Service compris et pourboires pas compris

Au boulot n°559 chronique a lire chaque semaine dans l’Humanité dimanche

 

La « loi Godard » de juin 1936 régit  encore aujourd’hui la répartition contrôlée du service et des pourboires entre les personnels dans  les hôtels, cafés, restaurants, brasseries et débits de boissons… En France « le service est compris », il figure dans l’addition et reversé aux salariés, il n’est pas aléatoire, c’est un élément de salaire, c’est un dû. Et si des pourboires sont versés en sus, ils doivent normalement être mis dans un pot commun et redistribué à égalité entre les salariés concernés.

Ça fait très longtemps que les patrons de l’Union des Métiers de l’Industrie et de l’Hôtellerie veulent remettre en cause ce système du « service compris » et du pourboire collectif.Ils  proposent de mettre en place le système anglo-saxon : tout deviendrait pourboire, (« tip ») une part variable de 10 à 15 % et plus du salaire des serveuses et serveurs redeviendrait une sorte de « récompense» aléatoire des clients pour la qualité du service. L’UMIH prétend que ça « motiverait » les serveurs afin qu’ils soient « plus souriants» et diligents. Selon eux, si les employés étaient ainsi obligés de quémander leurs pourboires, le service ne serait plus « perçu comme un petit job mais comme un vrai métier» et « l’image du porteur d’assiettes serait remplacée par celle d’expert du goût ».

A Londres cela provoque une double humiliation du serveur et du client, le premier étant forcé d’expliquer au second avant paiement par carte bleue que son pourboire n’est pas inclus dans l’addition. Personne ne sourit en pareil moment et plutôt que « d’expertise du goût » c’est une expertise en extorsion de fonds qui conclut le repas.

C’est ce que Macron le 27 septembre 2021 a annoncé vouloir remettre au goût du jour : il propose que ce soit le client qui paie plus cher directement « au noir » par carte bleue (sans cotisation sociale et sans fiscalité) les serveurs et ainsi que les patrons s’épargnent une hausse des salaires actuellement réclamée partout par une main d’œuvre qui se fait rare car trop mal payée.

Gérard Filoche

 

Nantes. La Gauche commune affirme sa boussole

 

 

Après une année de mandat, le groupe Gauche commune veut poursuivre sa lutte pour les plus précaires et contre le dérèglement climatique.

Pauline Langlois, Pascale Robert, Robin Salecroix, Aymeric Seassau, Nathalie Blin, Thibaut Guiné et Nadège Boisramé de Gauche Commune | PHOTO PRESSE OCÉAN-PHILIPPE CORBOU

Presse OcéanPhilippe CorbouPublié le 29/09/2021 à 16h23

La Gauche commune, c’est cinq élus communistes, trois élus Génération. S et deux élues GDS (gauche démocratique et sociale). Le petit groupe est coprésidé par Robin Salecroix et Pauline Langlois. Après un an au sein de la majorité, ils veulent encore les mesures sociales pour les plus démunis, car si la crise sanitaire décroît un peu, la crise sociale et économique est bien là, avance Robin Salecroix.

La Gauche commune affirme tout son soutien pour l’Arbre aux hérons

L’élu communiste se félicite que la ville ait été un bouclier social pendant la crise sanitaire. Mais avec les hausses faramineuses qui s’annoncent, il y aura forcément un impact sur les ménages. Il se félicite aussi de la mobilisation sans faille des agents du service public tout au long de la crise et de la non-fermeture de lits dans le futur CHU. En 2021-22, la Ville doit être encore plus solidaire et dégager des marges de manœuvre financières face au surcoût de la crise Covid-19. Il faudra passer par un ré-endettement raisonnable et gagner des marges de manœuvre sur la fiscalité.

Nadège Boisramé (GDS) porte une attention particulière au logement, en s’appuyant sur une densification maîtrisée, sachant que 70 % des Nantais peuvent prétendre à un logement social et 37 000 personnes sont déjà sur liste d’attente. L’objectif des 6 000 logements dont 2 000 sociaux n’étant pas respecté, il faut rattraper le retard et l’ancienne prison et la caserne Mellinet en sont de parfaits exemples.

Pauline Langlois (Génération. S) insiste sur l’extension et la revalorisation des aides coup de pouce, sur l’ouverture des 5 Ponts ou encore le soutien aux étudiants. Il faudra encore accélérer ces mesures sociales. Dans la même perspective, Nadège Boisramé évoque les 90 % d’augmentation de fréquentation transports en commun le week-end, depuis leur gratuité.

Au niveau culturel, Aymeric Seassau (PC) est très heureux et fier de la gratuité des médiathèques, mais il est trop tôt pour en tirer encore un bilan. Face aux critiques qui s’abattent sur l’Arbre aux hérons, il contre-attaque et affirme son total soutien, comme tout le groupe d’ailleurs.

Enfin, Thibaut Guiné (Génération. S) note qu’il y a eu une belle évolution sur la non-utilisation des moteurs thermiques en centre-ville, même si tout n’est pas réglé. Pour les livreurs, on souhaite une réglementation française, voire européenne, pour qu’ils soient salariés par leurs entreprises et non travailleurs indépendants.

Enfin, la Gauche commune est très attentive au mouvement social qui s’annonce le mardi 5 octobre.

 

5 octobre tous ensemble, augmentez les salaires !

 

Le 5 octobre, plusieurs organisations syndicales de salariés et de la jeunesse appellent à une journée de mobilisation. Les thèmes de mécontentement sont nombreux : emploi, conditions de travail, salaire, retraites, services publics …

 

La pandémie a révélé la faiblesse des rémunérations de nombreux salariés : soignants, aides à domicile, enseignants, éboueurs, agents des services publics, salariés du commerce, de la restauration et bien d’autres…

 

À travail égal, salaire égal

 

Les femmes sont particulièrement touchées. 25 à 30 % de salaires en moins comparé aux hommes. Elles perçoivent des pensions de retraite inférieures de 40 % et 63% des salariés au Smic sont des femmes. Il est temps que des rattrapages aient lieu : à travail égal, salaire égal !

 

50 % des salariés du privé sont en dessous de 1940 euros nets par mois. Le point d’indice est bloqué dans la fonction publique. Il faut revaloriser massivement les salaires. La fortune des ultra-riches a progressé de 40% en un an pendant que d’autres étaient en chômage partiel et perdaient 17% de leur salaire.

 

Il faut une autre répartition des richesses. Inutile de compter sur Macron, Le Pen ou Bertrand … Pas plus que sur le patronat.

 

300 euros pour toutes et tous

 

Ce qu’il faut arracher c’est 300 euros de plus pour toutes et tous. On peut discuter à quel rythme cette augmentation doit se faire. Mais il y a urgence. C’est une question de justice sociale au moment où tout augmente.

 

Pour la jeunesse l’urgence est de créer une allocation d’autonomie. Pour les retraités, ce sont les pensions qui doivent augmenter.

 

Enfin les millions de chômeurs indemnisés ou non doivent avoir les moyens de subvenir à leurs besoins alors que la pauvreté s’étend. Il faut fixer le seuil de pauvreté à 1200 ou 1250 euros. Et pour que personne ne vive en dessous, il faut un revenu d’existence garanti. Pour les chômeurs l’urgence est d’abroger la nouvelle convention de l’assurance chômage qui est inique et conduit à des pertes de revenus pour des milliers de chômeuses et de chômeurs.

 

Des moyens pour la santé, l’école, les services publics, la recherche

 

C’est la valse des milliards et des plans de relance. Il faut flécher ces ressources vers les besoins vitaux, essentiels de la population plutôt que de multiplier les subventions au chiffre d’affaires des grandes entreprises qui n’en ont pas besoin.

 

Il faut, enfin, un plan de financement de la transition écologique et faire face, enfin, à la crise climatique.

 

Le mouvement social, les mobilisations syndicales peuvent porter ces exigences. Il leur faut un débouché politique.

 

Unité et alternative

 

Seule les gauches et les écologistes peuvent répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques. Il leur faut rompre avec les politiques d’accompagnement du passé et se rassembler sur des mesures de rupture. À cette condition, et sous la pression de nos mobilisations, il est possible d’opposer une candidature commune face à Macron, Le Pen, Zemmour ou Bertrand le 10 avril à la Présidentielle. Et de remobiliser les abstentionnistes, les sceptiques afin de construire une alternative majoritaire.

Tract GDS en vue des manifestations du 5 octobre :

 

Macron au lieu de hausser les salaires, veut faire payer les pourboires « au noir » plus cher et à la tête du client

Macron attaque la loi Godart, au lieu de hausser les salaires, veut faire payer les pourboires plus cher et à la tête du client

La « loi Godart » et son décret d’application du 4 juin 1936 régissent  encore aujourd’hui la répartition équitable, automatique, contrôlée, des pourboires entre les personnels dans  les hôtels, cafés, restaurants, brasseries, et débits de boissons…en France le service est compris, il est collecte dans l’addition, récolté par le patron et partagé entre les salariés. En France le service est compris, il est collecté dans l’addition, récolté par le patron et partagé entre les salariés.

En Angleterre l’addition ne comprend pas le service, donc chaque serveur vient voir chaque client au moment du paiement par carte et lui demande de rajouter le pourboire (ou service) réclament 10 % ou 15 % ou plus  les patrons ont même voulu faire que chaque serveur se transforme en auto entrepreneur pour réclamer son salaire…

En France, depuis vingt ans le patronat UMIH réclame d’instaurer  le même système qu’en Angleterre;

C’est ce que Macron vient de proposer.

Déjà, lorsque la TVA, avait été baissé à 5,5 % dans la restauration au 1er juillet 2009, par Sarkozy, le député UMP Thierry Mariani avait essayé de remettre en cause la loi Godart sous prétexte des « fortes disparités salariales que la réduction du taux de la TVA entraine dans la restauration entre le personnel de salle rémunéré au pourcentage service et les autres salariés, notamment aux employés en cuisine ». Comme si Mariani était ému par les « employés de cuisine » !

Evidemment il s’agissait de baisser la part des salaires résultant des pourboires (compris dans la note payée par le client et correspondant environ à 15 %)..

Depuis longtemps le patronat des « HCR » (hôtellerie, cafés, restaurants) tâte le terrain pour reprendre la même idée, mais à l’envers, notamment lorsque la TVA a été ré augmentée à 10 % en 2014. Ces patrons qui n’ont pas baissé les prix, qui n’ont pas embauché, ni modernisé lorsqu’elle était à 5,5 %, se proposent de faire payer la nouvelle TVA à 10 % par… leurs salariés et leurs clients.

Alors il proposent de mettre en place le système anglo-saxon : le pourboire ne serait plus inclus automatiquement dans l’addition, sa perte devrait être compensée par le client.

Ainsi une part variable de 10 à 15 % du salaire des serveuses et serveurs redeviendrait une sorte de « récompense » aléatoire des clients pour la qualité du service.

Roland Héguy, de l’Union patronale des métiers de l’industrie hôtelière (UMIH) prétend que ça « revaloriserait » le métier et « motiverait » les serveurs à être « plus souriants » et diligents.Il paraît que si les employés étaient ainsi obligés de quémander leurs pourboires, le service ne serait plus « perçu comme un petit job mais comme un vrai métier » et « l’image du porteur d’assiettes serait remplacée par celle d’expert du goût » (sic).

N’importe quoi ! Ils n’ont pas subi la double humiliation du serveur et du client dans n’importe quelle pizza de Londres, le premier étant forcé d’expliquer au client avant paiement par carte bleue que le pourboire n’est pas inclus et le second devant rajouter 10 % au prix exorbitant de l’addition.Personne ne sourit en pareil moment et plutôt que « d’expertise du goût » c’est une expertise en extorsion de fonds qui conclut le repas.C’est ce que Macron le 27 septembre 2021 veut remettre au gout du jour : plutot que d’augmenter les salaires, il propose que ce soit le client qui paie plus cher à des serveurs souriants  jusqu’à la crispation, pour obtenir de lui la hausse de salaire que le patron s’épargnera.

Gérard Filoche

10 %

Au boulot n°558 11 ° année chronique hebdomadaire dans l’Humanite dimanche

 

Non, le sort de la majorité des 3 millions de travailleurs indépendants n’est pas enviable. Il y a eu beaucoup d’effets de mode, dans les médias, presse, cinéma, séries, radios qui baignent tous dans une ambiance improbable : bosser à la commande, à la commission, à l’événementiel, vivre sans contraintes salariales mais aisément quand même. A la façon de cette série télévisée où l’on chaperonne les acteurs, c’est payé à la commission alors ça s’appelle « 10 % ». 10 % de gros émoluments liés à des gros « coups ».

Ce genre de monde de Macron faisait sa pub par tous les pores des médias. Mais là, soudain, dans le XVI° arrondissement de Paris, le nombre de RSA vient de doubler : la raison en est que même des indépendants de luxe, ceux qui vivaient largement sur des activités prestigieuses, lucratives mais éphémères, se sont retrouvés le bec dans l’eau à l’occasion de la longue pandémie.

Pour eux, « salariés » c’était tristounet,  « ubérisé » c’était pétillant. Ils n’avaient donc pas de « statut », ils vivaient dans un monde non socialisé, ponctuel, artificiellement abondé par de juteuses prestations.

Depuis 20 mois, les voilà brutalement démunis sans accès aux aides fléchées du gouvernement.

Ils découvrent alors que la pauvreté frappe davantage les « indépendants » que les salariés : 16,6 % contre 5,3 %. Certes il y a moins d’indépendants sans statut, 12% des actifs, contre 88 % de salariés à statut, mais ça fait tout aussi mal socialement quand le Covid19 frappe. Pas de salaire brut, pas d’aide au logement, pas d’aide familiale, plus rien ne parvient aux cigales qui ont si longtemps chanté avant 2020.

Finis les « 10 % ». Les cigales sont obligées de chercher, pour elles, les difficiles chemins de la solidarité,  avec des files d’attente dans les bureaux à formulaires.

Et alors ils s’étonnent de devoir tout comprendre de façon accélérée, le RSA est un cache-misère, les minimaux sociaux ne permettent pas de vivre, les indemnités chômage sont trop basses et sont broyées à partir de ce 1er octobre.

Gérard Filoche

 

Quand ça les arrange la loi l’emporte sur le contrat

Au boulot n°557   chronique à lire chaque semaine dans l’Humanité Dimanche (11° année)

 

On n’en a jamais fini avec la casse fondamentale du code du travail qui a eu lieu sous Hollande et sous Macron. Ils disaient « on va adapter les droits des salariés aux besoins des entreprises» et « le contrat va l’emporter sur la loi ».

He bien voilà que la convention collective de branche de la grande distribution vient de faire un tout petit effort avec un avenant salarial prévoyant l’intégration de nouveaux éléments de salaire aux minima salariaux hiérarchiques. C’est le fruit d’un accord entre organisations syndicales et patronales qui se sont donc entendues pour égaliser les conditions de la concurrence à l’intérieur de la branche.

Normalement c’est une bonne nouvelle pour les salariés particulièrement dans ce difficile système où le contrat l’emporte sur la loi, n’est-ce pas ?

He bien non, le gouvernement refuse de procéder à « l’extension » des dispositions de cet avenant. Ça signifie qu’il veut permettre à chacune des entreprises de la grande distribution de maintenir des salaires minima inférieurs à ceux prévus au niveau de la branche.

Le gouvernement bloque les salaires pourtant négociés ! Il préfère maintenir l’exacerbation du dumping social entre entreprises quitte à empêcher la mise en œuvre d’un contrat collectif signé majoritairement. Elisabeth Borne a sans doute partie liée avec les patrons en minorité dans ladite branche et cet arbitrage étatique se moque carrément de la prééminence du contrat sur la loi.

C’est une atteinte aux faux principes qui ont présidé aux lois El Khomri, et Pénicaud et au fait que les conventions collectives de branche, même étendues, sont des dispositifs conventionnels que, selon eux, le gouvernement ne devrait pas pouvoir unilatéralement modifier.

Ils ne sont pas à ça prêts, quand ça les arrange, ils « étendent » ou « n’étendent pas »  les contrats.

Le Conseil d’État va être amené début octobre à se prononcer sur la légalité de cette décision.

 

Gérard Filoche

 

Plus que jamais cap sur l’unité de la gauche

 

81% des électeurs de gauche veulent l’unité de la gauche. En fait, la gauche, c’est le salariat, elle est majoritaire à la base, la gauche ne bascule ni à droite ni à l’extrême droite comme la propagande le prétend, ce sont la trahison de Hollande Valls puis la division actuelle qui nourrissent l’abstention massive.  Cette abstention ne baissera que s’il y a un espoir d’unité. Par contre s’il y a division, des millions d’électeurs de gauche ne viendront pas voter et le disent.

Dans tous les sondages actuels, le total des voix de gauche est d’environ 30 %. Et pourtant les 4 ou 5 candidats de gauche plafonnent à 5 ou 6 ou 7 ou 11 %. Aucun n’est « mieux placé », aucun  ne va au 2° tour, tous sont éliminés dès le 1er tour. Ça suscite le désespoir et la rage. La contradiction est énorme entre les attentes à la base et l’entêtement des divers candidats qui croient que « la force va la force », sans discuter, sans négocier, sans s’allier.

Quand on a compris cette contradiction, rien n’est joué, il faut agir et interpeller inlassablement les dirigeants des chapelles de la gauche, car ce sont eux, les responsables, qui ont la défaite ou la victoire entre leurs mains.

Cela implique tous les jours, des lettres aux candidats, des réunions unitaires, des collectifs, des débats de plateforme, des appels citoyens comme unalt.fr, associatifs, syndicaux, des votations comme celle dite « primairepopulaire.fr », (parrainer Gérard Filoche, c’est la voix de l’unité) des journaux n° 1 comme « En commun ».  Tout est bon à chaque heure pour modifier l’existant, aucun appareil ne peut s’imposer aux autres, tous ont intérêt à se remettre en question.

Nous n’avons pas d’ennemis à gauche, nous sommes pragmatiques, nous voulons fédérer en respectant chacun, nous cherchons inlassablement ce qui unit, et il y a 80 à 90 % de programme possible en commun. Nous constatons chaque jour que c’est possible à la base, mais il faut faire bouger les sommets afin de créer une dynamique qui les dépasse.

Est-ce que la primaire des écologistes va déboucher sur le choix d’un candidat qui soit unitaire et veuille une autre primaire de toute la gauche ? (dans ce cas, il faut souhaiter la victoire de Piolle et pas celle de Jadot) Il n’y a pas d’écologie sans gauche, et pas de gauche sans écologie.

Est-ce que la défaite des apparatchiks pro-Hollande au congrès du PS (ils n’ont obtenu que 25 % contre 75 % à la majorité) va redonner un espace à Olivier Faure pour (re)défendre ce qu’il défendait il y a un an («  »un candidat commun qui ne soit pas socialiste, ni vert, ni communiste, ni insoumis mais qui soit tout ça à la fois ») ?

Est-ce que la candidature Hidalgo va connaitre le fiasco qui s’annonce ?

Est-ce que la volonté de combattre efficacement Macron va l’emporter dans le PCF sur le souci d’affirmation identitaire en cours ?

Est-ce que les petites candidatures individuelles sont capables de se ranger dans un cadre commun ?  Et est-ce que les « petites » organisations peuvent se fédérer ?

Est-ce qu’on peut mettre sur pied une plateforme et des candidatures communes aux législatives, respectant les « sortants », garantissant le pluralisme, ce qui redonnerait confiance à une candidature présidentielle commune ?

Tout en luttant chaque jour – et tous ensemble le 5 octobre pour les salaires, contre les licenciements abusifs – contre Macron Lepen, voilà les questions politiques que pose GDS dans les mois à venir. Rejoignez nous, ce combat  a besoin de forces militantes.

 

 

 

Jean Petitjean en a assez !

Au boulot n°556

Dans ce forum d’un stand de la fête de l’Humanité 2021, cette dame le dit trop bien, avec douceur et précision :  «  - Là ou je travaille a la préfecture, on déborde de boulot et on a pas d’effectifs, ils prennent des jeunes, « contractuels » comme ils disent, pour 5 jours, ils leur donnent des ordres, tu réponds à ces lettres comme-ci tu réponds a ces mels comme-ça, tu réponds au téléphone avec ces mots-là,  ils les traitent comme du bétail et puis ils les jettent, sans la moindre considération, les jeunes, ils n’ont pas le choix, ils sont trop content de bosser 5 jours pour 400 ou 500 euros, et puis ils en prennent d’autres,  ils ne les forment pas, ils ne les recrutent pas, ils ne les remercient pas, les jeunes, ils sont tétanisés, quand je parle avec eux, ils n’ont pas un sou, ils mangent mal, ils sont stressés, ils ne peuvent même pas faire leur études, c’est du gâchis. ».

Faut un revenu pour les jeunes. De 18 à 25 ans. Vous l’appellerez comme vous voulez, présalaire, allocation d’études, revenu de base… Et puis, quand on parle des « smicards », ils ne font pas des temps pleins, mais des jours par-ci par-là, ils sont à 700, 800 euros, comment voulez vous qu’ils s’en sortent ? Et tout le monde de dire qu’il faut du salaire, du vrai,  qu’on peut pas vivre comme ça. L’orateur, à la tribune, il fait un quizz « – Vous savez combien les 109 milliardaires ont gagné en plus dans la dernière année ? »  … 68% de plus.

Et tout le monde, de dire qu’on peut pas, qu’on a pas le droit de perdre en 2022, qu’on a une priorité, une seule, c’est de s’unir pour pas laisser Macron ubériser le pays, que si on se met pas tous d’accord sur l’essentiel, sur les points qui comptent, salaire décent pour tous, santé, sécu, droit du travail, retraite, c’est le désespoir et la haine qui vont l’emporter. « Une plateforme commune, un seul candidat », « mettez vous d’accord, arrêtez le massacre », dit Jean Petitjean, « tu te souviendras de moi, je suis Jean Petitjean, je lis ton billet dans l’Huma, tu vas le dire, hein ?  Jean Petitjean en a assez ! »

Gérard Filoche

Septembre 2021 : tout augmente sauf les salaires

Au boulot n°555  chronique hebdomadaire a lire dans l’Humanité dimanche  (11° année)

Que sont-elles devenues les professions à risques, les métiers essentiels, les premiers de corvée, ces millions de femmes et d’hommes qui sont en dessous du salaire médian et qui ont fait vivre le pays pendant la pandémie ?  En dessous du salaire médian, 1780 euros, comment peut-on bien vivre ? t le smic qu’ils ont bloqué depuis si longtemps : en 2021, le Smic s’élève à 1 554,58 euros brut par mois sur la base de 35 heures hebdomadaires, contre 1 539,42 euros en 2020, soit 15 euros supplémentaires. En net, il n’est que de 1230,60, il concerne 13,4 % de salariés, 3,2 millions.

Pendant qu’il y avait confinement ils prenaient le métro, le bus et le TER. Et ce sont ceux qui ont les salaires les plus bas, les tâches les plus dures, les durées du travail les plus longues, les protections sociales les plus faibles, le moins de syndiqués ?  Dans la restauration, il y a surtout des phlébites et des horaires impossibles, pas étonnant que les patrons aient du mal à embaucher, ils n’ont qu’à bien payer.

En cette rentrée, septembre 2021, où tout (dont gaz + 8,7 % forfait hospitalier à 18 euros) augmente sauf les salaires, ils en sont encore à attendre la reconnaissance qui leur fut un instant promise par Macron en mars 2020. Pour les livreurs, les caissières, les agents du nettoyage, du gardiennage et de l’entretien, les chauffeurs, les femmes de ménage, les aides soignantes,  à tous les niveaux, il y a eu le temps « de la guerre contre le virus », mais le temps de la guerre pour augmenter les salaires en conséquence n’est pas venu. Parfois des primes, des aides, des aumônes sont accordées, mais pas de hausse de vrai salaire brut et net : or le salaire qui compte c’est le brut. Les patrons proposent de l’intéressement, de la participation, des primes exceptionnelles, tout sauf du salaire net et brut.

Ce sont les salariés qui produisent toutes les richesses et n’en recoivent pas la part qu’ils méritent : nous voulons que le capital qui n’a jamais fait autant de surprofits paie correctement notre travail, smic à 1800 euros, 300 euros uniformes de plus pour tous.

Gérard Filoche

 

 

Cet été 21 : GDS en quête de toute la gauche

Cet été 21 : GDS en quête de toute la gauche

 

L’été militant a commencé pour nous à Perpignan, le 3 juillet, nos camarades des Pyrénées orientales étaient co-organisateurs de la manifestation unitaire contre l’extrême droite à l’occasion du congrès du RN. Un vrai succès avec plus de 3000 personnes dont notre camarade Gérard Filoche qui y côtoyait Philippe Poutou notamment. La CGT avait fait localement une grosse mobilisation.

Les 9 et 10 juillet Jean-Yves Lalanne, Bernard Motto-Ros, et Georges Martel  se rendaient à La Charité-sur-Loire, au « Festival des idées » pour y défendre notre politique unitaire.

Le 12  juillet Gérard Filoche donnait à la gare St-Charles de Perpignan une conférence de presse répercutée aussi dans l’Indépendant afin de faire connaître sa candidature à la primairepopulairefr : il y expliquait pourquoi il se saisissait aussi de cette occasion pour faire entendre la voix de l’unité de la gauche. Unité à laquelle il a appelé deux fois, lors d’interview sur Russia todaycourant juillet.

Le 23 juillet Gérard Filoche rencontrait Eric Piolle de passage à Perpignan (cf. L’indépendant).

Le 31 juillet, Gérard Filoche se rendait avec Alexandrine Meynaud à Bauvoisin dans la Drôme pour une soirée unitaire de toute la gauche, PCF, PS EELV, LFI.  Le 2 août, une ITV sur Russia today, à propos des mobilisations contre le Pass sanitaire.

Courant août, plusieurs vidéos de « campagne » mises sur le site Filoche2022par l’équipe d’animation de la campagne avec Anne-Lise Del Malandrino.

Les 19 et 20 août GDS était représenté par Bernard Motto-Ros et Arno Lafaye-Moses à Poitiers aux journées nationales d’EELV dans le cadre de la préparation de leurs primaires fixées au 29 septembre.

Le 26 août Gérard Filoche se rendait avec Manuel Gouthière, aux journées de PEPS, (à Vesc, dans la Drôme) (Parti de l’écologie populaire et sociale). Occasion de débattre avec Leïla Chaibi, députée européenne qui présente un projet excellent de directive pour mettre fin à l’ubérisation, système de destruction du salariat. Occasion aussi de débattre de l’unité de la gauche avec Manuel Bompard (LFI) Christine Poupin (NPA) et des orateurs de « Ensemble » et de PEPS.

Du 24 au 28 août, nos camarades Pierre Ruscassie et Eric Thouzeau  étaient présents à Nantes à « l’université d’été des mouvements sociaux » avec Attac 44.

Le 27 août, Gérard Filoche, avec une délégation de GDS, Jean-Alain Mazas, Bernard Motto-Ros et Alexandrine Meynaud, se rendait à Châteauneuf sur Isère, à l’invitation d’Eric Coquerel de LFI. Gérard Filoche anima un débat avec Adrien Quatennens, Clémentine Autain et Morgan Gonon de « l’Institut Rousseau » dans le Palais des Congrès devant 250 personnes sur « la réduction du temps de travail et l’emploi ». En cette occasion il fut possible d’échanger avec plusieurs dizaines de militants LFI.

Les 27, 28 et 29 août, Eric Thouzeau  et Jean-Yves Lalanne participaient en tant qu’invités du PS aux journées de Blois.

Le lundi 30 août, à 9 h, à Melun, retour avec les luttes sociales, aux côtés des salariés de Grandpuits en Seine-et-Marne, devant le Tribunal administratif.

Et toutes les semaines, Gérard Filoche a publié sa chronique « au boulot » dans l’Humanité-Dimanche (c’étaient les 550° rubriques, depuis bientôt 11 années).

Pour GDS, c’étaient des vacances sans vraie relâche dans le combat pour l’union.