Des députés de l’aile droite du PS ont envisagé des vendredi 27 janvier un « droit de retrait » en cas de victoire de Benoît Hamon à la primaire « même si l’hypothèse d’un ralliement massif et immédiat à Emmanuel Macron semblait s’éloignée ».
Au nom des députés « réformateurs », qui devaient être une cinquantaine selon Gilles Savary : « j’ai préparé un projet de texte qui sera présenté à la réunion du groupe » de ces députés « à l’Assemblée ce mardi 31 janvier. C’est un droit de retrait de la campagne de (Benoît) Hamon, une sorte d’objection de conscience ».
Ce n’est « pas un appel à voter (Emmanuel) Macron » précisait-il, sachant que ce serait franchir le Rubicon, car le texte ne parlait pas d’un ralliement au leader du mouvement En marche!, « car nous ne sommes pas tous d’accord », avait poursuivi le député.
En gros, vous discutez donc depuis une semaine au moins, mesdames et messieurs les députés de la droite du parti, pour savoir si vous partez maintenant ou si vous gardez deux fers au feu, un chez nous au PS et un chez Macron.
Et comme Macron vous a mis la pression façon « si vous ne rompez pas avec le PS avant dimanche 29 janvier, je ne vous prends pas sur mes listes », vous avez écris un texte vendredi 27 pour faire un signal en sa direction, tout en attendant d’être plus nombreux pour le suivre vraiment.
Gilles Savary mercredi 25, lui-même, s’était dit prêt à soutenir Emmanuel Macron si celui-ci acceptait « des appareillements » (appartenance à deux mouvements). Les ralliements « se feront individuellement », le cas échéant, avait-t-il estimé, pas sur encore de lui et d’être suivi.
« Appareillements » ; quelle drôle d’expression, pour dire passer de gauche à droite…
« On veut être clairs vis-à-vis de nos électeurs : on a défendu auprès d’eux le CICE, la politique de l’offre, la loi travail… on ne peut pas faire campagne pour le contraire ensuite » explique M. Savary.
Mais c’est le contraire pourtant, il faudrait qu’ils expliquent à leurs «électeurs pourquoi ils ont voté le CICE, la politique de l’offre, la loi anti travail, alors qu’ils avaient été élus en juin 2012 sur un programme inverse.
« Les députés qui ont été légitimistes et loyalistes comme nous seraient piégés par une victoire de Hamon qui les mettrait en difficulté face à leurs électeurs », a fait valoir Gilles Savary.
C’est encore le contraire, les députés qui ont été légitimistes et loyalistes sont ceux qui ont continué à défendre les promesses électorales, le « projet » socialiste adopté à l’unanimité en 2011, le discours du Bourget, et les valeurs de gauche. Pas ceux qui ont défendu l’ANI et la loi Sapin dés 2013, la retraite à 63 ans, les lois libérales Macron en 2015, la déchéance de nationalité, et la casse de 100 ans de droit du travail avec la loi El Khomri.
« Comment voulez-vous que des gens qui se sont battus contre les frondeurs soutiennent un candidat représentant ceux qui n’ont fait que leur taper dessus ».
Mais c’est vous qui avez tapé sur ceux qui défendaient légitimement la gauche. Le fond politique c’est que les « frondeurs » comme vous les appeliez, ce sont eux qui étaient légitimes depuis 2012 et ils viennent de rencontrer, confirmer leur légitimité dans le vote des 22 et 29 janvier 2017.
Il faut que vous réfléchissiez, vous n’étiez qu’une parenthèse, votre ligne n’a jamais été approuvée par les électeurs, jamais. Toutes les élections, municipales, européennes, sénatoriales, territoriales, régionales, faires sur votre ligne, sur votre bilan, vous les avez perdues.
D’où vient la légitimité ? Du mandat des électeurs ou de la trahison de ce mandat par François Hollande, Manuel Valls et leur suppôt Emmanuel Macron ? Qu’y a t il de commun entre les promesses de campagne de François Hollande, celles du Parti socialiste et Macron ? Rien.
Vous devriez ne pas refuser de réfléchir sur votre échec – pourtant flagrant. Car c’est bien du peuple, des électeurs que vient la légitimité, oui ou non ?
Et c’est clair, la politique Hollande-Valls-Macron n’a connu que des revers :
- Cinq élections perdues depuis 2012, tout ce que la gauche avait en 2012 a été sanctionné
- Le président en est tellement conscient qu’il renonce à se présenter, fait sans précédent
- Le Premier ministre se fait battre dans une primaire alors qu’il disposait de tous les moyens
Et Emmanuel Macron ?
Cet homme créature des banques et du Medef, qui se dit ni de droite ni de gauche, c’est lui qui a cassé la baraque le premier, et porté le premier coup de grâce à Hollande et il a lâché le gouvernement, « déserté » disait Valls, il a tapé sur le président, c’est autre chose que ce que vous appelez « frondeurs » et là… ça ne vous indigne plus, vous le ralliez ?
Pourtant vous devriez avoir de la mémoire, on en a connu des Macron.
Depuis Jean Lecanuet, Raymond Barre, Bernard Tapie, François Bayrou, ces opportunistes qui veulent occuper le centre, et en disent le moins possible pour passer entre les gouttes de la droite et de la gauche. A cause de cela, ce sont des ludions qui ne durent qu’un temps court, ils ne parvient jamais a tromper dans la durée. François Mitterrand disait « ils ne sont ni de gauche ni de gauche ». Lionel Jospin disait « Le centre c’est comme le triangle des Bermudes on s‘y perd en le cherchant ». Les radicaux n’ont jamais pu l’incarner, toujours éclatés entre droite et gauche.
Mais surtout Macron est un libéral d’un degré si menaçant, si étranger, si hostile au socialisme qu’il rendrait un Lecanuet ou un Tapie sympathique à côté. Ses propos libertariens, Tea party US, prédicateur illuminé lui ont fait dire de si terribles vérités qu’il devrait être considéré comme un dangereux ennemi par nous tous : c’est l’homme d’Uber, des surexploités sans loi ni droit à 3 euros de l’heure, c’est l’homme de la société sans statut, ni code du travail, ni fonction publique, c’est l’homme de la dette, du chômage, un aristo ignorant tout du salariat, du travail, de la vie de nos concitoyens.
Vous avez bien entendu dans sa bouche qu’il voulait séparer le travail de la cotisation sociale, mettre un terme à la protection sociale payées par le capital, et ce depuis le programme du CNR, depuis l’après guerre ?
Uber c’est le modèle Macron et même Sarkozy n’avait pas osé le faire, c’est la pire tentative de destruction du salariat depuis 150 ans. Et vous le savez le salariat, vous ne croyez les journaux, ni les éditorialistes fumistes de « C’ dans l’air », le salariat c’est l’avenir, il y a 93 % des actifs qui sont salariés, et depuis trente ans l’OIT souligne qu’il y a un milliard de salariés de plus sur la planète, que l’économie informelle recule partout. Uber aussi est battu partout, en Californie ou à Francfort, à Londres et à Madrid. Sauf dans les pensées attardées de Macron. Mais nous parviendrons à interdire Uber et à lui faire payer ses pillages de nos concitoyens et de notre République.
Vous devriez faire attention, si vous croyez sauver vos sièges de députés, en joignant Macron, car vous allez tout perdre.
Après 150 « une « de médias, l’homme est toujours incapable d’avouer son programme, mais ses petites phrases indiquent clairement que lorsqu’il va le faire ce sera un désastre pour lui et ceux qui le suivent :
1. « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »
2. « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »
3. « Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »
4. « Il y a dans cette société (Doux) une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. »
5. « Le libéralisme est une valeur de gauche »
6. « Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »
7. « Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »
8. « Je n’aime pas ce terme de modèle social. »
9. « Être élu est un cursus d’un ancien temps. »
10. « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »
11 « Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher »
12 Je dis aux jeunes : « ne cherchez plus un patron cherchez des clients »
13 « La France est en deuil d’un roi »
14 « Je suis pour une société sans statuts »
15 « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants »
16 « Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés »
La députée Bernadette Laclais a confirmé que « des discussions sont ouvertes au sein du pôle des réformateurs », pour aller chez Macron. Manuel Valls a plutôt décidé de rester en retrait après sa défaite : « Non, je ne pourrai pas défendre son programme, mais je serai loyal parce qu’il y a des règles pour la primaire, je m’effacerai » devant Benoît Hamon.
Interrogé par L’Opinion, le sénateur Luc Carvounas a invité ses collègues à garder leur « sang-froid ». « il y a une campagne à mener, il y a des territoires à défendre, il y a les législatives derrière, il y a les socialistes et un peuple de gauche qui attend de nous cette responsabilité ». « J’appelle tous les députés et sénateurs à attendre un peu, parce que nous avons une histoire commune. Il ne s’agit pas dès le lendemain de la primaire de partir vers une autre aventure », selon le président du groupe PS au Sénat Didier Guillaume, ex -directeur de campagne de Manuel Valls.
Réfléchissez bien à ce mot : « aventure »
Dix-huit députés socialistes ont pour l’heure répondu à l’appel de Christophe Caresche et Gilles Savary publié dans Le Monde. Outre MM Caresche et Savary, il s’agit de : Yves Blein, Jean-Claude Buisine, Alain Calmette, Jean-Yves Caullet, Jacques Cresta, Michèle Delaunay, René Dosière, Françoise Dumas, Yves Durand, Sophie Errante, Alain Faure, Jean-Louis Gagnaire, Marc Goua, Michel Issindou, Bernadette Laclais, François Loncle, Odile Saugues et Patrick Vignal.











