Nous ne laisserons pas faire que l’année 2016 soit celle de l’assassinat du code du travail

Récits de travail

 

A Paris, 3 salariés ont été exposés à l’inhalation de monoxyde de carbone sur un chantier. Les émanations de fumées toxiques ont été libérées par une sondeuse située au deuxième sous-sol et fonctionnant avec un moteur thermique. La gaine d’extraction, sous-dimensionnée, fixée au pot d’échappement, n’était pas reliée correctement au système d’extracteur d’air, ne permettant pas une bonne aspiration à la source des gaz d’échappement.

 

Un monteur mécanicien a chuté de 15 mètres depuis le haut d’un silo de la CPCU (Compagnie de Chauffage Urbain de Paris, 93 Saint-Ouen) dont il devait changer les panneaux d’explosion vissés sur le toit. Aucune protection collective ou individuelle n’était utilisée. Victime de multiples fractures, le pronostic vital du salarié est engagé. Son employeur, l’entreprise de maintenance industrielle TCS (59 Dunkerque) intervenait à l’insu du maître d’ouvrage en sous-traitance d’une entreprise belge (SAMOCO) elle-même sous-traitante d’une autre entreprise belge (GELDOF). Aucune réflexion n’avait été menée quant au mode opératoire. L’enquête a également révélé une absence de déclarations de détachement de la part de SAMOCO.

 

Un accident mortel à Palaiseau a retenu particulièrement l’attention des services d’inspection du travail. Lors d’une crise d’épilepsie, un salarié a fait une chute de plus de 6 mètres après être passé entre un acrotère et la lisse intermédiaire d’un garde-corps, placée à 51 cm du sol. Un responsable d’unité de contrôle a demandé aux agents de son unité de porter une attention particulière sur ce point lors des visites de chantier, car en l’occurrence, la présence de plinthes aurait probablement pu freiner voire empêcher le passage du corps de la victime. Il envisage également de solliciter l’aide de l’ingénieur de la cellule disciplinaire afin de sensibiliser les agents sur le sujet.

Un contrôle effectué dans un hôtel social à Bagnolet (CYSPO) a révélé qu’un gardien y travaille depuis 2013 sans être payé, et en contrepartie est logé sur place dans un local technique de 5 m2, WC et douche compris (la douche ne fonctionne plus depuis 8 mois). Un PV sera être relevé pour travail dissimulé et infractions relatives à l’hébergement. Cette société a son siège à Paris, et dispose de 3 autres établissements sur la région qui font l’objet de contrôles suite au signalement de l’UT 93.

 

Nous ne laisserons pas faire que l’année 2016 soit celle de l’assassinat du code du travail, par les Valls, Macron, Combrexelle, Badinter, Lyoncaen et autres cracheurs sur le sort des salariés, et bonimenteurs pour baisser le « cout du travail ». Le travail n’est pas un coût mais une richesse. En 2016 nous allons le faire savoir CQFD, « ce code qu’il faut défendre ».

 

Gérard Filoche

 

Uberisés, ryanisés, franchisés, spoliés, macronisés, non !

La directrice de « Challenges » se lamentait sur LCP « - Rendez-vous compte, les jardiniers du Sénat sont fonctionnaires ».

Elle les voulait petites mains, sans statut, appelés comme horticulteurs épisodiques à la demande. Seule l’élite resterait fonctionnaire ou salariée ! Les autres seraient ainsi traités comme des nébuleuses individuelles volantes autour de l’entreprise ou administration donneuse d’ordre. Ce qui vise à baisser le coût du travail de 50 % à 6, 66 euros brut de l’heure comme les VTC, ou à 2,2 euros comme certains travailleurs « détachés ».

 

Les Valls, Macron, Attali,  Gattaz, Pécresse, Combrexelle, Badinter, Mettling, se piquent d’ubérisation, (même ce mot est arrivé récemment dans le cerveau et la bouche de Sarkozy) de ryanisation, d’auto-entreprenariat, rêvent maintenant de la « fin du salariat » : ils imaginent un code du travail, avec des contrats de gré à gré, signé à la tête du « client », loueur de bras, tâcheron, payé à la mission, au chantier, sans droit ni loi, ni horaire. Ou bien encore des salariés franchisés, défiscalisés comme chez Mac Donald.

 

Non seulement ils cassent le code du travail, mais ils cassent le code des impôts.

 

Ils multiplient les cadeaux sans retour aux entreprises multinationales tout en prétendant qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’état et qu’il faut réduire les déficits ! Dans la nuit du 17 décembre, ils ont, à l’Assemblée, fait supprimer in extremis un amendement, pourtant adopté par les députés, sur la transparence des comptes des entreprises volant des dizaines de milliards à notre République en masquant et en optimisant leurs dividendes.

 

Le même jour, le 17 décembre, les élus du comité d’entreprise Mac’Donald de l’ouest parisien avaient déposé une plainte pour blanchiment de fraude fiscale, abus de biens sociaux, présentation de comptes inexacts, faux et usage de faux, et recel, entre les mains du procureur national financier. Ils dénonçaient la situation financière de Mac Donald qui nie réaliser le moindre bénéfice, ceux-ci étant inexistants comptablement car l’excédent d’exploitation réalisé chaque année disparaît dans des redevances exorbitantes vers une holding défiscalisante basée au Luxembourg, à hauteur de 22 % du chiffre d’affaires.

 

Le manque à gagner est énorme pour les salariés qui sont dupés, il l’est aussi pour l’Etat français qui ment donc quand il gémit sur ses déficits. Le gouvernement multiplie ainsi les cadeaux à Mac’ Donald, pas seulement en cassant le droit du travail, mais aussi par baisse de la TVA, aides pour les emplois jeunes, aides pour les bas salaires, crédit d’impôt pour la compétitivité  et l’emploi…..avec en contrepartie : rien. Là est l’immense tragédie d’échec du quinquennat Hollande.

De quoi avoir le Big Mac mais aussi le gouvernement Valls en travers de la gorge au moment des fêtes de fin d’année.

Gérard Filoche (a lire chaque semaine dans l’Humanité dimanche)

 

Comme au Portugal, une défaite de l’austérité en Espagne

ca bouge en Europe, d’Athènes à Lisbonne, de Londres  à Madrid

 

 

 

Alexis Martinez
21 décembre, 15:46

Mathématiquement impossible d’avoir une majorité de gauche, Gérard Filoche : total gauche PSOE-Podemos-IU à 162 députés, total droite PP-Ciudadanos à 163 députés, 25 députés autonomistes/indépendantistes. Au sein de ces 25 députés autonomistes/indépendantistes, 11 de gauche et 14 de droite. La majorité absolue est de 176. Le total gauche + autonomistes/indépendantistes de gauche est de 173. Il manque 3 sièges, et ce ne sont pas les autonomistes/indépendantistes de droite qui vont les fournir. De plus, une majorité réunissant gauche + autonomistes/indépendantistes de gauche bénéficiant de l’abstention volontaire des autonomistes/indépendantistes de droite en échange de concessions sur l’autonomie des communautés ne serait pas non plus viable : le PP a conservé la majorité absolue au Sénat, il peut mettre son veto sur chaque texte de loi. Pour lever ce veto, il faut la majorité absolue au Congrès des Députés. Donc une majorité seulement relative ne suffit pas.

 

alors ? nouvelles elections dans deux mois apres fevrier ?

Contre les liquidateurs défendre le Parti socialiste, le socialisme une idée neuve

lu sur le « lab » d’europe 1 :   « Julien Dray avait ouvert la brèche, au soir du deuxième tour des élections régionales, prônant un changement de nom du Parti socialiste. Avant de se faire un peu taper sur les doigts. Pourtant, deux jours plus tard, Jean-Christophe Cambadélis annonçait son intention de créer une grande « alliance populaire » pour « dépasser » le Parti socialiste qu’il dirige pourtant, reprenant là une vielle marotte de Manuel Valls. Car le Premier ministre est, de longue date, favorable, à une évolution radicale du PS vers une « alliance des progressistes ».

Ce mercredi 16 décembre, dans la matinale de LCI et Radio Classique, c’est un proche de Manuel Valls qui poursuit le travail de sape et déclare le PS mort. Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen assure que l’on « est un peu à la fin d’un cycle ». « Il faut faire de la politique autrement, il faut s’organiser autrement, il faut une surface plus large, un imaginaire différent« , intime cette figure de l’aile droite du parti de la rue de Solférino, reprenant les éléments de langage de Manuel Valls au soir des régionales. Puis il ajoute, enterrant entre les lignes son propre parti :

Nous sommes un certain nombre à penser que cette formation a connu son époque, glorieuse mais que vraisemblablement elle doit muer, muter.

Relancé pour savoir « si cela va se faire », il répond laconiquement  :  Oui. Oui. Le mouvement sera amorcé largement avant 2017.

La gauche de la gauche est prévenue. Jean-Marie Le Guen n’est pas le plus avare en mots durs contre la gauche du PS. Vers qui se tournerait-il alors pour créer cette nouvelle formation qu’il appelle de ses vœux ?  Face à la droite décomplexée et droitisante, Jean-Marie Le Guen salue les récentes sorties de Xavier Bertrand (qui a lâché tous ses autres mandats que celui de président de région) et de Christian Estrosi, nouvellement antisarkozyste. Il dit : « Une partie de la droite est en train de se libérer du surmoi extrémiste et du surmoi sarkozyste ».

 

dans « Regards » Philippe Marliére ecrit :

 

Néo-républicanisme vs. extrême droite : un clivage mortel pour la gauche


Philippe Marlière
16 décembre 2015
Regards.fr


L’échec social et économique de Hollande et Valls ne les déroute pas de leur objectif politique : marginaliser la gauche sociale et faire du PS un rempart centriste contre le FN. En attendant que Valls accomplisse son projet de république autoritaire.


Le Front national est le vainqueur des élections régionales : il a encore progressé en termes de voix, triplé le nombre de ses élus et repoussé vers le haut le fameux « plafond de verre » qui le prédestine, en théorie, à demeurer un parti d’opposition ad eternam. Le parti d’extrême droite n’a certes pas remporté de régions, mais il n’a été battu que grâce à la fusion des votes de droite et d’une partie des voix de gauche.


Ce ne sont ni l’appel à un « front républicain » des caciques de Solférino, ni le profil détestable des candidats Les Républicains qui ont découragé ce vote d’autodéfense. C’est un réflexe populaire anti-FN qui a terrassé le clan Le Pen. Tout, sauf le parti héritier de Vichy et de l’Algérie française, a estimé une large majorité de Français !
Hollande-Valls : la stratégie du « rempart centriste »


Des médias proches du pouvoir et des élus socialistes plastronnent depuis dimanche, fort satisfaits de la tournure des événements. Les plus cyniques – ou imbéciles – ont salué le « génie tactique » de l’hôte de l’Élysée : il est vrai que les Républicains de Sarkozy, outre l’hémorragie de votes vers le FN, n’ont pas remporté le nombre de régions escompté. ( 358 elus FN contre 355 élus PS, on imaginait a peine pire NDLR ) Quant au Front de gauche, il a une fois de plus fait la démonstration de son incapacité à influencer de quelque manière que ce soit le pouvoir socialiste. ( faute d’une politique continue, homogéne de front unique depuis 2012, NDLR) Si le gouvernement traitait des causes premières de la désaffection politique – l’insécurité sociale et économique des classes populaires et moyennes après trois années d’augmentation du chômage et des inégalités –, il pourrait espérer redresser la barre. Il n’en sera rien car François Hollande et Manuel Valls vont continuer dans la voie qui a dramatiquement échoué.


Hollande et Valls n’étant pas des acteurs politiques irrationnels, il faut trouver une explication autre que celle d’un entêtement dans l’erreur. En réalité, l’exécutif a une feuille de route qu’il poursuit pour le moment avec succès. Ce plan ambitionne de remodeler la carte politique : dans ce nouveau paysage, la gauche sociale serait groupusculaire et une partie de la droite sarkozyste serait aspirée par un FN conquérant. Cette nouvelle configuration permettrait à Hollande et à Valls d’apparaître comme un rempart centriste et modéré face au « péril de l’extrême droite ».


Ce scénario laisserait espérer à Hollande une qualification pour le deuxième tour de l’élection présidentielle contre Marine Le Pen. De son côté, Valls met ainsi en œuvre une stratégie qui vise à faire imploser le PS, marginaliser la gauche et neutraliser la droite pour construire un parti centriste avec des pans de la droite parlementaire. En ce sens, il n’est pas fortuit que Julien Dray – et d’autres – ait annoncé, dès le soir-même du second tour, que le PS allait changer de nom.


Le néo-républicanisme vallsien


Pour Valls, le dogmatique, beaucoup plus que pour Hollande, le cynique, l’objectif à moyen terme est de faire apparaitre un nouveau clivage en remplacement du clivage gauche-droite. Ce nouveau clivage appelons-le : néo-républicanisme vs. extrême droite.

Ce néo-républicanisme est un ventre mou politique dont le point névralgique est constitué par un parti d’extrême centre, à l’instar du Parti démocrate italien de Matteo Renzi. Dans ce panorama, la gauche radicale serait insignifiante puisque l’opposition ne passerait plus par la lutte des classes (qu’assure le clivage gauche-droite), mais par la défense interclassiste et œcuménique de la « république », de la « démocratie » et des « droits humains » contre le FN.


Il faut noter que la république de Valls n’est ni celle politiquement libérale des révolutionnaires de 1789, ni la Sociale des premiers socialistes. Non, c’est la république qui a dominé la France depuis plus deux siècles : conservatrice, autoritaire et, souvent, antipopulaire, comme celle qui réprima dans le sang la Commune en 1871 ou mena les guerres coloniales. C’est le sens du message de Valls aux électeurs dimanche soir qui a affirmé qu’il n’avait qu’« une seule ligne de conduite : la République. (C’etait le meme quand, depuis Ryad, il traitait les salariés d’air france de « voyous » pour 2 chemises dechirées et quand il les faisait arrêter à l’aube… avant même l’etat d’urgence NDLR)

Pour rassembler ». Il a fait appel à une « république qui protège, garantit la sécurité de tous, qui se montre intraitable face à la menace terroriste, au djihadisme, à l’islamisme radical ; qui affirme la laïcité comme socle commun. » Il a conclu en saluant le « patriotisme qui renaît » et a redit sa « fierté de la France ». Il n’y avait dans ce discours aucune trace de réformisme social ou encore de mots de réconfort à l’endroit des populations qui souffrent du chômage ou du racisme.


Le néo-républicanisme qui inspire Valls s’inscrit dans le revival républicain identitaire apparu au moment des célébrations du bicentenaire de la révolution. Il est identitaire car il insiste sur le conformisme culturel ; il est rétif à toute dérogation à la norme culturelle dominante, à la manière d’être ou de paraître “française” (d’où l’hystérie anti-hidjab des néo-républicains). Toute déviation par rapport à la norme commune est vécue comme une atteinte à l’intégrité de la communauté nationale. En ce sens, le néo-républicanisme est un communautarisme national, en rupture avec la tradition libérale au cœur de la révolution française.


Convergence autoritaire


Le néo-républicanisme vallsien peut s’appuyer sur de nombreux alliés objectifs à gauche et à droite (Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan, Alain Finkielkraut, Éric Zemmour, les magazines Marianne, Causeur, Le Point, L’Express, etc.). Tous convergent vers un discours d’ordre et d’autorité, et se refusent à penser et accepter le pluralisme culturel. La confusion atteint son comble quand Marine Le Pen, supposée représenter l’ennemie d’extrême droite, adopte le même registre néo-républicain. Lors d’un discours récent à Ajaccio, elle a déclaré : « Pour mériter la nationalité française, il faut parler français, manger français, vivre français. »


Dans quelle mesure le communautarisme franco-centré du lepénisme est-il différent du vallsisme anti-Rom ? Rappelons cette déclaration de 2013 : « Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie. (…) Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres, qui sont évidemment en confrontation avec les populations locales. (…) Je constate aujourd’hui que les populations d’origine rom ne viennent plus en France parce qu’elles savent parfaitement qu’il y a une politique particulièrement ferme, républicaine. » C’est bien le même ethnocentrisme culturel qui transparaît dans les deux discours.


Une reconfiguration du champ politique autour du clivage néo-républicanisme vs. extrême droite signerait l’arrêt de mort de la gauche et de ses idéaux d’égalité et de pluralisme culturel. La gauche critique doit continuer de résister à l’air du temps austéritaire, en énonçant un programme concret de protection et de bien-être social ; une sorte de social-démocratie radicale pour temps de crise à gauche. Elle doit aussi combattre le mantra de la « demande d’autorité », idée promue par les néo-républicains et le FN. Les Français ne souhaitent pas vivre dans une caserne militaire, mais être libres de mener leur vie comme bon leur semble.

 


150 réunions publiques en 2015 la dernière hier soir 17 décembre à Angers

Agenda Gérard Filoche 1er semestre 2015

Tous les mardis 17 h : BN du PS

Lundi 12 janvier : Bourse du travail à Paris avec Fakir François Ruffin Acrimed, Monde diplomatique, SNJ CGT, etc. (500)

Mardi 13 janvier : réunion à l’Ageca MLG Paris 75 sur la loi Macron 75

Mercredi 21 janvier : 19 h 21 h émission avec Daniel Mermet

Du 22 au 26 janvier : Athènes avec Syriza

Mercredi 28 janvier : réunion PS Macron à Feurs Loire  (42) 120

Samedi 31 janvier : ag nationale des secrétaires de section (1000)

Lundi 2 février : formation FNAS de 9 h à 12 h bulletin de paie (80)

Mercredi 5 février : enregistrement de l’émission  de D. Mermet (900 000)

Jeudi 5 février : 18 h Siné 19 h conférence. tél D&S + 21 h à 22 h enregistrement. Ardisson Grèce pour samedi 7 février :

CN vendredi 6 février : dépôt des contributions + réunion MLG

Lundi 9 février : Réunion sciences Po à Toulouse (100)

Mercredi 11 février : Réunion Macron avec Attac à Boulogne (59) (reportée) + télé Tour Eiffel  2 900 000 vues

Vendredi 13 février : Réunion Macron à 18 h Manosque 05 assemblée citoyenne (130)

Samedi 14 février : Réunion a-m à Bourjoin-Jallieu (30)

Mercredi 18 février : Réunion CGT Macron à Belfort (200)

Vendredi 20 février : « Les informés » de 21 h à 22 h en direct sur France Info

Mercredi 4 mars : Réunion à Bordeaux Attac 33 (220)

Jeudi 5 mars : Beur FM + Siné mensuel + Réunion PS à Saint-Maud 77  (40)

Vendredi 6 mars : Réunion des « Amis du Monde diplomatique » à Carcassonne : Macron (80)

Samedi 7 mars : CGT du bâtiment à Clermont-Ferrand (40)

Dimanche 8 mars : à 17 h sur Beur FM (3/4 d’h)

Lundi 9 mars : UL-CGT St-Ouen 9 h à 14 h projet de loi Macron (100) + meeting soir Paris Bellevilloise (350)

Mardi 10 mars : Réunion Attac Macron 20 h 30 à Vannes 56 (130)

Mercredi 11 mars : « Là-bas si j’y suis » (spéciale « vive l’entreprise »)

Jeudi 12 mars : Réunion droit du travail et Macron CGT à Marseille (130)

Lundi 16 mars : Réunion à Lille Roubaix Leers PS projet de loi Macron (170)

Mardi 17 mars : Réunion du BN du PS

Mercredi 18 mars : Réunion à Grenoble puis Crolles 38 projet de loi Macron 110

Jeudi 19 mars : 15 h Réunion lycée Bruyères Sotteville-lès-Rouen  180

Vendredi 20 mars : soir Réunion Essonne Evry 94 CGT projet de loi Macron (220)

Mercredi 25 Mars : 14 h fédération du commerce et services à Montreuil (170)

Jeudi 26 mars : réunion CGT Aix en Provence projet de loi Macron, 9 avril (90)

Vendredi 27 mars : Réunion CGT à Nancy 54 (150)

Dimanches 22 et 29 mars 2015 : Élections départementales

Mardi 31 mars : Réunion du Bn du PS

Mercredi 1er avril : Réunion syndicats au Puy en Velay anti Pdl Macron (130)

Jeudi 2 avril : ITV Radio Orient + réunion à Agen CGT pdl Macron (200)

Vendredi 3 avril + Samedi 4 avril + Dimanche 5 avril : réunion motion VLG

Mardi 7 avril : Réunion12 à 14 h EDF CGT Montrouge (100) + soir salle Japy meeting unitaire Pdl Macron (500) + VLG

Jeudi 9 avril : mobilisation nationale intersyndicale le soir PS à Caen 14 (100)

Samedi 11 avril : Réunion du CN de dépôt des motions

Lundi 13 avril à 9 h : Villeneuve St-Georges Pdl Macron CGT 91 (70)

Mardi 14 avril à 9 h 30 : Réunion (500) Bourse du travail Paris SNU formation et à 17 h BN

Mercredi 15 avril : Réunion anti Pdl Macron à Troyes 10 (190)

Jeudi 16 avril : Réunion à Migennes PS 89 (80)

Samedi 18 avril : Réunion PS Suisse dans le Velais (100)

Mardi 21 avril : Réunion à  Montargis 45 CGT FSU Solidaires (180)

Mercredi 22 avril : Réunion à Nevers 58 solidaires  (150)

Jeudi 23 avril : Réunion à Bourges 18  Attac + solidaires (90)

Mardi 5 mai : BN puis espace St Michel 75005 : la gauche en France  autour du film Howard Zinn  (150)

Mercredi 6 mai : Réunion Perpignan Millas 66 (45)

Jeudi 7 mai : Réunion à Limoux 11 (85)

lundi 11 mai : Réunion Reims PS 51 (90)

Mardi 12 mai : Réunion à Gap (05) (40)

Mercredi 13 mai : Réunion à Niort 79 (45)

Lundi 18 mai : Réunion à Epinal 88 (40)

Lundi 18 mai : Réunion à Epinal 88 (45)

Mercredi 20 mai : Réunion à Avignon 84 (75)

Jeudi 21 mai : Vote des militants pour le congrès PS

Vendredi 22 mai : Réunion AMD à Alès 30 (75)

Samedi 23 dimanche 24 et 25 mai : Salon du livre à Narbonne 11 (300)

Jeudi 28 mai : Vote 1er secrétaire du PS

Samedi  6 juin et dimanche 7 : Congrès de Poitiers

Jeudi 11 juin : 9 h 30 17 h UD-CGT Laon Prémontré dans l’Aisne anti-Macron (90)

Samedi 13 juin : Réunion Avignon fête PCF FdG avec Marie-Georges Buffet (250)

Lundi 15 juin : CGT santé Le Mans (120)

Mercredi 17 juin 19 : MJCF Paris (60)

Jeudi 18 juin : Grenoble, Sud énergie midi (70)

Mercredi 24 juin : EDF Marseille (110)

Samedi 27 juin : Rencontre nationale D&S Paris 9° 10 h au soir

Agenda Gérard Filoche 2° semestre 2015

Tous les lundis 18 h : BN du PS

Lundi 17 août : les Grandes Gueules sur RMC 12 h 12 h 40

Jeudi 20 août : Sud radio : les Sms de pole emploi 13 h 30 14 h

Samedi 22 août 9 h : Europe1 à 9 h : 10’ sur la rentrée

Mardi 25 aout : Sud radio le CICE  de 10 à 11 h

Mardi 25 aout : France info sur Valls et la rentrée

Jeudi 27 août : Marennes (480) 16  jeudi 13 h 30 14 h sud radio

Vendredi 28 et 29 août : La Rochelle 17 samedi 10 h atelier GF vendredi matin 10 h 11 h sud radio vendredi soir 23 h BFM

Lundi 31 août 10 h 10 h 45    12 h LCP  Europe 1 code du travail – 18 h 18 h 30 LCI : la rentrée politique + Russia today.

Mardi 1er septembre : Itélé décryptage 23 h

Mercredi 2 septembre : Sud radio  13 h 35 – 14 h ITV Grazia

Jeudi 3 septembre : foire de Chalons sur Marne 10 h 30 à 16 h

Dimanche 6 septembre, fête de la rose à Saint-Didier Dole 12 h 20 h (39) 250

Lundi 7 septembre : Skype direct avec Berlin

Mardi 8 sept 13 h 10  France inter

Mercredi 9 sept  I télé  12 h 30 et 13 h 05 pour deux fois 6 minutes

Jeudi 10 septembre  France culture 8 h 15 – 8 h 40

Jeudi 16 h 30 : LCP enregistrement : émission 45’ diffusée le samedi 12 septembre à 22h en première diffusion, le dimanche 13 septembre à 18h, le lundi 13 septembre à 17h15, le samedi 19 septembre à 15h15 et le dimanche 20 septembre à 10h. L’émission sera aussi sur le site internet publicsenat.fr

Arte jeudi 17 h 45 passage à 20 h 10 dans « 28″

Vendredi 11 septembre : France bleu  12 h 05  12 h 20  + sud radio 13 h 50 a 14 h

Samedi dimanche 12 et 13 septembre : Fête de l’Huma + là-bas si j’y suis samedi 14 h

Mardi 15 septembre, 19 h tournage documentaire sur droit du travail

Jeudi 17 septembre : Fédération santé CGT, LDJA Montreuil 93 (10) – a m à Tours

Samedi 19 septembre : Fête PS à Billère 64 + CN du PS (150)

Mardi 22 septembre 2015 : Amd de Lyon 69 (110)

Mercredi 23 septembre : BFM 18 h 30

Jeudi 24 septembre 14 h 30 : BdT de Paris, Groupama (70)

Vendredi 25 septembre : France info à 6 h 45

Samedi 26 septembre : Fête de l’UD-CGT de Strasbourg 67 (200) + séminaire MLG (50)

Lundi 28 septembre : UD CGT Toulouse code du travail 300) (Flashtalk France O)

Mardi 29 septembre : congres EDF RTE Dives-sur-mer  (50)

Mercredi 30 septembre : Vermus VSD et LGJ

1er octobre : SLT Ardisson

mardi 6 octobre : RTL 8 h 20 8 h 30   + RMC + BFMTV

Mercredi 8 octobre : club de la presse d’Europe1  18 h 45 – 20 h

Dimanche 11 octobre sur France 0 et 31 octobre diffusion de flash talk sur LCP

Mercredi 14 octobre au soir : CGT Malakoff (80)

Jeudi 15 octobre : le matin Dunkerque CGT interim (30) + BFMTV 22h

Vendredi 16 octobre : procès de Laura Pfeiffer à Annecy 73 (1000)

Mardi 20 octobre : Verrières Attac 78  (100)

Mardi 21 octobre : 9 h 30 CFDT Wittenheim 68 (120) + PS 19 h 30 Mulhouse (80)

Jeudi 22 octobre : Angouléme Champniers 16 UD CGT 17 h 30 21h (110)

Dimanche 24 octobre à 13 h sur LCP

Jeudi 29 octobre : 18 h 30 université citoyenne de la Courneuve 93 (60)

Samedi 30 octobre 16 h maison des potes FIAC 14° Paris (35)

Du 2 novembre au 12 novembre : cinq réunions droit du travail avec syndicats CDTM en Martinique

Vendredi 13 novembre : 20 h 30  Florange 57   (75)

Mardi 17 novembre : Angers attac (report le 17 décembre)

Mercredi 18 novembre : Polonium enregistrement 15 h45 16 h 15 + soir association Bezons (report le 15 décembre +  annulés

Lundi 24 novembre : Paris première annulation

Mardi 24 novembre : Montreuil : EDF CGT Emergences CHSCT+ Groupama report

Mercredi 25 novembre : Rouen 76 : université souvenir 68  (35)

Vendredi 27 novembre : cercle à St-Chamond 42 (50)

Mardi 1er décembre : UD-CGT Vaucluse Sorgues 84  de 9 h -16 h (85)  + soir association Sorgues (50)

Jeudi 3 décembre : Eaubonne 95  Attac code du travail (45)

Vendredi 4 décembre : Réunion Attac Val d’Orge Juvisy (91) (30)

Mardi 8 décembre : de 11 h 30 à 12 h 30 LCI + Association Sciences po 18 h 30  (85)

Mercredi 9 décembre : « Repère » à Abbeville 80 (50)

Vendredi 11 décembre : Orléans (45) formation FSU de 9 à 17 h (40) + polonium

Mardi 15 décembre : Bezons 95  association CQFD (45)

Mercredi 16 décembre : + Paris 13° Maison des associations Attac 18 h 30 (50)

Jeudi 17 décembre à Angers 47 : Attac 18 h 30(80)

 

Agenda prévisionnel Gérard Filoche 1er semestre 2016

Tous les lundis 18 h : BN du PS

Vendredi 11 janvier : Toulouse 31

Jeudi 21 janvier : Metz 57 formation CHSCT

Samedi 23 Janvier 2016 : Louviers 27

Mercredi 27 janvier : Menton 06

Mardi 2 février : Lycée Agen 47

Jeudi 4 Février : Moulins UD-CGT Allier

Mardi 9 février : Repères CGT à Nimes Vauvert (30)

Mercredi 10 février : Bruyère le Chatel (91)

Samedi 12 mars : Tarbes 65

Mardi 29 mars : Orléans UEC 45

Jeudi 16 juin : Nice 06

 

 

Macron permet la terreur sociale chez Smart Daimler à Hambach où le FN fait 50 % et approuve

Smart, la mystification Macron et l’illusion Le Pen

 

A peine deux jours après les élections qui ont donné le résultat que l’on sait, les urnes pas encore refroidies qu’apprend-on ?

Chez Smart, alors que le vote des ouvriers avait repoussé la réorganisation du temps de travail, la direction de l’entreprise leur a fait signer individuellement une modification des contrats de travail.

C’est illustration la plus claire de la violence, du mépris et de la brutalité appliqués à une collectivité.

Il n’aura donc pas fallu très longtemps pour que l’on voie dans sa nudité virginale en quoi le « Ligne MACRON » est une pure illusion, une mascarade.

Le respect de la démocratie n’étouffe pas les tenants de l’augmentation des dividendes. D’ailleurs si l’entreprise était une démocratie ça se saurait !

Les dirigeant de cette entreprise on donc fait en sorte d’utiliser le chantage le plus clair pour induire un comportement individuel : Si collectivement un salarié peu se prémunir contre cette violence, il n’a aucun moyen de se prémunir contre une violence qui s’exerce individuellement contre lui.

Que fait la direction de l’entreprise ? En quelque sorte elle lève le secret de l’isoloir qui ne lui a pas donné satisfaction pour le remplacer par un contrat individuel, dont on voit bien ce que le refus de le signer impliquera : licenciement et chômage.

Les donneurs d’ordre disposent pourtant d’une usine rentable, qui n’a nul besoin de compresser ses coûts pour survivre. Dès lors on ne peut qu’en conclure qu’il y a autre chose, encore plus grave derrière cette affaire caricaturale : La volonté d’écraser toute velléité de résister. Aucune expression, même la plus policée et civilisée ne sera tolérée.

Il y a fort à parier qu’ils ne reconnaîtront jamais leur responsabilité sociale et politique, les seul comptes qu’ils aient à rendre, c’et à leurs actionnaires.

Que peut faire un salarié face à cette pratique de terreur sociale ?

Il a exercé son droit de vote et a dit non, ses organisations syndicales locales ont fait ce pourquoi elles étaient mandatées, et pourtant il se voit imposé par la violence ce contre quoi il s’exprime.

Il constate que son gouvernement ne voit rien à redire à ce à quoi il est confronté, non seulement le silence de nos politiques est assourdissant, mais pire encore il le théorise.

Pas un mot de monsieur Macron, qui continue de penser que le travail du dimanche doit être basé sur le volontariat, et à entretenir la mystification selon laquelle un salarié et un employeur traiteraient à parties égales lors de la signature d’un contrat de travail.

Pas un mot de Monsieur Le Foll, qui, dans une magnifique langue de béton, répondant à Madame Polony devant les caméras, à propos du volontariat du travail du dimanche : « Madame Polony, pourquoi imaginez-vous le pire ». Et bien Monsieur Le Foll, le pire et là sous vos yeux.

Pas un mot de Monsieur Hollande, celui qui pensais que la finance était son ennemi il y a encore deux ans.

Ces tenants de l’adaptation individuelle du contrat de travail semblent très bien se satisfaire de ce coup délibéré donné au dialogue social collectif. Ils sont parvenus à transformer 44 % de refus dans le secret de l’isoloir en 90 % d’acceptation en public (résultat du vote des salariés Smart versus le nombre de signature des avenants aux contrats de travail selon la direction de l’usine). Quelle belle victoire !

Ah ils font du beau travail ces cadres de haut niveau et ce personnel politique aveugle. La mascarade du volontariat est une évidence, elle ne les empêche pas de continuer de jouer avec.

Allez-vous ouvrir les yeux ? Allez-vous enfin comprendre là où vous menez le pays ? Hélas je vous crois trop intelligents pour ne pas le savoir d’avance.

Ceux de Hambach sont probablement les fils des métallurgistes trahis dans les années 70. Ils ont vus Hollande leur tenir un joli discours sur le toit d’une camionnette en 2012.

Que peut-il se passer dans une tête de salarié qui se voit ainsi dénudé de sa fierté et de sa dignité la plus intime ?

Il cherche sans aucun doute une perspective politique qui lui permette de faire dignement face, de ne pas utiliser la violence face à cette brutalité. Où peut il la trouver lorsque ses représentants naturels, ceux dont on pourrait penser qu’ils agissent en son nom, se taisent ou pire encore, cherchent à généraliser « l’inversion des normes juridiques ».

C’est sous ce vocable complexe, qui semble éloigné de ses préoccupations immédiates que ce cache le concept dont il est victime. C’est en effet en théorisant le remplacement du rapport collectif par un rapport individuel que M. Macron s’est fait un nom et une loi. Pourtant l’histoire de la démocratie est précisément celle du rapport politique collectif affrontant le rapport individuel à travers entre autre les élections.

Lorsqu’il organise et légitime une violence légale, permettant tous les chantages au chômage en la renommant « volontariat », il ne fait rien d’autre que de transformer les mots, pas la réalité.

Vous vous interrogez sur les raisons du vote massif Le Pen ? Commencez par cesser de désespérer Hambach où le FN passe les 50 %  (à Billancourt on vote maintenant LR à 64 % et FN à 6 %).

Ces votes sont les exutoires politiques d’une désespérance sociale. C’est le résultat de ce musèlement de cette « France d’en bas » qu’on s’évertue à ne pas entendre.

Le paradoxe c’est que Mme Le Pen n’a pas non plus dit un mot sur cette question, et pour cause ! Elle partage cette même volonté de rendre silencieux les mêmes. Elle partage le même point de vue que LR et PS : Tais toi et bosse !

Merci à Richard Bloch (cheminot ex-CFDT, puis CGT et aujourd’hui responsable CGT  sur Paris des conseillers du salarié) auteur de cet excellent papier

Intervention au Bureau national du PS du lundi 14 décembre 2015 : 358 élus FN, 355 élus PS le 13 décembre, Valls nous a emmené de Le Pen à Le Pen, échec total, il doit partir,

Il y a peu, 3 ans à peine, nous avions tout, le peuple de France avait voté pendant 10 ans à gauche et nous avait tout donné, le Sénat pour la première fois depuis 200 ans, l’Assemblée, la Présidence, 2 villes sur 3, 61 % des départements, 20 régions sur 22. Nous venons de tout perdre, on vient de perdre dramatiquement, tragiquement, 5 élections en moins de 2 ans. Le gouvernement Valls nous a emmené de Le Pen à Le Pen, du 29 mai 2014 au 6 décembre 2015, il a permis, en refusant de changer de cap politique, deux fois Le Pen en tête du pays. 358 conseillers du FN ont été élus, 355 du PS. C’est un gouvernement d’échec, qui décourage la gauche, le salariat, notre base électorale, et qui donne tout au patronat, il doit partir, Valls et Macron doivent partir.

Car si nous avons perdu, ce n’est pas parce que le peuple de France, ni nos millions d’électeurs socialistes, fidèles, ont changé d’avis depuis 2012, ce n’est pas la faute au peuple, c’est NOTRE faute ! C’est parce que la politique suivie par le gouvernement a trahi les nôtres, hélas, parce qu’il y a 1,3 million de chômeurs de plus dans les catégories A, B et C, parce qu’il y a 6,15 millions de chômeurs au total, entre 15 et 20 % de précaires, parce que le Smic est bloqué depuis 10 ans, pareil pour l’indice du bas de la fonction publique, parce que 50 % des salariés gagnent moins de 1640 euros, parce qu’il y a 9 millions de pauvres en dessous de 900 euros, parce qu’il y a 7 millions de retraités en dessous de 1000 euros, parce que la misère, et pire, l’absence d’espoir règnent au point de désespérer des millions de gens et de les pousser dans les bras infâmes et dangereux du FN, facho et raciste.

Et nous avons donné 41 milliards au grand patronat, à Gattaz, et ils n’en ont rien fait, rien, il n’ont embauché personne, absolument personne,  ils ont licencié et on a facilité les licenciements au lieu de les contrôler. Le patronat a spéculé avec les milliards qu’on lui a donné, il n’a pas embauché. Le patronat sabote et ne produit que 70 % de ce qu’il pourrait produire. Le patronat n’investit pas, et il en demande toujours plus, allant jusqu’à oser déclarer que « le code du travail est l’ennemi n°1 des patrons ». Comme l’a dit François Rebsamen, « quand on choisit la politique de l’offre on se met dans la main des patrons », nous y sommes et nos électeurs sont très conscients de ce que ca signifie comme cadeau à la finance, et tous nous apprécions l’échec qui en résulte puisque la dette, au nom du remboursement de laquelle on commet toutes ces erreurs, est passée de 86 % du Pib à 98 % du Pib.

Alors oui, Jean-Christophe, quand tu dis « ça ne peut plus continuer comme cela » et « il faut une inflexion » même si ce mot est très modéré, on a envie de te suivre, et on espère être entendus, ne serait-ce qu’un peu. Inlassablement car c’est normal on est fait en permanence d’espoir et d’action. Mais si tu crois bon de préciser « il ne s’agit pas de changer la ligne économique », on comprend aussitôt que cela n’ira pas loin. Et même cela, là haut, ils ne veulent rien entendre, ils te clouent le bec aussitôt. Là haut c’est la tour d’ivoire, la tour dorée, la tour de la finance avide et rapace, fermée, bornée, qui ne veut rien entendre même pas ça, même pas de notre Parti socialiste tel qu’il est.

Qu’on ne nous dise que c’est le « combat pour les valeurs » ((sic, lesquelles ? le problème n’est pas l’immigré ni la nation mais le banquier - et les attentats ? dans les quartiers de Paris 10° et du 11° c’est là que le FN a eu le moins de voix, le chiffre de 42 500 chômeurs de plus en octobre touche 200 000 personnes et compte politiquement encore plus), c’est du baratin, le combat c’est pour le Smic, pour du pain dans l’assiette. Seul le social compte. Sans social, la République se meurt, elle est un mot creux.

Augmentez le Smic, c’est le minimum, bon sang, le FN est contre le Smic, augmentez le, et les salaires, ca sera un signe immédiat, et vous et nous renverseront la situation, les carnets de commande augmenteront, la relance se fera, on repartira plus sûrement qu’en gaspillant des milliards pour Gattaz et les paradis fiscaux. Sinon en 2017 ce sera comme en décembre 2015, on sera 3°, on sera derrière, ce sera la chute finale, est-ce cela que vous voulez ? Le suicide jusqu’à bout ?

Il reste 18 mois, même pas, six mois utiles, c’est maintenant la « dead line » : vous n’allez pas accepter comme agenda, pendant six mois, la contre révolution anti code du travail, avec rapport dit Badinter/Combrexelle, le 15 janvier, et vote au gouvernement le 15 mars, et débat au Parlement tout le printemps, jusqu’en juillet août pour casser un siècle de code du travail issus d’un siècle ce combat sociaux. Pas nous, pas ca, pas là. On ne va passer la dernière année du quinquennat à casser les droits collectifs du travail, avec Combrexelle, Mettling, Macron, tout de même ?  Vous n’allez tout de même pas laisser l’absurde 2° projet de loi Macron, « NOE » texte surréaliste, pour l’ubérisation, la ryanisation, l’auto-entreprenarisation, une attaque inouïe contre l’existence même du salariat, que même Sarkozy et NKM n’osaient pas imaginer il y a quelques semaines si Macron ne leur en avait pas donné l’idée ?

Alors oui, comme tu dis, Jean-Christophe, pour assécher le FN, « il faut faire reculer la précarité » D’autant que la précarité ça ruine l’économie, ca ne sert à rien que de mal. Ce sont les salariés bien formés, bien traités, bien payés qui produisent le plus, pas les précaires. Les entreprises qui marchent on besoin de CDI pas de précaires.  85 % des contrats sont des CDI et 95 % entre 29 ans et 54 ans.  Si 85 % des jeunes sont embauchés en CDD, en flux, pas en stock, c’est pour les humilier, les bizuter, c’est pas du tout par nécessite économique.

Et oui, Jean-Christophe quand tu dis « faisons reculer la précarité », commençons par enlever ce que la loi Macron du 8 août et la loi Rebsamen du 17 août ont introduit, 3 CDD de suite pour les jeunes au lieu de 2, l’équivalent d’un CPE de 18 mois où les patrons peuvent virer le jeune trois fois sans motif. Plus d’un millier de jeunes ont signé un appel « www.stop3cdd.fr », toutes les organisations de jeunesse ont signe, y compris nos MJS, l’UNEF, la JOC etc.  Au moins écoutons-les. Car nous sommes dans un quinquennat qui a commencé sous le signe de la lutte contre la précarité et de la priorité à la jeunesse, avec l’ANI et la loi Sapin du 14 juin, nous avions majoré le coût des CDD de peu, il est vrai, de 0,5 %, de 1,5 %, de 3 %, et ca n’a pas suffi, avec la loi Chaynesse Khirouni, on a taxé ( à 523 euros) et limité le nombre des « stagiaires » ( à 15 %) (il était passé de 600 000 en 2008 à 1 600 000 en 2013), là on peut taxer les CDD à 25 % et limiter le nombre  de précaires à 5 % par entreprises. Voilà des mesures immédiates applicables aussitôt et qui se sentiront vite en six mois.

Et puis traquons, c’est facile, il suffit d’appliquer nos lois, de renforcer et pas de casser l’inspection du travail et les prud’hommes,  le système actuellement exponentiel des « travailleurs détachés », actuellement 450 000 sans doute, (Michel Sapin, devant ce bureau national s’en plaignait il y a  2 ans, il les estimaient à 350 000 alors, il n’a, nous n’avons RIEN fait) ce sont des salariés dont les patrons français ne paient pas les cotisations sociales, censées être versées au taux et dans le pays d’origine, mais c’est une escroquerie, elles ne sont pas payées du tout, et les majors du bâtiment, entre autres, se font des milliards là-dessus, et croyez bien que ce n’est pas pour faire réélire la gauche, leurs médias feront le jeu de LR dont ils espèrent encore davantage tout en donnant du grain a moudre au FN.

Bon je dois finir, mais c’est l’histoire de la gauche qui s’écrit, le beau nom de notre parti « socialiste » doit être sauvé, restauré, défendu, et si on veut l’unité de la gauche, il faut travailler sincèrement à une plate-forme commune de toute la gauche, et travailler à un candidat commun dés le premier tour pour battre FN et LR. Et il faut ENTENDRE ENCORE UNE FOIS CE QUE NOUS ONT DIT CLAIREMENT NOS ELECTEURS, ceux qui ont mis le total gauche en tête le 6 décembre dans 10 régions, ceux qui se sont abstenus, ceux de 2012 toujours là, toujours mobilisables si on agit à gauche, enfin, dans la dernière ligne droite.

A quoi ça sert un « front républicain » ? A rien de bon

article commandé par FranceTV info le portail de France télévision

 

Il y a trop d’intérêts divergents dans la République pour jouer à faire semblant. 1 % de l’oligarchie possède 50 % des richesses et 99 % de la population « bosse » pour produire des richesses qui ne lui sont pas redistribuées comme elle le mérite. Comment rapprocher les uns et les autres en proposant, dans un faux consensus, de ne rien changer ?

 

6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres, 7 millions de retraités à moins de 1000 euros, 50 % de salariés à moins de 1650 euros ! Quand ils ouvrent un poste de télévision, ils voient briller les journaux télévisés de riches, les spectacles de riches, les feuilletons de riches, les histoires de riches et les querelles de riches qui ne sont pas les leurs. Ils souffrent, Ils se sentent nargués et c’est sans issue.

 

Rien de moins convaincant, dans ces conditions, que de pérorer sur « l’unité des partis républicains » : pour qui ? Pour quoi ? Sous Sarkozy il y a eu 2 millions de chômeurs et 23 % de dette de plus, sous Hollande, il y a 1,3 million de chômeurs de plus et 12 points de dette de plus. Ce serait donc que la politique ne pourrait rien changer et que tout est jeu de rôle. La même semaine où se tiennent des grands discours sur la nation, 42 500 chômeurs de plus sont annoncés et plus de 200 000 concitoyens en ricochet, sont touchés par le fléau.

 

Dans ces conditions le FN se nourrit de ça : il explique aux gens, « ils sont tous pourris, c’est l’UMPS, voilà des décennies qu’ils font pareil et ne font rien pour vous ». Il se présente hors système, n’ayant jamais gouverné, et l’ostracisme dont le « front républicain » veut le frapper, ne fait plus que le renforcer.

Et les « ordo-libéraux » en rajoutent, eux, qui ont une théorie absurde et foudroyante, selon laquelle l’économie a des règles intangibles supra-humaines, qui doivent l’emporter sur les votes, les volontés, les besoins de citoyens : d’ailleurs le patron des patrons, Pierre Gattaz, à la veille du scrutin, choisit d’expliquer que « extrême gauche et extrême droite, c’est pareil » ce qui renforce puissamment la perception d’un théâtre d’ombres.

 

Trop facile pour le FN, de dénoncer une coalition de facto de partis avec des opinions en apparence opposées mais qui, en action, ne se différencient que trop peu. La dénonciation d’un « establishment » qui ment et qui se tient par la barbichette devient crédible. D’autant que des millions de nos concitoyens sont violentés par la cohorte croissante de millions de chômeurs et de millions de pauvres – et que s’ajoute une effrayante menace terroriste, barbare, mafieuse, irrationnelle.

L’absence d’une sérieuse bataille des idées dans ces conditions renvoie aux peurs et aux malheurs. L’émancipation, l’éducation, la culture, le bien être reculent ensemble.

Mais c’est pire quand la coalition de facto devient une coalition avouée, reconnue et même promue comme « seul moyen de défendre la République ». Là, c’est la République elle-même qui en prend un coup. Elle devient un mot creux et conservateur si elle n’est pas sociale, si elle ne prend pas parti, si elle ne sert pas l’intérêt de la majorité du peuple, si elle n’agit pas.

 

Quand on en arrive là, les discours sur les « valeurs » n’ont plus de crédit. Les appels à l’histoire, à la nation, ne résonnent plus. La bataille des idées est perdue. Impossible de faire reculer le FN, tout le nourrit. Et lui, il sait trouver un bouc-émissaire simple : c’est la faute à l’immigré pas au banquier. Ce qui réjouit le banquier qui est susceptible de préférer cela et de se montrer reconnaissant. Ce qui influe sur la droite dite « républicaine » qui court après le FN qui lui vole son électorat. D’ailleurs en France, 95 % des gros médias, détenus par 7 milliardaires orchestrent ce grand jeu.

 

Dans pareil cas, choisir d’afficher un consensus entre les ennemis de droite et de gauche sent la capitulation, la fin du cycle, signe l’arrivée de la tragédie. L’abstention frappe alors la gauche, qui se divise et se désole.  Ca confirme tout, ca aggrave tout. Lâché, le FN peut se gonfler et se gorger comme monstre fascisant, la guerre civile peut commencer et la bête immonde resurgir.

 

La seule urgence, la seule sauvegarde, est d’en revenir aux actes, à la vérité des choix, il faut crever l’abcès. Revenir aux fondamentaux républicains, liberté, égalité, fraternité, démocratie, laïcité, féminisme, La priorité ne doit pas, ne peut plus être à l’éternelle austérité généralisée, à l’étranglement des besoins élémentaires du peuple, mais enfin, enfin à leur satisfaction ! C’en est assez du désert des idéaux façon Macron : « que les jeunes aient envie de devenir milliardaires », le socialisme doit redevenir une idée neuve volontariste, ambitieuse, libératrice, partageuse. Ne surtout pas assassiner les derniers espoirs de survie immédiate du pays avec un  accord Valls-Sarkozy !

 

Pour battre le FN il faut prendre des mesures radicales, prioritaires, spectaculaires contre le chômage de masse, contre la finance spoliatrice, contre l’oligarchie qui se goinfre. Il est exclu que cela se fasse par une alliance entre LR et PS ! Gauche et droite doivent s’opposer comme s’opposent les intérêts des deux classes sociales fondamentales antagoniques ! Finies les belles paroles, les discours creux, il faut des actes. Assez de coups de mentons, il faut du pain dans l’assiette, du boulot et du repos, et surtout un grand dessein, un grand espoir de bien-être social collectif.  Il faut remobiliser, reconquérir l’appui actif et enthousiaste, volontaire, conscient, de la majorité du salariat. Il faut lui redonner des salaires, partager le travail, des droits protecteurs et dignes, faire une réforme fiscale forte et transparente. Il faut forcer les riches, les actionnaires, les banquiers à redistribuer les rentes qu’ils ont abusivement accaparé. Il faut moderniser les institutions stopper le « pouvoir personnel », le pouvoir des banques, le pouvoir des oligarques, pour que des citoyens se sentent à nouveau associés, participants, acteurs.

 

Ce n’est surtout plus le moment d’appeler pour la 40° année de suite « aux sacrifices », à la « rigueur», au « redressement des comptes »,  il faut que droite et gauche s’affirmant, le clivage se manifeste, la politique réelle reprenne son sens, sa valeur et ses droits, que la majorité des 99 % ait enfin la possibilité de s’imposer aux 1 % : redistribution, relance, reconstruction sociale.

Seule une gauche qui croit en la gauche, et fait une politique de gauche, et qui s’unit sur un  programme de gauche, peut nous sauver du désastre.

« Le Courrier Picard » : Gérard Filoche : réponses aux questions d’actualité

Publié le 04/12/2015

Propos recueillis par DENIS DESBLEDS

Gérard Filoche, ancien dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire, inspecteur du travail à la retraite, membre du bureau national du Parti socialiste, participe, mercredi 9 décembre, à 18 h 30, au Repaire d’Abbeville. Gérard Filoche est un farouche opposant à la politique menée par le Premier ministre Manuel Valls et le président Hollande, et réclame la démission d’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie. Son adhésion au Parti socialiste, les élections régionales, l’état d’urgence, la ferme des Mille vaches, le droit du travail : il confie ses convictions au Courrier picard.

 Gérard Filoche, lors d’une de ses interventions télévisées, à propos de la défense du Code du Travail.

Gérard Filoche, vous avez été dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire. Avez-vous adhéré au PS par entrisme, c’est-à-dire la volonté de changer ce parti de l’intérieur pour qu’il soit plus à gauche ?

Je ne suis pas entré au PS par entrisme, mais pour l’efficacité. Cela fait 53 ans que je suis syndiqué à la CGT. J’ai toujours défendu l’augmentation des salaires, le droit du travail, la retraite à 60 ans, une sécurité sociale pour tous, et des conditions de démocratie sociale qui permettent que, dans les entreprises, ceux qui produisent les richesses soient respectés et reçoivent la part qu’ils méritent. C’est ça qui m’a motivé toute ma vie, et qui me motive au sein du Parti socialiste. J’y suis entré parce que, finalement, c’était son programme, à l’époque. Je pensais que ce serait le meilleur endroit pour défendre, après beaucoup d’autres expériences, ce à quoi je crois.

Aujourd’hui, pensez-vous que c’est toujours le meilleur endroit ?

C’est même l’endroit privilégié, c’est là où toutes les questions se jouent, se débattent et se tranchent. Selon la façon dont le débat au sein du PS évoluera, la gauche évoluera ou pas. Imaginez que Manuel Valls réussisse à écraser ce qu’il y a de socialiste dans mon parti, vous aurez un désastre comme dans la gauche italienne. Imaginez que je gagne, et vous aurez la possibilité de sauver le Parti socialiste comme Jérémy Corbyn est en train de sauver le Labour party (NDLR, en Grande-Bretagne).

Vous êtes membre du bureau national du PS, et pourtant l’un des plus farouches opposants à la politique du gouvernement sur bien des points. Vous combattez la politique de François Hollande, vous appelez à la démission d’Emmanuel Macron. Pourquoi restez-vous encore au PS ?

Je suis socialiste, et il y a des gens qui veulent que mon parti cesse d’être socialiste. Je défends l’histoire, la continuité, je dirais même l’honneur de mon parti.

Pour les régionales, vous appelez à faire barrage au FN et à la droite. Mais si la gauche perd au premier tour, que va-t-il se passer, selon vous, et que direz-vous à l’électeur de gauche au second tour ?

C’est une question terrible, puisque le choix est entre se désister pour laisser passer un Xavier Bertrand qui nous fera du mal, ou ne pas se désister pour continuer à faire vivre la gauche au conseil régional, et risquer d’avoir une Le Pen qui nous fera encore plus mal. Vous me permettrez de dire, dimanche soir, selon les résultats, laquelle de ces deux solutions je retiendrai. Je redoute absolument d’être obligé de faire qu’il n’y ait plus de socialiste au second tour. Ce serait terrible, mais en même temps je veux tout faire pour que Le Pen ne gagne pas. Je n’exagère pas, pour moi, c’est l’équivalent des fascistes des années 30 adapté au goût d’aujourd’hui.

Quelle est votre opinion sur Pierre de Saintignon, le chef de file du PS aux régionales dans le Nord – Pas-de-Calais – Picardie ?

M. de Saintignon est un bon à mes yeux. Je le soutiens même plus particulièrement par rapport à d’autres candidats. Il a cherché à faire une campagne sociale, il a eu un courage assez extraordinaire dans votre région, car on a dit de lui qu’il était inconnu. C’est un homme de très grande valeur qui connaît très bien, sans doute le mieux, la région par rapport à ses adversaires. Il n’est pas du tout dans la ligne de Valls. Ce dernier ne va pas à Lille, c’est Cambadélis qui y va, alors qu’il avait prétendu qu’il allait faire toutes les régions. Il y a conflit, puisque Pierre de Saintignon a remis Valls à sa place en disant que ce n’était pas le moment de dire que le FN allait gagner. Valls voulait fusionner les listes de Pierre de Saintignon et de Xavier Bertrand.

Sur votre blog, vous dites « halte à l’état d’urgence et à ses abus manifestes », en référence à ce qu’il s’est passé dimanche 29 novembre, place de la République à Paris. Fallait-il ne pas utiliser l’état d’urgence après les attentats ?

Absolument, je suis contre l’état d’urgence. J’ai signé un appel avec 332 personnes contre l’état d’urgence. Je suis contre l’interdiction de manifester. Ça n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme. Au contraire, pour lutter contre le terrorisme, il faut plutôt mobiliser notre peuple, plutôt accentuer la démocratie, faire que tous les citoyens soient concernés. Plus on aura une société mobilisée, plus on sera capable d’isoler les crevures et les tueurs. Si on va vers un ordre policier et policé, ce sera plus facile pour les terroristes. Je ne vois pas pourquoi on a interdit la manifestation de dimanche 29 novembre. C’était une manifestation écologique qui cherchait à influer sur la COP21. Il n’y avait aucune raison de l’interdire et je ne vois pas pourquoi on a fait des déploiements policiers qui ont abouti à des heurts. Il n’y en aurait pas eu sans ça. Dans toute la France, des manifestations ont été tolérées et il ne s’est rien passé de mal. Ç’aurait été pareil à Paris si ce système policier n’avait pas été déployé. De plus, ils ont repris les bonnes vieilles méthodes. Les plus anciens se souviennent d’un ministre qui s’appelait (Raymond) Marcellin, qui savait habiller des flics en casseurs pour provoquer, et arrêter des gens par groupes en les gardant dix ou douze heures au commissariat de façon à les décourager de manifester. Or, le droit à la manifestation est un droit constitutionnel inaliénable et je ne vois pas pourquoi on le mettrait en cause parce qu’il y a le terrorisme. J’aurais été pour qu’on permette, après les tragiques événements du 13 novembre, un défilé avec 10 millions de manifestants dans tout le pays. C’est beaucoup plus fort qu’un Etat policier.

Parlons agriculture. Quelle est votre position sur la ferme dite des Mille vaches, située à quelques km d’Abbeville ?

L’apport de l’industrie à l’agriculture a été historiquement décisif mais il y a des limites, quand la mécanisation aboutit à une agriculture et à un élevage malsains, aussi bien pour les animaux, que pour les productions, que pour les usagers. Les conséquences sont néfastes pour la qualité du lait, la qualité de la viande, sans compter les conséquences économiques sur les autres producteurs, obligés de s’aligner sur une concurrence de ce type qui dépasse toutes les bornes. Je ne suis pas un fanatique du bio, des petites exploitations, etc. Enfin, je préfère le poulet qui court dans l’herbe à celui qui est en batterie. Quand on le mange, on voit la différence. Il y a des raisons de combattre cela, pour les agriculteurs eux-mêmes, pour les animaux, et pour les usagers. Je ne suis pas pour aligner nos méthodes avec celles des États-Unis, par exemple dans le cadre des négociations du TAFTA (NDLR, le projet d’accord commercial transatlantique).

Vous êtes un farouche défenseur du droit du travail, que les gouvernements successifs ne cessent de vouloir réformer. Comment résister à la démolition du code du travail, puisque c’est le titre d’un de vos livres ?

Quand François Hollande déclare, lors de sa conférence de presse de septembre, qu’il faut adapter le Code du Travail aux besoins des entreprises, c’est une rupture avec un siècle d’histoire de France. Cela a commencé depuis la catastrophe de Courrières (dans le Pas-de-Calais), en 1906, avec un millier de morts au fond de la mine, et le patron qui demande que la mine reparte alors qu’il y avait encore des survivants (NDLR, et que les recherches avaient été abandonnées), avec des arguments un peu comme ceux de Pierre Gattaz (NDLR, président du MEDEF) aujourd’hui – « sinon, je vais être obligé de fermer la mine, ou je vais vous licencier »… À l’époque, il n’y avait pas BFM TV, ni I-Télé, mais les gens étaient très choqués. Alors, on avait choisi de séparer le ministère de l’Economie du ministère du Travail pour que les droits du travail échappent aux exigences de l’économie. Dans la foulée, le Code du Travail est né en 1910. Ça fait un siècle qu’on adapte les entreprises au droit du travail. La contre-révolution que nous annoncent Valls et Macron, c’est que maintenant on va l’adapter aux entreprises, c’est-à-dire le contraire de ce qu’on a fait pendant un siècle en France. Le droit du travail, c’est un droit de l’Homme. La qualité d’un code du travail, c’est l’indice qui permet de mesurer le degré de civilisation. Valls a dit : « Ce ne sera pas une réformette, ce sera une révolution. » Non, non, non. Ce sera une contre-révolution. Il s’agit, dans les intentions qui sont aujourd’hui affichées, de casser ce que le mouvement socialiste a fait pendant un siècle.

Quelqu’un qui veut adhérer au PS, comment sait-il s’il sera dans une section proche de vos idées, ou dans une autre proche des idées de François Hollande ?

Il ne sait pas mais ce n’est pas gênant. Le parti socialiste est un parti pluriel. Je ne suis pas pour les partis où tout le monde pense la même chose. Je suis même pour un grand parti de toute la gauche. Dans le parti socialiste, c’est la proportionnelle qui prévaut. Le courant auquel j’appartiens a obtenu 30% des voix au dernier congrès. Sur 58 membres au bureau national, nous sommes 18 de ce courant. 30 %, c’est 25 000 voix. Il y a des sections qui sont pour l’opposition de gauche, et d’autres pour Cambadélis ou la majorité. Très peu soutiennent Valls. Il ne s’est jamais compté, il ne ferait sans doute pas plus de 5%. Si Emmanuel Macron soumettait sa loi au bureau national du PS, il serait battu.

Mais sa loi passe quand même.

Le problème aujourd’hui, c’est la Ve République. Depuis 1962, le pouvoir personnel l’emporte sur la démocratie, sur le Parlement et sur les partis. Les pouvoirs sont tellement concentrés que le président élu au suffrage universel fait ce qu’il veut. Et visiblement, le président que nous avons actuellement fait le contraire ce que le parti socialiste avait voté quand lui-même avait fait campagne. Si je relis le programme du PS pour la mandature actuelle, le projet était de reconstruire et de renforcer le code du travail, et non pas de le détruire.

Repaire (café-débat) d’Abbeville, au Crofter’s, boulevard Vauban, près du théâtre, mardi 9 décembre à 18 h 30.

Ils ont fait condamner Laura Pfeiffer à Annecy pour le compte de Tefal

De : Syndicat CGT (CGT)
Envoyé : vendredi 4 décembre 2015 09:38
Objet : Condamnation Laura

Aux membres de la CEN, aux sections locales

Salut,

Les camarades présents à Annecy ce matin nous informent du délibéré, notre collègue est condamnée
-       3500 euros d’amende avec sursis
-       1 euros pour chaque partie civile (encadrants de Tefal)
-       2500 euros au titre des frais d’avocat engagés par Tefal
-       Inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire – ce qui peut ouvrir la voie à une procédure disciplinaire et une décision de la ministre sur l’incompatibilité avec les fonctions exercées.

Plus d’informations en cours de matinée. Un communiqué est en cours de finalisation.

Partout réunissons les collègues, faisons circuler l’information, envoyons des messages à la ministre, au DGT, au DRH
secretariat.elkhomri@cab.travail.gouv.fr
myriam.elkhomri@cab.travail.gouv.fr
yves.struillou@travail.gouv.fr
joel.blondel@sg.social.gouv.fr

a+
Julien pour le BN

De : « IDF-UT75 Syndicat-CGT (UT075) » <idf-ut75.syndicat-cgt@direccte.gouv.fr>
Objet : 13h devant le Ministère du Travail
Date : 4 décembre 2015 11:45:34 HNEC

Suite à la condamnation de Laura,
Rendez-vous devant le Ministère du Travail
Aujourd’hui à 13h

Un rendez-vous a été demandé par les OS à la ministre à 14.

En PJ la déclaration interOS CGT-SNUTEFE-SUD-CNT-FO + interpro du 74 sur la condamnation de Laura
Et sur le site : http://cgt-tefp.fr/declaration-cgt-sud-snutefe-cnt-fo-affaire-tefal-notre-collegue-condamnee-un-jugement-honteux/

Pour se rendre au rassemblement : métro Varennes, absence couverte par chèques syndicaux

 

information syndicale le 3 décembre

Après avoir été mise sous pression par sa direction à la demande de TEFAL, après un avis du Conseil National de l’Inspection du Travail reconnaissant clairement les pressions indues, après un procès éprouvant et après 6 mois d’attente: l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer entendra vendredi  le verdict du tribunal.

Par les propos tenus à la presse et lors du procès du 16 octobre, par les choix qu’il a opérés, le procureur de la République confirme que la seule chose qui est reprochée à notre collègue, qu’il n’hésite pas à traiter outrageusement de « voyou », est d’avoir fait son travail et d’avoir mobilisé les organisations syndicales de son ministère.

La mobilisation des agents du ministère le 5 juin puis le 16 octobre était nécessaire et importante. Une centaines de collègues de la région parisienne étaient descendus le 16 octobre pour manifester leur opposition à l’atteinte à l’indépendance des Inspecteurs du travail.

Si Laura en vient à être condamnée, c’est l’inspection du travail toute entière qui va en pâtir.

vendredi 4 décembre
Si Laura est condamnée, un rassemblement avec les collègues d’Ile-de-France est envisagé à 13h au Ministère (métro Varenne) pour interpeller la Ministre du Travail.

http://plaintetefalsolidarite.wesign.it/fr

 

Déclaration CGT-SUD-SNUTEFE-CNT-FO – Affaire Tefal : notre collègue condamnée, un jugement honteux

Publié le 4 décembre 2015 par CGT

A la suite de l’audience du 16 octobre 2015 ayant vu comparaître, à la suite d’une plainte de l’entreprise Tefal, une inspectrice du travail (Laura Pfeiffer) et un ancien salarié lanceur d’alerte, notamment pour vol et recel de documents, la décision a été rendue : nous apprenons que l’inspectrice du travail a été condamnée, sur les deux chefs d’accusation, à  3500 euros d’amende avec sursis. De plus l’ex-salarié lanceur d’alerte poursuivi pour vol a été condamné à 3500 euros d’amende avec sursis. Ces condamnations sont inscrites au casier judiciaire. L’ensemble des condamnations est bien au delà des réquisitions déjà fortes du procureur.
Nous sommes indignés et stupéfaits de ce verdict. Si nous attendons de connaître la motivation retenue, nous voulons dès aujourd’hui dire que ce jugement n’est pas audible par les salariés et par l’ensemble de la profession des contrôleurs et inspecteurs du travail : il n’est pas possible de condamner une inspectrice du travail pour n’avoir fait que son travail. Il n’est pas possible de condamner un lanceur d’alerte pour avoir joué ce rôle essentiel d’aiguillon.
Le déroulé de cette procédure et du procès lui-même, constitue une sévère mise en garde à destination des salariés et des agents qui ont pour mission de contrôler les entreprises.
En effet, l’audience du 16 octobre a vu la mise en cause d’un lanceur d’alerte pour avoir mis en œuvre ce droit ainsi que celle d’une inspectrice du travail pour avoir exercé ses missions de base puis dénoncé les pressions visant à faire obstacle à son travail.
Cette audience à sens unique, éprouvante et humiliante pour les intéressés, aura malheureusement été l’occasion d’envoyer un signal fort à tous les travailleurs et travailleuses :
L’inspection du travail dérange et il convient de la mettre au pas ! Selon le procureur, il faut y faire le ménage. Il en est de même pour les syndicats, voire le droit du travail comme ont pu dire ou laisser entendre l’avocat de TEFAL dans sa plaidoirie, le procureur dans son réquisitoire ou encore la juge dans ses questions. Ainsi que l’a relevé l’avocat de notre collègue, Maître Leclerc, lors de sa plaidoirie le 16 octobre,  « certes nous ne sommes pas dans un monde de bisounours, c’est d’ailleurs pour ça qu’il y a des inspecteurs du travail », avant de poursuivre « le problème qui est posé ici c’est la place des syndicats dans notre société ».
Laura Pfeiffer et le lanceur d’alerte de TEFAL ont subi un procès honteux.
Honteux car il est le symbole de la collusion entre le patronat et les hauts cadres de l’Etat.
Honteux car cela fait maintenant 3 ans que l’administration du Travail se complait dans un silence écœurant que l’ensemble des agents de l’inspection du travail, aux côtés de Laura Pfeiffer, ne peuvent comprendre.
Honteux car notre mission, protéger les salariés de l’arbitraire, a été piétinée.
Nous n’acceptons pas ce jugement et poursuivrons le combat en appel pour la relaxe, nous poursuivrons aussi nos combats aux côtés des agents et des salariés. Nous étions en colère le 5 juin, nous l’étions le 16 octobre, et croyez bien que nous le sommes encore aujourd’hui car le mépris décomplexé des différents protagonistes pour l’inspection du travail et la condition des travailleurs est insupportable.
Nous demandons :
la relaxe pour l’ex salarié lanceur d’alerte et l’inspectrice du travail
la condamnation publique par la Ministre  de l’entreprise TEFAL pour les pressions inacceptables qu’elle a mis en œuvre  à l’encontre de l’inspectrice du travail
la poursuite devant la justice des procédures initiées par notre collègue
la reconnaissance de tous les  accidents de service de notre collègue
le soutien de la Ministre aux missions de l’inspection du travail, à ses agents et tout particulièrement à Laura Pfeiffer.
Nous appelons l’ensemble des collègues et des salariés à organiser des assemblées générales afin de mobiliser sur ces revendications.
Annecy, le 4 décembre 2015

cf textes ci dessous dates du 16 octobre

 

Laura Pfeiffer : Tefal a retourné la machine des puissants de Haute-Savoie contre elle

http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2015/10/17/un-soutien-de-haut-vol-a-l-inspectrice-du-travail-et-au-lanceur-d-alerte …

Cela fera date dans la série des grands procès historiques iniques : l’inspectrice du travail Laura Pfeiffer à été jugée le vendredi 16 octobre à Annecy à la place du patron de Tefal, de son directeur du travail et…  du procureur. C’est un procès à front renversé : elle a raison à 100 % tout le monde le sait, mais la machine des puissants s’est retournée contre elle.

Figurez-vous qu’elle avait établi que l’entreprise Tefal commettait de nombreuses infractions. Elle rédige procès-verbal comme il se doit. Le patron de Tefal entreprend le directeur du travail pour lui demander de la museler. Celui-ci y répond favorablement : il réussit même en échange à obtenir un stage pour l’une de ses parentèles chez Tefal. Voilà l’inspectrice obligée de se défendre à la fois de son directeur et du patron Tefal.

A ce moment-là un salarié de Tefal découvre des documents dans une photocopieuse de l’entreprise le visant lui (« faut-il lui fixer des objectifs inatteignables ? ») pour le licencier. En même temps, il découvre les échanges de mels entre Tefal et le directeur du travail sur la possibilité d’écarter Laura Pfeiffer et il les transmet.

Laura Pfeiffer saisit le « Conseil national de l’inspection du travail » qui lui donne clairement raison le 10 juillet. Mais les documents se retrouvent sur internet et devenez ce qui arrive : c’est Téfal qui porte plainte contre l’inspectrice « pour violation du secret professionnel et recel de courriels », et il se trouve un procureur qui décide de poursuivre l’inspectrice et non plus Tefal : il déclare que c’est l’occasion « de faire le ménage à l’inspection du travail ».

Au point que même le directeur général du travail, Yves Struillou est obligé de faire une mise au point le 26 mai 2015: « Vos propos ont suscité un émoi légitime… compte tenu de leur contenu, de leur portée, – eu égard à vos hautes fonctions – et de leur large publicité. » « Le caractère familier et la généralité de vos propos est choquante (…) C’est de nature à favoriser des pressions sur les agents au motif tiré de la nécessité de « faire le ménage ». C’est tout à fait contraire aux dispositions combinées de l’article 4 de la convention 81 de l’OIT du 11 juillet 1947 et de l’article R.8121-13 du code du travail et de l’article 6 de la dite convention : « Le personnel de l’inspection sera composé de fonctionnaires publics dont le statut et les conditions de service leur assurent la stabilité dans leur emploi et les rendent indépendants de tout changement de gouvernement et de toute influence extérieure indue ».

Hélas, le 16 octobre, le procureur a osé requérir 5000 euros d’amende et une inscription au casier judicaire susceptible de faire perdre son poste à Laura Pfeiffer.

On est dans le domaine de la conjuration odieuse : les puissants de Haute-Savoie, patronat, haut fonctionnaire, magistrat se sont ligués pour faire oublier les fautes de Tefal, il n’ont pas hésité à se coaliser pour accuser de tous les maux la courageuse inspectrice qui avait pour mission républicaine de les combattre. Nous étions 1000 à Annecy ce jour là pour soutenir Laura Pfeiffer, mais ce sont des millions qui doivent se soulever contre une aussi grossière et énorme imposture. Jugement le 4 décembre.

 

Gérard Filoche