Chateaux en Espagne – La crise de la zone euro s’accélère

Les ministres des Finances de la zone euro viennent d’accorder un crédit « pouvant aller jusqu’à 100 milliards d’euros » afin de permettre à l’Espagne de recapitaliser ses banques et leur éviter la faillite.

Il s’agissait de prévenir une contagion du secteur bancaire espagnol à l’ensemble du système européen et mondial (d’où les appels répétés de Barak Obama) et d’empêcher, le 17 juin, la possibilité d’un télescopage de la crise de la dette publique espagnole et de celle de la Grèce. Cliquez pour lire la suite »

J’ai vu le tweet à 12 h ce mardi 12 juin… alors j’en ai fait un autre

J’ai vu le tweet à 12 h ce mardi 12 juin, j’ai eu du mal à y croire et j’ai ressenti tous les éléments de la gène, j’ai compris illico tout ce que cela allait donner dans les médias. Je ne veux pas parler de La Rochelle et même plus de Hénin-Beaumont mais de la retraite à 60 ans sans décote. Ça vous dérange ? Ça passe à côté ?  On n’a pas le droit ? Ce n’est pas opportun ?

Il y a eu 8 millions de manifestants en 2010 pour défendre la retraite à 60 ans contre Sarkozy qui s’est comporté comme un dictateur birman et n’a rien voulu négocier. Il y avait 75 % de l’opinion pour les 60 ans sans décote. Il y a sans doute 80 % des syndiqués de ce pays qui y sont favorables. Sondez les adhérents du PS, j’en ai fait le tour de France, il y a sans doute 75 %  des membres qui sont pour. Le FdG, EELV, la FSU, la CGT, FO, Sud-Solidaires, UNSA, une bonne moitié de la CFDT sont « pour ». Cliquez pour lire la suite »

Rapport de l’IGF : le monde à travers des lunettes néo-libérales

Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) vient d’être publié. Ses propositions : suppressions de postes dans la fonction publique, gels des pensions et des prestations sociales. Comme si François Hollande n’avait pas été élu…
Le récent rapport de l’Inspection Générale des Finances, commandé par l’ancien Premier ministre François Fillon mais rendu public début juin, chiffre à 5 milliards par an les économies qui devraient être réalisées par l’Etat pour parvenir à l’équilibre de son budget en 2016 ou 2017, en fonction des « scénarios de croissance » envisagés. Cliquez pour lire la suite »

La cour d’appel s’interroge sur l’irrecevabilité de la plainte Guinot contre Gérard Filoche. Réponse le 3 juillet 2012

Un rassemblement pour Gérard Filoche a eu lieu devant le Palais de Justice le 5 juin à l’occasion de l’audience en appel voulue par l’entreprise Guinot. Outre la présence de nombreux amis (200), de ses anciens collégues et directeurs, des représentants de tous les syndicats, Jérôme Guedj, pour le BN du PS, Francis Sitel (Gauche Unitaire), Gérard Berthiot (VP PS du CR Champagne-Ardennes) Marinette Bâche, conseillère de Paris, Philippe Poutou (NPA), candidat à la présidentielle 2012, sont venus montrer publiquement leur soutien.

Une longue procédure judiciaire

Suite à une première audience du 6 juillet 2011, par jugement rendu le 12 octobre 2011, Gérard Filoche avait été relaxé. Le Parquet a renoncé dans la foulée à toute poursuite.

L’employeur de Guinot, quant à lui, a décidé de faire appel, avec “son” CE”. Ils reprochent à l’inspecteur du travail une “entrave au Comité d’Entreprise” le 23 juillet 2004 alors que Gérard Filoche avait refusé l’autorisation de licenciement pour la 3 fois de suite, d’une jeune déléguée syndicale, de retour de congé maternité estimant qu’elle était victime de « discrimination ».
Douze procédures judiciaires ont eu lieu depuis le début de l’affaire. La salariée les a toutes gagnées. La Cour d’appel du tribunal administratif a confirmé en 2010 qu’il y avait bien « discrimination » et a donné raison à l’inspecteur du travail contre sa hiérarchie. Elle a également ordonné la réintégration de la salariée. Cette dernière a alors bénéficié d’une transaction de la part de l’entreprise condamnée.
Mais Guinot s’est acharné dans une 13e et 14e procédure contre Filoche.

Enjeu politique : état de droit dans les entreprises et missions de l’inspection du travail

Gérard Filoche, quant à lui, est soutenu par 42 000 signataires, 2000 messages émouvants de soutien, 80 % de ses collègues ont signé, tous les syndicats de l’inspection et de nombreuses personnalités de toute la gauche politique et syndicale (cf. site dédié http://www.solidarite-filoche.fr). Dix témoins clés dont Jean Auroux, Benoît Hamon, Gilbert Dupraz, Philippe Royer et Pierre Mériaux avaient déposé en sa faveur en 2011.

La première secrétaire du Parti Socialiste (PS), maire de Lille et ancienne ministre du travail, Martine Aubry, a manifesté, le 4 juin, son soutien envers Gérard Filoche dans un message de solidarité très explicite <http://www.filoche.net/2012/06/05/message-de-solidarite-de-martine-aubry/>

In fine la cour d’appel s’interroge sur l’irrecevabilité de la plainte du CE

Alors que l’audience elle-même était reportée de 13 h 30 à 16 h 30, et effectivement à 17 h, dans une petite salle archi bondée, elle s’est close à 17 h 15.
Sur demande de l’avocat de Gérard Filoche, Me Dominique Tricaud, la Cour d’appel a accepté de prendre en compte une question posée depuis le début : le CE existe t il ? S’est il réuni ? Est il fondé légalement à se porter partie civile le 9 mars 2009, dans la foulée d’une démarche initiée par l’employeur, en 2004, poursuivie par un réquisitoire supplétif du Parquet en 2008, abandonné par celui-ci en 2011 ? Le tribunal après s’être retiré, a expliqué que la question était suffisamment sérieuse pour en débattre préalablement et rendra son délibéré sur ce point le 3 juillet.

Comment un “CE” aurait il été “entravé” par un inspecteur du travail, alors qu’il ne se réunit pas, ne fonctionne pas, et ne donne donc pas de fondement juridique à sa plainte  ? Tout cela est monté par l’employeur. Le paradoxe c’est qu’une procédure ait duré 8 ans, engagé tant d’énergie, mis autant en cause l’inspection du travail, coûté autant d’argent, pour une “entrave à un CE” alors que la recevabilité de la dite procédure est finalement mise en cause.

En cas de non recevabilité de l’appel au nom de CE, l’affaire sera close le 3 juillet. Sinon une nouvelle audience sur le fond sera convoquée à l’automne.

Les photos de la manifestation devant le Palais de justice de Paris le 5 juin 12 h 30 :    http://www.citizenside.com/fr/photos/politique/2012-06-04/61668/martine-aubry-soutient-gerard-filoche-lors-de-sa-procedure-d-appel.html

 

Message de solidarité de Martine Aubry

Il est tout à fait injuste que Gérard Filoche subisse, le 5 juin, après huit ans de procédure abusive, ce procès en appel de la part d’un employeur qui a déjà perdu nettement toutes les procédures antérieures devant les différents tribunaux. Cliquez pour lire la suite »

Les 14 prophéties de Christine Lagarde

Christine Lagarde était ministre des finances de Nicolas Sarkozy lorsque le bouclier fiscal à 50 %, destiné à protéger les Français les plus fortunés, a été mis en place. C’est elle-même qui avait défendu la loi TEPA, instaurant ce bouclier, devant le Parlement.

Elle est aujourd’hui directrice générale du FMI et perçoit à ce titre, selon Capital du 29/05/2012, un salaire annuel de 467 400 dollars par an (environ 380 000 euros). Ce revenu, apparenté à celui d’un diplomate, est non-imposable.

Cela n’empêche pas Christine Lagarde de menacer les Grecs qui ne paieraient pas leurs impôts (bien sûr pas les armateurs et l’Eglise orthodoxe qui sont, comme elle, non-imposables mais les salariés à 800 euros ou moins, les retraités à 500 euros dont l’impôt est prélevé à la source) de voir leurs enfants privés de services publics, c’est-à-dire d’école et de soins médicaux.

Sa compassion, affirme-t-elle, va d’abord aux enfants du Niger. Sans doute veut-elle ignorer que la misère de ces enfants tient avant tout à la politique du FMI et à ses plans d’ajustement structurel.

Elle nous avait auparavant infligé 14 prophéties, 14 « fortes visions », recensées par Olivier Berruyer sur son site Les crises.fr que nous reprenons ici en les commentant. Ces 14 « fortes visions » illustrent parfaitement l’impasse de la politique libérale, cette politique qui vise à « rassurer les marchés ».

C’est pourtant, au nom de cette politique, que la Banque centrale européenne, la Commission européenne et Angela Merkel veulent infliger à la Grèce un plan de destruction sociale d’une ampleur jamais atteinte pour un pays européen en temps de paix et jouent à la roulette russe l’existence de l’euro.

1. – 17 août 2007, dans “Le Parisien”

« Ce n’est pas un krach […] Nous assistons aujourd’hui à un ajustement […] une correction financière, certes brutale mais prévisible. »

4 mois plus tard, le Royaume Uni nationalise la banque Nothern Rock . Un an plus tard, la banque américaine Lehmann Brothers fait faillite. La crise bancaire née de l’éclatement de la bulle bancaire aux Etats Unis, s’étend de ce pays à la France, à l’Irlande, à l’Espagne, à l’Allemagne puis à l’ensemble de l’Union européenne.

2. – 5 novembre 2007 sur “Europe 1”

« La crise de l’immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir d’effet sur l’économie réelle américaine. Il n’y a pas de raisons de penser qu’on aura un effet sur l’économie réelle française. »

En octobre 2008, les Etats Unis sont frappées brutalement par la crise économique provoquée par l’éclatement de la bulle immobilière et par la crise bancaire. Le chômage double et atteint 10 % de la population active. Fin 2008, la récession frappe la France et le chômage atteint, là aussi, 10 % de la population.

3. – 10 février 2008, au G7 au Japon

« Nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de l’Europe. »

Fin 2008, la récession s’étend des Etats Unis à l’Europe. La crise économique atteint les uns après les autres la plupart des pays du monde.

4. – 15 mai 2008 sur “Europe 1”

« Vous accueillez ce matin un ministre de l’Économie qui se réjouit et qui jubile, pour tout dire. Je suis surtout très contente pour notre pays (en raison de la révision à la hausse de la croissance pour 2007, ndlr) […] En revanche, les prévisions européennes des déficits de la France sont outrageusement pessimistes. »

Fin 2008, le déficit public de la France atteindra 7,5 % du PIB et 7,7 % fin 2009.

5. – 16 septembre 2008, conférence de presse

« [La crise aura] des effets sur l’emploi et sur le chômage [pour l’heure] ni avérés ni chiffrables. »

En 2009, le chômage dépassera 10 % de la population active française.

6. – 10 mai 2010 sur “Europe 1”

« Nous avons décidé d’envoyer un signal extrêmement fort aux marchés pour protéger l’euro. Je suis convaincue que le mécanisme va fonctionner. »

Le 10 mai 2010, l’Union européenne et le FMI mettaient en place le premier plan de sauvetage des créanciers de la Grèce, essentiellement les banques et les assurances européennes. En novembre 2010, c’était le tour de l’Irlande et au printemps 2011, celui du Portugal. Fin 2008, l’UE mettait en place un deuxième plan de 130 milliards d’euros pour sauver les créanciers de la Grèce. En mai 2012, le système bancaire de l’Espagne est au bord de la faillite et la zone euro au bord de l’explosion.

7. – 25 juin 2010

« La notation de la France est triple A stable, il y a d’autres triples A qui sont moins stables, je regarde de l’autre côté de la Manche par exemple. Elle n’est pas menacée. »

En janvier 2012, la France perdait son triple A. le Royaume Uni conservait son triple A.

8. – 8 juillet 2010, rencontres économiques d’Aix-en-Provence

« À la question “Est-ce qu’on est ou non sorti de la crise ?”, j’ai répondu en anglais au Forum de Saint-Pétersbourg “We are in the middle of the beginning of the end” ; et je pense qu’on en est probablement là. »

Fin 2011, sous les coups des plans d’austérité initiés par Merkel et Sarkozy, la récession frappe de nouveau tous les pays européens. Début 2012, l’Allemagne elle-même n’est pas épargnée.

9. – 9 juillet 2010

« Je suis convaincue que la France va conserver sa note AAA. »

En janvier 2012, la France perdra son triple A.

10. – 19 décembre 2010, dans “De Tijd”

« Une restructuration de dette n’est pas à l’ordre du jour au sein de la zone euro. »

Fin 2011, la dette publique grecque était restructurée. Les banquiers titulaires des titres de cette publique acceptaient de perdre une partie de leurs créances pour ne pas tout perdre mais récupéraient aussitôt près de 60 milliards d’euros que les Grecs devront rembourser.

11. – 25 janvier 2011, au Forum de Davos

« L’euro a franchi le cap, et la zone euro a désormais le pire de la crise de la dette derrière elle. »

En mai 2012, le système bancaire de l’Espagne est au bord de la faillite et la zone euro au bord de l’explosion.

12. – 13 février 2011, dans “Der Spiegle”

« Vous faites fausse route. Tant que je serai dans ce poste, la France n’abandonnera pas ce statut. [le triple A]. »

En janvier 2012, la France perdra son triple A.

13. – 13 mai 2011

« Tous les clignotants sont au vert. »

Fin 2011, la France entrait en récession et le chômage touchait 10 % de la population active.

14. – 4 juin 2011, dans “Télérama”

« Protéger les faibles contre les forts, c’est l’essence du libéralisme. »

 

Jean-Jacques Chavigné/Gérard Filoche

La « compassion » de Christine Lagarde et la spoliation du peuple grec

Dans une interview au quotidien britannique The Guardian, la directrice générale du FMI estimait que les Grecs devraient « s’entraider mutuellement en payant leurs impôts ».

Elle aurait dû préciser qui était visé par ses propos : le salarié à 800 euros par mois, l’armateur grec que la Constitution et la loi dispensent de tout impôt, l’Eglise orthodoxe qui ne paie qu’un impôt dérisoire alors qu’elle est (de très loin) le premier propriétaire foncier du pays ? C’est bien  évidemment le salarié à  800 euros (ou moins)  que vise Madame Lagarde.  Si ce n’était pas le cas, pourquoi n’aurait-elle pas demandé à l’Union européenne  et à la Suisse de mettre en place  les moyens juridiques pour taxer  les centaines de  milliards placés dans les  banques suisses par les Grecs fortunés ?

D’ailleurs l’UE a exigé que le Smic Grec descende de 750 euros à 584 euros et à 400 euros pour les jeunes… et n’a pas exigé que les armateurs et l’oligarchie se voit taxés et limités à 20 fois le Smic…

Christine Lagarde trouve normal que la faute des parents retombe sur leurs enfants (les enfants des armateurs, ceux des popes ?). Les parents ne paient pas d’impôts, il est logique que les enfants grecs soient privés de services publics. Ce qui veut dire, si l’on écoute vraiment Christine Lagarde, qu’il est normal que les enfants grecs soit privés d’école et de soins médicaux.

La Directrice générale du FMI ajoute que sa compassion va d’abord aux enfants du Niger car « ils ont encore plus besoin d’aide que les gens d’Athènes ». Mais si les enfants du Niger sont dans une grande pauvreté, le FMI en porte toute sa responsabilité. Il a « aidé » le Niger et les pays africains comme il « aide » aujourd’hui la Grèce. Utilisant comme moyen de pression la dette publique des pays africains, le FMI et la Banque mondiale ont, en effet, imposé leurs « plans d’ajustements structurels » à ces pays. Cela veut dire qu’ils les ont obligés à renoncer à satisfaire les besoins de leur population pour tourner leurs économies vers l’exportation afin d’obtenir les capitaux nécessaires au remboursement et au paiement des intérêts de leurs dettes publiques. Les cultures vivrières (mil, sorgho …) ont donc dû faire place à des cultures destinées à l’exportation (coton, riz…). Voilà pourquoi les enfants africains souffrent de famine et de malnutrition. Ils n’ont pas besoin de la compassion de Christine Lagarde. Ils auraient plutôt besoin que la FMI change de politique et ne soit plus au service de la Finance mais des Êtres humains.

Les propos de Madame Lagarde, aussi odieux soient-ils, ont au moins un mérite, c’est de prévenir les peuples européens de ce qui les attend. La Finance dont madame Lagarde est l’une des plus éminente porte-parole, est prête à les affamer (c’est là que serait censé commencer la compassion de la Directrice générale du FMI), à les priver de leurs droits sociaux les plus élémentaires plutôt que de renoncer à la plus petite partie parcelle de ses intérêts.

La seule chose qui fonctionne avec la Finance, comme avec la Commission européenne et le FMI, c’est le rapport de forces. Chercher à « rassurer les marchés » nous mène partout à la catastrophe sociale, démocratique et financière : en Grèce, en Espagne, dans toute l’Union européenne. « Dominons la Finance », comme l’avait proposé François Hollande. Menaçons-la de ne pas rembourser la dette publique (pour l’essentiel aux mains des banques), organisons partout des audits de la dette publique pour déterminer publiquement, collectivement, démocratiquement quelle part de la dette est illégitime et ne doit pas faire l’objet de paiement d’intérêts ou de remboursement du capital. Nous la verrons aussitôt perdre de sa superbe et reculer pour essayer de sauver ce qui resterait à sauver de ses créances. L’intervention de Madame Lagarde dans l’élection législative grecque de juin prochain, au moyen de l’entretien accordé à « The Guardian », indique sans ambiguïté à quel point la Finance est au bord de la crise de nerf. C’est le second mérite de cet interview.

Quant aux in-informés qui dénoncent les « aides » à la Grèce et les « fautes » de son peuple :

Les « aides » ne vont pas à la Grèce. Elles vont, au fur et à mesure de l’arrivée à échéance des titres de la dette publique grecque, au remboursement de ces titres. La Grèce ne perçoit pas un seul euro de cette « aide » qui, à l’initiative de Merkel et Sarkozy va d’ailleurs sur un compte bloqué dont la seule fonction est de rembourser les créanciers de la dette publique grecque. Tout va aux créanciers de la Grèce, c’est-à-dire aux banques, aux assurances et maintenant à la BCE qui a pris leur relais, transformant la dette privée des banques en dette publique européenne.

Si la Grèce décidait de ne plus rembourser les intérêts de sa dette, son déficit primaire serait de l’ordre de 2 ou 3 %. Si elle décidait de ne plus rembourser les titres de sa dette arrivés à échéance, son budget serait excédentaire. Elle n’aurait donc aucun mal à payer ses fonctionnaires, contrairement à ce que les principaux médias répètent comme des perroquets.

Le Parlement grec qui s’était « engagé » à respecter le « mémorandum » c’est-à-dire le plan de destruction social de la Grèce, au nom des Grecs, ne représentait plus le pays. Il avait élu en 2009 dans un toute autre contexte. Les dernières élections l’ont montré : 33 % des Grecs seulement se reconnaissent dans les partis (Nouvelle Démocratie et Pasok) qui se sont engagés à approuver le mémorandum.

L’UE et le FMI qui avaient obligés le PASOK et Nouvelle Démocratie à signer l’engagement de respecter le mémorandum quel que soit le résultat des élections se sont tirés une balle dans le pied. Ces partis ont été largement distancé, justement parce qu’ils avaient signé cet engagement. Ils ont permis à tous les partis (en en premier lieu à SYRIZA) qui refusaient ce mémorandum d’obtenir plus de 2/3 des suffrages. Maintenant l’UE, la BCE, le FMI, Mme Merkel, la troïka essaient de violer la démocratie, d’imposer leur dictature pour forcer la main du peuple lors des deuxièmes élections du 27 juin.

En réalité, la Grèce aurait toutes les chances de gagner le bras de fer qu’elle engagerait avec l’Union européenne si elle décidait de ne plus rembourser sa dette puis de la renégocier (comme l’Argentine en 2000). Le milliardaire américain Paul Getty avait bien compris ce type de phénomène lorsqu’il affirmait « Si vous devez 1 000 $ à votre banquier, il vous tient mais si vous lui devez 1 000 0000 $, c’est vous qui la tenez ».

La dette de la Grèce n’est pas remboursable. l’austérité voulue par le FMI et l’UE ne fait que l’enfoncer chaque jour davantage. Actuellement, la destruction sociale due aux 9 plans d’austérité imposés depuis 4 ans,  l’ont augmenté à 160 points par rapport au PIB, et tous les fameux plans d’aide ne prévoient de la ramener qu’à 120,5 points /PIB…  en 2020 !

Cette dette est la conséquence de l’éclatement de la bulle immobilière et de la crise bancaire de 2007-2008trafiquée par Goldman Sachs, du surarmement inutile (des sous marins achetés à Thyssen Krupp, 1,2 milliard), du coût des jeux Olympiques de 2004, de l’évasion de capitaux de l’oligarchie, des énormes passe-droits fiscaux accordés aux Grecs les plus riches, aux armateurs et à l’Eglise orthodoxe. Les Grecs ordinaires n’ont aucune raison de rembourser les banques qui, gavées par les milliards d’euros et de $ de la BCE et de la Réserve fédérale américaine, accordés à taux 0, se sont mises en 2008-2009 à spéculer sur la dette des pays du sud de l’Europe.

L’interview de Christine Lagarde a au moins le mérite de montrer jusqu’où la Finance est capable d’aller pour recouvrer le montant de ses spéculations. Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant, les libéraux ont toujours pensé que la faim, et elle – seule, pouvait vraiment pousser les gens à travailler. C’est « l’économie de la douleur ». C’est le fond de leur philosophie, tout le restant n’est qu’habillage. Il vaudrait peut-être mieux les arrêter avant. La seule méthode pour y parvenir, c’est le rapport de forces, c’est de les obliger à renégocier la dette en leur laissant le choix de tout perdre ou de perdre seulement une partie de leurs créances

Jean-Jacques Chavigné/ Gérard Filoche

Nouveau procès par appel de Guinot contre Gérard Filoche RV le 5 juin 12 h 30 Palais de justice de Paris M°Cité

Procès à 13 h 30 devant la 31e chambre TGI de Paris

Chaque présence comptera et fera chaud au coeur

Ça fait huit ans que ça dure. Hélas.

Il faut une dernière mobilisation pour en finir avec le patron de chez Guinot, membre de l’UIC proche de l’UIMM, un patron de combat, déjà condamné pour « abus de droits sociaux », qui ne paie pas les heures supplémentaires, qui manipule un CE, qui multiplie les prud’hommes, qui a l’habitude de traquer ses salariés pour « abus du droit d’ester en justice » et qui mène une invraisemblable campagne depuis huit ans pour essayer selon les dires de son avocat bien choisi, Me Varaut, de faire qu’un inspecteur du travail « fasse moins le fier »…

Ce patron de la rue de la Paix, a décidé de s’acharner depuis 2004 contre l’inspecteur du travail qui voulait l’empêcher de multiplier les infractions et délits.

Mais en premier jugement, le 12 octobre 2011, l’inspecteur a été relaxé et le Parquet (qui l’avait un temps suivi, on se demande pourquoi ?) a renoncé à toute poursuite.  Le patron Guinot lui s’est entêté. Et le jugement en appel, la nouvelle audience GUINOT CONTRE FILOCHE pour une prétendue “entrave au CE” de Guinot aura lieu

Le mardi 5 juin à 13 h 30 devant la 31e Chambre d’appel de Paris.

Les tenants et aboutissants de cette invraisemblable poursuite sont connus : alors que l’inspecteur du travail faisait son travail, normalement, pour rétablir l’ordre public social violé dans cette entreprise, le patron a inventé qu’il y aurait eu « entrave au CE », non pas par lui, mais par l’inspecteur. Un CE d’un seul membre, qui ne fonctionne pas, qui est entre les mains dudit patron par le biais d’un salarié disons… soumis. L’inspecteur du travail avait refusé l’autorisation de licenciement d’une jeune femme déléguée syndicale, de retour de congé maternité 3 fois de suite pour « discrimination ». Il y a eu 12 procédures depuis, autour de cette affaire : la salariée a gagné TOUTES ces procédures étalées en 7 ans.

La Cour d’appel du tribunal administratif a confirmé en 2010 qu’il y avait bel et bien discrimination et elle a donné raison à l’inspecteur du travail contre sa hiérarchie qui avait cassé le refus de licenciement : elle a même ordonné la ré intégration de la salariée. La salariée a même bénéficié d’une transaction avantageuse de la part de l’entreprise condamnée qui a renoncé à aller en Conseil d’état comme elle l’avait un temps proclamé.

Mais ça ne fait rien, le patron persiste, dans un dernier round, sa vendetta contre l’inspecteur. Cet acharnement de Guinot doit être pris au sérieux, il vise, au-delà de l’inspecteur d’ailleurs en retraite, toute l’inspection : il mérite qu’on s’acharne à renverser définitivement cette incroyable accusation.

42 000 signataires, tous les syndicats de l’inspection, et de nombreuses personnalités de toute la gauche ont exprimé leur totale solidarité avec Gérard Filoche. Dix témoins clefs (dont Jean Auroux, Benoît Hamon, Gilbert Dupraz, Philippe Royer, Pierre Mériaux…) avaient déposé en sa faveur le 6 juillet 2011.

Nous aurons donc à nouveau besoin du maximum de présents l’après-midi du 5 juin pour venir en soutien à partir de 12 h 30 devant le Palais de justice de Paris, l’audience débutant à 13 h 30 à la 31e chambre correctionnelle. Venez nombreux, par solidarité, par soutien, pour peser aussi. Chaque présence comptera et fera chaud au coeur

Beaucoup ont déjà donné, encouragé, aidé, et nous les en remercions chaleureusement.

Mais tout soutien par signature de la pétition et messages de soutien est encore et toujours bienvenu. Site dédié http://solidarite-filoche.fr Mais aussi, hélas, encore une fois, car les frais de cet appel sont à nouveau à charge de Gérard Filoche, toute aide financière sera soulageante et précieuse : chèques à l’ordre de « solidarité-filoche » C/O Gérard Filoche 85 rue Rambuteau 75 001 Paris

[CGT-SNU-SUD] Rassemblement de soutien à G. Filoche le 5 juin 2012

SOUTIEN A GERARD FILOCHE !
RASSEMBLEMENT MARDI 5 JUIN 2012 12h30
lors de l’audience à la Cour d’appel de Paris
(Palais de justice 4, bd du Palais M° Cité)

Poursuivi par un employeur – avec la bienveillance du Ministère du travail – pour entrave à un CE dans l’exercice de ses missions (!) à l’occasion d’une enquête sur le licenciement d’une déléguée syndicale, notre collègue Gérard Filoche a été relaxé le 12 octobre 2011 en première instance

Mais l’employeur a fait appel, et Gérard est de nouveau convoqué à l’audience pénale fixée le 5 juin à 13h30

● alors qu’à Paris, une note de la DDTEFP du 10 mars 2009 sur la verbalisation par les agents de l’inspection du travail fait apparaître, en ce qui concerne le délit d’entrave et la discrimination syndicale, « un taux de classement élevé de 40 à 50%, bien supérieur au taux moyen global » : la délinquance patronale ne fait donc quasiment pas l’objet de poursuites, par contre un inspecteur du travail est traîné devant la justice pénale pour un soit disant délit d’entrave…
● alors que Jean-Denis Combrexelle, Directeur général du travail, « autorité centrale de l’inspection du travail », qui, saisi pour avis, a orienté le juge d’instruction sur un soit disant délit d’entrave commis par l’inspecteur du travail, mais s’est vu lui-même désavoué par la justice administrative : le juge administratif a en effet annulé sa décision d’autorisation de licenciement de la déléguée syndicale, annulant le refus de l’inspecteur du travail qui aurait, lors de son enquête, commis un délit d’entrave…
● alors que l’administration, sans aucune motivation, lui a refusé le bénéfice de la protection fonctionnelle à laquelle il avait droit…

Ces poursuites sont inacceptables !
Soyons nombreuses et nombreux à lui exprimer notre soutien
(absences couvertes par le dépôt d’heures
d’information syndicale) !

 

 

 

L’OCDE nouveau partisan des euro-obligations. Qu’en penser ?

L’OCDE, nouveau partisan des euro-obligations

Le Monde.fr avec AFP | 22.05.2012 à 15h15 • Mis à jour le 22.05.2012 à 15h15  - Pier Carlo Padoan, économiste en chef de l’OCDE, a pris parti en faveur des euro-obligations, mardi 22 mai. | Andrew Wheeler
Dernier soutien en date des euro-obligations, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui présentait mardi 22 mai ses perspectives pour 2012 et 2013, a pris parti dans le vif débat sur les euro-obligations.
C’est le Financial Times qui rapporte que Pier Carlo Padoan, chef économiste de l’institution, a expliqué que « la consolidation budgétaire seule, sans autre élément de croissance, pourrait réduire à néant les chances d’union économique viable à long terme ».
« Nous devons nous engager sur le chemin de l’émission des euro-obligations, et le plus tôt sera le mieux », a-t-il déclaré. Tout soutien à la croissance est le bienvenu, en somme, un discours qui rejoint celui de François Hollande. « Un ensemble de mesures à l’échelle de l’Union européenne renforcerait l’activité en Europe, directement et indirectement, en boostant la confiance et en rééquilibrant les efforts budgétaires au sein de la zone », peut-on également lire dans le rapport.
L’OCDE juge qu’en plus des réformes entreprises par les Etats, la Banque centrale européenne pourrait poursuivre une politique d’assouplissement monétaire, par le biais de son programme de rachat d’obligations souveraines (SMP).

Pierre Moscovici a concédé mardi matin qu’il existait encore un « désaccord majeur » avec l’Allemagne sur les eurobonds. Le ministre de l’économie et des finances et son homologue allemand ont fait connaissance avant la réunion informelle des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne mercredi à Bruxelles.

Berlin a redit, de son côté, son opposition aux euro-obligations, et confirmé que son opposition sera valable « aussi en juin », lors d’un prochain sommet européen, selon l’AFP, qui rapporte les propos d’un responsable du gouvernement allemand.

Les euro-obligations sont-elles une solution au problème de la dette publique ?

Les « euro-obligations » ont le même objectif que les plans d’austérité, la réforme de la gouvernance européenne ou la « règle d’or » : « rassurer les marchés financiers ». Mais cet objectif reste, là encore, hors d’atteinte.

La création d’« euro-bonds » ou d’euro-obligations est, à l’origine, une proposition du président de l’eurogroupe, Jean-Claude Junker, et du ministre de l’Economie et des Finances italien, Giulio Tremonti. Cette proposition avait été rendue publique dans une tribune du Financial Time, le 5 décembre 2010 où ils affirmaient que l’Europe devait apporter la preuve « de son engagement politique en faveur de l’union monétaire et économique et de l’irréversibilité de l’euro ». Cette proposition avaient été rangée dans les tiroirs européens pendant plus de six mois avant que le rebond de la crise de la dette au cours de l’été 2011 n’amènent Junker et Tremonti à relancer leur projet dans une tribune du même Financial Time, le 1er août 2011. Poussée par la crise de l’été 2011, la Commission européenne annonce qu’elle présentera un rapport sur le sujet « après l’été ».

La proposition de Junker et Tremonti consiste à opérer une mutualisation partielle des dettes publiques européennes

La création du Fonds européen de stabilité financière (FESF) en juin 2010 était déjà un pas en ce sens puisque ce fonds permet de prêter aux pays qui ne pouvaient pas refinancer leur dette publique sur les marchés financiers à des « taux raisonnables ». Les prêts de ce fonds, réservés aux  pays membres de la zone euro, sont garantis par les gouvernements de la zone euro en fonction de leur part dans le capital de la BCE.

La création d’euro-obligations, émises par une Agence européenne de financement, constituerait cependant un pas beaucoup plus important puisqu’il s’agirait de regrouper les émissions de titres de la dette publique des Etats de la zone euro. Ces émissions, garanties par l’ensemble des Etats de la zone euro devraient permettre d’obtenir des taux d’intérêt beaucoup plus bas auprès des marchés financiers pour les Etats-membres en difficulté. Les Etats de la zone euro devraient, en effet, bénéficier – c’est ce qui est souhaité – de la crédibilité allemande.

Ces euro-obligations devraient permettre de faire face aux attaques spéculatives menées contre les dettes souveraines en « rassurant les marchés financiers ».
Seules seraient, cependant, concernées les émissions de titres ne dépassant pas 40 % du PIB d’un pays. Au-delà de ces 40 %, les Etats devraient payer un taux plus élevé (fixé par les marchés) pour leurs propres émissions de titres de la dette publique. Les euro-obligations n’auraient donc pas vocation à se substituer aux dettes publiques des Etats-membres.

Le premier emprunt obligataire du FESF, émis pour financer le prêt à l’Irlande en janvier 2011, avait rencontré un important succès et avait renforcé la proposition de Jean-Claude Junker et de Giulio Tremonti. Alors que le FESF ne souhaitait lever que 5 milliards d’euros, l’émission avait attiré prés de 500 investisseurs internationaux (38 % venaient d’Asie) et leur demande globale atteignait 44,5 milliards d’euros. Cet emprunt était garanti par 14 pays de la zone euro. Il avait obtenu la note AAA des agences de notation. Son taux d’émission de 2,9 % était bas, supérieur de 0,5 point, cependant, au taux des obligations allemandes de même durée. Ce qui expliquait en partie son succès.

Les dirigeants politiques européens sont partagés

Le SPD, le Parti social-démocrate allemand, est pour l’adoption d’un tel système.
La CDU, le parti au pouvoir d’Angela Merkel refuse, à la fin de l’été 2011, cette perspective. Jens Weideman, le dirigeant de la banque centrale allemande (la Bundesbank) n’a pas hésité à déclarer, quant à lui, qu’il n’y avait « rien de mieux pour détruire rapidement et durablement une solide politique budgétaire qu’une prise de responsabilité commune des dettes des Etats… »[1] <#_ftn1> Il est vrai que le système des euro-obligations devrait avantager les pays qui ne peuvent emprunter sur les marchés qu’à des taux élevés mais désavantager un pays comme l’Allemagne qui emprunte à 10 ans, en août 2011, au taux de 2,40 %.
Pour Angela Merkel, les « eurobonds » seraient « une erreur absolue »[2] <#_ftn2> .

Le Parti Socialiste Européen qui regroupe l’ensemble des partis socialistes et sociaux-démocrates européens a pris position « pour » un système d’euro-obligations mais le parti socialiste espagnol s’est prononcé « contre », à la différence du PASOK, le parti socialiste grec.

La solution de Junker et Tremonti présente, cependant, deux inconvénients majeurs

Elle ne changerait rien au montant des dettes publiques actuelles

Les nouvelles dettes publiques seraient en partie « européanisées » mais les dettes publiques actuelles n’auront pas disparu pour autant. Il faudra toujours continuer à payer les intérêts annuels de la dette et rembourser les titres de cette dette qui arriveront à échéance. La France devra toujours continuer à débourser plus de 130 milliards d’euros par an pour le service de sa dette publique : le remboursement du capital (83 milliards d’euros en 2010) et le paiement des intérêts (50,5 milliards d’euros). L’actuelle dette publique grecque sera toujours là et la Grèce aura toujours un problème de solvabilité et non un simple problème de liquidité : la Grèce ne peut pas rembourser sa dette, elle ne dispose pas des ressources suffisantes pour le faire. Les euro-obligations ne changeront rien à cet état de fait. Les plans d’austérité continueraient à fleurir dans tous les pays européens pour payer les intérêts de cette dette et diminuer le montant de la dette publique elle-même, même si l’émission d’« euro-obligations » pouvait permettre (ce qui n’est pas du tout sûr) de baisser le taux de ces intérêts, pour les dettes nouvellement émises au profit des pays les plus fragilisés.

On ne voit pas comment les spéculateurs pourraient être «rassurés»

En effet, la dette publique d’un Etat ne serait garantie que jusqu’à 40 % de son PIB (ou 60 % selon la proposition de l’économiste Jacques Delpla). Or, toutes les dettes publiques européennes dépassent ces 40 % et la plupart se rapprochent dangereusement des 100 %. Les marchés financiers ne seraient donc en aucune façon « rassurés » sur la part de la dette dépassant ces 40 %, qui ne serait garantie que par les Etats emprunteurs. Or, c’est bien la crainte d’un défaut de certains de ces Etats qui pose problème aux spéculateurs.

Pire, la priorité du remboursement accordée (dans la proposition de Junker et Tremonti) aux « euro-bonds », rendrait encore plus aléatoire qu’aujourd’hui le remboursement des dettes au-delà de 40 % (ou de 60 %). Certes, Junker et Tremonti précisent que l’agence qui émettrait ces obligations pourrait même financer la totalité des émissions des pays ayant de grandes difficultés à accéder au marché. Mais cela deviendrait impossible en cas d’extension de la crise de la dette à l’Espagne et à l’Italie.

De toute façon, l’idée que les obligations émises par une agence de financement européenne pourraient bénéficier de taux identiques ou peu éloignés des taux allemands a maintenant du plomb dans l’aile. En l’absence d’un véritable budget européen, en effet, la confiance attribuée à ces euro-obligations dépendrait de la confiance accordée à ses Etats-membres puisque ce sont eux qui garantiraient le paiement de la dette européenne. Il n’est donc pas du tout indifférent d’observer que la situation a bien changé depuis le début de l’année 2011. Les marchés financiers n’ont plus aujourd’hui seulement des doutes sur la Grèce et l’Irlande. Ils en ont aussi, maintenant, sur les dettes publiques portugaise, espagnole et italienne. Les taux, supérieurs à 6 % (3,5 points de plus que les taux allemands) demandés lors des émissions de titres des dettes publiques espagnoles et italiennes en témoignent. Sans parler des taux portugais qui, durant l’été 2011, ont dépassé les 12 %.

Avec un système de garantie des émissions d’euro-obligations de l’agence européenne identique à celui utilisé pour le FESF, nous l’avons vu dans la réponse à la question précédente, près de 37 % du total des garanties de cette agence proviendraient d’Etats en difficulté. L’Italie apporte, en effet, une garantie de 17,91 % au FESF ; l’Espagne une garantie de 11,90 % ; la Grèce 2,82 % ; le Portugal 2,51 % ; l’Irlande 1,59 %. Il n’est pas sûr que cela « rassure » vraiment les spéculateurs et que derrière la façade des euro-obligations ils n’aient pas la curiosité de s’intéresser à la santé financière des Etats-membres censés garantir leurs créances. Aller voir derrière la façade, c’est bien ce qu’a fait Standard and Poor’s qui affirmait lundi 4 septembre 2011 « Si nous avions une obligation européenne garantie à 27 % par l’Allemagne, 20 % par la France et 2 % par la Grèce, la note serait alors « C », soit celle de la Grèce [3] <#_ftn3>  ». Standard & Poors’s prévient qu’elle ne tiendra aucun compte des notes AAA de l’Allemagne et de la France mais que seule comptera pour elle la note « C » de la Grèce.
Les euro-obligations n’auraient de sens que si elles pouvaient permettre de prêter à la Grèce (ou à un autre pays en difficulté) en bénéficiant de taux proches des taux allemands. Comment croire, après cette déclaration de Standard & Poor’s qui ne fait qu’exprimer les craintes des opérateurs financiers, que ce vœux puisse se réaliser ?

Il faut bien le constater, la volonté de « rassurer » les marchés financiers mène à chaque fois à l’impasse.

La valeur  des  titres  des  dettes  publiques  serait-elle  modifiée  en cas  d’échange ?

Jean-Claude Junker et Giulio Tremonti proposent que l’Agence européenne de la dette puisse échanger des obligations publiques d’un pays membre de la zone euro contre des euro-obligations. Ils précisent que le change se ferait selon une option « discount » et que les titres des dettes publiques des Etats-membres, (détenus le plus souvent par les banques et les assurances) se verraient infliger, lors de cet échange, un rabais lié à la pression qu’ils subissent de la part des marchés financiers.

Il est, cependant, possible de s’interroger sur l’importance d’un rabais qui toucherait directement les banques et les assurances, principales détentrices des titres des dettes publiques des cinq pays actuellement dans le collimateur des spéculateurs : la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Surtout quand on constate comment la participation de ces mêmes banques et assurances au financement de la dette grecque, annoncée à grands coups de tambour en juillet 2011, se réduit comme peau de chagrin quand il s’agit de la concrétiser.

Le communiqué du G7 du 8 août 2011, publié à la suite de la chute des cours boursiers durant la semaine précédente ne laisse quant à lui guère de doute sur ce que serait un tel « rabais ». Dans ce communiqué, en effet, les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 assurent que « l’implication du secteur privé dans le cas du règlement des problèmes de dette publique de la Grèce est une mesure exceptionnelle et ne sera en aucun cas appliquée à un autre membre de la zone euro ».

Sans ce « rabais », l’opération d’échange reviendrait à refuser d’entériner la perte de valeur des titres des dettes publiques constatée par les marchés financiers eux-mêmes sur le marché secondaire, le marché boursier qui est un marché de l’occasion où sont achetés et vendus les titres déjà émis par les Etats. Cela reviendrait à considérer que la valeur nominale des titres de la dette publique doit être garantie quoi qu’il arrive pour permettre aux banques et aux compagnies d’assurance de ne pas subir la moindre perte. Dans cette optique, les euro-obligations seraient une nouvelle forme de transfert de la dette privée des banques et des compagnies d’assurance vers une dette publique européenne. Une sorte d’«  européanisation » de ces dettes privées.

L’émission d’euro-obligations pourrait être positive

Dans le cadre d’une annulation partielle des dettes publiques à l’initiative des Etats-débiteurs, après qu’un audit public aurait permis de décider démocratiquement quelle part de la dette devait être remboursé et quelle part était illégitime et ne devait pas l’être, une émission d’euro-obligations pourrait apporter un complément utile à la solution du problème posé par les dettes publiques. Mais, en aucun cas, ces euro-obligations ne doivent se substituer au droit démocratique des peuples européens concernés d’annuler totalement ou partiellement une dette publique qu’ils jugeraient illégitime. Les euro-obligations pourraient, enfin, avoir une tout autre utilité que celle de tenter vainement de « rassurer les marchés ». Elles pourraient être utilisées à financer des grands projets d’avenir pour l’Union européenne. Cela serait un progrès considérable mais il se heurterait aux traités européens en vigueur.

Extrait de “Dette indigne” chapitre 6  Chavigné/Filoche -  Ed JC Gawsewitch, 14,9 euros, 240 p


[1] <#_ftnref1>  « Mobilisation politique contre la chute des bourses en Europe » – Le Figaro – 05/08/2011.

[2] <#_ftnref2>  Marina Torre « Le débat se radicalise sur les « eurobonds » – La Tribune – 15/09/2011.

[3] <#_ftnref3>  Le Monde.fr avec AFP et Reuters : « Les Bourses européennes décrochent, le CAC 40 passe sous les 3 000 points » – 05/09/2011.

Laurent Joffrin contre un gouvernement de gauche. Il dénonce « la première boulette du quinquennat »

Se faisant porte-parole des sociaux libéraux hissés au gouvernement et ainsi réduits au silence, Laurent Joffrin, mais aussi Libération partent en guerre contre un gouvernement de gauche et prônent un gouvernement « ouvert » d’unité nationale. Ils n’y vont pas de mainmorte :

« Faut-il incriminer la bêtise partisane, le calcul oblique des apparatchiks ou bien la volonté de puissance du PS ? En tout cas, c’est la première boulette du quinquennat. Coup sur coup, les socialistes viennent de commettre deux erreurs électorales qui peuvent leur coûter très cher. Au sud, ils ont refusé à François Bayrou le retrait de leur candidat qui eût facilité sa réélection en juin. Au nord, ils ont usé de la même mauvaise manière envers Jean-Luc Mélenchon. » (LJ)

Quant on sait que c’est François Hollande qui est visé, car il a refusé (avant d’être président en titre) ce que lui proposaient Marisol Touraine, Vincent Peillon, Pierre Moscovici, c’est à dire de ne pas présenter de candidat face à Bayrou, on mesure la violence du ton de Joffrin.

N’allez pas croire pour autant que Laurent Joffrin se soucie de Mélenchon. Il ne se soucie que de Bayrou. Déjà il y a trois semaines, il défendait un « gouvernement de Bayrou à Poutou ». Ce n’était pas non plus pour Poutou !

Le candidat du FdG n’est là que pour masquer l’objectif principal : « Aux critiques de droite (vous favorisez Mélenchon) ou d’extrême gauche (vous faites la courte échelle à Bayrou), il leur aurait été facile de répondre : par esprit démocratique, nous assurons l’expression du centre aussi bien que de la gauche de la gauche. Nous sommes ouverts, nous cherchons le rassemblement le plus large. Pas de jaloux…(aveu de LJ, même article)

Comme si Joffrin ne savait pas que la gauche ne supporte pas l’alliance avec… la droite. Et qu’il est IMPOSSIBLE de s’allier à Bayrou et Mélenchon à la fois !

Bayrou est de droite, il combat, dans sa circonscription, 6 des 7 conseillers généraux de gauche, il vote concrètement avec la droite dans toutes les assemblées locales, et c’est pour cela que la fédération socialiste des Pyrénées atlantiques, refuse de ne pas présenter un candidat face à lui.

Mélenchon, quoi qu’on pense de lui annonce qu’il ne votera jamais avec la droite contre le PS, ce n’est pas du tout pareil…

L’opposition insistante, répétée, de Joffrin à « la première boulette » de François Hollande, c’est parce qu’il milite pour un gouvernement « ouvert » à droite face à la crise. C’est ce que les sociaux libéraux du PS susurrent déjà dans tous les couloirs : ce sont des partisans déclarés de l’alliance Pasok-DN (Démocratie Nouvelle, UMP grecque), des pessimistes qui estiment qu’un gouvernement de gauche en France n’aura pas l’assise pour affronter Merkel et les néolibéraux. Ce sont les mêmes qui refusent de recevoir Alexis Spiras (de Syriza) pour ne pas fâcher Papandréou, Papademos et Venizelos. Ce sont les mêmes qui se disent contre l’austérité ici, en France, mais défendent le « mémorandum » Sarkozy-Merkel qui impose l’austérité puissance 10 au peuple grec.

La question grecque est ouverte : ceux qui là-bas ont livré leur peuple aux banques l’ont trahi, ils ont imposé une destruction sociale, un « sac » d’ampleur inégalée, on ne peut à la fois en appeler à la croissance et à la justice, ici, et approuver une orientation qui a été contraire à Athènes. Nous faisons tout, ici, avec un gouvernement de gauche pour empêcher qu’une catastrophe comme celle de la Grèce avec un gouvernement DN-Pasok-Laos (1) ne nous soit imposée.

(1) Ici « gouvernement DN-Pasok-Laos », cela voudrait dire « gouvernement UMP-PS-FN ». Joffrin, bien sûr, ne va pas jusque-là (il ne prône pour l’heure qu’un « arc » ouvert au « centre », aux gaullistes de gauche, aux républicains de progrès, de « rassemblement le plus large, pas de jaloux »…ce qui n’est déjà pas mal)

2) Jean-Luc Mélenchon a choisi pour des raisons qui lui sont propres de se présenter à Hénin-Beaumont contre Marine Le Pen. Une fois ce choix fait et quoiqu’on en pense sur le fond, il doit gagner, c’est de l’intérêt de toute la gauche, même de celle qu’il a ainsi placé au pied du mur.  Autant il n’y avait pas de raison de retirer un candidat socialiste face à l’homme de droite Bayrou, autant il est souhaitable qu’aucun socialiste n’empêche la défaite de Le Pen et vu la configuration particulière de la circonscription, il est nécessaire que Mélenchon soit investi comme le seul candidat de toute la gauche assurant sa victoire et la nôtre. Il n’y a pas « blanc bonnet et bonnet blanc » entre Bayrou et Mélenchon, entre droite et gauche.