Ferrand et les soutiens du Modem battus à La Rochelle

Olivier Ferrand est le porte-parole de Terra Nova, fondation pleine de pognon, sise aux Champs Elysées, soutenue par des grands groupes, il est le « Sarko boy », le « rapporteur général adjoint de la commission grand emprunt », nommé par l’Elysée.

Et c’est lui qui vient prêcher l’alliance PS-Modem dans d’invraisemblables « primaires ».

Il prend le catastrophique exemple italien comme modèle, celui là même qui a fait mourir la gauche italienne et fait gagner Berlusconi. Celui où les leaders de la gauche ont cessé de se dire de gauche, où les socialistes ont cessé d’être socialistes et les communistes cessé d’être communistes, abandonnant un siècle d’histoire et de culture pour concurrencer sur leur terrain les singeries des télés « berlusconiennes ». Comme Valls qui ose dire dans Marianne qu’il ressent le beau mot de socialisme comme celui d’une « prison ».

Il est fort ce Sarkozy de placer un homme à lui pour essayer d’embringuer la gauche dans un pareil système. Appuyé par toute la presse sarkozyste, son terre neuve est présenté comme « le socialiste qui monte », il orchestre la tentative de trahison de la gauche par elle même. Il fait signer un texte pour des « primaires populaires » (pas des primaires de gauche, non… populaires) avec des Jean Peyrelevade, Azzouz Beggag, et autres histrions de droite, où les signataires ont le choix de cocher une case pour indiquer leur appartenance au Modem.

Cela fait partie de l’opération de cet été :

1746 articles pro sarkozystes en trois jours, pour annoncer la “mort” du PS. Une campagne de presse de bourrage de crâne pour faire céder Martine Aubry et qu’elle renonce à la maison commune à gauche.

Avec le “coup” de Marseille où certains ont tenté de faire se renier la gauche en l’alliant avec la droite, en ovationnant la représentante du successeur de Lecanuet, Giscard, Barre … Tous ceux-là voulaient nous fourguer la retraite à 67 ans, présentée benoîtement («  ceux qui voudront travailler 1 ou 2 ans après 65 ans devront pouvoir le faire… » a osé dire de Sarnez applaudie).

Et c’est encore le même Ferrand qui vient essayer, après La Rochelle de ferrer les gogos sur France inter, lundi 31 août.

Mais il est battu à La Rochelle et c’est bien soulageant

A la Rochelle, Martine Aubry a confirmé avec fougue le congrès de Reims : pas d’alliance avec le Modem, alliance à gauche toute ! A Nimes, Cohn-Bendit s’est minorisé parmi les Verts et Cécile Duflot a refusé l’alliance avec le Modem. Marie-Georges Buffet a confirmé le refus de toute alliance avec le Modem et Robert Hue, l’ami soudain de Vincent Peillon, ne représente aucunement le PCF.

Ainsi, ni le PS, ni le PCF, ni les Verts, ni le PG, aucune force de gauche ne veut l’alliance avec le Modem.

Valls, Peillon, Ferrand font chou blanc et c’est bien soulageant.

On a entendu à La Rochelle, le responsable de l’université d’été socialiste, Emmanuel Maurel, défendre les 35 h et la retraite à 60 ans avant qu’il ne soit embrassé publiquement, sur l’estrade, par Martine Aubry défendant une autre « civilisation » que la société sarkozyste du fric et des traders. Oui, car Sarkozy ne prend pas de sanctions contre les banqueroutiers, forcément, ce sont ses meilleurs amis, ceux qui l’ont fait roi, il est le trader en chef à l’Elysée. Martine Aubry a énuméré les luttes de cet été, Nortel, Contis, Chaffoteaux, Heuliez, … et engagé le PS dans leur soutien. Elle a dénoncé la « poll tax », ce nouvel impôt que Sarkozy veut faire payer aux ménages à défaut de le faire payer aux groupes comme Total.

A La Rochelle, on a ré entendu Martine Aubry proposer une « maison commune » à construire, à gauche avec toutes les forces concernées et défendre les salaires, la protection sociale, la redistribution des richesses comme cœur d’un projet d’alternance à gauche. Et ça va mieux dans ce sens pour toute la gauche…

Non à des primaires PS-Modem

Les primaires, c’est comme la langue d’Esope, cela peut-être la pire et la meilleure des choses. Quelle est la base politique ? Quel est leur périmètre ? Quelle organisation ?

L’idée est stimulante s’il s’agit d’unir, de rassembler la gauche derrière un candidat qui fasse consensus sur un programme de transformation social. Dans ce cas-là, plus il y a de votants, plus il y aurait de chances que le candidat soit vraiment à gauche, plus le programme serait avancé, et plus il y aurait de chances qu’il soit en tête dés le premier tour – ce qui serait synonyme de victoire. Il ne faut pas avoir peur des masses de gauche, elles cherchent une issue à gauche, et 52 % des sympathisants du PS estiment eux-mêmes que leur parti n’est pas assez à gauche. (Le 1er décembre 2004 officiellement 42 % des adhérents du PS (en réalité une majorité) avait opté pour le « non » au TCE, mais 59 % de l’électorat socialiste avait voté « non » le 29 mai 2005 : on peut avoir confiance dés que la gauche est mobilisée).

1°) Mais ce qu’une pétition semble proposer  en invitant et en associant le Modem à participer, ce sont des primaires Modem-PS : là c’est honteux, car c’est une manipulation pour associer la droite à la désignation du candidat éventuel de la gauche. Et c’est voué à l’échec d’avance car les militants du parti socialiste n’accepteront fort heureusement jamais de désigner un Bayrou comme candidat. Ils n’accepteront pas non plus que Jean Peyrelevade, ou Azzouz Beggag ministre de Villepin, choisissent leur candidat à leur place. Alors pourquoi les promoteurs de cette initiative appellent-ils le Modem à participer en prévoyant d’ors et déjà une « case » à cocher où ils s’identifient pour participer au vote en tant que tels ? Le Modem n’est pas dans le périmètre de la gauche mais dans celui de la droite.

2°) Le parti de gauche et le NPA ont annoncé qu’ils ne voulaient pas de ces primaires-là. S’il s’agit des primaires Modem-PS manipulées par la grande presse, on les comprend. Mais c’est étrange que ces deux partis qui souhaitent à juste titre rassembler un front de gauche, s’opposent à l’occasion de le faire au travers d’un débat et d’un choix au sein de la gauche !

Qu’ont-ils à craindre ? S’il s’agit d’un choix et d’une consultation organisée en commun par toutes les composantes de la gauche, toutes les garanties démocratiques peuvent être données. Si ce n’était pas le cas, ils pourraient se retirer à tout moment.  Pourquoi ne pas saisir la perche ?  Si toutes les composantes de la gauche participent, une chose est absolument certaine, le candidat ne sera pas « social-libéral », il se situera forcément au cœur de la gauche, sur une ligne acceptable par une large majorité de ses composantes ainsi rassemblées.

C’est facile à comprendre comme mécanisme :  si chacun va à la bataille séparément, les voix les plus à gauche seront séparées des autres et le risque est donc que ce soit un “social-libéral” désigné au sein du seul PS qui se retrouve au deuxième tour.  Ce ne sera pas le cas si chacun accepte de chercher un accord et un candidat commun dés le premier tour.

3°) Reste une dernière hypothèse, celle qu’une partie des socialistes semblent promouvoir  : à partir du moment où les autres composantes de la gauche refusent un débat préalable sur un programme puis un débat sur le candidat commun, alors on revient dans un schéma presque classique : ce qui est proposé est une « primaire » entre candidats socialistes comme en 2007 mais “ouverte”. Est-on sûr que ce soit aussi mobilisateur ? N’est-ce pas plus incertain, plus dangereux ?

Car dans ce cas, l’intérêt est beaucoup plus limité de vouloir faire arbitrer par des non militants (combien ?) entre les multiples candidats qui surgiraient alors. Il y faudrait deux tours, beaucoup de palabres, et ce ne serait pas forcément plus probant ni plus enthousiasmant, que le choix raisonné et mûri d’un parti.

Dans tous les cas, il faut un débat sur le fond avant, ouvert lui aussi, pour ne pas voter sur des têtes sans programme.
Sans ce débat, tout vote serait démagogique. Personnaliser la politique, c’est dépolitiser les personnes.

Ensuite, il faut des garanties extrêmement sérieuses de non-manipulation par la presse et les médias, qui pousseraient n’importe qui à intervenir et à voter : que ce ne soit pas des gens de droite qui viennent arbitrer pour quelques euros et désigner le plus mauvais candidat. L’organisation doit être soigneusement débattu, les garanties démocratiques doivent être maxima, le financement doit être contrôlé.

Gérard Filoche, pour D&S, jeudi 27 août
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Non au « grand emprunt » Sarkozy-Juppé-Rocard-Ferrand – augmenter les recettes par l’impôt et non les dettes par l’emprunt.

Sarkozy refuse  d’augmenter les impôts des riches et des sociétés. Il a décidé au contraire d’emprunter auprès des riches l’argent qu’il ne leur taxe pas, et de le leur garantir remboursable à prix fort avec les impôts des pauvres.

Cela va coûter de 80 à 100 milliards, paraît-il, sans doute plus. Avec de lourds intérêts, soyons-en certains. Sarkozy aime bien soigner ses copains du Fouquet’s, amis banqueroutiers,  auxquels il fait ce cadeau de plus.

Déjà, pour le budget 2010 l’intérêt des ménages est menacé par la « poll tax » carbone qui va les frapper davantage que les riches sociétés comme Total.

Sarkozy a créé une commission de 22 membres, pour qu’elle fasse des propositions sur l’usage de ces 100 millions du futur emprunt.

Ne croyez pas que ce soit pour vos retraites, ni votre Sécurité sociale, ni pour les services publics, au contraire, Alain Juppé affirme déjà qu’il ne faut pas que cet argent rentre dans les « circuits traditionnels », donc pas pour le social. Ce sera pour aider les constructeurs des voitures « vertes », les industriels de l’environnement « innovants », la « compétitivité des entreprises », ne croyez pas que ce sera pour les transports en commun ordinaires, pour les écoles ou les hôpitaux vétustes.

Pour faire ce sale boulot, Sarkozy appelle encore Rocard, inusable inventeur de projets droitiers, aux côtés de Nicole Notat (présidente de l’agence de notation sociale Vigéo) ou d’Olivier Ferrand, celui de Terra Nova qui lance des pétitions pour des primaires Modem-PS (et qui est même « rapporteur général adjoint »).

Je suis pour augmenter les recettes par l’impôt et non les dettes par l’emprunt.

Je suis pour augmenter les impôts directs et progressifs, au détriment des impôts indirects et proportionnels et pour des investissements dans les services publics au détriment des « cadeaux » aux secteurs privés.

Se saisir de la grippe A pour instaurer un état d’urgence contre le droit du travail ?

Une circulaire de la DGT (direction générale du travail) aux ordres de Xavier Darcos, datée du 3 juillet (n°2009-16) laisse entendre que la pandémie de grippe A (H1N1), selon qu’elle dure une ou plusieurs semaines, qu’elle affecte 25 % ou 40 % des effectifs, pourrait être l’occasion d’un « état d’urgence » dans les entreprises.

On aurait pu croire qu’un tel risque de pandémie serait au contraire l’occasion de faire très attention aux conséquences sur les millions des salariés. Car ce sont eux qui vont subir les risques, les fatigues et souffrances, les perturbations à tous niveaux. Les « plans de continuation d’activité » concoctés pour faire face à la pandémie devraient essentiellement être élaborés par les Comités hygiène sécurité conditions de travail (CHSCT) qui sont les institutions représentatives du personnel spécifiquement destinées à cela. Les aménagements d’horaire, les adaptations de productivité, les ré organisations temporaires du travail devraient viser à faciliter la vie, dans de telles conditions, aux salariés et à leurs familles.

Mais ce n’est pas ce que promeut la circulaire de la DGT. Il n’y est pas question de la santé des salariés, ni de leur protection. Au contraire, elle se situe du seul point de vue de « l’entreprise » donc de l’employeur. Comment assurer la productivité et les marges de profit contre les vents et marées de la pandémie ? Le ministère appelle cela «  éviter un mode de fonctionnement dégradé de la société ». Alors il formule essentiellement des préconisations pour permettre aux employeurs de jouer sur la flexibilité de leur personnel. « Il en va de la survie de l’économie nationale, des entreprises et de la sauvegarde de l’emploi ». En cas de passage en phase 6 de la pandémie – Roselyne Bachelot l’envisage dès septembre – l’employeur pourra « adapter l’organisation de son entreprise et le travail des salariés ». Le volume horaire de travail ou le nombre de tâches à effectuer pourront augmenter « par décision unilatérale de l’employeur ». Et l’administration Darcos précise que « le refus du salarié, sauf s’il est protégé, constitue une faute pouvant justifier le licenciement ».

S’agissant de modifications plus importantes, telles que la dérogation à la durée maximale journalière en cas de surcroît temporaire d’activité, ou la dérogation à la durée maximale hebdomadaire de 48 heures, l’employeur serait encore dans l’obligation de recevoir une autorisation administrative. Mais la circulaire invite donc l’administration du travail à « faire preuve de souplesse et de réactivité face aux demandes des entreprises ». « Ces mesures se feraient dans des circonstances très particulières et pour une durée limitée, précise le ministère. Elles seraient mises en œuvre pour limiter l’impact économique d’une telle pandémie ».

Mais cette circulaire n’est qu’une circulaire, elle n’a pas force de loi, même si elle essaie de peser en faveur de coups de force contre la loi. Elle ne saurait avoir ce caractère obligatoire. L’inspection du travail, indépendante des gouvernements en place, n’est pas tenue d’encourager des violations du droit du travail, des durées du travail légales et maxima.

« Vous voulez une majorité, oui ou merde ? S’il faut ajouter le MoDem, on ajoute le MoDem » (Cohn-Bendit dixit)

“Vous voulez une majorité, oui ou merde ? S’il faut ajouter le MoDem, on ajoute le MoDem…“, a crié Cohen-Bendit devant les Verts, jetant un froid parmi les militants réunis pour leurs Journées d’été à Nîmes. « Si vous voulez une majorité, il faut aller chercher les gens là où ils sont, pas là où vous êtes » a-t-il ajouté.

Tout est faux dans cette déclaration démagogique de celui qui alla, l’an passé, offrir son livre “Forget mai 68″ à l’Elysée à Nicolas Sarkozy.

D’abord parce qu’une majorité se forge.

Ce n’est pas une simple addition, c’est une dynamique. L’idée que c’est une simple addition est pure méconnaissance des ressorts qui déterminent des millions de salariés, des millions d’électeurs de gauche et au-delà à franchir, dans une présidentielle le cap des 50 %.

L’unité doit se créer sur une aspiration profonde, sur une base politique identifiable et mobilisatrice. Additionner des roses de gauche et des poireaux du Modem ne correspond pas à cela.

Bien sûr, il faut convaincre au-delà des premiers rangs de la gauche : mais pas en perdant les derniers rangs…

Bien sûr, pour emporter une large victoire, il faut mordre sur la droite, le centre et tout le toutim… Mais cela peut (et doit) se faire par conviction, par ébranlement, par attraction, pas par capitulation, compromission, confusion.

Évidemment, il faut arracher des voix à la droite, à l’UMP, à l’ex UDF, aux autres clubs néo-gaullistes. Cela ne passe pas par des accords avec leurs dirigeants. Cela passe par la force des idées de la gauche unie et attractive.

Les débats, les accords, cela doit concerner la gauche, toute la gauche, pas le camp adverse.

Alors faut-il “ajouter le Modem” ? Non, car ce serait le conforter alors qu’il s’agit de l’assécher. Il ne devrait d’ailleurs pas y avoir de voix au prétendu « centre » si la gauche faisait vraiment son boulot contre la droite.

Si vous voulez une majorité, il faut aller chercher les gens là où ils sont, pas là où vous êtes” : oui, mais grâce à vos bonnes idées, pas en copiant, en imitant ou en s’alignant sur les idées fausses des autres. Pas en approuvant la “retraite par points à 67 ans” du Modem, mais en détruisant cette idée réactionnaire pour faire gagner celle, progressiste, de la défense de la retraite à 60 ans.

Mais c’est vrai, il faut se bouger, militer, convaincre. Mener et gagner la bataille idéologique. Pas annoncer d’avance qu’on va y renoncer pour avoir plus d’alliés à n’importe quel prix.

Car l’essentiel des voix qui manquent à la gauche pour gagner une élection présidentielle, elles viennent de la gauche elle-même, de son électorat sociologique potentiel qui s’abstient.

C’est l’abstention, la pire ennemie de la gauche.

C’est ce sentiment créé – par la droite l’extrême droite et parfois par l’ultra-gauche - dans les couches populaires, que la gauche ne vaut pas mieux que la droite, que tout ça c’est pareil, que voter ne sert à rien.

Tout ce qui renvoie les deux camps dos-à-dos, qui supprime les différences de choix, de stratégie, qui trouble les lignes, décourage le vote ! Et c’est cela qui fait gagner la droite alors qu’elle est minoritaire !

Il y a 93 % de la population active qui est salariée. La salariat est majoritaire de façon écrasante. Il est exploité, mal, payé. Il y a 5 % de la population qui détient près de 50 % du patrimoine. Il y a 10 % qui détient moins de 1 %. Et il reste 85 % qui ne peut se partager que 50 % des richesses. Normalement, il devrait y avoir des majorités écrasantes pour la gauche.

Cela arrive parfois : en 2004, revanche sur 2002 et sur la loi Fillon contre les retraites, la gauche gagne 20 régions sur 22 et le PS a 30 % des voix aux Européennes. Dans notre pays en temps normal, la gauche est majoritaire en chiffres absolus, on l’a vu également en mars 2008 (2 villes sur 3 à gauche, 61 % des départements – sans le Modem, voire souvent contre lui ! ).

Mais quand le débat n’est pas clair, quand les lignes sont floues, quand les slogans-phares socialement ne sont pas attractifs, alors “on ne se bouge pas”, et vous pouvez toujours courir après le Modem comme Ségolène Royal en 2007, c’est trop tard, ça rate. Même si Bayrou avait appelé, cela aurait probablement raté, car cela relevait d’une combinaison contre-nature, pas d’une dynamique.

Le peuple de gauche sent l’authenticité, il reflue quand il sent la confusion, la démobilisation, l’absence de conviction.

En 1993, quand la droite avait gagné, elle avait moins de voix en chiffres absolus que ce qu’elle avait en 1981 quand elle avait perdu : elle n’avait pas progressé, c’est la gauche qui avait reflué.

Pareil, en 2002, la gauche était majoritaire, c’est à l’intérieur de la gauche que cela s’est joué, il y a eu un glissement de la gauche vers la gauche qui a fait que la campagne modérée de Lionel Jospin lui a fait manquer de 196 000 voix la présence au 2° tour alors qu’il aurait immanquablement gagné s’il y avait affronté Chirac.

Cohen-Bendit s’esclaffe, force le trait, pour tenter de faire passer une bien vieille combinaison de « troisième voie »,  il n’est pas le seul, à vouloir marier l’eau et le feu, la droite et la gauche, derrière ses expressions grossières et forcées du type “ vous voulez une majorité oui ou merde”. Ce ton provoc’ lui sert à masquer la manoeuvre, mais c’en est une, bien sûr, et pas bien odorante. “Vous voulez la majorité, ajouter le Modem”, faites des concessions… veut dire au fond : “Vous voulez la majorité, renoncez à ce que vous êtes…”. Il tient à casser le clivage gauche-droite, il prétend n’être ni de gauche, ni de droite, ni du centre, ni du bas, ni du haut, il travaille à faire perdre les repères. Et le résultat si par malheur il était écouté serait l’échec.

Car, c’est quand les repères sont perdus, quand le clivage droite gauche n’est plus évident, que le peuple de gauche vote moins. Il y a 10 à 15 % des voix abstentionnistes (davantage encore aux Européennes du 7 juin) qui n’ont plus confiance à regagner : il faut pour cela une dynamique unitaire forte sur un programme fort, si vous affadissez l’affaire en “ajoutant” le Modem, c’est foutu d’avance. Un accord au sommet avec le Modem fera perdre plus que ce qu’il fera gagner : les exemples italiens et allemands sont là pour la prouver. Vous ne gagnerez même pas les voix restantes du Modem, et vous perdrez les voix de gauche.

Une fois que vous avez compris cela et mis cela en oeuvre, une dynamique unitaire de toute la gauche sur un vrai programme de gauche, alors qu’il y ait des électeurs ex-modem qui viennent, ce sera le résultat, pas le préalable.

Et quand il s’agit de scrutins de listes qui peuvent s’élargir au deuxième tour, pourquoi pas, mais pas au détriment de la clarté politique, pas au détriment des forces de gauche actives…

Ce n’est pas pareil quand, au plan local, des Modem qui se disent de gauche veulent rejoindre la gauche, c’est leur contradiction, que lorsque Ségolène Royal raconte dans son livre qu’elle est s’est rendue de nuit, dans le dos de son parti, dans le dos de la gauche, sans aucune “démocratie participative”, entre les deux tours de 2007, devant le logement de François Bayrou… pour lui proposer d’être Premier ministre….

Non à la retraite par points à 67 ans de De Sarnez – oui à la retraite à 60 ans

Dans son intervention à Marseille, dimanche 23 août, De Sarnez n’a pas hésité à évoquer « la retraite par points » et même elle s’est laissé aller dans des détails, sur le fait de “travailler encore un ou deux ans de plus après 65 ans”…Elle parlait devant des socialistes… qui l’ont applaudie ! on n’en revient pas

Dans ce pays, 8 syndicats sur 8 sont unanimes pour défendre la retraite à 60 ans. Fillon a annoncé qu’il allait la remettre en cause. Le gouvernement de droite communique en faveur d’une retraite à 67 ans. Une porte-parole de la droite est invitée par Vincent Peillon dans une réunion de socialistes, elle défend Fillon et… tous les gogos présents dans la salle applaudissent.

La retraite par points c’est le rêve du Medef. Le Medef veut changer tout le système de retraite pour qu’il ne soit plus dépendant du travail (cotisations sociales salariales et patronales sur le salaire brut). Il propose un système d’acquisition et d’achat de points individualisé et volontaire tout au long de la vie pour alimenter des fonds de pension de réserve des retraites.

Au début, l’affaire est avancée prudemment comme ressemblant à l’existant : le système de « points » de l’Agirc et de l’Arcco, lequel n’est qu’une sorte de « complément ». Mais le but est de détacher toute la retraite de l’activité travaillée directe et collective pour la faire ressembler peu à peu à une assurance volontaire et individuelle.

Ce serait beaucoup moins transparent, moins fiable, moins contrôlable massivement, que le système actuel basé sur la collecte et le versement en temps réel, lié au salaire, sans passer par la case « épargne », entre les salariés et les retraités.

Une place serait ouverte, de plus en plus grande sûrement, à la spéculation, à la gestion privée des « fonds » se rapprochant d’un système d’assurances où le choix individuel, le volontariat, l’emporterait peu à peu sur le système collectif de répartition.

Signalons que le fonds de réserve des retraites (FFR) mis en place par Lionel Jospin (j’étais contre) a perdu 7 milliards d’euros dans la crise financière. 60 % des ressources étaient placées en actions… à risques (chez Lehmann-Brothers entre autres) ! Cela aurait dû faire un immense scandale, mais l’affaire est étouffée jusque-là.

Moralité : maintenons le fait que la retraite ne soit pas une « fonds », pas une « épargne », qu’elle passe directement du salaire des uns à la pension des autres. Maintenons là liée au travail, payée par des travailleurs actifs aux anciens travailleurs. Lorsque surgit un problème d’équilibre, ce qui doit varier c’est le taux des cotisations, pas les droits à la retraite. Qu’il y ait une échelle mobile des cotisations pour permettre une retraite décente pour toutes et tous à 75 %, calculée sur les 10 meilleures années, indexée sur les salaires, à partir de 60 ans.



Tam-tam médiatique pour forcer la main d’une alliance gauche-droite

Le meilleur moyen de faire perdre la gauche face à Sarkozy-UMP c’est de la diviser en prétendant qu’il faut s’allier avec la droite-UDF. C’est ce qui a été tenté par certains qui se sont fait une belle publicité à Marseille ce week-end, en réunissant des éléments du PS et du Modem à une même tribune. C’est une diversion. C’est une division. C’est ringard. Car de tout temps les alliances avec un « prétendu » centre ont échoué. Elles ont justement échoué le 7 juin aux européennes partout ou le PSE l’avait initié. Cela a totalement échoué en Italie laissant triompher Berlusconi et laissant un vrai champ de ruines. Cela échoue en Allemagne où il y avait une majorité nette à gauche et où le SPD a préféré s’allier avec la CDU d’Angela Merkel : ils vont en payer le prix fort aux élections du mois prochain. Cela avait conduit la vieille SFIO à échouer, et il en sera encore de même si par malheur la sinistre opération de Marseille se mettait réellement en place.

On avait rarement vu pareille mobilisation médiatique, pareille mise en scène, pareil tam-tam. Déjà en juillet ils avaient commencé en faisant paraître 1746 articles de presse en trois jours annonçant la “mort du PS”. L’enthousiasme des médias de la pensée unique devrait suffire à scandaliser ceux qui se posent des questions sur cette opération.  Tout est là pour le prouver : ils tentent un forcing pour fait capituler la direction du PS en ce sens. Ce tam-tam se fait contre les votes du congrès de Reims, contre les aspirations à l’unité de toute la gauche, contre l’intérêt de millions de salariés.

D’ailleurs observez un des points de leur accord : de Valls à Peillon et De Sarnez, ils sont tous pour changer le système de retraite de notre pays pour mettre en place « la retraite par points » voulue par le Medef. Remplacer un système par répartition  basé sur les cotisations par annuités de travail, et instaurer un système d’acquisition et d’achats de points, individualisés, comme pour une simple assurance, leur permettra sans doute de pousser des millions de salariés à travailler jusqu’à 67 ans. Notez que dans son intervention à Marseille, c’est le seul point ou De Sarnez est rentrée dans un détail, elle a parlé de travailler une ou deux années après 65 ans… Est-ce un programme de gauche, ou la gauche doit elle au contraire défendre la retraite à 60 ans ? Cet exemple d’élément de programme se retrouvera partout, car l’alliance avec la droite Modem implique ce genre de compromission.

Ils n’ont pas parlé des 2000 chômeurs par jour ni du contrôle sur les licenciements, d’ailleurs comment voulez-vous en revenir à une réduction sérieuse du temps de travail, aux 35 h avec Bayrou qui était contre ? Ils n’ont pas parlé de la hausse du Smic : comment voulez vous proposer qu’il passe à 1600 euros en s’alliant avec le successeur de Lecanuet, Poher, Giscard, Barre ? Ils n’ont pas parlé de salaire maxima : comment voulez-vous le fixer à 20 fois le Smic avec un leader de la droite ? Ils ont parlé d’éducation, mais comment avancer avec Bayrou défenseur de l’école privée ? Relancer l’économie par la hausse des salaires, comment voulez-vous le faire avec un défenseur acharné des critères de Maastricht, du TCE, qui voulait inscrire dans la constitution française que les budgets de la France soient obligatoirement en équilibre ?

Allons, opposons l’unité de toute la gauche à cet insensé projet d’unité avec la droite. Cela a été tranché au congrès de Reims, que cela soit confirmé jour après jour, par la direction du parti socialiste, à La Rochelle et après.

Des « primaires » ? C’est comme la langue d’Esope, cela peut être la pire ou la meilleure des choses. Oui, s’il y a un projet d’unité de la gauche. Oui pour un candidat unique de la gauche dés le premier tour. Non, si c’est une méthode pour diviser la gauche et faire diversion. Non, si ce n’est pas derrière un projet de transformation sociale. Oui, du NPA au PS en passant par le PCF, le PG, le MRC, le PR, avec tous ceux qui se disent à gauche. Non avec ceux qui sont de droite.

« Nouvelle alliance majoritaire à droite » ou nouvelle alliance majoritaire à gauche » le choix entre Marseille et La Rochelle

Pas surprenant que Vincent Peillon reste vague dans son “projet” dés lors qu’il propose une « nouvelle alliance majoritaire » avec la droite-Modem. Le voilà qui défend un projet “sur des décennies” : il est vrai qu’avec Bayrou, cela ne pourra pas aller vite.

Mais si l’on veut répondre aux urgences sociales, à la misère des 2000 chômeurs de plus par jour, et mobiliser pour gagner contre Sarkozy, il vaut mieux une “nouvelle alliance majoritaire à gauche”.

Et pour être certain de parvenir à une VI° République sociale, parlementaire, démocratique, écologiste, féministe, laïque, il vaut mieux rassurer l’électorat de gauche qui se méfie des grands mots et des promesses vagues : cela signifie abroger immédiatement, les mesures antisociales de la droite, rétablir les 35 h, protéger la retraite à 60 ans, rattraper le Smic à 1600 euros, reconstruire le code du travail, contrôler les licenciements, et redistribuer les richesses implique de fixer un salaire maxima, pas plus de 20 fois le Smic.

Finalement la fédération marseillaise du PS et Ségolène Royal ont raison, s’ils se tiennent à l’écart du bloc De Sarnez-Peillon-Valls- Cohn-Bendit-Hue à Marseille. Il vaut mieux, quand à vouloir gagner contre Sarkozy,  choisir un bloc de toute la gauche comme le défend Martine Aubry à La Rochelle, où le Modem n’est pas invité.

Une « nouvelle alliance à gauche », ce serait Aubry-Buffet-Duflot-Besancenot.

C’est la majorité réelle, dans le pays, qui, de facto, a gagné 20 régions sur 22 en 2004, 2 villes sur 3 et 61 % des départements en 2008, sans alliance à droite.

Dés qu’on choisit de remplacer les uns par un secteur de la droite, tout se défait, l’abstention remonte, la dynamique se perd. Allier la gauche à la droite est un contre pied, cela crée une division de départ, insupportable, décevante et perdante. Toutes les alliances au “centre” ont perdu dans toute l’Europe…

La bataille agitée par les médias sur la vie ou la mort du PS est une bataille pour faire céder Martine Aubry et lui imposer l’alliance avec la droite-Modem.
Elle résiste et a appelé à l’alliance à gauche, elle mérite d’être soutenue dans cette voie à La Rochelle contre ceux qui veulent la faire céder à Marseille.

Gérard Filoche, le 21 août 2009

Imposer par la force la démocratie à Kaboul ?

Kouchner prétend que si les talibans ne veulent pas d’élection, donc pas de démocratie, il faut la leur imposer par la force (sic). Ca lui va bien, lui qui a imposé avec Sarkozy, à la France, l’alliance privilégiée, avec les émirs d’Abou Dhabi…où il n’y a pas d’élection, pas de parti, pas de syndicat, pas d’association, mise au secret, torture, esclavage, travail forcé, racisme, sexisme…

Résultat du « scrutin » du 20 août en Afghanistan  : – de 50 % puis – de 40 % en fait 10 % de votants, des dizaines de morts dont la presse n’a pas le droit de parler, et deux candidats, Karzaï et Abdullah s’autoproclament avant les résultats. La « démocratie » ne s’importe pas avec des missiles et des camps de zombies GI’s équipés comme des astronautes, par 40° à l’ombre.

52 % des britanniques sont CONTRE la guerre en Afghanistan, et maintenant 54 % des américains..

Près des deux tiers des républicains soutiennent la guerre en Afghanistan.

Trois quarts des démocrates y sont opposés, Obama doit réfléchir.

Une majorité de français est CONTRE dans tous les sondages.

Sarkozy prétend combattre les barbares et moyenâgeux PAUVRES (Talibans) mais il s’allie avec les barbares et moyenâgeux RICHES (Abou Dhabi), c’est tout lui.

Selon que tu es riche ou puissant, émir ou afghan, Kouchner et Sarkozy t’aimeront ou te combattront.

De façon générale, l’impérialisme dominant choisit ses victimes et ennemis : 18 sur 20 des hommes qui ont fait le coup du 11 sept 2001 étaient saoudiens, mais ce n’est pas l’Arabie saoudite qui a été attaquée… ce sont l’Irak et l’Afghanistan…

Pourtant en matière de dictature et d’obscurantisme, l’Arabie saoudite, c’est la puissance dix. Sans l’excuse du sous-développement puisque c’est un des pays les plus riches du monde.

Richesses ? Tout ce qui est dépensé pour la guerre contre les Afghans, coûte plus que ce que l’Afghanistan produit de richesses. Construisez des trains, des routes, des écoles… le progrès fera reculer l’obscurantisme davantage que l’occupation militaire.

Il y a de braves gens pour gober qu’il ne faut « pas laisser les talibans gagner », que c’est trop horrible, qu’ils coupent (comme le dit cyniquement Sarkozy) « les mains des petites filles qui se mettent du rouge à ongles », etc..

Ils croient que l’OTAN là-bas défend la « civilisation ». Mais les talibans sont des créatures de l’OTAN, les alliés des US pendant la guerre contre les Russes de 1979 à 1989, et à l’époque, nul se souciait des petites filles auxquelles ils coupaient les mains !

Et demain, si les Talibans, inéluctablement victorieux, car ils sont chez eux, progressent comme c’est le cas chaque jour, l’OTAN négociera toujours sans se soucier des petites filles… La seule chose qui sera négociée ce ne sera pas la civilisation, c’est la sécurité du pipe line pour le pétrole et le gaz entre l’Asie centrale et le Golfe !

Alors, oui, oui, retrait immédiat des troupes !

« On se barre », tout de suite, illico, pas un jour de plus ! On n’aurait jamais dû y être. Pendant la guerre d’Algérie, y’ en avait toujours pour rester un peu plus… Dans ce genre de guerre, chaque jour de plus fait des dégâts pour des décennies de plus.

Vous voulez la « civilisation » là-bas ? Cessez d’y importer la barbarie en bombardant des villages ou périssent des milliers de civils.

Les « arguments » pour envahir l’Afghanistan sont les mêmes arguments que pour envahir le Vietnam, la guerre d’Algérie, le débarquement à Saint-Domingue, Grenade, la baie des Cochons, le Nicaragua, l’Irak… Le droit dit d’ingérence baguenaudé par Kouchner est une couverture éhontée de toutes les agressions impérialistes façon Bush.

Jamais cette société n’évoluera par l’invasion !

Les Afghans ont déjà mis une pâtée sévère en 1852 aux britanniques en 1842. Ceux qui ne connaissent pas l’histoire devraient l’étudier (cf post-face de votre serviteur aux écrits de Marx-Engels sur l’Afghanistan aux Ed mille et une nuits, 2002)

Marx et Engels montraient en 1857 comment les Britanniques occupaient l’Afghanistan « possession indispensable pour repousser toute force d’invasion venue d’Asie centrale et indispensable contre la Russie ». Les Britanniques opposaient tribu contre tribu, caste contre caste et tandis que « tous luttaient contre tous » les hommes d’affaires britanniques progressaient. Pareil aujourd’hui pour l’accès au pétrole et au gaz !

Comment les Britanniques furent-ils vaincus en 1842 ?

Comme le sera l’OTAN demain :

« Les moyens employés par la nation insurgée ne peuvent être mesuré selon les règles reconnues de conduite d’une guerre régulière ni d’après nul autre étalon abstrait mais d’après le degré de civilisation de la nation insurgée. » Marx décrit alors, non pas la prise d’un avion avec des cutters, ni l’envoi d’anthrax par la poste, mais les chinois qui incorporent de l’arsenic dans la farine du pain de la colonie européenne d’Hongkong, ou embarquent des armes cachées dans les vapeurs de commerce, enlèvent ou séquestrent les passagers européens, « se mutinent et plutôt que de se rendre, coulent ou périssent dans les flammes« . « Que peut une armée contre un peuple recourant à des tels moyens de guerre ? Où jusqu’à quel point, peut-elle pénétrer en pays ennemi et comment s’y maintenir ? »

Engels raconte la déroute totale d’une armée de 12 000 soldats anglais et de 40 000 suivants devant Kaboul, Kandahar, et Djalalabad. Alors qu’ils pensaient avoir accompli la conquête du territoire afghan et avoir poussé les armées afghanes à la déroute, les troupes anglo-indiennes ont vu se dresser contre eux, le 2 novembre 1841, les forces insurrectionnelles coalisées de toutes les tribus et clans afghans.

Tous les régiments, toutes les garnisons, tous les soldats de l’empire de l’époque furent alors vaincus, poursuivis, tués, jusqu’à ce que la capitulation soit totale : les Britanniques ne gagnèrent qu’en 1898, lors d’une autre guerre… Avant que ne viennent les Russes de 1979 à 1989 et les Américains en 2001… nouvelle odyssée de l’histoire à laquelle nous assistons.

On ne libérera ni les femmes ni les hommes avec des chars et des missiles. C’est le contraire : la guerre actuelle contre les afghans renforce les intégristes pour des décennies ! Les « insurgés » deviennent des héros nationaux. Elle leur… donne une légitimité qu’ils seraient peut être en train de perdre progressivement sinon…

Un 12 août. 11 h 10 un ouvrier a quasiment perdu un bras, au 99 rue de Rivoli dans un chantier improbable.

Mercredi 12 août à 11 h 10 un ouvrier a quasiment perdu un bras, au 99 rue de Rivoli, à Paris, dans un chantier improbable où il fallait poser un revêtement intérieur mural dans un magasin de luxe de la Galerie du Carrousel sous forme d’une plaque en inox de 4,50 X 1,10 pesant 250 kg.

En été le travail tue, blesse, fait souffrir et n’est pas bien payé… (cf. Siné Hebdo n° 49 :  boulot, métro, tombeau…). Darcos dit que « c’est une série noire ». Non ce n’est pas une question de superstition mais de prévention.

En ces mêmes jours d’août… qu’on dit « creux » :

Cent CRS, des camions de déminage, des pompiers ont évacué jeudi 13 août au petit matin les salariés de Legré-Mante (groupe Margnat) qui occupaient depuis le 24 juillet l’usine du seul fabricant français d’acide tartrique, installé depuis plus de 2 siècles à Marseille. Quelle diligence ! Quelle force ! Quelle sécurité ! Quelle urgence ! Quelle priorité ! Pendant ce temps là chez Total…

14 centres de sapeurs-pompiers dont des unités chimiques du 77 (Melun, Montereau) ainsi que 5 véhicules du SAMU pour 1 fuite d’ammoniaque chez Total le 13 août (14 hospitalisés, 350 évacués). Encore ! Total, c’est bien ceux d’AZF, des marées noires ? Cette année Total a eu 4 morts dont 2 à Carling en Moselle le 15 juillet, 3 blessés le 3 août à Gonfreville l’Orcher, 2 grands brulés mercredi 12 août à Lavéra dans les Bouches du Rhône,  et des « incidents » dans 14 sites depuis 8 mois. Le porte parole de Total déclare « attendre les enquêtes judiciaires « POUR SAVOIR A CHAQUE FOIS CE QUI S EST REELEMENT PASSE (sic) ». Il ne sait pas ? Il n’y a pas de CHSCT ? C’est bien les recordman du bénéfice, ceux qui nous pillent ? C’est bien ceux qui font la loi chez les Birmans aussi, les amis de Kouchner  ?

Au fait,  la « taxe carbone » selon Rocard de 4,3 milliards sera payée par les « ménages » pas par Total et ses 14 milliards de profit maximum. Annoncée en été, on en reparle à la rentrée…

Orange augmente 29 de ses forfaits internet au milieu d’août.

La preuve, encore, que la « concurrence » ne baisse pas les prix, au contraire. Orange, SFR, Bouygues ont été condamnés pour leurs ententes illicites, de toute façon. Ca fait pitié pour ceux qui défendent la concurrence prétendue libre et non faussée. Toutes les privatisations ont été des hold up contre l’intérêt du public. Et Sarkozy remet ça pour la Poste à la rentrée ?

lorsque France Télécom ce beau fleuron national a été privatisé c’est pour le seul intérêt des actionnaires pas du public. Retour au public, halte au pillage par les actionnaires, baisse des tarifs !

Excellent titre le 12 août dans le Canard Enchainé : « le retour de la bande à bonus ».

Les copains et coquins du Fouquet’s encaissent à nouveau. Sarkozy et Fillon ont distribué l’argent public aux banquiers pour qu’ils continuent à jouer… à l’économie casino et se répartissent les gains. Parait qu’y a pas d’argent pour la Sécu…

Le FMI annonce le 14 août qu’il répartit 283 milliards de « droit de tirage spéciaux » entre ses membres : la quote-part de chaque membre dépend de sa taille relative dans l’économie mondiale. Mais le Fonds insiste : « près de 100 milliards de dollars » iront aux pays émergents et pauvres, dont 18 milliards aux seuls pays pauvres.
Donc au moins 183 milliards aux pays riches ! Merci le G 20 qui a décidé cela et le directeur du FMI qui applique…