In Le Monde : des dirigeants d’un magasin Leclerc ont été jugés pour la séquestration de salariés et travail dissimulé – Que croyez vous qu’il arriva ? ce sont ceux de Goodyear qui ont été punis

je reproduis là exceptionnellement en entier un article de Francine Aizicovici.
c’était en 2013. Mais on est en 2016 a l’heure de Goodyear condamnés à 24 mois dont 9 fermes
la le procureur réclamait un mois avec sursis. condamnation dérisoire, on n’est décidément pas a goodyear
Je pourrais rappeler et commenter par petits bouts cet évènement chez Leclerc, mais il parait plus « vrai » inoui, comme ça, brut de coffrage.
Ca ne fait pas la « une » comme Goodyear.
On va nous dire que c’était un événement isolé mais je vous jure que non : des dizaines de milliers de patrons sont capables, ont fait ça – et pire que ça. Il y a probablement un milliard d’heures supplémentaires dissimulées dans ce pays, soit l’équivalent de 600 000 emplois. Et Valls Macron, Combrexelle, Badinter et cie de l’oligarchie vont dans quelques jours nous annoncer qu’ils libèrent encore plus les heures supp’, leur paiement, leur contrôle, leur majoration pour plaire à Gattaz en cassant le code du travail.
ils suscitent, ce faisant, une haine qui un jour, ne va plus se tenir.
GF

Le Monde.fr | 16.11.2013 à 06h16 • Mis à jour le 17.11.2013 à 16h23 | Par Francine Aizicovici

Partager (8 687) Tweeter

image: http://s2.lemde.fr/image/2007/06/29/534×267/929491_3_a66f_le-gouvernement-a-assigne-en-justice-le-groupe_1bb3b7150f56875e478f650c46374cb2.jpg

Le gouvernement a assigné en justice le groupe Leclerc, le 20 novembre. La pomme de discorde est une clause insérée dans les contrats de Leclerc avec ses fournisseurs.

Les patrons sont parfois séquestrés, les salariés, très rarement.

C’est pourtant un tel fait qui a mené des dirigeants du supermarché Leclerc de Montbéliard (Doubs) devant le tribunal correctionnel de la ville, jeudi 14 novembre. Ils sont accusés d’avoir séquestré, en 2006, une cinquantaine de salariés durant environ une heure dans une réserve afin de les soustraire au contrôle inopiné de l’inspection du travail. La CGT s’est portée partie civile. Une vingtaine de salariés ont demandé le paiement d’heures supplémentaires ainsi que des dommages et intérêts pour leur enfermement dans la réserve.

L’audience a duré treize heures, le temps d’essayer d’éclaircir de nombreux points de cette affaire exceptionnelle. Le 30 juin 2006, vers 21 h 45, le magasin est en plein inventaire quand arrivent des agents de l’inspection du travail, de l’Urssaf et des policiers. L’inspection enquête sur une comptabilisation suspecte des heures supplémentaires depuis plusieurs mois après des plaintes de salariés. Une partie de ces heures n’étaient ni comptabilisées ni payées. Une ancienne employée a confié, dans L’Est Républicain du 17 novembre 2011, qu’elle avait établi de faux relevés d’heures, mentionnant 37,5 heures par semaine alors que des salariés en faisaient 50 à 60.

A la vue des inspecteurs, le directeur du magasin Leclerc ordonne à une chef de département de cacher une cinquantaine de salariés. Ceux-ci sont conduits dans une réserve. Ils se retrouvent dans le noir, avec interdiction de parler, sans savoir pourquoi ils sont là. « Quand j’ai vu les enquêteurs et la police sur le parking, j’ai paniqué, je savais qu’on ne respectait pas les amplitudes horaires » légales, a reconnu le directeur à la barre. « J’aurais dû réagir mais je ne l’ai pas fait, a admis, de son côté, la chef de département. J’ai suivi [les ordres] sans comprendre les enjeux. »

DIFFÉRENTES VERSIONS POUR UNE « FRAUDE MASSIVE »

Comment s’est passé la séquestration ? L’enfermement aurait duré de 20 à 60 minutes. Certains salariés ont affirmé que le local avait été fermé à clé, la chef de département disant, elle, qu’elle a maintenu la porte avec son pied. « C’était comme si on nous faisait passer pour des travailleurs clandestins », a souligné une salariée dans L’Est Républicain du 17 novembre 2011, ajoutant avoir été « suivie par une psychologue » ensuite.

Pour Sébastien Bender, avocat du directeur du magasin et de la directrice des ressources humaines (DRH), qui a plaidé leur relaxe, on ne peut pas vraiment parler de séquestration. « Le directeur n’a pas donné l’ordre d’enfermer les salariés mais de les cacher. Et personne ne s’est opposé à aller dans le local », affirme-t-il. Mais peut-on s’opposer aux ordres de son patron ? M. Bender a une autre explication : « Certains salariés ont dit qu’ils avaient pensé qu’ils allaient faire l’inventaire de la réserve, d’autres qu’il y avait le feu. Même dans la réserve, personne n’a demandé à en sortir. »

Des salariés ont pourtant indiqué s’être sentis « oppressés » dans le local. Mais M. Bender a un doute. « Une personne a déclaré avoir joué au foot dans la réserve. Il n’y a pas deux versions identiques. » De même, il y a plusieurs versions de la libération des salariés. Etait-ce après le départ des inspecteurs ? Ou bien, comme le dit M. Bender, « au bout d’un quart d’heure, quand le directeur a donné l’ordre de remettre les salariés dans les rayons par petits groupes », après avoir réalisé qu’il avait « fait une bêtise » ? Le tribunal devra trancher.

En tout cas, « c’est la première fois qu’on arrive à prouver une fraude massive, a souligné la direction du travail dans Libération du 20 octobre 2006. Mais à côté de ça, il y a quantité d’affaires qui n’aboutissent pas faute de preuves et parce que les gens qui viennent se plaindre d’heures sup non payées veulent rester anonymes. Les heures sup, c’est la grande plaie du secteur de la grande distribution (…). Il y a une chape de silence. »

« LE NERF DE CE DOSSIER, C’EST L’ARGENT »

Après cet épisode, le PDG de la société SAS Montdis, qui gère le magasin, « s’est excusé auprès des salariés, indique M. Bender. Une prime a été versée aux 92 qui avaient été présents ce soir-là, dont les 40 qui étaient dans la réserve ». La chef de département, qui est la fille du PDG, et la DRH n’ont pas été sanctionnées. Le directeur a reçu une mise à pied de dix jours et est toujours à la tête du magasin. Depuis cet incident, une pointeuse a été installée.

« Le nerf de ce dossier, c’est l’argent », a lancé le procureur lors du procès. La séquestration, a-t-il ajouté, « c’est l’aboutissement d’une gestion uniquement tournée vers le profit financier, jamais vers l’humain. » Une vision que conteste M. Bender : « Le magasin gagne autant d’argent, voire plus, maintenant, alors qu’il y a la pointeuse et que 50 salariés ont été embauchés depuis. »

Le procureur a requis 200 000 euros d’amende à l’encontre de la SAS Montdis pour travail dissimulée ; 15 000 à l’encontre le PDG pour travail dissimulé, obstacle à la mission de l’inspection du travail et paiement de salaires inférieurs au minimum conventionnel ; 2 500 euros d’amende à l’encontre la DRH et 6 000 euros à l’encontre le directeur du magasin ; ainsi qu’un mois de prison avec sursis assorti d’une amende de 2 500 euros pour la chef de département pour séquestration et obstacle à la mission de l’inspection. La décision du tribunal sera rendue par le tribunal le 23 janvier 2014.

Francine Aizicovici
Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/11/16/des-dirigeants-d-un-magasin-leclerc-sont-juges-pour-la-sequestration-de-salaries-et-travail-dissimule_3514890_3234.html#zPUVd1KFHyT4O3Rc.99

copie world de la Une D&S231

« Merci patron » un excellent film tonique et drôle de François Ruffin

François Ruffin m’avait envoyé son film et bien que je connaissais son talent j’ai mis, je ne sais pourquoi, entre mes différentes activités, du temps à le visionner. Mais qu’est ce que j’ai eu tort ! Quand je m’y suis mis, j’ai tout de suite senti, le « coup » jubilatoire : on partait d’un descriptif des méfaits de l‘oligarchie contre le « petit » peuple salarié de notre pays pour arriver à une super fête des sens : comment arnarquer un arnaqueur ?
Il faut dire qu’arnaquer Arnault, le prendre la main dans le sac, est jouissif : c’est un de deux milliardaires de France (avec la célèbre Mme Bettencourt) qui possèdent plus que 20 millions de Français. Chacun le sait (sauf l’OVNI Macron, l’ami promoteur d’Uber), on ne peut pas être milliardaire et honnête, c’est impossible. Pour être milliardaire, en tête du palmarès des 78 milliardaires français, il faut en avoir commis des crimes économiques anti sociaux, il faut avoir triché, volé, pillé, licencié, spéculé, siphonné, pompé, surexploité, pendant des générations et des décennies et des années.
Et là voilà un petit rendu, un petit geste forcé, étonnant, surprenant, curieux, à faire pipi de rire. Alors voyez le film de François Ruffin « Merci patron ». C’est pas souvent que vous côtoyez Arnault en vous marrant comme ça. Bravo François Ruffin.
Gérard Filoche

merci patron V3

François Hollande à ce jour et avec sa stratégie est un candidat perdant pour 2017 Comment sauver la gauche en 2017 ? Comment ne pas être au 2° tour devant un choix LR et FN ?

• Par gerardfiloche pour D&S n°231 janvier 2016

Certes on peut espérer un mouvement social qui change la donne. Cela peut arriver et nous y travaillons. Un mouvement social serait le meilleur remède contre les trahisons du gouvernement Hollande, Valls, contre la casse du code du travail, contre le blocage des salaires et la hausse pharamineuse des dividendes, contre le chômage de masse et la misère sociale. La situation est tellement explosive qu’un tel mouvement peut survenir à tout moment. François Hollande s’est moqué de ceux qui allaient « chercher des manifestants en Grèce alors qu’il n’y en avait pas en France » et de « ceux qui invoquaient sans cesse le thermomètre des luttes ». Qu’il prenne garde cela peut arriver tant la contradiction est grande entre la politique qu’il défend et celle qui est attendu par des millions de nos concitoyens de gauche. Des millions de salariés sont indignés par le traitement discriminatoire réservé à ceux d’Air France et de Goodyear.

Certes, des millions de militants, d’électeurs sont désemparés, en colére, déçus, abattus, divisés et « n’y croient plus ». On entend tous ces désespoirs dans les réseaux sociaux, dans les réunions, dans les associations et syndicats. La division fait rage dans les rangs de la gauche trop prompts à s’excommunier et à s’accuser sans réfléchir suffisamment. Après cinq ans de « macroneries » a contrario de tous les espoirs du « discours du Bourget », il y a des arguments pour désespérer en effet. La gauche-Uber cette fois aura fait pire que dans 100 ans de son histoire. Avec Blum, Mauroy, Jospin, on progressait, de 40 à 39 à 35 h, on gagnait du Smic, des congés, des droits, des retraites, de 65 à 60 ans, des protections, du respect. Là avec Hollande et Valls, on a perdu, ils ont même remis en cause ce qu’ils défendaient quelques années auparavant en tant que socialistes. Même sur des questions démocratiques : déchéance nationale, état d’urgence, amnistie des syndicalistes, droits des délégués du personnel et CHSCT, élection des prud’hommes… Dire que Francois Hollande défendait le repos dominical et promettait aux salariés de Goodyear d’interdire les licenciements boursiers tout en promettant l’amnistie des syndicalistes…
Mais pourquoi se résigner, pourquoi baisser les bras, pourquoi accepter la défaite sans combat ? La gauche avait tout il y a 3 ans à peine : l’Assemblée, le Sénat, la présidence, 2 villes sur 3, 61 départements sur 100, 20 régions sur 22. La politique Hollande Valls Macron a fait perdre tout ça, 5 défaites en 3 ans, elle a mis deux fois Le Pen en tête, le 29 mai 2004 et le 6 décembre 2015, elle a éliminé la gauche de régions entières, le désastre du 13 décembre donne 388 conseillers FN et 355 conseillers régionaux PS seulement. Si cela prouve que la politique Hollande est un désastre, cela ne prouve pas que le pays a viré à droite ni que la gauche a perdu : car LR et FN ne gagnent pas tant en voix qu’en pourcentage, et l’écrasante majorité des électeurs de gauche n’a pas basculé à droite mais vers l’abstention.

La gauche c’est le salariat. La gauche c’est ceux qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Le salariat c’est 93 % des actifs, on est très loin des vaines menaces « d’ubérisation » que les Macron/Valls-Uber essaient de tourner contre lui. Le salariat, c’est aussi la jeunesse en formation, le salariat c’est les chômeurs provisoirement et injustement privés d’emploi, le salariat ce sont les retraités dont l’existence ne dépend pas de l’épargne, mais de la retraite par répartition. Le salariat n’a aucune raison de perdre, de se démobiliser: ceux qui cultivent, ils existent, la « politique café du commerce », en pronostiquant des évènements irrationnels pour 2017 ou 2002, cela n’a aucun intérêt. On doit, lutter dans le cadre des calendriers réels, sans laisser perdre de temps, (si certains ont les moyens d’attendre, ce n’est pas le cas de la majorité de notre classe sociale) il y a urgence sociale, 6,15 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres, 50 % des salaires en dessous de 1670 euros, on ne spécule pas pour après-demain, on combat pour aujourd’hui, et on est pressés, très pressés, chaque jour, chaque lutte, chaque argument, et aussi chaque vote comptent.

Car ce qui n’était ni bon ni acceptable sous Hollande, doit être rejeté, mais pour autant tout ce qui menace de venir n’est pas égal. Les yeux doivent être ouverts, les approximations et les ignorances faciles doivent être écartées. Ce sera mille fois pire en misère et inégalités sous Sarkozy-Juppé et dix mille fois pire, avec menaces vitales, sous Le Pen. La victoire de LR et FN nous ferait perdre ce qui nous reste encore comme salaires et dignité. LR ce sera la 5° semaine de congés en moins, la fin des 35 h et de la durée légale du travail, la fin du smic, la retraite à 65 et 70 ans. FN, parti à direction fasciste, ce sera une écrasante défaite historique de cent ans de luttes sociales, un retour à Pétain. Aucune raison de s’incliner devant un pareil horizon. Il faut battre les défaitismes, les Cassandre, les résignations, les capitulations, les divisions. On a les forces sociales et politiques suffisantes, et même majoritaires à la base, pour empêcher le désastre en 2017 et renverser la mauvaise vapeur.

Que nul à gauche ne vienne donner des leçons. Unité et respect entre tous ! Nul n’a pu empêcher ces dernières années de casse des droits du travail et donc, des salaires. Pas d’arrogance, pas de supériorité de quiconque. Humilité ! Quand le PS reculait toute la gauche reculait faute de réponse adéquate : le grand remplacement ne s’est pas fait. Qui a lutté avec succès contre l’ANI, la loi Sapin du 14 juin 2013, contre la loi Ayrault contre les retraites du 18 décembre 2013, contre la loi Macron du 8 août 2015 ? Où sont les forces mobilisées ? Ou l’unité a t elle été réalisée efficacement entre forces de gauche et forces syndicales pour mobiliser et barrer la route aux projets scélérats de Valls et Macron ? La polémique interne à la gauche n’aide en rien, elle aggrave tout. Sans unité, dans son histoire, la gauche n’a rien réussi. Elle n’est rien sans rassembler ses forces. Si l’on veut chercher des exemples positifs, il faut regarder en Espagne et les alliances nouées pour Madrid et Barcelone, il faut étudier le Portugal et le compromis passé pour gouverner Lisbonne à gauche, il faut se féliciter en Grande-Bretagne du renouveau du Labour derrière Jérémy Corbyn. Et s’il ne fallait pas signer le diktat du 13 juillet, Alexis Tsipras, dans son courageux petit pays qui fait 2 % du Pib européen, a été dominé par le putsch des ordo-libéraux allemands : sa stratégie est pour le moment une impasse mais il n’a pas totalement capitulé, et ne mérite pas les accusations de trahison lancées sans réflexion ça et là ; l’avenir en Grèce ne peut pas contourner Syriza et il dépend du reste de l’Europe, de nous. De façon générale en Europe, il n’y a pas de voie unique, la reconstruction de la gauche passe à la fois en dehors des partis sociaux-démocrates et en-dedans. Est-ce le moment, en prétendant que « tout est foutu », de mettre des préalables, des exclusives et vetos, d’exiger des scissions, des règlements de compte, est-ce le moment de défendre des programmes indéfendables irréalistes, jusqu’au-boutistes ?

Ou n’est-ce pas plutôt le moment de chercher des accords, d’unir la gauche sur des bases réalistes, crédibles, applicables concrètement ? Les « promesses » pas tenues du discours du Bourget de Hollande, on peut les renouveler en mieux et en se donnant les moyens, la force de les faire gagner en les mariant avec le programme du front de gauche et des écologistes ! Mais pour cela, et c’est possible, on le peut, on le doit, la gauche doit se rencontrer se refonder, se donner un plan pour 2017

6 mois pour la méthode et pour la plateforme, 3 mois pour les primaires

Il faut définir la méthode.

 Comment travailler dés aujourd’hui une alternative pour éviter la déroute de la gauche en 2017 ? Sinon en commençant par travailler à une plateforme politique de gouvernement rose rouge verte pour 2017-2022 ? Est-elle possible ? Oui, bien sur, si elle est envisagée comme une plateforme de compromis ni libérale, ni gauchiste, si elle se situe au cœur de la gauche et des écologistes. Elle est possible si elle s’inspire d’un compromis comme celui qui gouverne au Portugal, si elle dépasse la contradiction dans laquelle est tombée Syriza, si elle s’inspire à la fois de la politique indépendante et de la politique unitaire de Podemos, si elle tire parti de l’aspiration qui a permis l’extraordinaire victoire de Jérémy Corbyn dans un Labour qu’on croyait tous perdu.
Qui peut concevoir cette plateforme ? Elle peut et doit être l’objet d’une préparation entre tous les représentants des forces de gauche et des écologistes qui se sentent concernées, acceptent l’intégralité du processus, et manifestent leurs volontés de compromis à gauche. Il ne s’agit pas d’opposer réformisme et révolution, il ne s’agit pas d’opposer programme minimum et programme maximum, mais d’écrire un programme de transition éco-socialiste pour gouverner cinq ans. Il s’agit d’intégrer toutes les composantes de la gauche : il existe 19 partis, 30 orientations en leur sein, et 8 syndicats. La base d’une plateforme doit rassembler et convaincre, pas écarter ni cliver. Elle ne peut être ni libérale, ni sociale libérale, ni gauchiste : elle doit se situer au cœur de la gauche et des écologistes au milieu de toutes les forces rassemblées, veiller à être réaliste, sachant que la France est majoritairement de gauche et que nous viserons, par ce texte, à ce qu’elle s’exprime. Elle décrira moyens et rythmes pour faire les changements essentiels majoritairement plébiscités par notre peuple. Une période de pré-discussions doit forcément avoir lieu dans les partis, syndicats, associations, rassemblements citoyens, pré textes et textes doivent circuler jusqu’à ce que des sortes d’assises permettent de préfigurer des projets affinés publiquement.

Jusque là, et en même temps qu’on discute sur la plateforme, il faut se mettre d’accord sur la méthode : l’idée est d’arriver à une seule plateforme, pour des primaires de toute la gauche, et le but étant qu’un candidat unique de gauche soit ainsi démocratiquement désigné. Car il s’agit non pas de faire des scores de 4 ou 6 ou 10 % sur un candidat ou un autre, le but est ambitieux : il est de booster un seul candidat pour qu’il passe en tête de la gauche, et qu’il soit 2° au premier tour et puisse permettre de rouvrir les portes de la victoire, ce que la politique de François Hollande ne lui permet visiblement plus. Et ce qu’aucun candidat isolé actuel ne peut envisager une seule seconde actuellement.

Nous voulons un candidat unique de toute la gauche et des écologistes, porté par toute la gauche. Seule façon de gagner d’être au 2° tour de 2017 et de pouvoir le gagner.

L’enjeu d’une telle plateforme, le sérieux, le travail, la volonté d’accord qu’elle implique entre tous, sont le garant du processus entier : sans plateforme aucune confiance ne peut exister. La trahison quasi quotidienne de ses paroles par François Hollande, thème par thème, depuis cinq ans, a découragé sinon ruiné beaucoup d’espoirs démocratiques et citoyens. Il faut redonner la confiance en commençant par la politique : ce qu’on peut faire, ce qu’on va faire, comment on peut le faire. Pas de phrases en l’air, pas de libéralisme, ni de révolutionnarisme, il faut conquérir et entrainer une majorité réelle de la société et pour cela, une majorité du salariat, sa force sociale principale, tels qu’ils vivent, comme elles sont, selon leurs aspirations profondes.

Personne ne dictera semblable plateforme, personne ne détient, ni la vérité, ni la science, toutes et tous doivent y travailler ensemble, dans des cercles et commissions, et publiquement. Pareille plateforme rose, rouge, verte, de toute la gauche sociale et écologique peut prendre six mois à se construire, dés lors que le chemin ensuite est clair : primaires puis acceptation par tous de l’issue de ces primaires pour un candidat unique qui défendra la plateforme.

L’essentiel est la plateforme de la gauche et des écologistes

En même temps, vite, on peut commencer à définir une pré-plateforme commune éco-socialiste : c’est possible si elle prévoit la rupture avec l’austérité, une relance pour combattre le chômage de masse, une réforme profonde bancaire et fiscale, une redistribution des richesses en commençant par la hausse des salaires et des minimas sociaux et la taxation des dividendes, par le combat frontal contre la fraude fiscale, par la reconstruction d’un fort droit du travail, le contrôle des licenciements et la baisse de la durée du travail, la retraite à 60 ans, l’extension des services publics et de la sécurité sociale, et un ensemble de mesures démocratiques qui engagent vers une VI° République sociale, laïque, parlementaire, écologique, féministe, internationaliste.

On peut penser qu’en fait ce ne sera pas difficile : un gouvernement rose rouge vert aurait pu voir le jour à tout moment depuis quatre ans, si l’élu de l’Elysée l’avait envisagé et voulu. Mais évidemment cela impliquait de rompre avec l’orientation droitière, suicidaire de Valls, Sapin, Macron, Rebsamen et Cie, ce qu’à aucun moment en dépit des conseils, suggestions, propositions, François Hollande n’a jamais voulu faire. Pourtant réforme fiscale, bancaire, redistribution, hausse des salaires, droit du travail, lutte contre la fraude fiscale, orientation éco-sociale, tout cela était naturellement dans les bagages depuis 5 ans, mesures accessibles et réalistes. Il n’y avait pas depuis 2012 une « seule politique possible ». Il n’y avait pas que la soumission à la finance prônée par les Jouyet, Macron, Sapin, Moscovici Merkel et Schauble. La France c’est 20 % du Pib européen, dix fois plus que la Grèce, elle a d’immenses moyens d’action au sein de l’UE dont François Hollande a refusé de se servir sous prétexte de ne pas affaiblir une Europe qui s’est justement effondrée à cause de ses refus d’agir.

Une plateforme d’un gouvernement rose rouge vert, éco-socialiste, serait une ouverture, un début, et si elle réussissait, (ré)ouvrirait espoirs et mobilisation sociale. Selon le degré de ces mobilisations, il serait possible d’aller plus loin dans la transformation sociale, en s’appuyant consciemment sur un renouveau de la confiance et de la démocratie vivante.

Une telle plate forme pourrait être finalisée en quelques jours par une réunion de « sommet » des forces politiques concernées et présentée, discutée à des millions de militants et citoyens de gauche. Il faut en passer par là pour qu’elles soient toutes associées. Mais pas seulement : différents moyens de travail collectifs, sont envisageables, planifiables, organisables avec précision, grâce à tous les réseaux sociaux (ils n’existaient pas au moment de la rédaction du programme du Front populaire encore moins du CNR). Dés lors qu’un calendrier est fixé, et une méthode de travail rassemble, avant le premier semestre 2016, avant fin juin, un projet public peut être sur la table.

L’organisation de primaires de gauche et des écologistes :

Nous n’avions pas à D&S été des partisans acharnés des « primaires ». Mais nous avons vérifié que 3 millions d’électeurs s’étaient déplacés en 2011 pour des primaires socialistes : ce fut un grand évènement que chacun doit désormais intégrer dans la bataille pour une présidentielle (tant qu’il existera une présidentielle, car nous pensons tous qu’il faut remettre en cause le pouvoir personnel et redevenir une démocratie parlementaire, après 50 ans d’exception malheureuse).

Là, en 2017, à cause du passif de ces 5 ans où la gauche a été la plus piteuse de son histoire récente, nous savons combien l’obstacle est difficile à franchir. Les régionales ont démontré la menace des le Pen et de LR puisqu’il y a maintenant 388 conseillers régionaux FN contre 355 conseillers PS, ce qui est une débâcle sans pareille pour nous tous. Oui, le plus probable paraît être un 2° tour entre LR et FN, ce qui nous pousse, parce que là il n’y a pas de triangulaire en 2017, à voter le moins pire contre le pire, ce qui entrainera une démoralisation, un découragement, une absence de perspective politique, de repères, et donc, des défaites cuisantes sur tous nos droits, sous la droite.

Il faut créer une extraordinaire dynamique pour contraindre François Hollande à ne pas piétiner la gauche : la balle sera dans son camp, il ce ne sera pas facile pour lui, s’il y a une plateforme commune large de la gauche. Car évidemment, la victoire lui est interdite à cause de son bilan. Déjà avec quatre ou cinq candidats de premier tour à gauche entre 1 et 12 % il a perdu. Mais avec un candidat boosté par un travail de six mois sur une plateforme commune associant des centaines de milliers de militants, la partie a des règles totalement changées.

Un autre horizon s’ouvre à gauche.

Vu son refus d’écouter pendant cinq ans tout ce qui lui a été proposé, un retournement de sa part, laisserait sceptique des millions d’électeurs, et un refus d’entendre de sa part aboutirait au même résultat. D’ailleurs, il a tranché : pas de primaires, sa stratégie c’est une étrange « triangulation » où il s’imposerait par la force institutionnelle, marchant sur les plate-bandes de la droite, s’efforçant d’être en tête à tête avec le FN pour imposer à la gauche de se rallier, battue, contrainte et forcée. Pareil passage en force cynique induit démoralisation, démobilisation et… échec. Non seulement il n’y a aucune ambition sociale dans cette stratégie, mais il théorise que l’affrontement se ferait sur les valeurs pas sur les salaires ! Qu’est ce que ca veut dire « valeurs » et pas salaires ? Ca veut dire ce genre de combat lunaire sur la « déchéance de la nationalité » et, en même temps, la casse du code du travail et la liquidation des droits collectifs pour des CPA (comptes personnels d’activité).

Un candidat unique de toute la gauche et des écologistes en 2017 seule chance d’être au 2° tour et de gagner

Ceux qui craignent des schémas genre « Hollande se présente et prend la tête des primaires » ne raisonnent pas correctement. Les primaires sont dans les statuts du PS et l’Elysée n’envisage déjà pas une seconde de s’y plier. C’est tranché. Même des primaires ouvertes socialistes sont une menace pour François Hollande, il a été tellement loin vers l’autre camp, que la gauche lui en tiendra rigueur et que les appels au vote « utile » ne marcheront que partiellement : pas suffisamment pour sauter les obstacles. Et dés lors, même un candidat de la gauche socialiste, dans une primaire socialiste, récolterait des millions de voix en soutien et ferait une percée à la Corbyn. Hollande étant le perdant, des millions de gens vont rechercher un gagnant. C’est possible dans des primaires de toute la gauche sur une plateforme commune, la plateforme donnerait confiance, les primaires donneraient envie, et on peut se fixer l’objectif de 3 millions et plus de participants. Pareille dynamique écarte la reconduction de la politique suivie depuis cinq ans !

Et là il faut aller jusqu’au bout : pareil processus change la donne pour l’élection présidentielle elle-même, car un candidat qui aurait franchi tous ces obstacles, porté par un score populaire sur une plateforme unitaire retrouverait toutes les chances de la gauche d’être au 2° tour et d’affronter soit LR soit le FN et gagner contre eux. Il serait un « candidat unique de la gauche », celui qui aurait refusé des primaires serait en déphasage… Réfléchissez bien, il n’existe pas d’autres moyens, d’autre espoir sérieux, réaliste. Beaucoup rêvent d’un « Podemos à la française », d’un renouvellement de la vie politique, de la démocratie, des garanties militantes, ne voilà t il pas une méthode, un processus, un moyen adapté à notre situation nationale pour y parvenir ?

Ne cherchez pas le nom du candidat ou de la candidate à ce stade, il ne s’impose pas, il ne peut être créé que par le processus, il y en aura 6 ou 7 ou 8 qui se présenteront au premier tour de la primaire mais 2 seulement au second tour, que le ou la meilleure gagne, il s’agit de choisir le meilleur défenseur de la plateforme, et celui ou celle qui l’emportera sera transcendé, transformé, valorisé par l’engouement majoritaire, unitaire de la gauche. Même s’il n’a jamais été élu avant. Même s’il est « neuf ». A contrario, tout candidat qui s’écarterait de ce processus, n’aurait guère de légitimité, ni de résultat. Et tout candidat choisi serait ensuite, comme jamais, dans l’histoire, sous le regard vigilant, le contrôle actif, de ceux qui auraient élaboré la plateforme et auraient voté pour lui aux primaires. On peut dégager ainsi une énergie extraordinaire, inédite.

Tout candidat qui veut avoir de réelles chances et ne pas « figurer » marginal, aura intérêt à passer par tout ce processus et à le faire réussir. Et en retour il en recevra une consécration dynamique qui changera la donne. C’est pourquoi il faut faire converger tous les appels, toutes les démarches, tous les efforts unitaires, ceux pour « des primaires » (comme celui lancé par 30 personnalités d’un secteur de la gauche dans Libération le 11 janvier), ceux pour un accord politique de la gauche, ceux pour un candidat unique de la gauche.

Oui, on peut, on doit gagner en unifiant la gauche et les écologistes sur une plateforme de gauche et un candidat de gauche unique, et battre la droite en 2017 !
Gérard Filoche, le 11 janvier 2016

Les attentats contre Charlie et du 13 novembre ne sont pas contre la France mais contre l’Humanité

Ce qui fut le plus frappant du souvenir de la grande manifestation du 11 janvier 2015 c’était sa totale extériorité aux tentatives d’exploitation chauvines, nationalistes, racistes, réactionnaires. Notre peuple est grand. Pas parce qu’il est « français » parce qu’il est humain.

4 millions de personnes ont manifesté, il y a un an, le 11 janvier à la suite du terrifiant assassinat de nos amis les dessinateurs de Charlie hebdo et des autres victimes. C’est une de ces grandes mobilisations dont notre peuple est capable depuis la Libération, Charonne, Mai 68, Novembre-décembre 1995, pour les retraites en 2003 et 2010, chaque fois que nos libertés fondamentales et nos droits sociaux élémentaires sont en jeu.
Le climat de ces manifestations était républicain, positif, fraternel, constructif. On étaient tous pluriel et laïques. Ceux qui craignaient ou espéraient des sentiments de revanche, sécuritaires, autoritaires, sectaires, ont bien vu que ce n’était pas le cas, nulle part.
Le crayon a été brandi comme une arme, un symbole, à des millions d’exemplaires de la fête, du droit de tout dire et de rire. « Je suis Charlie », signifiait parmi les manifestants, une forme de défi à tous les interdits, avec humour corrosif, plaisir des caricatures et amour de la vie. Il régnait un grand sentiment de complicité et de liberté dans tous les cortèges.
Nulle part, dans aucun des milliers de rassemblements, de cortèges, il n’a été signalé une banderole avec « unité nationale » : la dominante n’était pas la chasse au terrorisme, c’était : « Liberté j’écris ton nom ». Personne n’a demandé de s’armer comme au USA ni un « Patriot act » encore moins la peine de mort ou « la guerre ».
C’était un peuple mêlé, debout, conscient, qui voulait plus d’égalité, plus de budget pour l’éducation, pour la culture. L’aspiration majoritaire était à combattre les inégalités qui engendrent les haines, à redistribuer les richesses, à de meilleures écoles, de meilleurs logements, du travail, à redonner du sens social, de l’espoir collectif, à notre société.

Le vendredi 13 novembre 2015, nous étions encore des millions à être visés par les attentats : professeur, graphiste, informaticien, chercheur, serveur, restaurateur, juriste, éditeur, artiste, maquilleuse, étudiant, musicien, commercial, employé de banque, chauffeur, livreur, charpentier, communicant, administrateur, contrôleur des impôts, technicien, apprenti architecte, rugbyman, journaliste, avocat, douanier, programmateur, chanteur, sportive, rédacteur, brigadier.
Nos noms étaient : Hyacinthe, Fabien, Lucie, Domi, Valeria, Matthieu, Victor, Cécile, Manu, Maud, Germain, Ludovic, Amine, Djamila, Yannick, Asta, Milko, Elif, Nohémie, Francois-Xavier, Gregory, Patricia, Elsa, Luis Felipe, Juan Alberto, Nick, Lola, Guillaume, Elodie, Mayeul, Ariane, Alban, Manuel, Ciprian, Fabrice, Thierry, Baptiste, Quentin, Hugo…
129 morts, 350 blessés, ils venaient de Venise, de Suresnes, de Berlin, du Burkina Faso, de Neuilly, de Montpellier, de Normandie, du Congo, de Tarbes, de Marne-la-Vallée, d’Asnières, de Cherbourg, de Ceyrat, d’Epervans, du Maroc, de Belgique, de Biarritz, de Californie, de Lambersart, de Madagascar, du Chili, d’Espagne, d’Amiens, de Colchester, d’Algérie, de Bobigny, de Saint-Tropez, de Tonnerre, d’Alsace, de Gondecourt, de Nancy, de Sancerre, de Bagnolet, de Tunisie, du Brésil, de Suède, du Portugal, de Roumanie… renoi ou rebeu.. 21 nationalités, loin par-delà les frontières et le périphérique.

Ils étaient, nous étions, tous mélangés, car c’est ça notre République, elle n’est pas que tricolore, c’est ça notre pays, il est ouvert, accueillant, pluriel, multiculturel.
Ce n’était pas la race blanche, ni le cocorico chauvin, ni la décadence des riches, ni une quelconque « identité nationale » qui étaient visés, c’était notre peuple si fécond, si joyeux et si divers. Le match de foot était international, un des restaurants s’appelait « le petit Cambodge », le rock était « hard » : ceux qui ont expliqué que « Charlie » était allé trop loin, que disent-ils ? Que la musique était trop forte au Bataclan ? Toutes les victimes avaient le même sang et la même joie de vivre. Les assassins venaient de Belgique et leurs menaces visent tous les pays d’Europe. Ce n’est pas seulement une « nation » qui a été visée, c’est l’humanité entière qui est touchée.

Alors c’est ça qui rend surréaliste que le débat qui en sorte soit un débat restreint caricatural, sur la « déchéance de nationalité », sur « l’indignité nationale » sur la « déchéance nationale pour les binationaux ou pour tous » ou pour les « apatrides ». C’est lunaire. Pire, c’est à l’opposé de ce qu’il faut faire, il faut associer tous les autres peuples menacés, pas se barricader de façon ridicule dans les limites du notre.

« Moi, président », j’aurais parlé au nom de l’Humanité à Versailles et je n’aurais pas cédé aux sirènes de la « triangulation » pour obtenir les applaudissements de la droite et de l’extrême droite sur des thèmes franchouillards nationalistes.

« Moi président » je mettrais fin à tout cela puisque c’est une impasse, jamais il n’y aura les 3/5° au Congrès, puisque chercher à recréer des « apatrides » au lieu de l’internationalisme, est une voie sans issue.

Intervention au BN du PS lundi 4 janvier 2016 : ni déchéance de nationalité ni casse du code du travail

Bonne année 2010 à tous, …(..) pardon, lapsus, 2016, mais le temps passe vite il faut dire chez nous autres socialistes, bonne année 2016 donc.
Il y a 5 ans à peine, en 2010 on combattait tous ici la proposition de Sarkozy d’introduire la déchéance de la nationalité, je tiens les nombreuses citations à disposition
Et aussi en décembre 2010, on célébrait le 100°anniversaire de la naissance du code du travail, 1910-2010, on condamnait la droite qui l’avait « recodifié » et on appelait à le renforcer.
Voilà en 2016 qu’on dit et fait le contraire

Qu’est ce qui nous a amené à changer ainsi en 5 ans ? Pas le réel comme dit Alain. Rien dans le réel ne nous pousse à ça ! Au contraire ! Ce qui nous pousse à ça, c’est pas la réalité ni le réalisme, ce sont de mauvais choix politiques et de mauvaises décisions qui nous font rompre avec la gauche et menacent l’existence de notre parti. Au point de perdre toute les élections dans une France qui nous avait donné tous les pouvoirs, il y a seulement 3 ans.

Il faut se souvenir qu’on y allait fortement, carrément, dans un cas comme dans l’autre, en 2010, car c’est pas vrai « qu’on n’était plus mou dans l’opposition qu’aujourd’hui », comme vient de le suggérer Daniel,
Non, à l’époque Manuel Valls comme tous nos dirigeants, François Hollande inclus, dénonçaient vigoureusement avec des mots vifs « la déchéance de la nationalité comme ne servant à rien, en aucun cas à éviter d’autres meurtres, disant que « c’était nauséabond et absurde », toutes les vidéos l’attestent.

Oui Henri, à l’époque, on ne nuançait pas parce que c’était pour nous une question de principe, de PRINCIPE.

Et en effet, ce n’était pas une question d’opportunité, mais de fond. Rien dans la vie réelle, depuis, ne nous a donné une sérieuse raison de changer sur ces principes : ce n’est pas le réel qui nous entraine c’est l’irréel et un irréalisme commandé par… le pouvoir personnel.
Ce pouvoir personnel que nous n’avons jamais voulu, moi, comme toi Daniel, tu le rappelais pour toi, je l’ai combattu depuis 1962, ce fut même un de mes premiers balbutiements politiques, je sais qu’il s’impose, mais on n’est pas obligés de suivre toutes ses erreurs, d’aller dans le mur avec lui.

Les attentats du 13 novembre n’imposent en rien la « déchéance de la nationalité ». A quoi ça sert de menacer un terroriste de « déchéance de la nationalité française », il s’en fou, être français ou pas, c’est pas une menace, c’est pas une crainte, ni une sanction, c’est un trophée, c’est une gloire pour lui
Comment ça, tu dis que c’est pas pour dissuader les terroristes ?
Bah alors, ça a encore moins de sens.
C’est pour l’exemple ? Alors « on » ne cherche pas l’efficacité, c’est donc autre chose qui est en jeu.
D’ailleurs t’as dit Henri qu’il y avait 14 cas de déchéance de nationalité (puisque c’est déjà permis par la loi actuelle) depuis 2004, moi j’avais le chiffre de 22 depuis 1989, peu importe, personne ne l’a su, ça n’a donc dissuadé personne. Ca ne sert à rien.
Alors tu dis que c’est pour le symbole… envers les autres, c’est un aveu,

Ne me dites pas que c’est pour plaire à l’opinion. Si, l’opinion pensait ça il ne faudrait pas la suivre. Mais elle ne le pense pas. D’ailleurs les sondages que valent-ils ? 96 % « pour » le premier, 86 % le second, 80 % le troisième, mais ce sont des sondages de réveillon ! Attendez que le débat passe en profondeur et vous verrez que cette histoire de déchéance est minoritaire (ce sera comme le TCE de 2005, je n’encourage surtout pas à faire un referendum, d’ailleurs j’ai cru comprendre que cette prudence était partagée, en haut lieu, et ça indique bien le doute).

Rappelez vous la réalité de l’opinion, le 11 janvier il y a un an, il y avait 4 millions de personnes dans la rue, et pas un seul cri raciste, pas un seul slogan pour la peine de mort, pas une seule banderole anti musulmane, pas une seule banderole pour « l’unité nationale » et pareil depuis le 13 novembre ! Notre peuple est grand pas la peine de lui prêter de noirs desseins, de nourrir des craintes.
Le symbole le 11 janvier ça a été « je suis Charlie » et des crayons.
Le symbole après le 14 novembre ça a été « je suis en terrasse », et des fleurs, des bougies, de la fraternité.
Notre peuple veut vivre pas faire des pogroms. Le 13 novembre, c’est l’humanité qui a été touchée pas le nationalisme, c’est l’humain, des humains de 21 nationalités d’ailleurs, qui ont été menacés et assassinés pas seulement des nationalistes à « conforter ». C’est même une erreur de dramatiser là-dessus, ça crée, alimente, un mal qui n’existe justement pas spontanément.

Ce n’est donc pas l’efficacité anti terroriste qui commande ça, ce débat lunaire, c’est une manœuvre politique, c’est une contrepartie donnée à la droite pour qu’elle applaudisse au Congrès de Versailles, c’est une manœuvre pour empiéter sur la droite, marcher sur ses plates-bandes, et ça c’est pas contre le terrorisme, c’est pour 2017,

C’est un plan politique pour « trianguler » à l’occasion des attentats, comme vous dites, pour essayer de doubler LR et FN sur leur terrain, au nom de la « nation », mais ça ne marchera pas, les électeurs préféreront l’original, la droite à la copie qu’on tente d’en faire, ce n’est pas ainsi que François Hollande passera 2° à la présidentielle, il sera 3° et perdra. On perd toujours quand on va contre ses principes. Pour gagner il faut défendre ses principes pas ceux des autres.

Alors ce serait cohérent vient-on de nous dire, avec « l’unité nationale » sur le terrain de la droite, comme en parle Christophe, mais si c’est ça (ou un autre front républicain) c’est encore pire, c’est un non sens, une impasse, c’est perdant, on ne peut pas gagner en remplaçant le social par des mots creux sur les valeurs de la République, la main dans la main avec LR en croyant qu’on va leur piquer leur électorat. On perdra celui de gauche, on ne gagnera pas ainsi celui de droite. Pareil pour la casse du code du travail : tout le monde sait que ça ne sert à rien, ça fera pas un emploi, au contraire ça les détruira, c’est pour plaire au Medef en espérant qu’il nous en récompense, ce qu’il se garde bien de faire depuis qu’on lui fait des cadeaux de ce genre. Pour faire de l’emploi faut contrôler les licenciements, pas les faciliter.

Parce que c’est ça que certains préconisent : personne ici n’est chaud, ça s’entend, pour cette déchéance de la nationalité, personne !

Tout le monde est hostile, et cherche une issue, mais nous dit-on, sans « affaiblir » le président, il faudrait le « conforter ». En bricolant des « indignités » ou des « déchéances républicaines » ou autres. Mais c’est à celui qui nous a placé dans cette nasse d’en sortir, il ne nous a pas consulté car s’il l’avait fait on l’en aurait dissuadé ! En matière de déchéance de la nationalité comme en matière de code du travail.

Qu’il trouve les mots pour s’en sortir, il le faudra et le saura bien, car il n’y aura jamais 3/5° des voix au congrès, la droite ne marchera pas dans la combine, ça échouera, ça va sombrer dans une impasse (comme un précédent en 2004).

Le plus sûr pour gagner en 2017 puisque telle est la question derrière, c’est défendre nos principes c’est pas de les brader. Pour choisir et conforter un candidat il vaut mieux, il faut des primaires, une plateforme et des vrais choix de gauche, c’est plus sur que de « conforter « un candidat en instaurant une « déchéance de la nationalité » et « en cassant le code du travail » : c’est battu d’avance.

Impossible de « conforter » le président en cassant nos principes par prétendu réalisme. Et si vous voulez des propositions contre le terrorisme, une vraie issue, je vous le dis, c’est pas un problème de constitution, ni de nouvelle loi d’exception, d’urgence, ni de Patriot act, ni de « symbole », mais de moyens, de beaucoup de moyens, il faut embaucher des milliers d’enquêteurs, de policiers, de juges, des fonctionnaires, et surtout des éducateurs, des enseignants, développer la culture, lutter contre le chômage des jeunes en banlieue, et leur donner à tous les moyens d’agir, il faut une société humaine, sociale, une république fraternelle, sans inégalités criantes, on me dit que les policiers ont déjà 2 millions d’heures supplémentaires impayées, il faut régler ça, c’est dans cette voie qu’il faut aller et pas dans la course aux symboles, en compétition avec LR et le FN.

Et qu’est ce que vous allez faire ensuite avec votre raisonnement ? On va voter le 18 janvier en BN sur la déchéance ou une solution technique de remplacement mais le 18 on aura aussi le rapport Combrexelle sur la casse du code du travail

Et là ça va recommencer et ce sera encore plus massif et lourd car il ne s’agira plus de menacer de sanctionner des terroristes, mais de faire reculer les droits intimes de 18 millions de salariés.

Non seulement j’ai lu ce matin dans les Echos qu’il s’agissait de ne plus majorer les heures supplémentaires, et donc de casser les 35 h, de travailler beaucoup plus en gagnant beaucoup moins. Mais j’ai lu aussi qu’il s’agissait de remettre en cause la durée maxima du travail, la semaine de 48 h maxima, confortée par la directive 93-104, dans l’UE 15 (excepté l’article 18 qui permettait l’opt out en Grande-Bretagne). Il serait prévu qu’il n’y ait plus de demande de dérogation préalable auprès de l’inspection du travail pour faire travailler les salariés plus de 48 h hebdo, ce serait les digues ouvertes, et on revient au 19° siècle, évidemment ça nuira autant à la santé, qu’à l’emploi.

Et qu’est ce que vous allez dire, si le pouvoir personnel et son premier ministre vont dans ce sens ? …

Qu’il ne faut pas s’opposer pour ne pas l’affaiblir, pour les « conforter » ? Mais en acceptant ça vous irez contre tout ce qu’a défendu notre parti, en 2010 comme je le rappelais. Je me souviens, je tiens à votre disposition le communiqué du BN à cette époque, pour dénoncer la « recodification », la loi TEPA sur les heures supplémentaires, pour renforcer le code et les contrôles et les sanctions de l’IT. Car en 2010 on s’est tous opposés à la recodification du Code du travail : pourtant Combrexelle l’avait déjà passé à l’acide, « simplifié » réduit de 10 %, enlevé 1,5 millions de signes, supprimé 500 lois, et il avait crié victoire affirmant que le code simplifié, lisible allait créer de l’emploi. C’était en 2008 et bien sur ça n’a pas marché.

Et ça recommence, cette fois, c’est le gouvernement Hollande Valls qui re-nomme ledit Combrexelle pour le refaire encore plus brutalement contre tous nos principes, contre toute notre histoire. François Hollande a annoncé qu’il fallait « adapter le code du travail aux entreprises » alors que depuis 1910, au contraire, on adaptait les entreprises au droit du travail !

Qu’est ce que vous allez faire, encore emboiter le pas ? Laissez-faire pour ne pas nuire à 2017 ? Pour conforter le président et pas l’affaiblir. Mais c’est une logique folle, c’est ça qui tuera 2017 !

Pourquoi le gouvernement n’a t il pas fait signe aux français – à nos électeurs – depuis le 5° désastre électoral des 6 et 14 décembre ? Une forme de mépris, d’ignorance, de refus de prendre en compte la situation. Or, quand même, aux régionales c’est plus qu’une déroute, il y a 388 élus conseillers régionaux du FN et seulement 355 PS.

Est-ce que les réponses c’est de rejeter encore plus ce que nous disions en 2010, et en 2016 d’aller encore plus à droite en instaurant une « déchéance de nationalité » et en cassant le code du travail ?

Prime d’activité et Smic : payer (avec nos impôts) des compléments au Smic et salaires devenus trop bas à la place des patrons assistés ?

UL CGT Dieppe
04 janv. 2016
Prime d’activité et Smic


Le SMIC

Le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) devrait, d’après sa définition, « assurer aux salariés dont les rémunérations sont les plus faibles, la garantie de leur pouvoir d’achat ». Cela s’entend, bien évidemment pour un emploi à temps plein.

C’est à dire que le SMIC devrait assurer à un salarié sans qualifications, le minimum vital pour renouveler leur force de travail, c’est à dire subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, à savoir: manger correctement, se loger dignement, s’habiller correctement, se déplacer, avoir des loisirs, accéder aux vacances, etc. Tout cela, rappelons-le, pour un salarié sans qualification, ce qui veut dire que dès que les salariés ont des qualifications ils devraient être payés au dessus du SMIC.

Dès le début, les patrons ont contourné le SMIC en créant le temps partiel, qui lui permet déjà de payer de payer des salariés en dessous du SMIC. Puis des gouvernements n’ont cessé depuis des décennies de faire des « cadeaux » aux patrons en les autorisant a ne plus payer les parts patronales et salariale de cotisations du salaire brut. Enfin des « aides » de toute sortes, de tous niveaux ont été accordées aux mêmes patrons pour faire travailler les salariés sans les payer décemment : elles s’élèvent, selon la Confédération CGT à un total de 220 milliards. Elles font du patronat la catégorie sociologique la plus assistée du pays. ce qui en incluant le CICE de 40 milliards ne suscite aucun retour puisque le chômage ne cesse d’être alimenté.

Depuis sa création, l’indice des prix ne reflétant pas réellement l’évolution des prix, et surtout n’étant pas un indice reflétant l’évolution du pouvoir d’achat des salaires, le gouvernement décidait de « coups de pouces » au Smic pour le réévaluer un peu plus que l’indice des prix. Depuis quelques années le gouvernement ne le fait plus.

En 2016, le SMIC ne permet plus de subvenir à ses besoins

Le patronat et les libéraux tirent à boulets rouges sur le SMIC qui serait trop élevé à leur goût. Ils voudraient le supprimer, pour payer les salariés encore moins cher.

Ce qu’ils cherchent à obtenir en poussant au remplacement des « salariés » par des « indépendants », autoentrepreneurs, uberises, ryanisés, loueurs de bras, tacherons à leur compte, ce qui diminue de 50 % le fameux « cout du travail ». (Le travail n’est pas un coût mais une richesse).

Or, à l’évidence, le SMIC ne permet pas à un salarié à temps plein de subvenir à ses besoins. Le nombre de SDF explose, or de nombreux SDF sont des salariés payés au SMIC, preuve qu’un smicard ne peut plus accéder au logement. Le nombre de logements indécents augmente. Les critères d’accession ne permettent plus à un Smicard sans enfant d’accéder à un logement dit « social », qui n’est d’ailleurs plus une « Habitation à Loyer Modéré » (d’où son changement de nom).

La prime d’activité:

La loi du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l’emploi, dite loi Rebsamen, a mis en place une prime d’activité qui remplace le RSA activité et la prime pour l’emploi.

Prétendument créée pour inciter les travailleurs aux ressources modestes — qu’ils soient salariés ou travailleurs indépendants — à l’exercice ou à la reprise d’une activité professionnelle, elle devrait être servie à environ 5 millions de personnes.

C’est le faux nez d’une politique antisociale, même si elle va être très utile – et pour cause – à ses bénéficiaires. C’est une fausse redistribution, faite avec les impôts des salariés et qui n’aide que les patrons à ne pas payer ce qu’ils devraient payer en tant que salaire décent.

La prime d’activité sera de 132 €.

Cette prime confirme qu’un emploi payé au SMIC ne suffit pas à subvenir aux besoins d’une seule personne.

Le premier scandale c’est que cette prime d’activité soit versée par la CAF.

Quand on réfléchit à tous ces libéraux qui ne veulent pas d’intervention de l’état, de droits du travail, de contrôles, mais qui se goinfrent d’aides de toutes sortes.

Car les CAF ne devraient servir qu’aux enfants. Elles ont été créées pour financer allocations familiales qui sont beaucoup trop faibles aujourd’hui. A leur création, en 1945, celles-ci correspondaient au versement de quasiment un salaire minimum supplémentaire aux familles de 3 enfants; on en est très loin aujourd’hui !

Ce faisant le gouvernement détourne de l’argent qui aurait dû revenir aux familles, pour remplacer le patronat dans le financement des salaires. Et il dispense les patrons de payer les cotisations consacrées aux allocations familiales ( 35 milliards) . IL diminue de plusieurs façons les prestations familiales ( ce qui tend, sans oser l’avouer, à faire reculer la natalité pourtant favorable en France).

Or depuis le 1er janvier 2015, le gouvernement a supprimé l’ensemble des cotisations patronales sur les salaires au SMIC.

Précédemment la principale ressource de la branche famille était constituée (en 2011):

> De la part patronale des cotisations sociales, qui représentait encore 56,3 % de ses recettes en 2011.

Les 43,7 % restants provenaient en 2011.

> de la CSG (20,9 %) ainsi que….

> … des impôts et taxes affectées (7,1 %), qui comprenaient la compensation d’exonérations de cotisations employeurs inférieures à 1,6 Smic.

En quelque sorte, le gouvernement restitue à une partie seulement des salariés les plus pauvres, des sommes qui auraient dû leur revenir par une augmentation correcte du SMIC, tout en permettant aux patrons de contraindre les salaires.

Ajoutons que le gouvernement refuse systématiquement de décider des coups de pouces au Smic, qui n’augmente ce mois ci que de 0,06%.

Alors, avec la CGT, faisons de 2016 une année de relance des salaires ! C’est urgent !

Prenez une bonne résolution pour 2016: Syndiquez-vous CGT

SMIC : 9,67 € de l’heure, 1 466 € par mois
Daniel Roucous Humanite
Jeudi, 17 Décembre, 2015
infographie_afp_smic.jpg

Le SMIC est passé de 8,03 euros bruts de l’heure à 9,67 euros en 11 ans
Infographie AFP
Le SMIC horaire passe de 9,61 à 9,67 euros bruts le 1er janvier (+ 0,6%), le tarif minimum que doivent payer tous les employeurs.
L e SMIC qui a été fixé au 1er janvier 2016 à 9,67 euros bruts de l’heure (décret n° 2015-1688 du 17 décembre 2015), c’est le tarif minimum légal que doivent payer les entreprises à tous les salariés, embauchés sous CDI (contrats à durée indéterminée) comme sous CDD (contrats à durée déterminée) y compris saisonniers et si utilisation de titre ou chèque emploi-service (article D3231-5 du code du travail).
Deux exceptions :
- les conventions collectives ou des accords interprofessionnels ou d’entreprises peuvent prévoir une rémunération plus favorable que le SMIC
- les apprentis quel que soit l’âge, les jeunes de moins de 26 en contrat de professionnalisation et les jeunes salariés (moins de 6 mois d’expérience) âgés de 18 ans ou moins peuvent être rémunérés à un pourcentage réduit du SMIC (voir chiffres)
- les stagiaires ne sont pas payés au SMIC mais perçoivent une gratification équivalant à 15% du plafond horaire de la sécurité sociale (*), soit 3,60 euros de l’heure après deux mois de stage chez le même employeur + d’infos sur https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises
Pour les salariés payés au mois qui effectuent la durée légale de travail, soit 35 heures par semaine ou 151,67 heures mensuelles, c’est 1 466,65 euros bruts par mois.
Toute heure au-delà de 35 heures par semaine est rémunérée en appliquant un % en sus du SMIC horaire (125% au-delà de 35 heures jusqu’à 43 heures inclus, 150 % au-delà de 43 heures).
Attention si les avantages en nature et les primes à la productivité sont inclus dans le SMIC, doivent être versés en sus (article L2211-1 du code du travail) :
- les frais effectivement supportés par les salariés,
- les primes forfaitaires telles que les primes au panier, d’outillage, de salissure, de petits ou grands déplacements,
- les majorations pour heures supplémentaires, travail du dimanche et de nuit, jours fériés (à défaut de compensation par des jours de repos),
- les primes d’ancienneté et d’assiduité,
- les primes liées à la situation géographique (insularité, barrages, chantiers etc.),
- les primes de transport,
- la participation et l’intéressement.
(*) Plafond de la sécurité sociale pour 2016 = 24 euros de l’heure, 177 euros par jour, 743 euros par semaine, 9 654 euros par trimestre et 38 616 euros pour l’année.

SMIC « jeunes » et apprentis
- SMIC horaire jeunes salariés (moins de 6 mois d’expérience) : 80% du SMIC, soit 7,74 euros bruts, pour les moins de 17 ans ; 90% du SMIC, soit 8,70 euros bruts, pour les 17 et 18 ans.
- SMIC horaire apprentis de moins de 18 ans : 25% du SMIC, soit 2,42 euros bruts, la 1ère année, 37% du SMIC, soit 3,58 euros bruts, la 2ème année, 53% du SMIC, soit 5,13 euros bruts, la 3ème année.
- SMIC horaire apprentis de 18 à 20 ans inclus : 41% du SMIC, soit 3,96 euros bruts, la 1ère année, 49% du SMIC, soit 4,74 euros bruts, la 2ème année, 65% du SMIC, soit 6,29 euros bruts, la 3ème année.
- SMIC horaire apprentis à partir de 21 ans : 53% du SMIC, soit 5,13 euros bruts, la 1ère année, 61% du SMIC, soit 5,90 euros bruts, la 2ème année, 78% du SMIC, soit 7,54 euros bruts, la 3ème année.
- SMIC horaire des jeunes de moins de 21 sous contrat de professionnalisation : 55% du SMIC si pas qualification, soit 5,32 euros bruts, 65% si qualification (BAC pro ou équivalent) soit 6,29 euros bruts.
- SMIC horaire des jeunes de plus de 21 ans et moins de 26 ans sous contrat de professionnalisation : 70% du SMIC si pas qualification, soit 6,77 euros bruts, 80% si qualification (BAC pro ou équivalent) soit 7,74 euros bruts.

A lire en entier sur Médiapart : contre le projet de loi constitutionnelle, l’appel de Pierre Joxe à la gauche vivante

30 décembre 2015 | Par La rédaction de Mediapart
Dans un texte confié à Mediapart, Pierre Joxe lance un appel à la « gauche bien vivante » pour qu’elle rejette le « stupéfiant » projet de loi constitutionnelle sur la déchéance de nationalité. Sur un ton mobilisateur, cette figure du socialisme français – ancien parlementaire, ancien ministre, ancien membre du Conseil constitutionnel, ancien président de la Cour des comptes – souligne « l’effet politique instantané » d’une décision controversée : « Soudain, la gauche anesthésiée se réveille. » Article en accès libre.

Voici cet appel tel que nous l’a confié Pierre Joxe, aujourd’hui avocat au barreau de Paris après un parcours autant administratif que politique, durant lequel, depuis le début des années 1960, il a accompagné la reconstruction de la gauche socialiste autour de François Mitterrand après la débâcle de la SFIO. Député socialiste de 1973 à 1984, puis de 1986 à 1988, Pierre Joxe a été ministre de l’intérieur (1984-1986, puis 1988-1991), ministre de la défense (1991-1993), premier président de la Cour des comptes (1993-2001) et membre du Conseil constitutionnel (2001-2010).

Une gauche bien vivante !

Bonne année ! Bonne nouvelle ! La gauche est bien vivante !

On pensait bien – malgré les mots crispés d’un oracle nerveux au regard sombre –, on savait bien que non, la gauche ne pouvait pas mourir.

Mais aujourd’hui on le voit bien : elle est en pleine santé la gauche, jeune, claire et tonique, affirmant sa volonté avec confiance et s’adressant – comme il convient – à l’armature démocratique de la République, aux représentants du peuple, ceux qui sont les seuls, tous ensemble, à pouvoir faire la Loi, expression de la volonté générale : les parlementaires.

Je viens de lire sur internet l’appel adopté par le Mouvement des Jeunes Socialistes.

Jugez vous-mêmes. Allez les lire !

…//…. suite de la lecture sur médiapart

Pierre Joxe

Avocat au Barreau de Paris
Membre honoraire du Parlement
Membre honoraire du Conseil constitutionnel
Premier président honoraire de la Cour des comptes

L’annonciation faite à Marie mise en perspective

Du Trecento au Cinquecento, les « Annonciations faites à Marie » vues dans les Musées que j’ai visités, de Florence à Rome, de Venise à Sienne, de Turin à Pérouse, m’ont toujours fascinées. Ah qu’il est beau le Gabriel. Et qu’elle est attentive la Marie !

Il faut dire qu’à travers des centaines de tableaux,  refaits sans cesse pendant des décennies, la situation décrite est cocasse : un « archange » arrive, bel homme. Le mari n’est pas là, menuisier, il doit travailler ailleurs. Et « l’archange » propose à la Marie de lui faire un enfant. D’une façon il est vrai particulière puisqu’elle reste « vierge », et que l’honneur sera sauf, on dira qu’il est le « fils de dieu ». Beau coup. GPA. PMA. De quoi faire vaciller la foi des plus solides des anti mariage pour tous.

Depuis le temps que j’en parle avec délectation, ma fille Emma m’a offert à Noël, un livre sur « L’annonciation italienne » et « les perspectives ». Je m’attendais naturellement à ce que ce soit un livre un peu coquin sinon plus. J’imaginais déjà les regards pénétrants et multiples du Gabriel et ceux, intéressés, surpris mais séduits de la Marie. D’autant que mes souvenirs de mes visites assidues aux musées étaient très précis : la gestuelle du Gabriel était plus conquérante et offensive que celle des amoureux des films d’aujourd’hui, et les défenses de la Marie m’ont toujours semblé d’une vulnérabilité infiniment délectable, rarement autant réussie dans les grandes productions de nos jours. J’ai toujours souhaité qu’un éditeur me permette de publier en un beau livre illustré, une bonne cinquantaine d’Annonciation commentées, évidemment pas de façon religieusement orthodoxe mais avec une approche sensuellement intéressante. Hélas l’occasion ne m’en a jamais été donnée. Là Daniel Arasse, à la bibliothèque Hazan pour 18,25 euros ne se consacre pas à l’émotion érotique mais à l’ « histoire de la perspective » d’abord « théologisée » puis « contredite », et enfin « merveilleuse » et « débordée ». Il va de Florence à Venise, de Masaccio à Titien, d’Arezzo à Bellini. Mais le lisant j’avoue que derrière un ton très érudit, il laisse quand même à penser.

Il y dit que dans l’Annonciation s’opère une sorte de « caritas » qui permet l’Incarnation. Vertu et Incarnation. A la politique de l’offre, répond celle de la demande, et Marie, après une surprise légitime, « Ô vierge, hâtez vous de répondre, ô ma dame, répondez par une parole et recevez le Verbe, dites un mot qui ne dure qu’un instant et renfermez en vous l’Eternel. Levez vous, courez, ouvrez ». Ouvrir, Marie ne tarde pas. « C’est par l’ineffable charité divine que le Verbe s’est fait chair » : il y a une façon de dire ça dans le livre sérieux qu’Emma m’a offert, quand même, qui émeut le corps. « Comment cela sera t il ? » demande Marie  et Gabriel répond sans hésiter «  L’Esprit sain viendra sur toi ». Et de raconter que ça s’était déjà fait entre Dieu et Sarah, laquelle, Abraham étant  vieux, avait « ri en elle-même » à l’idée de pouvoir être enceinte, mais « Y a t il quelque chose de difficile pour le seigneur ? » Bah non. Marie répond à Gabriel sans se tromper : « Qu’il m’advienne selon ton Verbe ».

Pour que ça aboutisse à Noël, il faut que ça se passe le 25 mars. J’avais calculé pareil pour moi qui suis né le 22 décembre, alors que mon père René, menuisier, lui aussi, rentrait de 5 ans de camp de prisonnier fin mars 1945. La liturgie du 25 mars nous dit on, « c’est à la fois la création d’Adam, le péché originel, la mort d’Adam, celle d’Abel tué par Caïn, et celle du Christ sur la croix. » Terrible 25 mars ! « L’Incarnation est le moment où l’éternité vient dans le temps, l’immensité dans la mesure, … l’incorruptible dans le corruptible, l’infigurable dans la figure, …l’incirconscriptible dans le lieu, l’invisible dans la vision, l’inaudible dans le son, l’impalpable dans le tangible, la source dans la soif, le contenant dans le contenu, la longueur dans la brièveté, la largeur dans l’étroitesse … » selon Saint Bernardin. Evocateur !

On peut dès lors formuler le « problème artistique » de la « perspective » qui va nous occuper, écrit Daniel Arasse. Difficile aux peintres de « figurer l’Incarnation » !  Ils y font allusion au moyen de motifs accessoires et de détails iconographiques secondaires tout en se concentrant sur un dispositif perspectif centré et symétrique » : on y voit des plans avec des colonnes, des niches, des grottes, des buissons, des portes fermées et ouvertes, des alcôves, des coussins, et des lits.

Je préfère le Gabriel de Domenico Veneziano vers 1445, il a tout en matière de « dispositif centré » : il pointe le doigt, une colonne, une entrée arrondie centrale, une tonnelle avec buisson, une porte fermée, et à la pointe de la branche qu’il tient, jaillissent des lis blancs. Marie en face semble lointaine, barricadée derrière quatre autres colonnes, mais elle s’incline avec émotion et dévotion, les bras souplement repliés mais prêts à s’ouvrir, on voit bien qu’elle rend grâce.

Mais le Fra Bartolomeo 1497 lui ressemble beaucoup.

Les mêmes symboles fleurissent dans chaque annonciation : la colonne, le doigt pointé, l’éjaculat de lys, la porte, le buisson… Fra Angelico nous fait un Gabriel baroque  avec deux ailes florissantes et colorées, un bras tendu à mi hauteur, l’autre au doigt pointé, mais Marie s’est échappée des colonnes et s’est bien avancée pour le recevoir, le haut du corps dégagé, les bras croisés mais plus bas, souplement prêts à s’ouvrir eux aussi.

Gabriel exubérant, coloré, paré comme un paon, c’est aussi Filippino Lippi en 1484, qui résisterait à son déploiement de couleurs vives ?  D’ailleurs Marie s’incline bas.

Perino del Vaga fait un Gabriel en mouvement, incliné, il se précipite vers fougueusement, doigt levé aussi, et Marie dubitative, accoudée, se penche vivement, se tenant même le menton pour contenir  et centrer mieux sa grande attention envers le bel et jeune arrivant.

Avec Piero della Francesca, l’allée arrondie qui les sépare est plus profonde, la porte plus enfoncée, les colonnes plus nombreuses, Gabriel vient de dehors, il est à genoux, membres renfermés croisés masqués, Marie est en apparat et c’est derrière elle qu’est l’alcôve.

Le Gabriel d’Aretino vers 1390, est quasiment en action, il fonce, une main avancée à mi-hauteur, il touche le buisson, l’autre bras arrive pour étreindre, il a le regard braqué sur Marie qui attend dans l’alcôve, déjà presque en chemise, inclinée et volontiers défaite.

Un autre Piero della Francesca en 1455 dessine Gabriel le doigt pointe légèrement recourbée, l’autre main s’engageant, mais là ce sont les gestes de Marie qui expriment le mieux, à la fois la surprise et l’acceptation. « Ah bon » dit une main en l’air, et « mais oui » dit l’autre main très agitée. Le doigt bien dressé c’est encore dans le « maitre de l’annonciation Gardner ».

Ambrogio Lorenzetti fait brandir à la main de son Gabriel, une sorte de branchage serré et gonflé, tandis que l’autre main s’auto-désigne, et dit « oui, c’est bien moi, veux tu entendre mon verbe » ? Le visage est volontaire et déterminé à ne pas laisser passer l’Incarnation, ce grand moment de l’humanité. Marie lève les yeux au ciel mais ses mains parlent pour elle et, alanguies, disent oui.

Il existe un Pietro Lorenzetti où Gabriel a l’air de s’excuser de sa demande et où Marie se tasse dans le fond de sa chambre,  étonnée encore indécise. Gestuelle qu’on retrouve accentuée, chez Ferrer Bassa, 1346.

Guido da Siena fait un Gabriel accourant avec des symboles multiples, avançant et conquérant Marie, ailes, bras, fleurs, branches, déployées, Marie réfugiée dans la tour semble se défendre sans conviction, une petite main à son col, et l’autre, repoussant déjà sa robe.

Duccio 1311 fait un Gabriel impératif, quasi ordonnant le consentement, et une Marie, subissant, tassée sur elle même.

Pietro Lorenzetti place carrément Marie dans sa chambre et à côté du lit acquiesçant à un Gabriel didactique qui sent bien qu’il va l’emporter. Une colonne les sépare seulement.

Le Gabriel de Simone Martini de 1333 dispose lui aussi d’une batterie de branchages inclinés, fleurissant, orientés, et la main levée, s’adresse à une Marie qui minaude carrément. Inclinée comme le repoussant par le haut du corps, semblant le repousser et s’interroger, mais bien assise, le reste du corps bien en avant, exprimant le désir.

Il y a des fois ou Gabriel arrive en sujet volant (Biagio di Goro Ghezzi) tout entouré de traits de lumières (Cristofano Allori 1580) et où Marie paraît carrément circonspecte, l’œil intrigué. Dans le Carlo Braccesco, 1495 Gabriel arrive comme un oiseau, et Marie, surprise, semble s’en protéger.

Et il faut regarder les têtes inclinées des Marie qui disent « oui » avec un fin sourire, et plus ou moins de curiosité pétillante, de complicité immédiate, d’attrait manifeste, sinon carrément d’envie exprimée.

Dans Fra Angelico, on a l’impression que c’est déjà le second rendez-vous et que l’Incarnation est déjà passée par là. Dans Lorenzo di Credi 1485, Gabriel supplie si bien qu’on devine Marie illuminée et gracieuse, qui répond, « mais oui mon ami tout de suite» et lui fait signe de la suivre. Dans Cosme Tura, la Marie en rêve,  le peintre nous fait savoir, à nous, qu’elle ressent le bonheur qu’elle ressent, profondément, à la proposition de Gabriel.

Botticelli les dessine en vis-à-vis, Gabriel, en fait, incliné s’introduit vers la chambre, Marie, encore plus inclinée acquiesce totalement.

Par contre Gabriel est très féminin lui même dans Benvenuto di Giovanni ou chez Francesco di Gorgio 1475.

Par contre dans le Pérugin, 1490, plus de barrière entre Gabriel et Marie rapprochés et visiblement sur le point de conclure comme dirait Michel Blanc. La « perspective » s’estompe.

Dans le Sandro Botticelli, Gabriel et Marie sont déjà si proches, que l’on peut croire que la parade amoureuse est déjà dépassée, ils se touchent presque, l’acte va se consommer sous nos yeux.

C’est beaucoup plus cérémonial chez Léonard de Vinci,  Gabriel se déclare avec solennité, Marie assise, distante, mais avançant déjà subrepticement une main, l’écoute avec beaucoup de chaleur intérieure.

Dans André del Sarto,  1512, c’est Marie qui domine et dirige et va décider de ce qu’elle va répondre à un Gabriel suppliant. Le même peint une scène intimiste entre un Gabriel jeune et ange, et Marie sensuelle et bouleversée, en 1528.

Puis tout se débride avec le temps qui passe. On part vers ce que Daniel Arasse appelle la « perspective débordée ». C’est chaud.

Et hélas, ça va s’arrêter, trop court, car ça devient de plus en plus passionné, romantique, imaginatif. Les scènes d’approche ne sont plus suggérées mais imposées, fortes et parfois mystiques et mythiques. En fait le livre que m’a donné Emma ne permet pas de brasser assez de diversités, de siècles, de pays, de peintres,  pour travailler à celui dont je rêvais. Il permet juste d’aborder le sujet.

On finira par des esquisses des plus beaux, là où, en fait, ça commence : chez le Caravage, 1608,  la scène est torturée, c’est une tragédie et pas un flirt, Marie est agenouillée, et Gabriel la survole en souffrance, lui intime d’accepter.

Chez Véronèse, Gabriel est insolent de lumière, de beauté, de certitude, et domine aussi sa Marie.

Titien 1519, fait accourir un jeune Gabriel échevelé, vers une Marie sûre, forte, et belle, qui l’attend à genoux pour le recueillir.

Tintoret noue une pièce élégante et fine entre les deux qui se disent « oui ». Dans une autre en 1587, Marie est carrément renversée par la fougue de Gabriel…

Et on en est à 370 pages, je reste sur ma faim. Je veux le même avec de plus jolies et fidèles reproductions, sur une période plus longue, et la possibilité de saisir des détails plus riches surtout, chaque fois, les yeux de Gabriel et de Marie.

2015 : un an de combat contre la sinistre loi Macron (308 articles) et ça continue en 2016

Nous avons ici sur ce blog et avec D&S ( cf.site www.démocratie-socialisme.org )combattu la loi Macron dès ses origines en automne 2014.

En octobre 14, nous la décortiquions déjà article par article : elle était à 100 % réactionnaire. D&S 219 de novembre 2014  publiait déjà un quatre pages spécial pour l’analyser. Le 30 novembre, nous publiions une analyse détaillée de l’évolution du texte qui comportait 107 articles. Le 2 décembre(cf ci dessous)  je faisais une longue intervention au bureau national du PS : elle revelait l’analyse de l’ANI du 11 janvier 2013 et de la loi Sapin du 14 juin 2013. (cf livres publiés : « comment résister à la démolition du code du travail Ed le vent se lève, puis au livre qui suit :  « Vive l’entreprise ? ed Hugo et cie).

Nous avons lancé un « appel » à combattre la loi Macron qui a recueilli des dizaines de milliers de signatures. D&S a publié tout au long de l’année 2015, plus de 200 articles détaillés. Une seule grande manifestation de 300 000 personnes s’est tenue le 9 avril. Pres de 80 députés s’apprêtaient à voter conte la loi macron : aussi le gouvernement a t il usé du coup de force du 49-3. Ce passage en force s’est renouvelé jusqu’à la fin et la loi a été promulguée le 8 août 2015. (Tous ses décrets d’application ne sont pas encore publiés, par exemple sur la sécurité des autocars). A la fin, c’est une loi inouïe qui fait 308 articles et qui n’a été voté par personne nulle part.

95 % des médias des 7 milliardaires l’ont soutenu et ils ont prétendu que des sondages indiquaient que 65 % des français l’approuvaient. Mais à l’heure du bilan cette année, 99 % des français ne sont pas capables de dire ce qu’il y a dans cette loi – à part peut être le travail du dimanche – présenté comme un « volontariat » avec « majoration de salaire » ce qui est un double mensonge !

En janvier, dix minutes chez Daniel Mermet ont fait le tour de France avec plus d’un million de visions de la vidéo. En 2015 dans 70 départements, j’ai tenu 150 meetings contre la loi Macron, avec en moyenne 150 participants. Mais aussi des dizaines de passages médias qui ont été enregistrés et rediffusés par les réseaux sociaux. Des journées de formation dans les UD des syndicats CGT. Et des centaines d’articles dans la presse nationale, et même internationale.

Nous avons appelé à la démission de Macron (www.macron-demission.fr) et obtenu près de 20 000 signatures sans effort.

Nous sommes en train de finir la récapitulation des milliers de pages, de discours, de meetings, de médias, 2015 concernant cette loi scélérate sans précédent (et sa plus discrète soeur jumelle la loi dite Rebsamen du 17 août 2015) qui bouleverse la vie quotidienne en France, casse le code du travail, le repos du dimanche, accroit le travail de nuit, facilite le travail dangereux des enfants de 14 à 16 ans, supprime le plancher de 24 h a temps partiel (ANI), permet 3 CDD de suite pour les jeunes, casse l’inspection du travail, les prud’hommes, la médecine du travail, le droit du licenciement et des institutions représentatives du personnel…

Cette loi met fin à la plupart des obligations d’informations des institutions représentatives du personnel, droit pour 97 % des entreprises de plus de 50 salariés de ne plus publier leurs comptes, secret des affaires. Elle impose des reculs du droit pénal du travail remplacé par un “plaider coupable” négocié, plus de pine de prisons pour les délits d’entrave, insécurisation des élus du personnel, reculs des droits des CE, des DP, des CHSCT, des DS. Ainsi que des reculs de l’indépendance de l’inspection du travail, du rôle des inspecteurs du travail,  au niveau géographique, des contrôles en opportunité, et des sanctions pénales. Des reculs considérables des prud’hommes depuis la suppression de l’élection, développement de commissions d’arbitrage sans juges, développement des juges départiteurs et de l’échevinage, limitation par barème des indemnités et de la liberté d’appréciation des juges. Elle consacre la mort définitive de la médecine du travail avec des visites tous les 5 ans par des généralistes. Elle diminue les protections  du travail des enfants de 14 à 16 ans y compris le dimanche et de nuit a partir de 15 ans. Elle simplifie au 1er janvier 2016 les bulletins de paie pour les rendre moins transparents aux salaries : suppression des cotisation patronales pour les familles, et baisse de celles pour les handicaps.  Elle prépare l’instauration d’un nouveau “livret ouvrier” avec carte professionnelle à puce avec individualisation des droits a formation, à compte épargne temps, à pénibilité… tous droits individuels prenant la place des conventions collectives: le « CPA » « compte personnel d’activité » dans une vie « ubérisée » et désalarialisée.  Auxquelles il faut ajouter les libéralisations – des transports SNCF remplacés par les transports en autocar – des postiers affectés au permis de conduire – des charges des notaires ouvertes aux grandes firmes transnationales juridiques – des hôpitaux publics qui peuvent investir dans les hôpitaux et cliniques privées étrangères – la privation et la marchandisation du sang sont permise- La résidence des patrons en faillite est protégée – Les impatriés conservent leurs avantages fiscaux – L’épargne salariale est encore facilitée et détaxée – Des actions gratuites encouragées, une forme de stocks option, les retraites dorées préservées – Les ventes de logements sociaux à la découpe sont (re) permises – avec la privatisation des aéroports de Toulouse, de Lyon et de Nice-  mais une ligne directe -Macron de Paris Est à Roissy air port – la privatisation de l’industrie d’armement… et ce n’est pas exhaustif

Les 106 articles devenus 308 sont tous toxiques. Rien n’est bon dans la loi Macron. Un documentaire de 52′ Camille sur internet le démontre (site D&S).  La loi récente la plus réactionnaire que la gauche ait un jour osé présenter.

Vous trouverez cela dans un livre bouclé le 15 février, en vente le 15 mars, et qui fera le bilan depuis l’ANI, la loi Sapin les lois Macron 1 et Rebsamen, les projets Combrexelle-Badinter, les projets Mettling et Valls (CPA), le projet Macron 2, enfin toute la casse anti sociale la plus phénoménale à laquelle nous n’aurions jamais osé assister. Ce livre aux éditions « le vent se lève » est en cours avec mon ami Richard Abauzit.

 

Parallélement cette année 2016, avec le collectif unitaire « CQFD » « ce code qu’il faut défendre », nous engageons une campagne d’information de 300 meetings dans toute la France  et nous appelons (cf listes des 300 universitaires, intellectuels, experts déjà parue) à une mobilisation de masse unitaire, pour stopper tous ces mauvais et odieux projets.

Valls veut faire de 2016 l’année de la casse du code du travail, nous en ferons l’année de la défense victorieuse du code. CQFD

 

 

Le 2 déc. 2014 à 10:46, Gérard Filoche a écrit :

Intervention sur le projet d’ordonnance Macron au BN du PS mardi 2 déc. 2014

Comment tout dire sur l’ordonnance Macron ?  Moi, je suis comme tout le monde, je n’ai qu’un brouillon du projet, aussi je parle au conditionnel avec point d’interrogation. Mais cela annonce 107 articles dont il faut bien dire que tous sont d’inspiration libérale et pas sociale. Notons la curiosité, que ce soit le ministre de l’Economie qui décide du droit du travail, comme avant 1906. Et pas seulement, il y a dans l’ordonnance, la casse de l’inspection du travail, celle de la médecine du travail, celle des prud’hommes (qui devrait relever de la justice, non ?)  Où est-ce qu’on va avec ce texte ? que vise-t-il ? A nous mettre des dizaines de professions dans la rue, contre le gouvernement, à deux mois des cantonales ? Tout cela en bloquant le Smic ? Mais qui veut cette politique suicidaire ? Quel est le but économique ? Ça ne fera nulle part aucun emploi, ni aucun gain de relance. Tout ce qu’il y a dans l’ordonnance est vieux, vieux, vieux comme les revendications du Medef depuis trente ans ! Quel est le but politique alors ? Signifier au Medef qu’on lui fait des cadeaux sur tout ce qu’il réclame ? Est-ce bien cohérent au moment où le même ministre constate que le « pacte de responsabilité » est un échec de la faute, justement, du Medef  ? Non seulement on leur donne 41 milliards pour rien, mais on casse le code du travail aussi pour rien, puisqu’ils manifestent contre nous quand même ?

Tout cela n’a rien à voir avec la crise … c’est atemporel, mais cela correspond-il aux exigences de « réformes structurelles » (casse des droits, dérégulation) exigées par l’UE et la Commission de l’UE et son chef Juncker ? (celui la même qui a « blanchi » chaque année avec la complicité de 58 grandes entreprises françaises, 100 milliards d’impayés dans nos caisses d’impôts ! Sont-ce ces mêmes entreprises qui manifestent aujourd’hui pour « décadenasser » leurs impôts ? )

 

Sur les 107 articles de l’ordonnance Macron, j’ai pu en étudier avec mes amis, 72, il y a encore des surprises hélas à découvrir avant le dépôt de l’ordonnance au conseil des ministres le 10 décembre. C’est un patchwork avec la « simplification des bulletins de paie » ( pour masquer le salaire brut ?), l’encouragement à la retraite par capitalisation (en renonçant à dix jours de congés payés !), l’autorisation d’hôpitaux à gérer des filiales privées, la distribution d’actions gratuites ou à la vente d’aéroports comme à Blagnac..

Mais je commence ici, au BN, par celle-là qui est immense si elle est confirmée : il s’agit de la MODIFICATION de l’article 2064 du CODE CIVIL et l’ABROGATION de l’article 24 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995 relative à l’organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative. Où ça nous mène ? Est-ce la fin du code du travail, et le remplacement du contrat de travail spécifique par un contrat civil ordinaire ? En effet, l’article 1529 du code de procédure civile explique que, pour la résolution amiable des différends, les dispositions du code de procédure civile s’appliquent « sous les réserves prévues par les articles 2064 du code civil (qui exclut jusqu’ici le doit du travail des conventions amiables) et de l’article 24 de la loi du 8 février 1995 ». Or, l’ordonnance MACRON supprime le deuxième alinéa de l’article 2064 du code civil (« Toutefois, aucune convention ne peut être conclue à l’effet de résoudre les différends qui s’élèvent à l’occasion de tout contrat de travail soumis aux dispositions du code du travail entre les employeurs, ou leurs représentants, et les salariés qu’ils emploient. ») qui exclut la convention entre les parties pour le règlement des litiges en droit du travail qui depuis qu’il existe un droit du travail reconnaissant l’inégalité entre le patron et son subordonné, le salarié, a confié à la juridiction prud’homale le soin de limiter cette inégalité… Qui tranchera en dernier ressort dans ce nouveau cas les conflits du travail ? Ce ne sera plus les prud’hommes ? Il s‘agit bien de faire sauter tout le droit du travail comme le souhaite le Medef depuis que Laurence Parisot a organisé dans les locaux de Wagram pendant trois jours un colloque sur « la soumission librement consentie » pour remplacer la « subordination ». De même lorsqu’elle disait « la liberté de penser s’arrête là ou commence le code du travail ». S’agit il de tout envoyer au civil, comme aux USA oùu le code fait 36 000 pages de ce fait. Où il n’y a donc pas de protection particulière au contrat de travail. Le contrat sera comme entre bailleur et locataire, ou entre voisins égaux, pas entre un employeur et un subordonné, et les droits que donne le code du travail en contrepartie de la subordination seront non invocables. Est-ce cela qu’il faut débusquer en douce dans l’ordonnance ?

Karine parlait à l’instant, des PME, PMI, ETI. Certes, il faut leur donner des droits et des règles, et ne pas se contenter des « conseils de surveillance » façon ANI et loi du 14 juin 2013, ou « code autorégulateur du Medef »… mais il faut savoir que seulement 12,5 % des salariés des PME, PMI, ETI sont dans des entreprises qu’on peut considérer comme indépendantes, 87,5 % sont dans des groupes. Et dans ces groupes ce sont les donneurs d’ordre, les 1000 entreprises qui font 50 % du PIB qui décident et qui siphonnent, par exemple, les aides que l’Etat leur accorde : le CICE, les exonérations, etc… Ce qui rend largement vain le fait de vouloir les « aider »… davantage que le CAC 40, car c’est un système où le CAC 40 et les holdings ramassent tout in fine. Je défends toujours dans notre parti trois lois : 1°) rendre responsables pénalement, financièrement, économiquement, les donneurs d’ordre pour tout ce qui survient dans les marchés qu’ils ont passé avec leurs sous-traitants… 2°) aligner les sous-traitants sur la convention collective du donneur d’ordre le temps de la mission 3°) faciliter la reconnaissance des UES et des groupes, par delà les franchises et autres procédures qui permettent de contourner les seuils sociaux.

En effet on n’a toujours pas de comité central d’entreprise chez Mac Donald. Le contournement des seuils doit être combattu, pas facilité : la Constitution explique que « les salariés s’expriment par l’intermédiaire de leurs délégués ». or 80 % des entreprises qui doivent avoir des délégués du personnel n’en ont pas, seulement 3 % des entreprises doivent avoir des comités d’entreprises (CE) ainsi que des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), et des délégués syndicaux, mais la moitié n’en a pas, vraiment. Sur 1,2 million d’entreprises, il n’existe que 22 000 CHSCT c’est dire si la santé, l’hygiène, la sécurité des salariés sont mal assurées… Vous savez en Allemagne les DP c’est à partir de 5 salariés. De 5… et la moitié d’un conseil d’administration est constituée de salariés… mais le patronat français est tellement rétrograde à côté de ça…

Si on régule la sous-traitance comme je le propose depuis 20 ans dans notre parti, ce qui a parfois été repris mais pas mis en application, on aura de notre côté les petits et moyens patrons contre les gros…Le Medef ne pourra plus manipuler la CGPME, et ceux ci ne manifesteront plus contre notre gouvernement mais contre le CAC 40 qui les pillent.

L’ANI du 11 janvier 2013, devenu loi du 14 juin (mais presque sur tous les points de l’ANI, le contrat et la loi, les deux ! ont été floués, contournés, reniés depuis 23 mois…), prévoyait deux salariés dans les conseils d’administration. Deux, seulement deux… Mais, en ce qui concerne les entreprises de plus de 10 000 salariés qui en ont au moins 5000 salariés en France, soit moins de 250 entreprises… les patrons font tout pour que dans le CAC 40 soient mises en place des « holdings » de moins de 50 salariés pour contourner ce qu’ils ont signé et que cela ne se mette pas en place… Ne parlons pas du fameux plancher de 24 heures pour les temps partiels, je suis intervenu là-dessus, ici depuis la saisine rectificative du gouvernement Ayrault le 22 janvier… Et malgré le report de la date de mise en œuvre, rien n’a été fait dans aucun secteur ou branche concerné, et maintenant le patronat rejette sa propre signature et la loi fidèle qui en a été tirée, ils ne veulent plus de plancher de 24h, il paraît que ca cadenasse les entreprises…

Alors pourquoi leur concéder 12 dimanches ? Pourquoi ? Ce qui sera vendu le dimanche ne le sera pas le lundi, les porte-monnaie ne sont pas extensibles. L’emploi précaire qui sera créé le dimanche sera supprimé le lundi. Le volontariat n’existe pas en droit du travail, c’est le patron qui décide du travail du dimanche, pas le salarié. Ce seront des femmes pauvres et précaires et des étudiants désargentés qui viendront tenir boutique le dimanche. Et tout ca sans augmentation de salaire puisque l’ordonnance Macron ne propose pas de majoration en dessous de 20 salariés, c’est-à-dire dans la majorité des cas !! Et au dessus de 20 ce serait des augmentations par la négociation pas par la loi, résultat quand le travail sera généralisé le dimanche ce sera la fin des « primes exceptionnelles », et quand les magasins seront vides le dimanche, les salariés auront perdu les majorations qui les alléchaient vu leurs trop bas salaires…

Et les enfants que feront-ils le dimanche ? Quelles conséquences dans les quartiers, pour l’éducation, en famille ? Remplacer le loisir par le caddy ? Supprimer le seul rendez-vous de repos commun à toute la société ? Vous savez la Révolution française a perdu le calendrier républicain quand elle a fait des décades, les citoyens préféraient un repos tous les 7 jours plutôt que tous les 10 jours ! Ce n’était pas seulement religieux. Seules les grandes chaînes commerciales en profiteront au détriment des petits commerces qui perdront 30 000 emplois. Ne parlez pas des touristes chinois qui restent 6 jours ½ en moyenne à Paris, leurs tours-operators prévoient les achats à Hausmann, dans le programme en une demi journée, sinon ils achètent en duty free à l’aéroport ! J’ai assisté à la mise en place de la loi Giraud en janvier 1994 (dite quinquennale) où était proposé au Sénat 12 dimanches au lieu de 3… et cela s’est joué à la loterie, 12 ou 7 ou 5, ils se sont arrêtés à 5. Va-t-on faire pareil à 7 ? Le but pour le Medef est idéologique, pas économique, il s’agit surtout de déréguler la semaine et le temps de travail.

Au lieu de généraliser le travail du dimanche et revenir sur les 35 heures, le gouvernement serait bien inspiré de s’intéresser au temps de travail qui ne cesse d’augmenter. Le temps de travail moyen des personnels d’encadrement est de 44,1 heures. Réduire effectivement le temps de travail est le meilleur moyen de lutter contre le chômage : ramener le temps de travail réel à 35 heures, sssssvers les 30 heures réelles est la seule solution lorsqu’il y a 6 millions de chômeurs.

Pareil pour le travail de nuit ! qui débute à 20h, à 21h ou à 22 h ou 24h ? A quoi ca rime ? Sinon à faire mal aux salariés, à leur repos, à leur famille ? A déréguler la journée de travail en plus de la semaine ? A nous éloigner des « trois huit » (8 h de travail, 8 h de loisir, 8 h de repos) ? A nous éloigner des 35 h et des 30 h ? Qui achètera du parfum… à minuit ? Et qui rentrera chez soi en banlieue après ? Pas le patron qui sera sorti au théâtre le soir et le dimanche jouera au golf !

Le travail de nuit, ça nuit. Depuis 1992, et en dépit de l’OIT, il y a en plus 1 million de femmes qui travaillent de nuit en plus. Est-ce dans ce sens qu’il faut aller ?

Rajoutons que la loi va réorganiser l’inspection du travail par ordonnance, renforçant la hiérarchie du ministère au détriment des inspecteurs (disséminés en « unités de contrôle » de 8 à 12 agents, spécialisées et chapotées, avec perte d’indépendance), diminuant le droit pénal du travail, (le remplaçant par des « sanctions administratives » facultatives, avec du « plaider coupable » à la tête du client, sans juges).

Ce recul s’ajoute au fait que les visites médicales seront espacées tous les quatre ans au lieu de tous les deux ans qui succédaient à tous les ans). Elles pourront être faites par des médecins généralistes à la place des médecins spécialisés du travail, ce qui est la mort de la médecine du travail.

Ajoutons la suppression des élections prud’hommes, l’échevinage de facto, la diminution des  conseillers, et on a là une des lois les plus réactionnaires de l’après-guerre, c’est vrai la droite avait initié cela, voulait faire cela, mais l’ordonnance Macron va l’imposer si on n‘y fait pas barrage, nous socialistes. Mais alors qu’on parle du vote des étrangers aux élections locales, voilà qu’on supprime le seul scrutin ou ils pouvait voter nationalement pour les juges de la république, les prud’hommes… On attendra sans doute pour ce qui concerne les tribunaux de commerce opaques, secrets et anti démocratiques, qu’ils soient réformés au XXII° siècle, quant aux chambres de métiers, de commerce, d’agriculture, les élections continueront.

Les licenciements ? Alors qu’il y avait quatre critères pour les licenciements individuels dont des critères sociaux, d’ancienneté, de compétence, de postes… pour hiérarchiser le choix des licenciés, et ce depuis 1945. On en avait discuté avec Jean-Marc Germain lors de l’ANI et de la loi du 14 juin 2013… finalement les critères n’avaient pas été supprimés mais leur ordre modifié (entre ANI, conseil des ministres du 6 mars, loi à l’Assemblée et au Sénat en avril 2013…) puis il avait été donné aux patrons le choix de l’ordre sans hiérarchie juridique entre les critères, maintenant l’ordonnance Macron supprime les critères, carrément ! Ce seront donc dorénavant les plus faibles qui seront licencies les premiers ! On se demande ce qu’on cherche là ? Comme socialistes ? Comme gouvernants ? Comme humains ?

Licenciements encore : l’ordonnance Macron énonce que les plans sociaux seront jugés au niveau des établissements et non plus au niveau des groupes, c’est un renversement du sens de la loi et des jurisprudences depuis 25 ans… Renversement absurde, parce qu’il permet tous les trafics et arnaques par les groupes, lors de la présentation des dits plans sociaux et des licenciements.

Licenciements encore : les salariés qui se verront donner raison par un juge sur leur licenciement sans cause réelle et sérieuse, ou abusif, ne pourront désormais plus être réintégrés, c’est fini. Déjà ils ne l’étaient pas, ou rarement mais, au moins, les patrons condamnés payaient-ils cher le droit de ne pas les reprendre, ça c’est fini aussi.

Faut-il parler du sponsoring d’autocars ? De la pollution ? De la régression ? Cette forme de « troisième classe » pour les jeunes qui ne peuvent payer le train et qui encourront donc davantage les accidents de la route.

Faut-il parler des taxis ? Le groupe multinational Uber low cost, sabote en ce moment les taxis parisiens, pour y mettre la main. Ils rachètent tous les départs dans les hôtels. Ils sabotent les bornes qui marchent et laissent celles qui ne marchent pas. La centralisation des appels recule, il y a 50 taxis dans certains endroits et zéro ailleurs, c’est fait exprès, pour qu’on ait des chauffeurs philippins sur commande, à toute heure, à bas prix au début puis à prix négocié et de plus en plus cher ensuite, sans compteurs. Uber n’a pas réussi à New York, mais l’ordonnance Macron va-t-elle le leur permettre à Paris ?

Faut-il parler des notaires, huissiers, avoués, anomalies remontant à la Révolution française inachevée, et qu’il faudrait transformer en service public enfin ! Faut-il pronostiquer que la réforme en cours va les livrer aux grandes multinationales et ce seront celles-ci, américaines, qui s’occuperont bientôt, « librement » de nos successions ? Doit-on parler de l’ouverture et du partage gratuit des données du registre national du commerce et des sociétés et de ce que ça va donner et à qui ça profitera ?

Bon, je n’ai plus le temps, j’ai été long, mais n’ai pas pu tout énumérer, il nous reste à nous opposer à cette ordonnance et au 49-3 qui nous menace. Ce serait un recul pour le pays, pour les salariés, pour la gauche, pour les socialistes que pareille loi passe.