Un bureau de vote permanent à la mairie de Billere (64) pour le referendum ADP

La ville de Billère ouvre un bureau de vote permanent

contre la privatisation des Aéroports de Paris.

Le maire de Billère appelle tous ses collègues à

ouvrir des bureaux de votes dans chaque commune

 

 

Ce référendum d’initiative partagé RIP obtenu par la mobilisation de 248 parlementaires, proposition de loi n°1867, doit se dérouler durant neuf mois et doit obtenir près de 4,7 millions de voix des citoyens inscrits sur les listes électorales pour être soumis à avis de toutes et tous.

 

Pour la première fois un référendum demandé par les citoyens et plus de 180 parlementaires est possible. Mettre en échec le projet gouvernemental de privatisation d’Aéroports de Paris aurait une valeur d’exemple. La dynamique créée serait vertueuse pour bloquer d’autres privatisations, renationaliser les autoroutes, développer une société des services publics. « Quand tout est privé, on est privé de tout ! ». La bataille qui s’engage est donc une bataille pour un autre projet de société : un projet au service de l’intérêt général, de la satisfaction des besoins de toutes et de tous.

 

Il est possible de voter dans les communes les plus importantes des circonscriptions cantonales. C’est le cas de la ville de Billère dès cette semaine.

Son maire Jean-Yves Lalanne informe de cette mise en place mais appelle aussi tous les élu.e.s de toutes communes à faire de même pour mettre à disposition plus de 35 000 bureaux de votes.

 

Ce vote numérique, organisé par le ministère de l’intérieur, est simple.

Il faut se rendre sur : https://www.referendum.interieur.gouv.fr

En espérant que le site du gouvernement soit opérationnel.

il est possible d’être assisté par un agent de la collectivité pour vous aider dans cette démarche.

 

 

 

Fête de la musique à Nantes : la police provoque une tragédie

Écrit le 25 juin 2019 par Éric Thouzeau

déclaration de nos deux camarades élus municipaux à la ville de Nantes.

La Fête de la musique 2019 à Nantes a pris une tournure tragique

La Fête de la musique 2019 à Nantes a pris une tournure tragique, après que les forces de l’ordre ont tenté de disperser un rassemblement musical, aux alentours de 4 heures du matin. Usage de gaz lacrymogène, de lanceurs LBD, de tasers, de matraques, de chiens. Quatorze personnes repêchées dans la Loire. Une personne toujours disparue. Si la description des faits reste confuse, la violence de l’intervention des forces de l’ordre est manifeste.

Rien ne peut justifier un tel déploiement de violences à l’égard de jeunes gens venus à cette manifestation festive. Le non-respect de consignes liées aux horaires, le bruit excessif, la consommation d’alcool ou de drogues ne peuvent être des motifs à faire usage d’armes défensives. Pire, auprès d’une foule électrisée et fatiguée, près des quais de Loire, il est irresponsable d’opérer de la sorte.

Nous pensons d’abord à la famille du jeune, toujours recherché, dont on espère qu’il sera retrouvé. Nous nous joignons à l’association Free form qui estime claire la « disproportion entre la nuisance et les conséquences de l’intervention de la police ». Free form est une association sérieuse, reconnue sur l’ensemble du territoire national, comme référence d’organisation d’événements électro. L’IGPN a été saisie. Il est nécessaire que la chaîne de responsabilités soit établie et que des mesures soient prises.

Nous ne supportons ni le climat d’interdictions, de répressions et de violences lors des manifestations sportives, sociales, festives, ni le silence assourdissant qui les entoure. Nantes est depuis trop longtemps le théâtre d’affrontements qui ne permet pas le maintien de l’ordre et qui, au contraire, éloigne les forces de polices de leur rôle, la protection des habitant·e·s.

Franck Noury, conseiller municipal de Nantes

Catherine Touchefeu, adjointe au maire de Nantes

 

 

 

 

 

Dames pipi concurrentielles

Au boulot n° 451 Humanité dimanche chaque semaine

 

La SNCF  rénove donc toutes ses gares,  parce qu’elle va les vendre à la découpe ensuite.  Ainsi on ne peut déjà plus échanger gare du Nord un billet acheté gare de Lyon.

A Paris, la Gare du Nord est un chantier pharaonique sous prétexte de Jeux olympiques,  mais aussi pour en faire le plus grand centre commercial de France, avec un million de personnes par jour. La toute récente verrière va être remplacée par une verrière encore plus géante. Et les requins de l’immobilier commercial sont à l’œuvre. Tout ça, privé.

Ce genre de transformations phénoménales s’accompagne toujours de dégâts humains, des plus grands aux plus petits : pour que les magasins haut de gamme et les fast-food arrivent en masse, il faut se débarrasser des petits personnels avant qu’il ne deviennent une grande gêne.

Alors voilà que les « dames-pipis » sont visées.

 

En 2015 la société Spacio-confort qui gérait les lieux d’aisance des gares a cédé à l’entreprise 2theloo cette sous-traitance… de la Sncf. Ce transfert d’activité ne s’était pas passé sans difficulté puisqu’il avait fallu 9 jours de grève aux salarié(e)s concerné(e)s en 2016 pour obtenir ce que le droit leur garantissait pourtant.

Soucieuse de se débarrasser de ces salariées trop remuantes, 2theloo avait artificiellement scindé les activités en deux : d’un côté le « commercial » et de l’autre le « nettoyage » dont elle a négocié avec Derichebourg la reprise et à qui elle a transféré les salariés assurant le service.

Trois ans plus tard, retour à la case départ : la société 2theloo se trouve devoir reprendre l’intégralité des 2 activités artificiellement séparées. Le patronat anglo-saxon qui cherche à faire ses choux gras se montre peu intéressé par nos besoins ! A Londres, Saint-Pancras il existe 20 lieux de pipi gratuits hommes et femmes, à Paris, gare de Lyon il n’y en a  plus que 5 et 5 : et le prix augmente, 70 centimes euros par pipi. C’est concurrentiel maintenant.

2theloo n’entend pas reprendre les salarié(e)s dont elle s’est débarrassé et refuse de respecter les dispositions légales françaises, c’est-à-dire l’article l 1224-1 du code du travail et l’article 7 de la convention collective nationale des entreprises de nettoyage.2theloo semble accorder à la loi française autant d’importance qu’à une feuille de papier toilette. Non seulement les usagers sont maltraités mais les salariées encore plus. Quand tout est privé on est privé de tout, même de pipi et du travail salarié des dames-pipi.

C’est dans ces conditions que les salariées des gares parisiennes se sont misent en grève le 24 mai, soutenues par la CGT.

La SNCF, quand à elle, fait semblant de ne pas être concernée par ce conflit entre « sous-traitants ». Elle ne peut cependant pas éternellement se déclarer étrangère à cette grève : tant que c’est encore elle qui donne les ordres pour le fonctionnement de ses gares.

 

 

 

 

 

La guerre mondiale à laquelle provisoirement nous avons échappé à 10′ près jeudi 20 juin…menace toujours

ainsi donc, insouciants, nous avons échappé hier, sans être prevenus, au début d’une nouvelle guerre mondiale, le capitalisme et Trump, c’est la guerre, la barbarie, la mort de la planète, 2000 milliards d »armement/an, et hier Trump a joué à Dr Folamour contre l’Iran.

 

Privatiser ADP, pour nous, c’est Non ! signez

 

 

 

Pour la première fois un référendum demandé par les citoyens et plus de 180 parlementaires est possible. Battre Macron et son gouvernement contre la privatisation d’Aéroports de Paris aurait une valeur d’exemple. La dynamique créée serait vertueuse pour bloquer d’autres privatisations, renationaliser les autoroutes, développer une société des services publics. « Quand tout est privé, on est privé de tout ! ». La bataille qui s’engage est donc une bataille pour un autre projet de société : un projet au service de l’intérêt général, de la satisfaction des besoins de toutes et de tous.

 

Alors, vite ! Tous sur le pont pour gagner l’engagement de 4,7 millions de nos concitoyens. C’est la condition indispensable, nécessaire pour gagner le référendum.

 

Référendum d’initiative partagée – Mode d’emploi

Se rendre sur le lien suivant : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1 et se munir d’une carte nationale d’identité ou passeport.

 

     

  1. répondre : je soutiens puis cliquez sur SUIVANT
  2.  

  3. Remplissez les cases
  4. - France

    - choisir le département où vous votez habituellement

    - saisir la commune où vous votez (attention on vous la proposera avec son numéro d’INSEE qui est différent du code postal- acceptez). Attention ! Ne pas faire espace entre par ex SAINT JUNIEN mais mettre un tiret  SAINT-JUNIEN

     

 

- saisir votre nom

- saisir vos prénoms dans l’ordre de l’état civil (comme sur votre CNI ou votre carte d’électeur ou d’électrice) sans virgule entre les prénoms

- cochez la case de votre sexe

- saisir votre date de naissance

- choisir votre pays de naissance

- choisir votre département de naissance

- saisir votre commune de naissance

cliquez sur SUIVANT

 

 

     

  1. -saisir votre numéro de Carte Natonale d’Identité (il est situé sur votre CNI au recto en haut) 

    -saisir la date de délivrance de la CNI (elle est située au verso ; saisir d’abord le mois et l’année puis le jour)

  2. -saisir le département de délivrance de la CNI

    -saisir votre mail

     

  3. cliquez sur VALIDER LE SOUTIEN
  4.  

  5. Toutes les infos que vous avez saisies s’affichent ; vérifiez-les
  6.  

  7. Allez en bas pour saisir les caractères montrant que vous n’êtes pas un robot
  8.  

  9. cliquez sur CONFIRMER LE SOUTIEN
  10.  

  11. N’oubliez pas d’imprimer ou d’enregistrer votre récépissé de vote ! 
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Vous pouvez consulter la liste des soutiens après 5 jours.

 

Il faut compter 5 bonnes minutes pour répondre à tout… mais c’est important  de faire ce geste  la victoire est au bout …

 

Faites passer dans vos réseaux, les premiers jours sont importants … et les suivants tout autant. Il faut plus de 530 000 signataires chaque mois pendant 9 mois !

Un bureau de vote internet est ouvert par canton dans la commune la plus importante, des mairies peuvent ouvrir un espace de vote.  Faire des démarches auprès des mairies…

 

On ne peut pas retirer sa signature.

 

Il faut être inscrit sur les listes électorales sinon cela ne marche pas.

 

Faire signer  les amis, partager,  des affiches et des tracts ont été conçus notamment par François Ruffin et Fakir.

 

 

 

 

     

     

     

     

     

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

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Macron contre-révolution suite : casse de l’assurance chômage puis coup de grâce à notre système de retraite ?

 

Ce n’est plus comme sous Balladur, Raffarin, Sarkozy, Fillon, Hollande, cette fois ce sont les principes mêmes qui ont fondé nos retraites depuis 1945 qui vont être liquidés par Macron.

Hollande a supprimé les allocations familiales du bulletin de paie, Macron supprime l’assurance chômage, puis demain les retraites et ensuite la maladie et le reste des cotisations sociales un hold up de 498 milliards pour le patronat

En finissant avec le système par répartition basé sur le travail et les annuités cotisées, en finissant avec le système de cotisations payées par les patrons sur nos bulletins de paie, en le remplaçant par un système par points, Macron va pouvoir ensuite baisser les retraites comme il le voudra car c’est lui qui fixera le taux des points acquis par chacun de nous.

De la même façon que de 2017 à 2020 il nous a pris des milliards en jouant sur la hausse de la CSG et la désindexation sur les prix, il pourra faire varier le niveau des retraites, et le but visé est de diminuer de 10 à 50 % le niveau de vie des retraités dans les dix ans.

Il annonce aussi qu’il faudra atteindre 64 ans, « âge pivot » pour bénéficier d’un taux sans décote alors même que l’espérance de vie en bonne santé est en train de reculer de 64 a 63 ans et que le chômage frappe 6 562 100 personnes. Les femmes et les précaires seront touchés davantage.

 

Ca fait partie de la « contre-révolution Macron » annoncée dés le premier jour et confirmée dans tous les domaines depuis (code du travail cassé, transports SNCF privatisés, hôpitaux asphyxiés, école étouffée, services publics défaits, assurance chômage fermée, salaires bloqués, impôt sur la fortune supprimé).

 

La question qui se pose : allons nous résister tous ensemble et l’empêcher  d’aller jusqu’au bout ?  Ou bien, cette fois notre mobilisation sociale sera t elle assez forte pour le bloquer ?

 

 

 

La guerre sociale menée par Macron

Assurance-chômage, retraite :

Macron poursuit sans relâche son offensive contre les droits des salariés, une véritable guerre sociale. Macron profite des divisions à gauche  pour imposer le néo-libéralisme aux travailleurs de notre pays qui pourtant très majoritairement le refusent.

Les mesures présentées mardi par le gouvernement Philippe pour soi-disant « améliorer le marché de l’emploi » consistent surtout à durcir les conditions d’accès à l’indemnisation. Objectifs avoués : diminuer le nombre de chômeurs dans une fourchette de 150 000 à 250 000 (de façon administrative pas par des créations d’emploi) et baisser de 3,4 milliards d’euros les indemnités versées par l’assurance-chômage.).

attaque contre tous les chômeurs

Les grands perdants seront les travailleurs précaires, catégorie en constante augmentation. Il faudra travailler plus longtemps sur une période plus courte pour devenir éligible (six mois sur vingt-quatre, contre quatre sur vingt-huit précédemment). De même on ne pourra «recharger» ses droits qu’au terme d’une période six fois plus longue que dans l’ancien système. Les cadres, enfin, seront soumis à une allocation dégressive (elle était fixe auparavant). On commence par les cadres, mais n’en doutons pas la dégressivité sera ensuite étendue aux autres salariés. Pour la CGT, le gouvernement « annonce donc des mesures très dures car des travailleurs déjà très précaires vont perdre toute indemnité, d’autres vont voir baisser leurs droits » Même la CFDT trouve que c’est une réforme « profondément injuste qui va toucher 100% des chômeurs ». FO parle de « punition » pour les chômeurs. Alors, une riposte unitaire est possible ?

système de retraites par point pour les baisser

Ce n’est plus comme sous Balladur, Raffarin, Sarkozy, Fillon, Hollande, cette fois ce sont les principes mêmes qui ont fondé nos retraites depuis 1945 qui vont être liquidés par Macron. .En finissant avec le système par répartition basé sur le travail et les annuités cotisées, en finissant avec le système de cotisations payées par les patrons sur nos bulletins de paie, en le remplaçant par un système par points, Macron va pouvoir ensuite baisser les retraites comme il le voudra car c’est lui qui fixera le taux des points acquis par chacun de nous. De la même façon que de 2017 à 2020 il nous a pris des milliards en jouant sur la hausse de la CSG et la désindexation sur les prix, il pourra faire varier le niveau des retraites, Il annonce aussi qu’il faudra atteindre 64 ans, « âge pivot » pour bénéficier d’un taux sans décote alors même que l’espérance de vie en bonne santé a baissé, entre 2014 et 2016, de 63,4 ans à 62,6 ans et que le chômage frappe 6 562 100 personnes. Les femmes et les précaires seront touchés davantage.

Un besoin urgent de rassembler et reconstruire la gauche

La « contre-révolution Macron » annoncée dès le premier jour se confirme dans tous les domaines : code du travail mis à mal, SNCF cassé pour faire place à la concurrence, hôpitaux asphyxiés, école étouffée, services publics défaits, salaires bloqués, impôt sur la fortune supprimé…Depuis des décennies la classe dominante, le patronat (1), mène une guerre larvée contre le système social issu de l’après-guerre. Pour « Emmanuel Macron, la guerre sociale, déclarée voici quarante ans, doit désormais aboutir à la victoire de l’État néolibéral. C’est oublier que la France rejette profondément cette évolution » (2). Pour se reconstruire, la gauche doit s’appuyer sur cette majorité sociale qui existe dans le pays et qui rejette le macronisme.

Des millions de citoyen.ne.s cherchent une issue politique pour mettre en échec le macronisme. Ils sont prêts à se mobiliser pour peu que les différentes formations de la gauche donnent un signe de rassemblement et dépassent leurs intérêts d’appareils. C’est tout le sens des propositions des militant.e.s du réseau de la Gauche démocratique et sociale (GDS) à mettre sur pied un comité de liaison, une coordination permanente des forces de gauche sans exclusive, ni hégémonie. C’est la seule voie possible pour que les partis se dépassent, et que militants associatifs et syndicaux prennent toute leur place dans une unité populaire à construire.

(1) Pour désigner la classe dominante, « bourgeoisie » ou « patronat » sont des mots qui nous semblent plus précis en termes de contenu de classe que celui « d’oiigarchie ».

(2) La guerre sociale en France Romaric Godin Editions La Découverte

 

 

la meilleure revue mensuelle n° 265 au coeur de la gauche D&S 27° année 24 p 3 euros sur abonnement,

 

Sommaire

D&S n° 265 Le 28 mai 2019

Edito

P. 3Vite, un sursaut à gauche !

Actualité

P.4-5 Retoursurle1er mai
P.6 Notre-Dameetleluxedesplusriches

Dossier

P.7 Lefondserait-il(enfin)atteint?
P. 8-9 Des programmes pas si différents que cela P. 10 Mettre en avant les convergences
p.11 Tribune : Sursaut nécessaire à gauche

Télé-Bourbon

P. 12 “Les patrons à Versailles, les Luxfer à Pôle emploi”

égalité

P. 13 Féminicides : Les nommer pour mieux les combattres

écologie

P.14 Le18mai,onamarchécontrelespesticides P.15 Lecapitalismesurlebancdesaccusés

Notre histoire

P.16-17 Révolutionmondiale1919(IV)
Vie et mort de la République bavaroise des conseils

International

P. 18-19 Victoire du PSOE en Espagne
P.19 Catalogne:Boulversementduchamppolitique
P. 20-21 Les perspectives pour le socialisme aux États-Unis P. 22 Grève des femmes en Suisse
P. 23 Post-it Palestine – Douze ans de blocus pour Gaza

Livres

P. 24 Le grand manipulateur, par Marc Endeweld

 

 

D&S, c’est la revue de la GDS (Gauche Démocratique et Sociale)

le réseau qui se bat pour l’unité de la gauche pour vaincre Macron.

Pour un grand parti, une maison commune de toute la gauche démocratique, pluraliste, avec droit de tendance sur un véritable programme
de transformation sociale.

 

 

Un défenseur syndical écrit à Madame la ministre de la justice

 

Etant défenseur syndical, je me suis présenté aux greffes du Conseil de Prud’hommes de Bobigny le 21 mai dernier à 14 h déposer deux requêtes saisines. J’ai pu constater qu’une affiche indiquait que le bureau d’accueil des greffes était fermé les 21 et 22 mai après midi. Renseignements pris, la cause en est un manque de personnel. Le 23 mai je me représente donc pour le même motif. La première date possible pour une audience de conciliation a été le 06 mai 2020 !

Quelles sont les conséquences d’un tel fonctionnement anormal de la justice ?

Outre le scandale intrinsèque de ce délai, l’employeur va avoir tout le temps de déposer son bilan. Dans ce cas, nous aurons un nouveau renvoi pour que les Assurances Garanties Salaires soient appelées à la procédure et après une seconde année d’attente, un second renvoi en audience de jugement dans un délai imprévisible, pour, au final, obtenir que seuls les arriérés de salaire soient réglés par les AGS c’est à dire la collectivité. Les indemnités et autres dommages et intérêts ne seront jamais payés aux salariés.

Surtout ne me répondez pas que la fusion des greffes que vous mettez en œuvre arrangera les choses : l’addition de chiffres négatifs reste une somme négative.

Il en est de même des délais de Cour d’appel : une affaire que je devais plaider en mai 2018 a été renvoyée par la Cour à juin 2019 au motif que : «  le rôle des audiences particulièrement chargé a contraint à des renvois afin de permettre aux magistrats de rédiger leurs décisions en temps et en heure » !

C’est une nouvelle preuve de la planification de la misère de la justice sociale, qui touche des millions de Français dans leur quotidien.

Je me souviens de vos fables selon lesquelles le barème des indemnités de licenciement sans cause réelle et sérieuse raccourcirait les délais de jugement. Il n’en est rien.

C’est à mettre en rapport avec la débauche de moyens mis en œuvre pour juger vite et sévèrement les gilets jaunes….
J’ai ouï dire que vous aviez pu vous permettre de passer un peu de temps le 02 décembre 2018 pour visiter vos services au moment même où ils jugeaient les gilets jaunes. Vous avez su à cette occasion multiplier par trois l’effectif du Parquet et allouer deux Chambres supplémentaires à ce dispositif purement politique.
C’est comme lorsque vous demandez aux procureurs d’être présents aux audiences où il est question du plafonnement des indemnités prud’homales (là, ca n’a pas empêche 12 formations prud’hommes de se référer au droit international plutôt qu’au droit français contesté).

Madame, je vous parle ici de la justice quotidienne, celle que vous administrez habituellement, celle qui met en œuvre, depuis la rupture conventionnelle, les renoncements aux droits pour des milliers de salariés ; les justiciables vous demanderont un jour des comptes. (RB)

 

Gérard Filoche

 

Ford, Alstom, Whirlpool, Ascoval, Arjo Wiggins, GM&S, Carrefour, Auchan, New Look, rétablir le contrôle préalable sur les licenciements

 

Bruno Lemaire dit n’importe quoi sur la « liberté d’entreprise ». Selon lui, il serait impossible de s’opposer au patronat et à son bien souverain. Alstom, ayant été vendu à General Electric  par Macron, on ne pourrait donc plus rien y faire. Le Conseil constitutionnel empêcherait d’y toucher.

chacun sait que les entreprises ne vivent que par les services publics et les aides publiques (exonérations, CICE, subvention, etc… le patronat est la catégorie la plus assistée du pays).  Il suffit de conditionner les aides (selon les résultats obtenus en emplois par exemple  tout comme les indemnités de chômeurs sont soumises à leur recherche d’emploi) et tout change dans le rapport à ce qu’on peut exiger des patrons menteurs et voyous.

Tous les arguments médiatiques font l’impasse la dessus. Ils militent  en faveur des patrons liquidateurs de Whirlpool, Ford, Alstom, Sanofi, PSA, GM&S, Ascoval. Le gouvernement, comme dans le film « En guerre »  de Stéphane Brize se fait le garant des casseurs au nom du droit imprescriptible du patron, de fusionner, démembrer, supprimer des activités essentielles au pays et vitales pour les millions de salariés. « 0n n’y peut rien, c’est la loi,  l’état ne peut pas tout, l’état ne peut qu’intercéder mais le patron et  l’actionnaires sont maitres ».

 

Hypocrisie ! Encore une fois, c’est faux !  En France, le contrôle préalable de l’administration du travail sur les licenciements a existé en 1945, il a été revitalisé par Chirac en 1976, supprimé par Séguin en 1986,  et il a été même question de le restaurer dans le programme de Lionel Jospin en 1997. La loi dite de « modernisation sociale » de janvier 2002, fort avancée en matière de droits de contrôle pour les comités d’entreprises et syndicats de l’époque soumettaient les patrons à des contraintes sur le contenu d’un plan de licenciements.

 

Si Lemaire ne peut plus invoquer l’intervention de l’état à Alstom ou à Ford, ou Whirlpool,  c’est parce que les lois qui le permettaient ont été abolies de 2002 à 2012 et parce que le quinquennat maudit de MM Hollande-Valls-Macron de 2012 à 2017 a encore diminué les obligations  auxquelles les patrons étaient soumis.  Les ordonnances Macron-Pénicaud ont même inventé  la « rupture conventionnelle collective », c’est à dire la fin de la contrainte pour le patron de motiverses choix.

 

Il reste une infime possibilité juridique au gouvernement, c’est de ne pas « homologuer » un plan social. Dans sa campagne électorale Macron avait même évoqué devant les caméras, sur le parvis de Whirlpool, un éventuel « refus d’homologation ». Et bien, sur, depuis, il a « oublié ».

 

Pourtant c’est bien le refus de l’inspection du travail d’autoriser les licenciements abusifs, non motivés, ni justifiés, qui permet de « tenir » les patrons.  C’est l’interdiction la plus efficace, car le patron doit continuer de payer les salaires, et alors, il calcule : un an, deux ans de salaires…  il négocie, l’entreprise peut être reprise « pour un euro » dans de meilleures conditions, coopérative ou autres.

 

Ne croyez surtout pas Lemaire ou Macron quand ils disent qu’ils n’y peuvent rien faire, ils sont complices en fait : ils se sont enlevés les moyens de le faire, ils se refusent a utiliser ceux qui leur reste.