- En Europe, la victoire à venir de Syriza est perçue comme catastrophique, ou comme une bouffée d’oxygène. Avec laquelle de ces opinions êtes vous en accord ?

 

Oui, les grands médias libéraux ont commencé à pousser des hauts cris contre la victoire « d’une extrême gauche qui veut liquider l’euro » et va « plonger à nouveau la Grèce dans d’un grand chaos » d’où elle était censée « sortir » à force de rigueur. Ils ont menacé, calomnié, puis ils ont commencé à expliquer que de toute façon même une extrême gauche victorieuse serait « obligée » de se plier à la réalité, de se confronter à la « dette » et aux lois de l’économie vues par les libéraux, en gros, elle serait obligée de « trahir » comme toute les autres gauches accédant au pouvoir avant elle.

Nous, la gauche socialiste, avons milité et applaudi avec enthousiasme à l’arrivée de la gauche française en mai et juin 2012.  Puis lentement nous avons été déçus, puis mécontents, puis hostiles, puis très en colère contre la politique droitière conduite par François Hollande. Peu à peu il nous a installé une austérité que nous ne croyions pas possible au début. Il a attaqué les droits du travail, en douceur puis de plus en plus violemment, au point que les reculs pour les salariés sont sur plusieurs questions, devenus plus graves que du temps de la droite. Nous combattons pied à pied, en interne au Parti socialiste, cette politique et ses résultats car le chômage a augmenté de 500 000, les inégalités se sont accrues et la misère concerne près de 10 millions de personnes en-dessous du seuil de pauvreté. Le PS recule d’élection en élection, un peu comme le Pasok chez vous. Mais pour le moment, toute la gauche recule aussi avec lui : le Front de gauche et les Verts reculent aussi, dans le même mouvement. Il nous faut renverser cette spirale descendante et à votre image, créer un regroupement de la gauche assez fort et unitaire pour susciter une nouvelle dynamique. C’est pourquoi nous nous réjouissons de votre victoire annoncée.

 

- Jusqu’à maintenant, François Hollande n’a pas fortement remis en question la politique d’austérité allemande, appliquée aux pays européens ayant un problème de dette publique. La victoire de Syriza et la montée en puissance de Podemos vont-t-ils modifier l’attitude du président français envers cette politique ?

 

François Hollande s’est rendu sans combattre à la politique d’austérité exigée par Angela Merkel. Pourtant sa politique de baisse des déficits échoue comme partout ailleurs : depuis deux ans la « dette » présumée du pays a augmenté de 10 points en passant de 86 % du Pib à 96 % du Pib. L’austérité étouffe l’économie, l’argent qui va aux banques manque à l’emploi. Rembourser la dette en priorité c’est comme un jardinier qui arrose la rivière, pendant que son jardin dépérit. Nous le mettons chaque jour devant cette contradiction et exigeons un plan de « relance » avec une puissante réforme fiscale, une hausse des salaires, une reconstruction du droit du travail. Pour nous sortir de la crise, il faut dépenser plus, investir, et pour cela il faut frapper l’oligarchie française qui se goinfre comme jamais. Car la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées, le mal vient de là. L’exemple de Syriza doit nous aider à montrer qu’une alternative est possible. Et si les peuples d’Europe qui se révoltent avec Podemos ou la mobilisation anti-troika au Portugal commencent à l’emporter, cela aura un effet bénéfique sur la gauche française pour l’aider à surmonter ses divisions. Et si ce mouvement s’impose à gauche, si le prochain congrès du PS en le 6 juin, tout comme les élections départementales le 29  mars, les élections régionales le 6 décembre 2015 démentent la politique de François Hollande, si les luttes sociales pour les salaires montent, nous pouvons espérer.

 

 

- La coopération entre les différentes forces de gauche, des socialiste jusqu’à la gauche radicale et anticapitaliste, est-t-elle possible ? Sur quelle base ?

 

Le drame de la gauche française politique et syndicale est sa division qui la paralyse face à l’austérité des gouvernements Hollande. Un des grands syndicats suit aveuglément le gouvernement, la CFDT. Un autre des grands syndicats le combat, la CGT. Mais sans unité, rien de grand ne se fera. Certains éléments du Front de gauche, lui même constitué de 8 partis, semblent donner la priorité au combat contre le PS plutôt que contre la droite. Les mêmes pensent qu’il y a deux gauches et que l’une doit l’emporter sur l’autre avant toute avancée. Pourtant la « gauche socialiste » que nous animons à réussi à obtenir 40 % des voix au BN du PS, et 60 députés socialistes sur 289 ont au moins une fois voté contre l’austérité voulue par le gouvernement, nous pesons entre 25 % à 50 % pour le prochain congrès du PS selon l’évolution du débat et des rapports de force. Ni les Verts, ni le Front de gauche ne sont au gouvernement qui lui-même ne rassemble qu’une toute petite partie des socialistes. En fait, au sein de la gauche, ce qui règne à la base, c’est l’abstention à 70 ou 80 %. C’est pourquoi toutes ses composantes devraient mener une grande bataille unitaire de rassemblement qui minoriseraient d’un côté les libéraux, de l’autre les ultra-gauches. Le programme c’est facile : grande réforme fiscale, hausse des salaires, réduction du temps de travail et reconstruction des droits des salariés. C’est au coeur de la gauche unie que les espoirs se trouvent. Mais encore faut il qu’il y ait des luttes sociales, car sans ces luttes, aucun des appareils des partis ne sera bousculé et aucune transformation sociale ne sera garantie.

 

Salle Jappy 19 h 30 lundi 19 janvier : soutenons le droit du peuple grec à prendre en main son destin

Soutenons le droit du peuple grec à prendre en main son destin

Nous, organisations politiques et syndicales, associations citoyennes françaises, souhaitons alerter l’opinion publique au sujet de la situation politique et sociale en Grèce aujourd’hui. Nous sommes unis par le souci de voir la démocratie et la transformation sociale progresser à nouveau en Europe.

A l’issue de près de cinq années d’austérité imposée par la troïka de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI, qui ont conduit le pays dans un désastre économique et social sans précédent, les

Grecs sont appelés à exprimer leur volonté dans les urnes. Tout laisse présager le désaveu des politiques austéritaires qui ont été appliquées et la montée électorale des forces qui les contestent.

La victoire de SYRIZA peut ouvrir la voie à la fin de la politique néolibérale d’austérité mise en œuvre par les gouvernements grecs et à la tutelle de la Troïka, au rétablissement de la souveraineté populaire et du cadre démocratique, à la sauvegarde des services publics et du patrimoine public, à la redistribution des richesses en faveur de la population. Comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, l’injonction de rembourser aux détenteurs de capitaux des dettes illégitimes au prix de la destruction d’un modèle social ne passe plus.

Une telle rupture avec les recettes néolibérales est aujourd’hui nécessaire dans l’ensemble des pays européens et notamment en France. Les Mémorandums, la mise sous tutelle des pays les plus fragiles par la Troïka doivent cesser immédiatement. Aujourd’hui, le poids de la dette publique sert de justification aux politiques austéritaires. C’est pour cela que nous considérons qu’il faut soutenir l’exigence portée par Syriza d’annulation de la plus grande partie de la dette publique et conditionner le remboursement de l’autre partie à la satisfaction effective des besoins de la population en matière d’alimentation, d’habillement, de santé, de logement, d’éducation, d’emploi, d’environnement et de sécurité publique qui représentent autant de droits fondamentaux. Ces mesures, qui sont une nécessité urgente pour les Grecs, sont un exemple à diffuser et à débattre. Elles doivent s’accompagner d’un audit citoyen de l’ensemble des dettes souveraines en France comme en Grèce et dans le reste de l’Europe, audit que sommes nombreux à avoir porté depuis 2011.

C’est au peuple grec de prendre en main son destin. Nous nous opposons fermement à toutes les tentatives actuelles d’ingérence dans la vie politique grecque de certains dirigeants européens que ce soit par des déclarations publiques ou par des mesures visant à créer un climat de peur et d’intimidation. Nous dénonçons également toute tentative de désinformation concernant l’état réel de la Grèce et les positions soutenues par les forces qui rejettent les Mémorandums. Nous nous opposerons demain avec la même fermeté à toute tentative de chantage et d’isolement à l’encontre d’un gouvernement grec qui prendrait le contrepied des choix actuels.

Nous vivons un moment historique. Les mouvements sociaux massifs dans le pays ont construit une solidarité contre la crise. L’arrivée au gouvernement d’une force de rupture avec l’austérité en Grèce peut ouvrir la voie à un bouleversement politique à l’échelle européenne. Cela contribuerait à donner un souffle nouveau aux mobilisations sociales et citoyennes, à faire reculer l’abstention et à donner un coup d’arrêt à la montée de l’extrême droite. C’est pour cela que dans les semaines et les mois qui viennent nous manifesterons partout en France notre solidarité avec le peuple grec, avec l’espoir qui émerge en Grèce et qui est aussi le nôtre.

SIGNATAIRES

Organisations Politiques

Altra Europa con Tsipras France, Bloco de Esquerda France, Club des Socialistes affligés, Ensemble!, Gauche Unitaire, Isquierda Unida France, Jeunes Ecologistes,Mouvement des Jeunes Communistes de France, Nouvelle Donne, Parti Communiste Français, Parti Communiste des Ouvriers de France, Parti de la Gauche Européenne, Parti de Gauche, Parti Démocratique desPeuples de Turquie (HDP) France, République etSocialisme, Rifondazione Comunista France,

Organisations syndicales Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT, Sud BPCE, Sud Santé Sociaux, Union Syndicale de la Psychiatrie

Associations

ATTAC, Collectif Roosevelt, Collectif Solidarité France ,Grèce pour la Santé, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, Compagnie Errina, Femmes Egalité,Fondation Copernic, Journal électronique ReSPUBLICA,Les Désobéissants, Les efFRONTé-e-s, Marcheseuropéennes contre le chômage, Mouvement du Christianisme social, REP Réseau Education Populaire,Transform Europe

Personnalités

ANGELI Verveine (Solidaires), BAYOU Julien (porte-parole Europe Ecologie Les Verts), BACHE Marinette (Conseillère de Paris, Présidente Nationale de Résistance Sociale), FILOCHE Gérard (membre du bureau national du PS), GASSER Philippe (Psychiatre, Union Syndicale de la psychiatrie), KAHANE Claudine (syndicaliste universitaire du SNESUP), KAKI M’hamed (Militant associatif), LETOURNEUR Yves (philosophe et poète), HOANG NGOC Liêm (ancien député européen co-rapporteur du rapport au parlement européen sur la Troïka), SABADO François (membre de la direction de la IVème Internationale), STERDYNIAK Henri (Economistes atterrés)

 

Décryptage des menaces sur le contrat social – Le projet de loi Macron c’est retour au XIXe siecle

D & S DOSSIER MACRON

Macron se moque des jeunes :  « devenez milliardaires » leur dit il

et il leur ressort des autocars privés dangereux et polluants parce que le TGV public a été rendu trop cher pour eux…

 

« Ce serait une grossière erreur de protéger les entreprises et les jobs existants »  a déclaré Emmanuel Macron    «Mon job n’est pas d’aider les entreprises établies mais de travailler pour les outsiders, les innovateurs »

 

Il va donc faciliter encore plus les licenciements (après l’ANI et la loi dite de « sécurisation de l’emploi » du 14 juin 2014)

Il va faire travailler des femmes pauvres et précaires et des étudiants désargentés le dimanche et « en soirée » sans même une majoration de salaire fixée par la loi

Il va supprimer l’éphémère « plancher » de 24 h pour les temps partiels

Il va permettre que le contrat de travail n’en soit plus un et devienne comme un contrat civil ordinaire

Il va vulnérabiliser les institutions représentatives du personnel et dépénaliser les risques encourus par les employeurs lorsqu’ils les entravent

Il va casser l’indépendance de l’inspection du travail et le droit pénal du travail : indulgence pour la délinquance patronale

il va supprimer de facto  la médecine du travail

A terme il va supprimer les prud’hommes (après avoir supprimé les élections  prud’homales, les seules élections nationales où les immigres votaient)

IL VEUT SUPPRIMER LES CHSCT, LES DP, LES CE : c’est la plus grande attaque conte le code du travail depuis 1945

Il va diminuer et vise à supprimer ce que les entreprises devaient payer quand elles ne prenaient pas de handicapés

il restaure aussi les  » ventes à la découpe  » des appartements pour le compte des lobbies immobiliers

Il va privatiser pour quelques milliards éphémères des entreprises qui rapportent durablement à l’état (comme l’aéroport de Blagnac, demain ceux de Lyon et Nice et demain les gares, comme les autoroutes hier qui ont fait perdre des milliards à l’état et aux usagers pour le compte des seuls actionnaires ravis de la manne)

Il va déréguler des professions juridiques livrées à des « firmes » multinationales au lieu d’en faire des services publics

Même les taxis seront livrés à une multinationale rapace low cost « Uber » (Comme la SNCM à Corsica, comme Air France à Transavia, comme les trains au autocars…)

 

DÉRÉGULER, ON LE SAIT, CA AUGMENTE LE CHOMAGE,  CA NUIT AUX SEULS SALARIÉS

ET ÇA SERT LES SEULS PROFITS ET DIVIDENDES

 

La « théorie du ruissellement » ça ne fonctionne jamais. Plus les riches sont riches plus ils veulent être riches. Concrètement ils ne connaissent que la « théorie du siphon » : ils siphonnent nos salaires au maximum. Ils ne redistribuent jamais les richesses sans y être contraints.

 

La loi Macron, c’est tout pour les profiteurs du Medef qui se goinfrent du chômage et spéculent dans les paradis fiscaux et rien pour ceux qui travaillent et produisent les richesses, les salariés.

 

Le vrai but est  d’AUGMENTER DÉLIBÉRÉMENT LE CHÔMAGE, POUR BAISSER LE COUT DU TRAVAIL, AUGMENTER LES MARGES DU CAPITAL,  AFIN DE  PLAIRE AUX BANQUES ET A LA COMMISSION EUROPÉENNE INTÉGRISTE QUI PRÔNE « DES RÉFORMES STRUCTURELLES » RÉACTIONNAIRES PARTOUT EN EUROPE, AVEC UNE AUSTÉRITÉ SUICIDAIRE ÉCONOMIQUEMENT


Mensonges sur le dimanche

Deux gros mensonges : que le travail le dimanche sera volontaire et qu’il sera payé majoré par la loi

 

La gravité de la loi Macron pour faire travailler des femmes pauvres et précaires ou des étudiants désargentés le dimanche et de nuit n’est pas encore perçue dans toute son ampleur. Parce qu’il est prétendu que c’est le règne du volontariat. Le Président a officialisé ce mensonge : or AUCUN salarié ne peut décider de travailler le dimanche, c’est le toujours le patron qui décide seul. Essayez d’être volontaires si votre patron ne veut pas ! Essayez de n’être pas volontaires si votre patron veut !

Désormais ce sont ministres, préfets et maires qui vont accorder des dérogations au repos dominical :

• 1/ pour éviter un préjudice « au public » ou « au fonctionnement de l’entreprise ». Avant le critère juridique c’était : « si cela ne portait pas préjudice »… aux salariés ». C’est fini : plus question du préjudice à la santé, à l’équilibre familial… Désormais c’est le « préjudice au fonctionnement de l’entreprise » ou « public ».

• 2/ dans des « zones touristiques internationales ». Là, ce sont les Ministres par dessus tous les échelons, régions, départements, villes, qui vont décider que des femmes travaillent le dimanche… pour faire plaisir à une administration du quai d’Orsay, à des chinois imaginaires, ou à la femme du président américain de passage ? Et dans ces « zones touristiques internationales », la loi décide que, dans ces zones, la nuit commence après 24 h, il sera possible de bosser jusqu’à à 23 h 59 en « soirée ». Seule « contrainte » : l’employeur « veille » à ce que le salarié « dispose d’un moyen de transport pour regagner son domicile ». Qui y croit une seconde ?

• 3/ dans des « zones touristiques » : c’est le Préfet qui décide par-dessus les petits commerçants eux-mêmes et sans même être contraint de vérifier que ce sont des touristes qui sont les chalands du dimanche. Et toute la Nationale 7 peut devenir une « zone touristique »…

• 4/ dans des « zones commerciales » : là aussi, c’est le Préfet qui décide sous la pression des lobbies des « chaines » qui forceront l’ouverture contre les petits commerçants.

• 5/ dans les établissements situés dans les gares elles-mêmes situées dans les trois zones précédentes ce sont les Ministres qui décideront !

• 6/ dans les établissements de la commune c’est le Maire qui pourra désormais autoriser l’ouverture pendant 12 dimanches et devra l’autoriser au minimum pour 5 dimanches : jusqu’ici le maire pouvait autoriser le travail au maximum 5 dimanches, il n’y était pas obligé.

L’autre énorme mensonge officiel, c’est qu’il y aurait des majorations de salaire. Faux ! La loi n’en fixe AUCUNE. Le projet Macron renvoie au « dialogue social » aléatoire : soit des organisations syndicales signent un accord que l’employeur souhaite (« accord collectif ou territorial ») soit, comme pour les plans de licenciement, l’employeur décide seul (« décision unilatérale de l’employeur »). Mais en aucun cas, nulle part, le doublement du salaire ne sera une obligation légale.

 

 

 

 

lire dans les Echos en complément :

 

Le travail du dimanche fait toujours débat au PS

Réunis hier en séminaire, les députés socialistes regimbent encore sur la réforme du travail dominical.

L ‘actualité parlementaire est ainsi faite que, un peu moins d’une semaine après les attentats de Paris, les députés socialistes ont dé- battu hier matin en séminaire à huis clos de la loi sur la croissance et l’activité en présence du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, ainsi que de ses collègues François Rebsamen (Travail) et Carole Delga (Commerce, Artisanat et Consommation). Beaucoup de parlementaires s’étaient fait excuser pour assister à l’hommage rendu à la préfecture de police de Paris aux policiers assassinés. Et, de l’avis de plusieurs participants, le ton était plus apaisé qu’il y a quelques semaines.

Gravité du moment ou absence de presque tous les animateurs de la fronde ? Malgré tout, la réforme du travail dominical reste un sujet sensible parmi les élus socialistes. Même après la proposition du rapporteur général du texte, Richard Ferrand, de lever l’obligation faite aux maires d’autoriser l’ouverture des commerces cinq dimanches par an, tout en leur laissant la possibilité d’aller

jusqu’à douze. Le député de Gironde Philippe Plisson a été applaudi par ses collègues lorsqu’il a dit « ne pas comprendre » que la gauche réforme le travail dominical et a jugé l’évolution du PS sur le sujet « pas acceptable ». Une critique reprise au vol par l’ex-ministre Benoît Hamon qui a demandé, avec malice, à Emmanuel Macron s’il avait « une évaluation » de l’impact en termes d’emplois d’une telle réforme une fois disparus les cinq dimanches obligatoires. « Je fais confiance aux maires », a répondu le ministre, rappelant aussi que, dans les zones touristiques, les commerces seraient ouverts tous les di- manches. Lorsque l’élu de Meurthe- et-Moselle Dominique Potier a encore jugé que « douze dimanches, c’est trop », le rapporteur Richard Ferrand a perdu patience. Jugeant la question « microscopique » au regard de l’ensemble du projet de loi, il a tranché : « Si quelques socialistes se saisissent de ce sujet pour gagner sur d’autres, ce n’est pas au niveau ! »

« Question d’un autre  âge »

Compte tenu de la période, il est difficile de prendre la température du groupe majoritaire. Les tiraillements demeurent, mais les élus ont trop la tête ailleurs pour en mesurer l’ampleur. Frondeur et keynésien convaincu, Pierre-Alain Muet cite l’économiste américain Joseph Stiglitz, présent hier à Paris : « Avant de se préoccuper de déréguler, il faut se préoccuper de savoir pourquoi on a jugé utile de réguler par le passé. » Le député juge le projet de loi « pas adapté à la situation » de quasi-déflation actuelle et regrette cette « capacité à oublier les grands sujets macroéconomiques, pour se concentrer sur des questions d’un autre âge ». Lundi soir, un autre frondeur, Régis Juanico, avait interpellé Manuel Valls, jugeant qu’«il y a d’autres priorités pour mobiliser le Parlement dans les prochaines semaines ». La question est demeurée en suspens. ■

par Elsa Freyssenet

Quid de la Haute autorité du PS dans l’affaire Total ?

 

Bernard Maris, Oncle Bernard, : « Un seul socialiste ( Filoche) osa dire que monsieur de Margerie ressemblait à un vampire suçant la rente du pétrole et la transformant en bénéfices colossaux tout en ruinant la planète. Et quel tollé ! Cambadélis, patron du P.S., veut le virer. Mais où sommes-nous, dans quel pays, pour qu’un socialiste ne puisse plus critiquer un patron de multinationale ? » (in numéro du 29 octobre 2014 de Charlie hebdo)

On m’interroge, indépendamment de tous les évènements bien plus importants qui surviennent,  sur « ou en est la procédure vis à vis de la haute autorité du PS? »

Les faits en raccourci :

Le 21 octobre : 6 h Gérard Filoche fait un tweet à l’annonce de la mort du PDG de Total ou il pose une question : « son successeur nous volera t il autant ? »

Vers 9 h : des tweets UMP s’indignent du tweet de GF

Vers 9h 30 GF répond dans plusieurs tweets qu’il ne met pas en cause l’humain décédé mais le PDG Total « suceur de sang »

Vers 10 h : Eric Ciotti demande au PS d’exclure Gérard Filoche et il déclenche des centaines de tweets en ce sens du réseau UMP.

A partir de 10 h une campagne de presse de droite (le Point, le Figaro, l’Express, …) démarre dans toutes les gros médias officiels contre GF. Toute la presse nationale et locale sera touchée.

Vers 15 h : l’Ump à l’Assemblée pose une question au Premier ministre sur GF

Vers 15 h + : Le Premier ministre Valls, en complicité publique avec l’UMP, se permet de dire devant l’AN  que Gérard Filoche « ne mérite pas d’appartenir au Parti socialiste »

A 17 h : au Bureau national, le premier secrétaire du PS JC Cambadelis, tout en disant qu’il n’a pas applaudi le Premier ministre à l’assemblée sur ce point, informe le Bn qu’il « traduit » Gérard Filoche devant la Haute autorité.

Le 22 octobre, GF fait paraitre une explication complète sur cette affaire Total sur son blog et s’exprime dans la presse, sur toutes les télés, en direct sur canal +, RTL, Europe, dans la PQR, la Dépêche, l’Union, etc.. et il reçoit plus de 20 000 mels de soutien…

En même temps, on apprend que le Congrès du PS sera fixé en juin 2015.

Et le porte-parole du gouvernement déclare que Benoit Hamon doit quitter le PS parce qu’il a osé dire que « la politique du gouvernement mettait en danger la République ». Puis le Premier ministre se prononce pour que le Parti socialiste change de nom tout en dénonçant en « une » du Nouvel observateur « la gauche passéiste »

Quid à partir de ce moment-là de la procédure devant la Haute autorité ?

Personne ne sait bien ce qu’est la Haute autorité. Elle semble composée de « Jean-Pierre Mignard (Président) – Raphaëlle Parizot – Rémy Pautrat – Catherine Barbaroux – Roland Kessous -  Pascale Idoux – Thomas Clay – Jean-Pierre Deschamps – Christian Lestournelle. »

La Haute autorité est théoriquement composée de 12 membres mais 3 ont démissionné. Elle s’est occupée des « primaires », mais depuis, de rien.  Elle a juste répondu en novembre que le congrès du PS devait se tenir à une date statutaire.

L’examen de ses 9 membres montre qu’elle n’est pas paritaire, qu’elle n’est pas composée à la proportionnelle des courants, et qu’elle est composée pour moitié de non-membres du parti…

La saisine par le premier secrétaire contre Gérard Filoche est faite courant novembre par une lettre non datée.

Cambadelis qui va la voir, explique à la Haute autorité qu’elle « aura à traiter des frondeurs ». C’est le moment où F.  Hollande menace de dissolution et JC Cambadelis d’exclusion les dits députés.
Le 20 novembre les défenseurs de Gérard Filoche contestent les conditions, les bases de la saisine de la haute autorité et sa compétence (LRAR du 19 novembre)

Ces réponses de l’avocat de GF  et d’un de ses défenseurs de la commission des conflits, semblent poser problème.

L’annonce qu’il y aura des témoins et la demande que l’audience soit publique, aussi.

Le Premier secrétaire fait rédiger lâchement par son directeur de cabinet Maurice Braud un violent pamphlet pour charger Gérard Filoche en date du 24 novembre : quatre pages incendiaires. Assez grossières et insupportables juridiquement sinon politiquement et humainement.

La Haute autorité informe GF et ses deux défenseurs qu’elle nomme un rapporteur, Roland Kissous.

Daté du 25 novembre le journal le Monde, Reuters, informent que le PDG de Total Christophe de Margerie, mort le 20 octobre est renvoyé en correctionnelle a titre posthume avec le groupe français Total pour « corruption d’agents publics étrangers » dans l’enquête sur des contrats pétroliers et gaziers avec l’Iran, selon une source judiciaire (et une information de Charlie Hebdo). Un porte-parole du groupe confirme ce renvoi. Le parquet de Paris avait requis le 16 mai 2013 le renvoi en correctionnelle de la société et de son PDG pour corruption d’agents publics étrangers et abus de biens sociaux.

Le Conseil National du 13 décembre prévoit un point à son ordre du jour sur la Haute autorité. Un point qui change d’intitulé puisqu’il est successivement question de sa « composition » puis de son « règlement intérieur », point qui sera finalement annulé de l’ordre du jour.

Le scandale de Luxleaks éclate : 340 sociétés ont blanchi de l’argent au Luxembourg pendant des décennies, à hauteur de 2400 milliards d’euros. Parmi elles 58 entreprises françaises dont Total au premier rang, ce qui équivaudrait selon le député Yann Gallut à une centaine de milliards volés aux caisses de notre République.

La date prévue par la Haute autorité pour que le rapporteur qu’elle nomme, Roland Kissous, rencontre GF  est d’abord celle du 1er décembre,

En raison d’indisponibilité des défenseurs, elle est reportée par lettres recommandées, au 5 décembre,

Puis par la Haute Autorité elle même au 11 décembre

Puis toujours en recommandé par la Haute autorité au 9 janvier

Puis encore par recommandé par la Haute autorité au 16 janvier, alors que la date du 9 janvier n’est pas encore arrivée.

Et finalement le matin du 6 janvier par une autre lettre recommandée de la Haute autorité signée du rapporteur informant qu’elle est « reportée sine die ».

le 11 janvier nous sommes tous des Charlie, on défend le droit au blasphème de ceux qui insultent Dieu et Mahomet mais pas de Margerie ?

(tout dossier à disposition, et sur ce blog en amont)

 

15 janvier : tentative de Medef Rebsamen Macron pour tuer les CHSCT

Si notre liberté d’expression est un bien précieux toujours à défendre, la sauvegarde de notre santé l’est aussi :

Il y a 30 ans, les lois AUROUX ont donné aux CHSCT (1) un pouvoir dont ne dispose aucune autre instance élue du personnel : celui d’appeler à des expertises sur les postes et conditions de travail, de dire et de réclamer en justice, au nom des salariés, l’application de toute mesure destinée à protéger la santé des travailleurs,  lorsqu’il arrive que  celle ci est mise à mal par des méthodes de management ou des objectifs d’entreprise. Le CHSCT traite de tout hygiène, et conditions de travail, risques psycho sociaux, harcèlement, ambiances, ergonomie, pénibilité physique et mentale…

Sans ces lois, sans ce droit et sans les expertises des CHSCT qui l’appuient, Didier Lombard (ex PDG d’ORANGE) n’aurait jamais pu être mis en examen pour les méthodes de « management par la terreur » dénoncées par les salariés de l’entreprise.

Aujourd’hui le  ministère du travail et le MEDEF font pression sur les dirigeants syndicaux pour leur faire accepter un projet supprimant l’autonomie et les droits des CHSCT :

Comment ? tout simplement en  réintégrant les CHSCT dans les CE (rebaptisés « conseils d’entreprise »), sous forme de commissions.

Ces commissions  n’auront  plus qu’à émettre des « avis consultatifs »  - seule production autorisée des CE  : les chefs d’entreprise seront en dernier ressort  (comme pour tout avis CE) les seuls décideurs  de la validité  de ces « avis », en fonction du seul  intérêt qu’ils représentent pour eux-même.

C’est la fin de l’obligation de résultat en matière de santé et de protection des conditions de travail.

Cette attaque contre les CHSCT et contre le droit à la santé au travail suscite une réaction de tous les chercheurs, journalistes, responsables et militants politiques ou syndicaux, soucieux de ce que la santé des travailleurs – la leur – ne se dégrade pas ou pas davantage :

 

Ce jeudi 15 janvier 2015 les dirigeants syndicaux doivent se positionner sur ce projet : Il est toujours temps de leur rappeler que  la défense de la santé des travailleurs – avec les conquêtes sociales acquises en 1981 – fait partie de leurs missions.

1.  (1) Comités élus pour s’assurer de l’Hygiène, de la Sécurité et des (bonnes) Conditions de Travail en entreprise.

AZF 

cf JL Bally  jlbally68@gmail.com 06 5254 8899

Ancien secrétaire de l’Observatoire du stress à France Télécom

Pour aller plus loin :

Le projet du ministère du travail et du MEDEF comprend bien d’autres remises en cause des possibilités de défense des travailleurs, comme la suppression du rôle actuel des délégués du personnel…  fusionnés comme les CHSCT dans l’instance consultative des CE.

 

NEGOCIATION SUR LE « DIALOGUE SOCIAL »
Refusons la remise en cause des droits économiques et sociaux des salariés Défendons le droit à l’expertise indépendante pour les CE et les CHSCT

Grâce aux grandes conquêtes sociales de l’après-guerre (1946, 1968, 1982), les experts sont aux côtés des représentants du personnel pour faire face aux enjeux économiques, stratégiques, sociaux et de santé au travail au sein des entreprises. L’accès à l’expertise, cet outil à leur disposition, est aujourd’hui directement attaqué par le MEDEF dans les négociations interprofessionnelles en cours sur le « dialogue social ».

Ce que veut imposer aujourd’hui le MEDEF :

  •   la suppression des CHSCT qui deviendraient de simples commissions des CE,
  •   la co-désignation de l’expert entre l’employeur et les représentants du personnel,
  •   le financement d’au minimum 20% des frais d’expertise par le budget des Comités d’entreprise,
  •   la restriction des recours à l’expertise, avec la suppression de l’analyse annuelle des comptes et descomptes prévisionnels et la suppression du droit d’alerte économique.Ce projet menace directement la possibilité pour tous les CE et CHSCT de recourir à des expertises indépendantes :
  •   les principales expertises disparaîtraient du Code du travail,
  •   du fait de leur budget limité, de nombreuses instances ne pourront plus faire appel à l’expertise oualors de manière très dégradée,
    la co-désignation fragilisera l’indépendance vis-à-vis des directions d’entreprise, indépendance 

    d’autant plus importante que les experts interviennent dans des situations critiques et souvent conflictuelles (restructurations avec plans de sauvegarde de l’emploi, cessions et consolidations…).

    Ce projet conduirait ainsi à un désarmement des instances représentatives du personnel dans l’exercice de leurs prérogatives économiques et sociales, et au droit d’intervention des salariés sur la marche de leur entreprise et leurs conditions de travail.

    Ce projet menace l’existence des métiers d’experts auprès des CE et des CHSCT, soit plus de 1500 emplois en France.

    Pour garantir les moyens d’information et d’intervention des salariés et de leurs représentants, il est indispensable de préserver et même d’améliorer :

  • -  le financement intégral par l’entreprise de l’ensemble des missions d’expertises, seul moyen d’en préserver un accès large et démocratique,
  • -  la désignation de l’expert par les seuls représentants du personnel, garantie de son indépendance par rapport aux directions d’entreprise,
  • -  la mission récurrente d’analyse de la situation économique et financière de l’entreprise,
  • -  le recours au droit d’alerte, seul moyen formel d’action des représentants face aux menaces pouvantpeser sur l’entreprise,
  • -  le CHSCT et ses prérogatives notamment en matière de recours à l’expertise.

Montreuil, le 13 janvier 2015

 

Bonjour,

Depuis de longues années, par-delà les étiquettes syndicales,  j’interviens pour aider les représentants du personnel qui siègent dans les CHSCT à être plus efficaces. Le CHSCT est un outil syndical original. Il est une aide efficace au service de l’action revendicative spécialisée dans l’amélioration de conditions de travail, dans la protection de la santé et de la sécurité. Le CHSCT a sauvé des vies, il mérite d’être défendu.

L’ancêtre du CHSCT, est le comité de sécurité établit par un décret de 1941 signé du maréchal Philippe Pétain. Il a fallu attendre 1982 et la quatrième loi AUROUX (loi n° 82-1097 du 23 décembre 1982) pour que le CHSCT devienne une Institution représentative du personnel à part entière. Institution délibérative au sujet de ses modalités de fonctionnement et de l’organisation de ses travaux, le CHSCT est devenue un puissant outil au service de la santé et de la sécurité.

Aujourd’hui, le MEDEF aidé par le ministère du travail veut organiser des pressions sur les négociateurs de votre syndicat pour leur faire accepter comme un moindre mal, la dissolution des CHSCT dans une commission du Conseil d’entreprise qui se substituera aux DP, aux CE et surtout au CHSCT. C’est le retour au décret du maréchal Pétain

Derrière la perte de l’autonomie des CHSCT, l’enjeu véritable et la perte de la capacité financière des CHSCT. Comme dans un tour de prestidigitation, miroir aux alouettes, les regards sont volontairement orientés sur la conservation de la capacité des CE et CHSCT à recourir aux expertises externes financées par l’entreprise et sur les différents niveaux d’effectifs donnant droit à une vie syndicale. C’est un leurre ! Les employeurs français n’ont jamais réellement accepté le fait syndical libre. Ils veulent tout maîtriser, surtout les syndicalistes. Leur véritable but est de supprimer l’institution qui menaçait le plus la sécurité judiciaire des employeurs le CHSCT du fait de sa personnalité morale, des sujets traités et de la capacité des CHSCT à agir sur le terrain et à ester en justice. Cet abandon de l’autonomie et de la personnalité civile des CHSCT, c’est en fait la fin de l’obligation de sécurité de résultat en matière de santé, aucune compensation ne pourra réparer ce recul. L’amélioration durable de la productivité des entreprises doit passer par l’amélioration concrète des conditions de travail, par la reconnaissance du rôle des IRP et des syndicalistes en la matière et non par une dérèglementation.

Vous pouvez lire  une analyse détaillée du projet et de ses conséquences faite par un avocat de droit social dans Miroir Social : http://lc.cx/Lo9

La capacité, pour le conseil d’entreprise, de signer des accords collectifs est un autre élément qui devrait empêcher des syndicalistes d’accepter ce grave recul social qui complète la loi sur la représentativité syndicale et qui sera complété par la lourde loi Macron.

A titre individuel et en ma qualité d’expert CHSCT (à une quinzaine de jours de mon départ à la retraite), je suis très touché par ce recul social grave. J’ai lancé une pétition qui a été signée par certains de vos adhérents (je vous joins la liste des signataires). Votre syndicat est porteur de propositions positives aucune ne justifie la fin des CHSCT en tant qu’IRP autonome et spécifique centrée sur la santé et la sécurité. Aussi, je vous exhorte à agir au sein même de votre organisation pour que les négociateurs qui vous représentent, n’acceptent pas cette dilution des IRP dans un quelconque conseil d’entreprise.

Je vous remercie déjà du temps que vous avez bien voulu consacré à mon écoute.

Bien cordialement,
Gérard Brégier.

PS. Je me permets encore de vous adresser le premier chapitre du livre le CHSCT en pratique publié le 8 janvier 2015 par les éditions Eyrolles.

Gérard Brégier
Ingénieur Conseil Prévention Sécurité Environnement
13450 GRANS
http//www.gerard-bregier.fr/

http://urlz.fr/15Xk

Confiance ! Quand des millions choisissent le crayon comme arme !

Enorme mobilisation positive dans tout le pays pour la liberté d’expression, pour les journalistes, dessinateurs, et caricaturistes de Charlie Hebdo.

700 000 le samedi, 2 à 3 millions le dimanche, c’est une de ces grandes mobilisations dont notre peuple est capable quand sont en jeu les libertés fondamentales et nos droits sociaux élémentaires.

On compare, depuis mai 68, le printemps 1973, l’hiver 1986 pour Malik Oussekine, aux grandes mobilisations de novembre décembre 95, pour le CIP en 1994 et le CPE en 2006, pour les retraites en 2003 et 2010. On nous dit, et cette fois de source officielle, alors on ne demande qu’à les croire, qu’il y avait encore plus de monde : 4 millions ! Tant mieux, cela redonne espoir après le terrifiant assassinat de nos amis de Charlie Hebdo et de toutes les victimes qui ont été touchées à l’occasion.

Le climat de toutes ces manifestations était extraordinairement positif, c’est à dire ouvert, fraternel, constructif.

C’est à dire que ceux qui craignaient ou espéraient des hostilités contre la communauté musulmane, ou entre religions, ont pu constater qu’il n’en était pas question. On étaient tous pluriel et laïques.

Ceux qui craignaient ou espéraient des sentiments de revanche, sécuritaires, autoritaires ont bien vu que ce n’était pas le cas, nulle part.

Ceux qui craignaient une trahison de « l’esprit » de Charlie, une sorte d’embaumement de leurs audaces, un étouffement de leur art, de leur ton iconoclaste et blasphémateur ont du être surpris par la communion joyeuse de millions de citoyens avec leurs caricatures et ce, dans tous leurs excès : aucun rejet de leurs blasphèmes, aucune morale puritaine ne s’est manifestée contre eux dans les rues.

Rarement une lignée de dessins a été autant reproduite, imitée, parodiée, appelée à vivre et revivre, par des adultes et des enfants, sur du papier dans les rues sur internet, dans notre pays et dans le monde entier. Qui l’eut cru ? Le crayon a été brandi comme une arme à des millions d’exemplaires !  C’est une créativité exceptionnelle : c’est « génération dessins » . « Je suis Charlie », c’était, parmi les manifestants, une forme de défi à toutes celles et ceux qui auraient voulu les interdire tels qu’ils étaient, avec leur diversité, avec leurs défauts et leur humour, leurs goût du scandale et leur amour de la vie. Cela donnait un grand sentiment de fraternité, de complicité et de liberté à tous les cortèges.

Ceux qui craignaient une récupération en forme de trahison politique ont pu aussi se rassurer : il y avait deux mondes bien distincts comme cela transparaissait dans toutes les télévisions, entre le « carré » et les discours officiels et la grande et belle foule ! Nulle part il n’a été signalée une banderole avec « unité nationale » : la dominante n’était pas dans l’appel à la chasse au terrorisme, mais dans l’appel aux libertés « Liberté j’écris ton nom ». Personne, absolument personne n’a demandé de s’armer comme au USA ni un « Patriot act » ni la peine de mort. Le ton n’était pas à droite, encore moins à l’extrême droite qui s’était naturellement exclue, il était à l’avenir, à la démocratie, à la fraternité. Et ça c’est extrêmement encourageant contre tous les défaitismes et toutes les peurs.

La suite de ça ? c’est un peuple qui veut plus d’égalité.

Pas un peuple qui tombe dans l’abime des conflits de fratries, de religion, de culture, d’armement, de mesures d’exception ni d’inquisition. Quand la police était applaudie c’était pour son rôle de service public, pas de milice ! En mai 68, la police frappait sur les manifestants, là elle protégeait les passants.

La suite, c’est qu’il faut encore plus de budget pour l’éducation, pour la culture, c’est qu’il faut combattre les inégalités qui engendrent les haines. Il faut redistribuer les richesses, de meilleures écoles, de meilleurs logements, du travail, redonner du sens social, de l’espoir commun, collectif, à notre société : c’est l’exigence profonde et optimiste qui ressort de ces superbes manifestations de confiance qui ont eu lieu.

lundi 12 janvier au soir a la bourse du travail de paris, avec 500 personnes pour la liberté de la presse, « de l’air à inter » autour de Fakir, Acrimed, Monde diplomatique, SNJ CGT, avec Gerard Mordillat, Frederic Lordon, Serge Halimi, Francois Ruffin, Eric Coquerel, Gérard Filoche

La loi Macron : une loi pour licencier plus facilement et plus abusivement

Ce qui est le plus grave dans la loi Macron, ce n’est pas le travail du dimanche ni de nuit mais l’aggravation des facilités de licencier.

L’ANI du 11 janvier puis la loi du 14 juin 2013 facilitaient déjà les licenciements. Le 5 juillet 2013, les personnels des DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) ont été formés sur les nouvelles règles d’encadrement des PSE découlant de la loi du 14 juin de « sécurisation de l’emploi » issue de l’ANI. Ce jour-là, sous l’autorité de Pierre-André Imbert, Conseiller au cabinet de Michel Sapin et de Jean-Denis Combrexelle, Directeur général du travail (DGT), Nadine Richard, chef de mission au fonds national de l’emploi (DGEFP), avait détaillé l’article 18 de la loi relative à la refonte du licenciement économique collectif ; les DIRECCTE ont reçu pour consigne de se tenir à la disposition des entreprises pour qu’un accord puisse exister face à chaque PSE (plan de licenciements). L’objectif a été fixé : « zéro refus d’homologation ou de validation des PSE ». Michel Sapin et François Rebsamen, à l’opposé de leurs discours officiels qui prétendaient « inverser » la courbe du chômage, ont opté, en fait, pour donner des « preuves d’amour » aux patrons : accepter tous leurs plans de licenciements. Zéro refus ! D’ailleurs cela s’est vu : depuis la loi, il y a moins de luttes contre  les PSE et il y a 250 000 chômeurs de plus.

Il s’agit maintenant avec la loi Macron d’améliorer la loi du 14 juin 2013 qui, sur cette question, avait déjà beaucoup sécurisé… les licenciements.

En effet, après avoir dessaisi la justice civile et transféré à l’administration (le D.I.R.E.C.C.T.E) le soin de mettre dans un délai expéditif un coup de tampon (validation si accord collectif ou, sinon, « homologation » du plan unilatéral de l’employeur), le but du MEDEF semblait atteint, tant il craignait peu un simple regard sur la procédure de la part d’un directeur Régional si peu indépendant. Hélas, quelques tribunaux administratifs, saisis par des recours, ont osé critiquer ces coups de tampon trop expéditifs. Qu’à cela ne tienne, ce que MEDEF et Commission européenne veulent doit être exaucé sans traîner ; alors, si des tribunaux appliquent la loi d’une façon qui leur déplaît, on change la loi.

1/ Grâce à la loi du 14 juin 2013, l’employeur pouvait déjà, sur les quatre critères de choix des licencié(e)s, retenir prioritairement le critère qu’il voulait, par exemple le critère arbitraire de la « qualité professionnelle » au détriment des critères sociaux (charges de famille, âge, handicap, ancienneté). Le projet Macron permet à l’employeur, en modifiant l’article L.1233-5 du Code du travail, de moduler les critères choisis en les fixant « à un niveau inférieur à celui de l’entreprise ». En clair, pouvoir choisir de licencier qui on veut, où on veut. Les plus faibles socialement, les « sans dents » seront les premiers licenciés.

2/ Le projet Macron simplifie les « petits licenciements » (de 2 à 9 salariés) dans les entreprises de plus de 50 salariés : plus besoin pour le D.I.R.E.C.C.T.E de vérifier si les représentants du personnel ont été « réunis, informés et consultés » selon les dispositions légales et conventionnelles, si les obligations relatives aux mesures sociales ont été respectées, et si les mesures pour éviter les licenciements et pour faciliter le reclassement « seront effectivement mises en œuvre » (nouvel article L.1233- 53)

3/ Le projet Macron simplifie les efforts de reclassement pour les grandes entreprises implantées sur plusieurs pays : elles n’auront plus l’obligation de chercher un reclassement en dehors du « territoire national » (nouvel article L.1233-4).

Le lien avec la disposition suivante qui est modifiée est peut-être subtil : en effet, le projet Macron n’impose plus à ces grandes entreprises de demander au salarié dont le licenciement est envisagé s’il accepte de recevoir des « offres de reclassement » à l’étranger. Il impose une humiliation supplémentaire au salarié à qui il revient désormais de « demander à l’employeur » de recevoir des « offres d’emploi situés hors du territoire national disponibles dans l’entreprise ou dans le groupe auquel elle appartient. » Outre l’humiliation, un décret doit préciser les modalités d’application de ce nouvel article L.1233-4-1 du Code du travail : recevoir une offre de reclassement est-elle la même chose que recevoir une offre d’emploi disponible ?

4/ Le projet Macron simplifie beaucoup les licenciements dans les entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire en modifiant l’article L.1233-58.

En effet, « au regard des moyens dont dispose l’entreprise », en clair au regard de son expertise en trémolos, elle pourra désormais s’exonérer de ses obligations prévues par les pourtant tout récents articles L.1233-61 à L.1233-63 : faciliter le reclassement des salariés, notamment des âgés et des fragiles. En outre, pour les entreprises qui font partie d’un groupe, il n’y aura plus d’obligation de formation, d’adaptation et de reclassement au niveau du groupe, mais seulement « dans l’entreprise ». L’employeur, l’administrateur ou le liquidateur est simplement invité à « solliciter » les entreprises du groupe pour avoir une liste de postes disponibles.

5/ Le projet Macron permet le licenciement sans retour et sans indemnités des salariés pour lesquels le tribunal administratif aurait annulé la décision de validation ou d’homologation du plan de licenciement.

La modification est à l’article 102 (section 6 Amélioration du dispositif de sécurisation de l’emploi p 70 ; modification de l’article L.1235-16 du Code du travail).

L’actuel article L.1235-16 prévoyait qu’en dehors du cas où le tribunal administratif annule la décision du D.I.R.E.C.C.T.E pour « absence ou insuffisance » du plan de sauvegarde de l’emploi (ce qui entraîne la nullité de la procédure de licenciement), l’annulation pour un autre motif entraîne soit la réintégration du salarié, soit, en cas de refus de l’employeur, le versement d’une indemnité qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois.

Désormais, selon la modification de ce tout récent article L.1235- 16, si la décision de l’administration a été cassée pour « insuffisance de motivation » la loi prévoit benoîtement que l’administration « prend une décision suffisamment motivée »…( !) ; que le jugement du tribunal administratif ne modifie pas la « validité du licenciement »… et donc « ne donne pas lieu au versement d’une indemnité à la charge de l’employeur ». C’est Ubu : votre licenciement est cassé, mais vous n’avez droit à rien ni ré intégré, ni indemnisé.

 

paru dans marianne.fr

 

Tous à la manifestation, dimanche 11 janvier, à Paris !

La gauche est la première dans le deuil, ce sont les nôtres qui sont morts assassinés, ceux de nos combats depuis des décennies, ceux qui sont antifascistes, anti intégristes, anti racistes, insolents et intelligents, décapants et percutants, blasphématoires et libératoires, libertaires et révolutionnaires. Oui, ils étaient révolutionnaires et ne laissaient pas les tyrans et la finance, les curés et les sabreurs, en repos. En plus ils étaient artistes, ils avaient le droit de « déconner », de délirer, de déplaire, de choquer, d’avoir des fulgurances, d’innover, de provoquer, tout licence est et doit être permise en art. La caricature est un art particulier, éphémère, scandaleux par définition, qui ne vaut ni parti ni programme. Donc la gauche qui aime particulièrement cette audace dans les vies, est la première blessée, indignée, mobilisée pour leur rendre hommage pour leur courage, leurs combats, qui étaient aussi les nôtres, c’est notre premier devoir « de classe ». La première émotion, c’est de vouloir continuer à faire vivre ce pourquoi ils vivaient et qui nous rassemble par millions, en France et dans le monde entier.

Que nul ne nous demande le silence, l’autocensure, l’oubli, qu’on ne nous demande pas de changer de couleur, d’idées, de combat. D’ailleurs Charlie hebdo continue à paraitre tout comme Siné mensuel (menacé et protégé aussi). On ne va pas les laisser ensevelir sous des hommages neutralisés et des « unités nationales » factices. Que tous ceux qui veulent, sans partager leurs idées, nos idées, s’associer à nous contre le crime, viennent : s’ils sont nombreux, bienvenue à eux, nous nous en féliciterons. Cela ira dans le bon sens : car il y a un sens à tout ça. Et c’est bien celui de la gauche.

Que nul n’espère enterrer sous les mondanités et les pompes, Charlie hebdo, Siné mensuel et tous les talents, les orientations, les luttes, les vies de tous ces dessinateurs et rédacteurs satyriques révolutionnaires. Pas question, pour les honorer, de les embaumer. Ni Rajoy qui viole les libertés en Espagne, ni Merkel qui a écrasé le peuple grec, ni Renzi l’aventurier qui pille tout aussi scandaleusement le peuple italien, n’ont quelque chose à voir avec « Je suis Charlie ». Dans cette manifestation de masse, nous  serons 99 % et il y aura 1 % de récupération officielle et notable : les médias manipuleront mais  un million de personnes n’en dépendront pas.

SI « je suis Charlie » c’est que « je suis Charlie » !

Pas aseptisé.

Pas dénaturé. Librement. Foisonnant. Pluriel. Provocateur.

On entend des surprenants rappels au « silence », à l’unanimisme, à on ne sait quelle « décence » inventée et étouffante. Parodie d’hommage hypocrite. Non à ces curieux dévots ! C’est le contraire de l’esprit satyrique et sarcastique qui doit briller de tous ses feux, dévorer et radicaliser les idées – sans encens.

On ne va pas mélanger sur leur tombe, droite et gauche, ils ne l’auraient pas toléré.D’ailleurs les milliers de dessins qui se publient dans le monde en leur honneur ne le font pas.

L’ « unité nationale »  c’est du pipeau, pas question d’amalgamer pour mieux noyer ce qui est courageux et ce qui est affreux : vous voulez mettre sur le même plan le RPR UMP qui a interdit Charlie Hebdo et tous ceux qui le lisaient ? Vous voulez mettre dans un même cortège les dirigeants fascistes du FN et les antifascistes que nous sommes ? Réponse : jamais !  Nos points de vue sont irréductibles.

Les deux tueurs étaient Français : deux de leurs victimes étaient d’origine maghrébine. L’une d’elles était musulmane. La « nation » dans pareil cas, ce n’est pas un refuge commun : elle ne solutionne rien.

Il n’y a pas de « nature humaine » commune entre les bourreaux et les victimes, entre les terroristes et leurs cibles. Il  y a, en France, parmi les femmes et les hommes, des barbares et des civilisés, des oppresseurs et des oppressés, des milliardaires qui possèdent tout et des pauvres auxquels tout est enlevé, des dominants et des dominés, des révolutionnaires et des contre-révolutionnaires. Ceux qui ont tué sont ils « humains » ? Ce sont des bourreaux abrutis précisément parce qu’ils sont fanatiques, totalitaires, parce qu’ils  sont intolérants et obscurantistes religieux, ils ont exécuté sauvagement la liberté d’expression, la liberté de presse, les journalistes, l’intelligence, donc l’humanité : leur camp est celui de l’extrême-droite. Dans ces conditions, qu’est-ce que serait un rassemblement avec le FN ? Au pouvoir ils seraient bourreaux ! Le Pen juge même que c’est le moment pour réclamer la peine de mort, ca veut tout dire ! A petit niveau déjà, dans leurs 11 mairies leur premier souci c’est d’étouffer la culture de toutes celles et ceux qui « sont Charlie ».

Qu’est ce qu’un « appel à l’unité nationale » ?  Les chefs de la droite comme Sarkozy n’ont cessé depuis 45 ans, de souhaiter la disparition de Charlie hebdo  et l’ont même interdit : alors pas ça, pas eux, pas là, pas dimanche ! S’ils ont des remords, et veulent s’exprimer, qu’ils en trouvent les moyens comme ils l’entendent, en tout cas nous ne signerons pas d’appel avec eux, nous ne marcherons pas derrière eux, ni à leurs côtés, nous serons là, c’est notre manifestation ! Et qu’Eric Ciotti, le censeur UMP, ne vienne surtout pas donner des leçons ni brouiller les lignes en expliquant que « nous sommes tous antijihadistes » (sic).

On manifeste pour la liberté, l’égalité, la fraternité, pas pour le sécuritaire, l’autoritaire, le totalitaire. Et ce n’est pas non plus à un Premier ministre minoritaire et qui divise la société par ailleurs en menant une politique droitière et sécuritaire, qui expulse des Roms dans des conditions indignes, qui parle au nom de la finance, d’« appeler » à une manifestation d’unité dite nationale. Qu’il reste dans sa position pour le moment, pas d’embrouille : les ficelles politiciennes, dans son cas, de « l’unité nationale » sont bien trop grosses, énormes même, ce sont des câbles pour tout autre chose, d’autres fins totalement étrangères à la mobilisation contre l’assassinat de nos amis.

Des millions de gens démocrates et de gauche, réformistes et révolutionnaires,  progressistes et humanistes, sont assez grands pour se regrouper et manifester en toute indépendance. Ceux qui ont légitimité ce sont « les Charlie » et il est bon que les syndicats aient tous signé un appel commun uni pour le 11 janvier. Ce sont les associations démocratiques et il est bon qu’elles aient toutes signé un appel commun.  Ce sont les personnalités, les intellectuels, les artistes qui sont solidaires et ils appellent tous. Dans ce cadre « vient qui veut ». Toutes celles et tous ceux qui portent un panneau « Je suis Charlie ».

Sinon, si tout est noyé, tout perd sens. Et qui perd dans ce cas là ? La réponse est limpide ce sont les exploités, les chômeurs, les pauvres, les humains tolérants, solidaires, intelligents, dont les causes sont effacées, roulées dans la farine médiatique au nom d’une « unité factice ». Pendant ce temps-là dans la foulée on leur enfilera la loi rétrograde Macron. La liberté d’expression, celle de Charlie, c’est la liberté de combattre la finance, les financiers, les banksters aussi, et le libéralisme, et le capitalisme ! Car tout le mal en ce siècle, sur la planète et dans notre pays, vient du marasme dans lequel les riches pillards plongent l’humanité, ça vient de LEUR « crise », de la façon dont ils nous l’imposent,  et de ce qu’elle nourrit, charrie, déchaine comme obscurantisme, comme xénophobie, comme intégrisme, comme intolérance.

La liberté de Charlie, c’est aussi la liberté de blasphémer oui ou non ? Et ceux qui nous encombrent avec leur religion, quelque qu’elle soit, ils sont des millions, ils ont tous leurs droits, ils s’expriment partout tous les jours, ils ont leurs églises, mosquées, temples, synagogues, grand bien leur fasse, mais ils doivent en retour accepter qu’on soit aussi des millions, à exprimer nous aussi notre opposition à l’obscurantisme qu’à nos yeux elles représentent.

Des interrogations se sont faites jour dans la gauche à propos de la manifestation du dimanche 11 janvier, à Paris, à l’initiative des partis de gauche, des syndicats et des associations démocratiques, du fait que l’UMP y appelait et l’extrême-droite menaçait de le faire.

Il faut dissiper ces doutes. C’est NOTRE manifestation. On doit y être le plus nombreux possible !  Pas question d’hésiter à cause des autres. C’est NOTRE cause. On y va ! Qu’importent les tentatives de la droite et de l’extrême droite : ce n’est tout de même pas eux qui vont nous détourner d’être là, tous ensemble, avec nos partis, syndicats et associations.

Le même cas de figure s’était présenté après les attentats contre la population parisienne devant le grand magasin « Tati » en septembre 1986, avec les mêmes interrogations sur la participation de la droite. Ceux qui voulaient « boycotter », à l’époque, parce que la droite allait être était là, ont eu tort. En nous mobilisant nous-mêmes, le problème avait été résolu car, il y eut cent mille personnes de gauche, et quelques milliers de droite qui s’étaient senti tellement marginalisés qu’ils avaient, très vite, quitté les lieux.

C’est un peu pareil aujourd’hui car les bases de la droite, et a fortiori de l’extrême-droite,  ne défendent pas Charlie mais attaquent les musulmans, quelques soient les quelques précautions de langage prises, depuis l’attentat, par Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

Nous, nous défendons les droits de Charlie, de Siné et de tous les dessinateurs, caricaturistes, provocateurs de talent. Nous défendons la liberté d’expression alors qu’à la mort du Général de Gaulle, la droite (UDR-RPR-UMP) avait interdit la parution de Hara-kiri hebdo (devenu ensuite Charlie-Hebdo) parce qu’il avait titré « Bal tragique à Colombey : un mort ! «  La liberté d’expression et le « droit de blasphème » s’arrêtaient pour les gaullistes à la personne du… Général.

Nous défendons une laïcité qui n’est pas à géométrie variable selon qu’elle s’applique au catholicisme (nos pseudos « traditions culturelles » !) ou à l’Islam. Nous ne combattons pas une religion plus qu’une autre. Ni moins qu’une autre. Pour nous, Dieu a toujours été un prétexte à inquisition, exécutions, tueries et ces tueries asservissent les hommes et empêchent leur émancipation. Ceux qui nous font du prosélytisme pour Dieu doivent donc aussi entendre qu’on puisse être athée et qu’on en fasse autant contre la Bible, le Coran, le Talmud. La base de la droite, comme celle de l’extrême-droite, auront d’autant plus que mal à se mobiliser dans cette perspective s’ils savent que nous, la gauche, nous mobiliserons massivement, dimanche sans état d’âme.

Il peut y avoir des millions de personnes et ce sera les nôtres !

Tous à la manifestation à l’appel du PS, du FdG, d’EELV, du PRG, du MDC, du NPA, des huit syndicats, CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, CGC, CFTC, des associations, LdH, Mrap, Licra, SOS-Racisme, Attac…

Dimanche 11 janvier, 15 h place de la République, à Paris.

Les organisations syndicales françaises s’unissent et se joignent au mouvement citoyen et républicain pour exprimer leur émotion et leur indignation après l’attentat terroriste perpétré contre le journal Charlie Hebdo et face à tous les actes de violences et d’intolérance.

La Démocratie, la République, la Paix, les Libertés de pensée et d’expression sont des biens communs que nous sommes décidés à défendre face à tous les totalitarismes, aux discours haineux et aux tentatives de division et de stigmatisation.

Dans cet esprit et dans l’unité, les organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires appellent le monde du travail ainsi que tous les citoyennes et citoyens à se joindre à toutes les initiatives et manifestations organisées ce weekend partout en France dont la marche silencieuse à Paris ce dimanche 11 janvier à 15H00, Place de la République.

Communiqué des organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires, Paris, le 8 janvier 2015.

Rendre hommage et dire non

La LDH, la Licra, le Mrap et SOS Racisme appellent tous les citoyens à sortir de chez eux partout en France le dimanche 11 janvier 2015 à 15h pour participer aux rassemblements de soutien aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo.

Parce que nous n’acceptons pas le fanatisme et la violence, parce que nous sommes attachés à la démocratie et l’Etat de droit, parce que la liberté de la presse est un des biens les plus précieux que nous avons acquis, nous voulons vivre ensemble, sans racisme et sans discrimination, en paix et en harmonie quelles que soient nos origines, nous appelons les femmes et les hommes vivant en France, les organisations syndicales et politiques, les associations et tous ceux et toutes celles qui sont attachés à cet idéal de se joindre à nous, sans mot d’ordre ni slogan, sans banderole ni bannière.

Juste pour être ensemble.

Toute l’équipe de Siné Mensuel a décidé de se mettre à la disposition de Charlie Hebdo.

Les organisations syndicales françaises s’unissent et se joignent au mouvement citoyen et républicain pour exprimer leur émotion et leur indignation après l’attentat terroriste perpétré contre le journal Charlie Hebdo et face à tous les actes de violences et d’intolérance.

La Démocratie, la République, la Paix, les Libertés de pensée et d’expression sont des biens communs que nous sommes décidés à défendre face à tous les totalitarismes, aux discours haineux et aux tentatives de division et de stigmatisation.

Dans cet esprit et dans l’unité, les organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires appellent le monde du travail ainsi que tous les citoyennes et citoyens à se joindre à toutes les initiatives et manifestations organisées ce weekend partout en France dont la marche silencieuse à Paris ce dimanche 11 janvier à 15H00, Place de la République.

Communiqué des organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires, Paris, le 8 janvier 2015.

 

 

 

Liberté d’expression ! Droit au blasphème !

 

Toute l’équipe de Siné Mensuel a décidé de se mettre à la disposition de Charlie Hebdo. Les dessinateurs, correcteurs, journalistes de la rédaction ont sans hésitation répondu présents. Depuis hier, Berth, Lindingre, Kap, Jiho, Jean-Marie Laclavetine, Yanis Youlountas, Willis de Tunis, Siné (de sa chambre d’hôpital) … ont envoyé des textes et des dessins. Siné Mensuel les publie au fur et à mesure sur son site.
www.sinemensuel.com

Voici les derniers, celui de Berth et de Lindingre. Vous pouvez retrouver les autres sur le site.

Le mot de Lindingre :
Cavanna,
François chéri.
Tu n’auras donc pas assisté à ça.
Au triomphe de la connerie.