 millions de salariés qui subissent les « mini jobs » à 450 euros par mois en Allemagne ou celui des salariés « bénéficiant » d’un contrat « zéro heure » au Royaume-Uni, laissant le temps de travail d’un salarié à la totale discrétion de son employeur, tant en ce qui concerne la durée (zéro heure, 1 heure, 10 heures, 48 heures par semaine…) que l’organisation du temps de travail.
Les pays qu’ils nous donnent en exemple sont significatifs des buts qu’ils poursuivent. En France, le nombre de salariés travaillant moins de 20 heures par semaine représentent 5,9 % du total des emplois. Au Royaume-Uni, il est de 12,7 % et de 12,4 % en Allemagne.
Macron ennemi N° 1 de la protection sociale, sur ce terrain pire que Fillon et Le Pen :
Contre le trio des candidats du fric
Afflelou a déclaré qu’il soutenait Fillon : il faut s’attendre a ce que ce dernier reçoive des somptueuses lunettes gratuitement. Le candidat de la droite et du fric est de plus en plus rigide, brutal, ecoeurant et menaçant.
La milliardaire Le Pen bénéficie d’une immunité parlementaire, dont elle se sert pour masquer ses turpitudes spéculatives, ses emplois fictifs. Celle-là n’a jamais un mot contre les banquiers ni conte les actionnaires, et pour cause, elle réserve ses coups contre les pauvres immigrés.
Macron commence à lasser avec ses meetings évangélisateurs sans contenu. Malgré le soutien de 95 % des medias détenus par les 7 milliardaires du CAC 40, on s’aperçoit de plus en plus du caractère creux et contradictoire du financier illuminé. Mais le fond de ses discours demeure le plus dangereux sur cette question de la protection sociale.
En fait ils ont un point commun tous les trois : c’est la haine des cotisations sociales, du salaire brut, de la protection sociale basée sur le salaire. Le haut de la feuille de paie les indispose. Ils ne veulent plus que ce soit le capital qui paie en direct chaque mois, sur notre bulletin de paie, le coût de la reproduction de notre force de travail.
Le Pen veut diminuer le salaire brut pour donner davantage au salaire net. « le peu qu’on te donne tout de suite, on te le reprendra en plus et plus tard ». Un tour de passe-passe, de bonneteau, espérant que les naïfs ne s’en apercevront pas.
Fillon veut diminuer ce qui prétend appeler « les charges sociales » jusqu’à, 1,9 fois le Smic, accordant ainsi 100 milliards aux patrons d’entreprises, soit le double du cadeau du CIVE d’Hollande.
Mais Macron est pire que les deux précédents parce qu’il propose de continuer à supprimer toutes les cotisations sociales comme il a commencé a le faire avec Hollande qui a enlevé déjà 35 milliards d’allocations familiales.
Macron veut enlever l’assurance maladie, l’astrance chômage du bulletin de paie. Et il propos e faire passer la retraite par répartition en retraite par capitalisation en un système de « points ».
Pour masquer cela, il instaurent le prélèvent a la source, manipule la CSG, rendant le bulletin de paie non obligatoire, et le « simplifiant » pour qu’on ne voit plus ce qu’il y a dessus,
C’est un vrai hold up géant de 450 de milliards de notre protection sociale : au lieu que ce soit les patrons les actionnaires qui la paient ce sera… nous-mêmes par l’impôt par la TVA, par l’impôt sur le revenu.
On a en face de nous l’offensive la plus dangereuse et la plus globale depuis 70 ans contre ce qui est le meilleur de notre pays : la protection sociale basée sur le salaire et le travail.
Gérard Filoche
Macron ne tire aucune leçon de la crise européenne
Par Eric Thouzeau
Dans un entretien à Libération (1), Emmanuel Macron livre sa vision de l’Europe. Comme tout Bonaparte, même au petit pied, Macron tente de tenir un propos apparemment équilibré. Pourtant, son projet est bel et bien celui de poursuivre et d’accentuer les politiques menées depuis près de 20 ans et qui ont pourtant entraîné une crise du projet européen.
Emmanuel Macron n’hésite pas à fustiger les courants ultralibéraux. Il déclare même qu’au niveau « de la zone euro, il faut avancer sur l’harmonisation fiscale et sociale ». Combien de fois n’avons-nous pas entendu ces propos lors de différentes campagnes électorales notamment depuis la victoire du non en 2005 au TCE ?
Le traité de Lisbonne ne permet pas, par exemple, d’instaurer une harmonisation fiscale par le haut. Il faudrait pour cela l’unanimité des États européens. C’est pourquoi d’ailleurs, Macron anticipe cet alignement par le bas en proposant de diminuer de 8 points l’Impôt sur les sociétés.
Un autre exemple : le scandale dû aux conditions dans lesquelles 450 000 travailleurs européens sont détaches dans notre pays n’a fait que s’aggraver rendant compte de la réalité du dumping social au sein de l’Union européenne.
Poursuite des réformes structurelles
Le principal dans les propos de Macron n’est pas là. Mais bien dans sa volonté réaffirmée de poursuivre une politique dite de « réformes ». C’est exactement ce qu’il dit dans son entretien à Libération : « Pour notre part, nous n’avons pas fait la totalité des réformes nécessaires pour renforcer l’économie française : je pense notamment à celles du marché du travail, de la formation professionnelle et de l’éducation. Parce qu’elles nous renforceront, ces réformes nous permettront aussi de rétablir notre crédibilité dans le dialogue avec l’Allemagne. C’est aussi pour cela que la France doit avoir une trajectoire de réduction de ses déficits crédible, tout en menant un effort d’investissement ».
Il est toujours question de réformes. Mais comme le disait Henri Emmanuelli, les partisans du social-libéralisme «ne regardent pas du côté de la réforme mais de la régression. La réforme quand on est socialiste, ça veut dire plus et mieux pas moins et moins payé» (2). On sait maintenant que les réformes « structurelles » sont avant tout des contre-réformes car elles sont, non seulement régressives sur le plan social,…mais le plus souvent inefficaces sur le plan économique. Ces politiques ont plongé l’Europe dans une quasi-stagnation et ont accru le chômage de masse. Pour les tenants de la pensée économique dominante, ce serait parce qu’il n’y a pas eu suffisamment de « réformes » ! Le remède ne marche pas, il faut pourtant en augmenter les doses !
Pour Romaric Godin, rédacteur en chef-adjoint à La Tribune : « Emmanuel Macron applique sa « grammaire » apprise lorsqu’il était banquier d’affaires : le problème de l’investissement est un problème lié à la compétitivité coût et à la fiscalité. Baissez le coût du travail et la fiscalité sur les entreprises et vous verrez abonder les investissements. Sauf que rien n’est moins sûr (…).Faut-il rappeler que la crise de 2007 n’est pas une crise de la dépense publique excessive ou de la compétitivité de la France (…) la financiarisation de l’économie et la prédominance de la priorité donnée à l’actionnaire, a conduit à un recul de l’investissement productif et à un affaiblissement généralisé de l’économie réelle. » (3). Nous partageons totalement cette analyse.
Projet d’une « grande » coalition droite-gauche
Macron ne propose ni plus ni moins que la poursuite de la politique menée toutes ces dernières années. Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’une fraction grandissante de la classe dirigeante française en est arrivée à la conclusion qu’il faut une grande coalition pour aller plus loin et imposer au pays encore plus de réformes structurelles, en prenant exemple sur l’Allemagne de Schroëder (4). Macron est l’instrument de ce projet bien exprimé par l’ancien PDG de Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa « Tous les pays qui réussissent … le font car il existe une union de la droite et de la gauche, dans des positions centristes très différentes des idéologies un peu extrêmes qu’on peut avoir en France » (5).
Au Parti socialiste, certains préfèrent rejoindre directement Macron, d’autres font le choix d’attendre pronostiquant, si le candidat d’En Marche! est élu en mai prochain, il n’y aura pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale. « C’est l’heure de la coalition » comme le dit Manuel Valls (6). Ce qui est certain, c’est que le projet de soutenir une coalition droite-gauche signifierait, de la part d’une fraction du Parti socialiste, une rupture avec ce qui a constitué un des fondements de l’orientation du PS en France depuis le congrès d’Epinay (1971).
Unité de la gauche indispensable
Rassemblement de la gauche ou collaboration avec la droite. Ce débat risque bien d’être celui des prochains mois. Au sein du Parti socialiste, mais plus largement dans toute la gauche. La division de la gauche, l’absence de candidature commune de la gauche à la présidentielle est dans ce cadre une terrible erreur qui ne peut que renforcer le projet de Macron et des forces sociales qui le soutiennent. Est-il trop tard pour que la raison l’emporte à gauche ?
(1) http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/23/emmanuel-macron-on-ne-peut-pas-etre-timidement-europeen-sinon-on-a-deja-perdu_1557953
(2) Le travail du dimanche, je peux voter contre http://www.liberation.fr/video/2014/12/02/henri-emmanuelli-invite-de-mardi-politique_1154996
(3) « Emmanuel Macron et la finance : plus qu’un problème personnel »
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/emmanuel-macron-et-la-finance-plus-qu-un-probleme-personnel-652325.html
(4) Macron ou l’idée d’une grande majorité centriste (article de Chritakis Georgiou dans Démocratie&Socialisme de mars 2014)
(5) La France doit agir Jean-Louis Beffa Paris, Seuil, 2013 pp 95-140.
(6) Valls n’apportera pas son parrainage à Hamon http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Valls-n-apportera-pas-son-parrainage-a-Hamon-1209305