le 5 mai non à Napoléon, oui à Karl Marx et … à Siné

Bon, il y en a qui célèbrent les 200 ans de la mort du tyran putschiste et esclavagiste, autoproclamé empereur Napoléon.

Macron joue même son sous-Badinguet en cette occasion.

D’autres célèbrent et c’est bien mieux, les 200 ans de la naissance de Karl Marx mais faut pas attendre de Macron et des gros médias qu’ils le fassent.

Et moi je célèbre les cinq ans de la disparition de mon vieux copain Siné, descendu le jour de l’Ascension, un  5 mai 2016, parce que sinon ils vont tous faire exprès de l’oublier alors qu’il est dans son caveau, au cimetière de Montmartre, à Paris, surmonté d’une sculpture en forme de cactus faisant un doigt d’honneur. Sur le socle est gravé : «Mourir? Plutôt crever!».

Siné aimait la vie, anticlérical viscéral, anarchiste pour l’éternité, amoureux du jazz, des femmes et du Morgon qu’on a bu à ses obsèques comme il le souhaitait. Tiens, on va en reboire un coup en son honneur !

 

Quelle défense au travail face au Covid ?

Au boulot n°539 chronique hebdo de l’humanite dimanche 11° année

 

 

Une entreprise de 20 salariés à Paris en pleine pandémie : pas de télétravail (alors qu’il est facile de l’organiser) parce que le patron a décidé que non. Survient le Covid : trois cas contacts, le patron dit : « - y a trop de boulot, on peut pas arrêter ». Des salariés cherchent à joindre l’inspection du travail : personne ne répond. Ils cherchent à joindre le médecin du travail : personne ne répond. Puis le patron lui même est testé « positif », il s’en va en province et sa seule consigne pour les 20 salariés reste : « travaillez ». Ils tentent à nouveau de joindre l’inspection du travail : ça sonne dans le vide. Le médecin ? Pas joignable. Ils n’ont pas l’habitude de défendre leurs droits, pas de délégué, pas de syndicat, un certain malaise s’installe. Il faudra 20 jours pour que l’inspectrice du travail (elle reçoit 400 appels et mels par demie journée) leur dise leurs droits et qu’ils rentrent chez eux s’isoler.

Voilà le prix à payer pour avoir démantelé les CHSCT, délégués du personnel, quasi supprimé les médecins du travail et affaibli gravement les effectifs de inspection.

Le bilan ? « Depuis le début de l’année, les agents de l’inspection ont mené près de 24.000 contrôles en lien avec l’application des mesures sanitaires pour lutter contre l’épidémie et adressé 34 mises en demeure ». Mais il y a des centaines de milliers de cas !

S’ajoute le vide juridique.

Pour Simon Picou (CGT ministère du Travail) : « Le gouvernement annonce l’augmentation des contrôles. Du coup, de nombreux salariés nous contactent. On doit alors leur expliquer que l’inspecteur n’a pas de pouvoir de sanction directe en cas de non-respect du télétravail ». Cela passe par une mise en demeure et une tardive et faible contravention de 3.750 euros. Pas très dissuasif. Et pas immédiat. Donc inefficace.

Tout ça parce que, dans leurs multiples lois d’urgence sanitaire, Macron, Castex, Bornes refusent dogmatiquement de contraindre les employeurs.

 

Gérard Filoche

 

 

Petit guide de survie chez Amazon CFDT logistique

Chronique au boulot n° 538 Humanité Dimanche

Quelques astuces pour ne pas se faire broyer par la machine :

1°) ne pas considérer votre emploi comme une chance ou une aumône. Vous vendez votre force de travail, ce n’est pas Amazon qui vous fait un cadeau en embauchant.

2°) le service RH est un service de gestion des ressources humaines, pas un service pour vous aider.

3°) les assistantes de production ne sont pas là pour gérer vos problèmes, elles sont un relais entre vos problèmes et la personne qui ne les résoudra pas.

4°) le travail chez Amazon use les corps. Ne faites pas les fifous, dans le cas contraire, dans trois ans, vous aurez des problèmes articulaires.

5°) le manager n’est pas là pour vous faire plaisir. Il est là pour obtenir une promotion, des actions Amazon, ou pour apprendre son métier. N’attendez rien de lui.

6°) vous filer une crêpe ou une banane voire un pins, n’est pas une récompense. Il s’agit juste de vous infantiliser.

7°) les NAO n’ont pas pour objet de récompenser votre investissement ; il s’agit de faire en sorte que tout le monde continue de bosser sans faire de vague. Vous aurez donc des propositions suffisamment basses pour être rentables et suffisamment hautes pour que chacun se taise et bosse.

8°) « associate » est un mot qui n’a pas de sens. Si vous étiez associés, vous seriez respectés et rémunérés en conséquence. Préférez le mot salarié ou employé qui correspond plus à votre statut réel.

9°) Ne faites jamais confiance à Amazon lorsque vous êtes malades ou accidentés. L’intérêt de l’entreprise est que vous ne perceviez pas votre argent.

10°) si une entreprise fait des publicité TV pour recruter cela signifie nécessairement que les boulots sont un peu moisis (exemple Mac do, Auchan, Carrefour, armée…) les bons emplois ne nécessitent pas de pubs TV.

11°) ne faites jamais rien oralement. Les paroles s’envolent, les écrits restent (et sont utiles en cas de problèmes..) Gardez une trace de tout ce que vous faite avec Amazon.
Une fois n’est pas coutume, je cite un texte de la section CFDT d’Amazon logistique.
Gérard Filoche

Hargne antisyndicale dans la hiérarchie de l’inspection du travail

Au boulot n° 537 chronique humanite dimanche

Beaucoup se souviennent de cette aberration qui avait conduit la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le 15 avril 2020 à sanctionner par une « mise à pied »  un inspecteur du travail de la Marne, Anthony Smith parce que celui ci avait « trop bien fait son travail » en exigeant d’un employeur qu’il procure des masques à ses salariés, aides à domicile.

A l’époque le ministre de la santé, Olivier Véran, jugeait les masques inutiles.

Il avait fallu presque six mois d’une incroyable lutte syndicale de l’inspection du travail et de tous les salariés concernés pour réhabiliter Anthony Smith dans ses fonctions.

150 000 personnes l’avaient soutenu en ligne dont des centaines de personnalités syndicales, politiques, associatives.

Le directeur général du travail, Yves Strouillou, avait été obligé de démissionner pour cette scandaleuse bourde. Désavouée par la nouvelle ministre Elisabeth Bornes,  la directrice du travail départementale, Mme Zdenka Avril, à l’origine de l’aberrante sanction initiale, avait été obligée de réintégrer Anthony Smith dans ses prérogatives : mais un an après elle ne désarme pas et ose se relancer dans une nouvelle opération antisyndicale.

Trois dirigeants de la CGT, la secrétaire Générale de l’UD 51, Sabine Dumenil, le secrétaire de l’UL de Reims, Benoît Augé et le secrétaire de l’Union des retraités de Châlons, Vivian Tallone, ont été convoqués le 6 avril 2021 devant une juge d’instruction, accusés et mis en examen sur plainte de Mme Avril  pour « injure publique et diffamation » envers elle à l’occasion de la mobilisation de l’an passé en défense d’Anthony Smith.

Ça s’appelle du réchauffé et de la hargne.

Depuis le début de l’affaire Anthony Smith, la ministre a changé, le DGT a démissionné, la directrice régionale a été déplacée, mais voilà que la directrice départementale veut se venger. Le bon sens voudrait plutôt que ce soit elle qui soit sanctionnée.

Gérard Filoche

 

Convention nationale de la Gauche démocratique et sociale – 10 avril 2021 résolution Proposition GDS pour une plateforme commune de toute la gauche

 

 

Proposition GDS pour une plateforme commune de toute la gauche

 

Si, demain, il y a une réunion de toute la gauche pour rédiger une plateforme commune, voilà ce que la GDS proposerait.

 

Les crises sociale, économique, environnementale et démocratique s’aggravent. La pandémie a sonné l’alerte. Tout oblige à engager des changements radicaux. Le capitalisme engendre sur toute la planète, par delà les frontières, des besoins humains et exigences démocratiques qu’il ne peut satisfaire.Les trahisons que la gauche a connues en France, et ses divisions, découragent. Mais rien n’est inéluctable, ni écrit. L’unité de toute la gauche, sans exclusive ni hégémonisme, pour gagner en 2022 en commun est indispensable, elle peut se réaliser. Cela dépend de toutes et de tous.

 

Répondons ensemble aux urgences ! Mettons en commun ce qui nous unit.

Nous proposons un socle pour un contrat de législature partagé et pour un candidat communen 2022. D’autres programmes existent, discutons-en sans exclusive ni hégémonisme !

Nous soutenons les appels qui vont en ce sens dont l’appel « ww.http//UNALT22.fr »

 

Pour notre part, à la GDS, nous mettons en débat des axes de transformation sociale : ils sont issus de nos deux documents :

Programme de référence(avril 2018)

et

Pandémie, le monde d’après(avril 2020).

Nous les avons concentrés

 

en trois parties, social, écologie, démocratique

 

et

 

huit blocs, travail, Sécu, reforme fiscale,  services publics, transition écologique, nouvelle economie, changer la vie, VI° République, Europe sociale et démocratique

 

après avoir étudié et comparé les autres programmes en discussion à gauche,

pour faciliter les échanges.

 

Partie A : le social au cœur

 

1er bloc : priorité au social

Adoption dans le premier mois d’uneordonnance« salaire – emploi – droit du travail – précarité sous-traitance – retraites – Sécu – logement   » pour une mise en œuvre en urgence :

- augmentation du Smic à 1 800 euros et retraites! Alignement de toutes les grilles salariales à partir de 1 800 euros mensuels sur 13 mois dans le privé et le public ;

- remplacement des minima sociaux par la création d’un « revenu de base » pour tous dès 18 ans à 1250 euros par mois (70 % du Smic) applicable aux jeunes scolarisés ou en recherche d’emploi ;

- égalité salariale femmes-hommes immédiate, sous contrôle et avec lourdes sanctions effectives ;lancement d’un grand plan de revalorisation des métiers féminisés en commençant par la fonction publique.

-interdiction de toute discrimination liée à l’origine pour les personnes cherchant à accéder à l’emploi ou pour celles en situation d’emploi sous peine de lourdes sanctions contre les entreprises contrevenantes.

- reconstruction du droit du travail et du statut de la fonction publique ; priorité d’accèsaux CDI, la loi l’emporte sur les contrats, définition des grilles de qualifications, retour élargi et renforcé des Institutions représentatives du personnel (DP, CE, DS CHSCT..), santé au travail et médecine du travail renforcée, prévention et réparation des maladies professionnelles, accidents du travail ;

- renforcement de l’Inspection du travail, contrôle préalable contre les licenciements abusifs, renforcement des prud’hommes et élections de ceux-ci tous les cinq ans ;

- régulation de la sous-traitance (responsabilisation des donneurs d’ordre, alignement des sous-traitants sur la convention collective des donneurs d’ordre, un seul niveau de sous-traitance, reconnaissance facilitée des UES) ;

- limitation à 5 % des contrats non CDI par entreprise, interdiction d’Uber et fin unilatérale de la directive « travailleurs détachés », fin de l’auto-entreprenariat en faveur d’un statut social consolidé pour les artisans et petits employeurs ;

- « travailler mieux, travailler moins, travailler tous et gagner plus » : baisse immédiate de la durée hebdomadaire légale du travail à 32h avec un maximum de 40 h, avec les heures supplémentaires majorées à 100 % et une retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous.

 

2e bloc : une grande « Sécu » universelle gérée démocratiquement

# Une protection sociale globale et solide pour toutes et tous

- consécration du principe des cotisations sociales payées à la source sur le salaire brut et super-brut (salaire net plus cotisations salariales et patronales) ; budget séparé et intouchable, ajusté en fonction des seuls besoins de la population ; pour les indépendants, cotisations volontaires de même niveau, dans le même cadre.

- pré-affectation obligatoire des cotisations à des caisses 
dédiées (maladie, accidents du travail, retraite, logement, famille, handicap, jeune, dépendance) gérées démocratiquement par des représentants des salariés et usagers au sein d’une grande « Sécu universelle » restaurée, financée exclusivement par des cotisations proportionnelles aux salaires et plafonnées ;

- élections aux huit caisses de Sécu (« un assuré, une voix ») tous les cinq ans des représentants usagers, groupées avec les prud’hommes et fixant la représentativité syndicale.

# Santé : la leçon de la pandémie Covid-19est qu’il faut appliquer partout les principes de prévention et de précaution

- Priorité à la santé publique, aux agences de développement des hôpitaux publics, des Ehpad publics, aux prises en charge des handicaps et maladies orphelines, des maisons de santé publiques, aux médecins et organismes de prévention scolaires et enfance

- campagne de recrutement et de formation des soignants et AESH,

- effort budgétaire / investissements massifs dans le service public de la recherche, les hôpitaux et les Ehpad afin que plus jamais l’impréparation connue en 2020 face à la pandémie ne se reproduise ; prise en charge intégrale par un service public spécifique de la dépendance avec nouvelle cotisation « Sécu » ad hoc ;

- mise en place d’un grand service public de la recherche et du médicament ; relocalisation et contrôle de la production des grands groupes pharmaceutiques ;

- annulation des dettes des hôpitaux et suppression de la tarification à l’activité ;

- réunion d’états généraux de la santé, où les organisations syndicales auront toute leur place.

Un logement décent pour tous

- droit au logement réellement opposable, lutte contre les expulsions, contre les ventes à la découpe ;

- contrôle des loyers et des prix du foncier pour consolider la loi SRU qui prévoit 25 % de logements sociaux ;

- instauration d’un tarif social pour les factures d’eau, de gaz, d’électricité ou premiers mètres cubes ou kWh gratuits ; encadrement des tarifs bancaires. Aides a la fin des passoires énergétiques.

- mise en place d’une agence d’accueil et de logement des Sdf, des victimes d’accident de la vie et des migrants primo arrivants.

 

3e bloc : collectif budgétaire, vers une grande réforme fiscale

 

# Fiscalité et budget

- recrutement prioritaire de milliers d’inspecteurs des impôts et « hackers » pour récupérer les centaines de milliards d’euros de fraude fiscale ; adoption de lois contre l’optimisation fiscale ; adoption du principe « tout citoyen français relève du fisc, où qu’il soit » ; sanctions élevées.

- abaissement immédiat du taux de TVA sur les produits de première nécessité et priorité donnée aux impôts directs, réellement progressifs, sur les entreprises (augmentation de l’impôt sur les sociétés) et les particuliers (ISR avec taxation à 90 % au-dessus de 20 Smic, taxation des dividendes, taxation des grosses successions, etc.) ;

- gestion transparente des trois budgets séparés du pays : État, collectivités territoriales et budget autonome de la Sécu universelle et retraites  ;

- taxation des transactions financières, qui servira aux exigences sociales et à celles de la défense de la planète ;

- déblocage immédiat des dizainesde milliards d’euros nécessaires pour les secteurs de la santé et de l’éducation.

# Finance

-       véritable réforme bancaire, avec au cœur une séparation hermétique des activités spéculatives et des activités de financement de l’économie productive ;

-       réaffirmation de la mission de services public de toutes les institutions et construction d’un grand pôle public financier en définissant notamment un périmètre et des moyens nouveaux et centraux pour une grande BPI (Banque publique d’investissement).

 

4e bloc : des services publics reconstruits, étendus, dans une économie mixte

 

# Un secteur public puissantest à la fois un moyen de redistribuer les richesses et de faciliter l’activité de toutes les entreprises :

- renforcement, extension et consolidation de l’ensemble des services publics ; marche vers une économie mixte avec un puissant secteur public encadrant et entraînant le secteur privé, dès lors que certaines activités sont trop décisives pour être laissées aux mains aveugles et avidesdu « marché » ;

- maintien et intégration dans le champ du secteur public de tout ce qui est vital pour le pays : l’éducation et la formation professionnelle, la santé, l’hôpital et les pompes funèbres, le logement, les transports et les communications, l’environnement, l’énergie, l’eau et l’air, ainsi que le financement de l’économie ; création de centaines de milliers d’emplois d’enseignants, de cheminots, d’infirmiers, d’aides-soignants, de personnels qualifiés pour les maisons de retraites et les crèches, d’éducateurs spécialisés, d’assistants sociaux, d’agents de la force publique, de douaniers ou encore de personnels d’inspection (Trésor, Impôts, Travail…), etc.

# Éducation

- priorité sera immédiatement donnée à l’éducation publique en termes de budgets,y compris de formation ; revalorisation forte des salaires des enseignants ; objectif, grâce un effort massif de recrutement d’enseignants, de 25 élèves maximum par classe entendant vers 15, et 10 pour les sections de « décrocheurs », 15 dans les sections maternelles qui scolarisent les élèves de deux ou trois ans, 12 dans les CP et CE1en éducation prioritaire ;

- convocation d’états généraux de l’enseignement pour reconstruire la grande école publique dont le pays a besoin, de la maternelle à l’université, en assurant sa vocation républicaine, l’épanouissement et l’émancipation de la personne humaine, :et réduire les inégalités sociales ;

- allocation d’études sur la base de critères universitaires aux étudiants

# Médias et presse :dès le début de la première session parlementaire, par une loi en urgence, rénovation du champ médiatique pour le rendre réellement pluraliste, car dans une société où les citoyens sont interdépendants, nul ne doit confisquer ou manipuler la connaissance et les données :

- suppression de la mainmise sur les médias de quelques grands industriels et actionnaires ; adoption d’une loi contre la concentration des médias et les intérêts croisés entre industrie des médias, publicitaires et groupes bénéficiant de commandes publiques notamment ;

- suppression complète de la publicité sur les chaînes publiques (et fin de la course à l’audimat qui conduit à l’uniformisation des programmes) compensée par une taxe sur la publicité des chaînes privées affectée à l’audiovisuel public ;

- réforme des aides à la presse pour que les journaux qui en ont le moins besoin ne soient pas ceux qui en reçoivent le plus comme aujourd’hui ;

- inclusion d’une « charte du journaliste » dans les statuts de chaque société de presse ;

- levée du « secret des affaires » du secret commercial et du secret bancaire ; libertés d’expression et des journalistes, droit d’association et protection des données numériques personnelles, ainsi que pluralisme de la presse garantis ; interdiction de toute forme d’espionnage des citoyens sans autorisation judiciaire et abrogation des nombreuses lois de surveillance existantes ; protection des lanceurs d’alerte ;

- mise en place d’un service public de l’information, pour informer et contribuer à l’éducation de tous les citoyens).

 

Partie B : une transition écologique

5e bloc : pour une nouvelle économie, industrie et agriculture « vertes », en rupture avec les politiques néolibérales, climaticides et écocides

 

# Économie et industrie :plus de planification et de coopération contre la course aux profits permettront une maximisation du bien-être des citoyens tout en tenant compte des contraintes environnementales :

- coordination et planification de l’économie, avec notamment la réorientation des industries et de leurs productions vers les besoins humains réels et les urgences écologiques, en lien avec les services publics (ministères du Plan, de l’Économie et des Finances, de l’Industrie, de la Fonction publique, du Travail et de l’Écologie) et les organisations syndicales et les employeurs ;

- conditionnement strict des aides publiques à des obligations sociales et environnementales notamment pour les 1 000 plus grandes entreprises qui réalisent environ 50 % du PIB ;

- élaboration dans le cadre d’états généraux (élus, syndicats et citoyens notamment) d’un Plan national de développement d’activités socialement et écologiquement utiles ;

- établissement dans chaque département et région de commissions mixtes autour des préfets, réunissant la BPI, les organisations syndicales, des représentants des employeurs et les élus territoriaux, chargées de mettre en œuvre un Plande relocalisation de l’économieexprimant les demandes et les besoins concrets des citoyens actuels et des générations à venir, remplaçant les tribunaux de commerce (qui seront supprimés).

# Développer les énergies renouvelables, préparer la sortie du nucléaire, inciter à la sobriété énergétique, développer circuits courtset économie circulaire visant à la réduction drastique des déchets.

Lutte pour la défense du climat contre les effets du capitalocène : appel à la reconversion des 2000 milliards dépensés chaque année en armements par 2000 milliards dépensés à sauver le climat, l’environnement, la bio diversité, la planète.

# Investissements publics massifs dans la rénovation thermiquedu parc locatif et des bâtiments publics ; aides aux particuliers.

Développement des transports publics collectifs, du fret ferroviaire et fluvial.

# Agriculture :pour remettre en cause le modèle dominant et promouvoir des formes d’agriculture paysanne, durable, biologique (respectueuses des sols, de l’eau et de la biodiversité) :

- développement d’une politique d’installation de jeunes paysans, favorisant les circuits courts et de proximité, la lutte contre les pesticides et l’agriculture intensive agrochimique ; garanties des prix à la production.

- garantie faite à tous les consommateurs d’une alimentation saine et contrôlée, notamment pour la restauration collective ; lois de contrôle de la grande distribution.

- lutte pour une nouvelle politique agricole et alimentaire européenne et de nouvelles coopérations internationales.

 

Partie C : des institutions démocratiques

6e bloc : changer la vie, c’est combattre toutes les oppressions et discriminations

# Changer la vie :la société bouge, des aspirations nouvelles se manifestent. Pour accompagner ce formidable mouvement de fond, il convient de :

- faire reculer systématiquement – par l’éducation et le partage, l’information et l’exemple, le contrôle et la sanction – le sexisme, la xénophobie, le racisme (dont l’antisémitisme est une des formes spécifiques, ainsi que le racisme antimusulman) ;

- abroger les lois liberticides, notamment les lois de 2020 dites « sécurité globale » et « confortant les principes républicains » ;

- s’attaquer aux préjugés liés à la génération, à la culture, à la religion, à la langue, à la nationalité et au genre ;

- sensibiliser, grâce à une campagne gouvernementale, au problème de la lutte contre tous les racismes, avec du matériel éducatif élaboré par les institutions et associations de défense des droits humains (Défenseur des droits, CNCDH, LDH, etc.). Une formation sur ces thèmes, assurée par les mêmes institutions et associations, sera proposée au personnel de l’Éducation nationale.

#Pour une société du libre choix pour tous les citoyens :

- garantir l’égalité femmes-hommes : imposer à marche forcéel’égalité salariale ; favoriser l’accès à la contraception et améliorer l’accès à l’IVG ; mettre en place un service public de la petite enfance (crèches gratuites) ; accentuer la lutte contre les violences conjugales par le renforcement du droit pénal et par la multiplication des lieux d’accueil ;

- reconnaître que les identités, les orientations sexuelles, les expressions de genre sont partie intégrante de la vie en société : lutte contre les stéréotypes de genre, renforcement de la législation permettant la protection des gays, lesbiennes et transsexuel.le.s, APGL, étendre les droits d’adoption à tous les couples gays lesbiennes et transsexuels  LGBTQI ;

- lutter contre les discriminations liées à l’origine, notamment des Français originaires ou descendants de personnes originaires des anciennes colonies françaises – discriminations qui se traduisent souvent par l’exclusion du marché du travail, par l’assignation à certaines places dans la division du travail, par une exposition accrue aux accidents du travail et par des difficultés d’accès au logement et aux loisirs.

# Éliminer les violences policières

- dissolution de l’IGPN et constitution d’une autorité indépendante de contrôle de la police nationale composée de représentants d’associations de défense des libertés, de représentants du parquet ; dissolution et remplacement des FDO par des unités de gardiens de la paix, recrutés, formés et sélectionnés. Une seule police nationale.

- retrait du schéma national de maintien de l’ordre public adopté en 2020 et désarmement de la police (suppression des armes de guerre – LBD, grenades de désencerclement – lors des manifestations) ;

- suppressions des contrôles d’identité en dehors de situations d’arrestation en présence de flagrant délit ou en application d’un mandat d’arrêt.

#Une seule laïcité

- application en totalité de la loi de Séparation des Églises et de l’État, qui garantit la neutralité des institutions publiques, le respect des cultes et l’expression libre de toutes les opinions religieuses, athées ou agnostiques dans l’espace public ;

- abrogation des lois anti-laïques ;

- abrogation du statut concordataire d’Alsace-Moselle.

#Bienvenue aux migrants, l’immigration étant une chance (économique, culturelle…) :

- faciliter l’accès à la citoyenneté française, réaffirmer le droit du sol ;

- droit de vote aux élections locales pour les extra-européens ;

- régularisation des sans-papiers ;

- fermeture des centres de rétention ;

- instauration de sanctions très dures contre les trafiquants de sommeil et de travail.

- agence nationale d’accueil, de logement, d’éducation et de primo insertion.

 

7e bloc : vers une VIe République

# pour conserver et protéger tous ces changements sociaux un changement de régime est nécessaire afin que, démocratiquement les citoyens puissent défendre ensemble tous leurs nouveaux droits:

Nous nous prononçons pour une République sociale, parlementaire, démocratique, proportionnelle, laïque, féministe, écologique, internationaliste et pacifiste.  Élaboration d’une nouvelle Constitution avec une Assemblée constituante démocratiquement élue et une adoption définitive du texte par référendum ;

- fin du « pouvoir personnel » et de l’élection du président de la République au suffrage universel ; redéfinition de son rôle en tant que simple porte parole de l’ordre constitutionnel sans rôle dans la conduite des affaires de gouvernement ;

- instauration d’un droit au référendum d’initiative populaire, avec des initiatives citoyennes locales, régionales et nationales ;

- création d’observatoires citoyens dotés de moyens administratifs, chargés de lutter contre la corruption et d’imposer la transparence.

# Un régalien plus humain

- instauration d’une justice accessible à tous et d’une police républicaine proche des citoyens ;

- concentration de l’armée, de ses moyens et de ses missions, sur son rôle de défense du territoire de la République.

 

8e bloc : Pour des États-Unis d’Europe démocratiques, sociaux et écologiques

 

L’Europe est un espace idéal pour faire face à la mondialisation néolibérale. L’Union européenne en a malheureusement souvent été un des vecteurs. L’arrivée au pouvoir d’une gauche unie et déterminée en France commencera à changer la donne.

Un gouvernement de gauche opérera le retrait de notre pays du traité sur la charte de l’énergie. Il dénoncera immédiatement unilatéralement la directive « travailleurs détachés ». Il refusera de ratifier les traités de libre-échange type CETA et TAFTA.

Il refusera toute injonction anti démocratiques à de soi-disantréformes « structurelles » venues d’en haut.

Le Parlement mandatera le gouvernement pour défendre au sein du Conseil européen et publiquement auprès des salariés européens :

- le refus de l’ordre ordo-libéral etde tout retour à l’euro-austérité ;

- l’harmonisation des fiscalités européennes et l’arrêt de la concurrence fiscale par le bas ;

-la mise en place progressive d’un SMIC européen aligné sur le plus élevé, en parité de pouvoir d’achat. Le principe de faveur, l’alignement par le haut des droits sociaux.

- l’adoption d’une fiscalité directe progressive, notamment via des impôts européens sur les sociétés, les hauts revenus et les gros patrimoines ;

- l’accroissement du rôle du Parlement européen (seule instance élue) en matière sociale, budgétaire, financière, démocratique face aux institutions non élues, telles que la BCE ou encore la Commission.

En appelant à la solidarité du salariat d’Europe et en appliquant notre programme en France, (nul ne nous l’empêchera de respecter l’application du programme démocratique sur lequel nous aurons été élus),nous gagnerons un rapport de force en vue de transformer l’Union européenne et de modifier profondément ses traités actuels. Cela pourra alors déboucher sur une proposition à tous les États européens de la tenue d’une Assemblée constituante démocratique.

 

21 000 signes

5 pages de D&S

 

 

 

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21 000 signes

5 pages de D&S

 

 

 

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La jungle du télétravail

Au boulot n° 536


 

Les études de l’institut Sapiens démontrent que la productivité des salariés en télétravail aurait  grimpé de 22 % et préservé entre 216 et 230 milliards d’euros de PIB en 2020, année où il y aurait eu un pic jusqu’à 8,5 millions de salariés en télétravail. Ils seraient 3,7 millions en mars 2021. Le télétravail réduirait de 20 à 30 % les risques de contamination au virus.

 

Ça rapporte le télétravail, ça économise des bureaux, de l’électricité, du transport, ça optimise le labeur.  Les salariés sont à pied d’oeuvre chez eux, ce qui réduit « distractions et perturbations », « pauses-café », « déjeuners à rallonge »« réunions inutiles et chronophages qui nuisent à la productivité ».

Patronat et gouvernement refusent toute loi encadrant le télétravail parce qu’ils veulent en tirer le maximum d’avantages sans concéder de contreparties.

E. Bornes se contente d’un vague accord national interprofessionnel (ANI) complaisant sur le télétravailpour ne pas répondre aux questions précises :  le télétravail est il obligatoire ou facultatif ? Quels pouvoirs des institutions représentatives du personnel par rapport a l’employeur sur le choix du télétravail ? Quels droits de refus, de retrait aux salariés ? Quelles garanties vis-à-vis de la vie privée des salariés ? Qui paie les ordinateurs, leurs mises à jour, sièges, bureaux, électricité ? Y a t il toujours tickets restaurants et cartes de transport ? Comment sont prises en compte les situations d’isolement, de mal-être, de stress ? Quelle prise en charge des enfants non scolarisés ? Quel décompte des horaires légaux et maxima quotidiens, hebdomadaires ? Les heures supplémentaires sont-elles identifiées et payées de façon majorée ? Quels temps de pause, de déconnection, de congés ?

 

Rien n’est réglé dans la loi depuis 12 mois de pratique intensive. Trop de salariés en télétravail au bord de la rupture psychique et émotionnelle sont sous une triple pression : surveiller, éduquer, traiter les dossiers. Il faut d’urgence une loi régulatrice et protectrice.

 

Gérard Filoche

 

 

Le Covid a fait du monde un grand chantier

Au boulot n°535

Dans tous les chantiers, il y a obligation de porter « équipements de protection individuels » (EPI), casques et chaussures de sécurité. Il y a obligation systématique de garde-corps ou de baudriers pour éviter les chutes. Il y a même obligation d’incorporer dans les plans et travaux de construction, les sécurités collectives.

Ca n’empêche pas tout, hélas, chaque année il y a encore 300 accidents du travail mortels dans le bâtiment. Parmi les plus vulnérables moins protégés. Mais les chaussures de sécurité obligatoires ont empêché 80 % des accidents aux pieds.

Qui s’oppose à ça ?

Les patrons souvent qui estiment que ça coûte cher et que ça fait perdre du temps.

Certains salariés parfois qui estiment que c’est une trop lourde contrainte.

Mais le principe de prévention, le principe de précaution sont imposés. Et la loi sanctionne les patrons qui ne protègent pas leur salariés.

 

Le virus Covid a fait du monde entier un grand chantier.

 

Gel, masques, soins hospitaliers et lits de réanimation, médicaments, vaccins, confinements sont des contraintes et des préventions pour sauver des millions de vies.

Qui s’oppose à ca ?

Certains minorent la pandémie et n’y voient que fausses contraintes, alors que c’est en dénonçant l’ampleur de la menace qu’on peut exiger des gouvernants les mesures salutaires les plus adaptées.

Qui trouve que ça coûte cher ? Que ça empêche de produire et de satisfaire à la loi capitaliste de recherche du profit maximum ? Les exploiteurs, financiers et gouvernants à leur service. Ce sont ces derniers, guidés par l’argent et pas par la santé, qui ne veulent pas ouvrir des lits, ni recruter et former des soignants, ni investir dans la recherche des médicaments, qui vaccinent avec lenteur, et imposent, mal et trop tard, des confinements devenus nécessaires mais douloureux : ils frappent ainsi les plus vulnérables et ce sont ceux qu’ils aident le moins.

 

Reste à ce que le principe de prévention, de précaution, impose une autre économie où la santé soit prioritaire et où les gouvernants réfractaires soient lourdement contraints, jugés, sanctionnés et destitués.

Gérard Filoche

 

 

Processus des etats généraux de « plusjamaisça » – note de cadrage

« Plus Jamais ça ! » est un collectif national créé suite à la publication d’une tribune le 27 mars 2020. Depuis, cela s’est concrétisé par : • Une pétition dépassant les 180 000 signatures ;

• Une mobilisation en commun à l’occasion de la fête du 1ermai ;
• La publication d’un « plan de sortie de crise » le 26 mai avec 34 propositions destinées

à nourrir le débat public et à évoluer au gré de leur confrontation avec les réalités du terrain.

1. ObjectifL’objectif des États généraux est triple :

1. en favorisant les convergences entre des organisations différentes dans leurs histoires, leurs cultures et leurs mod es d’organisation. Ceci afin de développer des actions communes et un rapport de force local et national. A ce jour, on compte une trentaine de collectifs locaux.

2.les 28 et 29 mai 2021 à la Bourse du travail pour rédiger un enrichi par les collectifs locaux et validé par la trentaine d’organisations membres du Collectif.

3. , au delà des échéances électorales pour faire entendre les revendications des mouvements sociaux et environnementaux.

2. Méthode

•Diffuser un « outil » permettant de clarifier les objectifs des collectifs locaux et de faireremonter des propositions d’amendements au « plan de sortie de crise ». Cet outil doit être diffusé au niveau local des organisations et aux collectifs locaux existants.

  • →  Il propose quelques principes pour l’animation des collectifs locaux ;
  • →  Il propose 4 orientations pour clarifier la stratégie d’actions locales1. Les collectifs locaux peuvent porter d’autres formes d’actions tant quel’horizon - bâtir une société sociale, écologique et démocratique - est commun. L’enjeu est de dépasser des divergences mineures et en réalité souvent stériles afin de pouvoir se mettre d’accord sur ce qui rassemble ;1. Appuyer une ou plusieurs organisations qui luttent déjà contre une injustice
    2. Contribuer à développer le rapport de force concernant une ou plusieurs revendications de PJC
    3. Débattre plus largement des valeurs et des principes d’un projet de société alternatif
    4. Expérimenter directement d’autres formes d’actions collectives et d’expériences (production, consommation…).

 

→ Il propose un outil permettant de commenter, critiquer, enrichir le plan de crise. Une discussion est en cours pour évaluer dans quelle mesure la remontée d’information pourrait se faire directement via un logiciel de la CGT. Cela fera le matériau pour rédiger le « plan de transformation sociale, écologique et démocratique ».

  • Rédiger une version « zéro » du plan de transformation sociale et écologique à partir des remontées des collectifs locaux et des apports des différentes organisations membres nationaux de PJC. Cette version identifiera les apports et les questions à approfondir.
  • Réunion physique à Paris à la Bourse du travail les 28 et 29 mai 2021 avec des délégué.e.s descollectifs locaux et des organisations nationales. Ces délégations devront être constituées dans le respect de la parité, de la diversité des personnes et des organisations.
  • A la suite de ces États généraux, le collectif Plus Jamais Ça produira une nouvelle version du plan de transformation sociale, écologique et démocratique basé sur les débats des collectifs locaux au cours des États généraux et validé par le collectif national et les organisations qui le composent.
  • L’université d’été des mouvements sociaux, du 18 au 22 août 2021 à Nantes, seral’occasion de présenter et diffuser largement le plan de transformation sociale, écologique et démocratique définitif3. Organisation

    Un groupe de travail a été mis en place composé de la CGT, FNE, Greenpeace, Attac, AequitaZ, Emmaüs pour faire des propositions au comité de pilotage de Plus Jamais Ça.
    Si nous voulons réussir à tenir ces échéances, nous avons besoin que des personnes viennent renforcer ce groupe et serépartir différentes fonctions :

    → logistique: organisation concrète des journées des 28 et 29 mai 2021
    → animation: programme des journées des 28 et 29 mai 2021
    → rédaction: travail de collecte et de synthèse des retours des différents collectifs locaux → communicationinterne et externe → processus préalable de préparation, il semble nécessaire de :
    • prendre contact avec les collectifs locaux pour échanger en direct sur les États généraux

    et leur préparation locale (répartition des 30 collectifs pour la prise de contact)
    • envoyer un questionnaire aux collectifs pour recenser les difficultés et les thèmes

    • prévoir une réunion Zoom avec un.e personne/collectif pour la préparation (fin février, début mars?)

    • mettre à jour la carte des collectifs : https://plus-jamais.org4. Calendrier

    → 20 février: Communication interne et externe sur les États généraux de Plus Jamais Ça

    → 2 mars: Réunion préparatoire avec les collectifs locaux à 20 h : réunion Zoom :

    https://zoom.us/j/98958990169?pwd=T3Z5c2MxMVRjejFRSkp2SUl4Vk4wZz09

    ID de réunion : 989 5899 0169 - Code secret : 821762
    → 1er mai: Fin des remontées et travail de synthèse
    → 28 – 29 mai: États généraux à la Bourse du travail à Paris
    → 18 – 22 août: Université d’été des mouvements sociaux. Présentationdu plan.

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en attente d’une réponse depuis le 28 février 2021

Cher Jean-Luc,

Nous te remercions du courrier que tu nous as adressé avec une proposition de rencontre pour débattre programme.

Tu connais notre engagement à tout faire pour battre la droite et l’extrême-droite en 2022. Comme tu n’es pas sans le savoir, notre combat pour éviter un nouveau face-à-face Macron-Le Pen nous amène à militer pour le rassemblement à gauche sur un programme de gauche, sans exclusive ni hégémonie.

L’unité n’a de sens que si elle s’appuie sur un contenu. Les axes d’un programme de gauche, d’un contrat de législature doivent permettre de répondre, en premier lieu aux urgences sociales, écologiques et démocratiques.

La France insoumise (LFI) met en débat son programme (« l’Avenir En Commun »).

La Gauche démocratique et sociale (GDS) a eu le souci de formaliser le sien, à deux occasions : en avril 2018 avec un « Document de référence programmatique » ( http://www.gds-ds.org/document-de-reference-programmatique-de-la-gds/ )   et en mai 2020 avec le texte « Pandémie et jours d’après » (http://www.gds-ds.org/pandemie-urgences-et-jours-dapres-contribution-gds/).

Depuis la publication de ces deux documents nous cherchons aussi à en débattre avec toute la gauche.

Nous avons ainsi co-signé    »Le temps est venu ! Contribution pour une plateforme commune » http://www.gds-ds.org/le-temps-est-venu-contribution-pour-une-plateforme-commune/

C’est donc avec plaisir que nous acceptons de te rencontrer pour un échange sur le fond d’une plate-forme commune à construire dans la période actuelle.

Nous avons d’ailleurs élaboré depuis mai 2020 un tableau comparatif des propositions qui existent à gauche (http://www.gds-ds.org/tableau-comparatif-des-propositions-a-gauche/).

Débattre des convergences (nombreuses) mais aussi des différences nous semble nécessaire si l’on croit au rassemblement à gauche pour répondre aux besoins du salariat.

Reçois nos meilleures salutations démocratiques et sociales

Pour GDS

Le 28 fevrier 2021

Jean-Claude-Branchereau, Gérard Filoche, Anne De Haro, , Eric Thouzeau

 

Une analyse inédite de l’Opposition de gauche soviétique (1933)

Communist opposition in the USSR – early 1930s: the Verkhne-Uralsk Document

https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=xCgv91BQvDs

HISTOIRE ET QUATRIÈME INTERNATIONALE

Cf. aussi : [Histoire] [Quatrième Internationale] [Trotskysme]

J.M.

En janvier 2018, la remise en état du sol dans une cellule de la prison de Verkhnéouralsk, un ancien isolateur du GPU-NKVD, a permis la découverte d’une cachette contenant une trentaine de manuscrits réalisés par les militants de l’opposition de gauche. Entre autres, des exemplaires de la revue manuscrite Bolchevik-Léniniste, dont l’existence (ainsi que celles d’autres revues manuscrites réalisées dans l’isolateur de Verkhnéouralsk) avait été mentionnée par les deux oppositionnels de gauche bannis d’URSS en 1935 et 1936, Ante Ciliga et Victor Serge, mais qui étaient inconnues jusqu’à maintenant. Arven A. Dawitian dit « Tarov » en avait aussi parlé ; exilé en Ouzbekistan après Verkhnéouralsk, il avait réussi à passer en Perse en juillet 1934, puis en France, et avait rejoint les FTP-MOI au cours de la guerre sous le nom de Manoukian », il est assassiné par la Gestapo avec les 22 autres du groupe Manouchian (l’Affiche rouge).

On compte sur les doigts d’une main les communistes oppositionnels de gauche d’URSS – qu’on comptait par dizaines de milliers à la fin des années 1920 et au début des années 1930 – qui ont survécu à la terreur stalinienne. Déportés, emprisonnés dans les isolateurs et dans les camps de concentration (en 1933 on estimait à plus de 8 000 les oppositionnels de gauche emprisonnés), ils avaient poursuivi la lutte et l’élaboration politique. À Verkhnéouralsk, selon A. Ciliga « la seule université indépendante d’URSS » (1), ils publiaient des journaux manuscrits (le Bolchevik Militant, les Recueils sur la période actuelle, la Pravda derrière les barreaux, puis, après une réunification des divers groupes en 1932-1933, le Bolchevik-Léniniste) où les articles, signés, n’étaient soumis à aucune censure, où ils débattaient leurs divergences, abordaient les questions théoriques et d’actualité. Les divers groupements politiques de cette prison étaient « de vraies organisations, avec leurs comités, leurs journaux manuscrits, leurs chefs reconnus ». Ils fonctionnaient en tenant des réunions en règle au cours des promenades dans la cour, avec bureau, ordre du jour, procès-verbal. Il y avait une « administration de la poste » entretenant, pour le compte de tous, les relations internes et externes non seulement en URSS, mais avec l’étranger, notamment par les transferts pour d’autres prisons. La bibliothèque était relativement fournie, les journaux paraissant en URSS étaient disponibles si on s’y abonnait, ainsi que les quotidiens des PC étrangers. Jusqu’en 1934 ces prisonniers politiques ont gardé des liaisons politiques avec les clandestins encore non arrêtés ; ils recevaient parfois des exemplaires du Biulleten Oppositsii, la revue en russe réalisée en exil, et des textes de Léon Trotski (2).

Les prisonniers de Verkhnéouralsk, comme ceux des autres prisons essayaient également d’agir, organisant en prison des « manifestations », par exemple le 1er mai ou le 7 novembre, chantant tous ensemble l’Internationale… Ces actions sont durement réprimées. Il ne reste alors que la grève de la faim pour tenter d’imposer le respect des prisonniers politiques. D’abord en 1928 dans la prison de Tomsk, puis à Tobolsk et dès 1930 à Verkhnérouralsk, les grèves de la faim éclatent, se durcissent en 1931, puis en 1933. F.N. Dingelstedt, un des auteurs du texte publié ci-dessous, membre des comités dirigeant ces grèves en 1931 et 1933, fut sanctionné par la déportation au camp de concentration des îles Solovki, où il dirigea encore une grève de la faim.

Au cours de l’année 1936 la quasi-totalité des oppositionnels de gauche survivants ont été regroupés dans les camps de la Patchora, autour de Vorkouta. Selon un militant menchevik rescapé de Vorkouta, ils étaient plusieurs milliers, refusaient de travailler au-delà de huit heures, ignoraient systématiquement le règlement de façon organisée, critiquaient la politique de Staline tout en se déclarant prêts à défendre l’URSS contre l’agression nazie, qu’ils prédisaient. N’ayant plus de quoi écrire, ils réalisaient un journal oral, nommé à nouveau la Pravda derrière les barreaux. En automne 1936, après le premier procès de Moscou, ils ont organisé des manifestations et des meetings, puis une assemblée générale qui a pris la décision de commencer une grève de la faim, qui a commencé le 27 octobre 1936 et qui va durer jusqu’au début mars 1937. Alors toutes leurs revendications sont satisfaites : regroupement des politiques avec séparation des éléments criminels de droit commun, réunion des familles dispersées dans des camps différents, travail conforme à la spécialité professionnelle, droit de recevoir livres et journaux, la journée de huit heures, une nourriture indépendante de la réalisation des normes, l’envoi hors des régions polaires des invalides, des femmes et des personnes âgées. Après quelques mois de trêve, ils sont de nouveau réprimés, les rations sont réduites, les violences des « droits communs » contre eux, encouragées. Puis presque tous les trotskistes survivants et ceux qui ont fait la grève de la faim avec eux sont regroupés dans des bâtiments à part, entourés de barbelés et gardés militairement. En mars 1938 commencent les exécutions : amenés par groupes dans la toundra, alignés le long des fosses préparées dans ce but, les oppositionnels de gauche sont mitraillés.

Les textes retrouvés à Verkhnéouralsk ont donc une valeur exceptionnelle : ils témoignent de l’élaboration d’une autre trajectoire politique possible en URSS au début des années 1930. Comme a titré le quotidien russe Kommersant en les présentant en juin 2018, « les morts ont enfin parlé » (3).

Pour le moment seulement quelques textes découverts ont été rendus disponibles. Nous avons choisi d’en traduire un, dont on ne peut qu’admirer la clairvoyance en pensant aux conditions de son écriture : les thèses sur la prise du pouvoir par Hitler en Allemagne et sa portée internationale, adoptées par 19 militants et soutenues par 11 autres. Nous tenterons dans l’avenir d’en publier d’autres. (J.M.)

Notes

1. Ante Ciliga, Dix ans au pays du mensonge déconcertant, Paris 1977, Éditions Champ Libre.

2. Voir l’excellente étude de Pierre Broué, « Les trotskystes en Union soviétique (1929-1938) », Cahiers Léon Trotsky n° 6 (1980), disponible sur : https://www.marxists.org/francais/clt/1979-1985/CLT06-1980.pdf

3. https://www.kommersant.ru/doc/3652428