Avec Macron, le jour d’après ne sera pas le jour d’avant, ce sera pire

 

Jusqu’au 30 décembre 2020, pour l’instant,

 

1/Les employeurs pourront imposer une durée moyenne de travail de 48 h par semaine sur une période quelconque de douze semaines consécutives.  Pire pour l’agriculture et l’agro-alimentaire, les employeurs pourront imposer ces 48 h en moyenne sur toute l’année ! Le tout sous couvert de la « continuité de la vie sociale et économique ».

 

Article 6 de l’ordonnance portant mesures d’urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos :

Dans les entreprises relevant de secteurs d’activités particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation et à la continuité de la vie économique et sociale, déterminés par décret et, le cas échéant, par dérogation aux stipulations conventionnelles applicables : [...]

5° La durée hebdomadaire de travail calculée sur une période quelconque de douze semaines consécutivesfixée à l’article L. 3121-22 du code du travail ou sur une période de douze moispour les exploitations, entreprises, établissements et employeurs mentionnés aux 1° à 4° de l’article L. 722-1et aux 2°, 3° et 6° de l’article L. 722-20du code rural et de la pêche maritime et ayant une activité de production agricole, peut être portée jusqu’à quarante-huit heures;

 

Article L.722-1 du code rural

Le régime de protection sociale des non-salariés des professions agricoles est applicable aux personnes non salariées occupées aux activités ou dans les exploitations, entreprises ou établissements énumérés ci-dessous :

1° Exploitations de culture et d’élevage de quelque nature qu’elles soient, exploitations de dressage, d’entraînement, haras ainsi qu’établissements de toute nature dirigés par l’exploitant agricole en vue de la transformation, du conditionnement et de la commercialisation des produits agricoles lorsque ces activités constituent le prolongement de l’acte de production, ou structures d’accueil touristique, précisées par décret, situées sur l’exploitation ou dans les locaux de celle-ci, notamment d’hébergement et de restauration ;

2° Entreprises de travaux agricoles définis à l’article L.722-2 ;

3° Travaux forestiers et entreprises de travaux forestiers définis à l’article L.722-3 ;

4° Etablissements de conchyliculture et de pisciculture et établissements assimilés ainsi qu’activités de pêche maritime à pied professionnelle telle que définie par décret, sauf pour les personnes qui relèvent du régime social des marins ;

 

Article L.722-20

Le régime de protection sociale des salariés des professions agricoles est applicable, dans les conditions fixées par les titres IV, V et VI du présent livre, aux personnes salariées et assimilées énumérées ci-dessous : [...]

2° Gardes-chasse, gardes-pêche, gardes forestiers, jardiniers, jardiniers gardes de propriété et, de manière générale, toutes les personnes qui, n’ayant pas la qualité d’entrepreneur, sont occupées par des groupements et sociétés de toute nature ou des particuliers à la mise en état et à l’entretien des jardins ;

3° Employés de maison au service d’un exploitant agricole lorsqu’ils exercent habituellement leur activité sur le lieu de l’exploitation agricole ; [...]

6° Salariés des organismes de mutualité agricole, des caisses de crédit agricole mutuel, des chambres d’agriculture, du Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles, des coopératives agricoles, des sociétés d’intérêt collectif agricole, des sociétés à caractère coopératif dites fruitières, des sociétés agricoles diverses, des syndicats agricoles, des associations syndicales de propriétaires dont l’objet est agricole et, d’une manière générale, de tout groupement professionnel agricole, de même que les personnels non titulaires de l’établissement  » Domaine de Pompadour  » dont les contrats ont été transférés à l’Etablissement public Les Haras nationaux ainsi que les agents de droit privé des agences régionales de santé qui demeurent régis par les conventions collectives des organismes de mutualité sociale agricole ;

 

2/ Les employeurs pourront obliger ceux qui travaillent la nuit à travailler jusqu’à 44 heurs par semaine au lieu de 40 h actuellement. Le tout sous couvert de la « continuité de la vie sociale et économique ».

 

Article 6 de l’ordonnance portant mesures d’urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos :

« Dans les entreprises relevant de secteurs d’activités particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation et à la continuité de la vie économique et sociale, déterminés par décret et, le cas échéant, par dérogation aux stipulations conventionnelles applicables : [...]

6° La durée hebdomadaire de travail du travailleur de nuit calculée sur une période de douze semaines consécutives fixée à l’article L. 3122-7 du code du travail peut être portée jusqu’à quarante-quatre heures. »

 

3/ Les employeurs des entreprises « particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation et à la continuité de la vie économique et sociale » ainsi que ceux des entreprises qui leur assurent des « prestations nécessaires à l’accomplissement de leur activité principale » (cela va faire beaucoup d’entreprises)pourront obliger leurs salariés à travailler le dimanche !

Article 7 de l’ordonnance portant mesures d’urgence en matière de congés payés, de durée du travail et de jours de repos :

« Sans préjudice des dispositions de l’article L. 3132-12 du code du travail, les entreprises relevant de secteurs d’activités particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation et à la continuité de la vie économique et sociale, déterminés par décret, peuvent déroger à la règle du repos dominical fixée à l’article L. 3132-3 du même code en attribuant le repos hebdomadaire par roulement.

Cette dérogation s’applique également aux entreprises qui assurent à celles mentionnées au premier alinéa des prestations nécessaires à l’accomplissement de leur activité principale. »

 

4/ Les employeurs des établissements et services sociaux et médico-sociaux pourront dépasser les capacités d’accueil de leurs établissements, pourront utiliser du personnel non formé, pourront imposer à leurs salariés de changer de fonction, de personnes prises en charge et de lieu de travail (traverser la rue il disait ?). Le tout, et sans rire, en respectant bien sûr les conditions de sécurité… :

Article 1erde l’ordonnance relative aux adaptations des règles d’organisation et de fonctionnement des établissements sociaux et médico-sociaux

« Par dérogation aux dispositions du chapitre III du titre 1er du livre III du code de l’action sociale et des familles,

1° Les établissements et services sociaux et médico-sociaux mentionnés au I de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles ainsi que les lieux de vie et d’accueil mentionnés au III du même article peuvent, en veillant à maintenir des conditions de sécurité suffisante dans le contexte de l’épidémie de covid-19, adapter leurs conditions d’organisation et de fonctionnement et dispenser des prestations non prévues dans leur acte d’autorisation, en dérogeant aux conditions minimales techniques d’organisation et de fonctionnement mentionnées au II de l’article L. 312-1 du même code, en recourant à un lieu d’exercice différent ou à une répartition différente des activités et des personnes prises en charge. Ils peuvent aussi déroger aux qualifications de professionnels requis applicables, et lorsque la structure y est soumise, aux taux d’encadrement prévus par la réglementation, en veillant à maintenir des conditions de sécurité suffisante dans le contexte de l’épidémie de covid-19

2° Les établissements et services sociaux et médico-sociaux mentionnés au I de l’article L. 312-1 du même code peuvent accueillir ou accompagner des personnes même ne relevant pas de la zone d’intervention autorisée prévue à l’article L. 313-1-2 de ce code, pour une prise en charge temporaire ou permanente, dans la limite de 120 % de leur capacité autorisée, en veillant à maintenir des conditions de sécurité suffisante dans le contexte de l’épidémie de covid-19 ;

3° Les établissements mentionnés au 7° du I du même article L. 312-1 du même code peuvent accueillir des adolescents de 16 ans et plus, en veillant à maintenir des conditions de sécurité suffisante dans le contexte de l’épidémie de covid-19 ;

4° Les établissements mentionnés au 2° et 7° du I du même article L. 312-1 du même code peuvent accueillir des personnes prises en charge par les établissements mentionnés au 1° du I du même article L. 312-1 lorsque ceux-ci ne sont plus en mesure de les accueillir dans des conditions de sécurité suffisante dans le contexte de l’épidémie de covid-19 ;

5° Les établissements mentionnés au 2°, 5° et 7° du I du même article L. 312-1 du même code qui ne sont plus en mesure d’accueillir dans des conditions de sécurité suffisantes dans le contexte de l’épidémie de covid-19 les personnes handicapées peuvent adapter leurs prestations afin de les accompagner à domicile, en recourant à leurs personnels ou à des professionnels libéraux ou à des services mentionnés aux 2°, 3°, 6° et 7° du I du même article L. 312-1 du même code qu’ils rémunèrent à cet effet. [...] »

 

5/ Tous les assistants maternels pourront, en plus de leurs enfants, s’occuper simultanément de six enfants à leur domicile :

Article 1erde l’ordonnance portant dispositions temporaires relatives aux assistants maternels et aux disponibilités d’accueil des jeunes enfants

« Par dérogation au premier alinéa de l’article L. 421-4 du code de l’action sociale et des familles, et sous réserve du respect de conditions de sécurité suffisantes, l’assistant maternel est autorisé à accueillir en cette qualité jusqu’à six enfants simultanément. Ce nombre est toutefois diminué du nombre d’enfants de moins de trois ans de l’assistant maternel présents à son domicile. Le nombre de mineurs de tous âges placés sous la responsabilité exclusive de l’assistant maternel présents simultanément à son domicile ne peut excéder huit. »

 

avec Richard Abauzit

 

Bilan en demi-teinte de la «Convention citoyenne pour le climat»

 

Alerte : danger mortel

 

Le réchauffement et le dérèglement climatique menacent la survie de l’humanité à moyen terme. C’est donc rapidement qu’il faut agir pour les stopper.

Les températures supérieures à 50°C à l’ombre risquent de devenir fréquentes. Elles peuvent être supportables dans une atmosphère sèche. Mais aucun être humain ne peut survivre à une telle température dans un air saturé en humidité qui interdit toute évaporation de la sueur, qui empêche donc le rafraichissement de la boîte crânienne. La canicule saturée en humidité est mortelle.

Si nous ne rattrapons pas le retard, pris à l’échelle mondiale, pour enrayer cette pandémie, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables.

Ce sera le cas de la Chine du nord à cause de la chaleur que peut accumuler un climat continental.

Ce sera le cas du Bangladesh à cause de la montée des eaux (actuellement 3 mm par an). Celle-ci provient de la fonte de la banquise, notamment de l’Antarctique et du Groenland, et de la dilatation des eaux qui suit l’élévation de leur température au dessus de 4°C.

Nous ne sommes pas devant le choix habituel d’une politique économique pour faire face à la crise économique, sociale et environnementale, pour en finir avec le chômage de masse et la  misère… Non ! L’enjeu est sans appel    nous sommes confrontés au choix entre la vie et la mort.

 

La vie peut l’emporter

 

La crise sanitaire du coronavirus montre les conséquences de la faiblesse des services publics ou, pire,  les conséquences de  leur inexistence.  Leur démantèlement ou le refus de les construire ou de les reconstruire sont imposés au nom de la réduction des budgets publics qui est  exigée par la volonté politique de baisser les impôts des plus riches. La mort semble l’emporter, mais les services publics feront la différence.

Est éloquente la comparaison entre  les pays européens, y compris la France, condamnés à confiner la population, et la Corée du sud, où le service de Santé publique  était surdoté en moyens performants bénéficiant de la technologie la plus avancée car issue d’une industrialisation très récente. La Corée du sud a franchi l’obstacle du coronavirus très rapidement, sans confinement généralisé et sans interruption de l’activité économique malgré sa proximité avec l’épicentre de la première épidémie.

De même, on peut surmonter l’obstacle pour la vie qu’est le réchauffement climatique. Tout dépend des mesures politiques qui sont prises.

 

Consensus  sur beaucoup de mesures techniques

 

La Convention a produit  plus de 60 mesures et un nombre impressionnant de recommandations, ce qui montre le sérieux de son travail.

Elle a étudié la réparation, le recyclage et le traitement des résidus ;

le développement de l’innovation ;

la réduction du temps de travail individuel ;

la pratique du suremballage ;

l’usage des plastiques ;

l’éducation à l’environnement et à l’alimentation ;

la préférence pour les circuits courts ;

l’isolation des bâtiments ;

la limitation de l’étalement urbain et de l’artificialisation des sols ;

le développement de l’agriculture paysanne et écologique ;

la défense de la  biodiversité face aux écocides ;

les déplacements et les transports ;

les moteurs électriques et les moteurs thermiques ;

la production d’énergie

 

L’augmentation de la taxation du carbone n’est pas préconisée

 

C’est une défaite pour Emmanuel Macron  dans un enjeu essentiel.

La Convention citoyenne pour le climat ne légitime pas le doublement de la contribution « climat -énergie » que le président de la République voulait obtenir.

II y a un an et demi, il avait déjà dû la reporter face à la mobilisation des Gilets jaunes.

De la part d’une assemblée élue,  il aurait probablement  obtenu satisfaction.

De la part d’une assemblée tirée au sort, il avait beaucoup moins de chances de réussir.

En effet, aux exigences que lui impose son identité politique initiale, une personne élue ajoute les exigences que lui crée le désir d’être réélu. Ce désir développe le conformisme, l’opportunisme et fait oublier à la personne élue les exigences de son identité politique initiale.

Seule la taxe carbone aux frontières de l’Union Européennes est étudiée, mais il s’agit là  d’une mesure de protectionnisme économique et  non d’une mesure de réduction des émissions de GES. Les traités interétatiques qui développent le libre-échange, comme le CETA, sont mis en cause.

 

Une modification  de la Constitution  est en débat à donner plus  d’importance  aux questions d’environnement.

 

Il manque une réglementation pour plafonner  les émissions de GES.

Pierre Ruscassie

23/03/2020

 

 

analyse détaillée et critique de la loi (anti-salariés) d’urgence sanitaire et droit du travail

LOI URGENCE SANITAIRE et DROIT DU TRAVAIL

Cette loi comporte une partie dite « sanitaire » mais qui a de lourdes conséquences sur le droit des salariés (notamment la grève et le droit de retrait) et plus largement sur les libertés fondamentales (circuler, manifester, se réunir). L’autre partie est dite « économique », elle permet de vérifier que le seul souci du gouvernement est que les travailleurs travaillent et que les (gros) employeurs profitent. Quoi qu’il en coûte.

 

Principaux points avec les extraits correspondant de la loi.

 

1/  Définition large et à discrétion (par décret simple, quand il veut et où il veut) du gouvernement pour le déclenchement de l’ « urgence sanitaire :

« catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population » ; « L’état d’urgence sanitaire est déclaré par décret en conseil des ministres pris sur le rapport du ministre chargé de la santé » ; « Ce décret motivé détermine la ou les circonscriptions territoriales à l’intérieur desquelles il entre en vigueur et reçoit application ».  (articles L.3131-20 et 21 du code de la santé publique)

2/La durée de l’application de cet état d’urgence est de fait à discrétion du gouvernement, dont on voit depuis de longues années à quel point il s’est émancipé de tout contrôle parlementaire avec des assemblées godillotes et, de plus en plus systématiquement sur le droit du travail notamment, avec le recours aux procédures accélérées et autres 49-3 et ordonnances. Si on en voulait un exemple, la présente loi prévoit que, pour la situation actuelle, le délai d’un mois prévu sera… de deux mois ! :

« La prorogation de l’état d’urgence sanitaire au delà d’un mois ne peut être autorisée que par la loi [...] » ;« La loi autorisant la prorogation au delà d’un mois de l’état d’urgence sanitaire fixe sa durée » ; « Il peut être mis fin à l’état d’urgence sanitaire par décret en conseil des ministres avant l’expiration du délai fixé par la loi le prorogeant » (articles L.3131-21 et 22 du code de la santé publique)

« Par dérogation aux dispositions de l’article L. 3131-21 du code de la santé publique, l’état d’urgence sanitaire est déclaré pour une durée de deux mois à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi. » (article 5 bis de la loi)

3/ L’interdiction des déplacements, à discrétion du gouvernement, ne fait pas état de la liberté de déplacement des représentants du personnel dans l’exercice de leurs fonctions(ce qui peut tout permettre, ce qu’on vient de voir à la Poste, l’envoi par celle-ci des forces de l’ordre pour interdire aux représentants du personnel d’informer les salariés des modalités d’exercice de leur droit de retrait) et peut aussi permettre de limiter voire d’interdire les déplacements de personnes qui dérangentcomme on l’a vu avec les gilets jaunes et les militants syndicalistes et écologistes :

« Dans les circonscriptions territoriales où l’état d’urgence sanitaire est déclaré, le Premier ministre peut, par décret réglementaire pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, aux seules fins de garantir la santé publique : « 1° Restreindre ou interdire la circulation des personnes et des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par décret ; « 2° Interdire aux personnes de sortir de leur domicile, sous réserve des déplacements justifiés par des besoins familiaux, professionnels ou de santé impérieux ; « 3° Ordonner des mesures ayant pour objet la mise en quarantaine, au sens de l’article 1er du règlement sanitaire international de 2005, des personnes susceptibles d’être affectées4° Ordonner des mesures de placement et de maintien en isolement, au sens du même article 1er, à leur domicile ou tout autre lieu d’hébergement adapté, des personnes affectées[...]10° (nouveau) En tant que de besoin, prendre toute autre mesure générale nécessaire limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion, dans la seule finalité de mettre fin à la catastrophe sanitaire mentionnée à l’article L. 3131-20 » (article L.3131-23 du code de la santé publique)

4/ L’absence de définition et l’absence de contrôle des travailleurs sur les « biens et services essentiels aux besoins de la population » permet de continuer à faire travailler sans sécurité des salariés dans des secteurs non essentiels(comme on vient de le voir pour une partie des grandes plateformes logistiques, des routiers, le bâtiment et les travaux publics et aussi, par contrecoup, pour les 400 000 assistantes maternelles à domicile) :

« 5° Ordonner la fermeture provisoire d’une ou plusieurs catégories d’établissements recevant du public, à l’exception des établissements fournissant des biens ou des services essentiels aux besoins de la population » (article L.3131-23 du code de la santé publique)

5/ La possibilité pour le gouvernement de limiter ou d’interdire toute manifestation et même pire toute réunion, quelle qu’elle soit, sans que puisse y être opposé l’absence de risque sanitaire est pain bénit pour interdire toute intervention des salariés sur les conditions qui leur sont faites :

« 6° Limiter ou interdire les rassemblements sur la voie publique ainsi que les réunions de toute nature » ; 10° (nouveau) En tant que de besoin, prendre toute autre mesure générale nécessaire limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion, dans la seule finalité de mettre fin à la catastrophe sanitaire mentionnée à l’article L. 3131-20(article L.3131-23 du code de la santé publique)

6/ Le droit de grève ou même du simple exercice du droit de retrait peuvent être supprimés par simple décision gouvernementale, sans autre frein qu’une déclaration de principe sans application pratique, suivant le moule imposé par ordonnance en 2007 dans la réécriture du droit du travail, on suppose que le gouvernement et les employeurs  feront  les choses comme il faut, sans obligation ni sanction (« Les mesures prescrites en application des 1° à 10° du présent article sont strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu ») :

« 7° Ordonner la réquisition de tous biens et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire ainsi que de toute personne nécessaire au fonctionnement de ces services ou à l’usage de ces biens » (article L.3131-23 du code de la santé publique)

7/ Le gouvernement s’autorise à une répression sans limite contre ceux qui persisteraient à exercer leur droit de grève ou de retrait ! :

« Le fait de ne pas respecter les réquisitions prévues aux articles L. 3131-23, L. 3131-24 et L. 3131-25 est puni de six mois d’emprisonnement et de 10 000 € d’amende. » (article L.3136-1 du code de la santé publique)

8/ Les restrictions, jusqu’à quand ? Quand le gouvernement l’aura décidé :

« Les mesures prescrites en application des 1° à 10° du présent article sont strictement proportionnées [...].Il y est mis fin sans délai lorsqu’elles ne sont plus nécessaires » (article L.3131-23 du code de la santé publique)

9/ Le gouvernement, Ministres et Préfets  peut, sans contrôle ni vrai frein (même déclaration de principe qu’au 6/ et recours pour l’essentiel voués à l’échec, voir 10/), décider de l’organisation et du fonctionnement du service de santé et même de toute mesure individuelle de restriction de circulation, de manifestation, de réunion ! :

« Dans les circonscriptions territoriales où l’état d’urgence sanitaire est déclaré, le ministre chargé de la santé peut prescrire, par arrêté motivé, toute mesure réglementaire relative à l’organisation et au fonctionnement du dispositif de santé, à l’exception des mesures prévues à l’article L. 3131-23, visant à mettre fin à la catastrophe sanitaire mentionnée à l’article L. 3131-20. « Dans les mêmes conditions, le ministre chargé de la santé peut prescrire toute mesure individuelle nécessaire à l’application des mesures prescrites par le Premier ministre en application des 1° à 9° de l’article L. 3131-23. » ; « Lorsque le Premier ministre ou le ministre chargé de la santé prennent des mesures mentionnées aux articles L. 3131-23 et L. 3131-24, ils peuvent habiliter le représentant de l’État territorialement compétent à prendre toutes les mesures générales ou individuelles d’application de ces dispositions. Les mesures individuelles ainsi édictées font l’objet d’une information sans délai du procureur de la République territorialement compétent. Les mesures générales et individuelles décidées par le représentant de l’État territorialement compétent doivent être strictement nécessaires et proportionnées. « Lorsque les mesures prévues aux mêmes articles L. 3131-23 et L. 3131-24 doivent s’appliquer dans un champ géographique qui n’excède pas le territoire d’un département, les autorités mentionnées auxdits articles L. 3131-23 et L. 3131-24 peuvent habiliter le représentant de l’État dans le département à les décider lui-même. »(articles L.3131-24 et 25 du code de la santé publique)

10/ Pouvoir contester seulement devant le juge administratif les décisions de l’Etat, y compris pour les mesures individuelles prises est voué pour l’essentiel à l’échec (combien pourront le faire, et pour ceux qui le feront, combien de décisions favorables au vu de la dépendance de cette juridiction que l’on constate depuis des décennies, sans compter l’encombrement de cette juridiction et de la difficulté de rendre un avis éclairé en ce domaine en un délai très court) :

« – Toutes les mesures individuelles prises en application du présent chapitre peuvent faire l’objet, devant le juge administratif, d’un recours présenté, instruit et jugé selon la procédure prévue à l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Le juge se prononce dans un délai de quarante-huit heures » (Art. L. 3131-25-1 du code de la santé publique)

11/ Le gouvernement s’autorise et autorise les maires à l’aide de la police municipale (et également à Paris, au cas où la mairie renâclerait, les agents de surveillance de Paris placés sous l’autorité du préfet de police, alors même qu’ils n’avaient jusqu’ici pas de pouvoir pour les manifestations)à une forte répression pénale contre ceux qui persisteraient à exercer leur droit de circuler, de manifester et de se réunir ! :

«La violation des autres interdictions ou obligations édictées en application des articles L. 3131-1, L. 3131-23, L. 3131-24 et L. 3131-25 est punie de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe. Cette contravention peut faire l’objet de la procédure de l’amende forfaitaire prévue à l’article 529 du code de procédure pénale. Si cette violation est constatée à nouveau dans un délai de quinze jours, l’amende est celle prévue pour les contraventions de la cinquième classe.« Si les violations prévues au troisième alinéa du présent article sont constatées à plus de trois reprises dans un délai de trente jours, les faits sont punis de six mois d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende ainsi que de la peine complémentaire de travail d’intérêt général, selon les modalités prévues à l’article 131-8 du code pénal et selon les conditions prévues aux articles 131-22 à 131-24 du même code, et de la peine complémentaire de suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire concernant le véhicule utilisé pour commettre l’infraction. « Les agents mentionnés aux articles L. 511-1, L. 521-1, L. 531-1 et L. 532-1 du code de la sécurité intérieure peuvent constater par procès-verbaux les contraventions prévues au troisième alinéa du présent article lorsqu’elles sont commises sur le territoire communal, sur le territoire de la commune de Paris ou sur le territoire pour lesquels ils sont assermentées et qu’elles ne nécessitent pas de leur part d’actes d’enquête »(Art. L. 3136-1 du code de la santé publique)

12/ Comme on le voit dans toutes les lois relatives au droit du travail depuis de longues années, les mesures prises sont déclarées prises pour l’économie et son « adaptation », ce qui en langage normal veut dire, mesures sociales régressives contre les salariés :

« MESURES D’URGENCE ÉCONOMIQUE ET D’ADAPTATION

À LA LUTTE CONTRE L’ÉPIDÉMIE DE COVID-19 » (TITRE III de la loi)

13/ Le gouvernement s’autorise à décider par ordonnances, donc sans contrôle des parlementaires, de mesures permettant de passer outre à nombre de doits des salariés :

« I. – Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnances, dans un délai de trois mois à compter de la publication de la présente loi, toute mesure, pouvant entrer en vigueur, si nécessaire, à compter du 12 mars 2020, relevant du domaine de la loi et, le cas échéant, à les étendre et à les adapter aux collectivités mentionnées à l’article 72-3 de la Constitution »(article 7 de la loi)

14/ Le gouvernement autorise les employeurs, et sans délai de prévenance, à modifier les dates de congés payés des salariés et même à en imposer, jusqu’à une semaine, l’accord d’entreprise ou de branche nécessaire (concession faite aux parlementaires) n’étant pas un frein, on le vérifie depuis que la loi travail (El Khomri) et les ordonnances Macron ont introduit cette destruction du droit du travail dans la loi :

 

« 1° Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation, et notamment afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et des associations ainsi que ses incidences sur l’emploi, en prenant toute mesure : [...]

b) En matière de droit du travail, de droit de la sécurité sociale et de droit de la fonction publique ayant pour objet : [...]

– de permettre à un accord d’entreprise ou de branche d’autoriser l’employeur à imposer ou à modifier les dates de prise d’une partie des congés payés dans la limite de six jours ouvrables, en dérogeant aux délais de prévenance et aux modalités de prise de ces congés définis par les dispositions du livre Ier de la troisième partie du code du travail et par les conventions et accords collectifs applicables dans l’entreprise ; » (article 7 de la loi)

 

15/ Le gouvernement autorise les employeurs, privés et publics, et sans délai de prévenance, à modifier ou imposer des repos prévus par la récupération d’heures supplémentaires (vraie signification de la formule péjorative prise de RTT laissant supposer qu’il y a une réduction du temps de travail…),des repos prévus pour ceux qui font déjà un maximum d’heures sans compter (conventions de forfait, 15 % des salariés, notamment les cadres), et des repos inscrits au compte épargne-temps(et que leur bénéficiaires désespèrent régulièrement de pouvoir les prendre) :

 

« 1° Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation, et notamment afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et des associations ainsi que ses incidences sur l’emploi, en prenant toute mesure : [...]

b) En matière de droit du travail, de droit de la sécurité sociale et de droit de la fonction publique ayant pour objet : [...]

– de permettre à tout employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates des jours de réduction du temps de travail, des jours de repos prévus par les conventions de forfait et des jours de repos affectés sur le compte épargne temps du salarié, en dérogeant aux délais de prévenance et aux modalités d’utilisation définis au livre Ier de la troisième partie du code du travail, par les conventions et accords collectifs ainsi que par le statut général de la fonction publique ; (article 7 de la loi)

 

16/ Le gouvernement autorise les employeurs, privés et publics, et sans délai de prévenance, à ne respecter ni la loi ni la convention collective applicable pour tout ce qui concerne la durée du travail, le repos hebdomadaire et le repos du dimanche, rien de moins ! Et il les autorise pour quels secteurs, ceux dont il ne donne pas la liste, les secteurs « particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale »dont on a vu dans les faits que cela concernait toutes les grandes entreprises où la grève des salariés n’avait pu empêcher cette injonction de travailler « quoi qu’il en coûte », même la mort :

« « 1° Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation, et notamment afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et des associations ainsi que ses incidences sur l’emploi, en prenant toute mesure : [...]

b) En matière de droit du travail, de droit de la sécurité sociale et de droit de la fonction publique ayant pour objet : [...]

– de permettre aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical » (article 7 de la loi)

17/ Le gouvernement autorise les employeurs à ne pas verser les sommes dites de participation ou d’intéressement, qui sont pourtant déjà des salaires non soumis à versement de cotisations sociales :

« « 1° Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation, et notamment afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et des associations ainsi que ses incidences sur l’emploi, en prenant toute mesure : [...]

b) En matière de droit du travail, de droit de la sécurité sociale et de droit de la fonction publique ayant pour objet : [...]

– de modifier, à titre exceptionnel, les dates limites et les modalités de versement des sommes versées au titre de l’intéressement en application de l’article L. 3314-9 du code du travail et au titre de la participation en application de l’article L. 3324-12 du même code » (article 7 de la loi)

18/ Le gouvernement autorise les employeurs à revoir le versement de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat prévue par loi de financement de la sécurité sociale en décembre 2019 pour l’année 2020, pour les grandes entreprises ayant un accord d’intéressement, sachant que l’employeur n’était déjà pas tenu de verser cette prime dont il décidait également du montant :

 

« « 1° Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation, et notamment afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et des associations ainsi que ses incidences sur l’emploi, en prenant toute mesure : [...]

b) En matière de droit du travail, de droit de la sécurité sociale et de droit de la fonction publique ayant pour objet : [...]

– de modifier la date limite et les conditions de versement de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat mentionnée à l’article 7 de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020 ;(article 7 de la loi)

19/ Le gouvernement autorise les employeurs à ne pas respecter l’exercice régulier des missions des services de médecine du travail :

 

« « 1° Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation, et notamment afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et des associations ainsi que ses incidences sur l’emploi, en prenant toute mesure : [...]

b) En matière de droit du travail, de droit de la sécurité sociale et de droit de la fonction publique ayant pour objet : [...]

– d’aménager les modalités de l’exercice par les services de santé au travail de leurs missions définies au titre II du livre VI de la quatrième partie du code du travail, notamment du suivi de l’état de santé des travailleurs, et de définir les règles selon lesquelles le suivi de l’état de santé est assuré pour les travailleurs qui n’ont pu, en raison de l’épidémie, bénéficier du suivi prévu par le même code(article 7 de la loi)

20/ Le gouvernement autorise les employeurs à ne pas respecter les délais de consultation des représentants du personnel, déjà très réduits par les ordonnances Macron :

 

« « 1° Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation, et notamment afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des personnes physiques et morales exerçant une activité économique et des associations ainsi que ses incidences sur l’emploi, en prenant toute mesure : [...]

b) En matière de droit du travail, de droit de la sécurité sociale et de droit de la fonction publique ayant pour objet : [...]

– de modifier les modalités d’information et de consultation des instances représentatives du personnel, notamment du comité social et économique, pour leur permettre d’émettre les avis requis dans les délais impartis, et de suspendre les processus électoraux des comités sociaux et économiques en cours ; (article 7 de la loi)

 

21/ Le gouvernement interdit le droit de retrait aux assistantes maternelles en les obligeant à travailler quels que soient les risques, en les augmentant au passage puisque le nombre limite d’enfants gardés est augmenté :

« 3° Afin de permettre aux parents dont l’activité professionnelle est maintenue sur leur lieu de travail de pouvoir faire garder leurs jeunes enfants dans le contexte de fermeture des structures d’accueil du jeune enfant visant à limiter la propagation de l’épidémie de covid-19,toute mesure :

a) Étendant à titre exceptionnel et temporaire le nombre d’enfants qu’un assistant maternel agréé au titre de l’article L. 421-4 du code de l’action sociale et des familles est autorisé à accueillir simultanément ;

b) Prévoyant les transmissions et échanges d’information nécessaires à la connaissance par les familles de l’offre d’accueil et de sa disponibilité afin de faciliter l’accessibilité des services aux familles en matière d’accueil du jeune enfant; » (article 7 de la loi)

22/ Le gouvernement interdit, en les obligeant à travailler quels que soient les risques et quelle que soit leur formation (bonjour les accidents du travail), le droit de retrait aux salariés s’occupant des handicapés, des personnes âgées vivant à domicile ou dans un établissement ou service social et médico-social, des mineurs et majeurs protégés et des personnes en situation de pauvreté :

 

« 4° Afin, face aux conséquences de l’épidémie de covid-19, d’assurer la continuité de l’accompagnement et la protection des personnes en situation de handicap et des personnes âgées vivant à domicile ou dans un établissement ou service social et médico-social, des mineurs et majeurs protégés et des personnes en situation de pauvreté, toute mesure :

a) Dérogeant aux dispositions de l’article L. 312-1 et du chapitre III du titre Ier du livre III du code de l’action sociale et des familles pour permettre aux établissements et services sociaux et médico-sociaux autorisés d’adapter les conditions d’organisation et de fonctionnement de l’établissement ou du service et de dispenser des prestations ou de prendre en charge des publics destinataires figurant en dehors de leur acte d’autorisation » (article 7 de la loi)

 

23/ Le gouvernement autorise, dans la continuité de sa volonté d’imposer la continuation des chantiers du BTP(malgré les refus, dans un premier temps, des fédérations patronales pris dans un réflexe humain à l’égard des risques pris par leurs salariés dans un secteur pour l’essentiel non essentiel) le non respect des délais d’enquête publique et même des consultations obligatoires :

 

« 7° Afin, face aux conséquences de l’épidémie de covid-19, d’assurer la continuité du fonctionnement des institutions locales et de l’exercice de leurs compétences ainsi que la continuité budgétaire et financière des collectivités territoriales et des établissements publics locaux, de prendre toute mesure permettant de déroger :

f) Aux règles applicables en matière de consultations et de procédures d’enquête publique ou exigeant une consultation d’une commission consultative ou d’un organe délibérant d’une collectivité territoriale ou de ses établissements publics; » (article 7 de la loi)

 

avec Richard Abauzit  (dimanche 22 mars 2020, 18 h)

 

 

 

 

 

 

Le jour d’après

 

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que les dominants profitent de grandes catastrophes ou de pandémies pour en tirer le maximum d’avantages contre…  les dominés.

Macron, le « jour d’avant » faisait le maximum pour réduire le financement des hôpitaux, des salaires des hospitaliers, des lits, des appareils respiratoires, des « tests ». Il mettait en place des stocks d’armes pour la guerre mais pas de masques pour la guerre sanitaire. Il y avait de l’argent pour les lacrymos pas pour les hôpitaux.

Le samedi 29 février, le Conseil de défense ne prévoit aucun confinement pour le coronavirus, mais le Conseil des ministres décrète le 49 -3.

Au « jour présent » du déferlement de la pandémie, Macron s’est repenti devant 35 millions de téléspectateurs pour ne pas se faire lyncher. Il s’est dit prêt à ne plus regarder « ce que ça coûte » et à « garantir » 300 milliards, à verser 45 milliards, à abonder les caisses…  des patrons, tout en s’arrangeant pour que les salariés en paient le prix (84 % du salaire, casse des horaires, des congés payés, des repos).

Le « jour d’après », n’ayons aucune confiance, Macron ne fera même plus semblant, il décrétera la suite de la « guerre » contre les salariés pour « redresser l’économie » : il n’a fait que « suspendre » la casse des retraites.

La leçon est historique : quand la peste noire arriva en Angleterre, en août 1348, elle anéantit en 14 mois un tiers de la population. La main d’oeuvre était devenue si rare que l’augmentation des salaires fut estimée à 48 %. La « gentry » de l’époque ne le supporta pas.

Le roi Edouard III publia, le 18 juin 1350, une ordonnance contre « la malice des servants » :

« Toute personne, homme ou femme, âgée de moins de soixante  ans, qui n’a aucune occupation définie, aucune fortune particulière,  aucune possession foncière, devra travailler quand elle en sera requise, et accepter les gages usités en 1346 ou dans les cinq ou six années précédentes, sous peine de prison ».

« Les selliers, pelletiers, corroyeurs, cordonniers, tailleurs, charpentiers, maçons, tuiliers, bateliers, charretiers et tous les artisans et  ouvriers ne doivent demander que les gages de 1346, sous peine de  prison ».

Le jour d’après, les salaires des servants furent bloqués par terreur.

Quand le travail devint plus cher, les dominants surent imposer un salaire maximum. L’inverse se fait encore attendre.

Préparons l’inverse. Que les dominés fassent payer les riches ! A l’occasion du coronavirus, 300 euros tout de suite pour tous les hospitaliers ! 100 % des salaires maintenus ! Et salaire maximum à 20 fois le Smic !

Il est raisonnable de lier le salaire maxima et le salaire minima : si l’un augmente en haut, l’autre doit augmenter en bas.  Puis on resserrera l’écart. Progrès élémentaire de civilisation, anti virus.

Gérard Filoche

 

Confinés ça ne veut pas dire en congés

 

A bas la loi dite d’urgence sanitaire

c’est une loi anti salariés

 

300 euros de hausse de salaire

tout de suite pour

les  hospitaliers et soignants

 

Confinés ça ne veut pas dire en congés

Pas touche à nos congés payés

 

 

Qui décide des conditions de travail ?

c’est nous qui travaillons

rétablissez des CHSCT partout

pour notre protection

 

 

Rétablissement d’un contrôle des licenciements

autorisation préalable de l’inspection du travail

 

 

Supprimer les jours de carence

pour maladie

c’est fait ça

 

 

Réparer ce que Macron a détruit :

5 milliards tout de suite pour les hôpitaux

 

 

Réparer ce que Macron a détruit

5 milliards tout de suite pour la recherche

 

 

Pas de « prime » de risque

Du salaire pour vivre !

300 euros pour toutes et tous

 

télétravail ça veut pas dire

pas de code du travail

 

 

Abominable Pénicaud

qui traite de « défaitistes » et de « manque de civisme »

les ouvriers du bâtiment qui ne travaillent pas

arrêt immédiat des chantiers !

 

 

Que les cliniques privées

soient alignées sur le public

 

 

rétablissez l’ISF

les riches doivent payer

pour la pandémie

 

 

nationalisation du secteur

pharmaceutique


 

 

Sécurité sociale universelle

Une seule grande mutuelle

 

infractions au confinement

amendes prélevées

versées aux soignants

 

Gestion par les travailleurs

c’est mieux que par leurs exploiteurs

 

 

 


5 milliards pour l’hôpital public, 300 euros de hausse de salaire immédiate pour tous les hospitaliers

En appeler à l’esprit citoyen est nécessaire dans cette situation de crise sanitaire. Le confinement est un impératif. D’autant que la crise du coronavirus met à nu des systèmes de santé fragilisés par les politiques d’austérité. Macron parle de guerre : on peut dire qu’il a contribué à affaiblir nos défenses. Il faut tout de suite 5 milliards pour l’hôpital public !

Les mesures d’austérité dans le secteur hospitalier se paient cash aujourd’hui. Tant en France que dans d’autres pays. Selon les pays, cela peut aller jusqu’au point de rupture avec une incapacité d’accueillir un afflux de malades. Voire pire jusqu’au « tri » des malades.

Macron se rêve en sauveur de la Nation. Il prononce pas moins de 4 fois : « nous sommes en guerre ». Utiliser le mot « confinement » eut été plus utile. Il ne l’a pas fait.

Ses accents « churchilliens » n’y feront rien. Tout le monde garde et gardera à l’esprit que le jour d’avant le coronavirus Macron cassait l’hôpital public. Il est resté sourd aux appels des professionnels de la santé. Il a sciemment désarmé l’hôpital public et sapé les bases de notre protection sociale.

La France mène  des guerres depuis des dizaines d’années dans différents pays d’Afrique. Mais, chut…ce ne sont pas des guerres, ce sont des « opérations extérieures » (OPEX).

Pas un centime de moins sur nos salaires

Le confinement oui ! Mais pourquoi ne pas fermer toutes les entreprises qui ne sont pas utiles dans la gestion de la crise ? De nombreux salariés sont encore obligés d’aller travailler à l’heure actuelle (leur activité ne permettant pas le télétravail). Quelle logique ? Notre santé ne compte-t-elle pas plus que leurs bénéfices ?

Il y a une dissymétrie dans les propos présidentiels entre les annonces en direction du patronat et celles moins nombreuses qui concernent les salariés. Que des mesures soient prises pour éviter toute faillite aujourd’hui, c’est bien. Mais pourquoi ne pas décider que les salariés confinés toucheront l’intégralité de leur salaire, ce qui n’est pas le cas avec le chômage partiel (83 % seulement) ?

La semaine dernière, Macron parlait de mesures de ruptures nécessaires… à l’avenir. Et si on commençait tout de suite ? Outre les 5 milliards pour les hôpitaux publics, pourquoi ne pas décider d’un impôt exceptionnel sur les laboratoires pharmaceutiques ? Pour la recherche publique ! « Interdire les licenciements » dit même un ministre. Très bien ! Cela ne doit pas se cantonner à un discours mais doit se traduire dans les actes. Un strict contrôle public sur les prix est également nécessaire.

Construire le rassemblement à gauche

La crise actuelle est aussi économique, financière et énergétique. Le coronavirus n’en est pas la cause, mais le déclencheur. Ce qui est en cause c’est bien l’organisation mondiale du système capitaliste. Entendre le néo-libéral Macron dire « qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché » pourrait faire sourire si la situation n’était pas aussi grave.

Une alternative au néo-libéralisme et à la financiarisation de nos économies depuis 30 ans est nécessaire. C’est plus que jamais d’actualité au 21ème siècle où le système économique dominant produit marchandisation généralisée des activités au profit des actionnaires, et saccage sans retenue la nature. C’est à la gauche de se rassembler aujourd’hui pour porter cette alternative sans aucune confiance envers Macron et ses amis.

Ils oublieront, comme Sarkozy ou Hollande après la crise de 2008 et ses suites, leurs belles paroles sitôt l’épidémie de coronavirus finie.

Pourquoi Macron parle-t-il seulement de suspension de la réforme des retraites et de celle de l’indemnité chômage ? Ce qu’il faut c’est leur retrait !

Municipales : L’unité à gauche est payante !

Comme prévu, le parti macronien subit au 1er tour des municipales une sévère défaite montrant l’isolement du président des riches. Même dans un contexte difficile d’abstention importante, ces élections ont montré que partout où la gauche s’est rassemblée elle réalise de bons scores. C’est même l’union de la gauche qui permet à EELV de réaliser ses meilleurs scores (exemple Besançon), le cavalier seul des Verts aboutissant à des scores moindres (exemple Nantes ou Le Havre). Plus que jamais se rassembler à gauche est nécessaire. Pour préparer le deuxième tour mais aussi pour porter, dès maintenant, ensemble des exigences sociales et écologiques dans la crise que nous traversons.

 

La peste noire en 1348 et l’instauration d’un salaire maxima

 

La « peste noire », arrivée en Angleterre, en août 1348, anéantit en 14 mois un tiers de la population. La valeur de la main d’œuvre monta tandis que celle du capital baissait. L’augmentation des salaires ruraux fut estimée à 48 %.

La « gentry » ne le supporta pas.  Le roi Edouard III publia, le 18 juin 1350, une sorte de « code du travail » contre « la malice des servants » :

« Toute personne, homme ou femme, âgée de moins de soixante  ans, qui n’a aucune occupation définie, aucune fortune particulière,  aucune possession foncière, devra travailler quand elle en sera requise, et accepter les gages usités en 1346 ou dans les cinq ou six années précédentes, sous peine de prison ».« Les selliers, pelletiers, corroyeurs, cordonniers, tailleurs, charpentiers, maçons, tuiliers, bateliers, charretiers et tous les artisans et  ouvriers ne doivent demander que les gages de 1346, sous peine de  prison ».

Les salaires des manants furent bloqués par la terreur. Pas de « concurrence libre et non faussée ». Peine de mort pour celui d’en bas qui réclame un trop haut salaire en temps de crise !Quand le travail menaça de coûter plus cher que le capital, le capital lui imposa un salaire maxima.

L’inverse se fait encore attendre.

Au XXI° siècle, deux fléaux sont la spéculation bancaire et le chômage de masse.

Deux redoutables pestes noires.

Une bulle monétaire de 700 000 milliards d’euros. 202 millions de chômeurs, 11,09 % dans la zone euro. 878 millions d’humains souffrent de la faim. Alors que 3 hommes à eux seuls, possèdent plus que les 48 pays les plus pauvres. 1 426 milliardaires en février 2013. Un record. Leur fortune s’établit à 4 145 milliards d’euros en hausse de 17 %, 2 fois le PIB de la France. Personne, par son travail, ne peut gagner 600 Smic. Une telle disparité de richesses, c’est une forme de barbarie. Il y a forcément crime économique derrière pareille inégalité. C’est le cas en France où 500 premières familles ont gagné 271 milliards en 2011 presqu’autant que le budget de l’Etat. 10 % des habitants possèdent 50 % du patrimoine alors que 10 % du bas de l’échelle n’en possèdent que 1 %. Les patrons s’augmentent bon an mal an 10 à 100 fois plus que leurs salariés.

67,9 % des électeurs Suisses, dans une « votation », ont interdit les primes mirifiques d’embauche, les retraites chapeaux, les parachutes dorés, et condamné les bénéficiaires à les rembourser ou à « trois ans de prison » ? Coup de tonnerre planétaire ! Cris d’orfraie dans les grands médias des riches !

Vive les Suisses ! Il faut aller plus vite et plus loin, partout.

un salaire maxima à 20 fois le Smic !

C’est injustifiable qu’un humain gagne, quelque soit son mérite, talent, génie, plus de 20 fois qu’un autre. 20 fois plus, c’est déjà énorme ! D’ailleurs pourquoi 20 fois ? Parce que à l’école on vous note de 1 à 20 et rien ne justifie d’être payé ensuite de 1 à 600. Parce que la CES a fixé ce plafond à 20 fois le salaire minima. De même il est raisonnable de lier le salaire maxima et le salaire minima : si l’un augmente en haut, l’autre doit augmenter en bas. Progrès élémentaire de civilisation, anti pestes noires.

Gérard Filoche      écrit et publié dans l’humanise dimanche en mars 2013

 

pour information un article interéssant de laurent Joffrin sur les municipales

pour information  un article intéressant de Laurent Joffrin

 

Les vieux se rebiffent

La plus étrange soirée électorale de l’histoire, où les médecins volaient la vedette aux politiques, les statistiques sanitaires aux pourcentages de voix, a fait passer au second plan les leçons de ce premier tour des municipales. Pourtant, si l’on se détache un instant de l’angoisse ambiante – difficile exercice –, elles méritent qu’on s’y arrête un instant, avant de savoir, par Emmanuel Macron qui parle ce lundi soir, à quelle sauce nous serons confinés.

Le scrutin renverse en effet la plupart des conclusions qu’on tirait jusque-là de la vie politique française.

En un mot : ces municipales ont marqué la revanche du vieux sur le neuf.

Le neuf ? La domination électorale de La République en marche, qui a duré deux ans, de la présidentielle aux européennes. Sans implantation, sans élus locaux en dehors des barons venus de la droite, fondé sur un parti-start up aux adhérents d’un jour et d’un clic, le parti macronien ramasse une veste sans appel.

Symbole de cette déconfiture : l’effondrement de Gérard Collomb, qui croyait tenir solidement son royaume en revêtant ses habits macroniens et se retrouve sans couronne. Aucune conquête, aucun fief en propre, un score globalement faible pour LREM : le Président est suspendu au-dessus d’un pays qui lui est largement étranger.

Le vieux ? Les sortants, en premier lieu, qui ont en général gardé la confiance de leurs administrés et se retrouvent souvent en tête du scrutin. Loin de faire fuir les électeurs, l’exercice du pouvoir local les a fidélisés : tout le contraire du «dégagisme» qui semblait la règle depuis 2017. Cette prime au pouvoir en place vaut pour tous les partis, à Paris, à Lille, à Rennes ou à Nantes pour le PS, un peu partout pour LR, à Grenoble pour les Verts, et même dans les mairies RN ou apparentées, comme à Béziers, où Robert Ménard remporte une élection de maréchal, ou à Hénin-Beaumont où le RN est réélu triomphalement. Corollaire de ce théorème : LFI, parti dégagiste par excellence, a fait le choix de sauter par-dessus le scrutin dans la plupart des cas, faute de combattants. Et à Paris, sa candidate tombe au-dessous des 5%.

Le vieux encore : les partis traditionnels, qui gardent tous leur implantation. La droite classique devrait, s’il y a un second tour, maintenir ses positions de force. Contrairement à ce qu’on pensait, le conservatisme conserve… Le PS qu’on disait agonisant garde ses anciennes terres et fait même de bons scores dans certaines villes où il n’était pas au pouvoir. De même la bonne vieille union de la gauche, selon des arrangements variés (avec ou sans Verts, avec ou sans LFI), prouve encore son efficacité. Elle permet aux sortants de gauche de faire bonne figure, elle pousse les Verts quand ils sont têtes de liste, elle laisse même envisager certains gains appréciables. Symbole de sa pertinence : le bon score de la liste d’union à Marseille, où Martine Vassal, héritière d’un gaudinisme dévalué, subit une grave déconvenue dans ce premier tourPartout ou presque, l’antagonisme droite-gauche, réputé obsolète, a dominé la campagne et le scrutin.

On dira que la percée des écologistes, trait principal de cette élection, traduit un réel renouveau. Réflexion juste, à cette nuance près : le parti vert est un vieux routier des compétitions électorales et participe depuis longtemps à nombre de majorités municipales. Les réalisations qu’il pousse depuis des décennies se sont inscrites dans le paysage urbain dans de nombreuses villes et recueillent l’assentiment des électeurs. Ce qui est neuf, c’est la prise de conscience écologique de l’opinion, qui fait passer les Verts du second plan au premier dans plusieurs grandes villes. Mais là encore la tradition s’impose : pour gagner des mairies, la plupart du temps, les écologistes doivent s’allier avec les anciens partis de gauche, comme ils le font depuis longtemps. En principe, l’écologie transcende les anciens clivages. En réalité électorale, elle est une composante de la gauche, plus forte qu’auparavant, mais encore incapable de l’emporter seule. Le vert est une couleur qui s’affirme. Mais sans le rose et le rouge, elle reste minoritaire.

LAURENT JOFFRIN

 

Pour GDS :

 

De façon éclatante ce premier tour des municipales, en dépit des circonstances complexes, et des multiples manœuvres de Macron, donne une large victoire à la gauche unie.

Partout LREM est balayé : bel exemple à Lyon ou Collomb est troisième mais aussi au Havre ou Edouard Philippe est menacé.

La droite LR ne remplace pas LREM (Dati ne fait que 22 % devant Buzyn à 17%)

Le RN stagne (sauf à Perpignan où c’est la faute à la division de la gauche en deux listes).

Les seules listes qui poussent sont les listes unitaires de gauche.

En dépit de la mosaïque de la gauche malheureusement séparée en une quinzaine d’organisations.

Celles qui alignent le maximum de logos ont les meilleures dynamiques.

C’est le cas de « Printemps marseillais » en tête contre des Verts et des socialistes sectaires. Par contre la division de Montpellier produit des Verts de LFI, plonge la gauche – un temps donnée gagnante- dans le plus stupide des échecs.

Quand ce sont les Verts qui gagnent c’est parce qu’ils sont en tête de ces listes unitaires, quand ils sont seuls ils ne gagnent pas (c’est même une chute au Havre).

Quand c’est le PS, la plupart du temps il a fallu qu’il fasse l’unité pour gagner comme à Paris (PS, PCF, Générations) ou Nantes (PS PCF GDS).

La division est mortifère : à Aubervilliers, la droite est en tête avec 25 % alors qu’il y a 6 listes de gauche qui se partagent 75 %.

A Fécamp, il y a trois listes, ça donne 49,7 % pour la droite, et 44 % pour la gauche, notre camarade Patrick Jeanne, et 6,3 % pour LFI qui a refusé toute unité !

La leçon est claire, la gauche peut être majoritaire quand elle s’unit.  Retenons cette leçon pour le 2° tour quand il aura lieu.

Un « comité de liaison de toute à la gauche » s’impose.

Et retenons cette leçon pour des listes unitaires aux territoriales puis aux régionales. Il restera à s’en souvenir pour un candidat unique de la gauche à la présidentielle dont nul ne peut dire qu’elles se tiendront à la date prévue.

 

 

 

Pas un seul centime de salaire en moins

 

Depuis un an, Macron a refusé catégoriquement d’entendre les revendications de l’écrasante majorité du personnel hospitalier. Trois mois de grève aux urgences, 200 services touchés. Pénurie de soignants. Démissions en masse des personnels. Salaires trop bas. Internes soumis à un horaire de travail délirant. 1200 hauts responsables des hôpitaux démissionnent. 800 chercheurs sans budget. Couloirs de la honte où les malades sont sur des brancards. 16 700 lits supprimés en 5 ans. Restrictions budgétaires étouffantes, tarification à l’activité (T2A), virage ambulatoire technocratique imposé aveuglément, sans omettre les « primes à la suppression des lits » d’Olivier Véran, nouveau ministre de la santé, celui-là même qui voulait le 3 juillet 2018 sortir la « sécurité sociale » de l’article 34 de la constitution.

L’hôpital public a été maltraité, donc impréparé au virus : c’est par la faute de Macron !

Que celui-ci répare ses méfaits, il ne suffit pas d’en appeler au dévouement des personnels, aux « jeunes retraités », au bénévolat, aux heures supp’ sans limites et non payées, il faut que Macron paie : 5 milliards tout de suite pour les hôpitaux, une hausse immédiate des salaires de 300 euros, c’est un  rattrapage a minima. C’est à Macron de payer ! Et tout de suite, car sinon dans quelques mois il « oubliera » et continuera de casser hôpitaux, retraites et sécu.

Pareil pour les autres salariés concernés par le virus, le confinement, le chômage temporaire. Ce n’est pas à eux de souffrir tandis que Macron déverse 25 milliards pour les chefs d’entreprise (15 milliards de report de cotisations, 3 milliards de prêts, 5 milliards de chômage partiel, 2 milliards de prise en charge des IJSS pour les arrêts de travail, création d’un fonds de solidarité)

Que vont recevoir les salariés victimes de chômage partiel ?  Bruno Le Maire a affirmé qu’ « aucun salarié ne perdrait un seul centime ». Ca voulait dire 100 % du salaire. (Et des primes car les patrons font tomber les primes d’absentéisme !). Mais Muriel Pénicaud, 4 heures seulement après Bruno Le Maire corrigeait le tir en affirmant que ce ne serait que 84 % du salaire. Pourquoi ?  Si l’état paye 70 % aux patrons, ceux ci peuvent verser 30 % tout de même ! Exigeons 100% du salaire !

Refusons le temps partiel, ils n’ont pas le droit de l’imposer ! Idem pour le télétravail : il y faut un accord collectif ou une « charte ». (Article L.1222-9 du Code du travail modifié par Ordonnance n°2017-1387). Certes, il est devenu légal de recourir au télétravail en cas d’ « épisode de pollution ». Mais c’est un danger car l’exigence de contrôle du temps de travail est supprimée. Le paiement par le salarié de l’ensemble des coûts du travail à domicile et du matériel informatique utilisé, est « permis ». Méfiance !

Gérard Filoche

 

Intervention de Gérard Filoche samedi 1er février à Dreux gilets jaunes conférence débat

Intervention de Gérard Filoche le samedi 1erfévrier à Dreux à la conférence débat intitulée : « Nos retraites et nos conquêtes sociales acquises de haute lutte par nos anciens en 36 et 45 sont menacées de destruction »

 

Je suis appelé à vous parler des retraites et d’abord je voudrai vous parler du bonheur, parce que la retraite ce n’est pas d’abord des chiffres. C’est le plaisir, c’est le droit d’avoir une vie après une vie de travail, une vie où on fait ce qu’on veut, où on peut cultiver son jardin, lire des livres, aller au cinéma, aller dans une ile grecque ou bien comme ma maman regarder les feux de l’amour !

La retraite c’est lorsqu’on est libre grâce au travail qu’on a fait tout au long de sa vie. Et c’est grâce à ceux qui continuent à travailler qu’on peut être libres. La retraite n’est pas une épargne Beaucoup trop de gens le croit. Vous avez des prospectus qui vous disent : « mettez de côté pour votre retraite ».Ne le faites surtout pas, ils vous piqueront l’argent ! Il y a en a d’autres qui croient que c’est un impôt, que cela a à voir avec l’Etat. Mais non, cela n’a pas à voir avec l’Etat, ça a à voir avec le travail, les travailleurs et les salariés. Ce sont les salariés qui versent et en temps réel, même pas différé, en temps réel, à ceux qui ne peuvent plus travailler.

Alors vous, vous travaillez, moi je suis retraité, je vous aime ! (Applaudissements). Parce que vous payez ma retraite aujourd’hui comme moi pendant 41 annuités j’ai cotisé pour les autres. C’est ce qu’il y a de plus beau vous savez dans une société, cet échange intergénérationnel et cet échange entre ceux qui peuvent travailler et ceux qui ne le peuvent plus.

Et c’est la base même de notre système qui n’est ni étatisé ni fiscalisé, ni un impôt ni une épargne mais la solidarité entre travailleurs. Et c’est à cela principalement qu’ils veulent s’attaquer.

Alors est ce que c’est une question d’argent ? Non. D’abord Macron lui-même quand il s’est présenté a écrit un livre qui s’appelait Révolution. Et dans ce livre il disait qu’il allait changer le système de retraite mais pas seulement sur le plan financière car la question financière est résolue depuis 20 ans. Et dans sa campagne il disait qu’il ne toucherait pas à l’âge de départ à la retraite ni au niveau des pensions. C’est un menteur ! On sait qu’il ment tout le temps mais là c’est du flagrant délit parce qu’il rajoute : « je fais ce pour quoi on m’a élu ».Ce n’est pas vrai.

Ce n’est pas une question d’argent parce que la France est riche. Jamais la France n’a été aussi riche. On nous dit le contraire, je sais, sur tous les médias, sur toutes les radios. Moi, c’est Dominique Seux sur France Inter le matin qui me met en colère devant mon bol de café au lait. Il nous dit le contraire et c’est faux. Jamais la France n’a été aussi riche et les richesses aussi mal partagées.

C’est ça le comble. Sortez la crise de votre tête, il n’y a pas de crise. Pour ceux d’en haut il n’y en a pas du tout mais eux ils ne ruissellent pas vers nous mais ils pompent, ils pompent !!Comme les Shadocks ! Ils prennent à ceux d’en bas pour accumuler les fortunes en haut mais l’argent est là. Ce n’est donc pas une question d’argent. D’ailleurs si c’était une question d’argent, pourquoi dans le projet de loi que Macron a déposé au conseil des ministres avec E Philippe sur les retraites, prévoit-il que pour les salaires au-dessus de 120 000 euros jusqu’à 329 000 euros, la cotisation retraite soit baissée de 28% à 2,8%. C’est un cadeau de 3,7milliards à ces catégories-là qui paient probablement moins d’1% du haut du salariat. Si c’était une question de finance pourquoi ferait-il ce cadeau ? ce n’est évidemment pas une question de finance. C’est à l’inverse une question pour baisser puis bloquer les retraites.

Et le fond de l’opération est celui-ci : arriver à ce que dans 5 ans, 10 ans, 15 ans la part de financement de retraites baisse et qu’elle puisse aller au monde de l’entreprise, au grand capital, à la grande finance et qu’elle nous échappe à nous, à notre contrôle, qu’elle soit reprise par l’Etat et puis qu’ensuite elle puisse être privatisée. Alors on vous dira : « mettez de l’argent dans les caisses de l’épargne et mettez de l’argent dans le fonds de pension si vous n’avez pas assez de retraite. » Et on vous mettra dans une position où si vous êtes fatigués, malade et que vous ne puissiez pas travailler vous soyez totalement dépendant de ce que vous aurez essayé de mettre de côté et vous n’aurez pas grand-chose Eux seront satisfaits d’avoir pu faire baisser l’ensemble du salariat. Quand je dis salariat, c’est nous, ceux qui n’avons que notre force de travail à vendre.

Parce qu’il y a beaucoup d’erreur sur cette question. On dit parfois un patron vous donne du travail. Un patron ne vous donne jamais rien. Jamais ! Il achète votre force de travail le plus bas possible et vous , vous cherchez à lui vendre le plus cher possible et lui essaie de faire al marge la plus grosse possible sur votre travail. Et s’il ne fait pas la marge la plus grosse possible, il met la clé sous la porte et vous met dehors ? Il vous exploite mais c’est le système qui est comme ça.

Et quand vous vendez votre force de travail alors il vous donne quelque chose en plus sur votre feuille de paye et c’est cela qu’il faut bien étudier à mon avis. Et pour l’étudier je vous propose un petit détour par un film que je conseille à tout le monde bien qu’il soit déjà ancien ; « Queimada » avec Marlon Brando. C’est la révolte des esclaves qui se soulèvent à Haïti et les propriétaires terriens les flinguent. Mais à la fin, comme les esclaves sont plus nombreux ils vont finir par gagner contre les propriétaires terriens qui se réunissent affolés. Il y a l’agent anglais, Marlon Brando, qui leur dit :« Arrêtez avec l’esclavage, réfléchissez. ça coûte cher les esclaves parce que vous êtes obligés de les nourrir quand ils sont petits et qu’ils ne travaillent pas, vous les nourrissez quand ils sont malades alors qu’ils ne travaillent pas, vous les nourrissez quand ils sont vieux et vous les logez encore alors qu’ils ne travaillent plus. Faites-en donc plutôt des salariés ! Vous ne les paierez que quand vous aurez besoin d’eux. Ça vous coutera moins cher que des esclaves.»Alors les propriétaires terriens se sont dit mais oui quelle bonne idée ! Ils ont viré les esclaves des cases où ils habitaient, ils leur ont dit : « débrouillez-vous quand vous êtes vieux… »Ils ne les ont plus payés qu’à la tâche. C’est pour ça qu’on ne disait pas salarié mais tâcheron, journalier, besogneux, loueur de bras, trimardeur, appointé ou canut, c’est à dire toute une série d’expressions qui étaient distinctes des salariés. Et en 170 ans, les tâcherons ont réussi à améliorer leur salaire pour retrouver ce que les esclaves avaient, c’est à dire un salaire brut qui figure sur la feuille de paye où le patron vous donne chaque mois de l’argent pour vivre pour le travail que vous faites mais aussi il vous donne de l’argent pour survivre quand vous êtes malades ou au chômage, quand vous avez des enfants, quand vous avez un accident du travail … et quand vous êtes retraité !

Et les gens, ne font plus attention aujourd’hui parce que cela fait 75 ans que l’on a ça, depuis la seconde guerre mondiale : sur nos feuilles de paye, on a un salaire net et un salaire brut. Les libéraux ne sont pas fous, ils ont dit : « ce sont des charges ! »Ce n’est pas vrai, ce ne sont pas des charges, c’est une partie du salaire mutualisé mis dans un pot commun et redistribué à chacun selon ses besoins quand il est malade, en charge de famille, au chômage, accidenté ou en retraite.

Ce n’est pas une charge, c’est un bonheur !

C’est ce qu’il y a de plus beau dans notre pays et ce n’est pas géré par l’Etat. Au départ c’était géré par les salariés et leurs syndicats qui élisaient ceux qui géraient la caisse de retraite. Le budget de la sécurité sociale et le budget de la retraite ne sont pas des budgets de l’Etat ; ce sont des budgets privés. Et la sécurité sociale qui les gère, les caisses qui les gèrent sont des caisses de droit privé. Elles sont normalement sous notre contrôle à nous autres salariés via nos syndicats. Et c’est normalement nous, jusqu’en 1995, qui étions appelés à voter pour élire ceux qui géraient l’argent que nous cotisons pour ces caisses de solidarité.

Cela a une énorme importance parce qu’aujourd’hui, en 2020, le budget de la sécurité sociale et ce qui est rattaché, c’est 504 milliards. Le budget de la retraite c’est 314 milliards. Le total fait 820 milliards. 820 milliards qui vont dans des caisses de façon « pré affectés », c’est le terme exact ; c’est à dire que ces sommes sont collectées dans un but précis : la retraite, la santé… et cela ne peut pas théoriquement être utilisé à autre chose.

Quand ils ont conçu ça au lendemain de la seconde guerre mondiale, ils sortaient de deux guerres mondiales, ils ne voulaient pas que ces sommes puissent servir à faire des armes ou une autre guerre ! C’est pour ça qu’ils ont conçu un budget séparé et des cotisations pré affectées qui sont distinctes de l’impôt et distinctes et séparées de l’Etat. C’est ce principe qui est aujourd’hui centralement attaqué par Macron et qui va tout remettre en cause s’il parvient à ses fins car je vous le dis, s’il casse notre système de retraite, demain, il cassera notre système de santé.

Il a annoncé qu’il n’y aura plus de cotisations sociales, qu’il avait l’intention de les supprimer toutes comme il vient de le faire pour le chômage depuis le 1ernovembre 2019. C’est-à-dire qu’il a pris 3,5 milliards dans les caisses des chômeurs alors que sur 6,6 millions chômeurs officiels aujourd’hui en France il y en avait encore 2,3 millions qui étaient indemnisés et bientôt il n’y en aura plus qu’1,2 million. C’est à dire que la moitié, insensiblement, vont perdre l’accès au droit à être indemnisé et les autres vont perdre plus vite leur indemnité. Et quand ils vous disent que le chômage baisse, soyez-en certains, une des raisons, c’est que les gens ne peuvent plus, depuis novembre décembre et janvier, s’inscrire comme avant. Et cela ils ne le disent pas.

Ce qu’ils ont fait- pour les indemnités chômage, ils veulent le faire pour les retraites et la santé.

Alors comment cela peut se faire ? La cotisation payée par les patrons sur le travail passera sur l’impôt payé par chacun. Et tout le budget séparé des 820 milliards ira dans le budget de l’Etat. En comparaison, le budget de l’État n’est que de 470 milliards, c’est à dire la moitié du budget de la protection sociale. Quand on dit qu’on a un fort modèle social en France et qu’on peut profiter de ces cotisations, ce n’est pas rien ! 820 milliards contre 470 milliards ! Mais si Macron met, comme il veut le faire, les 820 milliards dans le même tonneau que les 470, alors il ne lui restera plus après qu’à mettre une tirette en bas du tonneau et s’il veut, au vote prochain du parlement décider de deux sous-marins nucléaires à la place de 10 hôpitaux, il pourra le faire. Aujourd’hui, théoriquement, il ne peut pas le faire parce que c’est séparé et pré affecté. Quand tout sera dans le même budget, qui s’appelle le budget de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) c’’est évidemment la protection sociale qui en subira les conséquences et évidemment la part des retraites.

Et il annonce qu’il ne veut pas plus de 14 % (en fait c’est 13,8%) du PIB pour payer les retraites. Mais qui a demandé ce truc-là ? quelle est cette « règle d’or » ? ça vient d’où ?

J’étais, pour des raisons de soins dans un hôpital récemment et la dame qui me faisait une piqure me disait : « mais quand même je vais avoir 1000 euros, ils m’ont promis 1000 euros avec la réforme. »Je lui ai demandé combien d’années elle avait travaillé. Elle me dit : « oh non je n’ai pas travaillé beaucoup mais ii a dit qu’on aurait 1000 euros minimum. »Je lui ai dit : « mais Madame, c’est calculé sur 43 ans, si vous n’avez pas travaillé 43 ans vous n’aurez pas 1000 euros »« Ah bon !! »C’était il y a trois jours ! les gens mettent du temps pour comprendre les choses et quand ils les comprennent ils prennent immédiatement conscience de l’ampleur du mensonge qu’il y a ! De la même façon les gens, ont eu du mal à comprendre que la retraite est actuellement calée sur les 25 meilleurs années et on leur dit qu’elle sera calculée sur toute leur carrière. En fait c’est 43 années dans leur système. Mais si vous calculez sur les 43 années au lieu des 25 meilleurs, cela veut dire que les 18 moins bonnes, c’est elles qui vont influencer vers le bas le niveau de votre retraite.

Un économiste comme Henri Sterdyniak a calculé que ce serait une baisse d’environ 20 à 25% des retraites pour tout le monde.Personne n’y échappera. Ceux qui sont nés avant 1975 finiront par être rattrapés et quoi qu’on ait dit pour eux. Et ceux qui sont après aussi. Donc la baisse sera généralisée pour tout le monde, de 20 à 25 %, pour toutes les retraites. Ce n’est pas du tout une augmentation.

Mais qu’est- ce qu’on peut faire à la place ?

Parlons des retraites disons en 2060. Ils trouvent toujours une date très loin ! Ils ne savent pas comment ce sera, c’est toujours pipeauté mais disons 2060. Mais s’il y a un problème de retraite en 2060, il suffit d’ajuster la cotisation en 2059. Ce n’est pas maintenant que ça se règle. Parce que si par exemple, vous décidez des critères de la retraite : vous définissez la hauteur de la prestation indexée sur les salaires, indexée sur les prix et pas de retraite en dessous du SMIC, vous vous dites en 2059, je vais ajuster les cotisations, cela veut dire 0,1 point ou 0,2 points ou 0,01 point cela dépend de la conjoncture et ainsi en 2060 vous garantissez la prestation. Vous avez remarqué que c’est exactement le contraire de ce que qu’ils font. Eux ils décident de baisser la prestation et ils baissent les cotisations et disent on ne peut pas payer donc vous aller rester jusqu’à 65, 66, 67 ans au travail au lieu de partir à 60 ans. Et si, à l’inverse en 2060 il y a un coronavirus ou une grippe espagnole et bien en 2061 puisqu’il y aura moins de retraités, vous baissez la cotisation de 0,1 ou 0,2… parce que vous adaptez la cotisation au nombre de retraités et à l’âge que vous avez fixé !

Et 60 ans c’est un bon âge pour partir en retraite ! Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans.La biologie du corps humain n’a pas changé même si on vit plus longtemps. A 55 ans, tout devient dur, mentalement et physiquement et l’usure au travail, d’autant qu’on nous demande toujours plus, est toujours forte pour tout le monde. Et en plus ce n’est pas pour tout le monde parce que les plus riches vivent en moyenne 12 ans de plus que les plus pauvres et la différence entre un cadre et un ouvrier, c’est 7 ans d’écart de vie. Alors quand l’autre nous dit qu’il veut une retraite universelle pour tout le monde, c’est une escroquerie. Comment voulez-vous faire une retraite universelle pour tout le monde avec de telles différences d’espérance de vie et avec de telles différences de carrières. Parce que quand il a supprimé le droit du travail, il y deux ans après que El Khomri ait fait déjà la moitié du boulot, quand ils ont fait les ordonnances anti travail, ils ont cassé toute idée d’universalité du droit du travail. Ils ont multiplié les différenciations entre les carrières et ils ont fait en sorte que les salariés soient flexibles, souples, maniables, révocables, changeables…. Donc quand les carrières sont très diverses, comment voulez-vous avoir une retraite unique. Il y a mensonge sous roche.

Après, il s’attaque aux régimes spéciaux. Pour moi, la notion de régime spécial est une notion faussée. Ce sont des régimes normaux. C’est à dire que quand vous avez une loi qui dit c’est 60 ans, quelle est la particularité dans les branches ? C’est qu’il existe, au-delà de la loi, des conventions collectives et vous discutez branche par branche des nuisances, des souffrances, des violences, des inégalités …et vous pouvez compenser celles-ci par un départ plus tôt ou par une pension plus élevée. Je vais prendre le célèbre exemple des égoutiers. Il est célèbre parce qu’il est tragique. A Paris même il y a 250 égoutiers. La moyenne d’espérance de vie est de 58 ans. Ils sont toujours harnachés avec toujours une combinaison, partout dès qu’ils sont dans les égouts ; Ils ont un premier masque pour résister à l’hydrogène sulfuré, au monoxyde de carbone et quand ils sont dans une nappe ils ont un deuxième masque qui sonne. Il faut le mettre et ils ont un quart d’heure pour se tirer de là parce que sinon ils sont morts. Et la vie d’égoutier fait que la moyenne d’espérance de vie, avec tous les cancers contractées, est de 58 ans ! Ils avaient le droit de partir à 50 ans. Sarkozy a changé ça et l’a mis à 52 ans. Macron veut le mettre à 62. Ils seront morts avant de partir ! Quand je donnais cet argument une dame m’a dit : « oui pour les égoutiers de Paris, mais autour il y a ceux qui travaillent dans les centrales d’épuration, ils ont des sables toxiques, des gaz toxiques et eux aussi leur vie est en danger de la même façon et ils partent à 62 ans ! »Mais quelle est la bonne réponse : c’est de faire partir les milliers d’ouvriers qui travaillent sur les stations d’épuration aussi à 50/52 ans comme les égoutiers. Ce n’est pas aller vers le mal. Une société c’est pour le bien, le mieux en général qu’on essaie de travailler et si on vit plus longtemps c’est pour en profiter plus longtemps !!

Ce n’est pas pour travailler davantage, ce n’est pas pour se faire exploiter davantage ! C’est pour justement avoir cet espace de vie et de bonheur où, avant de disparaitre, on profite des fruits de son travail.

Il n’y a pas que les égoutiers. Vous avez vu les danseurs du ballet de l’Opéra de Paris qui ont un régime dit spécial. Ils sont 185. Mais pour être danseur d’Opéra vous commencez à travailler à 8, 9 ou 10 ans et c’est un travail absolument terrifiant. Alors ils avaient la retraite à 45 ans. Essayez de faire des pointes de ballet après 45 ans, c’est forcément moins gracieux ! (rires) Mais ce n’est pas seulement cet aspect-là parce qu’ils souffrent, le corps souffre et vous ne pouvez plus le faire. Alors Blanquer a dit : « ils n’ont qu’à se reconvertir ! »Essayez donc quand vous avez dansé la moitié de votre vie de trouver un travail…. Quand j’étais à l’hôpital il y avait un brancardier qui m’a dit qu’avant de faire ce travail, il était déménageur mais qu’il ne pouvait plus descendre les pianos. Et il a continué en me disant que bientôt il ne pourrait plus pousser les brancards non plus ! »

Il y a 350 personnes à la Comédie française, dans le régime normal. A l’époque c’était des grâces royales et cela a été gardé comme avantage pour les jeunes acteurs dans les rôles de premier et aussi des vieux acteurs, ceux qui jouent les rôles de vieux barbots dans les pièces. Mais est ce qu’on a à se tracasser pour les 350 de la Comédie française ? On a 14 millions de retraités. Pourquoi essaient-t-on de designer du doigt 350 personnes en disant vous avez trop dans votre assiette ? ça ne va pas nous en donner plus dans la nôtre ! Ce n’est pas parce qu’on enlève quelque chose aux uns qu’on aura plus pour soi et la notion d’universalité quelle est-elle dans ce cas-là ?

Alors il est dit : « à la RATP quand même ils ont des avantages et puis ils sont 40000. »  Savez-vous qu’ils sont moins nombreux que les clercs de notaire qui ont aussi un régime dit spécial et qui sont 42000 Les clercs de notaires sont à peu près payés le double que ceux de la RATP parce que pour eux aussi ça remonte à loin. Ce sont des charges qui ont été transmises; il faut de la confidentialité, de l’habileté pour négocier les transactions et puis pour faire les successions… Donc les patrons des clercs des études payent très cher les clercs. Bon, faut-il dire qu’il faut payer moins les clercs de notaire ? Mais enfin quel est l’intérêt ? Ils ont le droit de négocier dans leur branche en fonction de ce qu’ils font avec leurs patrons des avantages et des inconvénients. Sinon plus personne ne peut négocier. Et personne d’ailleurs ne parle trop des clercs de notaire et de leur régime spécial. Je ne suis pas contre qu’ils gagnent et ce qu’ils gagnent. Je ne veux pas qu’on leur retire soi-disant pour égaliser avec les autres. Et d’ailleurs à la RATP, les « avantages » qu’ils avaient, Sarkozy les a retirés. Ils partent à la retraite comme tout le monde :! C’est comme le cheminot, il n’a plus d’escarbilles dans les oreilles et les yeux parce qu’il y a le TGV mais le planning de travail est sur trois semaines ! Vous êtes crevés, vous ne voyez pas votre famille et puis vous faites ça pendant 35 ans, et bien vous n’êtes pas exactement dans une bonne situation du point de vue de la santé et vous en avez marre. Et c’est pareil pour l’infirmière qui met ses lunettes pour chercher votre veine à 62 ans ! Imaginez également l’instituteur qui arrive en septembre et qui fait sa 40ème rentrée. Il a des cheveux blancs comme moi et il est entouré de minots de 3 ans ou de 11 ans autour de lui… Vous trouvez que c’est normal d’être instituteur et de s’occuper d’enfants à 62, 63,64, 65 ans ou même 66 ou 67 avec l’âge pivot ou d’équilibre dont on ne sait pas jusqu’où ils vont nous conduire ?

Donc vous avez besoin de partir plus tôt et je vais vous dire autre chose : dans le bâtiment la retraite doit être à 55 ans.J’ai visité des centaines de chantiers toute ma vie comme inspecteur du travail, j’ai eu a enquêter sur 14 accidents mortels. Il y a 550 morts au travail chaque année en France dont la moitié dans le bâtiment. Et vous croyez qu’ils ne doivent pas partir à 55 ans ? Bien sûr que si ! Et les majors du bâtiment ne fonctionneraient plus ? Mais attendez, les Bouygues, Eiffage, Vinci sont les plus riches de ce pays ; c’est ceux qui font la sous traitance et encore la sous traitance pour finir avec des intérimaires qui n’ont rien pour l’immensité du travail, la violence du travail qu’ils font. Regardez un gars de 55 ans qui pousse sa brouette dans un chantier de démolition !!!

60 ans pour tout le monde et le droit de négocier.  55 ans dans le bâtiment…

Et nos salaires sont trop bas.La moitié des salariés gagnent moins de 1700 € et 98% des salariés gagnent moins de 3200€ alors que le travail des salariés français est le plus productif au monde. La totalité des salaires ont été compactés et compressés depuis 45 ans. En 1968, l’écart de salaires était de 1 à 6. Aujourd’hui il est de 1 à 2,3. Bien sûr je ne parle pas des 1% qui se font 600 smic. Je parle de la masse : 98% ; Si les salaires sont augmentés il n’y a plus aucun problème de retraite. Parce que la cotisation est dedans. Vive le salaire brut !

Et les patrons sont même obligés de mettre au pot. Ils mettent un salaire super brut et c’est la totalité de ce qu’on gagne qui est réparti de cette façon-là. Et c’est bien que ce soit sur le travail, que ce soit le travail qui nous donne ce droit parce que tout le monde de cette façon-là peut en bénéficier, peut se le répartir et il doit être sous le contrôle de ceux qui produisent les richesses. Le salariat produit toutes les richesses de ce pays. Un jour quelqu’un me dit mais le milliardaire Arnaud fait vivre 100 000 personnes ! Mais c’est le contraire ; ce sont les 100 000 personnes qui le font vivre ! c’est dans ces sens-là que ça marche :!