ce blog, interrompu du 6 juillet 2019 au 30 septembre 2019 est reinstauré et réouvert

ce blog a été interrompu du 6 juillet 2019 au 30 septembre 2019

installé en février 2009, le nom www.filoche.net était tombé dans le domaine public en juillet 2019

faute de vigilance de notre part, nous l’ignorions

nous avons cherché à le restaurer pendant l’été 2019

mais il a été racheté par un escroc du Delaware, qui nous a demandé 3500 dollars pour nous rendre le nom initial

alors nous l’avons réinstallé sour un nouveau nom

www.gerard-filoche.fr

peu à peu nous allons le faire revivre avec tout ce qu’il contenait et en l’actualisant

bien à vous,  Gérard

merci au camarade en charge de ce travail et a toutes celles et ceux qui s’y retrouveront  c’est 10 ans de travail

Chronique Humanité dimanche Au boulot n°461 Lubrizol : Extension du préjudice d’anxiété

 

Employés, en qualité de mineurs de fond et de jour par les Houillères du bassin de Lorraine, les salariés avaient saisi la juridiction prud’homale aux fins d’obtenir la condamnation de leur employeur au paiement de dommages-intérêts en réparation de leur préjudice d’anxiété et du manquement à une obligation de sécurité.

 

La cour d’appel de Metz a rejeté le 7 juillet 2017 les demandes des salariés en considérant les témoignages insuffisants

En audience publique la Cour de cassation, le 11 septembre 2019 casse et annule, en toutes leurs dispositions, les arrêts de la cour d’appel de Metz. Elle cite, ce qui est rarissime, les attestations des mineurs de Lorraine sur leurs conditions de travail. Ils sont en effet très convaincants :

 

« La plupart des mineurs ne portait pas de masques à poussières, certains d’entre nous achetaient des masques en mousse en pharmacie »

« Dans les années 90 on portait des masques jetables ils se colmataient vite avec la respiration et on n’en avait pas assez à disposition et ils n’étaient pas adaptés à un travail physique intense »

« Les différentes sortes de masques présentaient chacun leurs lacunes… distribution limitée au jour »

« En sachant que les buses d’arrosage étaient souvent bouchées car la qualité de l’eau était médiocre ».

« Avec ce qu’il y avait des buses à eau sur les tambours le débit était insuffisant pour éliminer toute la poussière du havage. Même avec des buses bouchées le havage continuait car le plus important était avant tout la production »

« Nous sommes donc descendus par la tête de taille pour accéder à la haveuse en plein abattage, la poussière était tellement dense qu’on n’y voyait pas à 2 mètres. Nous avons progressé jusqu’au pied de la taille pour les essais de serrage au couple en situation réelle, mon masque à poussière était bon à jeter, quand je me suis mouché, le mouchoir était noir »

 

Alors, conclut l’arrêt en Cassation : « en application des règles de droit commun régissant l’obligation de sécurité de l’employeur, le salarié qui justifie d’une exposition à une substance nocive ou toxique générant un risque élevé de développer une pathologie grave et d’un préjudice d’anxiété personnellement subi résultant d’une telle exposition, peut agir contre son employeur pour manquement de ce dernier à son obligation de sécurité »

 

Ce n’est pas le moment de remettre en cause le régime de retraite des mineurs !

Une créance de dommages et intérêts en réparation du préjudice découlant de la violation de l’obligation de sécurité de résultat est ouverte.

Au-delà de cette grande victoire, l’arrêt offre une surprise de taille. Il étend le préjudice d’anxiété à tous les produits dangereux et toxiques.

De quoi susciter une légitime inquiétude pour les nombreux employeurs concernés. Imaginez chez Lubrisol à Rouen.

 

Gérard Filoche

 

 

 

Chronique Humanité dimanche Au boulot n° 460 La puissance du salariat

 

Il ne se passe pas un jour sans propagande : « Est-ce la fin du salariat ? » demande Libération? « La fin du salariat mythe ou réalité ? » s’interroge La Tribune. La loi « LOM » sur les mobilités instaure « La présomption de non salariat ». Et bien sur l’immanquable question : « comment l’ubérisation change le travail ? » entretient dans les Echos« La peur de la fin du salariat » ! Novethic conclut : « Le recul du salariat impose de réinventer la protection sociale ».

Pardi !

C’est une  vraie campagne de bourrage de crânes !  Elle ne repose sur rien  car le salariat ne cesse de grandir sur la planète (54% des actifs) et chez nous, il a gagné depuis longtemps !

En mars 1906 quant survient la catastrophe de Courrieres, le ministère du travail est crée et le premier code du travail est rédigé en 1910 alors qu’il n’y avait que 3 millions de salariés.

En mai-juin 1936 quand la grève générale éclate et impose les 40 h et les congés payés alors les salariés étaient encore minoritaires.

En 1945, les « indépendants », agriculteurs, commerçants, artisans, étaient tout justes moins nombreux quand le salariat a obtenu la Sécurité sociale, les retraites, les CE, les IRP, la médecine du travail, l’inspection, les prud’hommes.

En mai 68 le salariat était à près de 70 %, quand éclate la plus grande grève de l’histoire de l’humanité, qui gagne 33 % de hausse du Smig et 55 % de hausse du Smag, la 4° semaine de congés et des droits syndicaux nouveaux,

On est même montés à 92 % d’actifs salariés, redescendus à 88 %, et en dépit du chômage,  on est autour de 90 % de salariés parmi les actifs.

Soit 30 millions de salariés, 18 millions de contrats de travail dans le privé et 5,5 millions dans le secteur public et 6,6 millions de chômeurs temporairement privés d’emploi !

Les indépendants ne sont plus que 10 %, dont seulement quelques dizaines de milliers d’ubérisés et auto-entrepreneurs qui ont un contrat commercial déclassé sans droit ni loi au lieu d’un contrat de travail avec subordination et protection.

Jamais le salariat n’a été aussi fort de toute notre histoire !

Et c’est le moment qu’ils choisissent pour décupler leur propagande qui tente de faire croire qu’on est en voie de disparition.

Le but c’est de nous enlever, quand on est 30 millions, ce qu’on a gagné quand on étaient 3 millions !

Et le pire c’est que ça marche si on est divisés !

« La domination de la bourgeoisie n’est fondée que sur la concurrence des ouvriers entre eux, c’est-à-dire sur la division à l’infini du prolétariat, sur la possibilité d’opposer entre elles les diverses catégories d’ouvriers » (Engels)

 

Gérard Filoche

 

Chronique Humanité dimanche Au boulot n° 459 Météorite, pastèque et noisette

 

Deux parlementaires LREM, Nathalie Goulet et Carole Grandjean ont pondu un rapport « gigantissime » sur la « fraude sociale » :  il y aurait, dans le RNIPP, (Répertoire national d’identification des personnes physiques), 110 millions d’enregistrés dans le système de la Sécurité sociale, dont 84,2 millions de gens « vivants » pour 67 millions au dernier recensement. Et 14,7 millions de centenaires référencés dans les fichiers dont 3,1 millions seraient en vie (Ils ne sont que 15 000 en fait). Alors ? Combien de dizaines de milliards de fraude ? Un magistrat Charles Prats s’emballe : cette fraude due aux numéros de Sécu frauduleux atteint 14 milliards d’euros.

Ca suffit pour que toutes les télés se déchainent toute la semaine, Pujadas présente « le rapport vérité », Pascal Praud,  Anne Sophie Lapix, Thomas Legrand, André Bercoff, Gérard Carreyrou, Gérard Leclerc se jettent avec Valeurs Actuellessur l’aubaine. Occasion de s’en prendre aux petites gens, ces vilains gilets jaunes, qui trichent avec les prestations sociales, celles qu’on leur accorde trop généreusement, alors que ca coûte un « pognon de dingue » ! D’après eux, ce sont des ouest africaines polygames, des antillais, des ukrainiens, des étudiants Erasmus, des étrangers musulmans, des chômeurs malveillants, des Corses ou « des gens du Nord ».

Raté : l’INSEE et les organismes de sécurité sociale ont mis les choses au point : cette comptabilité des cartes Vitale et des numéros d’immatriculation ne représente aucun risque de fraude : « Le RNIPP n’est porteur d’aucun droit,précise l’Insee,il ne suffit pas d’être enregistré dedans pour bénéficier de droits sociaux. ».

Selon le CNLF (Comité national de lutte contre la fraude),la fraude sociale détectée atteindrait 852,6 millions d’euros sur l’année 2014, dont 427,63 millions d’euros pour la fraude aux cotisations sociales (employeurs)et 424,96 millions d’euros pour la fraude aux prestations sociales (employés). La CNAV parle de 2 à 300 millions. La CNAF cite 41 500 dossiers et 291 millions d’euros. La CNAM décompte 270 millions d’euros, surtout en provenance, des prescripteurs. Le Pôle emploi dénote 185 millions d’euros dont 115 millions indument versés et seulement 70 millions illégalement captés. Toutes ces fraudes sont combattues avec plus d’acharnement et moyens que la fraude fiscale. (Bercy vient de supprimer 6000 postes).

Ces fraudes dites « sociales » se comptent en millionsd’euros sur un budget social de 498 milliardsen 2019 !

La fraude sociale 852 millions, est une noisette à côté de la fraude patronale « travail au noir » qui est de la taille d’une pastèque : entre 8 et 16 milliards. Quant à la fraude fiscale, c’est une météorite, elle atteint de 80 à 100 milliards !

Toute la semaine,  ils ont tenté de cacher une météorite et une pastèque derrière une  noisette.

 

Gérard Filoche

 

Chronique Humanite dimanche Au boulot n° 457 Traite d’humains au travail en UE

 

En Union européenne, il y a 240 millions de travailleurs. 1,7 million d’européens traversent quotidiennement une frontière. 17 millions travaillent dans un autre état membre soit 2 fois plus qu’il y a 10 ans.

 

Parmi eux, il existe 2,3 millions de « travailleurs détachés » dont 516 000 en France (hors transport), durée moyenne du détachement, 44 jours, ils sont mal logés, mal traités, mal payés et surtout discriminés. La France est le 2° pays d’accueil parce que les patrons français se précipitent dessus : pour eux c’est une aubaine, vu qu’ils coutent moins cher que les salariés français (et les immigrés ordinaires) car leurs cotisations sociales, leurs salaires bruts, sont payés au tarif du pays d’origine pendant 24 mois. Huit nationalités concentrent 70 % du flux de cette main-d’œuvre : portugais, polonais, allemands, roumains, français, belges, espagnols et italiens. Et aussi 20 000 ressortissants issus de pays d’Afrique détachés par des entreprises européennes (sic). Le « détachement » procède de montages complexes faisant intervenir plusieurs pays quasi impossible à contrôler.

 

La fraude patronale fait rage : omission de déclaration des formalités obligatoires, prêts illicites de main d’œuvre, marchandage, non respect du droit et conditions de travail indignes (agriculture, BTP, restauration, abattoirs, décès de salariés, maladies dues au manque d’hygiène, malnutrition, privation de liberté, il s’agit de traite d’humains au travail). L’inspection du travail, en France, sur 11 500 interventions, a dressé 1000 sanctions administratives en 2017, pour 5,9 millions d’euros, dont seulement la moitié a été recouvrée (les ¾ dans le BTP).

 

Croyez vous qu’ils vont enfin changer cette énorme discrimination et mettre en œuvre des contrôles réels et généralisés de l’inspection du travail ? (pourtant celle-ci existe dans les 27 pays de l’UE). Non ! la tendance partout en UE, est à la réduction des dépenses publiques (Muriel Pénicaud, diminue de 15 % les effectifs de l’inspection en France).

 

Alors ils font semblant : ils viennent de créer en juin 2019 une « Autorité européenne du travail » (AET) qui agira à partir d’octobre 2019 depuis Bratislava. Objectif : mieux encadrer la mobilité des travailleurs au sein de l’Union. Mais sans moyens : à terme, l’Autorité comptera environ 140 agents, avec un petit budget de 50 millions, parmi lesquels 60 experts nationaux détachés par leur État membre, joueront le rôle d’officiers de liaison pour l’ensemble des administrations nationales concernées et surtout, elle n’aura pas de pouvoir de sanction !

 

« Une coquille vide sans réel pouvoir » analyse Eric Bocquet.

 

A coup sûr la discrimination odieuse des travailleurs détachés continue.

 

Gérard Filoche

 

chronique Humanité dimanche au boulot n° 456 loi Bichet dynamitée

 

Le 22 mai 2019, les sénateurs ont adopté en 1° lecture le projet de loi relatif à la modernisation de la distribution de la presse. Ce projet vise à abroger l’actuel système coopératif issu de la loi Bichet,  ce « joyau législatif de la Résistance.»

 

Si ce projet de loi est adopté par l’Assemblée Nationale, c’est la fin de l’égalité de  diffusion des titres et de la péréquation des coûts, la fin de l’impartialité de traitement des « titres de presse », de l’égalité d’accès à la presse sur tout le territoire, l’ubérisation des messageries et une atteinte au droit de grève des  salariés, des suppressions d’emploi en masse.

 

Aujourd’hui, c’est l’Autorité de régulation de la distribution de la presse (ARDP), composée de hauts magistrats issus des grands corps d’État et le Conseil supérieur des messageries (CSMP) qui assument la gouvernance des messageries de presse.Demain, la presse est une marchandise comme une autre, seule comptera l’ouverture au marché et la braderie au moins-disant,  fut-il un « Uber » français.

 

Aujourd’hui, pour garantir l’impartialitéde la distribution, les coopératives doivent obligatoirement admettre tout journal ou périodique qui souhaite être distribué en étant groupé avec d’autres titres (art 6). Demain, en abrogeant l’article 4de la loi Bichet,  la portée du principe d’impartialité sera annulée

 

Aujourd’hui, pour garantir l’égalitéde traitement, chaque titre bénéficie de la péréquation des coûts de distribution, qui permet aux journaux à faible tirage de bénéficier des mêmes tarifs que ceux accordés aux journaux à fort tirage.

C’est parce que les barèmes sont votés en assemblée générale des coopératives, où les petits éditeurs sont les plus nombreux, que, suivant le principe un homme=une voix, la péréquation des coûts s’opère. Demain, les barèmes ne seront plus votés en AG des coopératives.

 

Aujourd’hui, les diffuseurs de presse sont tenus de proposer à la vente tous les titres confiés par les messageries sur la base de critères non discriminatoire.

Demain, ce serait aux marchands de presse de sélectionner les titres et les quantités qu’ils souhaitent mettre en vente

 

Aujourd’hui,notre système de distribution de la presse unique au monde, permet à chaque quotidien ou périodique, quelle que soit l’importance de son tirage d’être présents dans les points de vente sur tout le territoire, à égalité de traitement, en étant groupé avec les autres titres et acheminé en temps et en heure vers les points de diffusion.

Demain,c’est la porte ouverte à la discrimination territoriale.

 

Ce projet de loi, s’il est confirmé, signe l’arrêt de mort du système coopératif de distribution de la presse.

 

Gérard Filoche  (Merci à Yann VOLANT)

 

 

Chronique Humanité dimanche Au boulot n°455 La mer et la mine

 

Installés sur une petite table bleue avec deux chaises bleues, les pieds dans l’eau de mer bleue, avec un ciel bleu, on commande de l’ouzo, une salade grecque et des poissons grillés avec du vin blanc. Y a t il plus grand bonheur ? 23° avec un léger vent,  que demander de plus ?

Nous sommes à Serifos. Précisément à Mega Livadi.  La petite baie est enchanteresse.

 

Sauf là bas, des poutrelles qui dépassent sur la mer… un pont d’embarquement, des wagonnets sur les rails rouillés, c’était l’une des mines de fer de l’ile.  Fer qui fut férocement exploité durant 90 ans, de 1866 à 1956.

 

On imagine mal ce qu’était ce mélange de paradis et d’enfer. Ce que cela devait être en hiver glacial, et dans les chaleurs brûlantes de l’été.

A l’origine ce fut une compagnie d’exploitation minière française de Lavri qui passa un accord avec de riches allemands, les Gromman. Leur famille y avait une gigantesque maison de maitres néoclassique, installée là, avec entrée majestueuse, pièces spacieuses, et des cours intérieures fraiches.

 

Emilios puis Georges Gromman volèrent leurs champs pour des bouchées de pain et forcèrent les habitants de l’ile à travailler au fond des galeries. Des ouvriers sont venus d’autres iles, Paros, Karpathos, Amorgos et du Péloponnèse. Jusqu’à 2000 mineurs trimardaient ici pour un  misérable salaire.  Des milliers, faute de sécurité, dans des conditions de travail inhumaines, moururent dans les galeries.

 

C’est le 7 aout 2016 que les mineurs ont refusé de charger le minerai sur un bateau à l’appel de Constantinos Speras, anarcho-syndicaliste,  revendiquant la journée de 8 h, une hausse de salaires et la prise de mesures de sécurité.  Gromman utilisa la police qui donna un ultimatum de 5 minutes aux grévistes avant d’ouvrir le feu et de tuer quatre d’entre eux. Les mineurs et une insurrection des femmes ont riposté et tué deux policiers,  lapidés par la population et ils ont eu gain de cause : une stèle est érigée en leur faveur, à côte de la maison de maitres abandonnée,  et une autre statue à la mémoire du héros, Constantin Spéras.  Les Gromman qui ont ensuite collaboré avec les nazis ont été expulsés, et sont partis faire la même chose en Afrique du sud. Les mines de Serifos ont été fermées en 1963.

 

Vous pouvez aujourd’hui, au coeur de ces lieux,  gouter les délices de la petite table bleue, des calmars grillés, et de la retsina. Le sympathique serveur est un immigré venu d’Albanie.

 

Gérard Filoche

 

 

 

 

 

 

 

Chronique Humanité-dimanche n° 454 défense de la loi Cressard

 

Votée à l’unanimité, la loi du 4 juillet 1974, dite «  loi Cressard  » (dernier alinéa de l’article L. 761-2 du code du travail) précisait que  » toute convention par laquelle une entreprise de presse s’assure, moyennant rémunération, le concours d’un journaliste professionnel, est présumée être un contrat de travail ».

 

Elle permettait de faire bénéficier les journalistes « pigistes » du statut des journalistes professionnels, syndicats, associations et collectifs de journalistes.  Toute commande de pige devait être payée, et une circulaire de 1991 précisait qu’elle devait l’être en équivalent temps et non pas « au feuillet ».

 

La présomption de salariat posée par la loi implique un contrat de travail, qu’il soit écrit ou non ; la loi reconnaît aussi la pluralité de collaboration. Enfin, la loi a inversé la charge de la preuve : le pigiste n’a plus à prouver le lien de subordination, mais ce sera à l’employeur de prouver l’inexistence de celui-ci.

Mais évidemment depuis 45 ans, les patrons de presse n’ont eu de cesse de rogner ces droits. Ils, commandent des piges qu’il ne publient pas et ne paient pas. Ils ont généralisé les « piges » au point que plus de 50 % des 38 000 journalistes sont devenus « pigistes » sur des postes pourtant permanents.  Et il est difficile de lutter, de se plaindre, d’aller aux prud’hommes, car vous vous faites rayer de la liste des « commandes ».

 

« Est-il normal que les journalistes payés à la pige – je préfère cette formule à celle de « pigiste » car elle ne fait pas entrer dans une catégorie ceux qui exercent cette profession sous cette forme, elle en fait des journalistes à part entière, alors que la dénomination « pigiste » en faisait des journalistes entièrement à part – est-il normal, dis-je, que les journalistes à la pige vivant d’un travail contrôlable et d’ailleurs contrôlé – le fisc est là – soient en général moins payés que les journalistes professionnels, qu’ils soient toujours, ou presque, en retard d’une ou deux revalorisations, d’ailleurs minorées ? » demandait Jack Ralite.

 

Maintenant  des patrons de la PQR, (presse régionale) demandent à leurs correspondants de se déclarer en « auto-entrepreneurs » et leur « achètent » la pige sous forme de transaction commerciale, ce qui permet d’éviter tout  contrat de travail. L’ubérisation, sous Macron frappe peu à peu partout, elle s’étend, elle est présentée comme l’avenir alors que bien entendu elle annule des décennies de droits sociaux.

 

Les 45 ans de la loi Cressard ont été l’occasion le 4 juillet 2019 pour les syndicats, associations et collectifs de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, CFDT Journalistes, SGJ-FO, Profession : Pigiste, Ras la Plume, UPP…) de se coordonner pour mieux lutter dans l’unité contre la précarisation du métier.

 

Gérard Filoche

 

 

 

Huma-Dimanche rubrique Au boulot n° 453 : Soutien total aux 9 de PSA

 

Depuis 15 ans, PSA a versé près de 6 milliards d’euros à ses actionnaires : 2,86 milliards d’euros sous forme de versement direct de dividendes aux propriétaires d’action PSA et 3,02 milliards d’euros de rachat d’actions pour permettre à la famille Peugeot de rester en position dominante dans le groupe. PSA a  licencié 8 000 salariés alors que les 6 milliards d’euros de dividendes représentaient 3 125 euros par mois pendant 20 ans pour chacun de ces 8 000 salariés.

PSA a fait face à la résistance syndicale mais il l’a ignoré ou bien réprimé, à la façon dont Macron procède contre les mouvements sociaux dans tout le pays.

A Mulhouse : 6 militants mis en examen pour simple distribution de tract,  un militant sanctionné de 10 jours de mise à pied. A Valenciennes : pressions physiques et courriers pour empêcher les distributions de tracts syndicaux aux postes de travail, 1 militant menacé de licenciement puis sanctionné pour accusation de fausse séquestration, 1 militant menacé de licenciement puis sanctionné pour fausse accusation de violence. Charleville : mise des militants à capacité restreinte sur des postes non adaptés. A Poissy : un jeune militant licencié pour non-respect du règlement, 14 militants sanctionnés pour un total de 61 jours de mise à pieds et une mutation disciplinaire, 5 demandes de licenciement (refusées en bloc par l’Inspection du Travail) sur la fausse accusation de séquestration mais 9 de ces militants en garde à vue pendant 9 h chacun poursuivis en correctionnelle.

Depuis février 2017, PSA traque de procès en appel, ces 9 militants et le secrétaire du syndicat CGT Farid Borsali.

En dépit d’une vigilance et d’une forte mobilisation répétée du « Comité de défense des libertés syndicales », le 28 juin 2019, la cour d’appel de Versailles est allée jusqu’à les condamner à 3 mois de prisons avec sursis, 5 ans de mise à l’épreuve et 11 700 euros d’amendes.

Ce qui est inique et inacceptable.

Pour Me Marie-Laure Dufresne-Castets, l’avocate des 9 salariés, le jugement est « sévère ». « C’est grave, trois mois avec sursis et cinq ans de mise à l’épreuve. Ils ont une épée de Damoclès au dessus de la tête » En mai dernier, elle avait dénoncé « l’absence d’éléments dans le dossier ».Et c’est vrai, la cour d’appel n’a pas retenu les faits de « séquestration », mais elle a invoqué des violences « psychologiques » en réunion. « S’il n’y a pas de séquestration, il n’y a pas de violence » répond Me Marie-Laure Dufresne-Castets.Pour Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de l’usine : « C’est le syndicat que l’on veut sanctionner ».

« C’est un jugement contre la classe ouvrière » affirme à juste titre Farid Borsali.

Gérard Filoche

 

 

accident du travail : morte à 19 ans

Ce mercredi 3 juillet vers midi, une jeune intérimaire domiciliée en Sarthe a été retrouvée morte sur le site de traitement de déchets verts La Rouvelière à Allonnes, en agglomération du Mans.

Une jeune Sarthoise âgée de 19 ans a trouvé la mort sur son lieu de travail, le mercredi 3 juillet. C’est son père qui a découvert son corps, sous un monticule de déchets verts, alors qu’il la cherchait à l’heure du midi.

Celui-ci travaille également sur ce site de traitement des déchets verts, zone de la Rouvelière à Allonnes, tout près du Mans. Extrêmement choqué, le papa a été transporté à l’hôpital. Le conducteur d’un des énormes engins qui circulent sur le site a été également été hospitalisé avant d’être entendu par les policiers. En vue de connaître les causes exactes de la mort.

Une enquête en cours

La victime est une étudiante qui effectuait ce travail d’appoint depuis avril. Elle y travaillait quelques heures par semaine.

Selon les premiers éléments de l’enquête, elle portait son casque ainsi que son gilet réfléchissant lorsqu’elle a été retrouvée. Elle était chargée de trier les déchets dits indésirables sur ce terrain appartenant à Le Mans Métropole et exploité par Veolia. Non ouvert au public, la Rouvelière centralise des déchets venant d’autres déchetteries.

Une enquête de l’inspection du travail est également en cours.

Sarthe. Une jeune femme de 19 ans décède dans une déchetterie