Chronique Humanité-Dimanche « Au boulot » n°565 : Discrimination sociale par l’âge

Macron a encore refusé de réduire la pauvreté de la jeunesse. Même pas de RSA, seulement un « contrat d’engagement » pour un sur deux des moins de 26 ans : 500 euros à condition de 15 à 20 h « d’accompagnement par semaine » sous condition d’assiduité et d’acceptation des « offres d’activités ». Macron y tient absolument : les jeunes doivent être sous contrôle. Ils doivent impérativement s’occuper sans être assistés. Pas de garantie de revenu.

La France macronienne impose un taux de pauvreté de 21,7 % dans la jeunesse prétendument pour son bien, un des seuls pays européen, 4 sur 27, à ne pas ouvrir de garanties sociales aux jeunes. Le jeune de 18 à 25 ans est considéré comme un majeur sur le plan professionnel mais un mineur sur le plan social. Soit il s’émancipe quelle qu’en soit la difficulté, soit il reste pauvre ou à la charge tardive de ses parents.

Or le travail est raréfié, précaire, et les parents sont paupérisés et de plus en plus incapables de faire face. L’idée macronienne que le versement d’allocations désinciterait les jeunes aux études et au travail est paternaliste et surtout créatrice de misère plutôt que de stimulation. Ainsi 57 % des jeunes adultes restent des « grands enfants » dans le cadre familial où ils coûtent en moyenne 500 euros par mois.

La discrimination sociale s’ajoute alors à celle de l’âge : celles des familles qui, en majorité, n’en ont pas les moyens, renvoient les jeunes à eux-mêmes, à un service d’emploi public défaillant, à des petits boulots ingrats, à des études chaotiques et sacrifiées sans diplôme, à des questions d’isolement, de désinsertion, de santé, d’addictions. Les patrons en profitent, ils abusent des jeunes en CDD, intérim, saisonniers, contrats courts, à bas salaires jusqu’à plus de  29 ans !

A contrario de Macron, réclamer une allocation universelle d’études et de formation pour les 18 à 15 ans est une condition préalable de dignité, d’égalité, d’insertion sociale bien plus efficace pour que la jeunesse accède à des emplois qualifiés.

Gérard Filoche

 

 

 

à Malakoff, 6 nov. : le Titanic coule et la musique continue de jouer.

samedi matin 6 nov. de 10 h 30 a 12 h 30
Malakoff
c’est Sophie Taille-Polian de Génération qui a boosté ça et organisé (salle, buffet, attachés, militants)

invités : Autain, Boutyflat, Faucillon, Gribowski, Lejeune, Rousseau,  Taille-Polian
tour de chauffe, de 7’ sur l’unitéde la gauche, tout le monde est pour et se fait des salamalecs

Rousseau dit quand même que la porte de l’unité n’est pas fermée,

Gribovski regrette fortement pas plus de soutien à primaire populaire

Faucillon aussi parle d’unite

Boutiflat parle au nom du PS, déplore aussi la division

Autain dit qu’elle a tout fait pour l’unité,

Lejeune déplore aussi la non unité

Taillé-Polian aussi,

on est GDS dans la salle, à trois Anne, Fred, Gerard
pas invités à parler, l’unité ça doit etre pour les autres…
au tout début, avant la reunion,  Taillé-Polian et Boutiflat et des militants organisateurs nous ont salué, et des gens individuellement aussi au début, il y a 100 personnes
certains surpris ou heureux qu’on soit là
mais Autain et tous les autres nous ignorent,
quel est le but de cette réunion ? dire qu’on a été pour l’unité mais ce n’est pas la faute des présents si elle ne se fait pas
ils se disent tous, proches du coeur des décideurs mais empêchés par les dits décideurs
en un mot, c’est pas leur faute

la peur de perdre est omni présente
le sujet affiché du débat est « reconstruction de la gauche et de l’ecologie avant ou apres 2022 ? »

aucun projet réel de reconstruction (« ce sera un champ de ruines »  reprend Autain).
tout le monde dit donc « avant » mais parle aussi… législatives et … consigne de vote entre deux tours… entre Macron et Le Pen

en fait implicitement c’est foutu mais faut faire l’effort de faire semblant parce que chez les gens, ça passe vraiment pas
en effet c’est le cas de façon très vive dans la salle qui attend beaucoup mais n’aura rien
aucun proposition d’action concrète

Fred (qui a dû insister pour parler !) fait une très bonne intervention « personne ici n’est responsable de la division mais on est responsables de l’unité »
« c’est à vous d’aller dire à vos candidats respectifs arrêtez de débloquer » il est très applaudi
la salle pas résignée est beaucoup plus colère en faveur de l’unité immédiate que la tribune, pas mal se disent déçus de la reunion
gerard

De: Anne Mejias de Haro
Objet: Rép : Unité…
Date: 7 novembre 2021 08:39:38 UTC+1

Je ne sais pas si ce qui est le plus important est ce qui nous fait rêver ou ce qui va faire de nos vies un cauchemar. Concernant Mélenchon et Jadot, je pense qu’il faut pousser à un accord entre les deux, même si j’ai conscience des écarts entre les deux hommes et les deux formations. Mais après tout, le candidat qui veut la disparition de la 5eme république et du rôle actuel du Président, doit pouvoir envisager de se contenter d’un rôle de premier ministre. Inversement, si le rôle de Président actuel disparaît pourquoi se battre pour l’obtenir.

Nous étions hier avec Fred et Gérard à la réunion organisée à Malakoff et c’était bien déprimant. Mon impression : le Titanic coule et la musique continue de jouer.

Il était très instructif de voir que les participants ayant des fonctions politiques (Sandrine Rousseau, un gars du secrétariat national du PS, Elsa Faucillon et Clémentine Autain et la sénatrice Taillé-Pollian) expliquent qu’ils ont essayé l’unité et qu’ils n’ont pas été écoutés. Mais ils n’ont pas dit qu’ils allaient faire une déclaration publique ou se mobiliser collectivement et publiquement pour faire quelque chose maintenant. Leurs discours ressemblaient beaucoup à la petite musique bureaucratique où le poids des appareils et le jeu des institutions donnent le rythme…Tout le monde semble se replier sur les législatives alors que l’on sait par expérience maintenant qu’elles sont prises dans la dynamique de l’élection présidentielle et qu’elles n’inversent pas la tendance. Très décevant.

Heureusement la salle était plus tonique et Fred est intervenu, très efficacement, pour rappeler la nécessité de l’unité maintenant.

Je suis allée voir l’organisateur pour lui dire que faire une réunion sur la question de l’unité de la gauche sans inviter la GDS était une erreur. Il a évidemment dit que cela n’était pas possible pour des raisons matérielles (cela aurait fait trop d’intervenants).

Ce n’est évidemment pas la raison. Nous n’étions pas conviés parce le but de cette réunion était de s’excuser de renoncer à l’unité et de se replier sur le sauvetage de ce qui risque fort d’être emporté dans le naufrage de la gauche aux prochaines échéances électorales. Le nouveau thème à la mode devient d’ailleurs la « refondation de la gauche ». Pénible !

Anne

 

 

Elle, elle, elle…

Au boulot n° 564 chronique hebdo dans l’Humanité Dimanche 11° année

 

Elle a, chez Danone supprimé 900 emplois dont 230 en France en réussissant pour son compte personnel une plus-value boursière de 1,13 millions d’euros soit 1255 euros par poste supprimé. Elle a, à la tête de Business France, commis 670 infractions au code du travail. Elle est intervenue contre un procès verbal de l’inspection du travail (sans l’avertir) pour réduire la sanction d’un ami chef trois étoiles dont le restaurant ne comptabilisait pourtant pas les heures des salariés. Elle a  autorisé le licenciement d’un syndicaliste de La Poste contre l’avis de l’Inspection du Travail. Elle a qualifié l’exercice du droit de retrait des cheminots de la SNCF après un accident de TER comme « grève illégitime » toujours contre l’avis indépendant des inspecteurs qui appelaient la SNCF à respecter ce droit de retrait.

Elle a imposé des ordonnances pour casser le Code du travail. Elle a supprimé 400 000 emplois aidés. Elle a fait régresser les lois sur la formation professionnelle. Elle a fait une « tuerie » contre les chômeurs, sa « réforme » cassant profondément leurs droits. Elle s’est mis 62 000 euros dans sa poche avec la suppression de l’ISF.

Elle a entravé l’action d’un inspecteur du travail, Anthony Smith et parce que celui-ci intervenait dès avril 2020 à la demande des salariés dans une association d’aides à domicile, pour obliger l’employeur à fournir des masques anti Covid, elle l’a mis à pied. Elle a été l’objet de mobilisations syndicales, citoyennes et politiques qui ont fini par casser cette incroyable décision, l’inspecteur a été ré intégré, le Directeur général du travail a dû démissionner, et elle est maintenant poursuivie devant le Bureau international du travail pour entrave à l’indépendance de l’inspection.

Elle, elle, elle… c’est Muriel Pénicaud. C’est elle que Macron veut nommer au … BIT. Elle est visiblement la plus indiquée pour incarner la France de Macron au plus haut niveau de l’Organisation Internationale du Travail. N’est-ce pas ?

Signez la pétition qui circule contre cette infâme nomination.

Nous avons besoin de vous : signez et faites signer cette pétition https://chng.it/jhdDQNRG2d

Gérard Filoche

 

Macron contr’attaque pour défendre Uber

au boulot n°563        chronique Humanite dimanche 11° année

 

Le Parlement Européen a voté le 16 septembre 2021 une résolution suite aux excellents travaux de la députée Laila Chaibi opposant la « présomption de salariat » contre toutes les plateformes de type Uber, Deliveroo, qui utilisent des « indépendants ».  Ça veut dire que partout en Europe, la cause de la reconnaissance des voituriers, chauffeurs, livreurs avance : vers la reconnaissance d’un contrat de travail qui leur attribue le statut de tous les autres salariés, avec salaire brut et cotisations sociales, les protégeant collectivement du chômage, des accidents du travail, de la maladie, de la retraite. Ce que les employeurs néo-esclavagistes des plateformes numériques se refusaient à leur donner. La France, étant le pays le plus « uberisé » : c’est, depuis sa première loi de 2015, la stratégie politique fondamentale de Macron, de « dépasser le salariat », casser les statuts, supprimer les cotisations sociales.

Macron sent le danger et tente dans  son projet de loi de finances 2022, d’inventer un « tiers contrat » qui sauve ses amis d’Uber. Le nouvel impôt portera sur la marge que dégagent les plateformes de VTC, sur la « prestation de services » pour ne pas donner de nouveaux arguments à la justice pour les requalifier en salariés.  Il s’agit de prélever 2 millions d’euros par an, sur un maximum de 0,5 % des marges pour financer une « Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi. » organisme, imposé par ordonnance pendant la pandémie.

Avec ça, il sera créé un nouvel espace dérogatoire entre le contrat  de travail et le contrat commercial avec un panier restreint d’obligations du salariat mais pas toutes. Une sorte de contrat low cost, un tiers contrat, ni tout à fait salarié, ni tout à fait indépendant, fonctionnant à demi droits avec cette taxe versée par l’Etat au lieu de cotisations versées par le patron.

Les sur-exploiteurs peuvent dire qu’avec Macron il ont un ami sincère, constant et inventif.

Gérard Filoche

 

Pour une plateforme commune de gouvernement EELV, LFI, PC PS, s’engager maintenant

Les échéances électorales de 2022 seront décisives. Il y a trop d’enjeux sur le social, le climat, la pauvreté, l’écologie pour ne pas se rassembler. Ne pas le faire c’est objectivement jouer la défaite. Personne ne devrait l’accepter. Il faut organiser le sursaut pour déjouer le scénario annoncé par les médias ou les sondeurs.

 

Les sondages se trompent souvent dans leurs prévisions 5 à 6 mois à l’avance. Ce n’est pas avec des panels de 700, des marges d’erreur de 3 points qu’on peut analyser ce que sera la situation dans 4 mois. D’autant moins que parmi l’électorat la défiance est forte. Et l’indécision sur le fait de voter ou pas est importante tout autant que les doutes sur le choix à faire sont substantiels.

 

Paradoxe ou réalité cachée ?

 

Ce qui semble certain c’est l’attente massive, réelle de solutions pour le pouvoir d’achat et les urgences sociales, le chômage, la précarité, les services publics … Il en va de même des attentes  fortes sur la question climatique, la transition écologique ou les questions de démocratie, de citoyenneté … C’est la réalité et non pas des attentes sécuritaires, anti immigration ou anti islam !

 

L’enjeu qui nous concerne toutes et tous c’est donc celui d’un débouché politique à ces attentes. Et cela ne peut se faire sans union populaire, sans unité, sans propositions communes. C’est vrai pour la présidentielle comme pour les législatives.

 

Ne pas rejouer 2017

 

Rien ne sera possible avec 7 candidats des gauches et de l’écologie. Mettre tout son espoir dans le fait qu’un se détacherait dans les prochains mois ne semble pas raisonnable. Et quand bien même un se détacherait, il faudrait discuter d’un accord pour que la pression au vote utile soit un mouvement majoritaire pour gagner. En gros, ne pas rejouer 2017 avec 3 candidats de droite ou d’extrême droite – quels qu’ils soient – en tête le soir du premier tour qui éliminent le candidat de gauche du second.

 

D’abord une plateforme

 

Il y a urgence à discuter plateforme tant en terme de mesures d’urgence, que de politiques de moyen terme. Cette plateforme est possible, y compris sur des points tels l’Europe qui pouvaient apparaître faire désaccord il y a peu encore. Il faut y travailler sur le terrain. Dans nos villes et campagnes comme au plan national.

 

Deux à trois mois utiles

 

Le scepticisme existe mais à ne rien faire on est sûr de perdre. Et de préparer des lendemains qui déchantent. Une plateforme pour déboucher sur un accord de législature, un accord pour un programme de gouvernement sur cinq ans doit dons être travaillé maintenant. Tous les candidats et candidates qui partageront cette plateforme pourront alors se rassembler sous un label commun. Qu’ils ou elles soient du pôle écologiste, de celui de l’Union populaire, du PCF ou du PS ou des autres sensibilités de gauche ou issues de la société civile importe peu. C’est le contenu qui entraîne l’unité et le soutien en commun.

 

Si cela est possible pour les législatives, alors ce sera possible pour les présidentielles ! Le temps est compté mais en s’y mettant ensemble on peut y parvenir et on peut gagner avec une campagne forte, énergique, de deux à trois mois en 2022.

 

32 h et hausse de salaire

Au boulot n°662 chronique hebdomadaire dans l’Humanite Dimanche 11° année

Déjà dans les années 90 il y avait débat sur la question de la réduction du temps de travail avec hausse ou baisse du salaire.  Ca recommence pour 2022.

A l’époque des tenants pourtant hardis de la réduction de la durée du travail (c’est la seule façon de faire reculer le chômage de masse) préconisaient la réduction des salaires au dessus du salaire médian, comme s’il était nécessaire de « compenser » les 35 h. C’était évidemment insupportable de diviser le salariat en faisant payer les 35 h de tous par quelques uns.

« La domination de la bourgeoisie n’est fondée que sur la concurrence des ouvriers entre eux, c’est-à-dire sur la division à l’infini du prolétariat, sur la possibilité d’opposer entre elles les diverses catégories d’ouvriers » (Friedrich Engels).

Il faut un mot d’ordre uniforme pour mobiliser ensemble toutes les catégories du salariat. Lionel Jospin gagna l’élection législative de juin 1997, en tranchant dans le vif : « une loi pour les 35 h hebdomadaires sans perte de salaire ». Alors le patronat lui déclara officiellement « la guerre » sur le parvis de Matignon et entreprit (même s’il n’y parvint que très peu) de rogner par tous les bouts l’application des 35 h en proposant des « accords » plutôt qu’une loi, en annualisant le temps de travail et en gelant les salaires. Cela rendit chaotique l’application des deux lois « Aubry » de 1998 et 2000. La 2° loi Aubry commit alors l’erreur de faire des concessions en donnant des aides aux entreprises sans contrepartie d’embauche.

Aujourd’hui, plus que jamais il faut réduire la durée du travail à 32 h (et que ce soit clair : un jour nous irons à 28 h vers 24 h… c’est la logique des progrès technologiques où on « produit » tous plus). Mais à l’heure actuelle où la question de la hausse des salaires est si nécessaire et si décisive, il est impossible de céder : ces 32 h immédiates doivent être faites par la loi ET avec hausse des salaires ! Seul moyen à la fois d’unifier les salariés et de faire reculer le chômage en faisant payer le capital.

 

Gérard Filoche

 

 

Au boulot n°561 La magie du travail à la chaine

 

La ministre macroniste de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher a eu les honneurs de presque toute la presse et elle mérite en effet le pompon : «J’aime l’industrie parce que c’est l’un des rares endroits où l’on trouve encore de la magie au XXIe siècle. La magie de l’atelier où on ne distingue pas le cadre de l’ouvrier, pas l’apprenti de celui qui a trente ans d’expérience, où l’on ne distingue pas celui qui est né en France de celui qui est arrivé par l’accident d’une vie (sic)».

Pour oser dire ça, il faut avoir un président capable lui-même de déclarer : « Le compte pénibilité ? Je n’aime pas le terme donc je le supprimerais car il induit que le travail est une douleur » et aussi : « La vie d’un entrepreneur est plus dure que celle d’un salarié ».

Quelle « magie » dans le travail à la chaine ? Sous le diktat des objectifs chiffrés et du rendement ? Magie de la souffrance physique et mentale ? Du management et d’une hiérarchie stressée par les résultats ? Magie des horaires décalés, du travail de nuit, et des heures supplémentaires impayées ? Manque d’ergonomie, postes de travail inadaptés ? Monotonie des gestes répétitifs ? Préjudice d’anxiété sur l’exposition aux risques professionnels ? Accidents et maladies du travail ? Harcèlement sexiste, raciste, ethnique ? Magie de l’insécurité de l’emploi, du chantage au chômage ? Magie du travail dissimulé, des « travailleurs détachés » sous-payés ?

On ne « distingue pas le cadre de l’ouvrier » ? Oui c’est vrai car ils n’ont tous les deux que leur force de travail à vendre, mais elle n’est pas payée pareil et les bas salaires n’ont rien de magique mais tout de l’injustice et de la surexploitation. Par contre les patrons savent distinguer « celui qui est né en France de celui qui est arrivé par l’accident d’une vie » car ils en profitent pour le payer plus mal.

« Notre pays tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies rémunèrent si mal » avait essayé de dire Macron, la seule « magie », c’est qu’ils ne soient pas encore en train de faire la révolution.

Gérard Filoche

 

 

Mais comment est-ce possible de mentir à ce point ?

Au boulot n° 560 chronique hebdomadaire depuis 11 ans dans l’Humanite dimanche,

 

 

Comme tant de monde, j’en ai trop plein les oreilles des mensonges insensés de la propagande macronienne, c’est au delà de l’insupportable.

Ils nous disent que le pouvoir d’achat a augmenté, qu’il y a plus de chômage, que le gouvernement a déversé des milliards aux pauvres, que les inégalités ont été réduites.

Quel culot ! Ca suffit ! Conformément à son programme affiché dans « Révolution », Macron n’a eu de cesse depuis 2017 (et avant !) de transférer des pauvres vers les riches !

Jamais les fabuleuses richesses produites par notre travail n’ont été aussi mal réparties : on ne le redira jamais assez, il y a 10 millions de pauvres, 20% de précaires, 6,7 millions de chômeurs réels toutes catégories confondues, le salaire médian est à 1780 euros, 7 millions de retraités à moins de 1000 euros, les cotisations sociales abaissées, la Sécu pillée, des millions de jeunes sans ressources, la misère pour les discriminés et les immigrés (pire encore pour les 700 000 travailleurs détachés, aubaine pour les patrons).

Même selon leurs propres statistiques, les 10 % les plus aisés sont les grands gagnants : 1 178 euros de gain annuel moyen contre 346 euros pour les 10 % les plus modestes. Les 10 % les plus aisés ont au final  22,1 % de plus en fin de quinquennat, contre 6,5 % pour les 10 % les plus démunis. Dans le total des gains affichés par le gouvernement pour 2022, la part redistribuée est 3,4 fois plus pour les plus aisés.

Surprofits et dividendes, les « aides » de Macron sont allées dans les poches des actifs les plus riches, au détriment des chômeurs et retraités. Et sans les luttes sociales syndicales et le mouvement des gilets jaunes cela aurait été pire.

Macron donne plus à la police et aux armées qu’aux hôpitaux et aux écoles. Répression oui, services publics non. 5270 lits fermés depuis 2 ans. Bien plus de 500 000 décrocheurs sur 12 millions d’éléves. Seuls les actionnaires, le CAC 40, les grandes banques ont été les chouchous du régime. Oui, oui, cent mille fois oui, c’est le président des riches d’abord.

 

Gérard Filoche

 

Pandora : Quand riches et puissants volent notre argent

 

L’évasion fiscale, ce n’est pas nouveau et ça a été largement médiatisé. Offshore Leaks, Panama Papers, Paradis Papers, LuxLeaks… Désormais, Pandora Papers. Une des spécifités, cette fois, c’est le statut des personnes mises en cause : des présidents et premiers ministres en exercice, des centaines de personnalités politiques. La honte !

 

 

L’évasion fiscale, c’est concret, tangible. C’est ce que nous révèlent les Pandora Papers. Au niveau mondial, ce sont plus de 11 300 milliards de dollars planqués dans des places offshores. Donc qui échappent à l’impôt. Ce sont 84 millions de comptes en banque concernés. L’ampleur est gigantesque !

 

Chaque année, ce sont ainsi des milliards d’euros qui échappent aux caisses des États. En France, 6 millions de personnes sont au chômage, 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté… pendant que quelques milliardaires cachent leur argent, pour en avoir toujours plus et ne jamais partager.

 

La fiscalité, ça n’est pas une option. C’est le pot commun qui permet à la fois la redistribution des richesses créées par la classe laborieuse et la présence de services publics. La fraude des ultra-riches doit être une priorité politique. Le consentement à l’impôt, le sentiment de justice et d’appartenance à une société passe par la récupération, sans délai, des milliards d’euros.

 

Au-delà de la récupération, il sera nécessaire de punir les délinquants : celles et ceux qui profitent de leur puissance pour tricher. C’est d’une triche aux conséquences funestes dont il s’agit. Les pertes financières cumulées dans le monde sont de nature à améliorer concrètement la vie de la majorité de la population.

 

Pour récupérer l’argent, il faut de la volonté politique. Macron ne l’a pas, il est le président des riches. Nul consensus ne permettra de s’attaquer à l’évasion fiscale. Au contraire, il est urgent de réaffirmer la conflictualité entre les quelques-uns qui exploitent et tous les autres. Il faut réécouter les mots du milliardaire américain Warren Buffet et passer à l’action : « Il y a une lutte des classes, bien sûr, mais c’est ma classe, celle des riches, qui fait la guerre. Et nous gagnons. »

 

Ce doit être le projet de la gauche tout entière pour l’élection présidentielle. Levée du secret bancaire, harmonisation fiscale européenne, taxation des mouvements de capitaux… les propositions sont sur la table. Cependant, tout commencera par un plan de recrutements massifs de fonctionnaires pour lancer la traque financière. La gauche renouera avec le vote populaire en déclarant la fin de l’omerta à la classe des riches qui, partout dans le monde, nous fait la guerre.

 

Pédocriminalité : agir vite ! (communiqué GDS)

 

Les chiffres remis par la CIASE sont glaçants. En 70 ans, plus de 216 000 enfants ont été victimes de clercs, 330 000 si on ajoute les victimes de laïcs -au catéchisme et dans l’enseignement catholique. C’est de responsabilités individuelles dont il s’agit, d’emprises d’hommes sur des enfants. C’est aussi un système institutionnel, celui de l’Eglise catholique, qui a rendu possible le déroulement des faits, a hypocritement fermé les yeux et a trop souvent protégé les coupables.

 

Les rapports doivent être suivis d’actes. il faut des objectifs sur la réduction drastique de la pédocriminalité.

 

Il faut d’urgence former et informer le grand public par des campagnes sur la pédocriminalité. Il faut populariser la connaissance de l’obligation de signalement et sa procédure. Il faut former tous les professionnels en contact avec des jeunes à la détection des situations de violences sexuelles à l’égard des mineurs. Le gouvernement ne peut uniquement s’appuyer sur les initiatives locales, associatives ou privées.

 

Il faut un plan de recrutement au sein des services de santé scolaire. Il n’y aura pas de recul des chiffres d’enfants victimes de violences sexuelles en France sans  présence de professionnels. Leur métier est de prévenir les situations en accompagnant le développement chez l’enfant des compétences psycho-sociales mais aussi de recueillir la parole.

 

Il faut systématiser le contrôle des antécédents de chacun des adultes qui travaille ou s’engage bénévolement auprès des enfants. Les situations de violences sexuelles se constatent d’abord dans le cercle familial ou amical, d’où la nécessité de renforcer le signalement par les autres adultes. Mais il est des métiers ou des engagements où la proximité avec les jeunes doit être strictement encadrée.

 

Il faut obtenir l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs. Les faits présentés par la CIASE remontant massivement de la période avant 2018, ils bénéficient d’un délai de prescription de 20 ans après la majorité de la victime. Depuis 2018, ce délai court 30 ans. Le temps de la justice est l’ennemi des victimes qui ont des parcours de reconstruction longs et tortueux. Jamais la justice ne devrait éteindre la possibilité à un homme ou une femme, victime enfant de violences sexuelles, de porter plainte et de se présenter devant la justice.

 

Contrôle social et professionnel, recrutements et formation, imprescriptibilité des violences sexuelles sur les enfants, nous avons besoin d’une volonté politique et de mesures associées. 1 enfant sur 5 est victime de violences sexuelles, il faut que cela cesse.