Macron pour le « secret des affaires » exemple HSBC swiss leaks (ce soir mercredi 11 voir « tour eiffel » )

SwissLeaks – HSBC : une banque au lourd passé et au présent sulfureux

9 février par Eric Toussaint

La banque HSBC est revenue sur le devant de la scène. Selon les informations publiées par plusieurs organes de presse le 9 février 2015, 180,6 milliards d’euros seraient passés, à Genève, par les comptes HSBC, entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007 (soit en moins de 5 mois !) |1|. Mohamed VI roi du Maroc, des vedettes du monde du spectacle, de multiples sociétés privées, auraient confié à HSBC la mission de dissimuler au fisc et à la justice de leur pays une partie de leurs revenus. Dans l’article ci-dessous, nous revenons sur l’histoire passée et récente d’HSBC, une des principales banques privées à l’échelle mondiale.

Le sigle HSBC signifie “Hong Kong and Shanghai Banking Corporation”. Dès ses origines, la banque est mêlée au commerce international de drogues dures. En effet, elle a été fondée dans le sillage de la victoire britannique contre la Chine dans les deux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860). Ces deux guerres ont joué un rôle décisif dans le renforcement de l’empire britannique et dans la marginalisation de la Chine qui a duré environ un siècle et demi. Au cours de ces deux guerres, le Royaume-Uni a réussi à imposer à la Chine d’accepter les exportations britanniques d’opium en provenance de l’Inde (qui faisait partie de l’empire britannique). La Chine a bien tenté de s’opposer au commerce de l’opium mais les armes britanniques, avec le soutien de Washington, ont eu le dessus. Londres a créé une colonie à Hong Kong et, en 1865, est fondée la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation par un commerçant écossais spécialisé dans l’importation d’opium (à l’époque, 70 % du fret maritime qui passait par Hong Kong concerne l’opium venu des Indes). Depuis ce moment, l’histoire de la banque a suivi étroitement la politique extérieure du Royaume-Uni et les intérêts du grand patronat britannique en Asie. Après 1949 et la victoire de la Chine de Mao, la banque se replie sur Hong Kong, resté territoire britannique. Ensuite, entre 1980 et 1997, elle développe ses activités aux États-Unis et en Europe. Elle ne déplace son siège social de Hong Kong à Londres qu’en 1993, avant la rétrocession du territoire à la République populaire de Chine réalisée en 1997. HSBC reste incontournable à Hong Kong dont elle émet 70 % des billets de banques (le dollar de Hong Kong). Hong Kong constitue un élément clé dans la chaîne du blanchiment d’argent accumulé par la nouvelle classe dirigeante chinoise. Rappelons que le groupe mondial HSBC employait 260 000 personnes en 2014, est présent dans 75 pays et déclare 54 millions de clients |2|.


HSBC impliquée dans d’autres crimes financiers

Blanchiment, manipulation, vente abusive et frauduleuse, évasion fiscale… HSBC a plus d’un tour dans sa manche !

En plus du blanchiment d’argent de la drogue et du terrorisme |3|, HSBC est impliquée dans d’autres affaires : la manipulation du marché des taux de change (l’affaire a éclaté en 2013 et porte sur un marché quotidien de 5 300 milliards de dollars) |4|, la manipulation des taux d’intérêt interbancaire (dont le Libor) |5|, la vente abusive et frauduleuse de dérivés sur les taux d’intérêt, la vente abusive et frauduleuse de produits d’assurances aux particuliers et aux PME au Royaume-Uni (la FSA, l’autorité de contrôle britannique, a poursuivi HSBC dans cette affaire qui a révélé que la banque a vendu des assurances ne servant à rien ou si peu ! |6|), la vente abusive de Mortgage Backed Securities aux Etats-Unis, la manipulation du cours de l’or et du cours de l’argent (l’affaire a éclaté en janvier-février 2014 |7|) et l’organisation à une échelle massive de l’évasion fiscale des grosses fortunes (voir ci-dessous).


Hervé Falciani, le Edgar Snowden d’HSBC ?

Hervé Falciani, un citoyen franco-italien, a travaillé aux services informatiques de HSBC Suisse à Genève de 2006 à 2008. Avant de quitter la banque, il a copié 127 000 fichiers qui relient HSBC à des opérations massives de fraude et d’évasion fiscale dans laquelle elle joue un rôle souvent actif. Il s’installe en France. La Suisse décide de l’arrêter et lance un mandat d’arrêt international via Interpol pour « soustraction de données », « violation du secret bancaire et du secret commercial » et « présomption de service de renseignements économiques ». Il faut souligner que la Suisse n’a pas attaqué HSBC.

Début 2009, le domicile niçois de Falciani fait l’objet d’une perquisition effectuée par la police locale. Les infos qu’il détient sont explosives : parmi les 127 000 fichiers se trouvent des exilés fiscaux français (8 231 selon Falciani), belges (plus de 800), espagnols (plus de 600 noms), grecs (la fameuse liste dite Lagarde car la ministre française l’a remise aux autorités grecques en 2010, elle contient environ 2 000 noms), allemands, italiens, mexicains, états-uniens… Hervé Falciani remet tout ou une partie des informations qu’il détient aux autorités françaises et à celles d’autres pays.

Ensuite, selon ses dires, il collabore avec les autorités de Washington auxquelles il livre des informations qui font avancer l’affaire du blanchiment par HSBC de l’argent des cartels de la drogue du Mexique et de Colombie. Puis il se rend en Espagne en 2012 afin de collaborer avec les autorités espagnoles. Il y est d’abord arrêté en application du mandat d’arrêt lancé par la Suisse. La Suisse insiste pour que l’Espagne lui livre Hervé Falciani, ce que l’Espagne refuse en mai 2013 car la justice espagnole le considère comme un témoin privilégié dans plus grandes affaires de fraude et d’évasion fiscale |8|. En effet, la communication aux autorités espagnoles des données dérobées par H. Falciani avait permis dès 2011 de découvrir une grande quantité d’argent (environ 2 milliards €) déposée en Suisse par des membres de la famille d’Emilio Botin, le président de Santander (la première banque espagnole). Celui-ci, acculé, a versé aux autorités espagnoles 200 millions € d’amende. Les données livrées par H. Falciani ont également débouché sur le scandale du financement frauduleux du Parti Populaire, le parti du premier ministre Mariano Rajoy |9|. La justice espagnole fournit une protection policière permanente à Hervé Falciani. Les autorités belges et françaises rencontrent H. Falciani et utilisent les données fournies, instruisent des dossiers. Il n’est pas du tout certain que cela débouchera sur des condamnations pour fraude car il est plus que probable que des arrangements financiers (en Belgique, cela s’appelle des régularisations fiscales) permettront aux fraudeurs d’y échapper.

Il faut souligner que, dans cette affaire, non seulement la Suisse cherche à arrêter le lanceur d’alerte, c’est le cas également en Grèce où la justice a arrêté l’éditeur de la revue « Hot Doc », Kostas Vaxevanis, parce qu’il avait osé publier en octobre 2012 la liste Lagarde-HSBC-Falciani que les autorités grecques avaient égarée depuis trois ans |10|. Suite aux réactions citoyennes en Grèce et sur le plan international, le journaliste a finalement été acquitté lors de son procès. Il n’est pas facile de dénoncer une banque et les riches fraudeurs qu’elle protège ou, ce qui revient à peu près au même, de dénoncer les riches fraudeurs qui protègent les banques et leur sacro-saint secret bancaire. Il y a bien une véritable symbiose entre les grandes banques et la classe dominante, comme existent des passerelles permanentes entre les gouvernants et les grandes entreprises, en particulier celles de la finance.
HSBC a décidé de contourner une directive de l’Union européenne
En 2013, l’Union européenne a annoncé qu’elle fixait une limite aux bonus que pouvaient recevoir les dirigeants et les traders d’une banque. Le bonus ne peut pas être supérieur au double de la rémunération salariale fixe. Si un dirigeant a une rémunération fixe de 1,5 million d’euros par an, les bonus ne pourront pas dépasser 3 millions d’euros (donc une rémunération totale de 4,5 millions). Qu’à cela ne tienne, la direction d’HSBC a annoncé en février 2014 qu’elle allait fortement augmenter la rémunération fixe de ces dirigeants afin que leur bonus ne soit pas réduit |11|.


Conclusion

La banque HSBC devrait être fermée, sa direction devrait être licenciée sans indemnité et poursuivie en justice. Le mastodonte HSBC devrait être divisé sous contrôle citoyen en une série de banques publiques de taille moyenne dont les missions devraient être strictement définies et exercées dans le cadre d’un statut de service public.

Notes

|1| Voir notamment http://www.lemonde.fr/economie/arti…

|2| Voir son site official : http://www.hsbc.com/about-hsbc

|3| Voir Eric Toussaint, « Les barons de la banque et de la drogue », publié le 14 avril 2014, http://cadtm.org/Les-barons-de-la-b…

|4| Voir Eric Toussaint, http://cadtm.org/Comment-les-grande…

|5| Voir http://cadtm.org/Les-grandes-banque… publié le 30 avril 2014

|6| Le Monde, “Cernée par les scandales, HSBC ternit un peu plus la réputation de la City”, 1er août 2012.

|7| Financial Times, “Fears over gold price rigging put investors on alert. German and UK regulators investigate”, 24 février 2014.

|8| Le Soir, « Vol de fichiers bancaires chez HSBC : le récapitulatif », 8 mai 2013, http://www.lesoir.be/239380/article…

|9| Le Monde, « Evasion fiscale : le parquet espagnol s’oppose à l’extradition de Falciani, ex-employé de HSBC », 16 avril 2013 http://www.lemonde.fr/europe/articl… The New York Times, « A Banker’s Secret Wealth », 20 septembre 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/21/b… « The French government passed on to Spain data that it had obtained from Hervé Falciani, a former employee in HSBC’s Swiss subsidiary, naming almost 600 Spanish holders of secret bank accounts. Among those was one belonging to the estate of Mr. Botín’s father. » http://www.nytimes.com/2011/09/21/b…

|10| Kostas Vaxevanis, « Pourquoi j’ai publié la liste Lagarde », The Guardian, 31 octobre 2012
« http://www.presseurop.eu/fr/content…

|11| Financial Times, “HSBC plans to sidestep EU Bonus cap revealed”, 25 février 2014.

 

merci a eric toussaint  CADTM

Tirons les leçons du second tour de la législative du Doubs !

Ouf !

Le candidat du Pati Socialiste l’a emporté face à la candidate du FN ! Frédéric Barbier a obtenu 51,43 % des suffrages exprimés contre 48,57 % à Sophie Montel. 15 504 voix contre 14 64 : une différence de 863 voix.

Le FN était pourtant arrivé en tête au 1er tour avec 32,6 % des suffrages exprimés, alors que le PS plafonnait à 28,8 % et que le candidat de l’UMP était éliminé avec 26,5 %.

Entre les deux tours, la participation a augmenté de 9,5 points, de 39,56 % des inscrits à 49,07 %) et 6 403 électeurs supplémentaires ont voté le 8 février.

Frédéric Barbier a gagné 8 088 voix et progresse de 22,6 points. Il a sans doute bénéficié du report d’une bonne partie des voix du FdG, de EELV et dans une moindre mesure de LO, malgré le silence assourdissant de Jean-Luc Mélenchon et le refus de LO d’appeler à battre le FN. Il a bénéficié également du report d’environ 1/3 des voix qui s’étaient porté sur le candidat UMP au 1er tour et de l’apport d’une partie des voix des électeurs qui n’avaient pas voté lors de ce 1er tour.

Mais le regain de mobilisation n’a pas profité qu’au candidat du PS. Sophie Montel, progresse, elle-aussi, même si c’est dans une moindre mesure, de 16 points et de 6 269 voix ! C’est extrêmement dangereux : le FN a maintenant des réserves pour les seconds tours.

La bipolarisation de la vie politique

Dans un entretien accordé au Monde du 28 mars 2014, au lendemain du 1er tour des Municipales, Marine Le Pen avait indiqué clairement le but et les moyens de sa stratégie de conquête du pouvoir : « On passe par une tripolarisation de la vie politique française. Or, sauf à passer à une VIème République, la Vème va imposer à nouveau une bipolarisation, c’est la logique des institutions. Cela se fera entre l’UMPS d’un côté et le Front National -Rassemblement Bleu Marine de l’autre ».

Nous étions, nous sommes prévenus.

L’ « effet 11 janvier » n’a pas pesé très lourd

L’ « Union nationale » réalisée lors des 10 et 11 janvier n’aura pas duré très longtemps. L’ « effet 11 janvier » aura sans doute pesé dans le résultat du second tour mais cela n’a pas empêché une bonne partie  des électeurs de l’UMP de voter pour le FN (sans doute la moitié), de s’abstenir ou de voter blanc (les bulletins blancs et nuls ont augmenté de 5,5 points (2 000 bulletins) entre les deux tours.

Oui, il y a le feu au lac !

Jean-Christophe Cambadélis a raison d’affirmer : « Il y a le feu au lac !» mais encore ne faut-il pas se tromper de lac. Cambadélis accuse la désunion de la gauche mais, ce qui divise avant tout la gauche, aujourd’hui, c’est la politique du gouvernement de Manuel Valls. Il n’est pas possible d’unir la gauche derrière une politique qui tourne le dos aux « 60 engagements de François Hollande » et va au devant des souhaits du Medef et de la Commission européenne.

Donnant, lui aussi, dans l’image aquatique, Manuel Valls affirme « Le FN représente un véritable danger, surtout quand, en face, la digue n’est pas suffisamment solide … » Sans doute découvre-t-il que la porosité entre l’électorat de l’UMP et du FN est, aujourd’hui, largement dépassée et que depuis bien longtemps les digues n’existent plus ?

Claude Bartelone souligne que « La gauche n’a pas vocation à être le spectateur ou le commentateur de la marche de l’extrême-droite vers le pouvoir » C’est , malheureusement, ce qu’elle fait en se retranchant derrière des principes abstraits tels les « valeurs de la République » alors que depuis 2012, l’une des valeurs essentielles de la République, l’égalité ne fait que reculer sous les coups de boutoirs de la hausse du chômage, de la précarité, de la pauvreté, de la démolition des droits sociaux.

A écouter ces trois éminentes personnalités rejeter les responsabilités de la situation politique actuelle sur le FdG, EELV ou l’UMP, on ne peut que se poser la question : mais qui détient le pouvoir aujourd’hui, qui est aux manettes, qui peut faire changer concrètement la situation politique, économique et sociale ?

La clé du problème : un gouvernement de gauche qui mène une politique de gauche ;

Jean-Christophe Cambadélis a raison d’insister « Pour 2017, le danger demeure, non pas d’un 21 avril inversé, mais d’un 21 avril aggravé ». Si la gauche au pouvoir ne mène pas une politique de gauche, elle ne pourra pas mobiliser les électeurs de gauche qui s’abstiennent massivement et empêcher la droite ou l’extrême-droite de l’emporter en 2017. Les électeurs ne croient que ce qu’ils voient !

Manuel Valls, Claude Bartelone et Jean-Christophe Cambadélis auraient donc tout intérêt à méditer ces propos d’un électeur de Frédéric Barbier (rapportés par Libération  du 8 février) : « Je ne me suis pas déplacé la semaine dernière parce que les politiques me dégoûtent de plus en plus. Aujourd’hui, je suis là pour faire barrage au FN. Mais la gauche devrait faire attention… Si elle continue à mener une politique de droite et à oublier ses électeurs, la prochaine, je reste chez moi. Et je ne pense pas être le seul dans cet état d’esprit ».

 

JJ Chavigne lettre hebdo de D&S

 

300 économistes : « Nous sommes avec la Grèce et l’Europe »

Trois cents économistes et universitaires, de tous les continents, appellent les gouvernements européens et les institutions internationales à « respecter la décision du peuple grec » et à « engager des négociations de bonne foi avec le nouveau gouvernement grec pour résoudre la question de la dette ».

« Nous appelons les gouvernements d’Europe, la commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI à respecter la décision du peuple grec de choisir une nouvelle voie et d’engager des négociations de bonne foi avec le nouveau gouvernement grec pour résoudre la question de la dette.

Le gouvernement grec a raison de soutenir qu’une profonde réorientation est nécessaire car les politiques mises en œuvre jusque là sont un complet fiasco. Elles n’ont apporté ni la reprise économique, ni la stabilité financière, ni les emplois, ni même des investissements directs étrangers. Elles ont abîmé la société grecque et affaibli ses institutions. L’approche suivie fut purement et simplement néfaste, elle n’a permis aucun progrès qu’il conviendrait de préserver. Nous demandons aux partenaires européens de prendre acte de cette réalité qui est à l’origine de l’élection du nouveau gouvernement grec.

La Grèce a besoin de mesures humanitaires immédiates, d’un salaire minimum plus élevé, de création d’emplois, d’investissements et de mesures qui permettent de restaurer et d’améliorer les services de bases tels que la santé et l’éducation. Il lui faut se doter d’un système fiscal plus robuste et plus progressif, qui repose moins sur la TVA et soit mieux à même de taxer les revenus et les patrimoines. Le nouveau gouvernement doit aussi combattre, punir et éradiquer la corruption. Pour mener ces politiques à bien et leur donner le temps de démontrer leur efficacité, des marges budgétaires sont nécessaires. En attendant, le pays a besoin du refinancement de la Banque centrale européenne pour stabiliser son système bancaire. Nous demandons aux autorités européennes et aux gouvernements de laisser à la Grèce ces marges budgétaires et de garantir ce refinancement.

Le gouvernement grec a raison d’exiger une annulation de sa dette vis-à-vis des partenaires européens. Cette dette est insoutenable et ne sera jamais remboursée quoi qu’il advienne. Il n’y a donc pas de perte économique pour les autres pays et leurs contribuables. Au contraire, un nouveau départ pour la Grèce permettra de relancer l’activité, d’augmenter les revenus et de créer des emplois et bénéficiera ainsi aux pays voisins. Nous demandons instamment aux créanciers de la Grèce de saisir cette chance et d’exposer clairement et honnêtement ces faits aux populations.

Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement le sort de la Grèce, mais bien le futur de l’Europe dans son ensemble. Une politique de menaces, d’ultimatum, d’obstination et de chantages signifierait, aux yeux de tous, l’échec moral, politique et économique du projet européen. Nous demandons instamment aux leaders européens de rejeter et de condamner toutes les tentatives d’intimidation et de coercition à l’égard du gouvernement et du peuple de Grèce.

A l’inverse, le succès de la Grèce peut indiquer un chemin vers la prospérité et la stabilité en Europe. Il permettrait un renouveau de la démocratie et ouvrirait le jeu électoral à d’autres changements constructifs. Nous sommes avec la Grèce et l’Europe, pour la démocratie et le changement. Les dirigeants européens doivent reconnaître le choix démocratique décisif effectué par le peuple grec dans des circonstances extrêmement difficiles, procéder à une évaluation réaliste de la situation et s’engager sans tarder sur la voie d’une négociation raisonnable. »

Premiers signataires

Elmar Altvater (FU, Allemagne)
Philippe Askenazy (CNRS, France),
Clair Brown (University of California, Berkley, Etats-Unis)
Dorothee Bohle (Central European University, Hongrie)
Giovanni Dosi, (Pisa Institute of Economics, Italie)
Cédric Durand (Université Paris 13, France)
Gerald Epstein (UMASS, Etats-Unis)
Trevor Evans (Berlin School of Economics and Law, Allemagne)
James Galbraith (University of Texas at Austin, Etats-Unis)
Gaël Giraud (CNRS, France)
Stephany Griffith-Jones (Columbia University, Etats-Unis)
Laura Horn (Roskilde University, Danemark)

Michel Husson (Attac France)
Robert Jessop (University of Lancaster, Royaume-Uni)
Steve Keen (Kingston University, Royaume-Uni)
Marc Lavoie (Ottawa University, Canada)
Tony Lawson (Cambridge, Royaume-Uni)
Dimitris Milonakis (University of Crete, Grèce)
Andreas Nölke (Goethe University Frankfurt/Main, Allemagne)
Dominique Meda (Paris Dauphine, France),
El Mouhoub Mouhoud (Paris Dauphine, France)
André Orléan (EHESS, France),
Henk Overbeek (VU University Amsterdam, Pays-Bas)
Mario Pianta (University of Urbino, Italie)
Alfonso Palacio Vera (Computense University of Madrid, Espagne)
Anwar Shaikh (New School for Social Research, Etats-Unis)
Jacques Sapir (EHESS, France)
Robert Wade (LSE, Royaume-Uni)

 

La suite des signataires sur le Site de Médiapart : 05/02/2015.

intervention au Conseil national du PS samedi 7 février 2015

Bonjour chers camarades du Conseil national

 

Oui, le titre de la contribution que la présidente du CN  vient d’annoncer et que je vous présente, affiche qu’il faut « redistribuer les richesses » pour faire une politique de gauche, « sauver » le parti socialiste et la gauche,  ces richesses existent, la France n’a jamais été aussi riche, il ne faut pas attendre pour les redistribuer car les redistribuer est le MOYEN de sortir de la crise ! Tout est là.

La contribution a été déposée hier soir avec 1200 signatures venues de 90 départements, ces militants sont avides de participer à ce débat de congrès tellement nécessaire à notre parti.

Le temps des contributions, c’est la démocratie, permet de se lire et s’écouter, et nous sommes en accord naturellement avec ce qu’a dit ici, Emmanuel Maurel, mais aussi Fréderic Lutaud, mais aussi Christian Paul de Vive la gauche, mais aussi en partie Jean-Marc Germain.

Il nous semble qu’il faut échanger, établir des passerelles, faire un grand accord, pour une plateforme de fond qui permette une nouvelle majorité de notre parti, qui elle même permette, pousse à une ré orientation de la politique du gouvernement.

 

Car ré orienter le gouvernement est dramatiquement urgent, sinon nous allons dans le mur, sinon le quinquennat ne sera pas réussi, et alors pas la peine de parler de 2017 ce sera perdu.

Si nous ne voulons pas que notre Parti soit balayé par nos électeurs, ou au moins par leur abstention. Ne pas connaitre le triste sort du Pasok. Nous devons plutôt être Syriza.

Nous aimons et défendons le grand Parti socialiste, sa grande histoire, depuis un siècle, de Jean Jaurès à nos jours, le grand parti de la gauche, du salariat, sa démocratie, son pluralisme, le parti des travailleurs qui produisent les richesses, nous ne sommes pas « passéistes », nous ne sommes pas « une étoile morte », nous n’avons pas à changer de nom,

nous sommes le parti des 40 h, des 39 h, des 35 h, le parti du smic, des salaires, des CE, des DP, des syndicats, des CHSCT… oui des CHSCT qui sont la plus grande et belle avancée pour la santé, la sécurité des travailleurs depuis 30 ans, depuis les lois Auroux, hélas, il n’en existe que 22 000 sur 1,2 million d’entreprises, pas question de les supprimer mais au contraire, il faut les renforcer… Nous défendons le parti de la République parlementaire, sociale, des droits démocratiques, de la réforme fiscale, de la reconstruction du code du travail, un code qui n’est ni trop « gros » ni « répulsif »…

 

Ce qui nous met mal à l’aise quand le Premier ministre, va en Chine inviter les dictateurs chinois à venir en France parce qu’on y « licencie facilement », parce que les 35 h n’y sont qu’une « référence »… Car le droit à la protection face au licenciement est un droit de l’homme : l’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen impose de « définir préalablement les hypothèses de rupture d’un contrat ». La Charte sociale européenne, approuvée par la loi du 10 mars 1999, article 24  prévoit « qu’en vue d’assurer l’exercice effectif du droit à la protection en cas de licenciement, les parties s’engagent à reconnaître le droit des travailleurs à ne pas être licenciés sans motifs valables liés à leur aptitude ou conduite, ou fondés sur des nécessités de fonctionnement de l’entreprise ». L’article 7 de cette convention : « le salarié doit pouvoir se défendre avant tout licenciement prononcé pour des motifs liés à sa conduite ou à son travail ». Nous n’avons pas à brader les droits de l’homme et des travailleurs devant les dictateurs chinois, ce n’est pas la grande tradition socialiste ni hier ni aujourd’hui.

Nous sommes mal à l’aise quand le ministre de l’économie crie « enrichissez vous » et depuis La Vegas, demande aux « jeunes d’avoir envie d’être milliardaires » avant de leur proposer de prendre l’autocar quand ils n’ont pas assez de sous pour prendre le TGV… Ce n’est surement pas l’idéal des socialistes pour la jeunesse. On ne peut pas à la fois être honnête et milliardaire. On ne peut pas se moquer des jeunes en leur fixant pareil horizon. C’est dans ce genre de désert des idéaux que naissent les scorpions intégristes qui ont voulu tuer Charlie.

Nous sommes mal à l’aise quand le même ministre propose de faciliter encore davantage les licenciements, de travailler le dimanche et de nuit pour des femmes pauvres et précaires et des étudiants désargentés, d’empêcher les salariés de se défendre devant les prud’hommes, d’être ré intégrés et indemnisés, mais aussi quand il écrase l’inspection du travail, quand il supprime la médecine du travail, quand il supprime le droit pénal du travail et insécurise les élus du personnel face à la délinquance patronale, bloque les salaires, distribue des actions gratuites, et dérégule tout… Est-ce que c’est le moment quand on a 40 000 emplois de moins le mois dernier, 192 000 chômeurs de plus en 2014, 450 000 de plus depuis mai juin 2012, de faciliter le licenciement ? Ce n’est ni intelligent économiquement, ni la tradition du socialisme ni son avenir.

Déréguler, cela a toujours été prouvé par l’expérience, ça augmente le chômage, ça augmente la crise, ce sont les pays pauvres qui n’ont pas de règles, le droit DU travail ca donne du droit AU travail… Nous devons en avoir davantage pas céder à l’UMP, à Pierre Gattaz qui osent réclamer le licenciement sans motif ni recours c’est à dire la dictature de l’employeur, la fin de l’état de droit dans l’entreprise.  Comment peut on crier « vive l’entreprise » sans crier « vive les salariés » ? Une entreprise n’est rien sans salariés, et ce sont nos électeurs ! Augmentons les salaires, réduisons la durée du travail,  il est impossible de réduit le chômage de masse, les 6 millions de chômeurs actuels, sans réduire la durée du travail, protégeons les 35 h et marchons vers 32 h car nous sommes en plein boom démographique : 850 000 naissances par an depuis l’an 2000, bientôt 400 000 jeunes chaque année viendront se présenter sur le marché du travail, et il sera impossible, impossible de leur répondre sans baisser drastiquement la durée du travail, sans partager le travail et ses richesses.

Enfin on est mal à l’aise avec cette prétendue « unité nationale » et cette curieuse invocation de « l’esprit du 11 janvier ». La République n’est pas un fétiche abstrait qui peut s’épanouir en même temps que le chômage et que se casse le droit du travail avec le projet de loi Macron. Ca ne colle pas. Ca s’oppose. Comment peut-on vouloir faire l’unité nationale et avec qui ? Ca n’a pas de sens avec M Arnaud et Mme Bettencourt qui possèdent à eux deux plus que 20 millions de français. Ni faire « l’unité nationale » avec le chef de l’UMP Sarkozy qui va chercher son argent au Qatar et qui prétend revenir combattre l’intégrisme ici. Ni faire « l’unité nationale » avec le Pen qui soutient la troïka pour que celle ci exige le paiement intégral de la dette grecque par Syriza.

Ca n’a pas de sens l’unité nationale quand on n’arrive même pas à faire « l’unité des socialistes » dans le gouvernement. Car rappelons le, on a un gouvernement minoritaire qui divise les socialistes entre eux. Et quand on n’arrive pas à faire l’unité des socialistes, on ne parvient pas à fédérer la gauche dans le pays. qu’est ce que ça veut dire « l’unité nationale » quand on n’a pas l’unité de la gauche , du vent ! Sans unité de la gauche rien n’est possible. Ce n’est pas avec notre ennemi le Medef qu’il faut rechercher des accords mais avec les Verts et le Fdg, faire synthèse mais avec tous les partis de gauche.

  • Vous voulez des équilibres budgétaires, vous voulez faire « plaisir » à Merkel ? Je sais comment y arriver : embauchons les inspecteurs des impôts nécessaires, menons farouchement la lutte contre la fraude fiscale… Mais pour cela il faut s’opposer à l’oligarchie. Aux 1 %. Aux milliardaires voleurs. Comme en Grèce. Comme Syriza. Il y faut de la volonté politique, nous sommes les 99 %, il faut un grand parti socialiste courageux, une majorité courageuse capable de s’attaquer à la finance, un gouvernement volontaire pour la mater, la contrôler ! Une unité, un gouvernement de la gauche rose rouge verte. C’est possible si, nous, militants, donnons une nouvelle majorité à notre parti qui veuille aller dans ce sens, les 21 mai et 6 juin, au congrès de Poitiers. C’est seulement par ce bout-là que l’on peut redistribuer les richesses. Remobiliser le peuple, regagner les élections perdues. Voilà ce que propose la contribution que je viens de défendre et vous invite à lire, et avec d’autres, un débat, un accord, une majorité nouvelle rassemblée sont à portée de main. Si on le veut toutes et tous.

 

 

 

 

contribution commune avec une partie de la motion 4 : Oser un écosocialisme solidaire et démocratique

Voir la version en ligne

Oser un écosocialisme solidaire et démocratique

Encore quelques heures avant le dépôt de la contribution commune avec Démocratie & Socialisme. Merci à tous ceux qui ont déjà signé et pour leurs encouragements. Le rassemblement de la gauche sur des valeurs sociales et écologiques a commencé. Ne doutons pas que ce n’est qu’un début, la dynamique doit s’emplifier.
Le texte est a votre disposition, vous y trouverez des réponses concrètes pour répondre au chômage de masse, aux inégalités, à la dette, à la crise environnementale et alimentaire, aux défis de notre temps. Mais plus encore, c’est un projet de société que nous devons promouvoir, un nouveau modèle de développement. La sortie du libéralisme passe par une politque économique de gauche qui applique ses principes de justice sociale, combat la finance et se projette dans l’avenir. L’essoufflement de nos démocraties demande une réforme profonde de nos institutions pour un autre partage des pouvoirs et des richesses.
Cette contribution, nous l’avons rédigée avec toute l’exigence et la conviction dont sont capables les camarades de la motion 4 et de Démocratie & Socialisme. Elle remporte déjà l’adhésion dans nos rangs. Il faut maintenant la défendre auprès de tous les socialistes et faire parler la gauche au prochain congrès. Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, signer et faites signer autour de vous.

Amitiés socialistes,

Frédéric Lutaud

Les premiers signataires : Frédéric LUTAUD (BN 75), Gérard FILOCHE (BN 75), Henri CHAZELLE (CN 75), Vincent COPPOLANI (CN 17), Romain NOUARD (CN 08), Pierre POLARD (CN 34), Bertrand LAFORGE (CN 93), Virginie HOUADEC (CN 31), Gérard BERTHIO (CN 51), Éric THOUZEAU (CN 44), Seti REYES (75 CN), Marie Do FRIGOUT (CN 14), Claude TOUCHEFEU (CN 31), Laure PASCAREL (CN 75), Arlette ARNAUD-LANDAU (Vice-Présidente Conseil régional 43), Jérôme VERGER (CNC 75), Jean-François CLAUDON (CF 75), Laurent BEAUD (CF 34), Christophe DELGERY (CF 95), Marie-Christine MONNIER (44), Serge MARTY (33), Ludovic CHARPENTIER (CF 66), Cyril BECUWE (BF 80), Valérie VATIER (BF 57), Sylvie BOUDOU (BF 15), Olivier ARDOIN (BF 44), Nicole FONTELLE SOURY (SF 33), Patrick MARESCHAL (SF 44), Danielle LARGILLIERE (CF 44), Bernard NAVET (CF 69), Madeleine BRUN (BF 84), Rolland DAVAUD (BF 84), Pascale DOLO (BF 59), Jean-François VERDIER (CF 06), Sylvie POUPARD (SF 44), Jean BRUNEL (TS 13), Alain ALEXANDRE (BF 52), Danielle BARBOUX (BF 22),Vincent GRENIER (BF 44), Alain FABRE (BF 30), Laurent FAISNEL (CF 35), Paskal HENRI (CF 29), Aurélie ALBOT (CF 93), Gonzalo BELMONTE (SF 75), Martine DAERON (BF 90), Patrick HOURCADE (13), Camille BORIES (SF 06), Jacques MANEL (BF 54), Sylvie MENNESSON (BF 94), Philippe BATOUX (BF 84), Françoise OUKRATE (BF 30), Sylvie DEGUINE (CF 62), Laurent SIDERIS (CF 34), Jacques GIRMA MURET (CF 31), Pascal POQUET (SF 48), Sylvie DEGUINE (CF 62), Gabriel LECUYER (CF 22), Guy JESSENNE (CF 59), Nicole MONSTERLET (CF 34), Damien LECOMTE (CF 92), Jean-Paul NAIL (CF 13), Jean-Pierre ROLAND (SF 65), Paul LE GOPP (CF 29), Yves FLOQUET (CF 59), Christian DECOENE (CF 75), Philippe GASPARELLA (CF 57), Bernard BALME (TS 34), Jean-Alain MEZAS (adj au Mairie 84), Michel DAURES (CF 34), Alain TRIQUET (TS 34), Michel DEGROISE (38), Théo DINAND (44), Cyril GISPERT (95), Jean-Pierre MALLET (SS 34), Philippe WOLFROM (69), Marie-Dominique FRIGNOU (14), Jorge ALEGRIA MARTINEZ (75), Martine KRYZYWDA (51), Christian DAILLY (CFCF 75), Pierre RUSCASSIE (64), Christophe PIRON (72), Denis VICHERAT (75), Johann CESA (42), Roger BRODIN (34), Cilgi TUNCAY (64), Christian GOURDET (95), Jean LELIEVRE (71), Jean-Yves LALANNE, Sybille FASSO (75), Jean-Baptiste BERSAC (75), Jean-Jacques CHAVIGNÉ (80), Bernard GRANGEON (63), Nicolas NOCET (49), Jean-Luc LAVAL (42), Raymond VACHERON (43), Bernard MOTTO ROS (42), Jacques KALBACH (85), Jean-Alain MAZAS (84), Marie-Christine ARAGON (64), Françoise FILOCHE (75), Thomas CHAVIGNÉ (64, Anne-Marie MARTY (94), Jean-Pierre COTÉ, Guy BEAUNÉ (72), Béatrice MAUBRAS (92), Pierre TIMSIT (31), René DEFROMENT (63), Patrice MOREAU (85), Natalie FRANC (64), Jacky PARIS (37), Catherine TOUCHEFEU (44), Laurent DIAS (63), Manuel GOUTHIERE (93), Gérard SIGAL (51), Hervé LE FIBLEC (60), Jean MEDAN (34), Alain HONNORAT (13), Sylvain CAHEN (84), Jacques NOBLIA (84), Marie-Noëlle VIBERT (94), Vincent GOIZET (91), Mohamed TOUAHRIA (72), Georges COTHENET (56), Véronique MARTIN (72), Azim ABBAS (94), Maurice MATHET (51), Martine MATHET (51), Arnaud MATHET (51), Juliette REGNIER (54), Denis HÉNOCQUE (69), Yves FRUCHON (69), Christian GALAIS (13), Robert VARRET (13), Jacques MOULARD (24), Santiago SUAREZ (75), Patrick VOURIOT (12), Maurice MAURI (94), André BEDOS (11), Claudine SALAUN (56), Christine VERGER (17), Patrice KADIONIK (33), Marie BOUCHEZ (83), Marie-Hélène BERRUYER (42), Francine MAIRIE (67), Gérard JAUMON (25), Jacques-Henri VANDAELE (56), Michel GRAVAT (29), Bernard GARDÉ (44) SS, Daniel LORENZI (91), Jean-Marc MARION (83), Marie-Odile Thomassin (14), Hélène GIRARDOT (45), Claude SOURY (33), Francis DENEKRE (62), Jean-Claude RESCHE (23), Jean-Louis SCHMITZ (33), Claude FAURE (80), Jean-Louis PARISE (46), Florian DURON (42), Patrick DHAINAUT (34), Marc JUTIER (24), Bruno VENTURI (34), Robert ASSEN (75), Jean-Louis LHOMME (84), Jocelyne LHOMME (84), Christian VARNIER (TS 54), Yves WAILE (38), Julien ESTAMPES BARTHELEMIE (31), Jean-Max DUCOUSSO (26), Philippe DUPONT (76), Georges TRAMSON (75), Patrick HAUTSON (SS 38), Alain GUILLOUET (60), Antoine MAIRIE (67), Marc PERRAUD (34), Mireille SOLEIHAVOUP (13), Antoine GRUBER (75), Marcel GUIDERDONI (31), Marcel VERGER (CF 44), Philippe PAUTRE (93), Geneviève RIVIERE (31), Arnaud VENDES (17), Christian BIENFAIT (62), Claudine BIENFAIT-GIEZA (62), Maryvonne LELOUP (17)…

 

De : COORDINATION <coordination@parti-socialiste.fr>
Objet : Découvrez les contributions au débat du Congrès de Poitiers
Date : 7 février 2015 18:01:07 HNEC
À : undisclosed-recipients:;
CCi : conseil-national-titulaires-au-17-11-12groupe@parti-socialiste.fr

Cher-e camarade,

Les 27 contributions générales  enregistrées par le Conseil national qui s’est tenu ce-jour, sont, dès maintenant, accessibles sur le site du Parti  en cliquant sur l’adresse: http://congres.parti-socialiste.fr/contributions?type=generale.

Les contributions thématiques d’ores et déjà enregistrées (près de 180) sont également accessibles sur l’adresse: http://congres.parti-socialiste.fr/contributions?type=thematique

Sur la proposition du Premier secrétaire, le Conseil national a décidé de prolonger la période de dépôt des contributions thématiques jusqu’au 20 février, minuit.

Cordialement,

Bertrand DRUON
Délégué général
Coordination

Pour vous désabonner de ce groupe et ne plus recevoir d’e-mails le concernant, envoyez un e-mail à l’adresse conseil-national-titulaires-au-17-11-12groupe+unsubscribe@parti-socialiste.fr.

Aidons Syriza à faire accepter la seule politique réaliste pour l’Union européenne !

Jean-Christophe Cambadélis affirme « C’est un raz-de-marée contre l’austérité… Alexis Tsipras va renforcer le camp de ceux qui veulent réorienter la construction européenne et mettre définitivement fin à l’austérité ».  Emmanuel Macron s’aligne sur la politique de d’Angela Merkel qui clame : « Pas de réformes, pas d’argent ! » alors que ce sont justement les « réformes » exigées par la Troïka qui ont plongé la Grèce dans le marasme et augmenté, de façon aussi vertigineuse, la dette grecque.

Ces deux positions sont totalement contradictoires. Le Parti socialiste doit choisir et choisir de soutenir Syriza.

La proposition du gouvernement grec de restructurer sa dette en liant son remboursement à la relance de la croissance est la seule réaliste. La stratégie menée par l’Union européenne depuis le début de la crise de la dette publique a fait la preuve de sa nocivité.

Cette proposition est réaliste pour la Grèce, pour notre pays, pour l’Union européenne. Elle a le soutien de Barak Obama, à qui la stratégie de l’UE inspire de lourdes craintes pour l’économie mondiale et qui déclare : « La meilleure façon de réduire les déficits et de restaurer la solidité fiscale, c’est de faire de la croissance ». Matteo Renzi abonde dans le même sens en affirmant « Nous voulons déplacer la discussion sur la politique économique, de l’austérité, de la rigueur vers la croissance et l’investissement ». Le ministre britannique des finances, Georges Osborne, met en garde contre « une confrontation Grèce-zone euro » et les répercussions qu’elle pourrait avoir dans toute l’UE.

Une proposition réaliste pour la Grèce.

La dette grecque n’est pas remboursable. Aucun pays ne pourrait consacrer 6 % du PIB au service de sa dette pendant plusieurs dizaines d’années. Surtout pas la Grèce dans la situation où l’a précipitée la politique de la Troïka. Le prix Nobel d’économie, Paul Krugman, écrit que ce serait « vouloir tirer du sang à une pierre » !

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis demande « du temps pour respirer » et estime, à juste titre, que « la bonne stratégie pour Sisyphe est d’arrêter de pousser son rocher, pas de monter jusqu’en haut de la colline ».

Les « plans de sauvetage de la Grèce » n’étaient que des plans de sauvetage des banques. Les 207 milliards d’euros versés soi-disant à la Grèce ont été versés sur un compte spécial (à la demande de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel). Leur destination essentielle était la Finance : 58 milliards d’euros pour la recapitalisation des banques, 101 milliards versées aux créanciers de l’Etat grec (essentiellement des banques), 35 milliards d’euros de paiement d’intérêts sur les bons du Trésor en 2011 et 2012. Une Finance qui a, d’ailleurs, su profiter de la crise pour transférer les titres de la dette publique grecque qu’elle détenait aux institutions européennes et au FMI. Un grand classique depuis la crise financière de 2007-2008 !

La politique de la Troïka a provoqué une catastrophe économique et sociale en Grèce : 6 ans de récession et une baisse de 25 % de son PIB, un taux de chômage dépassant 26 % ; le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires ; une chute de 33 % du salaire moyen et de 25 % de la retraite moyenne ; 36 % de la population sous le seuil de pauvreté ; des coupes de 40 % dans les dépenses de santé ; des dizaines d’entreprises privatisées pour le plus grand profit des firmes transnationales allemandes et françaises, notamment…

Tout cela au nom de la réduction de la dette ! Cette politique est donc un échec complet : la dette de la Grèce s’élevait à 113 % de son PIB en 2009, elle atteint maintenant 176 % de ce PIB !

Une politique réaliste pour notre pays

La politique de l’UE a fait la preuve de sa nocivité. Le gouvernement grec essaie de desserrer l’étreinte de l’austérité et des « réformes structurelles » qui, en France, a mis 500 000 personnes de plus au chômage depuis l’arrivée de notre parti au pouvoir. Il donne une nouvelle occasion à François Hollande de tenir les engagements pris en 2012 et de réorienter la politique de l’Union européenne. Avec son poids économique et politique, notre pays a les moyens de faire pencher la balance du bon côté s’il en entraîne d’autres pays dont les populations ne supportent plus les politiques imposées par la Commission européenne et la droite allemande.

La droite, en France, brandit la menace de ce que coûterait la restructuration de la dette grecque à notre pays. Elle est, cependant, bien silencieuse sur le coût autrement plus élevé d’un  défaut de la dette grecque si l’Union européenne n’acceptait pas la proposition de Syriza.

Une politique réaliste pour l’UE

Tous les pays européens, même l’Allemagne, pâtissent des politiques d’austérité qui sont en train de plonger l’économie européenne dans la déflation.

La restructuration des dettes publiques des Etats européens, la mise en œuvre d’un véritable plan de relance de plusieurs centaines de milliards d’euros, financé par des fonds publics, ceux d’une BCE délivrée de l’obligation d’appliquer les articles du traité européen qui lui interdisent de prêter aux Etats, ceux des Etats européens libérés du TSCG, apporteraient le souffle dont l’économie européenne a besoin,

Toutes les armes brandies par la droite européenne et la Commission contre la Grèce sont de véritables boomerangs.

Obliger la Grèce à faire défaut de sa dette ouvrirait une crise grave pour l’euro. Les marchés financiers craindraient pour leurs avoirs et augmenteraient les taux  auxquels ils prêtent à  l’Italie et à l’Espagne, la 3ème et la 4ème économie de la zone euro.

Obliger la Grèce à sortir de la zone euro (contre la volonté, qui plus est, du gouvernement grec) signifierait que l’adhésion à l’euro n’est pas définitive, comme l’affirme le traité européen. Là encore les marchés financiers auraient toutes les chances de prendre peur et l’écart de taux entre le Sud et le Nord de l’UE augmenterait, mettant en danger l’économie des pays du Sud et déclenchant une nouvelle crise de l’euro. L’Union européenne, elle-même, serait remise en question car la sortie de la Grèce de la zone euro pourrait en entraîner d’autres, à commencer par le Royaume-Uni où David Cameron aurait de plus en plus de difficultés à ne pas organiser de référendum sur l’appartenance à l’UE.

Déclencher une crise bancaire en Grèce, au moyen d’un refus de la BCE d’alimenter en liquidités les banques grecques, serait tout aussi risqué. Comme toute crise bancaire, il est difficile de savoir où elle s’arrêterait, malgré le désengagement des banques françaises, allemandes, belges et britanniques du système bancaire grec. Ce serait prendre le risque, au moindre signe d’alerte dans un autre pays européen, que les déposants, déjà échaudés par la crise chypriote, se précipitent pour retirer leurs dépôts des banques.

Accepter la proposition du gouvernement grec aurait aussi un autre mérite, d’une énorme portée : permettre à la souveraineté populaire d’avoir droit à l’existence dans l’Union européenne. La déclaration de Jean-Claude Juncker « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » signifie que les élections ne servent plus à rien. C’est une négation de la souveraineté populaire, tout particulièrement en France où 54,6 % des votants avaient rejeté ces traités, lors du référendum de 2005. Il sera toujours possible de se lamenter de la montée de l’Extrême-droite en Europe après lui avoir ouvert un tel boulevard !

Appel uni de 117 élus, syndicalistes, intellectuels et responsables associatifs : la loi Macron pour nous c’est non !

Mardi, 3 Février, 2015
Humanite.fr
117 élus, syndicalistes, intellectuels et responsables associatifs, ont signé cet appel pour que la loi Macron, « Pour la croissance et l’activité » ne ne soit pas votée et soit retirée.

La loi dite loi Macron, « Pour la croissance et l’activité »,  dont le projet va être présenté au Parlement, est censée casser « les rigidités » qui bloqueraient l’économie française.

Les dispositions de la loi ont un fil directeur : « ce qui est bon pour le patronat est bon pour l’économie », quelles qu’en soient les conséquences pour les salariés. Cette loi est le complément du pacte de responsabilité dont les prétendues contreparties se sont révélées des illusions. Elle participe d’une tendance générale dans l’Union européenne au moins-disant social. La stagnation, voire la baisse, des salaires et des pensions, les coupes massives dans les dépenses publiques pèsent sur la demande globale et donc sur l’activité des entreprises. Ces dernières préfèrent verser de confortables dividendes à leurs actionnaires plutôt qu’investir.

Avec l’extension du travail du dimanche, de surcroît sans obligation légale de majoration salariale, et avec le maquillage outrancier du travail de nuit en travail de soirée, les conditions de travail des salariés sont attaquées. Une fois de plus les premières victimes en seront les femmes.

Avec la réforme du tribunal des prud’hommes qui renvoie des procédures devant des juges professionnels, ce sont les droits des salariés qui sont remis en cause.

Avec la dépénalisation du délit d’entrave, ce sont les employeurs qui sont protégés, pas les salariés.

Et désormais, si le tribunal administratif annule un plan social en raison d’insuffisance de motivation, les licenciements ne seront plus invalidés et les salariés ne seront plus indemnisés.

Par ailleurs, ce projet relance le processus de privatisation, notamment d’un certain nombre d’aéroports et fragilise le statut des locataires au profit des spéculateurs.
Il va permettre aux hôpitaux publics de créer des filiales à l’étranger, c’est-à-dire à se comporter comme des entreprises privées. Alors que le service public hospitalier est malade, entre autres, d’un manque de ressources, une partie de ces dernières pourront être utilisées à des fins d’opérations financières ou commerciales à l’étranger.

La déréglementation du transport par bus va en fait aggraver les inégalités d’accès, instituant un transport pour les pauvres. Elle aura pour effet d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre. L’hypocrisie est ici de mise. Alors que le président de la République prend des postures d’écologiste, et alors que la France va accueillir en décembre 2015 la Conférence mondiale sur le climat (COP 21), le gouvernement propose une mesure qui va à l’encontre de tout bon sens en favorisant le transport privé par route au détriment du transport public dont le rail. Une autre solution serait de développer le transport par rail en faisant jouer à la SNCF son rôle de service public.

Ce projet de loi, en débat au Parlement, est guidé par une logique de déréglementation généralisée qui n’a comme objectif que le maintien des profits aux dépens des salaires, des pensions, seuls moyens de vivre pour la majorité de la population et au détriment de la protection sociale. Plus d’égalité, plus de fraternité, c’est ce que nous voulons, c’est le contraire de la loi Macron.

L’indispensable mobilisation sociale des salariés et des citoyens prend de l’ampleur.

Cette loi ne doit pas être votée, elle doit être retirée !

Les 117 premiers signataires
Eliane Assasi (sénatrice PCF) ; Clementine Autain (Ensemble) ; Ana Azaria (Femmes Égalité) ; Nicolas Baille (Secrétaire Général de la Fédération de l’Equipement et de l’Environnement CGT) ; Ludivine Bantigny (historienne) ; Maud Beckers (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France) ; Fatima-Ezzahra Ben-Omar (Les efFronté-e-s) ; Olivier Besancenot (NPA) ; Eric Beynel (porte parole de Solidaires) ; Jean-Luc Bindel (Secrétaire Général de  de la Fédération Agroalimentaire et Forestière CGT) ; Alima Boumediene-Thiery (avocate) ; Isabelle Bruno (politiste) ; Jean-Marc Canon (Secrétaire Général de l’UGFF-CGT) ; Céline Carlen (Secrétaire Générale de l’Union Syndicale CGT Commerce et Services de Paris) ; Jean-Claude Chailley (Résistance sociale) ; Andre Chassaigne (deputé PCF) ; Laura Chatel (Secrétaire Fédérale Jeunes écolos) ; Gérard Chaouat (membre du BN du SNCS FSU) ; Boris Chenaud (Solidaires 34) ; Robert Cremieux (MNCP) ; Eric Coquerel (conseiller régional Ile de France, coordinateur politique du Parti de Gauche) ; Pierre Cours-Salies (sociologue) ; Thomas Coutrot (économiste, ATTAC) ; Claude Debons (syndicaliste) ; Bernard Dedeban (secrétaire de la FSU 31) ; Karima Delli (deputée europeenne, EELV) ; Laurent Degousée (Fédération Sud commerces et services) ; Caroline De Haas (féministe) ; Sandra Demarcq (NPA) ; Lina Desanti (Secrétaire Générale de l’Union Départementale CGT du Tarn-et-Garonne) ; Marie Hélène Durieux (Fédération Sud Santé Sociaux) ; Jean-Baptiste Eyraud (DAL) ; Gérard Filoche (Bureau national du Parti Socialiste) ; Pascal Franchet (CADTM) ; Jacqueline Fraysse (deputée, Ensemble) ; Michel Faujour (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU) ; Nicolas Galepides (Fédération Sud PTT) ; Bertrand Geay (politiste) ; Jerome Gleizes (conseiller de Paris, EELV) ; Caroline Guibet-Lafaye (philosophe) ; Patrick Hallinger (Convergences Defense des Services Publics) ; Elisabeth Hervouet (syndicaliste enseignant) ; Hervé Heurtebize (secrétaire national du SNUCLIAS FSU) ; Liem Hoang Ngoc (socialiste affligé, Bureau National du Parti Socialiste) ; Nordine Idir (MJCF) ; Maria Ines (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU) ; Sabina Issehnane (économiste, Les Economistes Atterrés) ; Lucien Jallamion (République et Socialisme) ; Pierre Khalfa (Fondation Copernic) ; Judith Krivine (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France) ; Bernard Lacroix (politiste) ;  Rose-Marie Lagrave (sociologue) ; Pierre Laurent (secrétaire national du PCF) ; Christian Laval (sociologue) ; Frederic Lebaron (sociologue) ; Catherine Lebrun (porte parole de Solidaires) ; Valérie Lefebvre-Haussmann (Secrétaire Générale de la Fédération des syndicats du personnel de la banque et de l’assurance CGT) ;Arlette Lemaire (secrétaire générale adjointe du SNASUB FSU) ; Valérie Lesage (Secrétaire de l’Union Régionale Ile-de-France CGT) ; Thierry Lescant (Ensemble) ; Marie-Noelle Lienemann (sénatrice, Bureau National du Parti Socialiste) ; Elise Lowy (EELV) ; Jean-Marie Harribey (économiste) ; Patrick Le Hyaric (directeur de l’Humanité) ; Arnaud Malaisé (syndicaliste enseignant) ; Emmanuel Maurel (députe europeen, Bureau National du Parti Socialiste) ; Jean-Pierre Martin (psychiatre) ; Christiane Marty (feministe) ; Gerard Mauger (sociologue) ; Caroline Mecary (avocate) ; Emmanuel Mehdbi (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU) ; Jean-Luc Mélenchon (député européen) ; Helene Michel (sociologue) ; Jean-Philippe Milesy (Rencontres sociales) ; Christian de Montlibert (sociologue) ; Carlos Moreira (Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT) ;  Corinne Morel-Darleux (coordinatrice des assises pour l’Ecosocialisme) ; Francoise Nay (militante de la defense des Hopitaux Publics) ; Lucas Nédélec (Secrétaire Fédéral Jeunes Ecolos) ; Hervé Ossant (Secrétaire Général de l’Union Départementale CGT de la Seine-Saint-Denis) ; Naila Ott (Sud Travail affaires sociales) ; Ugo Palheta (sociologue) ; Jean-Jacques Paris (ANECR) ; Willy Pelletier (Fondation Copernic) ; Marie Cécile Périllat (syndicaliste enseignant) ; Marc Peyrade (Secrétaire Général de la Fédération des Industries du Livre, du Papier et de la Communication CGT) ; Christian Picquet (Gauche Unitaire) ; Christian Pierrel (PCOF) ; Véronique Ponvert (syndicaliste enseignant) ; Jack Potavin (GOEES) ; Christine Poupin (NPA) ; Colette Pronost (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU) ; Emmanuel Renault (philosophe) ; Jacques Rigaudiat (économiste) ; Michele Riot-Sarcey (historienne) ; Danielle Rollat (UNRPA) ; Suzy Rojtman (CNDF) ; Michel Rousseau (Marches européennes contre le Chômage) ; Jean Sammut (militant mutualiste) : Lydia Saouli (syndicaliste FSU ministère du Travail) ; Danielle Simonnet (conseillère de Paris, secrétaire nationale du Parti du Gauche) ; Evelyne Sire-Marin (magistrate) ; Valérie Soumaille (syndicaliste enseignant) ; Maya Surduts (CNDF) ; Christian Taillandier (secrétaire national du SNUITAM FSU) ; Baptiste Talbot (Secrétaire Général de la Fédération des Services Publics CGT) ; Charlotte Tempion (Solidaires 69) ; Christian Terrancle (Solidaires 31) ; Christian Topalov (sociologue) ; Victor Vauquois (responsable relations extérieures Jeunes Ecolos) ; Remy Viard (architecte) ; Philippe Villechalane (APEIS) ; Emmanuel Vire (Secrétaire Général du Syndicat National des Journalistes CGT) ; Jean-Luc Wabant (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France) ; Louis Weber (revue Savoir/Agir) ;Malika Zediri (APEIS).

Jusqu’où iront-ils ? Macron Mandon Rebsamen : mise en danger des jeunes de moins de 18 ans en entreprise

Villepin avait permis le travail dés 14 ans aux apprentis.  Un jeune garçon de 15 ans était mort broyé dans un pétrin, le 15 novembre 2010 à Mulhouse, il avait été laissé sans surveillance pendant son stage. Déjà des mesures qui protégeaient les mineurs au travail avaient été abrogées…

Là, toujours pour plaire au Medef et au libéraux fanatiques de Bruxelles, Macron, Mandon Rebsamenn proposent d’alléger les mesures de prévention qui protègent les apprentis… Il suppriment les préventions, les interdictions, les protections et les remplacent par des informations, des déclarations, des contrôles a postériori, c’est sans limite. Il parait que ça facilite l’embauche d’apprentis mineurs.

 

Machines dangereuses : un projet de décret assouplit la procédure de dérogation pour que des jeunes encourent des risques mortels au travail !

C’est une réforme en profondeur de la réglementation du travail des mineurs que souhaite mettre en oeuvre le ministère du Travail, afin de relancer les embauches en apprentissage. La commission générale du Coct devrait examiner le 2 février 2015 un projet de décret sur la procédure de dérogation à l’interdiction de certains travaux jugés dangereux pour les jeunes travailleurs. Le texte, qui était très attendu, devrait ensuite être soumis au Cnefop, certainement le 10 février.

Le Coct, une instance spécialisée sur les risques professionnels
Cette instance nationale de concertation entre partenaires sociaux et pouvoirs publics participe à l’élaboration de la politique nationale de prévention des risques professionnels.

Placée auprès du ministre chargé du travail, elle est consultée sur les projets de lois et textes réglementaires en matière de protection et de promotion de la santé et de la sécurité au travail.

Le projet de décret, dont AEF a eu copie, met fin à l’obligation pour l’employeur d’un jeune âgé de moins de 18 ans en formation professionnelle de demander une autorisation à l’inspection du travail pour le faire travailler sur des machines dangereuses ou avec des produits chimiques présentant des risques pour sa santé ou sa sécurité.

Cette autorisation serait remplacée par une déclaration à l’inspection du travail valable trois ans, à condition de respecter plusieurs règles de prévention détaillées ci-dessous.

CONTRÔLE A POSTERIORI DE L’INSPECTION DU TRAVAIL

Toutefois, « l’inspecteur du travail exercera ses missions de suivi et contrôle ‘ex-post’ de la bonne application de la réglementation visant à garantir la santé et la sécurité des jeunes de moins de dix-huit ans », indique l’exposé des motifs du projet de décret. Il pourra également intervenir « dans le cadre de sa mission de conseil, notamment dans les établissements d’enseignement professionnel, pour apporter son expertise en matière de prévention des risques ».

Une circulaire conjointe DGT (Direction générale du travail)/Éducation nationale devrait préciser « les modalités de ces interventions ». Le décret devrait entrer en vigueur au 1er mai 2015. Le gouvernement espère que ce projet de décret saura convaincre les chefs d’entreprise d’embaucher davantage d’apprentis. Les CMA (chambres de métiers et de l’artisanat) et le Medef réclamaient cette révision de la réglementation relative aux travaux dangereux (ou réglementés) pouvant être exercés par des mineurs depuis plusieurs mois. Ils jugent en effet la procédure actuelle trop complexe et dissuasive.

ÉVALUATION DES RISQUES DANS L’ÉTABLISSEMENT AU PRÉALABLE

L’employeur ou le chef d’établissement devra avoir procédé à l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité de tous les travailleurs, « comprenant une évaluation des risques existants pour les jeunes et liés à leur travail », en « préalable à l’affectation des jeunes à leurs postes de travail », d’après le projet de décret. À la suite de cette évaluation, des « actions de prévention prévues au deuxième alinéa de l’article L. 4121-3 » du code du travail devront être mises en œuvre pour garantir un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs.

En outre, l’employeur et le chef d’établissement, « chacun en ce qui le concerne, devront « avoir dispensé l’information sur les risques pour la santé et la sécurité et les mesures prises pour y remédier » avant toute affectation du jeune à ces travaux ». Une formation à la sécurité (prévue par les articles L.4141-1 et suivants) et une « formation prévue dans le cadre de la formation professionnelle » devront être organisées. Cette formation devra être adaptée à l’âge du jeune, à « son niveau de formation et son expérience professionnelles ».

AVIS MÉDICAL D’APTITUDE

Chaque jeune devra avoir obtenu « un avis médical d’aptitude à procéder à ces travaux ». Il est délivré « chaque année soit par le médecin du travail pour les salariés, soit par le médecin chargé du suivi médical des élèves et des étudiants, des stagiaires de la formation professionnelle ».
L’employeur ou le chef d’établissement qui déclare déroger devra tenir « à disposition » – et non plus transmettre – à l’inspecteur du travail plusieurs informations relatives aux jeunes, comme l’avis médical d’aptitude, les modalités d’information et de formation à la sécurité dispensées au jeune ou encore les noms des encadrants des jeunes.

RÈGLES SPÉCIFIQUES POUR LES TRAVAUX EN HAUTEUR

Les partenaires sociaux devront également discuter, au sein du COCT, d’un projet de décret modifiant l’article D.4153-30 du code du travail qui interdit aux mineurs de travailler en hauteur en absence de mesures de protection collective contre les chutes. Il pourrait entrer en vigueur dès le 1er mai 2015.
D’une part, le gouvernement souhaite instaurer une « dérogation de droit pour l’utilisation des échelles, escabeaux et marchepieds dans les conditions prévues par les dispositions de droit commun du code du travail » (R.4323-63). Il s’agit de l’impossibilité d’utiliser une « protection collective des travailleurs ou lorsque l’évaluation du risque a établi que ce risque est faible et qu’il s’agit de travaux de courte durée ne présentant pas un caractère répétitif ».
D’autre part, le projet de réforme prévoit une possibilité pour les employeurs de déroger ponctuellement à l’interdiction du travail en hauteur pour les jeunes, à condition de respecter les conditions précisées dans le premier projet de décret. Les mineurs devront être formés et munis d’un équipement de protection individuelle contre les chutes.
Cette dérogation devra être précédée, tant au sein des CFA (centres de formation d’apprentis) et lycées qu’en milieu professionnel, d’une information sur les risques existants, les conditions d’utilisation de l’équipement de protection individuelle (prévue par l’article R.4323-104), de l’élaboration d’une consigne d’utilisation à disposition des représentants du personnel (R. 4323-105) et d’une formation adéquate (R.4323-106).
Pour rappel, le gouvernement avait indiqué, en septembre 2014, sa volonté de revoir la réglementation sur le travail des mineurs fixée dans deux décrets publiés en octobre 2013. Ces textes qui avaient été soumis au CNFPTLV – le prédécesseur du Cnefop – et au CSE (Conseil supérieur de l’éducation), visaient déjà à alléger la procédure de dérogation existante (dérogations attachées au lieu de travail et non à l’apprenti, validité étendue à trois ans contre un an auparavant…). Il s’agissait notamment de transposer une directive européenne sur la protection des jeunes au travail qui datait de juin 1994.
Les grandes lignes de la réforme avaient été précisées fin octobre lors de la présentation de mesures visant à simplifier la vie des entreprises (lire sur AEF). »

 

Non au travail des mineurs !

Oui au renforcement des mesures de prévention, d’interdiction de courir des risques, aux autorisations préalables.

À 15 ans, broyé dans un pétrin


Pourtant, c’est au travail que l’insécurité est la plus forte : 700 accidents mortels, 400 suicides par an, 4500 handicapés, 650 000 arrêts de travail. Le nombre officiel des maladies professionnelles reconnues a explosé : 13 658 en 1996, 52 979 en 2005. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans protection, à des produits cancérogènes, mutagènes ou toxiques.


C’est le résultat de politiques d’entreprise, pour lesquelles les coûts sociaux doivent être compressé en privilégiant la sous-traitance et en intensifiant le travail comme jamais. Face à cela, ni l’inspection du travail ni la médecine du travail n’ont les moyens d’assurer leurs missions.

l’employeur accusé d’homicide dit involontaire à l’égard de son salarié, après des années d’instruction, est condamné – quand il est déclaré coupable – à quelques mois de prison avec sursis. La mise en danger délibérée d’autrui par des choix économiques bénéficie d’une incroyable mansuétude.

Les employeurs qui fraudent le Code du travail ne sont pas sanctionnés comme de véritables délinquants.
Ce fut le cas pour Jérôme Bianco, 32 ans, victime le 2 août 2006, d’une chute mortelle de 6 mètres faute de garde-corps installés : c’était une faute « inexcusable » de l’employeur, mais le procureur, 4 ans après, ne requerrait encore que 6 mois de prison avec sursis et 3 750 euros d’amende.


Dans ces conditions, qui réparera jamais la mort de cet adolescent de 15 ans le 15 novembre 2010 à Mulhouse, broyé dans le pétrin d’une boulangerie où il effectuait un « stage d’observation », le collégien, laissé seul, ayant eu le bras happé par la machine au moment où il se penchait au fond du pétrin pour le nettoyer ?  Sinon en condamnant MM Chirac, de Villepin, Sarkozy et l’UMP, qui, en août 2005, sous pression du Medef, rétablirent l’apprentissage à 14 ans au lieu de 16 et la possibilité, comme au XIXe siècle, pour des enfants de 15 ans, de travailler de nuit et de dimanche ?

Gérard Filoche

 

La réalité de la dette grecque

La dette grecque   -    Quelques chiffres généraux, tout d’abord

Fin 2014

11 millions d’habitants

PIB : 180 milliards d’euros

Dette publique : 320 milliards d’euros (176 % du PIB).

PIB : chute de 25 % entre début 2008 et fin 2014 (6 ans de récession). L’équivalent, en France de 500 milliards d’euros en moins.

Le PIB qui avait diminué de – 3,9 % en 2013 aurait cru (selon le gouvernement d’Antonis Samara) de 1,6 %. Il est vrai que quand on touche le fond, il est parfois possible de remonter un peu mais rien ne dit que l’on pourra atteindre la surface.

Le déficit public serait passé de – 13,5 % du PIB fin 2013 à – 1,6 % du PIB. Le dernier chiffre ne concerne que le déficit primaire (hors intérêts de la dette publique alors que c’est bien là l’un des principaux problèmes). Ce chiffre est, de toute façon, contesté par l’UE.

 

Les prétendus « plans de sauvetage » de la Grèce

Chiffres – Attac – Autriche (repris par Attac France) – Juin 2013

Impossible d’avoir d’autres chiffres, la Troïka (BCE, Commission, FMI) entretenant la plus grande opacité sur la destination des fonds soi-disant versés à la Grèce.

Total  des « aides » : 207 milliards d’euros depuis mars 2010.

23 tranches de financement, après vérification que les plans de destruction sociale (les « conditionnalités » disent-ils) aient bien été respectées.

Sont allés à la Finance

58 milliards : recapitalisation des banques.

101 milliards : versés aux créanciers de l’Etat grec (essentiellement des banques européennes et Etats-uniennes)

1 milliard : contribution de la Grèce au financement du Mécanisme Européen de Stabilité. La triste image d’un sauveteur en mer ajoutant un kilo de plombs aux pieds d’une personne en train de se noyer.

35 milliards d’euros ont été consacrés au paiement d’intérêts sur les bons du Trésor en attente (du 4ème trimestre 2010 au 4ème trimestre 2012). Attac ne comptabilise pas ces sommes dans les sommes qui sont allées à la Finance mais c’est pourtant la seule source de financement de la Grèce (en dehors de fonds de la Troïka et des impôts prélevés en Grèce) qui n’a plus accès aux marchés financiers et ce sont les spéculateurs qui achètent ces bons du Trésor. Le taux des bons du Trésor à 3 mois (et donc sans risque véritable) atteignaient 5 %, un pactole pour les banques.

Au total 195 milliards sont allés à la Finance.

L’Etat grec a, par ailleurs, affecté une enveloppe de 10 milliards d’euros au budget de la défense (2010 et 2011) afin de ne pas réduire les dépenses militaires, ce qui aurait porté préjudice aux fabricants d’armes allemands et français. Le budget de la défense grecque s’élève à 4 % du PIB en Grèce contre 2,4 % en France.

C’est donc, au total, 195 milliards d’euros qui sont allés à la Finance et 10 milliards aux marchandes de canon. Un total 205 milliards d’euros sur 207 milliards.   La Grèce n’en aurait perçu que 2 milliards.

Les prétendus plans de sauvetage de la Grèce étaient des plans de sauvetage de la Finance dont les Grecs n’ont pas vu la couleur.

Ces sommes étaient, d’ailleurs, versées sur un compte spécial, à la demande de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel.

Quand Merkel et d’autres parlent de « solidarité » envers la Grèce ils oublient que cette solidarité s’exerçait envers les banques et non du peuple grec.

En contrepartie de ces 2 milliards, la Grèce s’est vu imposer des plans d’austérité et des réformes structurelles qui ont entraîné :

- 25 trimestres de récession consécutifs et une baisse de 25 % de son PIB en 6 ans.

- Un taux de chômage dépassant 26 % de la population active, 60 % pour les moins de 25 ans (qui ne sont plus à l’école ou à l’université, mais à la recherche d’un emploi).

- Le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires.

- Une chute de 33 % du salaire moyen dans les entreprises privées. Une chute de 30 % de la demande intérieure. Le Salaire minimum a diminué de 22 % et de 32 % pour les moins de 25 ans. Les retraites ont diminué, en moyenne,  de 25 %. Les allocations sociales ont fondu, elles aussi, comme beurre au soleil.

- Un taux de pauvreté égal à  36 % de la population.

- Des coupes claires dans les services publics. Des coupes de 40 % dans la santé qui a entraîné la rupture de l’approvisionnement en médicaments et la multiplication des hôpitaux de rue, gratuits, grâce aux dévouements de médecins et d’auxiliaires médicaux.

- La fusion et la privatisation d’une cinquantaine d’organismes publics pour le plus grand profit des multinationales allemandes et françaises.

Et pour quel résultat, en fin de compte :

La dette publique qui s’élevait à 113 % du PIB début 2009 s’élève aujourd’hui à 176 % du PIB.

La politique imposée par la Troïka a non seulement amené une catastrophe économique et sociale mais elle a entraîné une catastrophe financière alors que son but affiché était de rendre diminuer la dette publique de la Grèce!

D’où vient la dette grecque ?

Elle a commencé sa triste carrière sous la dictature des Colonels de 1967 à 1974, période durant laquelle elle a été multipliée par 4.

Elle a continué avec la Constitution de 1975 et toute une série de lois qui permettent aux armateurs grecs de bénéficier de 58 abattements fiscaux différents.

L’Eglise orthodoxe, principal propriétaire foncier du pays, était à peu près totalement épargnée par le Fisc.

Le système fiscal a permis aux principales fortunes grecques de placer plus de 600 milliards d’euros en Suisse (plus de trois fois le PIB annuel) sans que ces sommes soient frappées du moindre impôt.

La dette publique s’est accrue avec des dépenses d’armement qui font de la Grèce le pays européen qui a le budget militaire le plus élevée en proportion de sa richesse (scandale de sous marins de Thyssen-Krupp).

La multiplication par 20 du prix initial des Jeux olympiques de 2004, s’est soldée par un « trou » de 40 milliards d’euros.

L’étendu du déficit public grec a été révélé en 2009, par Georges Papandréou (Pasok), qui a mis a jour le maquillage des comptes par le parti de droite « Nouvelle Démocratie » de Kostas Karamanlis. C’est le pourtant le successeur de Kostas Karamanlis à la tête de ce parti, Antonis Samara,  qui avait maquillé les comptes de la Grèce que François Hollande, à peine élu, était allé soutenir, en juin 2012, à Athènes.

La croissance de la crise depuis 2010 est le produit de la combinaison des cures d’austérité qui ont plongé le pays dans la récession et de la spéculation financière qui fait exploser les taux d’intérêts (6 % fin 2009 et 12 % début 2010).

Pourquoi les spéculateurs encaissent-ils des primes de risque ?

Les banques qui spéculaient sur la dette publique grecque pouvaient emprunter auprès de la BCE (au taux de 1 %) les fonds qui leur permettaient de spéculer en acquérant les titres de la dette publique grecque à des taux variant entre 6 % et 12 %. Aujourd’hui, ils peuvent, après les dernières décisions de Mario Draghi, emprunter auprès de la BCE au taux de 0,05 % et prêter à plus de 10 % à la Grèce.

Les spéculateurs veulent à la fois la ceinture et les bretelles. Ils veulent bien encaisser les 6 % ou 12 % d’intérêt qui leur sont versés parce qu’ils prennent un risque mais ils ne veulent pas assumer ce risque quand il s’avère que leur spéculation est perdante. Et l’UE les appuie. Il faut dire que ces spéculateurs sont des banques et que l’UE ne leur a jamais rien refusé.

Les salariés grecs ne paient-ils pas d’impôt ?

Ils paient l’impôt le plus injuste, la TVA, que les « mémorandums » de la Troïka ont fait passer du taux de 19 % à celui de 23 %.

Ils ne peuvent pas, non plus, échapper à l’impôt sur le revenu puisque cet impôt est prélevé à la source, c’est-à-dire prélevé sur leur fiche de paye par les entreprises qui les reversent à l’Etat, avant même qu’ils aient perçu leur salaire.

Une taxe foncière, particulièrement injuste, qui épargnait les propriétaires de riches résidences et frappait les propriétaires de maisons modestes dans un pays où de nombreux habitants sont propriétaires de leur habitation principale a été instaurée par le gouvernement d’Antonis Samara.

Une étude de l’Expansion (06/09/2012) constatait que les Grecs qui ne payaient pas leurs impôts étaient les membres des professions indépendantes ou libérales : médecins, ingénieurs-conseils, experts-comptables… Il faut bien sûr ajouter les armateurs et l’Eglise orthodoxe.

La restructuration de la dette grecque en 2012

La dette grecque a été restructurée en 2012 mais comme cette restructuration s’est faite à l’initiative des créanciers, ce sont eux qui en ont profité.

Les créanciers privés et les banques qui étaient les principales créancières privées de la Grèce se seraient, selon Angela Merkel, « sacrifiés »,  en « effaçant » 53,5 % de leurs créances, c’est-à-dire 107 milliards d’euros.

En réalité, c’est pour sauver leur propre peau, que les banques et les assurances européennes ont accepté de « perdre » 107 milliards d’euros. Un défaut de la Grèce aurait alors risqué de provoquer une faillite des banques européennes, tant la dette publique grecque pesait dans leur bilan et tant les banques européennes (françaises notamment) étaient engagées dans le système bancaire grec. Plutôt que tout perdre, les banques européennes, principales créancières de la dette grecques, ont accepté de perdre 107 milliards pour sauvegarder leur existence.

Sur ces 107 milliards, d’ailleurs les banques n’ont pas tout perdu, très loin de là.

Elles ont, d’abord, été recapitalisées (sur le dos des finances grecques) de 58 milliards d’euros.

Ensuite, la valeur des obligations grecques n’avaient plus rien à voir avec leur valeur d’émission. Une obligation de 100 euros lors de son émission (sa valeur faciale) ne valait plus sur le marché secondaire (la bourse) que 10 euros dans le meilleur des cas. Les nouvelles obligations reçues par les banques et les assurances en contrepartie de leurs anciennes obligations avaient une valeur de 46,5 % de la valeur faciale des anciennes obligations. Soit une valeur de 46,5 euros pour une obligation de 100 euros qui ne valait plus que 10 euros sur le marché boursier. Un cadeau, donc, de 36,5 euros par obligation de 100 euros pour les banques !

Ensuite, les banques pourront faire jouer les assurances, les fameux CDS (Credit Default Swap) qu’elles avaient prises sur la dette publique grecque. Certes, d’autres banques devront cracher au bassinet les 3,2 milliards d’euros concernés mais ce sont essentiellement des banques anglo-saxonnes, Morgan Stanley notamment.

Cette opération s’est traduit par un nouveau et gigantesque transfert des dettes privées (des banques) vers la dette publiques, celles des institutions européennes (BCE, MES…) avec l’entière bénédiction de ces dernières.

Les gouvernements européens ont :

D’abord, prêté 52,9 milliards d’euros à la Grèce, lors d’opérations bilatérales, avec des fonds qu’ils avaient emprunté sur les marché financiers.

Ensuite, apporté 140,9 milliards d’euros via le Fonds européens de stabilité financière (aujourd’hui, devenu le Mécanisme européen de stabilité) et garanti ces 140,9 milliards.

Enfin, la BCE et les  banques centrales nationales de l’UE ont acheté sur le second marché pour 25 milliards d’euros des titres de la dette publique grecque.

Aujourd’hui, 223 milliards (chiffres d’Henri Sterdyniack et Anne Seydoux – La Tribune du 27/01/2014) de la dette grecque sont détenus par la BCE, le FESF et les autres Etats-membres européens. Il faut ajouter 32 milliards par le FMI. 80 % de la dette publique grecque est donc détenue par des institutions publiques.

JJ Chavigné

Bras de fer engagé entre la droite européenne, la Commission et le nouveau gouvernement grec.

Les forces du gouvernement grec

Syriza a obtenu l’élection de 149 députés sur 300 et dispose donc d’une incontestable légitimité.

Son alliance avec ANEL (les « Grecs indépendants) lui permet de disposer d’une majorité de 162 sièges, alors que la majorité absolue est de 151sièges.

Il commence à appliquer son programme. L’un des premiers actes du gouvernement grec a été de revenir sur la privatisation en cours du port du Pirée et la compagnie d’électricité DEI. Le 5 févriers, ce gouvernement fera voter les premières mesures de son programme par le parlement grec.

Les ministres ont fait de fortes déclarations, qui ont décontenancé les dirigeants européens, habitués à plus de cravates et à plus de retenue, mais renforcé la légitimité du nouveau gouvernement auprès des Grecs, habitués à voir les précédents gouvernements renier, aussitôt élus, les promesses qu’ils avaient faites.

Georges Katrougalos, ministre de la Réforme administrative : « Nous ne reconnaissons ni le mémorandum, ni la Troïka ».

Yanis Varoufakis, le Ministre grec des Finances a annoncé :

- Qu’il n’accepterait pas de discuter avec la Troïka, cette « commission branlante ».

- Que la Grèce ne reconnaissait « ni la Troïka, ni le mémorandum »

- Qu’il n’accepterait de négocier qu’avec l’Union européenne.

- Que la Grèce était prête à se passer, fin février, du versement de 7,2 milliards qui devait être effectués par l’UE s’il restait conditionné à l’aboutissement des réformes fixées par la Troïka. Il précisait que c’était par souci de cohérence : cela n’aurait aucun sens de dénoncer les « conditionnalités » imposées par la Troïka et de demander leur extension, en acceptant les « conditionnalités » imposées à la Grèce pour obtenir ces 7,2 milliards d’euros.

L’UE comptait beaucoup sur un chantage au versement de ces 7,2 milliards pour amener la Grèce à s’incliner : Syriza vient de leur signifier clairement que ce chantage ne marchait pas.

- Que la Grèce veut un « New deal européen » qui serait profitable à tous les pays européens étouffés par les politiques d’austérité.

- Qu’une « Conférence européenne » sur le sujet devait se tenir.

 

Georges Stathakis, le ministre de l’Economie affirme : « Les sept milliards, nous n’en voulons pas, ce que nous voulons, c’est repenser tout le programme » et « Nous devons négocier avec nos partenaires une remise sur les quelques 23 milliards d’euros que nous devons allouer au remboursement de la dette sur la seule année 2015 ».

Podemos a mobilisé des centaines de milliers d’Espagnols contre l’austérité à la suite de la victoire de Syriza.

Beaucoup d’Européens s’interrogent et voient avec sympathie cette victoire.

Syriza alterne le chaud et le froid

Les prises de position d’une grande fermeté s’accompagne d’une certaine prudence sur la forme, pour ne pas braquer les populations européennes.

Alexis Tsipras refuse de poser un ultimatum. En réalité, les dirigeants européens savent que cet ultimatum est bel et bien posé (la fermeté des déclarations de différents ministres et de Tsipras lui-même l’ont démontré) et que Syriza pourrait refuser de rembourser les 23 milliards de titres de la dette publique arrivant à échéance en 2015, voire faire défaut de la totalité de la dette, s’il n’y avait pas d’accord.

Il insiste sur la volonté de Syriza de négocier. Le ministre de Finances, Yanis Varoufakis et lui-même ont engagé une tournée des capitales européennes. Varoufakis sera, ainsi, à Paris le 1er février pour discuter avec Michel Sapin. Tsipras sera à Rome le 3 et à Paris le 4 février.

Il a demandé du « du temps pour respirer », et a assuré « ne pas chercher le conflit » avec les partenaires européens de la Grèce. Comme il l’avait dit pendant sa campagne, il a promis de nouveau de ne prendre aucune décision «unilatérale» concernant la dette de son pays. «Je suis absolument persuadé que nous allons bientôt trouver un accord favorable, à la fois pour la Grèce et pour l’Europe dans son entier», écrit-il.

La dette grecque n’est pas remboursable

Tous les dirigeants européens le savent, même s’ils pratiquent la fuite en avant. Aucun pays au monde ne peut consacrer pendant 20 ans 6 % de son PIB à rembourser une dette insoutenable (chiffres d’Henri Sterdyniak et Anne Eydoux – La Tribune – 27/01/2015).

Les dirigeants européens ne veulent surtout pas céder pour éviter que d’autres pays européens s’engouffrent dans la brèche ainsi ouverte et demande à négocier leurs dettes publiques.

Cette politique qui consiste à mettre les problèmes sous le tapis n’est plus tenable, surtout quand la déflation menace toute l’Union.

 

 

Les forces de ses adversaires

Les dirigeants européens affirment tous (avec plus ou moins de nuances) que la Grèce doit « respecter ses engagements »

Cependant, l’arrivée précipitée à Athènes du président de l’Eurogroupe (Jeroen Dijsselbloem) et du président du Parlement européen, Martin Schultz indique que tout n’est pas si simple.

Le président du Parlement européen, l’Allemand Martin Schulz, a qualifié l’attitude du gouvernement grec envers la Troïka d’ «irresponsable». Le 31 janvier. La chancelière Angela Merkel a répété qu’il n’était pas question de consentir à la Grèce un «effacement», même partiel, de sa dette. « Pas de réformes, pas d’argent ! » Le président de l’Eurogroupe est allé dans le même sens.

Les déclarations de Sapin, Hollande, Moscovici sont plus conciliantes qu’avant les élections mais tous insistent, comme les autres dirigeants européens, sur la « nécessité pour la Grèce de tenir ses engagements », ce qui signifierait accepter de continuer les plans de destruction sociale imposés par la Troïka, en total contradiction avec le programme de Syriza.

Michel Sapin, juste avant sa rencontre avec Yanis Varoufakis, dimanche 1er fébvrier, déclarait « On peut discuter, on peut reporter, on peut alléger mais on n’annule pas [...] Cela me paraît légitime » de vouloir négocier. »

 

Le rapport de forces aurait été meilleur pour Syriza s’il l’avait emporté en  2012

Si Syriza avait gagné en 2012, il aurait eu, vis-à-vis de l’Union européenne, un moyen de pression beaucoup plus efficace qu’aujourd’hui. La menace d’un défaut (non-remboursement) de la dette grecque était un risque systémique pour les banques européennes et mondiales. Un gouvernement décidé à ne pas céder aurait pu beaucoup plus facilement négocier l’annulation d’une partie de la dette grecque, sans tous les aménagements qui ont permis que la restructuration de la dette grecque, en 2012, se fasse à l’avantage des créanciers.

Aujourd’hui, l’essentiel de la dette grecque est aux mains des institutions européennes (entre 70 et 80 %) et le moyen de pression n’est pas le même pour Syriza. Le problème est pour l’essentiel un problème politique mais Merkel peut s’appuyer sur le traité européen qui interdit à la BCE de prêter directement à un Etat.

Le plan de Mario Draghi ne sera d’aucune aide à la Grèce.

Les liquidités seront attribuées en fonction de la participation des Etats au capital de la BCE : 27 % pour l’Allemagne qui n’en a aucun besoin puisqu’elle peut emprunter sur les marchés à un taux d’intérêt (pour les obligations à 10 ans)  à moins de 0,3 %, mais seulement 3 % du total de ces liquidités, pour la Grèce qui ne peut pourtant pas emprunter sur les marchés financiers, avec des taux d’intérêt supérieurs à 10 %.

 

La BCE n’a donné aucune précision sur les critères qu’elle utiliserait pour accepter que les banques centrales nationales distribuent la part des liquidités qui leur reviendrait. Elle se réserve la possibilité d’interdire tout rachat des titres de sa dette publique à la Grèce sous prétexte qu’elle ne peut accepter dans son bilan des titres aussi mal notés par les agences de notation que les titres grecs (ou chypriotes).

 

La BCE ne rachètera que les emprunts publics les mieux notés, sauf si la Grèce accepte de nouvelles « conditionnalités ». Le choix laissé à la Grèce est entre la ruine financière ou la destruction sociale. L’inverse du programme sur lequel Syriza a été élu.

 

Enfin, les banques nationales qui pourront racheter des titres de leur dette publique, le feront à leurs risques et périls, puisque la BCE ne garantira que 20 % de ces rachats. Ce qui, au cas où elle pourrait avoir accès aux liquidités de la BCE, ferait prendre un risque énorme à la Banque centrale grecque.

 

La BCE pourrait, pourtant, sans courir le moindre risque économique, effacer les 27,7 milliards d’euros de la dette publique grecque. C’est elle qui crée les euros…

 

Les trois problèmes de Syriza

Les besoins de liquidités de l’Etat grec

Les dirigeants européens hostiles à Syriza jouent sur le temps. La Grèce a peu d’argent dans ses caisses et doit financer son plan d’urgence tout en faisant face au remboursement de ses créances. 6,7 milliards notamment doivent être remboursés à la BCE en juillet et août 2015. 23 milliards d’euros, au total, doivent être remboursés en 2015.

 

Les médias avancent le chiffre de 2 milliards d’euros dans les caisses de la Grèce. Ce chiffre doit être pris avec des pincettes mais met le doigt sur le problème de liquidités de l’Etat grec.

 

La réforme fiscale prévue par Syriza ne pourra pas entrer en application tout de suite. Cependant, les impôts vont continuer à rentrer (TVA notamment) et les Grecs qui avaient suspendu le paiement de leurs impôts (sur le revenu, foncier) dans l’attente des résultats des élections législatives vont devoir, au moins pour les plus fortunés, passer à la caisse.

 

La Grèce aura beaucoup moins besoin de liquidités si elle ne rembourse pas les titres de sa dette publique qui arriveront à échéance en 2015. C’est là le nœud du problème. Les fonds versés par l’UE et le FMI ne servent pas à l’Etat grec pour financer ses dépenses, ils ne servent qu’à rembourser les créanciers de la dette publique et à payer les intérêts qui leur sont dus. Si la Grèce fait défaut de sa dette (ou de la partie de sa dette arrivant à échéance en 2015), elle se trouve face à un problème de liquidités beaucoup moins important.

Le « Grexit »

La sortie de la Grèce de la zone euro, voire de l’UE est une menace souvent brandie à l’encontre de Syriza.

 

Mais les traités européens ne prévoient pas la sortie d’un Etat de la zone euro.

Mais Syriza ne veut pas quitter la zone euro.

Cependant, les dirigeants européens utilisent les traités lorsqu’ils jugent que c’est conforme à leurs intérêts et ils ont, avec les liquidités accordées aux banques par la BCE, un moyen de pression important.

Le risque de crise bancaire

La Grèce a aussi une autre épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête : le risque d’une crise bancaire.

 

Les banques européennes s’étant désengagées, en vendant leurs filiales grecques et en retirant leurs participations au capital des banques grecques, le risque est plus important qu’en 2012. Les milieux d’affaire avaient exprimé leur inquiétude à l’idée d’une victoire de Syriza, en retirant 11 milliards d’euros des banques grecques avant l’élection.

Le risque est maintenant celui d’une course aux guichets des déposants, le « bank run ». En contrôlant le robinet des aides en liquidités d’urgence des banques (ELA), la BCE a la situation entre ses mains. Elle a « fixé » à fin février la décision de le fermer ou pas.

 

C’est par ce biais que la Grèce pourrait être forcée de quitter la zone euro. Elle serait dans l’incapacité de recapitaliser ses banques, ne disposant pas d’euros pour le faire et le retour à la drachme pourrait, alors, être le seul moyen de recapitaliser les banques en les nationalisant.

 

Un certain nombre de faucons européens seraient, sans doute, très contents de se débarrasser de la Grèce et de l’obliger à subir avec le retour de la drachme, des dévaluations compétitives en série et de la spéculation financière. Elle aurait alors beaucoup de difficultés à appliquer son programme et risquerait de se discréditer. Elle serait l’exemple de ce qu’il en coûte de désobéir à la Troïka. La grande crainte de Rajoy, Podemos, pourrait alors peut-être reculer en Espagne.

 

La CDU/CSU de Merkel, déjà sur ses positions et inquiète de la progression de l’AFD anti-euro est sans doute tentée par un sortie de la Grèce de l’Euro. Elle hésite, cependant, à ouvrir la boîte de Pandore car le capital allemand est le principal bénéficiaire de l’existence de l’UE et de la zone euro.

 

Le défaut de la cuirasse de la Commission et de la droite européenne

Outre la légitimité dont bénéficie le gouvernement grec et l’appui populaire international qui commence à se dessiner (des centaines de milliers de manifestants à Madrid, à l’appel de Podemos, samedi 31 janvier), Syriza dispose de plusieurs atouts.

Une sortie de la Grèce euro (le « Grexit ») serait dangereuse car elle pourrait signifier que l’adhésion à l’UE et à la zone euro n’est pas définitive, comme l’affirme le traité européen. L’éclatement de la zone euro menacerait, en cas de nouvelles crises de la dette dans d’autres pays de la périphérie de l’Union. Le référendum au Royaume Uni pourrait être influencé par la dynamique de sortie de l’UE, ainsi amorcée.

Une crise des banques grecques serait, comme toute crise bancaire, risquée. Les déposants, ainsi sensibilisés,  pourraient prendre peur à la moindre alerte dans un autre pays européen. La façon dont avait été traitée la crise bancaire chypriote a déjà laissé des traces dans les mémoires, une crise bancaire en Grèce en laisserait de beaucoup plus importantes.

Le défaut unilatéral de la Grèce serait un risque pour les dirigeants de l’UE. Cette répudiation unilatérale de la dette grecque ouvrirait une crise grave pour l’UE et la zone euro. Les marchés financiers deviendraient aussitôt beaucoup plus « nerveux » et le risque serait grand qu’ils augmentent leurs taux pour les pays de la périphérie de l’UE, entrainant la zone euro dans une nouvelle crise des dettes publiques. Les fonds du MES seraient loin de faire le poids face à une crise de la dette publique espagnole et italienne.

Enfin, certains pays européens (la France notamment) pourraient trouver là l’occasion de desserrer l’étreinte du TSCG. Rien n’est sûr, bien loin de là, tant leurs dirigeants semblent avoir intégré les dogmes néolibéraux. Ils peuvent, cependant, être sensibles au rapport de forces et à l’évolution catastrophique du Pasok.…

Les questions tactiques

Le CADTM défend l’agenda suivant :

1-                 Moratoire sur la dette.

2-                 Audit de la dette.

3-                 Discussion avec les créanciers mais à l’initiative des débiteurs.

La crainte du CADTM est que la restructuration de la dette grecque laisse l’initiative aux créanciers.

La position de Syriza (soutenue par Podemos) :

1-                 Pas d’ultimatum

2-                 Tous les dirigeants européens savent bien que nous pouvons annuler la dette mais c’est inutile de passer, aux yeux des populations européennes, pour ceux qui cherchent l’affrontement. Le mot de « restructuration » permet de s’adresser à une partie beaucoup plus large de la population.

3-                 Bataille pour une « conférence européenne » sur la dette, un « new deal » européen…

Le point faible de la position de Syriza est, peut-être, le peu de place laissé à un audit de la Grèce alors que c’est un moyen de sensibilisation de la population en Grèce.

Cette initiative pourrait  faire tâche d’huile dans d’autres pays européens et poser le problème de la légitimité de la dette publique bien au-delà des cercles restreints favorables, aujourd’hui, à un audit de la dette.

Comment  pouvons-nous être utiles ?

En menant la discussion dans le PS en partant des déclarations de JCC « un raz-de-marée contre l’austérité » et « Alexis Tsipras, appuyé par le peuple grec, va renforcer le camp de ceux qui veulent réorienter la construction européenne et mettre définitivement fin à l’austérité » (Le Parisien – 26 janvier 2015) et en les opposant à celles de Macron sur le « respect ces engagements ».

En insistant sur l’évolution du Pasok.

En appuyant la demande du gouvernement grec d’accorder un moratoire à la Grèce, d’annuler une partie de sa dette et de rendre le reste soutenable en la transformant en dette à très long terme.

 

En appuyant l’idée de Syriza d’une « conférence européenne sur la dette » et celle d’un « new deal » européen.

 

En expliquant que les politiques d’austérité et de « réformes structurelles » ont fait faillite, dans notre pays comme en Grèce, et qu’il faut mettre fin à ses politiques, en défendant les mesures immédiates que devraient prendre un gouvernement rose-rouge-vert.

 

En donnant les moyens, à notre niveau, de contrer les campagnes des médias et des politiques hostiles à Syriza. Notamment, celles sur les salariés grecs qui ne paieraient pas d’impôt, sur l’origine de la dette publique grecque ; sur la soi-disant « aide » à la Grèce ; sur le « Grexit »…

En impulsant le débat, partout où nous le pouvons et d’abord dans le PS, sur la perte de sens  de la souveraineté populaire dans l’UE si Syriza ne peut pas appliquer son programme.

En insistant sur la chance qui s’offre aux habitants de notre pays si Syriza applique cette politique car ce sera la preuve qu’une politique autre que la politique libérale est possible et qu’il existe bien un alternative au désastre programmé.

En participant (lorsque les conditions le permettent) aux mobilisations en soutien à Syriza.

 

 

Annexes

Le précédent Irlandais

La BCE a fait « rouler » la dette irlandaise en février 2013 sans avoir à enregistrer de pertes : la BCE a accepté qu’une partie de la dette irlandaise ne lui soit par remboursée et a reporté son échéance, contrevenant au traité européen qui veut que la BCE ne puisse prêter à un Etat.

Ce précédent, indique que le respect des traités est aussi une question d’opportunité politique. Le gouvernement irlandais avait habilement mis la BCE au pied du mur. L’UE voulait absolument montrer que l’Irlande était le bon élève de la classe et qu’elle pouvait sortir des « plans de soutiens ».

Si elle a pu le faire pour l’Irlande, la BCE peut le faire pour la Grèce et ne pas lui demander le remboursement des 6,7 milliards d’euros qui arriveront à échéance cet été.

 

Syriza prisonnier de Grecs indépendants (ANEL) ?

Il manquait deux députés à Syriza pour obtenir la majorité absolue au Parlement grec. La majorité absolue est de 151 députés, il en avait 149. Tsipras a donc toute la légitimité pour diriger le gouvernement où les « Grecs indépendants » ont un ministre, celui de la Défense. Ce ministre sera flanqué, d’ailleurs d’un vice-ministre, dont la réputation est d’être très à gauche.

Avec qui Syriza aurait-il pu gouverner ? Avec le Pasok comme le proposait JCC ? Autant faire entrer la Troïka dans le gouvernement. C’était la même chose avec Potami, un parti du « centre ».

Ceux qui se plaignent auraient dû appuyer Syriza, il ne lui manquait que 0,5 % des voix pour obtenir 151 sièges.

Les « Grecs indépendants » sont des souverainistes, du type de Dupont Saint Aignan. Pour montrer que l’accord entre Syriza et ANEL ne concernait pas la politique d’immigration, Alexis Tsipras vient de réaffirmer qu’une réforme instaurant le droit du sol serait proposé au Parlement.

 

Les déclarations de Varoufakis en 2012 sur le site « les coulisses de Bruxelles », Jean Quatremer

Jean Quatremer écrit, le 31 janvier : ces propos ne sont pas de moi, mais de Yanis Varoufakis, oui, oui, le ministre des Finances. Ils sont extraits d’un article de son blog écrit le 3 juin 2012, à la veille des élections législatives du 17 juin :

« Doit-on redouter « l’ultra-gauchisme » de Syriza? Ma réponse est un non retentissant. Je ne vous recommande pas de lire (même à ceux d’entre vous qui parlent grec) leur manifeste. Il ne vaut même pas le papier sur lequel il est écrit. Bien que plein de bonnes intentions, il contient peu de détails, est rempli de promesses qui ne pourront pas et ne seront pas tenues (la plus grande étant que l’austérité sera annulée) ; c’est un fourre-tout de politiques sans importance. Ignorez-le purement et simplement. Syriza est un parti qui a dû passer en l’espace de quelques semaines d’une agglomération de partis politiques marginaux à un parti important qui pourrait être en position de former un gouvernement dans les prochaines semaines. À plein d’égards, il s’agit d’un « travail en cours ». D’où son manifeste peu appétissant ».

Depuis 2012, Varoufakis et Syriza ont changé. La preuve : Yanis Varoufakis est maintenant ministre des Finance d’Alexis Tsipras.

L’absence de femmes au gouvernement

Le gouvernement de Syriza compte 6 vice-ministres sur 24

Cependant, c’est une vraie faiblesse. Podemos a raison de souligner « Une démocratie complète ne peut se passer de la moitié de la population »

Programme d’ « extrême-gauche »

Le programme de Syriza est un programme tout ce qu’il y a de plus « social-démocrate ». Il ne propose, ni de rompre avec le capitalisme, ni même de nationaliser une partie des moyens de production.

Il vise simplement à rompre avec les politiques d’austérité qui ont mené la Grèce à une triple catastrophe (économique, sociale et financière), à réparer les dégâts qui ont été commis, à  permettre à la Grèce de retrouver la croissance et à sa population de ne plus être écrasée par le chômage et la pauvreté.

Il prévoit de faire face à l’urgence sanitaire en remettant à niveau la protection sociale et les services publics. Il prévoit la création de 300 000 emplois publics ou associatifs, l’accès gratuit à l’énergie pour 300 000 ménages, les plus pauvres et un moratoire sur les dettes des ménages surendettés.

Il prévoit une réforme fiscale de l’impôt foncier et de l’impôt sur le revenu, la lutte contre l’évasion fiscale et la corruption et le clientélisme, pour dégager les ressources à long terme afin de financer la croissance de l’économie grecque, complètement exsangue.

Il compte, également, sur la mobilisation de financements européens, notamment les prêts de la Banque européenne d’investissement, pour financer cette croissance.

Quelques nuances du côté de la Finance

Mathieu Pigasse, dirigeant de la banque Lazard estime que la dette détenue par les organismes publics devrait être réduite de 50 %, environ 100 milliards d’euros.

Standard & Poor’s, certes abaisse la dette de la Grèce mais estime « constructive » la promesse du nouveau gouvernement de tenter d’augmenter l’investissement public et de relier plus étroitement les conditions du remboursement de la dette à la croissance.

L’ancien directeur pour l’Europe du FMI, appelle à un allégement de moitié des créances grecques, fardeau « intenable » dans une conjoncture atone. Un avis d’expert puisqu’il été chargé jusqu’à en 2014 de superviser les négociations de la Troïka avec Athènes, pour le compte du FMI. Il est maintenant chez Morgan Stanley.

Empêcher tout débat démocratique

Les politiques d’austérité sont inscrites dans le traité européen et excluent de la décision citoyenne les politiques économiques et sociales.

La victoire de Syriza pose la question de savoir si la souveraineté populaire a encore une place dans l’Union européenne ou si le traité de Lisbonne a déjà tout verrouillé d’avance alors que ce traité n’est que la copie conforme du Traité constitutionnel européen rejetée par le peuple français en 2005 par une majorité de 55 % des suffrages.

 

La restructuration de la dette allemande

L’Allemagne a bénéficié de trois restructurations de sa dette publique au XXème siècle : en 1932, en 1953 et en 1990.

La « commission des réparations » issue du traité de Versailles de 1919 avait, de façon ignominieuse, en 1921, condamné l’Allemagne à rembourser, pendant plusieurs dizaines d’années, une dette de 132 milliards de mark-or, payable en dollars, aux vainqueurs de la guerre de 1914-1918. Cette dette qui avait aidé Hitler à conquérir le pouvoir a progressivement été réduite, par le plan Dawes en 1924, le plan Young en 1929, le moratoire Hoover en 1931 jusqu’à ce que les alliés renoncent, en 1932, à cette dette. L’Allemagne, au lieu des 132 milliards de mark-or prévus n’en a remboursé que 23 milliards (17 %).

En 1953, le traité de Londres consent à réduire la dette de l’Allemagne (consécutive à la seconde guerre mondiale) de moitié. Washington obtient, de surcroît, que les bénéficiaires du plan Marshall repoussent le versement de réparations de guerre à une réunification de l’Allemagne, dans un « traité de paix ». Cette réduction et cette suspension de la dette publique allemande a permis le « miracle allemand » qui a suivi l’après-guerre.

En 1990, le chancelier Helmut Kohl obtient que le traité de Moscou, réunifiant l’Allemagne, ne porte pas la mention « traité de paix », comme le prévoyait le traité de Londres de 1953, pour que la suspension des réparations de guerre soient considérées comme définitive. L’Allemagne a considéré que sa dette était définitivement effacée. L’état de l’Allemagne en 1990 n’était pourtant pas celui de l’Allemagne en 1930 et les réparations, à la différence de celles de 1924, étaient justifiées, au vu des dévastations effectuées par l’armée allemande dans les pays occupée, le pillage des économies européennes, le vol, comme en Grèce, des stocks d’or des banques nationales.

L’Allemagne a donc fait trois fois défaut au cours du XXème siècle (1932, 1953, 1990) mais semble l’avoir totalement oublié.

En 2012, à propos de la dette due par l’Allemagne à la Grèce à la suite de son occupation du territoire grec durant la seconde guerre mondiale, Daniel Cohn-Bendit déclarait, en se plaçant sur un « plan moral » : « Les Allemands, qui se disent vertueux, estiment que les Grecs ont pêché et qu’ils doivent payer. Or, ceux qui ont le plus pêché, ce sont tout de même les Allemands, dont la dette a pourtant été effacée parce que les Américains y voyaient un intérêt stratégique. Pourquoi ne pas considérer que sauver la Grèce, est stratégique, au lieu de mettre ce pays à genoux ? »

 

 

JJ Chavigné