30 des pires déclarations d’Emmanuel Macron : « la politique c’est mystique »

 

1. « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »

2. « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »

3. « Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »

4. « Il y a dans cette société (Doux) une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. »

5. « Le libéralisme est une valeur de gauche »

6. « Les salariés français sont trop payés » « Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »

7. « Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »

8. « Je n’aime pas ce terme de modèle social. »

9. « Être élu est un cursus d’un ancien temps. »

10. « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »

11 « Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher »

12 Je dis aux jeunes : « ne cherchez plus un patron cherchez des clients »

13 « La France est en deuil d’un roi »

14 « Je suis pour une société sans statuts »

15 « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants »

16 « Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés »

17 : Il qualifie ceux qui, au sein du PS, s’opposent à sa loi (308 articles réactionnaires dont le travail le dimanche, de nuit, ou la privatisation du don du sang) de « foyer infectieux » ou de « fainéants ». « Je pense qu’il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. »

18 : « Chaque candidat qui sera investi signera, avec moi, le contrat avec la Nation. Il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, à soutenir notre projet. » « Pas de frondeurs » ( l’article 27 de la loi fondamentale dispose que  »tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel »)

19 : Finie la protection sociale basée sur le salaire. Macron propose ainsi un transfert géant de 450 milliards de cotisations sociales du salaire brut payé par le capital (eux) sur celui de l’état payé par l’impôt (nous).

20 : « Je vais faire un CICE durable »

21 : « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains »

22 : « Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs »

23 : « Il n’y a pas de culture française »

24 : « Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires c’est une nécessité » (à Davos !)

25 : « La gauche classique est une étoile morte. L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est »

26 : « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur » d’une campagne électorale » « la politique, c’est mystique »

27 : « 35 h pour un jeune, ce n’est pas assez »

28 : « Je vous ai compris » dit-il aux pieds-noirs à Toulon

29 : « Il n’y a pas de culture française mais des cultures »

30 : « La politique c’est mystique »

 

 

Jusqu’au bout pour l’unité de la gauche

Bonjour à tou-te-s, 

Nous avons été près de 1100 personnes à participer aux 18 rassemblements organisés la semaine dernière partout en France. C’est un joli début pour le mouvement citoyen naissant que nous sommes et nous pouvons faire mieux !

Parce que nous restons déterminé-e-s à obtenir une union de la gauche et des écologistes dès les présidentielles, nous lançons un NOUVEL APPEL A MOBILISATION le SAMEDI 11 MARS.

Samedi, soyons encore plus nombreux ! Montrons que le peuple de gauche est encore debout et ne se résigne pas à être éliminé dès le premier tour des présidentielles.

Rejoignez-nous lors des rassemblements prévus aux quatre coins de la France !

ALBI : samedi 11 mars – Place du Vigan – 10:00
https://www.facebook.com/events/605164406349607/

ANGERS : samedi 11 mars – Place du Ralliement – 15:00
https://www.facebook.com/events/661123297421373/

AVIGNON : samedi 11 mars – Place de l’Horloge – 11:00
https://www.facebook.com/events/420991334908623/

BORDEAUX : samedi 11 mars – Place Pey-Berland – 14:00
https://www.facebook.com/events/400400636980427/

CHAMBERY : samedi 11 mars – place St Léger – 11:00
https://www.facebook.com/events/1418720128160663/

CLERMONT-FERRAND : samedi 11 mars – place de Jaude – 17:00
https://www.facebook.com/events/1442973452441462/

LILLE : sam 11 mars – Place du Vieux Marché aux Chevaux – 13:00
https://www.facebook.com/events/276525812785307/

LYON : samedi 11 mars – Place de la Comédie – 16:30
https://www.facebook.com/events/1017352928424352/

NICE : samedi 11 mars – Place de Garibaldi – 14h30
https://www.facebook.com/events/2097770230449432/

MARSEILLE : samedi 11 mars – L’ombrière du Vieux Port – 13:00
https://www.facebook.com/events/1346412305382292/

MONTPELLIER : samedi 11 mars – Place de la Comédie – 15:00
https://www.facebook.com/events/638934432957445/

PARIS : samedi 11 mars – Place de la République – 14:00
https://www.facebook.com/events/258687497917870/

TARBES : jeudi 9 mars – avenue Joffre – 18:30
https://www.facebook.com/events/181355342362000/

TOULOUSE : samedi 11 mars – Place du Capitole – 14:00
https://www.facebook.com/events/1917009345198291/

TOURS : samedi 11 mars – Place Jean Jaurès – 14:00
https://www.facebook.com/events/1406465086094986/

AUTRES VILLES :
Des initiatives citoyennes naissent chaque jour. Depuis l’envoi de ce message, un rassemblement s’est peut-être ajouté près de chez vous ! Vérifiez-le ici :
https://www.facebook.com/events/1449968668360950/

Pas de rassemblement dans votre ville ?
Nous pouvons vous aider à organiser votre propre rassemblement, contactez-nous ici :
https://www.facebook.com/1maispas3/?fref=ts

Montrons-leur que le peuple de gauche est debout et déterminé !

L’équipe de #1maispas3.

Dans le puzzle du « programme » Macron il reprend la vieille lune d’aligner les régimes de retraite public et privé : ils le sont déjà – et de supprimer celles des conventions collectives qui avantage les métiers durs

le prédicateur Macron reprend l’idée de supprimer les conventions collectives qui donnent des avantages retraites aux métiers durs physiquement er mentalement. par exemple les éboueurs dont l’espérance de vie moyenne est de 58 ans…

 

pour chaque euro cotisé, un équivalent en euro de retraité, c’est l’aggravation confirmée des inégalités de la vie à la mort…

 

 

 

 

reprise ci dessous d’un article de 2007 sur ce sujet…

 

déjà en 2010 les régimes spéciaux de retraites (salariés de la SNCF, de la RATP, d’EDF-GDF) se sont trouvé confrontés à un véritable tir de barrage. C’était avec fillon. Macron remet cela

sachons tous que ces « régimes spéciaux » sont en général des conventions collectives  de branche qui donnent des avantages aux métiers qui ont su et pu les négocier. Macron qui prétend renvoyer le droit du travail et social « aux branche et entreprises » veut supprimer ce que les branches ont négocié et signé en matériel de retraite pour une uniformisation malvenue. La différence d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre est de 7 ans en moyenne; L’espérance de vie en bonne santé recule depuis dix ans que les départs en retraite ont été repoussés, de 63 à 62 ans.

vieilles lunes de Macron

François Fillon affirmait des 2007 qu’il faudra réformer ces régimes de retraite « dès le début de la prochaine législature ». Pour la Cour des comptes, il fallait leur imposer « les principes prévus par la loi de 2003 ».

de Villepin, plus conscient, était contre : le promoteur du CNE et du CPE appelait, en effet, « à ne pas monter certains Français contre d’autres » !

Querelle tactique et accord sur le fond

L’opposition entre Fillon et de Villepin relevait de la tactique politicienne. Fillon voulait embarrasser de Villepin au moment du débat sur la fusion Suez-GDF. De Villepin ne voulait surtout pas que de l’huile soit jetée sur le feu.

Mais, sur le fond, il n’y a aucune illusion à se faire : ils cherchaient à réformer les régimes spéciaux de retraites c’est à, dire a casser les conventions collectives en vigueur sur ce sujet

Horace et les Curiaces

Jean-Louis Debré (président UMP de l’Assemblée Nationale) posait une question intéressante à François Fillon : « Pourquoi lorsqu’il était ministre, n’a-t-il pas fait une réforme des régimes spéciaux ? »

La réponse est simple : il fallait diviser le salariat pour pouvoir l’affronter sur un sujet aussi sensible que les retraites.

Horace choisissait d’attaquer l’un après l’autre chacun des trois Curiaces : le secteur privé, la fonction publique, les régimes spéciaux.

En 1993, Balladur avait commencé à la besogne en s’attaquant aux retraites des salariés du secteur privé (40 ans de cotisations, retraite calculée sur les 25 meilleurs années et non sur les 10…)

En 1995, Juppé, s’appuyant sur l’inégalité créée par Balladur entre salarié du privé et du public s’attaquait, au nom de l’égalité, à la retraite des fonctionnaires et aux régimes spéciaux. L’énorme mobilisation de novembre-décembre 1995 l’obligeait à reculer. Fillon en a tiré les leçons : en 2003, il ne s’est attaqué qu’aux seuls fonctionnaires.

Macron en rajoute une louche, il reste 25 conventions collectives avantageuses pour certains catégories de travailleurs, il  estime maintenant qu’il est temps d’en finir avec tous ces   »régimes dits spéciaux », au nom d’une conception de l’ « égalité », qui est celle du nivellement par le bas.

En 1995 les salariés du public ont défendu les intérêts de tous les salariés

En 1995, les salariés de la fonction publique, ceux de la SNCF, d’EDF-GDF, de la Ratp ont été accusés de défendre des « intérêts corporatistes ».

En réalité, en défendant leurs propres retraites, ils ont défendu les retraites de tous les salariés, du privé comme du public. Pendant 8 ans, aucun gouvernement n’a osé remettre en cause les retraites dans le public mais aussi dans le privé. Il n’était pas possible, en effet, d’exiger des salariés du privé une augmentation de leur durée de cotisation tant que les salariés du public bénéficiaient de 37,5 années et demie.

Mais en 2003, Fillon ne s’est pas contenté d’obliger les salariés du public à cotiser 40 annuités. Dès 2008, la loi qu’il a fait voter, augmentera d’un trimestre par an ans la durée de cotisation dans le privé et dans le public. Les 45 annuités préconisées par le Medef sont en bonne voie.

Pourquoi les salariés sont-ils les seuls visés ?

Curieusement, le tir de barrages contre les régimes spéciaux de retraites ne vise que les salariés. Pourtant, au nom de l’ « égalité », il existerait d’autres cibles.

Les « retraites chapeaux », tout d’abord. Elles sont financées à grands frais par les entreprises et permettent à bien des dirigeants d’entreprise de bénéficier d’une retraite approchant souvent de très près leur salaire d’activité. Ce sont autant de sommes qui sont détournés de l’augmentation des cotisations retraites patronales et qui nuisent à l’équilibre des régimes de retraite des salariés du secteur privé.

Ensuite, les transferts entre régimes de retraite, ce qu’on appelle la « compensation ». Ils se font au détriment des régimes de salariés et au profit des régimes de non-salariés (agriculteurs, professions indépendantes, commerçants, professions libérales…).

En quoi est-ce acceptable alors que ces professions paient des cotisations nettement inférieures à celle des salariés (cotisations salariés + cotisations employeurs) et ont toujours refusé un alignement de leurs cotisations sur celles des salariés ?

si on veut égaliser il faut le dire : tous à la même sécu, tous aux mêmes caisses de retraite par répartition,

Un enjeu financier au total peu important

Il s’opère, tout d’abord,une confusion entre les régimes spéciaux de retraite des trois Fonctions publique (Etat, collectivités territoriales, hôpitaux) et les régimes spéciaux de la SNCF, de la RATP, d’EDF-GDF, des mines. Or, seuls ces derniers sont concernés puisque les trois fonctions publiques ont été au nombre des victimes de la loi Fillon de 2003. L’enjeu est donc beaucoup moins important que ce qui est suggéré.

La Cour des comptes précise, ensuite, qu’il faut réformer ces régimes « en raison des perspectives démographiques » : le nombre de retraités augmente et le nombre de cotisants diminue. C’est un argument un peu court car il ne prend pas en compte les causes de cette évolution démographique. La cause fondamentale de cette évolution est pourtant évidente : la dégradation du service public et le fait que depuis plus de 20 ans, les embauches nécessaires à un fonction correct du service public n’ont pas été effectuées. Il est donc normal que la solidarité nationale intervienne pour financer les retraites de ces régimes. Si tel n’était pas le cas, quel serait le sort des mineurs retraités

Enfin, lorsque l’on analyse la question des retraites, il est nécessaire d’envisager l’avenir, de faire un peu de prospective.

En effet, si la situation démographique des régimes spéciaux n’est pas très favorable aujourd’hui il n’en sera pas de même dans 20 ans. A condition, toutefois que cesse la dégradation du service public. Car la diminution des embauches depuis plus de 20 ans se traduira par une diminution des départs en retraite en 2025.

Aujourd’hui, il y a environ 500 000 retraités (certains ne bénéficiant, d’ailleurs, que de pensions de réversion) relevant des régimes spéciaux pour un total de 12 millions de retraités, soit 4,2 %. En 2025 les chiffres seront tout à fait différents : environ 300 000 pour environ 18 millions de retraités, soit 1,6 % du total.

Alors pourquoi tant de bruit pour si peu ?

Parce que la droite veut briser les reins de ceux qui ont été le fer de lance des mobilisations de salariés en 1995 et en 2006, 2010 et meme un peu en 2013. C’est aussi l’un des buts des privatisations, même si ce n’est pas le plus important.

Parce que la droite veut aller au-delà de l’allongement d’un trimestre par an de la durée de cotisation et aller le plus rapidement possible vers une retraite à taux plein pour 45 années de cotisation.

L’article 5 de la loi Fillon 2010 lui permet très clairement d’agir ainsi.

Mais, sans augmenter les cotisations (ce que le Medef lui interdit) il ne sera pas possible d’équilibrer le financement des régimes de retraite par répartition.. Cela ne sera possible politiquement que quand aura sauté l’ultime verrou symbolique des 37,5 années de cotisation dans les régimes spéciaux.

en 2017, Fillon veut aller à la retraite à 65 ans et 70 ans a taux plein

Pourquoi pas un seul régime de retraite ?

La question est judicieuse.

Mais il faudrait d’abord la poser au gouvernement qui, avec la loi Fillon, a fait le lit des fonds de pension et mis à mal la possibilité d’un seul régime unifié de retraite par répartition.

Il faudrait ensuite la poser à tous les non-salariés qui ont toujours refusé l’intégration à un régime qui les obligerait à aligner leurs cotisations sur celle du salariat.

Il faudrait, enfin, prendre en compte le fait que EDF-GDF et la RATP ont commencé à intégrer (adosser) les retraites de leurs salariés au régime général. Cette intégration a amené le versement d’une soulte par les entreprises concernées, afin de compenser le transfert de charges.

L’égalité des droits : oui, mais comment ?

Il reste cependant une question de fond : pourquoi  les salariés d’EDF, la SNCF, la RATP pourraient-ils profiter de conditions de départ en retraite qui seraient plus avantageuses que celles des salariés du privé ou des trois fonctions publiques ?

Les salariés des entreprises visées ont la possibilité de partir en retraite à 55 ans, voire à 50 ans. Ils cotisaient 37,5 années encore en 2007 contre 40 dans les autres secteurs. Leurs retraites sont calculées sur le dernier salaire.  Est-ce acceptable au regard du sort imposé aux salariés du privé ou de la Fonction publique ?

Que 18 000 agents de conduite de la Sncf (10 % des agents de la Sncf) puissent prendre leur retraite à 50 ans ne paraît pas scandaleux au regard de la nature de leur métier et de la sécurité des usagers. D’ailleurs, les militaires peuvent la prendre bien avant cet âge mais ne font pas l’objet d’une attention aussi soutenue. Ce qui est regrettable, par contre, c’est que la pénibilité du travail et la sécurité (des usagers de la route par exemple) ne soient pas prise en compte dans le secteur privé.

Que les 160 000 autres agents de la Sncf puissent partir à 55 ans correspond au versement de cotisations retraites beaucoup plus élevées que dans le secteur privé. En 2000, ces cotisations s’élevaient à 26 % de son salaire pour un salarié du privé (régime général et ARCCO) mais à 36 % de son salaire pour un salarié de la Sncf. Une partie de ces 36 % est  certes payés par l’Etat mais c’est aux dépens d’un salaire direct plus élevé. Il faut savoir également que le départ en retraite à 55 ans n’est pas du tout synonyme de retraite à taux plein. En effet, l’âge d’embauche a continuellement reculé : de 18 ans il y a 40 ans  à 24/25 ans en moyenne aujourd’hui. Très peu de cheminots bénéficieront donc, dans ces conditions d’un nombre d’annuités suffisantes pour bénéficier d’une retraite à taux plein à l’âge de 55 ans.

Leur retraite est calculée sur leur dernier salaire. Mais ce ne serait certainement pas une bonne solution pour les salariés du privé : à la différence du public, un salaire peut considérablement régresser au cours de cette dernière année. La vraie égalité avec les salariés du public serait de revenir au calcul de la retraite sur la base des 10 meilleures années.

Les salariés relevant des régimes spéciaux peuvent bénéficier d’une retraite à taux plein au bout de 37,5 années de cotisation. Alors qu’il faut 40 annuités pour les salariés du privé. Alors qu’il faudra (dans le meilleur des cas) ajouter un trimestre par an à ces 40 annuités à partir de 2008 aussi bien pour les salariés du privé que pour ceux des trois fonctions publiques.

Il n’y a donc pas égalité. Mais tout le problème est de savoir comment établir cette égalité.

Mais cela n’aura aucun sens tant que sévira le chômage de masse et que différer le départ à la retraite obligera des centaines de milliers de jeunes à rester au chômage.

Cela n’aura aucun sens, non plus, tant que la durée moyenne d’une carrière dans le secteur privé sera, comme aujourd’hui, égale à 42 ans.

Dans les conditions actuelles, en effet, obliger les salariés du privé à cotiser au-delà de 42 vers 43 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein relève d’un déni de réalité, d’une volonté de faire chuter dramatiquement le niveau des retraites sans oser l’avouer. Le patronat licencie à tour de bras les salariés de plus de 50 ans et le gouvernement  vient de supprimer le seul frein à cette frénésie : la contribution Delalande qui obligeait à verser entre 8 et 12 mois de salaire pour le licenciement d’un salarié âgé. De plus en plus de salariés du privé (notamment les femmes) partent avec des retraites amputée, de plus en plus proches du minimum vieillesse. Ils seront sans doute la majorité dans 30 ans. Certes, l’égalité est nécessaire. Mais la seule égalité possible, aujourd’hui, si l’on ne veut pas baisser le niveau des retraites, c’est les  40  annuités, dans le privé comme dans le public (fonction publique et régimes « spéciaux »).

La retraite dans le privé avec 25 années de cotisations, et dans le public calculée sur les 6 derniers mois sans prime, cela revient a peu près au même.

Si le calcul se faisait sur les 25 meilleures années dans le public, primes incluses, elles seront plus élevées.

Comment financer les retraites ?

L’alignement des régimes spéciaux de retraites sur les autres régimes de retraite des salariés ne concernerait que 1,6 %  des retraités en 2025. Il serait donc, de toute façon, parfaitement vain d’attendre de cette réforme une solution au financement des retraites. .

C’est pourquoi il est nécessaire de revenir sur la question du financement des retraites. C’est là que se situe la clé du problème. La réforme Fillon ne créait pas de nouvelles ressources pour les retraites. Pour cette loi, l’équilibre financier sera le produit de l’allongement de la durée de cotisation et de la baisse du montant des retraites.

Ce qui signifie que dans 30 ans, vieillesse et pauvreté redeviendront synonymes pour la majorité des salariés en retraite, comme il y a 40 ans !

Pourtant, selon le Conseil d’Orientation des Retraites et le rapport Charpin avait calculé qu’il était possible de maintenir le niveau des retraites à condition d’augmenter les cotisations retraites de 15 poins en 40 ans. Cela représente une augmentation de 0,38 point par an. A part le Medef, qui peut prétendre qu’une augmentation de 0,25 point pour les cotisations patronales et de 0,13 points pour les cotisations salariales serait insupportable ? C’est, au contraire, non seulement possible mais souhaitable. Cela serait possible car cela n’empêcherait ni les profits ni les salaires directs d’augmenter. Cela permettrait de financer des retraites égales à 75 % du salaire et (en augmentant plus rapidement le taux des cotisations patronales) de commencer à répartir autrement les richesses. Cela permettrait de commencer à reprendre au capital les 160 milliards d’euros annuels gagnés par les profits au détriment des salaires au cours des 25 dernières années.

L’égalisation des retraites se ferait alors par le haut et non par le bas comme le veulent le gouvernement et le Medef.

Gérard Filoche (Jean-Jacques Chavigné )

 

 

 

20′ : l’unique événement qui permettrait de dépasser Macron et Fillon serait l’unité de la gauche Hamon Jadot Mélenchon

INTERVIEW dans 20′

Gérard Filoche: « S’il n’ y a pas d’accord Hamon-Mélenchon, la présidentielle est perdue »

MIS À JOUR LE 27/02/17 À 15H43

Pour l’ancien inspecteur du travail membre du PS, une entente est toujours possible avec Jean-Luc Mélenchon…

 

Après l’accord entre Yannick Jadot et Benoît Hamon, le candidat EELV se désistant au profit du socialiste, les regards étaient tournés à gauche vers Jean-Luc Mélenchon. Ou plutôt vers ce restaurant chilien du 20e arrondissement de Paris où les deux champions du PS et de La France insoumise se sont retrouvés vendredi soir. Allaient-ils tomber d’accord ? Non, bien sûr, l’un et l’autre ont confirmé qu’ils seraient candidats, ce qui a mis un coup au moral de Gérard Filoche. Membre de l’aile gauche du Parti socialiste, il explique à 20 Minutes les conséquences de cette absence d’entente entre les deux candidats.

Un accord Hamon-Mélenchon était-il impossible depuis le début, malgré les négociations apparentes ?

C’était tout à fait possible, et ça l’est toujours. Il n’y avait aucun obstacle à cet accord, même pas sur l’Europe, puisqu’ils ont un objectif identique, avec un pronostic différent. Ce n’est pas le programme qui les sépare, simplement ce pronostic. Jean-Luc Mélenchon dit qu’il y a un plan A mais qu’il déclenchera le plan B si nécessaire. Thomas Piketty, conseiller de Benoît Hamon sur la question des traités européens, a commenté en disant : « Oui, il faut prévoir un plan B, mais je préfère insister sur le plan A. » Où est la différence ? Si vous vous lancez dans une bataille politique au niveau de l’Union européenne, alors oui, il y aura un plan A, et oui, si ça ne marche pas, il y aura un plan B, puisque de toute façon l’Europe explosera, qu’ils agissent ou pas.

Il y a quand même une conception différente de la VIe République, qu’ils défendent tous deux ?

Avec ce qu’a apporté Yannick Jadot au programme de Hamon, on peut dire que nous ne sommes plus très loin d’une volonté d’assemblée constituante pour les trois. Benoît Hamon a évolué, il dit qu’il y aura une élection au cours de son quinquennat pour dissoudre l’assemblée et faire la VIe République. On en revient à la même question : où est la différence avec Mélenchon ? Sur le timing, certes, comme pour l’Europe, mais c’est tout. Se séparer non pas sur les objectifs et le programme, mais à cause d’une méfiance par rapport à la méthode pour les mettre en œuvre, c’est le pire que l’on puisse faire.

Si le programme n’est pas un problème, est-ce une affaire d’ego ?

Leur rencontre a duré deux heures. Elle attendait depuis trois semaines, alors que ça aurait dû être fait le 30 janvier. Finalement, ils disent qu’il y a une fatalité. Sauf que s’il n’y a pas d’accord, l’élection présidentielle est perdue.

>> A lire aussi : VIDEO. «Hamon, c’est encore le libéralisme»… Les militants de Mélenchon repoussent toute alliance avec le candidat socialiste

À cause de qui ?

Il y a des sectaires de chaque côté. Chez Hamon, on me dit que Mélenchon va plonger dans les sondages, finir à 7 %, pendant qu’eux dépasseront la barre des 20 %. On verra bien, il se pourrait que des gens qui ont tellement envie de voir la gauche gagner se reportent sur Hamon, mais je n’y crois pas. Je pense qu’ils vont stagner tous les deux. Mélenchon est installé dans un électorat, il est entre 10 et 12 %, comme en 2012. Il a gardé ce qu’il avait, il n’a pas de raison de baisser plus. Et du côté de Hamon, il ne pourra pas monter par sa seule force : l’unique événement qui permettrait de dépasser Macron et Fillon serait l’unité de la gauche, qui ferait sauter toutes les digues, porterait le candidat à presque 30 % devant Le Pen au premier tour, et ferait gagner l’élection.

Anticipez-vous des regrets au soir du premier tour, le 23 avril ?

Je suis quelqu’un de très stable du point de vue de l’humeur, mais je suis un peu déprimé depuis ce week-end. C’est quitte ou double. Ils se mettent d’accord, c’est gagné. En face, il y a Macron, un prédicateur évangéliste qui repose sur du vent, Fillon qui plonge car personne ne pourrait devenir président avec des casseroles pareilles, et Marine Le Pen, l’extrême droite engluée dans ses affaires de fric. Je ne suis pas dans un lundi matin enthousiaste, voyez-vous.

Vous dites ne pas avoir abandonné l’espoir d’un accord ?

Parce qu’il n’y a pas de désaccord. Je continue à espérer, j’ai une ténacité qui existe depuis cinquante ans (rires). J’étais heureux, prêt à déboucher le champagne en apprenant qu’ils se rencontraient. Et puis j’ai eu les premiers retours… Ce n’est pas possible, quand j’ai lu le communiqué de Mélenchon, c’est à pleurer. Il y a deux phrases : une sur les différences trop importantes vis-à-vis de l’UE, bon, et une pour dire « Il va se présenter, moi aussi, point. » Benoît Hamon répond : « Il m’a dit qu’il se présenterait, moi aussi, point. » Vous vous rendez compte à quoi tient l’Histoire ? Celle de la gauche et du pays se sabordent dans un restaurant chilien de Ménilmontant.

Propos recueillis par Olivier Philippe-Viela

 

20′ : l’unique événement qui permettrait de dépasser Macron et Fillon serait l’unité de la gauche Hamon Jadot Mélenchon

 

 

Gérard Filoche le 1er décembre au palais de Tokyo, à Paris. — Tristan Reynaud/SIPA

INTERVIEW

Gérard Filoche: «S’il n’ y a pas d’accord Hamon-Mélenchon, la présidentielle est perdue»

MIS À JOUR LE 27/02/17 À 15H43

Pour l’ancien inspecteur du travail membre du PS, une entente est toujours possible avec Jean-Luc Mélenchon…

 

Après l’accord entre Yannick Jadot et Benoît Hamon, le candidat EELV se désistant au profit du socialiste, les regards étaient tournés à gauche vers Jean-Luc Mélenchon. Ou plutôt vers ce restaurant chilien du 20e arrondissement de Paris où les deux champions du PS et de La France insoumise se sont retrouvés vendredi soir. Allaient-ils tomber d’accord ? Non, bien sûr, l’un et l’autre ont confirmé qu’ils seraient candidats, ce qui a mis un coup au moral de Gérard Filoche. Membre de l’aile gauche du Parti socialiste, il explique à 20 Minutes les conséquences de cette absence d’entente entre les deux candidats.

Un accord Hamon-Mélenchon était-il impossible depuis le début, malgré les négociations apparentes ?

C’était tout à fait possible, et ça l’est toujours. Il n’y avait aucun obstacle à cet accord, même pas sur l’Europe, puisqu’ils ont un objectif identique, avec un pronostic différent. Ce n’est pas le programme qui les sépare, simplement ce pronostic. Jean-Luc Mélenchon dit qu’il y a un plan A mais qu’il déclenchera le plan B si nécessaire. Thomas Piketty, conseiller de Benoît Hamon sur la question des traités européens, a commenté en disant : « Oui, il faut prévoir un plan B, mais je préfère insister sur le plan A. » Où est la différence ? Si vous vous lancez dans une bataille politique au niveau de l’Union européenne, alors oui, il y aura un plan A, et oui, si ça ne marche pas, il y aura un plan B, puisque de toute façon l’Europe explosera, qu’ils agissent ou pas.

Il y a quand même une conception différente de la VIe République, qu’ils défendent tous deux ?

Avec ce qu’a apporté Yannick Jadot au programme de Hamon, on peut dire que nous ne sommes plus très loin d’une volonté d’assemblée constituante pour les trois. Benoît Hamon a évolué, il dit qu’il y aura une élection au cours de son quinquennat pour dissoudre l’assemblée et faire la VIe République. On en revient à la même question : où est la différence avec Mélenchon ? Sur le timing, certes, comme pour l’Europe, mais c’est tout. Se séparer non pas sur les objectifs et le programme, mais à cause d’une méfiance par rapport à la méthode pour les mettre en œuvre, c’est le pire que l’on puisse faire.

Si le programme n’est pas un problème, est-ce une affaire d’ego ?

Leur rencontre a duré deux heures. Elle attendait depuis trois semaines, alors que ça aurait dû être fait le 30 janvier. Finalement, ils disent qu’il y a une fatalité. Sauf que s’il n’y a pas d’accord, l’élection présidentielle est perdue.

>> A lire aussi : VIDEO. «Hamon, c’est encore le libéralisme»… Les militants de Mélenchon repoussent toute alliance avec le candidat socialiste

À cause de qui ?

Il y a des sectaires de chaque côté. Chez Hamon, on me dit que Mélenchon va plonger dans les sondages, finir à 7 %, pendant qu’eux dépasseront la barre des 20 %. On verra bien, il se pourrait que des gens qui ont tellement envie de voir la gauche gagner se reportent sur Hamon, mais je n’y crois pas. Je pense qu’ils vont stagner tous les deux. Mélenchon est installé dans un électorat, il est entre 10 et 12 %, comme en 2012. Il a gardé ce qu’il avait, il n’a pas de raison de baisser plus. Et du côté de Hamon, il ne pourra pas monter par sa seule force : l’unique événement qui permettrait de dépasser Macron et Fillon serait l’unité de la gauche, qui ferait sauter toutes les digues, porterait le candidat à presque 30 % devant Le Pen au premier tour, et ferait gagner l’élection.

Anticipez-vous des regrets au soir du premier tour, le 23 avril ?

Je suis quelqu’un de très stable du point de vue de l’humeur, mais je suis un peu déprimé depuis ce week-end. C’est quitte ou double. Ils se mettent d’accord, c’est gagné. En face, il y a Macron, un prédicateur évangéliste qui repose sur du vent, Fillon qui plonge car personne ne pourrait devenir président avec des casseroles pareilles, et Marine Le Pen, l’extrême droite engluée dans ses affaires de fric. Je ne suis pas dans un lundi matin enthousiaste, voyez-vous.

Vous dites ne pas avoir abandonné l’espoir d’un accord ?

Parce qu’il n’y a pas de désaccord. Je continue à espérer, j’ai une ténacité qui existe depuis cinquante ans (rires). J’étais heureux, prêt à déboucher le champagne en apprenant qu’ils se rencontraient. Et puis j’ai eu les premiers retours… Ce n’est pas possible, quand j’ai lu le communiqué de Mélenchon, c’est à pleurer. Il y a deux phrases : une sur les différences trop importantes vis-à-vis de l’UE, bon, et une pour dire « Il va se présenter, moi aussi, point. » Benoît Hamon répond : « Il m’a dit qu’il se présenterait, moi aussi, point. » Vous vous rendez compte à quoi tient l’histoire ? Celles de la gauche et du pays se sabordent dans un restaurant chilien de Ménilmontant.

Propos recueillis par Olivier Philippe-Viela

 

Battons-nous encore pour que brille le talisman de l’unité à 31% plutôt qu’à 14 et 10%

L’histoire retiendra t elle que l’élection présidentielle française s’est jouée un vendredi soir entre 21 h et 23 h dans un restaurant chilien, le « Moai bleu » à Ménilmontant ? En se rencontrant sans se mettre d’accord, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont ils scellé la défaite de toute la gauche française, leur propre défaite, et la future victoire du libéralisme cruel, absurde et débridé dans la France de 2017 ?   N’avons-nous donc plus que le choix entre le trio des candidats du fric, de la fraude et de la frime, Fillon, Le Pen et Macron ?

En tous cas, dans son apparence actuelle, la rupture est obscure.

Il y a eu trop de temps perdu entre le 30 janvier et le 24 février.

Il n’y a pas eu de débat de fond.

Rien n’a été clairement expliqué nulle part  aux millions d’électeurs.

Nul n’a été associé à la décision.

Ca s’est conclu à deux, dans le style présidentiel que les deux dénoncent.

Et alors que tous les deux ne veulent pas d’homme providentiel.

Pas de transparence, pas de démocratie.

Les communiqués des deux parties sont faits de phrases lapidaires.

Les explications sont indigentes :

1°) « À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. »

Ainsi ce serait à propos de deux mythiques « plan A » et « plan B », avant même qu’ils n’aient été essayé que s’est, semble t il, éclatée la gauche française. Hamon et Mélenchon disent pourtant tous deux qu’ils ont le même but, changer l’union européenne, mais sans avoir la même stratégie, comme dit Thomas Piketty, « Moi j’insiste plutôt sur le plan A tandis que Mélenchon insiste plutôt sur le plan B ».

« Plan A » se battre pour changer l’union européenne. « Plan B » menacer d’en sortir et en sortir si le plan A ne réussit pas.

Même si tous deux veulent dénoncer unilatéralement la directive « travailleurs détachés » secouant ainsi profondément l’Union européenne, au point de lui poser des problèmes existentiels.

Même si tous deux veulent s’affranchir de la limite de 3 % de déficit.

Même si tous deux veulent renégocier les traités.

Même si tous deux ont voté contre le TSCG.

Même si tous deux veulent rompre avec l’austérité et refuser de se soumettre sur ce point à M. Schauble.

Même s’ils sont tous les deux contre le CETA et le TAFTA.

Même s’ils sont tous les deux pour une politique migratoire digne et reformer la convention de Dublin.

Même s’ils sont tous les deux pour l’audit et la mutualisation des « dettes » européennes.

Même s’ils sont tous les deux pour la taxe sur les transactions financières et la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales.

Même s’ils sont tous deux pour la ré orientation de la BCE afin qu’elle prête directement aux états.

Malgré tous ces points d’accord, Mélenchon dit ne pas pouvoir se mettre d’accord avec Hamon. Si on comprend bien, Hamon pense réussir le plan A, réunir un rapport de force suffisant pour change l’UE,  et comme Piketty, éviter le plan B, tandis que Mélenchon est plus sceptique  et pense que cela échouera et qu’il faut davantage se préparer au « plan B ».

Sachant que la différence est en fait minime, puisque tous deux estiment que l’Union européenne va connaitre sa propre fin si elle ne change pas, si elle ne sort pas de l’abime de l’austérité, du monétarisme.

La rupture est obscure car si c’est bien à ce sujet qu’elle a eu lieu, elle ne se fait pas sur le programme, pas même sur l’analyse, ni sur le but à atteindre mais elle se fait sur un pronostic ce qui en politique, est le pire.

 

Ils ne retiennent pas leurs immenses points d’accord, ils ne retiennent que ce qui semble les séparer, et se refusent à essayer d’agir ensemble pour atteindre ce qu’il y a de commun dans leurs objectifs communs. Pourquoi ? Est ce seulement parce qu’ils se méfient l‘un l’autre de leur méthode et détermination pour le faire ? Si c’est ca ce n’est pas sérieux. En tout cas, et en fait vendredi 24 février au soir, dans ce restaurant chilien, malgré une immense attente dans le pays, dans la gauche, ils n’en ont pas eu la volonté commune.

 

2°) « Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne » écrit Jean Luc Mélenchon. «  Je l’ai vu, il m’a confirmé ce que je savais, c’est qu’il sera candidat. Dont acte, la situation est maintenant claire » explique Benoit Hamon.

 

C’est très lapidaire. Un gout de trop ou de pas assez.

S’ils avaient besoin de se rencontrer pour « confirmer » que « la situation n’était pas claire », si cela a duré trois semaines, s’ils ont eu besoin de deux heures pour le faire, c’est qu’il y avait une autre issue.

Alors France inter explique, en mode perroquet, que cela faisait trois semaines que ça durait, que ce feuilleton plombait la campagne de Benoit Hamon, qu’il fallait en sortir.

C’est faux.

Cette question aurait du être réglée il y a trois semaines, oui.

Il fallait des le début, des le 30 janvier, comme prévu et promis,  mener la bataille ouverte, forte et claire pour l’unité.

Si l’un ne voulait vraiment pas cela se serait vu. A moins que les deux n’aient pas voulu et que la façon dont cela s’est passé ne serve à le masquer.

Depuis le 30 janvier il y a eu des petits malins dans les entourages des deux côtés qui ont cru et fait croire qu’il fallait attendre en jouant la montre ou en faisant la guerre.

Certains conviennent aujourd’hui que c’était une erreur, mais ils ne le disent que lorsqu’ils ont fait perdre assez de temps pour pouvoir prétendre qu’il est trop tard. Ils reportent sur « l’autre » la responsabilité de l’échec : « Il ne voulait pas ».

Mais sans, et pour cause, en avoir fait la démonstration publique.

D’ailleurs quand on est convaincu de la nécessité de l’unité, on se bat pour, même quand l’autre refuse. Quand on veut aboutir on s’en donne les moyens, on mobilise en ce sens. Quand on se heurte à une difficulté on argumente pour la surmonter. Et la pression de toute la gauche, on le sait, va dans ce sens.

Tout le monde sait que sans unité il n’y a plus guère de chance de gagner. L’enjeu est historique, pas subalterne.

Dans l’entourage des deux candidats, on a l’impression que le niveau de conscience de l’enjeu historique n’y était pas.

Mais on dira que c’est toujours comme ça dans ce genre de grandes situations de l’histoire de la gauche. Ce sont les plus petits appareils les plus difficiles à se laisser emporter dans une vague unitaire.

Ce qui est plus rare, c’est que les grands dirigeants concluent au même niveau que les entourages.

Côté Mélenchon, c’était la guerre : « Les sondages sont truqués,  en fait Mélenchon est devant, il n’y a que lui qui est susceptible de passer au 2° tour, Hamon c’est pareil que Valls, c’est le PS qui est mort, ca ne va pas tarder à se voir, on attend et on dénonce chaque phrase de Hamon, on a un programme depuis un an, on fait campagne depuis un an, c‘est à lui de s’effacer et sinon il nous des garanties exceptionnelles pour pas que tout le travail que nous avons fait soit dilapidé, pour pas que ca recommence comme dans la trahison du discours du Bourget ».

Ils ont parié que le PS était mort, affirmé que Hamon c’était pareil que Hollande, Valls et Cie, nié les sondages qui portaient Hamon à 17 ou 18 %.  Ils se sont mis à chercher des différences fondamentales partout, et à exiger sans cesse de nouvelles garanties, soit pour « hausser la barre » de la négociation soit pour prouver que les deux gauches étaient irréconciliables.

Ils ont accusé Hamon d’être pour le CETA alors qu’il appelait à voter contre.

Ils ont accusé Hamon de ne plus vouloir abroger la loi El Khomri alors qu’il ne cessait de confirmer sa volonté de l’abroger depuis qu’il avait signe le projet de motion de censure.

Ils l’ont accusé d’être pour le CICE alors que Hamon a rompu là-dessus avec le gouvernement Valls.

Ils l’ont accusé d’être soumis à la majorité sortante du PS, alors qu’il a quitté et combattu le gouvernement depuis août 2014, alors qu’il s’est présenté contre et a nettement battu Valls, qu’il est libre de diriger sa campagne comme il le veut.

Ils l’ont accusé  de la désignation des candidats du PS alors qu’elle avait été faite le 8 décembre, et alors qu’elle sera naturellement remise en cause entre les présidentielles et les législatives en cas de victoire.

Et puis, comme c’était intenable, et que les pressions unitaires étaient fortes, et que les millions de voix perdues par le PS ne basculaient pas vers eux, côté Mélenchon, ils se sont décidés à écrire une lettre où ils proposaient, moyennant certaines clarifications politiques, « de se fédérer avec les partis de la gauche traditionnelle ».

Quand on y réfléchit, et qu’on la relit cette lettre était extraordinaire et c’est pourquoi je l’ai publiée aussitôt sur mon blog : il n’y avait aucune clause politique insurmontable, et surtout le PS était redevenu un « parti de la gauche traditionnelle ». Il n’était plus de droite, il n’était plus un cadavre, il n’était plus « social traitre », mais un « parti de la gauche traditionnelle » c’était écrit.

Il aurait fallu répondre vite, et rattraper le temps perdu depuis le 30 janvier. (Cf. ci dessous, pour mémoire, un exemple de ce qui aurait pu être un brouillon de  bonne réponse côté Hamon).

Il eut été facile depuis le Portugal de dire, « voilà faisons en France ce qui a été fait ici ». (En mieux, en proposant un gouvernement Hamon, Jadot, Laurent, Mélenchon).

Et, tout en ne laissant pas passer le mot insultant de « corbillard », il eut été facile de répondre en choisissant de prendre au pied de la lettre la proposition  « fédérer les partis de la gauche traditionnelle »

Côté Hamon, dans la partie de l’entourage le plus hostile, c’était une sorte de discours symétriquement opposé à celui de l’entourage de Mélenchon : « – C’est Mélenchon qui ne veut pas d’unité, c’est sa faute, il est arrogant, il veut notre peau, ne perdons pas notre temps à courir après lui, cela nous plomberait de nous engluer dans un débat d’appareil, il va nous promener et on va y perdre, tandis que sinon il va dévisser dans les sondages, les électeurs vont alors vouloir l’unité, puis ils voudront aller là où il y a une chance de victoire, ce sera vers nous, ils mettront tous leurs oeufs dans notre panier, plus on fera campagne vite, plus Hamon montera, et on reverra cela quand Mélenchon sera à 7 %, en attendant, forçons pour l’unité avec les Verts d’EELV, voire avec le PCF.»

Evidemment, ce calcul est à courte vue. Parce que Mélenchon fait une campagne puissante depuis un an, parce qu’il a ainsi réussi à retrouver, au moins temporairement, un étiage qu’il avait atteint en 2012 et qu’il ne va pas se « tasser « aussi facilement. Parce qu’il y a la tragédie du bilan d’échec de Hollande. Parce que l’opposition au PS est naturellement devenue très puissante, qu’il y a de l’amertume sinon de la haine.

C’est vrai, il faut aussi le souligner Mélenchon a prouvé en un an de campagne qu’il ne dépasserait pas facilement par lui même un seuil de 9 à 13-14% : il a beau souligner que c’est le PS, à cause du quinquennat d’Hollande, qui a perdu la moitie de ses voix de 2012, son problème réel c’est que ce n’est pas lui qui en tiré profit (de même que la gauche non socialiste n’avait pas tiré profit des 5 élections que le PS a perdu depuis 2014, municipales, européennes, sénatoriales, territoriales, régionales). Il faut dire qu’à force de cogner sur le PS,  Mélenchon ne peut gagner les voix socialistes, alors elles quittent le PS, c’est vrai, mais pour l’abstention. de ce fait les électeurs qui tournant la page d’Hollande ne vont donc pas spontanément vers Mélenchon, ils vont moitié abstention moitie Hamon.

Alors qu’est ce qui pourrait redonner un élan à Benoit Hamon, lui même baissant et stagnant entre 17 % et 13%  pour retrouver l’étiage de Hollande 2012 ?  Ce n’est pas comme le prétend France inter l’attente interminable de Mélenchon qui l’a freiné et bloqué, c’est au contraire le retard et le non accord avec Mélenchon.

Le plus sur moyen était l’accord pour un programme de gouvernement, il était facile d’y parvenir avec un peu de travail et d’insistance, en fait puisque Mélenchon avait dans sa vidéo précédente, déclaré que les positions étaient « voisines ».

Il fallait ensuite s’accorder sur Hamon président et Mélenchon Premier ministre, … et le candidat unique montait à 27 % jusqu’à 31 % selon certains sondages.  On était ensemble en tête, peu importait que Le Pen soit deuxième, on la battait (cf. mon blog et RMC mardi dernier 21 février). L’élection législative aurait été modelée à l’image de la victoire du 7 mai.  Cela se vérifiait partout, sur les marchés, dans les entreprises, parmi les syndiqués, dans la rue, la gauche est majoritaire dans ce pays, et n’attendait que cela pour se réveiller en force et ne masse.

Donc, on nous dit qu’aucun des deux n’a voulu se désister pour l’autre.

Donc rien à faire.

On en est là.

Et avec une grande frustration parmi des millions d’électeurs qui sentent donc la gauche en mauvaise posture, et craignent le pire.

Parce que ceux qui expliquent que les « deux électorats n’auraient pas pu s’entendre » se trompent lourdement, car il s’agit du même électorat,  de la masse du salariat : en cas d’accord quelques milliers de sectaires se seraient rebellés et auraient fait du bruit quelques jours, hurlant les uns à la trahison, les autres à la dérive gauchiste, mais l’enthousiasme aurait été si grand parmi la grande masse des électeurs de gauche que cela aurait vite oublié. Une dynamique victorieuse a gauche aurait irrésistiblement gagné.

Chacun déclare vouloir se tourner vers cette « moitie des français  qui n’a pas encore fait le choix de vote ». Sauf que ceux là précisément, c’est l’unité qui les aurait mobilisé. L’unité était le meilleur talisman pour faire se lever en masse les abstentionnistes de gauche. L’unité c’était l’évènement, la force attractive, l’espoir d’un changement réel à gauche.

L’unité aurait polarisé à gauche et contre le pseudo « centre ». Tandis que l’absence d’unité laisse encore de la place et du temps au prédicateur Macron pour occuper un espace artificiel qu’il ne mérite pas : il continue ainsi de de tromper les attentes alors qu’il n’a aucune chance de pouvoir les combler, vu son redoutable programme de droite.

On va même voir les sociaux libéraux relever la tête maintenant,  c’est le résultat mécanique du repas de vendredi soir au Moai bleu.

On va voir les battus des primaires se réjouir et vouloir tirer à nouveau vers Macron en dépit de son programme de droite. Si Mélenchon voulait prouver que Hamon était l’otage de ces gens là, il aura bientôt des occasions, vu que des déclarations d’allégeance, un temps stoppées, vont recommencer.  Les sociaux libéraux (si peu sociaux) vont se remettre de leur grande frayeur, un accord Hamon Jadot Laurent Mélenchon étant écarté.

On va voir la droite et l’extrême droite se réjouir et cesser de craindre la gauche.

C’est toute la gauche qui a perdu dans ce diner de Ménilmontant s’il s’agit du dernier acte.

Mais on nous dit aussi, que tout n’est pas perdu,  que Benoit Hamon est toujours plus l’unité et attentif aux évolutions de la situation.

S’il s’avère que la non-unité ne mobilise pas « la moitié des français » qui n’a pas encore choisi, on va le mesurer assez vite, il sera encore temps avant la campagne officielle, de corriger le tir. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Le talisman de l’unité peut encore briller. Ne nous résignons jamais. La réalité va revenir en boomerang. Il vaut mieux 31 % que 14 % et 10 %. Nous sommes et restons des millions à le dire.

Gérard Filoche

 

 

 

 

Hypothèse dans Marianne : « On pourrait très bien imaginer un Hamon Président et un Mélenchon en chef du gouvernement »

Vu par Filoche
Propos recueillis par Bruno Rieth 

Publié le 24/02/2017 à 10:4
Après l’accord entre Yannick Jadot et Benoît Hamon qui ouvre la voie à une candidature commune, Gérard Filoche, figure emblématique de l’aile gauche du PS qui avait souhaité se présenter, en vain, à la primaire, invite ses camarades à poursuivre le travail avec Jean-Luc Mélenchon.

Marianne : Comment réagissez-vous à l’accord trouvé entre Yannick Jadot et Benoît Hamon qui ouvre la voie à une candidature commune à gauche ?

Gérard Filoche : C’est un grand pas en avant. Mais on ne peut pas s’arrêter là. Il faut continuer maintenant avec Jean-Luc Mélenchon. Nous devons trouver un accord entre Jadot, Hamon et Mélenchon.  C’est historique. Si on arrive à s’engager sur cette voie, nous pouvons être au second tour, c’est mathématiquement incontournable, ce sera une dynamique énorme. Au regard de la situation actuelle, nous avons même une obligation de résultat !

Ce qui a notamment permis ce rapprochement, c’est l’assurance pour les députés EELV de garder leur circonscription. Est-ce que tout ne sent pas un peu la « politique à l’ancienne » et ces « vieilles ficelles », pour reprendre une expression de Benoît Hamon lui-même ?

Il n’y a aucune interrogation là-dessus. Il n’y a pas de façon moderne de faire un accord politique ! Un accord implique tout, des questions politiques à celles électorales. Alors oui, c’est de la tambouille. Mais je préfère ça et que l’on fasse cuisine commune que l’inverse ! Faisons la même chose avec Jean-Luc Mélenchon. Proposons lui un pacte de gouvernement. C’est pas a moi de le dire, je n’ai pas autorité, mais mon avis personnel c’est qu’on pourrait très bien imaginer un Hamon Président et un Mélenchon en chef du gouvernement. Je pense que la bonne solution, ce serait d’ailleurs celle-là. Aujourd’hui, toutes les composantes de la gauche sont pour une VIe république, pour la transition écologique, pour la répartition des richesses. Imaginez que toute la gauche est unanime pour mettre en place une assemblée constituante une fois au pouvoir. C’est totalement inédit !

Alors oui, c’est de la tambouille. Mais je préfère ça et que l’on fasse cuisine commune que l’inverse !

Et pourquoi pas un Jean-Luc Mélenchon Président et un Benoît Hamon Premier ministre ? D’autant que si Benoît Hamon a bénéficié de la dynamique de la primaire un temps, depuis, les deux candidats sont revenus au même niveau dans les sondages…

J’avais bien aimé quand Benoît avait dit que le maintien de sa candidature n’était pas un préalable à la discussion. Chacun doit être sur un pied d’égalité. Et Jean-Luc Mélenchon mène depuis un an une campagne méritante, digne. Mais dans ce cas de figure, dans le PS, il y aurait à coup sûr l’émergence d’une nouvelle candidature ou pire on verrait un départ massif vers Emmanuel Macron. Mais arrêtons nous deux secondes. Si dans les dix jours, il y a un accord entre Benoît Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, alors tout le monde se rangerait derrière, y compris au PS. Le 17 mars c’est le dernier jour pour le dépôt des candidatures. Le lendemain, la manifestation à la Bastille de Jean-Luc Mélenchon. Benoît Hamon pourrait alors y être. Et le surlendemain, le meeting de Hamon où Mélenchon pourrait prendre la parole. On lancerait une dynamique exceptionnelle. Alors il y a bien sûr encore des obstacles, mais nous n’avons jamais été aussi proche d’un grand rassemblement de la gauche. On n’est plus dans le simple rêve, mais dans le domaine du possible.

On entend beaucoup que finalement, ce qui freine le plus, c’est le poids considérable des égos des uns et des autres. Est-ce que vous partagez cette analyse ?

Non je ne crois pas. C’est de la politique. A l’époque du Front populaire, il y avait aussi de sacrés égos à gauche. Ça n’a pas empêché de former un gouvernement. Et au Portugal, ils ont passé 40 ans de vie politique à se bagarrer avant de trouver en 2015, face à la menace de la droite et des politiques d’austérité, un accord en 72 heures. Nous devons penser un programme commun et un pacte de gouvernement composé de Benoît Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent. Ça règlerait d’ailleurs toutes les interrogations sur les candidatures aux législatives. Vous imaginez, si on gagne la présidentielle avec ce programme, une Myriam El Khomri faire campagne dans le 18ème alors que le projet du gouvernement est d’abroger sa loi ? Je suis même prêt à être candidat contre elle dans ces cas-là.

A l’époque du Front populaire, il y avait aussi de sacrés égos à gauche. Ça n’a pas empêché l’unité

La première chose à faire n’est-elle pas de répondre tout simplement à la lettre de Jean-Luc Mélenchon adressée à Benoît Hamon qui posait un certain nombre de jalons, finalement pas plus exorbitants que ceux défendus par Yannick Jadot ?

Je l’ai d’ailleurs publiée sur mon blog. Evidemment, c’est la première chose à faire. Benoît répondra à cette lettre. Que l’on arrête de faire parler des entourages qui tiennent des propos malheureux et qu’on parle sur le fond.

 

 

Mais rien n’est joué, cela concerne des millions d’électeurs de gauche, signez la pétition que nous avons lancée depuis le 30 janvier

Faites savoir partout votre volonté d’unité, agissez, militez

 

pour info : PROJET DE PLATEFORME PRÉSIDENTIELLE HAMON JADOT

Sur l’enjeu démocratique :

Une conférence citoyenne réunissant 3 collèges sera installée dès l’été 2017. Elle réunira les parlementaires, les sages et des citoyens, et devra transmettre dans les 12 mois de son installation au Président de la République un projet de Constitution pour une 6ème République Ce dernier sera soumis à referendum et donnera lieu à de nouvelles élections avant la fin du mandat.

Elle reconnaîtra notamment l’écologie et les biens communs, l’instauration de la proportionnelle avec prime majoritaire, la transformation du Sénat, un septennat présidentiel non renouvelable, etc.

Par ailleurs seront également proposés par referendum dès le début de la mandature, le droit de vote des étrangers aux élections locales, la reconnaissance du vote blanc, le 49-3 citoyen.

Un Vice-Premier Ministre au développement durable, garantissant la prise en compte transversale de cet enjeu, sera instauré.

La sortie de l’état d’urgence, réservé aux états exceptionnels, sera actée, conjuguée à un haut niveau de vigilance  et de protection contre le terrorisme

L’accent sera mis sur la police de proximité.

Sur la transition énergétique :

Mise en œuvre d’une sortie progressive et intégrale du nucléaire, avec objectif d’y parvenir à l’horizon d’une génération, soit 25 ans, avec fermeture des premiers réacteurs durant la mandature, afin de respecter l’échéance intermédiaire d’un mix énergétique de 50% en 2025 et prendre en compte l’augmentation de production due aux énergies renouvelables.

Fin du projet d’enfouissement profond de Bure ; en l‘état le stockage restera en sub-surface et des études seront menées pour travailler sur d’autres options.

La transformation de notre modèle énergétique sera mise en œuvre via :

-       un grand plan d’efficacité et de sobriété énergétique,

-       la sortie des énergies fossiles avec pour 2050, l’objectif d’une France 100% renouvelables

-       la fin progressive des investissements publics dans les énergies polluantes et le plafonnement, puis la suppression de toutes les niches fiscales anti environnementales,

-       la mise en place d’une taxe carbone substantielle affectée à la transition écologique

-       Une fiscalité favorable aux transports propres et défavorable aux transports polluants

Cette transition énergétique nécessitera une transformation de la production d’énergie, à travers un pilotage national, mais aussi une organisation décentralisée reposant sur des contrats territoriaux contraignants et des coopératives citoyennes.

L’objectif fixé par l’Accord de Paris sur le Climat, notamment de réduction des émissions de gaz à effet de serre sera intégré dans les politiques publiques, leurs investissements et dans les projets de loi de finances qui devront être compatibles avec les objectifs climatiques.

Sur l’Europe et l’international

L’Union européenne devra se fixer pour objectif d’avancer vers la convergence fiscale et lutter efficacement contre l’évasion fiscale

Mettre un terme au fonctionnement à l’unanimité du Conseil servira notamment cet objectif.

Il conviendra de construire une nouvelle solidarité entre pays européens avec notamment l’audit et la mutualisation de tout ou partie des dettes européennes.

La France devra s’opposer aux accords de libre-échange tels que le TAFTA et le TISA, et refusera la ratification du CETA.

Pour une politique migratoire digne et solidaire, il conviendra de réformer la Convention de Dublin et créer des visas humanitaires.

Une Union énergétique qui met en œuvre les objectifs de l’Accord de Paris, avec un grand plan d’investissement dans la transition de 1 000 milliards d’euros dans un premier temps et la mise en place de la taxe sur les transactions financières afin de doter la zone euro d’un budget et d’une Assemblée propres.

Il faudra réorienter les mesures de « Quantitative Easing » de la BCE vers le rachat ou la garantie par la BCE de prêts BEI fléchés vers la transition énergétique, les transports du quotidien, le numérique.

Par ailleurs, afin de reprendre le processus de paix et de garantir l’intégration d’Israël dans son environnement régional et débloquer la situation au Proche Orient, la France reconnaîtra l’État de Palestine.

Sur la transition écologique et sociale de l’économie

Un Small Business Act avec réservation  à hauteur d’au moins 50% des marchés publics aux PME/TPE et aux structures de l’économie sociale et solidaire et généralisation des clauses environnementales et sociales dans les marchés et les investissements publics.

Economie circulaire : des plans zéro déchet sur l’ensemble du territoire et la sortie programmée de l’incinération. La modulation de la TVA, notamment en fonction de la durée de vie des produits et de leur potentiel de revalorisation et de réparation.

Sur l’égalité des territoires

Il conviendra d’interrompre la baisse des dotations aux collectivités territoriales.

Il faudra enrayer l’artificialisation des sols afin de protéger la biodiversité, les terres agricoles et les espaces naturels en luttant notamment contre l’étalement urbain.

Une approche renouvelée du développement territorial par des méthodes nouvelles de discussion et de décision qui permettront de privilégier le ferroviaire sur les investissements routiers ou les lignes de bus « Macron ».

Lorsqu’est établie l’existence d’un lourd impact écologique d’un grand projet d’investissement local ou national, une Conférence de Consensus, réunissant experts, citoyens, élus, associations, devra être organisée pour faire émerger des solutions alternatives, alliant le réalisme économique, le progrès social et la préservation de l’environnement.

Dans cet esprit il sera notamment mises en œuvre deux conférences de consensus destinées à étudier, dans le respect du légitime développement urbain de Nantes, toutes les alternatives au projet de Notre-Dame-des-Landes, dont le site actuel sera abandonné, ainsi que la ligne ferroviaire en construction Lyon-Turin où une ré-étude globale des réponses à apporter aux dangers de pollution des vallées alpines sera menée.

Sante environnementale et alimentation – agriculture

Santé environnementale :

- Afin de limiter les émissions de particules fines la sortie du diesel pour les véhicules légers à l’horizon 2025 sera mise en œuvre et la fiscalité du diesel réformée,

- l’interdiction des pesticides et des perturbateurs endocriniens sera votée

- les nano-technologies feront l’objet d’un strict encadrement.

- des maisons publiques de santé sur l’ensemble du territoire national seront ouvertes.

Agriculture et Alimentation :

Un Grenelle de l’alimentation et de l’agriculture sera mis en œuvre dès la première année qui traitera notamment du fonctionnement des SAFER et de la maitrise du foncier, fera de la Politique Agricole Commune un outil puissant de soutien à la conversion des exploitations agricoles vers la durabilité et l’agriculture biologique.

Le développement intensif du bio dans la restauration collective durant la mandature sera visé.

Constatant l’échec de la prohibition et dans un objectif de santé publique le cannabis sera légalisé.

Un nouveau rapport au travail

L’abrogation de la loi travail et son remplacement par une nouvelle loi négociée avec les partenaires sociaux, poursuivant la réduction du temps de travail, le renforcement du compte pénibilité (dont pleine reconnaissance du droit à la déconnection et du burn-out) et l’amélioration des dispositifs du compte personnel d’activité.

Il faudra donner aux salariés une part accrue dans les processus de décision et par davantage de démocratie dans l’entreprise, notamment les plus grandes, par la représentation et un pouvoir effectifs des salariés dans les conseils d’administration de celles-ci.

Limitation des écarts de salaire dans les entreprises publiques ou subventionnées.

Restriction d’accès aux marchés publics pour les entreprises condamnées pour toute discrimination et publication de la liste de ces entreprises, notamment en ce qui concerne l’égalité salariale femmes-hommes.

Mise en œuvre progressive du Revenu universel d’existence par la revalorisation du RSA à 600€, son automatisation pour les personnes éligibles, dont, dès 2018, l’ensemble des 18-25 ans.

Une taxation sur les robots qui détruisent les emplois sera instaurée

Lutte contre la précarité et pour l’égalité réelle

Le SMIC, les minimas sociaux et le point d’indice des fonctionnaires seront revalorisés.

Création de 50 000 nouvelles chambres universitaires.

Une priorité sera donnée à la petite enfance et à l’éducation.

Création de 150 000 logements sociaux  par an.

Mise en place du récépissé pour contrôle d’identité et réforme de la doctrine d’usage des armes.

Fiscalité

Une  réforme fiscale d’ampleur avec la fusion CSG/IR sera engagée

La lutte contre l’évasion et la fraude fiscales sera une priorité

Bien – être animal

Une législation protectrice et créatrice de droits nouveaux, la fin des exploitations d’élevage industrielles.

 

 

Au boulot n° 330 Voici la suite de vies et morts au travail.

 

Ce que vous ne voyez jamais sur les journaux télévisés.

Un chauffeur poids lourd de l’entreprise FRIGO TRANSPORTS 91 est décédé après avoir été écrasé entre 2 camions alors qu’il venait livrer le magasin LES HALLES d’AUCHAN à Meaux (77). Il s’était garé près d’un autre camion pour aider le conducteur et était descendu de son véhicule, lorsque pour une raison indéterminée celui-ci s’est mis en mouvement en se rapprochant de l’autre camion. Il a tenté de regagner sa cabine mais a été coincé entre les 2 véhicules et est mort sur le coup. Le camion était dépourvu d’alarme sonore ou de système de déclenchement automatique du frein de parking. Ce dernier n’était peut-être pas enclenché ou était défectueux.

Sur un chantier de construction à Osny (95), un salarié détaché par une entreprise portugaise (BATI PLUS) est décédé suite à une chute de 8 mètres, l’un des points d’ancrage de la plateforme en encorbellement sur laquelle il se trouvait ayant cédé.

Au sein de l’entreprise de transports HEPPNER (77 Châtres), un salarié a subi des fractures aux deux jambes et à un poignet après avoir été heurté par un chariot élévateur en marche arrière.

Sur un chantier de construction à Plaisir (78), un travailleur indépendant maintenait des plaques de granit devant être déposées sur un chariot lorsqu’elles ont basculé et lui ont coincé la main contre le chariot, provoquant le sectionnement d’une phalange et la fracture d’un doigt.

Le pronostic vital d’un salarié de l’entreprise de transports LMST est en jeu, après qu’il ait été heurté par un chevalet de 180 kg ayant basculé depuis le plateau d’un camion. Il avait défait les sangles d’arrimage et attendait la venue d’un chariot élévateur de l’entreprise utilisatrice SAINT-GOBAIN GLASS SOLUTIONS (92 Gennevilliers) afin de décharger le chevalet. Bien que le camion soit équipé d’une potence, le salarié aurait reçu pour consigne juste avant l’accident d’attendre le chariot

Une explosion dans une déchiqueteuse s’est produite sur le site de traitement de déchets électriques et électroniques TRIADE ELECTRONIQUE à Gonesse (95), provoquant l’hospitalisation de 16 salariés pour divers troubles (choc émotionnel, crise de panique, douleurs au ventre et aux oreilles…). Une enquête des services de Police et de l’inspection du travail est en cours pour déterminer les causes de cet accident. Une mesure d’activité partielle est en cours d’instruction, l’activité du site étant arrêtée. Plusieurs courriers d’observations adressés par les services à cette entreprise du groupe VEOLIA font état de fréquents départs de feu

Une infirmière s’est suicidée par injection massive de morphine au sein de l’hôpital de Longjumeau (91). Intérimaire, elle avait pris son poste le matin même mais était également employée sous CDI dans un autre établissement.

Ce sont des accidents du travail d’autant plus cruels qu’ils pourraient être évités, avec plus de précaution, plus de règles, moins de stress et de course à la rentabilité.

Gérard Filoche

 

chronique hebdomadaire n°330 a lire dans  l’humanité dimanche

 

Le « CPA » et l’avenir de la Sécurité sociale vu par l’Institut Montaigne

MACRON/FILLON : y AXA de vrai… ou l’avenir de la Sécurité sociale vu par l’Institut Montaigne

 

Le président d’AXA, du Groupe de Bilderberg et de l’Institut Montaigne, De Castries, est tuteur de l’un. Le président d’honneur d’AXA, vieux parrain du capitalisme français, Bébéar, est tuteur de l’autre.

Alors quand Fillon et Macron voguent dans un bateau armé par l’Institut Montaigne et battant pavillon « Mort à la sociale », et que l’un des deux tombe à l’eau, que reste-t-il ?… : l’autre.

Le Medef, en misant sur ces deux VRP, joue donc à qui perd gagne, tant l’objectif de tordre le cou de la Sécurité sociale en la vidant de ses cotisations sociales (notamment maladie et chômage pour commencer) est au centre de leurs programmes communs.

Une illustration récente en est le récent rapport de l’Institut Montaigne, un Institut qui est un Medef ++, rassemblant toutes les tendances mais aussi de grands groupes hors Medef (Caisse des dépôts, EDF, Orange, La Banque postale, RATP, SNCF).

Ce rapport consacré au devenir souhaité du Compte Personnel d’Activité (C.P.A) résonne avec les volontés brutalement exprimées par l’un, et algorithmiquement susurrées par l’autre. Pour vider la Sécurité sociale, il y a la technique Uber, discrètement consacrée par la loi travail, qui permet d’en priver des travailleurs  en les déclarant « indépendants ». Et puis il y a la technique qui consiste à transformer le C.P.A. en le remplaçant par un « Capital Emploi Formation » (C.E.F), une ode à la liberté individuelle…

Le rapport commence par le constat satisfait d’une casse des garanties des travailleurs bien engagée par les gouvernements successifs, en ajoutant que dans les programmes des candidats à la présidentielle, on peut enfin espérer la fin du CDI. Mais continuer la casse va nécessiter de la « pédagogie » : le rapport évoque la difficile « acceptabilité politique et sociale de la flexibilité », car, malgré tous les bienfaits de celle-ci, les esprits de la masse ignorante ne semblent pas encore prêts : « la grande majorité des salariés du pays ne peut pas percevoir aujourd’hui en quoi une flexibilisation de leur CDI pourrait accroître leur bien-être ».

La tactique est la suivante, on va continuer à raboter les droits conquis aux XIXème et XXème siècles sur le contrat de travail, mais on va rassurer sur les ruptures de contrat qui vont se multiplier : « une réforme d’ampleur visant à flexibiliser le droit du contrat de travail ne sera viable politiquement que si elle est accompagnée de l’invention de nouvelles protections volontaristes et concrètes, visibles de tous et raisonnablement efficaces ».

Raisonnable :

Premier principe, que cela ne coûte pas plus cher aux employeurs : « l’enjeu est moins de recourir à des ressources financières supplémentaires que de mobiliser beaucoup plus efficacement les ressources existantes ».

Deuxième principe : que cela coûte plus cher au salarié : « Il doit également être encouragé et incité financièrement à investir personnellement dans la préservation ou le développement de son employabilité ».

Après avoir rappelé tous les espoirs mis dans le C.P.A (« Les ambitions de ce compte sont considérables »), la promotion du C.E.F qui le remplacerait passe par une opération vérité : le C.P.A tant vanté par les « partenaires sociaux » était bien l’arnaque que nous étions très peu nombreux à dénoncer. Ce compte ne créé pas de véritables droits. Le nombre d’heures de formation est trop faible pour permettre une vraie formation ; les heures de formation prévues ne sont pas financées (« l’équilibre financier du système actuel ne sera assuré que si, comme c’est le cas aujourd’hui, les salariés restent très mal informés de leurs droits ») ; le droit à la formation est soumis à l’accord de l’employeur et le contenu de la formation est contraint, ce qui heurte la conception que l’Institut Montaigne se fait de la liberté !

Pour les rédacteurs du rapport, ce qu’il convient de faire est limpide :

1/ D’abord simplifier en enlevant du C.P.A le C.E.C (« Compte Engagement Citoyen ») et, après les présidentielles, le C.P.P.P (le mal nommé « Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité »).

2/ Transformer le C.P.A en un C.E.F, qui serait un C.P.F (« Compte Personnel de Formation ») tel que le rapport préparatoire à la loi travail l’avait prévu : un décompte en points des droits transformables en euros, constituant un capital déposé à la Caisse des dépôts et consignations.

3/ Avec ce capital, désormais non plafonné, le salarié et le faux indépendant (« indépendant dépendant ») pourraient acheter avec un « chéquier électronique » des formations ainsi que d’autres prestations, car, point essentiel, il n’y aurait plus de distinction entre formation et accompagnements divers tel que coaching, bilan de compétences, prestations de placement et d’accompagnement à la recherche d’emploi. Pôle emploi (ou plutôt la filiale qui serait créée) deviendrait un opérateur parmi d’autres, car il faut mettre fin à cette situation où Pôle emploi « empêche la création d’un véritable marché de l’accompagnement ».

4/ Pôle emploi ainsi délesté de ses missions, le versement des cotisations patronales à l’UNEDIC (2,12 milliards d’euros) ne se justifierait plus (c’est là qu’il faut se souvenir des propos de Macron sur la « nationalisation » de l’UNEDIC…).

5/ Les cotisations salariales, elles, continueraient à être versées (1,28 milliards) car elles pourraient servir à rémunérer les salariés qui se formeraient pendant le temps de travail. En effet les employeurs ne pouvant plus refuser les demandes de formation dans le nouveau système C.E.F, la contrepartie naturelle de cette incroyable liberté du salarié, c’est qu’il ne serait pas payé s’il prenait les heures de formation sur le temps de travail (p 51 du rapport). Si on ajoute qu’en page 52, il est raisonnablement rappelé que, bien entendu, l’employeur pourra refuser les formations pendant le temps de travail si cela est préjudiciable à « la bonne marche de l’entreprise », il n’y aura plus de formation pendant le temps de travail. De même toutes les prestations autres que la formation se feraient hors temps de travail.

6/ Autre liberté offerte au salarié, son choix ne serait pas réduit aux seules formations aujourd’hui « éligibles ». Il choisira librement parmi celles proposées par les opérateurs. Ce seraient les organismes de formation qui deviendraient éligibles, labellisés par un « organisme certificateur indépendant » et faisant l’objet d’un arrêté. Au bout du compte, les formations seront les mêmes qu’avant, c’est-à-dire celles que les employeurs estiment utiles pour eux, mais c’était quand même audacieux d’envisager cette nouvelle liberté.

7/ L’essentiel est de savoir ce que vont payer les employeurs pour le C.E.F : au total moins qu’aujourd’hui mais on le dira pas. En effet :

.  Pour la formation, ce sera à peu près la même chose qu’aujourd’hui en fusionnant le C.P.F (DIF) et le CIF (qui disparaîtrait) ;

.  Plus rien pour le fonctionnement de Pôle emploi, on l’a vu ;

. Et une contribution au C.E.F lors des ruptures de contrat, calculée en pourcentage des salaires versés, contribution dont serait déduite une partie des indemnités de rupture actuelles (à hauteur de 35 % pour les CDI ; 1,5 % pour les CDD dont l’indemnité de précarité passerait donc de 10 à 8,5 %).

8/ Ce nouveau mode de financement permettra d’avancer discrètement vers la casse du droit social poursuivie :

. tout d’abord toutes les sommes versées au C.E.F seraient « exonérées de toutes charges sociales et fiscales » (et le rapport anticipe que pourront être affectées au C.E.F les heures supplémentaires à paiement différé, comme les « RTT » et autres « compte épargne temps » …) ;

. ensuite les employeurs ne verseront plus de cotisations à l’UNEDIC pour le fonctionnement de Pôle emploi ;

. enfin le versement d’une contribution à la rupture en fonction des salaires versés est une anticipation de la fin du CDI : « Elle supprime aussi tout effet de seuil et efface en grande partie la distinction entre CDD et CDI, comme celle entre les types de rupture (période d’essai, licenciement, rupture conventionnelle) ».

9/ Si le salarié n’a pas assez de capital pour acheter ses formations, pas de difficulté, l’Etat ou les régions pourront faire un effort de solidarité nationale…, les salariés paieront donc avec leurs impôts.

10/ Quant au chômeur, il reviendra moins cher avec la disparition du Contrat de Sécurisation Professionnelle lié aux licenciements pour motif économique, qui permet une meilleure indemnisation du chômage pendant 12 mois ; mieux, l’obligation d’utiliser son « capital » dans les six mois va permettre d’alimenter les caisses des opérateurs privés de l’ « accompagnement ».

Le VRP Fillon veut diminuer les indemnités des privés d’emploi, quant au derviche tourneur Macron, il veut les « responsabiliser », par exemple avec l’interdiction de refuser plus d’une offre d’emploi…

 

Pour les présidentielles, un décodeur va devenir indispensable.

 

Richard Abauzit