Pas question d’usure ! – Il y a un lien entre le vote et les luttes pardi ! – Sans appeler à la « grève générale » il y a beaucoup d’autres choix possibles

Nous l’avions dit entre les lignes, ici, sur le site de D&S, dans la revue de D&S n°164 et 165 : Il fallait voter efficacement le 7 juin pour lutter efficacement le 13 juin.

Sarkozy et ses médias truqueurs aux ordres s’efforçaient de tout concentrer sur le fait que l’UMP arriverait en tête même si c’était avec 10,5 des voix des inscrits. La dispersion des voix et la division de la gauche ont des effets optiques inévitables. Pourtant la gauche a obtenu a peu prés le même nombre de voix  qu’aux européennes de 2004, mais elles se sont redistribuées autrement. Par la faute essentielle du PSE, du PS, de ses erreurs et des handicaps qu’il porte depuis 2005 en matière d’Europe.

Et évidemment, du point de vue des luttes sociales, ce ne sont pas les listes Cohn-Bendit qui peuvent offrir un débouché politique, leur relatif succès signifie même clairement qu’il n’y en a pas ! Ah, que penser de ceux qui estiment que le vote ne sert à rien et qu’il suffit de lutter : comme s’il n’y avait pas de lien entre vote et lutte ! Imaginons la gauche unie à 50 % avec un leader consensuel : tout le monde cherche l’unité dans la rue afin de chasser Sarkozy… Donnez 50 % aux écologistes et des millions de salariés restent chez eux…

Sans débouché politique, avec un relatif obscurcissement dû à la propagande gouvernementale, les huit syndicats n’avaient aucune chance de ré éditer un 29 janvier ou  un 19 mars aussitôt après le 7 juin. D’abord, le 29 janvier et le 19 mars étaient jours de grève en semaine. Comme le 1er mai, le 13 juin n’était pas un jour de lutte en entreprise mais un défilé du samedi. C’était la 5° tentative… en six mois. Trop espacées. Pas de mot d’ordre assez central. Des objectifs corrects mais trop généraux. Une répétition lassante…

Mais attention, ce ne sont pas les salariés qui sont usés, c’est la tactique des confédérations !

En l’absence lourde de débouché politique, c’est la forme insuffisamment convaincante de l’action qui est aussi en cause. Parmi ceux qui manifestaient quand même dans le désert de la place de la Bastille, 14 h, samedi, la colère était forte : il y avait plus de gros ballons que de salariés.

Ceux qui échangeaient, discutaient sous les ballons désertifiés, auraient bien tordu le cou à des responsables confédéraux s’ils les avaient eus sous la main. L’un racontait que les militants et les salariés de sa boîte avaient carrément refusé de venir, boycottant un appel auquel ils ne croyaient pas. Les dirigeants syndicaux, « ils nous baladent, ils ne comprennent pas, on en a assez… », et après ils vont dire que c’est notre faute, qu’on ne suit pas !  C’est ce qu’a dit Bernard Thibault, qu’il y avait « usure » des manifestants alors que c’est la tactique qu’il propose avec les 7 autres syndicats qui est usée.

Bien sûr, je suis conscient de la nécessité absolue et de la difficulté énorme de l’unité, bien sûr je ne propose pas un appel à la grève générale… ça ne se décrète pas, ça ne se déclenche pas comme ça…

Mais entre ça et un 5° défilé un samedi après une élection perdue d’avance, il y a un espace !

On peut prendre appui sur les 185 000 emplois supprimés en 3 mois du fait de la politique de Sarkozy, 2000 chômeurs de plus par jour et dire « stop » : » contrôle immédiat sur les licenciements » et « hausse des salaires, faites payer les banquiers et banqueroutiers» !  Un appel indigné, vif, unitaire, rapide, à deux jours de grève interprofessionnelle consécutive avec mise au pied du mur du gouvernement aurait mille fois plus d’écho. Deux jours, pas un jour, assez pour donner confiance, pour faire coup de semonce très sérieux. Pas seulement des manifs mais une grève la plus étendue possible sur le territoire, avec assemblées générales dans les entreprises,  aux objectifs clairs unifiants.

Alors voilà Chérèque qui annonce que  la rentrée sera chaude. A la St Glinglin… Mais qui est il pour reculer à dans quatre mois, l’heure de la lutte pour ceux qui perdent leur emploi chaque jour ?  En été 1953, il y eut un immense mouvement social en plein été ! Cette manière d’espacer les rendez-vous de lutte, cette façon d’étaler le calendrier vient de faire fiasco ! Ce ton, ce genre de distance qui ignore les «  Contis », les « Caterpillar », les « Molex » sent l’usure ! Et si les premiers confédéraux allaient tenir des meetings ensemble de soutien à chaque entreprise en lutte un peu symbolique ?

Et si pendant l’été au lieu de faire le tour des plages, ils faisaient le tour des grèves et mobilisations contre les plans de licenciement ?

Guetta disloque le salariat – Sarkozy bat les records de chômage de toute l’histoire de France ! – Batho disloque la proportionnelle – France inter disloque les générations – PS pas mort !

Quel réveil sur France inter : Bernard Guetta explique pourquoi la gauche est morte, en gros parce qu’il n’y a plus de mineurs, de métallos et de grosses industries… et « la crise », comme l’a titré Libé, « profite à la droite » et « ne sert pas la social démocratie ». Entassement de mauvais clichés !

Le coup des  masses ouvrières qui n’existent plus, Guy Sorman l’a fait, il y a vingt ans déjà…et même Serge Mallet en 1967 !  Il paraît qu’il n’y aurait plus jamais d’assemblée générale à main levée sur le parvis des corons ! Plus jamais de grève générale ! Ont-ils ouvert les yeux en mai 1968, 76, 86, 94, 95, 2003, 2006 ? Si nous avons encore des « amortisseurs sociaux qui nous protègent » (selon la succulente expression de François Fillon) c’est grâce à ces mouvements répétés du salariat.

Qu’ils prennent garde ! Ne voient-ils pas qu’en mai 68 le salariat était environ 70 % de la population active et qu’aujourd’hui le salariat est environ 93 % de la population active ?  Les jeunes sont des salariés en formation. Les chômeurs sont des salariés temporairement privés d’emploi. Les retraités vivent au jour le jour grâce aux cotisations des salariés. Le salariat n’a jamais été aussi fort.

Ce ne sont plus les « coups de grisou » qui tuent mais les « AVC » qui frappent indistinctement ouvriers (6 millions) employés ( 9 millions) cadres (3,5 millions), tous les salariés n’ont que leur force de travail à vendre, les écarts de salaires sont réduits, bloqués, compactés, les CDI font de 85 % à 97 % des contrats et ils durent plus longtemps, cols blanc et cols bleus sont mélangés. Le salariat n’a jamais été aussi homogène, même s’il ne le sait pas et si les discours comme celui de Guetta contribuent à empêcher qu’il le sache !

Et si la crise ne sert pas la social-démocratie, c’est parce que celle-ci ne sait pas s’en servir !

C’est-à-dire que tout devrait pousser les peuples à gauche, mais les chefs de la gauche sont si peu à la hauteur que ce phénomène de masse, logique dans la période où nous sommes, ne se produit pas : mais ce n’est pas la droite, c’est l’abstention qui l’emporte comme le 7 juin. Sarkozy président en exercice a obtenu 10,5 % des voix des électeurs inscrits dans son pays : il devrait être chassé ! Lui, qui vient de détruire par sa politique 185 000 emplois en quelques mois, qui fait 2000 chômeurs de plus par jour, qui supprime 30 à 34 000 emplois publics chaque année depuis 4 ans, qui vise à prolonger « les seniors » au travail alors qu’il y a 23 % de jeunes qui cherchent un emploi, qui fait faire à la fois des heures supplémentaires et du chômage partiel au lieu de réduire la durée du travail  !

Alors quand France inter fait parler les générations socialistes les unes contre les autres sur le thème de la « mort du PS », on a de quoi bondir de l’abêtissement du journalisme et de l’abaissement organisé de la politique. Comme si c’était affaire de génération ! Plus stupide, tu meurs, en effet. Il vaut mieux des sexagénaires bien à gauche expérimentés, que des quadras jeunes coqs archi droitiers ! Et Delphine Batho met tout cela sur le dos des courants : ce serait à se décourager de l’intelligence des « jeunes générations » si c’était tout ce qu’elles ont à dire. Car sans la proportionnelle, sans le droit de s’organiser sur des plateformes d’idées, le PS, oui, serait mort depuis longtemps : ce sont les courants et le droit à la proportionnelle qui le sauvent encore !

On peut toujours espérer grâce au débat d’idées le ré orienter à gauche. C’est le seul parti en Europe qui a encore ces règles démocratiques et c’est pour cela qu’il est encore un peu plus à gauche que le reste du PSE. Tuer le débat à la proportionnelle, remplacez-le totalement par des écuries présidentielles, et c’en est fini.

INTÉGRALITE INTERVENTION AU CN DU PS DE MARDI 9 JUIN 2009.

Bonsoir

je voudrais d’abord dire à Pierre Moscovici qui parlait des « accords techniques » au Parlement européen avec Barroso que c’est à cause de tous ces « accords techniques » d’avant-hier si le PSE a perdu hier. C’est à cause de son accord avec la droite si le SPD a perdu hier. Il y avait en Allemagne une majorité de gauche SPD, Verts et Die Linke mais le SPD a choisi de ne pas la concrétiser et de diriger avec Angela Merkel… Cela l’a fait s’effondrer le 7 juin et ce sera pareil aux élections de septembre 2009. La troisième voie, l’alliance avec le centre ou la droite, c’est perdant partout. Ce 7 juin 2009, c’est la mort de la troisième voie, c’est la mort du blairisme ! Nous vivons dans un affrontement entre Europe de droite et Europe de gauche, pas dans des combines, pas dans des voies intermédiaires, ni des « compromis techniques ». Pendant la campagne électorale, le PSE n’a pas été un atout mais un boulet. C’était un boulet que de n’avoir pas de position claire contre le Traité de Lisbonne et c’était un boulet de n’avoir pas un candidat contre Barroso. Alors on s’est fait tacler !

Je suis venu à ce Conseil national en lisant sur internet Vincent Peillon qui appelait à la “rénovation du dispositif” et Malek Boutih qui appelait à la “démission” de Martine Aubry : mais là n’est nullement la question. La question n’est pas de remettre le bazar, la question est d’approfondir la voie qui est sortie du congrès de Reims. Car ce n’est pas de « technique » dont nous avons besoin ! Bien sûr on peut améliorer, compléter encore et encore la direction de notre parti, mais ce n’est pas un problème de structure, ni d’instance, ni de fonctionnement, de courants, de thérapie de groupe, ni de dirigeants, qui se pose à nous, c’est un problème de ligne politique. IL FAUT ALLER A GAUCHE !

J’entends dire qu’il faudrait une nouvelle génération : mais il vaut mieux des sexagénaires expérimentés bien à gauche, que des quadras fringants qui jouent les coqs droitiers. Ce que nous demande le peuple c’est d’être plus à gauche. Comme dans le film italien où Nanni Moretti, dans sa cuisine, écoute D’Aléma sur son écran de télévision et qui l’interpelle : «  – Mais dis nous quelque chose de gauche, D’Aléma, dis nous quelque chose de gauche ! ». Il y a des millions de gens, chez nous, quand ils entendent le PS, qui pensent pareillement. Bien sûr, je suis pour une « maison commune » de toute la gauche, comme l’ont dit Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, et Martine Aubry avant moi, je suis pour un front de TOUTE la gauche, pour qu’on y œuvre de toutes nos forces et dés maintenant, unité de la gauche (et pas avec la droite, pas avec le Modem !). Sans unité de la gauche rien de grand ne peut se faire.

Mais pour cela il faut qu’on ait une orientation de gauche. Il faut dire des choses précises sur le fond, sur le Smic et les salaires, sur la sécu,(contre la loi Bachelot, la T2A, les complémentaires, les “patrons”, il faut démocratiser l’hôpital pas le caporaliser)  sur les services publics, sur le contrôle des licenciements abusifs, sur  le droit du travail. Pas des mots, pas des slogans, pas des généralités sur nos « valeurs » et sur « le social », Inutile de crier « social, social » comme des cabris s’il n’y a rien dedans ! On avait gagné 30 % des voix en juin 2004 parce qu’on défendait UN Smic européen aligné sur le haut, et une Europe des 35 h, pourquoi ne l’a t on pas défendu contre l’Europe des 65 h qu’a voulu imposer Sarkozy ? Car lorsqu’il y a 1 million de chômeurs de plus, l’urgence est de réduire la durée du travail sur la semaine et sur la vie… de défendre la retraite à 60 ans et pas « le travail des seniors ». Je viens d’entendre Manuel Valls dire ici qu’il faut parler des retraites, de leur financement, de la durée de la vie, qu’il faudrait « être lucide », mais pour Manuel Valls, la “lucidité”, en fait c’est qu’il est pour la retraite par points du Medef à 63 ou 65 ans sans oser le dire… et il a raison de ne pas le dire parce que chaque fois qu’il parle dans ce sens il nous fait perdre des voix ! Il rend impossible l’unité de la gauche, car celle-ci ne peut se faire sur une ligne droitière ! La crise est ravageuse, on retourne vers un énorme chômage de masse, le niveau des salaires est misérable. Il faut faire des propositions hardies précises pour un Smic à 1600 euros, pour revenir aux 35 h pour tous, et à la retraite à 60 ans, redistribuer le travail et les richesses massivement, pour une économie mixte, où le service public l’emporte.

Manuel Valls dit que les « petits partis de gauche qui défendaient une ligne de gauche n’ont pas fait recette moins que les écologistes plus modérés ». Mais c’est normal, die Linke, même avec le meilleur programme possible,  ne gagnera ni en France, ni en Allemagne, ce n’est pas un « aiguillon » qu’il nous faut, CE QU’IL FAUT C’EST QUE LES GRANDES IDEES DE GAUCHE SOIENT  DEFENDUES PAR UN GRAND PARTI DE GAUCHE CREDIBLE SI ON VEUT QU’ELLES FASSENT RECETTE ! Ce ne sont pas des petites formations qui convaincront notre peuple de s’enthousiasmer pour une grande politique antilibérale, c’est un grand front de gauche où les socialistes ont (encore) le rôle clef. Mais faisons le, vite, sérieusement, car sinon le rôle clef ce sera encore la droite qui le jouera. Quant au vote prétendu modéré qui serait celui qui s’est porté sur les verts, lisez le bien, car il y a José Bové, Eva Joly et pas seulement le libéral Cohn-Bendit, il ne peut y avoir d’écologie sans social, nul ne peut sauver la banquise sans nous sauver des banquiers d’abord !

Ceux qui disent que le Parti socialiste est mort, mourant, langue morte, devraient réfléchir : nous dirigeons 20 régions sur 22, deux villes de plus de 3500 habitants sur trois, 61 % des départements, il a 18 mois en mars 2008 nous avons eu 51 % des voix au deuxième tour, une majorité nette (sans le Modem). En 2004, nous avons gagné les régions parce que, en 2003, nous avions lutté fortement contre Chirac-Raffarin, contre la loi Fillon sur les retraites, parce qu’au Congrès de Dijon, nous avons proclamé que nous abrogerions la loi Fillon sur les retraites, et les Français étaient opposés à près de 70 % à cette loi, et ils ont voté massivement pour nous en mars 2004.

Mais je vous le prédis : pour gagner les régionales de 2010, il faut une ligne nationalement de gauche. Les régions ne se gagneront pas dans les régions ! Je le répète fortement : les régions ne se gagneront pas région par région… ce sera une confirmation ou un basculement global. Si certains ne comprennent pas cela et jouent des cartes locales différentes, il y aura des déconvenues ! Cela se jouera sur des questions politiques centrales, sociales, pas sur des questions techniques de gestion régionale !  Les 20 présidents de région n’ont pas été élus sur leur charisme personnel mais sur une vague rose politique et nationale !

Pour renouveler cette victoire, il faut ALLER A GAUCHE. C’est pas difficile à comprendre, à regarder le triste tableau du PSE, archi-modéré, et son effondrement. C’est pas de la modération qu’il faut, c’est de l’audace, de l’élan à gauche. Si on n’en tire pas cette leçon politique, on continuera à passer  à côté des salariés, et des jeunes qui se sont massivement abstenus le 7 juin, on passera encore à côté du mouvement social, ce sera comme les européennes et on pleurera encore SI ON NE VA PAS A GAUCHE VRAIMENT !

Leçons du 7 juin : Urgence, unité de toute la gauche

En dépit des trompettes d’une UMP à 27,4 %, le total des voix du pouvoir est largement minoritaire en France.

Mais hélas, en face, la gauche qui avait tout pour être majoritaire, n’a pas réussi ni à s’unir et ni à présenter une véritable alternative.

Du coup, le décalage a été total entre les préoccupations majeures des salariés et le type de campagne électorale qui a eu lieu.

Le résultat des votes n’est pas représentatif de la réalité des aspirations de nos concitoyens, puisque les 60 % d’abstentions se concentrent surtout dans la classe salariale alors que nous sommes pourtant dans une période de grandes luttes sociales, avec les 8 syndicats unis, du 29 janvier au 16 mars, du 1er mai au 13 juin. Le lien n’a pas été établi entre les Continental, Caterpillar, Molex, Hewlett-Packard, les 3000 licenciés par jour… et le sens de cette élection.

La liste composite des écologistes a connu un gros succès mais c’est un vote refuge (« Home »). Car pour sauver la banquise, il faut se sauver des banquiers d’abord : pour être un bon écologiste, il faut forcément être un bon anticapitaliste. Et l’écart entre le libéral – libertaire Cohn-Bendit et l’écologisme social de gauche comme José Bové et d’autres est grand.

Ce n’est pas la première fois qu’aux Européennes, il y a  percée d’une liste composite qui ne structure pas la vie politique ensuite. Les Européennes ont servi déjà à des échappatoires pour des votes éphémères. Or nul ne remplacera la “croissance” (noire ?) du capitalisme par la croissance ou la décroissance “verte”.

Ce n’est pas le problème de la couleur de la croissance mais le problème du capitalisme qui est en cause. Cela laisse les écologistes entièrement devant leurs choix face à la gauche demain.

Le fond du problème est entièrement du côté du PS : il aurait pu avoir, le 7 juin 2009, devant l’échec du sarkozysme, 30 % des voix comme en 2004.

Mais en 2004 il avait su défendre l’Europe sociale des 35 h et du Smic européen.

C’était avant le « non » du 29 mai 2005 où la direction du parti se trompa et fut désavouée par 59 % des électeurs socialistes. Et depuis, il y a eu … tous les pas de danse plus qu’hésitants sur le traité de Lisbonne.

Ce passif n’a pas été redressé : l’« Europe sociale » n’a pas été promue comme une réponse claire par le PS pour le vote de ce 7 juin.

Il aurait fallu que le PS choisisse véritablement l’orientation à gauche qui a prévalu, même de justesse, au congrès de Reims. Certes les divisions internes nuisent mais pas tant que ça, ce qui manque c’est l’orientation de combat de gauche vraiment mise en œuvre car c’est ça qui reléguera les divisions.

Impossible de rester entre deux voies, à la croisée des chemins entre un social libéralisme minoré et un combat de gauche insuffisamment assumé. Il faut rénover, aller à gauche vraiment, enfin.

On voit bien que les thèmes les meilleurs, les plus évidents, défendus par le Parti de gauche, le Parti communiste ou le NPA correspondent largement  à l’attente de millions de salariés qui voteraient pour nous sans hésitation si nous les défendions. Mais ces partis ne suffisent pas et ne suffiront pas, ni aujourd’hui, ni demain, à ramener une majorité de voix : il faut que le plus grand des partis, le PS, physiquement, matériellement, politiquement défende ces thèmes, sinon nul n’arrivera à les faire triompher.

Rappelons que le PS dirige 20 régions sur 22, 61 % des départements, et 2 villes sur 3. En mars 2008, il a battu le sarkozysme à plate couture, la gauche avait 51 % des voix, sans l’inconsistant Modem. Le PS est la « clef » de la gauche ». Mais il ne s’en sert pas.

Si la confrontation de fond pour répondre à l’immense crise du système financier, entre une Europe de droite, libérale et une Europe de gauche, sociale, n’a pas eu lieu, à l’occasion du 7 juin, c’est la faute au programme timoré et hésitant du PS.

Car pour s’en prendre à la fois à Barroso et à Sarkozy ce qui était la bonne orientation, il ne fallait pas avoir les pieds dans le tapis du PSE et les mains liés sur l’opt out par Gordon Brown et par le SPD sur Barroso. il fallait au moins un candidat pour la présidence de la commission. Sinon le lien avec le PSE ne faisait pas gagner de voix mais en perdre : c’est un boulet. D’ailleurs partout en Europe les droitiers du PSE ont perdu faute d’offrir une alternative à la crise.

Le problème n’est pas d’avoir fait trop d’anti-sarkozisme, c’est de ne pas en avoir assez fait, et de l’avoir mal ciblé : dés la fin 2008, il fallait désigner directement Sarkzoy et son système, son programme, sa politique, comme étant les fauteurs de crise, la bande du Fouquet’s, le Medef et le CAC 40 comme les forbans de la finance.

La crise n’est pas venue d’ailleurs. Elle était dans la candidature Bling-bling ses appels a la déréglementation boursière, aux subprimes, aux prêts hypothécaires. C’était Sarkozy le “trader de l’Elysée”, l’ami des banquiers et banqueroutiers, en France comme en Europe. Son agitation en G4, G 8, G 20 masquait sa responsabilité centrale dans la crise. Il ne fallait pas le laisser s’échapper, laisser croire qu’il agissait alors qu’il aggravait tout par ses choix.

Et c’est sa “présidence française” qui tentait de faire passer la directive « temps de travail » à 65 h maxima par semaine !

Que n’en n’avons nous fait un axe en y opposant les 35 h et l’incontournable réduction du temps de travail. Il fallait aussi lier la lutte contre la loi Bachelot et la directive santé. Il fallait etre instransigeant sur l’Edf et dénoncer frontalement la privatisation du fret SNCF et de la Poste, annoncer que jamais on ne plierait la France à de telles directives.

La question n’est pas de l’ampleur d’un  plan de relance (40 milliards ou 100 milliards) mais de la nature dudit « plan de relance » : est-il destiné aux banquiers ou aux salariés ? est-il destiné à pérenniser le système ou à le changer ?  Est-ce que nous voulons, pour sortir de la crise, redistribuer les richesses (Smic à 1600 euros, 35 h, retraite à 60 ans, Sécurité sociale, services publics) ou non ?

Le PS est aussi responsable de son score, par sa façon trop lente de rompre le compromis historique avec l’Europe des libéraux pour revendiquer une autre Europe, sociale.

Il y a quatre ans, l’Europe avait passionné les électeurs français qui avaient, en toute connaissance de cause, voté « non » à 55 % au projet de constitution libérale européenne. Depuis l’écart s’est creusé entre l’Europe et les Français, à cause du coup tordu de Sarkozy imposant le traité de Lisbonne sans référendum et des embarras pérennisés du PS, ce qui a contribué à distancier beaucoup d’électeurs des urnes. Trop de salariés ont pensé : « à quoi bon ? ».

Le PS manque au salariat. Il aurait fallu avancer des revendications précises en matière de salaire, de contrôle des licenciements, de durée du travail, de Sécurité sociale. Pas du baratin ! « stop » ou « Changeons maintenant ! » ça ne veut rien dire (quoi, qui, pour qui, comment).

Le PS manque à la gauche : ce fut une grave erreur en pleine campagne, de notre ancien premier secrétaire de relancer l’idée d’une alliance avec le Modem, au lieu de défendre le rapprochement avec le FG, le NPA, les Verts.

Le PS ne soutient pas assez fortement les licenciés, les précaires, les pauvres et ne dénonce pas assez la politique de « rupture » réactionnaire cruellement antisociale de Sarkozy. Il court après les modes, les apparences, mais il ne promeut pas de syndicalistes ni de défenseurs du droit des travailleurs : ce n’est pas une question de génération, de quadras, mais de fond !

Enfin il faut qu’on comprenne massivement qu’on est pour la rupture avec le système.

Nous sommes pour une économie mixte et contre une société de marché. Nous sommes pour rompre avec le capitalisme financier type FMI/OMC. Nous sommes pour une VI ième République sociale, pas pour une République conservatrice néolibérale. Nous sommes pour arrêter avec le « libre-échange », la « concurrence libre et non faussée », et remplacer la « main invisible du marché » par la main visible de la démocratie. Les salariés sont plus nombreux que les actionnaires et les patrons : c’est le salariat que nous devons écouter !

Et pour cela, un seul choix, une seule dynamique, l’unité de la gauche ! Unité de toute la gauche ! Pas d’exclusive, sauf envers les idées de droite libérale ! Pas d’hésitation sur notre camp : pour reconstruire le PS, sortir du 21 avril 2002 et du 6 mai 2007, il faut enfin un autre cap.

Nous sommes, D&S (et nous croyons que c’est la position de la motion C) pour l’unification de la gauche, pour un grand parti de gauche unifié, avec une vie démocratique exemplaire.

Face à une seule droite, une seule gauche !

Nous appelons sans préalable à un travail (assises, réunions a tous les niveaux…de la base au sommet) de toute la gauche pour définir un projet commun et un candidat commun, des candidats communs qui l’incarnent à l’avenir.

Lamy : le chômage partiel est plus efficace que le protectionnisme

Lamy : le chômage partiel est plus efficace que le protectionnisme – (LEMONDE.FR avec AFP | 04.06.09 | 18h13)

Incroyable !

« Le chômage partiel constitue une défense pour les travailleurs face à la crise bien plus efficace que les mesures protectionnistes » a estimé jeudi 4 juin le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy.  Car, a-t-il poursuivi, « il permet de réduire l’activité tout en gardant les employés », et en répartissant les coûts entre les entreprises et le système public.

Le chef de l’OMC qui régit les échanges commerciaux internationaux a fait de la lutte contre le protectionnisme un de ses chevaux de bataille. Il estime que des mesures réduisant le commerce entre pays ont à long terme un effet contraire à celui attendu. Censées protéger les industries nationales des produits exportés et donc préserver l’emploi, les mesures protectionnistes enrayent, selon lui, au bout du compte la machine économique et retardent la reprise.

incroyable… mais vrai !

Extraordinaire raisonnement de Lamy : Vive le chômage partiel, travailler moins gagnez moins pour ne pas « enrayer » (sic) l’économie !

Le même Lamy (qui est pour l’opt out, les 65 h hebdomadaires) est aujourd’hui pour le chômage partiel, le temps d’épuiser les stocks dans cette crise de surproduction … sans gaspiller les profits à payer des salaires ou des indemnités de licenciement

L’ennemi des 35 h défend soudain le système de de la réduction FORCEE du temps de travail avec perte de salaire

Lamy est « pour » que l’état vienne au secours des actionnaires en payant les compléments de salaire (bloqués et baissés) tout en laissant  les usines paralysées  face à une concurrence déloyale,

- Pour lui cela vaut mieux qu’une réglementation des échanges internationaux !

- Tout faire pour garder la loi de la jungle, même ne plus produire !

- Mettre en panne nos industries en laissant celles, ailleurs,  qui ne paient ni salaire, ni droits syndicaux, ni protection sociale continuer à produire

- Même faire payer les salaires en partie par l’état honni …

Hier, Lamy et Cie nous disaient tous, derrière Sauvy (Barre, Raffarin, Parisot, Sarkozy) « c’est le travail qui crée du travail« … travailler plus pour gagner plus

Ils sont déboussolés idéologiquement par la crise, tous ces libéraux. Opportunistes, les voilà qui changent tous : vive le chômage partiel  et il faut « travailler moins, gagner moins« …

Quel est le point commun ? :  Dans les deux cas, l’intérêt des actionnaires !

1°) quand il défend « travailler plus pour gagner plus », c’est pour que les actionnaires puissent surexploiter les salariés sans embaucher

2°) quand il défend « travailler moins et gagner moins »  c’est pour que les actionnaires puissent baisser les salaires sans licencier

Nous défendons, nous,  la réduction du temps de travail pour tous avec hausse de salaires pour répartir les richesses et relancer l’économie dans un monde où les règles de l’échange soient négociées et contrôlées

Que l’OIT  puisse agir à parité avec l’OMC de façon à rendre le droit du travail constitutif des règles de la concurrence

Pour une Europe sociale, harmonisée socialement et fiscalement dans l’intérêt des salariés pas des actionnaires, M. Lamy ! Pour un PS ancré à gauche pas ancré à l’OMC ni au FMI !

Pour un PS des 35 h, du Smic à 1600 euros, de la retraite à 60 ans, pas pour un PS du chômage partiel, M. Lamy ! Pour une gauche unie pour faire payer aux capitalistes leur crise, pas pour la faire payer aux salariés !

C’est pour cela que nous voterons PS, le 7 juin, pas pour vos idées libérales, Monsieur Lamy !

Vive l’Europe de gauche à 35 h !  Contre l’Europe de droite à 65 h pour les uns et à chômage partiel pour les autres …

France 2 jeudi 4 mai : ce fut le seul débat des européennes à la télévision, va t on s’en plaindre ?

Tant d’idées contenues, de points de vue non débattus, étouffés depuis trois mois, alors ça a explosé ! Arlette Chabot, UMP de combat, termine, en la tuant, sa seule émission, par un regret mortifère, en osant dire que « cela ne va pas pousser au vote ». Pourtant ses partis pris et ses mépris, toute la soirée, était visibles : son « sujet » final sur les multiples spots européens d’appel à ne pas s’abstenir était nul, sa façon de limiter en voulant les opposer d’emblée NPA et FG était grossière, sa partialité obséquieuse pour l’UMP Xavier Bertrand crevait l’écran, ses commentaires indignés en défense du « service public » (sa chaîne), son soutien aux sondages truqués aussi.

Mais des débats de ce type, il en aurait fallu quatre ou cinq ou six comme cela, par thème, par groupes, avec des orateurs multiples par listes chaque semaine depuis trois mois !  La « culture de banlieue » (selon une phrase méprisante de Chabot)  ou la vivacité des polémiques ne sont pas en cause, c’est leur rareté, leur aseptisation et leur  condamnation qui sont en cause ! Oui, il faut des débats explosifs comme celui-là, plus souvent, plus à fond, plus systématiquement !

Bien sûr que Cohn-Bendit est un ami libéral-libertaire de Sarkzoy et qu’il est allé le voir à l’Elysée en lui offrant son livre « Forget mai 68 ». Bien sur que Cohn-Bendit joue à l’envie les ludions qui donnent des leçons, sans autre base théorique, politique et sociale que ses personnages médiatiques successifs à facettes multiples. Il a été particulièrement odieux et imbu de lui-même sans marquer en quoi que ce soit le fond du débat.

Bien sûr que Bayrou n’arrive pas à trouver son créneau en masquant sa face droite sans montrer une face gauche et à la fin cet équilibrisme crève les yeux, le laissant parfois à nu et à cru sans voix. Au moins dans ce débat cela s’est vu.

Bien sûr les ultra-droites, Le Pen et De Villiers s’excitaient en concours de nationalisme réciproque, et avaient toutes les raisons de s’énerver du double, triple, quadruple langage de Xavier Bertrand. Ledit chef de l’UMP est brutal, sans nuance, sans vergogne, disant, confit et cynique, tout et son contraire sur la taxe carbone, la durée du travail, la Turquie, la protection sociale, la crise ou le vin rosé…

Il n’y avait que les trois de gauche, Aubry, Besancenot, Mélenchon qui se comportaient bien, essayaient de causer sur le fond, et en se respectant, ce qui est très appréciable. Pour une fois, ils se sont aidés, écoutés, même approuvés. Dommage qu’ils n’aient pas pu mieux développer sur le Smic européen ( à quel niveau et comment ?) et sur la directive temps de travail (48 h – 65 h, opt out), ces questions si concrètes et si décisives, sur l’élargissement, sur le libre échange. Par exemple ce dernier thème aurait mérité une émission entière : on l’a senti quand tous étaient obligés de mettre des bémols à leurs anciens discours en introduisant des exemples de protectionnisme partiel, non théorisé.

Martine Aubry est allé de son couplet pour dépasser et remettre en cause Lisbonne, contre le marché, contre la directive retour, pour un « juste échange » remplaçant le « libre » échange, après avoir défendu le Smic, la hausse des salaires, et surtout le contrôle des licenciements, surprenant même Besancenot. Elle opinait quand Besancenot parlait, répondait à « Jean-Luc », et faisait bloc avec eux loin du Modem et de Cohn-Bendit assis à la table de la droite.

Il vaut mieux des débats vifs, polémiques, éveillés que le silence organisé depuis des semaines pour pousser 60% des français à s’abstenir. Alors non aux commentaires qui caricaturent la caricature :  le principe de l’émission devient un enjeu, il est dénigré avant d’être diffusé, et déjà vilipendé comme s’il fallait se fixer sur le regret d’une  pareille foire d’empoigne et comme si tout se résumait au  « minable » de Cohn-Bendit qui répond à l’ « ignominieux » de Bayrou.

On a quand même esquissé quelques questions de fond : réclamons davantage sans regretter le peu qu’on a eu.

Les coups de pied de l’âne de Laurent Joffrin – Ne vous laissez pas avoir, votez PS le 7 juin

La « une » de Libé, à quatre jours du vote, annonce que « la crise profite à la droite ». L’édito Joffrin en rajoute en prétendant que « la crise rend légitimiste ». Il nuance à peine  le fait que l’UMP arrivera en tête par un « le total des voix d’opposition sera élevé » et conclut, sans surprise, fourbe  aiguilleur, qu’il faudra allier « gauche radicale, gauche de gouvernement et centre gauche ». Il prend soin de casser l’idée qu’il y aurait une gauche possible en Europe, pages 2, 3 et 4. Pages 6 et 7, il fait un pont bleu étoilé au « succès singulier » de l’écologie ralliée au libéral Cohn-Bendit. Suprême ironie, dans son édito, il tacle « tous les medias complices ».

Oui, c’est dur de faire tourner l’Europe à gauche. Mais tout ce qui renforce la gauche y contribue. Sur 785 élus, il faut gagner 5 % de députés sur le PPE pour que le PSE devienne le plus fort groupe au Parlement européen : c’est énorme et c’est peu à la fois.  (Le PPE a 285 députés, le PSE en a 215, l’écart réel se joue à 40 sièges de plus ou de moins). Pas de quoi proclamer « Europe à droite toute » comme Libé.

D’autant que Joffrin  écrit aussi que c’est dû au fait que la droite « pioche sans vergogne dans le patrimoine de valeurs patiemment accumulé par les sociaux-démocrates » juste en face… de l’article d’un « politologue » qui dénonce… « l’échec idéologique de la gauche ». Chacun sait pourtant que c’est dans l’idéologie néo-libérale que la crise du capitalisme a ouvert des brèches sans fin, et que la droite est obligée de piétiner tous les critères de Maastricht, que la BCE se renie en faisant fonctionner la planche à billets, que banquiers et banqueroutiers sont aux abois, et que les seules protections sont, comme l’avouait hier Fillon lui-même « dans les amortisseurs sociaux » existants, thèmes centraux des campagnes de la gauche. Un média pas « complice » donnerait ses chances à la gauche, mais non, pas Libé.

Les sondages manipulés d’Opinions Way, déjà dénoncés sur ce site, tentent d’accréditer chaque jour, comme l’écrit Le Monde, l’idée que « le PS décroche », et soit le libéral-libertaire Cohn-Bendit monte, soit le catho de droite Bayrou monte. Ils jouent aussi au chat et à la souris entre le Front de gauche et le NPA pour attiser les querelles. Ils ne donnent pas les indications, région par région, masquant le probable fait qu’en dessous de 8 à 10 % nombre de listes n’auront aucun élu et que des millions de voix, surtout à gauche, seront perdues ! (Ah quelle bêtise ces huit pseudo circonscriptions « régionales » au lieu d’un vote clair de listes nationales).

57 % des Français disent vouloir sanctionner Sarkozy et voter en fonction de la situation intérieure. Tout va être organisé par les « médias complices », y compris le fait qu’il n’y aura pas de soirée électorale dimanche, sur les chaînes de télévision, pour occulter les vrais rapports de force et laisser croire que l’UMP, discréditée, « arrive en tête » avec seulement… 25 % des voix. Allez, ne tombez pas dans le vain piège de l’abstention promue par la droite, ne dispersez pas vos voix pour vous « faire plaisir », cela ne sert à rien dans un pareil scrutin, le « témoignage » ne servira à rien, ce n’est pas à travers ces Européennes que peut se bâtir un courant, il faut voter et concentrer vos voix, sur la seule force en position de battre la droite, les socialistes !

Il faut prendre la gauche comme elle est et les socialistes comme ils sont, surtout si on veut les changer. Plus il y aura de voix à gauche, PS, plus c’est l’unité de la gauche qui en sortira nécessaire et évidente, et non pas l’unité avec le prétendu « centre gauche » de Bayrou. L’enjeu du 7 juin n’est ni concurrence, ni surenchère, ni même une bataille de fond programmatique, il est d’affirmer un « camp ». Demain ce sera de construire ce camp – unité à gauche, toute la gauche -  de l’unifier, de le mobiliser.

Ce sera plus facile en ne se laissant pas avoir par les sirènes de l’abstention voulue par la droite et celles de la division voulue par Joffrin pour mieux imposer l’alliance avec le Modem.

Diminuez partout les marges des actionnaires qui licencient ! Les « contis » ont obtenu 50 000 euros (en plus de leurs indemnités de licenciement légales et conventionnelles)

Diminuez partout les marges des actionnaires pourris qui licencient ! Les « contis » ont obtenu 50 000 euros de prime extra légale ( ce qui veut dire en plus de leurs indemnités de licenciement légales et conventionnelles)

Bah, voilà portez chaque licenciement à 50 000, 70 0000, 100 000 euros, 150 000 euros, 200 000 euros. Puisque cet état est incapable de contrôler les licenciements, puisque Sarkozy supprime 150 000 emplois dans la fonction publique, puisqu’il est le premier licencieur de ce pays, puisqu’il va chercher le chômage chaque jour avec le dents, allez –y ! 50 000 euros, ce ne sera pas un parachute doré, certes, ce ne sera pas un emploi, mais c’est toujours ça de pris.

Faites partout pareil : jetez des œufs sur les dirigeants, menacez de casser l’usine et la Préfecture, séquestrez, occupez les entreprises voisines en grève, de Sarreguemines à Goodyear, de Molex à Hewlett Packard, de Sony à Caterpillar, aidez les, solidarité, manifestez, faites grève, défilez.

Les « Contis » tiennent encore leur « job » jusqu’en 2010/11 et ont déjà des garanties financières. Imaginez que mille entreprises ou il y a des plans sociaux fassent cela, et les actionnaires reculeront. Cela leur coûtera plus cher de licencier que cela leur rapportera : vous connaissez un autre moyen avec ces rapaces ?

La grève, la manif, la séquestration vous rapporteront plus que la négociation sage autour d‘une table : allez y n’hésitez pas ! Qui va faire mieux, soyez sans état d’âme, en face ils n’en ont pas. Ils paient s’ils ont peur ! Ils paient si vous les menacez. Ils paient si vous obtenez des échos dans les médias.  Ils paient le couteau sous la gorge : mettez le couteau, partout !

Et demandez encore plus que les Contis : vous les méritez face aux banquiers et banqueroutiers. Les salariés sont l’avenir pour sortir de la crise et du sarkozysme !

Derrière Sarkozy, Fillon distille une musique sinistre – Retour aux 35 h : abrogez la loi TEPA – Arrêtez de forcer les seniors à travailler : priorité aux jeunes !

François Fillon annonce que la hausse du chômage va se poursuivre tout au long de l’année 2009. « Quand on est en récession, il ne peut y avoir de créations d’emplois, il ne peut y avoir qu’augmentation du chômage » (29 mai, sur Europe 1). « On aura une augmentation du chômage dans les pays d’Europe qui va se poursuivre tout au long de l’année 2009 et sans doute encore un peu au début de l’année 2010 ». « Pour que l’économie crée des emplois, il faut qu’elle soit en croissance d’au moins 1,5 à 2 % ».

On en sera à – 3 % ! Mme Lagarde annonçait 300 000 chômeurs en 2009. On en aura un million !  Ces gens mentent pour mieux continuer la même politique.

« Les plans de relance européens vont donner tous leurs effets à partir de l’été » annone François Fillon qui croit voir des « signes de reprise aux Etats-Unis ». C’est douteux là-bas … mais on est en France et la crise en France est venue de la politique suivie ici aussi de déréglementation bancaire et boursière de Sarkozy.

Parlant d’une « récession extrêmement sévère », Fillon se félicite que « Nous ayons en France des amortisseurs sociaux très performants ». Sur ce point, il a étonnamment raison : nos « amortisseurs sociaux » ce sont les retraites par répartition, la sécurité sociale, les cotisations sociales qui abondent logements sociaux, famille nombreuses, accidents du travail, maladies professionnelles, indemnités chômage, les services publics, école, transports, etc…

Mais toute la politique Fillon, et celle de Sarkozy, depuis six ans, vise précisément à diminuer ces « amortisseurs sociaux », à les privatiser, à encourager les fonds de pensions, à baisser le niveau des retraites, la qualité des hôpitaux, à bloquer les salaires qui en font les recettes.

Fillon annonce qu’il va y avoir des « mesures complémentaires en faveur des jeunes dans les semaines prochaines ». Mais qui croit-il tromper, lui qui, parallèlement, prend mesure sur mesure, en plein chômage de masse, pour forcer les « seniors » à rester au travail : sanction contre les entreprises qui ne négocient pas des emplois seniors, contraintes du « Pôle emploi » pour forcer les salariés de 55 à 60 ans à rester,  « liberté » de travailler jusqu’à 70 ans, etc. Lui qui refuse d’abroger la stupide loi dite « TEPA » qui coûte cher en encourageant des heures supplémentaires, lesquelles poussent à travailler plus ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas.

C’est l’heure d’en revenir et vite à l’incontournable réduction du temps de travail : travailler moins pour travailler tous. Avec la gauche, c’était 35 payées 39, avec la droite c’est 45 h payées 35. C’est mauvais pour l’emploi. C’est mauvais pour l’économie. C’est mauvais pour la relance.

Revenons en à la protection de la santé et de l’emploi : les 35 h ! (Mais Fillon, Bertrand, Sarkozy, Letard ont défendu pendant la « fameuse »  – sic – présidence Francaise de l’Europe, une durée du travail maxima portée de 48 h à 65 h… votez contre eux le 7 juin).

Fillon n’ignore rien de la catastrophe sociale qui est devant nous, mais il ne fait rien, il s’en sert, il l’attise, comme lorsque, il y a un an avant, il criait déjà, que « la France était en faillite ». Car fin 2009, 2010,  il veut encore s’en prendre, comme il l’a annoncé, « aux niches sociales », il ne compte pas augmenter les recettes (impôts) -, mais il compte limiter les dépenses, ces « amortisseurs sociaux » qui nous protégent encore.

Total guignol en matière de sécurité – Ca y est Sarkozy s’attaque au Smic

Il est au pouvoir depuis 7 ans et redécouvre l’insécurité, lui qui l’entretient au Karcher, tisonne la racaille, souffle dans les portiques de contrôle, et gaspille l’argent dans des caméras tout azimut. Car c’est sa raison d’être, de se  faire reluire  : pouvoir inventer médiatiquement l’insécurité et plastronner, fier à bras, attisant les peurs pour recueillir les apeurés.

Nos écoles ne sont pas le Bronx, les menaces de violence ne s’y sont pas accrues, les chiffres sont contestés, mais même s’il y avait aggravation, elle serait précisément due aux choix faits par Sarkozy, et pour s’en sortir il faudrait justement se débarrasser des gesticulations de l’actuel sheriff de l’Elysée.

Sarkozy détruit, détruit, fait le contraire de ce qu’il faut faire, obtient des catastrophes et se vante de ses propres échecs – surtout en période électorale – pour s’entêter dans la même guignolade sécuritaire. Il s’en prend même, sans vergogne, contre toute vérité, aux « bonnes consciences »  de la gauche qui crient à juste titre au scandale :

« Embauchez dans les écoles, embauchez ! »

Rétablissez des dizaines de milliers de professeurs, des dizaines de milliers de surveillants, des conseillers d’orientation, des infirmières, des agents d’entretien : ça coûtera moins cher et ce sera mille fois plus efficace que vos portiques, vos caméras, vos fouilles et vos flics tout juste capables d’arrêter des mômes de 6 et 10 ans pour un petit vélo pas volé. Faites de petites classes avec du temps pour les profs de s’occuper de tous leurs élèves en difficulté (au lieu de réduire les heures de cours et de renvoyer vers les cours privés sélectifs ceux qui sont en échec scolaire, victimes de leurs origines sociales).

Rétablissez des personnels dans les gares et métro, rouvrez des maisons de jeunesses et de la culture, recrutez à nouveau les 140 000 fonctionnaires que vous êtes en train de faire disparaître en pleine marée de chômage, redistribuez le travail et les richesses pour que des millions de jeunes, chômeurs ne crèvent plus d’envie et d’injustice devant le cynisme des opulents !

Ca y est Sarkozy met en place la commission des « experts » qui devra donner un avis sur le Smic annuellement le 1er janvier  (pour ne pas l’augmenter bien sûr). C’était une exigence du Medef qui ne veut plus de Smic mensuel mais « annuel », qui veut recréer des abattements de zone et de branche, qui veut  que ce ne soit plus des politiques qui décident du niveau du Smic mais des « sages » (genre Banque Centrale Européenne). L’homme de la bande du Fouquet’s ne veut pas savoir qu’il y a 7 millions de travailleurs pauvres surexploités : avec les dents, il veut creuser leur tomber, les enfoncer,  et voilà qu’il prépare la fin du Smic carrément.

Votez contre lui le 7 juin !