5 milliards pour l’hôpital public, 300 euros de hausse de salaire immédiate pour tous les hospitaliers

En appeler à l’esprit citoyen est nécessaire dans cette situation de crise sanitaire. Le confinement est un impératif. D’autant que la crise du coronavirus met à nu des systèmes de santé fragilisés par les politiques d’austérité. Macron parle de guerre : on peut dire qu’il a contribué à affaiblir nos défenses. Il faut tout de suite 5 milliards pour l’hôpital public !

Les mesures d’austérité dans le secteur hospitalier se paient cash aujourd’hui. Tant en France que dans d’autres pays. Selon les pays, cela peut aller jusqu’au point de rupture avec une incapacité d’accueillir un afflux de malades. Voire pire jusqu’au « tri » des malades.

Macron se rêve en sauveur de la Nation. Il prononce pas moins de 4 fois : « nous sommes en guerre ». Utiliser le mot « confinement » eut été plus utile. Il ne l’a pas fait.

Ses accents « churchilliens » n’y feront rien. Tout le monde garde et gardera à l’esprit que le jour d’avant le coronavirus Macron cassait l’hôpital public. Il est resté sourd aux appels des professionnels de la santé. Il a sciemment désarmé l’hôpital public et sapé les bases de notre protection sociale.

La France mène  des guerres depuis des dizaines d’années dans différents pays d’Afrique. Mais, chut…ce ne sont pas des guerres, ce sont des « opérations extérieures » (OPEX).

Pas un centime de moins sur nos salaires

Le confinement oui ! Mais pourquoi ne pas fermer toutes les entreprises qui ne sont pas utiles dans la gestion de la crise ? De nombreux salariés sont encore obligés d’aller travailler à l’heure actuelle (leur activité ne permettant pas le télétravail). Quelle logique ? Notre santé ne compte-t-elle pas plus que leurs bénéfices ?

Il y a une dissymétrie dans les propos présidentiels entre les annonces en direction du patronat et celles moins nombreuses qui concernent les salariés. Que des mesures soient prises pour éviter toute faillite aujourd’hui, c’est bien. Mais pourquoi ne pas décider que les salariés confinés toucheront l’intégralité de leur salaire, ce qui n’est pas le cas avec le chômage partiel (83 % seulement) ?

La semaine dernière, Macron parlait de mesures de ruptures nécessaires… à l’avenir. Et si on commençait tout de suite ? Outre les 5 milliards pour les hôpitaux publics, pourquoi ne pas décider d’un impôt exceptionnel sur les laboratoires pharmaceutiques ? Pour la recherche publique ! « Interdire les licenciements » dit même un ministre. Très bien ! Cela ne doit pas se cantonner à un discours mais doit se traduire dans les actes. Un strict contrôle public sur les prix est également nécessaire.

Construire le rassemblement à gauche

La crise actuelle est aussi économique, financière et énergétique. Le coronavirus n’en est pas la cause, mais le déclencheur. Ce qui est en cause c’est bien l’organisation mondiale du système capitaliste. Entendre le néo-libéral Macron dire « qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché » pourrait faire sourire si la situation n’était pas aussi grave.

Une alternative au néo-libéralisme et à la financiarisation de nos économies depuis 30 ans est nécessaire. C’est plus que jamais d’actualité au 21ème siècle où le système économique dominant produit marchandisation généralisée des activités au profit des actionnaires, et saccage sans retenue la nature. C’est à la gauche de se rassembler aujourd’hui pour porter cette alternative sans aucune confiance envers Macron et ses amis.

Ils oublieront, comme Sarkozy ou Hollande après la crise de 2008 et ses suites, leurs belles paroles sitôt l’épidémie de coronavirus finie.

Pourquoi Macron parle-t-il seulement de suspension de la réforme des retraites et de celle de l’indemnité chômage ? Ce qu’il faut c’est leur retrait !

Municipales : L’unité à gauche est payante !

Comme prévu, le parti macronien subit au 1er tour des municipales une sévère défaite montrant l’isolement du président des riches. Même dans un contexte difficile d’abstention importante, ces élections ont montré que partout où la gauche s’est rassemblée elle réalise de bons scores. C’est même l’union de la gauche qui permet à EELV de réaliser ses meilleurs scores (exemple Besançon), le cavalier seul des Verts aboutissant à des scores moindres (exemple Nantes ou Le Havre). Plus que jamais se rassembler à gauche est nécessaire. Pour préparer le deuxième tour mais aussi pour porter, dès maintenant, ensemble des exigences sociales et écologiques dans la crise que nous traversons.

 

La peste noire en 1348 et l’instauration d’un salaire maxima

 

La « peste noire », arrivée en Angleterre, en août 1348, anéantit en 14 mois un tiers de la population. La valeur de la main d’œuvre monta tandis que celle du capital baissait. L’augmentation des salaires ruraux fut estimée à 48 %.

La « gentry » ne le supporta pas.  Le roi Edouard III publia, le 18 juin 1350, une sorte de « code du travail » contre « la malice des servants » :

« Toute personne, homme ou femme, âgée de moins de soixante  ans, qui n’a aucune occupation définie, aucune fortune particulière,  aucune possession foncière, devra travailler quand elle en sera requise, et accepter les gages usités en 1346 ou dans les cinq ou six années précédentes, sous peine de prison ».« Les selliers, pelletiers, corroyeurs, cordonniers, tailleurs, charpentiers, maçons, tuiliers, bateliers, charretiers et tous les artisans et  ouvriers ne doivent demander que les gages de 1346, sous peine de  prison ».

Les salaires des manants furent bloqués par la terreur. Pas de « concurrence libre et non faussée ». Peine de mort pour celui d’en bas qui réclame un trop haut salaire en temps de crise !Quand le travail menaça de coûter plus cher que le capital, le capital lui imposa un salaire maxima.

L’inverse se fait encore attendre.

Au XXI° siècle, deux fléaux sont la spéculation bancaire et le chômage de masse.

Deux redoutables pestes noires.

Une bulle monétaire de 700 000 milliards d’euros. 202 millions de chômeurs, 11,09 % dans la zone euro. 878 millions d’humains souffrent de la faim. Alors que 3 hommes à eux seuls, possèdent plus que les 48 pays les plus pauvres. 1 426 milliardaires en février 2013. Un record. Leur fortune s’établit à 4 145 milliards d’euros en hausse de 17 %, 2 fois le PIB de la France. Personne, par son travail, ne peut gagner 600 Smic. Une telle disparité de richesses, c’est une forme de barbarie. Il y a forcément crime économique derrière pareille inégalité. C’est le cas en France où 500 premières familles ont gagné 271 milliards en 2011 presqu’autant que le budget de l’Etat. 10 % des habitants possèdent 50 % du patrimoine alors que 10 % du bas de l’échelle n’en possèdent que 1 %. Les patrons s’augmentent bon an mal an 10 à 100 fois plus que leurs salariés.

67,9 % des électeurs Suisses, dans une « votation », ont interdit les primes mirifiques d’embauche, les retraites chapeaux, les parachutes dorés, et condamné les bénéficiaires à les rembourser ou à « trois ans de prison » ? Coup de tonnerre planétaire ! Cris d’orfraie dans les grands médias des riches !

Vive les Suisses ! Il faut aller plus vite et plus loin, partout.

un salaire maxima à 20 fois le Smic !

C’est injustifiable qu’un humain gagne, quelque soit son mérite, talent, génie, plus de 20 fois qu’un autre. 20 fois plus, c’est déjà énorme ! D’ailleurs pourquoi 20 fois ? Parce que à l’école on vous note de 1 à 20 et rien ne justifie d’être payé ensuite de 1 à 600. Parce que la CES a fixé ce plafond à 20 fois le salaire minima. De même il est raisonnable de lier le salaire maxima et le salaire minima : si l’un augmente en haut, l’autre doit augmenter en bas. Progrès élémentaire de civilisation, anti pestes noires.

Gérard Filoche      écrit et publié dans l’humanise dimanche en mars 2013

 

pour information un article interéssant de laurent Joffrin sur les municipales

pour information  un article intéressant de Laurent Joffrin

 

Les vieux se rebiffent

La plus étrange soirée électorale de l’histoire, où les médecins volaient la vedette aux politiques, les statistiques sanitaires aux pourcentages de voix, a fait passer au second plan les leçons de ce premier tour des municipales. Pourtant, si l’on se détache un instant de l’angoisse ambiante – difficile exercice –, elles méritent qu’on s’y arrête un instant, avant de savoir, par Emmanuel Macron qui parle ce lundi soir, à quelle sauce nous serons confinés.

Le scrutin renverse en effet la plupart des conclusions qu’on tirait jusque-là de la vie politique française.

En un mot : ces municipales ont marqué la revanche du vieux sur le neuf.

Le neuf ? La domination électorale de La République en marche, qui a duré deux ans, de la présidentielle aux européennes. Sans implantation, sans élus locaux en dehors des barons venus de la droite, fondé sur un parti-start up aux adhérents d’un jour et d’un clic, le parti macronien ramasse une veste sans appel.

Symbole de cette déconfiture : l’effondrement de Gérard Collomb, qui croyait tenir solidement son royaume en revêtant ses habits macroniens et se retrouve sans couronne. Aucune conquête, aucun fief en propre, un score globalement faible pour LREM : le Président est suspendu au-dessus d’un pays qui lui est largement étranger.

Le vieux ? Les sortants, en premier lieu, qui ont en général gardé la confiance de leurs administrés et se retrouvent souvent en tête du scrutin. Loin de faire fuir les électeurs, l’exercice du pouvoir local les a fidélisés : tout le contraire du «dégagisme» qui semblait la règle depuis 2017. Cette prime au pouvoir en place vaut pour tous les partis, à Paris, à Lille, à Rennes ou à Nantes pour le PS, un peu partout pour LR, à Grenoble pour les Verts, et même dans les mairies RN ou apparentées, comme à Béziers, où Robert Ménard remporte une élection de maréchal, ou à Hénin-Beaumont où le RN est réélu triomphalement. Corollaire de ce théorème : LFI, parti dégagiste par excellence, a fait le choix de sauter par-dessus le scrutin dans la plupart des cas, faute de combattants. Et à Paris, sa candidate tombe au-dessous des 5%.

Le vieux encore : les partis traditionnels, qui gardent tous leur implantation. La droite classique devrait, s’il y a un second tour, maintenir ses positions de force. Contrairement à ce qu’on pensait, le conservatisme conserve… Le PS qu’on disait agonisant garde ses anciennes terres et fait même de bons scores dans certaines villes où il n’était pas au pouvoir. De même la bonne vieille union de la gauche, selon des arrangements variés (avec ou sans Verts, avec ou sans LFI), prouve encore son efficacité. Elle permet aux sortants de gauche de faire bonne figure, elle pousse les Verts quand ils sont têtes de liste, elle laisse même envisager certains gains appréciables. Symbole de sa pertinence : le bon score de la liste d’union à Marseille, où Martine Vassal, héritière d’un gaudinisme dévalué, subit une grave déconvenue dans ce premier tourPartout ou presque, l’antagonisme droite-gauche, réputé obsolète, a dominé la campagne et le scrutin.

On dira que la percée des écologistes, trait principal de cette élection, traduit un réel renouveau. Réflexion juste, à cette nuance près : le parti vert est un vieux routier des compétitions électorales et participe depuis longtemps à nombre de majorités municipales. Les réalisations qu’il pousse depuis des décennies se sont inscrites dans le paysage urbain dans de nombreuses villes et recueillent l’assentiment des électeurs. Ce qui est neuf, c’est la prise de conscience écologique de l’opinion, qui fait passer les Verts du second plan au premier dans plusieurs grandes villes. Mais là encore la tradition s’impose : pour gagner des mairies, la plupart du temps, les écologistes doivent s’allier avec les anciens partis de gauche, comme ils le font depuis longtemps. En principe, l’écologie transcende les anciens clivages. En réalité électorale, elle est une composante de la gauche, plus forte qu’auparavant, mais encore incapable de l’emporter seule. Le vert est une couleur qui s’affirme. Mais sans le rose et le rouge, elle reste minoritaire.

LAURENT JOFFRIN

 

Pour GDS :

 

De façon éclatante ce premier tour des municipales, en dépit des circonstances complexes, et des multiples manœuvres de Macron, donne une large victoire à la gauche unie.

Partout LREM est balayé : bel exemple à Lyon ou Collomb est troisième mais aussi au Havre ou Edouard Philippe est menacé.

La droite LR ne remplace pas LREM (Dati ne fait que 22 % devant Buzyn à 17%)

Le RN stagne (sauf à Perpignan où c’est la faute à la division de la gauche en deux listes).

Les seules listes qui poussent sont les listes unitaires de gauche.

En dépit de la mosaïque de la gauche malheureusement séparée en une quinzaine d’organisations.

Celles qui alignent le maximum de logos ont les meilleures dynamiques.

C’est le cas de « Printemps marseillais » en tête contre des Verts et des socialistes sectaires. Par contre la division de Montpellier produit des Verts de LFI, plonge la gauche – un temps donnée gagnante- dans le plus stupide des échecs.

Quand ce sont les Verts qui gagnent c’est parce qu’ils sont en tête de ces listes unitaires, quand ils sont seuls ils ne gagnent pas (c’est même une chute au Havre).

Quand c’est le PS, la plupart du temps il a fallu qu’il fasse l’unité pour gagner comme à Paris (PS, PCF, Générations) ou Nantes (PS PCF GDS).

La division est mortifère : à Aubervilliers, la droite est en tête avec 25 % alors qu’il y a 6 listes de gauche qui se partagent 75 %.

A Fécamp, il y a trois listes, ça donne 49,7 % pour la droite, et 44 % pour la gauche, notre camarade Patrick Jeanne, et 6,3 % pour LFI qui a refusé toute unité !

La leçon est claire, la gauche peut être majoritaire quand elle s’unit.  Retenons cette leçon pour le 2° tour quand il aura lieu.

Un « comité de liaison de toute à la gauche » s’impose.

Et retenons cette leçon pour des listes unitaires aux territoriales puis aux régionales. Il restera à s’en souvenir pour un candidat unique de la gauche à la présidentielle dont nul ne peut dire qu’elles se tiendront à la date prévue.

 

 

 

Pas un seul centime de salaire en moins

 

Depuis un an, Macron a refusé catégoriquement d’entendre les revendications de l’écrasante majorité du personnel hospitalier. Trois mois de grève aux urgences, 200 services touchés. Pénurie de soignants. Démissions en masse des personnels. Salaires trop bas. Internes soumis à un horaire de travail délirant. 1200 hauts responsables des hôpitaux démissionnent. 800 chercheurs sans budget. Couloirs de la honte où les malades sont sur des brancards. 16 700 lits supprimés en 5 ans. Restrictions budgétaires étouffantes, tarification à l’activité (T2A), virage ambulatoire technocratique imposé aveuglément, sans omettre les « primes à la suppression des lits » d’Olivier Véran, nouveau ministre de la santé, celui-là même qui voulait le 3 juillet 2018 sortir la « sécurité sociale » de l’article 34 de la constitution.

L’hôpital public a été maltraité, donc impréparé au virus : c’est par la faute de Macron !

Que celui-ci répare ses méfaits, il ne suffit pas d’en appeler au dévouement des personnels, aux « jeunes retraités », au bénévolat, aux heures supp’ sans limites et non payées, il faut que Macron paie : 5 milliards tout de suite pour les hôpitaux, une hausse immédiate des salaires de 300 euros, c’est un  rattrapage a minima. C’est à Macron de payer ! Et tout de suite, car sinon dans quelques mois il « oubliera » et continuera de casser hôpitaux, retraites et sécu.

Pareil pour les autres salariés concernés par le virus, le confinement, le chômage temporaire. Ce n’est pas à eux de souffrir tandis que Macron déverse 25 milliards pour les chefs d’entreprise (15 milliards de report de cotisations, 3 milliards de prêts, 5 milliards de chômage partiel, 2 milliards de prise en charge des IJSS pour les arrêts de travail, création d’un fonds de solidarité)

Que vont recevoir les salariés victimes de chômage partiel ?  Bruno Le Maire a affirmé qu’ « aucun salarié ne perdrait un seul centime ». Ca voulait dire 100 % du salaire. (Et des primes car les patrons font tomber les primes d’absentéisme !). Mais Muriel Pénicaud, 4 heures seulement après Bruno Le Maire corrigeait le tir en affirmant que ce ne serait que 84 % du salaire. Pourquoi ?  Si l’état paye 70 % aux patrons, ceux ci peuvent verser 30 % tout de même ! Exigeons 100% du salaire !

Refusons le temps partiel, ils n’ont pas le droit de l’imposer ! Idem pour le télétravail : il y faut un accord collectif ou une « charte ». (Article L.1222-9 du Code du travail modifié par Ordonnance n°2017-1387). Certes, il est devenu légal de recourir au télétravail en cas d’ « épisode de pollution ». Mais c’est un danger car l’exigence de contrôle du temps de travail est supprimée. Le paiement par le salarié de l’ensemble des coûts du travail à domicile et du matériel informatique utilisé, est « permis ». Méfiance !

Gérard Filoche

 

Intervention de Gérard Filoche samedi 1er février à Dreux gilets jaunes conférence débat

Intervention de Gérard Filoche le samedi 1erfévrier à Dreux à la conférence débat intitulée : « Nos retraites et nos conquêtes sociales acquises de haute lutte par nos anciens en 36 et 45 sont menacées de destruction »

 

Je suis appelé à vous parler des retraites et d’abord je voudrai vous parler du bonheur, parce que la retraite ce n’est pas d’abord des chiffres. C’est le plaisir, c’est le droit d’avoir une vie après une vie de travail, une vie où on fait ce qu’on veut, où on peut cultiver son jardin, lire des livres, aller au cinéma, aller dans une ile grecque ou bien comme ma maman regarder les feux de l’amour !

La retraite c’est lorsqu’on est libre grâce au travail qu’on a fait tout au long de sa vie. Et c’est grâce à ceux qui continuent à travailler qu’on peut être libres. La retraite n’est pas une épargne Beaucoup trop de gens le croit. Vous avez des prospectus qui vous disent : « mettez de côté pour votre retraite ».Ne le faites surtout pas, ils vous piqueront l’argent ! Il y a en a d’autres qui croient que c’est un impôt, que cela a à voir avec l’Etat. Mais non, cela n’a pas à voir avec l’Etat, ça a à voir avec le travail, les travailleurs et les salariés. Ce sont les salariés qui versent et en temps réel, même pas différé, en temps réel, à ceux qui ne peuvent plus travailler.

Alors vous, vous travaillez, moi je suis retraité, je vous aime ! (Applaudissements). Parce que vous payez ma retraite aujourd’hui comme moi pendant 41 annuités j’ai cotisé pour les autres. C’est ce qu’il y a de plus beau vous savez dans une société, cet échange intergénérationnel et cet échange entre ceux qui peuvent travailler et ceux qui ne le peuvent plus.

Et c’est la base même de notre système qui n’est ni étatisé ni fiscalisé, ni un impôt ni une épargne mais la solidarité entre travailleurs. Et c’est à cela principalement qu’ils veulent s’attaquer.

Alors est ce que c’est une question d’argent ? Non. D’abord Macron lui-même quand il s’est présenté a écrit un livre qui s’appelait Révolution. Et dans ce livre il disait qu’il allait changer le système de retraite mais pas seulement sur le plan financière car la question financière est résolue depuis 20 ans. Et dans sa campagne il disait qu’il ne toucherait pas à l’âge de départ à la retraite ni au niveau des pensions. C’est un menteur ! On sait qu’il ment tout le temps mais là c’est du flagrant délit parce qu’il rajoute : « je fais ce pour quoi on m’a élu ».Ce n’est pas vrai.

Ce n’est pas une question d’argent parce que la France est riche. Jamais la France n’a été aussi riche. On nous dit le contraire, je sais, sur tous les médias, sur toutes les radios. Moi, c’est Dominique Seux sur France Inter le matin qui me met en colère devant mon bol de café au lait. Il nous dit le contraire et c’est faux. Jamais la France n’a été aussi riche et les richesses aussi mal partagées.

C’est ça le comble. Sortez la crise de votre tête, il n’y a pas de crise. Pour ceux d’en haut il n’y en a pas du tout mais eux ils ne ruissellent pas vers nous mais ils pompent, ils pompent !!Comme les Shadocks ! Ils prennent à ceux d’en bas pour accumuler les fortunes en haut mais l’argent est là. Ce n’est donc pas une question d’argent. D’ailleurs si c’était une question d’argent, pourquoi dans le projet de loi que Macron a déposé au conseil des ministres avec E Philippe sur les retraites, prévoit-il que pour les salaires au-dessus de 120 000 euros jusqu’à 329 000 euros, la cotisation retraite soit baissée de 28% à 2,8%. C’est un cadeau de 3,7milliards à ces catégories-là qui paient probablement moins d’1% du haut du salariat. Si c’était une question de finance pourquoi ferait-il ce cadeau ? ce n’est évidemment pas une question de finance. C’est à l’inverse une question pour baisser puis bloquer les retraites.

Et le fond de l’opération est celui-ci : arriver à ce que dans 5 ans, 10 ans, 15 ans la part de financement de retraites baisse et qu’elle puisse aller au monde de l’entreprise, au grand capital, à la grande finance et qu’elle nous échappe à nous, à notre contrôle, qu’elle soit reprise par l’Etat et puis qu’ensuite elle puisse être privatisée. Alors on vous dira : « mettez de l’argent dans les caisses de l’épargne et mettez de l’argent dans le fonds de pension si vous n’avez pas assez de retraite. » Et on vous mettra dans une position où si vous êtes fatigués, malade et que vous ne puissiez pas travailler vous soyez totalement dépendant de ce que vous aurez essayé de mettre de côté et vous n’aurez pas grand-chose Eux seront satisfaits d’avoir pu faire baisser l’ensemble du salariat. Quand je dis salariat, c’est nous, ceux qui n’avons que notre force de travail à vendre.

Parce qu’il y a beaucoup d’erreur sur cette question. On dit parfois un patron vous donne du travail. Un patron ne vous donne jamais rien. Jamais ! Il achète votre force de travail le plus bas possible et vous , vous cherchez à lui vendre le plus cher possible et lui essaie de faire al marge la plus grosse possible sur votre travail. Et s’il ne fait pas la marge la plus grosse possible, il met la clé sous la porte et vous met dehors ? Il vous exploite mais c’est le système qui est comme ça.

Et quand vous vendez votre force de travail alors il vous donne quelque chose en plus sur votre feuille de paye et c’est cela qu’il faut bien étudier à mon avis. Et pour l’étudier je vous propose un petit détour par un film que je conseille à tout le monde bien qu’il soit déjà ancien ; « Queimada » avec Marlon Brando. C’est la révolte des esclaves qui se soulèvent à Haïti et les propriétaires terriens les flinguent. Mais à la fin, comme les esclaves sont plus nombreux ils vont finir par gagner contre les propriétaires terriens qui se réunissent affolés. Il y a l’agent anglais, Marlon Brando, qui leur dit :« Arrêtez avec l’esclavage, réfléchissez. ça coûte cher les esclaves parce que vous êtes obligés de les nourrir quand ils sont petits et qu’ils ne travaillent pas, vous les nourrissez quand ils sont malades alors qu’ils ne travaillent pas, vous les nourrissez quand ils sont vieux et vous les logez encore alors qu’ils ne travaillent plus. Faites-en donc plutôt des salariés ! Vous ne les paierez que quand vous aurez besoin d’eux. Ça vous coutera moins cher que des esclaves.»Alors les propriétaires terriens se sont dit mais oui quelle bonne idée ! Ils ont viré les esclaves des cases où ils habitaient, ils leur ont dit : « débrouillez-vous quand vous êtes vieux… »Ils ne les ont plus payés qu’à la tâche. C’est pour ça qu’on ne disait pas salarié mais tâcheron, journalier, besogneux, loueur de bras, trimardeur, appointé ou canut, c’est à dire toute une série d’expressions qui étaient distinctes des salariés. Et en 170 ans, les tâcherons ont réussi à améliorer leur salaire pour retrouver ce que les esclaves avaient, c’est à dire un salaire brut qui figure sur la feuille de paye où le patron vous donne chaque mois de l’argent pour vivre pour le travail que vous faites mais aussi il vous donne de l’argent pour survivre quand vous êtes malades ou au chômage, quand vous avez des enfants, quand vous avez un accident du travail … et quand vous êtes retraité !

Et les gens, ne font plus attention aujourd’hui parce que cela fait 75 ans que l’on a ça, depuis la seconde guerre mondiale : sur nos feuilles de paye, on a un salaire net et un salaire brut. Les libéraux ne sont pas fous, ils ont dit : « ce sont des charges ! »Ce n’est pas vrai, ce ne sont pas des charges, c’est une partie du salaire mutualisé mis dans un pot commun et redistribué à chacun selon ses besoins quand il est malade, en charge de famille, au chômage, accidenté ou en retraite.

Ce n’est pas une charge, c’est un bonheur !

C’est ce qu’il y a de plus beau dans notre pays et ce n’est pas géré par l’Etat. Au départ c’était géré par les salariés et leurs syndicats qui élisaient ceux qui géraient la caisse de retraite. Le budget de la sécurité sociale et le budget de la retraite ne sont pas des budgets de l’Etat ; ce sont des budgets privés. Et la sécurité sociale qui les gère, les caisses qui les gèrent sont des caisses de droit privé. Elles sont normalement sous notre contrôle à nous autres salariés via nos syndicats. Et c’est normalement nous, jusqu’en 1995, qui étions appelés à voter pour élire ceux qui géraient l’argent que nous cotisons pour ces caisses de solidarité.

Cela a une énorme importance parce qu’aujourd’hui, en 2020, le budget de la sécurité sociale et ce qui est rattaché, c’est 504 milliards. Le budget de la retraite c’est 314 milliards. Le total fait 820 milliards. 820 milliards qui vont dans des caisses de façon « pré affectés », c’est le terme exact ; c’est à dire que ces sommes sont collectées dans un but précis : la retraite, la santé… et cela ne peut pas théoriquement être utilisé à autre chose.

Quand ils ont conçu ça au lendemain de la seconde guerre mondiale, ils sortaient de deux guerres mondiales, ils ne voulaient pas que ces sommes puissent servir à faire des armes ou une autre guerre ! C’est pour ça qu’ils ont conçu un budget séparé et des cotisations pré affectées qui sont distinctes de l’impôt et distinctes et séparées de l’Etat. C’est ce principe qui est aujourd’hui centralement attaqué par Macron et qui va tout remettre en cause s’il parvient à ses fins car je vous le dis, s’il casse notre système de retraite, demain, il cassera notre système de santé.

Il a annoncé qu’il n’y aura plus de cotisations sociales, qu’il avait l’intention de les supprimer toutes comme il vient de le faire pour le chômage depuis le 1ernovembre 2019. C’est-à-dire qu’il a pris 3,5 milliards dans les caisses des chômeurs alors que sur 6,6 millions chômeurs officiels aujourd’hui en France il y en avait encore 2,3 millions qui étaient indemnisés et bientôt il n’y en aura plus qu’1,2 million. C’est à dire que la moitié, insensiblement, vont perdre l’accès au droit à être indemnisé et les autres vont perdre plus vite leur indemnité. Et quand ils vous disent que le chômage baisse, soyez-en certains, une des raisons, c’est que les gens ne peuvent plus, depuis novembre décembre et janvier, s’inscrire comme avant. Et cela ils ne le disent pas.

Ce qu’ils ont fait- pour les indemnités chômage, ils veulent le faire pour les retraites et la santé.

Alors comment cela peut se faire ? La cotisation payée par les patrons sur le travail passera sur l’impôt payé par chacun. Et tout le budget séparé des 820 milliards ira dans le budget de l’Etat. En comparaison, le budget de l’État n’est que de 470 milliards, c’est à dire la moitié du budget de la protection sociale. Quand on dit qu’on a un fort modèle social en France et qu’on peut profiter de ces cotisations, ce n’est pas rien ! 820 milliards contre 470 milliards ! Mais si Macron met, comme il veut le faire, les 820 milliards dans le même tonneau que les 470, alors il ne lui restera plus après qu’à mettre une tirette en bas du tonneau et s’il veut, au vote prochain du parlement décider de deux sous-marins nucléaires à la place de 10 hôpitaux, il pourra le faire. Aujourd’hui, théoriquement, il ne peut pas le faire parce que c’est séparé et pré affecté. Quand tout sera dans le même budget, qui s’appelle le budget de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) c’’est évidemment la protection sociale qui en subira les conséquences et évidemment la part des retraites.

Et il annonce qu’il ne veut pas plus de 14 % (en fait c’est 13,8%) du PIB pour payer les retraites. Mais qui a demandé ce truc-là ? quelle est cette « règle d’or » ? ça vient d’où ?

J’étais, pour des raisons de soins dans un hôpital récemment et la dame qui me faisait une piqure me disait : « mais quand même je vais avoir 1000 euros, ils m’ont promis 1000 euros avec la réforme. »Je lui ai demandé combien d’années elle avait travaillé. Elle me dit : « oh non je n’ai pas travaillé beaucoup mais ii a dit qu’on aurait 1000 euros minimum. »Je lui ai dit : « mais Madame, c’est calculé sur 43 ans, si vous n’avez pas travaillé 43 ans vous n’aurez pas 1000 euros »« Ah bon !! »C’était il y a trois jours ! les gens mettent du temps pour comprendre les choses et quand ils les comprennent ils prennent immédiatement conscience de l’ampleur du mensonge qu’il y a ! De la même façon les gens, ont eu du mal à comprendre que la retraite est actuellement calée sur les 25 meilleurs années et on leur dit qu’elle sera calculée sur toute leur carrière. En fait c’est 43 années dans leur système. Mais si vous calculez sur les 43 années au lieu des 25 meilleurs, cela veut dire que les 18 moins bonnes, c’est elles qui vont influencer vers le bas le niveau de votre retraite.

Un économiste comme Henri Sterdyniak a calculé que ce serait une baisse d’environ 20 à 25% des retraites pour tout le monde.Personne n’y échappera. Ceux qui sont nés avant 1975 finiront par être rattrapés et quoi qu’on ait dit pour eux. Et ceux qui sont après aussi. Donc la baisse sera généralisée pour tout le monde, de 20 à 25 %, pour toutes les retraites. Ce n’est pas du tout une augmentation.

Mais qu’est- ce qu’on peut faire à la place ?

Parlons des retraites disons en 2060. Ils trouvent toujours une date très loin ! Ils ne savent pas comment ce sera, c’est toujours pipeauté mais disons 2060. Mais s’il y a un problème de retraite en 2060, il suffit d’ajuster la cotisation en 2059. Ce n’est pas maintenant que ça se règle. Parce que si par exemple, vous décidez des critères de la retraite : vous définissez la hauteur de la prestation indexée sur les salaires, indexée sur les prix et pas de retraite en dessous du SMIC, vous vous dites en 2059, je vais ajuster les cotisations, cela veut dire 0,1 point ou 0,2 points ou 0,01 point cela dépend de la conjoncture et ainsi en 2060 vous garantissez la prestation. Vous avez remarqué que c’est exactement le contraire de ce que qu’ils font. Eux ils décident de baisser la prestation et ils baissent les cotisations et disent on ne peut pas payer donc vous aller rester jusqu’à 65, 66, 67 ans au travail au lieu de partir à 60 ans. Et si, à l’inverse en 2060 il y a un coronavirus ou une grippe espagnole et bien en 2061 puisqu’il y aura moins de retraités, vous baissez la cotisation de 0,1 ou 0,2… parce que vous adaptez la cotisation au nombre de retraités et à l’âge que vous avez fixé !

Et 60 ans c’est un bon âge pour partir en retraite ! Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans.La biologie du corps humain n’a pas changé même si on vit plus longtemps. A 55 ans, tout devient dur, mentalement et physiquement et l’usure au travail, d’autant qu’on nous demande toujours plus, est toujours forte pour tout le monde. Et en plus ce n’est pas pour tout le monde parce que les plus riches vivent en moyenne 12 ans de plus que les plus pauvres et la différence entre un cadre et un ouvrier, c’est 7 ans d’écart de vie. Alors quand l’autre nous dit qu’il veut une retraite universelle pour tout le monde, c’est une escroquerie. Comment voulez-vous faire une retraite universelle pour tout le monde avec de telles différences d’espérance de vie et avec de telles différences de carrières. Parce que quand il a supprimé le droit du travail, il y deux ans après que El Khomri ait fait déjà la moitié du boulot, quand ils ont fait les ordonnances anti travail, ils ont cassé toute idée d’universalité du droit du travail. Ils ont multiplié les différenciations entre les carrières et ils ont fait en sorte que les salariés soient flexibles, souples, maniables, révocables, changeables…. Donc quand les carrières sont très diverses, comment voulez-vous avoir une retraite unique. Il y a mensonge sous roche.

Après, il s’attaque aux régimes spéciaux. Pour moi, la notion de régime spécial est une notion faussée. Ce sont des régimes normaux. C’est à dire que quand vous avez une loi qui dit c’est 60 ans, quelle est la particularité dans les branches ? C’est qu’il existe, au-delà de la loi, des conventions collectives et vous discutez branche par branche des nuisances, des souffrances, des violences, des inégalités …et vous pouvez compenser celles-ci par un départ plus tôt ou par une pension plus élevée. Je vais prendre le célèbre exemple des égoutiers. Il est célèbre parce qu’il est tragique. A Paris même il y a 250 égoutiers. La moyenne d’espérance de vie est de 58 ans. Ils sont toujours harnachés avec toujours une combinaison, partout dès qu’ils sont dans les égouts ; Ils ont un premier masque pour résister à l’hydrogène sulfuré, au monoxyde de carbone et quand ils sont dans une nappe ils ont un deuxième masque qui sonne. Il faut le mettre et ils ont un quart d’heure pour se tirer de là parce que sinon ils sont morts. Et la vie d’égoutier fait que la moyenne d’espérance de vie, avec tous les cancers contractées, est de 58 ans ! Ils avaient le droit de partir à 50 ans. Sarkozy a changé ça et l’a mis à 52 ans. Macron veut le mettre à 62. Ils seront morts avant de partir ! Quand je donnais cet argument une dame m’a dit : « oui pour les égoutiers de Paris, mais autour il y a ceux qui travaillent dans les centrales d’épuration, ils ont des sables toxiques, des gaz toxiques et eux aussi leur vie est en danger de la même façon et ils partent à 62 ans ! »Mais quelle est la bonne réponse : c’est de faire partir les milliers d’ouvriers qui travaillent sur les stations d’épuration aussi à 50/52 ans comme les égoutiers. Ce n’est pas aller vers le mal. Une société c’est pour le bien, le mieux en général qu’on essaie de travailler et si on vit plus longtemps c’est pour en profiter plus longtemps !!

Ce n’est pas pour travailler davantage, ce n’est pas pour se faire exploiter davantage ! C’est pour justement avoir cet espace de vie et de bonheur où, avant de disparaitre, on profite des fruits de son travail.

Il n’y a pas que les égoutiers. Vous avez vu les danseurs du ballet de l’Opéra de Paris qui ont un régime dit spécial. Ils sont 185. Mais pour être danseur d’Opéra vous commencez à travailler à 8, 9 ou 10 ans et c’est un travail absolument terrifiant. Alors ils avaient la retraite à 45 ans. Essayez de faire des pointes de ballet après 45 ans, c’est forcément moins gracieux ! (rires) Mais ce n’est pas seulement cet aspect-là parce qu’ils souffrent, le corps souffre et vous ne pouvez plus le faire. Alors Blanquer a dit : « ils n’ont qu’à se reconvertir ! »Essayez donc quand vous avez dansé la moitié de votre vie de trouver un travail…. Quand j’étais à l’hôpital il y avait un brancardier qui m’a dit qu’avant de faire ce travail, il était déménageur mais qu’il ne pouvait plus descendre les pianos. Et il a continué en me disant que bientôt il ne pourrait plus pousser les brancards non plus ! »

Il y a 350 personnes à la Comédie française, dans le régime normal. A l’époque c’était des grâces royales et cela a été gardé comme avantage pour les jeunes acteurs dans les rôles de premier et aussi des vieux acteurs, ceux qui jouent les rôles de vieux barbots dans les pièces. Mais est ce qu’on a à se tracasser pour les 350 de la Comédie française ? On a 14 millions de retraités. Pourquoi essaient-t-on de designer du doigt 350 personnes en disant vous avez trop dans votre assiette ? ça ne va pas nous en donner plus dans la nôtre ! Ce n’est pas parce qu’on enlève quelque chose aux uns qu’on aura plus pour soi et la notion d’universalité quelle est-elle dans ce cas-là ?

Alors il est dit : « à la RATP quand même ils ont des avantages et puis ils sont 40000. »  Savez-vous qu’ils sont moins nombreux que les clercs de notaire qui ont aussi un régime dit spécial et qui sont 42000 Les clercs de notaires sont à peu près payés le double que ceux de la RATP parce que pour eux aussi ça remonte à loin. Ce sont des charges qui ont été transmises; il faut de la confidentialité, de l’habileté pour négocier les transactions et puis pour faire les successions… Donc les patrons des clercs des études payent très cher les clercs. Bon, faut-il dire qu’il faut payer moins les clercs de notaire ? Mais enfin quel est l’intérêt ? Ils ont le droit de négocier dans leur branche en fonction de ce qu’ils font avec leurs patrons des avantages et des inconvénients. Sinon plus personne ne peut négocier. Et personne d’ailleurs ne parle trop des clercs de notaire et de leur régime spécial. Je ne suis pas contre qu’ils gagnent et ce qu’ils gagnent. Je ne veux pas qu’on leur retire soi-disant pour égaliser avec les autres. Et d’ailleurs à la RATP, les « avantages » qu’ils avaient, Sarkozy les a retirés. Ils partent à la retraite comme tout le monde :! C’est comme le cheminot, il n’a plus d’escarbilles dans les oreilles et les yeux parce qu’il y a le TGV mais le planning de travail est sur trois semaines ! Vous êtes crevés, vous ne voyez pas votre famille et puis vous faites ça pendant 35 ans, et bien vous n’êtes pas exactement dans une bonne situation du point de vue de la santé et vous en avez marre. Et c’est pareil pour l’infirmière qui met ses lunettes pour chercher votre veine à 62 ans ! Imaginez également l’instituteur qui arrive en septembre et qui fait sa 40ème rentrée. Il a des cheveux blancs comme moi et il est entouré de minots de 3 ans ou de 11 ans autour de lui… Vous trouvez que c’est normal d’être instituteur et de s’occuper d’enfants à 62, 63,64, 65 ans ou même 66 ou 67 avec l’âge pivot ou d’équilibre dont on ne sait pas jusqu’où ils vont nous conduire ?

Donc vous avez besoin de partir plus tôt et je vais vous dire autre chose : dans le bâtiment la retraite doit être à 55 ans.J’ai visité des centaines de chantiers toute ma vie comme inspecteur du travail, j’ai eu a enquêter sur 14 accidents mortels. Il y a 550 morts au travail chaque année en France dont la moitié dans le bâtiment. Et vous croyez qu’ils ne doivent pas partir à 55 ans ? Bien sûr que si ! Et les majors du bâtiment ne fonctionneraient plus ? Mais attendez, les Bouygues, Eiffage, Vinci sont les plus riches de ce pays ; c’est ceux qui font la sous traitance et encore la sous traitance pour finir avec des intérimaires qui n’ont rien pour l’immensité du travail, la violence du travail qu’ils font. Regardez un gars de 55 ans qui pousse sa brouette dans un chantier de démolition !!!

60 ans pour tout le monde et le droit de négocier.  55 ans dans le bâtiment…

Et nos salaires sont trop bas.La moitié des salariés gagnent moins de 1700 € et 98% des salariés gagnent moins de 3200€ alors que le travail des salariés français est le plus productif au monde. La totalité des salaires ont été compactés et compressés depuis 45 ans. En 1968, l’écart de salaires était de 1 à 6. Aujourd’hui il est de 1 à 2,3. Bien sûr je ne parle pas des 1% qui se font 600 smic. Je parle de la masse : 98% ; Si les salaires sont augmentés il n’y a plus aucun problème de retraite. Parce que la cotisation est dedans. Vive le salaire brut !

Et les patrons sont même obligés de mettre au pot. Ils mettent un salaire super brut et c’est la totalité de ce qu’on gagne qui est réparti de cette façon-là. Et c’est bien que ce soit sur le travail, que ce soit le travail qui nous donne ce droit parce que tout le monde de cette façon-là peut en bénéficier, peut se le répartir et il doit être sous le contrôle de ceux qui produisent les richesses. Le salariat produit toutes les richesses de ce pays. Un jour quelqu’un me dit mais le milliardaire Arnaud fait vivre 100 000 personnes ! Mais c’est le contraire ; ce sont les 100 000 personnes qui le font vivre ! c’est dans ces sens-là que ça marche :!

 

punition au lycée de la directrice contre ma petite fille,

Victor Hugo écrivain poète dramaturge mais aussi opposant politique a écrit ces mots :   »Le peuple a le droit à la liberté mais le peuple n’a pas de droit sur la liberté »  vous commenterez cette citation en faisant référence aux articles 26 et 30 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1948.

 

Victor Hugo s’est exprimé maintes fois dans sa longue vie, sur « la liberté ».

Extraire l’une de ses phrases ne permet pas  d’avoir une vision d’ensemble de sa pensée qui était heureusement évolutive, riche et complexe.

En effet, quand il écrit « Le peuple a le droit à la liberté », c’est bien paternaliste. Ca laisse penser que ce droit lui est accordé. Par qui ? Comment ? D’où vient ce droit ?

Sinon du peuple lui-même.

La liberté n’est pas d’abord un « don ». Elle n’est pas octroyée d’en haut, ni contrôlée d’en haut Elle est d’abord une émancipation, une conquête, que le peuple arrache contre l’oppression et l’exploitation. Elle devient un « droit » dans la mesure où il s’agit, pour protéger la conquête, de la codifier.

C’est sans doute pour cela que Victor Hugo écrit aussi « la liberté consiste à choisir entre deux esclavages, l’égoïsme et la conscience, celui qui choisit la conscience est l’homme libre ». Là, il présente la liberté comme un choix, une action, une émancipation, liée à la conscience.

C’est là qu’il y a contradiction avec la deuxième partie de l’expression « mais le peuple n’a pas droit sur la liberté ». Le « mais » est restrictif on se demande pourquoi. Pourquoi donc opposer la liberté au peuple ?

L’idée que la liberté paraisse en quelque sorte « supérieure », en soi, au point que le peuple n’ait pas de « droit sur elle », est très contestable.

N’est-ce pas le peuple en mouvement qui définit à la fois la liberté et ses libertés ?  Le droit ne vient qu’après.

Les meilleurs et les plus célèbres défenseurs de la liberté, ce sont ceux qui ont pris la Bastille. Ou encore les Résistants à l’occupation nazie. Ceux qui luttaient pour faire bouger les lignes.

Ils ont, ce faisant, par le combat partisan, la lutte sociale, par la manifestation, la grève, l’insurrection, établi et défini la liberté contre ceux qui, se prétendant de « droit divin » « défenseurs de l’ordre établi »,  la déniait au peuple.

La liberté n’échappe pas au peuple,  elle n’est pas extérieure au peuple, elle est soumise au peuple qui la bâtit, la définit, la remanie, la protège. Victor Hugo écrit aussi : « Sauvons la liberté, la liberté sauvera le reste », ça veut bien dire que lorsque la liberté est en péril, c’est le peuple qui la préserve.

Reste à ce que le peuple donne le contenu de cette liberté : « la liberté commence là où l’ignorance finit » écrit  encore Victor Hugo.  Et « Un peuple qui a la liberté doit aussi avoir la volonté ».

La volonté de s’éduquer, de vivre ensemble dans le respect, et la tolérance. Hugo précise «  La volonté trouve, la liberté choisit : trouver et choisir c’est penser »

Et c’est là qu’on peut faire le lien avec les articles 26 et 30 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1948.

L’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme :

1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

 

Ce texte n’a – hélas – pas de valeur juridique en France, ce n’est qu’un engagement moral.

 

Contrairement à la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention européenne des Droits de l’Homme elle, est contraignante juridiquement. Elle définit le droit à l’instruction par l’article 2 du protocole additionnel :

« Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction »

 

Mais aussi bien l’art. 26 de la DUDH que l’art 2 de la CEDH ci dessus, donnent des obligationsà l’état :

-       éducation gratuite,

-       enseignement élémentaire obligatoire, 

-       accès aux études supérieures ouvert à toutes et tous en pleine égalité, respect des droits de l’homme (et on suppose de la femme), 

-       et : « favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. »

Ce qui est conforté par l’art 30 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme :

« Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés. »

 

Un état ne peut donc pas agir pour mettre en cause la gratuité de l’école, il doit assurer l’enseignement obligatoire pour tous, il doit garantir l’accès aux études supérieures et le respect des droits des humains. Sinon les humains, groupe et individus, sont en droit de se révolter contre cet état qui viole ces libertés-là. Y compris quand l’état fait la guerre contrairement aux actions des Nations-Unies pour le maintien de la paix.

S’insurger contre la mise en cause des droits et libertés, est un devoir car nul ne peut y attenter.

 

Et quand on lit l’article 23 alinéa 1 de la déclaration universelle de droits de l’homme de 1848

et qu’on voit partout autour de soi que ce n’est pas respecté, alors on a le droit aussi de se révolter :

 

Article 23 alinéa 1 : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, a des conditions équitables, et satisfaisantes de travail et a la protection contre le chômage »

Article 25 alinéa 1 : «  Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux, ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse, ou dans tous les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté »

 

Nul doute que l’auteur des « Misérables » voyait là des occasions pour le peuple d’avoir la « volonté » de se « sauver » de se soulever (même les jeunes : Gavroche), sachant que garantir ces droits est condition de la liberté.

« Les misérables » ne peuvent pas être libres.

 

 

Le 49 3 fait pour imposer un projet de loi « à trous »

lisez l’humanité dimanche et dedans cette chronique hebdomadaire « au bouloté n° 483 depuis dix ans

 

Le 49 3 est anti démocratique chacun le sait et l’a dit mille fois ! Mais là Philippe a stoppe exprès, soudainement, un samedi le débat JUSTE AVANT la discussion des articles essentiels sur la valeur du point, la pénibilité et le financement.

C’est ça la vraie raison

Le projet de loi comporte, au total, le renvoi à 29 ordonnances dont le contenu n’était toujours pas précisé. Ces ordonnances sont déterminantes. Ce sont les fourberies de la retraite par point.

L’article 15 autorise à prendre par ordonnance des mesures concernant les dispositifs destinés à favoriser fiscalement la retraite par capitalisation (les fonds de pension).

L’article 18 prévoit qu’une ordonnance précisera les modalités de convergence en 15 ans des cotisations du public vers les taux du nouveau régime

L’article 19 renvoie à une ordonnance les modalités de convergence en 20 ans pour les régimes spéciaux.

L’article 21 renvoie à une ordonnance pour faire converger en 15 ans les taux actuels des régimes des travailleurs indépendants et des professions libérales.

Les articles 38 et 39 autorisent le gouvernement à organiser par voie d’ordonnance la disparition des départs précoces des emplois dits « actifs » et l’alignement des régimes spéciaux.

L’article 57 autorise le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures permettant l’équilibre financier de l’ensemble des régimes de retraite en 2027, s’il n’est pas satisfait des propositions de la conférence sur le financement des retraites.

L’article 61 autorise le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures permettant la « conservation à 100 % des droits constitués » pour les générations nées avant 1975.

L’article 63 autorise le gouvernement à prendre par voie d’ordonnance les mesures de transitions pour les fonctionnaires des « catégories actives ».

Ni les projections au cas par cas sur nos retraites réelles, ni la gouvernance future, ni les paramètres sur l’âge de départ et le taux des retraites n’ont été discutés nulle part en fait.

Les mensonges initiaux dans la campagne de Macron, les fausses concertations, les refus de vraie négociation, l’annonce d’un « trou » bidonné de 113 milliards, la procédure accélérée au Parlement, le coup de force du 49 3, les violences policières quotidiennes contre les manifestations, tout est fait pour nous imposer le système de retraites à points comme un château de contes de fées alors qu’il s’agit d’un édifice insalubre, farci de vices cachés et tordus et violemment antidémocratique.

La France n’a jamais été aussi riche, retour à 60 ans à taux plein indexé sur les prix et salaires, pas de retraite en dessous du Smic. Ca fera du bonheur pour les seniors et du travail pour les jeunes.

Gérard Filoche

 

L’unité de toute la gauche pour gagner

Programme

 

 

Nous vivons une période décisive. Quelle que soit l’issue de la mobilisation actuelle, Macron sortira de la séquence en cours largement affaibli. Qui sait ? Peut-être est-il en train de perdre sous nos yeux toute chance de l’emporter en 2022. L’érosion de son socle politique et électoral rend d’autant plus nécessaire l’unité de la gauche pour le faire reculer aujourd’hui, mais aussi pour le vaincre demain. C’est pourquoi il nous a semblé opportun de consacrer les pages qui suivent à un plaidoyer pour l’unité de notre camp, largement inspiré par la récente brochure de la GDS intitulée significativement Union (éditions Atlande).

 

Quand on nous demande, de façon naïve ou accusatrice, ce qu’est la gauche, nous ne devons pas commencer par égrainer les noms de dirigeants plus ou moins célèbres, ni par énumérer la liste exhaustive de la quinzaine de groupes actuellement constitutifs de la gauche. Nous avons d’abord à répondre avec fermeté : « La gauche, c’est une force sociale qui a pris conscience d’elle-même ».

 

La gauche, c’est l’unité du salariat

 

Si elle veut être à la hauteur de ses tâches historiques, la gauche se doit de représenter celles et ceux qui produisent les richesses de notre pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Rien de ce qui touche le salariat ne doit être étranger à la gauche. Elle a donc pour champ d’action les 30 millions de salariés actifs – 19 millions d’actifs occupés dans le privé, 5,5 millions d’agents publics et 6,5 millions de chômeurs, c’est-à-dire d’actifs temporairement privés d’emploi –, auxquels il faut ajouter 9 millions de jeunes qui sont des salariés en formation et 14 millions de retraités qui vivent au jour le jour et en temps réel des cotisations fournies par ceux qui travaillent.

 

La gauche ne défend pas les intérêts particuliers d’un clan, d’un groupe, d’un parti, d’un syndicat, et encore moins d’un lobby. La gauche défend les intérêts du salariat dans son ensemble, dans sa majorité. Elle s’oppose, pour cela, au patronat, à l’actionnariat, dont les intérêts sont frontalement opposés aux siens.

 

Parce que le salariat est exploité. Parce qu’il souffre au travail. Parce que le capital – ce « travail mort » accumulé, dont parlait Marx – détruit le travail vivant, qui est la seule richesse des nôtres. Parce que les oppressions spécifiques que subissent les femmes, les minorités sexuelles, mais aussi les travailleurs immigrés et les étrangers, sont structurées et par-là même aggravées par le domination capitaliste. Parce que le capital, prédateur et court-termiste ne sauvera jamais ni le climat, ni la planète. En ce sens, la défense du salariat est la plus grande et la plus belle des « causes ».

 

Sa place dans le processus de production est décisive, incontournable, irremplaçable, et pourtant ses dizaines de millions d’êtres humains sont , invisibles, humiliés, mal payés, mal traités ; leur vie quotidienne pénible, éreintante et parfois même destructrice.

 

En France, il y a neuf millions de pauvres en dessous de 900 euros par mois, 7 millions de retraités autour de 1 000 euros, deux millions de salariés payés au Smic à 1 202 euros nets. Le salaire médian est autour de 1 700 euros et 98 % des salariés gagnent moins de 3200 euros. Il y a entre 15 et 18 % de précaires de tout type, près de 20 % de temps partiels, dont 85 % occupés par des femmes. Les « cadres » sont soumis à des horaires abusifs, excessifs et dangereux Près de six millions de salariés travaillent 60 heures par semaine, tandis que six millions sont privés d’emploi…

 

Les trahisons mènent à l’abstention

 

Bien sûr, dans le salariat, il y a des électeurs qui ont toujours voté à droite ; soit pour la paroisse, soit pour le château, soit pour le « bon » patron. Autant dire pour « not’bon maître ». Celui qu’évoque si bien Brel dans Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? : le responsable tout-puissant de la misère humaine dont les plus fatalistes espèrent qu’il finira par alléger le fardeau de ceux qui ploient sous ses exigences. Il convient naturellement de disputer le suffrage des salariés qui votent traditionnellement à droite ou à l’extrême droite. Mais il faut également gagner à notre cause les employés, les ouvriers, les exploités et les précaires qui n’y croient plus et qui s’abstiennent.

 

L’abstention structurelle est faible en France. Mais l’abstention conjoncturelle peut être massive. Le système électoral s’y prête, surtout depuis la fatale inversion du calendrier voulue par Lionel Jospin. Le présidentialisme est si prégnant que les législatives qui suivent sont mécaniquement perçues comme inutiles. Ainsi, en juin 2017, le parti en carton-pâte de Macron, composé d’inconnus arrivistes, incompétents et sans implantation, a obtenu une « majorité »… avec 58 % d’abstentions ! On est loin de la déferlante ! Dans les faits, de 11 à 13 % des inscrits avaient alors voté En Marche – score que la formation présidentielle a de nouveau atteint le 26 mai 2019, mais avec un électorat fort différent !

 

D’une élection à l’autre, un constat s’impose : il y a rarement de changements de camp entre gauche et droite. Les ouvriers de gauche et syndiqués, même quand ils sont ulcérés par les politiques menées par leurs partis au pouvoir, ne  se mettent pas à voter brusquement pour la droite. De même, les travailleurs dupés qui sont séduits par les thèmes xénophobes, populistes et autoritaires de nos ennemis ne vont pas subitement rejoindre notre camp.

 

En revanche, il peut y avoir des basculements, au sein de la droite comme de la gauche, vers l’abstention. Ce phénomène peut devenir massif dans notre camp. Particulièrement lorsque des partis de gauche au pouvoir n’ont pas répondu aux attentes placées en eux (1986, 1993). En 1993, la droite avait connu un raz-de-marée favorable en sièges, alors qu’elle avait obtenu en chiffres absolus moins de voix que lorsqu’elle avait perdu en 1981 !

 

De façon continue, les salariés sanctionnent les libéraux de la droite traditionnelle et le libéralisme quand la gauche commet la faute de ne pas rompre avec. Pour battre Sarkozy en 2012, ils se sont mobilisés ; pour sanctionner Hollande de 2014 à 2017, beaucoup se sont abstenus. Notre tâche, c’est de rétablir la force du salariat, condition sine qua nonpour changer la vie.

 

Rassembler : mission impossible ?

 

Au lieu de passer leur temps à pointer les « divisions », des « disparités », des « différenciations » au sein de la gauche et du salariat, l’activité centrale, pour les militants de gauche, devrait être de défendre les points communs et de les renforcer. L’union est un combat. Tous ceux qui enfoncent la gauche s’enfoncent eux-mêmes. Régulièrement, la « base » sait imposer le chemin unitaire, même aux plus hargneux des bureaucrates.

 

Car le salariat s’est étendu ! Car il est la seule force dont les intérêts sont frontalement opposés à la classe minoritaire des exploiteurs. Car il accumule des traditions, des pratiques, des cultures. Car « son niveau monte » ! Il n’est plus en majorité analphabète ; il est davantage formé, éduqué, qualifié. Même si médias et désinformations économiques réussissent à brouiller les cartes, des millions de salariés comprennent les mécanismes de surexploitation et la dictature financière.

 

Il y a même, et pas seulement en France, mais dans le monde entier, des gens simples qui sont de plus en plus indignés que 87 personnes possèdent autant que la moitié des humains. Reste à ce que la majorité de ces millions d’humains accepte de comprendre et de croire qu’il n’y a pas fatalité, que c’est possible de changer ce monde, puis d’agir.

 

« Nous sommes les 99 ! », criaient à juste titre les activistes d’Occupy Wall Street, fin 2011. Face à la dictature du capital, face à l’indécence et à l’insolence de ceux d’en haut, il faut regrouper toutes celles et tous ceux qui refusent que le monde soit régi par et pour le 1 %. Qu’elles ou ils se reconnaissent comme membre du salariat importe en l’occurrence moins que le fait qu’elles et ils s’indignent et se mobilisent. Il faut faire converger les luttes ! Non seulement parce qu’elles sont justes en soi, mais aussi et surtout par ce que l’on ne sait pas d’où partira la prochaine lutte d’ensemble qui permettra de remettre en question la domination de la classe (caste ?) dominante. Cette lutte peut partir d’un mouvement de défense des retraites ou l’assurance maladie, d’une grève d’ensemble sur les salaires, mais aussi d’une mobilisation anti-raciste ou encore d’une campagne de masse contre le basculement climatique.

 

Faire du neuf avec… du neuf ?

 

De quelles forces dispose la gauche ? Huit à dix syndicats, douze à quinze partis, des milliers d’associations et des millions de militants disponibles : telle est la gauche organisée qui correspond à la sphère du salariat. Peut-on, comme le croient certains, « passer par-dessus » ? Non bien sûr. Quel en serait l’intérêt ? Ce qui est organisé est déjà une base de départ incontournable. Pour dépasser les partis, il faut additionner les partis, pas les ignorer.

 

Impossible de « faire du neuf » sans amalgamer l’ancien, sans tirer le meilleur des leçons du passé. Chercher à repartir de zéro est imbécile, c’est se préparer à d’amères désillusions faute de mémoire, d’expériences. Sans passé collectif on n’a pas d’avenir. Il faut puiser dans les générations antérieures ce qui a marché et trier ce qui a échoué. Sans théorie, pas d’avancée possible. Or, les théories sont forgées dans les décennies précédentes. Pour les actualiser, il faut connaître l’histoire. Celui qui n’a pas d’histoire n’a pas de futur.

 

C’est pour cela qu’il faut tirer le bilan détaillé des trahisons comme celle d’Hollande-Valls-Macron. Il faut l’enseigner. Il faut montrer qu’il y a une autre voie, sérieuse, concrète, forte et unitaire à gauche pour les salariés.

 

Certains disent « C’est le passé. N’en parlons plus ». Mais il faut en parler ! Car une telle trahison peut se reproduire, hélas ! Ignorer le bilan maudit de Hollande, c’est se condamner à le rencontrer à nouveau.

 

La désespérance n’est pas une fatalité

 

La France est un des pays les plus politisés du monde. Il existe quatre à cinq millions de citoyens qui ont été membres actifs de partis, de syndicats et d’associations de gauche. Cela ne suffit pourtant pas pour gagner. Car il y a 44 millions d’électeurs en France et qu’il faut en convaincre plus de 20 millions pour obtenir la majorité . Entraîner ces 20 millions exige une détermination sans faille de la part des militantes et des militants de gauche. Sinon, c’est la défaite assurée. Comme quand nous nous efforçons d’obtenir les 4,7 millions de signatures nécessaires pour imposer un référendum sur la privatisation d’ADP, il faut convaincre. Toujours, inlassablement et le plus possible.

 

Mais sympathisants et militants ne sont évidemment pas au même niveau d’activité, de sacrifice de leur temps, de leur argent et de leur carrière. On dénombre deux millions de syndiqués dans la dizaine de confédérations, de fédérations et d’unions syndicales, quelques centaines de milliers d’adhérents dans la quinzaine de partis de gauche qui existent aujourd’hui, des millions de membres d’associations se réclamant du noble combat pour la dignité humaine. Ce sont manifestement les plus volontaires des nôtres, les plus dévoués ; ils sont abonnés à la presse activiste, et ils paient des cotisations, ils participent à des réunions et des mobilisations.

 

Beaucoup sont victimes de découragements, de déceptions, de résignation même. Leurs organisations les ont parfois déçus. À cause des bureaucraties, des arrivismes, des trahisons, de renégats du type de ceux qui, en grand nombre ont quitté la gauche en général, et le PS en particulier, pour rejoindre la droite ultra de Macron. C’est arrivé plusieurs fois dans l’histoire.

 

Quand les militants « rejettent les partis », ce ne sont pas les partis qu’ils rejettent, mais l’absence de démocratie en leur sein. La « crise du militantisme », c’est la crise de l’implication de la reconnaissance, de la loyauté, de la transparence, de la fraternité démocratique.

 

Il faut retrouver la force, rassembler celles et ceux qui ont de l’expérience et sont prêts à « relever l’espoir » ! Il faut redonner envie, retrouver les anciens, pas les écarter. Pour ça, il faut donner le maximum de garanties de démocratie, de participation, d’engagement, d’exemples positifs, sur des objectifs qui changent vraiment la vie.

 

À partir des besoins immédiats, le salaire, l’emploi, le partage du travail et des richesses.

 

Comment travailler ensemble ?

 

Par le biais d’un comité de liaison, bien sûr ! Empiriquement, c’est ce qui s’est fait, de manière balbutiante entre 2018 et 2019.

 

Depuis 2017, il y a eu ce qu’on appelle une « réunion unitaire » nationale à Paris, soit contre les ordonnances anti-travail de Macron-Pénicaud (2017), soit en défense de la SNCF et des cheminots (avril 2018), soit pour « la marée populaire » (mai 2018), soit en soutien aux Gilets jaunes et contre la répression (2019), soit en défense du climat (à partir de la marche de septembre 2018), soit en défense des droits des femmes, soit en défense des droits des immigrés, soit pour des mobilisations plus ponctuelles… Se retrouvent dans ce cadre souple une trentaine de représentants d’au moins quinze de ces partis, souvent avec la participation d’associations comme Attac, Copernic, et de syndicats ou fédérations CGT, Sud, FSU.

 

Trente représentants, quinze groupes. Et ça ne suffit pas encore pour faire une « Marée populaire », même en voulant les dépasser par un « melting pot-au-feu ». Ça ne suffit pas pour emporter la majorité du salariat avec les cheminots et les Gilets jaunes. Mais cela a permis quelques avancées.

 

Aux yeux de millions de salariés, tous ces groupes ne sont pas connus. Mais ils le seraient s’ils formaient un tel comité de liaison. C’est encore obscur. Il n’y a pas de direction unique, de force suffisante. Pas de quoi créer l’enthousiasme si nécessaire. Mais difficile de ne pas partir de là.

 

Syriza, dans sa phase de construction entre 2003 et 2013, a agi ainsi : c’était une « coalition de la gauche radicale ». Elle a fait barrage aux fascistes d’Aube dorée et elle est passée devant le Pasok pour parvenir au pouvoir.

 

Au Portugal, alors que les désaccords à gauche étaient historiques et immenses, alors qu’ils paraissaient insurmontables, les électeurs ont donné une majorité de 21 sièges d’avance à la gauche PSP, PCP, Bloc de gauche. Les trois groupes avaient le choix : renoncer à exercer leur majorité et laisser la droite gouverner encore ou s’allier ! Ils l’auraient payé cher ! En 72 heures ils ont rédigé une plate-forme commune pour gouverner. Oh, c’est très loin d’être parfait : débats, controverses, difficultés continuent et continueront tant qu’il n’y aura pas de transformation anticapitaliste. Mais c’est autrement mieux que les sales coups que Macron fait pleuvoir sur les nôtre, et que tout ce que les libéraux font subir aux autres peuples de l’Union européenne !

 

Susciter l’envie, initier un chemin

 

Toutefois, un simple accord au sommet ne suffit pas ; il faut qu’une dynamique naisse, notamment sur le plan électoral. Or, les votes vont à la notoriété, à la présence, à l’action, à la force, autant sinon plus qu’aux détails du programme. L’union est un combat permanent. Les millions d’électeurs ne votent pas tant sur le programme que sur ce qui leur apparaît comme les chances de le réaliser…Si une démarche commune et fédérale démarre, elle intéressera vite un premier cercle de sympathisants et deviendra vite populaire. Si elle pousse l’opinion, tout penchera plus loin, plus facilement à gauche. Essayez de susciter une dynamique populaire sans passer par les partis et coalitions ! C’est impossible. Et si vous agissez comme nous le préconisons, alors vous aurez infiniment plus de chances d’aller plus loin et de dépasser les partis, et leur coalition telle qu’elle se présentait au moment des premiers accords.

 

Ce type de pas en avant vaut mille fois plus que la sanctification du meilleur des programmes.

 

Aux élections européennes du 26 mai 2019, les sondages l’indiquaient clairement : s’il y avait une liste unique de ces groupes, la gauche était en tête, au-delà de 30 %. Lors des débats télévisés, les six listes de gauche tenaient, aux yeux de millions de salariés, un langage voisin. En cas d’unité la dynamique aurait peut-être été plus loin que 30 %, tant le rejet de Macron était fort. Mais avec six listes de gauche entre 13,7 %, 6,6 %, 6,5 %, moins de 3 %, moins de 3 % et 0,5 %, l’immense majorité de l’électorat de gauche s’est abstenue sans même lire les programmes en détail. Le sentiment dominant a été que c’était raté, l’écœurement a fait le reste, il y a eu 48 % d’abstentions, en majorité dans le salariat.

 

Ce serait pareil pour la présidentielle à venir, car c’est un scrutin si pervers, si complexe, si clivé sur la personnalité qui va gagner et ensuite emporter la majorité aux élections législatives, que les décisions imposent calculs et coalitions préalables. Macron amène Le Pen, sa politique libérale brutale le condamne à ne pouvoir apparaître comme un « barrage » à Le Pen. Pourquoi y aurait-il un sursaut en sa faveur ? Le danger est donc grand s’il n’apparaît pas une autre issue à gauche ! Et elle ne pourra se faire sans unité à partir des groupes préexistants.

 

L’élaboration d’un nouveau programme de gouvernement prenant en compte les luttes du salariat, dans son ensemble, mais aussi le féminisme, l’antiracisme et la lutte contre le basculement climatique, devrait être la boussole de tous ceux qui veulent éviter le pire et unifier sur ce programme.

 

À ceux qui affirment qu’un tel regroupement ne serait pas « crédible » pour la masse des électeurs ou que le programme qui en découlerait serait « trop à gauche » pour l’emporter, nous feront remarquer que, quand ils se sentent libres et surs des choix qui vont être faits, les électeurs français n’ont pas peu de grand chose. Lors du premier tour de la présidentielle de 2002, ils ont donné jusqu’à 11,5 % des voix aux trois groupes trotskistes (NPA, LO, POI) qui existaient alors. À l’époque, Lionel Jospin paraissait gagnant presque à coup sûr au second tour et les salariés ont donc poussé plus à gauche. Pour indiquer la voie qu’il fallait emprunter.

 

Ne pas rééditer 2017, ni 2002, mais 1936 !

 

En 2012, les études l’avaient bien démontré : l’électorat de François Hollande et celui de Jean-Luc Mélenchon était le même. Là où Hollande était fort, Mélenchon était fort ; là où Mélenchon était fort Hollande était fort. Ils ne s’opposaient pas ; ils se complétaient et de nombreuses et fortes passerelles existaient. C’est faute d’alliance, et par les choix réactionnaires de Hollande & Cie, que tout est allé à vau-l’eau.

 

En 2016-2017, si elle était réalisée, l’unité Mélenchon-Hamon était donnée en tête au second tour, dans tous les sondages qui l’étudiaient. Puis, la dynamique alla vers Mélenchon et des millions d’électeurs socialistes se prononcèrent finalement pour lui – en tant que candidat le mieux placé – afin qu’il y ait un candidat de gauche présent au second tour. Il obtint 19 %. Il aurait franchi le cap s’il avait pu convaincre les 6 % d’électeurs, qui restèrent à Benoît Hamon, de voter pour lui. Mais c’était impensable sans un accord politique signé et public entre les deux candidats. Ni Jean-Luc Mélenchon, ni Benoît Hamon, ne voulurent de cet accord qui aurait abouti à une situation inédite où Mélenchon aurait été président et Hamon Premier ministre, inaugurant une nouvelle page de l’histoire de la gauche en même temps que de la République… Ils perdirent séparément et nous firent perdre tous ensemble, en permettant l’irruption de Macron.

 

Décidément, le meilleur des programmes ne suffit pas, sinon cela fait longtemps que le socialisme l’aurait emporté partout… La première condition de la victoire, ce n’est pas le programme, c’est l’unité. La victoire des forces constituant le Front populaire, en mai-juin 1936, est là pour nous le rappeler. Le programme du Rassemblement populaire était largement en deçà des revendications de la CGT réunifiée, comme de la SFIO et du PCF. Mais les salariés n’ont pas voté pour le catalogue de vagues mesures et de bonnes intentiosn mis au point en quelques semaines par les forces de gauche ; ils ont voté pour la victoire qui était enfin à leur portée ! Ils ont voté pour l’unité !

 

La seconde leçon de 1936, c’est que pour gagner vraiment, une « insurrection civique » ne suffit pas. Il faut une « insurrection sociale ». Il faut que le mouvement social soit assez puissant pour mobiliser, marquer les esprits, imposer ses thématiques et ses revendications dans la campagne électorale, faire pression, en tant que dépositaire de la victoire politique, sur le pouvoir fraîchement élu. C’est ainsi que des conquêtes démocratiques et sociales peuvent actuellement être obtenues. Si l’unité politique et syndicale s’ébauche, même à tâtons, des millions d’électeurs salariés y verront à juste titre une promesse de lendemains meilleurs !

 

Pour une dynamique novatrice

 

S’il y a un émiettement désastreux à gauche, il y a aussi a contrario des raisons d’espérer.

 

Plus personne ne peut prétendre à l’hégémonie. Le centre de gravité de la gauche est bel et bien à gauche. Et c’est autour de ce centre de gravité qu’on peut reconstruire. Les différents appels qui ont éclos au lendemain des européennes du 29 mai 2019 convergent largement sur le fond. Rien ne justifie qu’une nouvelle hégémonie apparaisse. De Place publique au NPA, si des différences existent, il y a aussi un champ de convergences important.

 

C’est de là qu’il faut partir, en acceptant de discuter de toutes les questions sans exclusive. Dans l’immédiat, la convergence des appels (Marée populaire, Sursaut, Big Bang, Convergeons…) est un premier pas. Cette convergence peut se décliner sur tous les territoires et engager une dynamique salutaire. La constitution d’un comité de liaison ouvert de toute la gauche politique, sociale et écologique serait un pas supplémentaire.

 

Sans attendre, c’est la responsabilité de chacune et de chacun d’organiser ces convergences dans des assemblées citoyennes ouvertes, des collectifs locaux sur le social, l’écologie, la démocratie.

 

Le fait de mener des campagnes communes sur ADP, évidemment sur les retraites, sur le droit du travail et les licenciements, mais aussi sur le climat, sur l’assurance chômage, sur les services publics ou encore sur la santé, est le gage d’une dynamique féconde. Alors, allons-y !

 

Nous reproduisons ici le dossier du numéro de janvier de Démocratie&Socialisme, la revue de la Gauche démocratique et sociale (GDS).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

only Bernie beats Trump

L’uberisation progresse comme une lèpre

L’ubérisation progresse comme une lèpre

Macron et Pénicaud manipulent la présentation des taux de chômage : avec eux ce n’est pas le chômage qui baisse mais les statistiques. Ils ont remplacé la référence aux chiffres de Pole Emploi et ceux de la DARES par la référence aux chiffres du BIT. Or le BIT exclut du chômage toute personne qui a travaillé une seule heure dans le mois précédent : avec cette méthode, les demandeurs d’emploi selon le BIT ne sont que 3,365 millions. Alors que les demandeurs d’emplois selon Pôle emploi, c’est 5,531 millions. Pour camoufler la différence, ils parlent maintenant de  « halo du chômage » (sic), il est de 1,6 million. Et comme, depuis le 1ernovembre, ils ont rendu plus difficiles les inscriptions (il faut 6 mois de travail au lieu de 4 mois), plus massives les radiations et raccourci la fin des droits, forcément, en apparence, les chiffres du chômage baissent.

A cela s’ajoute la progression forcée du travail non salarié.

En 2019, en France, 12,1 % des personnes occupant un emploi sont « ‪indépendants » ; statut plus répandu chez les ‪hommes(15,3 %) et les‪seniors(17,3 %) – vient de nous dire l’INSEE.

 

Ce chiffre veut dire que la politique de Macron avance comme la lèpre.

 

 

La partie des salariés actifs recule : 90 % dans les années 2010 et autour de 88 % à ce jour.

Sous Macron, ils parviennent donc lentement à exclure 1 à 2 % des actifs du salariat qu’ils réussissent formellement à ubériser. Assez pour les « extraire » des comptes du chômage.

 

En fait ces ex-salariés ne peuvent plus accéder à l’indemnisation en tant que chômeurs, donc au lieu de s’inscrire au pôle emploi, ils sont poussés vers le « travail indépendant ». Les voilà, loueurs de bras, journaliers, besogneux, tâcherons, appointés, trimardeurs, auto-entrepreneurs, incubateurs, startuppers. Retour vers le XIX° siècle.

 

Toujours selon l’INSEE, sur la dernière décennie, la population active âgée de 15 à 64 ans a augmenté de 1,0 million de personnes en France dite « métropolitaine ».

Mais malgré cela, il n’y a seulement que 71 % d’actifs en France (en dessous de l’Union européenne à 72,9 % et loin  derrière des pays comme la Suède ou le Danemark dont les taux d’activité atteignent respectivement 82,1 % et 80,0 %).

Sur cette population active française de 71 %, à part les chômeurs officiels, 57 % est salariée, et récemment, ce sont les non-salariés, 8,9 % qui sont en hausse.

 

Le problème est que cela ne résout rien, à part la propagande du gouvernement, car le chiffre d’affaire moyen des auto-entrepreneurs économiquement actifs est inférieur à 1400 euros,  et le taux de pauvreté de ces « indépendants »  atteint 16,6 % d’entre eux. Bien plus que le taux de pauvreté des salariés qui est de 5,9 %.

L’ubérisation est un appauvrissement des victimes de ce faux travail prétendu indépendant.

Et aussi des caisses de Sécurité sociale.

 

lire chaque semaine l’humanité dimanche chronique au boot n° 482 Filoche