SH 46 : Darcos parle de « série noire »

Metro, boulot, tombeau

Comme si c’était une question de malchance : 2 morts et 6 blessés, le 15 juillet dus à l’explosion chez Total Carling en Moselle, 2 morts le 16 juillet sur le chantier du vélodrome de Marseille – fermé pour deux mois ? Un couvreur de 54 ans est victime d’une chute mortelle d’un échafaudage au Havre le 24 juillet. Le ministre du Travail veut « faire toute la lumière » et « tirer les enseignements en termes de prévention » ? Mais ça fait trop longtemps que la mort frappe au travail et rien n’est fait.

Mourir pour gagner sa vie ?

Le « bilan annuel sur les conditions de travail » (juin 2009) reconnaît 16 % d’accidents du travail mortels dans le privé en plus en 2007. Ça fait 2 ans qu’il y a 2 morts par jour au travail, 622 décès en 2007 contre 537 en 2006. Dans le seul secteur privé, il y a 720 150 accidents du travail avec arrêt par an, 39,4 accidents pour 1000 salariés, 184 tués en 2007 dans le seul bâtiment.
Michel Bianco (son fils Jérôme a été tué à 32 ans en août 2006 par une chute dans le bâtiment) mène campagne avec la Fondation Copernic contre « le travail qui tue en toute impunité » : « L’exemple des efforts dans le domaine de la sécurité routière pourrait être utile. L’installation de radars a fait passer en quelques années le nombre de décès sur la route de 12 000 à 4 000 par an. Au travail une même volonté politique passe par le recrutement de plusieurs centaines d’inspecteurs du travail qui impulsent et contrôlent une véritable politique de prévention. »
Sarkozy qui se dérange toujours pour deux policiers tués, ne l’a évidemment pas fait pour les deux ouvriers de Total ni les deux ouvriers de Marseille.
Copernic et Michel Bianco dénoncent la « 2e mort » causée par « Le silence de plomb qui accompagne les morts liées au travail. La justice ne répare rien : du sursis pour les entreprises, des amendes dérisoires. Les sous-traitants servent de remparts aux donneurs d’ordre. Nul n’est responsable, personne n’est coupable, on accuse même parfois le salarié décédé. »
Ou alors l’accident est dissimulé comme l’a montré une enquête de l’inspection du travail à Renault-Cléon : « Il existe au sein de votre établissement un système organisé de pressions visant à ce que les salariés, victimes d’accident du travail, auxquels un arrêt de travail a été prescrit, renoncent à prendre tout ou partie de l’arrêt de travail. » 26 salariés, victimes d’accidents auxquels ont été prescrits des arrêts de travail, ont été auditionnés. Parmi eux, 22 se sont vu proposer, un poste aménagé afin que l’accident du travail n’occasionne pas d’arrêt, malgré la prescription médicale. Il y a un « système de pressions contraire aux droits fondamentaux des salariés », avec convocations de salariés accidentés, « mises en garde » sur l’évolution professionnelle, promesses de promotions, de primes en cas d’acceptation et menaces en cas de refus…
Pour aller contre, les solutions sont simples : renforcer le code du travail au lieu de le détruire, protéger les précaires (car la fréquence et la gravité des accidents du travail est, pour eux, deux fois supérieures à celles de l’ensemble des travailleurs), former davantage aux dangers du métier, donner davantage de temps et de moyens aux Comités hygiène sécurité conditions de travail (CHSCT), doubler les effectifs de l’inspection du travail, augmenter les sanctions pénales dès que la responsabilité de l’employeur est engagée, imposer que le donneur d’ordre soit systématiquement visé…
Gérard Filoche
Signer l’appel : http://www.fondationcopernic.org/petition/index.php?petition=3

Abou Dhabi « le Louvre des sables » de Sarkozy, bonimenteur devant l’OIT, exploiteur d’esclaves aux Emirats

Le Louvre d’Abou Dhabi, prétendument, est censé exporter la culture française dans ce pays barbare que sont les Emirats arabes unis (EAU).

Mais cela me tient à cœur, devant une presse française majoritairement muette, il faut savoir que ce sont des travailleurs forcés, privés de passeport, surexploités, sans droit syndical, ni de grève, ni de réunion, qui doivent d’abord rembourser des sommes pharamineuses de voyage, qui construisent ce monument français.

Lisez la tribune de Human Rigth Watch dans Libération de ce jeudi 30 juillet. Elle vous confirmera ce qu’il y avait dans ce blog depuis des semaines et que certains ont nié : d’ici à 2013 combien de martyrs ouvriers réduits à l’état de sans papiers, soumis à contrôle policier, vont mourir dans des conditions infâmes pour que Sarkozy exporte le Louvre et construise une base militaire (la première en dehors de notre territoire depuis 60 ans) à 220 petits kilomètres des côtes iraniennes.

Car le président français, sans consultation du Parlement, elle n’est même pas envisagée, a fait des EAU, ces émirs moyenâgeux, les nouveaux alliés, les frères en armes, les « à la vie, à la mort » de notre République. Devant l’OIT Sarkozy, le 15 juin, a fait un incroyable discours sur les droits des travailleurs dans le monde, et nous allie, nous subordonne, nous soumet au risque de guerre, avec ces forcenés qui nient tous les droits des travailleurs.

Stop aux projets guerriers de Sarkozy ! En préalable à tout accord avec les EAU, respect des droits de l’homme et des conventions de l’OIT !

non à la poll taxe carbone – malaise vagal en malaisie

La « taxe carbone » est annoncée pour l’automne par Rocard. Et Cohn-Bendit la juge « rrrrrévolutionnaire ».

Elle visera la consommation d’énergies fossiles – pétrole, gaz, charbon. « Qu’elle doive aussi s’appliquer à l’électricité n’est pas encore décidé ».

Merci pour la nouvelle « poll taxe » à la française : elle coûtera, selon les plans, de 32 euros la tonne en 2010 à 100 euros en 2030, soit 4,3 milliards à payer pour les ménages sur 8,3 milliards espérés.

Cela fera tout de suite concrètement 7,7 cts de plus par litre de sans plomb et 8,5 pour le gazole !

Les pauvres qui sont obligés de prendre leur voiture, se chauffent au fuel et au gaz, vont trinquer (en attendant de pouvoir se payer des plaques solaires). Sarkozy ne veut pas augmenter les impôts directs… mais les impôts indirects, apparemment si !

On croyait qu’être révolutionnaires c’était au moins faire payer les riches, pas les pauvres ! Mais non, pas pour Sarkozy, Juppé, Rocard et Cohn-Bendit !

Comme le prétend Mme Parisot : « Ca ne rapporte pas de vouloir faire payer les riches, ils ne sont pas assez nombreux… »

On croyait qu’une bonne révolution fiscale, c’était augmenter les impôts républicains directs et progressifs et diminuer les impôts indirects et proportionnels ! Mais non, erreur encore !

On croyait que la redistribution des richesses passait par des prélèvements progressifs et par des redistributions égalitaires. Genre cotisations sociales progressive sur les salaires et santé gratuite pour tous : riches et pauvres dans les mêmes hôpitaux. Non, là les riches n’y penseront même pas en montant dans leur 4 X 4 mais les pauvres le sentiront passer lorsqu’il mettront de l’essence dans leur mobylette pour aller travailler le dimanche.

Alors Rocard explique qu’il y aura des « compensations » pour ladite « taxe carbone ». Mais comme par hasard, s’ils ont mis au point le calcul de la taxe, ils n’ont pas mis au point comment se fera le « reversement ».

« Du côté des ménages, on a pris l’engagement de compenser le pouvoir d’achat perdu dans la limite de 300 à 400 euros« , par exemple pour les ménages ruraux ou banlieusards lointains … Eux seulement ? « C’est une évaluation probabiliste derrière laquelle nous n’avons pas de calculs scientifiques de ce que ça pourrait coûter pour un ménage moyen » explique Rocard, au nom de Fillon, Borloo et Sarkozy. Pardi ! on sait ce qui va rentrer, nul ne sait ce qui va compenser. C’est une taxe à la Ramadier.

Nos « révolutionnaires » sentent bien qu’il y a un loup : « Le problème est de pousser les gens à changer de comportement énergétique, pas de martyriser leur pouvoir d’achat ». Ca risque pourtant d’être le seul effet.

La pédagogie par la taxe pour des millions de gens ? Tout ça pour que Total puisse garder ses 14 milliards de bénéfices annuels.

C’est sans doute cela, la « révolution verte » ? Je crois que je la préfère quand elle est « rouge ».

Malaise en Malaisie…

Le « net » s’en est donné à cœur joie. « Le mythe de l’homme actif s’effondre ». « Jamais le dimanche ». « Travailler moins pour vivre mieux ou plus », « Sarkozy à bout de souffle », « Jogging tragique à la Lanterne »… etc…

Mais l’ampleur de l’écho médiatique sur ce banal « malaise » vagal ou lipothymique traduit encore une fois l’archaïsme d’une nation dirigée par un seul homme qui accapare le pouvoir et décide de tout jusqu’au moindre détail. On est en malaisie permanente : les dizaines d’usines occupées et les 2000 chômeurs par jour font moins de bruit qu’un jogging présidentiel.

Christian Salmon, chercheur au Centre de recherches sur les arts et le langage (CNRS-Ehess), et auteur de Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte, 2008) est cité par Le Monde pour une immense connerie : il écrit que « cela prouve que nous avons besoin d’un maître« .

Où sont la démocratie, le collectif, les délibérations, le parlement, le gouvernement, le partage des pouvoirs, les savoirs partagés, qui devraient guider un grand pays ?

On est comme dans une royauté de bas niveau, un médiocre moyen – âge, cela fera sourire nos descendants, arrières petits enfants dont on espère qu’ils auront su y mettre un terme, qu’on puisse encore dépendre au début du 21° siècle, d’un système totémique de ce type alors qu’on dispose de tous les moyens modernes de communication, d’échange, de décisions collectives.

On se réunit à 42 millions d’électeurs un dimanche tous les cinq ans pour élire un « roitelet » dont on va suivre l’état de santé physique et mental, bien forcés, puisque tout dépend de lui : même le calendrier est stupidement fait pour que l’élection des 577 députés en dépende aussi. Si son malaise n’est pas vagal, il faut tout refaire – comme le 2 avril 1974.

Un « projet pour 2012″ : revenir à une république, sixième du nom, parlementaire, démocratique, laïque, sociale … c’est pas le programme qui manque à gauche, c’est que la grande force du PS soit décidée à le porter.

40 ans après la marche sur la lune, la France a toujours 60 ans d’avance sur les USA en matière de sécurité sociale.

Le Président Obama a été prudent sur les perspectives en matière de conquête spatiale lors de la commémoration des 40 ans du premier voyage sur la Lune. C’est normal vu l’état de santé de l’économie américaine, des déficits cumulés, après la plus grande crise depuis 1929 … La réforme du système d’assurance médicale est à l’ordre du jour : Barack Obama demande au Congrès d’adopter un plan avant les vacances parlementaires du 7 août.

Les républicains cherchent, comme en 1992, sous Clinton, à faire échouer une telle réforme. « L’industrie pharmaceutique, les hôpitaux privés et les compagnies d’assurances, opposés à une couverture généralisée, ont déversé des millions de dollars aux lobbyistes pour bloquer le projet. » relate Le Monde.

Sans doute que dans une économie qui ne serait pas pillée par les actionnaires, on pourrait avoir, à la fois, la Lune et la « Sécu ». Mais là, le peuple américain ne peut plus vivre avec le système actuel : la mortalité infantile augmente, le gaspillage, la gabegie des dépenses de santé par le secteur privé est énorme pour de résultats profondément inégalitaires. Il y a 14,5 % du PIB dépensé là-bas pour la santé ce qui n’empêche pas que les Etats unis sont situés au 137 ° rang mondial par l’OMS.

Alors qu’avec 9,5 % du PIB dépensés en France, celle-ci est au premier rang mondial en matière de santé publique. Forcément, car le système privé et individualisé de là-bas, ne peut faire face, avec succès à un système socialisé et public !

Les dirigeants comme Obama le savent et tentent de rattraper 60 ans de retard par rapport à la France : ils ont de puissants adversaires qui tentent de leur mettre des bâtons dans les roues. « Si nous arrivons à arrêter Obama là-dessus, cela sera son Waterloo. Il sera cassé » disent les républicains. Pour M. Obama, il en va de son « aptitude à gouverner« , affirme son conseiller David Axelrod. (Le Monde, 22 07 09).

Hé oui, le grand paradoxe, c’est que là bas, ils essaient d’aller dans le bon sens, tandis qu’ici, Sarkozy, Fillon, et la loi Bachelot essaient de nous ramener à l’état de là-bas.

A la rentrée, Sarkozy, Fillon vont s’attaquer, sous prétexte d’économies, de déficits, (eux qui ont donné ds centaines de milliards aux banques) à la Sécu, de favoriser les assurances privées, les « complémentaires », les restrictions dans l’accès aux soins et les remboursements.

Sarkozy n’a cessé de le répéter, il veut la « rupture » avec le système social des 60 dernières années en France. Il veut nous faire perdre le meilleur de nos 60 ans d’avance.

Dans un pays normal, un tel matraquage de 246 articles ferait honte – Non le PS ne va pas mourir, il saura résister à l’alliance avec la droite Modem et opter pour l’unité de toute la gauche.

«  Le PS doit disparaître, il fut dissoudre » (le JDD), le PS « en danger de mort » (Valls dans l’Express), « Valls enfonce le clou », (le JDD) « Après Valls la charge de Montebourg » (Le Parisien), « Gâchis de personnalités » (Le Figaro) Dray charge Aubry » (L’Express) « l’impuissance et l’amateurisme » de Martine Aubry (Le Monde) « gardienne d’une maison morte » (TF1) «Le parti socialiste à l’agonie » (Le Temps),  » PS, Dray, BHL ? week-end sanglant » (Agora Vox), PS la déroute ? (Débats actualité française) « l’impasse du PS » (Inrocks)  Valls encore : « Aubry m’a fait du mal » (JDD), « Julien Dray se range à l’avis d’El Dia, Aubry est une gourde… » (El dia de la Républica – Satire)… « La crise de gouvernance au Parti socialiste tourne à la farce » (Le Monde encore !) « Le PS passera-t-il l’été ? » (nouvelobs.com) « Delanoë : Il y a besoin d’ordre au PS » (le JDD.fr)… Jack Lang aussi  » le PS est un arbre sec« 

Il y a 246 articles comme ceux-là sur « Google actualité » … si le mot « matraquage » et le mot « propagande » veulent dire quelque chose, c’est bien devant ce spectacle odieux. Il ne manque qu’un sondage d’Opinions Way commandé par Buisson à l’Elysée et démenti par Guéant.

Comment peut-on ne pas donner la parole à la gauche de ce parti, en fait majoritaire à Reims, qui s’arqueboute pour le défendre contre tous les oiseaux de proie ? Comment ignorer que ce parti qui dirige 61 % des départements, 2 villes sur 3, 20 régions sur 22, est en fait le plus grand parti de France ? Il est le cœur de la gauche sans laquelle celle-ci ne peut gagner.

Sarkozy qui mène chaque jour à fond une « contre-révolution blanche » dans ce pays contre tous les droits sociaux, contre les salaires, dans le seul intérêt d’une minorité de 1 à 2 % de super privilégiés, Sarkzoy fauteur de crise et de chômage,  2000 chômeurs par jour, organise cette super campagne de dénigrement, de folie caricaturale.

Car les grands médias aux ordres de la pensée unique, dans ce pays, disons essentiellement le cercle TF1- Le Figaro, impriment le tempo aux autres, Le Monde – Le Parisien – le JDD – Libération, qui martèlent de façon incroyable les mêmes thèmes de bourrage de crâne.

Non, le PS n’est pas mort et il ne va pas mourir, il peut éviter de se rendre à ce que tous ces gens exigent de lui, une rupture d’avec la gauche, et une alliance avec le Modem.  Car c’est ça et seulement cela qui serait mortel ! On l’a vu à Aix, ce « week-end » sanglant,  l’alliance genre Modem, Verts recentrés, PS social libéralisé conduit à coup sûr à la défaite, elle contracte les voix de gauche et fait le jeu de la droite.

Lisez-les bien, ils convergent tous sur ce point.

Alors quand Valls, Julien Dray, BHL, Moscovici mènent campagne pour une pareille alliance, toute la droite médiatique fait chorus : que le PS fasse cela sinon on le bousille, que le PS renonce à l’alliance à gauche, sinon on le détruit !

Julien Dray qui fut la gauche de ce parti bataille maintenant pour l’orienter a droite dans une coalition avec le centre qu’il combattait hier.

La violence de cette offensive vient de ce qu’ils veulent faire céder Martine Aubry. La violence de cette offensive vient de ce que le reste de la gauche ne relève pas le défi de l’unité et ne saisit pas l’appel que la première secrétaire a lancé pour une « maison commune » !

Alors, ils veulent faire craquer le PS de peur qu’il ne ressuscite la seule alternative digne de ce nom dans ce pays : l’unité de toute la gauche, contre toute la droite !

Dés qu’on a compris cela, on comprend que ce n’est pas « d’ordre » ou de « discipline » dont a surtout besoin le PS, que ses problèmes ne relèvent ni de l’impuissance, ni de l’amateurisme, mais d’un choix à assumer courageusement aller à gauche, s’unir à la gauche, défendre avec elle la rupture avec le sarkozysme, défendre 35, 60, 1600. 35 h. Retraite à 60 ans ; Smic à 1600 euros. Un plafond pour les revenus à 20 fois le Smic.

Une économie mixte ou les services publics l’emportent sur la gabegie de la finance et des banqueroutiers. Redistribuer les richesses tout de suite pour sortir de la crise, contre tous ceux du Fouquet’s, contre les 500 familles, contre les insupportables profits de la caste dominante. Nous sommes des dizaines de milliers de militants dans le PS qui voulons cette issue : à gauche !

Gérard Filoche, le 20 juillet 2009

À propos de « l’affaire » Valls

Le problème ce n‘est pas tant que Manuel Valls parle.

Le problème, c’est ce qu’il dit et le fait que personne ne lui réponde sur le fond.

Chaque fois que Valls parle contre la retraite à 60 ans, pourtant défendue par 8 syndicats sur 8, il nous fait perdre des voix.

Le problème c’est que Valls défend en gros la politique de Sarkozy au lieu de défendre les droits sociaux et du travail, le contrôle sur les licenciements, comme les salariés l’espèrent.

Le problème n’est pas un problème de « génération » : à choisir, il vaut mieux des sexagénaires bien trempés à gauche que des quadragénaires jeunes coqs droitiers.

Valls n’a rien de « moderne », sa mise en cause du socialisme est vieille d’un siècle, banale comme les discours des « néos » : mais le problème c’est que le PS ne dise rien de précis pour défendre les retraites, hausser les salaires, reconstruire le droit du travail, partager les richesses.

Bon sang, rien ne sert d’admonester Valls sur le plan de la seule discipline ; nul ne l’entendrait si, en ce moment, avec toute la gauche, on défendait 35, 60, 1600, – 35 h, 60 ans, 1600 euros. Et la gauche répondrait forcément « présente » à nos appels à l’unité !

Il nous faut une ligne offensive à gauche et Valls ne sera plus un problème : « travailler moins pour travailler tous tout de suite » : la crise du capitalisme est liée aux gains de productivité non redistribués, à l’appauvrissement qui en résulte, à la finance incontrôlée qui les torpille. En face, le socialisme est une idée neuve, affirmons-là.

Gérard Filoche, le 16 juillet 2009

Sarkozy va t’en guerre – 14 juillet militariste à plein – Combien : 1 millions d’euros pour le concert « gratuit » de Johnny Hallayday ?

Sarkozy attaque  » les talibans qui mutilent les petites filles qui se mettent du vernis à ongles, qui enferment les femmes dans la burqua « , et assure « le président Obama » qu’il « aidera les Usa  en Afghanistan contre les talibans » …

Comme s’il s’agissait d’un combat contre « des barbares et moyen-âgeux », alors qu’il s’agit d’un combat pour le pétrole, pour l’accès et le gaz en Asie centrale. Le langage martial rappelle celui de la guerre d’Algérie,  de la « pacification » contre les fellaghas terroristes.

D’ailleurs le même Sarkozy, tellement « inflexible » dans la croisade pour les droits des femmes à Kaboul, vient de signer à Abu Dhabi,  un accord à la vie, à la mort, qui lie la France avec les … non moins barbares des Emirats arabes unis qui ne sont pas mieux que les talibans face aux femmes, aux homosexuels, aux droits de l’homme, et qui utilisent le travail forcé dans des conditions atroces pour faire construire « le Louvre d’Abu Dhabi », et la nouvelle « base militaire française » plantée, on se demande pourquoi, à 220 Kms des côtes iraniennes. C’est un défi aux Iraniens  et même à la politique d’Obama, c’est une politique de faucon.

Sarkozy va encore porter la responsabilité de la mort de jeunes gens de l’armée professionnelle française dans un territoire où ils n’ont rien à faire, embarqués dans une guerre perdue d’avance, une guerre totalement hypocrite, étrangère à la défense de la « civilisation »,  car au bout, il y a déjà et il y aura à coup sûr,  négociation avec les talibans, dés que ceux-ci voudront bien donner les garanties pour un pipe-line traversant le territoire afghan.

Ce 14 juillet sur les ondes est une véritable préparation à toutes les guerres (la France sur sept théâtres d’opérations…) où même Michel Drucker saute en parachute pour valoriser les commandos entraînés en… Corse.

Se rend-on compte de ce qui se passe ?  L’armée française n’est tournée que vers des missions d’agression extérieure, impérialistes. Sarkozy ne peut que souhaiter une guerre matamore pour se faire ré élire, c’est un adepte de Margaret Thatcher et de ses Malouines,  des faucons pro Bush et de leur invasion criminelle de l’Irak, des inconditionnels de l’état d’Israël qui a massacré les palestiniens et laisse Gaza dans une misère inhumaine. La diplomatie de Sarkozy-Kouchner est en train de manœuvrer contre celle d’Obama  et recherche les raisons d’une guerre contre l’Iran … tout en se taisant sur le putsch au Honduras.

Le même Sarkozy qui concentre tous les pouvoirs ici, comme dans une « République bananière » : voilà l’Elysée qui décide qu’il faut un nouveau procès dans l’affaire dite du « gang des barbares ». C’est Claude Guéant qui décide que les peines accordées par le jury, étant inférieures aux réquisitions, elles doivent être rejugées : où a t on vu cela ?
Et la police cogne le même jour sans motif à Montreuil sous les ordres d’Hortefeux…

Et si vous êtes l’ami « personnel » du président et que vous ne voulez pas payer vos impôts en France,

- si vous cherchez à devenir belge puis suisse plutôt que français,
- si vous n’avez pas assez d’une baignoire en or et qu’il vous en faut deux, (50 % de ce que vous gagnez selon le « bouclier fiscal »…)
- si vous ne voulez pas participer à l’impôt progressif républicain,
vous avez droit  non pas à une enquête du fisc pour fraude fiscale,
mais à une récompense nationale,

On vous « offre » de  donner un concert gratuit le soir du 14 juillet à Paris relayé par tous les médias nationaux, payé par les contribuables !

Allez, combien : 1 million d’euros cette gratuité-là ?

Les vents et contrevents de l’unité

Il y a aujourd’hui à gauche un « déni d’unité » comme si les composantes de celle-ci ne se rendaient pas compte du danger face au sarkozysme menaçant tout azimut les droits sociaux et républicains.

Face à l’offre d’unité de la gauche de Martine Aubry, les réponses négatives fusent. Alors que le vent de la responsabilité, de l’urgence devrait souffler pour l’unité, les uns et les autres tirent dans des directions contraires.

On a au moins quatre réponses actuellement  :

-       1°) pas d’unité assumée,
-       2°) unité mais avec la droite,
-       3°) petit front de gauche,
-       4°) moyen front de gauche …

Reste à faire triompher le grand front de toute la gauche !

1°) La réponse la plus irresponsable est sans doute celle de Cohn-Bendit qui choisit de s’en moquer. Il explique qu’il n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre, que tout cela est faribole. Ce gars-là, il est vrai, n’a pas de classe. Pas de classe sociale.

L’individu n’a pas de racines parmi les 91 % de la population active qui produisent l’essentiel des richesses de ce pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Vous l’avez déjà entendu évoquer l’exploitation, la violence et la souffrance au travail ? Il ne connaît pas. Il erre dans la stratosphère des médias, voit les choses de haut à la Yann-Arthus Bertrand. Ce n’est pas un syndicaliste, le syndicalisme l’ennuie… Ce n’est pas un défenseur des salaires, de la protection sociale, non, seulement « de la nature » !

C’est sans doute pourquoi une partie des Verts avec Martine Billard vient de fuir les Verts dans la mesure où ceux-ci sont retombés entre les mains des « ni ni », ni gauche, ni droite. Cohn-Bendit, c’est Waechter en plus mondain.

Cohn-Bendit c’est celui qui, en 2008, va rendre visite à Sarkozy et lui offre son livre « Forget mai 68 ! » : ça ne pouvait que faire plaisir à un président partisan de « liquider mai 68 ». Cohn-Bendit n’a aucunement la volonté de donner la priorité à « battre la droite » et Sarkozy. Il n’a pas de problème de chômage, de fin de mois ou de retraite.

Mais est-ce que « Europe écologie » est vraiment avec José Bové, et la majorité des autres Verts comme Noël Mamére, Yves Cochet, engagée dans un déni d’alliance avec la gauche pour battre Sarkozy ? Déjà, il y a dix ans Cohn-Bendit avait tenté de faire une OPA sur les Verts pour les recentrer, les dévoyer dans des combines politiciennes. Y parviendra t il sans résistances ce coup-ci ?

Les Verts ont leur place et leurs devoirs au sein de la gauche, dans un front impératif si on veut avoir la chance de battre Sarkozy et de reconstruire une République sociale et écologiste. Pour sauver la banquise il ne faut pas se livrer aux banquiers.

2°) La deuxième, non moins dangereuse,  fait le succès  inattendu d’un disparu : Robert Hue. Celui-ci est devenu subitement la coqueluche des médias parce qu’il accepte l’unité avec le Modem. Du coup il est invité  par François Hollande chez les ex trans-courants de Lorient !  Il est invité par Peillon, Guérini, avec De Sarnez à Marseille.

Voilà une nouvelle variante droitière de l’unité, du « front populaire » : un gros morceau de gauche, une exclusive contre le reste de la gauche, et une alliance avec un morceau de la droite. Une coalition arc-en-ciel, comme ils disent, mais sans rose ni rouge… ni verts.  Ils vont inventer une autre couleur, c’est sûr : on les verra en orange, avec Valls, histoire de bien marquer la rupture « moderne » avec 100 ans de socialisme. Cette voie de Hue-Peillon-Hollande  est une variante de ce qui s’est passé en Italie et y a tué à la fois le PCI et le PSI : derrière le « pacte d’unité progressiste » signé par Hue, Rebsamen, on voit bien qu’il ne s’agit pas d’unité du camp de la gauche, mais d’une nouvelle coalition interclassiste.

C’est une sorte de choix à la SPD, troisième voie : plutôt que d’unifier la gauche, on s’unifie avec la droite ! Il ne manquera plus qu’un « Prodi » local et le Sarkozy-Berlusconi se fera ré élire.  Ça devrait davantage plaire à Cohn-Bendit (mais encore moins à Martine Billard). On ne sait pas encore clairement ce que sera la réponse du PCF officiel : aller dans la voie d’Hue ou dans celle de Mélenchon ? On ne sait pas non plus ce que sera le choix de la direction du PS… si l’unité de la gauche ne se fait pas.

Le tiraillement est évident. Rien n’est joué. Mais pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’autre stratégie gagnante que l’union de la gauche : si on ne l’assume pas complètement, on dérive d’un coté ou de l’autre. Car il y a dans les « autres gauches » autant de « visions » que de groupes et sous groupes, alors chacun donne une stratégie de remplacement, d’attente, et le PS, indécis peut aller d’un bord ou de l’autre. Les forces centrifuges sont évidemment, férocement, à l’œuvre.

3°) La troisième, c’est celle du NPA : « Niet ». Rien à faire avec l’unité de toute la gauche. Entretenons la division. On préfère un « petit » front de gauche bien radical, sans le PS, même s’il ne sert à rien puisqu’il demeure incapable de gagner la majorité et de prendre le pouvoir. Et l’on somme ses alliés possibles… sur leur capacité de résistance à l’attraction de l’unité … Le problème est que ça correspond en partie à la démarche de Martine Aubry puisque celle-ci, justement, ne s’est pas adressée au NPA.

Le NPA dit qu’il ne veut pas, le PS ne lui propose pas … Cela peut durer des années … au plus grand profit de Sarkozy. Car chacun sait que la gauche ne peut être majoritaire si elle est divisée… La responsabilité de part et d’autre serait de proposer l’unité sans préalable, sans exclusive, quitte à en discuter âprement le contenu : et les électeurs de gauche jugeraient qui a raison ou tort… Mais non, Olivier Besancenot s’en tient à un superbe « rien sans nous, rien avec eux » du haut de ses 5 % obtenus aux européennes.

Pourtant chacun note que des résistances existent au sein du NPA, que celui-ci a connu une scission puis une hémorragie du seul fait de son sectarisme lors des européennes du 7 juin, qu’une tendance en son sein est née qui réclame une stratégie de front unique …

Est-ce que ce petit parti va pouvoir rester isolé, bloquant la situation éternellement et laissant la droite agir et se faire ré élire ? Ce n’est pas sûr non plus.

4°) La quatrième, c’est la réponse de Jean-Luc Mélenchon qui s’est empressé de rejeter vigoureusement l‘offre de Martine Aubry en l’accusant de jouer « double jeu ».

C’est peut-être vrai mais comment prouver  à des millions d’électeurs qu’il s’agit d’un double jeu si on refuse de jouer la partie ?

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’il y aurait des propositions d’unité insincères. On peut croire que Martine Aubry a rédigé une lettre d’invitation à l’unité à gauche pour répondre aux exigences de l’aile gauche de son propre parti mais sans avoir l’intention de mener à bien une telle bataille.

D’ailleurs le fait qu’elle ait délibérément omis d’inviter le NPA dans l’unité de la gauche, pourrait paraître un signe. Et le fait qu’elle ne place pas clairement la discussion d’un programme commun avant de parler « maison commune » est en effet problématique : dans quelle direction, sur quel programme l’unité   peut-elle se réaliser ?

Ceci dit, c’est toujours comme cela … Quoi de neuf ? Pourquoi refuser le défi ? L’unité est un combat. Il faut lever les obstacles un à un. Il faut que les militants s’impliquent et impliquent les électeurs, le salariat. Pour cela, il faut engager les discussions, les rendre publiques, les suivre, proposer non pas refuser.

Quand on refuse a priori d’affronter un (banal, ordinaire) « double jeu », c’est qu’on n’est pas sûr de soi et parce qu’en fait on ne souhaite pas, non plus, l’unité. Repousser le PS dans les bras du Modem ce n’est pas une « démonstration », c’est un risque, ce serait un échec.

Et, de facto, on se demande si Mélenchon ne propose pas un « super NPA » c’est-à-dire un « moyen » front de gauche qui rassemble toute « l’autre gauche », mais avec une exclusive, le PS … La stratégie serait la même que le NPA : dépasser d’abord le PS. Elle ne divergerait que plus tard : après avoir dépassé le PS, il serait possible de s’allier avec lui dans des conditions de rapport de force inversées.

Mais cette stratégie aléatoire en deux temps … prendrait tant de temps qu’elle laissera Sarkozy gagner 10 régions en 2010 et se faire ré élire en 2012 !

Quand on en est deux groupements à  5 ou 6 % des voix, face à un parti qui a 2 villes sur 3, 61 % des départements, 2 régions sur 3, 200 députés,  pareille stratégie défie l’entendement : le dépasser avant de s’allier ?

C’est l’argument que le NPA utilisait avant les européennes pour refuser le « moyen » front. Maintenant, c’est l’argument de Mélenchon : on refuse le « grand » front tant qu’on n’est pas les plus forts à l’intérieur. C’est stupide ! (car le seul moyen de devenir éventuellement plus fort, c’est de l’accepter). Ce n’est qu’une autre version de la division.

Il n’y a qu’une seule réponse cohérente à mettre en avant face à toutes ces tentations : l’unité de toute la gauche contre toute la droite. Et pour la réussir, il faut un programme commun de transformation sociale profonde.

On doit se battre pour que le PS propose l’unité à toute la gauche et non au Modem. On doit se battre pour que d’abord un programme commun soit débattu. Mais pour lancer la dynamique, on doit publier sa propre proposition de programme à l’intention de tous les partis de gauche (sans exclusive, des Verts au NPA) et à l’intention de tous les électeurs de gauche, en proposant des modalités de confrontation des propositions de tous les partis de gauche afin d’arriver à un accord : rencontre nationale de ces partis, rencontres locales, puis assises locales publiques co-organisées par ces partis et états généraux nationaux …

Et ensuite pour des candidatures communes et une candidature unique à la présidentielle, meilleur moyen, dès le premier tour, d’affronter puis de battre Sarkozy.

Devant les vents contraires, les paroles brouillées, les petits calculs qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu, il me semble que l’on peut s’appuyer sur les aspirations majoritaires dans le salariat à l’unité pour battre Sarkozy.

Pour l’heure, les propos des « chefs » de clan, ou de groupes sont inconnus du grand public de gauche, mais ils vont forcément se heurter à la volonté unitaire.

Ras le bol de toutes ces manœuvres : ni front avec la droite, ni petit, ni moyen front de gauche, pour un front de toute la gauche !  Ne pas attendre, ni « laisser faire » : car à force de se repousser les extrêmes de la droite de la gauche et de la gauche de la gauche vont tuer toute chance de battre Sarkozy.

Au cœur de la gauche, on doit appeler toutes ses composantes, à se rencontrer, à débattre de la base au sommet, en urgence. Un « appel à l’unité de toute la gauche » géant est nécessaire. Car le temps compte désormais : sauf explosion sociale, toujours possible, souhaitable et capable de hâter et de faciliter un tel processus, les régionales sont dans neuf mois et la présidentielle dans 33 mois.

Gérard Filoche, le lundi 13 juillet 2009

A propos du Honduras : « Zelaya putsch au crime ».

Libération n’a pas hésité à soutenir les putschistes : Manuel Zelaya, (un libéral pas vraiment révolutionnaire) président élu, qui a été  écarté, arrêté, expulsé, y est qualifié carrément de responsable de son sort : « Zelaya putsch au crime » et accusé : « Destitué dimanche, il avait scellé son sort en violant la Constitution ».

Le JDD titre : « Honduras : Le président crie au coup d’État ». Ah bon car il n’y en a pas ?

Le Monde.fr avec l’AFP, le 26 juin, falsifie les faits  : « Avant un référendum prévu dimanche, le Honduras plonge graduellement dans une crise politique. Le président Manuel Zelaya a forcé l’entrée d’une base militaire, jeudi, pour récupérer les urnes nécessaires à cette consultation, qui pourrait déboucher sur une réforme constitutionnelle qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat présidentiel. L’armée, hostile à une réélection de M. Zelaya, avait refusé de distribuer les urnes ».

La majorité de la presse française, pro pouvoir,  signale de façon ambiguë et indulgente : « le premier coup d’état depuis la fin de la guerre froide » oubliant la tentative du patronat et de l’armée qui a duré 48 h au Venezuela contre le président Chavez le 22 avril 2002.

L’AFP a donné le ton : «  Honduras : le président Zelaya force l’entrée d’une base militaire ». C’est carrément la faute du président s’il est victime d’un putsch. L’agence dénonce « la destitution du chef d’état-major général par le président Manuel Zelaya face à l’opposition de l’armée à son projet de briguer un deuxième mandat présidentiel, selon les médias locaux » et « une consultation populaire organisée par le chef de l’État, malgré l’opposition de l’armée, du Parlement et de la Cour suprême, qui avait jugé ce scrutin illégal. M. Zelaya, élu en 2006 pour un mandat de quatre ans non-renouvelable, avait convoqué les électeurs pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat le 29 novembre. »

Pour bien dramatiser l’AFP rajoute : « Putsch au Honduras : Chavez place son armée en état d’alerte» (repris par Le Monde) comme si l’armée vénézuélienne s’apprêtait à envahir le Honduras. Menace en fait, contre tous ces démocrates partisans, dans cinq, six, sept pays, d’assemblées « constituantes » démocratiques en Amérique latine.

Sauf que Manuel Zelaya ne violait pas la constitution, ne demandait pas un deuxième mandat. Il ne proposait qu’un premier vote, en vérité, une consultation facultative qui ne portait pas sur l’éventualité d’un deuxième mandat du Président, mais sur un vote ultérieur convoquant une assemblée constituante.

A t on ou pas le droit de demander à ce qu’une assemblée constituante soit convoquée par les urnes ?

Cette question ne vaut pas que pour le Honduras ! (Comment parviendra t on à changer la constitution de la V° République, ici, sinon ?)

Cette consultation du 28 juin visait à demander au peuple hondurien, s’il voulait d’une quatrième urne lors des élections de novembre, pour voter en faveur ou non de la convocation d’une Assemblée constituante. « Appuyée par 400 000 signatures, la consultation populaire sans caractère contraignant posant la question suivante : “Êtes-vous d’accord pour que, lors des élections générales de novembre 2009, soit installée une quatrième urne pour décider de la convocation d’une Assemblée nationale constituante destinée à élaborer une nouvelle Constitution politique ? »

L’élection présidentielle était en novembre, le mandat de Zelaya arrivait à terme en janvier, et donc, tout ce qui concerne l’appel à l’Assemblée Constituante aurait dû être traité par son successeur. Par conséquent, il n’existait pas l’ombre d’un projet de réélection présidentielle, de deuxième mandat, c’était une pure invention des militaires pour justifier leur putsch parce qu’ils ne voulaient pas changer une constitution antidémocratique mise en place en 1952 et qui avait servi toutes les dictatures depuis.

Manuel Zelaya était en droit et même en devoir de proposer une élection pour une assemblée constituante pour une vie plus démocratique au Honduras. Il lui fallait pour cela, dans le respect pur du droit constitutionnel plusieurs étapes : car la constitution ne peut être réformée que par le Congrès à la majorité des deux tiers (article 374), elle est « inviolable », c’est-à-dire inamendable sur des points décisifs (article 375) : « Ne pourront être reformés l’article antérieur [l’article 374], le présent article, les articles constitutionnels qui renvoient à la forme du gouvernement, au territoire national, à la durée de la présidence, à l’interdiction d’être à nouveau président de la république pour un citoyen qui aurait rempli ce rôle à quelque titre que ce soit ».

La chronologie est claire.
- Le chef d’état-major a refusé la tenue du scrutin, le président Zelaya l’a destitué.
- L’armée a séquestré les urnes, le président a pris les mesures pour que le scrutin légal ait lieu.
- L’armée a fait un coup d’état, a arrêté, exilé, Zelaya.

Elle a « désigné » Roberto Michelletti, qui s’est appuyé sur les faucons des USA (nommant même comme nouveau conseiller du président putschiste, le chef des escadrons de la mort, Billy Joya, connu pour avoir dirigé les tortures et assassinats dans ce pays pendant les années 80). Hugo Llorens, l’ambassadeur US au Honduras (directeur des Affaires Andines au Conseil National de Sécurité à Washington lors du coup d’État contre le Président Hugo Chávez en avril 2002) a soutenu le putsch.

Mais l’affaire est apparue tellement grossière et scandaleuse, menaçante pour toutes les démocraties en Amérique latine, que finalement l’ONU à l’unanimité a condamné le putsch – avec l’appui du Président Obama (en dépit des hommes et clans de l’ombre, héritiers de la politique de Bush).

La majorité de la presse française a tu, déformé, tronqué les faits réels et entretenu l’ambiguïté sur ce scandaleux coup d’état condamné dans le monde entier. Car Sarkozy, Kouchner et l’UMP sont nostalgiques des faucons de Bush, pas des défenseurs des démocraties montantes en Amérique latine.

PS : Il faut lire l’analyse d’Henri Maler dans Acrimed, qui développe ce qui est résumé ici.

Les courses de Mme Obama

Sarkozy affirme que ce n’est pas normal s’il est obligé de téléphoner lui-même pour que les magasins ouvrent afin que Mme Obama puisse faire ses courses le dimanche. Argument scandaleux bien sûr, fait du prince : le roi est contraint lui-même de commander ces manants qui ne bossent pas le dimanche. Non, mais, enfin …

Piètre astuce surtout pour développer partout le travail des femmes et jeunes pauvres et précaires le dimanche. Car qui va t on « déranger » pour venir bosser le dimanche ?

Qui est concerné ? Les bas salaires, les temps partiels, les petits boulots, pas qualifiés, caissières et vendeuses, en majorité des femmes et des jeunes qui n’ont et n’auront pas le choix.

Xavier Darcos déclare sur France inter que ce sera sur la base du volontariat, « ils pourront se retirer » quand ils le veulent … Mais qu’est-ce qu’il connaît à la vie réelle des entreprises pour dire cela ?

C’est la peur qui règne, la recherche du modeste surplus de salaire qui permet de vivre.

Qui veut travailler le dimanche ? Celui qui n’a pas d’autre choix.

Il n’y a pas de « volontariat » en droit du travail. Répétons le inlassablement contre tous les mensonges, omissions, ce qui caractérise un contrat de travail est un lien de subordination juridique permanente, c’est le patron qui décide, pas le salarié.

Si vous décidez de ne plus travailler le dimanche, le patron en prendra une autre, et vous perdrez votre boulot. Au mieux il vous fera de telles pressions que  vous serez « volontaire ».

Si vous touchez une petite majoration (car elles seront petites vu que finalement la loi n’impose ni salaire double, ni repos compensateur) vous ne pourrez vous en passer … etc. Les femmes qui travailleront pour que des Mme Obama fassent leurs courses seront contraintes et forcées sinon elles resteraient chez elles en famille avec leurs enfants !

Tout ça pour rien puisque cela ne fera ni emploi, ni recettes supplémentaires. Sauf pour les « bourges » qui voudront faire leurs emplettes ce jour-là.

Oui, l’abrogation par Sarkozy de la loi pourtant adoptée à l’unanimité en 1906 sur le principe du repos dominical, c’est un recul de civilisation, un vandalisme anti social, le remplacement de la civilisation du loisir par celle du caddie, une attaque directe contre les précaires, les femmes, les jeunes.

Sarkozy prétend aussi que le système de déréglementation est trop complexe au point qu’une partie des Champs-Elysées est ouverte et pas l’autre : c’est faux, c’est une imposture que les médias relaient sans soupçon.

Le système d’autorisation est exceptionnel et sur critère, dans le 8° arrondissement de Paris comme ailleurs. Et la Mairie de Paris dans son communiqué ne devrait pas laisser une ombre de doute à ce sujet.

Il y a actuellement environ 22 000 dérogations nationalement sur 700 000 commerces. (C’est trop, toutes sont loin d’être nécessaires). Sans compter les 5 dimanches par an (c’était 3 dimanches par an  avant la loi quinquennale Balladur-Giraud de janvier 1994). Préfet, mairie, syndicats, associations de commerçants devaient jusque là donner leur avis : et le plus souvent les petits commerçants s’y opposaient d’ailleurs.

Là, Sarkozy-Maillé-Darcos vont faire ouvrir tout Paris, le forum des Halles, etc. et les grandes surfaces capteront des acheteurs de partout, au détriment des commerces de proximité.

Travailler le dimanche, c’est chômer le lundi.  Il y aura 30 000 emplois en moins dans les petits commerces qui ne pourront pas suivre. Il y aura moins d’emplois en semaine dans les grandes surfaces. Le pouvoir d’achat non seulement n’est pas extensible, mais il est bloqué.

Sarkozy n’a pas « changé » quoiqu’il prétende devant l’OIT ou devant le congrès à Versailles, c’est par pure idéologie que ce forcené néo libéral ne renonce à aucune attaque, à aucun mensonge, à aucun coup bas !!!