Humanité dimanche rubrique au boulot n°462 Courrieres, Seveso, Lubrizol

Nous avions des principes de précaution élémentaire fixés en 1906 après la catastrophe de Courrières : protéger les humains contre les entreprises. Hollande-El Khomri puis Pénicaud-Macron nous ont fait plonger un siècle en arrière et donné la priorité aux entreprises contre les humains.

Ainsi ont ils supprimé les CHSCT (Comite hygiène sécurité conditions de travail) ou les travailleurs eux-mêmes étaient les mieux placés, car c’est leurs vies qui étaient en jeu, pour poser les questions de sécurité, obtenir des protections, garantir leur environnement. Hollande-Macron ont aussi affaibli le caractère généraliste et indépendant de l’inspection du travail qui assistait aux CHSCT et y entendait les doléances des salariés en direct. Ils ont multiplié les intervenants, éclaté les contrôles de visu, en mettant les pouvoirs de décision dans les mains de ceux qui ne sont pas sur le terrain.

L’explosion de l’usine Lubrizol, les rappelle à l’ordre.

Lubrizol est un site « Seveso ». Seveso du nom d’un village italien victime en 1976 d’une explosion qui répandit une molécule de dioxine la plus toxique, celle de l’agent orange utilisé comme défoliant pendant la guerre du Vietnam. Il avait fallu quatre jours aux autorités pour se rendre compte de tous ses effets mortels.

Depuis, des « directives Seveso » (1982, 1996, 2015) imposent aux États membres de l’Union européenne d’identifier les 10 000 « sites Seveso »et d’y maintenir un haut niveau de prévention.

Elles concernent 1300 sites « Seveso » en France.

Pourquoi le gouvernement  Macron-Philippe a t il changé la réglementation en juin 2018, par un décret qui réduit le périmètre des projets soumis à évaluation environnementalesystématique pour les installations Seveso ? Pourquoi la loi Essoc d’août 2018 a t elle donné compétence au Préfet pour ces installations ?

Le préfet de Seine Maritime a donné une réponse positive à deux demandes successives d’augmentation des quantités de substances dangereuses le 15 janvier et le 19 juin 2019 à Lubrizol sans exiger de nouvelle procédure d’autorisation de la part de l’exploitant (Warren Buffet). Or « L’incendie est parti d’une zone de stockage, alors que les augmentations de capacités portaient également sur une telle zone » selon le journaliste Laurent Radisson.

En quoi un Préfet est-il compétent pour apprécier les risques de cette nature ? En quoi est il apte à connaitre le terrain en dehors des salariés, de l’inspection du travail qui pouvaient ensemble soulever les risques ? Il est temps de revenir à l’esprit d’après Courrières, d’après Seveso et de stopper les déréglementations libérales qui mettent en danger la vie des salariés et la santé des habitants : en commençant par rétablir et renforcer droits et moyens aux CHSCT.

 

Gérard Filoche

 

52′ de pedagogie sur nos retraites = décortiquer Macron

la retraite n’est pas une épargne, celui qui vous dit d’épargner vous ment, c’est pour vous piquer vos sous

 

 

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Interdit d’interdire : Gérard Filoche – convaincant sur les retraites./8EojQg60z8M via @YouTube youtu.be

On retrouve dans cette émission le meilleur de Gérard Filoche qui est bien informé sur le sujet et toujours très précis dans ses arguments.

 

Hégémonie ou unité de la gauche ?

 

Dans un passé récent les écologistes d’EELV se plaignaient de la façon « hégémonique » dont le Parti socialiste les traitaient en ne les écoutant pas suffisamment sur le fond politique et en ne leur donnant pas les postes qu’ils pensaient mériter.

Il est vrai que les dirigeants du PS se disaient « unitaires » mais mesuraient chichement leurs efforts en la matière. Dans leurs négociations avec les autres forces de gauche, la part congrue était souvent de mise, que ce soit avec EELV, au PCF, le MRC. Y compris à l’intérieur du PS, la proportionnelle qui était pourtant la règle entre courants n’était guère respectée. Le discours officiel était bien que la gauche était pluraliste et gagnait à représenter toutes ses sensibilités, mais la pratique suivait difficilement.

 

Idem quand la France insoumise, parce que la candidature de Jean Luc Melenchon était en pôle position et pouvait attirer le vote utile, y compris de millions de voix socialistes, passa le 23 avril 2017 en tête de la gauche. « Hégémonique »,  JL Melenchon ne voulait plus signer d’accord avec personne : le 21 janvier 2016, il refusa une « grande primaire » de toute la gauche qu’il aurait pourtant gagnée haut la main ! Puis après le 29 janvier 2017, il refusa, alors qu’il avait affaire à un candidat de la gauche socialiste, tout accord politique, lui seul devait l’emporter dans une course en tête. Pareil aux législatives : «  FI structure « hégémonique » ? (…) cette volonté hégémonique est de bonne guerre ! Oui, une force ouverte et conquérante affirme sa volonté de prise de pouvoir, de tous les pouvoirs ! La France insoumise (…) se met en situation de gouverner le pays, dans la cohérence et la constance. »

Dans un scrutin européen, dont on sait les limites depuis qu’il existe en 1979, Yannick Jadot obtient avec EELV 13,7 %, en tête de la gauche, alors que la FI est autour de 6 % comme le PS, et que le PCF et générations sont en dessous de 3 %. Et paf ! l’hégémonie est un mal qui ravage et change brutalement de camp, Yannick Jadot semble engager son parti dans un virage au centre toute : « bien entendu, les écologistes sont pour le commerce, la libre entreprise et l’innovation« . Auprès du Figaro, il loue « l’économie de marché, la libre entreprise, l’innovation » et se pose en « pragmatique« , défenseur d’une écologie « ni de gauche, ni de droite« , se proposant de prendre le pouvoir dans le pays et à Paris. « « Je veux rassembler les Français autour de l’écologie ».

Au point que ses amis Julien Bayrou et David Cormand sont obligés de multiplier les bémols : « Dire qu’EELV fait un tournant libéral est un malentendu« , recadre Julien Bayou, porte-parole du parti écolo ajoutant :  »[L'écologie] étend l’idée de solidarité développée par la gauche à l’ensemble du vivant et aux générations futures. » Ce qui n’empêche pas Jadot d’expliquer son souci d’hégémonie au centre et à droite : Je me sens de gauche, l’histoire de ma famille est de gauche, mais ça ne suffit pas. Accueillons avec enthousiasme celles et ceux qui veulent construire avec nous, d’où qu’ils viennent. Certains revendiquent leur appartenance à un camp, à la gauche ? Tant mieux. D’autres n’ont pas cet engagement, cette histoire, cette culture ? Tant mieux aussi s’ils se reconnaissent dorénavant dans notre volonté d’agir, dans notre socle de valeurs. » David Cormand rétorque : « Il n’y a pas de compromis possibles avec le capitalisme (…) En fait, ce que je pense c’est qu’il n’y a pas de survie de la civilisation humaine sur terre dans un modèle capitaliste. (…) D’un point de vue idéologique, Je suis assez convaincu que la pensée écologiste est complète et peut suffire pour apporter une alternance, une alternative victorieuse au statu quo libéral et au risque de l’extrême droite, mais elle ne peut pas le faire seule. Nous sommes un petit parti avec de très grandes idées. Pour pouvoir être à la hauteur de ces grandes idées, nous ne pouvons pas rester le petit outil politique que nous sommes aujourd’hui. »

Franchement ce ping-pong, ca suffit !

La question de l’unité de la gauche est trop sérieuse pour être traitée comme cela. Macron est en train d’amener Le Pen. S’il n’y a pas unité de la gauche, ce sera un désastre pire encore que ce que nous connaissons. La gauche aujourd’hui en réalité est une mosaïque, et aucune de ses composantes n’est en position d’être hégémonique. (1)

Même Olivier Faure le reconnait pour le PS : « Le PS doit avant tout travailler à l’union de la gauche, c’est de sa responsabilité et les réalités concrètes du parti aujourd’hui ne nous permettent plus de prétendre à une quelconque hégémonie ». (…)  Il faut réinventer la gauche et l’écologie. Il faut arriver à fusionner ces identités qui se sont longtemps opposées (…) Il n’y a plus à gauche de parti qui puisse prétendre à l’hégémonie. Nous avons maintenant à chaque échéance électorale un parti qui pense pouvoir remplacer tous les autres. Cela ne peut pas fonctionner comme cela. »

David Cormand, modère aussi : « Il faut se défier de la tentation de l’arrogance. Si nous, nous nous mettons à faire la leçon à tout le monde, personne ne nous accordera le moindre crédit. Le succès ne nous accorde aucun passe-droit mais des devoirs essentiels : un devoir de constance. La tyrannie des ego ne doit pas détruire notre travail commun ».

Comme nous, GDS, François Ruffin ne dit pas autre chose : « C’est la base qui doit réclamer notre unité» Lui, rappelle t il, doit son siège de député à une alliance FI, PC, Ensemble et… EELV.

 

(1)   Quand il y a « réunion unitaire nationale » à Paris, 15 partis de gauche : sont présents : Alternative libertaire (AL), Europe Ecologie les Verts (EELV), Ensemble, La France insoumise, Gauche démocratique et sociale (GDS), Gauche républicaine et sociale (GRS), Générations, Lutte ouvrière (LO), Mouvement des citoyens (MdC), Parti communiste Français (PCF), Parti de gauche (PG), Parti socialiste (PS), Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Parti ouvrier indépendant démocratique (POID), Parti ouvrier indépendant (POI), Parti ouvrier communiste de France (POCF), République & socialisme (R&S)…

 

 

 

 

 

Privatisation d’ADP signez !

Un enjeu majeur des prochains mois

Ce dossier revêt une importance particulière face au gouvernement Macron-Philippe, puisque le RIP constitue une disposition constitutionnelle qui n’avait jamais été utilisée jusque-là. Elle permet aux citoyens de donner leur avis sur des sujets essentiels, même si la barre est haute pour qui veut déboucher sur une production législative. Il convient en effet pour ce faire de rassembler 10 % du corps électoral – soit plus de 4 700 000 signatures.

 

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Voter contre la privatisation d’ADP en 10 étapes

1. Munissez-vous de votre carte nati nale d’identité (CNI).

2. Rendez-vous sur la page https://www.referendum.interieur.gou v.fr/soutien/etape-1.

3. Cliquez sur la case Je soutiens, puis sur suivant.

4. Remplissez les cases suivantes :
a. cocher France ;
b. choisir le département où vous votez habituellement ;

c. saisir la commune où vous votez

(attention : on vous la proposera avec son numéro d’INSEE, qui est différent du code postal) ;

d. saisir votre nom ;

e. saisir vos prénoms dans l’ordre de l’état civil (comme sur votre CNI) ;

f. cocher la case de votre sexe ;

g. saisir votre date de naissance ;

h. choisir votre pays de naissance ;

i. choisir votre département de naissance ;

j. saisir votre commune de naissance.

5. Cliquez sur suivant, puis :
a. saisir votre numéro de CNI (il est situé sur votre CNI au recto en haut) ; b. saisir la date de délivrance de la CNI (elle est située au verso ; saisir d’abord le mois et l’année, puis le jour) ;

c. saisir le département de délivrance de la CNI ;

d. saisir votre mail.

6. Cliquez sur Valider le soutien

7. Toutes les infos que vous avez saisies s’affichent ; vérifiez-les.

8. Allez en bas pour saisir les caractères prouvant que vous n’êtes pas un robot.

9. Cliquez sur Confirmer le soutien et n’oubliez pas d’imprimer ou d’enregistrer votre récépissé de vote !

Des parlementaires ont engagé ce processus, validé par le Conseil constitutionnel, et il revenait au ministère de l’Intérieur de mettre en place les outils adéquats. Or, force est de constater que les obstacles sont nombreux : pas de compteur des signataires, un site internet fort peu ergonomique, un questionnaire posant beaucoup de difficultés, même aux meilleures volontés, etc. Les chaînes d’information publiques ne diffusent en outre aucun spot sur le sujet…

Mobiliser sur le terrain

La tentative de privatisation d’ADP (Aéroports de Paris) intervient dans ce climat de crise politique profonde et dangereuse pour le pays. La pétition qui se développe pour un référendum devient alors le symbole de toutes les frustrations que subissent les Français depuis trop d’années. Une fois de plus, un pouvoir à la faible légitimité, n’ayant aucun mandat particulier pour cet objectif, cherche à brader un bien public. La réaction des citoyens doit être à la mesure de ce dévoiement du principe démocratique.

Aussi, en Corrèze, nous avons, à partir d’une coordination regroupant plus de 22 associations, partis, syndicats, mouvements – dont la GDS qui en est le porte-parole avec le NPA – engagé une campagne : lettre au préfet, lettre au CSA, lettre aux 286 maires du département… Nous organisons par ailleurs des campagnes de signatures (tablettes, ordinateurs) sur les marchés, lors de

forums associatifs, de fêtes politiques et maintenant chez l’habitant (huit sont déjà programmées dans des zones regroupant plusieurs communes). Partout où nous le pouvons, nous inci- tons les citoyens à venir signer la péti- tion par internet ou nous leur remettons l’imprimé CERFA à déposer en mairie. D’autres initiatives seront prises dès sep- tembre.

Préserver nos communs

Il est important de gagner ce pari, car l’enjeu politique est évident à quelques encablures des élections municipales.
Il est indispensable que chaque militant, chaque élu, signe, fasse signer, diffuse les informations disponibles, bref mène une campagne de terrain, sans attendre le dernier moment. La presse écrite et les chaînes de télévision ont été bien plus actifs lors du prétendu Grand débat qui a vu se lever une déferlante pro-gou- vernementale censée étouffer le mouve- ment des Gilets jaunes. Comme les grands médias font régner l’omerta sur le sujet, il nous revient de développer nos propres vecteurs de diffusion.

En promouvant la pétition ADP, nous affirmons en outre symboliquement une revendication d’intérêt national, à savoir la défense des services publics, dont ADP est une part essentielle. Nous participons à la reconstruction de la volonté collective dont notre pays bien malade a fondamentalement besoin.

 

Seulement un mois avec sursis pour un ministre de la justice renégat

Avec l’affaire JJ Urvoas-Thiérry Solére, les ex-socialistes hollando-macroniens atteignent des sommets

Ainsi, un « garde des sceaux » en poste dit de gauche, donne des informations à l’un de ses amis député de droite, sur l’avancement du dossier de fraude fiscale, blanchiment et trafic d’influence le concernant.

Comme le précise le Canard enchaine, c’est un exploit inédit ! « Au mépris du secret professionnel inhérent à sa fonction, le ministre de la justice, envoie à un justiciable, une note confidentielle, émanant de la direction des affaires criminelles et des grâces, détaillant les investigations en cours à son sujet ».

Il l’a fait, en se croyant impuni, par le système crypté « Télégram » mais le réceptionnaire a oublié de supprimer le message, et la police le retrouve le 26 juin dernier.

« Cahuzac n’a qu’à bien se tenir, il est « dépassé »

On est là au cœur de la liquidation de tout honneur et dignité, par les amis macroniens socialistes de François Hollande. Tous ces gens Ferrand, Urvoas, qui ont trusté avec Le Drian, les postes en Bretagne, et au pouvoir, ont trahi les idéaux et l’histoire du PS, de la gauche, se sont vendus à la droite macronienne, sont en plus des corrompus piétinant allégrement et spectaculairement tous les principes

Ce sont ces gens-là qui tentent de garder le contrôle de l’appareil du PS, de justifier le bilan du quinquennat Hollande, et de rester, corrompus, au pouvoir avec Macron

Copains et coquins, il n’y a pas de barrière pour eux, entre droite et gauche, ils se préviennent, ils s’épaulent, ils s’aident à frauder, à se protéger des enquêtes les visant : le ministre de la justice trahit la justice, comme Cahuzac ministre du budget, trahissait la lutte contre la fraude fiscale. Ils le font sans scrupules

Qu’ils soient sanctionnés, au ban de la gauche, au ban de la citoyenneté et de leur honte sans borne

Hé bien non ils le condamnent à un mois de prison avec sursis  ! Gilets jaunes vous avez cent mille fois raison !

 

ce blog, interrompu du 6 juillet 2019 au 30 septembre 2019 est reinstauré et réouvert

ce blog a été interrompu du 6 juillet 2019 au 30 septembre 2019

installé en février 2009, le nom www.filoche.net était tombé dans le domaine public en juillet 2019

faute de vigilance de notre part, nous l’ignorions

nous avons cherché à le restaurer pendant l’été 2019

mais il a été racheté par un escroc du Delaware, qui nous a demandé 3500 dollars pour nous rendre le nom initial

alors nous l’avons réinstallé sour un nouveau nom

www.gerard-filoche.fr

peu à peu nous allons le faire revivre avec tout ce qu’il contenait et en l’actualisant

bien à vous,  Gérard

merci au camarade en charge de ce travail et a toutes celles et ceux qui s’y retrouveront  c’est 10 ans de travail

Chronique Humanité dimanche Au boulot n°461 Lubrizol : Extension du préjudice d’anxiété

 

Employés, en qualité de mineurs de fond et de jour par les Houillères du bassin de Lorraine, les salariés avaient saisi la juridiction prud’homale aux fins d’obtenir la condamnation de leur employeur au paiement de dommages-intérêts en réparation de leur préjudice d’anxiété et du manquement à une obligation de sécurité.

 

La cour d’appel de Metz a rejeté le 7 juillet 2017 les demandes des salariés en considérant les témoignages insuffisants

En audience publique la Cour de cassation, le 11 septembre 2019 casse et annule, en toutes leurs dispositions, les arrêts de la cour d’appel de Metz. Elle cite, ce qui est rarissime, les attestations des mineurs de Lorraine sur leurs conditions de travail. Ils sont en effet très convaincants :

 

« La plupart des mineurs ne portait pas de masques à poussières, certains d’entre nous achetaient des masques en mousse en pharmacie »

« Dans les années 90 on portait des masques jetables ils se colmataient vite avec la respiration et on n’en avait pas assez à disposition et ils n’étaient pas adaptés à un travail physique intense »

« Les différentes sortes de masques présentaient chacun leurs lacunes… distribution limitée au jour »

« En sachant que les buses d’arrosage étaient souvent bouchées car la qualité de l’eau était médiocre ».

« Avec ce qu’il y avait des buses à eau sur les tambours le débit était insuffisant pour éliminer toute la poussière du havage. Même avec des buses bouchées le havage continuait car le plus important était avant tout la production »

« Nous sommes donc descendus par la tête de taille pour accéder à la haveuse en plein abattage, la poussière était tellement dense qu’on n’y voyait pas à 2 mètres. Nous avons progressé jusqu’au pied de la taille pour les essais de serrage au couple en situation réelle, mon masque à poussière était bon à jeter, quand je me suis mouché, le mouchoir était noir »

 

Alors, conclut l’arrêt en Cassation : « en application des règles de droit commun régissant l’obligation de sécurité de l’employeur, le salarié qui justifie d’une exposition à une substance nocive ou toxique générant un risque élevé de développer une pathologie grave et d’un préjudice d’anxiété personnellement subi résultant d’une telle exposition, peut agir contre son employeur pour manquement de ce dernier à son obligation de sécurité »

 

Ce n’est pas le moment de remettre en cause le régime de retraite des mineurs !

Une créance de dommages et intérêts en réparation du préjudice découlant de la violation de l’obligation de sécurité de résultat est ouverte.

Au-delà de cette grande victoire, l’arrêt offre une surprise de taille. Il étend le préjudice d’anxiété à tous les produits dangereux et toxiques.

De quoi susciter une légitime inquiétude pour les nombreux employeurs concernés. Imaginez chez Lubrisol à Rouen.

 

Gérard Filoche

 

 

 

Chronique Humanité dimanche Au boulot n° 460 La puissance du salariat

 

Il ne se passe pas un jour sans propagande : « Est-ce la fin du salariat ? » demande Libération? « La fin du salariat mythe ou réalité ? » s’interroge La Tribune. La loi « LOM » sur les mobilités instaure « La présomption de non salariat ». Et bien sur l’immanquable question : « comment l’ubérisation change le travail ? » entretient dans les Echos« La peur de la fin du salariat » ! Novethic conclut : « Le recul du salariat impose de réinventer la protection sociale ».

Pardi !

C’est une  vraie campagne de bourrage de crânes !  Elle ne repose sur rien  car le salariat ne cesse de grandir sur la planète (54% des actifs) et chez nous, il a gagné depuis longtemps !

En mars 1906 quant survient la catastrophe de Courrieres, le ministère du travail est crée et le premier code du travail est rédigé en 1910 alors qu’il n’y avait que 3 millions de salariés.

En mai-juin 1936 quand la grève générale éclate et impose les 40 h et les congés payés alors les salariés étaient encore minoritaires.

En 1945, les « indépendants », agriculteurs, commerçants, artisans, étaient tout justes moins nombreux quand le salariat a obtenu la Sécurité sociale, les retraites, les CE, les IRP, la médecine du travail, l’inspection, les prud’hommes.

En mai 68 le salariat était à près de 70 %, quand éclate la plus grande grève de l’histoire de l’humanité, qui gagne 33 % de hausse du Smig et 55 % de hausse du Smag, la 4° semaine de congés et des droits syndicaux nouveaux,

On est même montés à 92 % d’actifs salariés, redescendus à 88 %, et en dépit du chômage,  on est autour de 90 % de salariés parmi les actifs.

Soit 30 millions de salariés, 18 millions de contrats de travail dans le privé et 5,5 millions dans le secteur public et 6,6 millions de chômeurs temporairement privés d’emploi !

Les indépendants ne sont plus que 10 %, dont seulement quelques dizaines de milliers d’ubérisés et auto-entrepreneurs qui ont un contrat commercial déclassé sans droit ni loi au lieu d’un contrat de travail avec subordination et protection.

Jamais le salariat n’a été aussi fort de toute notre histoire !

Et c’est le moment qu’ils choisissent pour décupler leur propagande qui tente de faire croire qu’on est en voie de disparition.

Le but c’est de nous enlever, quand on est 30 millions, ce qu’on a gagné quand on étaient 3 millions !

Et le pire c’est que ça marche si on est divisés !

« La domination de la bourgeoisie n’est fondée que sur la concurrence des ouvriers entre eux, c’est-à-dire sur la division à l’infini du prolétariat, sur la possibilité d’opposer entre elles les diverses catégories d’ouvriers » (Engels)

 

Gérard Filoche

 

Chronique Humanité dimanche Au boulot n° 459 Météorite, pastèque et noisette

 

Deux parlementaires LREM, Nathalie Goulet et Carole Grandjean ont pondu un rapport « gigantissime » sur la « fraude sociale » :  il y aurait, dans le RNIPP, (Répertoire national d’identification des personnes physiques), 110 millions d’enregistrés dans le système de la Sécurité sociale, dont 84,2 millions de gens « vivants » pour 67 millions au dernier recensement. Et 14,7 millions de centenaires référencés dans les fichiers dont 3,1 millions seraient en vie (Ils ne sont que 15 000 en fait). Alors ? Combien de dizaines de milliards de fraude ? Un magistrat Charles Prats s’emballe : cette fraude due aux numéros de Sécu frauduleux atteint 14 milliards d’euros.

Ca suffit pour que toutes les télés se déchainent toute la semaine, Pujadas présente « le rapport vérité », Pascal Praud,  Anne Sophie Lapix, Thomas Legrand, André Bercoff, Gérard Carreyrou, Gérard Leclerc se jettent avec Valeurs Actuellessur l’aubaine. Occasion de s’en prendre aux petites gens, ces vilains gilets jaunes, qui trichent avec les prestations sociales, celles qu’on leur accorde trop généreusement, alors que ca coûte un « pognon de dingue » ! D’après eux, ce sont des ouest africaines polygames, des antillais, des ukrainiens, des étudiants Erasmus, des étrangers musulmans, des chômeurs malveillants, des Corses ou « des gens du Nord ».

Raté : l’INSEE et les organismes de sécurité sociale ont mis les choses au point : cette comptabilité des cartes Vitale et des numéros d’immatriculation ne représente aucun risque de fraude : « Le RNIPP n’est porteur d’aucun droit,précise l’Insee,il ne suffit pas d’être enregistré dedans pour bénéficier de droits sociaux. ».

Selon le CNLF (Comité national de lutte contre la fraude),la fraude sociale détectée atteindrait 852,6 millions d’euros sur l’année 2014, dont 427,63 millions d’euros pour la fraude aux cotisations sociales (employeurs)et 424,96 millions d’euros pour la fraude aux prestations sociales (employés). La CNAV parle de 2 à 300 millions. La CNAF cite 41 500 dossiers et 291 millions d’euros. La CNAM décompte 270 millions d’euros, surtout en provenance, des prescripteurs. Le Pôle emploi dénote 185 millions d’euros dont 115 millions indument versés et seulement 70 millions illégalement captés. Toutes ces fraudes sont combattues avec plus d’acharnement et moyens que la fraude fiscale. (Bercy vient de supprimer 6000 postes).

Ces fraudes dites « sociales » se comptent en millionsd’euros sur un budget social de 498 milliardsen 2019 !

La fraude sociale 852 millions, est une noisette à côté de la fraude patronale « travail au noir » qui est de la taille d’une pastèque : entre 8 et 16 milliards. Quant à la fraude fiscale, c’est une météorite, elle atteint de 80 à 100 milliards !

Toute la semaine,  ils ont tenté de cacher une météorite et une pastèque derrière une  noisette.

 

Gérard Filoche

 

Chronique Humanite dimanche Au boulot n° 457 Traite d’humains au travail en UE

 

En Union européenne, il y a 240 millions de travailleurs. 1,7 million d’européens traversent quotidiennement une frontière. 17 millions travaillent dans un autre état membre soit 2 fois plus qu’il y a 10 ans.

 

Parmi eux, il existe 2,3 millions de « travailleurs détachés » dont 516 000 en France (hors transport), durée moyenne du détachement, 44 jours, ils sont mal logés, mal traités, mal payés et surtout discriminés. La France est le 2° pays d’accueil parce que les patrons français se précipitent dessus : pour eux c’est une aubaine, vu qu’ils coutent moins cher que les salariés français (et les immigrés ordinaires) car leurs cotisations sociales, leurs salaires bruts, sont payés au tarif du pays d’origine pendant 24 mois. Huit nationalités concentrent 70 % du flux de cette main-d’œuvre : portugais, polonais, allemands, roumains, français, belges, espagnols et italiens. Et aussi 20 000 ressortissants issus de pays d’Afrique détachés par des entreprises européennes (sic). Le « détachement » procède de montages complexes faisant intervenir plusieurs pays quasi impossible à contrôler.

 

La fraude patronale fait rage : omission de déclaration des formalités obligatoires, prêts illicites de main d’œuvre, marchandage, non respect du droit et conditions de travail indignes (agriculture, BTP, restauration, abattoirs, décès de salariés, maladies dues au manque d’hygiène, malnutrition, privation de liberté, il s’agit de traite d’humains au travail). L’inspection du travail, en France, sur 11 500 interventions, a dressé 1000 sanctions administratives en 2017, pour 5,9 millions d’euros, dont seulement la moitié a été recouvrée (les ¾ dans le BTP).

 

Croyez vous qu’ils vont enfin changer cette énorme discrimination et mettre en œuvre des contrôles réels et généralisés de l’inspection du travail ? (pourtant celle-ci existe dans les 27 pays de l’UE). Non ! la tendance partout en UE, est à la réduction des dépenses publiques (Muriel Pénicaud, diminue de 15 % les effectifs de l’inspection en France).

 

Alors ils font semblant : ils viennent de créer en juin 2019 une « Autorité européenne du travail » (AET) qui agira à partir d’octobre 2019 depuis Bratislava. Objectif : mieux encadrer la mobilité des travailleurs au sein de l’Union. Mais sans moyens : à terme, l’Autorité comptera environ 140 agents, avec un petit budget de 50 millions, parmi lesquels 60 experts nationaux détachés par leur État membre, joueront le rôle d’officiers de liaison pour l’ensemble des administrations nationales concernées et surtout, elle n’aura pas de pouvoir de sanction !

 

« Une coquille vide sans réel pouvoir » analyse Eric Bocquet.

 

A coup sûr la discrimination odieuse des travailleurs détachés continue.

 

Gérard Filoche