Le CAC 40, l’UMP et ses sous-valets, les Le Pen – Oui, c’est Krupp qui a fait Hitler – Fâches et fachos – la Lumiére et Dracula

Irrité par toutes ces théories qui font du FN l’ennemi principal, je rétorquais ici une fois de plus, que le FN n’était que la succursale de l’UMP.

UMP et FN sont blanc bonnet  bonnet bi, on l’a vu sous le gouvernement et dans la campagne de Sarkozy. De 1981 à 2012, le FN « monte » et « descend » au gré de la classe dominante et de ses médias aux ordres. L’oligarchie, le CAC 40 jouent avec le FN. Ils créent les conditions matérielles de son existence, attisent les discours idéologiques qui lui permettent de se développer, puis s’en servent au gré de leurs besoins politiques pour diviser, berner, écraser le salariat.

Je disais donc qu’il ne fallait pas se tromper d’ennemi mais qu’il fallait combattre en priorité le grand capital, pas le petit commerce abusé par lui. Ce combat doit être central, classe contre classe, gauche contre droite, et non un « sous combat », dérivé, extrême gauche contre extrême droite. J’expliquais qu’il ne fallait pas comme le taureau viser la cape rouge, mais le toréador. Je concluais d’une phrase rapide : « C’est Krupp qui a fait Hitler ».

 

Une lectrice FdG nous répond : « Non ce n’est pas Krupp qui a fait Hitler ! ». Et elle développe de façon assez incroyable pour être prise au sérieux et réfutée : « Il fallait d’abord l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht pour éviter tout danger que les électeurs se tournent vers la vraie gauche, puis l’élection du conservateur Hindenburg, puis la coalition centre-SPD qui le fit réélire, jusqu’à ce que Hitler s’impose comme la seule solution possible. Hitler fut la créature de l’ensemble de la classe politique démocratique. »

 

Pour ceux qui ont un peu de culture historique, en gros cette analyse est celle de l’internationale (dite) communiste, stalinisée, de la troisième période. « Ce sont les socialistes qui ont fait Hitler ». Comme si c’était le produit de mauvaises idées ou d’idées molles et non pas de forces matérielles, physiques puissantes. Elle excuse ainsi le grand capital.

Mais à l’époque, estimant que la crise de 29 avait sonné le glas du capitalisme, les staliniens combattaient en priorité le « social-fascisme » ennemi devenu principal car celui-ci étant le plus proche dans la classe ouvrière, agent « objectif » du fascisme, il trompait ceux qu’il fallait entraîner dans le combat, il fallait donc l’éliminer en priorité.  Notre lectrice adapte et va jusqu’au bout de cette vision : « l’ensemble de la classe politique démocratique » assassine la vraie gauche, la droite l’emporte, les socialistes s’allient avec elle, et le fascisme gagne. Ensuite, elle démontre, par anticipation, que le combat essentiel actuel est donc entre le FdG et le FN, sans nuance : «  Le FN propose la mort, et le FdG la vie… La force du FdG, c’est de pratiquer une pédagogie libératrice et émancipatrice qui fait prendre conscience au peuple de sa force  (« You are very dangerous !!! »). La force du FN, c’est celle du PS : avoir 100 ans. J’ai l’impression de proférer une banalité en disant qu’à part eux personne ne sait plus où il habite et que les partis traditionnels me semblent condamnés à être emportés dans une tourmente où s’opposeront ce qu’il est convenu d’appeler « les deux extrêmes », et cela dans toute l’Europe. » (sic)

Ce raisonnement conduit à balayer du champ du réel et même de l’imaginaire, les faux vrais fascistes et les vrais faux socialistes du « centre » pour valoriser le seul combat final attendu entre les forces extrêmes, noires contre rouges. C’est ce que Jean-Luc Mélenchon (mais il n’est pas toujours sur cette ligne, il est heureusement pour lui plus habile dans d’autres interventions) décrivit mardi 24 avril au journal de France 2 comme la bataille essentielle : « front contre front » : front national contre front de gauche !

 

« Sans théorie révolutionnaire pas de parti révolutionnaire » écrivait Lénine. En effet, il faut un minimum de théorie pour aborder la question du fascisme :

 

1°) La montée du fascisme fut l’expression de la grave crise structurelle et sociale du capitalisme qui, dans les années 1929-1933, coïncida avec une crise économique classique de surproduction. Il s’agissait fondamentalement d’une crise de reproduction du capital, c’est-à-dire de l’impossibilité de poursuivre une accumulation « normale » du capital, étant donnée la concurrence au niveau du marché mondial (niveau existant des salaires réels et de la productivité du travail, accès aux matières premières et aux débouchés). La fonction historique de la prise du pouvoir par les fascistes a consisté à modifier par la force et la violence les conditions de reproduction du capital en faveur du grand capital.

En sommes-nous là ? En partie, la crise, elle, est là et se développe inéluctablement en Europe, Grèce, Espagne, Italie, Portugal… Oui, la tourmente est proche. Mais il n’y a pas de mouvements de masse fascistes. Il y a quelques prémices de petits groupes, groupuscules, ou partis d’extrême droite actifs. C’est alertant, inquiétant. Mais le grand capital, les oligarchies, les néolibéraux, Merkel et Cie n’ont pas encore choisi de recourir au fascisme pour écraser le salariat ! Cela peut arriver. Mais pour l’heure, elles ne se servent de la montée de l’extrême droite qu’à la marge, comme aiguillons, voire comme alliés potentiels. De Hongrie en Grèce. Mais pas encore comme recours, encore moins comme fer de lance. Elle font le sale boulot elles mêmes comme Sarkozy le fit durant 5 ans.

 

2) Dans les conditions actuelles, la domination de l’oligarchie s’exerce le plus avantageusement – c’est-à-dire avec les coûts les plus réduits – au moyen d’une démocratie limitée, biaisée, comme dans la Ve république… Ce n’est certes pas le seul mode de domination possible surtout dans un équilibre très instable des rapports de forces économiques et sociaux. Que la gauche gagne et pousse ses exigences, et une autre issue peut s’imposer alors à l’oligarchie : essayer, au prix du renoncement à l’exercice direct du pouvoir politique, les fascistes. Sachant qu’historiquement, le fascisme a été à la fois la réalisation et la négation du pouvoir des oligarques en « organisant » de façon « totalitaire » la vie de toute la société pour le compte du grand capital : réalisation, parce que le fascisme a en fin de compte rempli cette fonction ; négation, parce qu’il ne pouvait remplir cette fonction que par une expropriation politique de l’oligarchie.

En sommes-nous là ? Non. L’UMP hésite à s’allier ouvertement avec le FN même si elle multiplie les passerelles et choisira sans doute cette solution demain. 70 % des UMP et 70 % des FN sont déjà favorables à cette alliance. Mais au vu des rapports de forces sociaux actuels pareille alliance imiterait l’accord Berlusconi-Fini, un cadavre oligarque nuisible, puant mais décomposé, plutôt que d’initier un débordement de puissantes hordes fascistes de masse.

 

 

3) La caractéristique principale du fascisme des années trente a été une destruction de la plus grande partie des conquêtes du salariat ce qui était pratiquement irréalisable par des moyens purement techniques, étant donné l’énorme disproportion numérique entre les salariés et les détenteurs du grand capital.

L’État fort même répressif et policier renforcé comme la Ve République peut « faire » du thatchérisme, du reaganisme, mais ne dispose visiblement pas de moyens suffisants pour atomiser et démoraliser, durant une longue période, un salariat conscient, 93 % de la population active.

Le « vrai » fascisme avait réussi, il y a 80 ans, à mobiliser un mouvement de masse assez ample pour attaquer physiquement la frange la plus consciente du salariat par une terreur de masse systématique, par une guerre de harcèlement et des combats de rue, détruisant ses organisations de masse.

Ce fascisme-là n’a rien à voir avec le FN que nous connaissons, lequel, même avec 18 % de voix, reste groupusculaire. Ce fut un mouvement de masse puissant qui, par des méthodes manipulant la psychologie des masses, est arrivé à entraîner la petite bourgeoisie et la partie la moins consciente des salariés dans une collaboration de classes effective, à une chasse contre leurs frères sociaux. Ce fut un appareil gigantesque de gardiens d’immeubles, de policiers, de cellules nazies dans les entreprises et de simples mouchards, qui soumettait les salariés à une surveillance terroriste permanente

En sommes nous là ? Absolument pas. Dés qu’il y a un mouvement de masse ces 20 dernières années, le FN disparaît à la trappe. Que ce soit en 1995, en 2003, en 2006, en 2010 des millions de manifestants ont défilé tandis que les troupes fascisantes se terraient. Même les 1er mai, les milliers de déclassés, vieilles badernes et suivistes qui viennent devant Jeanne d’Arc écouter les Le Pen n’ont rien à voir avec le fascisme des années trente. Ni avec les 600 000 manifestants en uniforme qui suivaient alors les Ligues en France.

Ni l’UMP ni le FN n’ont la force de réaliser actuellement le début du commencement d’une pareille mobilisation de masse. Que les Le Pen soient des fascistes, que les sarkozystes flirtent avec leurs idées, c’est dangereux, inquiétant, mais il n’y a pas les prémices d’un mouvement fasciste à ce jour ! 80 % des salariés votent pour leurs syndicats aux élections professionnelles et la France est de gauche majoritairement.

 

4) Un tel mouvement de masse fasciste n’a pu surgir dans les années 30, qu’appuyé sur la 3e classe de la société, la petite bourgeoisie, qui, existait entre le salariat et de l’oligarchie, le tout rendu victorieux par l’appui à un moment donné du grand capital. Ce mouvement, qui se recrutait essentiellement parmi les éléments déclassés de la petite bourgeoisie, a eu recours à des violences physiques ouvertes contre les salariés, leurs actions et leurs organisations. Ce mouvement fasciste, après une phase de développement indépendant, lui permettant de devenir un mouvement de masse et d’engager des actions de masse, a besoin du soutien financier et politique de fractions importantes du capital, pour se hisser au pouvoir : sans Krupp il n’y aurait pas eu Hitler. Sans les grands propriétaires fonciers italiens, il n’y aurait pas eu la marche sur Rome de Mussolini.

En sommes-nous là ? Même Laurence Parisot déclare ne pas souhaiter que Le Pen dirige et elle affirme qu’il faut laisser venir des immigrés pour travailler en France, dans les métiers en tension, car ça aide, comme en Allemagne à faire pression sur les salaires. Et surtout il n’existe plus de « petite bourgeoisie » : les non-salariés qui faisaient 45 % des actifs en 1945, n’en font plus que 7 %. 60 % du salariat vote à gauche, 15 % s’abstient et seulement 25 % vote UMP/FN. Même Sarkozy essayant avec le maximum de moyens financiers et logistiques de mobiliser le « vrai » travail le 1er mai 2012 au Trocadéro ramène 20 000 personnes, Le Pen 10 000 à l’Opéra, et les syndicats 800 000 dans tout le pays.

 

5) La décimation et l’écrasement du salariat par le fascisme n’est possible que si, dans la période précédant leur prise du pouvoir, le plateau de la balance penche de façon décisive en faveur des bandes fascistes et en défaveur des syndicats. Nous vivons l’inverse en France.

La montée d’un mouvement fasciste de masse est en quelque sorte une institutionnalisation de la guerre civile, où les deux parties ont objectivement encore une chance de l’emporter (c’est la raison pour laquelle l’oligarchie ne soutient et ne finance de telles expériences que dans des conditions tout à fait particulières, « anormales », car cette politique de quitte ou double présente indéniablement un risque au départ). Si les fascistes réussissent à balayer l’ennemi, c’est-à-dire le salariat organisé, à le paralyser, à le décourager et à le démoraliser, la victoire leur est assurée. Si, par contre, le salariat réussit à repousser l’assaut et à prendre lui-même l’initiative, il inflige une défaite décisive non seulement au fascisme mais aussi au capitalisme qui l’a engendré. Cela tient à des raisons technico-politiques, socio-politiques et socio-psychologiques complexes en chaque période historique. C’est ce qui permet de dire que la victoire du fascisme traduit l’incapacité du mouvement social à résoudre la crise du capitalisme conformément à ses propres intérêts et objectifs. Si le salariat ne bat pas la droite et que celle-ci continue à faire des ravages, en effet, l’ennemi principal suivant, la crise s’aggravant, peut-être le fascisme et en ce cas, les Krupp d’hier et le CAC 40 d’aujourd’hui n’hésiteront pas à le soutenir.

En sommes nous là ? Au contraire, nous venons de battre les sarkozystes, l’UMP et le FN additionnés.  En France, cela fait 17 ans que ça monte à gauche dans les luttes, avec rien, en face, du côté fascisant. Nous avons gagné en 1995-1997. Nous avions la majorité absolue en voix le 21 avril 2002 quand nous avons perdu, les luttes de 2003 ont été exceptionnelles, en 2004 la gauche a gagné 20 régions sur 22, en 2006, le CPE fut un élan inouï, en 2007 nous avions tout pour gagner, ce fut une défaite due à la gauche, pas à la puissance de la droite. Sarkozy, excepté 2007, a perdu toutes les élections et il était minoritaire dès 2008.

En fait, de telles grandes crises comme celle qui a commencé en 1929 où celle ouverte en 2008 ne font, en général, que donner au mouvement social une chance de s’imposer.

Nous l’avons ! Unissons-nous ! Ne nous trompons pas de moment ! Agissons ensemble MAINTENANT au lieu de nous placer sur la défensive ou en embuscade, fantasmant par imaginaire ou anticipation, sur le fascisme qui deviendrait l’ennemi principal ! En fait ce n’est que lorsque le salariat aura laissé échapper cette chance et que la classe est divisée et démoralisée, séduite, que le conflit peut conduire au triomphe du fascisme.

 

6) On peut aussi ne pas avoir de fascisme du tout, mais la continuation d’un néolibéralisme féroce dans toute l’Europe. Lorsque le fascisme et ses bandes ne s’avèrent pas nécessaires ou n’ont pas réussi à « écraser le mouvement ouvrier sous leurs coups de boutoir », ils sont « finis » aux yeux des représentants de l’oligarchie. Leurs partis de se bureaucratisent et se fondent dans l’appareil d’État, comme en Italie, entre Fini et Berlusconi. Ca peut arriver dans les mêmes conditions au parti des Le Pen. Ou en Hongrie. Ou avec les « tea party » aux USA. Ce qui n’est nullement en contradiction avec la perpétuation d’un appareil d’État hautement centralisé. Si le mouvement ouvrier est défait sans être écrasé et si les conditions de reproduction du capital à l’intérieur du pays se re-modifient dans un sens fondamentalement favorable à l’oligarchie, il n’y a pas « besoin » de fascisme. La politique de quitte ou double du fascisme est reportée au niveau de la sphère financière, attise spéculation, inflation permanente, et, finalement, cherchera une autre issue qui peut être l’aventure militaire à l’extérieur. Thatcher l’avait cherché aux Malvinas. Sarkozy l’a cherché partout en Afrique, en Afghanistan et en Libye et l’aurait cherché en Iran. C’est alors que se révèle le caractère de classe dominant du fascisme, qui ne correspond pas à sa base de masse. Il ne défend non pas les intérêts historiques de la « petite bourgeoisie », ou des « gens en colère » « qui souffrent » mais ceux de l’oligarchie capitaliste. Dans ce cas, la base de masse active du fascisme se rétrécit nécessairement comme le National Front face à Thatcher. Les chefs fascistes tendent eux-mêmes à détruire et à réduire leur base de masse et leurs bandes deviennent des appendices de la police.

Mais nous n’en sommes toujours pas là du tout. La politique ne se fait pas d’après des pronostics.  Elle se fait  en temps réel. Pas selon des schémas passés. Elle nécessite des choix adaptés au jour le jour, et non pas basés sur l’anticipation en fonction d’analogies aléatoires.

 

 

La « théorie du fascisme » tentée à travers ces six points ci dessus n’est pas d’appréhender cette menace « par le bas » comme un fléau qui viendrait du « mauvais esprit » ou de la force obscure » des masses elles-mêmes et qu’il faudrait aller combattre en premier chef sur le terrain en « face à face » privé entre révolutionnaires éclairés et bandes arriérés. Genre comme disait Mélenchon, au début à Hénin Baumont :  « La lumière arrive et Dracula s’en va » . Non, pas si simple. Il faut démontrer comment crise, faiblesse et division du mouvement social de gauche peuvent être utilisées, manipulées et promues par l’oligarchie pour défendre de façon ultime ses intérêts fondamentaux. Se tromper d’adversaire et aller défier à contre temps, en priorité une menace fasciste encore à peine naissante au lieu de l‘oligarchie dont elle dépend, c‘est de mauvaise politique : car on détourne de l’essentiel, on attribue aux sous-valets FN la responsabilité de leur maître UMP et au lieu d’assécher leur base, on la conforte dans un duel nourrissant. Il faut au contraire choisir le front unique, unifier toute la gauche, la dynamiser ainsi, combattre le grand capital, l’oligarchie,  obtenir des victoires concrètes qui changeront la vie de ceux, désespérés ou en colère, excédés primaires et jusqu’au-boutistes, qui auraient pu se laisser entraîner par la polarisation UMP/FN.

 

« Tous les fâchés ne sont pas fachos » dit fort bien Jean-Luc Mélenchon. Alors prenons garde à toute manœuvre qui pourrait souder « fâchés » et « fachos » pour le compte des « fâcheux » de l’UMP et de l’oligarchie. Visons les fâcheux, attirons ainsi les fâchés, isolons les fachos ce qui veut dire ne pas en faire notre cible centrale. Pour reconquérir les fâchés,  il faut force et attraction de l’unité de toute la gauche et changer concrètement leur vie en faisant reculer chômage, et misère, en haussant salaires et emplois. Aucun bras de fer privé ne peut remplacer cette grande mobilisation unitaire publique.

 

Maintenant qu’on ne s’y trompe pas : Jean-Luc Mélenchon a choisi pour des raisons qui lui sont propres et en désaccord avec les présentes analyses de se présenter à Hénin-Beaumont contre Marine Le Pen. Une fois ce choix fait et quoiqu’on en pense sur le fond, il doit gagner, c’est de l’intérêt de toute la gauche, même de celle qu’il a ainsi placé au pied du mur.

Autant il n’y avait pas de raison de retirer un candidat socialiste face à l’homme de droite Bayrou, autant il est souhaitable qu’aucun socialiste n’empêche la défaite de Le Pen et vu la configuration particulière de la circonscription, il est nécessaire que Mélenchon soit investi comme le seul candidat de toute la gauche assurant sa victoire et la notre.

 

 

 

 

 

Le bras de fer entre François Hollande et Angela Merkel : le chauffe-plat et le congélo

Avec les plans d’austérité imposés par l’Union européenne, sous l’égide de Merkel et de Sarkozy, les pays européens s’enfoncent les uns après les autres dans la récession et le chômage de masse.

L’Union européenne repart à gauche

Les peuples européens tirent les conséquences de la politique de Sarkozy et Merkel. Ils avaient sanctionné les partis socialistes (Portugais, espagnol, britannique…) qui avaient cédé aux pressions de la Finance et des banques. Ils se remettent à utiliser ces partis comme instrument pour parer aux féroces attaques menées par les conservateurs (Cameron, Rajoy, Coelho) contre le salariat et ses droits sociaux, même si l’abstention reste importante.

Au Royaume Uni, les conservateurs de James Cameron et les Libéraux-démocrates perdent 741 sièges aux élections municipales. Seule, la courte victoire de la droite à Londres lui permet de camoufler quelque peu sa déroute.

Aux élections régionales en Andalousie, la droite (le Parti Populaire) perd 415 000 voix par rapport aux législatives de novembre 2011 et ne peut gagner la dernière région d’Espagne qui lui échappait encore. Le PSOE regagne une partie des voix qu’il avait perdu lors de ces mêmes législatives. Izquierda Unida (l’équivalent du Front de Gauche français mais regroupant Communistes et Ecologistes) gagne 4 points (de 7,06 à 11,34 %) par rapport aux élections régionales de 2008. Le PSOE et Izquierda Unida dirigent, aujourd’hui, ensemble l’Andalouse.

En Italie, les 20 % d’électeurs appelés aux urnes pour élire leurs municipalités ont sanctionné l’austérité et le PDL de Silvio Berlusconi. A Gênes, l’une des principales villes concernées par ce scrutin, le Parti Démocrate et le PC recueillent 46,5 % des voix alors que le candidat du PDL s’écroule à 11 %.

En Allemagne, dans le Schleswig-Holstein, la CDU et les libéraux perdent 7,5 points, le SPD gagne 4,5 points et les Verts 1,2 point.

Les suffrages recueillis par le mouvement « 5 étoiles » du comique populaire Beppe Grillo, 14 % à Gênes et 20 % à Parmes ou par les « Pirates » qui réunissent 8,3 % dans le Schleswig-Holstein pointent du doigt la crise que subit la représentation populaire.

En France, François Hollande bat Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, une élection extrêmement difficile à gagner pour la gauche.

En Grèce, le Parti socialiste (le PASOK) est lourdement et justement sanctionné pour sa politique de soumission à la Finance. C’est SYRIZA, un parti qui refuse à la fois la sortie de la Grèce de la zone euro et le « mémorandum » imposée par la Finance, Sarkozy et Merkel, qui devient le premier parti de gauche et le deuxième parti grec après le parti de droite « Nouvelle Démocratie ».

Quelle croissance ?

Face à l’échec de sa politique et aux levées de bouclier qu’elle suscite partout en Europe, Angela Merkel est obligée de reculer et se met à prononcer le terme de « croissance », alors qu’elle s’y était toujours refusé jusqu’alors.

Mais François Hollande et Angela Merkel ne donnent pas le même contenu au terme « croissance ». Pour François Hollande, il s’agit de s’opposer à l’austérité et de ne réduire les déficits que si la croissance le permet. Pour Angela Merkel, la croissance est renvoyée au long terme, lorsque les « réformes structurelles » auront permis à l’Union européenne de concurrencer les pays émergents.

Un objectif totalement hors de portée alors que l’euro cher pénalise gravement les exportations européennes et que la productivité du travail en Europe augmente deux à trois fois moins vite que dans les pays émergents. En attendant, il faut diminuer les salaires et les prestations sociales, tirer un trait sur les systèmes de sécurité sociale, en finir avec le CDI et le salaire minimum.

Quand Angela Merkel fait écho à la proposition de François Hollande de financer des projets européens de développement, elle reprend la balle au bond mais en refusant que ces projets puissent être financés par des fonds publics (à l’exception des 80 milliards d’euros soi-disant inemployés des « fonds structurels »). Il est évident, de surcroît, que les projets de développement de Merkel vont de pair avec sa politique de privatisation des entreprises d’énergie et de transports (la Grèce généralisée à toute l’Union européenne) et qu’il s’agit, pour elle, de donner un sérieux coup de pouce aux nouvelles entreprises privées de ces secteurs.

 

La France de gauche n’est pas isolée

Les élections locales qui ont lieu, aujourd’hui, en Europe, indique dans quelle direction souffle de le vent. La droite risque de perdre aux prochaines échéances électorales nationales dans bien des pays européens, notamment en Allemagne.

Des gouvernements de droite (en Espagne, au Portugal, en Italie…) considèrent l’élection de François Hollande comme un moyen de desserrer l’étau imposé par la politique de réduction prioritaire des déficits, imposée par Sarkozy et Merkel.

En Allemagne, Angela Merkel elle-même est obligée de réunir les 2/3 des suffrages des députés pour pouvoir ratifier le TSCG. Elle est donc obligée de faire des concessions au SPD.

Il est donc tout à fait possible de tenir tête à Merkel et de lui imposer un nouveau traité, un compromis peut-être, mais qui indiquerait clairement une direction différente de celle que suit aujourd’hui l’Union européenne.

Il restera ensuite, à transformer l’essai, à sortir d’une situation intenable où austérité et croissance seraient censées coexister alors que cette coexistence a autant d’avenir que celle d’un chauffe-plat dans un congélateur. Une situation tout aussi contradictoire où l’on chercherait à « rassurer les marchés » tout en cherchant à les mettre au pas.

Jean-Jacques Chavigné

Une victoire exceptionnelle La majorité du salariat derrière Hollande

On ne le dira jamais assez, mais une victoire de la gauche a un scrutin présidentiel, c’est forcément exceptionnel. Car tout est fait dans ce genre d’élection personnalisée, pour que ce soit la droite, son argent et ses médias qui gagnent.

Le présidentialisme est archaïque

Il faudra qu’un jour, notre peuple se réveille et découvre la honte de procéder ainsi au nom d’une prétendue démocratie : comment, peut-on imaginer un vrai débat d’idées en élisant une sorte de roi sélectionné sur sa bonne mine ?  Un « choix » schématisé à l’absurde.

La propagande « économique » basée sur des mensonges installés de longue date, joue en faveur du système en place : « un état c’est comme un ménage, ça ne doit pas dépenser plus que ce que ça gagne », « il faut dépenser moins »,  « Il faut payer la dette pour ne pas la laisser à nos petits-enfants », « on est en faillite », « il n’y a plus d’argent dans les caisses », etc.  Les petites gens, ainsi matraqués, finissent par croire que leur sort est irréversible.

Dans ces conditions, l’individualisation de la vie politique, exprimée par un vote de caractère « totémique », 40 millions d’électeurs désignant un seul homme, relève d’un archaïsme simplificateur, déformant, dépolitisant.

Sarkozy a essayé d’en jouer à plein. Pour détourner l’attention des responsables de la crise, banquiers, rentiers, actionnaires, spéculateurs, patrons de combat, il n’a pas hésité à appeler aux sentiments les plus frustres « contre l’autre » : contre l’immigré, contre l’étranger, contre le chômeur, contre l’assisté, contre le petit délinquant, contre le musulman, contre le faux travail, contre le dépensier, contre le gaspilleur, etc. Bien que n’ayant hésité à utiliser aucun de ces clichés réactionnaires, il a été chassé, rejeté.

La France est de gauche

Notre peuple est de gauche, la majorité sociologique est de gauche, en 2002 et 2007, déjà nous avions tout pour gagner. Ce sont les accidents de la personnalisation du scrutin qui ont fait défaut : en 2002, Chirac avait limité les candidats de droite alors qu’il y avait pléthore de candidats de gauche. En chiffres absolus, la gauche était majoritaire, mais 192 000 voix ont manqué pour que Lionel Jospin accède au 2e tour.  En 2007, la gauche n’avait cessé de monter, mais sur le fil, au forcing, face à une candidate qui ne mettait pas suffisamment le social au cœur, Sarkozy réussit à emballer avec un million de voix de plus l’illusion de « travailler plus pour gagner plus ».

C’est vraiment parce que Sarkozy, pendant cinq ans, s’est fait détester sans nuance, par sa politique antisociale, thatchérienne, néolibérale intégriste, qu’il a été battu le 6 mai 2012. François Hollande a dû habilement se présenter comme un « candidat normal » pour passer la ligne de crête qui lui a permis d’atteindre 51,63 % des voix. Il lui a fallu gérer un discours passant entre les gouttes, insensibilisant les médias, renvoyant Sarkozy à ses frasques, ses mensonges et volte-face, son cynisme, sa corruption. Hollande a réussi à présenter une personnalité positive, lisse, pour rassembler la gauche en s’appuyant sur la solide implantation du PS.

Tout cela n’aurait pas été possible si le PS ne dirigeait pas 2 villes sur 3, 61 départements sur 100, 20 régions sur 22, le Sénat et 200 députés sur 577. Sa force est venue de là pour capter en premier les aspirations du salariat, principale force sociale active de ce pays. Depuis 1981 « la majorité sociologique et la majorité politique se recoupent »… même si la gauche ne l’emporte que dans les circonstances exceptionnelles où elle sait se montrer à la hauteur.

Pas d’insurrection civique

Il ne peut pas y avoir « d’insurrection civique » : cette théorie inventée par Jean Luc Mélenchon a un côté sympathique et séduisant, mais elle ne peut exister. L’organisation sociale en place ne peut être remise en cause que par une insurrection sociale, pas par une « insurrection » électorale. Il faut pour transformer en profondeur une société, à la fois un soulèvement social collectif et des élections victorieuses lui correspondant – avec un scrutin sincère et démocratique. Sinon, la pesanteur de l’organisation sociale l’emporte : c’est pourquoi, nous savions d’avance que le PS n’avait pas de concurrent sérieux à gauche en 2012. Ce n’étaient pas les sondages qui nous donnaient cette certitude mais l’analyse des rapports de force politiques et sociaux.

Le salariat majoritaire à gauche

De même nous savions et cela a été vérifié que la force de la gauche, c’était sa majorité sociologique, le salariat, c’est-à-dire 93 % des actifs de ce pays. Tout le talent de François Hollande pour apprivoiser les difficultés du scrutin n’auraient pas suffi s’il n’avait pas rencontré les aspirations de ceux qui produisent les richesses de ce pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. 60 % du salariat a voté pour lui, c’est une majorité sans appel. C’est même 70 % des ouvriers et 57 % des employés. Parmi les jeunes, Hollande a obtenu aussi 60 % des voix. Mais il reste des réserves car 32 % des ouvriers et  34 % des 18-24 ans se sont abstenus. Les scores dans les grandes villes (55 % à Paris) et les banlieues ont atteint aussi des sommets jusqu’à 90 % à St Denis.
On peut dire sans effet de manche que le vote Hollande c’est l’expression de la majorité écrasante du peuple. Même si on doit tempérer en précisant que l’importance de l’abstention et des votes nuls démontre qu’il y a encore beaucoup à faire pour le mobiliser entièrement.

À l’exception des artisans, commerçants et chefs d’entreprise, où il obtient néanmoins 21 % des intentions de vote (39 % pour Nicolas Sarkozy, nettement en tête dans cette catégorie), François Hollande est entre 27% et 34 % dans toutes les catégories professionnelles.
Le candidat PS est aussi premier chez les chômeurs (28 %, contre 21 % à Nicolas Sarkozy et 20% à Marine Le Pen). Il rencontre le succès chez ceux qui n’ont aucun diplôme (39 %), tout en obtenant 32 % chez les bacs+2 et bacs+3 où plus.
Il obtient des scores très voisins selon les tranches de revenus, culminant à 30 % chez ceux qui gagnent moins de 1.200 euros.  Par niveau de revenu, Nicolas Sarkozy fait son meilleur score (28 %) chez ceux qui gagnent au moins 3000 euros.
Hollande séduit davantage les femmes (30 %) que les hommes (27 %), contrairement à Nicolas Sarkozy (27 % et 24 % respectivement).
Il a les faveurs surtout de ceux qui vivent dans des villes petites et moyennes (entre 20.000 et 100.000 habitants, où il obtient 33 %), et obtient 24 %, son score le plus bas, en milieu rural. Le même d’ailleurs que M. Sarkozy dans les campagnes.
Si l’on regarde les préférences politiques, 34 % des sondés se situant « très à gauche » déclaraient vouloir faire confiance au candidat PS, huit points de moins seulement que Jean-Luc Mélenchon.

Le vote chez les retraités des catégories populaires est plus équilibré puisque François Hollande ne dépasse Nicolas Sarkozy que d’une courte tête.

Les catégories qui avaient voté Marine Le Pen le 22 avril ont d’abord choisi (à 38 %) l’abstention ou le vote blanc ou nul, conformément au choix de la candidate FN, 35 % votant Sarkozy et 27 % Hollande.
L’électorat de Jean-Luc Mélenchon a largement apporté ses voix à François Hollande (71 %) contre 2 % à Nicolas Sarkozy, avec une forte proportion (27 %) ne choisissant ni l’un ni l’autre.
Enfin, les ouvriers et employés actifs ou retraités qui ont apporté leurs suffrages à François Bayrou ont d’abord choisi l’abstention, Le vote blanc ou nul (46 %), un tiers (33 %) se reportant sur Nicolas Sarkozy et 21 % sur François Hollande.

Hollande, Mélenchon, même électorat :

Au plan politique, heureusement qu’un socle de 44 % s’était consolidé à gauche dès le premier tour. Les 28,63 % de Hollande sont une prouesse qui a assuré l’élan pour le 2e tour : sans l’avance prise, sans la dynamique du 22 avril, qui sait ce qu’il serait advenu ?  C’est ce que voulait Sarkozy à tout prix, pour « emballer » les médias en sa faveur. Le réflexe « de classe » de masse et matérialiste, c’était de voter Hollande, pour tous ceux qui avaient priorité de battre Sarkozy. Le vote pour Mélenchon était un choix plus idéologique et plus risqué.

C’est pourquoi des millions d’électeurs qui auraient aussi bien pu voter Mélenchon ont voté Hollande. Pas par « modération », ni par ignorance, ni par aveuglement, ni par suivisme. Ce réflexe n’a rien eu d’un banal « vote utile » sans âme ni sens, comme certains le disent à tort au Parti de gauche. Au contraire c’est un vote de classe mesuré et réfléchi. « Maudire » les votes utiles qui auraient « privé » le FdG de 30 % de ses électeurs, c’est insulter l’intelligence de ceux qui ont choisi cette stratégie. Ils ont appuyé celui qui était le mieux placé, c’était prévisible, sain et logique.

Mélenchon s’est abusé lorsque, en fin de campagne, exalté par le succès de ses grands meetings de Paris, de Marseille, de Toulouse, il fit croire lui-même à ses sympathisants qu’il pourrait être au 2e tour. Ce triomphalisme n’avait aucune chance, aucune base sérieuse, et il a d’ailleurs provoqué une grosse déception le soir du 22 avril sur les militants qui en ont rêvé. En vérité, le FdG a bénéficié, lui aussi, d’un concours de circonstances exceptionnel : il n’y avait ni Arlette Laguillier, ni Olivier Besancenot, et pour la première fois, la plus grande partie de la gauche hors Parti socialiste, présentait un front partiel uni. Avec le talent de Jean-Luc Mélenchon, ils ont obtenu un résultat à deux chiffres ce qui est un magnifique score pour ce type de scrutin binaire, biaisé. On peut, certes, comparer avec les 19 % de voix de gauche non socialistes de 2002 (les trois groupes trotskistes LCR, LO, POI avaient obtenu 11,5%). On peut aussi comparer avec le même type de voix de 2007, qui était de l’ordre de 12 %. Mais JL Mélenchon a su fédérer sur un seul nom ce qui était auparavant éparpillé et cela a créé une dynamique dont le PCF a pleinement raison de se féliciter.

Hollande Mélenchon programmes compatibles

Et cela n’enlève rien à ce qu’ils pensaient, car ces millions d’électeurs de Hollande du 22 avril sont politiquement tout à fait pour « 35 h, 1700 euros, 60 ans et pas de salaire > à 20 Smic ». Dire que c’est un vote sur le seul fond des idées, ce serait aussi réduire aux 11 % obtenus par Mélenchon, la gauche de ce pays. Ce qui, non seulement n’est pas vrai, mais aboutit à minoriser de façon stupide les aspirations essentielles du peuple de gauche.

Car il y a largement 80 % de la gauche et des syndiqués qui sont favorables à 35 60 1700 et 20, pas 11%.  Hollande s’est d’ailleurs déclaré le 19 avril sur RMC et BFM « d’accord avec Mélenchon sur le refus du traité Européen sur les disciplines budgétaires, il a proposé « un gouvernement de gauche avec participation du FdG et d’EELV » affirmant qu’il n’y « aurait pas d’ouverture ». Il a été on ne peut plus clair :  « je suis socialiste, je suis de gauche et je gouvernerai avec la gauche, il n’y aura pas d’ouverture.

Il suffit d’étudier les cartes des votes en France le 22 avril : les votes du PS et du FdG se superposent totalement. C’est spectaculaire, là où Hollande est fort, Mélenchon est fort, là où  Hollande est faible, Mélenchon est faible. La poussée des deux partis est concomitante et non pas opposée : le PS pousse vers 29 % le FdG pousse vers 11%.  C’est le même électorat. La  même dynamique. Il reste 4 % pour les Verts, le NPA, LO. Le total de 44 % est un des plus élevés de l’histoire de ce genre de scrutin. On le comprend encore mieux si on le met en relation avec la force institutionnelle du PS et son puissant réseau d’élus des villes, départements, régions.

Pour comprendre comment les électorats du PS et du FdG sont mélangés, sans rivages de l’un à l’autre, on tiendra que seulement 20 %  des votants du « non » au TCE ont voté Mélenchon. Or le non de gauche était largement majoritaire par mi les 55 % d’électeurs du 29 mai 2005. 59 % des électeurs socialistes avaient voté « non ». Accordons 10 %, voire peut-être 15 % aux « non » de droite de cette époque, il restait au moins 40 % au « non » de gauche. Seulement la moitié, à la louche a été re captée par le FdG en 2012. Une majorité de « non » socialistes sont allés sur Hollande. Ce qui témoigne encore de la proximité non seulement sociologique mais idéologique des électorats. Lorsque Eric Cocquerel affirme « les programmes du PS et du FdG sont incompatibles »,   il prononce à la fois une bourde sectaire au plan politique et à la fois au plan sociologique. Il est impossible de séparer « deux gauches », deux orientations incompatibles. Et les millions d’électeurs qui se sont partagés entre Hollande et Mélenchon ne l’ont pas vécu ni voulu ainsi. Cela relève d’un petit discours d’appareil que de tenter d’installer un pareil clivage artificiel.

Si l’on a encore un doute sur les connections entre les deux électorats, il suffit de regarder les études traditionnelles sur les votes sortis des urnes auprès des syndiqués : 40 % des inscrits ayant exprimé un choix et syndiqués sont proches de Hollande, 18 % de Mélenchon, 17 % de Sarkozy et 12 % de Le Pen. (Cf. tableau ci-joint).

61 % de la FSU, 56 % de la CFDT, 49 % de l’UNSA,  44 % de la CFDT, 28 % de FO,  35 % de SUD votent Hollande dés le 22 avril.

39 % de la CGT, 39 % de SUD, 31 % de la FSU, 14 % de l’UNSA, 13 % de FO, 6 % de la CFDT votent Mélenchon au premier tour.

Il n’y a pas plus « deux syndicalismes » qu’il n’y a « deux gauches ». De même qu’il fallut un accord des 8 syndicats en 2010 pour mobiliser 8 millions de manifestants de façon unitaire en défense de la retraite à 60 ans, chaque syndicat ayant ses débats internes.

Une victoire venue des profondeurs

Il convient de défaire tous les pessimismes qui radotent sur la « droitisation de la société »,  sur la division et l’hétérogénéité du salariat, sur les reculs idéologiques introduits par la sarkozysme,  etc… ON aurait dû gagner en 2002 et en 2007. On a gagné en 2012, ne boudons pas notre plaisir ni la force nouvelle qui en résulte pour nous tous.

Certes les inégalités sociales accrues, les 5 millions de chômeurs, les 3 millions de précaires, les 3 millions de  temps partiels, les 8 millions de pauvres, cela sape grandement la résistance du salariat. Mais Sarkozy n’a pu réussir qu’à appliquer une partie du programme thatchérien en France, il a été vite haï puis sanctionné. Et nous qui voulons « 35 60 1700 20 » et une VIe République sociale, on a fait un pas décisif en avant.

Ce qui vient de se passer, au-delà de la victoire politique et sociale autour de François Hollande, c’est un coup d’arrêt de la société qui a manifesté sa résistance à 10 ans de destruction complète des droits sociaux voulus par le libéralisme.

Ne diffusez pas de doute ni de pessimisme, n’atténuez pas les espoirs qui sont nés au sein de notre peuple salarié, au contraire cultivez-les, encouragez-les.

On ne gagne qu’avec de l’audace, en fortifiant les avancées une à une.  Or le 6 mai n’est pas seulement une avancée « belle et rebelle », c’est une énorme victoire historique de notre camp, c’est une vilaine page tournée, la gauche est maintenant de retour, les salariés ont à nouveau les cartes en main,, allons de l’avant tous ensemble.C’est par les luttes que le reste s’acquerrera !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contribution au bilan sur la belle campagne de Jean-Luc Mélenchon

Une belle campagne de Jean Luc Mélenchon :

La mettre au service de l’unité de la gauche



Beaucoup de militants à gauche ont aimé la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Et nous en sommes. Ceux qui ne connaissaient pas son ton flamboyant l’ont découvert. Mais ce n’est pas seulement ses qualités d’orateur qui ont été mobilisatrices, c’est une façon intelligente de lier les revendications sociales avec un discours réaliste sur la transformation sociale. Il sait à la fois défendre « l’humain d’abord », les 35 h, le Smic à 1700 euros, la retraite à 60 ans, le salaire maxima à 20 fois le Smic ET la VIe république sociale. Pour s’en prendre aux banquiers pas aux immigrés. Il a essayé un vrai argumentaire pour la planification écologique, pour une Assemblée constituante, pour une Europe sociale. La redistribution des richesses était au cœur du discours. Tout cela associé à un ton conquérant, un peu bravache, mais séduisant et dynamique, a permis de convaincre au-delà d’une large partie de la gauche non socialiste. Si, placés dans cette situation, nous avions dû faire campagne, nous l’aurions fait de façon similaire, sans doute, avec d’autres références culturelles sur bien des points et en accentuant le contenu des questions sociales et de la vie au travail.

Un savoir-faire pour attirer la gauche non socialiste :

Ni Arlette Laguiller ni Olivier Besancenot n’étaient candidats. Aussi sympathiques qu’ils soient, ni Nathalie Artaud, ni Philippe Poutou n’ont pu les remplacer du premier coup. Ne parlons pas de Schivardi. D’autres candidats de gauche qui avaient capté des voix par le passé, comme Jean-Pierre Chevènement ou Christiane Taubira n’étaient pas présents. Jean-Luc Mélenchon avait su préparer sa candidature en lien avec les dirigeants du Parti communiste, ce qui a assuré une infrastructure irremplaçable au front unitaire. La CGT maltraitée frontalement, comme tous les syndicats par le sarkozysme, s’est engagée comme jamais. Cette alchimie exceptionnelle a permis de rallier finalement une large partie du NPA, des centaines de milliers d’électeurs méfiants par rapport aux gestions antérieures du PS, des jeunes et des syndicalistes en masse. Les militants d’associations actives comme Attac, Copernic s’y sont retrouvés. De petites sensibilités comme la Fase, les Alternatifs, la gauche unitaire, la gauche anticapitaliste, ont « convergé » au lieu de rester esseulées et spectatrices comme c’était souvent le cas.
Ce n’est pas rien comme prouesse : depuis 2005, nombre de partisans du « non » à la dictature libérale sur l’Europe, n’avaient jamais pu se rassembler. Là, environ 20 % sur les 55 % des voix du « non » se sont retrouvées en positif sur un même candidat. Et de nombreux militants de 2010 pour la retraite à 60 ans sans décote ont préféré voter par doute sur les propositions trop limitées du PS.

Mais il était impossible de remplacer « à froid » le PS :

Ce ne fut ni la faute à la presse, ni à Joffrin, ni à l’Express, ni à telle ou telle polémique particulière de mauvaise foi (il y en eut de tous côtés) si la montée spectaculaire de la participation aux meetings de la campagne n’a pas permis à Jean Luc Mélenchon de faire plus de 11 %. Le matérialisme implique de comprendre comment se forge la conscience de larges masses dès lors qu’on ne parle plus en avant-garde politisée, mais en dizaines de millions de citoyens. La « geste » aussi belle soit-elle ne peut remplacer les réseaux institutionnels, les instances élues, l’encadrement traditionnel des villages, départements, villes, et régions.

Le premier parti traditionnel de la gauche, c’est le PS – jusqu’à nouvel ordre. Certains exaltés s’y sont crus : ils affirmaient que le PS n’était pas ou n’était plus de gauche. Ils s’imaginaient qu’il était possible de passer « devant le PS » ou bien d’obtenir un « deuxième tour Hollande-Mélenchon ». Nous avons dû faire face, nous, gauche socialiste, à de violentes attaques de la part de tous ceux qui se sont emballés dans ces illusions. Cet irréalisme-là circulait surtout du côté du Parti de gauche, le PCF étant plus expérimenté sur l’état des rapports de force réels.

Le PS existe depuis 100 ans, ses continuités et discontinuités historiques, ses références programmatiques générales au socialisme, son appareil d’élus, de notables, ses présences institutionnelles, ses liens avec les syndicats (cf. le tableau des votes parmi les syndiqués) et sa place dans les luttes de classes, sociales et sociétales, tout cela encadre le salariat. Il y a des hauts et des bas dans son histoire (1981, 1993, 1997, 2002, 2012…) Son évolution n’est pas linéaire mais liée et poreuse aux mouvements sociaux. Pour toutes ces raisons, des millions d’électeurs haïssant Sarkozy, ont voté sciemment, intelligemment, pour le PS dés le premier tour, et pourtant une large partie non seulement n’adhérait pas aux propos modérés de Hollande, mais partageait pleinement le contenu de nombreux discours tenus par Mélenchon. Probablement 80 % de la gauche politique et syndiquée, à la base, est favorable aux 35 h, a un Smic à 1700 euros, à la retraite à 60 ans pour tous, à un salaire maxima. Mais 11,1 % seulement ont cru utile de le manifester par un vote Mélenchon. Les autres, ont apprécié la « geste mélenchonienne » mais donné la priorité à un vote de classe contre Sarkozy.

Des malédictions cabalistiques ont été jetées par des militants sincères du Parti de gauche contre le « « vote utile » et quelques polémiques qui, selon eux, les auraient « privé » de « 30 % de leurs voix ». Mais c’est le peuple qui a voté, il faut comprendre pourquoi, pas le maudire ! Le peuple salarié est matérialiste, il vote concret, il vote pour rejeter le pire et le pire, à juste titre, c’était Sarkozy. Cinq ans de Sarkozy de plus et cela aurait été une catastrophe politique et sociale pour toute la gauche. Instinctivement des millions de salariés ont pensé que seul Hollande était en position de chasser le pire, qui peut leur donner tort ? Ce qui est beau, c’est que, en plus, en même temps, dans le même mouvement, 11,1 % aient donné leur voix à Mélenchon.

« L’insurrection civique » cela ne peut pas exister :

C’est une belle expression, « l’insurrection civique », mais elle n’a pas de sens réaliste, c’est une utopie qui ne peut se réaliser seule. Parce que le vote n’est pas et ne peut pas remplacer une insurrection sociale.  Le vote, c’est un geste individuel, et à froid, il est soumis aux contingences des rapports de forces dominants du moment.
Une élection ne peut avoir à elle seule, la vertu de changer les rapports de forces sociaux et politiques sans être liée à une insurrection sociale. La conscience de millions de citoyens est changeable par l’action, pas par la seule parole. C’est une praxis collective qu’il faut, pas un appel exemplariste. Il faut une combinaison en temps réel de mobilisation sociale de l’ampleur de mai 68 ET une élection souhaitée, voulue, appelée, réussie par les acteurs de la lutte. Ce ne fut pas le cas en mai 68 car les acteurs du mouvement crièrent « élections-trahison » et boycottèrent le scrutin. L’effet différé de mai 68 n’est donc arrivé qu’en mai 1981. L’effet différé de nov-décembre 1995 ce fut l’élection de Lionel Jospin en juin 1997. Ce sont les effets différés de 2003 (retraite), 2005 (TCE), 2006 (CPE), 2010 (retraite), qui ont permis l’élection de Hollande. Mais pour un projet comme celui de Mélenchon et le nôtre, à nous, gauche socialiste, il faut une alchimie plus exigeante, plus rapprochée entre la lutte sociale et la lutte électorale.

Un dérapage triomphaliste :

Nous savions donc de longue date les limites d’une « belle campagne » aussi stimulante soit-elle. Les beaux meetings ne font pas le score final. Malheureusement, Jean-Luc Mélenchon, par conviction ou par tactique a cru bon de nourrir à son tour l’illusion : il a appelé à passer devant le FN, à rattraper le PS, à être au second tour.

« Passer devant le FN » ? C’était un peu, comme le taureau de l’arène, viser le chiffon rouge au lieu du toréador. C’était se reléguer au second rôle, viser le petit commerçant au lieu du CAC 40. C’était accepter paradoxalement de se cantonner dans une tâche annexe : viser Le Pen plutôt que Sarkozy. C’était se donner une spécialité, « front de gauche contre front national », au lieu de gauche contre droite. C’était accepter de ne plus disputer le challenge principal de l’élection. C’était à côté de la plaque et minorisant. C’était aussi impossible à accomplir de façon « séparée » comme un « combat à l’intérieur du combat » : Le Pen est dans les bagages de Sarkozy, le FN dans ceux de l’UMP, ils se nourrissent l’un l’autre. Ce qui assure le succès de Le Pen, c’est la politique inégalitaire introduite en pratique pendant 5 ans par Sarkozy. Le terreau du lepénisme est dans le chômage, la précarité, la misère. Et en retour, le succès de Le Pen a failli assurer le succès de Sarkozy, il s’est d’ailleurs acharné à en retirer tous les fruits entre les deux tours. On ne peut pas battre le FN sans battre l’UMP et les effets concrets, désastreux, de sa politique libérale. La recherche d’un « duel privé » FdG/FN plait beaucoup aux médias, parce que c’est une diversion du duel essentiel de toute la gauche contre toute la droite.

« Être au second tour », c’était prioriser un vote de départage Hollande Mélenchon et déplacer la bataille centrale contre Sarkozy en bataille interne à la gauche. D’où les exigences non sensées d’un « débat Hollande Mélenchon », d’où les polémiques qui lui ont fait perdre des voix contre « Flamby » le « capitaine de pédalo » armé d’un « pistolet à bouchons ». Les excès des sociaux libéraux (ceux qui auraient sans doute en d’autres temps assassiné Rosa Luxembourg) fut aussi déplacé : certains se laissant aller à comparer les « extrêmes », Mélenchon de gauche et Le Pen de droite ! Ces écarts volontiers alimentés par des journaux comme le Nouvel Observateur, au lieu de protéger une dynamique unitaire ultérieure entre les candidats de gauche, dans le difficile, et alors incertain, but commun de chasser Sarkozy, ont fait proliférer les tensions.
Qu’on ne s’y trompe pas cette tonalité anti-PS n’a pas apporté ni conforté la campagne de Jean-Luc Mélenchon, mais l’a affaibli. Les électeurs recherchaient la complémentarité entre les deux campagnes pas l’adversité. Et s’ils avaient à choisir dans la dispute, ils choisissaient alors la sécurité : battre Sarkozy. D’autre part, si 27 % de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas reporté sur Hollande, il ne suffit pas de dire « c’est la faute à Hollande qui ne les a pas convaincus », il y aussi de la faute à l’absence d’explication du candidat du FdG sur l’importance de l’unité de la gauche politique et syndicale dans toute l’histoire de notre pays.

Un bon score mal vécu :

Le paradoxe de tout ça, c’est que la fin de cette belle campagne a été mal vécu : à l’annonce des résultats, 11,1 %, des militants du front de gauche pleuraient place de Stalingrad. Et même le candidat eut un ton dépité et ulcéré. Pourtant c’était un excellent résultat comme le fit remarquer Clémentine Autain. Un score à deux chiffres c’était un rêve extraordinaire, quasi inespéré en début de campagne Mélenchon. Comment transformer un rêve réalisé en déception ?  L’explication en est dans les faux objectifs fixés en fin de campagne « dépasser le FN » dans un duel particulier, « être au second tour » challenger de Hollande. Ce fut une gestion calamiteuse du – bon -résultat. L’appel à se désister sans condition pour François Hollande au second tour s’imposait, mais la façon dont il fut formulé, en évitant sottement de prononcer le nom du candidat, accrut le dépit au lieu de l’enthousiasme. « Voter pour lui comme si vous votiez pour moi » : certes, mais alors il faut expliquer pourquoi. Il faut dire que c’est parce qu’il est de gauche, parce que c’est faire triompher la gauche : Hollande face à Sarkozy ce n’est pas Chirac face à Le Pen. Mélenchon en 2002 avait appelé à « voter Chirac »…  C’était l’occasion et la nécessité d’en revenir à l’explication de l’histoire de la gauche, de l’enjeu de son unité…Mélenchon s’épargna d’utiliser cette occasion. Certes il fit encore une excellente pédagogie sur France inter, sur le fait que si Sarkozy était élu…Tous les beaux rêves du FdG partaient en fumée… Mais sur France 2 il s’acharna surtout à perfectionner son objectif « front contre front » plutôt que gauche contre droite…

Bataille pour l’unité de toute la gauche ou non ?

En fait, nous le disons : il ne peut y avoir de « front unique partiel ». Le front de gauche achoppera sur cette question essentielle : quelle stratégie vis-à-vis du PS ? Est-ce un parti de gauche ? Et faut-il avoir une bataille unitaire en sa direction ? Oui ou non, faut-il batailler pour l’unité de toute la gauche, ou théoriser l’existence de « deux gauches » ? L’une devant battre ou dépasser l’autre avant toute victoire ?  Alain Krivine confronté à la scission-implosion du NPA reconnaissait parallèlement dans Le Monde : « Le PS, ce n’est pas une surprise, cela fait 40 ans, c’est un problème récurrent dans nos rangs ». Oui ! Tout à fait ! Et c’est un problème déjà récurrent dans le Parti de gauche. Comme il l’est, mais avec plus d’expérience, dans les rangs du PCF.

C’est aussi pour cela que les fuites en avant déclaratives se sont enfilées comme autant de « perles » : « Je ne participerais qu’à un gouvernement que je dirigerais », « Nos deux programmes sont incompatibles » « Nous serons au pouvoir dans dix ans » « Il ne faut pas que le PS ait la majorité absolue à l’Assemblée », « Front contre Front »… et Hénin-Beaumont.

Avec 11,1 % des voix, « place au peuple » ! Il a tranché, le peuple. Provisoirement, pas si bien qu’espéré, certes, mais c’est ainsi. La bonne politique ne se base pas sur des pronostics mais sur la réalité et se propose de la faire évoluer. Prétendre ne participer à un gouvernement qu’à condition de le diriger, ce n’est pas seulement insolent, sectaire, mais farfelu : dans dix ans ? Pourquoi dix ans ? En attendant cette fantaisie politique, les urgences sociales continuent et la lutte quotidienne veut des réponses. Que le PS n’ait pas la majorité absolue ? Bien mais c’est un mot d’ordre dangereux parce que cela va être aussi l’objectif de l’UMP. Pire cela va être l’objectif des sociaux libéraux qui veulent un gouvernement PS-Modem. Alors proposer » une minorité de blocage » du Front de gauche ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Bloquer sans participer ? Soutenir sans participer ? Choisir au coup par coup ? Cette dernière tactique semble difficile vue la façon dont fonctionnent les institutions de la Ve république : il faudra un président vraiment « normal » pour le supporter. Mais admettons : est ce que le coup à coup sera compréhensible par les millions d’électeurs de la gauche ? Rien n’est moins sûr. La position « en embuscade » : « s’ils échouent nous serons là », est sûrement la pire de toutes. Si le PS échoue toute la gauche échouera. A attendre son heure on attend sa tombe.

Car les « bons jours » des « bons votes » il y aura des doutes : n’est-ce pas opportuniste de voter tel compromis ? Et les « mauvais jours » ceux des « votes de refus » ? Cela vaut-il la chandelle de mettre le gouvernement en minorité en mêlant nos voix avec la droite ? On « jure de ne jamais voter avec la droite » ? Bien, mais parfois l’abstention peut suffire.

On connaît par avance ce genre de dilemme peu lisible, et l’on sait qu’il ne vaut pas une stratégie claire :  se battre pour l’unité, rechercher un accord de bonne foi sur ce qui rassemble le plus (proposer 35 60 1700 20 sans ultimatisme) et expliquer au fur et à mesure ce qui se passe au peuple de gauche… Si le PCF a perdu entre 1971 et 1986 face au PS, ce n’est pas, comme certains le croient, parce qu’il s’est allié au PS mais parce qu’il a zigzagué dans sa politique d’alliance. Allié dans le programme commun en 1971, rompu avec le programme commun en 1977, participé au gouvernement en 1981-1983, quitté le gouvernement en 1983, revenu en 1997, etc…  La bonne stratégie est une bataille durable pour l’unité de toute la gauche. Car l’unité minorise automatiquement les sociaux libéraux. L’unité ne peut pas se faire sur un programme social libéral. L’unité ne peut se faire QUE sur un programme au cœur de la gauche. Et c’est le bon programme qui sort forcément d’une bonne et durable stratégie unitaire : il n’en est pas le préalable, il en est la résultante !

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« Des années, des années de blessures, de brûlures » On va réparer, reconstruire !

Quelle délivrance, quel bonheur ! Un sentiment de libération, de soulagement s’est répandu depuis l’annonce de la victoire de François Hollande le dimanche 6 mai, à 20 h. La liesse populaire massive a suivi la défaite du détesté président sortant. « On l’a viré » « On a gagné »

Les 5 ans de la présidence Sarkozy ont été très mal vécus par une majorité de Français, surtout parmi les salariés, ceux qui produisent les richesses de ce pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Ce furent 5 années de recul social obstiné, thatchérien, une rude politique néo-libérale intégriste, qui nous laisse avec 5 millions de chômeurs, 3 millions de précaires, 3 millions de temps partiels, 8 millions de pauvres, un Smic bloqué depuis 5 ans, un milliard d’heures supplémentaires impayées, un salaire médian bloqué à 1580 euros, des retraites à 67 ans de niveau plus bas de 20 à 40 %, 1700 milliards de dettes, un recul de tous nos services publics, de nos hôpitaux, de nos écoles, avec des inégalités accrues à l’avantage des riches rentiers.

Il y a une urgence sociale, une terrible envie de changement maintenant. Elle s’est manifestée dés hier soir à la Bastille. Quel beau rassemblement populaire, unitaire, de toute la gauche ! Il y avait encore plus de monde que le 10 mai 1981, une foule innombrable que la grande place ne parvenait pas à contenir, débordant dans toutes les rues adjacentes, ça bougeait sans arrêt, avec une puissante houle fraternelle, enthousiaste, une population colorée, mélangée, avec énormément de banlieusards, des dizaines de milliers de jeunes, des slogans chauds, exigeants jusqu’à l’immense ovation, dans la nuit, pour François Hollande venu  prendre la parole en personne.

C’est seulement la 2e fois en 54 ans qu’un président de gauche réussit à être élu dans ce type de scrutin difficile, antidémocratique, parce qu’hyper personnalisé, biaisé, binaire. François Hollande a effectué un parcours délicat sans faille sur une ligne de crête, située à gauche, et il y a conquis une autorité au service du changement qu’attend la nouvelle majorité. Une autorité pour « dominer les marchés », une autorité pour « renégocier le traité Merkel », une autorité « pour que la BCE prête directement aux états », une autorité pour relancer l’économie et commencer à redistribuer les richesses, une autorité pour changer le mode de gouvernance et le démocratiser. Sa victoire est un point d’inflexion en Europe contre l’austérité, la dictature des banques, pour une ré orientation sociale de l’Union.

Maintenant, les cartes sont redistribuées, les portes sont grandes ouvertes, il y a un champ considérable à investir. Les exigences sont grandes, mais elles doivent être constructives, orientées vers le souci de la réussite. L’heure n’est pas aux doutes, encore moins à se placer en embuscade, l’heure est à l’engagement unitaire et déterminé de toute la gauche, pour pousser le plus loin possible l’élan de la victoire. Les grandes questions sociales, salaires, emploi, retraites, droit du travail, santé, école, logement, vont être, encore et comme toujours, les questions centrales pour des dizaines de millions de nos concitoyens remobilisés.

Mais d’abord gagner une majorité de gauche au parlement les 10 et 17 juin prochains !

Grèce : l’heure du bilan. Le fait marquant est la poussée de la gauche !

Les médias insistent beaucoup sur la montée de l’extrême droite aux élections législatives du 6 mai en Grèce. Mais c’est la poussée à gauche qui est le fait marquant.

Certes, la montée de l’organisation néo-nazie « Aube dorée » a de quoi inquiéter. Mais le total des voix d’extrême droite n’est pas passé de 0,29 % en 2009 à 6,97 % en 2012. En 2009, le total des voix d’extrême droite s’élevait à 5,92 % des suffrages (5,63 % pour le LAOS + 0,29 % pour « Aube dorée »). En 2012, il s’élève à 9,87 (6,97 % pour « Aube dorée » + 2.90 % pour le LAOS qui n’atteint pas 3 % et n’est donc pas représenté au Parlement). L’extrême droite multiplie son score par 1,7 (ce qui est déjà beaucoup trop) et non par 24 comme le suggèrent les principaux médias.

Le LAOS avait approuvé le « mémorandum » (le plan de destruction sociale imposé par la Troïka) : la moitié de son électorat est donc parti vers « Aube dorée ». Un glissement des nostalgiques de la dictature des colonels vers une organisation ouvertement nazie.

Il faut ajouter à ce panorama de la droite de la droite les 10,60 % de voix (33 sièges) obtenus par la formation « Grecs indépendants », une scission de droite du principal parti de droit grec, Nouvelle Démocratie.

Si les principaux médias mettent l’accent sur la montée de l’organisation néo-nazie, c’est pour ne pas mettre en évidence les trois éléments essentiels de ce scrutin.

Premier élément : la montée de l’abstention

En 2009, l’abstention s’élevait à 29,08 des électeurs inscrits quand le Pasok de Papandréou avait été élu contre la « démocratie nouvelle » de Caramanlis. En 2010, elle avait atteint 70,92 % aux municipales de 2010 quand le Pasok avait capitulé devant les exigences des banques, de la troïka, de Merkozy… . En 2012, elle atteint 34,87 %. Ce qui indique que, malgré la crise aigue que traverse la Grèce, un recul important de l’idée que la politique puisse changer la réalité.

Il est évident que le PASOK (Parti socialiste grec), qui était majoritaire au Parlement et dont le leader Georges Papandréou dirigeait le gouvernement grec jusqu’à ce que la Finance le chasse et le remplace par Lucas Papadémos, porte une très lourde responsabilité dans ce désarroi d’une partie de l’électorat grec.

Deuxième élément : la déroute des partis qui avaient accepté le « mémorandum », le diktat de la troïka UE/BCE/FMI

Le PASOK qui recueillait 43,92 % des suffrages en 2009 n’en obtient plus que 13,67 % en 2012. Il perd 30, 25 % de ses voix. Il ne détient plus que 41 sièges au Parlement, au lieu de 160. Une déroute complète.

La Nouvelle Démocratie (droite) qui atteignait 33,48 % des suffrages en 2009, plafonne à 18,87 % en 2012. Elle perd 14,51 % de ses voix. Une déroute limitée par l’attribution de 50 sièges supplémentaires au Parlement grec au parti arrivé en tête.

Les partis favorables au « mémorandum » signé avec la troïka par ne recueillent plus que 32,54 % des voix en 2012. Ces deux partis représentaient 77,4 % des voix en 2009. Une perte totale de 45 %.

Malgré la prime de 50 sièges supplémentaires, la Nouvelle Démocratie et la PASOK ne disposent que de 149 sièges au Parlement. Or, le Parlement compte 300 députés et il faut 151 députés pour obtenir la majorité. Il manque donc deux sièges aux deux partis favorables au mémorandum pour atteindre la majorité des députés (151 sur un total de 300).

La Grèce paraît être aujourd’hui un pays « ingouvernable », ce qui affole la Finance, les banques et les marchés boursiers.

Troisième élément : la montée de SYRIZA

SYRIZA est un parti à la gauche du PASOK qui s’oppose à la signature du mémorandum et veut qu’une partie de la dette grecque soit annulée. En 2009, il atteignait 4,60 % des voix. En 2012, 16,77 %. Il devient le 2e parti et gagne 12,17 % de voix.

SYRIZA est un parti proche du Front de Gauche Français, à une différence près, essentielle en l’occurrence : le parti communiste grec, le KKE n’en fait pas partie. Les conséquences de cette absence du KKE ne sont pas sans importance.

Le total des voix de SYRIZA et du KKE (8,67 %) atteint 25,44 % des suffrages et 78 sièges. S’ils avaient présenté une formation commune, elle aurait été la première formation grecque (loin devant Nouvelle Démocratie) et aurait obtenu la prime de 50 sièges supplémentaires réservée à la formation arrivée en tête.

Avec 128 sièges, ils n’auraient pas atteint la majorité, mais ils auraient pu passer un accord avec la Gauche démocratique (19 sièges) qui veut renégocier le mémorandum et, peut-être, réussi à faire bouger les députés du PASOK qui doivent sans doute commencer à comprendre combien leur orientation est suicidaire, pour eux-mêmes, leur parti, la gauche grecque et même la démocratie grecque.

 

Partis représentés au Parlement % de voix Nombre de sièges
Aube dorée 6,97 % 21
Grecs indépendants 10,60 % 33
Nouvelle Démocratie 18,87 % 108 (58 + 50)
PASOK 13,19 % 41
Gauche démocratique 6,10 % 19
Syriza 16,76 % 52
KKE 8,47 % 26

 

Le prix payé par le Pasok s’ajoute aux prix payés par les socialistes espagnols et portugais.

Qui trahit son peuple et capitule devant les exigences des intégristes néo-libéraux, qui accepte l’austérité imposée par les requins des marchés et des banques, est sanctionné par son peuple.

 

Papandréou n’a pas envisagé de résister et de défendre son peuple, il a même essayé de « profiter » de la crise pour liquider nombre de droits sociaux, sans oser s’en prendre à l’oligarchie qui, elle, était coupable de tout ce qui arrivait. Il a connu une forte résistance dans le Pasok, mais celle-ci après avoir rassemblé jusqu’à 60 députés, s’est usé, puis divisée : lorsque Papandréou a annoncé le « referendum » qu’il avait promis, lorsque Sarkozy et Merkel ont imposé le 9° plan de destruction social de la Grèce, il n’y a eu que 21 députés Pasok qui ont résisté. Ils ont été exclus par Papandréou qui été écarté à son tour, par Papedemos, puis par Venizelos ! C’est une tragique déroute qui doit servir de leçon. Car cela arrivera inéluctablement à tout autre parti membre du Parti Socialiste Européen (PSE) qui prendra la même voix. À quoi ça sert d’être socialiste, de gauche, de gagner les élections, de promettre le changement si c’est pour exécuter les volontés de Merkel, de la BCE, du FMI ?

 

Voilà la leçon grecque. Ce n’est pas la montée d’un groupuscule nazi délirant, mais la poussée à gauche qui est le fait marquant. 44,52 % des voix c’est le total des voix des partis qui se réclament de la gauche. Mais le Pasok qui n’a rien compris se propose d’essayer de gouverner… avec la droite et continuer la destruction sociale du pays aux ordres de la troïka. On a aussi un exemple d’une autre gauche qui pourrait diriger si elle s’unissait, car elle dispose de 31, 33 % des voix et serait de loin le principal parti. Le refus de l’austérité, le refus de capituler devant les requins des banques et des marchés vont de pair avec l’exigence de l’unité de la gauche, là-bas comme partout en Europe.

 

 

 

Jean-Jacques Chavigné, Gérard Filoche

 

 

Rien n’est joué, pas de risque, pas une voix ne doit manquer à François Hollande le 6 mai !

Certains pensent que Sarkozy « tord » sa campagne du côté droitier pour séduire, sur leur terrain, les électeurs du Front national. Non, Sarkozy est « nature », il est très à droite et n’a pas changé depuis qu’il manifestait, étudiant à Nanterre, sous les banderoles du syndicat d’extrême-droite « UNI », proclamant « A bas la grève ».

C’est bien lui qui préfère les curés aux instituteurs. C’est bien lui qui a dit que son modèle était Margaret Thatcher, l’odieuse admiratrice de Pinochet. C’est bien lui, qui à l’émission de télé « Ripostes », le 10 décembre 2006, ne trouvait rien à dire en apprenant la mort de Pinochet.

Sa réélection serait une catastrophe pour la France, une joie pour les riches banquiers, un deuil terrible pour les salariés.

Mesurons tout ce que nous risquerions de perdre s’il était réélu : tout ce qui reste du Conseil national de la résistance, Sécu, retraite, comités d’entreprise… Il s’attaquerait à notre 5ème semaine de congés payés, à nos dimanches, à la durée du travail, au Smic comme l’exige Parisot. Il s’attaquerait au droit de grève, au droit syndical. Il reculerait encore l’âge légal de la retraite. Il « flexibiliserait » le droit du travail en retirant toute entrave aux licenciements, comme son homologue de droite Mariano Rajoy en Espagne.

Les cliniques privées et les écoles privées deviendraient un refuge forcé après la liquidation des hôpitaux publics et de l’école de la République. Il s’attaquerait à la SNCF pour la démanteler, comme EDF. Les derniers services publics seraient bradés avec La Poste.

Il nous engagerait sans coup férir dans n’importe quelle guerre avec l’Iran. Les affaires comme Karachi, Bettencourt, Takkiedine, Kadhafi se multiplieraient. Le clan du Fouquet’s régnerait encore plus ostensiblement. La dictature des banques, de la rente, du CAC 40 s’épanouirait.

La chasse aux étrangers, la xénophobie, le racisme gagneraient du terrain. L’UMP est blanc-bonnet et bonnet-bi avec le FN. La victoire de Sarkozy serait une telle défaite, un tel recul qu’elle découragerait les luttes. Les meilleures traditions de gauche du XXe siècle seraient en péril.

On peine à imaginer pareil coup contre notre pays. Sarkozy a déjà été, pendant 5 ans, le pire président de la Ve République, le plus antisocial, il a atteint le record du chômage, des inégalités, de la précarité au travail. Il a bloqué les salaires, augmenté les déficits et la dette, cajolé la rente.

Un « quitus » et un deuxième mandat lui permettraient tout. Avec la misère dans les banlieues et les campagnes, la désindustrialisation, le recul de tous les services de l’Etat, l’abandon des exclus, des vieux, la jeunesse plongée dans le chômage et l’incertitude professionnelle, Sarkozy est le vrai, le pire des dangers politiques opposé à une société humaine, juste, fraternelle, égale, et libre.

Ne laissez pas une voix se perdre, pas une hésitation, pas une absence, pas une négligence, ne croyez pas les sondages sur parole, rien n’est joué jusqu’à dimanche 6 mai à 20 h. Les derniers jours, les dernières heures sont toujours décisives, gagnez voix par voix, argument par argument, pour le chasser.

François Hollande a mené la campagne à gauche de bout en bout. Il qui annonce un gouvernement de gauche et la lutte contre la finance. Pas besoin de partager tout ce qu’il dit ou qu’il ne dit pas : « avec la gauche, on n’a pas tout ce qu’on veut, avec la droite, on a tout ce qu’on ne veut pas ». Il n’y a pas photo. Le 6 mai sera jour de désespoir ou de liesse pour le peuple de gauche, cela dépend de vous, de votre action, de votre choix. Votez François Hollande, votez à gauche, votez pour le changement maintenant.

 

50 motifs pour voter  François Hollande le 6 mai :

François Hollande a annoncé :

Qu’il fallait réorienter l’Europe.
Que le rôle et les missions de la BCE devront être revus.
Que la BCE devrait prêter aux états directement.
Qu’il est contre le traité budgétaire de Merkel et Sarkozy en l’état.
Qu’il fallait tourner la page de l’actuelle Europe.
Que le 5e risque dépendance relèvera de la sécurité sociale.
Que la tarification des soins sera réformée afin de mettre fin à la compétition entre l’hôpital public et les cliniques privées.
Que les dépassements d’honoraires des médecins seront encadrés.
Que les entreprises pourront être rachetées par la loi aux patrons qui voudraient les brader alors qu’elles sont encore profitables.
Que celles qui délocaliseraient seront obligées de rembourser les aides publiques.
Que les banques seront séparées entre dépôt et investissement.
Que les frais bancaires seront limités.
Que les acquisitions d’entreprises avec effet de levier (LBO) et autres pratiques boursières dérégulées seront interdites,
Que la finance sera asservie et non plus dominante.
Qu’une taxe sur les transactions type Tobin sera mise en œuvre,
Que la retraite à 60 ans sera rediscutée avec les syndicats,
Que les cotisations sociales pour la retraite seront augmentées de 0,5 %,
Que la RGPP (révision générale des politiques publiques) sera stoppée,
Qu’il y aura 60 000 postes en plus dans l’Education nationale.
Que la prime de rentrée scolaire sera augmentée de 25 %.
Qu’il y aura des tarifs progressifs pour le gaz, l’électricité et l’eau.
Que les loyers seront encadrés.
Que la loi SRU sera plus vigoureusement appliquée avec des sanctions multipliées par 5.
Que les jeunes adultes en formation auront une allocation autonomie.
Qu’il y aura 150 000 emplois jeunes.
Que les salaires seront discutés avec les syndicats.
Que le Smic sera préservé et augmenté dès juillet.
Que la loi Tepa, visant à casser l’emploi et le pouvoir d’achat, sera abrogée.
Que la hausse de 1,6 point de la TVA, la TVA sarkozyste, sera abrogée.
Qu’il y aura une grande réforme fiscale de l’impôt direct et progressif, avec une nouvelle tranche à 45 % et une autre à 75 %.
Que l’ISF sera augmenté.
Que le prix de l’essence bloqué pendant 3 mois et la TIPP flottante (taxe intérieure sur les produits pétroliers) restaurée.
Que le revenu du capital sera imposé comme celui du travail,
Qu’une transition énergétique sera mise en œuvre, pour sortir progressivement du nucléaire.
Que les impôts sur les sociétés seront revus en proportion de leur taille, pour TPE, PME et CAC 40.
Que les pactes de compétitivité, dérogatoires à la loi, seront supprimés.
Qu’il y aurait égalité professionnelle et salariale femmes/hommes

Que le mariage homosexuel sera autorisé et donnera droit à l’adoption.
Que l’avortement sera remboursé à 100 %.
Que toute nouvelle loi comportera un volet handicap.
Qu’il y aura respect du parlement et un président normal puis une révision constitutionnelle d’ensemble.
Que le non cumul des mandats sera imposé aux parlementaires,
Que la laïcité sera respectée.
Que les dirigeants des médias publics seront à nouveau nommés par une commission indépendante.
Que la réforme des collectivités territoriales de Sarkozy sera abrogée.
Que les troupes seront rapatriées de Kaboul avant fin décembre 2012.
Que le droit de vote sera accordé aux étrangers aux élections municipales.
Que l’indépendance de la justice sera garantie.
Qu’une police de proximité sera rétablie.
Qu’il fera un gouvernement de gauche, avec un Premier ministre socialiste, pas d’ouverture à droite…

Autant de motifs pour mettre le bulletin de vote « François Hollande » dans l’urne !

1er mai , le « vrai » travail comment on y meurt

L’homme avait cinquante-sept ans. On n’est « pas fichu à 57 ans ». Trop facile de dire qu’il était « gros » ou qu’il « fumait » et se laissait aller au détriment de sa santé. À faire le cuistot 14 h par jour depuis 14 ans au fond d‘une pizzeria du IVe arrondissement de Paris, pour un salaire de misère, il est difficile d’entretenir sa forme. On n’a pas le temps d’aller faire du sport sur les « green », on mange, on boit, on fume comme on peut, pour tenir le coup. La chaleur du four est permanente, les postures de travail sont usantes, ça manque d’aération, d’espace. Le seul « horizon » est celui du guichet où l’on pose les plats et en se tordant le cou on peut voir un peu de la salle du restaurant. Il y a des coups de feu stressants quand tous les clients arrivent en même temps, puis des temps d’attente où l’on ne se repose même pas.

Alors quand René a eu une barre qui lui a fait mal à la poitrine, il n’y a d’abord pas prêté attention. C’est parce que la douleur augmentait qu’il a fini par s’inquiéter. Il a attendu évidemment que le gros du repas du midi soit passé, pour téléphoner, essayer de prendre rendez-vous, mais comme vous le savez, il y a de moins en moins de disponibilité chez les docteurs. Ne parlons pas du médecin du travail, il n’en connaissait pas. Le généraliste qui l’a reçu lui a dit de ne plus fumer, de moins manger, de se reposer : ça lui a fait une belle jambe à René. Il lui a été conseillé de prendre rendez-vous à l’hôpital, ce qui s’est révélé encore plus difficile. Finalement comme sa douleur au poumon ne passait pas, il est allé aux urgences, et on lui a fait une radio puis un scanner, ça a pris cinq heures, tout ça. Mais il en est sorti rassuré, René.

Il est revenu à la pizzeria, tout fier en montrant ses clichés : « - Je leur ai dit, j’ai mal, là, au poumon, ils ont regardé, et je n’ai rien, je n’ai rien ». Il ne s’est pas reposé, René. Pas eu le temps. Le patron trouvait déjà que son absence avait trop duré. Et ce soir-là, il y avait une énorme clientèle. Les pizzas, les pâtes partaient, le chiffre d’affaires explosait. Son cœur aussi a explosé, car c’était son cœur et pas ses poumons qui étaient en cause. À l’hôpital, ils n’avaient pas cherché au-delà. Pas le temps. Pas le personnel. Son travail de cuistot l’avait donc repris. À un rythme accéléré. Il s’est effondré tard le soir, d’un infarctus massif,  au milieu de la cuisine, des farines, des jambons, des ustensiles entraînés dans sa chute, alors qu’il se débattait encore contre la mort.

Après le départ des pompiers qui ont enlevé le corps, le patron n’a pas eu l’idée de déclarer un accident du travail. Bah, non il était cardiaque et ça ne se savait pas, c’est tout. Quel lien avec les durées et les conditions de travail ?

Il n’existe pas d’étude sérieuse, de dépistage, de prévention, sur les rapports entre les AVC et le travail. 150 000 crises cardiaques par an et 100 000 accidents vasculaires : entre un tiers et la moitié sont liés au boulot. Au « vrai » travail.

Pourquoi Laurent Joffrin propose un « Gouvernement de Bayrou à Poutou sans exclusive » ?

François Hollande dimanche 29 avril à Bercy:

1°)« que la BCE puisse faire des prêts directement aux états ». 22 ans après voilà enfin Maastricht remis en cause

2°) pour un gouvernement de la gauche, EELV PS FdG !

Laurent Joffrin milite déjà contre :

Le directeur du Nouvel Observateur termine son éditorial de la semaine du 1er tour en recommandant un « gouvernement de Bayrou à Poutou sans exclusive  » (sic). On peut être ému de cette sollicitation qui vise à rassembler la gauche, mais pourquoi y mêler la droite ?

 

La droite de Bayrou est pour la stupide règle d’or… Pas François Hollande qui la refuse (Jacques Delors souligne même que la « règle d’or » est un « piège à cons »)

Bayrou appelle in extremis à titre personnel à « voter Hollande ». Hollande répond que cela ne change pas sa majorité présidentielle. Valls lui-même précise même que Bayrou ne participera pas au gouvernement. JL Mélenchon qui avait affirmé que « le PS allait au modem comme la rivière allait à la mer » s’est donc trompé. Tant mieux pour la gauche toute entière. L’unité à gauche est donc à saisir.

Le Nouvel Observateur publie  un appel de 13 personnalités (F. Bredin, JN Jeanneney, M. Wievorka, B. Stora, H. Leclerc, JP Mignard, Michel Broué, L. Joinet, M. Ozouf…) demandant «  qu’une vaste coalition se forme ».. « Qu’importe s’ils viennent de la gauche radicale, de la social-démocratie, de l’écologie, du courant démocrate ou du gaullisme social. Et tant mieux s’ils viennent d’un arc le plus large, du Front de gauche au MoDem… »

Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional d’Ile-de-France, et Bernard Brun, ancien collaborateur de Raymond Barre, en appellent aussi aux électeurs centristes pour « la mobilisation du plus grand nombre » autour de François Hollande. Ceci « pour aider le pays à affronter une phase nouvelle et difficile de son histoire, à la manière du Conseil national de la résistance, ou dans l’esprit qui avait animé « La France unie » en 1988, c’est-à-dire quand la gauche rassemble ou participe à un rassemblement qui la transcende

Laurent Joffrin ne se fait pas aucune illusion sur le fait que Philippe Poutou participe. Joffrin sait que le FdG ferait immédiatement un point de clivage de la participation de la droite Modem. En proposant un gouvernement de « large alliance » , il propose donc, mais de façon perverse, un gouvernement PS-Modem plutôt qu’un gouvernement de toute la gauche.

Pourquoi Joffrin d’habitude plus direct a t il besoin de ce détour, de proposer Poutou, pour faire accepter Bayrou ?

Parce que, ce faisant, il s’oppose à François Hollande lui-même : celui-ci avait assuré la veille sur RMC et BFMTV qu’il « gouvernerait à gauche », « qu’il n’y aura pas d’ouverture » et que son Premier ministre « sera socialiste » s’il est élu le 6 mai.

« Pour que je devienne le prochain président, il convient que des électeurs qui ont pu se tromper en votant Nicolas Sarkozy la dernière fois fasse un autre choix cette fois-ci, et moi je ne repousse personne », a déclaré M. Hollande. « En revanche, je suis socialiste, je suis de gauche et je gouvernerai avec la gauche, il n’y aura pas d’ouverture. Mon Premier ministre sera socialiste c’est clair, je dis tout, je ne cache rien », a-il ajouté. « Le lendemain de l’élection présidentielle, si je suis élu, il y aura 48, 49% des Français qui n’auront pas voté pour moi, je ne vais pas leur jeter un sort ni les montrer du doigt, leur dire que je les stigmatise. Non, je les associerai aussi non pas par un gouvernement, mais je les associerai aussi à la reconstruction, au redressement du pays », a expliqué le candidat socialiste. Interrogé sur la possibilité que François Bayrou accepte de devenir le Premier ministre de Nicolas Sarkozy si ce dernier était réélu, M. Hollande a répondu : « - Je n’en sais rien ça le regarde et s’il le fait je ne le jugerai pas mal. Ça veut dire qu’il se sera retrouvé dans la démarche, les idées, les propositions de Nicolas Sarkozy, c’est son problème ».

Joffrin et les milieux où il baigne n’aiment décidément pas cela, alors ils commencent à leur façon ouatée une campagne contre un gouvernement de gauche. Ils ont tous noté que le soir du 1er tour, François Hollande n’avait salué que deux personnes, Eva Joly et Jean Luc Mélenchon, sur le même plan. Il a noté que François Hollande soulignait avoir « un point commun » avec le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon : « Le refus du traité Européen sur les disciplines budgétaires tel qu’il a été signé en mars ».

Le 29 avril François Hollande va plus loin : observant que la simple annonce de sa victoire fait bouger les liens dans toute l’Europe, il appelle au meeting de Bercy à ce « que la BCE puisse faire des prêts directement aux états ».

« On peut regarder ce qui nous sépare, on peut regarder ce qui nous rapproche. J’ai été dans le même parti que Jean-Luc Mélenchon donc il y avait beaucoup de choses qui nous unissaient » ajoutait M. Hollande sur RMC et BFMTV. Ils noteront sûrement qu’à Bercy, dimanche 29 avril, François Hollande a dit « merci » à « Eva Joly et à Jean-Luc Mélenchon ». François Hollande, même entre les deux tours, ne cesse de répéter : «  – Je suis socialiste, je suis de gauche, je ne veux tromper personne ». Et à la télévision jeudi 26 avril devant 6 millions de téléspectateurs François Hollande a répété que le gouvernement était naturellement ouvert à Jean-Luc Mélenchon mais qu’il ne voulait forcer personne, que ce serait « sa liberté ». Le gouvernement qui sera nommé le 15 mai devrait donc être socialiste même si ça déplait aux partisans de l’ouverture au « centre ».

Mais qu’en sera t il après le 17 juin ? Selon le résultat des législatives, la majorité peut avoir différentes configurations.

Les Verts sont prêts à participer et il y a un accord entre PS et EELV pour les circonscriptions et le vote.

C’est plus complexe du côté du Front de gauche et de Jean-Luc Mélenchon. Le Fdg a proposé une négociation pour étudier les cas des circonscriptions où le risque de triangulaires pouvait écarter la gauche du 2e tour et lui imposer un choix entre deux candidats UMP ou FN. Ce risque peut être plus ou moins important et nécessite en effet, une négociation sérieuse et si possible un accord.

En fait les trois principales forces de gauche EELV, PS et FdG ont intérêt à s’entendre aux législatives.

Pareille entente exige respect et reconnaissance mutuelle entre partis de gauche. Avec les Verts, ça va. Mais une partie de la base du Parti de gauche qui  nie que le PS soit « de gauche » ou vote le 6 mai « en se pinçant le nez » devra y réfléchir à deux fois et s’engager dans une voie unitaire. Quand Mélenchon a appelé dès le 22 avril à voter  Hollande pour battre Sarkozy « comme si vous votiez pour moi », cela semblait signifier la priorité du combat gauche droite incluant le PS.

Mais JL Mélenchon a solennellement répété qu’il « ne participerait qu’à un gouvernement qu’il dirigerait » (sic). Puis, en dépit d’un résultat à 11,1 % des voix,  il a affirmé qu’il « serait au pouvoir avant 10 ans » (sic). Et il refuse d’ici là d’être ministre, de participer au gouvernement de François Hollande. C’est un positionnement qu’on appellera « en embuscade », le PG attend donc son heure. Il laisse entendre que le PS et Hollande échoueront et qu’alors viendra son heure.

Ce qui ne semble pas forcément le point de vue du PCF : pour le 18 juin, ce dernier pourrait examiner avec plus d’ouverture la composition du gouvernement en lien avec une discussion et un accord politique propres à la nouvelle majorité parlementaire. Il y a place pour une certaine latitude entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire : entre les 60 propositions de François Hollande du 6 mai et un accord de gouvernement selon les résultats des votes des 10 et 17 juin.

Par exemple, si le PCF proposait 35 60 1700 20 et que les syndicats ramaient aussi dans ce sens, Hollande qui a annoncé des négociations ouvertes sur les salaires et les 60 ans, pourrait entendre.

Mais cela se complique en ce que JL Mélenchon a déclaré que c’est à l’Assemblée que le FdG se battrait et surtout  que, pour cela, il souhaitait que le PS n’ait pas la majorité à l’Assemblée à lui tout seul !  Difficile de souhaiter cela… et ne pas vouloir ensuite prendre ses responsabilités pour qu’une majorité et un gouvernement de gauche existent quand même.

Admettons que son souhait soit exaucé : si le PS n’a pas la majorité absolue, il lui faudra nouer un accord. Si les députés Verts suffisent en nombre, il y aura un accord avec eux seuls. Si ce n’est pas le cas, il faudra un accord plus large. Dans ce cas, le choix sera clair : soit alliance avec les députés du Front de gauche, soit, et Laurent Joffrin milite donc déjà pour cela, un « arc plus large d’alliance » avec le « courant démocrate ou du gaullisme social » (sic).

Il vaut mieux, dans l’intérêt de la gauche et de la politique qui sera concrètement suivie un gouvernement de toute la gauche. Sans le Modem ou un autre élément de droite qui tirerait dans le mauvais sens.

Voilà pourquoi il est cohérent de militer pour un gouvernement PS-EELV-FdG  c’est-à-dire, pour résumer auprès des dizaines de millions d’électeurs, un gouvernement Hollande, Mélenchon, Joly.

Ne pas y participer pour garder les mains propres, c’est ne pas se servir de ses mains  et laisser d’autres amener leurs mains sales.

Impossible de souhaiter « je ne veux pas que le PS soit majoritaire à l’Assemblée » et affirmer « s’il est minoritaire je ne l’aiderais pas à avoir une majorité ».

Impossible aussi de dire : « de toute façon ils vont échouer et j’attends mon heure ». Si le PS perd, toute la gauche perdra avec lui. Ce ne sera pas l’heure du reste de la gauche mais du retour de la droite. Qui attend ainsi son heure sans agir, creuse sa tombe. À ne pas peser pour gagner ensemble, on perd sans avoir pesé : aucun électeur n’en sera reconnaissant ensuite.

Ça s’est toujours passé ainsi. Rien de grand ne se fait sans l’unité de toute la gauche. Il faut réussir cette unité EELV-PS-FdG ou renoncer à gagner.

Le 6 mai, cela peut être la 2e fois qu’un président de gauche sera élu en 54 ans. La gauche sera dans des circonstances exceptionnelles, elle n’a pas le contrôle de l’économie, mais elle détiendra toutes les institutions, la Présidence, le Sénat, l’Assemblée, les régions, les départements, les villes. La victoire de François Hollande est un point d’inflexion pour toute l’Europe : les peuples y voient déjà un signe pour se soulever contre la dictature de la finance et de leurs valets néolibéraux. Ça pousse fort en ce sens, peut être plus fort et plus vite que prévu.

Mais il ne faut pas rater le coche : c’est François Hollande qui vient d’offrir l’unité de la gauche avec obstination, les sociaux libéraux essaient donc déjà de l’en dissuader. Ils y opposent un forme d’unité nationale… Refuser cette main tendue, ne pas saisir le frémissement qu’il y a en Europe  pour faire basculer contre le traité budgétaire, n’est pas de bonne politique. Merkel sera sur la sellette après la défaite de Sarkozy, il faut aider à faire son siége, ne pas déserter ni attendre.

Gouvernement sans exclusive de toute la gauche, EELV, PS, FdG et Philippe Poutou s’il veut … mais pas Laurent Joffrin !

Gérard Filoche

1er mai : « Vrai » travail, travail « sans statut » ? Relire le discours inouï de Sarkozy devant l’OIT le 15 juin 2009 à Genève

Sarkozy: l’expression « vrai travail » n’était « pas une expression heureuse » Fr2 le jeudi 26 avril 2012

 

 

 

Le 15 juin 2009 Sarkozy demandait au FMI et à la Banque mondiale « quand elles aidaient un pays de lui demander de respecter des règles élémentaires en matière de droit du travail. »

Depuis en Grèce, avec Merkel, le FMI, la BCE,  ils ont fait supprimer jusqu’aux  conventions collectives !

En Europe entière, les Mario Monti et Draghi remettent en cause les codes du travail, comme Sarkozy et Merkel pour « rembourser la dette »… Mais il y a trois ans, devant l’OIT Sarkozy expliquait exactement le contraire.

Sarkozy qui défend pour le 1er mai,  les travailleurs « sans statut », un moment appelés le « vrai » travail, a tenu le 15 juin 2009 des propos inouïs à lui opposer aujourd’hui… (comme tant d’autres, mais ceux là sont méconnus alors qu’ils atteignent un sommet !)

 

 

Voilà ces déclarations méconnues :

Le 15 juin 2009 à l’OIT, Sarkozy avait osé défendre à Genève un renforcement du rôle de l’Organisation internationale du travail (OIT) avec « pouvoir de sanction » face aux grandes institutions financières telles le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC)

Le 15 juin 2009, à l’OIT, Sarkozy a défendu à Genève  des normes de droit du travail comme devant être obligatoire, « sinon c’est comme une feuille qui s’envole au vent »

Ce jour là, à l’OIT, à Genève, Sarkozy a condamné le « dumping social » alors que même en Europe où il existe pourtant 19 Smic dans 27 Etats, il est opposé  à l’alignement par le haut vers un Smic unique, arme essentielle s’il en est, contre le “dumping social” ? Et alors qu’il a défendu le TCE et imposé sans referendum le traité de Lisbonne qui interdisent toute harmonisation sociale et fiscale ?

Le 15 juin 2009, à l’OIT, à Genève, Sarkozy a défendu de « revoir la surveillance prudentielle des banques, réglementer les hedge funds, les règles comptables, les modes de rémunération… » alors que dans sa campagne électorale de 2007 il défendait les subprimes, les prêts hypothécaires, la déréglementation boursière, les nouvelles règles comptables américaines, les stock options, prétende à l’OIT

Devant l’OIT, Sarkozy y a dénoncé la marchandisation « des activités humaines comme la santé l’éducation, la culture, la bio diversité, le travail » alors qu’il privatise en France les hôpitaux, les écoles, la sécurité sociale, les transports, l’énergie, les communications, la Poste..

A Genève, Sarkozy  dénonçait  la « soumission au droit des affaires des normes sociales et environnementales », alors qu’en France, il œuvrait à dépénaliser le droit des affaires, les abus de biens sociaux, le droit du travail, à casser les prud’hommes…

Devant l’OIT, Sarkozy a condamné ce jour-là, le «  tout pour le capital et rien pour le travail », il a appelé à une forte régulation financière internationale notamment par la taxe Tobin, il a dénoncé de la cohabitation de l’abondance et de la misère.

Sarkozy demandait toujours ce 15 juin 2009  « des droits pour un travail décent » alors que c’est sous sa présidence à la tête de l’Europe qu’il a défendu une semaine de 65 h maxima à la place d’une semaine de 48 h maxima et si cela a été repoussé, c’est par le Parlement européen le 17 décembre 2008 !

Là-bas, à Genève, à l’OIT Sarkozy a plaidé contre toutes les « lois qui vont dans le sens de déréguler le marché du travail »

Le 15 juin 2009,  à l’OIT, Sarkozy critiquait « les pays comme les USA, le Japon, l’Inde ou la Chine, qui ne ratifient pas suffisamment les conventions de l’OIT », alors que lui ne les fait pas respecter en France (comme la convention 81 sur l’inspection du travail, ou celle sur le travail de nuit des femmes…)

Face à l’OIT, Sarkozy défendait des salaires décents alors qu’il bloque le Smic et les minima sociaux en France, que le salaire médian est bloqué à 1450 euros, que, de ce fait les caisses de protection sociale n’ont plus de recettes suffisantes pour faire face à la dégradation des conditions de travail, de vie, de logement.

A Genève, Sarkozy jugeait “chimérique et irresponsable de croire que les peuples subiront sans rien dire les conséquences de la crise”.

Sarkozy prônait à Genève une « révolution dans la gouvernance mondiale pour que les normes qui sont inscrites dans les accords internationaux soient effectivement appliquées” mais elles ne le sont pas en France où un milliard d’heures supplémentaires sont faites par les salariés sans être payées ?  Alors que tous les services de contrôle en France, douane, inspection du travail, concurrence, consommation, santé au travail, sont systématiquement affaiblis et ce, au détriment de la lutte contre les contrefaçons,  pour l’hygiène et la qualité alimentaire, pour combattre les produits fabriqués par les enfants ou des travailleurs sans droits syndicaux dans le monde…

Toujours en cette occasion, Sarkozy prévoyait la continuation de la crise financière et économique, et réclamait de « reconstruire le système financier »

Sinon devant l’OIT Sarkozy s’était écrié : « « Ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence ! »

Enfin, Sarkozy défendait l’idée que, lorsqu’ils « viennent au secours d’un pays », le FMI et la Banque mondiale doivent « lui demander de respecter des règles élémentaires en matière… de droit du travail »(sic)

Comment est ce possible d’atteindre un tel niveau de double langage ? Ce « mec » qui appelle à un Premier mai sur le vrai travail, puis se reprend puis  appelle les travailleurs sans statut à se mobiliser, est un hâbleur, frimeur, capable de dire tout et n’importe quoi… aucune de ses déclarations ne mérite le moindre crédit.

 

 

 

 

PS : L’OIT, 186 pays, est un organisme essentiel, sous estimé, sous employé,  pour tous ceux qui veulent une autre gouvernance mondiale que celle du prétendu et féroce « libre-échange » ou les diktats du FMI et de la Banque mondiale. Avec l’ONU, l’OMS, une OME, l’OIT devrait avoir des pouvoirs d’action capables d’imposer des droits sociaux mondiaux pour les travailleurs, un « travail décent » pour toutes et tous sur cette planète.

« Pour que l’OIT et l’OMC soient deux organismes qui travaillent à parité de façon à rendre le droit du travail constitutif du droit de la concurrence ».

Je n’ai pas souvent eu l’occasion de faire des amendements majoritairement adoptés dans une assemblée de type parlementaire, mais ce fut le cas, en novembre 1999, au Conseil économique et social, à la première réunion à laquelle je participais comme « personnalité qualifiée », dans la section « travail ». C’était dans le cadre d’une demande d’avis de la part du gouvernement Jospin, à l’occasion du sommet de l’OMC à Seattle – lequel fut l’objet ensuite de manifestations de masse qui l’empêchèrent quasiment de se tenir. L’idée était de donner à l’OIT ( un « G183 »)  les mêmes droits de contrôle, de sanction, d’intervention que l’OMC, et de rendre ses conventions aussi incontournables que l’OMC prétendait le faire avec les siennes. GF

 

 

Journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail le 28/04 (FNIC CGT)
Sur le site internet annonçant cette initiative, on peut lire : «Depuis 1996, chaque année, le 28 avril, le mouvement syndical mondial rend hommage aux victimes des accidents et des maladies du travail. C’est en 2003 que le BIT a entrepris d’observer une « Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail », en mettant l’accent sur la prévention des accidents du travail et maladies professionnelles, tirant parti de ce qui fait traditionnellement la force de l’Organisation, à savoir le tripartisme et le dialogue social.»
Derrière cette journée, la réalité vécue au quotidien par des millions de travailleurs est éloquente : 268 millions d’accidents du travail, 1.7 millions de morts, 160 millions de nouveaux cas de maladies professionnelles par an, etc….