Macron au lieu de hausser les salaires, veut faire payer les pourboires « au noir » plus cher et à la tête du client

Macron attaque la loi Godart, au lieu de hausser les salaires, veut faire payer les pourboires plus cher et à la tête du client

La « loi Godart » et son décret d’application du 4 juin 1936 régissent  encore aujourd’hui la répartition équitable, automatique, contrôlée, des pourboires entre les personnels dans  les hôtels, cafés, restaurants, brasseries, et débits de boissons…en France le service est compris, il est collecte dans l’addition, récolté par le patron et partagé entre les salariés. En France le service est compris, il est collecté dans l’addition, récolté par le patron et partagé entre les salariés.

En Angleterre l’addition ne comprend pas le service, donc chaque serveur vient voir chaque client au moment du paiement par carte et lui demande de rajouter le pourboire (ou service) réclament 10 % ou 15 % ou plus  les patrons ont même voulu faire que chaque serveur se transforme en auto entrepreneur pour réclamer son salaire…

En France, depuis vingt ans le patronat UMIH réclame d’instaurer  le même système qu’en Angleterre;

C’est ce que Macron vient de proposer.

Déjà, lorsque la TVA, avait été baissé à 5,5 % dans la restauration au 1er juillet 2009, par Sarkozy, le député UMP Thierry Mariani avait essayé de remettre en cause la loi Godart sous prétexte des « fortes disparités salariales que la réduction du taux de la TVA entraine dans la restauration entre le personnel de salle rémunéré au pourcentage service et les autres salariés, notamment aux employés en cuisine ». Comme si Mariani était ému par les « employés de cuisine » !

Evidemment il s’agissait de baisser la part des salaires résultant des pourboires (compris dans la note payée par le client et correspondant environ à 15 %)..

Depuis longtemps le patronat des « HCR » (hôtellerie, cafés, restaurants) tâte le terrain pour reprendre la même idée, mais à l’envers, notamment lorsque la TVA a été ré augmentée à 10 % en 2014. Ces patrons qui n’ont pas baissé les prix, qui n’ont pas embauché, ni modernisé lorsqu’elle était à 5,5 %, se proposent de faire payer la nouvelle TVA à 10 % par… leurs salariés et leurs clients.

Alors il proposent de mettre en place le système anglo-saxon : le pourboire ne serait plus inclus automatiquement dans l’addition, sa perte devrait être compensée par le client.

Ainsi une part variable de 10 à 15 % du salaire des serveuses et serveurs redeviendrait une sorte de « récompense » aléatoire des clients pour la qualité du service.

Roland Héguy, de l’Union patronale des métiers de l’industrie hôtelière (UMIH) prétend que ça « revaloriserait » le métier et « motiverait » les serveurs à être « plus souriants » et diligents.Il paraît que si les employés étaient ainsi obligés de quémander leurs pourboires, le service ne serait plus « perçu comme un petit job mais comme un vrai métier » et « l’image du porteur d’assiettes serait remplacée par celle d’expert du goût » (sic).

N’importe quoi ! Ils n’ont pas subi la double humiliation du serveur et du client dans n’importe quelle pizza de Londres, le premier étant forcé d’expliquer au client avant paiement par carte bleue que le pourboire n’est pas inclus et le second devant rajouter 10 % au prix exorbitant de l’addition.Personne ne sourit en pareil moment et plutôt que « d’expertise du goût » c’est une expertise en extorsion de fonds qui conclut le repas.C’est ce que Macron le 27 septembre 2021 veut remettre au gout du jour : plutot que d’augmenter les salaires, il propose que ce soit le client qui paie plus cher à des serveurs souriants  jusqu’à la crispation, pour obtenir de lui la hausse de salaire que le patron s’épargnera.

Gérard Filoche

10 %

Au boulot n°558 11 ° année chronique hebdomadaire dans l’Humanite dimanche

 

Non, le sort de la majorité des 3 millions de travailleurs indépendants n’est pas enviable. Il y a eu beaucoup d’effets de mode, dans les médias, presse, cinéma, séries, radios qui baignent tous dans une ambiance improbable : bosser à la commande, à la commission, à l’événementiel, vivre sans contraintes salariales mais aisément quand même. A la façon de cette série télévisée où l’on chaperonne les acteurs, c’est payé à la commission alors ça s’appelle « 10 % ». 10 % de gros émoluments liés à des gros « coups ».

Ce genre de monde de Macron faisait sa pub par tous les pores des médias. Mais là, soudain, dans le XVI° arrondissement de Paris, le nombre de RSA vient de doubler : la raison en est que même des indépendants de luxe, ceux qui vivaient largement sur des activités prestigieuses, lucratives mais éphémères, se sont retrouvés le bec dans l’eau à l’occasion de la longue pandémie.

Pour eux, « salariés » c’était tristounet,  « ubérisé » c’était pétillant. Ils n’avaient donc pas de « statut », ils vivaient dans un monde non socialisé, ponctuel, artificiellement abondé par de juteuses prestations.

Depuis 20 mois, les voilà brutalement démunis sans accès aux aides fléchées du gouvernement.

Ils découvrent alors que la pauvreté frappe davantage les « indépendants » que les salariés : 16,6 % contre 5,3 %. Certes il y a moins d’indépendants sans statut, 12% des actifs, contre 88 % de salariés à statut, mais ça fait tout aussi mal socialement quand le Covid19 frappe. Pas de salaire brut, pas d’aide au logement, pas d’aide familiale, plus rien ne parvient aux cigales qui ont si longtemps chanté avant 2020.

Finis les « 10 % ». Les cigales sont obligées de chercher, pour elles, les difficiles chemins de la solidarité,  avec des files d’attente dans les bureaux à formulaires.

Et alors ils s’étonnent de devoir tout comprendre de façon accélérée, le RSA est un cache-misère, les minimaux sociaux ne permettent pas de vivre, les indemnités chômage sont trop basses et sont broyées à partir de ce 1er octobre.

Gérard Filoche

 

Quand ça les arrange la loi l’emporte sur le contrat

Au boulot n°557   chronique à lire chaque semaine dans l’Humanité Dimanche (11° année)

 

On n’en a jamais fini avec la casse fondamentale du code du travail qui a eu lieu sous Hollande et sous Macron. Ils disaient « on va adapter les droits des salariés aux besoins des entreprises» et « le contrat va l’emporter sur la loi ».

He bien voilà que la convention collective de branche de la grande distribution vient de faire un tout petit effort avec un avenant salarial prévoyant l’intégration de nouveaux éléments de salaire aux minima salariaux hiérarchiques. C’est le fruit d’un accord entre organisations syndicales et patronales qui se sont donc entendues pour égaliser les conditions de la concurrence à l’intérieur de la branche.

Normalement c’est une bonne nouvelle pour les salariés particulièrement dans ce difficile système où le contrat l’emporte sur la loi, n’est-ce pas ?

He bien non, le gouvernement refuse de procéder à « l’extension » des dispositions de cet avenant. Ça signifie qu’il veut permettre à chacune des entreprises de la grande distribution de maintenir des salaires minima inférieurs à ceux prévus au niveau de la branche.

Le gouvernement bloque les salaires pourtant négociés ! Il préfère maintenir l’exacerbation du dumping social entre entreprises quitte à empêcher la mise en œuvre d’un contrat collectif signé majoritairement. Elisabeth Borne a sans doute partie liée avec les patrons en minorité dans ladite branche et cet arbitrage étatique se moque carrément de la prééminence du contrat sur la loi.

C’est une atteinte aux faux principes qui ont présidé aux lois El Khomri, et Pénicaud et au fait que les conventions collectives de branche, même étendues, sont des dispositifs conventionnels que, selon eux, le gouvernement ne devrait pas pouvoir unilatéralement modifier.

Ils ne sont pas à ça prêts, quand ça les arrange, ils « étendent » ou « n’étendent pas »  les contrats.

Le Conseil d’État va être amené début octobre à se prononcer sur la légalité de cette décision.

 

Gérard Filoche

 

Plus que jamais cap sur l’unité de la gauche

 

81% des électeurs de gauche veulent l’unité de la gauche. En fait, la gauche, c’est le salariat, elle est majoritaire à la base, la gauche ne bascule ni à droite ni à l’extrême droite comme la propagande le prétend, ce sont la trahison de Hollande Valls puis la division actuelle qui nourrissent l’abstention massive.  Cette abstention ne baissera que s’il y a un espoir d’unité. Par contre s’il y a division, des millions d’électeurs de gauche ne viendront pas voter et le disent.

Dans tous les sondages actuels, le total des voix de gauche est d’environ 30 %. Et pourtant les 4 ou 5 candidats de gauche plafonnent à 5 ou 6 ou 7 ou 11 %. Aucun n’est « mieux placé », aucun  ne va au 2° tour, tous sont éliminés dès le 1er tour. Ça suscite le désespoir et la rage. La contradiction est énorme entre les attentes à la base et l’entêtement des divers candidats qui croient que « la force va la force », sans discuter, sans négocier, sans s’allier.

Quand on a compris cette contradiction, rien n’est joué, il faut agir et interpeller inlassablement les dirigeants des chapelles de la gauche, car ce sont eux, les responsables, qui ont la défaite ou la victoire entre leurs mains.

Cela implique tous les jours, des lettres aux candidats, des réunions unitaires, des collectifs, des débats de plateforme, des appels citoyens comme unalt.fr, associatifs, syndicaux, des votations comme celle dite « primairepopulaire.fr », (parrainer Gérard Filoche, c’est la voix de l’unité) des journaux n° 1 comme « En commun ».  Tout est bon à chaque heure pour modifier l’existant, aucun appareil ne peut s’imposer aux autres, tous ont intérêt à se remettre en question.

Nous n’avons pas d’ennemis à gauche, nous sommes pragmatiques, nous voulons fédérer en respectant chacun, nous cherchons inlassablement ce qui unit, et il y a 80 à 90 % de programme possible en commun. Nous constatons chaque jour que c’est possible à la base, mais il faut faire bouger les sommets afin de créer une dynamique qui les dépasse.

Est-ce que la primaire des écologistes va déboucher sur le choix d’un candidat qui soit unitaire et veuille une autre primaire de toute la gauche ? (dans ce cas, il faut souhaiter la victoire de Piolle et pas celle de Jadot) Il n’y a pas d’écologie sans gauche, et pas de gauche sans écologie.

Est-ce que la défaite des apparatchiks pro-Hollande au congrès du PS (ils n’ont obtenu que 25 % contre 75 % à la majorité) va redonner un espace à Olivier Faure pour (re)défendre ce qu’il défendait il y a un an («  »un candidat commun qui ne soit pas socialiste, ni vert, ni communiste, ni insoumis mais qui soit tout ça à la fois ») ?

Est-ce que la candidature Hidalgo va connaitre le fiasco qui s’annonce ?

Est-ce que la volonté de combattre efficacement Macron va l’emporter dans le PCF sur le souci d’affirmation identitaire en cours ?

Est-ce que les petites candidatures individuelles sont capables de se ranger dans un cadre commun ?  Et est-ce que les « petites » organisations peuvent se fédérer ?

Est-ce qu’on peut mettre sur pied une plateforme et des candidatures communes aux législatives, respectant les « sortants », garantissant le pluralisme, ce qui redonnerait confiance à une candidature présidentielle commune ?

Tout en luttant chaque jour – et tous ensemble le 5 octobre pour les salaires, contre les licenciements abusifs – contre Macron Lepen, voilà les questions politiques que pose GDS dans les mois à venir. Rejoignez nous, ce combat  a besoin de forces militantes.

 

 

 

Jean Petitjean en a assez !

Au boulot n°556

Dans ce forum d’un stand de la fête de l’Humanité 2021, cette dame le dit trop bien, avec douceur et précision :  «  - Là ou je travaille a la préfecture, on déborde de boulot et on a pas d’effectifs, ils prennent des jeunes, « contractuels » comme ils disent, pour 5 jours, ils leur donnent des ordres, tu réponds à ces lettres comme-ci tu réponds a ces mels comme-ça, tu réponds au téléphone avec ces mots-là,  ils les traitent comme du bétail et puis ils les jettent, sans la moindre considération, les jeunes, ils n’ont pas le choix, ils sont trop content de bosser 5 jours pour 400 ou 500 euros, et puis ils en prennent d’autres,  ils ne les forment pas, ils ne les recrutent pas, ils ne les remercient pas, les jeunes, ils sont tétanisés, quand je parle avec eux, ils n’ont pas un sou, ils mangent mal, ils sont stressés, ils ne peuvent même pas faire leur études, c’est du gâchis. ».

Faut un revenu pour les jeunes. De 18 à 25 ans. Vous l’appellerez comme vous voulez, présalaire, allocation d’études, revenu de base… Et puis, quand on parle des « smicards », ils ne font pas des temps pleins, mais des jours par-ci par-là, ils sont à 700, 800 euros, comment voulez vous qu’ils s’en sortent ? Et tout le monde de dire qu’il faut du salaire, du vrai,  qu’on peut pas vivre comme ça. L’orateur, à la tribune, il fait un quizz « – Vous savez combien les 109 milliardaires ont gagné en plus dans la dernière année ? »  … 68% de plus.

Et tout le monde, de dire qu’on peut pas, qu’on a pas le droit de perdre en 2022, qu’on a une priorité, une seule, c’est de s’unir pour pas laisser Macron ubériser le pays, que si on se met pas tous d’accord sur l’essentiel, sur les points qui comptent, salaire décent pour tous, santé, sécu, droit du travail, retraite, c’est le désespoir et la haine qui vont l’emporter. « Une plateforme commune, un seul candidat », « mettez vous d’accord, arrêtez le massacre », dit Jean Petitjean, « tu te souviendras de moi, je suis Jean Petitjean, je lis ton billet dans l’Huma, tu vas le dire, hein ?  Jean Petitjean en a assez ! »

Gérard Filoche

Septembre 2021 : tout augmente sauf les salaires

Au boulot n°555  chronique hebdomadaire a lire dans l’Humanité dimanche  (11° année)

Que sont-elles devenues les professions à risques, les métiers essentiels, les premiers de corvée, ces millions de femmes et d’hommes qui sont en dessous du salaire médian et qui ont fait vivre le pays pendant la pandémie ?  En dessous du salaire médian, 1780 euros, comment peut-on bien vivre ? t le smic qu’ils ont bloqué depuis si longtemps : en 2021, le Smic s’élève à 1 554,58 euros brut par mois sur la base de 35 heures hebdomadaires, contre 1 539,42 euros en 2020, soit 15 euros supplémentaires. En net, il n’est que de 1230,60, il concerne 13,4 % de salariés, 3,2 millions.

Pendant qu’il y avait confinement ils prenaient le métro, le bus et le TER. Et ce sont ceux qui ont les salaires les plus bas, les tâches les plus dures, les durées du travail les plus longues, les protections sociales les plus faibles, le moins de syndiqués ?  Dans la restauration, il y a surtout des phlébites et des horaires impossibles, pas étonnant que les patrons aient du mal à embaucher, ils n’ont qu’à bien payer.

En cette rentrée, septembre 2021, où tout (dont gaz + 8,7 % forfait hospitalier à 18 euros) augmente sauf les salaires, ils en sont encore à attendre la reconnaissance qui leur fut un instant promise par Macron en mars 2020. Pour les livreurs, les caissières, les agents du nettoyage, du gardiennage et de l’entretien, les chauffeurs, les femmes de ménage, les aides soignantes,  à tous les niveaux, il y a eu le temps « de la guerre contre le virus », mais le temps de la guerre pour augmenter les salaires en conséquence n’est pas venu. Parfois des primes, des aides, des aumônes sont accordées, mais pas de hausse de vrai salaire brut et net : or le salaire qui compte c’est le brut. Les patrons proposent de l’intéressement, de la participation, des primes exceptionnelles, tout sauf du salaire net et brut.

Ce sont les salariés qui produisent toutes les richesses et n’en recoivent pas la part qu’ils méritent : nous voulons que le capital qui n’a jamais fait autant de surprofits paie correctement notre travail, smic à 1800 euros, 300 euros uniformes de plus pour tous.

Gérard Filoche

 

 

Cet été 21 : GDS en quête de toute la gauche

Cet été 21 : GDS en quête de toute la gauche

 

L’été militant a commencé pour nous à Perpignan, le 3 juillet, nos camarades des Pyrénées orientales étaient co-organisateurs de la manifestation unitaire contre l’extrême droite à l’occasion du congrès du RN. Un vrai succès avec plus de 3000 personnes dont notre camarade Gérard Filoche qui y côtoyait Philippe Poutou notamment. La CGT avait fait localement une grosse mobilisation.

Les 9 et 10 juillet Jean-Yves Lalanne, Bernard Motto-Ros, et Georges Martel  se rendaient à La Charité-sur-Loire, au « Festival des idées » pour y défendre notre politique unitaire.

Le 12  juillet Gérard Filoche donnait à la gare St-Charles de Perpignan une conférence de presse répercutée aussi dans l’Indépendant afin de faire connaître sa candidature à la primairepopulairefr : il y expliquait pourquoi il se saisissait aussi de cette occasion pour faire entendre la voix de l’unité de la gauche. Unité à laquelle il a appelé deux fois, lors d’interview sur Russia todaycourant juillet.

Le 23 juillet Gérard Filoche rencontrait Eric Piolle de passage à Perpignan (cf. L’indépendant).

Le 31 juillet, Gérard Filoche se rendait avec Alexandrine Meynaud à Bauvoisin dans la Drôme pour une soirée unitaire de toute la gauche, PCF, PS EELV, LFI.  Le 2 août, une ITV sur Russia today, à propos des mobilisations contre le Pass sanitaire.

Courant août, plusieurs vidéos de « campagne » mises sur le site Filoche2022par l’équipe d’animation de la campagne avec Anne-Lise Del Malandrino.

Les 19 et 20 août GDS était représenté par Bernard Motto-Ros et Arno Lafaye-Moses à Poitiers aux journées nationales d’EELV dans le cadre de la préparation de leurs primaires fixées au 29 septembre.

Le 26 août Gérard Filoche se rendait avec Manuel Gouthière, aux journées de PEPS, (à Vesc, dans la Drôme) (Parti de l’écologie populaire et sociale). Occasion de débattre avec Leïla Chaibi, députée européenne qui présente un projet excellent de directive pour mettre fin à l’ubérisation, système de destruction du salariat. Occasion aussi de débattre de l’unité de la gauche avec Manuel Bompard (LFI) Christine Poupin (NPA) et des orateurs de « Ensemble » et de PEPS.

Du 24 au 28 août, nos camarades Pierre Ruscassie et Eric Thouzeau  étaient présents à Nantes à « l’université d’été des mouvements sociaux » avec Attac 44.

Le 27 août, Gérard Filoche, avec une délégation de GDS, Jean-Alain Mazas, Bernard Motto-Ros et Alexandrine Meynaud, se rendait à Châteauneuf sur Isère, à l’invitation d’Eric Coquerel de LFI. Gérard Filoche anima un débat avec Adrien Quatennens, Clémentine Autain et Morgan Gonon de « l’Institut Rousseau » dans le Palais des Congrès devant 250 personnes sur « la réduction du temps de travail et l’emploi ». En cette occasion il fut possible d’échanger avec plusieurs dizaines de militants LFI.

Les 27, 28 et 29 août, Eric Thouzeau  et Jean-Yves Lalanne participaient en tant qu’invités du PS aux journées de Blois.

Le lundi 30 août, à 9 h, à Melun, retour avec les luttes sociales, aux côtés des salariés de Grandpuits en Seine-et-Marne, devant le Tribunal administratif.

Et toutes les semaines, Gérard Filoche a publié sa chronique « au boulot » dans l’Humanité-Dimanche (c’étaient les 550° rubriques, depuis bientôt 11 années).

Pour GDS, c’étaient des vacances sans vraie relâche dans le combat pour l’union.

 

Libertés ! Libertés ? Quel contenu à la « liberté » ?

 

Qui ne crie liberté ?

Cela s’impose face au pouvoir personnel de Macronutilisant tous les pouvoirs de la V° République pour manipuler les citoyens. Il paraît même que c’est lui, en personne qui doit décider de la troisième injection de vaccin !

Mais la libertéça ne se crie pas n’importe comment !  La libertéc’est la santé !

Sans la santé, qui estlibre ? Sur un brancard d’hôpital, sans pouvoir être pris en charge, on n’est pas libres.

 

La liberténe saurait être dématérialisée, elle a besoin de contenu : libertéde quoi ? Libertéde décisions démocratiques, collectives ! Libertéde refuser les licenciements alors qu’il y a déjà 7 millions de chômeurs ! Croit-on qu’on va convaincre des millions de salariés à se vacciner en les soumettant à la toute puissance et au chantage de leurs patrons, en les mettant à pied, en les privant de salaires, en les licenciant ?

 

La libertéc’est celle d’avoir des élus du personnel, des DP, CE, CHSCT, médecine du travail, inspection du travail, juges du travail, qui représentent valablement les salariés face aux employeurs. La libertéc’est le droit d’expression dans les entreprises. (Tout ce qu’a supprimé Macron depuis 2015). La libertéc’est le choix.

 

La libertéc’est celle du secret médical, c’est celle d’avoir une médecine du travail nombreuse et efficace dans les entreprises elles-mêmes pour évaluer les risques, pour prendre les mesures de prévention adéquates, dans le respect de la dignité et l’intimité des salariés. La médecine du travail est une spécialité irremplaçable, de prévention et de terrain (tout comme la médecine scolaire, elle aussi disparue) : la libertéc’est être bien suivi, au plus près de là où on habite et des conditions du travail qu’on subit par des praticiens qu’on connaît, qui expliquent et peuvent vacciner en expliquant et en rassurant.

 

Macronveut, par la force vous pousser, sur ordre d’en haut, au vaccin,

Non, il faut que le vaccin vienne en bas, aux gens là où ils sont.

La libertéde se vacciner c’est la vie au quotidien, dans son quartier, son atelier, son bureau, son école, ses maisons de retraite.

La libertéc’est de n’avoir pas à être inquiets des grands laboratoires avides de surprofits qui ont commis tant de manquements, faute de contrôles et faute de transparence. Les brevets des vaccins doivent être publics, des profits géants ne doivent pas pouvoir être faits sur la pandémie, les contrats d’achat et vente doivent être transparents. Ainsi ça donne librementconfiance.

 

Si Macronavait inspiré la confiance en respectant les droits sociaux, sans zigzags et sans mensonges, la vaccination aurait été massive et sans résistance : mais non, il a fallu qu’il impose la défiance avec un « passe sanitaire » obligatoire non seulement pour les soignants, mais pour la grande majorité de la population. Au début, il menaçait même les commerçants et restaurateurs qui refuseraient de contrôler ce passe sanitaire jusqu’à…  45 000 euros d’amende. Et il chassait de leur travail les « CDD » et pauvres précaires qui ne se plieraient pas. Il a fallu résister et que la gauche unie saisisse le Conseil Constitutionnel pour empêcher au moins ça.

 

Bien sur, il faut encourager la vaccination à 100 %, par la pédagogie, par la mise en oeuvre de moyens plus efficaces, plus proches des gens mais surtout pas avec cette méthode violente, car sous prétexte d’aller vite et plus fort, ça a, en fait, multiplié les obstacles et retardé le consentement populaire.

Il y a 50 millions de vaccinés, le reste, 10 millions, ne sera pas convaincu par la force.

 

La libertéc’était de faire adhérer à une règle commune, légitime, incontestable, envers les soins d’intérêt collectifs : mais là, Macrona suscité, comme Trump l’avait fait en avril 2020, des réticences  profondément archaïques : des gens effrayés se sont mis comme aux USA à crier que « leur liberté » était de « mourir si Dieu le veut », ils ont fétichisé leur libertéindividuelle au point de l’opposer à la libertédes autres, de l’opposer à la Sécurité sociale (comme disaient les partisans de Trump :  « le confinement est communiste »). Une minorité a même tenté d’y rajouter des slogans complotistes et antisémites.  La propagande de Macron de BFM à TF1 a joué là dessus pour diviser ses opposants.

 

 

Tout cela a suscité des grandes  frayeurs sur le vaccin : alors que manifestement, raisonnablement, il y a moins de risques avec le vaccin que sans le vaccin.  Huit malades sur 10 sont protégés, le chiffre est parlant. Des éléments d’extrême-droite et des faiseurs de « fakes news » se sont précipités pour créer et attiser une brèche obscurantiste primaire à propos des doutes sur 2 malades sur 10, lesquels font pourtant des Covid courts, moins douloureux et moins mortels. Des libertariens qui refusent déjà idéologiquement tout ce qui relève de la vie sociale ont tenté d’influer sur des manifestations hétérogènes. Macronest responsable de ce surgissement irrationnel dit « antivax »  qui a été provoqué par ses errements et in fine, son « Pass sanitaire » absurdement répressif.

 

Et cela s’ajoute aux fractures sociales, culturelles, géographiques et même d’âge, qui traversent le pays. Le XVI° arrondissement de Paris, s’est vacciné massivement plus vite que le 93, Seine St Denis.

 

On a donc subi le contraire de la confiance, car la confiance c’est la libertéde choix qui la donne et qui permet de lever les doutes, les craintes légitimes. La confiance c’est le degré maximum d’information, d’éducation collective qui la produit, mais surtout pas la menace, pas la sanction, pas le chantage, pas la répression.

 

Macron, au début, le 6 mars 2020, avait crié « on va tous au théâtre » et le 12 mars 2020 il avait  crié « guerre au virus » «  » et il nous avait tous confinés « quoiqu’il en coûte » de nos droits, de nos salaires, de nos conditions de logement, de l’éducation de nos enfants.

Depuis 20 mois tous ses zigzags ont été déroutants et ont laissé des traces profondes dans des millions de consciences. « Quoiqu’il en coûte » ? Macrona donné 70 % des soutiens financiers aux riches et seulement 30 % aux salariés.

Avec Macron, il n’y avait pas de gel, pas de masques, et il a menti.

Avec Macron, il n’y avait pas de lits, pas de respirateurs et il a encore menti.

Avec Macron, il n’y avait assez de soignants parce que ses choix budgétaires fanatiquement austéritaires avaient désarmé les hôpitaux publics : pendant toute l’année 2019, il avait refusé d’entendre les grèves, manifestations, appels au secours des soignants qui savaient qu’il ne pouvaient plus être à la hauteur des besoins.

Avec Macron,même le Doliprane était entièrement produit à l’étranger.

Avec Macron, l’orientation était de développer les cliniques et hôpitaux privés, contre le service public et les urgences : et quand est venue l’heure de la pandémie, il n’a pas réquisitionné le secteur privé.

Avec Macron, il n’y avait pas de blouses, pas de sur-blouses, pas de gants, pas de seringues, ni de pousse-seringues. Il manquait même des écouvillons pour des tests et les tests en masse ont mis des mois à se mettre en place.

Avec Macron, il n’y avait pas de curare, pas de médicaments de première nécessité.

Avec Macron, il y a eu un « tri » mortifère des malades jugés capables de rester en vie et de ceux qui ne l’étaient pas. Il y a eu des évacuations de malades éparpillés par avion, trains et cars spéciaux dans tout le pays, là où il y avait des lits encore libres : c’était coûteux, dangereux, inhumain pour les malades et les familles.

Avec Macron, il y a eu une déprogrammation systématique des soins courants avec tous les risques que beaucoup de malades ont subi.

Macron a poursuivi les suppressions de lits pendant les deux ans de la pandémie, approximativement 1500 lits en moins.

Avec Macron, il n’y a pas eu de vaccin en France tellement il avait diminué les crédits de la recherche publique et découragé les chercheurs.

 

Alors la libertéc’est de contester tout cette politique de Macron, ses choix budgétaires depuis cinq ans, ses errements et ses mensonges, ses décisions solitaires en « conseil de défense » au détriment du Parlement et même du Conseil des ministres réduits à l’état de potiches.

Nous, nous avons été à 100 % pour la vaccination et à 100 % contre le Pass sanitaire : et si nous n’avons pas manifesté officiellement c’est à cause de la confusion entre les deux et de l’absence des syndicats et de l’extériorité des organisations de gauche aux défilés. Nous ne pouvions, à nous seuls, redresser, corriger, les slogans des défilés ni donner le contenu aux libertés, contre les libertariens.

Des centaines de milliers de manifestants, indépendants et salariés, ont crié « liberté » tout l’été : sans doute n’avaient-ils pas tous manifesté précédemment en défense du Code du travail (2017), en défense de la SNCF et des transports publics (2018), avec les Gilets jaunes (2018 et 19) qui on été réprimés avec une violence inouïe,  contre la casse des retraites (2020) et contre la casse de l’assurance-chômage (2021), sans doute n’avaient-ils même pas voté contre Macronet ni même voté pour ceux qui défendaient les droits sociaux, mais nous avons observé que s’ils sont descendus nombreux dans la rue samedi après samedi c’était contre ce pouvoir malfaisant.

 

Mais en cette rentrée, la liberté maintenant pour ces manifestants, c’est de choisir le contenu non seulement de leur opposition à Macronmais celui de leurs revendications contre Macron.

Les revendications positives ont cruellement manqué dans le profond désert des inquiétudes de cet été, mais maintenant il faut des banderoles contre les licenciements, pour la protection de l’emploi, pour des salaires en hausse, pour la médecine du travail, pour les CHSCT, pour la dignité des 30 millions de salariés que nous sommes.

La décision, enfin, des syndicats de préparer une grande journée de mobilisations et d’actions le 5 octobre prochain va dans le sens de redonner le contenu revendicatif positif, aux défilés de cet été.

Tous ensemble, libres, avec nos revendications contre Macron.

 

 

 

Macron contre l’OIT

Au boulot n° 554 dans Humanité Dimanche

 

Profitant du Covid, Macron et Borne ont donc inventé une insécurité qui n’existait pas. L’employeur peut, en dépit du secret médical, par dessus le médecin du travail, exiger directement d’être informé de l’immunité – ou non – de son salarié vis-à-vis du Covid et suspendre le contrat de travail pendant une durée indéterminée, c’est-à-dire imposer une mise à pied sans salaire ni allocation chômage. Le salarié qui ne répond pas, peut épuiser ses jours de congés, demander à être reclassé, mais l’employeur peut aussi le licencier pour cause réelle et sérieuse. Ne restent plus que les indemnités de chômage réduites le 1eroctobre et l’appel hypothétique et long devant les prud’hommes.

En quelle mesure la France peut elle s’émanciper, alors qu’elle en est signataire, de la convention n°158 de l’OIT sur le droit du licenciement ?  Il y est prévu qu’un « travailleur ne devra pas être licencié sans qu’il existe un motif valable de licenciement lié à l’aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l’entreprise, de l’établissement ou du service ».Il y est prévu quele licenciement doit être « motivé » par « écrit », que « le salarié doit avoir le droit de se défendre », des « délais », un « préavis », de « saisine des représentants du personnel ». « L’absence temporaire du travail en raison d’une maladie ne constitue pas une raison valable », le salarié doit bénéficier du droit de « recours » interne et externe, de « reclassement », du « versement d’une indemnité adéquate »  ou de toute autre forme de « réparation considérée comme appropriée » et des « prestations chômage ».

Tout membre qui a ratifié la convention 158 doit présenter un rapport sur l’application de la convention en vertu de l’article 22 de la Constitution de l’Organisation internationale du Travail, et, avec motifs à l’appui,  il devra exposer dans des rapports ultérieurs l’état de sa législation et de sa pratique à son égard.

Macron va avoir du pain sur la planche pour se justifier face à ce texte qui s’impose à la France.

Gérard Filoche

 

 

 

 

TESTS UBERISÉS ?

Au boulot n°554. chronique hebdomadaire A LIRE dans l’HUMANITE  DIMANCHE

 

 

Rappelez vous : le 4 novembre 2020, en même temps que l’élection présidentielle aux US, celle où Biden a battu Trump, il y avait d’autres votations et referendums, et dans l’état californien, la société post esclavagiste Uber avait dépensé 200 millions de dollars pour « gagner » le sien, connu sous le nom de l’article 22. Il s’agissait de permettre que ses  chauffeurs ne bénéficient pas des droits des salariés. Uber a suffisamment manipulé l’opinion pour obtenir 58,6 % de voix pour imposer un travail à la tâche: sans « Sécu » ni retraite, ni chômage, ni protection face à la déconnexion. Certes les chauffeurs (et les vélocipédistes de Deliveroo, etc) sont « libres » mais ils n’ont aucun droit économique, moins que des esclaves.

Uber joyeux de l’article 22 californien s’apprêtait à faire passer le même gendre de loi dans toute l’Europe. Mais  ils ont été heureusement bloqués partout, à Madrid et même à Londres. Et un juge californien, Frank Roesch, vient de déclarer ce referendum anticonstitutionnel  et son résultat inapplicable parce qu’il « limite le pouvoir d’une future législature californienne a définir les conducteurs des applications mobiles comme des travailleurs reconnus par la loi sur les compensations dues aux travailleurs ».

Bonne nouvelle pour eux, les chauffeurs VTC devront être requalifiés  en salariés, ce qui coutera des milliards à Uber. « C’est perturbant qu’il faille autant d’efforts pour faire connaitre légalement une évidence » dit un syndicaliste US.

Signal utile en France ou l’on sait que Macron veut accélérer « l’ubérisation » du salariat : nous voilà d’ailleurs en ce moment confrontés à la multiplication « d’auto entrepreneurs » (sic),  des « free lance » pour effectuer les tests PCR, avec des contrats frauduleux, low cost et sans formation dispensés par des sociétés privées alléchées par le fait que la Sécurité sociale paie cash à 100%.

Nous avons pourtant besoin de convaincre pour une vaccination a 100 % ce n’est pas avec la méthode Uber macronisée qu’on y parviendra.

Gérard Filoche