dix semaines pour débattre, trois textes de lancement, convention nationale de GDS

Dix semaines chrono

 

« La procédure est sœur jumelle de la liberté » disait le jeune Marx.

Il est vrai que la véritable discussion exige, non seulement du temps, mais aussi des formes permettant à chacun de s’associer à la réflexion collective et de faire valoir ses droits. C’est ce à quoi nous nous emploierons dans les prochaines semaines.

 

Chères et chers camarades,

 

Comme vous le savez, la Gauche démocratique et sociale a décidé de tenir une Convention nationale en avril 2021 pour réfléchir, discuter et décider ensemble de son orientation.

Nous voulons associer le maximum de sympathisants et de militants intéressés à cette discussion, même si seuls les adhérents pourront voter à la fin.

 

La date de la Convention nationale

Il a été décidé, compte tenu de la situation sanitaire – et ce malgré les évolutions qu’elle pourra connaître –, que cette réunion aura lieu en visioconférence.

Elle se tiendra le samedi 10 avril de 9h à 13h (attention : la semaine précédente, c’est un week-end de trois jours, et la semaine suivante, les vacances scolaires commencent !).

 

Les AG de débats

Deux AG en ligne (ouvertes aux adhérentes, adhérents et sympathisants) auront lieu afin de préparer le travail de la Convention.

- Celle du samedi 30 janvier, de 9h30 à 11h30, sera consacrée à l’analyse de la situation politique (texte I et texte II)

- Celle du samedi 13 mars, de 9h30 à 11h30 également, se concentrera sur les tâches qu’il convient d’assigner à la GDS dans les mois suivants (texte III)

D’autres réunions seront prévues (sans doute en visioconférence) dans les départements et les régions afin d’associer un maximum de camarades à la réflexion collective.

 

Organiser la discussion

Nous proposons de publier un bulletin de discussion pour la Convention (BDC) avant la première AG puis un autre numéro après chaque AG. Afin de prévenir toute monopolisation de la paroles, la taille des contributions sera limitée à 6 000 signes et deux contributions maximum par camarade seront publiées dans chacun des BDC.

BDC n°1 : textes à remettre au plus tard le 20 janvier pour envoi le 23 janvier

BDC n°2 : textes à remettre au plus tard le 13 février pour envoi le 17 février.

BDC n°3 : textes à remettre au plus tard le 20 mars pour envoi le 27 mars.

Il serait utile que les contributions (surtout pour les BDC n°2 et n°3) soient centrées sur « les tâches ».

 

En tenant compte des discussions (écrites et orales), l’Equipe d’animation nationale (EAN) de la GDS proposera deux motions (une sur « les tâches » et l’autre sur un « programme d’urgence ») à soumettre au débat et au vote de la Convention nationale.

Ces projets de motions seront envoyés dans le BDC n°3

 

Nous espérons vous voir participer activement à ces débats, à ces travaux de la Convention de la GDS.

Pour nous envoyer vos contributions écrites : contact@gds-ds.org.

 

Bons débats et bonne réflexion !

 

L’équipe d’animation nationale de la Gauche démocratique et sociale

 

 

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE TEXTE n°III CONVENTION 2021 COMMENT CONCRÉTISER « l’unité et le social au cœur » en 2021 ?

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

TEXTE III CONVENTION 2021

COMMENT CONCRÉTISER
« l’unité et le social au cœur » en 2021 ?

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Depuis les rencontres de Pau, n 2019, la pandémie du Covid n’a pas permis de tenir de nouvelle rencontre nationale de notre réseau.

À 18 mois des échéances nationales de 2022 (présidentielle et législatives), il est nécessaire de préciser le rôle que la Gauche démocratique & sociale (GDS) entend tenir. À cet e et, son équipe d’animation nationale a décidé d’ouvrir la préparation d’une Convention nationale qui se tiendra au premier trimestre 2021.

PRÉPARER DÈS MAINTENANT 2022

Cette convention est ouverte à toutes celles et tous ceux qui veulent participer au débat*. Tout adhérent à jour de cotisation 2020 pourra voter. Ce texte national est destiné à préparer ladite convention. Il reprend :

- notre analyse de la situation à 18 mois des échéances de 2022 ;
- notre appréciation du positionnement des dif- férentes forces (et candidats potentiels) ;

- notre orientation pour un candidat commun et un contrat de législature commun à l’ensemble de la gauche et des écologistes ;
- les voies et moyens de faire valoir, dès mainte- nant, cette orientation en pointant les obstacles, ainsi que les avantages et inconvénients des dif- férents choix possibles.

À l’occasion de cette convention, le réseau de la GDS procédera à l’élection de son équipe d’ani- mation nationale.

SOMMAIRE

MODALITÉS DU DÉBAT

Dès réception de ce texte, tout adhérent pourra adresser une contribution pour nourrir la ré- exion et les décisions à prendre. Ces contribu- tions devront être limitées à 6 000 signes (deux pages word). Deux bulletins de discussion seront envoyés en janvier et février. Ils reprendront les di érentes contributions, ainsi que les amende- ments au texte national d’ouverture du débat. Pour préparer au mieux les débats, des contacts seront pris avec toutes les forces de la gauche et les écologistes, des comptes rendus seront envoyés à tous les adhérents pour que tous les éléments soient connus a minima dix jours avant la tenue de la convention nationale.

Des assemblées locales, départementales ou régionales seront organisées pour permettre un large débat. Les moyens seront déployés pour permettre la tenue de ces réunions en vi- sio-conférence.

Note

* Anciens adhérents, abonnés à la revue, sympathisants…
Il su t de renvoyer ses coordonnées à contact@gds-ds.org en précisant « convention 2021 » en objet. Le droit de vote sera réservé aux adhérentes et adhérents de la GDS.

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Préambule……………………………………………………………………………………………………………………………………………..P. 2 1. L’orientation unitaire de la GDS dans le contexte actuel……………………………………………………………….P. 2 2. Gagner les régions et les départements à gauche………………………………………………………………………..P. 3 3. Désigner des candidats communs à la présidentielle et aux législatives…………………………………..P. 3 4. Déclinaison concrète de cette orientation et aux législatives………………………………………………………P. 3 5. Il faut exister pour peser………………………………………………………………………………………………………………….P. 4 6. Notre démarche………………………………………………………………………………………………………………………………..P. 4

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1 | CONVENTION GDS 2021

Comment concrétiser

« l’unité et le social au cœur » en 2021 ?

Pour une unité la plus poussée possible aux régionales, une candidature commune à la présidentielle
et un contrat de législature

Préambule

Sans unité, rien de grand n’est possible.
La situation n’est pas la même que dans les années 1930, ni dans l’après-guerre ni dans les années 1970-1980. L’unité des organi- sations politiques de gauche est nécessaire aux avancées, aux vic- toires sociales, démocratiques et électorales. Elle est malheureu- sement moins su sante encore qu’elle ne le fut par le passé. Un des traits marquants de la période actuelle est un changement du lien entre les salariés et leurs orga- nisations. Les syndicats ouvriers voient leurs rangs se dégarnir et sont absents dans de nombreux

lieux de travail. Il y a une dé ance gigantesque envers les partis po- litiques. Les salariés ont déserté les partis de gauche, sans emplir d’autres organisations. Quant aux quartiers populaires, la présence de la gauche y est quasiment ré- duite à néant. Une grande partie de l’électorat de gauche s’abstient… D’un certain côté, ce désamour en- vers les partis de gauche est mé- rité. Les espoirs soulevés par les victoires électorales ont été déçus. Le divorce des couches populaires d’avec les partis de gauche s’appuie sur les reniements du PS au pou- voir, et le sentiment que ces forma- tions sont avant tout soucieuses,

non pas du bien-être de la popu- lation, mais des intérêts étroits de leurs appareils. La con ance est à reconstruire.

Si nous voulons gagner ces élec- teurs qui seront décisifs pour envi- sager la victoire, il faudra aller les chercher. Cela suppose l’intransi- geance dans les luttes contre les violences policières, la lutte pour des services publics de proximité. Cela suppose de se doter d’un pro- gramme ambitieux de rupture avec l’ordre existant. La bataille pour l’unité est décisive. La bataille sur le contenu de la plateforme l’est tout autant.

1. L’orientation unitaire de la GDS dans le contexte actuel

Fondamentalement nous sommes pour une grande maison commune, un grand parti de gauche, démo- cratique, pluraliste, avec adhérents cotisants, droit de tendance, avec débats organisés en congrès, votes et élections à la proportionnelle, transparence maximale et contrôle des élus et des nances par les mi- litants. Mais nous savons que nous en sommes loin, faute d’un pro- cessus de fusion organisationnelle entre les forces de gauche, qui pa- raît hors de portée actuellement. L’orientation générale que défend la GDS dans le contexte actuel reste celle défendue depuis 2017 : la gauche doit être recomposée dans un sens unitaire pour pou- voir espérer contrer Macron et Le Pen en 2022. Nous militons pour un pragmatisme utile.

Le première dimension de ce prag- matisme, c’est d’uni er, rassem- bler les mouvements, forces, par- tis, qui sont, comme nous, pour l’unité, pour éviter la catastrophe qui vient du fait de la conjugaison de la crise sanitaire et sociale avec la politique antisociale du gouver- nement Macron, pour développer les combats unitaires, pour dé- fendre les acquis sociaux et en ga- gner de nouveaux.

La seconde dimension de ce prag- matisme, c’est d’uni er, rassem- bler les mouvements, forces, par- tis, qui sont, comme nous, pour l’unité pour vaincre contre Macron et Le Pen. Nous leur lançons un ap- pel pour agir ensemble en ce sens. Rien n’est possible sans balayer le pouvoir de Macron, par la rue ou par les élections. Il faut une plate-

forme, ainsi qu’une candidate ou un candidat focalisés sur cet objectif. Sinon, plus encore qu’en 2017, la capacité pour une gauche fragmen- tée de faire quali er un candidat au second tour de la présidentielle paraît nulle, tant il est vrai que les deux pôles macroniste et lepéniste apparaissent installés.

Le pôle macroniste ne tient – en dé- pit de multiples départs en son sein et de son virage à droite – qu’en rai- son de l’absence d’alternative cré- dible à gauche.

Plus tôt l’unité peut être réalisée, mieux ce sera. Certains avancent l’idée que le moment de l’unité arrivera à la n de 2021, voire au début de 2022, dans la dernière phase avant l’élection. Si ce scé- nario est possible, il n’est en rien souhaitable. Car c’est du temps

2 | CONVENTION GDS 2021

perdu. Plus la gauche demeure di- visée, plus ses di érentes forces vont se combattre pour s’imposer.

Pendant ce temps, Macron sera d’autant plus libre de poursuivre sa politique, et la guerre intestine

à gauche a aiblira la capacité de cette dernière à concentrer le tir sur ses adversaires politiques.

2. Gagner les régions et les départements à gauche

Nous défendons la réalisation de l’unité dès le premier tour en 2021. Ces scrutins seront moins favo- rables à la gauche que celui des municipales, car les périmètres sont di érents, la prime aux sor- tants peut jouer et l’abstention reste un dé . Il est donc d’autant plus important de construire un élan dès maintenant en partant

unis au front.
La bataille pour l’unité peut s’incar- ner di éremment au premier tour. À l’heure actuelle, il devrait y avoir trois listes de gauche dans chaque région. EELV a posé le principe de listes du Pôle écologique séparées (sans PS, PCF et FI) et FI refuse l’al- liance au premier tour avec le PS. La question de l’unité totale dès

le premier tour n’est pas évidente dans les cinq régions présidées par le PS. La question du bilan compte, ainsi que le positionnement vis-à- vis de LREM.

Dans tous les cas, nous défendons des listes d’union de la gauche sans exclusive partout au second tour.

3. Désigner des candidats communs à la présidentielle et aux législatives

Les scrutins de 2022 constituent la priorité. Les appels en faveur de l’unité se sont multipliés depuis un an. C’est un acquis dans la situation, car tout ce qui peut favoriser le lan- cement d’un processus concret est bon à prendre.

Au-delà des candidatures com- munes, la gauche doit se mettre d’accord sur un accord de législa-

ture – un programme commun pour 2022. Parce que c’est sur cette base que candidat à la présidentielle et candidats aux législatives feront campagne. Lier la présidentielle et la législative est indispensable d’un point de vue unitaire.

Il faudra trouver ensuite une mé- thode concrète pour réaliser cette unité. Des idées ont circulé : des

primaires pour désigner des can- didats uniques communs à la pré- sidentielle et aux législatives, une convention programmatique pour écrire un programme et se mettre d’accord sur la manière de dési- gner un candidat à la présidentielle, et ainsi de suite.

4. Déclinaison concrète de cette orientation et aux législatives

L’objet principal de la convention nationale de la GDS est de débattre de la meilleure manière de décliner concrètement cette orientation.

La GDS a réussi à cristalliser un ré- seau militant autour de deux identi- ants essentiels : le social au cœur et l’unité. Notre système d’infor- mation (revue papier mensuelle et lettre électronique hebdomadaire) nous permet de nous adresser à plusieurs milliers de militantes et de militants de la gauche. Si la ma- jorité des adhérentes et des adhé- rents de la GDS n’ont aucune autre appartenance politique (alors que la double appartenance est per- mise), le souci de travailler avec les di érentes composantes de la gauche nous a permis de participer à di érentes actions et prises de position unitaires. Dans un contexte de division maintenue à gauche,

toute initiative unitaire est utile, car elle permet de maintenir vivante la amme du rassemblement.
La GDS n’a cessé de multiplier les e orts unitaires, les relations bi- latérales, ainsi que les contacts avec l’ensemble des forces de gauche. Ces centaines d’heures de discussion et les dizaines de réu- nions de toutes sortes auxquelles nous avons participé n’ont pas été vaines. Très tôt, devant toute la gauche rassemblée en décembre 2019 à la Bourse du travail de Saint-Denis, nous avons reçu l’aval du PCF, en la personne de Fabien Roussel, pour la constitution d’un « comité de liaison ». Il s’est tenu en- suite deux réunions sur la question des retraites.

Nous avons réussi une démarche de quatre organisations avec Généra- tion.s, Ensemble! et Place publique

pour demander aux autres forma- tions politiques de soutenir le plan de sortie de crise en 34 mesures des 22 organisations associatives et syndicales. Nous avons publié un livre argumenté, intitulé Union. Nous avons initié une rencontre en juin avec Ensemble!, Génération.s, PEPS et R&S qui a discuté d’un col- lectif d’initiative et de liaison. Nous avons tenu en septembre 2020 une rencontre avec la France insoumise pour des listes unitaires aux régio- nales.

Nous avons travaillé et publié lar- gement, avec succès, une liste comparée de quinze positions à gauche pour démontrer que, sur le fond, il n’y avait pas de gauche irréconciliable. Nous avons contri- bué à ce que naisse et à faire si- gner un « appel des mille » pour une candidature commune, et

3 | CONVENTION GDS 2021

beaucoup d’appels et textes en ce sens. Nous avons organisé une ré- union publique en visioconférence entre Éric Piolle, François Ru n, Benjamin Lucas, Claire Lejeune et notre porte-parole, Gérard Filoche. À cette occasion, nous avons tou- ché 23 000 personnes. Nous avons contribué à un tract de sept organi- sations pour « un bouclier sanitaire et social » à l’occasion des mani- festions du 5 décembre.

La lettre hebdomadaire de la GDS, le site et nos multiples blogs, ain-

si que la revue mensuelle D&S, constituent des relais essentiels de cette orientation unitaire.
En constituant la GDS il y a trois ans, nous n’avions pas la volonté de construire une organisation de plus, mais de participer activement à la recomposition de la gauche, et d’agir le cas échéant en tant que courant au sein d’une nouvelle « maison commune » réunissant l’ensemble ou une majorité des or- ganisations existantes.

Le contexte actuel pose un dé ma-

jeur à la GDS : aucune force et au- cune candidature à la présidentielle de 2022 ne s’impose. La GDS ne souhaite pas aujourd’hui défendre telle ou telle candidature sur la base de la proximité programma- tique que nous pouvons avoir avec elle. Elle entend surtout défendre la perspective de l’unité et appuyer les forces qui peuvent favoriser la réalisation de cette unité sans sou- tenir l’un des candidats contre les autres.

le premier con nement.
Dans l’hypothèse la plus probable où les déclarations de candidature se multiplient d’ici à l’automne 2021, et où, par conséquent, nous nous retrouvons à la n de l’année avec quatre ou cinq candidats dé- clarés, la question reste posée de savoir ce que la GDS doit concrète- ment faire.

5. Il faut exister pour peser

Dans le processus unitaire, nous souhaitons – comme tout le monde – défendre les orientations pro- grammatiques que nous portons*. Nous pouvons les traduire en slo- gans simples et chi rés car, à la n, un programme doit se concentrer en quelques grands objectifs.

Dans ce processus, nous mettons en avant les nombreuses conver-

gences programmatiques entre les di érentes composantes de la gauche : elles sont apparues à travers les actions communes en soutien au mouvement social, au travers de l’action d’opposition par- lementaire et politique à Macron et à travers les programmes des européennes, municipales, et ceux écrits au printemps 2020 pendant

Les 2 formules ci-dessous sont alternatives

- nous devons poursuivre la tentative de constituer un « pôle » en agglomérant les forces déjà unitaires dans un front commun. Avec quel périmètre et quelle orientation pour ce front commun ?

ou

- nous devons nous rapprocher dès maintenant de l’un des pôles majeurs en présence (FI, EELV ou PS) et argumenter en son sein pour une orientation unitaire à l’égard des autres.

Pour parvenir à l’unité, il est possible de construire un mouvement militant de comités et collectifs « unitaires » de base incluant les organisations existantes, les di érents appels ou coalitions comme « Plus jamais ça ».

6. Notre démarche

D’ici à la convention de février-mars prochain, nous pouvons développer quatre axes.

6.1. Approfondir nos campagnes unitaires pour les régionales, un candidat commun de la gauche sociale et écologiste à la présiden- tielle et aux législatives en lien avec un contrat de législature.

6.2. Proposer et participer, chaque fois que possible, aux discus- sions qui sont proposées sur des contenus, des plateformes, des programmes avec les forces poli- tiques. Soutenir le regroupement des « 22 » et leurs 34 mesures « Plus jamais ça ».

6.3. Favoriser la mise en place de4 | CONVENTION GDS 2021

cadres unitaires, pluralistes, à la base comme au sommet. En ad- ditionnant les organisations pour mieux les dépasser. Les candi- datures potentielles – déclarées ou non – risquent d’aller à l’échec sans cadre unitaire. Les urgences sociales, écologistes et démo- cratiques doivent être prises en compte a n que tout cadre d’unité

(même partiel) se situe sur un pro- gramme de rupture avec les poli- tiques suivies depuis ces dernières années et aggravées par Macron et ses gouvernements.

6.4. Nous posons la question d’un « mouvement » à la base et au sommet regroupant les forces qui agissent déjà pour l’unité. Un tel mouvement fédérerait les groupes partageant les orientations pour les cinq prochaines années sur :

1) les urgences sociales et sani- taires autour :
- des services publics (hôpital, santé, école, recherche transports, logement, énergie, eau, communi- cations…),

- de la hausse des salaires,
- de la reconstruction d’un Code du travail,
- de la sauvegarde des emplois, de la réduction des emplois précaires et du chômage,
- de l’égalité femmes-hommes,
- de la réduction du temps de tra- vail sur la semaine à 32 h et sur la vie à 60 ans,
- de la reconstruction d’une grande Sécurité sociale démocratique,
- de la lutte contre la pauvreté et la hausse des minima sociaux…

2) la nécessité de mesures fortes de transition écologique permet- tant une vie meilleure dans un en- vironnement meilleur. La bifurca- tion écologique est indispensable pour lutter contre le réchau ement climatique (plan massif d’isolation des bâtiments, réduction de la part des énergies carbonées…) ;

3) la plani cation nécessaire au plan économique et écologiqueredonnant démocratiquement à la puissance publique sa place tant au niveau des territoires qu’au plan national, européen qu’à l’échelle in- ternationale ;

4) l’urgence démocratique

- un renouveau démocratique face aux dérives liberticides et autori- taires,
- des droits renforcés pour l’égalité réelle,

- la lutte implacable contre tous les racismes,
- un processus constituant d’une VIe République sociale, démocratique et parlementaire. Cette République ne peut être que laïque, écologiste, féministe et internationaliste. Et re- donnera la primauté de la décision à une Assemblée nationale élue à la proportionnelle, ou avec une part

de proportionnelle.
L’ensemble des démarches (lo- cales, nationales) doit permettre d’approfondir la recherche d’un contrat de législature 2022-2027. Pour entraîner une dynamique, un tel contrat de législature devra comprendre des mesures fortes sur le social, la santé, la transition écologique dès le début de la nou- velle législature.
Notre convention fera le point des démarches engagées et des possi- bilités d’aller plus loin.

Notes

* Voir « Références programma- tiques de GDS », texte paru dans D&S 254, avril-mai 2018 (et ré- cemment actualisé dans notre document « Pandémie : Urgences et jours d’après », D&S 274, avril 2020)

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5 | CONVENTION GDS 2021

 

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE TEXTE n°II CONVENTION 2021 NOTRE APPRÉCIATION

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

TEXTE II CONVENTION 2021

NOTRE APPRÉCIATION

du positionnement des différentes forces et des candidats potentiels

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Depuis les rencontres de Pau, n 2019, la pandémie du Covid n’a pas permis de tenir de nouvelle rencontre nationale de notre réseau.

À 18 mois des échéances nationales de 2022 (présidentielle et législatives), il est nécessaire de préciser le rôle que la Gauche démocratique & sociale (GDS) entend tenir. À cet e et, son équipe d’animation nationale a décidé d’ouvrir la préparation d’une Convention nationale qui se tiendra au premier trimestre 2021.

PRÉPARER DÈS MAINTENANT 2022

Cette convention est ouverte à toutes celles et tous ceux qui veulent participer au débat*. Tout adhérent à jour de cotisation 2020 pourra voter. Ce texte national est destiné à préparer ladite convention. Il reprend :

- notre analyse de la situation à 18 mois des échéances de 2022 ;
- notre appréciation du positionnement des dif- férentes forces (et candidats potentiels) ;

- notre orientation pour un candidat commun et un contrat de législature commun à l’ensemble de la gauche et des écologistes ;
- les voies et moyens de faire valoir, dès mainte- nant, cette orientation en pointant les obstacles, ainsi que les avantages et inconvénients des dif- férents choix possibles.

À l’occasion de cette convention, le réseau de la GDS procédera à l’élection de son équipe d’ani- mation nationale.

SOMMAIRE

MODALITÉS DU DÉBAT

Dès réception de ce texte, tout adhérent pourra adresser une contribution pour nourrir la ré- exion et les décisions à prendre. Ces contribu- tions devront être limitées à 6 000 signes (deux pages word). Deux bulletins de discussion seront envoyés en janvier et février. Ils reprendront les di érentes contributions, ainsi que les amende- ments au texte national d’ouverture du débat. Pour préparer au mieux les débats, des contacts seront pris avec toutes les forces de la gauche et les écologistes, des comptes rendus seront envoyés à tous les adhérents pour que tous les éléments soient connus a minima dix jours avant la tenue de la convention nationale.

Des assemblées locales, départementales ou régionales seront organisées pour permettre un large débat. Les moyens seront déployés pour permettre la tenue de ces réunions en vi- sio-conférence.

Note

* Anciens adhérents, abonnés à la revue, sympathisants…
Il su t de renvoyer ses coordonnées à contact@gds-ds.org en précisant « convention 2021 » en objet. Le droit de vote sera réservé aux adhérentes et adhérents de la GDS.

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1. Les risques de fragmentation s’accentuent……………………………………………………………………………………..P. 2 2. Europe Écologie les Verts (EELV)……………………………………………………………………………………………………….P. 2 3. La France insoumise (FI)…………………………………………………………………………………………………………………….P. 3 4. Le Parti socialiste (PS)………………………………………………………………………………………………………………………..P. 5 5. Génération.s (G.s)…………………………………………………………………………………………………………………………………P. 6 6. Le Parti communiste (PCF)…………………………………………………………………………………………………………………P. 7 7. Les autres forces de gauche………………………………………………………………………………………………………………P. 7 8. En 2021, nous allons vivre plusieurs années en une seule……………………………………………………………P. 7

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1 | CONVENTION GDS 2021

Notre appréciation

du positionnement des différentes forces et des candidats potentiels

1. Les risques de fragmentation s’accentuent

La GDS a défendu depuis sa créa- tion publique, le 20 janvier 2018, dans toutes les luttes sociales et aux élections européennes de 2019, comme aux municipales de 2020, le fait qu’il n’y avait pas de gauche irréconciliable, et qu’il était possible d’empêcher la bipolari- sation, voire la tripolarisation de la gauche. En décembre 2020, ce risque est toujours là.

La déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon a lancé unila- téralement la course aux candidats. EELV s’est xé un calendrier pour des primaires du pôle écologiste en septembre 2021. Si le principal dirigeant du PS avait annoncé o -

ciellement ne pas vouloir présenter de candidat socialiste et proposé à plusieurs reprises un seul candidat unitaire, l’hypothèse d’une candida- ture Hidalgo est venue brouiller le message.

Benoît Hamon a rme que Jean- Luc Mélenchon pourrait être son candidat « s’il est unitaire », puis propose Christiane Taubira, et re- vient en force sur le revenu uni- versel qui, selon lui, devrait être au cœur d’un programme présidentiel. Arnaud Montebourg essaie de se construire un espace politique. Lutte ouvrière se présente. Le NPA en crise s’interroge (certains sur un éventuel soutien à Jean-Luc Mé-

lenchon, d’autres sur une candida- ture autonome de Philippe Poutou). On en est en n 2020 à cinq ou six candidats de gauche, c’est-à-dire à la défaite assurée. La guerre des gauches remplacera la guerre contre Macron. Nul ne sera au se- cond tour.

La GDS milite pour un rassemble- ment large, sans hégémonie ni ex- clusive à gauche. Les principales formations de la gauche (EELV, LFI, PS, PCF) n’en prennent pour l’ins- tant, chacune à sa manière, pas le chemin, malgré la pression unitaire de leur électorat.

fectifs encore modestes (environ 10 000 adhérents) avec un nombre total d’élus encore faible et sans liens organiques avec le mouve- ment syndical (mais en relation étroite avec le milieu associatif). Comme tout appareil, celui d’EELV est marqué par une vie interne bu- reaucratique, mais il porte malgré tout, quoique de façon déformée, les aspirations multiples de ses membres. Les idées, en son sein, varient d’une gigantesque aspira- tion humaniste et révolutionnaire aux calculs les plus politiciens et égoïstes pour des postes.

Son positionnement est éclairé dans les documents o ciels de EELV et de tous ses courants par la référence indi érenciée aux plate- formes « Plus Jamais » (autour de la CGT, de la FSU, de Solidaires, At- tac, Oxfam…) qu’à celle du « Pacte du pouvoir de Vivre » (autour de la

2. Europe Écologie les Verts (EELV)

EELV béné cie, outre de l’irruption des questions environnementales sur le devant de la scène, du ta- bleau général de la gauche : d’un côté, le PS qui a considérablement reculé, et de l‘autre, le comporte- ment non-unitaire dans laquelle la FI s’est enfermée.

Mais c’est une illusion totale de croire qu’il y aurait un nouveau « centre » entre la gauche et la droite. La lutte de classes ne laisse pas d’espace en France entre le salariat puissant et l’actionnariat avide.Iln’yapasde«centre»nide « milieu ». Il n’y a pas de programme écologiste indépendamment du pro- gramme social de la gauche. L’his- toire de l’écologie en France est liée à la gauche. Tous les écologistes qui, par vagues successives, ont voulu se distinguer de la gauche ont rapi- dement sombré à droite.

Pour nous, il ne peut pas y avoir

d’écologie sans anticapitalisme ni d’ailleurs d’anticapitalisme sans écologie. Pourtant, il y a des forces de l’écologie politique qui ne se sentent pas liées à la gauche : CAP 21 de Corine Lepage – dont les quatre députés siègent à l’Assem- blée nationale dans le groupe La- Rem –, Génération Écologie dirigée depuis 2018 par Delphine Batho, ainsi que l’Alliance écologiste indé- pendante qui se présente sur son site comme une mouvement poli- tique rassemblant « des citoyens engagés en politique au-delà du clivage gauche/droite ».

Au sein de EELV, le courant « ex-Eu- rope Écologie », aujourd’hui repré- senté par Yannick Jadot, a fourni des ministres (Pompili et De Rugy) des députés européens (Pascal Can n) et des propagandistes (Da- niel Cohn-Bendit) à LaREM.

EELV est une organisation aux ef-

2 | CONVENTION GDS 2021

CFDT). Cela s’est ressenti dans les divisions du mouvement au mo- ment des lois Travail ou encore de la mobilisation contre la retraite à points.

EELV béné cie actuellement de la recherche, par une fraction de l’électorat, d’un chemin alternatif, du fait de la division et de l’a aiblis- sement du cœur traditionnel de la gauche. Les élections européennes étant toujours propices à des pous- sées atypiques, EELV en a béné – cié en 2019 – comme d’ailleurs en 2009. Aux municipales, il n’y a pas eu de « vague verte », mais des va- gues roses-rouges-vertes. Quand ils se sont présentés seuls contre des listes unitaires, les écologistes ont été battus (Marseille, Mont- pellier, Le Havre, Paris, Nantes, Rennes). Même à Lyon, Strasbourg et Bordeaux, leurs « victoires » les plus retentissantes l’ont été en réa- lisant des listes unitaires.

EELV cherche depuis les munici- pales à transformer l’essai de deux manières :
> engranger des victoires aux ré- gionales et départementales de

2021 au nom du pôle écologique en refusant toute alliance avec le PCF, le PS ou FI ;
> s’agrandir en absorbant les autres petites forces de l’écologie politique regroupées au sein de ce pôle, notamment Cap 21 et Généra- tion Écologie.

Le noyau dirigeant espère que cette stratégie lui permettra d’asseoir la légitimité, comme candidat natu- rel de la gauche à la présidentielle, de celui ou celle qui emportera la « primaire écologiste » prévue pour septembre 2021. À ce stade, quatre candidats sont déclarés (ou presque) : Yannick Jadot et Éric Piolle, Sandrine Rousseau et San- dra Regol.

Yannick Jadot incarne l’orientation selon laquelle EELV peut prospérer en récupérant les déçus de gauche du macronisme. Sa campagne eu- ropéenne profondément droitière est l’illustration d’une orientation pro-business refusant le clivage droite/gauche. Il prétend que c’est « l’ère de l’écologie » pour asseoir une rupture avec les traditions d’une gauche divisée et paraly-

sée. C’est en partie la recette des européennes de 2019. Ainsi Jadot a-t-il exclu la possibilité d’une al- liance avec Mélenchon, qu’il consi- dère comme un repoussoir pour cet électorat plutôt modéré. Cette ligne stratégique est suicidaire : elle fracture la gauche en théori- sant à nouveau les « deux gauches irréconciliables ». Et elle déroule mécaniquement le tapis rouge au « duel » Macron-Le Pen.

Piolle de son côté joue la carte de l’union de la gauche qu’il appelle « l’arc humaniste ». Il s’est déplacé à la fois à l’université d’été de la FI et à celle du PS, et met en avant son bilan à la tête d’un exécutif munici- pal de gauche plurielle. Éric Piolle semble avoir les faveurs de la ma- jorité de la direction et des adhé- rents d’EELV, et sa désignation, à la condition expresse qu’elle s’éman- cipe de la démarche « identitaire » du pôle écologiste, pourrait favori- ser la perspective d’un accord n 2021 entre toutes les composantes de la gauche.

Quelqu’un qui assume l’ambiguï- té avec l’autoritarisme macronien et les connivences avec le monde des a aires ». Il avait déjà fait cela lorsque Benoît Hamon avait empor- té la primaire du 29 janvier 2017, puisqu’il avait déclaré « regretter » François Hollande. Il est si peu désireux d’unité qu’il préfère un « ennemi » déclaré plutôt qu’un Oli- vier Faure lorsque celui-ci propose l’unité. Les plus proches sont les ennemis, c’est la marque du sec- tarisme qui a fait tant de ravages dans l’histoire de la gauche.

La FI s’est insu samment installée depuis trois ans dans le paysage politique hexagonal à cause de ce refus d’unité et parce que, plutôt que de construire un parti plura- liste et démocratique implanté, elle

3. La France insoumise (FI)

Sanssurprise,Jean-LucMélenchon a été le premier à annoncer sa can- didature, à 18 mois de l’échéance présidentielle. Comme la fois précé- dente, il l’a proclamée unilatérale- ment, selon la théorie que « la force va à la force » et selon laquelle, en menant la « course » en tête, il obligera les autres à se rallier à lui. C’est un des facteurs qui a conduit à la défaite du 23 avril 2017.

Car si, en dernier ressort, des élec- teurs peuvent assurément et sans condition se rallier in ne au vote utile, cela ne su t pas – on l’a déjà véri é en 2017. C’est encore plus évident aujourd’hui, pour qui vou- drait mobiliser celles et ceux qui ont des préjugés et des réticences ancrés – soigneusement nourris par les grands médias – à l’endroit

du tribun insoumis. Pour passer au second tour, il faut convaincre le ban et l’arrière-ban des élec- teurs potentiels de gauche et donc construire des arguments, des mo- tivations politiques, des accords qui le permettent. Or, la ligne de la FI, pour les présidentielles, c’est le refus d’envisager une quelconque alliance, même si Jean-Luc Mélen- chon vient de faire une o re en di- rection du PCF (pour peser sur ses débats internes ?).

Seule concession apparente : Jean- Luc Mélenchon a proposé de discu- ter… mais uniquement de son pro- gramme ! Et avec pour date limite octobre 2021. Il est allé jusqu’à se réjouir de la sorte à propos d’une possible candidature d’Anne Hi- dalgo : « En n quelqu’un au PS.

3 | CONVENTION GDS 2021

a été réduite délibérément à n’être qu’une machine présidentielle, un « mouvement gazeux » ainsi que la quali ent ses dirigeants.

Si elle a obtenu 17 députés en juin 2017, c’est avec environ 7 % des voix. Aux européennes, elle a obte- nu autour de 6 %. Aux municipales, élection « reine » de la proximité, elle n’a pas su se situer, tantôt al- liée au PS, tantôt en binôme avec EELV, tantôt alliée à toute la gauche, tantôt solitaire au risque même de faire perdre la gauche. Le résultat de ces choix éclectiques n’a pas été brillant. C’est pour cela que la can- didature de Jean-Luc Mélenchon est encore plus discutable qu’en 2016. Il lui aurait été possible en trois ans de construire, consolider uni er, mais ça n’a pas été le cas. Quand la vingtaine d’organisations syndicales, associatives et envi- ronnementales regroupées au sein du collectif « Plus jamais ça » ont interpellé les partis politiques de gauche, le 20 mai 2020, le premier à faire obstruction a été Jean-Luc Mélenchon qui a refusé une décla- ration commune des partis en sou- tien au collectif unitaire, alors que c’était une occasion exceptionnelle à saisir. Il en fut de même, hélas, le 9 juillet, lorsqu’il y eut une seconde réunion autour de ce projet. Cela a permis au PS, au PCF et à EELV de ne pas répondre de façon favo- rable et active à la démarche de « Plus jamais ça » – en dépit du fait que nous les ayons sollicités dans une lettre commune signée avec Ensemble!, Génération.s et Place Publique.

Pourtant, Jean-Luc Mélenchon lui- même a constaté que, dans 90 % des cas, la gauche votait de la même façon à l’Assemblée : ce qui a aiblit pour le moins la théorie des « deux gauches irréconciliables ». Nous avons publié des « tableaux com- parés de 14 projets émanant de groupes de gauche », dont la LFI, et la conclusion est sans appel : il y a 80 % de points d’accord. En exami- nant spéci quement le programme

de la LFI et celui d’EELV, nous avons constaté 29 points communs subs- tantiels entre les deux.
Par ailleurs, au sein même de la FI, des voix (notamment François Ru n et Clémentine Autain, même s’ils ne sont pas les seuls au sein du groupe parlementaire) se font entendre, qui avancent l’idée d’uni- té de la gauche. À la base, d’une ville à l’autre, d’une région à l’autre, les positions des « groupes d’appui » sont di érentes : certains mili- tants et dirigeants anciens et expé- rimentés ont claqué la porte pour protester, d’autres appliquent une ligne en pratique bienveillante avec le reste de le gauche. En n, un son- dage IFOP dans L’Humanité, publié en septembre 2020, annonçait déjà que 71 % des sympathisants de gauche voulaient une candidature unique pour les présidentielles, et même73%àEELV,77%chezles communistes, 79 % dans la mou- vance insoumise et 88 % au Parti socialiste et à Génération.s.

Quoi qu’il en dise, Jean-Luc Mé- lenchon est soumis à une pression unitaire considérable : c’est pour cela qu’il a proposé d’ouvrir un dé- bat sur « son » programme. Cette proposition n’est toutefois pas la solution pour bâtir une plateforme commune.

Nous continuons donc d’insister, de batailler par tous les canaux possibles, avec – nous l’espérons – la force des militants unitaires convaincus, pour que ce débat s’ouvre sans exclusive ni hégémo- nisme, et que toute la gauche se mette autour d’une table, à partir des propositions respectives de chaque formation, pour rédiger une plateforme commune en 8, 10, ou 12 points essentiels, susceptible de faire gagner un candidat commun et de construire une majorité pour cinq ans de législature de gauche. En recherche d’alliés pour les régio- nales, la FI a pris l’initiative d’écrire à l’ensemble des forces de gauche – sauf au Parti socialiste – pour en- visager des listes communes. Nous

avons donc eu une rencontre avec eux et avons rédigé un communi- qué commun GDS-FI en septembre 2020. La France insoumise nous a contactés dans chacune des ré- gions où nous existons. O ciellement, elle annonce vou- loir découpler départementales, régionales et présidentielle. Ce dé- couplage est sans doute dû à leur prise de conscience que lier toutes les élections serait hasardeux, tant est grand le décalage entre la noto- riété nationale de Jean-Luc Mélen- chon et la force électorale de la FI au niveau local.

Nous pouvons noter quelques avan- cées programmatiques de la FI :
> le passage d’un républicanisme prétendument universaliste(comme il nous le faisait subir au sein de la Gauche socialiste) à un combat contre le racisme envers les musulmans (voir sa déclara- tion sur la loi contre le « sépara- tisme ») et en tenant compte des minorités, notamment lorsqu’il re- prend l’expression de « créolisa- tion » d’Édouard Glissant ;

> l’abandon de l’idée de quitter l’UE au pro t du thème de la dé- sobéissance aux traités, si néces- saire, pour appliquer une politique « socialiste ».

En revanche, l’interview de Jean- Luc Mélenchon en octobre dans L’Obs est plus problématique. No- tamment les formules à propos d’un éventuel président « insoumis » appelé à « se concentrer [...] sur les tâches qui engagent l’identité de la nation », mais aussi à propos du « compromis » à conclure avec « le patronat national » ou encore de la démocratie réduite à n’être qu’un vulgaire « système nerveux »…

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4. Le Parti socialiste (PS)

LePSaétésurle ldurasoir.Ilau- rait pu disparaître et changer de na- ture de classe, s’il avait suivi Macron. Il en était à deux doigts. Environ 20 % de ses e ectifs et surtout de ses cadres sont passés à LaREM. En juin 2017, Stéphane Le Foll s’écriait : «EnFranceiln’yaplusqueLePen ou Macron ». Olivier Faure, avec le gros du groupe parlementaire, s’abstenait lors du vote de con ance au gouvernement Macron-Philippe, assurant même qu’il « souhaitait sa réussite ». Le PS est passé en dix ansde180000àmoinsde30000 membres et il a modi é ses statuts pour empêcher tout débat interne. Il paie durablement la trahison de Hol- lande-Valls aux yeux des millions de salariés dont il n’a pas défendu les intérêts.

Sa gauche a quitté le parti pour aller fonder d’autres organisations :
- en juillet 2017, autour de Hamon, s’est constitué Génération.s ;

- début 2018, les militants regrou- pés autour de la revue D&S ont fon- délaGDS;
- n 2018, Maurel et Lienemann ont construit la GRS (en fusionnant avec les restes du MRC).

Le PS abrite toujours une aile droite en continuité avec le social-libéra- lisme et la politique menée par les gouvernements Hollande autour de Le Foll, Patrick Kanner, Cazeneuve. Il est dirigé par un « centre » autour de Faure qui a réussi à garder la tête du parti hors de l’eau précisément en prônant une politique unitaire pour battre Macron. Mais cela dure- ra-t-il ?

Le PS est considérablement a aibli aussi bien sur le plan militant que sur celui des élus et de l’appareil : il ne conserve que 29 députés sur les 295 de la mandature précédente, 65 sénateurs, cinq régions sur treize, une ville sur trois, un département sur trois. Ce qui est cependant loin d’être négligeable. L’a aiblissement du PS ouvre une fenêtre de tir pour que nous tentions

de reconstruire la gauche et son unité sur un nouvel axe en rupture avec ses orientations libérales. Mais sa survie est due au choix qu’il a laborieusement fait de l’unité de la gauche et de l’opposition à Macron. Et nous savons que, tant qu’elle n’est pas remplacée physiquement, une organisation traditionnelle de la gauche ne disparaît pas. Elle peut même se reconstruire ; on l’a vu dans les cent ans d’histoire du PS où, selon les circonstances politiques et les rapports de force, il n’a cessé de connaître des hauts et des bas. Ce parti a la tête dans les institutions et l’oligarchie, mais il ne peut survivre sans puiser sa force électorale dans le salariat (ce qui était l’essence même de ce que l’on a pu quali er de parti « ouvrier-bourgeois »).

À l’université d’été du PS, Olivier Faure a même expliqué qu’il voulait « un candidat commun qui ne soit pas socialiste, ni vert, ni commu- niste, ni insoumis, mais qui soit tout çaàlafois».Etilaajouté:«Lafolie ce serait d’avoir quatre ou cinq can- didats de gauche ». Il est même allé jusqu’à préciser : « Si Mélenchon doit être candidat, c’est au travers d’une candidature collective ». Puis : « S’il y a des désaccords, ils doivent être tranchés publiquement par un vote démocratique populaire ». Nous ne pouvons que souscrire à la conclusion du Premier secrétaire : « Rassemblons-nous d’abord sur les idées et désignons ensuite le candidat pour les porter ».

C’est un discours clair, qu’il convient de saisir au pied de la lettre. Car Faure est soumis, dans son posi- tionnement, à la pression de sa base et il ne le maintiendra peut-être pas si, en pratique, l’unité n’avance pas. Il semble en e et y avoir plusieurs langages et sans doute beaucoup de non-dits au sommet du parti. La possible candidature d’Anne Hidal- go n’est-elle pas, en la matière, déjà venue modi er les scénarios écha- faudés par Olivier Faure ?

Les débats sur la laïcité, aussi légi- times et importants qu’ils soient, ont été menés par Olivier Faure et Anne Hidalgo avec le choix d’attaquer EELV et la FI. Cette volonté d’a r- mer une identité spéci que du PS sur ce sujet contredit les déclara- tions unitaires préalables d’Olivier Faure. Chacun le sait, la vraie ur- gence pour le PS serait d’a ronter la question sociale car, sur ce plan, le PS n’a pas beaucoup évolué de- puis 2018.

Le congrès du PS qui semblait devoir donner 90 % des voix à Olivier Faure été reporté en mai, et des opposi- tions diverses se manifestent dans l’appareil. L’appel à motion d’Hélène Geo roy, maire de Vaulx-en-Velin, a un but unique que l’on peut résumer ainsi : « le PS doit avoir son candidat ». C’est aussi la position de François Hollande et de ses amis, Stéphane Le Foll et Cie, bien qu’ils n’aient ob- tenu que 18 voix contre 119, lors du Conseil national du 13 septembre. Hollande va même jusqu’à mena- cer de scission, appelant « à une nouvelle force politique à gauche ». Le lobbying d’un Laurent Jo rin va dans le même sens.

Le PS restera paralysé et inaudible tant qu’il ne se sera pas nettement démarqué dans l’opinion de gauche des trahisons du quinquennat Hol- lande-Ayrault-Macron-Valls. Quand Olivier Faure a timidement rejeté le CICE « sans contreparties » et la « loi El Khomri qui n’était pas néces- saire », il s’est certes rendu ennemi des « hollandais », mais il n’a pas pour autant dissipé la mé ance pro- fonde des salariés contre le PS. Des millions de voix socialistes sont en déshérence et se tournent vers l’abstention. Mais les pesanteurs sont lourdes et il faut noter qu’en étant unitaire à sa façon (humble là où il est minoritaire, souvent hégé- moniste là où il est majoritaire), le PS a réobtenu des résultats posi- tifs pour lui aux municipales 2020. Il a gardé ses villes principales (Pa-

5 | CONVENTION GDS 2021

ris, Lille, Rennes, Nantes.. .) et en a gagné d’autres avec des candidats plus jeunes (Montpellier, Nancy…). Cela ne lui a été possible le plus souvent qu’à la condition de paraître anti-Macron et unitaire à gauche. Alors qu’il n’est plus hégémonique, le PS résiste parce qu’aucune force (ni la FI ni EELV) n’a su et voulu pro- ter de sa situation avantageuse (la FI après les présidentielles, EELV

5. Génération.s (G.s)

Au lancement de Génération.s, l’es- poir de Benoît Hamon et de son mouvement était de devenir la force incontournable autour de laquelle pourrait se reconstruire la gauche. Les 3,7 % des européennes ont été un cuisant désaveu. Benoît Hamon et de nombreux cadres ayant perdu leurs mandats électoraux se sont éloignés du devant de la scène (au moins temporairement pour le fon- dateur du mouvement).

Sous la direction de Guillaume Ba- las, Génération.s a tenté de jouer un rôle de trait d’union à gauche, de « plaque tournante » entre EELV, la FI, le PS et le PCF. Il a participé à toutes les initiatives unitaires, y compris – avec la GDS – au « Big Bang » de Clémentine Autain. Il mettait ainsi en avant l’idée d’une « Maison commune de la gauche et de l’écologie ». Dans cette période, le mouvement a eu une ligne très proche de la nôtre sur la question de l’unité.

En mai dernier, EELV a proposé à toutes les forces de gauche et de l’écologie de co-organiser une uni- versité d’été commune. Quelques semaines plus tard, la direction a rétréci le champ des organisateurs, la limitant à ce qui deviendra le « pôle écologiste » comprenant, outre EELV, Cap 21, Génération Écologie, l’Alliance écologique indépendante et Génération.s.

Lors de sa convention de novembre 2020, trois textes ont été soumis à la discussion :
> « Pour que l’écologie rassemble

après les européennes). En lieu et place d’une politique réellement unitaire leur permettant de devenir la force centrale de la gauche, la FI d’abord, EELV ensuite, ont adop- té une position d’auto-a rmation sectaire, et échafaudé une poli- tique hégémoniste ruinant en fait la possibilité qui était alors la leur de prendre la place laissée vacante par le PS. Tant que le reste de la gauche

la gauche », envisageant une fu- sion rapide avec EELV. Ce texte a obtenu 26 % des voix ;
> le texte « Construire la Maison commune. Penser et fonder la gauche de demain » (soutenu par Claire Monod) qui réa rmait la perspective d’une « maison com- mune de la gauche et de l’écologie », n’a pas été mis au vote, ses ani- mateurs choisissant d’amender le texte central ;

> le texte central « Utiles pour l’avenir » (présenté par Sophie Tai- lé-Polian et Benjamin Lucas, soute- nus par Benoît Hamon).

Ce dernier proclame que « l’éco- logie politique, et EELV singulière- ment, doivent occuper une place centrale dans la recomposition » et poursuit de la sorte : « Après plu- sieurs années de fracturation, nous sommes convaincus que s’ouvre à présent le temps de la reconstruc- tion de la gauche autour de l’éco- logie politique, seul germe fécond pour renouveler le modèle de so- ciété alternatif au monde actuel. Nous a rmons notre détermina- tion à construire la nouvelle force de l’écologie sociale et démocra- tique. Cela peut être réalisé dans une première étape : la consoli- dation du pôle écologiste qui se structure actuellement autour de plusieurs formations politique dont Génération.s »

Pour les régionales, G.s a choi- si de mener le combat au sein du pôle écologiste. Participeront-ils à sa primaire prévue en septembre

ne lui propose pas l’unité et ne le prend pas au mot, on lui laisse ain- si un espace de reconstruction. Les moments que nous vivons seraient pourtant l’occasion pour une gauche intelligente de l’entraîner dans un front de gauche dynamique auquel son appareil a aibli aurait du mal à résister.

2021 ? Le débat risque de rebon- dir en son sein, entre ceux qui vont privilégier le pôle « écolo » et ceux qui sont favorables à une maison commune de la gauche et de l’éco- logie. La synthèse opérée lors de cette convention reste sur ce point au minimum ambiguë.

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6. Le Parti communiste (PCF)

Le dernier congrès du PCF de no- vembre 2018 avait écarté (malgré des résultats assez serrés) l’idée de recommencer à soutenir Jean- Luc Mélenchon comme lors des deux échéances présidentielles précédentes. Pierre Laurent a été remplacé à la tête du parti par Fa- bien Roussel, avec l’objectif a ché de présenter des candidats com- munistes à chaque élection. Mais depuis trois ans, est-ce que l’hypo-

thèse d’une candidature indépen- dante du PCF à la présidentielle s’est trouvée confortée ? Di cile de ne pas répondre par la négative. Une telle démarche paraît totale- ment déconnectée de la réalité à la fois de la situation politique et du parti lui-même. Un candidat PCF serait entre 2 à 3 % avec une bonne campagne et ne prendrait des voix qu’à gauche – donc des voix sous- traites au candidat le mieux placé,

qui risquerait du même coup de ne pas accéder au second tour.
Le dernier Conseil national du PCF a dé ni son calendrier en vue des échéances de 2022. Une confé- rence nationale les 10 et 11 avril prochain, puis un vote des adhé- rents du 7 au 9 mai détermineront qui sera le candidat des commu- nistes à la présidentielle.

mais clairement orienté vers un front unique de toute la gauche, associant et dépassant tout à la fois les orga- nisations.

Mais ces organisations sont aussi tiraillées par l’attraction qu’exercent sur elles les trois « grandes » orga- nisations de la gauche. Pour attirer à elles, il faut qu’elles se mettent en mouvement. Car sinon ce sont les autres forces qui les satelliseront. En témoigne la trajectoire de Géné- ration.s, qui n’a jamais formellement refusé nos propositions, tout en fai- sant le choix du pôle écologiste.

Tout cela nous indique combien chaque composante de la mosaïque de la gauche in uence les autres. Tout se tient et tout peut donc bouger. Rien n’est joué.

7. Les autres forces de gauche

Beaucoup de ces forces de gauche (Ensemble!, PEPS, Place publique, Nouvelle donne, GRS, R&S, NPA) sont expérimentées, ont des militants de valeur et sont capables d’élaborer, d’agir, d’argumenter, de peser cha- cune à leur niveau sur le cours de ces événements.

Quand Jean-Luc Mélenchon refuse l’unité, il avantage les pro-Jadot au sein d’EELV et les anti-Olivier Faure du PS. Quand ce dernier renouvelle ses o res unitaires, il encourage par la même occasion les unitaires de la FI et d’EELV. Quand Anne Hidalgo s’en prend frontalement aux éco- logistes ou à la France insoumise, elle attise les sentiments anti-PS des militants de ces forces et même au-delà. Quand le PCF a rme, avec Fabien Roussel, qu’il y aura un candi- dat communiste, cela ouvre un débat dans le PCF, et certains comme Ma- rie-George Bu et rejoignent Mélen- chon ; c’est aussi une forme d’enga-

gement unitaire.
Quant au Nouveau parti anticapita- liste (NPA), une scission semble pos- sible lors de leur prochain congrès. D’une certaine façon, à l’instar du PCF, le NPA aura à choisir s’il décide d’une candidature identitaire comme le fait toujours Lutte ouvrière (LO).
Si toutes ces forces s’étaient liguées dans un front commun, dans un « co- mité de liaison » comme la GDS en a défendu l’idée depuis trois ans avec comme principal objectif de faire avancer la cause de l’unité, leurs voix auraient été décuplées. Il y aurait un « pôle » central, capable d’empêcher la centrifugation, le clivage entre, d’un côté, un pôle autour d’EELV et, de l’autre, un pôle « insoumis ». De façon imagée, nous nous présentons volontiers comme une petite roue se mettant en mouvement pour faire tourner une roue plus grande, et ain- si de suite. Nous sommes partisans d’un front unique certes « partiel »,

8. En 2021, nous allons vivre plusieurs années en une seule

Nous entrevoyons un double hori- zon dans les prochains mois : la n du con nement et l’a rmation des luttes sociales, tant il est vrai que le pays est comme une cocotte-mi- nute. Le couvercle est maintenu, mais la pression monte.

Ensuite, ce seront les élections ré- gionales et départementales, un nouveau test où, si nous sommes

unis, nous balaierons LaREM. Si la gauche est en revanche désunie, aucune dynamique de gauche ne se dégagera, et LaREM, LR, RN s’en sortiront.

En n, ce sera l’automne où des mil- lions d’électeurs de gauche verront les délais se resserrer et la me- nace de perdre comme en 2017 se renouveler ; ce seront les primaires

d’EELV et la date limite xée unila- téralement par Mélenchon. Le dé- bat unitaire fera rage et obligera les appareils petits et grands, ainsi que leurs « chefs », pris à la gorge, à répondre.

Ce sera la dead line pour une plate- forme commune, pour des pri- maires éventuelles.

7 | CONVENTION GDS 2021

 

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE TEXTE n°1 CONVENTION 2021 OÙ VA LA FRANCE ?

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

TEXTE I CONVENTION 2021OÙ VA LA FRANCE ?

Analyse de la situation politique

page1image2104page1image3872page1image4032

Depuis les rencontres de Pau, n 2019, la pandémie du Covid n’a pas permis de tenir de nouvelle rencontre nationale de notre réseau.

À 18 mois des échéances nationales de 2022 (présidentielle et législatives), il est nécessaire de préciser le rôle que la Gauche démocratique & sociale (GDS) entend tenir. À cet e et, son équipe d’animation nationale a décidé d’ouvrir la préparation d’une Convention nationale qui se tiendra au premier trimestre 2021.

PRÉPARER DÈS MAINTENANT 2022

Cette convention est ouverte à toutes celles et tous ceux qui veulent participer au débat*. Tout adhérent à jour de cotisation 2020 pourra voter. Ce texte national est destiné à préparer ladite convention. Il reprend :

- notre analyse de la situation à 18 mois des échéances de 2022 ;
- notre appréciation du positionnement des dif- férentes forces (et candidats potentiels) ;

- notre orientation pour un candidat commun et un contrat de législature commun à l’ensemble de la gauche et des écologistes ;
- les voies et moyens de faire valoir, dès mainte- nant, cette orientation en pointant les obstacles, ainsi que les avantages et inconvénients des dif- férents choix possibles.

À l’occasion de cette convention, le réseau de la GDS procédera à l’élection de son équipe d’ani- mation nationale.

SOMMAIRE

MODALITÉS DU DÉBAT

Dès réception de ce texte, tout adhérent pourra adresser une contribution pour nourrir la ré- exion et les décisions à prendre. Ces contribu- tions devront être limitées à 6 000 signes (deux pages word). Deux bulletins de discussion seront envoyés en janvier et février. Ils reprendront les di érentes contributions, ainsi que les amende- ments au texte national d’ouverture du débat. Pour préparer au mieux les débats, des contacts seront pris avec toutes les forces de la gauche et les écologistes, des comptes rendus seront envoyés à tous les adhérents pour que tous les éléments soient connus a minima dix jours avant la tenue de la convention nationale.

Des assemblées locales, départementales ou régionales seront organisées pour permettre un large débat. Les moyens seront déployés pour permettre la tenue de ces réunions en vi- sio-conférence.

Note

* Anciens adhérents, abonnés à la revue, sympathisants…
Il su t de renvoyer ses coordonnées à contact@gds-ds.org en précisant « convention 2021 » en objet. Le droit de vote sera réservé aux adhérentes et adhérents de la GDS.

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1. La pire crise économique et sociale dont on se souvienne…………………………………………………………P. 2 2. Un virage autoritaire accéléré et une o ensive réactionnaire féroce……………………………………… P. 2 3. Le mouvement social et la gauche…………………………………………………………………………………………………P. 3

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1 | CONVENTION GDS 2021

Où va la France ?

Analyse de la situation politique
1. La pire crise économique et sociale dont on se souvienne

La situation politique dans laquelle se déroulera la dernière partie du quinquennat Macron, ainsi que les campagnes électorales majeures de 2022, est marquée par les consé- quences économiques et sociales de la crise sanitaire du Covid 19, aggravées par les trois premières années de politique pro-CAC 40 de Macron. Dans le texte « Pandémie, urgences et jours d’après »*, nous avons analysé les liens entre pan- démie, néo-libéralisme et atteintes à l’environnement. Nous avons par

ailleurs souligné un autre point ; le fait que le souci de préserver la santé ait à un moment donné pré- valu sur l’économie (contrairement aux choix faits aux États-Unis ou au Brésil) a constitué une victoire sur le capitalisme.

La crise économique entraîne pro- bablement la pire crise sociale dont on se souvienne. Entre le deuxième et le troisième trimestre 2020, le chômage (au sens du BIT) a bondi de 7 à 8,8 % en France métropoli- taine, le « halo du chômage », se-

lon les chi res antérieurs de Pôle emploi, (catégories A, B, C, D, E cu- mulées) va atteindre 7 millions de personnes – record historique. Les plans sociaux se succèdent avec des centaines de milliers d’emplois perdus dans tous les secteurs d’ac- tivités. La pauvreté touche plus de dix millions de personnes, les de- mandes de RSA explosent, la ques- tion du logement est dramatique et la faim est revenue dans le pays : elle concerne 23 % des pauvres.

2. Un virage autoritaire accéléré et une offensive réactionnaire féroce

Le projet de Macron n’a pas changé : adapter le pays au néo-libéralisme, ériger la France en start-up nation, construire une société sans statut, post-salariale, ubérisée au maxi- mum et sans cotisations sociales. Face aux résistances sociales, Macron a fait le choix d’approfon- dir le virage droitier, autoritaire et répressif de sa politique. C’est ce que signi e la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l’Inté- rieur, avec une orientation de type « ordre et sécurité ». Cette o ensive réactionnaire s’est développée à la suite de l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty à Con ans-Sainte-Ho- norine et du triple assassinat terro- riste dans la cathédrale de Nice.

En visant notamment les jeunes des quartiers populaires et les im- migrés, Macron marche sur les platebandes de l’extrême droite. De nombreux jeunes issus de l’immi- gration post-coloniale subissent des discriminations qui s’ajoutent à la violence sociale. La couleur de peau, le genre, la religion interfèrent avec le rapport de classe. Leur participa- tion au combat pour l’émancipation nécessite de prendre en compte ces dimensions, comme nous le faisons

depuis de nombreuses années dans le combat féministe, pour l’égalité femmes-hommes.
Darmanin et le ministre de l’Édu- cation nationale, Jean-Michel Blan- quer, mènent la charge contre les droits des associations musul- manes, la gauche intellectuelle et universitaire, les associations de défense des droits humains, le mou- vement antiraciste, les journalistes, ainsi que cette partie de la gauche et des syndicats qui a participé à la marche contre l’islamophobie de novembre 2019 et aux manifesta- tions contre les violences policières et le racisme en juin 2020. Avec la dissolution du CCIF, le gouverne- ment s’engage dans la voie du « délit d’opinion » comme l’indique à juste titre la LDH. Avec le projet de loi « confortant les principes répu- blicains », le pouvoir entend conti- nuer à séduire l’électorat de droite et d’extrême droite.

Il aligne ainsi une série de mesures antidémocratiques, sécuritaires et liberticides : pérennisation d’un état d’urgence dit « sanitaire », installa- tion dans la durée d’un Conseil de défense couvert par le secret dé- fense dans lequel sont prises les

décisions sanitaires, loi « sécurité globale » généralisant la surveil- lance de la population par la police tout en tentant de limiter la liberté d’informer (pénalisation de la di u- sion d’images de policiers, décrets pour le chage politique), autori- sation accordée aux policiers de conserver leurs armes en dehors du service, attaque contre les li- bertés académiques dans la loi de programmation de la recherche (via l’obligation pour les chercheurs de respecter des « valeurs de la Ré- publique » dont le contour est pour le moins ou…). Le nouveau sché- ma national de maintien de l’ordre vise à réduire le mouvement social et se sert d’une hiérarchie acquise à l’extrême droite. Plus d’un policier sur deux vote pour le RN. Leur hié- rarchie les pousse à réprimer dure- ment les mouvements de contesta- tion, par exemple par le moyen des « nassages », contraire à la stratégie traditionnelle de maintien de l’ordre, telle qu’elle est mise en œuvre dans de nombreux pays démocratiques en Europe.

Macron n’a par ailleurs pas renoncé à la contre-réforme de l’assurance chômage diminuant de 3,5 mil-

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liards les indemnités de millions de chômeurs. Il entend continuer la casse des retraites, voire faire encore reculer l’âge de départ et, naturellement, diminuer le niveau des pensions. Il a instauré un « état d’urgence » qui suspend ce qui reste d’essentiel dans le Code du travail (horaires, congés payés, baisse des salaires de 16 %, CDD, droits des intermittents, intéri- maires, saisonniers…) et donne tous pouvoirs dans chaque entre- prise aux patrons. Il continue de fermer des lits, de ne pas recruter

de soignants, et refuse de répondre aux besoins des hôpitaux et Ehpad, aux exigences de la recherche, de l’éducation, des services publics. Il bloque en n sans vergogne le Smic et les minima sociaux. Le discours austéritaire revient en force avec la commission Artuis sur l’avenir des nances publiques.

Sur les questions environnemen- talesen n,Macrontented’apporter des réponses en évitant toute re- mise en cause du capitalisme. Pour lui,c’estlesecteurprivéquimènera à bien cette transition écologique, à

la condition expresse que l’on n’en- trave pas sa rentabilité. Évidemment, tous ces choix heurtent de plein fouet la société, le salariat et ses franges les plus pauvres. Pour écraser la montée des ré- voltes, Macron rétrécit l’espace des libertés publiques comme jamais en France depuis quatre décennies. Lui et sa bande craignent plus que toutleretourd’unmouvementdu type « Gilets jaunes » et l’irruption de millions de manifestants dans lesrues,voiredegrévistesdansles entreprises elles-mêmes.

joue de cette situation pour crédibi- liser la mise en scène d’un « duel » entre sa version du libéralisme au- toritaire et l’extrême droite de Ma- rine Le Pen. Cette dispersion déva- lue aussi les nombreuses victoires obtenues par la gauche quand elle avait réussi à s’unir aux municipales de mars et juin 2020.

La gauche paraît plus préoccupée par ses guerres intestines que par l’impératif de construction d’une alternative crédible au pou- voir en place.

Cette situation risque de durer jusqu’à l’automne 2021. Si les di é- rents appels à l’unité et à donner un contenu à l’unité sont utiles, l’unité sur le terrain des luttes peut aus- si modi er nettement les rapports de force. Les luttes sociales aide- ront à faire apparaître aux yeux de toutes et tous le besoin criant de rassemblement, et à enclencher le débat sur la meilleure plateforme pour ce faire. Les contributions du collectif « Plus jamais ça » ont une grande importance, elles tracent les axes d’une politique de rupture (qu’il nous faut populariser) tout en indiquant une méthode : mettre en avant les convergences plutôt que les divergences. Cette méthode est également la nôtre.

Notes

* http://www.gds-ds.org/pande- mie-urgences-et-jours-dapres- contribution-gds.

3. Le mouvement social et la gauche

Depuis 2016, une résistance sociale profonde se manifeste et les mou- vements sociaux se succèdent (loi El Khomri, défense du Code du tra- vail, Gilets jaunes, SNCF, retraites, manifestations pour le climat). C’est ce qui explique cet événement exceptionnel qu’est l’émergence du collectif « Plus jamais ça », réunis- sant une vingtaine d’organisations syndicales, associatives et envi- ronnementales avec notamment la CGT, Solidaires, la FSU, ATTAC, Greenpeace, Oxfam… Leur plan de sortie de crise (34 mesures) est une base essentielle pour tout pro- gramme de transformation sociale. Ces organisations a rment avec raison ne pas pouvoir « se résigner au rétrécissement du cadre démo- cratique et à une crise sanitaire sur la durée, permettant de justi er la casse sociale et l’absence totale de politique ambitieuse de transition climatique ».

Ces dernières semaines, c’est sur le terrain de la défense des libertés et des résistances à la politique de Macron que la gauche a pu marquer des points. Les marches pour les libertés qui ont réuni un demi-mil- lion de manifestants le samedi 28 novembre ont plongé le gouverne- ment dans une crise politique. Il a même été obligé pour la première fois de reculer partiellement sur l’article 24 de la loi Sécurité glo- bale. Ce mouvement a réussi à mobiliser l’ensemble de la gauche

qui s’est retrouvée unie dans la rue contre le pouvoir.
Évidemment, face à la politique tout aussi menaçante que cohérente de Macron, la gauche devrait faire passer ses divergences au second plan. Il est tout bonnement suici- daire de se faire une guerre entre petits et grands appareils, quand la guerre sociale – la vraie – sévit avec tant de violence.

Alors que sondage après sondage, la volonté d’unité dans le peuple de gauche se con rme et progresse, alorsquelesforcesdegauchen’ont pas cessé de faire front contre le gouvernement sur la quasi-totalité de sa politique – que ce soit le vo- let social, le volet économique ou encore le volet sécuritaire et auto- ritaire –, la gauche reste une vaste mosaïque dispersée.

Si elle était unie, elle susciterait une dynamique et gagnerait largement ; mais au lieu de cela, son éclatement produit une majorité d’abstention, voire de résignation.

La dispersion des candidatures aux élections européennes, puis aux municipales et potentiellement aux régionales empêche de faire appa- raître une issue politique de gouver- nement face à la droite LREM-LR-RN. Les multiples annonces de candida- ture à la présidentielle des uns et des autres contrecarrent (pour le moment) les aspirations à l’unité. Cette dispersion a aiblit aussi le mouvement social contre Macron. Il

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Macron est sans pitié

chronique hebdomadaire « au boulot » dans l’Humanité Dimenche n° 525

 

Impitoyablement

Macron est sans pitié. Même face à l’aggravation de la pandémie et du tsunami social qu’elle entraine, Macron ne renonce à rien de son programme initial. 

Le malheur dans lequel sa politique d’austérité a plongé des millions de salariés et de chômeurs, il l’aggrave sans cesse. A marche forcée il transfère l’argent des pauvres vers la fortune des riches. Sur 100 milliards d’argent caché soudain retrouvé, il donne plus de 70 % au CAC 40 et moins de 30 % à 30 millions de salariés et d’indépendants qu’il continue d’uberiser.

Il maintient la casse de l’assurance chômage qui va diviser par quatre les indemnités des millions de chômeurs.

Il maintient le projet de report de l’âge des départs en retraites alors que l’espérance de vie vient pourtant de se réduire.

Il maintient la suppression progressive des cotisations sociales alors que toute la Sécurité sociale du pays en dépend.

Il continue le recul de la prévention dans la prévention du Covid, pas seulement en supprimant des lits dans les hôpitaux mais dans les entreprises, avec l’objectif d’assurer à tout prix la poursuite des profits capitalistes : suppression des CHSCT alors qu’en 2019, sur 19,5 millions de salariés, il y avait déjà eu 655 715 accidents du travail, 50 392 maladies professionnelles et 98 899 accidents de trajet, et que, parmi ces victimes, 1 264 sont décédées (1027 en 2018).

Il propose même de casser davantage la médecine du travail avec la loi Lecocq.

Il maintient la casse du droit du travail, alors que l’application des lois El Khomri et Pénicaud a déjà donné des résultats catastrophiques et que la fraude patronale n’ajamais été aussi massive.

Il maintient le plafonnement des indemnités prud’hommes alors que les licenciement abusifs se multiplient.

Et le voilà, c’est nouveau et impitoyable, qu’il propose de modifier l’AGS (Assurance Garantie Salaire) qui accordait en priorité la sureté de salaire à plus de 100 000 salariés en cas de liquidation judiciaire de leur entreprise.

Gérard Filoche

 

A Pierre Lepelletier journaliste au Figaro le 18 janv 2021

Bonjour,
nous nous sommes vus samedi 17 janvier 9 rue Française 75002

lors de la signature de son livre « L’engagement » par Arnaud Montebourg vous avez publié l’article ci-dessous
j’aurais aimé échanger avec vous à ce sujet
car il y a une inexactitude lourde dans l’article que vous avez publié

me concernant je n’ai jamais été exclu du PS, aucun vote aucune instance ne s’est jamais prononcée

hormis des propos personnels de Rachid Temal et de David Assouline même si ces deux personnages l’ont annoncé, il n’y a jamais eu aucune procédure, aucune suit

or les statuts du PS sont clairs, le Bn ne peut exclure un de ses membres, il y faut une procédure spécifique avec la commission ad hoc, et cela non seulement n’a jamais abouti, mais n’a même pas été initié

et le tweet de David Assouline (du 21 novembre 2017) qui l’a prétendu est un tweet personnel certes désagréable mais totalement mensonger, c’est un fake.
Depuis, l’histoire a été rétablie, mes amis de la gauche socialiste et moi avons collectivement démissionné du PS parce que celui-ci à la veille du congrès d’Aubervilliers d’avril 2018 a modifié ses statuts pour empêcher qu’en tant que membre du BN je puisse en notre nom déposer une motion tirant le bilan du quinquennat de François Hollande,

nous sommes partis du PS à cause de ça,et en l’expliquant publiquement, dans le JDD du 20 janvier 2018et ensuite nous l’avons expliqué et ré expliqué dans des centaines d’occasions, médias, articles, revues, livres.

donc en résumé :

- pas d’exclusion (c’est vérifiable auprès de Olivier Faure et des autres membres du BN…)

- démission (c’est vérifiable dans le JDD mais aussi pendant toute cette période dans notre revue mensuelle « D&S » Démocratie & socialisme – qui parait depuis 28 ans, à l’époque c’étaient les n°250 et suivants… également en temps réel sur notre site : gds-ds.org, mon blog gerard.filoche.fr )

- et pas à cause du tweet que vous mentionnez
Autour de ce tweet :

le Parquet a renoncé à plainte

9 organisations sectaires se sont jetées dessus et portées partie civile contre moi, elles ont été déboutées et n’ont même pas osé faire appel quand le Tribunal m’a relaxé (décembre 2018)

17 000 signatures et des centaines de personnalités m’ont soutenu en décembre 2017personne dans ma vie militante depuis 60 ans que je suis actif, n’a pu justifier ne serait-ce qu’une bribe de cette accusation infamante mais absurde

je suis l’un des cofondateurs de Sos-Racisme et j’ai fait des centaines de meetings sur ce sujet
j’ai publié un « Manifeste » le 11 avril 2018 « contre le racisme et contre l’antisémitisme » pour bien répondre et développer le fond de ma pensée et de mon action,

cela fait maintenant quatre ans que cette histoire est dépassée

elle n’a pas été à l’honneur de ceux qui m’ont fait procès

mais mon honneur est intact

je suis donc surpris que vous reveniez là-dessus de façon elliptique, dans une toute autre situation, dans votre article, ce samedi 17 janvier 2021
bien à vous,
Gérard Filoche

PS : nous pouvons en parler sereinement mon téléphone est
voila ma biographie complète qui vient de paraître dans Le Maîtronhttps://maitron.fr/spip.php?article233874, notice FILOCHE Gérard (Roger Norman, Matti, Matti Altonen) par Jean-Paul Salles, version mise en ligne le 7 novembre 2020
voilà le manifeste

 

 

y’a pas de vaccin et pas de vaccination

Avec Macron y’avait pas de gel, pas de masques, pas de seringues, pas de pousse-seringues, pas de blouses, pas de gants, pas d’écouvillons, pas d’hôpitaux, pas de lits, pas de respirateurs, pas de tests, pas de curare, pas de soignants, maintenant y’a pas de vaccin et pas de vaccination

 

Alors qu’il y a 70 000 morts de plus, 9 %  de surmortalité en 2020 et que la pandémie continue massivement, l’état Macron se révèle chaque jour noyé dans le mensonge, l’incompétence, l’incohérence. Il a démantelé ce qu’il y avait d’humain et non technocratique dans l’administration centrale et territoriale, la réduisant à son squelette régalien, et il gère par coups de force, ordonnances, état d’urgence, et comité de défense.

Il appelait à une « révolution » on en est à se réjouir qu’il n’ait pas pu supprimer 120 000 fonctionnaires de plus comme il le programmait. Il manque 100 000 postes à l’hôpital et 200 000 dans les Ehpad.La santé publique est confiée à Doctolib et autres ersatz de gestionnaires privés.

La prévention est part congrue : vaccination (3 milliards d’euros) dépistage (700 millions d’euros), prévention collective sur les comportements (300 millions) et l’environnement (2 milliards). La prévention totale, avec 15 milliards d’euros, ne représente que 5,4 % des dépenses de santé. La prévention institutionnelle n’en représente que 2,2 %.

 

Jupiter gesticule et rien ne marche : il baisse les impôts des riches et du CAC 40, il dépense 100 milliards orientés  vers les grandes entreprises alors que des centaines de milliers de PME, TPE meurent. Il voulait une France start up, il en est réduit à sauver Carrefour. Il voulait un « post salariat », sa politique conduit à 7 millions de chômeurs et il divise les indemnisations par quatre. Il a renoncé a tout contrôle sur les licenciements, il y en a des centaines de milliers. Il continue à brader la SNCF, EDF, la RATP. Il marmonne des promesses écologiques mais supprime l’Office National des Forêts.

 

Rien n’est à sauver du quinquennat Macron.

 

Mais alors pourquoi tient-il ?  évidemment il contrôle les médias et survit par la répression, les lois d’exception, le séparatisme attisé, le confinement et couvre-feux obligatoires.

 

Mais pas seulement : il survit parce que sa presse peut se délecter des divisions de la gauche, jouer tous les jours sur les fausses compétitions Jadot, Mélenchon, Hidalgo, Piolle, Montebourg, Taubira, Roussel et Artaud. A tour de rôle, Le Monde titre « la gauche risque de disparaitre de la présidentielle »,  Libération « À gauche, bazar vous avez dit bazar », l’Humanité « À gauche le bal des vrais faux candidats »  tandis qu’Eric Piolle s’écrie « Arrêtons la course de nains de jardins et proposons un débouché politique » et Mélenchon avoue : « 2022 c’est la dernière station avant le désert ».

 

Il est temps de lancer un grand « j’accuse » : accuser tous ceux qui jouent avec le feu, tous ceux qui refusent de se mettre autour d’une table pour voir s’ils peuvent rédiger une plateforme commune de qualité, et établir des listes de candidats communs.

 

Aux régionales de juin 2020 qui configureront le paysage à gauche avant la présidentielle, des appels partiellement unitaires naissent. Ca bouge. L’un d’entre eux, dans le « Grand Est » va du PS à LFI, du PCF à GDS. D’autres se discutent en ce moment même dans les Hauts-de-France, Rhône-Alpes Auvergne et PACA. Ceux qui ne participent pas à cet effort, à cette chance, à cette issue incontournable, sont cruellement responsables de l’état de la gauche et donc, de notre pays, tel que Macron est en train de le détruire.

 

 

Pour les 75 ans de la Sécu 75 personnalités du monde associatif, syndical et politique signent « Pour que vive la Sécurité Sociale ! »

Convergence des Services Publics

Pour les 75 ans de la Sécu 75 personnalités du monde associatif, syndical et politique signent  « Pour que vive la Sécurité Sociale ! »

Malgré la crise sanitaire la politique de destruction de la sécurité sociale et des services publics se poursuit : report de la dette COVID avec un taux d’intérêt supérieur à celui auquel l’État a droit., fermetures de lits, urgences menacées et leur gratuité supprimée, … et Bruno Lemaire annonce une attaque en règle sur le régime des retraites !
La sécurité sociale, bâtie par Ambroise Croizat à l’après-guerre dans la droite ligne du programme les jours heureux du Conseil National de la Résistance, n’a jamais été aussi directement et frontalement attaquée. Face à cette volonté manifeste de destruction de notre bien commun, nous devons redonner vie et sens en ce 21ème siècle aux principes fondateurs de la Sécurité sociale : unicité (institution unique et obligatoire), universalité (couverture de tous les citoyens), l’uniformité des prestations, solidarité (en cotisant selon ses moyens et en recevant selon ses besoins) et démocratie.
Dans la continuité du colloque du 2 octobre 2020 à l’Ecole Nationale Supérieure de la Sécurité Sociale à St Etienne initiée par la Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services Publics pour les 75 ans de la Sécurité Sociale, 37 organisations syndicales (CGT, Confédération paysanne, FSU, UNEF, Solidaires), associatives (Alternative mutualiste, ATTAC, CNAFAL, CNL, Collectif des associations citoyennes, DAL, Convergence services publics, Coordination nationale des hôpitaux publics et maternité de proximités, Fondation Copernic, Les économistes atterrés, People Health Mouvement France, Réseau éducation populaire, Résistance Sociale, UFAL, Union Syndicale de la Psychiatrie, UNRPA Ensembles & Solidaires,) et l’ensemble des partis de gauche et écologistes lancent un appel « Pour que Vive le Sécurité Sociale ! » et demandent à nos concitoyens de le signer.
Paris le 12/01/2021

Liste des 75 premiers signataires
Pierre CAILLAUD-CROIZAT petit-fils d’Ambroise Croizat, Michel ETIEVENT historien, Anne GERVAIS Hépatologue AP/HP, Claire GIARDELLI artiste musicienne, André GRIMALDI Professeur émérite, Jean-Noël LAURENTI universitaire, Gilles PERRET réalisateur-, Fréderic PIERRU chercheur, Christophe PRUDHOMME Urgentiste Samu 93 porte-parole AMUF, Fréderic STAMBACH médecin généraliste, Daniel WALLACH médecin honoraire des Hôpitaux de Paris,
Rémi AUFRERE PRIVEL Syndicaliste FGTE CFDT Transports, Marinette BACHE présidente de Résistance Sociale, Francis BALAY président Alternative Mutualiste, Michel BAROU porte-parole de la Confédération Paysanne, Julien BAYOU secrétaire EELV, Olivier BESANCENOT porte-parole NPA, Frédéric BOCCARA Economiste PCF membre CESE, Jean-Claude BOUAL Collectif des Associations Citoyennes, Marylène CAHOUET FSU, Mireille CARROT membre de la direction confédérale de la CGT, Jean-Claude CHAILLEY secrétaire de Résistance Sociale, Marlène COLLINEAU adjointe à la maire de Nantes élue métropolitaine GDS, Alain COULOMBEL porte-parole EELV, Nathalie COUTINET Economistes atterrés, Marc Méric DE BELLETON Co-secrétaire Jeunes Ecologistes, Anne DE HARO GDS, lanceuse d’alerte et conseillère municipale de Combs-la-Ville, Arnaud DE MORGNY coordonnateur GRS IDF, Jean-Marc DEVAUCHELLE, Secrétaire Sud Santé Sociaux, Alexandre DI CIOCCIO Administrateur Mutuale, Nelly DI GIOVANNI Administratrice UNRPA, Gérard FILOCHE GDS, Francisco GARCIA président UNRPA, Christian GAUDRAY président UFAL, Alain GAULON secrétaire confédéral CNL, Delphine GLACHANT présidente de l’Union Syndicale de la Psychiatrie, Murielle GUILBERT Codéléguée générale de Solidaires, Aneth HEMBERT Cosecrétaire Jeunes Ecologistes, Eddie JACQUEMART président CNL, Michel JALLAMION président de la Convergence nationale des services publics, Régis JUANICO député Génération.s, Christian KHALIFA président de l’INDECOSA-CGT, Jean LAFONT cofondateur PEPS, Jean-Luc LAURENT président MRC, Pierre LAURENT vice-président du Sénat PCF, Michèle LEFLON présidente Coordination des Hôpitaux et Maternités de proximité, Claire LEJEUNE Jeunes Ecologistes, Marie-Noëlle LIENNEMAN Sénatrice GRS, Benjamin LUCAS coordinateur Génération.s, Jean-Claude MAMET Ensemble !, Emmanuel MAUREL député européen GRS, Jean-Luc MELENCHON député président du groupe LFI à l’AN, Corinne NARASSIGUIN secrétaire nationale du PS, Evelyne NGO secrétaire nationale de Solidaires, Vladimir NIEDDU Peoples Health Movement Europe, Olivier NOBILE délégué national UFAL, Mathilde PANOT députée FI, Catherine PERRET secrétaire confédérale CGT, Nicolas POMIES UFAL, Raymonde PONCET sénatrice EELV, Christine POUPIN porte-parole NPA, Philippe POUTOU porte-parole NPA, Raphaël PRADEAU porte-parole ATTAC, Adrien QUATENNENS député coordinateur FI, Claire RABES secrétaire nationale PS, Sandrine ROUSSEAU porte-parole EELV, Fabien ROUSSEL député secrétaire du PCF, Frédéric SANCHEZ secrétaire CGT-FTM, Patrice SIARD Secrétaire général R&S, Sophie TAILLE-POLLIAN sénatrice coordinatrice Génération.s, Bernard TEPER Co-animateur Réseau Education Populaire, Benoît TESTE secrétaire général FSU, Aurélie TROUVE porte-parole d’ATTAC, Evelyne VAN DER HEYME Notre Santé en Danger, Pierre ZILBER Président Mutuale.

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Plus de dix millions de pauvres Faim, précarité, chômage, misère…

 

Dix millions de pauvres. Ce chiffre a quelque chose de terrifiant. Et cela a commencé bien avant le Covid ! L’Insee note que la pauvreté avait déjà augmenté en 2018 alors qu’elle stagnait depuis 2014 : 14,8 % de la population vivait en-dessous du seuil de pauvreté. Sous Macron, tout s’est aggravé.

 

Dès 2019, le taux d’extrême pauvreté remontait en France et l’impréparation face au Covid en 2020 a rajouté des centaines de milliers ou de millions de pauvres. Dans la jeunesse notamment. Le taux de pauvreté des 18-29 ans est passé de 8 à 13 % entre 2002 et 2018 ; il fait un bond considérable encore non mesuré en 2020. Faute d’accès au RSA, les 18-25 ans sont affectés de plein fouet par la moindre baisse de revenus.

 

Faim

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les 2 % les plus riches ont vu leur pouvoir d’achat augmenter, mais les 20 % les plus pauvres en ont perdu substantiellement, en raison du gel et de la désindexation de certains minima sociaux comme l’APL ou le RSA.

Le rapport du Secours catholique sur l’état de la pauvreté en France dès 2019 pointait du doigt la forte dégradation du niveau de vie des ménages et les choix impossibles auxquels ces derniers sont contraints pour survivre, 60 % de cas de loyers ou de factures de chauffage impayés, rupture de liens sociaux, incapacité à envisager un emploi et, de toutes façons, parmi les 300 000 SDF, un sur quatre est salarié.

Médecins du monde souligne que l’épidémie de Covid a fait éclater les inégalités de santé. Sous la pandémie, l’impréparation budgétaire, sanitaire, face au virus aggrave les inégalités sociales. Plus de 50 % des personnes en grande précarité sont infectées.

Fin 2020, plus de 10 % de la population française – soit 8 millions de personnes – a besoin de l’aide alimentaire pour subsister. Elles n’étaient que 5 millions en 2018. C’est le délégué général du Secours catholique, Vincent Destival, qui le dit dans Libération : en moins de trois ans, la politique de Macron a produit 3 millions de nécessiteux de plus.

La faim frappe 25 % de ces 10 millions de pauvres. C’est une fracture alimentaire massive : on mange des pâtes, des omelettes, on saute des repas, et ensuite on va aux Restos du Cœur quand il y en a un. Dans les quartiers populaires, la majorité des familles vivent de travail au noir, parfois de récup’ ou de mendicité, ainsi que des « aides » aléatoires des associations. La cantine, gratuite pour les familles les plus pauvres, est parfois le seul vrai repas de la journée pour les enfants quand ils peuvent y aller. Selon Ipsos, 14 % des Français sautent certains repas et 25 % se restreignent sur la quantité de ce qu’ils mangent. Chez les plus précaires – celles et ceux pour qui le revenu mensuel net du foyer s’élève à moins de 1 200 euros –, les pourcentages atteignent respectivement 38 % et 46 %. En ce moment, « on rencontre des gens qui n’ont pas mangé depuis trois jours », s’alarme Henriette Steinberg, la Secrétaire générale du Secours populaire.

Macron refuse toute hausse du RSA, alors que les associations réclament 100 euros par mois immédiatement et un RSA jeune de 18 à 29 ans. Tout juste s’il a annoncé, le 13 avril, une allocation spécifique ponctuelle de 150 euros, pour les bénéficiaires du RSA et 100 euros par enfant. Mais 36 % de celles et ceux qui sont éligibles au RSA ne le perçoivent pas !

Le 14 octobre, Macron a rajouté le versement d’une autre « aide exceptionnelle » de 150 euros par personne et un complément de 100 euros par enfant à charge pour tous les allocataires du RSA et des APL qu’il avait osé diminué au début de son funeste mandat ! Et encore 150 euros le dimanche 22 novembre. « Pour les familles avec enfants, cela peut être assez substantiel ; mais pour les autres, 150 euros, c’est vraiment l’aumône », assène Véronique Fayet, la présidente du Secours catholique. Et combien vont réellement toucher des 100 et les 150 euros ? Or, les prix augmentent : celui des légumes, de la viande, du chauffage, des loyers, jusqu’au prix des masques qui ne sont toujours pas gratuits et celui des urgences qui vont devenir payantes avec un nouveau forfait de 18 euros.

« L’effort » de Macron est resté bloqué au minimum. C’est à peine s’il a rajouté un milliard accordé aux maires pour faire face au coup par coup à la catastrophique extension de la pauvreté. Au total, le « plan de relance » de Macron (cf. D&S 278) consacre moins de 1 % de ses 100 milliards à la pauvreté.

 

Quid des « premiers de corvées » ?

Les familles modestes sont aussi celles que Macron avait saluées : ces métiers majoritairement féminins dits « de première ligne » : aides à domicile, femmes de ménage, caissières, aides-soignantes, assistantes maternelles, mais aussi ces cuisiniers, serveurs, chauffeurs, livreurs, agents de sécurité et d’entretien, éboueurs, cueilleurs, vendangeurs… « Quand on voit les fiches de paie des femmes de ménage en sous-traitance… Ce n’est pas digne », accuse François Ruffin.

Mais non seulement l’État ne fait rien pour les bas salaires et refuse toute hausse du Smic et des minima sociaux, mais les « primes » qu’il a parfois promises ont été aléatoires, exceptionnelles et insuffisantes. Les travailleurs de l’ombre, Macron ne les met en lumière que lorsqu’il en a besoin, mais il les éteint vite !

Un exemple ? Après avoir dans un premier temps publié un projet de loi de finances dans lequel aucune revalorisation des « aides à domicile » n’était prévue, le gouvernement a fait marche arrière, mais ce fut pour un modeste amendement proposant de verser 150 millions en 2021, et 200 les années suivantes, pour aider à revaloriser les rémunérations de ces salariés mal payés – dont le confinement a pourtant mis en évidence le caractère indispensable. A contrario, l’État refuse d’agréer l’avenant 43 signé en février 2020 entre les syndicats et les patrons de la branche associative (qui représente 60 % du secteur) et qui prévoyait 15 % d’augmentation.

Les soignants devaient toucher, depuis septembre, 182 euros de plus, au lieu des 300 euros qu’ils réclamaient légitimement. On est très loin du taux de revalorisation salarial nécessaire pour recruter dans la profession et la stabiliser.

Les salariés en chômage partiel (12,4 millions à la date du 11 mai et encore 8,4 millions en novembre) perdent 16 % de leur salaire depuis de longs mois. Cela frappe de plein fouet les capacités de vivre décemment, de survivre et d’aider ; les solidarités familiales et générationnelles en pâtissent.

 

Le tabou du Smic

Le Smic est déjà bien trop bas. Selon le baromètre de pauvreté du Secours populaire, « le niveau du Smic (1 219 euros) se situe en dessous du seuil de pauvreté subjectif estimé [...] à 1 228 euros. [...] Cela veut dire qu’on n’a pas 9,3 millions de personnes concernées ; on dépasse les 12 millions ! On va aller jusqu’où comme ça ? » Tous les salaires sont trop bas en France, et le Smic devrait être haussé à 1 800 euros.

5,9 % des 30 millions de salariés sont pauvres. Ils ne peuvent se soigner et ne supportent pas le ou les jour(s) de carence retiré(s) de leur salaire quand ils attrapent le Covid. Beaucoup sont obligés de travailler et de masquer leur contagiosité. Et quand c’est le travail qui les contamine, le Covid n’est pas reconnu comme une « maladie professionnelle », ce qui diminue leur protection salariale et sanitaire. Il y a entre 15 et 20 % de précaires, d’abonnés aux CDD, d’intérimaires, de salariés à temps partiels, de saisonniers et de titulaires d’emplois atypiques.

Les « ordonnances de l’état d’urgence » de Macron ont élargi cette précarité et laissé aux patrons la liberté de l’exploiter au maximum, ce qui aboutit à ce que les heures supplémentaires ne soient plus décomptées ni majorées, à ce que les congés payés soient suspendus. Ainsi tous les salariés travaillent plus et gagnent moins. Ce qui évidemment freine l’emploi et fait augmenter le nombre de chômeurs.

« Autoriser les employeurs à augmenter fortement les horaires de travail des salariés en poste causera une nouvelle vague de chômage et le seul rattrapage qui aura lieu sera celui des profits et des dividendes, mais uniquement sur un horizon court », résume Guy Desmarets, auteur de La Déflation compétitive (Ed. Classiques Garnier) cité par Romaric Gaudin dans Médiapart.

Pour 88 % des actifs, non seulement le droit au travail et le droit du travail ont été dégradés, mais il en est allé de même pour le droit des contrats de travail. Macron s’attaque aux conventions collectives elles-mêmes. Quant aux 12 % d’indépendants, la misère les rattrape pour 16,6 % d’entre eux. L’aide forfaitaire de 1 500 euros du gouvernement n’est pas suffisante pour permettre à un chauffeur Uber d’assumer ses charges fixes (la location du véhicule, les 300 euros mensuels d’assurance, les frais d’entretien) et d’avoir un reste à vivre décent.
C’est le cas de tous ces faux-vrais artisans, sous-traitants, prétendus « auto-entrepreneurs ». Macron est l’ami n°1 d’Uber, son programme affiché est de « supprimer les cotisations sociales », de créer une « société post-salariale ». Le gouvernement refuse en conséquence bec et ongles la requalification de ces travailleurs en tant que salariés.

« L’annonce que la crise va faire entre 800 000 et 1 million de chômeurs de plus nous inquiète. Ceux-là, on va les voir arriver en janvier », explique-t-on au Secours populaire. « Nous n’avons aucune visibilité sur la croissance à venir parce qu’on ne voit pas encore arriver les salariés licenciés. Mais on sait qu’ils vont venir et qu’il y aura encore plus de demandes quand leurs allocations chômage prendront fin. »

C’est ainsi que le salariat est miné à la base, aussi bien dans ses salaires que dans ses droits. Les pauvres tirent vers le bas les bas salaires, les bas salaires tirent vers le bas les hauts salaires, les chômeurs servent à saper les défenses de ceux qui ont encore un travail, et Macron, lui, tire contre tous les salariés et les contient par la violence. Car pour casser ainsi de haut en bas toute un système de droits et de protection sociale, il faut cogner fort. Pour faire du Hayek, il faut faire du Pinochet. C’est à cela que sa police s’exerce et que ses lois liberticides tendent. C’est cela que ses discours séparatistes et discriminatoires visent.

 

100 milliards pour le CAC40 ou pour le travail ?

Pourquoi tous ces discours dominants dans tous les médias sur la religion, le séparatisme, la sécurité ? Pourquoi la violence de la police ? Pourquoi les discours creux ou pervers sur la République et l’ordre ? Pour ne pas parler de social, ne pas parler des pauvres, ne pas parler des salaires, ne pas parler du droit ni de la santé au travail !

C’est pour faire diversion. Pour masquer la guerre sociale, on digresse volontiers sur les religions, le communautarisme, la délinquance, le terrorisme et sur une république mythifiée qui n’a surtout rien de social. Pour faire voter un budget 2021 encore plus libéral, plus orienté vers les cadeaux à la finance parée de toutes les vertus rédemptrices.

Pendant ce temps, derrière la crise sanitaire, l’épargne profite aux riches : 20 % des ménages, les plus aisés, ont thésaurisé 70 % au-delà croissance du patrimoine financier. La baisse des APL, la désindexation de plusieurs prestations (allocations familiales, RSA, retraites) qui progressent moins vite que l’inflation, ainsi que le durcissement des conditions d’accès aux allocations chômage font diminuer en 2020 de 240 euros les ressources des 5 % les plus pauvres, quand les ressources des 5 % les plus riches augmentent de 2 905 euros sous le seul effet des baisses d’impôt. Cette injustice qui fait porter les politiques d’austérité sur les plus fragiles est chaque jour plus difficile à vivre pour les millions de précaires et de salariés qui n’accèdent plus aux biens essentiels comme le logement, l’alimentation, l’éducation ou les loisirs.

 

Deux problèmes massifs

Le problème majeur de notre société est que nous avions 6,6 millions de chômeurs, en catégories A, B, C, D et E. depuis plus de cinq ans. Sous Macron, les gouvernants ont réussi à manipuler les chiffres ; ils ont changé les critères et sont parvenus à faire croire aux observateurs non informés que le chômage avait baissé autour de 7 % (soit 3,4 millions de chômeurs). En fait, toutes catégories confondues, il est resté supérieur à 10 % et touche 6,5 millions de salariés. Avec ce mensonge, ils ont fait passer en septembre 2019 une casse de l’assurance chômage qui est une véritable « tuerie ». Elle va dominer drastiquement le nombre des chômeurs reconnus comme tels, leurs indemnités et leur durée d’indemnisation. Cela devait s’appliquer au 1er avril 2020. Ils n’ont pas osé le faire à cause de la misère ambiante et l’ont reporté en 2021, mais ils sont bien décidés à ne pas céder.

L’autre problème est que nous avons 14 millions de retraités dont la moitié touchent autour de 1000 euros et ne peuvent vivre décemment. Mais le pouvoir a fait voter en janvier 2020 une casse de ces retraites qui abaissera en moyenne ces dernières de 25 à 30 % et ils s’entêtent dans ce sens, annonçant le recul de l’âge de départ en retraite à 63 et 65 ans, ce qui aura pour effet d’aggraver le chômage des jeunes autant que des « seniors ». Ils masquent que la différence d’espérance de vie entre les 5 % d’hommes les plus pauvres et les 5 % les plus riches s’élève à 13 ans, et que leur « réforme » des retraites servira surtout les cadres supérieurs et les plus riches.

Tout confirme le cap fondamental de la politique macroniste : servir les riches, faire payer les pauvres et les salariés. Et le gouvernement profite de la pandémie pour durcir cette ligne.

 

Au cœur de la guerre sociale 784 plans antisociaux : halte aux licenciements !

 

La défense de l’emploi et des salaires sont liées. C’est la ligne de front essentielle. C’est le cœur de la guerre qui se déroule. Il n’y aura pas d’harmonie sociale, sans retour à l’emploi pour tous avec des salaires décents pour tous.

 

En accompagnement des luttes des salariés concernés, on doit exiger de se donner les moyens juridiques pour dire efficacement « Halte aux licenciements ! ». Ce qui revient à partager du travail, à garantir la hausse des salaires, à imposer au capital qu’il cesse de piller le travail. « Le niveau de rémunération du capital », comme le dit élégamment Stéphane Lauer, éditorialiste du Monde « devient de moins en moins soutenable sur le plan social et écologique ». Cette crise doit être l’occasion de rendre aux salariés les immenses superbénéfices et les dividendes surabondants captés par les actionnaires. Imposer le partage des richesses, cela commence par protéger les emplois. Et aussi de les partager, en réduisant la durée du travail vers 32 h et même 28 par semaine.

 

Des outils existent

Commençons par exiger le contrôle préalable sur les licenciements, afin d’interdire aux patrons de licencier sans que tout soit fait pour assurer la pérennité de l’entreprise. Les « accords de performance » doivent concerner les patrons et les actionnaires, ils doivent gagner moins et continuer à produire.

En interdisant qu’ils licencient sans autorisation préalable, on place les patrons sous contrôle de leurs salariés et de la puissance publique. Les Comités d’entreprise doivent exercer un droit de veto, et donner ou non leur avis conforme. Les tribunaux de commerce doivent être supprimés. Des commissions départementales mixtes composées des IRP des salariés concernés, des syndicats, de l’Inspection du travail, des Dirrecte et préfets, de la Banque publique d’investissement doivent pouvoir proposer des solutions alternatives aux licenciements.

Des journaux jouent un rôle très utile pour recenser les centaines de plans de licenciements, et étudier et dénoncer, chiffres à l’appui, les mauvaises raisons qu’utilisent les actionnaires pour les mettre en œuvre. Outre les sites syndicaux – celui d’Info’com CGT notamment – et celui de L’Humanité quotidienne et hebdomadaire, on pense à Alternative économique, l’excellent site Bastamag, l’Observatoire des multinationales (Maxime Combes) et, récemment, Médiapart qui a publié le 30 novembre une « carte des plans dits sociaux » (cartesociale@mediapart.fr).

 

De Sanofi…

À Sanofi, le blocage des licenciements imposerait à la direction de discuter. Car le groupe a dévoilé un plan de deux milliards d’euros d’économies impliquant à terme 1 700 suppressions d’emplois en Europe, dont un peu plus de 1 000 en France. La crise sanitaire actuelle propice à l’activité des laboratoires pharmaceutiques devrait la remettre en cause et le refus d’autorisation de ces licenciements sanctionnerait le patron de Sanofi, Paul Hudson, qui a déclaré que le gouvernement américain serait prioritaire dans l’accès au vaccin contre le Covid-19 au motif que « ce pays partage le risque des recherches ».

Sanofi est un groupe dont 80 % de l’activité en France dépend de la Sécurité sociale et qui bénéficie chaque année de 150 millions d’euros au titre du crédit d’impôt recherche (CIR) et du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Il a terminé l’année 2019 sur une croissance de 2,8 % du chiffre d’affaires (36,1 milliards d’euros) et de près de 10 % du résultat net (7,5 milliards). Quatre milliards d’euros de dividendes ont été servis aux actionnaires, soit plus de 11 % du chiffre d’affaires ! Il y a là des arguments plus que solides et le droit, s’il est évidemment associé à une mobilisation sociale d’ampleur, peut imposer le maintien des 1 000 emplois !

 

… à Auchan

Auchan annonce la suppression de 1 475 postes alors que son chiffre d’affaire, comme celui de toute la grande distribution, a progressé. La direction invoque la crise du modèle de l’hypermarché, mais ça se savait depuis longtemps et les syndicats avaient alerté que les parts de marché étaient rognées de tous côtés par l’essor du hard-discount, du commerce en ligne, des magasins bio, etc. L’enseigne, fondée par la famille Mulliez dans les années 1960, y réalise encore 75 % de ses ventes, contre moins de 50 % pour son concurrent Carrefour, qui a beaucoup développé les magasins de petit format du type « City » ou « Contact » dans les centres-ville.

« Le groupe Mulliez a des devoirs vis-à-vis des salariés qui ont fait sa fortune, et nous proposons donc que les reclassements se fassent au sein du groupe », demande la CFDT. Le « groupe », ce sont toutes les entreprises dont l’Association familiale Mulliez (AMF) est actionnaire : outre Auchan, on dénombre Décathlon, Leroy Merlin, Boulanger, Flunch, Kiabi, Cultura… Un ensemble d’entreprises qui a toujours pris bien soin d’éviter d’être reconnu comme une seule et même unité légale. « Nous allons entamer des actions devant la justice pour faire reconnaître le groupe Mulliez en tant que tel », prévient à juste titre le délégué syndical central de la CGT Auchan. Si une telle démarche aboutit, le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) devrait tomber sous le coup du refus des licenciement et imposer des reclassements à l’ensemble des enseignes de la famille Mulliez, interdisant le risque de licenciements secs.

 

À Toulouse comme ailleurs

Airbus et Latécoère : les employés du célèbre équipementier toulousain, sous-traitant de premier rang d’Airbus, sont dans l’incertitude depuis l’annonce par la direction de 475 suppressions de postes (dont la quasi-totalité en Occitanie) sur 1 504 en France.

La région toulousaine, où le secteur aéronautique représente environ 60 000 emplois (soit 8 % de l’emploi privé), est particulièrement touchée. L’inquiétude est d’autant plus grande que le secteur stricto sensu irrigue tout un écosystème. Selon la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, quand un emploi est menacé dans l’aéronautique, 2,5 emplois le sont dans d’autres secteurs. Dès que le géant européen Airbus est secoué, l’onde de choc se propage. Or, le constructeur a annoncé fin juin son intention de supprimer 5 000 emplois en France, dont 3 600 à Toulouse. Si des accords viennent d’être conclus pour éviter des licenciements secs, il n’en va pas de même chez les sous-traitants, fournisseurs et prestataires de services. L’intervention de la puissance publique dans l’intérêt de l’emploi et des salariés est impérative.

Le hic, c’est que cette intervention fait bien souvent défaut dans le France de Macron. Il en va ainsi dans le cas de Bridgestone où le refus d’homologation du plan de licenciements aurait pu imposer au patron de négocier à de bonnes conditions (voir encadré ci-dessous). C’est également le cas de Nokia, Total, de Rossignol, Mésachrome, Escoval, Société Générale, Bénéteau, La Halle, Cargill…

 

Que faire ?

Au lieu de « laisser faire, laisser aller » et de donner des « aides » à tire-larigot sans contre-partie, il faut responsabiliser les donneurs d’ordre, interdire plus d’un niveau de sous-traitance, imposer l’alignement des sous-traitants sur la convention collective des donneurs d’ordre, faciliter la reconnaissance des unités économiques et sociales, suspendre les licenciements et les contrôler, tout cela en vue de trouver des alternatives économiques avec des commissions mixtes départementales.

C’est ce que proposait la GDS dès le 6 avril 2020 dans son document « Pandémie et jour d’après » publié dans les colonnes de D&S n°254. Nous ne sommes plus les seuls à vouloir contrôler le tsunami de licenciements qui s’annonce. Un grand consensus devrait pouvoir s’établir à gauche dans la perspective de lutter aujourd’hui contre les sales coups de Macron et de gouverner demain en ce sens.

 

(ici reproduire la « une » du dossier d’avril « Pandémie et jours d’après »

 

GF

 

 

Le gouvernement a donc laissé délibérément fermer Bridgestone le 12 novembre, en renonçant à utiliser la procédure de « refus d’homologation » qui existe pourtant encore dans le droit du travail. Bridgestone, un des premiers fabricants mondiaux de pneus, c’était 863 emplois à Béthune. 168 millions d’euros d’investissements auraient suffi à sauver l’entreprise, dont 100 millions d’euros en partie publics proposés par le gouvernement. À long terme, pour la collectivité, en termes d’emplois, cette réduction de 6 % dans l’industrie entraînera une perte de près de 4 % de l’emploi total du bassin, soit 2 500 postes en tout. Le coût cumulé sur dix ans de la fermeture sera bien supérieur : il atteindra 228 millions selon les économistes Axelle Arquié et Thomas Grjebine, qui se sont exprimés sur ce point dans Le Monde.