Convention nationale de la Gauche démocratique et sociale – 10 avril 2021 résolution Proposition GDS pour une plateforme commune de toute la gauche

 

 

Proposition GDS pour une plateforme commune de toute la gauche

 

Si, demain, il y a une réunion de toute la gauche pour rédiger une plateforme commune, voilà ce que la GDS proposerait.

 

Les crises sociale, économique, environnementale et démocratique s’aggravent. La pandémie a sonné l’alerte. Tout oblige à engager des changements radicaux. Le capitalisme engendre sur toute la planète, par delà les frontières, des besoins humains et exigences démocratiques qu’il ne peut satisfaire.Les trahisons que la gauche a connues en France, et ses divisions, découragent. Mais rien n’est inéluctable, ni écrit. L’unité de toute la gauche, sans exclusive ni hégémonisme, pour gagner en 2022 en commun est indispensable, elle peut se réaliser. Cela dépend de toutes et de tous.

 

Répondons ensemble aux urgences ! Mettons en commun ce qui nous unit.

Nous proposons un socle pour un contrat de législature partagé et pour un candidat communen 2022. D’autres programmes existent, discutons-en sans exclusive ni hégémonisme !

Nous soutenons les appels qui vont en ce sens dont l’appel « ww.http//UNALT22.fr »

 

Pour notre part, à la GDS, nous mettons en débat des axes de transformation sociale : ils sont issus de nos deux documents :

Programme de référence(avril 2018)

et

Pandémie, le monde d’après(avril 2020).

Nous les avons concentrés

 

en trois parties, social, écologie, démocratique

 

et

 

huit blocs, travail, Sécu, reforme fiscale,  services publics, transition écologique, nouvelle economie, changer la vie, VI° République, Europe sociale et démocratique

 

après avoir étudié et comparé les autres programmes en discussion à gauche,

pour faciliter les échanges.

 

Partie A : le social au cœur

 

1er bloc : priorité au social

Adoption dans le premier mois d’uneordonnance« salaire – emploi – droit du travail – précarité sous-traitance – retraites – Sécu – logement   » pour une mise en œuvre en urgence :

- augmentation du Smic à 1 800 euros et retraites! Alignement de toutes les grilles salariales à partir de 1 800 euros mensuels sur 13 mois dans le privé et le public ;

- remplacement des minima sociaux par la création d’un « revenu de base » pour tous dès 18 ans à 1250 euros par mois (70 % du Smic) applicable aux jeunes scolarisés ou en recherche d’emploi ;

- égalité salariale femmes-hommes immédiate, sous contrôle et avec lourdes sanctions effectives ;lancement d’un grand plan de revalorisation des métiers féminisés en commençant par la fonction publique.

-interdiction de toute discrimination liée à l’origine pour les personnes cherchant à accéder à l’emploi ou pour celles en situation d’emploi sous peine de lourdes sanctions contre les entreprises contrevenantes.

- reconstruction du droit du travail et du statut de la fonction publique ; priorité d’accèsaux CDI, la loi l’emporte sur les contrats, définition des grilles de qualifications, retour élargi et renforcé des Institutions représentatives du personnel (DP, CE, DS CHSCT..), santé au travail et médecine du travail renforcée, prévention et réparation des maladies professionnelles, accidents du travail ;

- renforcement de l’Inspection du travail, contrôle préalable contre les licenciements abusifs, renforcement des prud’hommes et élections de ceux-ci tous les cinq ans ;

- régulation de la sous-traitance (responsabilisation des donneurs d’ordre, alignement des sous-traitants sur la convention collective des donneurs d’ordre, un seul niveau de sous-traitance, reconnaissance facilitée des UES) ;

- limitation à 5 % des contrats non CDI par entreprise, interdiction d’Uber et fin unilatérale de la directive « travailleurs détachés », fin de l’auto-entreprenariat en faveur d’un statut social consolidé pour les artisans et petits employeurs ;

- « travailler mieux, travailler moins, travailler tous et gagner plus » : baisse immédiate de la durée hebdomadaire légale du travail à 32h avec un maximum de 40 h, avec les heures supplémentaires majorées à 100 % et une retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous.

 

2e bloc : une grande « Sécu » universelle gérée démocratiquement

# Une protection sociale globale et solide pour toutes et tous

- consécration du principe des cotisations sociales payées à la source sur le salaire brut et super-brut (salaire net plus cotisations salariales et patronales) ; budget séparé et intouchable, ajusté en fonction des seuls besoins de la population ; pour les indépendants, cotisations volontaires de même niveau, dans le même cadre.

- pré-affectation obligatoire des cotisations à des caisses 
dédiées (maladie, accidents du travail, retraite, logement, famille, handicap, jeune, dépendance) gérées démocratiquement par des représentants des salariés et usagers au sein d’une grande « Sécu universelle » restaurée, financée exclusivement par des cotisations proportionnelles aux salaires et plafonnées ;

- élections aux huit caisses de Sécu (« un assuré, une voix ») tous les cinq ans des représentants usagers, groupées avec les prud’hommes et fixant la représentativité syndicale.

# Santé : la leçon de la pandémie Covid-19est qu’il faut appliquer partout les principes de prévention et de précaution

- Priorité à la santé publique, aux agences de développement des hôpitaux publics, des Ehpad publics, aux prises en charge des handicaps et maladies orphelines, des maisons de santé publiques, aux médecins et organismes de prévention scolaires et enfance

- campagne de recrutement et de formation des soignants et AESH,

- effort budgétaire / investissements massifs dans le service public de la recherche, les hôpitaux et les Ehpad afin que plus jamais l’impréparation connue en 2020 face à la pandémie ne se reproduise ; prise en charge intégrale par un service public spécifique de la dépendance avec nouvelle cotisation « Sécu » ad hoc ;

- mise en place d’un grand service public de la recherche et du médicament ; relocalisation et contrôle de la production des grands groupes pharmaceutiques ;

- annulation des dettes des hôpitaux et suppression de la tarification à l’activité ;

- réunion d’états généraux de la santé, où les organisations syndicales auront toute leur place.

Un logement décent pour tous

- droit au logement réellement opposable, lutte contre les expulsions, contre les ventes à la découpe ;

- contrôle des loyers et des prix du foncier pour consolider la loi SRU qui prévoit 25 % de logements sociaux ;

- instauration d’un tarif social pour les factures d’eau, de gaz, d’électricité ou premiers mètres cubes ou kWh gratuits ; encadrement des tarifs bancaires. Aides a la fin des passoires énergétiques.

- mise en place d’une agence d’accueil et de logement des Sdf, des victimes d’accident de la vie et des migrants primo arrivants.

 

3e bloc : collectif budgétaire, vers une grande réforme fiscale

 

# Fiscalité et budget

- recrutement prioritaire de milliers d’inspecteurs des impôts et « hackers » pour récupérer les centaines de milliards d’euros de fraude fiscale ; adoption de lois contre l’optimisation fiscale ; adoption du principe « tout citoyen français relève du fisc, où qu’il soit » ; sanctions élevées.

- abaissement immédiat du taux de TVA sur les produits de première nécessité et priorité donnée aux impôts directs, réellement progressifs, sur les entreprises (augmentation de l’impôt sur les sociétés) et les particuliers (ISR avec taxation à 90 % au-dessus de 20 Smic, taxation des dividendes, taxation des grosses successions, etc.) ;

- gestion transparente des trois budgets séparés du pays : État, collectivités territoriales et budget autonome de la Sécu universelle et retraites  ;

- taxation des transactions financières, qui servira aux exigences sociales et à celles de la défense de la planète ;

- déblocage immédiat des dizainesde milliards d’euros nécessaires pour les secteurs de la santé et de l’éducation.

# Finance

-       véritable réforme bancaire, avec au cœur une séparation hermétique des activités spéculatives et des activités de financement de l’économie productive ;

-       réaffirmation de la mission de services public de toutes les institutions et construction d’un grand pôle public financier en définissant notamment un périmètre et des moyens nouveaux et centraux pour une grande BPI (Banque publique d’investissement).

 

4e bloc : des services publics reconstruits, étendus, dans une économie mixte

 

# Un secteur public puissantest à la fois un moyen de redistribuer les richesses et de faciliter l’activité de toutes les entreprises :

- renforcement, extension et consolidation de l’ensemble des services publics ; marche vers une économie mixte avec un puissant secteur public encadrant et entraînant le secteur privé, dès lors que certaines activités sont trop décisives pour être laissées aux mains aveugles et avidesdu « marché » ;

- maintien et intégration dans le champ du secteur public de tout ce qui est vital pour le pays : l’éducation et la formation professionnelle, la santé, l’hôpital et les pompes funèbres, le logement, les transports et les communications, l’environnement, l’énergie, l’eau et l’air, ainsi que le financement de l’économie ; création de centaines de milliers d’emplois d’enseignants, de cheminots, d’infirmiers, d’aides-soignants, de personnels qualifiés pour les maisons de retraites et les crèches, d’éducateurs spécialisés, d’assistants sociaux, d’agents de la force publique, de douaniers ou encore de personnels d’inspection (Trésor, Impôts, Travail…), etc.

# Éducation

- priorité sera immédiatement donnée à l’éducation publique en termes de budgets,y compris de formation ; revalorisation forte des salaires des enseignants ; objectif, grâce un effort massif de recrutement d’enseignants, de 25 élèves maximum par classe entendant vers 15, et 10 pour les sections de « décrocheurs », 15 dans les sections maternelles qui scolarisent les élèves de deux ou trois ans, 12 dans les CP et CE1en éducation prioritaire ;

- convocation d’états généraux de l’enseignement pour reconstruire la grande école publique dont le pays a besoin, de la maternelle à l’université, en assurant sa vocation républicaine, l’épanouissement et l’émancipation de la personne humaine, :et réduire les inégalités sociales ;

- allocation d’études sur la base de critères universitaires aux étudiants

# Médias et presse :dès le début de la première session parlementaire, par une loi en urgence, rénovation du champ médiatique pour le rendre réellement pluraliste, car dans une société où les citoyens sont interdépendants, nul ne doit confisquer ou manipuler la connaissance et les données :

- suppression de la mainmise sur les médias de quelques grands industriels et actionnaires ; adoption d’une loi contre la concentration des médias et les intérêts croisés entre industrie des médias, publicitaires et groupes bénéficiant de commandes publiques notamment ;

- suppression complète de la publicité sur les chaînes publiques (et fin de la course à l’audimat qui conduit à l’uniformisation des programmes) compensée par une taxe sur la publicité des chaînes privées affectée à l’audiovisuel public ;

- réforme des aides à la presse pour que les journaux qui en ont le moins besoin ne soient pas ceux qui en reçoivent le plus comme aujourd’hui ;

- inclusion d’une « charte du journaliste » dans les statuts de chaque société de presse ;

- levée du « secret des affaires » du secret commercial et du secret bancaire ; libertés d’expression et des journalistes, droit d’association et protection des données numériques personnelles, ainsi que pluralisme de la presse garantis ; interdiction de toute forme d’espionnage des citoyens sans autorisation judiciaire et abrogation des nombreuses lois de surveillance existantes ; protection des lanceurs d’alerte ;

- mise en place d’un service public de l’information, pour informer et contribuer à l’éducation de tous les citoyens).

 

Partie B : une transition écologique

5e bloc : pour une nouvelle économie, industrie et agriculture « vertes », en rupture avec les politiques néolibérales, climaticides et écocides

 

# Économie et industrie :plus de planification et de coopération contre la course aux profits permettront une maximisation du bien-être des citoyens tout en tenant compte des contraintes environnementales :

- coordination et planification de l’économie, avec notamment la réorientation des industries et de leurs productions vers les besoins humains réels et les urgences écologiques, en lien avec les services publics (ministères du Plan, de l’Économie et des Finances, de l’Industrie, de la Fonction publique, du Travail et de l’Écologie) et les organisations syndicales et les employeurs ;

- conditionnement strict des aides publiques à des obligations sociales et environnementales notamment pour les 1 000 plus grandes entreprises qui réalisent environ 50 % du PIB ;

- élaboration dans le cadre d’états généraux (élus, syndicats et citoyens notamment) d’un Plan national de développement d’activités socialement et écologiquement utiles ;

- établissement dans chaque département et région de commissions mixtes autour des préfets, réunissant la BPI, les organisations syndicales, des représentants des employeurs et les élus territoriaux, chargées de mettre en œuvre un Plande relocalisation de l’économieexprimant les demandes et les besoins concrets des citoyens actuels et des générations à venir, remplaçant les tribunaux de commerce (qui seront supprimés).

# Développer les énergies renouvelables, préparer la sortie du nucléaire, inciter à la sobriété énergétique, développer circuits courtset économie circulaire visant à la réduction drastique des déchets.

Lutte pour la défense du climat contre les effets du capitalocène : appel à la reconversion des 2000 milliards dépensés chaque année en armements par 2000 milliards dépensés à sauver le climat, l’environnement, la bio diversité, la planète.

# Investissements publics massifs dans la rénovation thermiquedu parc locatif et des bâtiments publics ; aides aux particuliers.

Développement des transports publics collectifs, du fret ferroviaire et fluvial.

# Agriculture :pour remettre en cause le modèle dominant et promouvoir des formes d’agriculture paysanne, durable, biologique (respectueuses des sols, de l’eau et de la biodiversité) :

- développement d’une politique d’installation de jeunes paysans, favorisant les circuits courts et de proximité, la lutte contre les pesticides et l’agriculture intensive agrochimique ; garanties des prix à la production.

- garantie faite à tous les consommateurs d’une alimentation saine et contrôlée, notamment pour la restauration collective ; lois de contrôle de la grande distribution.

- lutte pour une nouvelle politique agricole et alimentaire européenne et de nouvelles coopérations internationales.

 

Partie C : des institutions démocratiques

6e bloc : changer la vie, c’est combattre toutes les oppressions et discriminations

# Changer la vie :la société bouge, des aspirations nouvelles se manifestent. Pour accompagner ce formidable mouvement de fond, il convient de :

- faire reculer systématiquement – par l’éducation et le partage, l’information et l’exemple, le contrôle et la sanction – le sexisme, la xénophobie, le racisme (dont l’antisémitisme est une des formes spécifiques, ainsi que le racisme antimusulman) ;

- abroger les lois liberticides, notamment les lois de 2020 dites « sécurité globale » et « confortant les principes républicains » ;

- s’attaquer aux préjugés liés à la génération, à la culture, à la religion, à la langue, à la nationalité et au genre ;

- sensibiliser, grâce à une campagne gouvernementale, au problème de la lutte contre tous les racismes, avec du matériel éducatif élaboré par les institutions et associations de défense des droits humains (Défenseur des droits, CNCDH, LDH, etc.). Une formation sur ces thèmes, assurée par les mêmes institutions et associations, sera proposée au personnel de l’Éducation nationale.

#Pour une société du libre choix pour tous les citoyens :

- garantir l’égalité femmes-hommes : imposer à marche forcéel’égalité salariale ; favoriser l’accès à la contraception et améliorer l’accès à l’IVG ; mettre en place un service public de la petite enfance (crèches gratuites) ; accentuer la lutte contre les violences conjugales par le renforcement du droit pénal et par la multiplication des lieux d’accueil ;

- reconnaître que les identités, les orientations sexuelles, les expressions de genre sont partie intégrante de la vie en société : lutte contre les stéréotypes de genre, renforcement de la législation permettant la protection des gays, lesbiennes et transsexuel.le.s, APGL, étendre les droits d’adoption à tous les couples gays lesbiennes et transsexuels  LGBTQI ;

- lutter contre les discriminations liées à l’origine, notamment des Français originaires ou descendants de personnes originaires des anciennes colonies françaises – discriminations qui se traduisent souvent par l’exclusion du marché du travail, par l’assignation à certaines places dans la division du travail, par une exposition accrue aux accidents du travail et par des difficultés d’accès au logement et aux loisirs.

# Éliminer les violences policières

- dissolution de l’IGPN et constitution d’une autorité indépendante de contrôle de la police nationale composée de représentants d’associations de défense des libertés, de représentants du parquet ; dissolution et remplacement des FDO par des unités de gardiens de la paix, recrutés, formés et sélectionnés. Une seule police nationale.

- retrait du schéma national de maintien de l’ordre public adopté en 2020 et désarmement de la police (suppression des armes de guerre – LBD, grenades de désencerclement – lors des manifestations) ;

- suppressions des contrôles d’identité en dehors de situations d’arrestation en présence de flagrant délit ou en application d’un mandat d’arrêt.

#Une seule laïcité

- application en totalité de la loi de Séparation des Églises et de l’État, qui garantit la neutralité des institutions publiques, le respect des cultes et l’expression libre de toutes les opinions religieuses, athées ou agnostiques dans l’espace public ;

- abrogation des lois anti-laïques ;

- abrogation du statut concordataire d’Alsace-Moselle.

#Bienvenue aux migrants, l’immigration étant une chance (économique, culturelle…) :

- faciliter l’accès à la citoyenneté française, réaffirmer le droit du sol ;

- droit de vote aux élections locales pour les extra-européens ;

- régularisation des sans-papiers ;

- fermeture des centres de rétention ;

- instauration de sanctions très dures contre les trafiquants de sommeil et de travail.

- agence nationale d’accueil, de logement, d’éducation et de primo insertion.

 

7e bloc : vers une VIe République

# pour conserver et protéger tous ces changements sociaux un changement de régime est nécessaire afin que, démocratiquement les citoyens puissent défendre ensemble tous leurs nouveaux droits:

Nous nous prononçons pour une République sociale, parlementaire, démocratique, proportionnelle, laïque, féministe, écologique, internationaliste et pacifiste.  Élaboration d’une nouvelle Constitution avec une Assemblée constituante démocratiquement élue et une adoption définitive du texte par référendum ;

- fin du « pouvoir personnel » et de l’élection du président de la République au suffrage universel ; redéfinition de son rôle en tant que simple porte parole de l’ordre constitutionnel sans rôle dans la conduite des affaires de gouvernement ;

- instauration d’un droit au référendum d’initiative populaire, avec des initiatives citoyennes locales, régionales et nationales ;

- création d’observatoires citoyens dotés de moyens administratifs, chargés de lutter contre la corruption et d’imposer la transparence.

# Un régalien plus humain

- instauration d’une justice accessible à tous et d’une police républicaine proche des citoyens ;

- concentration de l’armée, de ses moyens et de ses missions, sur son rôle de défense du territoire de la République.

 

8e bloc : Pour des États-Unis d’Europe démocratiques, sociaux et écologiques

 

L’Europe est un espace idéal pour faire face à la mondialisation néolibérale. L’Union européenne en a malheureusement souvent été un des vecteurs. L’arrivée au pouvoir d’une gauche unie et déterminée en France commencera à changer la donne.

Un gouvernement de gauche opérera le retrait de notre pays du traité sur la charte de l’énergie. Il dénoncera immédiatement unilatéralement la directive « travailleurs détachés ». Il refusera de ratifier les traités de libre-échange type CETA et TAFTA.

Il refusera toute injonction anti démocratiques à de soi-disantréformes « structurelles » venues d’en haut.

Le Parlement mandatera le gouvernement pour défendre au sein du Conseil européen et publiquement auprès des salariés européens :

- le refus de l’ordre ordo-libéral etde tout retour à l’euro-austérité ;

- l’harmonisation des fiscalités européennes et l’arrêt de la concurrence fiscale par le bas ;

-la mise en place progressive d’un SMIC européen aligné sur le plus élevé, en parité de pouvoir d’achat. Le principe de faveur, l’alignement par le haut des droits sociaux.

- l’adoption d’une fiscalité directe progressive, notamment via des impôts européens sur les sociétés, les hauts revenus et les gros patrimoines ;

- l’accroissement du rôle du Parlement européen (seule instance élue) en matière sociale, budgétaire, financière, démocratique face aux institutions non élues, telles que la BCE ou encore la Commission.

En appelant à la solidarité du salariat d’Europe et en appliquant notre programme en France, (nul ne nous l’empêchera de respecter l’application du programme démocratique sur lequel nous aurons été élus),nous gagnerons un rapport de force en vue de transformer l’Union européenne et de modifier profondément ses traités actuels. Cela pourra alors déboucher sur une proposition à tous les États européens de la tenue d’une Assemblée constituante démocratique.

 

21 000 signes

5 pages de D&S

 

 

 

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21 000 signes

5 pages de D&S

 

 

 

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La jungle du télétravail

Au boulot n° 536


 

Les études de l’institut Sapiens démontrent que la productivité des salariés en télétravail aurait  grimpé de 22 % et préservé entre 216 et 230 milliards d’euros de PIB en 2020, année où il y aurait eu un pic jusqu’à 8,5 millions de salariés en télétravail. Ils seraient 3,7 millions en mars 2021. Le télétravail réduirait de 20 à 30 % les risques de contamination au virus.

 

Ça rapporte le télétravail, ça économise des bureaux, de l’électricité, du transport, ça optimise le labeur.  Les salariés sont à pied d’oeuvre chez eux, ce qui réduit « distractions et perturbations », « pauses-café », « déjeuners à rallonge »« réunions inutiles et chronophages qui nuisent à la productivité ».

Patronat et gouvernement refusent toute loi encadrant le télétravail parce qu’ils veulent en tirer le maximum d’avantages sans concéder de contreparties.

E. Bornes se contente d’un vague accord national interprofessionnel (ANI) complaisant sur le télétravailpour ne pas répondre aux questions précises :  le télétravail est il obligatoire ou facultatif ? Quels pouvoirs des institutions représentatives du personnel par rapport a l’employeur sur le choix du télétravail ? Quels droits de refus, de retrait aux salariés ? Quelles garanties vis-à-vis de la vie privée des salariés ? Qui paie les ordinateurs, leurs mises à jour, sièges, bureaux, électricité ? Y a t il toujours tickets restaurants et cartes de transport ? Comment sont prises en compte les situations d’isolement, de mal-être, de stress ? Quelle prise en charge des enfants non scolarisés ? Quel décompte des horaires légaux et maxima quotidiens, hebdomadaires ? Les heures supplémentaires sont-elles identifiées et payées de façon majorée ? Quels temps de pause, de déconnection, de congés ?

 

Rien n’est réglé dans la loi depuis 12 mois de pratique intensive. Trop de salariés en télétravail au bord de la rupture psychique et émotionnelle sont sous une triple pression : surveiller, éduquer, traiter les dossiers. Il faut d’urgence une loi régulatrice et protectrice.

 

Gérard Filoche

 

 

Le Covid a fait du monde un grand chantier

Au boulot n°535

Dans tous les chantiers, il y a obligation de porter « équipements de protection individuels » (EPI), casques et chaussures de sécurité. Il y a obligation systématique de garde-corps ou de baudriers pour éviter les chutes. Il y a même obligation d’incorporer dans les plans et travaux de construction, les sécurités collectives.

Ca n’empêche pas tout, hélas, chaque année il y a encore 300 accidents du travail mortels dans le bâtiment. Parmi les plus vulnérables moins protégés. Mais les chaussures de sécurité obligatoires ont empêché 80 % des accidents aux pieds.

Qui s’oppose à ça ?

Les patrons souvent qui estiment que ça coûte cher et que ça fait perdre du temps.

Certains salariés parfois qui estiment que c’est une trop lourde contrainte.

Mais le principe de prévention, le principe de précaution sont imposés. Et la loi sanctionne les patrons qui ne protègent pas leur salariés.

 

Le virus Covid a fait du monde entier un grand chantier.

 

Gel, masques, soins hospitaliers et lits de réanimation, médicaments, vaccins, confinements sont des contraintes et des préventions pour sauver des millions de vies.

Qui s’oppose à ca ?

Certains minorent la pandémie et n’y voient que fausses contraintes, alors que c’est en dénonçant l’ampleur de la menace qu’on peut exiger des gouvernants les mesures salutaires les plus adaptées.

Qui trouve que ça coûte cher ? Que ça empêche de produire et de satisfaire à la loi capitaliste de recherche du profit maximum ? Les exploiteurs, financiers et gouvernants à leur service. Ce sont ces derniers, guidés par l’argent et pas par la santé, qui ne veulent pas ouvrir des lits, ni recruter et former des soignants, ni investir dans la recherche des médicaments, qui vaccinent avec lenteur, et imposent, mal et trop tard, des confinements devenus nécessaires mais douloureux : ils frappent ainsi les plus vulnérables et ce sont ceux qu’ils aident le moins.

 

Reste à ce que le principe de prévention, de précaution, impose une autre économie où la santé soit prioritaire et où les gouvernants réfractaires soient lourdement contraints, jugés, sanctionnés et destitués.

Gérard Filoche

 

 

Processus des etats généraux de « plusjamaisça » – note de cadrage

« Plus Jamais ça ! » est un collectif national créé suite à la publication d’une tribune le 27 mars 2020. Depuis, cela s’est concrétisé par : • Une pétition dépassant les 180 000 signatures ;

• Une mobilisation en commun à l’occasion de la fête du 1ermai ;
• La publication d’un « plan de sortie de crise » le 26 mai avec 34 propositions destinées

à nourrir le débat public et à évoluer au gré de leur confrontation avec les réalités du terrain.

1. ObjectifL’objectif des États généraux est triple :

1. en favorisant les convergences entre des organisations différentes dans leurs histoires, leurs cultures et leurs mod es d’organisation. Ceci afin de développer des actions communes et un rapport de force local et national. A ce jour, on compte une trentaine de collectifs locaux.

2.les 28 et 29 mai 2021 à la Bourse du travail pour rédiger un enrichi par les collectifs locaux et validé par la trentaine d’organisations membres du Collectif.

3. , au delà des échéances électorales pour faire entendre les revendications des mouvements sociaux et environnementaux.

2. Méthode

•Diffuser un « outil » permettant de clarifier les objectifs des collectifs locaux et de faireremonter des propositions d’amendements au « plan de sortie de crise ». Cet outil doit être diffusé au niveau local des organisations et aux collectifs locaux existants.

  • →  Il propose quelques principes pour l’animation des collectifs locaux ;
  • →  Il propose 4 orientations pour clarifier la stratégie d’actions locales1. Les collectifs locaux peuvent porter d’autres formes d’actions tant quel’horizon - bâtir une société sociale, écologique et démocratique - est commun. L’enjeu est de dépasser des divergences mineures et en réalité souvent stériles afin de pouvoir se mettre d’accord sur ce qui rassemble ;1. Appuyer une ou plusieurs organisations qui luttent déjà contre une injustice
    2. Contribuer à développer le rapport de force concernant une ou plusieurs revendications de PJC
    3. Débattre plus largement des valeurs et des principes d’un projet de société alternatif
    4. Expérimenter directement d’autres formes d’actions collectives et d’expériences (production, consommation…).

 

→ Il propose un outil permettant de commenter, critiquer, enrichir le plan de crise. Une discussion est en cours pour évaluer dans quelle mesure la remontée d’information pourrait se faire directement via un logiciel de la CGT. Cela fera le matériau pour rédiger le « plan de transformation sociale, écologique et démocratique ».

  • Rédiger une version « zéro » du plan de transformation sociale et écologique à partir des remontées des collectifs locaux et des apports des différentes organisations membres nationaux de PJC. Cette version identifiera les apports et les questions à approfondir.
  • Réunion physique à Paris à la Bourse du travail les 28 et 29 mai 2021 avec des délégué.e.s descollectifs locaux et des organisations nationales. Ces délégations devront être constituées dans le respect de la parité, de la diversité des personnes et des organisations.
  • A la suite de ces États généraux, le collectif Plus Jamais Ça produira une nouvelle version du plan de transformation sociale, écologique et démocratique basé sur les débats des collectifs locaux au cours des États généraux et validé par le collectif national et les organisations qui le composent.
  • L’université d’été des mouvements sociaux, du 18 au 22 août 2021 à Nantes, seral’occasion de présenter et diffuser largement le plan de transformation sociale, écologique et démocratique définitif3. Organisation

    Un groupe de travail a été mis en place composé de la CGT, FNE, Greenpeace, Attac, AequitaZ, Emmaüs pour faire des propositions au comité de pilotage de Plus Jamais Ça.
    Si nous voulons réussir à tenir ces échéances, nous avons besoin que des personnes viennent renforcer ce groupe et serépartir différentes fonctions :

    → logistique: organisation concrète des journées des 28 et 29 mai 2021
    → animation: programme des journées des 28 et 29 mai 2021
    → rédaction: travail de collecte et de synthèse des retours des différents collectifs locaux → communicationinterne et externe → processus préalable de préparation, il semble nécessaire de :
    • prendre contact avec les collectifs locaux pour échanger en direct sur les États généraux

    et leur préparation locale (répartition des 30 collectifs pour la prise de contact)
    • envoyer un questionnaire aux collectifs pour recenser les difficultés et les thèmes

    • prévoir une réunion Zoom avec un.e personne/collectif pour la préparation (fin février, début mars?)

    • mettre à jour la carte des collectifs : https://plus-jamais.org4. Calendrier

    → 20 février: Communication interne et externe sur les États généraux de Plus Jamais Ça

    → 2 mars: Réunion préparatoire avec les collectifs locaux à 20 h : réunion Zoom :

    https://zoom.us/j/98958990169?pwd=T3Z5c2MxMVRjejFRSkp2SUl4Vk4wZz09

    ID de réunion : 989 5899 0169 - Code secret : 821762
    → 1er mai: Fin des remontées et travail de synthèse
    → 28 – 29 mai: États généraux à la Bourse du travail à Paris
    → 18 – 22 août: Université d’été des mouvements sociaux. Présentationdu plan.

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en attente d’une réponse depuis le 28 février 2021

Cher Jean-Luc,

Nous te remercions du courrier que tu nous as adressé avec une proposition de rencontre pour débattre programme.

Tu connais notre engagement à tout faire pour battre la droite et l’extrême-droite en 2022. Comme tu n’es pas sans le savoir, notre combat pour éviter un nouveau face-à-face Macron-Le Pen nous amène à militer pour le rassemblement à gauche sur un programme de gauche, sans exclusive ni hégémonie.

L’unité n’a de sens que si elle s’appuie sur un contenu. Les axes d’un programme de gauche, d’un contrat de législature doivent permettre de répondre, en premier lieu aux urgences sociales, écologiques et démocratiques.

La France insoumise (LFI) met en débat son programme (« l’Avenir En Commun »).

La Gauche démocratique et sociale (GDS) a eu le souci de formaliser le sien, à deux occasions : en avril 2018 avec un « Document de référence programmatique » ( http://www.gds-ds.org/document-de-reference-programmatique-de-la-gds/ )   et en mai 2020 avec le texte « Pandémie et jours d’après » (http://www.gds-ds.org/pandemie-urgences-et-jours-dapres-contribution-gds/).

Depuis la publication de ces deux documents nous cherchons aussi à en débattre avec toute la gauche.

Nous avons ainsi co-signé    »Le temps est venu ! Contribution pour une plateforme commune » http://www.gds-ds.org/le-temps-est-venu-contribution-pour-une-plateforme-commune/

C’est donc avec plaisir que nous acceptons de te rencontrer pour un échange sur le fond d’une plate-forme commune à construire dans la période actuelle.

Nous avons d’ailleurs élaboré depuis mai 2020 un tableau comparatif des propositions qui existent à gauche (http://www.gds-ds.org/tableau-comparatif-des-propositions-a-gauche/).

Débattre des convergences (nombreuses) mais aussi des différences nous semble nécessaire si l’on croit au rassemblement à gauche pour répondre aux besoins du salariat.

Reçois nos meilleures salutations démocratiques et sociales

Pour GDS

Le 28 fevrier 2021

Jean-Claude-Branchereau, Gérard Filoche, Anne De Haro, , Eric Thouzeau

 

Une analyse inédite de l’Opposition de gauche soviétique (1933)

Communist opposition in the USSR – early 1930s: the Verkhne-Uralsk Document

https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=xCgv91BQvDs

HISTOIRE ET QUATRIÈME INTERNATIONALE

Cf. aussi : [Histoire] [Quatrième Internationale] [Trotskysme]

J.M.

En janvier 2018, la remise en état du sol dans une cellule de la prison de Verkhnéouralsk, un ancien isolateur du GPU-NKVD, a permis la découverte d’une cachette contenant une trentaine de manuscrits réalisés par les militants de l’opposition de gauche. Entre autres, des exemplaires de la revue manuscrite Bolchevik-Léniniste, dont l’existence (ainsi que celles d’autres revues manuscrites réalisées dans l’isolateur de Verkhnéouralsk) avait été mentionnée par les deux oppositionnels de gauche bannis d’URSS en 1935 et 1936, Ante Ciliga et Victor Serge, mais qui étaient inconnues jusqu’à maintenant. Arven A. Dawitian dit « Tarov » en avait aussi parlé ; exilé en Ouzbekistan après Verkhnéouralsk, il avait réussi à passer en Perse en juillet 1934, puis en France, et avait rejoint les FTP-MOI au cours de la guerre sous le nom de Manoukian », il est assassiné par la Gestapo avec les 22 autres du groupe Manouchian (l’Affiche rouge).

On compte sur les doigts d’une main les communistes oppositionnels de gauche d’URSS – qu’on comptait par dizaines de milliers à la fin des années 1920 et au début des années 1930 – qui ont survécu à la terreur stalinienne. Déportés, emprisonnés dans les isolateurs et dans les camps de concentration (en 1933 on estimait à plus de 8 000 les oppositionnels de gauche emprisonnés), ils avaient poursuivi la lutte et l’élaboration politique. À Verkhnéouralsk, selon A. Ciliga « la seule université indépendante d’URSS » (1), ils publiaient des journaux manuscrits (le Bolchevik Militant, les Recueils sur la période actuelle, la Pravda derrière les barreaux, puis, après une réunification des divers groupes en 1932-1933, le Bolchevik-Léniniste) où les articles, signés, n’étaient soumis à aucune censure, où ils débattaient leurs divergences, abordaient les questions théoriques et d’actualité. Les divers groupements politiques de cette prison étaient « de vraies organisations, avec leurs comités, leurs journaux manuscrits, leurs chefs reconnus ». Ils fonctionnaient en tenant des réunions en règle au cours des promenades dans la cour, avec bureau, ordre du jour, procès-verbal. Il y avait une « administration de la poste » entretenant, pour le compte de tous, les relations internes et externes non seulement en URSS, mais avec l’étranger, notamment par les transferts pour d’autres prisons. La bibliothèque était relativement fournie, les journaux paraissant en URSS étaient disponibles si on s’y abonnait, ainsi que les quotidiens des PC étrangers. Jusqu’en 1934 ces prisonniers politiques ont gardé des liaisons politiques avec les clandestins encore non arrêtés ; ils recevaient parfois des exemplaires du Biulleten Oppositsii, la revue en russe réalisée en exil, et des textes de Léon Trotski (2).

Les prisonniers de Verkhnéouralsk, comme ceux des autres prisons essayaient également d’agir, organisant en prison des « manifestations », par exemple le 1er mai ou le 7 novembre, chantant tous ensemble l’Internationale… Ces actions sont durement réprimées. Il ne reste alors que la grève de la faim pour tenter d’imposer le respect des prisonniers politiques. D’abord en 1928 dans la prison de Tomsk, puis à Tobolsk et dès 1930 à Verkhnérouralsk, les grèves de la faim éclatent, se durcissent en 1931, puis en 1933. F.N. Dingelstedt, un des auteurs du texte publié ci-dessous, membre des comités dirigeant ces grèves en 1931 et 1933, fut sanctionné par la déportation au camp de concentration des îles Solovki, où il dirigea encore une grève de la faim.

Au cours de l’année 1936 la quasi-totalité des oppositionnels de gauche survivants ont été regroupés dans les camps de la Patchora, autour de Vorkouta. Selon un militant menchevik rescapé de Vorkouta, ils étaient plusieurs milliers, refusaient de travailler au-delà de huit heures, ignoraient systématiquement le règlement de façon organisée, critiquaient la politique de Staline tout en se déclarant prêts à défendre l’URSS contre l’agression nazie, qu’ils prédisaient. N’ayant plus de quoi écrire, ils réalisaient un journal oral, nommé à nouveau la Pravda derrière les barreaux. En automne 1936, après le premier procès de Moscou, ils ont organisé des manifestations et des meetings, puis une assemblée générale qui a pris la décision de commencer une grève de la faim, qui a commencé le 27 octobre 1936 et qui va durer jusqu’au début mars 1937. Alors toutes leurs revendications sont satisfaites : regroupement des politiques avec séparation des éléments criminels de droit commun, réunion des familles dispersées dans des camps différents, travail conforme à la spécialité professionnelle, droit de recevoir livres et journaux, la journée de huit heures, une nourriture indépendante de la réalisation des normes, l’envoi hors des régions polaires des invalides, des femmes et des personnes âgées. Après quelques mois de trêve, ils sont de nouveau réprimés, les rations sont réduites, les violences des « droits communs » contre eux, encouragées. Puis presque tous les trotskistes survivants et ceux qui ont fait la grève de la faim avec eux sont regroupés dans des bâtiments à part, entourés de barbelés et gardés militairement. En mars 1938 commencent les exécutions : amenés par groupes dans la toundra, alignés le long des fosses préparées dans ce but, les oppositionnels de gauche sont mitraillés.

Les textes retrouvés à Verkhnéouralsk ont donc une valeur exceptionnelle : ils témoignent de l’élaboration d’une autre trajectoire politique possible en URSS au début des années 1930. Comme a titré le quotidien russe Kommersant en les présentant en juin 2018, « les morts ont enfin parlé » (3).

Pour le moment seulement quelques textes découverts ont été rendus disponibles. Nous avons choisi d’en traduire un, dont on ne peut qu’admirer la clairvoyance en pensant aux conditions de son écriture : les thèses sur la prise du pouvoir par Hitler en Allemagne et sa portée internationale, adoptées par 19 militants et soutenues par 11 autres. Nous tenterons dans l’avenir d’en publier d’autres. (J.M.)

Notes

1. Ante Ciliga, Dix ans au pays du mensonge déconcertant, Paris 1977, Éditions Champ Libre.

2. Voir l’excellente étude de Pierre Broué, « Les trotskystes en Union soviétique (1929-1938) », Cahiers Léon Trotsky n° 6 (1980), disponible sur : https://www.marxists.org/francais/clt/1979-1985/CLT06-1980.pdf

3. https://www.kommersant.ru/doc/3652428

 

Un événement dans le débat à gauche.

Déclaration de Gérard Filoche, porte parole de la Gauche démocratique et sociale

Un événement dans le débat à gauche.

Un des trois candidats potentiels d’EELV, Yannick Jadot qui jusqu’à présent voulait faire campagne « entre Macron et Mélenchon » c’est à dire diviser la gauche, y renonce.
Il propose un « candidat unique » de la gauche et de l’écologie : il a raison !
Il précise « si nous y allons divisés, nous n’avons aucune chance de gagner, si on commence par les personnes on est morts : si on commence par les projets on a une chance ». C’est ce que nous disons depuis des mois !
Il ajoute : « Mettons nous autour d’une table, et discutons en sérieusement ». Il propose de construire cette issue avec les citoyennes et citoyens sur les territoires. 100 % d’accord !

Il précise qu’une « primaire qui deviendrait identitaire, qui ne se tourne pas vers les Français, qui se regarde le nombril pour savoir l’identité des écologistes ou de la gauche, serait une primaire de la défaite, une machine à perdre », et ajoute « ce dont nous avons besoin c’est d’un processus de désignation et d’un projet de conquête ». Ce qui laisse à toute la gauche la possibilité de se retrouver dans un front commun et un candidat unique.

Alors mettons tous sans exclusive ni hégémonisme autour d’une table !

Travaillons à un projet.

Lançons des États généraux des citoyens pour s’en emparer,

Comme l’appel UNALT22 le propose, prenons des initiatives ensemble dans nos villes.

 

Madame O femme de ménage

Au boulot n° 534

Elle veut « bien élever son fils ». Ne pas le laisser seul quand il rentre de l’école. Surveiller les devoirs, ne pas le laisser traîner dans la cité. C’est le dernier enfant à la maison, les grands sont partis, ils ont leur famille maintenant.

Cela fait plus de 7 ans qu’elle fait les ménages dans les bureaux. Elle est à temps partiel, 140 h par mois. La société Derichebourg qui l’emploie l’a affectée sur le site de l’école HEC à Jouy-en-Josas. C’est mal desservi, surtout lorsqu’il faut commencer tôt le matin. L’employeur a mis en place une navette pour ses salariés.

En prenant ce nouveau poste Mme O. constate que son contrat a été modifié : de 140 heures elle passe à 130 heures. Elle refuse de signer l’avenant au contrat de travail et demande le maintien de son ancien horaire. Alors pour la faire « plier » la société Derichebourg lui interdit l’accès à la navette. Elle doit assumer seule le coût du transport et trouver le moyen de partir dès 5 heures du matin pour se rendre à HEC. La société Derichebourg n’hésite pas à écrire à l’inspection du travail que « la navette est réservée aux salariés à temps plein ».

C’est une discrimination, une inégalité de traitement injustifiée. C’est interdit par l’article L. 3123-5 du Code du travail mais la société Derichebourg, pour ce cas, ne se sent pas tenue par le Code du travail.

Pourtant Mme O. fait un travail utile à tous. Elle fait partie de ses premières lignes invisibles, celles qui dans la crise du Covid et de tout temps, permettent à tous de travailler dans de bonnes conditions et assurent la propreté des lieux collectifs. Réduire le temps de travail de Mme O., faire baisser son faible salaire et la priver de la navette…voilà qui donne une bien piètre image d’une puissante société. Mme O. a saisi les Prud’hommes avec un défenseur syndical.

C’est rare.

Toutes ne le font pas, ne savent pas se défendre. Combien sont mal-traités, exploités, mal payés à assurer des tâches essentielles sans voir leurs droits et leurs vies respectés.

Courageuse Mme O., nous vous saluons.

 

Gérard Filoche

 

 

Derrière une bouillie idéologique, Macron durcit sa politique :

 

 

La « Révolution » de Macron à l’envers de ses mots

 

Quand sonne l’heure du bilan de Macron, on s’aperçoit de la bouillie idéologique dans laquelle il a plongés les concepts de sa famille politique libérale. Par la force de sa duplicité pour masquer ses réels objectifs politiques, et à cause de la pandémie qui a décuplé la confusion de sa propagande, il faut y aller à la pelleteuse pour dégager les encombrants et apercevoir ses œuvres réelles.

Il y a du Berlusconi, du Trump, du Bolsonaro en Macron, il est une de ces créatures détachées, à la fois pantin et acteur, provocateur et serviteur dont la grande finance se dote. Son idéologie structurante est la théorie du ruissellement : la compétitivité est son système conçu pour fortifier les puissances d’argent qui, ultérieurement, concéderont aux « riens » d’en-bas. Il a essayé d’escamoter droite et gauche, de nier les oppositions entre les classes sociales, prétendant agir dans tous les sens « en même temps ». Ce brouillard qu’il a voulu jeter s’est vite dissipé, il a été rapidement étiqueté « président des riches » et s’est tellement révélé à droite extrême, côté CAC 40, Medef, grands banquiers, qu’une large partie de l’opinion en est à refuser de choisir entre lui et Le Pen.

 

Dans son livre « Révolution » et ses tracts de campagne électorale, il a d’abord défendu une « révolution » libérale thatchérienne, une « France start up », une « société sans statuts », « post salariale », ubérisée « supprimant les cotisations sociales », c’est-à-dire une destruction totale du modèle social, économique et institutionnel existant en France. Il l’a hurlé : son « projet » est d’imiter en tous points le système US et de l’imposer à l’Union européenne. Finies les cotisations sur salaires, ne garder que l’impôt réduit à la source, passer de Bismarck à Beveridge.

 

On l’a vu s’engager à privatiser davantage tous les services publics, les hôpitaux, l’école, l’électricité, le train, le métro, l’eau, la forêt, les administrations. Pour ce faire, il s’est posé en dictateur « Jupiter » et a créé de toutes pièces son propre parti sans implantation sociale, des commerciaux d’occasion, sans racines. Il use du contrôle de 95 % des médias dont ses amis milliardaires le font profiter.

 

Piétiner le salariat pour servir le grand capital est son but premier : il a expliqué qu’il n’était « pas là pour défendre les jobs existants », mais pour faciliter les rotations, les démissions, les licenciements, la casse du code du travail, celle des institutions représentatives du personnel, la fluidité de l’emploi. Il a truqué les chiffres du « halo » du chômage, développé les « indépendants », auto entrepreneurs s’auto exploitant à leur propre compte. Il y est en petite partie parvenu puisqu’il a abaissé la part des actifs salariés de 90 à 88 %. Il a brouillé les frontières entre les CDI à temps plein, les temps partiels, les précaires, les sous-traitants des plateformes, les contractuels du secteur public, les ubérisés, les chômeurs.

 

Dans la foulée de Sarkozy et Hollande, il a continué à faire reculer les cotisations sociales pré affectées au budget de la protection sociale : les cotisations allocations familiales les cotisations chômage ont été supprimées. Il a transformé le CICE en cadeau permanent aux grandes entreprises, faisant franchir des seuils énormes aux exonérations de cotisations sociales salariales et patronales : il a entrepris de s’attaquer aux cotisations retraites avant que la pandémie ne le force à différer son projet.

 

Mais il lui a été impossible, de 2017 à 2021 de faire disparaitre les 88 % de salariat à statut et ceux là résistent tous les jours partout. Il a eu droit aux mobilisations en défense du code du travail des 2017, à celles en défense de la SNCF en 2018, à la révolution des Gilets jaunes en 2018 et 2019, à celles sur les retraites en 2019 et 2020 : il aurait été balayé par le nombre de manifestants s’il ne les avait sauvagement réprimés et si ses médias aux ordres ne les avaient pas niés et caricaturés.

 

Et puis la pandémie balaye tous ces « projets »

 

D’abord, Macron est pris à contre pied par la pandémie.Il est en plein effort pour imposer sa casse des retraites et des allocations chômage. Il a dépensé plus pour ses forces de l’ordre que pour la santé. Il a des casques mais pas de masques. Il a des policiers mais pas d’infirmiers. Il a des lacrymogènes mais pas de respirateurs. Il a des cars de CRS mais pas d’ambulances. Il a désarmé l’hôpital, supprimé des dizaines de milliers de lits. Ça fait un an que tous les personnels des hôpitaux,  crient « SOS » et sont en grève, il ne les a pas écoutés. Il n’a pas de gel, pas de seringues, pas de pousse seringues, pas d’écouvillons, pas de blouses, pas de gants, pas de lunettes, pas de médicaments, pas de curare, pas de paracétamol, pas de tests.

 

Tout comme Trump, Johnson, Bolsonaro il ne veut d’abord pas de confinement.

Le soir du 6 mars 2020, il s’écrie « - Allez tous au théâtre ». Et pourtant il va les fermer.

Le capitalisme, c’est la recherche du profit maximum, pas question de s’arrêter d’exploiter et de produire. Macron est évidemment lui aussi pour le fric d’abord mais scientifiques et médecins lui démontrent qu’il va y avoir de 300 à 400 000 morts et qu’il va le payer cher s’il ne prend pas les précautions nécessaires donc il penche le 12 mars 2020 pour le confinement généralisé. Pour la 1efois dans l’histoire, dans le monde entier, pour les mêmes raisons, plus de 3 milliards d’humains sont alors confinés.

Seuls Trump, Bolsonaro et les libéraux suédois refusent quand les réactions premières de  Johnson et Macron sont démenties.

 

Macron, pour compenser son retard et absence de prévention a déclaré cinq fois « la guerre » au virus : mais ce n’était qu’un mot sans suite, il n’a fait aucune guerre.  Car en temps de guerre, il aurait recruté et formé des centaines de milliers de soignants, fabriqué des millions de munitions, de bombes, de chars et là, il n’a ni réquisitionné le privé, ni rebâti un système de santé public en urgence. Au contraire, il a continué à faire voter une loi scandaleuse contre la Recherche publique, à serrer la vis aux hôpitaux et à supprimer des lits. Macron a certes, d’abord concédé une priorité à la santé « coûte que coûte » à la vie plutôt qu’au profit. Mais très vite, il s’est opposé « à n’importe quel prix » à un second confinement. Ce qui lui a valu d’être incompris et contesté quand il s’en tenait à un couvre-feu, métro, boulot, dodo tout en interdisant les loisirs et la culture.

Sa langue de bois à tiroirs multiples le rend haïssable pour des millions de citoyens.

 

Le Monde du 26 février 2021 ironise sur le passage du « en même temps » à « l’attrape tout », la « perte de repères » d’une « pensée molle et pas très claire ».

En quelques mois, la nov’langue libérale de Macron subit de multiples transformations : – là ou il affirmait qu’il n’y avait « pas d’argent magique », le voilà obligé de sortir cent milliards pour relancer l’économie.

-      Là où il disait que l’Union européenne et la BCE étaient vigilantes sur « la dette », voilà qu’il contribue à dégager 750 milliards pour la relance.

-      Là où il prétendait que créer de la monnaie nourrissait l’inflation, voilà que la BCE prête des centaines de milliards à taux négatif.

Cela a brisé son argument principal, l’austérité budgétaire : sur tous les tons, il affirmait qu’il ne fallait pas de déficit, pas de dettes, il a grand ouvert les déficits et fait passer la dette à plus de 120 % du PIB, davantage que ce qui fut reproché par l’UE a la petite Grèce il y a douze ans.

 

A tel point que les économistes libéraux qui entourent Macron, éclatent sur la question de la dette :

-      Thierry Breton propose de ne la rembourser qu’entre 2038 et 2058,

-      Bayrou propose d’isoler la « dette Covid » pour ne pas la rembourser à la différence des autres dettes,

-      Elie Cohen et Alain Minc proposent de rendre la dette « centennale », à payer dans un siècle,

-      Bruno Lemaire appelle à payer la dette à tout prix, d’autres à piller « l’épargne des ménages »,

-      d’autres à n’en pas parler tant que les banques prêtent à taux négatif.

Cette dernière position semble curieusement l’emporter comme si les libéraux avaient peur de réveiller des vieux fantômes tapis au fonds des coffres bancaires.

 

Pour entendre Macron, il faut tourner chacun de ses mots à l’envers :

-      là où Macron faisait croire que c’est l’ouverture des échanges profitaient à tous, il lui a fallu relocaliser des productions de masques, de respirateurs, de médicaments et le désastre était trop profond pour la recherche et les vaccins.

-      Là où son ancienne théorie était que la Bourse devait financer les entreprises, il a engagé une politique de dizaines de milliards de prêts de l’État  lui-même : ces prêts publics garantis État ont été accordés par les banques privées, qui en ont profité pour sélectionner leur clientèle de grosses entreprises au détriment des moyennes et petites.

 

Quand Macron a rendu un hommage appuyé aux « métiers de première ligne »,chauffeurs, éboueurs, nettoyeurs, gardiens, caissières, femmes de ménage et parlé de récompenser les smicards qui ont continué de faire tourner le pays, ça n’a pas duré longtemps. Promesse non tenue. Le Smic est resté bloqué le 1erjanvier 2021. Les inégalités se sont aggravées en pleine pandémie : le journal « Les Échos » titrait que « le mois de novembre 2020 était le meilleur mois du CAC 40 depuis 30 ans » !

 

Le fameux « plan de relance » de Macron a aussi été une esbroufe de vocabulaire, il s’apparente plutôt à un plan d’austérité, consistant, comme les précédents, à faire passer de l’argent de bas en haut. S’il a fait semblant de rechercher l’unité nationale cela a vite échoué.

 

Sur cent milliards 70 % sont allés aux grosses entreprises, et moins de 30 % à ceux d’en bas qui souffrent. Certes 12,5 millions de chômeurs partiels ont reçu un salaire (payé par l’état à la place des patrons) pendant les confinements forcés, mais il a été abaissé à 84 %. Il a même bloqué la hausse promise des salaires des soignants à 181 euros au lieu des 300 réclamés. Même des « primes » généreusement annoncées dans les télévisions ont été versées au bon vouloir des employeurs et au prorata de critères particulièrement mesquins. Les millions de précaires en CDD, en intérim, en saisonniers, les intermittents du spectacle, ubérisés n’ont quasi rien reçu. Victimes de l’absence des petits boulots, jeunes et étudiants ont été livrés à la misère et à la faim, Macron leur refusant le RSA même pour une année exceptionnelle !

Macron n’a rien fait pour contrôler les licenciements abusifs, ni en faveur du million supplémentaire de chômeurs, des dix millions de pauvres et alors qu’au total près de 8 millions de nos concitoyens ont été menacés par la faim. Au contraire le gouvernement a décidé le 3 novembre 2020 une baisse de 11 % du budget de l’aide alimentaire.

 

Le monde d’après pire que le monde d’avant :

 

Macron a refusé toute taxe même exceptionnelle sur les riches et les dividendes, refusé de hausser les impôts de ceux qui profitaient de la crise. Il a refusé de rétablir l’ISF, de supprimer la flat tax, de rendre à nouveau progressif l’impôt sur le revenu et sur les sociétés, au contraire Bruno Lemaire a accordé une nouvelle « baisse de l’impôt sur la production ». Il propose même une baisse des impôts sur l’héritage favorisant les plus fortunés.

 

La réalité est que les états d’urgence successifs votés de mars 2020 à février 2021 ont servi à durcir le monde du macronisme :

-      difficultés administratives pour les nouveaux de demandeurs de RSA,

-      refus d’encadrer le télétravail (conditions de travail matérielles, psychologique et sociales, et salaires alors que la hausse de productivité est de 22 %),

-      refus de contrôler et sanctionner l’ampleur des fraudes au chômage partiel,

-      nouvelle casse des services de l’inspection du travail,

-      mesures contre les handicapés et les salariés vulnérables

Toute une série de décrets ou de petites lois qui passent inaperçues mais qu’il peut promulguer en abusant de l’état d’urgence dit « sanitaire ».

Ça passe inaperçu :

- par exemple qui a noté qu’il y avait une progression plus importante du budget des armées 2021 que du budget des hôpitaux ? Et plus de recrutement  prévu de militaires que de soignants ?

- Qui se soucie de la casse de l’Office National des Forêts et de ses effets négatifs garantis sur l’avenir des forêts de l’hexagone ?

- Qui a fait attention à la casse de l’assurance garantie salaires, l’AGS ? Elle concerne 100 000 salariés par an qui voient, lorsqu’une entreprise est en faillite, leur salaire garanti, ils sont au premier rang des créanciers, maintenant ils sont au 10° rang, administrateurs, huissiers, et autres créanciers passent devant eux.

- Qui fait attention a l’achèvement de la médecine du travail ? Derrière un ANI (accord national interprofessionnel) négocié par la CFDT, la médecine du travail recule encore, remplace par la médecine du ville dont ce n’est ni la compétence ni la spécialité, c’est la loi Lecoq qui passe à l’Assemblée, personne ne débat de ce sale coup.

- Qui a noté cette aberration qu’est l’invention du « mentorat » : un système qui permet de verser 30 millions de plus aux grandes entreprises qui ont former un « collectif mentorat » pour envoyer 2 ou 3 jours par an, leurs cadres aller recruter les jeunes qui auront le profil patronal souhaité ?

- Qui fait attention à cet allongement de 45 à 90 jours de la rétention administrative des exiles et autres migrants, par ailleurs maltraités de façon indigne puisque Macron envoie ses policiers au petit matin, par moins 5° lacérer leurs toiles de tente ?

 

Et tout le reste est plus connu :

-      la « loi sécurité globale »  dénoncée de toutes parts mais qui restreint substantiellement nos libertés,

-      la loi « séparatisme » qui sert de couverture pour mener bataille de diversion contre les musulmans en alliance avec le RN de Le Pen,

-      la loi sur les retraites toujours dans les tiroirs,

-      la loi «climat » qui a vidé de son contenu le travail de la Commission citoyenne sur le Climat…

Sans doute le « pompon »est il dans l’opiniâtreté qui est la sienne d’imposer le 1erjuillet une « tuerie » contre les chômeurs, en baissant de 20 à 25 % leurs indemnités alors que le chiffre du chômage atteint 7 millions.

 

Mais avec le refus de la proportionnelle, du referendum populaire, de la reconnaissance du vote blanc tout cela va dans le même sens.
Depuis son bunker de l’Elysée, alors qu’il est archi minoritaire dans le pays, Macron, louvoie, ment, joue sur les mots, utilise ses anciens concepts à l’envers mais, derrière toute cette bouillie idéologique, il vise obstinément, férocement, toujours la même chose : casser tous les droits sociaux à la mode Thatchérienne, alimenter sans limites les immenses marges du CAC 40.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

l’UNEF vit, l’UNEF vivra

L’UNEF vit, l’UNEF vivra

Il y a quelques jours, des parlementaires de droite demandaient la dissolution de l’UNEF. Désormais c’est le ministre de l’Education nationale qui parle de « pente fasciste » pour qualifier son activité.

Quels seraient les actes justifiant ces attaques ? L’organisation épisodique de quelques groupes de paroles non-mixtes pour étudiants se sentant victimes de discriminations. Cette pratique intéresse, interroge, inquiète. Elle bouscule et fait débat.

Nous ne pouvons accepter que des députés proposent la dissolution de cette organisation. Nous ne pouvons encore moins admettre l’idée que l’UNEF soit renvoyée dos à dos avec un groupuscule d’extrême droite, condamné pour incitation à la haine raciale. Nous ne pouvons tolérer les propos d’un ministre qui banalisent le fascisme et participent ainsi à la confusion idéologique ambiante.

Militant.e.s, dirigeant.e.s, avec des diversités de parcours, nous avons été par le passé des acteurs engagés de cette organisation. L’idéal républicain, laïc et antiraciste a toujours été notre boussole, un idéal au service des intérêts sociaux et moraux de tous les étudiants. Au cours de ses 110 ans d’histoire, quelle qu’ait été la tendance dirigeante, l’UNEF a toujours été en tête des batailles relatives au budget de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle a su porter un discours anti-colonial dans une société française qui était loin d’y souscrire. Elle s’est engagée en mai 68, dans ce mouvement qui a conduit aux changements sociaux et moraux que nul ne conteste aujourd’hui. L’UNEF c’est aussi un mouvement décisif contre la sélection en 1986 et la mobilisation historique contre le CPE qui n’avait d’autre ambition que de précariser encore et encore, les jeunes de notre pays.

Signataires de ce texte, nous pouvons avoir des désaccords avec des positions de l’UNEF, mais qu’importe, nous pensons que l’UNEF, par son histoire et les valeurs issues de la Charte de Grenoble qu’elle incarne, a toute sa place dans le débat public.

A l’heure où les étudiant.e.s et la jeunesse sont particulièrement touchés par la pauvreté et la précarité, le gouvernement, se doit d’être à l’écoute des organisations représentatives des étudiants. Cette exigence nous paraît d’autant plus incontournable que nous avons tous, sous nos yeux, ces dizaines de milliers de jeunes qui basculent dans une précarité insupportable, renoncent à poursuivre leurs études abandonnant ainsi leurs projets d’avenir.

Aussi, nous condamnons l’outrance injurieuse des termes employés et nous opposons à toute volonté de dissolution d’une organisation de jeunesse telle que l’UNEF.

 

Liste des premiers signataires /
Tribune “ UNEF vit, UNEF vivra”
Indiquer dans cet ordre:
Prénom, Nom, Responsabilité dans l’UNEF, Années.
Association des anciens de l’UNEF, fondée en 1938
Pouria AMIRSHAHI, Président 1994-1998
Tania ASSOULINE, UNEF Secrétaire générale 2001-2003
Guillaume BALAS, Vice-Président UNEF-ID 1994-1995
Ugo BERNALICIS, adhérent UNEF 2008-2011
Tina BIARD, BN UNEF 2010-2012
Romain BOIX, LMDE Président 2015-2018
Florian BORG, avocat
Delphine BORGEL, avocate, PSA UNEF-ID Assas 1993-1997
Fanelie CARREY-CONTE, BN UNEF 2000-2005
Sébastien CHAILLOU, Trésorier National UNEF 2012-2013
Fabrice CHAMBON, BN UNEF 2001-2005
Arnaud CHAMPREMIER-TRIGANO Vice-Président UNEF-ID 1994-1997
Pascal CHERKI, BN UNEF-ID 1988-1993
Eric COQUEREL, adhérent UNEF-ID 1983-1988
Alexis CORBIERE, Vice-Président UNEF-ID 1987-1995
Pierre Cours-Salies, vice-président AGE de Toulouse, 1962-1967
Philippe DARRIULAT, Président UNEF-ID 1986-1988
Laure DELAIR, Vice-Présidente UNEF 2012-2014
Anne DELBENDE, UNEF Secrétaire Générale 2003-2006
Jacques DELPY, UNEF Vice-président 1955-1958
Emir DENIZ, UNEF Metz 2000-2002
Laurent DOUCET, UNEF-ID 1986-1989
Isabelle DUMESTRE, BN UNEF 2000-2005
Amandine ESCHERISCH BN UNEF 2012-2014
Valérie ESTOURNES, BN UNEF-ID 1991-1993
Vanessa FAVARO, LMDE Présidente 2012-2014
Laurent FAURE, Président de l’AGE UNEF-ID Montpellier 1983-1987
Sacha FEIERABEND, Secrétaire Général UNEF 2014-2017
Gérard FILOCHE président AGER-UNEF 1963 1969
Germain FILOCHE BN UNEF 2003-2006
Léa FILOCHE, UNEF BN 2001-2004
Damien FLAMAND, UNEF Nanterre 2004-2007
Gweltaz FRIGOUT, BN UNEF 1999-2003
Raquel GARRIDO, UNEF-ID BN 1994-1997
Olivier GIRARDIN,
Pierre-François GROND, BN 1987-1992
Stéphanie GOURDOL, BN UNEF 2002-2005
Mathieu HANOTIN, BN 2001-2005
Jean-Jacques HAZAN, BN UNEF ID 1977-1985
Frédéric HOCQUARD, BN UNEF ID 1993-1998
Jean-Jacques HOCQUARD Vice-Président 1960-1964
David HUYNH, BN UNEF
Vincent JAROUSSEAU, photographe
Samy JOSHUA, Professeur émérite Aix Marseille
Bastien LACHAUD, BN UNEF 2001-2003
Pierre KANUTY, BN UNEF-ID
Michel LANGROGNET BN UNEF  1961-1962
Patrice LECLERC, Président UNEF-SE 1986-1988
Thierry LECRAS, Vice-Président UNEF 2008-2010
Julie MANDELBAUM, Secrétaire Générale UNEF 2011-2014
William MARTINET, Président UNEF 2013-2016
Céline MARTINEZ, UNEF ID BN 1998-2001
Delphine Mayrargue VP Unef 1993
Jean-Luc MELENCHON, BN 1972
Anna MELIN, Secrétaire Générale 2008-2012
Pierre MERY, BN 2011-2014
Camille MICLOT, BN 2004-2007
Robi MORDER, UNEF ID BN 1979-1984
Cyril MOREL, BN 1990-1993
Lennie NICOLLET, Aix Marseille 2010-2011
Emmanuelle PARADIS, BN 1987-1994
Sébastien PARIS, Nanterre 1992-1998
Hélène PASQUIER, BN 2007-2009
Éric POLIAN, UNEF ID BN 1994-1999
Anaïg PIEDERRIERE, BN 2007-2010
Anne QUERRIEN Sc. Po Paris 1963-1966
Raphaëlle REMY-LELEU 2011-2013
Lise Ribeaud, Déléguée Générale de l’UNEF 2015-2016
Tiphain ROBERT, UNEF Lyon 2003-2009
Danilo ROSALES 1991-1993
Jean-Marc SALMON Secrétaire Général UNEF 1964
Michel SERAC, Président UNEF US 1971-1975
Daniel SHAPIRA, Vice-Président UNEF US 1971 1973
Denis SIEFFERT, UNEF US Président 1975
Daniel SIMONNET, UNEF ID BN 1989-1995
Benjamin STORA, militant UNEF, 1970-1976
Sophie TAILLE POLIAN, UNEF ID
Chloé TRIVIDIC, UNEF Nanterre 2003-2006
Georges TERRIER, UNEF ID BN 1982-1986
Alexandre THIEBAULT, Trésorier National UNEF 1999-2003
Benjamin VETELE, Vice-Président UNEF 2005-2007
Victor VIDILLES, Trésorier National UNEF 2006-2008
Marie-Pierre VIEU, UNEF SE Présidente 1994-1997
Xavier VUILLAUME, secrétaire général 1998-2001
Lauranne WITT, BN UNEF 2012-2015
Karel YON, UNEF ID BN 1997-2004
Jean-Claude ZANCARINI, UNEF 1966-1969
Michèle ZANCARINI-FOURNEL, UNEF Saint-Etienne 1964
Emmanuel ZEMMOUR, Président UNEF 2011-2014

Non à la dissolution de l’UNEF

Liste des signataires (Mise à jour: 21 mars 2021 17h00)

L’Association des anciens de l’UNEF, fondée en 1938, Pouria AMIRSHAHI, Président UNEF-ID 1994-1998, Xavier AKNINE, Président UNEF-SE1986-1988, Nicolas ASKEVIS, UNEF ID 1990-1995, Cyprien ASTIER, UNEF 2014, Frédéric AUGENDRE, UNEF ID Secrétaire général 1983-1986, Clementine AUTAIN UNEF SE 1991-1994, Gilles ALFONSI, UNEF 1989-1991, Tania ASSOULINE, Secrétaire générale UNEF 2001-2003, Sebastien BACHOLET UNEF-SE 1980-1983, Patrice BADARD, UNEF ID 1992-1998 ,Guillaume BALAS, Vice-Président UNEF-ID 1994-1995, Loic BASSINO, Secrétaire national UNEF 1991-1994, Mathieu BARBERIS, UNEF 2016-2018, Olivier BARBEROUSSE, PSA UNEF-ID 1986-1990, Johanna BARRASZ, UNEF 1993-1996, Emilie BELLIN, UNEF 2015-2016, Sarah BENICHOU UNEF ID 1993-1999, Ugo BERNALICIS, UNEF 2008-2011, Jean Pascal BERNARD, BN UNEF-ID 1993-1997, Céline BERQUER, UNEF ID, BN 1994-1997, Marie Noëlle BERTRAND UNEF Secrétaire générale, Nicolas BERTRAND, Secrétaire général UNEG 1989-1991, Tina BIARD, BN UNEF 2010-2012, Alexandre BILOUS 1964-1968, Sophie BINET, Vice Présidente UNEF 2007-2008, Nina BITOUN, UNEF ID Paris 1 1993-1998, Romain BLACHIER, UNEF 1995-2002, Frédéric BOCCARA, BN UNEF 1981-1985, Pascal BOISSEL, UNEF ID 1979-1982, Romain BOIX, LMDE Président 2015-2018, Frédéric BONNOT, UNEF-ID Trésorier National 1994-1999, Florian BORG, UNEF-ID, 1997-1999, Delphine BORGEL, PSA UNEF-ID 1993-1997, Frédéric BORRAS, UNEF-ID 1984-1988, Serge BOSC, FGEL 1964-1968, Amine BOUABBAS, UNEF 2004-2007, Jean-Marcel BOUGUEREAU, FGEL 1964-1968, Jean Baptiste BOURDELLON, BN UNEF 2012-2014, Emilie BOURDON, UNEF, 2016-2018, Gerard BOURGOIN FGEL 1963-1969, Gwenolé BUCK, UNEF 2005-2010, Gérard BRIANT, UNEF 1992-1996, Colombe BROSSEL UNEF ID 1989-1992, Mickaël BRUEL UNEF ID 1999 2000, Louis-Jean CALVET VP UNEF 1964-1965, Magali CAMPA, UNEF Secrétaire Générale 2016-2018, Franck CARBONNEL, FNEMS UNEF 1980-1985, Pierre-Alain CARDONA, UNEF ID 1994-1995, Fanélie CARREY-CONTE, BN UNEF 2000-2005, Philippe CASIER, BN UNEF-ID, Christophe CASTAING, BN UNEF ID 1981-1985, Sébastien CHAILLOU, Trésorier National UNEF 2012-2013, Fabrice CHAMBON, BN UNEF 2001-2005, Arnauld CHAMPREMIER-TRIGANO Vice-Président UNEF-ID 1994-1997, Claudine CHAPRON, UNEF 1984-1989, Vincent CHARBONNIER, UNEF-ID, 1990-1993, Julian CHARTON, UNEF BN 2012-2015, Magalie CHASTAGNER, Secrétaire national UNEF 1999-2002, Norbert CHAZAUD, UNEF BN 1979-1983, Pascal CHERKI, BN UNEF-ID 1988-1993, Théo CHEVALLIER BN UNEF 2014-2016, Chahra CHIBATI, UNEF 2006-2009, Mélanie COLLET, UNEF 2003-2006, Eric COQUEREL, UNEF-ID 1983-1988, Alexis CORBIERE, Vice-Président UNEF-ID 1994-1995, Sergio CORONADO UNEF ID 1992-1994, Annie COUEDEL 1962-1966, Aliaume COUCHARD, UNEF 2011-2013, Jean Francçois COURTILLE, BN UNEF 1987-1988, Joëlle COULON, UNEF 1962-1964, Pierre COURS-SALIES, UNEF 1962-1967, Cendrine DALLET, UNEF ID 1995-2000, Pierre DARDOT, UNEF-ID, 1980-1986, Olivier DARONNAT Secrétaire Général UNEF ID 1994-1997, Philippe DARRIULAT, Président UNEF-ID 1986-1988, Caroline DE HAAS, Secrétaire générale UNEF 2007-2009, Pierre DEJEAN, UNEF 1968-1970, Laëtitia DEKNUDT, UNEF ID BN 1981-1984, Laure DELAIR, Vice-Présidente UNEF 2013-2015, Anne DELBENDE, Secrétaire Générale UNEF 2003-2006, Karine DELPAS, Présidente de l’UNEF 1997-2000, Stéphane DELPEYRAT, UNEF-ID 1986-1988, Jacques DELPY, Secrétaire général UNEF 1955-1957, Emir DENIZ, UNEF 2000-2002, Clémence DOLLE, UNEF BN 2018-2020, Laurent DOUCET, UNEF-ID 1986-1989, Maryse DUMAS, BN UNEF 1972-1976, Isabelle DUMESTRE, BN UNEF 2000-2005, Tifen DUCHARNE, BN UNEF  1993-1999, Capucine EDOU, UNEF ID BN 1995-1999, Julie EL MOKRANI TOMASSONE, BN UNEF 2013-2016, Annie ERNAUX 1960-1964, Amandine ESCHERICH, BN UNEF 2012-2014, Magali ESCOT, UNEF-ID 1992-1996, Valérie ESTOURNES, BN UNEF-ID 1991-1993, Gwenaelle EVIN, UNEF ID 1989-1997, Vanessa FAVARO, LMDE Présidente 2012-2014, Luis FAVRE, UNEF US 1975-1979, Laurent FAURE, UNEF-ID 1983-1987, Sacha FEIERABEND, Secrétaire Général UNEF 2014-2017, Gérard FILOCHE, UNEF 1968, Germain FILOCHE, BN UNEF 2005-2009, Léa FILOCHE, BN UNEF 2001-2004, Damien FLAMENT, UNEF 2004-2007, Astrid FRANCOIS-HIGELE, UNEF ID 1995-1998, Gweltaz FRIGOUT, BN UNEF 1999-2003, Laurent GARROUSTE, BN UNEF-ID 1987-1995, Raquel GARRIDO, BN UNEF-ID 1994-1997, Frédéric GENEVEE, UNEF 1986-1988, Dominique GERARDIN FGEL 1963-1967, Olivier GIRARDIN, Secrétaire général UNEF 1993-1994, Lionel GIRAUD UNEF ID 1995-2001, Nicolas GIRAUD, UNEF ID 1982-1988, Brice GIRAUDET, UNEF 2012-2014, Pierre-François GROND, BN 1987-1992, Stéphanie GOURDOL, BN UNEF 2002-2005, Juliette GRIFFOND, BN UNEF 2006-2009, Thibaut GUINE, UNEF 2014-2017, Nordine HATI UNEF ID 1995-2000, Benoît HAMON, 1986-1990, Mathieu HANOTIN, BN UNEF 2001-2005, Jean-Jacques HAZAN, BN UNEF-ID 1977-1985, Carole HAZE, BN UNEF-ID 1995-1998, Jean-Pascal HIGELE, UNEF ID, 1997-1998, Frédéric HOCQUARD, BN UNEF-ID 1993-1998, Jean-Jacques HOCQUARD Vice-Président 1960-1964, Farid HOUSNI, UNEF, 2000-2006, David HUYNH, BN UNEF 2001-2005, Guillaume HOIBIAN, BN UNEF 1988-1990, Bob INJEY, Président UNEF 1992-1994, Laurent JACQUEMIN, BN UNEF-ID, 1987-1991, Pauline JAGU- DAVID, BN 2012-2015, Charly JANODET, BN UNEF 2010-2012, Vincent JAROUSSEAU, Mila JEUDY BN UNEF 2004-2008, Babette JOSHUA 1963-1964, Samy JOSHUA, UNEF 1963-1964, Régis JUANICO, UNEF ID 1990-1996, Laurent KANDEL, UNEF 1984-1991, Pierre KANUTY, UNEF-ID 1990-1995, Gaëlle KERGUTUIL, UNEF 2005-2008, Nicolas KHALETZKY UNEF ID 2001-2002, Anne KOROBELNIK UNEF BN 1993-1995, Pierre Henri LAB, UNEF 1996-1999, Jean LABIB UNEF 1965, Fabrice LABROILLE UNEF ID 1996-2000, Bastien LACHAUD, BN UNEF 2001-2003, Laurent LALIBERTE, UNEF ID, 1987-1991, Mathieu LAPPRAND, BN 1999-2002, Malik LARABI BN UNEF-ID 1983-1987, Lilà Le BAS, UNEF Présidente 2016 2019, Sylviane LEJEUNE, UNEF, 1979-1981, Patrice LECLERC, Président UNEF-SE 1986-1988, Thierry LECRAS, Vice-Président UNEF 2008-2010, Alex LEGROS, UNEF ID 1987-1992, Didier LEVY, UNEF-UGE  1966-1970, Isabelle LORAND, UNEF 1986, Marianne LOUIS, UNEF ID 1989-1985, Silvère MAGNON, Secrétaire général UNEF 1998-2000, Emmanuel MAHEU UNEF 1976-1978, Joëlle MALVY BN UNEF-SE 1984 1986, Julie MANDELBAUM, Secrétaire Générale UNEF 2011-2014, Nathalie MAQUOI, UNEF 1997-2001, Raoul MARMOZ  UNEF-ID 1989-1996, Bastien MARCHINA, UNEF 2003-2011, Myriam MARTIN, UNEF-ID 1987-1993, William MARTINET, Président UNEF 2013-2016, Céline MARTINEZ, UNEF ID BN 1998-2001, Présidente de l’Association des Anciens de l’UNEF., Laurent MAUDUIT, Secrétaire général UNEF US 1975, Marianne MAXIMI, UNEF 2008-2011, Delphine MAYRARGUE, Vice-Présidente UNEF ID 1993, Jean-Luc MELENCHON, UNEF 1972, Anna MELIN, Secrétaire Générale UNEF 2008-2012, Olivier MEIER, UNEF 1988-1992, Nicolas MERIGOT, BN UNEF 2009-2015, Jean-Claude MERLE,  Vice-Président UNEF 1962-1963, Pierre MERY, BN UNEF 2011-2014, Camille MICLOT, BN UNEF 2004-2007, Franck MILLOT, BN UNEF-ID 1993-1994, Alain MONCHABLON, FGEL 1966-1967, Robi MORDER, UNEF ID BN 1980-1984, Cyril MOREL, BN 1990-1993, Nicolas MORVAN, UNEF ID, 1996-1998, Adeline NOURY, UNEF-ID 1999-2001, Lennie NICOLLET, UNEF 2010-2011, Florence OSTIER, UNEF 1977-1982, Emmanuelle PARADIS, BN UNEF-ID 994, Sébastien PARIS, UNEF 1992-1998, Yvan PAVIS, UNEF ID 1979-1985, Hélène PASQUIER, BN UNEF 2007-2009, Isabelle PAUTRAT, BN UNEF 1988-1991, Malvina PELAY, BN UNEF 2009-2012, Antoine PELLETIER, BN UNEF 2002-2005, Loïc PEN, Sécrétaire général UNEF 1992-1994, Mao PENINOU, BN UNEF-ID 1986-1993, Morand PERRIN, BN UNEF 2010-2012, Thomas PEREZ-VITORIA, BN UNEF ID 1991-1996, Raphael PEREZ, UNEF 1977-1979, Bertrand PERISSE, UNEF ID 1980-1982, Delphine PETIT, UNEF SE 1990-1994, Bernard PIGNEROL, UNEF ID Paris 1, Regis PIQUEMAL President UNEF-SE 1984-1986, Éric POLIAN, UNEF ID BN 1994-1999, Jean-Claude POLACK UNEF 1961-1962, Anaïg PIEDERRIERE, BN UNEF 2007-2010, Anne QUERRIEN, UNEF 1963-1966, Ali RABEY, UNEF 2003-2007, Pauline RAUFASTE, UNEF Vice présidente 2016-2018, Judith RAYMOND QUENTEL, UNEF 1988-1984, Patrick RAYNAL UNEF 1967-1968, Jacques REMY FGEL 1963-1964, Raphaëlle REMY-LELEU, 2011-2013, Eléonore REAL BN UNEF-ID 1994-2000, Lise RIBEAUD, Déléguée Générale de l’UNEF 2015-2016, Hervé RIGAUD, UNEF ID 1982-1985, Tiphain ROBERT, UNEF 2003-2009, Olivier ROUGIER, BN UNEF 2001-2005, Jean-Claude ROURE, Président UNEF 1962-1963, Danilo ROSALES, 1991-1993, Marc ROZENBLAT, Président de l’UNEF ID 1984-1986, Jean-Marc SALMON, Secrétaire Général UNEF 1964, Agnès SAURAT, UNEF 1985-1988, Elsa SEYS, BN UNEF-ID 1996-1998, Michel SERAC, Président UNEF US 1971-1975, Sayna SHAHRYARI, BN UNEF 2010-2013, Daniel SHAPIRA, Vice-Président UNEF US 1971-1975, Sylvie SCHERRER, BN UNEF ID 1986-1991, Eric SCHULTZ, UNEF 1992-1997, Denis SIEFFERT, Président UNEF US 1975-1978, Danielle SIMONNET, UNEF ID BN 1989-1995, Louis SOUCHIERE, BN UNEF 2014-2015, Antony SMITH, BN 1994-1997, Benjamin STORA, UNEF, 1970-1976, Philippe STIERLING, 1984-1986, Gabriel SZEFTEL, BN UNEF 2005-2008, Aurélien TACHE, UNEF 2006-2010, Sophie TAILLE POLIAN, UNEF ID, Jean François·TEALDI,, Leyla TEMEL, BN 2005-2006, Emmanuel TERRAY Cartel ENS 1956-1961, Georges TERRIER, BN UNEF ID 1982-1986, Laurent TERK, UNEF ID 1979 1985, Guillaume TESTA, BN UNEF ID 1996-1998, Marie-Noëlle THIBAULT FGEL 1960-1966, Alexandre THIEBAULT, Trésorier National UNEF 1999-2003, Isabelle THOMAS, Vice présidente de l’UNEF ID 1986, Mijo THOMAS, BN UNEF 1969-1970, Chloé TRIVIDIC, UNEF 2003-2006, Didier TZWANGUE UNEF ID 1980-1981, Antoine VALBON, BN UNEF 1981-1985, Benjamin VETELE, Vice-Président UNEF 2005-2007, Victor VIDILLES, Trésorier National UNEF 2006-2008, Marie-Pierre VIEU, UNEF SE Présidente 1994-1997, Frédéric VIGOUROUX, BN UNEF, 2001-2005, Jean VIGREUX UNEF-ID 1982-1986, WAHL Thierry, UNEF Renouveau, 1978-1979, Lauranne WITT, BN UNEF 2012-2015, Karel YON, UNEF ID BN 1997-2004, Jean-Claude ZANCARINI, UNEF 1966-1969, Michèle ZANCARINI-FOURNEL, UNEF 1964, Laurent ZAPPI BN UNEF-ID 1980-1982, Emmanuel ZEMMOUR, Président UNEF 2011-2014

 

Non à la dissolution de l’UNEF

Il y a quelques jours, des parlementaires de droite demandaient la dissolution de l’UNEF. Désormais c’est le ministre de l’Education nationale qui parle de « pente fasciste » pour qualifier son activité.

Quels seraient les actes justifiant ces attaques ? L’organisation de quelques groupes de paroles non-mixtes pour les étudiant.e.s victimes de discriminations. Cette pratique intéresse, interroge, inquiète. Elle bouscule et fait débat.

Nous ne pouvons accepter que des députés proposent la dissolution de cette organisation. Nous ne pouvons encore moins admettre l’idée que l’UNEF soit renvoyée dos à dos avec un groupuscule d’extrême droite, condamné pour incitation à la haine raciale. Nous ne pouvons tolérer les propos d’un ministre qui banalisent le fascisme et participent ainsi à la confusion idéologique ambiante.

Militant.e.s, dirigeant.e.s, avec des diversités de parcours, nous avons été par le passé des acteurs et actrices engagé.e.s de cette organisation. L’idéal émancipateur, républicain, laïque, antiraciste et féministe a toujours été notre boussole, un idéal au service des intérêts sociaux et moraux de tous les étudiant.e.s. Au cours de ses 110 ans d’histoire, quelle qu’ait été la tendance dirigeante, l’UNEF a toujours été en tête des batailles relatives au budget de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle a su porter un discours anti-colonial dans une société française qui était loin d’y souscrire. Elle s’est engagée en mai 68, dans ce mouvement qui a conduit aux changements sociaux et moraux que nul ne conteste aujourd’hui. L’UNEF, c’est aussi un mouvement décisif contre la sélection en 1986 et la mobilisation historique contre le CPE qui n’avait d’autre ambition que de précariser encore et encore, les jeunes de notre pays.

Signataires de ce texte, pour certain.e.s avec des désaccords parfois profonds avec des pratiques et des orientations syndicales et idéologiques de l’UNEF, nous pensons que, par son histoire et les valeurs issues de la Charte de Grenoble qu’elle incarne, l’UNEF a toute sa place dans le débat public.

A l’heure où les étudiant.e.s et la jeunesse sont particulièrement touchés par la pauvreté et la précarité, le gouvernement se doit d’être à l’écoute des organisations représentatives des étudiant.e.s. Cette exigence nous paraît d’autant plus incontournable que nous avons sous nos yeux, ces dizaines de milliers de jeunes qui basculent dans une précarité insupportable, renoncent à poursuivre leurs études abandonnant ainsi leurs projets d’avenir.

Aussi, nous condamnons l’outrance injurieuse des termes employés et nous opposons à toute volonté de dissolution d’une organisation de jeunesse telle que l’UNEF.

Pour signer le texte: contact@aaunef.fr