La “lettre ouverte » d’Alexis Tsipras aux citoyens Allemands sur ce qu’on ne leur a jamais dit sur la dette (aux Français non plus)

Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre de la Grèce, a envoyé ce courrier au journal Allemand Handelsblatt: 

 

«  Chers lecteurs de Handelsblatt,

Je sais d’avance que la plupart d’entre vous ont probablement une opinion déjà formée sur le contenu de cette lettre. Je vous invite, cependant, à la lire sans préjugés. Les préjugés n’ont jamais été un bon conseiller, et encore moins à un moment où la crise économique les renforce, en entretenant l’intolérance, le nationalisme, l’obscurantisme, et même la violence.

Avec cette lettre ouverte, je souhaite vous exposer un récit différent de celui qui vous a été fait au sujet de la Grèce depuis 2010. Et je tiens aussi et surtout à exposer avec franchise les projets et les objectifs de SYRIZA, si le 26 Janvier par le choix des électeurs devient le nouveau gouvernement grec.

En 2010, l’État grec a cessé d’être en mesure de servir sa dette. Malheureusement, les dirigeants européens ont décidé de faire croire que ce problème pourrait être surmonté par l’octroi du plus grand prêt jamais consenti à un état, sous condition que certaines mesures budgétaires seraient appliquées, alors que celles ci, manifestement, ne pouvaient que diminuer le revenu national destiné au remboursement des nouveaux et anciens prêts. Un problème de faillite a été donc traité comme s’ il s’ agissait d’un problème de liquidité. En d’autres termes, l’attitude adoptée, était celle du mauvais banquier qui, au lieu d’admettre que le prêt accordé à la société en faillite a « sauté », il lui accorde des prêts supplémentaires, prétextant que les anciennes dettes restent servies et prolonge ainsi la faillite à perpétuité.

Il s’agissait pourtant d’ une question de bon sens de voir que l’application de la doctrine «extend and pretend» [étendre les maturités de la dette et prétendre que payer les intérêts ne pose aucun problème] dans le cas de mon pays aboutirait à une tragédie. Qu’au lieu de stabiliser la Grèce, l’application de ce dogme installerait une crise auto-alimentée qui sape les fondations de l’UE.

Notre parti, et moi-même, nous nous sommes opposés à l’accord de prêt de mai 2010, non pas parce que l’Allemagne et nos autres partenaires ne nous ont pas donné assez d’argent, mais parce que vous nous avez donné beaucoup plus d’argent que ce qu’il fallait et que nous pouvions accepter. De l’argent qui par ailleurs ne pouvait ni aider le peuple grec puisqu’il disparaissait aussitôt dans le trou noir du service de la dette ni arrêter l’alourdissement continu de celle-ci, obligeant de la sorte nos partenaires prolonger ce fardeau à perpétuité aux frais des citoyens.

Et cette vérité était bien connue par les gouvernants allemands, mais ils n’ont jamais voulu vous la dévoiler.

Et en effet, et avant même que la première année ne se soit écoulée et depuis 2011, nos prévisions ont été vérifiées. L’enchaînement des nouveaux prêts aux réductions drastiques des dépenses a non seulement échoué à dompter la dette, mais il a par surcroît puni les citoyens les plus faibles, en transformant les citoyens ordinaires qui avaient un emploi et un toit à des chômeurs sans-abri qui ont tout perdu, de plus, leur dignité.

L’effondrement des revenus a conduit à la faillite de milliers d’entreprises, augmentant ainsi le pouvoir oligopolistique des entreprises qui ont survécu. De ce fait, les prix diminuaient moins que les revenus tandis que les dettes, publiques et privées, ne cessaient de s’alourdir. Dans ce contexte, où le déficit d’espoir a dépassé tous les autres déficits «l’œuf du serpent » n’a pas mis longtemps pour éclore – et les néo-nazis ont commencé à patrouiller les quartiers en semant la haine.

Malgré son échec manifeste, la logique de «extend and pretend» continue à s’appliquer systématiquement encore aujourd’hui. Le deuxième accord de prêt de 2012, a ajouté une charge supplémentaire sur les épaules affaiblies de l’état grec, en réduisant les fonds de pension, en donnant un nouvel élan à la récession, en finançant aussi une nouvelle kleptocratie avec l’argent de nos partenaires.

Des commentateurs sérieux ont parlé récemment de stabilité et même de croissance à propos de mon pays pour « prouver » que les politiques appliquées ont été efficaces. Aucune analyse sérieuse ne soutient cette «réalité» virtuelle. L’ augmentation récente de 0,7% du revenu national réel ne marque pas la fin de la récession mais sa poursuite, puisqu’elle a été réalisée dans une période d’inflation de 1,8%, ce qui signifie que (en euros) le revenu national a continué de baisser. Simplement, il diminue moins que la moyenne des prix – tandis que les dettes augmentent.

Cet effort de mobilisation des «statistiques grecques», pour démontrer que l’application de la politique de la troïka est efficace en Grèce, est outrageant pour tous les européens qui ont enfin le droit de connaître la vérité.

Et la vérité est que la dette publique grecque ne peut pas  être honorée tant que l’économie sociale grecque se trouve en situation de simulation de noyade budgétaire (fiscal waterboarding) .

En outre, persévérer dans ces politiques misanthropes et sans issue, dans le refus de reconnaître une simple question d’arithmétique, coûte au contribuable allemand et condamne en même temps un peuple fier à l’indignité. Et le pire: de cet fait, les Grecs se retournent contre les Allemands, les Allemands contre les Grecs, et l’idée d’une Europe Unie Démocratique est offensée cruellement.

L’Allemagne, et plus particulièrement le contribuable allemand qui travaille dur n’a rien à craindre d’un gouvernement SYRIZA. Au contraire. Notre objectif n’est pas d’entrer en conflit avec nos partenaires. Notre objectif n’est pas d’obtenir des prêts supplémentaires ou un blanc-seing pour de nouveaux déficits. Notre objectif est la stabilité économique, des budgets primaires équilibrés et, bien sûr, la cessation des saignées fiscales opérées sur les contribuables depuis quatre ans par un accord de prêt inadéquat aussi bien pour la Grèce que pour l’Allemagne. Nous exigerons la fin de l’application du dogme «extend and pretend» non pas contre le peuple allemand, mais pour le bénéfice de nous tous.

Je sais, chers lecteurs, que derrière les demandes d’une «stricte application des accords» se cache la peur que « si nous laissons les Grecs de faire ce qu’ils veulent, ils vont refaire le même coup». Je comprends cette inquiétude. Mais ce n’était pas SYRIZA qui a érigé en institutions dans mon pays la collusion des intérêts privés et la kleptocratie qui feignent de se soucier de l’observation «des accords» et des réformes puisque celles ci ne les affectent pas, comme le démontrent les quatre dernières années des réformes engagées par le gouvernement Samaras sous la direction de la troïka. Nous, nous sommes prêts à entrer en conflit avec ce système afin de promouvoir des réformes radicales au niveau du fonctionnement de l’état, en établissant la transparence de l’administration publique, la méritocratie, la justice fiscale, la lutte contre le blanchissement d’argent. Ce sont ces réformes que nous soumettons à l’appréciation des nos citoyens aux prochaines élections.

Notre objectif est la mise en place d’ un New Deal pour l’ensemble de la zone euro qui permettra aux grecs comme à l’ensemble des peuples européens de respirer, de créer, de vivre avec dignité. Avec une dette publique socialement viable. Avec une croissance qui est stimulée par des investissements publics financés – seul moyen de sortir de la crise – et non pas par la recette échouée de l’austérité qui ne fait que recycler la récession. En renforçant la cohésion sociale, la Solidarité et la Démocratie.

Le 25 Janvier en Grèce, une nouvelle opportunité surgit pour l’Europe. Ne ratons pas cette chance ».

(Traduction:Vassiliki Papadaki)

 

 

 
Mathématiques sur les taux d’intérêts.

Quelque soit la manière dont on analyse son projet politique, cette lettre n’est pas le fruit d’un imbécile en matière économique. La position de Tsipras est tout à fait exacte.  Et bien que je sois en désaccord avec de nombreux points sur le projet économique de SYRIZA, il n’y a pas un seul point dans ce courrier sur lequel je pourrais être en désaccord.

Une règle simple en économie est que ce qui ne peut pas être remboursé ne sera pas remboursé.  Et un simple calcul mathématique.montre qu’il est matériellement impossible de rembourser cette dette.

Malheureusement, la Grêce doit convaincre 17 autres pays Européens de renégocier sa dette. L’Allemagne et la Finlande on dit non.  Et les règles de l’Eurozone impliquent que chaque pays doit donner son accord.

La Sanction Mathématique

Il n’y a pas que les calculs sur les taux d’intérêts qui posent problème pour la Grece.  D’autres conflits se sont ouverts.

La Grèce s’oppose à des sanctions sur la Russie, une position avec laquelle j’adhère fondamentalement.  Les sanctions créent inévitablement des dommages des deux cotés.

Malheureusement, tout comme avec les règles de l’Eurozone, les sanctions Européennes ne peuvent être adoptées qu’à l’unanimité.  Concernant les sanctions, 1 vote sur les 28 membres (un nombre plus important que pour l’Eurozone) peut bloquer tout le processus.  Ce vote est un levier considérable, particulièrement lorsque les 27 autres pays veulent obtenir quelque chose de vous. Et que seront-ils prêts à offrir en échange ?

Est ce que ces situations seront résolues par du bon sens ou par un conflit ?

S’il y avait deux parties impliquées, ells pourraient s’entendre.  Mais est ce que 19 ou 28 gouvernements différents en Europe pourront se mettre d’accord sur exactement la même chose ?

Permettez moi d’être sceptique.

Mike « Mish » Shedlock

http://globaleconomicanalysis.blogspot.com

« Cadre de Programme Gouvernemental » de Syriza – en français

L’ESPOIR EST EN ROUTE
LA GRECE AVANCE L’EUROPE CHANGE

CADRE DE PROGRAMME GOUVERNEMENTAL

Nous ne promettons pas.
Nous nous engageons.
Et nous n’avons ni l’intention ni la possibilité de vous tromper.
De soustraire aujourd’hui votre vote et l’utiliser après les élections comme chèque en blanc. Et nous n’avons pas la possibilité de vous tromper parce que SYRIZA c’est vous.
Et vous êtes notre unique soutien.
Nous ne nous appuyons ni sur des entrepreneurs ni sur des banquiers ni sur des propriétaires de médias.
Nous nous appuyons sur vous.
Ni sur l’oligarchie, ni sur les grandes familles.
Sur le peuple souverain.
Sur votre confiance.
Sur votre appui quotidien et constant.
Sur l’appui de votre gouvernement.
Du gouvernement de SYRIZA.

C’est pourquoi, pour nous, la majorité parlementaire ne signifie ni irresponsabilité ni arrogance, comme c’était, par le passé, la pratique des gouvernements de la Nouvelle Démocratie et du PASOK. Cela signifie encore plus d’engagement. Cela signifie responsabilité.

Alexis Tsipras.
Agrinio 17/01/2015

1. RENEGOCIATION DES CONTRATS DE PRETS ET DE LA DETTE

Avec pour objectifs :

L’annulation de la majeure partie de la valeur nominale de la dette publique, de sorte qu’elle devienne viable, dans le contexte d’une « Conférence sur la Dette Européenne ». Cela s’est produit pour l’Allemagne à 1953. Que cela se répète pour la Grèce, en 2015.

L’instauration d’une « clause de croissance » dans le remboursement de la part restante de la dette, de façon à ce qu’il soit financé par la croissance et non par le budget.

Que soit accordé un délai de grâce, c’est-à-dire un « moratorium » pour son paiement et ainsi économiser des ressources pour la croissance et la relance de l’Economie.

L’exclusion de l’investissement public des restrictions prévues par le Pacte de Croissance et de Stabilité pour une période précise.

L’accord pour un « New Deal Européen » d’investissements publics pour la croissance.

L’obtention d’un assouplissement quantitatif de la part de la Banque Centrale Européenne.

2. PLAN NATIONAL DE RECONSTRUCTION IMMEDIATE

A. Lutte immédiate contre la crise humanitaire et soutien des petits retraités

1. Electricité gratuite pour au moins 300.000 foyers pauvres.
2. Tickets-repas pour celles et ceux qui en ont besoin.
3. Programme d’accès au logement.
4. Prime de Noël en tant que 13ème mois, à des retraités de moins de 700 euros.
5. Soins médicaux et pharmaceutiques gratuits – Diminution de la participation de l’assuré au prix du médicament.
6. Carte spéciale de transport.
7. Annulation de l’impôt spécial sur le fuel domestique.

B. Des mesures immédiates pour le redémarrage de l’économie et la reconquête de l’emploi.

(But : le soutien des petites et des moyennes entreprises, ainsi que l’accroissement des recettes publiques).

1. Réglementation favorable aux citoyens pour le remboursement de leurs dettes envers l’Etat.

  • Institution de commissions régionales spéciales de règlement extrajudiciaire des dettes, en faveur des citoyens, qui faciliterait les recettes publiques et celles des caisses d’assurance.
  • Les versements ne dépasseront pas le 30% du revenu annuel du débiteur.
  • A tous ceux qui seront admis au programme, sera accordé automatiquement, par les services fiscaux et les assurances sociales, licence pour l’exercice de leurs activités professionnelles.
  • Il sera donné immédiatement fin aux saisies-confiscations et aux poursuites pénales pour tous ceux qui s’intégreront au programme et suspension de paiement pour ceux qui n’ont aucun revenu.
  • Est abrogé le flagrant délit pour dettes à l’état.

2. Régulation des créances bancaires précaires par l’application du programme de « ΝΕΑ ΣΕΙΣΑΧΘΕΙΑ » [1]

- Institution d’un organisme public de gestion de la dette privée, gestionnaire de tous types d’arriérés auprès des banques et contrôleur de celles-ci en ce qui concerne l’application des modalités adoptées. Nous l’instituons pour assurer un traitement égal et juste de tous les emprunteurs.

- Pour les entreprises surendettées nous matérialisons une solution d’application urgente qui sauvegardera l’emploi et visera à la continuité de leur fonctionnement, pour éviter la concentration oligopolistique du marché.

- Nous interdisons les rachats des créances en souffrance par des fonds internationaux qui ont pour but la spéculation sur le dos des citoyens grecs et de l’Economie grecque.

3. Sera aboli l’impôt-guillotine, l’ENFIA (Impôt Unifié sur la Propriété Immobilière). Et sera institué l’impôt, socialement équitable, sur la grande fortune immobilière.

Cet impôt aura un échelonnement progressif et son seuil d’exception sera élevé. Il ne concernera pas la résidence principale à l’exception des résidences de très grand luxe. Il ne concernera pas la petite et moyenne propriété.

4. Nous protégeons la résidence principale des saisies-ventes aux enchères.

5. Seuil de revenu annuel non imposé : 12.000 euros pour tous/toutes.

6. Reconquête de l’emploi, ayant pour but le soutien des travailleurs et le renforcement de leur pouvoir de négociation.

  • a. Rétablissement du salaire mensuel minimum à 751 euros, pour tous/toutes.
  • b. Réinstauration des conventions collectives du travail et rétablissement de la prolongation de validité de celles-ci, validité face à tous les employeurs, validité des avantages salariaux acquis et retour de l’arbitrage.
  • c. Abolition de la réglementation autorisant les licenciements collectifs.
  • d. Programme National, biennal, pour la création de 300.000 emplois dans tous les secteurs le l’Economie, privé, public et social.

C. Reconstruction institutionnelle et démocratique de l’Etat.

SYRIZA n’est pas responsable du népotisme et du clientélisme d’Etat qui ont été installés par les partis qui ont gouverné et détruit le pays. Nous avons connaissance des pathogénies de l’administration publique ! Mais nous insistons sur le fait que les gouvernements des mémorandums n’ont en rien entrepris de les éliminer. Au contraire, l’administration publique grecque est au seuil de l’effondrement. Nous appliquons un plan achevé de reformes démocratiques et de rationalisation de l’administration publique, de l’Etat et du système politique.

1. Nous changeons la structure du Gouvernement.

  • Nous changeons la structure du Gouvernement pour une meilleure planification, coordination et matérialisation de la restructuration du pays.
  • Au gouvernement de SYRIZA le conseil des ministres ne sera pas décoratif mais un puissant instrument collectif de planification politique et de coordination.
  • Nous supprimons les nombreuses institutions gouvernementales qui agissent en pépinières de corruption et de dilution de la responsabilité politique.
  • Nous décongestionnons le secteur public des armées de conseillers et de fonctionnaires révocables. Nous encadrons les cabinets des ministres, secrétaires généraux et administrateurs avec des employés actuels de la fonction publique.

2. Nous promouvons la notation objective de la valeur des fonctionnaires.

  • Nous annulons la législation des mémorandums et le droit disciplinaire pour les fonctionnaires.
  • Nous abolissons l’institution de disponibilité dans le cadre de la mobilité pour la rationalisation de la répartition du personnel entre les services et les ministères.
  • Nous réhabilitons les, inconstitutionnellement licenciés, fonctionnaires.
  • Nous annulons la loi anticonstitutionnelle pour la notation des fonctionnaires. La notation des employés et des services se fera sur la base d’indications objectives.

3. Nous affrontons avec détermination la bureaucratie et la plaie que constitue la multitude de lois et décrets.

  • Nous limitons le contact direct entre administration et administré pour combattre la petite corruption.
  • Nous améliorons les ΚΕΠ (Centres au Service des Citoyens) et nous les connectons avec les bureaux respectifs de tout le secteur public.
  • Nous introduisons la carte électronique pour chaque citoyen qui contient toutes les informations nécessaires pour ses relations avec l’Administration.
  • Nous simplifions la délivrance des permis de construire et des autorisations d’exercer des activités commerciales, par la diminution drastique des pièces justificatives et le renforcement substantiel des contrôles durant la réalisation.
  • Nous constituons un bureau spécial de codification de la législation sous la responsabilité du Parlement grec.

4. Nous détruisons le triangle d’interdépendance entre partis politiques-oligarchie économique-banques.

  • Partis politiques
    • Nous reformons le cadre des emprunts bancaires des partis, par l’instauration d’un plafond d’emprunt, interdiction d’emprunts à long terme et interdiction générale d’emprunter plus d’une petite partie de la dotation de l’Etat.
    • Nous assurons le contrôle total et la transparence des comptabilités des partis.
  • MédiasNous activons sur le champ les ordonnances des lois, lesquelles :
    • a) Permettent à la Banque de Grèce et aux autorités judiciaires (procureurs) compétentes d’effectuer les contrôles sur le financement des entreprises de médias.
    • b) Sont valables pour toutes les Sociétés Anonymes et prévoient qu’une entreprise ne peut fonctionner indéfiniment à perte, sans être recapitalisée.

    Nous lançons un appel d’offre public à base zéro pour les fréquences de radiotélévision.

  • Marchés publics
    • Nous revoyons le cadre juridique qui régit les marchés publics, sur la base de la législation européenne correspondante.
    • Nous renforçons les institutions de contrôle social, de transparence et de publication à tous les stades.
    • Nous rendons plus rigoureuses les clauses de planifications et d’exécution des marchés publiques.
    • Nous établissons un cadre institutionnel objectif et transparent pour les appels d’offre publics.
    • Nous mettons un terme aux appels d’offre publics photographiques.
  • Rendre justice
    • Nous systématisons le rassemblement de données et informations qui concernent des marchés publics obscurs, en cours de réalisation, ou qui ont été exécutés les cinq dernières années.
    • Nous assurons la réparation immédiate des préjudices ou autres dommages aux biens et effets publics, dans les cas de conventions scandaleuses.
    • Nous abolissons les ordonnances anticonstitutionnelles et offensantes pour la démocratie qui accordent l’immunité aux conseils d’administration du ΤΧΣ (Fonds Européen de Stabilité Financière) et du ΤΑΙΠΕΔ (caisse de mise en valeur et d’exploitation des biens publics grecs).

5. Nous assurons la légitimité et l’Etat de droit partout. Nous réunissons tous les mécanismes de contrôle, en un corps unifié, qui relève directement du Premier ministre. Dans cette orientation, les premières mesures concernent :

  • Le renforcement et le soutien au ΣΔΟΕ (section fiscale pour la poursuite judiciaire des crimes économiques) et du Corps des Inspecteurs du Travail, de sorte que soit observée la loi au sein de l’économie privée et l’administration publique, mais aussi, que soit assaini le marche du travail, loin des pratiques d’exploitation sauvage des travailleurs et du travail au noir.
  • Le soutien de la très réussie Autorité pour la lutte contre le blanchiment de revenus provenant d’activités criminelles.
  • La remise en action de la commission de recherche de la provenance des revenus.

LE FINANCEMENT DU PLAN NATIONAL DE RECONSTRUCTION IMMEDIATE

1. Les 4 ressources principales pour l’augmentation des recettes publiques

a) Lutte contre l’interdépendance argent-politique et la fraude fiscal.

  • Contrôle immédiat et résolu des sociétés off-shore et de tous ceux qui se trouvent cités sur « la liste Lagarde » [2].
  • Mesures efficaces contre la contrebande de produits pétroliers, produits du tabac et autres.

b) Stimulation de la demande

Les mesures contre la crise humanitaire et le rétablissement du salaire minimum garanti, stimuleront l’activité économique et renforceront les recettes publiques.

c) Liquidations et réglementation des arriérés auprès du fisc et des caisses d’assurance en prenant en compte les revenus des citoyens.

d) Accroissement et valorisation du patrimoine national, au lieu des privatisations des mémorandums et des cessions pour un plat de lentilles.

2. Redistribution des dépenses publiques

Nous aspirons au soutien des efforts de croissance et de l’Etat social. Ainsi, nous planifions des interventions, tel un nouveau système objectif et transparent pour les marchés publics et les travaux publics.

3. CONSTRUCTION D’UN ETAT SOCIAL MODERNE

Nous lançons progressivement la construction d’un Etat social moderne qui garantira l’accès de tous les citoyens à un niveau de revenus, de biens et de services, qui s’appuiera sur les piliers principaux :

- UN SYSTEME D’EDUCATION NATIONALE, PUBLIQUE ET GRATUITE, organisé démocratiquement qui cultive la pensée critique et instruit tous les citoyens.

- UN SYSTEME UNIVERSEL ET ACHEVE DE SANTE PUBLIQUE dont nous commençons l’édification par les soins de santé fondamentaux, administrés par des médecins de famille et des centres de santé urbains et ruraux.

- SOUTIEN AUX CATEGORIES SOCIALES LES PLUS VULNERABLES comme les familles nombreuses, les handicapés ou ceux qui souffrent d’affections chroniques, les victimes d’abus divers, etc.

- UN SYSTEME ACHEVE D’ASSURANCES PUBLIQUES que nous commençons à édifier en affrontant progressivement les problèmes énormes que les mémorandums ont créés au système actuel.

4. S’OUVRE LA VOIE POUR LA RECONSTRUCTION PRODUCTIVE

SECTEURS-CLES

  • Production agricole
  • Energie
  • Nouvelles technologies
  • Tourisme
  • Transport maritime
  • Construction

CHANGEMENT DU MODELE DE DEVELOPPEMENT

  • Participation du peuple
  • Défense de l’emploi
  • Réforme de l’Etat
  • Soutien à la science et la recherche scientifique
  • Protection et mise en valeur du patrimoine public

OBJECTIFS

  • Couverture sociale
  • Industrialisation
  • Protection de l’environnement
  • Equilibrage de la balance des transactions courantes

Par des moyens immédiats pour relancer l’Economie nous ouvrons la route pour la reconstruction productive du pays.

Au moyen de la reconstruction productive nous recherchons :

- La garantie des besoins sociaux de base :

  • Par la production de produits agricoles, d’élevage, alimentaires et industriels à haute valeur ajoutée de savoir et de main d’œuvre.
  • Par la production de biens et de services pour le logement, le vêtement, les transports et la santé
  • Par l’amélioration de la qualité de standardisation, de la compétence technologique et de l’innovation.

- L’équilibrage viable de la balance des transactions courantes par la permutation dans la gamme des denrées produites en Grèce, mettant en avant les possibilités de bien de secteurs de l’Economie grecque qui sont orientés vers l’exportation.

- L’industrialisation par le biais d’une politique industrielle démocratiquement décidée, globale et à long terme.

- Le développement multidimensionnel du pays mettant en avant les avantages spécifiques de chaque région.

- La protection de l’environnement et la transformation de l’Economie par des critères sociaux et écologiques.L’environnement constitue un avantage fondamental pour des secteurs comme l’agriculture, l’élevage et la nourriture, la production d’énergie, le tourisme etc.

La reconstruction productive exige un nouveau modèle de croissance et de productivité. Où dominent :

  • La participation et l’initiative populaires
  • La revalorisation du travail humain
  • Le savoir et la recherche scientifiques, la technologie et l’innovation
  • La protection et la mise en valeur du patrimoine public et non sa liquidation.
  • Un Etat institutionnellement reconstruit, favorable au développement, au moyen d’une forte majoration des investissements publics.
  • Un système économique mis en place conjointement par un secteur public restructuré et un secteur privé régi par des réglementations transparentes, les petites et moyennes entreprises et un nouveau secteur social sain, orienté vers les principes de solidarité et de coopération.

La restructuration productive exige des changements des structures de l’Etat.

Une profonde reforme démocratique qui inversera les rôles entre l’Etat central et les institutions régionales et locales où :

  • L’Administration centrale définira les directives en matière d’Economie et de croissance, d’environnement, de politique sociale, etc.
  • Les Régions se transformeront en institutions prioritaires du développement. Leur objectif sera d’assumer une responsabilité accrue au Plan d’Investissements Publics.
  • Les nouvelles institutions d’inspection sociale et de participation populaire rendront les citoyens facteurs actifs de la restructuration productive, sociale et environnementale de notre partie.
  • La reconstruction productive se concentre principalement aux domaines suivants :
    1. Production agricole – Industries des aliments et des boissons Assurance de suffisance nutritionnelle et accès de tous aux aliments de haute qualité à des prix abordables.
    2. Système énergétique productif.Suffisance énergétique pour la production et la consommation et affranchissement progressif des combustibles fossiles.
    3. Nouvelles technologies et matériaux nouveaux.Développement de la recherche et de la production nationale pour la modernisation de l’industrie et production de produits de haute valeur ajoutée et de moindre empreinte environnementale.
    4. Tourisme.Développement touristique viable dans et par de nouvelles formes de tourisme alternatif. Diffusion du bénéfice à toute la société.
    5. Transport maritimeCouverture complète de la desserte par la voie maritime de toutes les iles grecques. Un organisme industriel pour la construction et la réparation navale. Renforcement de l’emploi des ouvriers de la mer aux droits de travail établis. Augmentation des recettes provenant des transports maritimes.
    6. Constructions et matériaux de constructionOrientation vers des interventions de qualité à des bâtiments déjà existants. Habitations et bâtiments publics antisismiques et favorables à l’environnement. Fin aux privatisations des infrastructures et relèvement du Programme d’Investissement Public. Développement de l’industrie des matériaux de construction mettant l’accent sur l’innovation.

LE FINANCEMENT=DE LA RECONSTRUCTION PRODUCTIVE

1) L’Etat exercera pleinement ses droits de propriété et nommera des conseils d’administrations aux banques qui ont été recapitalisées avec l’argent de l’Etat.

2) Nous créons une banque publique de développement, laquelle se changera du financement de la reconstruction de la production.

3) Nous créons des banques spécialement pour les petites et moyennes entreprises et la production agricole.

4) Nous soutenons le développement de banques coopératives locales, qui auront un rôle particulier au développement régional.

5) Nous créons une Caisse des Avoirs de l’Etat, dont le capital initial sera constitué de ces mêmes biens publics.

6) Nous retraçons le nouvel ΕΣΠΑ (Cadre de Référence Stratégique Nationale), de sorte que ses interventions servent à promouvoir le plan de reconstruction productive.

7) Négociation décisive avec nos associes européens pour :

- La diminution de la dette publique et du coût lié à son service.

- L’existence d’un plan de développement européen du type plan Marshall, duquel la Grèce tirera bénéfice.

8) Nous explorons les possibilités de développer des rapports paritaires avec des pays autres que ceux de l’Union Européenne (Chine, Russie, pays du monde arabe et de l’Amérique latine), qui conduiraient à d’éventuels accords interétatiques, conventions entre organismes publics et contrats entre entreprises publiques, dans la perspective d’un essor commun de croissance.

La peur a changé de camp

Les lèvres serrées se sont transformées en poings serrés.
Et c’est un sentiment unique
quand le peuple se met debout.
C’est un sentiment unique
quand la peur s’en va et vient l’espoir.
Vient la dignité, la justice, la démocratie.
La Grèce est enfin prête
pour le grand pas vers le lendemain.
La Grèce, tourmentée et humiliée
par les mémorandums, lève la têt
et se tient à nouveau sur ses jambes.
La Grèce avance.
Et avec elle, l’Europe change.

Alexis Tsipras

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Traduction de l’original : Marina Moutafidou, Section de Politique Européenne de Syriza (Athènes)

L’original en grec : http://syriza.net.gr/index.php/el/programm/2015-01-08-11-53-38/254-2015-01-18-12-58-54

Mon intervention au BN du PS du mardi 27 janvier « soyons Syriza pas Pasok  » « soyons Tsipras pas Macron »

chers camarades,

Tout d’abord, il me semble qu’il faut rendre un hommage au peuple grec et à ses souffrances terribles depuis cinq ans. La politique odieuse qui lui a été imposée par la troïka, UE, FMI, BCE et tous leurs complices banquiers, doit être connue, dénoncée et jugée. Car ce qui s’est passé est inouï et s’apparente à un pillage, une guerre, un sac, un nuage de sauterelles sur une moisson. Aucun peuple ne devrait subir un pareil traitement dans une « union » comme celle de l’Europe : c’est une aberration contre toutes les valeurs de progrès de l’Humanité, contre l’intelligence humaine pour mettre l’économie au service des travailleurs. Ce ne fut qu’un putsch violent avec des critères sordides, faux, scandaleux. Au fond, ce pays n’avait pas plus de dette que les autres, autour de 100 points de son Pib comme aux USA, comme la France aujourd’hui, et la moitié de la dette du Japon…  La France a eu 290 % de dette par rapport à son Pib en 1945 et heureusement qu’on ne nous a pas traités comme ça, heureusement qu’on a dépensé plus, qu’on a fait un programme social pour s’en sortir… sinon on serait un pays mort.

 

La Grèce a été victime d’une manipulation de Goldman Sachs dont les dirigeants devraient été accusés, jugés et condamnés. A partir d’une dette qui remonte aux Colonels, oui, on peut parler d’histoire, car l’Allemagne n’a jamais payé sa dette à la Grèce, sans doute 85 milliards, dont elle avait vu annuler 50 % par le traité de Londres en 1953… Car le prix des sous-marins de guerre allemands, de Thyssen Krupp, 1,4 milliards, car le prix des bétonneurs des Jeux olympiques de 2004, avec une ardoise de 40 milliards, tout cela devrait être renégocié… La troïka qui a imposé cette épouvantable austérité à Athènes, a commis un crime économique contre l’humanité : le smic a été diminué de 750 à 450 euros, les retraites, les salaires aussi en proportion, la famine  a réapparu, les suicides se multiplient, la mortalité infantile a cru,  les gens ne peuvent plus se soigner, il a fallu créer 400 dispensaires des secours,  pour pauvres, ils ont vendu 30 grandes et belles entreprises publiques, fermé l’enseignement supérieur, la télévision publique, ils ont livré 91 points du littoral, dans les îles et sur les côtes, aux bétonneurs, 85 000 boutiques ont fermé à Athènes, 80 % des habitants ne peuvent s’y chauffer en hiver, la voirie, l’immobilier tout est sinistré, le PIB a reculé de 25 % ; et tout ça pour un résultat qui devrait remplir de honte ceux qui l’ont imposé, puisqu’il s’agissait de rembourser la dette et que celle-ci est passée à 113 % puis à 175 % du Pib.

 

Comment a-t-on pu en arriver là sans que nul ne crie son indignation, ici et partout ? La Grèce n’a pas été aidée, mais accablée, sinistrée, enfoncée : les plans d’aide, c’étaient des mensonges, c’était de l’argent donné aux créanciers de la Grèce, aux banques et arraché du niveau de vie des Grecs… Les intérêts qui leur ont été imposés étaient usuraires,  de 4 à 7, même 12 %, par une BCE qui prêtait à moins de 1 % aux banques spéculatrices ! Si les Grecs, pourtant plus fragiles et qui le méritaient donc plus, empruntaient à des taux comme ceux de la France ils seraient en équilibre budgétaire depuis 5 ans… C’est une dette odieuse qui leur a été imposée, et qui doit donc être revue entièrement… Jamais aucun pays d’Europe, ni la Grèce, ni l’Italie, ni l’Espagne, ni le Portugal, ni la France ne paieront cette fameuse « dette » de toute façon. Cette année, nous paierons 54 milliards d’intérêts d’une dette dont on ne paiera pas le capital, et le paiement de cette dette ruine notre économie, ce qui augmente la dette…  Nous sommes dans la même nasse, la même seringue que les Grecs, avec deux ans de retard sur eux, nous sommes à 30 % ou 40 % de ce qu’ils ont subi. Les défendre face au chantage odieux et scandaleux de la dette, c’est nous défendre…

 

Rien n’est la faute du peuple grec : tout est la faute à la troïka, et à l’oligarchie grecque. La célèbre oligarchie des Onassis, des armateurs les plus riches du monde, des Niarchos et des popes, premiers propriétaires fonciers… Et l’UE n’a rien exigé de l’oligarchie qui a caché des centaines de milliards en Suisse,  mais elle a lâchement pillé le peuple… Alors qu’il fallait traquer les fraudeurs fiscaux, les spéculateurs… Alors qu’il fallait que « la BCE prête directement aux Etats » »  et ce que je dis là, c’est ce que François Hollande disait, encore une fois, au Bourget : « la délinquance financière ?  La République vous rattrapera »  « La BCE doit prêter aux Etats » !  Mais il s’est écoulé bientôt trois ans, et rien, rien n’a été fait sinon des crimes contre les Grecs !

 

Et alors j’aime qu’ici, dans ce Bureau national, oui, aujourd’hui, ce soir, en ces deux heures de débat, chacun se sente et se dise maintenant « Syriza ». Car oui, le Pasok a délibérément trahi son peuple, l’a livré aux banquiers rapaces et cupides, et il a payé le prix fort.  Et cela concerne tous les partis de gauche qui au lieu de faire une politique de gauche cèdent aux sirènes austéritaires de la troïka. Et cela nous concerne aussi, car si nous ne faisons pas « cap à gauche » nous connaitrons « cap suicide », nous subirons le même sort que le Pasok. Il faut se féliciter de la victoire de Syriza, je vois que nous le faisons, mais il faut le faire vraiment, car Macron, c’est l’anti-Tsipras,  On ne peut pas dire « bravo Syriza » là-bas et « vive Macron » ici. Tsipras augmente le smic de 450 à 751 euros, redistribue les richesses, amnistie les syndicalistes, augmente les retraites, renonce à vendre le Pirée aux fonds chinois. En quelques jours, il fait plus pour gagner l’adhésion de son peuple que nous en deux ans. Alors que Macron continue de vendre nos aéroports aux fonds chinois. Bien sûr que Syriza est social-démocrate, socialiste et démocratique comme j’aime, et je le dis à Henri [Weber], tant mieux, c’est la gauche comme elle devrait être partout en Europe et ici, si nous combattions la finance au lieu de céder devant elle. On doit s’appuyer sur la victoire de Syriza pour remettre en cause la dette, nous aussi, et non sur la dette pour remettre en cause les choix politiques justifiés de Syriza.

 

Enfin pour finir, Syriza c’est d’abord l’unité de la gauche, ce n’est pas le gouvernement de type Papandreou, Valls, Macron orienté à droite. Alexis Tsipras, oui, a su réunir 19 partis et groupes de gauche, et c’est la clef de son succès !  Un exemple ! Et nous, il faut réunir les Verts EELV et le FDG, au moins. Prétendre sans succès aucun à l’unité nationale mais n’être pas capable de faire l’unité de la gauche, pose un sérieux problème : il faut réunir les forces de gauche, et chercher à nous mettre d’accord sur un programme d’action, d’urgence entre nous. C’est la clef de la victoire ou de la défaite aux prochaines élections. On a 40 000 chômeurs de plus en décembre, 192 000 de plus en 2014, on va dans le mur cruellement. Alors je le dis encore une fois : soyons Syriza, pas le Pasok.

 

Le « quantitative easing » (« QE ») de Mario Draghi : 1140 milliards aux banques sans contrepartie

 

La Banque Centrale Européenne met en place un nouveau « plan de soutien »…  aux banques

1 616 milliards d’euros (13 % du PIB de l’Union européenne) avaient été accordés aux banques européennes, par les États de l’Union européenne entre 2008 et 2011[1][1], après la crise financière de 2007-2008. Dont 1 147 milliards d’euros sous formes de garanties publiques et de mesures à court terme destinées à assurer les liquidités bancaires et 442 milliards d’euros pour permettre aux banques de se recapitaliser et de compenser la dépréciation de leurs actifs.

En décembre 2011 et février 2012, un total de 1 018 milliards de crédit dit « LTRO » avait été accordé par la Banque centrale européenne (BCE) aux banques européennes à un taux de 1 %. Ces mêmes banques re-prêtaient aussitôt, aux Etats européens, les liquidités qui venaient de leur être aussi généreusement accordées, mais à des taux allant jusqu’à 7 % ! Ainsi le veut le traité de Lisbonne qui interdit à la BCE de prêter directement aux Etats à un taux aussi bas que celui auquel elle prête aux banques (0,05 % aujourd’hui !) afin qu’ils puissent satisfaire les besoins sociaux de leurs populations et qui permet aux banques de percevoir leur dîme au passage.

Le pactole continuera de couler pour les banques avec le « quantitative easing » (« QE ») de 1 140 milliards d’euros annoncé par Mario Draghi, sans la moindre garantie que ce pactole profitera à l’ «économie réelle ». C’est la même méthode que pour le pacte de responsabilité : rien n’est exigé des banques, une totale confiance leur est faite pour qu’elles choisissent de prêter aux entreprises et aux particuliers plutôt que de continuer à gonfler les bulles spéculatives.

Le « quantative easing » (« QE ») de Mario Draghi

La politique monétaire européenne fait du sur-place. L’instrument de la baisse des taux n’a plus aucun effet. Le taux auquel la BCE prête aux banques européennes s’approche de zéro mais l’économie de l’UE continue, inexorablement, à s’engluer dans la stagnation ou la récession. Pire, la déflation, cette « baisse généralisée » des prix qui casse l’investissement et les salaires, se fait de plus en plus menaçante. En décembre 2014, les prix avaient diminué de 0,2 % dans l’Union européenne et la baisse du prix du baril brut était loin d’être seule en cause. Or, il est très difficile de sortir de la déflation, comme l’attestent, aussi bien l’Allemagne des années 1930 que le Japon d’aujourd’hui.

Mario Draghi a donc décidé d’utiliser l’artillerie lourde en faisant marcher « la planche à billets ». il a annoncé le rachat des obligations d’Etat (les titres de la dette publique) des pays européens, de mars 2015 à septembre 2016. Ces rachats seront de l’ordre de 60 milliards d’euros par mois (en incluant les opérations de rachat déjà en cours sur les créances « titrisées » et les « obligations sécurisées »). Au total, 1 140 milliards d’euros de liquidités, nouvellement créées par la BCE, seront versées aux banques puisque le traité de Lisbonne interdit à la BCE d’acheter directement les titres des dettes publiques lors de leurs émissions. Elle est obligé de passer par le marché secondaire (la bourse),  c’est-à-dire de les racheter aux banques qui les ont acquises lors de leurs émissions.

Le but de l’opération n’est pas« la croissance » ou « l’emploi », comme l’annonce, sans trop de précaution, Pierre Moscovici, mais, aux dires même de Mario Draghi, le retour à une inflation autour de 2 % par an, nécessaire pour écarter le risque de déflation.

Le « scénario rose »

Le « QE » de Mario Draghi devrait permettre de réduire les écarts de taux entre l’Allemagne ou les pays nordiques et le reste de l’Union européenne. Les investisseurs, rassurés par l’achat d’une partie de leurs créances sur le marché secondaire par la BCE devraient moins hésiter à prendre de risque, ce qui devrait aider les pays les plus fragiles de l’Union.

L’afflux de liquidité viendrait renforcer les effets de la fin du « QE » de la Réserve Fédérale des Etats-Unis et entraînerait la baisse de l’euro par rapport au dollar.

Les rachats de titres des dettes publiques devraient permettre aux banques de nettoyer leurs bilans, au regard des obligations réglementaires, telles que celles de « Bâle III ». Elles auraient, alors, la capacité de faire plus de crédit à l’« économie réelle ».

La confiance reviendrait, le secteur privé investirait, la croissance et l’emploi en profiteraient.

Telle est le conte de fées que nous racontent la BCE, la Commission européenne et la plupart des dirigeants des Etats de l’UE.

 

La principale limite de la politique de Mario Draghi :

l’absence de plan de relance européen

Le changement de politique de Mario Draghi va dans le bon sens. La BCE va commencer à faire ce que font les autres banques centrales depuis longtemps. A une différence près, cependant, puisque les autres banques centrales peuvent acheter les titres des dettes publiques de leurs Etats au moment de leur émission et non, comme la BCE, sur le marché secondaire. Cette différence est moins importante quand les taux des obligations d’Etat sont bas mais prend toute son importance en cas de taux élevés, comme en Grèce.

Cette politique, cependant, risque d’avoir fort peu d’effets, tant elle est étroitement limitée.

Sa principale limite tient à l’absence de plan de relance de l’économie en Europe. La politique européenne ne marche que sur une patte, la politique monétaire. Il lui faut, absolument, une autre patte, la politique budgétaire. Dans son programme « de Jackson Hole », le 22 août, Mario Draghi, lui-même, avait estimé que le « QE » qu’il prévoyait ne serait efficace qu’accompagné d’une relance budgétaire.

Il est vrai que le « Plan Juncker » qui repose en tout et pour tout sur 21 milliards d’euros de fonds publics (dont 6 milliards d’argent frais !) a, à peu près, autant de consistance que le « plan de croissance » de François Hollande de 2012, bâti sur la même chimère de mélange d’argent public et d’argent privé. Un plan dont les effets ont été nuls et dont personne ne parle plus aujourd’hui.

Le « QE » devrait entraîner une nouvelle baisse des taux,  même si les marchés avaient anticipé, en partie, cette baisse. Cela permettra de réduire une partie des coûts de la dette publique. Mais les Etats ne pourront pas investir davantage puis le TSCG l’interdit.

La politique budgétaire restrictive, dictée par le TSCG, nous enfonce dans la récession. La cause du mal dont souffre l’UE : l’austérité et les politiques structurelles n’est pas prise en compte. Au contraire. L’austérité est imposée, plus que jamais, sauf aux banques. Quant aux « réformes structurelles » dont le but ultime est la baisse des salaires, au moyen de la « flexibilité » du marché du travail, elles sont plus que jamais d’actualité.  François Hollande, devant un parterre de financier à Davosn le soulignait : « Je ne peux que me féliciter de ces décisions [le QE de Draghi]. Elles ne doivent pas nous empêcher de faire nos réformes ».

Mario Draghi l’a réaffirmé avec force, de son côté, les liquidités déversées par le « QE » ne doivent pas servir à mener des politiques publiques de soutien à l’économie. : «  Ce serait une grave erreur de voir dans le QE une incitation à mener des politiques budgétaires expansionnistes. Les gouvernements doivent conduire les réformes structurelles qui s’imposent et les mener à bien ».

La transmission de cette politique à l’économie réelle dépendra donc des choix que feront les banques. Pourquoi les banques choisiraient-elle de prêter aux entreprises alors qu’elles ne savent pas si, demain, ces entreprises, faute de débouchés, dans une économie déprimée, ne feront pas faillite ? Pourquoi les banques choisiraient-elle de faire crédit (auto, logement…) à des particuliers dont elles ne savent pas s’ils auront toujours, demain, un emploi ? Les banques, pour ceux qui l’ignoreraient encore, ne sont pas guidées par la philanthropie mais par la recherche de la rentabilité (et pas n’importe laquelle) ! Avec les politiques d’austérité et les « réformes structurelles » qui étranglent l’économie, il est évident que les banques choisiront d’utiliser les centaines de millions d’euros qui leur seront versés en contrepartie du rachat massif de titres de la dette publique, à spéculer, à alimenter l’économie casino. Le flot de liquidités de la BCE alimentera les bulles spéculatives plutôt que l’économie réelle.

Les entreprises ne prendront pas le risque de produire sans savoir si elles trouveront un débouché à leur production, sans que leurs carnets de commande se remplissent. Seuls, des plans de relance dans les Etats membres, ce qui supposerait de s’émanciper du funeste TSCG, ou, mieux, un plan de relance européen pourraient  briser le cercle vicieux actuel, en créant un débouché sûr pour les entreprises privées grâce à un investissement public massif et la création, toute aussi massive,  d’emplois publics.

La chute du prix du pétrole et la baisse de l’euro peuvent éviter à l’UE de s’enfoncer trop vite dans la déflation, même si la baisse de l’euro commence à entraîner une guerre des changes (la modification de la politique monétaire a déjà commencé au Canada et en Suisse…). Mais la seule arme efficace contre la déflation est la politique budgétaire que l’UE ne peut pas utiliser à cause du TSCG. L’exemple des Etats-Unis et du Japon l’attestent, même si c’est dans de façon diamétralement opposées.

Les autres limites de la politique de Mario Draghi

Une limite quantitative (!) tout d’abord : le système bancaire européen ne pourra pas acheter plus du tiers de la dette en circulation et plus de 25 % du montant de chaque émission obligataire des différents Etats. Selon le dogme néolibéral qui préside à la politique européenne : les marchés doivent pouvoir fixer les taux d’intérêt et ne pas confier cette mission à la BCE !

François Hollande et Matéo Renzi estiment avoir « gagné une grande bataille ». L’Allemagne qui ne pèse pas plus que le poids du seul représentant allemand au Conseil des gouverneurs de la BCE, s’est retrouvé largement minoritaire, malgré ses alliés du Nord de l’Europe.

L’Allemagne a, néanmoins, réussi à imposer ses limites et elles sont d’importance.

Les achats de titres des dettes publiques seront effectués par les banques centrales nationales (la Banque de France, par exemple), au prorata de leur participation au capital social de la BCE (25 % pour l’Allemagne, 20 % pour la France, 3 % pour la Grèce..). Cette politique profitera donc aux pays qui en ont le moins besoin et non aux pays les plus fragiles, ceux de la périphérie de l’Union. La Grèce aura droit à 3  % du total des rachats et Chypre 0,2 %. Les titres de la dette publique de ces deux pays risquent, d’ailleurs, de ne pas pouvoir faire l’objet de rachats parce qu’ils sont mal notés par les agences de notation et que la BCE se donne la possibilité d’ajouter tous les critères de son choix. La capacité du « scenario rose » à réduire les écarts de taux ne résiste pas à ces achats au prorata de la richesse d’un pays.

La mutualisation des risques s’effectuera, seulement, à hauteur de 20 % des titres publics rachetés. Les titres rachetés par les banques centrales nationales ne seront inscrits qu’à concurrence de 20 % au bilan de la BCE. 60 % de ces 20 %, qui plus est, sont des dettes déjà mutualisées puisqu’il s’agit de la dette des institutions européennes. Au total, seulement 8 % la dette souveraine rachetée sera mutualisée. Ce qui correspond au montant du fonds de réserves de la BCE (7,5 milliards d’euros). Le but d’Angela Merkel était que le « contribuable allemand » puisse dormir tranquille…

Les banques centrales des Etats les plus fragiles vont devoir prendre des risques importants en rachetant les titres de la dette publique de leur pays. En cas de hausse des taux, la valeur des titres diminuera, mécaniquement. Or, il existe, aujourd’hui, une bulle sur la dette portugaise, italienne ou espagnole et,  sans doute aussi, sur la dette publique française. En cas de hausse des taux, les banques centrales devront assumer les pertes.  Ce sont les contribuables de ces pays qui devront payer. C’est une nouvelle prise de risque pour les pays périphériques de l’Union européenne. Le sommeil des contribuables allemands n’a, décidément, pas de prix pour Angela Merkel !

Loin d’aller vers plus de solidarité, c’est vers une nouvelle fragmentation que va l’UE. C’est un pas en arrière dans la marche vers un fédéralisme européen puisque la politique monétaire, même très encadrée, redevient nationale.

Il faut ajouter une dernière limite à la politique de Mario Draghi. Les marchés financiers ont déjà anticipé largement le « QE », à la suite des nombreuses « fuites » dont celle de François Hollande, le 19 janvier. Cette anticipation s’est traduite par une hausse des cours de la Bourse, une baisse des taux d’intérêts des titres des dettes publiques (sauf pour la Grèce), une baisse de l’euro dont la valeur est maintenant au plus bas, depuis 11 ans, par rapport à celle du dollar.

Une politique qui arrive bien trop tard

Le « QE » aurait été beaucoup plus utile il y a 4 ou 5 ans, en pleine crise de la dette publique européenne. Les taux d’intérêt des dettes publiques grecques, irlandaises, portugaises, espagnoles et italiennes atteignaient et parfois dépassaient les 7 % : un niveau insupportable pour tout Etat. Racheter des obligations d’Etat au moment de la crise de l’euro afin de ne pas laisser les Etats prisonniers des marchés et de consolider la zone euro, aurait eu une toute autre efficacité. Aujourd’hui, avec des taux d’intérêt de 0,45 % pour l’Allemagne, de 0,75 % pour la France ou de 2 % pour l’Italie, cette politique ne présente pas, et de loin, le même intérêt.

Aux Etats-Unis, le « QE » de la Réserve fédérale, a été mis en place dès 2009, pour aider les Etats-Unis à sortir de la récession. Il est vrai que le mandat de la Réserve fédérale ne se limite pas, comme celui de la BCE,  à chercher à fixer un niveau d’inflation mais lui impose de rechercher la croissance économique.

Le Japon, frappé par la déflation dès la crise immobilière de Tokyo au début des années 1990, a réagi trop tardivement. Il n’arrive pas à sortir de la déflation, malgré la politique de son actuel Premier ministre, Shinzo Abe qui a accéléré la politique de « QE » de la Banque du Japon, en déversant des milliards de Yen de liquidités. L’économie s’enfonce maintenant dans la récession, la valeur du Yen s’effondre, la dette publique atteint 250 % du PIB.

Conclusion provisoire

Les banques vont pouvoir se débarrasser des titres qui encombraient leurs bilans et utiliser les liquidités offertes par la BCE afin d’accroître leurs activités spéculatives (80 % déjà du total de leurs bilans) car ces activités sont plus rentables que de prêter aux entreprises et aux ménages dans une économie anémiée. De nouvelles bulles spéculatives vont continuer à gonfler, jusqu’à la prochaine crise : la frénésie boursière a déjà commencé.

Mario Draghi a posé une dernière cerise sur le gâteau des banques : le taux des prêts (TLTRO) accordé par la BCE aux banques, passe de 0,15 % à 0,05 %. Les banques auront donc accès à un crédit gratuit, sans que le moindre compte leur soit demandé sur la destination des fonds qu’elles recevront, de tous les côtés à la fois.

Pour les banques, c’est Noël à Francfort !

 

JEAN JACQUES CHAVIGNE


[1][1] Commission européenne « Rapport sur les aides d’État accordées par des États membres de l’Union européenne », 21 décembre 2012.

Macron, l’anti Tsipras, ment à chaque minute, sa loi ne crée que du chômage, du désordre, de la misére

A l’assemblée nationale, Emmanuel Macron joue en duo avec la droite et manipule la gauche pour qu’elle ne puisse avoir voix au chapitre. En peu d’heures, il étouffe 160 articles de loi, 19 ordonnances, c’est une grotesque parodie de démocratie pour une loi rétrograde qui nous ramène au XIX e siècle

Macron peint un mur en bleu et dit qu’il est rouge, les médias n’en disent pas la couleur, les français sont sous informés délibérément, les députés cadenassés par une procédure d’urgence, les syndicats divisés et paralysés.

Rien ne justifie, pour plaire à ces fanatiques libéraux de Bruxelles, de casser l’inspection, les prud’hommes, la médecine du travail, les IRP, de faciliter les licenciements, de déréguler le code du travail… de remettre en cause ce qui nous reste encore du CNR, des « jours heureux »,

Macron organise le chômage de masse, le développe ( 40 000 de plus en décembre, 192 000 de plus en 2014…) il l’a dit (à « la Tribune ») : « mon job n’est pas de préserver les emplois existants ». Il se moque des millions de jeunes « ayez envie de devenir – l’un des 78 – milliardaires » du pays. Il se moque de la gauche « une gauche passéiste », une « étoile morte ».  Il y a quelque chose de caricatural dans l’histoire de France qu’une pareille comédie puisse se dérouler sous la gauche.

Alors que le pays se consume de l’austérité, que sa dette vient d’augmenter de dix points en deux ans à cause de cette politique stupide, que le chômage de masse a pris 400 000 chômeurs de plus en deux ans, que les inégalités se creusent, le souci de cet homme, est de….. faciliter encore plus les licenciements, de casser le contrat de travail, de détruire les  règles qui protègent encore les emplois.

Il privatise l’aéroport de Blagnac en le vendant aux fonds chinois pendant que Alexis Tsipras décide de stopper la vente du Pirée aux autres fonds chinois. Et pendant ce temps là, la direction du PS officielle, dit « nous sommes Syrisa ». On est en pleine confusion, en plein mensonge, en plein désordre intellectuel, à contre courant des exigences de notre temps, de notre peuple, de nos salariés, de nos électeurs.

 

interview de Maurice Kriegel Valrimont par François Ruffin : il répond si  bien aux mensonges de Macron.

En fait, il faut faire le contraire exact de la loi Macron, il faut dépenser plus, hausser les salaires, réguler et augmenter les droits sociaux pour résoudre le problème posé

 

François Ruffin : « Aujourd’hui, quand on va revenir sur des acquis sociaux, on ne dit pas qu’on va détruire des acquis sociaux, on dit qu’on va faire une réforme, que la réforme va être là pour sauver le système, et que le système est en péril, parce qu’il y a soit des déficits publics, il y a des déficits commerciaux, il y a un trou dans la caisse de la Sécu, et tout ça est chiffré à chaque fois par les ministères, en millions ou en milliards d’euros. Vous, à la Libération, vous avez contribué à mettre un système de retraites en place, il y a aussi eu la sécurité sociale, alors moi, ce qui me paraît assez surprenant, c’est que tout ça se fait dans un contexte où les déficits publics, ce n’est même plus la peine d’en parler ! J’avais relevé un petit extrait de la situation de la France au moment où vous prenez ces mesures. On nous dit : « En 1944, la France est à genoux, 74 départements ont servi de champs de bataille, la production industrielle ne représente que 29% du niveau de 1929. Les recettes fiscales couvrent à peine 30% des dépenses publiques, la dette nationale a quadruplé. Une foison de billets pourchasse une pénurie de produits. » Et donc, c’est dans ce contexte là, vous, vous êtes complètement inconscient, vous voulez encore plus mettre la France à genoux !, c’est dans ce contexte là que vous décidez qu’il faut mettre en place une sécurité sociale et des retraites… Mais on a dû penser que… »

Maurice Kriegel-Valrimont : « Mais c’est exactement ce qui s’est passé. Il ne faut pas croire qu’à l’époque, il n’y ait pas de gens qui nous ont dit ce que vous venez de dire ! Ils nous ont dit « Vous êtes fous ». C’est bien pire que ça : la France n’avait plus de ponts, le France n’avait plus de charbon, la France n’avait plus d’acier, la France n’avait plus d’énergie. Bien. C’est vrai que c’était à peine concevable. Bien. Nous sommes passés outre, tout bonnement. Nous sommes passés outre et nous avons fait les choses. Alors là, la preuve a été faite, l’investissement social est un investissement économique formidable ! Et c’est vrai, je n’ai aucune hésitation à le dire, les Trente glorieuses n’auraient pas été possibles si nous n’avions pas fait cette législation sociale. Historiquement, la chose est démontrée. On pouvait discuter avant, mais historiquement, on ne peut plus en discuter. C’est grâce à la législation sociale que les progrès ont été accomplis. Ca veut dire une chose d’une simplicité puérile : les gens qui vivent sur le dos des autres, les gens qui bénéficient du travail des autres, les gens qui exploitent les autres, ils n’ont pas de scrupules ! Ils sont capables de charité, mais le fond de leur attitude est de croire que, pour vivre, pour que l’humanité fonctionne, il faut qu’il y en ait qui profitent et d’autres qui subissent. »

François Ruffin : « Et donc, vous, vous dites, aujourd’hui, où on vient de nous dire : le poids de la dette publique française, selon les nouvelles normes internationales, a doublé, vous, vous dites : ce n’est pas une raison pour ne pas conquérir de nouveaux droits sociaux ? »

Maurice Kriegel-Valrimont : « Je dis plus que ça. Je dis que, dans toute une série de domaines, le fait de donner, de garantir ces droits sociaux résout le problème posé. Je dis que, si on passe de, en fait sept millions de gens qui sont hors du circuit du travail, ce qui est le cas, si on passe simplement à deux millions de gens, le problème est résolu ».

 

Il faut augmenter massivement le Smic, faire une réforme fiscale et aller traquer des dizaines de milliards chez les milliardaires voleurs et le CAC 40 pillard, il faut diminuer le temps de travail, là est la solution, de gauche, là est TINA … La loi Macron nous ruine, nous mène dans le mur et la défaite.

Victoire de SYRIZA : Une bonne nouvelle pour tous les peuples d’Europe

 

Alexis Tsipras et Gérard Filoche

Alexis Tsipras et Gérard Filoche

Je me réjouis de la victoire de la gauche grecque. La victoire de Syriza est une très bonne nouvelle pour le peuple grec soumis à une austérité dramatique et une bonne nouvelle pour tous les peuples d’Europe.

La gauche française se doit de tirer toutes les leçons du scrutin grec.

En Grèce, la politique imposée par la Troïka (Commission européenne, Banque Centrale européenne et Fonds monétaire international) a eu des conséquences sociales désastreuses, mais elle a, en plus, été totalement inefficace. La dette grecque est passée de 113 % du produit intérieur brut en 2009 à 175 % aujourd’hui. La Grèce a fait la démonstration que vouloir sortir de la crise économique avec une politique d’austérité, est tout simplement impossible. Cette démonstration ne se limite pas à la Grèce. Les dettes publiques des Etats européens ont atteint un tel niveau qu’elles ne sont plus remboursables et que tenter, vainement, d’y parvenir met gravement en danger l’économie et la société. Les dettes publiques des Etats européens doivent donc être profondément restructurées et, en partie, annulées, comme ce fut très souvent le cas dans l’histoire. Elles doivent pouvoir, également, faire l’objet d’un rachat direct par la Banque centrale européenne.

Dans toute l’Europe, l’austérité et les « réformes structurelles » qui visent à toujours plus libéraliser l’économie ont entraîné le continent dans la stagnation avec pour conséquence l’augmentation du chômage de masse. La défaite de la droite en Grèce (Nouvelle Démocratie) doit être l’occasion de remettre en cause le néolibéralisme dans tous les pays européens.

Nous allons devoir nous mobiliser aux côtés du peuple grec pour exiger que la volonté populaire qui s’est exprimée soit respectée par l’Union européenne : celle-ci doit arrêter d’étrangler la Grèce. Nous le ferons d’autant plus facilement que Syriza est en train d’essayer de réaliser ce que François Hollande avait promis en 2012 : engager un bras de fer avec la droite européenne et la Finance. C’est aussi le moment d’imposer aux conservateurs et aux néolibéraux un changement d’orientation dans la construction européenne : en finir avec l’austérité, le dumping fiscal et social. La priorité doit être de mener une politique de relance de l’investissement public et de satisfaction des besoins sociaux, en France et au niveau européen.

Le 25 janvier 2015

L'espoir a gagné, slogan de SYRIZA, 25/01/2015

L’espoir a gagné, slogan de SYRIZA, 25/01/2015

A quoi va servir le regain de popularité du Président ?

La cote de popularité de l’exécutif progresse dans les sondages. François Hollande est malgré tout « conscient que ce sera toujours sur les questions de résultats économiques  et sociaux que les Français exprimeront le moment venu leur choix. » (*). A quoi va-t-il utiliser ce regain de popularité ?

A répondre aux aspirations à la liberté, à l’égalité, à la fraternité qui se sont exprimées massivement les 10 et 11 janvier ?

Après les manifestations de plus de 4 millions de personnes, les 10 et 11 janvier, il serait aujourd’hui plus facile de bâtir un nouveau  rapport de forces face à Angela Merckel et à la Commission européenne. Il serait plus facile d’exiger la fin de la réduction des déficits publics à marche forcée pour répondre à l’exigence immédiate d’un plan Marshall pour les banlieues et les cités (services publics, Éducation nationale, associations….). Ce serait la meilleure façon de refaire société, comme l’exigeaient les manifestants, et de nous débarrasser du terreau dont se nourrit le djihadisme. Merckel et Juncker auraient sans doute quelques difficultés à refuser une telle exigence et François Hollande beaucoup plus de facilité à mobiliser en France et dans l’Union européenne pour obtenir satisfaction.

Il serait plus facile, également, de reconstruire un rapport de forces face au Medef dont les exigences visant à réduire, les uns après les autres, les droits sociaux fragilisent la République, tant ces droits lui sont consubstantiels.

Le regain de popularité de l’exécutif serait alors durable et se traduirait dans les prochaines élections, dès cette année 2015.

A continuer la même politique économique et sociale ?

C’est malheureusement ce que François Hollande laisse entendre, lorsqu’il affirme que ce qui vient de se passer dans notre pays « doit nous donner encore plus d’audace dans l’action réformatrice que j’ai engagée avec le premier ministre » (*).

Le pire serait pourtant d’utiliser le regain de popularité de l’exécutif pour continuer et même accélérer la même politique d’alignement sur les exigences de la Commission européenne et du Medef.

Les contre-réformes du Medef nourrissent le chômage et les discriminations qui l’accompagnent quand l’emploi devient une denrée rare.

L’austérité voulue par la Commission ne fera qu’accroître l’ « apartheid territorial, social, ethnique en France » que dénonce Manuel Valls. Comment espérer financer un « plan Marshall » pour les « banlieues », les « quartiers », les zones périurbaines en ne cessant pas de diminuer les dépenses publiques, de l’État ou des collectivités territoriales ?

Pour Jean-Christophe Cambadélis, « le débat sur la République doit retrouver sa place première et la question économique doit lui être subordonnée » (**).  Cette affirmation renvoie à une question à laquelle il faut absolument répondre : la République peut-elle retrouver sa place première en laissant la Commission européenne étrangler les budgets publics, en cédant aux exigences du Medef de réduire, toujours plus, les droits sociaux qui sont partie prenante de notre République ?

Dès aujourd’hui, notre réponse à la situation passe par le soutien à la lutte des salariés routiers pour une légitime hausse de leurs salaires, par le refus de la loi Macron et par l’affirmation de notre solidarité avec la gauche grecque, représentée par Syriza.

(*) François Hollande, Le Monde du 20 janvier

(**) Jean-Christophe Cambadélis, discours des vœux à la presse du 14 janvier

D&S n°221 janvier 2015 vient de paraitre 23° année excellente revue de la gauche socialiste

 

sur abonnements  chèques à l’ordre de « D&S »   C/O  85 rue Rambuteau 75001 Paris, 30 euros pour un an, 10 n° de 24 p.

avec à l’intérieur, la contribution des amis de  D&S au débat du congrès de Poitiers du Parti socialiste  les 6 et 7 juin 2015

 

Sommaire

D&S n° 221 Janv. 2014 Le 19 janv. 2014

P.2: abos,prélèvement,livre
P. 3 : édito
P. 4 : les unes que vous avez ratées

DOSSIER

P 5 à 24 :

Sauver le Parti socialiste ! Redistribuer
les richesses d’abord

Contribution de D&S pour le congrès du Parti socialiste de juin 2015

P. 25 : Suisse : Unia a réussi son pari
P. 26 : International – Justice pour tous
P. 27 : Post-it Palestine – DE L’IMPUNITÉ P.

28 : Sauver la Grèce, en avant Syriza

Coup de vieux avec le projet de loi Macron: enrichissez vous, devenez milliardaires

Le 26 janvier 2015 l’Assemblée Nationale engagera le débat sur les 106 articles du projet de loi dite « pour la croissance et l’activité » et sur 19 projets d’ordonnances contournant le Parlement.

C’est comme un « coup de vieux ». Retour vers le passé : au XIX° siècle. Adieu le TGV, revoilà la troisième classe dans les trains, les autocars… presque les diligences. Ca sent « L’argent » de Zola. Dans les Rougon-Macquart, il y a Macron : d’ailleurs il imite Guizot « Français, réussissez et enrichissez vous » (s’est-il écrié le 11 décembre 2014 in La Tribune).

N’allez pas croire qu’il s’agit d’enrichir les travailleurs, non, chacun sait que le travail n’enrichit personne, tout juste s’il permet de vivre. Ce qui enrichit, c’est d’exploiter le travail des autres.

La France est le pays d’Europe qui a le plus de milliardaires : elle en a 78. Deux d’entre eux (Arnaud et Bettencourt) possèdent plus que 20 millions de français. Il est impossible d’être riches à ce point sans avoir pillé, détourné, spéculé contre les fruits du travail de centaines de milliers de salariés.

Depuis Las Vegas, Macron en rajoute : il dit aux jeunes « ayez envie de devenir milliardaires ».  Proposer cela à la jeunesse, dont 25 % est au chômage, c’est l’insulter grossièrement. Si l’avenir c’est d’exploiter au maximum les autres pour faire partie du 1 % qui se goinfre du travail des 99 %, il est certain que la crise des idéaux dans la jeunesse va s’accroitre. Au lieu de liberté, égalité, fraternité, il n’est pas sûr que compétitivité exacerbée, inégalité forcenée et richesse illimitée soit des objectifs très attractifs.

« Mon obsession, lorsque je regarde le CAC 40 aujourd’hui, est de créer le CAC 40 de dans dix ans et d’avoir des milliers de grandes entreprises qui puissent remplacer le CAC 40 actuel. Ce serait une grossière erreur de protéger les entreprises et les jobs existants » dit encore Macron.

Vous avez bien lu : « Mon job n’est pas d’aider les entreprises établies mais de travailler pour les outsiders, les innovateurs ». Il ne lutte pas contre le chômage, ni pour les « insiders » qui ont du boulot, il est pour les « outsiders » qui vont le casser, en vous faisant travailler le dimanche et de nuit, en facilitant les licenciements, en affaiblissant les délégués du personnel, en déréglementant le droit du travail.

D’ailleurs l’extension du travail du travail  le dimanche et de nuit ce n’est pas pour protéger les entreprises ni les jobs existants, c’est pour casser tout ce qui bride l’enrichissement, en l’occurrence la durée légale du travail. La facilitation des licenciements, c’est pour mieux vous remplacer, vous les « insiders » par les « outsiders ». L’insécurisation des délégués du personnel, c’est pour que personne ne s’y oppose. La casse de l’inspection du travail, de la médecine du travail et des prud’hommes, nous ramène un siècle en arrière. Les CHSCT sont une des plus grandes avancées depuis 30 ans en matière de santé, sécurité, hygiène, conditions de travail, les supprimer serait un crime.

Mais ce n’est pas foutu : si nos syndicats s‘y mettent tous ensemble dans le maximum d’unité, on peut créer l’état d’esprit, le rapport de force, pour que ce « coup de vieux » soit rendu impossible, pour qu’il y ait une majorité de votes « contre » au Parlement.

Ni 12, ni 7 dimanches : pas un dimanche de plus ! De fortes compensations doivent être imposées par la loi pour ceux qui sont dans l’obligation de travailler ce jour-là.  Non à l’extension du travail «  en soirée ». Depuis que le travail de nuit a été étendu en 1992, un million de femmes de plus le subissent et l’effet sur l’emploi global est nul. Non à la facilitation des licenciements ! Les obligations de reclassement doivent être maintenues au niveau des groupes, les critères pour établir les listes de licenciements aussi ! Non à l’abandon des handicapés au travail ! Non à l’abandon des poursuites pénales dans le travail illégal !

Il faut plus de règles et non pas moins de règles pour protéger les salariés. Les règles c’est de l’emploi en plus, des dividendes en moins. La déréglementation c’est du chômage en plus et des salaires plus bas.

 

 

Interview réponse à 3 questions de Syriza : l’unité de la gauche est essentielle

- En Europe, la victoire à venir de Syriza est perçue comme catastrophique, ou comme une bouffée d’oxygène. Avec laquelle de ces opinions êtes vous en accord ?

 

Oui, les grands médias libéraux ont commencé à pousser des hauts cris contre la victoire « d’une extrême gauche qui veut liquider l’euro » et va « plonger à nouveau la Grèce dans d’un grand chaos » d’où elle était censée « sortir » à force de rigueur. Ils ont menacé, calomnié, puis ils ont commencé à expliquer que de toute façon même une extrême gauche victorieuse serait « obligée » de se plier à la réalité, de se confronter à la « dette » et aux lois de l’économie vues par les libéraux, en gros, elle serait obligée de « trahir » comme toute les autres gauches accédant au pouvoir avant elle.

Nous, la gauche socialiste, avons milité et applaudi avec enthousiasme à l’arrivée de la gauche française en mai et juin 2012.  Puis lentement nous avons été déçus, puis mécontents, puis hostiles, puis très en colère contre la politique droitière conduite par François Hollande. Peu à peu il nous a installé une austérité que nous ne croyions pas possible au début. Il a attaqué les droits du travail, en douceur puis de plus en plus violemment, au point que les reculs pour les salariés sont sur plusieurs questions, devenus plus graves que du temps de la droite.

Nous combattons pied à pied, en interne au Parti socialiste, cette politique et ses résultats car le chômage a augmenté de 500 000, les inégalités se sont accrues et la misère concerne près de 10 millions de personnes en-dessous du seuil de pauvreté. Le PS recule d’élection en élection, un peu comme le Pasok chez vous. Mais pour le moment, toute la gauche recule aussi avec lui : le Front de gauche et les Verts reculent aussi, dans le même mouvement. L’électorat de gauche ne va pas vers la droite, il s’abstient. Il nous faut renverser cette spirale négative et à votre image, créer un regroupement de la gauche assez fort et unitaire pour susciter une nouvelle dynamique. C’est pourquoi nous nous réjouissons de votre victoire annoncée.  

 

- Jusqu’à maintenant, François Hollande n’a pas fortement remis en question la politique d’austérité allemande, appliquée aux pays européens ayant un problème de dette publique. La victoire de Syriza et la montée en puissance de Podemos vont-t-ils modifier l’attitude du président français envers cette politique ?

 

François Hollande s’est rendu sans combattre à la politique d’austérité exigée par Angela Merkel. Pourtant sa politique de baisse des déficits échoue comme partout ailleurs : depuis deux ans la « dette » présumée du pays a augmenté de 10 points en passant de 86 % du Pib à 96 % du Pib. L’austérité étouffe l’économie, l’argent qui va aux banques manque à l’emploi. Rembourser la dette en priorité c’est comme un jardinier qui arrose la rivière, pendant que son jardin dépérit. Nous mettons chaque jour François Hollande devant cette contradiction et exigeons un plan de « relance » avec une puissante réforme fiscale, une hausse des salaires, une reconstruction du droit du travail. Pour nous sortir de la crise, il faut dépenser plus, investir, et pour cela il faut frapper l’oligarchie française qui se goinfre comme jamais. Car la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées, le mal vient de là. L’exemple de Syriza doit nous aider à montrer qu’une alternative est possible. Et si les peuples d’Europe qui se révoltent avec Podemos ou la mobilisation anti-troika au Portugal commencent à l’emporter, cela aura un effet bénéfique sur la gauche française pour l’aider à surmonter ses divisions. Et si ce mouvement s’impose à gauche, si le prochain congrès du PS  le 6 juin, tout comme les élections départementales le 29  mars, les élections régionales le 6 décembre 2015 démentent la politique de François Hollande, si les luttes sociales pour les salaires montent, nous pouvons espérer.    

 

- La coopération entre les différentes forces de gauche, des socialiste jusqu’à la gauche radicale et anticapitaliste, est-t-elle possible ? Sur quelle base ?

 

Le drame de la gauche française politique et syndicale est sa division qui la paralyse face à l’austérité des gouvernements Hollande. Un des grands syndicats suit aveuglément le gouvernement, la CFDT. Un autre des grands syndicats le combat, la CGT. Mais sans unité, rien de grand ne se fera. Certains éléments du Front de gauche, lui même constitué de 8 partis, semblent donner la priorité au combat contre le PS plutôt que contre la droite. Les mêmes pensent qu’il y a deux gauches et que l’une doit l’emporter sur l’autre avant toute avancée. Pourtant la « gauche socialiste » que nous animons à réussi à obtenir 40 % des voix au BN du PS, et 60 députés socialistes sur 289 ont au moins une fois voté contre l’austérité voulue par le gouvernement, nous pesons entre 25 % à 50 % pour le prochain congrès du PS selon l’évolution du débat et des rapports de force. Ni les Verts, ni le Front de gauche ne sont au gouvernement qui lui-même ne rassemble qu’une toute petite partie des socialistes. En fait, au sein de la gauche, ce qui règne à la base, c’est l’abstention à 70 ou 80 %. C’est pourquoi toutes ses composantes devraient mener une grande bataille unitaire de rassemblement qui minoriserait d’un côté les libéraux, de l’autre les ultra-gauches. Le programme c’est facile : grande réforme fiscale, hausse des salaires, réduction du temps de travail et reconstruction des droits des salariés. C’est au coeur de la gauche unie que les espoirs se trouvent. Mais encore faut il qu’il y ait des luttes sociales, car sans ces luttes, aucun des appareils des partis ne sera bousculé et aucune transformation sociale ne sera garantie.