Sarkozy installe une base militaire à 220 Kms des côtes iraniennes dans un pays totalitaire, raciste, sexiste auquel il lie le sort de la France. Choix honteux et risque grave. Votez contre Sarkozy le 7 juin.

Le Monde s’interroge sur « l’anti-sarkozysme » comme si c’était une erreur de combattre de A à Z la politique ce ce président  – le plus réactionnaire et dangereux de notre histoire ! Pourtant il n’y a aucun risque de trop en faire : c’est plus que justifié !

« Bling-bling » n’est pas seulement un danger pour tout ce qu’il y a de social dans notre République française, il est un danger pour la République tout court. À peine avait-il nommé en 2007, le transfuge Bernard Kouchner, comme ministre des affaires étrangères, celui-ci avait annoncé qu’il « fallait se préparer à la guerre contre l’Iran ». C’était clair. Foutu criminel potentiel ! Ils rêvaient alors, eux qui avaient la nostalgie d’avoir « raté » l’Irak, d’accompagner Bush dans une nouvelle croisade d’ingérence contre les « armes de destruction massive ».

Depuis janvier 2009,  Barak Obama propose une autre approche au Moyen-Orient, mais il n’y a pas que le gouvernement israélien qui fait tout pour s’y opposer, il y a aussi le très guerrier et incontrôlable Sarkozy.

Le lobbying pour faire échouer toute négociation avec l’Iran tourne à plein régime à Tel-Aviv comme à Paris. Et le voyage à  Abu Dhabi pour essayer d’y vendre 60 Rafales, d’y installer 500 militaires français à demeure, d’y construire une centrale nucléaire, d’y créer pour la première fois depuis 60 ans une base militaire française, une base navale avec un quai de 300 mètres, de type impérialiste dans une région où règnent les plus fortes tensions au monde, ce n’est pas une petite affaire.

Car cet irresponsable de Sarkozy va jusqu’à déclarer aux Emirats arabes unis, (6 millions d’habitants, 1/5 ° des réserves d’hydrocarbures, proche du détroit d’Ormuz, où passent 40 % du pétrole du monde), que « la France, dans le long terme est aux côtés de ses amis : s’il devait leur arriver quoi que ce soit, nous serions à leurs côtés » !

Pareil engagement vis-à-vis d’un pays au centre de l’œil du cyclone est à peine pensable – sauf par un fauteur de guerre délibéré. Sarkozy  qui a déjà envoyé 1000 jeunes hommes de plus se faire tuer en Afghanistan, engage, en plus, la France dans un accord de défense, « un partenariat de sécurité », contre l’Iran si « la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance des Emirats arabes unis sont affectés ». Rien que cela !

« Si l’Iran vous attaquait, nous serions attaqués aussi ».  « Ça flatte son ego » persifle le Canard Enchaîné, mais ce n’est pas drôle car l’ego de Bling-bling peut éventuellement nous entraîner vers le gouffre !  Claude Angeli fait parler des officiers et experts militaires qui discernent un « comportement à risque ». Tout cela pour vendre les avions Dassault ?  Une note du Ministère de la défense (Hervé Morin) précise que cela n’a pas vocation « à être ratifié par la voie parlementaire » même pas à faire l’objet d’un débat.

Ainsi sans contrôle démocratique, la « main invisible » non pas du marché, mais de Sarkozy nous enferme dans un possible et terrible piége. Le Monde (éditorial du  28 mai) souligne que la France va se trouver au centre « des plaques tectoniques qui font trembler la région » : retrait annoncé des Etats-unis d’Irak, renforcement de l’engagement de l’OTAN en Afghanistan, volonté de l’Iran de devenir une puissance nucléaire, enfin risque de déstabilisation du Pakistan, autre puissance nucléaire, (ainsi qu’Israél – NDR) sans oublier le conflit israélo-palestinien.

Le risque pris par la France est à la hauteur de ces menaces » conclue Le Monde qui ne trouve qu’une chose à regretter, c’est que cette démarche n’entraîne pas toute l’Europe …

Voter le 7 juin contre tous ceux qui veulent entraîner la France et l’Europe dans les guerres expansionnistes pour le pétrole et les marchands d’armes. Troupes françaises hors d’Afghanistan ! Désarmement nucléaire planétaire multilatéral !

rajoutons que les EAU sont barbares et moyen-âgeux : les nations unis réclament d’eux :

1) d’aller vers l’élimination des discriminations raciales, et vers la liberté des religions et des croyances

2) d’adopter des mesures permettant la création d’associations de syndicats et de partis politiques

3) d’abolir la peine de mort (toujours en vigueur).

4) de rompre avec le refus de signer les conventions pour les droits des femmes

5) de refuser toute tolérance à l’égard de l’homosexualité.

6) d’interdire le droit de grève et d’action collective des salariés.

7) de refuser d’étendre les règles du travail aux domestiques étrangers (esclavage forcé)

8) de  refuser une législation sur le mariage et le divorce

Les EAU sont accusés de discrimination raciale systématique contre leur population immigrée (90 % de leur population travailleuse)

voilà le pays totalitaire, raciste, sexiste,  auquel Sarkozy nous lie à la vie, à la guerre !

2500 chômeurs de plus hier mardi 26 – 639 000 chômeurs de plus en 2009 – 34 000 fonctionnaires de moins l’an prochain : « avec les dents » Sarkozy va chercher le chômage, battez-le, le 7 juin !

Pas d’état d’âme, Europe néo-libérale de Barroso et Elysée Sarkoziste, c’est pareil, allez à l’essentiel, votez le 7 à gauche et manifestez le 13 juin.  On les aura tôt ou tard, accumulons les forces d’opposition. Sarkozy refuse de contrôler les licenciements, il préfère discuter de mettre des portiques à l’entrée des écoles que des profs dans les salles de cours, des surveillants dans les cantines, des infirmières dans les hôpitaux, des médecins du travail dans les centres de santé ad hoc.

Hier encore, dans un contrôle, un petit chef d’entreprise qui ne tenait pas ses registres à jour, embauchait « au noir » pour l’accueil de nuit dans son hôtel, pour refaire ses chambres,  et expulsait ses salariés en leur criant dessus, ne se privait pas de demander aussi des aides de l’état pour du « chômage partiel : comme les services concernés sont poussés à accorder ce type d’aide, il faut un contrôle pour s’apercevoir des tricheries. « Travaillez moins pour gagner moins » disent Sarkozy et Parisot, encaissez quand même le maximum d’aides, et surtout ne donnez pas les moyens à l’inspection du contrôle des patrons fraudeurs et menteurs.

Un ex-serveur moteur de recherche Internet célèbre en France dans les années 2000, L…., met la clef sous la porte sans formalité, les dirigeants allemands croient devoir s’épargner toute formalité, tout plan social, tout échange avec le CE, ils ont « fermé » le robinet (connections, électricité, téléphone, bureau, salaires…) du jour au lendemain, la crise sert de prétexte à tout.

Dans une réunion de chantier, CISSCT, on parle sécurité, encore et encore. Ennuyé un des douze petits patrons assis à regret autour de la table opine du bonnet en regardant sa montre : « Oui, mais… ». Tout est dit. Il ne peut pas. Ils sont hors délais. Ils sont obligés d’être là une demi-heure à la réunion sécurité sous peine d’amende. Mais après ils courent et feront n’importe quoi.  Sans tenir aucun compte des normes de sécurité et en croisant les doigts, espérant qu’ils continueront à ne pas avoir eu d’accident grave comme dans les 478 jours de travaux précédents (sauf  il y a 4 jours une entorse due aux mauvaises voies de dégagement, ils en sourient). Dire que Mme Lagarde prétend qu’avec les entreprises, il faut agir par incitation et non pas par contrainte :  si vous n’aviez plus du tout de moyens de contraintes sur les chantiers le nombre des morts augmenterait aussitôt. Pareil si vous croyez, sans loi, ramener les voleurs de stocks options, parachutes dorés, retraites chapeaux, à la raison, vous pouvez toujours courir : Thierry Morin, PDG de Valéo, hier mis en cause par « l’éthique » du Medef et la presse, se vante d’avoir gardé ses 3,6 millions, alors qu’il avait proposé d’en rendre la moitié, son conseil d’administration le lui a refusé…

Pareil si vous ne contrôlez pas les plans sociaux bidons, les « aubaines », les licenciements abusifs et boursiers !

Mais non l’UMP est là pour le fric, pour les actionnaires, pour l’Europe des banqueroutiers, allez vous rester sans voter contre elle le 7 juin ?

Explosion sociale ou pas ? – Lefevre en profite – Une loi scélérate en cache une autre

Alors, elle ne vient pas cette explosion sociale annoncée ?

Ouf, mai 09 est quasi passé. Un de plus sans répétition de mai 68 ! Va t on finir par « liquider mai 68″ insensiblement ?

Pourtant comme l’écrit, Noblecourt (en page 2, éditorial véritable du Monde, 26 mai), tout le monde pronostiquait l’explosion sociale :  Alain Minc, Le Nvel Obs, Villepin, Besancenot !

Alors il y a donc eu erreur !   Noblecourt souligne même que le pouvoir a pu arrêter 74 salariés ERDF sur leur lieu de travail… sans que les syndicats ne bougent.

Oui, c’est vrai, les directions syndicales sont unies mais  « sages », trop sages dans un cas pareil. Noblecourt cite Caterpillar, Continental, Molex, pour mieux conclure à « une forte déprime collective tissée par une kyrielle de colères individuelles ». Voilà, ils ont orchestré l’annonce de la montée probable de la révolution et ils orchestrent maintenant la fin probable de la période où elle devait monter : c’est pratique les médias sarkozystes, ça fait les questions et les réponses, la peur et la fin de la peur. Le même tocsin sert aux deux fins.

Ensuite ils se glorifient dans les deux cas. Comme Viansson-Ponté qui osait écrire en février 68 que « la France s’ennuyait »  et lui, qui ne voyait rien venir de ce qui crevait les yeux, a ainsi été glorifié à l’infini d’avoir pressenti mai 68 ! Parions que Noblecourt pourra se retourner demain, quand ça va exploser, et affirmer que derrière le constat de la « déprime sociale » il avait tout prévu…

Parce que, entre nous, ça couve, ça couve… Ca ne se passe jamais deux fois pareil. L’histoire réelle est toujours plus complexe que l’histoire projetée. Personne ne sait ce que sera le déclencheur. Ni quand. Mais la plaine est sèche et attend son étincelle… Et ce pouvoir sarkozyste le plus inique depuis 60 ans multiplie les provocations…

Ainsi Lefevre (UMP) propose qu’on modifie encore le Code du travail pour qu’on puisse continuer à travailler chez soi quand on est en congé maladie ou en congé maternité, il appelle cela de « nouveaux droits pour les salariés ». On nous dit qu’il abuse, qu’il serait minoritaire même à l’UMP.

Mais non, ce ballon d’essai en cache d’autres. Avec le même abus de langage sur le « volontariat » du salarié, ils proposent qu’il ait « la liberté de travailler le dimanche », « la liberté de travailler 65 h (directive européenne déposée sous la présidence Sarkozy refusée le 17 décembre 2008 par le Parlement par 471 voix contre 243) » par semaine …

Comme si « la liberté » existait en droit du travail avec 3 millions de chômeurs et des salaires bloqués de façon draconienne… Ce qui caractérise un contrat de travail c’est « un lien de subordination juridique permanente » : seul l’employeur décide de la naissance du contrat, de la gestion du contrat, de la fin du contrat… Tout salarié est subordonné : Lefèvre veut étendre « la liberté » des employeurs d’en abuser.

Ainsi l’UMP a déposé une proposition de loi pour que les entreprises puissent « prêter » des salariés aux autres : « loueurs de bras » individualisés contre droit à l’emploi avec contrat de travail légal et conventionnel. Ainsi ils proposeraient aussi que les intérimaires ne se voient plus appliqués tous les droits du contrat de travail et des conventions dans les entreprises où ils sont placés. Demain ils feront pareil avec les CDD.

Comme ils ont établi les « ruptures contractuelles » sans motif : c’est un record, c’est une hécatombe. 66 951 ruptures recensées dont 13 326 dans le seul mois de mars 2009 : dans ce tête à tête solitaire individualisé sans rapport de force collectif, les salariés perdent leur emploi par dizaines de milliers chaque mois, sans même un PSE, sans mesure sociale … Et on voit des entreprises qui vont jusqu’à diminuer leurs effectifs par rupture contractuelle pour passer en dessous des seuils qui leur imposent des obligations… Ils essaient ainsi dans le cadre du Code du travail « recodifié » selon un plan qui  permet facilement de tout casser, pièce après pièce, d’enlever tous les droits, ils essaient de nous cuire à petits feux sans qu’on s’en aperçoive…

Mais nous sommes sans doute le salariat le plus politisé au monde, celui qui a le plus de tradition de luttes, de 68 à 73, 79, 86, 95, 2003, 2006, alors Noblecourt n’enterrera pas cela avec un éditorial !

Des enfants de 6 à 10 ans arrêtés – Ils bloquent les salaires et créent du chômage de masse : les recettes des caisses sociales baissent, Fillon envisage de faire payer encore les salariés – Contradictions entre les slogans du PS et le traité de Lisbonne – Mais pourquoi l’Ump minoritaire et rejetée, devrait-elle rester en tête le 7 juin : votons, votons à gauche !

La ministre Dati voulait mettre des enfants en prison à 12 ans. Que ne ferait-on pour plaire aux maîtres ? Des gendarmes avides de faire du « chiffre », en ont tiré les conséquences en arrêtant des mômes soupconnés d’avoir détourné un vélo…

Le ministre Darcos, ex maire de périgueux discrédité par toutes ses mesures d’affaiblissement de l’école publique, veut une « police spéciale » scolaire. Ce monde sarkozyste déjante : il a supprimé les « pions », les conseillers d’orientation, des dizaines de milliers de profs et il est prêt a dépenser davantage d’argent que ce qu’ils gagnaient pour payer des flics et des portiques dans les collèges. On rêve ou on cauchemarde ?

A force de continuer la politique qui a mené à la crise financière du capitalisme, Sarkozy et Fillon se cognent dans le mur. Puisqu’ils bloquent les salaires, puisqu’ils suppriment des emplois de fonction publique, puisque qu’ils produisent 1500 chômeurs de plus par jour en refusant de contrôler les licenciements et de réduire le temps de travail, les recettes sociales diminuent… 30 milliards d’euros à trouver d’ici octobre 2009 ! Là, ils sont moins fringants que lorsqu’ils ont trouvé 360 milliards pour les banqueroutiers. Ils refusent de bloquer les honoraires libres de leurs amis médecins, mais ils envisagent, pour ne pas augmenter les cotisations de leurs autres amis actionnaires et patrons, de créer une nouvelle caisse déficit d’état, genre CADES avec CRDS.

Des amis m’écrivent et soulignent toutes les contradictions entre les « dix points » sociaux avancés par le PS pour les élections du 7 juin… et le Traité de Lisbonne ! Ils croient être embarrassants, mais non, ils ont raison. C’est vrai que la direction du PS ne défend plus vraiment le Traité de Lisbonne puisqu’elle a voté que « le traité de Lisbonne est une donnée qui ne peut satisfaire les socialistes ». L’un de ces amis critique écrit que le PS est revenu en 2004 : c’est vrai, cela prouve qu’il ne suit pas une évolution linéaire vers le social libéralisme, qu’il est pétri de contradictions et de débats, d’avancées et de reculs. Raison de plus pour se battre en son sein avec la motion C, le courant UMA (un monde d’avance).

La gauche est majoritaire dans ce pays, 20 régions sur 22, 2 villes sur 3, 61 % des départements sont à gauche… Le 14 mars 2008, la gauche obtenait plus de 51 % des voix (sans le fameux et inconsistant Modem !)… Dans les sondages, même commandés par ses instituts, Sarkozy et l’UMP se traînent à 25 %. Dans le pays, manifs et mobilisations sont quasi permanentes du 29 janvier au 19 mars, du 1er mai… au 26 mai et au 13 juin.  Alors pourquoi laisserait-on Sarkozy, l’UMP, et ses médias tromper tout le monde et faire que cela ne se voit pas le 7 juin ?

C’est du concret qu’il faut mettre en avant pour expliquer aux électeurs l’intérêt de leur vote pour eux-mêmes !  Il y a une Europe de droite et une Europe de gauche, il faut que l’Europe de gauche l’emporte contre les banquiers et banqueroutiers. Nous l’affirmons, il y a des enjeux concrets, pratiques, sur la durée du travail, sur les codes du travail, sur le SMIC européen, sur le dumping social et les services publics. Il faut faire le barrage le plus important possible contre la droite, voter pour « sortir » Barroso et les siens ! Votez pour l’Europe des 48 h contre l’Europe UMP des 65 h !

On est resté, à quelques jours de cette élection, dans un « entre deux » : le temps est suspendu entre les luttes sociales qui couvent de partout, et ces élections qui « ne prennent pas » du fait de toutes ces contradictions. Nous disons : « il faut tout lier » : le contrôle des licenciements et l’interdiction des paradis fiscaux en Europe et dans le monde, le Smic européen et les 200 euros  de hausse de salaires pour tous, le refus des 65 h contre les 48 h  maxima, la bataille contre l’UMP et contre Barroso.

Fillon aboie au diapason de Sarkozy – vote utile le 7 juin : pourquoi ?

Voilà Fillon, ce matin, qui aboie au diapason de Sarkozy. Alors qu’il reconnaît qu’en 2009, la crise va être pire que prévue, un recul de 3 % de la croissance, Fillon ose, malgré cela, vanter le « maintien du cap gouvernemental » : « Je n’accepterai à aucun prix une hausse de la fiscalité »  … pour faire face aux déficits accrus !

Ce qui signifie, n’augmentant pas les recettes, qu’il resserrera encore les dépenses !

« Le gouvernement ne bougera plus de sa ligne sur les hôpitaux », répète Fillon qui annonce donc encore la rigueur pour 2010. Ce, à travers 374 mesures de la « RGPP » (révision générale des politiques publiques) qui, supprimant notamment 34 000 fonctionnaires et  bradant le patrimoine de l‘état, économiseront 7 milliards d’euros (sans aucun doute pour mieux les donner aux banquier et banqueroutiers).

Contre le « trou » proclamé de la Sécu, Fillon annonce le « réexamen de certaines niches sociales ». « Le directeur de l’hôpital sera bien le patron » répète Fillon. A propos du processus masqué de privatisation de l’enseignement supérieur, Fillon provoque :  » Jamais, jamais nous ne reviendrons sur l’autonomie des universités « ,   » Pas de concessions, pas d’examens bradés « .

L’UMP dépose un « projet de loi » pour permettre l’échange des salariés d’une entreprise à l’autre, ce qui détruira encore le statut des CDI. En résumé, Sarkozy et Fillon ne veulent rien entendre, ne reculer en rien, continuer d’aggraver la contre-révolution « blanche » antisociale qu’ils mettent en œuvre depuis sept et deux ans.

Alors pourquoi les salariés se laisseraient-ils bercer par les sirènes médiatiques qui essaient d’enfoncer la gauche, de promouvoir l’UMP en tête du scrutin ? L’abstention ? Mais tous les médias y concourent, l’organisent, la susurrent, la flattent, la cultivent. Rien de mieux pour l’UMP qui, si elle arrive en tête prendra cela sans nuance pour un aval de sa politique.

En fait la gauche est majoritaire dans ce pays, mais Sarkozy aimerait bien que cela ne se voit pas le 7 juin, donc il joue la carte abstention + votes acquis pour seulement arriver en tête en jouant sur la division de la gauche et en prétendant que le PS n’a pas de ligne audible. France inter nous répète cela de façon journalière.

Voilà pourquoi il faut voter « utile » sans état d’âme.  Si des millions d’électeurs perçoivent mal l’intérêt de voter le 7 juin 2009 après que le pouvoir ait piétiné leur «NON » majoritaire du 29 mai 2005, pourtant, comme toujours, il y a des enjeux, et si on ne s’occupe pas d’eux, ils s’occupent … de vous …

Par exemple, soyons concrets, voulez-vous une Europe des 65 h hebdomadaires (avec l’opt out britannique) ou voulez vous maintenir (au moins) une Europe de la semaine à 48 h maxima ?

Hé, bien cela dépend de la majorité concrète qu’il y aura au Parlement européen le 7 juin.

Car depuis  5 ans une nouvelle directive européenne est âprement débattue pour savoir si la durée de 48 h sera ou non remise en cause. Tous les néo libéraux, Barroso et cie, Berlusconi, les ministres du travail (Xavier Bertrand UMP et Valérie Létard secrétaire d’état, inclus) du PPE défendent la possibilité de pousser jusqu’à 65 h avec un calcul sur une « durée moyenne de travail d’un an » (au lieu de trois mois). Avec des astreintes, des « gardes inactives », (par exemple dans les hôpitaux, pour les routiers…) la semaine de travail pourrait même s’étendre à 78 h.

La présidence française sous Nicolas Sarkozy voulait être  la porteuse de cette régression : si ce n’est pas arrivé, c’est parce que le Parlement européen, juste à temps, a voté « contre » le 17 décembre 2008 à la majorité de 421 voix contre 273 sur un total de 785 députés. En adoptant les amendements d’Alejandro Cercas (PSE, Espagne) le Parlement a exprimé son désaccord avec le Conseil sur l’opt out, contre les « périodes inactives » et le 28 avril 2009, le désaccord a été confirmé entre la Commission et le Parlement.

Tous ceux qui hésiteraient à voter doivent réfléchir au fait qu’il y a des enjeux concrets de ce type, qui  justifient de sanctionner, de ne rien lâcher à l’UMP défenseuse de l’opt out et des 65/78 h. Il ne faut jamais négliger de telles questions, elles sont vitales. Certes les médias nous habituent à faire la fine bouche, à ne pas s’intéresser à des questions aussi fondamentales dans la vie de chacun, mais il ne faut pas se laisser faire, il faut voter.

Il y a une Europe de droite et une Europe de gauche, votez Europe de gauche ! Même si vous vous en plaigniez et si vous pensez qu’avec la gauche, on n’a pas tout ce qu’on veut, une chose est sûre, avec la droite, on a tout ce qu’on ne veut pas.

34 000 fonctionnaires en moins en 2010 – Le plus grand licencieur, c’est Sarkozy – Valls pour la retraite par points du Medef

34 000 fonctionnaires en moins en 2010 – Le plus grand licencieur, c’est Sarkozy -  Valls pour la retraite par points du Medef

Fillon annonce 34 000 emplois de moins dans la Fonction publique en 2010 : Ce pouvoir va chercher le chômage avec les dents. Il supprime professeurs et hospitaliers, services publics et équipements.

Ces gens sont sans vergogne : Là où il faudrait massivement embaucher, ils excluent, suppriment, mutilent.

Valls, le néo, sur France inter dit qu’il ne faut « pas se contenter de faire de l’anti Sarkozy« . Il ne pêche assurément pas dans ce sens. Mais personne ne fait de l’anti Sarkozy. Certes c’est le plus médiocre des présidents depuis 5 républiques, c’est un vulgaire « m’as tu vu » sans envergure.

Mais ce n’est pas pour sa vaniteuse et suffisante personne que nous le combattons : C’est pour sa politique néo-libérale intégriste. C’est pour ses attaques contre les services publics et le salariat, c’est pour ses cadeaux aux riches banquiers et banqueroutiers, c’est parce qu’il est responsable de la crise dans laquelle sont plongés chaque jour 1500 chômeurs de plus, c’est parce qu’il bloque le Smic, les salaires, diminue les retraites, affaiblit les hôpitaux, enrichit les riches, diminue les impôts des sociétés et des millionnaires en euros.

Valls, lui, prétend qu’il faut encore allonger la durée des cotisations des retraites et baisser les pensions. C’est le contraire qu’il faut faire : Protéger la santé des gens  en défendant le droit de ne plus s’épuiser au travail à partir de 60 ans, et le droit d’avoir une fin de vie décente.

Mais Valls lui aussi, ce n’est pas sa personne qui est en cause, c’est sa politique vaseuse, fielleuse, archi droitiére qui n’est pas socialiste. Les médias lui font des ponts de micros pour qu’il attaque le PS, embrasse Bayrou, vienne aux devants des arguties néo libérales. Et ce en pleine campagne européenne.

Il y a un « gap » entre les aspirations du mouvement social – explosives – et les discours tenus – par la gauche -  en vue du 7 juin.

Si l’on veut intéresser, faire voter, mobiliser le 7 juin, c’est de contrôle des licenciements, de Smic européen (pas médian mais aligné sur le haut) , de droit du travail européen, de 35 h européennes,  de partage des richesses et de contrôle des banques et des bourses par la puissance publique, dont il faut parler.

Le « Manifesto » même le 8 juin, personne ne saura ce que c’est ? Nespresso et Manifesto, ça sonne pareil.

- Dites le niveau du Smic auquel on doit tendre.

- Dites que vous voulez une économie mixte ou le public l’emporte.

- Dites que le capitalisme néo libéral, c’est la catastrophe en cours.

- Dites que vous voulez une révolution fiscale qui redistribue les richesses.

- Dites que vous voulez battre Barroso et Sarkozy pour une Europe sociale, pour une Europe du salariat pas de l’actionnariat.

Soutenons les « Conti », soutenons chaque conflit social, développons-les, et faisons le lien avec la journée éclatée du 23 mai et aussi le vote du 7 juin.

Vous croyez que la journée syndicale annoncée du 13 juin sera la même si la gauche est majoritaire le 7 ou si c’est la droite ?

Empeach Sarkozy : on ne s’en sortira pas sans le sortir !

De 2004 à 2006, 1,5 % de pauvres en plus sous Chirac-Sarkozy-le-voleur-au service-des-riches

Sarkozy-Robin-des-bois-à-l’envers, qui vole les pauvres pour donner aux riches, a frappé très fort depuis 2007 en aggravant ce qu’il avait déjà conduit entre 2002 et 2006 avec Chirac : selon l’INSEE, 7,9 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté en France en 2006, (13,2 % de la population), alors que ce taux était de 11,7 %, soit sept millions de personnes… en 2004.

Soit 1,5 % de plus en deux ans. Imaginez ce que ça va être entre 2006 et 2008 avec les mesures prises depuis par l’élu de Neuilly. Ca, c’est du bilan concret pour le 2° anniversaire de son élection. 7 ans de trop. En deux ans de 2004 à 2006 ils ont fabriqué 900 000 pauvres. Sarkozy a accentué cela, ca continue. Et c’est pas dû à la « crise-venue-des-USA ».

Une personne vivant seule est « pauvre » quand son revenu est inférieur à 880 euros par mois et à 1.320 euros pour un couple sans enfant. 1 retraité sur 10 est en dessous du seuil de pauvreté et 2 jeunes sur 10 sont pauvres !

Dans son étude « Inégalités de niveau de vie et mesures de pauvreté en 2006« , l’Insee note qu’en 2006, 15 % des inactifs étaient pauvres mais aussi 9,8 % des personnes actives ayant un emploi ou en cherchant un. Les chômeurs trinquent et Sarkozy en produit 1500 de plus chaque jour. Il organise le chômage partiel et fait travailler moins pour gagner moins des dizaines de milliers de salariés. Moins d’école, moins d’hôpital, moins de service public, tout ce qu’il fait touche à la catastrophe.

L’Insee souligne qu’en 2006, le niveau de vie était encore globalement croissant avec l’âge jusqu’à 59 ans, puis décroissant. A partir de 50 ans, la taille des ménages se réduit avec le départ des enfants : le niveau de vie moyen est ainsi maximum pour la tranche d’âge 55-59 ans. Après 60 ans, le revenu est inférieur aux revenus d’activité de la période précédente. Les générations n’ont toutefois pas toutes, au même âge, des niveaux de vie équivalents. Si les générations nées avant 1950 ont, à chaque âge, un niveau de vie supérieur à celui de leurs aînées, ce n’est plus le cas pour les générations actuelles. Bravo : le néo libéralisme intégriste est définitivement synonyme de recul social de masse.

En 2006, le niveau de vie médian, qui partage la population en deux parties égales, était de 1.470 euros mensuels. Les revenus ont été pour 98 %, pour la grande masse du salariat, compactés : le niveau de vie des 10 % de personnes les plus aisées n’est plus que 3,4 fois supérieur à celui des 10 % des personnes les plus modestes.

Mais les riches se sont enrichis : il y a 378 000 millionnaires en euros, les patrons se sont augmentés de 58 %, les 500 premières familles ont gagné 80 milliards d’euros de plus en 2007 par rapport à 2006, 5 % des Français possèdent prés de 50 % du patrimoine, il y a 72 milliards de niches fiscales, le « bouclier » fiscal pour les riches empire l’ensemble.

Sur les 53 % de voix obtenues par Sarkozy le 6 mai 2007, au moins  51 % ont été bernés, Sarkozy ne gouverne que pour ceux de Neuilly et du Fouquet’s soit pour 2 % de la population privilégiée, pas plus.

Il fait chef de campagne UMP à Nimes pour le 7 juin : donc le 7 juin, votez, votez, votez contre lui et toute sa politique, il n’aurait pas du passer en mai 2007, il a été battu en mars 2008 (51 % des voix a gauche, 61 % des départements, 2 villes sur 3 a gauche, pas eu besoin du Modem) défendons en juin 2009 une autre europe sociale des 35 h, du smic européen, des services publics, contre Barroso-Sarkozy, pas de compromis avec l’Europe libérale, de droite !

Et demain unité de TOUTE la gauche, réunification, unification de toute la gauche, le programme d’une gauche divisée penche à droite, le programme d’une gauche unifiée penchera à gauche !

Opinons way of lie… – Un 1er mai historique – Valls out – Qui fait les vaccins ? le privé pas confiance.

Opinions way of mensonge, tel est la caractéristique de l’institut qui affirme que si l’on revotait, Sarkozy serait ré élu et sinon ce serait Bayrou : on a revoté déjà, dans la vie réelle, en mars 2008 et Sarkozy, tout comme Bayrou ont été laminés. 2 villes sur 3 à gauche, 61 % des départements à gauche, il y a eu une majorité absolue à gauche. Y’a pas eu besoin du Modem. C’est ça la réalité.

Sarkozy serait encore plus laminé à ce jour, et chaque mesure inique anti-sociale qu’il prend aggrave son cas, tous les observateurs sérieux le savent. D’ailleurs ils ont peur de l’insurrection française : ils ont raison, car la menace d’être pendus aux réverbères n’est vieille que de deux siècles.

Sarkozy est le fauteur de crise, l’adorateur zélé de la finance, l’ami des riches spéculateurs, le chef de bande du Fouquet‘s, le Kerviel de l’Elysée dont la politique produit 1500 chômeurs de plus par jour. Il s’attaque aux seules choses qui nous protègent encore, notre école publique, nos hôpitaux publics, nos retraites, nos salaires. Il siphonne les richesses produites par ceux qui travaillent, le salariat, pour les donner à ceux qui ne travaillent pas, l’actionnariat. Allez parions que les semaines à venir vont nourrir explosion sociale et vote à gauche : en dépit de l’abstention déjà encouragée par les médias pour le 7 juin, le total des voix de gauche l’emportera. Et il faut appeler partout à choisir de voter pour la gauche qui peut battre Barroso et Sarkozy à la fois.

Oui, c’est un premier mai historique : 1,5 million de manifestants dans 280 cortèges répartis sur tout le territoire dans l’unité des 8 syndicats, c’est sans précédent pour un premier mai. Il reste qu’il y a visiblement eu une attente qui n’a pas été comblée parce que c’était une fête des travailleurs et que désormais les salariés cherchent non pas la fête mais le « clash », la brèche, le coup de boutoir qui fasse efficacement reculer le pouvoir. Un véritable appel unitaire à une journée nationale de grève interprofessionnelle privé – public ?

Tel semble être le rebondissement en discussion. Les 8 syndicats vont avoir une lourde responsabilité ce lundi 4 mai : gare à ceux qui diviseraient, gare aussi à ceux qui paralyseraient. Il doit sortir de cette réunion une riposte à Brice Hortefeux, le provocateur, qui a osé dire qu’il reverrait les syndicats « à l’été ». À l’été ? C’est dans 50 jours… Il y a de quoi faire.

Manuel Valls est une sorte de pré « néo » : c’était écœurant dans l’émission de Laurent Ruquier samedi soir. Tous les clichés ultra-droitiers, il les a assumés cyniquement : jusqu’à ne pas écarter d’être le ministre de François Bayrou. Il a même condamné Ségolène Royal en des termes à la rendre sympathique : il lui a reproché d’avoir cautionné les « violences » des salariés qui ont séquestré des patrons !

Pas une fois, il n’a parlé de salaire, de sécu, de retraite, de redistribution des richesses, mais il a « combiné » en vieux politicien calculateur comment il pouvait faire couler son parti, faire gagner le « centre », affaiblir et diviser la gauche… Pouah ! Je suis respectueux de tous les socialistes, je suis unitaire, mais là, il y a des limites. Même s’il dit avoir refusé les « offres » de Sarkozy, il est vraiment trop au bord des « jaunes » façon Besson, Kouchner, Amara et Bockel.

La grippe AH1N1 nous dit-on n’est pas si virulente qu’il a été craint.
Sans doute la grippe ordinaire a t elle tué davantage dans les 15 derniers jours sans qu’on en parle. Et tout le barouf qui a été fait, semble bien servir à détourner les attentions : jamais, ni à l’Elysée, ni à Matignon, ni au ministère de la Santé, il n’y a eu autant de réunions, de cellules de veille, de « plans » d’urgence.

En tout cas jamais il n’y a eu l’ombre d’un dixième d’une telle mobilisation pour les 2 millions de morts par accidents et maladies professionnelles que fait le travail chaque année…  Qui a fabriqué 200 millions de masques, qui les a commandés, et qui les a payés, combien les fabricants ont-ils fait de bénéfices ?

L’autre jour, je voyais un vieil ouvrier du bâtiment de chez Bouygues qui polissait du béton tout frais, sans avoir ni de masque, ni d’aspiration à la source. Il était tout blanc jusqu’aux sourcils, je n’osais penser à ses poumons. Au travail, rares sont les masques.

N’empêche que les industries pharmaceutiques calculent davantage leurs futurs profits que le nombre de morts à éviter : curieusement ils disaient qu’il fallait 4 mois pour faire un vaccin, et maintenant qu’ils pensent que la grippe AH1N1 reviendra plus fort à l’automne, ils ne parlent plus de ce délai. En tout cas, pour faire face aux pandémies, une seule solution : l’état, la puissance publique, l’OMS, les « plans » de prévention… Rien à attendre du côté des sauvages systèmes néo-libéraux.

Vive l’hôpital public, à bas la loi Bachelot, à bas la T2A, les industries pharmaceutiques devraient être nationalisées, tiens, ça fait du bien de le dire… Ça soigne de Valls.

Résistance et offensive – 29 janvier, 19 mars, 1er mai et après : comment ça démarre ? – Bouton, Parisot – Casse toi pauv… – Réduire le temps de travail !

Sarkozy est au plateau des Glières, alors que toute son idéologie indique qu’à l’époque, il aurait été, avec le patronat, dans l’autre camp. Au sortir de la guerre, le patronat français avait tellement collaboré avec l’ennemi nazi qu’il rasait les murs et se contentait de 11 à 15 % des sièges dans les instances paritaires. Sarkozy avait expliqué, à peine élu, qu’il voulait rompre avec le modèle français tel qu’il était « depuis 60 ans » : faites le calcul, il veut rompre avec ce qui a été fait à la Libération, ce qui existait avant ne le dérange pas. Alors son esbroufe ne masque rien : sa seule idéologie véritable, c’est le règne du pognon, il croit qu’il faut rendre les riches plus riches pour qu’ils sauvent davantage le monde. C’est cette idée qui vient d’exploser avec les Kerviel, Madoff, Bouton.

Il faut reprendre aux riches les richesses qu’ils ont pillé aux salariés, et les redistribuer comme condition de toute issue a la crise économique. Que Sarkozy joue spectacle au plateau des Gliéres, les salariés le 1er mai et les jours qui suivent lui apprendront à reconnaître, entendre, écouter les grèves et les manifestations, la vraie résistance d’aujourd’hui. Le salariat français n’a pas été placé sur la défensive par la crise mais il se sent, il est offensif et la colère gronde, tous en conviennent. 72 % approuvent les manifs, même Soubie, Guaino, Villepin, Minc, le Nvel Obs, craignent l’insurrection révolutionnaire.

Tant mieux, car l’arrogance des banquiers et banqueroutiers qui continuent comme avant, s’empiffrent, cumulent, spéculent, est excessivement provocatrice. Il n’entendent rien d’autre que la force, il faut qu’ils aient peur, il faut que les actionnaires se sentent obligés de céder pour ne pas tout perdre.

Comment ça démarre ? est-ce une journée de plus ? Le dernier argument des sarkozystes est de dire que le 29 janvier et le 19 mars n’ont servi a rien. Ce n’est bien sûr pas vrai. Qu’ils continuent et n’entendent pas le 1er mai, ni Continental, ni Caterpillar, ni les centaines d’entreprises similaires en mouvement, et ils vont voir : ça va se passer exactement comme en mai 68, ça démarrera en une onde continue, en chaîne. Il n’y a pas eu besoin de mot d’ordre de grève générale en mai 68, ça montait depuis des mois voire des années en 1964, 1966, 1967 et dés janvier 68 il y avait des barricades ouvrières à Caen. Comme en 2003, 2004, 2005, 2006. Le 13 mai 68 était aussi une journée d’action sans lendemain, … pourtant les 14, 15, 16, 17 mai 68 un tsunami a bouleversé la France salariale. Et cette force propulsive de mai 68 n’est pas éteinte.

Le mouvement social français est le plus politisé, le plus capable de soulèvement d’ensemble. Et tout mouvement ici sera un mouvement en Europe et dans le monde, pas seulement en Grèce et en Islande.

Parisot persiste à excuser les patrons de toute responsabilité dans la crise : ah bon, mais qui alors, qui ? Qui était pour les subprimes, les CDS, les hedges fund, les prêts hypothécaires, la déréglementation boursière, les stocks option, les parachutes dorés, les retraites chapeaux ?

Qui, sinon le Kerviel de l’Elysée, le Bouton de l’UMP, la reine réactionnaire du Medef,  les amis à Madoff, la bande du Fouquet’s  ? Il y a 378 000 millionnaires en euros en France, les 500 premières familles ont gagné 80 milliards d’euros de plus l’an passé, les patrons gagnent des milliers de fois le Smic et tous ceux là nous ont conduit dans le gouffre et font mine comme s’ils n’y étaient pour rien. Rappelez vous aussi Bayrou anti 35 h, anti retraites à 60 ans, anti hausse de salaires, qui voulait rendre constitutionnel le fait que tous les budgets de la nation soient équilibrés et qui vote toutes les lois de l’UMP et du PPE depuis des décennies…

Car il faut en revenir en même temps qu’à la revendication d’une hausse mensuelle de 200 euros pour tous, à celle de 35 h hebdomadaires pour tous et à la retraite à 60 ans. La réduction du temps de travail c’est l’aspiration humaine la plus légitime.L’histoire de 160 ans du code du travail, c’est celle de la réduction du temps de travail, sauf depuis 6 ans que les sarkozystes sont au pouvoir.  A l’inverse, il faut plus que jamais partager le travail, rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche.

Contrôler les licenciements pour interdire ceux qui sont abusifs et de seule nature boursière. Abaisser la durée maxima du travail de 48 à 44 h hebdomadaire. Imposer deux jours de repos consécutifs et non pas supprimer le dimanche. Travailler moins pour travailler tous et mieux, avec un meilleur salaire : c’est la marge des actionnaires qui doit baisser ! La meilleure façon de faire de la place aux jeunes c’est d’assurer le départ des seniors à 60 ans avec une retraite à 75 % calculée sur les 10 meilleures années au bout de 37 annuités. Abroger les lois Fillon tout de suite ! Pour que les actionnaires paient, il faut une révolution fiscale à l’envers de celle de Sarkozy : pas de salaire au dessus de 20 fois le Smic, et au-dessus on prend tout, une tranche d’imposition à 90 %. L’impôt sur les sociétés doit s’attaquer aux dividendes et favoriser les investissements, l’emploi, l’embauche.

Le slogan est impoli mais il fait recette : pourquoi « casse toi pauv con » prend-il le pas sur les revendications salariales ? Parce que Sarkozy ne veut pas les entendre ! et c’est là que tout se joue. Vite, vive l’union de la gauche comme il y a l’union syndicale ! Quand il n’y a pas de débouché politique, le mouvement social sait en faire surgir. Pour un PS ancré à gauche. Pour une unité de toute la gauche.

Un 1er mai 2009 géant 41 ans aprés mai 68 / Sarkozy 24 mois ça suffit !

Mai 68, toujours…Mai si ! Mai oui ! Mai encore !

Quelles ont été les avancées en terme de règlement du travail après mai 68 ?

Gérard Filoche : Mai-juin 68, c’est la plus grande grève générale de l’histoire de France, et sans doute de l’histoire de l’humanité, si on met en relation le nombre de grévistes et le nombre de salariés concernés par le mouvement.

Incontestablement, c’est la question des salaires qui a été au coeur du démarrage et de l’extension du mouvement, mais l’oppression dans l’entreprise, l’exploitation assez féroce, cadenassée, qui régnaient ont poussé l’ensemble du salariat vers cette grève. La réduction du temps de travail (revenir vraiment aux 40 h) est l’autre motif face des heures supplémentaires à tire-larigot, et donnant un salaire insuffisant pour vivre décemment.

On y a gagné aussi des droits syndicaux, et des droits “invisibles” (plus de respect, de la dignité, des « petits chefs » muselés). Par contre l’abrogation des néfastes ordonnances de De Gaulle et Pompidou qui mettaient à mal, déjà, la Sécurité sociale (et qui avaient fait l’objet de grandes manifestations les 17 mai 1966 et 1967) n’a pas été obtenue. Et sans doute, le rapport de force était tel que, peut-être, à Grenelle, des revendications plus importantes auraient pu être arrachées. Mais déjà, 33 % d’augmentation de salaire, et même 55 % pour les ouvriers agricoles, ce n’est pas mal ! Si on gagnait la même chose aujourd’hui, cela porterait le Smic à 1750 euros …

Qu’en reste t-il 41 ans plus tard ?

GF : La force propulsive de mai 68 n’est pas épuisée. La preuve c’est que Sarkozy veut encore « ’liquider mai 68« . Il faut être un bien petit homme pour vouloir liquider une si grande page d’histoire. Mais 41 ans après cela l’obsède encore. Il est vrai que la succession de mouvements de la jeunesse et du salariat inspirés de 1968 depuis quarante ans font toujours peur au patronat : 1973 (loi Debré) 1986 (Malik Houssekine) 1994 ( CIP) Novembre Décembre 1995 (plan Juppé), 2003 (retraites) 2006 (CPE)  …

N’est pas Margaret Thatcher qui veut. En Grande Bretagne, le dernier grand mouvement gréviste d’ensemble remonte à… 1926. Sarkozy qui, depuis sept ans en a connu deux (retraites 2003 et CPE 2006) a vocation a en susciter d’autres. Ayons confiance en la force du salariat (93 % de la population active).

Il y a eu le 29 janvier et le 19 mars 2009 avec des millions de manifestants. Nous sommes capables d’autres grands mouvements d’ensemble pour défendre, conquérir des droits sociaux : 71 % des français croient que Sarkozy ne tiendra pas 5 ans, 78 % estiment que mai 68 fut un grand mouvement social, positif, 61 % croient qu’il y aura d’autres mai 68. Moi aussi, et je milite pour !

Vous êtes membre de la CGT depuis 1962, votre engagement politique a t-il été un handicap dans l’exercice de votre profession d’inspecteur du travail ?

GF : Pourquoi cela le serait -il ? Nous sommes des fonctionnaires indépendants mais pas neutres. Notre travail est de faire respecter l’état de droit dans l’entreprise, de protéger les salariés, de sanctionner la délinquance patronale. Il y a de quoi faire ! La convention n°81 de l’OIT nous donne comme mission « d’alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés« , je le fais, comme tous mes collègues. En mars 2006, deux ans après l’assassinat de deux inspecteurs du travail à Saussignac en Dordogne, nous avons fait des états généraux massifs et unanimes pour un « code du travail plus protecteur », contre les circulaires Sarkozy nous enjoignant un travail de contrôle spécifique de l’immigration… Nous étions, avec tous nos syndicats, unanimes !

A  63 ans vous êtes toujours en activité, pourquoi ne prenez vous pas votre retraite ?

GF : Parce que je n’avais pas « les sous » encore, et j’ai atteint tout juste récemment le nombre de trimestres exigés (j’ai pas mal d’années de « trou » de cotisations sociales autour de mai 68 et après) , et toutes les mesures de la loi scélérate et injuste de Fillon 2003 diminuent le niveau des retraites de toutes et tous, y compris la mienne. Je défends une hausse massive des salaires (200 euros pour tous), la retraite à 60 ans, les 35 h, la reconstruction d’un code du travail protecteur pour le salariat. Mais rassurez vous, je vais la prendre très bientôt, ma retraite, à regret, car vous savez que j’aime mon métier. Encore faut-il qu’ils me rendent justice contre ce procès scélérat qu’ils viennent de m’intenter sur ordre d’un patron réactionnaire du 1 rue de la Paix prétendument pour avoir fait « entrave à un CE« 

Que faisiez-vous en mai 68 ?

GF : J’avais 22 ans, et j’habitais route de Neufchâtel à Rouen, je travaillais depuis l’âge de 17 ans, je vivais de petits boulots, pion, facteur, livreur, manutentionnaire, prof de philo, conducteur de diesel en second, j’étais à la fois étudiant à Mont Saint-Aignan et fils d’ouvrier SNCF (mon père, sédentaire était menuisier au dépôt de Rouen – Orléans), et d’une aide soignante (ma mère travaillait à la clinique Jeanne d’Arc). C’est vous dire si j’étais au croisement des luttes sociales, à la fois à la CGT et à l’UNEF. Je fus membre du comité de grève des étudiants de Rouen et animateur, je crois très actif , dans tout ce qui s’est passé, meetings, manifs, rencontres étudiants et salariés. J’exprimais en moi mai 68 avant qu’il ne surgisse et depuis quarante et un ans je continue …

Reprise d’un ITV actualisé paru dans le journal d’Elbeuf … en mai 2008

- lire D&S n°164 avril 2009

- lire « Mai 68 histoire sans fin » ed jC Gawsevitch 23 euros