Cinq ans de cars Macron.

chronique à lire chaque semaine dans l’Humamnité dimanche  ici n°548, 11° année

 

Rappelons nous le tam-tam fait autour de la loi Macron Valls Hollande en 2015. Des cars à la place des wagons de la SNCF. Fi de la pollution, fi des embouteillages, fi des durées de transports, fi des risques routiers, fi de l’inconfort, fi du service public, les cars privés allaient séduire les jeunes.  Ils allaient être moins coûteux et parcourir le pays à la place des « petites lignes » et des trains de nuit fermés. Ceux qui s’opposaient à cette folie, à l’époque, étaient traités plus bas que terre dans les médias. Macron était le prétendu visionnaire des affaires, il se faisait même prendre en photo tout sourire dans un de ces bus produit de son cerveau génial et complexe.

Ça n’a même pas duré un an : taux d’occupation faible, temps de transport fatiguant, prix en hausse, concurrence entre opérateurs du marché, Eurolines, Megabus, Transdev, Flixbus et Blablacar. Des promesses de dizaines de milliers d’emploi avaient été faites – 22 000 avait promis Macron -  il en reste 2000 du fait des banqueroutes, dettes, licenciements, rachats, fusions, qui ont fait place à l’euphorie officielle. Transdev, start up allemande, a quasi instauré un nouveau monopole privé.

La pandémie du Covid aidant, on nous apprend que ces sociétés de cars ont « versé dans le fossé économique ».

Nombre de voyageurs en baisse de 62 %, taux de non-occupation des sièges supérieur à 40 %, offres promotionnelles gonflées, baisse des recettes, baisse du nombre de villes desservies, retards, sous location des véhicules, surexploitation des chauffeurs, embauche d’intérimaires, d’auto entrepreneurs, uberisation, tout y est.

Le modèle Macron de destruction des services publics, de mépris de l’environnement et de la sécurité a prouvé là, en cinq ans, sa faillite totale.

L’amertume des chauffeurs salariés licenciés éclatait déjà en 2016 :  »Ils nous ont démarché », « vendu du rêve ». « On a tous quitté des CDI », certains ont déménagé, acheté des maisons à crédit, pour aujourd’hui « nous dire ‘Merci, au revoir’ ».

Cinq après ça ne s’est pas arrangé.

 

Gérard Filoche

 

 

 

élections régionales et départementales des 20 et 27 juin :

Examinons les résultats des élections régionales et départementales des 20 et 27 juin :

1°) l’abstention :

-        La première raison, sous estimée, par les commentateurs, est institutionnelle. Toute la vie politique de ce pays a été happée par le haut, plus fortement que jamais, avec la pratique forcenée du présidentialisme par Macron. Ce dernier a été élu par surprise et par force en 2017 grâce à 16 millions d’euros, et 300 « une » de journaux accordées en 2017 par le CAC 40, le Medef, les grandes banques : à peine 13 % des inscrits, ça a permis un hold up sur le centre du pouvoir mais ça n’a pas donné une implantation populaire, ni dans les institutions territoriales. Son parti LREM est une création « minute » de bric et de broc qui n’a aucune assise, ses députés étant des créatures artificielles, baroques et sans racines. Des millions d’électeurs, même peu informés, en concluent, dans ce système, que « les (autres) élections « ne servent à rien », ce qui est la phrase la plus couramment utilisée par les abstentionnistes : «  voter (aux régionales départementales) ça ne sert à rien ». En pratique, en même temps, les pouvoirs de ces collectivités locales ont été déracinés et désossés. La « réforme » de Hollande a cassé les anciennes régions, telles qu’elles s’étaient culturellement installées avec le temps, elle en a créé bureaucratiquement des nouvelles, artificielles, qui n’ont pas de sens aux yeux des électeurs, elle a éloigné les centres de décisions, distendu les liens, et même renforcé les prérogatives de Bercy sur les budgets de toutes les collectivités. Avoir disloqué les régions existantes et crée de grandes régions artificielles, multiplié les agglomérations non élues, opacifié les rôles respectifs des régions et départements, supprimé les parts des impôts et budgets locaux, nuit à tous les niveaux à l’intérêt des élections municipales, départementales et régionales. L’abstention n’est pas seulement due au climat politique, elle est due à des collectivités territoriales démocratiquement dévitalisées.

-        La deuxième raison en découle, est politique : puisque tout se décide en haut, attendons l’élection d’en haut. L’importance artificielle mise dans tous les grands médias, depuis de longs mois, sur la sécurité, l’immigration, les querelles religieuses, n’a rien à voir avec la question des régions et départements. Ces institutions n’ont pas de compétence de sécurité et il n’a été question que de sécurité.  Les autres débats réels, comme les questions de service public, de transport, d’école, de santé ont été occultés délibérément par les commandeurs des médias : on n’a parlé ni des ARS, ni de la RATP, ni des besoins des établissements scolaires, ni du logement, ni des « aides aux entreprises » sans contreparties. Réussir à gommer le bilan des Agences Régionales de Santé face à la pandémie, c’est une prouesse dans un débat régional ! Avoir masqué la privatisation en cours de la RATP, dans le débat Ile de France est une autre prouesse. N’avoir parlé ni du logement ni des écoles, et avoir réussi à mener un débat artificiel de diversion sur l’islamo-gauchisme comme Pécresse s’y est acharnée, explique l’abstention.

-        La troisième raison est l’absence de choix politique clair face à LR LREM et RN. La gauche s’est révélée incapable d’offrir une alternative, elle était illisible d’une région à l’autre,  tellement divisée que ses listes n’avaient plus de sens : ni au plan local, ni en écho national. La seule alliance réussie dans les Hauts de France, isolée, a été brouillée par des querelles locales et venues du national. Dans le Grand Est, les appareils bureaucratiques de la gauche ont empêché de réaliser l’offre unitaire ouverte de l’appel inédit Filippetti Fiat Richardot. Dans Paca, alors que seule une pratique unitaire de type « printemps marseillais » aurait pu permettre de ré-émerger, le pire des méthodes d’appareils a été mis en oeuvre pour diviser, exclure, bureaucratiser, obscurcir. En Occitanie, en Normandie, en Auvergne-Rhône Alpes, les exclusives et exclusions ont été à géométrie variable, selon les capacités hégémoniques locales de tel ou tel appareil, le PS excluant la LFI, les Verts excluant le PS, les Verts et le PS excluant le PCF, le PS excluant le PS, la LFI dénonçant partout le PS tout en cherchant à s’allier avec lui et lui reprochant de ne pas le faire, le PCF négociant à l’ancienne, sous la table des accords tout en les refusant ailleurs. Et en Ile de France l’unité est venue, et bienvenue mais au 2° tour, trop tard. Comment était-il possible pour les électeurs de gauche, qui sont pourtant majoritaires à la base, dans le salariat, de s’y reconnaître, de se mobiliser et de voter ?

2°) pourquoi ce qui existait est resté en place : les sortants ont été réélus, les changements sont quasi nuls, la droite a dominé.

A droite : LREM est resté groupusculaire, LR a retrouvé ses bases, le RN s’est tassé au lieu de conquérir des régions.

Pendant la longue pandémie, le terrain politique a gelé, ce qui s’est passé dans la profondeur du permafrost du pays, n’a pas atteint la surface. Ça sourd, ça bouge, mais ces élections qui ont bien failli être supprimées, sont une date prématurée en terme d’éclatement des colères sociales enfouies. Non seulement elles sont un mauvais terrain institutionnel et politique pour que ça explose, mais l’absence de campagne réelle (à part les diversions fantasmagoriques sur les racismes, les xénophobies, les intégrismes) ne l’a pas permis. D’où l’impression que tout a été figé.

LREM est un OVNI en voie d’extinction. La greffe n’a jamais pris. Ce parti n’a pas de racine. Pas même d’idéologie, de sens : les mensonges permanents de Macron pour masquer sa politique ultra réactionnaire empêche toute identité a ce ramassis hétéroclite qui le soutient. Il n’y a que Macron, pas de macronisme. La France start up, la société sans statut, post salariale, ubérisée, sans cotisation sociale ni sécu, c’est ce qu’il fait en pratique tous les jours, mais qu’il ne peut expliquer ni justifier. Comment recruter des zélotes sans pouvoir leur dire pourquoi ?

LR n’est jamais disparu, c’est le parti fort de la droite qui se poursuit depuis les origines de la V° République, il a ses racines, ses fiefs, ses bases, ses clans, ses traditions, sa presse, ses moyens financiers. Un temps secoué par l’éphémère vague Macron, LR a cessé de refluer et reconquiert son terrain au fur et à mesure que LREM s’effrite. C’est le langage de Monod ou Dati : « Nous sommes la droite traditionnelle fière de l’être, et morceau par morceau du territoire nous retrouvons notre clientèle, nous avons la capacité de nous représenter en 2022 et de mettre fin à l’aventure Macron ». Cette solidité organisée est effritée par le RN, mais tient  bon : l’exemple de Muselier, vacillant, recherchant l’appoint de LREM local, rectifié par le national, résistant triomphalement au RN, le prouve. Idem par exemple pour Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse.

RN est aiguillonné, manipulé, avec des hauts et des bas, par les grands médias des grands financiers et patrons qui en jouent comme moyen de pression sur la droite comme sur la gauche. RN atteint certes un seuil élevé pour exister en lui même, mais ne parvient jamais  à concrétiser sa force, il ne peut à la fois à mobiliser ses militants et s’imposer légitimement. En son sein les forces fascistes, racistes, xénophobes, complotistes, sont fortes et dangereuses, mais tenues en bride et paralysées, sa direction étant obligée de les faire taire pour acquérir et conserver l’oreille des médias. Le diable a sans cesse besoin d’être dédiabolisé ce qui nourrit ses contradictions. Ce qui explique à chaque fois, les « surprises » des scrutins, où ils sont tantôt sous estimés, tantôt surévalués. Leurs thèmes sont surexposés, surestimés, et chaque fois font « flop ». Le grand capital les tient en laisse, « au cas ou… » mais les contrôle.  Le Pen s’est Macronisée tout comme Macron s’est Lepenisée.  Elle a écarté ce qu’elle avait fait comme concessions sociales dans son programme d’il y a quatre ans et François Ruffin a raison de la présenter comme « la deuxième candidate des riches » à condition de souligner qu’avec elle ce serait pire car  elle libérerait ces démons que le RN abrite en son sein. En tout cas, au niveau de ces régionales, l’extrême droite RN s’est sérieusement tassée partout au lieu d’emporter trois régions comme la grande presse l’annonçait. Même ses millions d’électeurs sont plus passionnés en dernier ressort par l’emploi et les salaires que par l’islamo-gauchisme.

3°) La gauche a nourri l’abstention de masse. Les réserves sont là mais n’ont été ni motivées, ni mobilisées. La division a trop fait rage. 81 % des électeurs de gauche sont pour l’unité de la gauche et 73 % pour un candidat commun à la présidentielle. Il n’existe pas une discussion à gauche sans que ce sujet ne soit abordé. Quelle plateforme, quel candidat ? D’où le « gap » entre les attentes et les votes exprimés. En notant toutefois qu’on peut apercevoir un score élevé dès qu’on additionne les listes disparates, un « total » autour de 36 à 38 % des voix exprimées.

Les Verts EELV,  un groupe de moins de 20 000 personnes se sont pris d’une volonté d’hégémonisme, qui fait mal à la gauche, mais, leur fait mal aussi. « L’ère de l’écologie » sans la gauche est impossible. Il n’y a pas d’écologie victorieuse sans anticapitalisme. Ils ont voulu prétentieusement s’imposer comme têtes de liste contre la gauche dans toutes les régions, ils n’ont gagné aucune région. Il n’y a pas de vague verte. Il ne peut y avoir qu’une seule vague : rouge rose verte. Ils ont brise l’unité dans le Grand Est et à Paca : ca a couté cher a toute la gauche dans les deux cas. Ils se sont maintenus en Nouvelle Aquitaine et en Bretagne, ça leur a couté cher. Et en Ile de France les 34,6% de la liste commune Bayou-Pulvar-Autain au second tour, permet de croire qu’avec une unité réalisée plusieurs mois plus tôt la dynamique aurait été tout autre et sans doute victorieuse. Dans les Hauts de France, le score final de 21 % est honorable, mais il ne peut y avoir de dynamique unitaire dans une seule région, et surtout les querelles du 1ermai à Lille n’ont pas aidé à la créer.

EELV a certes gagné des voix, mais pas suffisamment de militants, de cadres,  ses divisions internes d’orientation sont trop grandes, pour postuler à diriger la gauche toute entière sur une ligne qui ne soit pas « sociale d’abord ».   L’unité de la gauche et des écologistes ne s’improvise pas mais se construit. L’unité ne se fait pas à la dernière minute, après tout ce qui s’est passé sous le quinquennat Hollande, les électeurs ont besoin d’une dynamique électorale sincère, pas d’un « arrangement ».

Le PS tient : il a gardé ses cinq régions, et de même qu’aux municipales 2020, il reprend des voix. Cela vérifie bien que tant qu’il n’est pas remplacé physiquement, même quand il est affaibli, il « repousse » comme cela s’est produit depuis des décennies. Les électeurs ne voyant rien venir en remplacement, aucune unité de la gauche ne venant, revotent traditionnellement PS. Ceux des ex dirigeants PS qui sont passés chez Macron, ont perdu toute crédibilité. Ceux qui sont restés au PS en dépit des secousses et tentations, doivent à l’existence maintenue de ce parti, d’être réélus ce qui est le cas spectaculaire de Carole Delga qui atteint 58 % des voix. La ligne Hollande pro-Macron eut été un suicide, la ligne Faure opposante à Macron et pro-unitaire avec la gauche, permet au PS de tenir tant bien que mal. Ce qui n’empêche pas les apparatchiks d’en vouloir plus, de contester cette ligne unitaire, d’exiger un candidat à la présidentielle et vouloir ré imposer l’hégémonie du parti. Ce n’est pas joué, ni dans un sens ni dans un autre, tout dépendant des choix interpénétrés qui vont se faire à l’automne dans toute la gauche e au congres PS des 8, et 18 septembre.

Le PCF est mal : il perd symboliquement le Val de Marne, ne trouve sa place vraiment nulle part, écartelé qu’il est, entre la candidature identitaire de Roussel et les exigences d’unité, les seules réalistes. Il est allé plutôt s’allier au PS, et même s’abriter derrière les apparatchiks  scissionnistes du PS en Grand Est. Derrière le succès de Delga en Occitanie. Il a cautionné l’exclusion de la LFI et de GDS en Paca ; il s’est enfermé sur lui-même en Normandie ; il s’est divisé en interne sur la candidature Autain, il s’est rallié à l’unité EELV PS LFI en Hauts de France. Ça ne va pas s’arranger, car la candidature Roussel ne prendra pas, et il n’est pas sûr qu’elle permettra de négocier son « retrait » en échange de « députés » comme certains le disent. L’impasse est là et il faudra aussi la dénouer à l’automne.

La LFI s’est placée dans une impasse profonde. A force de ne miser que sur la candidature présidentielle et à force de vouloir passer en force, en l’imposant sans négocier,  la LFI s’est cornérisée. Elle a longtemps refusé toute négociation nationale  sur une plateforme et un partage en vue de ces régionales et départementales et lorsqu’elle s’est trouvée confrontée à la réalité des rapports de force de terrain,  il était trop tard, les mécanismes bien matériels de division pour la conquête des postes étaient enclenchés. S’autoproclamant de façon triomphaliste comme représentante de tout le peuple (et de la gauche incluse), elle n’a proposé aucune alliance cohérente, réelle à la base ni au sommet. Sans front unique national, ça ne peut pas marcher, nous le savons par expérience. Les dirigeant de la LFI sont placés au pied du mur : unité de la gauche ou déroute.

Des secteurs de gauche de taille comparable à la nôtre comme Ensemble, Nouvelle Donne, GRS, ont fait comme ils ont pu dans cette effroyable division de la gauche.

GDS a cherché partout à construire de longue date des listes unitaires sur la meilleure plateforme possible et les résultats nous permettent de vérifier et conclure que c’était la seule ligne théorique et pratique possible.

C’est toujours la même ligne d’ici la fin de l’année 2020.

- Participer aux luttes sociales, pour l’emploi, les salaires, le droit du travail, la sécurité sociale, les retraites, les allocations chômage, les services publics.

- Développer les appels de masse et rencontres unitaires en faveur d’une plateforme commune à gauche, d’états généraux de la gauche, d’un candidat commun et de listes communes aux législatives.

 

Gérard Filoche

 

 

 

Pour une application pleine et entière de la loi Cressard

Au boulot n°547

La loi Cressard, date du 4 juillet 1974, elle consacre la présomption de contrat de travail des journalistes oeuvrant pour plusieurs employeurs et permet ainsi aux journalistes professionnels rémunérés à la pige de bénéficier du statut de salarié.

Depuis le début du siècle, plusieurs avancées légales, soutenues par les syndicats, ont permis aux journalistes pigistes de bénéficier de certains droits collectifs ou individuels des salariés : la capacité d’être électeur et éligible aux élections des instances représentatives du personnel (2008), le droit à la complémentaire santé (2015), le droit à la formation (Afdas), le calcul de l’indemnité d’activité partielle (2020).

Mais de trop nombreuses entreprises de presse ne tirent pas toutes les conséquences de cette loi. Pire, il y a même tendance à « l’ubérisation » des pigistes notamment dans la presse quotidienne régionale où les patrons demandent aux salariés de se déclarer « auto-entrepreneurs » afin de leur payer les piges au forfait en n’accordant aucun droit annexe.

C’est inacceptable que des journalistes professionnels, de par leur mode de rémunération, soient exclus des augmentations individuelles et écartés des négociations collectives, qui constituent un droit constitutionnel.

Par exemple, le Groupe Moniteur, leader de la presse professionnelle en France, réalise des profits faramineux de l’ordre de 25 % à 30 % chaque année, soit plus de 180 millions d’euros de profits depuis le rachat par le groupe Infopro Digital en 2014. Pourtant, la direction n’a jamais daigné accorder un euro d’augmentation aux pigistes, hautement spécialisés, qui font la richesse des contenus des titres de l’entreprise.

Le SNJ-CGT, réuni en congrès à Lille du 14 au 16 juin 2021, a apporté son soutien total a tous les pigistes a travers le cas des journalistes du Groupe Moniteur, qui exigent d’obtenir tout leurs droits et une revalorisation de leurs barèmes, gelés depuis plus de dix ans.

Gérard Filoche

 

 

Avec Pecresse en Idf La privatisation RATP est en marche.

Au boulot n°546

 

 

Les différents syndicats de maintenance de la CGT RATP ont organisé une manifestation de 5 à 600 participants qui s’est rendue de la gare du RER de Sucy-en-Brie, jusqu’au siège de la direction du centre de maintenance.

La maintenance de Sucy a été maltraitée par la direction de la RATP du fait de la volonté d’augmenter constamment la productivité tout en réduisant en permanence les effectifs. Des conditions dans lesquelles il est impossible de garantir la qualité au service de l’usager.

La direction a résolu de mettre en place une nouvelle chaîne de production permettant de doubler la production des bogies, c’est-à-dire des trains de roues des wagons, avec de nouvelles équipes, de nouveaux horaires.

Il ne s’agit pas seulement de Sucy-en-Brie mais bien de l’ensemble du service intégrant la maintenance des escaliers mécaniques, des trottoirs roulants et des portillons automatiques.

Théoriquement, c’est la Gestion des infrastructures, le service GDI de la RATP, qui a reçu de la MGP (Grand-Paris) la mission d’organiser cette modernisation à travers la rénovation complète du travail de maintenance. Mais, dans la pratique, c’est tout à fait différent parce que, par le biais de la sous-traitance, l’administration de la RATP s’émancipe du cadre du service public et marche à la privatisation.

Nous avons toutes les raisons d’être inquiets : la maintenance du réseau des bus apparaît comme une sorte de laboratoire d’une marche vers la privatisation.

On y perd 80 agents par an depuis 15 ans et un calendrier a été établi : l’ouverture à la concurrence doit être complète en 2025 pour les bus, en 2030 pour les tramways, en 2035 pour le métro, et en 2039 pour le RER. La loi LOM en 2019 l’a confirmé. Il faudrait des assemblées régionales et nationales dans laquelle seraient honnêtement représentés les intérêts des travailleurs et du service public

Si Pécresse n’est pas battue, elle privatisera. Si Macron n’est pas chassé,  la RATP sera privatisée.

 

Gérard Filoche

(Merci à Michel Venon CGT RATP)

 

 

 

Oui, c’est bien la faute à la directive travailleurs détachés et à Macron

Au boulot n°545 chronique humanite dimanche 11° année
Un contradicteur macronien m’écrit à propos de ma dernier rubrique sur la fraude de Terra  Fecundis à la directive les travailleurs détachés : « Non ! Cela ne s’explique par aucune directive. Simplement par la cupidité et l’escroquerie de quelques individus. Et si les faits sont avérés il faudra se réjouir de sanctions justes et sans complaisance…  Instrumentaliser la malhonnêteté à des fins politiques est aussi abject que les faits que vous dénoncez ! »

 

Ce monsieur ne ne connait rien au sujet : les « travailleurs détaches » (« TD ») sont une aubaine pour les patrons français parce qu’ils les paient moins cher que les tous autres salariés travaillant sur notre sol. Ils sont censés payer les cotisations sociales des « TD » au tarif du pays d’origine et par le truchement des organismes de collecte de ces pays. En fait rien n’est contrôlable donc rien n’est payé. Un inspecteur du travail qui fait une lettre à Sofia pour vérifier que les cotisations bulgares ont été payées en Bulgarie ne reçoit jamais de réponse. C’est donc une pure aubaine pour les nombreux patrons voyous : l’immigré qui vient d’Afrique est censé être payé au tarif français net et brut mais pas le travailleur détaché. Discrimination ! Un seul niveau de sous-traitance devrait être autorisé mais ce n’est pas le cas. Donc des sociétés hongroises ou roumaines ou polonaises font venir des Africains par leurs soins sur notre sol et ils sont moins chers en « travailleurs détachés » qu’un immigré venu en direct. Après une boite comme l’espagnole Terra Fecundis n’a qu’à l’amplifier et fait venir des équatoriens mourir ici, en seconde main. Les patrons le savent donc ils utilisent à fond le mécanisme. Le vice est dans la directive et dans la cupidité des patronsIl a fallu dix ans d’enquête pour mettre le système de Terra Fecundis à nu. Il faudrait mille ans pour débusquer les 700 000 victimes en France. Et il y a 3 millions de TD venus de l’Europe de l’Est à l’Europe de l’Ouest.Après ça tous les discours sur « la république » sont du vent ! C’est la faute à Macron (et à Le Pen !) qui  ne dénonce pas cette directive odieuse de traite des humains.
Gérard Filoche

Marseille travailleurs détachés

Au boulot n°544 chronique hebdomadaire a lire dans l’humanité dimanche

 

Parmi les si nombreux scandales de droit du travail détruit par Macron, Pénicaud et Borne, il y a celui des 700 000 « travailleurs détachés ».

Le 17 mai, à Marseille, devait avoir lieu le procès de Terra Fecundis, société d’intérim espagnole qui envoie des milliers de travailleurs dans les exploitations agricoles françaises. C’est le plus gros des dossiers de fraude au travail détaché en cours. Il a, hélas, été repoussé d’un an sous prétexte de Covid.

L’affaire a commencé en 2011 après la mort d’un Équatorien de 32 ans des suites de déshydratation alors qu’il ramassait des melons dans une exploitation d’Eyragues, Bouches-du-Rhône. C’était un système de traite d’êtres humains : les ouvriers ont raconté les journées à 14 h jour sous un soleil de plomb payées moins que le Smic horaire. Des centaines de patrons maraîchers, viticulteurs, producteurs de fruits français ont surexploité cette main d’œuvre.

L’enquête a duré 10 ans pour révéler l’immense fraude de  Terra Fecundis. Deux de ses filiales, ainsi que six de ses gérants en France devaient être dans le box des accusés. Les chefs d’accusation sont ceux de fraude au travail détaché et marchandage de main-d’œuvre. Le parquet de Marseille a retenu la circonstance aggravante de « faits commis en bande organisée » et doublé la peine maximale encourue, fixée à dix ans de prison.

La société aurait soustrait 112 millions d’euros à la sécurité sociale pour la seule période de 2012 à 2015. Elle ne payait pas l’Urssaf en France où elle réalisait 80 % de son chiffre d’affaires. Quant au « marchandage » : la justice soupçonne le non-paiement d’heures travaillées, la non-majoration des heures supplémentaires, le dépassement des durées maxima. Un 2eme procès est prévu dans le Gard contre Terra Fecundis. Un autre est ouvert par le parquet de Tarascon suite à des clusters de Covid-19 dans des foyers de travailleurs étrangers de Terra Fecundis.

Mais tout ça s’explique par la vision globale du droit du travail de Macron et son acceptation honteuse de la directive « travailleurs détachés ».

Gérard Filoche

 

Morts en chaine, à vélo

Au boulot chronique hebdomadaire n° 543  11° année

 

Le drame  des livreurs à vélo, esclaves des plateformes type Ubereats, Deliveroo, Frichti s’étend tous les jours…  Il n’y a pas que les 500 morts par accident du travail par an, dont 21 policiers et 215 ouvriers du BTP, il y a la hausse des accidents routiers professionnels. Parmi eux, depuis Franck Page, 18 ans, tué à Pessac en 2019, en en est à 8 livreurs morts à vélo depuis deux ans. A Paris La Chapelle le 4 mai, c’est le jeune Rumel Ahmed, qui est percuté par un camion. Le 6 mai c’est à Sotteville-lès-Rouen, que Chahi, 41 ans, père de 4 enfants, est mortellement renversé.

Deliveroo s’est permis d’abaisser de 5 euros à 2,60 euros chaque course et d’inciter à la prise de risque, avec une prime liée à chaque commande réalisée sans condition. Pour survivre, il faut un rythme de travail infernal. Pas de contrat de travail, ni protection sociale, ni cotisation retraite, ni droit à chômage, pas d’indemnisation ni couverture des frais médicaux en cas d’accidents hormis de très rares motifs dans les contrats d’assurance des plates-formes. Pas de salaire minimum, ni de rémunération pendant les temps d’attente, paiement à la tâche, au nombre de kilomètres parcourus, calculé en toute opacité par les applications. La cadence de travail des livreurs leur est imposée à la fois par les algorithmes, par les exigences d’immédiateté des clients et par cette forme de rémunération qui impose de travailler le plus vite possible, sans pause ni congé.

Ce système n’est pas seulement inhumain, amoral, il tue. La justice le condamne dans tous les pays, en Angleterre, en Italie.

En France il faut évidemment interdire ces pratiques criminelles par la loi,  restaurer et imposer la présomption de salariat. Macron et Borne savent tout ça et se refusent à agir parce que ces plateformes, au fond, c’est leur modèle de société. JC Cambadelis vient de dire que « Macron est un caméléon », non, non pas du tout, Macron défend avec acharnement une société sans statut, une société post-salariale, au coût du travail bas, aux superprofits, uberisée et sans cotisations sociales.

Le 18 juin partout en France les livreurs manifestent.

Gérard Filoche

 

 

Mort pour le service de la republique

Au boulot n° 542   chronique hebdomadaire  dans l’Humanité dimanche

 

Parmi les soignants, du 1ermars 2020 au 3 mai 2021, 81 032 professionnels en établissement de santé (PES) (auxquels il faut ajouter 55 000 salariés en Ehpad et en IME, Institut médico-éducatif] ont été contaminés par le Covid-19. Et 15 % ont eu un Covid Long,

Ces professionnels – en première ligne dans « la guerre » déclarée par Macron le 12 mars 2020 alors qu’il ne l’avait pas préparée et alors que 6 jours plus tôt il appelait à « aller tous au théâtre » – ont souvent été victimes de la pandémie à cause des graves restrictions budgétaires anti sociales de Macron.  Les hôpitaux étaient en pleine crise et les personnels en grève depuis un an sans être entendus.  S’ils ont été aussi nombreux à être contaminés c’est qu’au début, il n’y avait pas de gel, pas de masques, pas de blouse, pas de gants, de mauvaises et inquiétantes conditions de travail.

Macron en est-il conscient quand il propose un nouveau « statut » de « mort pour le service de la république » « pour les agents décédés dans des circonstances exceptionnelles ». Il viendrait « compléter » les statuts de « mort pour la nation » et « mort pour la France » dédiés aux militaires et forces de l’ordre.

Bon, tout ce qui peut être obtenu par une catégorie à un moment donné ne saurait être jalousé encore moins considéré comme un avantage acquis ou un privilège… mais doit servir d’encouragement à la lutte de chacun pour obtenir autant. Le salariat est une seule classe exploitée, quand on a que sa force de travail à vendre, on a tous les mêmes intérêts : c’est le cas de tous les salariés dit de « première ligne » face au Covid, soignants, chauffeurs, livreurs, vendeurs, nettoyeurs, aides à domicile, enseignants,  gardiens, policiers, etc. Tous méritent que leurs salaires augmentent.

Mais le statut de « mort pour le service de la république » est-il enviable ? Ce que Macron a concédé concerne les familles de 19 décès de soignants liés à l’infection SARS-CoV-2 enregistrés depuis le 1er mars 2020.

Même quand il fait un geste Macron, « en même temps », n’a toujours pas acté pour des centaines de milliers de salariés frappés, la simple reconnaissance de leur maladie professionnelle.

 

Gérard Filoche

 

Vivre en entreprise sous covid-19

Au boulot n°541

 

Sur le Covid-19 et la question du télétravail, les constats sont partagés, les entreprises ne jouent pas le jeu : lassitude, organisation du travail non adaptée, situation contrastée en fonction des secteurs, négligence patronale. Certains salariés symptomatiques sont obligés de travailler, manque de protection, problèmes dans la gestion de la prise de repas, remise en cause de certains droits, indemnités de repas et de transport.

Lorsqu’un cluster est identifié, il faut insister pour que l’ensemble du personnel soit testé : on a vu 4 sur 5 salariés concernés dans le même service et selon le patron (qui n’avait même pas informé le médecin du travail) c’est « parce qu’ils font leur pause cigarette ensemble ».

Dans un autre cluster, le directeur ne souhaite pas isoler les cas positifs et continue à faire travailler des salariés.

Dans un centre d’hébergement d’urgence où 38 migrants et 4 salariés ont été testés positifs, pas d’informations sur des contaminations éventuelles des usagers, il a fallu insister pour un dépistage massif et préconiser le port du masque FFP2 pour les travailleurs sociaux exposés.

Au siège parisien d’une société de collecte de déchets les représentants du personnel ont du saisir l’inspection du travail : le recours au télétravail pour les 120 salariés du siège avait été massif pendant le premier confinement, mais depuis mi-janvier la direction a demandé aux salariés disposant d’un bureau individuel de revenir en présentiel à 100 % et aux autres de ne plus télé-travailler qu’un ou deux jours par semaine.

Une entreprise de travail temporaire mise en demeure par la Direccte notifiée en fin d’année 2020 est (re)contrôlée cinq mois après : persistance constatée à l’absence de port du masque au sein des espaces collectifs et absence de mise en place du télétravail, il a fallu menacer de saisir le juge sous la forme de référé.

Sans loi cadre contraignante, sans moyens de contrôle suffisants de l’inspection du travail et sans sanction, ainsi va la santé et va la vie dans les entreprises en temps de Covid-19

Gérard Filoche

 

Tambouille ou bonne cuisine ?

GDS depuis plus de six ans, cela se sait, défend la nécessité d’une plateforme commune de la gauche, et d’un front unique de ses organisations sans exclusive ni hégémonisme pour parvenir à des listes et candidatures communes.

Nous n’avons cessé de proposer un comité de liaison permanent de la gauche de façon à agir en commun dans les luttes comme dans les élections. En commençant par le fond politique, par une plateforme commune. En quelque sorte nous proposions de décider de faire une bonne cuisine à gauche, avec des bons produits pour faire de bons plats qui plaisent à toutes et tous.

 

Jean-Luc Melenchon, lui, avait coutume de dénoncer  les « tambouilles » en politique et les « ribambelles de logos ».

S’il entendait par « tambouilles » la recherche d’accords médiocres peu susceptibles de répondre aux revendications de la grande masse des électeurs de gauche, il avait raison.

S’il entendait par « ribambelle de logos » la vanité d’aligner des sigles sans qu’il y ait de contenu dynamique politique, il avait aussi tout à fait raison.

Sans clarté politique entre les organisations de gauche, cela ne peut que se passer mal.

Rien de pire que de chercher des accords au rabais, au cas par cas, en dessous de table, avec des négociations sans offrir une vision politique clarifiée, nationale, compréhensible par tous les électeurs.

Sinon ceux-ci se trouvent mis devant le fait accompli d’accords à géométrie variable et dans un même département où région, font face soit à des listes unitaires, soit à des listes divisées, soit à des alliances différentes, ce qui est illisible et peu mobilisateur. Là pour le coup, c’est de la mauvaise tambouille.

 

Sentant sans doute la difficulté, et comprenant que la LFI allait se retrouver isolée, autour de 2 à 6% des voix, et que ce n’était pas porteur pour la suite, le 21 mars 2021, Mélenchon a proposé, tardivement, sur France inter un « compromis » national à EELV :  « Voilà ce que je dis aux Verts : […] vous avez une tête de liste » et bientôt « une deuxième » puisqu’« on est en train de terminer la négociation ailleurs » sans préciser quelles régions étaient concernées. « Il en reste six, acceptez qu’il y ait une région en contrepartie, et on vous cède les têtes de liste dans les cinq autres » sans donner plus de précisions.

« Il en reste six» cela semble vouloir dire que les six régions où le PS est sortant ne sont pas dans la balance et qu’il s’agit donc d’une proposition globale à la gauche, au moins pour les 13 régions métropolitaines (sur 17).

Trois mois avant les régionales, Mélenchon semblait donc vouloir soudainement en arriver à une négociation nationale.

Bien trop tard, d’autant que lui-même était engagé dans une course solitaire pour la présidentielle de 2002 et qu’il n’avait consulté personne avant de se lancer unilatéralement en octobre dernier.

S’il juge impensable de discuter plateforme et candidature commune à la présidentielle, quel crédit a-t-il pour le proposer aux régionales ?

D’autant que son exigence n’est pas mince : il demande « par exemple en Ile-de-France » où le secrétaire national des Verts Julien Bayou « pourrait faire le beau geste pour Clémentine Autain » ou… en PACA. Vous imaginez  l’effet de dire au leader des verts, en guise d’accord : « Bayou retire toi pour Autain » alors que Mélenchon ne supporterait pas une seule seconde d’entendre cela pour lui ?

Mais sur quelle base politique ? Reconnaît-il EELV dans la gauche ? Pense-t-il donc, a un mois du dépôt des listes, que les programmes Bayou et Autain, dont les campagnes sont déjà lancées, sont interchangeables au point qu’ils puissent se remplacer en s’associant ? Dans ce cas, la seule divergence devient la tête de liste !

Si c’est vrai en Ile-de-France, ça doit être vrai au plan national, non ?

Si Melenchon propose au moins « 1 région en contre partie à LFI » et les 12 autres au PS et à EELV, c’est un partage national qui demandait un accord national. Pour réussir à atteindre un tel résultat cela demandait une bataille politique programmatique et politique de longue date.

Selon nous, GDS, il n’était pas impossible de parvenir à une seule liste partout comme le prouvent l’accord excellent dans les Hauts de France, avec des réciprocités, mais pour cela il fallait en avoir créé depuis des mois, les conditions, par le respect, par la recherche d’un projet commun, ce qui n’était pas le cas.

À force de dénoncer la mauvaise tambouille, la bonne cuisine n’a pas été préparée.

La mauvaise tambouille, ça peut s’improviser mais ça rate.

La bonne cuisine ça demande de la volonté et du doigté.

 

Certes Melenchon a raison de se plaindre que « les écologistes considèrent absolument partout qu’il n’y a qu’eux qui peuvent être tête de liste et par conséquent ils ne supportent rien ». C’est un hégémonisme insupportable … d’où qu’il vienne  ! Mais quand il s’emporte contre « les menteurs, hypocrites, faux-jetons » à gauche, ca n’est pas un bon moyen de persuasion. Surtout s’il va le faire publiquement le 1er mai dans la seule région où il y a un bel exemple d’unité.

Il a raison de se plaindre de l’exclusion de LFI par EELV dans la liste regroupant plusieurs formations de gauche en PACA. Nous aussi, GDS en avons été écartés.

Comme nous avons été minorés par la scission tardive, bureaucratique, sans principes, inouïe, dans le Grand Est. Là-bas, les apparatchiks du PS ont frondé contre Pernelle Richardot, une de leurs principales dirigeantes nationales, parce qu’elle s’était alliée avec Aurélie Filipetti et Caroline Fiat députée LFI, et nous, GDS. L’aile droite du PS a entrainé le PCF pour diviser la gauche conduisant à la défaite face à un conseil régional sortant LR, RN LREM.

Les configurations locales sont devenues très variées, faute d’accord national, de cap national, de volonté unitaire nationale.

En Pays de Loire, LFI soutient le députe élu macronien, Matthieu Orphelin avec EELV !  Nous GDS, avons refusé pareille entorse aux principes : Orphelin est passé à droite pour se faire élire ce qui fait une différence substantielle avec Garot resté au PS d’où le fait que des militants de 11 formations politiques participent à sa liste : GDS, Génération.s 44, GRS, PCF, Place publique, Nouvelle donne, PRG, PS, LEF, UDB Cap Ecologie. Mais dans la même région nous sommes alliés dans les départements avec LFI, contre le PS qui ne nous a pas respecté.

C’est ainsi que, nous GDS, avons été amenés à travailler en Rhône-Alpes Auvergne avec l’alliance autour de Nadjat Vallaud-Belkacem et dans le midi et en Occitanie, en alliance principalement avec LFI.

GDS a privilégié chaque fois un accord qui était à la fois le plus unitaire et à la fois sur une plateforme la meilleure possible.

Mais nous aurions préféré, si nous avions eu le poids nécessaire, une même alliance et une même base de plateforme. Nous étions nombreux à vouloir cela (Ensemble, Nouvelle donne, Résistance sociale, PEPS, Place publique…) et si LFI avait mené campagne active en ce sens, on aurait pu entrainer le reste de la gauche dans un grand accord et un grand partage cohérent.

Car 81 % des électeurs de gauche sont pour cette unité. 81 % !

 

Je n’ai jamais vécu ça” dit Mélenchon sans prendre conscience que ce sont ses choix politiques qui ont initié cette concurrence à l’hégémonisme, et parce qu’il est donné en tête des sondages de la gauche dans les sondages,  il en a la principale responsabilité.

C’est irresponsable, ridicule. Nous sommes dans la main d’une poignée de gens qui s’arrangent entre eux, se répartissent les places et les postes et ne veulent rien changer à leurs mauvaises habitudes » dit Melenchon. Oui, hélas ! “Le minimum de la courtoisie n’est pas respecté, on ne consulte personne, ça se discute entre quelques-uns, ils excluent des gens.” Dit encore Melenchon. Oui, hélas. Mais c’est ce qu’il fait pour la présidentielle et il en est victime pour les régionales.

« En PACA une poignée de gens s’arrangent entre eux. On m’a joué toutes sortes de musiques sur l’unité, mais les gens à qui nous avons tendu la main pour les régionales, c’est le cas d’EELV, ont exclu les insoumis sans consulter personne » dit celui qui n’a consulté personne et veut passer en force en 2022.

Je n’ai jamais vécu ça, et j’en ai vu. La dirigeante nationale des Verts arrive dans une conférence zoom à Marseille et dit ‘on ne veut pas des Insoumis et tous les autres disent ‘oui chef’ rajoute celui qui a dit  à toute la gauche qu’il ne négocierait aucune candidature commune.

 

« Le lendemain ils se battent entre eux, tout cela est irresponsable puisqu’on dit que la menace de l’extrême droite est très grande en Paca”, a-t-il encore martelé.

Il a raison. Encore.

Manquer l’unité de la gauche, en PACA et en Grand Est, notamment, face à l’extrême droite, est irresponsable.

Mais pourquoi ça ce passe comme ça ? Parce que tout, en vue de ces régionales, (comme auparavant avec les municipales) c’est de la tambouille.

Toutes les négociations se font en dessous de table.

Partout, il y a eu des combats dans le dos des électeurs sans base politique pour additionner des logos, concilier des logos, partager des logos !

Partout des militants de la LFI disent que le PS est de droite ou que les Verts sont des « bobos », et qu’il est hors de question de s’allier avec eux, mais en pratique, partout la LFI a essayé de partager des circonscriptions, des régions. Depuis des mois, la LFI officielle refuse de discuter programme avec le reste de la gauche, mais elle négocie des accords, des partages de cantons, de départements, et de listes !

 

Jean-Luc Mélenchon explique ensuite avoir “tiré une leçon nationale” de la mésaventure des Insoumis dans le sud. “On m’a joué toute sorte de musique sous mon balcon pour l’unité, blabla bla, ça serait mon égo le problème (…) et bien les gens à qui nous avons tendu la main, pour qui nous avons fait l’effort de dire ‘ok vous avez toutes les têtes de liste parce que vous ne supportez personne d’autre que vous’, c’est le cas d’EELV, (…) eux, la conclusion c’est d’éliminer les Insoumis des départementales et des régionales”, a-t-il regretté, avant d’ajouter : “vous croyez que je suis homme à qui on fait ce genre de traitement et qui ensuite va dans son coin ?” “Non, j’en ai tiré la leçon, ce sont des menteurs, des hypocrites et des faux-jetons, par conséquent, nous n’avons aucune raison de tenir compte de ce qu’ils nous disent et nous devons au contraire marcher nous-même avec nos idées, nos propositions”, lance encore Jean-Luc Mélenchon, quelques secondes avant d’expliquer qu’il ne croit pas au rassemblement de la gauche derrière sa candidature en vue de 2022.

En effet tant que le refus de discuter des uns est la riposte au refus de discuter des autres, ca ne peut pas marcher. Si la leçon qui en est tirée est d’aggraver la division, et d’insulter les autres composantes de la gauche, c’est le résultat de la tambouille, pas de la bonne cuisine.

La leçon à tirer c’est qu’il aurait fallu de longue date, préparer les européennes, les municipales, et les régionales unitairement. La leçon à tirer c’est qu’à aggraver la division, cela provoquera des ressentiments qui nuiront jusqu’à la présidentielle.  Et un candidat qui affirme qu’il n’a « aucune raison de tenir compte de ce que disent » les autres de la gauche diminue ses chances de conquérir leurs voix. Les rancoeurs freineront l’addition des voix. C’est au contraire la prise de conscience de cette réalité qui compte :  reprendre langue, travailler à un socle commun, construire un contrat de législature condition du partage national des circonscription en 2022.

Revenir à une bonne cuisine sur la table et rejeter la tambouille.

Gérard Filoche le 13 mai 2021